Partie 4
3. Rapport gonado-somatique
Ce rapport est défini par Bougis (1952) comme étant "égal à cent fois
le poids des gonades divisé par le poids éviscéré du corps". Il exprime le
poids des gonades en pourcentage du poids corporel.
On peut utiliser le poids du poisson plein ou le poids du poisson
éviscéré, mais celui-ci a l’avantage d’éliminer les biais d’erreurs dus au
poids des gonades et du contenu du tube digestif qui sont variables en
fonction des individus et de leur période de capture. Il exprime comme
suit :
RGS = (Poids des gonades/ poids éviscéré du poisson) x 100.
Le RGS peut être considéré comme un véritable coefficient de
maturation (Lahaye, 1981), dont la représentation graphique traduit
correctement les différentes étapes de la maturation des gonades.
2
Ponte
Entrée en stade de Poste-ponte
croissance
Repos sexuel
Période de reproduction
3
4. Rapport hépato-somatique
Chez les poissons, la gamétogenèse nécessite un apport
considérable d’énergie que les espèces qualifiées de « maigres »
stockent dans le foie sous forme des lipides essentiellement (Bertin,
1958), et les espèces qualifiées de «grasses » qui stockent dans le
muscle.
Le rapport hépato-somatique est égal à cent fois le poids du foie
divisé par le poids éviscéré du poisson (Bougis, 1952) :
RHS = (poids du foie/ poids éviscéré du poisson) x 100.
Ce rapport constitue une source d’informations intéressantes sur le
métabolisme lipidique. En effet, ce dernier subit des variations en
relation avec le cycle sexuel qui exige le transfert des réserves
lipidiques vers les gonades.
4
Pic
Période de reproduction
RHS chez les mâles et les femelles d’une espèce maigre
Symphodus tinca des côtes est de l’Algérie. 5
RHS chez les mâles et les femelles d’une espèce grasse
Sardina pilchardus des côtes est de l’Algérie.
5. Coefficient de condition où indice pondéral
Ce coefficient permet d’apprécier l’état pondéral relatif
des poissons et la vitesse de croissance.
Il peut varier en fonction des saisons, de la taille, de
l’âge, de l’état de maturation des gonades et de l’adiposité.
La formule classique du coefficient de condition est :
K = (Pe / Ltb) x 100, avec
b : coefficient d’allométrie de la relation taille-poids
Pe: poids éviscéré du poisson
Lt: longueur total du poisson
7
Valeurs élevées
Valeurs basses
Période de reproduction
8
6. Sexe- ratio
Il donne le nombre des femelles par
rapport à celui des mâles. Il nous informe
sur l’efficacité de la reproduction. Il
s’exprime de la manière suivante:
(Nbre mâles/ Nbre femelles)*100
(Nbre femelles/ Nbre mâles)*100
Taux de féminité = [Nbre femelles/ (Nbre femelles+nbre mâles)]*100
Taux de masculinité = [Nbre mâles/ (Nbre femelles+nbre mâles)]*100
9
L’écart des valeurs observées du sex-ratio par rapport à la proportion
théorique 50% est déterminé par un test de khi deux (χ2) (Dagnelie, 1975) ;
l’hypothèse nulle Ho : sex-ratio = 50% est testée par le calcul de la quantité :
χ2 = [(M2 / S) + (F2 / S)] – n, où :
M : nombre des mâles ; F : nombre des femelles ;
n : nombre des mâles (M) et femelles (F) dans l’échantillon ;
S = n/2 : fréquente absolue théorique pour chaque sexe.
L’hypothèse nulle est rejetée au niveau de signification = 0,05 lorsque χ2obs
est supérieur ou égal à la valeur théorique (χ21-α) de la distribution du (χ2) à la
valeur 1 degré de liberté.
Ce test n’est valable que pour des effectifs mâles ou femelles supérieurs à 5.
Le sex-ratio peut varier en fonction des saisons, de la taille et de mois
10
7. Taille à la première maturité sexuelle
La taille à la première maturité sexuelle est un
paramètre essentiel en dynamique des populations, car
elle permet de connaître la contribution des poissons de
petite taille au phénomène de reproduction.
Aussi, pour l’exploitation rationnelle d’un stock
ichtyologique, elle constitue la taille minimale de capture.
Cette taille coïncide avec le passage du stade juvénile
(immature) au stade adulte, caractérisé par la capacité de
participer à la reproduction.
11
Tweddle et Turner (1977) ont défini la taille à la
première maturité (L50) comme étant celle atteinte par 50
% des individus des deux sexes matures pour la première
fois.
La taille à la première maturité sexuelle, est établie en
examinant les proportions des individus matures (mâles et
femelles) échantillonnés en période de reproduction en
fonction de leurs classes de tailles.
La détermination de L50 se fait par l’utilisation des
logiciels (Minitab, excel stat, statistica..) ou par excel
12
En général, la relation entre le pourcentage de maturité estimé (P) et la taille (Lt) est
de type sigmoïde. La courbe sigmoïde calculée d’après le modèle logistique est donnée
par la formule suivante (Dagnelie, 1973) :
avec :
P : proportions des individus matures ; a et b : constantes.
La transformation logarithmique de l’équation a permis de la mettre sous la forme
:
En remplaçant P = 50% dans l’équation, la L50 est obtenue par la formule :
Les longueurs (Lt25) et (Lt75), souvent utilisées par la majorité des modèles
d’évaluation des stocks. Elles sont calculées par la formule suivante :
13
Femelles
13.05
14
Mâles
13.87
15
8. Fécondité et capacité reproductive
16
1. Fécondité
La fécondité peut être définie sommairement, selon le
terme de Roule (1940 in Kartas et Quignard 1984), comme
étant la «capacité féconde» ou la «puissance prolifique» qui
permet aux « poissons de pulluler ».
Selon Bagenal (1966), la fécondité absolue est "le nombre
d’œufs mûrissant chez une femelle juste avant la ponte".
Aboussouan et Lahaye (1979) la définissent comme étant
"le nombre d’ovocytes destinés à la ponte".
17
1.1. Fécondité absolue ou individuelle
Plusieurs méthodes de comptage par sous-
échantillonnage sont proposées par Aboussouan et Lahaye
(1979) :
1. Echantillonnage par surface
2. Echantillonnage par poids (gravimétrique)
3. Echantillonnage par volume (volumétrique)
18
1. Echantillonnage par surface : Hickling (1940, in Kartas et Quignard
1984), les œufs sont étalés sur une surface rectangulaire. Ils sont
ensuite comptés sur les deux côtés adjacents et le produit donne le
nombre total représentant la fécondité absolue.
2. Echantillonnage par poids (gravimétrique) : Mc Gregore et al.
(1922, in Kartas et Quignard, 1984), les œufs sont comptés dans
différents échantillons de poids donné et on ramène ensuite au
poids total.
3. Echantillonnage par volume (volumétrique) : Bagenal et al. (1957,
in Kartas et Quignard, 1984), les œufs placés dans une éprouvette
graduée, sont mélangés avec de l’eau afin de former une suspension
de volume connu. Une agitation de l’éprouvette permet
d’homogénéiser la solution.
19
Pour suivre les variations de la fécondité absolue (Fa) , il
faut l’exprimer en fonction de la longueur totale du
poisson (Lt), de son poids éviscéré (Pe) et du poids des
gonades (Pg).
20
1.1. Fécondité relative
Selon Kartas et Quignard (1984), la fécondité relative est donnée en nombre
d’ovocytes par gramme de gonade. La fécondité relative a été calculée selon deux
types d’estimation à partir du poids total et du poids de la gonade.
1· Première estimation
Elle est basée sur le principe de Oosthuizen et Dann (1974, in Harchouche, 2006),
qui prend le coefficient (pente) de régression des moindres rectangles (a) de la
relation Fa = f (WT), comme indice de la fécondité relative, dont les limites de
l’intervalle de confiance (a1 et a2) au risque d’erreurs 5%, sont déterminées par la
relation de Dagnelie (1984):
a : coefficient de régression de la droite des moindres rectangles.
k = t² (1- (α/2)) (1-r²) / (n-2).
r : coefficient de corrélation de la droite.
t : valeur lue sur la table de Student.
21
n-2 : nombre de degré de liberté (n : effectifs) et α : 0.05
2. Deuxième estimation
Elle se base sur la moyenne des rapports Fa / WT par poids :
Fr : fécondité relative.
Fa : fécondité absolue par classe.
WT : poids total par classe.
Fa / WT : fécondité relative par de poids.
n : Effectifs 22
Exercice: Vous avez les données de Symphodus tinca illustrées dans le
tableau ci-dessous où PT: poids total, PE: poids éviscéré; r² = 0.841,
R² = 0.827)
1. Calculez la fécondité relative par les deux méthodes?
PT PE Fécondité absolu fécondité relative
40.1 37.97 2935.420
75.13 67.09 9619.180
102.86 92.17 15208.906
220.75 194.3 34996.010
73.27 65.76 11611.279
97.79 90.9 12241.077
43.04 38.95 5505.308
78.23 70.63 11923.313
70.33 62.14 14550.771
112.69 98.65 20023.523
46.02 41.41 3948.346
123.06 110.57 9372.289 23
1.1. Capacité reproductive
La capacité de reproduction ou fécondité globale est déterminée à
partir de la structure par taille du stock exploité, de la fécondité
partielle ou absolue individuelle, du sex-ratio par classe de taille
durant la saison de ponte et de la taille à la première maturité
sexuelle (I.S.R.A-O.R.S.T.O.M, 1979, in Mouhoub, 1986).
Elle permet:
d’estimer la production relative d’œufs pour chaque classe de taille
de déterminer la contribution d’une classe d’âge donnée au
renouvellement de l’espèce (Fontana et Leguen, 1969, Champagnat
et al., 1983, in Mouhoub, 1986).
Les différentes étapes du calcul de la fécondité globale sont :
24
Étape 01 : calcul de Pi ; pourcentages relatifs de poisson (mâles et femelles) par classe de
taille i indépendamment de la période de ponte.
Étape 02 : calcul de Ppi ; pourcentages relatifs de poisson (mâles et femelles) par classe de
taille i pendant la période de ponte.
Étape 03 : calcul de Sri ; sex-ratio (taux de féminité) par classe de taille pendant la période de
ponte.
Étape 04 : calcul de FRi fréquences des femelles mâtures pendant la période de ponte.
Étape 05 : calcul de PFPi ; pourcentages de femelles mâtures pêchées par classe de taille:
PFPi =Ppi x Sri x FRi
Étape 06 : fécondité moyenne par classe de taille (relation de type moindre rectangle, Fai =
f(LTi))
Étape 07 : calcul des FFPi ; fécondités des femelles pêchées par classe de taille. FFPi = Fai x
PFPi
Étape 08 : calcul de CRi ; capacité de reproduction de la classe i
CRi= (FFPi / Σ FFPi) x 100
La construction de la figure à partir des valeurs inscrites dans les colonnes nommées Pi, PFPi
et CRi 25
Résultats de la capacité reproductive
26
La courbe issue de Pi présente 4 modes, qui
permirent de constater 79 % de la population
de L. mormyrus pêchée, se situe dans
l’intervalle de taille allant de 17 à 27 cm, le
mode le plus important concerne la classe de
taille 20.5-21.5 cm.
% des femelles
matures
Capacité
pêchées (PFPi)
reproductive (CRi)
3 4
1
Pi % des individus pêchés
L50 = 17 cm
Fécondité globale ou capacité de reproduction 27
-La combinaison entre les courbes de % des
femelles mâtures pêchées (PFPi) et de la
capacité reproductive (CRi )met en évidence
une majeure contribution des femelles
mâtures péchées (gamme de taille 21-27 cm)
au renouvellement du stock, avec 61% de la
production d’œufs.
% des femelles
matures
Capacité
pêchées (PFPi)
reproductive (CRi)
Pi % des individus pêchés
L50 = 17 cm
Fécondité globale ou capacité de reproduction 28
L’évolution de la courbe d’abondance (Pi) et celle des individus femelles mâtures (PFPi)
indique que les individus mâtures (à partir de 17 cm) sont plus vulnérables à l’engin de
pêche utilisé ; ce qui peut expliquer la rareté de cette espèce
Pour cela, il serait souhaitable de limiter la
L50 = 17 cm pêche (par les petits métiers) pendant la
période de ponte afin d’améliorer le
renouvellement du stock.
% des femelles
matures
Capacité
pêchées (PFPi)
reproductive (CRi)
Pi % des individus pêchés
29
Fécondité globale ou capacité de reproduction
L’étude de dynamique ovocytaires (mesure du
diamètre ovocytaire) est utile afin de déterminer le
type reproducteur et de savoir si la ponte s’effectue en
une seule fois (reproducteurs totaux ou isochrones) ou
bien s’il existe des pontes successives au cours d’un
même cycle sexuel (reproducteurs partiels ou
hétérochrones).
30