Les circuits séquentiels
1. LES COMPTEURS :
Compteur : circuit séquentiel comportant n bascules décrivant au rythme d'un signal de
commande, appelé horloge, un cycle de comptage régulier ou quelconque d'un maximum de
2n combinaisons.
Horloge : signal de commande des bascules ; c’est-à-dire les bascules commutent si le signal
d’horloge passe de niveau bas à haut ou vice versa selon la technologie des bascules (sensible
au front montant ou descendant)
État : combinaison de sortie d'un compteur.
Modulo : nombre d'états possibles d'un compteur.
Un compteur modulo N passera donc successivement par N états. Un compteur binaire naturel
comptera donc de 0 à N - 1.
Le modulo est le nombre d’état occupés par le compteur pendant un cycle complet. Le
modulo maximal d’un compteur à n bits (n : nombre de bascules) est 2n. Par exemple : un
compteur de 4 bits donne 16 états distincts. Le modulo est égale à16.
Les compteurs binaires peuvent être classés en deux catégories :
Les compteurs asynchrones : horloge différents pour les n bascules
Les compteurs synchrones : une seule horloge pour les n bascules
1.1 Compteur asynchrone modulo N = 2n :
Ce type de compteur est constitué de n bascules JK fonctionnant en mode T (Toggle) ; c’est-
à-dire J=K=1. Ces bascules sont montées en cascade. Le signal d’horloge commande
uniquement la première bascule tandis que pour chacune des autres bascules le signal
d'horloge est fourni par la sortie de la bascule de rang immédiatement inférieur.
Exemple : réalisons un compteur modulo 8 suivant (permettant de compter de 0 à 7) :
Figure 1.1 : Compteur asynchrone modulo 8
Tableau1.1 : Table de vérité, compteur synchrone modulo 8
H Q2(MSB) Q1 Q0(LSB)
↓ 0 0 0
↓ 0 0 1
↓ 0 1 0
↓ 0 1 1
↓ 1 0 0
↓ 1 0 1
↓ 1 1 0
↓ 1 1 1
Figure 1.2 : Chronogramme compteur asynchrone modulo 8
1.2 Décompteurs asynchrones
Il suffit de commander chaque entrée CLK des bascules au moyen de la sortie complémentée
de la bascule précédente.
Exemple : Décompteur modulo 8
Figure 1.3 Décompteur asynchrone modulo 8
Chronogramme
Figure 1.4 : Chronogramme, Décompteur asynchrone modulo 8
1.3 Compteur asynchrone modulo N 2n :
Pour réaliser un compteur ou un décompteur dont le cycle n’est pas une puissance de 2, la
seule solution est d’agir sur l’entrée « Clear » lorsque la combinaison correspondant au
modulo du compteur se produit sur les sorties de celui-ci.
Réalisons un compteur asynchrone modulo 10 (qui compte de 0 à 9).
Il y a deux étapes :
On cherche d’abord la puissance de 2 immédiatement supérieure à N et qui est pour
notre compteur 24 = 16. L’exposant de cette puissance de 2 donne le nombre de
bascules JK à monter en cascade, 4 pour notre exemple ;
On détecte ensuite l’état N qui remettra le compteur à 0 et qui est pour notre compteur
10 = (1010)2. On relie les sorties Q = 1 (Q1 et Q3) pour N aux entrées d’une porte NAND
dont la sortie commandera l’entrée CLR de chaque bascule.
Figure 1.5 : compteur asynchrone modulo 10
Figure 1.6 : Chronogramme, compteur asynchrone modulo 10
Les compteurs 7490 (modulo 10), 7492 (modulo 12) et 7493 (modulo 16) sont des compteurs
asynchrones composés de 4 bascules dont les connexions internes varient suivant le type du
compteur :
Figure 1.7 : Exemples de compteurs asynchrone
1.4 Compteur synchrone modulo N :
Toutes les bascules sont déclenchées en même temps par le même signal d’horloge. Ceci évite
le problème du retard de propagation.
L’inconvénient du compteur asynchrone c’est le temps de réponse de chaque bascule. Ainsi,
le signal d'horloge ne parvient pas simultanément sur toutes les bascules. Ceci a pour
conséquence de provoquer des états transitoires qui peuvent être indésirables.
Dans un compteur synchrone toutes les bascules reçoivent en parallèle le même signal
d'horloge. Pour faire décrire au compteur une séquence déterminée il faut à chaque impulsion
d'horloge définir les entrées synchrones J et K.
La résolution du problème consiste à chercher les équations des entrées J et K de chaque
bascule à l’aide de la table des états recherchés :
Le montage du compteur synchrone 3 bits est donné à la figure suivante :
Figure 1.8 : Compteur synchrone modulo 8
2. LES REGISTRES :
Ensemble de n bascules synchronisées permettant de stocker momentanément une information
sur n bits.
Un registre est un circuit constitué de n bascules synchronisées permettant de stocker
temporairement un mot binaire de n bits en vue de son transfert dans un autre circuit (pour
traitement, affichage, mémorisation, etc.)
Le schéma d’un tel système comporte autant de bascules (de type D) que d’éléments binaires
à mémoriser. Toutes les bascules sont commandées par le même signal d’horloge.
Application : Stockage et transfert de données
Un registre est constitué d’un assemblage de n bascules D permettant la mémorisation
temporaire de n bits avec ou sans décalage. L'information est emmagasinée sur un signal de
commande et ensuite conservée et disponible en lecture. La figure suivante donne un exemple
de registre de mémorisation 4 bits avec le signal d'écriture W (Write) qui commande la
mémorisation des données D0, D1, D2 et D3:
Figure 2.1 : Registre de mémorisation 4bits à lecture / écriture parallèles (registre tampon)
Les registres tampon sont des registres de type parallèle-parallèle constitués de n bascules de
type D commandées par une même horloge.
Au signal d’horloge (impulsion sur CLK) les entrées Di sont recopiées sur les sorties Qi . Une
entrée asynchrone CLR permet, de façon prioritaire, d’effacer le contenu du registre et
d’écrire Qi= 0. Entre deux impulsions les sorties sont parfaitement isolées des entrées.
Figure 2.2 : Registre de mémorisation n bits à lecture / écriture parallèles (registre tampon)
2.1 Les registres à décalage :
Les registres à décalage sont des registres de type série-série ou série parallèle, dans lesquels
les informations sont décalées d’une bascule vers la suivante au rythme des impulsions d’une
horloge. Ils sont généralement réalisés avec des bascules RS de type maître-esclave.
Dans un registre à décalage les bascules sont interconnectées de façon à ce que l'état logique
de la bascule de rang i puisse être transmis à la bascule de rang i+1 (ou i-1) quand un signal
d'horloge est appliqué à l'ensemble des bascules.
L'information peut être chargée de deux manières :
Entrée parallèle : comme dans le cas d'un registre de mémorisation ;
Entrée série : l'information est présentée séquentiellement bit après bit à l'entrée de la
première bascule. Le décalage peut alors être vers la gauche ou la droite.
De même, l’information peut être lue en série ou en parallèle. La figure suivante résume les
modes de fonctionnement d’un registre à décalage :
Figure 2.3 : Modes de fonctionnement d'un registre à décalage
Figure 2.4 : Structure d’un registre à décalage universel
Parmi les registres universels, on trouve le 74194 qui est un registre à chargement parallèle ou
série, avec la possibilité d’un déplacement de l’information vers la droite (QA vers QD) ou la
gauche (QD vers QA). La description et le schéma de brochage sont donnés à la figure ci-
dessous :
Parmi les registres universels, on trouve le 74194 qui est un registre à chargement parallèle ou
série, avec la possibilité d’un déplacement de l’information vers la droite (QA vers QD) ou la
gauche (QD vers QA). La description et le schéma de brochage sont donnés à des figures
suivantes :
Figure 2.5 : Brochage
Figure 2.6 : Table de fonctionnement du registre universel 74LS194
Figure 2.7 : Registre à écriture série et lecture série
Après 4 pulsations de CLK, les 4 bits sont entrés dans le registre.
Après 4 autres cycles d’horloge, les 4 bits sont déplacés vers la sortie.
Leur application est essentiellement le calcul arithmétique binaire. CLK est alors l’entrée de
décalage.
Figure 2.8 : Registre à écriture série et lecture parallèle
Lorsque l’entrée est stockée, chaque bit apparaît simultanément sur les lignes de sortie.
Le registre à décalage est utilisé comme convertisseur série-parallèle. Il est nécessaire à la
réception lors d’une transmission série.
Figure 2.9 : Registre à écriture parallèle et lecture série
Utilisé comme convertisseur parallèle-série, il est nécessaire à l’émission lors d’une
transmission série.
3. Les mémoires :
Les systèmes modernes sont souvent à microprocesseur de tels systèmes exigent une capacité
mémoire importante pour le stockage des données. Les mémoires électroniques ou à semi-
conducteurs sont les éléments qui répondent à ce besoin.
Une mémoire est un dispositif capable d’emmagasiner puis de restituer une information.
L'unité d’information (bit, octet, etc.) s’appelle «point mémoire » ou «cellule»
Figure 3.1 : Schéma fonctionnel d'une mémoire
L’adresse fournie par le bus d'adresses est le mot binaire de p bits qui permet de localiser la
donnée ;
La donnée de n bits entre (écriture) et sort (lecture) par le bus de données qui est
bidirectionnel : deux sens possibles, en liaison avec le signal R/W ;
La mémoire peut stocker 2p données de n bits chacune;
Le signal CS permet la sélection du circuit ou le mettre en haute impédance ; cette possibilité
permet, comme on le verra, l'extension de la capacité mémoire d'un système.
On peut donc utiliser une mémoire soit en :
lecture :
Appliquer le mot adresse sur le bus d’adresse;
Sélectionner le boîtier mémoire en appliquant un niveau logique bas sur la ligne CS ;
Sélectionner le mode lecture en appliquant un niveau logique haut sur la ligne R/W ;
écriture :
Appliquer le mot d’adresse sur le bus d’adresse ;
Le mot de donnée sur le bus de données ;
Sélectionner le boîtier mémoire en appliquant un niveau logique bas sur la ligne CS ;
Sélectionner le mode écriture en appliquant un niveau logique bas sur la ligne R/W ;
3.1 Caractéristiques des mémoires :
La capacité : c’est la quantité d’information qui peut être stockée dans la mémoire. Elle
s’exprime en bits ou en mots de n bits. Par exemple :
64b, 4Kb, 8Ko (o : octet ou byte ) avec 1o = 8b ; 1K = 210 = 1024 ; 1M = 220 = 1048576
L’organisation : elle définit le nombre de mots et la longueur de chaque mot. Par exemple :
Une mémoire de 64Kx 1 est constituée de 65536 mots de 1 bit. Sa capacité est donc de 64Kb
(8Ko) ;
Une mémoire de 8Kx8 contient 8192 mots de 8 bits. Sa capacité est de 64Kb (8Ko) ;
Le temps d’accès : c’est le temps qui s’écoule entre une demande d’information et le moment
où elle est effectivement disponible.
3.2 Les différents types de mémoires
Les mémoires sont classées suivant deux familles :
Mémoires mortes (ROM pour Read Only Memory) : mémoire à lecture seule;
Mémoires vives (RAM pour Random Access Memory) : mémoire à lecture et écriture.
Les mémoires mortes :
Les ROM sont utilisées pour stocker des informations figées telles que des programmes fixes
dans des machines programmées ou les tables de conversion de données.
Le contenu est fixé à la construction ou par l’utilisateur et la disparition de l’alimentation
électrique n’altère pas le contenu.
Les mémoires vives :
Dès qu’un système doit conserver temporairement des informations, la RAM trouve sa place.
En informatique, elles sont largement mises en œuvre en quantités importantes (plus de 16
Mo en micro-informatique et plusieurs centaines de méga octets en mini–informatique).
Les mémoires programmables et effaçables par l’utilisateur
Les mémoires programmables sont intermédiaires entre les RAM et les ROM. Leur contenu
peut être défini par l’utilisateur et subsister sans alimentation électrique.
On en rencontre de différentes familles :
Les PROM (Programmable ROM) : sont composées de fusibles que l’on peut détruire
une seule fois ;
Les EPROM (Erasable PROM) : ce sont des mémoires effaçables par ultraviolet et
programmables électriquement ;
Les EEPROM (Electrical Erasable PROM) : ce sont des mémoires effaçables et
programmables électriquement.
Extension de capacité :
Il est courant dans un système microinformatique de grouper plusieurs circuits pour
augmenter la capacité (nombre des mots et/ou longueur des mots). Par exemple, à l’aide de 4
boîtiers mémoires de 1Kx4bits, on peut réaliser les mémoires suivantes : 1Kx16bits,
4Kx4bits, 2Kx8bits.
Le schéma de la figure ci-dessous réalise une mémoire de 1Kx16bits à partir d'une mémoire
élémentaire de
1Kx4bits :
Nécessité de 4 boîtiers ;
Nécessité de 10 bits d’adresses A0 à A9 ; (nombre de mots = 2nombre de bits d’adresse)
Nécessité de 16 bits de données D0 à D15 ;
Extension de format d'une mémoire