TEXTE :
Soixante ans après la fin de la guerre d’indépendance algérienne les opérations menées
par les « sections de grottes » pour déloger les combattants algériens de leurs caches
souterraines demeurent un secret cadenassé. La raison ? L’utilisation de l’arme chimique.
Les indépendantistes algériens posaient alors un certain nombre de problèmes tactiques à
l’armée française sur le terrain, dont celui de l’utilisation des nombreuses caches, réduits et
grottes souterraines naturelles pour se dissimuler. Pour remporter la victoire, le ministère des
Armées et le haut commandement militaire croient à l’utilisation de la chimie à des fins
militaires (…).
En 1956, la République choisit donc d’utiliser l’arme chimique via le développement de
multiples vecteurs de diffusion (grenades, chandelles, roquettes, bombes, etc.), pour lutter
contre les réduits souterrains. Une unité spécialisée est créée au 1 er décembre 1956 : la
batterie armes spéciales (BAS). Des appelés du contingent gagnent l’Algérie pour mener cette
guerre « spéciale ». Les attributions de cette unité sont de mener des expérimentations
opérationnelles, de mettre en œuvre des procédés testés et de procéder à l’instruction des
autres unités pour généraliser l’emploi des armes dites « spéciales ». Devant la faible
persistance des agents chimiques lacrymogènes classiques pour neutraliser les grottes, le
CN2D-contenant de la DM (diphénylamine chlorarsine), un gaz de combat est utilisé (…)
Les anciens de ces sections affirment qu’ils ont laissé des cadavres de combattants
algériens dans les grottes. Les entrées étaient détruites quand cela était possible. Le nombre de
disparus de cette guerre souterraine est inconnu. Leurs familles n’ont pas su s’ils étaient morts
ni dans quelles conditions. En Algérie, certains voudraient retrouver les corps des anciens
résistants, quand d’autres leur rendent hommage devant les entrées des grottes répertoriées
(…).
Que ce soit pour les portés disparus algériens, pour les anciens combattants intoxiqués qui
vivent encore avec les séquelles de ces opérations, comme pour les populations civiles
habitant à proximité de ces sites et dont les aïeux sont des possibles victimes de ces combats,
les historiens doivent faire la lumière sur ces événements, qui se sont déroulés il y a plus de
soixante ans.
Christophe Lafaye et Pierre Mansat, Libération le 11 avril 2022
QUESTIONS:
1/ COMPREHENSIONDEL’ECRIT : (14 points) :
1- Le thème de ce texte est :
a- l’utilisation de l’arme chimique pour mener des expérimentations.
b- l’utilisation de l’arme chimique pour affaiblir la résistance des combattants algériens.
c- l’utilisation de l’arme chimique pour détruire les caches souterraines ?
Recopiez la bonne réponse.
2-« (…) un secret cadenassé. » : Le terme souligné veut dire :
a- inaccessible.
b- dévoilé.
c-accessible.
Recopiez la bonne réponse.
3- Relevez du texte deux(2) termes et deux(2) expressions appartenant au champ lexical de
« arme chimique ».
4- Classez les expressions suivantes dans la colonne qui convient: l’utilisation de l’arme
chimique/ nombreuses caches souterraines/ laisser les cadavres dans les grottes/ résistants
disparus/ la batterie armes spéciales (BAS)/ maquisards intoxiqués.
Sections de grottes Combattants algériens
5- L’unité chargée de la guerre spéciale menait plusieurs opérations. Citez-en- deux.
6- Relevez du texte trois(3) indices qui montrent la subjectivité des auteurs.
7- Les énonciateurs ont écrit ce texte pour :
a- rendre hommage aux combattants algériens pendant la guerre de d’Algérie.
b- dénoncer l’utilisation de l’arme chimique pour détruire les caches souterraines.
c- commémorer la guerre de libération nationale ?
Recopiez la bonne réponse.
8- « (…) les historiens doivent faire la lumière sur ces évènements, qui se sont déroulés il y a
plus de soixante ans. »
- Expliquez comment en deux ou trois lignes.
2/ PRODUCTION DE L’ECRIT : (06 points) :
Traitez un seul sujet au choix :
Sujet1 : Dans le cadre de la commémoration de la guerre de libération nationale, vous
décidez d’informer vos camarades du contenu de ce texte. Faites-en le compte rendu objectif
(environ 120mots), qui sera publié dans le journal de votre lycée.
Sujet2 : A l’ occasion de la commémoration de la journée internationale de la femme,
célébrée chaque 8 mars de l’année, votre professeur vous a demandé de rédiger un texte d’une
quinzaine de lignes dans lequel vous informerez sur la participation active de la femme
algérienne à la guerre d’indépendance. Le meilleur texte sera publié sur la page Face book de
votre établissement.