Introduction aux Systèmes Distribués
Gestion du temps & état global dans
un système distribué
1
Systèmes distribués
Système distribué en opposition à système
centralisé
Système centralisé : tout est localisé sur la même
machine et accessible par le programme
Système logiciel s'exécutant sur une seule machine
Accédant localement aux ressources nécessaires
(données, code, périphériques, mémoire ...)
Système distribué : une définition parmi d'autres
Ensemble d'ordinateurs indépendants connectés en
réseau et communiquant via ce réseau
Cet ensemble apparaît du point de vue de l'utilisateur
comme une unique entité
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Systèmes distribués
Vision matérielle d'un système distribué : architecture
matérielle
Ordinateurs standards connectés en réseau
Vision logicielle d'un système distribué
Système logiciel composé de plusieurs entités s'exécutant
indépendamment et en parallèle sur un ensemble d'ordinateurs
connectés en réseau
De par leur nature, les systèmes distribués sont dans un
cadre différent par rapport aux systèmes centralisés
Concurrence
Les éléments formant le système s'exécutent en parallèle et de
manière autonome
3
Pas d'état ou d'horloge globale commune
Points de problèmes de fiabilité en nombre accru
Problème matériel d'une machine
Problème de communication via le réseau
Communication est un point crucial
Potentiellement non fiable
Temps de communication non négligeables
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Transparences(1)
Transparence
Fait pour une fonctionnalité, un élément d'être invisible
ou caché à l'utilisateur ou un autre élément formant le
système distribué
But est de cacher l'architecture, le fonctionnement de
l'application ou du système distribué pour apparaître
à l'utilisateur comme une application unique
cohérente
L'ISO définit plusieurs transparences
Accès, localisation, concurrence, réplication,
mobilité, panne, performance, échelle
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Transparences (2)
Transparence d'accès
Accès à des ressources distantes aussi facilement que
localement
Accès aux données indépendamment de leur
format de représentation
Transparence de localisation
Accès aux éléments/ressources indépendamment de
leur localisation
Transparence de concurrence
Exécution possible de plusieurs processus en parallèle
avec utilisation de ressources partagées
Transparence de réplication
Possibilité de dupliquer certains éléments/ressources
pour augmenter la fiabilité
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Transparences (3)
Transparence de mobilité
Possibilité de déplacer des éléments/ressources
Transparence de panne
Doit supporter qu'un ou plusieurs éléments tombent
en panne
Transparence de performance
Possibilité de reconfigurer le système pour en
augmenter les performances
Transparence d'échelle
Doit supporter l'augmentation de la taille du système
(nombre d'éléments, de ressources ...)
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Transparences (4)
Un système donné va offrir un certain nombre
de transparences
Souvent au minimum transparences de
localisation, d'accès et de concurrence
Système distribué ouvert
Peut être étendu en nombre d'éléments matériels
le constituant
Possibilité d'ajouts de nouveaux services ou de ré-
implémentation de services existants au niveau
logiciel
Fonctionnement se base sur des interfaces
d'interactions clairement définies
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Algorithmique distribuée (1)
Développement d'algorithmes dans le contexte
particulier des systèmes distribués
Contraintes à prendre en compte dans ce contexte
Concurrence
Les éléments formant le système s'exécutent en parallèle et de
manière autonome
Pas d'état ou d'horloge globale commune
Points de problèmes de fiabilité en nombre accru
Problème matériel d'une machine
Problème de communication via le réseau
Problème logiciel sur un des éléments du système
Communication est un point crucial
Potentiellement non fiable
Temps de communication non négligeables
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Algorithmique distribuée (2)
Développement d'algorithmes dédiés aux systèmes distribués et
prenant en compte les spécificités de ces systèmes
On y retrouve notamment des adaptations de problèmes
classiques en parallélisme
Exclusion mutuelle, élection (d'un maître) ...
Mais aussi des problèmes typiques des systèmes distribués
Horloge globale, état global, diffusion causale, consensus ...
S'intéresse principalement à deux grandes familles de problèmes
Synchronisation et coordination entre processus distants
Entente sur valeurs communes et cohérence globale dans un contexte
non fiable (crash de processus, perte de messages ...)
Dans ce cours
Introduction à l'algorithmique distribuée avec les problèmes
d'horloge et d'état globaux
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Processus
Processus
Élément logiciel effectuant une tâche, un calcul
Exécution d'un ensemble d'instructions
Une instruction correspond à un événement local au processus
Dont les événements d'émission et de réception de messages
Les instructions sont généralement considérées comme
atomiques
Il possède une mémoire locale
Il possède un état local
Ensemble de ses données et des valeurs de ses variables locales
Il possède un identifiant qu'il connaît
Pas ou peu de connaissance des autres processus du
système et de leur état
Les processus d'un système s'exécutent en parallèle
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Canaux (1)
Canal de communication
Canal logique de communication point à point
Pour communication entre 2 processus
Transit de messages sur un canal
Caractéristiques d'un canal
Uni ou bi-directionnel
Fiable ou non : perd/modifie ou pas des messages
Ordre de réception par rapport à l'émission
Exemple : FIFO = les messages sont reçus dans l'ordre où ils sont émis
Synchrone ou asynchrone
Synchrone : l'émetteur et le récepteur se synchronisent pour réaliser
l'émission et/ou la réception
Asynchrone : pas de synchronisation entre émetteur et récepteur
Taille des tampons de message cotés émetteur et récepteur
Limitée ou illimitée
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Canaux (2)
Caractéristiques d'un canal
Modèle généralement utilisé
Fiable, FIFO, tampon de taille illimitée, asynchrone (en émission
et réception) et bidirectionnel
Variante courante avec réception synchrone
Exemple : modèle des sockets TCP
Fiable
FIFO
Bidirectionnel
Synchrone pour la réception
On reçoit quand l'émetteur émet
Sauf si données non lues dans le tampon coté récepteur
Asynchrone en émission
Emetteur n'est pas bloqué quand il émet quoique fasse le
récepteur
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Système synchrone / Asynchrone
Un modèle synchrone est un modèle où les
contraintes temporelles sont bornées
On sait qu'un processus évoluera dans un temps borné
On sait qu'un message arrivera en un certain délai
On connaît la limite de dérive des horloges locales
Un modèle asynchrone n'offre aucune borne
temporelle
Modèle bien plus contraignant et rendant impossible ou
difficile la réalisation de certains algorithmes distribués
Exemple : ne sait pas différencier en asynchrone
Le fait qu'un processus est lent ou est planté
Le fait qu'un message est long à transiter ou est perdu
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État et horloge globales
Pour chaque processus du système
État local : valeur des variables du processus à un instant t
État global du système
Valeur de toutes les variables de tous les processus du
système à un instant t
Problème
Un état est lié à un instant t
Mais
Chaque processus à une horloge physique locale
Pas d'horloge globale dans un système distribué
La définition d'un état global est possible seulement si on
est capable de définir un temps global
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Temps
Définir un temps global cohérent et « identique »
(ou presque) pour tous les processus
Soit synchroniser au mieux les horloges physiques
locales avec une horloge de référence ou entre elles
Soit créer un temps logique
Synchronisation des horloges physiques locales
But est d'éviter qu'une horloge locale dérive trop par
rapport à un référentiel de temps
La dérive est bornée en augmentation et en diminution
Deux modes
Synchronisation interne
Synchronisation externe
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Temps logique
Temps logique
Temps qui n'est pas lié à un temps physique
But est de pouvoir préciser l'ordonnancement de
l'exécution des processus et de leur communication
En fonction des événements locaux des processus, des
messages envoyés et reçus, on créé un
ordonnancement logique
Création horloge logique
Deux approches principales
Horloge de Lamport : méthode par estampille
Horloge de Mattern : horloge vectorielle
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Temps logique : chronogramme
Chronogramme
Décrit l'ordonnancement temporel des événements des
processus et des échanges de messages
Chaque processus est représenté par une ligne
Trois types d'événements signalés sur une ligne
Émission d'un message à destination d'un autre processus
Réception d'un message venant d'un autre processus
Événement interne dans l'évolution du processus
Les messages échangés doivent respecter la topologie
de liaison des processus via les canaux
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Temps logique : chronogramme
Trois processus tous reliés entre-eux par des canaux
Temps de propagation des messages quelconques et
possibilité de perte de message
m6
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Temps logique : chronogramme
Exemples d'événements
Processus P1
e11 : événement d'émission du message m1 à destination du
processus P2
e13 : événement interne au processus
e14 : réception du message m4 venant du processus P3
Processus P2 : message m5 envoyé avant m6 mais m6
reçu avant m5
Processus P3 : le message m7 est perdu par le canal de
communication
Règle de numérotation d'un événement
exy avec x le numéro du processus et y le numéro de
l'événement pour le processus, dans l'ordre croissant
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Temps logique : dépendance causale
Relation de dépendance causale
Il y a une dépendance causale entre 2 événements si
un événement doit avoir lieu avant l'autre
Notation : e → e'
e doit se dérouler avant e'
Si e → e', alors une des trois conditions suivantes
doit être vérifiée pour e et e'
Si e et e' sont des événements d'un même processus, e
précède localement e'
Si e est l'émission d'un message, e' est la réception de
ce message
Il existe un événement f tel que e → f et f → e'
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Temps logique : dépendance causale
Sur exemple précédent
Quelques dépendances causales autour de e12
Localement : e11 → e12, e12 → e13
Sur message : e12 → e34
Par transitivité : e12 → e35 (car e34 → e35) et e11 → e13
Dépendance causale entre e12 et e32 ?
A priori non : absence de dépendance causale
Des événements non liés causalement se déroulent en parallèle
Relation de parallélisme : ||
e || e' ⇔ ¬((e → e') v (e' → e))
Parallélisme logique : ne signifie pas que les 2 événements
se déroulent simultanément mais qu'ils peuvent se dérouler
dans n'importe quel ordre.
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Temps logique : dépendance causale
Ordonnancement des événements
Les dépendances causales définissent des ordres
partiels pour des ensembles d'événements
But d'une horloge logique
Créer un ordre total global sur tous les événements de
tous les processus
Horloge logique
Fonction H(e) : associe une date à chaque événement
Respect des dépendances causales
e → e' ⇒ H(e) < H(e')
H(e) < H(e') ⇒ ¬ (e' → e), C'est-à-dire : soit e → e', soit e || e'
23
Horloge de Lamport
Lamport, 1978
Horloge de Lamport : horloge logique respectant les
dépendances causales
Une date (estampille) est associée à chaque évenement :
couple (s, nb)
s : numéro du processus
nb : numéro d'événement
Invariant sur les dates
Pour deux dates d'un même processus, les numéros de
ces événements sont différentes
Il n'y pas deux événements locaux ayant le même numéro.
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Horloge de Lamport
Création du temps logique
Localement, chaque processus Pi possède une horloge
locale logique Hi, initialisée à 0
Sert à dater les événements
Pour chaque événement local de Pi
Hi = Hi + 1 : on incrémente l'horloge locale
L'événement est daté localement par Hi
Émission d'un message par Pi
On incrémente Hi de 1 puis on envoie le message avec (i, Hi)
comme estampille
Réception d'un message m avec estampille (s, nb)
Hi = max(Hi, nb) +1 et marque l'événement de réception avec Hi
Hi est éventuellement recalée sur l'horloge de l'autre processus
avant d'être incrémentée
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Horloge de Lamport
Exemple : chronogramme avec ajouts des estampilles
Date de e23 : 6 car le message m5 reçu avait une valeur de 5 et
l'horloge locale est seulement à 3
Date de e34 : 4 car on incrémente l'horloge locale vu que sa valeur est
supérieure à celle du message m3
Pour e11, e12, e13 ... : incrémentation de +1 de l'horloge locale
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Horloge de Lamport
Ordonnancement global
Valeur de Hi permet de savoir si un événement a lieu
avant un autre ou pas, qu'il s'agisse d'événements
Du même processus
De processus différents
Ordre total, noté e << e' : e s'est déroulé avant e'
Soit e événement de Pi et e' événement de Pj :
e << e' ⇔ (Hi(e) < Hj(e')) v (Hi(e) = Hj(e') avec i < j)
Localement (si i = j), Hi donne l'ordre des événements du processus
Les 2 horloges de 2 processus différents permettent de déterminer
l'ordonnancement des événements des 2 processus
Si égalité de la valeur de l'horloge, le numéro du processus est utilisé
pour les ordonner
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Horloge de Lamport
Limites de l'horloge de Lamport
L'ordonnancement global obtenu est arbitraire et n'est
pas forcément celui obtenu en pratique
H(e32) = 2 et H(e22) = 3 pourtant e22 est exécuté en pratique
avant e32
Ordre total global obtenu pour l'exemple
e11 << e31 << e12<< e21 << e32 << e13 << e22 << e33 << e14
<< e34 << e35 << e23 << e24 << e15
D'autres sont valides ...
Horloge de Lamport respecte les dépendances causales
mais avec e et e' tel que H(e) < H(e') on ne peut rien dire
sur la dépendance entre e et e'
Dépendance causale directe ou transitive entre e et e' ?
Exemple : H(e32) = 2 et H(e13) = 3 mais on a pas e32→ e13
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Horloge de Mattern
Horloge de Mattern & Fidge, 1989-91
Horloge qui assure la réciproque de la dépendance causale
H(e) < H(e') ⇒ e → e'
Permet également de savoir si 2 événements sont
parallèles (non dépendants causalement)
Ne définit par contre pas un ordre total global
Principe
Utilisation d'estampilles sur les messages
Vecteur V de taille égale au nombre de processus
Localement, chaque processus Pi a un vecteur Vi
Pour chaque processus Pi, chaque case Vi[ j ] du vecteur
contiendra des valeurs de l'horloge du processus Pj
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Horloge de Mattern
Fonctionnement de l'horloge
Initialisation : pour chaque processus Pi, Vi =(0, ... , 0)
Pour un processus Pi, à chacun de ses événements
(local, émission, réception) :
Vi [ i ] = Vi [ i ] + 1
Incrémentation du compteur local d'événement
Si émission d'un message, alors Vi est envoyé avec le message
Pour un processus Pi, à la réception d'un message m contenant un
vecteur Vm, on met à jour les cases j ≠ i de son vecteur local Vi
∀j : Vi [ j ] = max ( Vm [ j ], Vi [ j ])
Mémorise le nombre d'événements sur Pj qui sont sur Pj dépendants
causalement par rapport à l'émission du message
La réception du message est donc aussi dépendante causalement
de ces événements sur Pj
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Horloge de Mattern
Exemple : chronogramme d'application horloge de mattern
Même exemple que pour horloge de Lamport
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Horloge de Mattern
Relation d'ordre partiel sur les dates
V ≤ V' défini par ∀i : V[ i ] ≤ V'[ i ]
V < V' défini par V ≤ V' et ∃j tel que V [ j ] < V' [ j ]
V || V' défini par ¬( V < V' ) ∧ ¬( V' < V )
Dépendance et indépendance causales
Horloge de Mattern assure les propriétés suivantes, avec e
et e' deux événements et V(e) et V(e') leurs datations
V(e) < V(e') ⇒ e → e'
Si deux dates sont ordonnées, on a forcément dépendance causale
entre les événements datés
V(e) || V(e') ⇒ e || e'
Si il n'y a aucun ordre entre les 2 dates, les 2 événements sont
indépendants causalement
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Horloge de Mattern
Retour sur l'exemple
V(e13) = (3,0,0), V(e14) = (4,0,3), V(e15) = (5,4,5)
V(e13) < V(e14) donc e13 → e14
V(e14) < V(e15) donc e13 → e15
V(e35) = (2,0,5) et V(e23) = (2,3,5)
V(e35) < v(e23) donc e35 → e23
L'horloge de Mattern respecte les dépendances causales
des événements
Horloge de Lamport respecte cela également
V(e32) = (0,0,2) et V(e13) = (3, 0, 0)
On a ni V(e32) < V(e13) ni V(e13) < V(e32) donc e32 || e13
L'horloge de Mattern respecte les indépendances causales
L'horloge de Lamport impose un ordre arbitraire entre les événements
indépendants causalement
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Horloge de Mattern
Limite de l'horloge de Mattern
Ne permet pas de définir un ordre global total
En cas de nombreux processus, la taille du vecteur
peut-être importante et donc des données à
transmettre relativement importante
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État Global
État global
État du système à un instant donné
Buts de la recherche d'états globaux
Trouver des états cohérents à partir desquels on peut reprendre
un calcul distribué en cas de plantage du système
Détection de propriétés stables, du respect d'invariants
Faciliter le debugging et la mise au point d'applications
distribuées
Défini à partir de coupures
Coupure
Photographie à un instant donné de l'état du système
Définit les événements appartenant au passé et au futur
par rapport à l'instant de la coupure.
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Coupure
Définition coupure
Calcul distribué = ensemble E d'événements
Coupure C est un sous-ensemble fini de E tel que
Soit a et b deux événements du même processus :
a ∈ C et b → a ⇒ b ∈ C
Si un événement d'un processus appartient à la coupure, alors tous
les événements locaux le précédant y appartiennent également
Etat associé à une coupure
Si le système est composé de N processus, l'état associé à une
coupure est défini au niveau d'un ensemble de N événements
(e1, e2, ... ei, ... eN), avec ei événement du processus Pi tel que
∀i :∀e ∈ C et e événement du processus Pi ⇒ e → ei
L'état est défini à la frontière de la coupure : l'événement le
plus récent pour chaque processus
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Coupure
Exemple de coupure
(même chronogramme que pour exemples horloges Lamport et Mattern)
Coupure = ensemble { e11, e12, e13, e21, e22, e23, e31, e32, e33, e34 }
État défini par la coupure = (e13, e23, e34)
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Coupure/état cohérent
Coupure cohérente
Coupure qui respecte les dépendances causales des
événements du système
Et pas seulement les dépendances causales locales à chaque
processus
Soit a et b deux événements du système :
a ∈ C et b → a ⇒ b ∈ C
Coupure cohérente : aucun message ne vient du futur
État cohérent
État associé à une coupure cohérente
Permet par exemple une reprise sur faute
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Coupure cohérente
Exemple (même chronogramme que précédent)
Coupure C1 : cohérente
Coupure C2 : non cohérente car e35 → e23 mais e35 ∉ C2
La réception de m5 est dans la coupure mais pas son émission
m5 vient du futur par rapport à la coupure
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Datation Coupure
Horloge de Mattern permet de dater la coupure
Soit N processus, C la coupure, ei l'événement le plus récent pour le
processus Pi, V(ei) la datation de ei et V(C) la datation de la coupure
V(C) = max ( V(e1), ... , V(eN) ) :
∀i : V(C)[ i ] = max ( V(e1)[ i ] , ... , V(eN)[ i ] )
Pour chaque valeur du vecteur, on prend le maximum des valeurs
de tous les vecteurs des N événements pour le même indice
Permet également de déterminer si la coupure est cohérente
Cohérent si V(C) = ( V(e1)[ 1 ], ... , V(ei)[ i ], ... , V(eN) [ N ] )
Pour un processus Pi, si l'événement ei est le plus récent c'est lui qui a la
date la plus récente pour C : sinon un événement ej d'un processus Pj
(i ≠ j) s'est déroulé après un événement ei' de Pi avec ei' plus récent que ei
ei → ei' et ei' → ej avec ei ∈ C, ej ∈ C et ei' ∉ C
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Datation Coupure
Datation des coupures de l'exemple
Coupure C1 : état = (e13, e22, e33)
V(e13) = (3,0,0), V(e22) = (1,2,1), V(e33) = (0,0,3)
V(C) = (max(3,1,0), max(0,2,0), max(0,1,3)) = (3,2,3)
Coupure cohérente car V(C)[1] = V(e13)[1], V(C)[2] = V(e22)[2],
V(C)[3] = V(e33)[3]
Coupure C2 : état = (e13, e23, e34)
V(e13) = (3,0,0), V(e23) = (2,3,5), V(e34) = (2,0,4)
V(C) = (max(3,2,2), max(0,3,0), max (0,5,4))
Non cohérent car V(C)[3] ≠ V(e34)[3]
D'après la date de e23, e23 doit se dérouler après 5 événements de
P3 or e34 n'est que le quatrième événement de P3
Un événement de P3 dont e23 dépend causalement n'est donc pas
dans la coupure (il s'agit de e35 se déroulant dans le futur).
41
Détermination état cohérent
Algorithme de Chandy & Lamport, 1985
Algorithme permettant aux processus distribués
d'enregistrer un état global cohérent
Principe général
Un processus diffuse un événement marqueur et les
processus enregistrent leur état
Fonctionnement asynchrone
Contraintes sur le système
Canaux de communication uni-directionnels et FIFO
Fiable : pas de plantage ou de perte de message
Topologie de connexion fortement (voire totalement) connexe
Pour faciliter la diffusion
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Détermination état cohérent
État d'un canal
Pour un canal FIFO fiable unidirectionnel
Canal pour envoi de message du processus Pi vers Pj
A un instant t, l'état du canal < i, j > est l'ensemble
des messages émis par Pi et non encore reçus par Pj
Pour le chronogramme de l'exemple, états des
canaux par rapport à la coupure C1
Événements de la frontière de la coupure : e13 pour P1 et e33 pour P3
État du canal < 1, 3 > = { m3 }
m3 a été envoyé en e12 et ne sera reçu qu'en e34
État du canal < 3, 1 > = { m4 }
m4 a été envoyé en e33 et ne sera reçu qu'en e14
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Algorithme de Chandy & Lamport
Fonctionnement algorithme Chandy & Lamport
Un processus Pk est initiateur du lancement de l'algo
Il enregistre son état local
Il envoie un message marqueur à tous les processus
Un processus Pj, à la réception du marqueur sur son canal < k, j >
Enregistre son état local (données, variables ...)
Positionne l'état de chacun de ses canaux entrants < i, j > à vide
S’il reçoit la première fois le marqueur
Envoie un marqueur sur tous ses canaux sortants : à tous ses voisins
Ces 3 étapes sont exécutées en une séquence atomique
Pour un processus Pj, à la réception du marqueur venant de
Pi, sur le canal entrant < i, j >
Enregistre l'état du canal < i, j > : tous les messages reçus sur
< i, j > depuis la réception du premier marqueur venant de Pk
44
Algorithme de Chandy & Lamport
Fonctionnement algorithme Chandy & Lamport (fin)
Pour un processus Pj, l'algorithme est fini quand il a reçu
un marqueur sur chacun de ses canaux
L'état enregistré pour Pj est composé de
Son état local (variable, données ...)
Les états de tous ses canaux entrants
Pour constituer l'état global
On collecte l'ensemble des états enregistrés par les
processus
Une fois que l'on sait que tous les processus l'ont
enregistrés
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Algorithme de Chandy & Lamport
Principe du double marqueur pour savoir quand tout le
monde a enregistré son état local
Le premier marqueur vient du processus initiateur
Le processus Pi « s'arrête » alors (ou passe dans une autre
phase de son calcul)
Il précise à tous ses voisins qu'il s'est arrêté en leur envoyant un
marqueur
Il se met en attente de messages l'informant que ses processus
voisins se sont arrêtés également
A la réception d'un marqueur sur un canal, on sait qu'un
de ses voisins s'est arrêté
Et que tous ses voisins se sont arrêtés quand on a reçu un
marqueur sur tous ses canaux
Quand tout le monde est au courant de l'arrêt de tout le
monde : c'est fini
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Algorithme de Chandy & Lamport
Intérêt d'enregistrer les messages sur < i, j >
Les processus ne sont pas synchronisés et les temps de
propagation des messages sont non nuls
Ne sait donc pas quand un processus s'arrête et si tous
les messages qu'il a envoyé ont été reçus quand il le fait
Donc doit enregistrer les messages venant de Pi
Comme les canaux sont FIFO, si on reçoit le marqueur de Pi, on
sait que tous les messages envoyés par Pi sont maintenus reçus,
plus aucun n'est en transit
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Algorithme de Chandy & Lamport
Propriété de l'état global enregistré
Correspond à un état cohérent
L'algorithme définit une coupure
Frontière est formée pour chaque processus par l'événement
d'enregistrement de l'état local et de diffusion du marqueur aux
autres processus (via une séquence atomique)
Cette coupure est cohérente
Car canaux FIFO : aucun message ne peut en doubler un autre
Localement pour un processus Pj, si un marqueur est reçu sur un canal
< i,j >, cela implique qu'aucun message émis par Pi et reçu par Pj avant le
marqueur n'a pu être émis après que Pi émette son marqueur
Pas de message venant du futur
Pour un processus Pj, les événements d'émission des messages en transit
(à destination d'autres processus) « coupant » la coupure ont forcément
lieu avant son événement local définissant la frontière
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Algorithme de Chandy & Lamport
Exemple avec 3 processus totalement interconnectés
eM : événement d'enregistrement d'état et diffusion marqueur
eF : événement où l'état local complet est enregistré
États canaux : <3,1> = { m3, m4 }, <2,3> = { m5 }, autres sont vide
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