MAT35B - L3A ALGÈBRE
Premier semestre — 2023-2024
Fiche 7: Dualité et réduction d’endomorphismes
Espace vectoriel dual
⋆ 1. Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps |, et B et B ′ deux
bases de E. On notera P = MatBB ′ la matrice de passage de la base B à la base
B ′ . Montrer que t (P −1 ) = MatB ∗ B ′∗ . En déduire que toute base de E ∗ est la duale
d’une base de E.
2. Soient E et F deux |-espaces vectoriels de dimension finie, et b une forme bili-
néaire sur E × F . On définit les applications linéaires lb : E → F ∗ et r b : F → E ∗
via lb (x) = b(x, ·) ∈ F ∗ et r b ( y) = b(·, y) ∈ E ∗ , respectivement, pour tous x ∈ E et
y ∈ F.
Soient B = (e1 , . . . , em ) une base de E et B ′ = ( f1 , . . . , f n ) une base de F . On
note B ∗ = (e1∗ , . . . , em
∗
) et B ′∗ = ( f1∗ , . . . , f n∗ ) les bases duales, et A la matrice de
coefficients ai, j = b(ei , f j ) pour i ∈ ⟦1, m⟧ et j ∈ ⟦1, n⟧.
(a) Déterminer la matrice de r b dans les bases B ′ et B ∗ , et celle de lb dans les
bases B et B ′∗ .
(b) En déduire que lb est bijective, si et seulement si r b est bijective, si et seule-
ment si A est inversible. On dit dans ce cas que b est non dégénérée.
3. Soit E un espace vectoriel. On rappelle que, étant donné des parties Φ ⊆ E ∗
et S ⊆ E, on définit le sous-espace vectoriel orthogonal à Φ et le sous-espace
vectoriel orthogonal à S par
Φ⊥ = {v ∈ E : φ(v) = 0 pour tout φ ∈ Φ}
et
S ⊥ = {φ ∈ E ∗ : φ(v) = 0 pour tout v ∈ S},
respectivement.
Soient ϕ1 , . . . , ϕℓ des formes linéaires sur un |-espace vectoriel E. On note f
l’application de E dans |ℓ définie par f (x) = (ϕ1 (x), . . . , ϕℓ (x)) pour tout x ∈ E et
F = Ker(ϕ1 ) ∩ . . . ∩ Ker(ϕℓ ).
(a) Montrer que la famille {ϕ1 , . . . , ϕℓ } est libre si et seulement si f est surjective.
Indication : montrer l’équivalence des négations et noter que f n’est pas sur-
jective si et seulement si son image est contenue dans un hyperplan de |ℓ .
(b) On suppose que {ϕ1 , . . . , ϕℓ } est libre. Soit (c1 , . . . , cℓ ) la base canonique de |ℓ .
D’après la question précédente, on peut choisir des antécédents e1 , . . . , eℓ de
c1 , . . . , cℓ par f . Montrer que E = F ⊕ Vect| 〈{e1 , . . . , eℓ }〉. En déduire que, étant
donné ψ ∈ E ∗ , ψ ∈ Vect| 〈{ϕ1 , . . . , ϕℓ }〉 si et seulement si l’on a l’inclusion
Ker(ψ) ⊇ Ker(ϕ1 ) ∩ . . . ∩ Ker(ϕℓ ).
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(c) Soit Φ ⊆ E ∗ un sous-espace vectoriel de dimension finie. Montrer que l’inclu-
sion Φ ⊆ (Φ⊥ )⊥ est une égalité.
(d) Montrer que l’équivalence ψ ∈ 〈{ϕ1 , . . . , ϕℓ }〉 si et seulement si
Ker(ψ) ⊇ Ker(ϕ1 ) ∩ . . . ∩ Ker(ϕℓ )
reste vraie même si (ϕ1 , . . . , ϕℓ ) n’est pas libre.
(e) Trouver un |-espace vectoriel E et un sous-espace vectoriel Φ de E ∗ pour lequel
l’inclusion Φ ⊆ (Φ⊥ )⊥ est stricte.
Indication : pour n ∈ N, noter ϕn l’application qui associe à un polynôme
P ∈ |[X ] le coefficient de X n dans P, et ψ l’application qui associe P(1) à un
polynôme P ∈ |[X ].
4. Soient E un |-espace vectoriel F, G deux sous-espaces vectoriels de E.
(a) Montrer que F = (F ⊥ )⊥ .
Indication : si x ∈ E \ F , utiliser un supplémentaire de F + |.x dans E pour
construire une forme linéaire nulle sur F mais pas en x.
(b) Montrer que F est de codimension finie si et seulement si F est une intersection
finie d’hyperplans de E. De combien d’hyperplans a-t-on besoin ?
(c) Montrer que (F + G)⊥ = F ⊥ ∩ G ⊥ .
(d) Montrer que (F ∩ G)⊥ ⊇ F ⊥ + G ⊥ . Qu’en déduit-on si E est de dimension finie ?
(e) On suppose que E est de dimension finie. Soit (e1 , . . . , e p ) une base de F , qu’on
complète en une base (e1 , . . . , en ) une base de E. En déduire une base de F ⊥ .
5. Soient E un |-espace vectoriel et u ∈ L(E).
(a) Soient F un sous-espace vectoriel de E. Montrer que F est stable par u si et
seulement si F ⊥ est stable par t u.
Indication : la démonstration par équivalences est possible, en utilisant les
égalités F = (F ⊥ )⊥ .
(b) On suppose que E est de dimension finie. Soit Φ un sous-espace vectoriel de
E ∗ . Montrer que Φ est stable par t u si et seulement si Φ⊥ est stable par u.
(c) Soit ϕ une forme linéaire non nulle sur E. Montrer que l’hyperplan donné par
Ker(ϕ) est stable par u si et seulement ϕ est un vecteur propre de l’endomor-
phisme t u.
6. Soient E un R-espace vectoriel de dimension finie et C un convexe fermé de E.
À toute forme linéaire non nulle φ sur E et à tout réel β, on associe le demi-espace
fermé Dφ,β = {x ∈ E : φ(x) ≤ β} et l’hyperplan affine Hφ,β = {x ∈ E : φ(x) = β}.
(a) Montrer que Dφ,β est une partie convexe de E. Quelle est sa frontière ?
(b) Montrer que C est l’intersection de demi-espaces fermés qui le contiennent.
Indication : munir E d’un produit scalaire 〈·, ·〉. Si x ∈ E\C et C ̸= ;, introduire
la forme linéaire 〈x − pC (x), ·〉, où pC (x) est la projection de x sur C.
(c) Un point c ∈ C est dit extrémal dans C si C \{c} est convexe. Montrer que c est
extrémal si et et seulement si, étant donnés a, b ∈ C, (a + b)/2 = c implique
a = b = c.
(d) Soit c ∈ C. Montrer que s’il existe une forme linéaire non nulle φ sur E telle
que φ(x) < φ(c) pour tout x ∈ C \ {c}, alors c est extrémal dans C.
(e) Dans cette question, on suppose que C est une intersection finie des demi-
espaces fermés Dφi ,βi pour i ∈ ⟦1, m⟧. Étant donné c ∈ C, on définit l’ensemble
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I c = {i ∈ ⟦1, m⟧ : φi (c) = βi }. Montrer que c ∈ C est extrémal dans C si et
seulement si (φi )i∈I c engendre E ∗ .
(f ) Déterminer les points extrémaux du polyèdre de R2 défini par les inéquations
x 1 ≥ 0, x 2 ≥ 0, x 1 + 2x 2 ≤ 3 et 2x 1 + x 2 ≤ 3.
Dual de l’espace vectoriel de matrices⋆
⋆ 7. Soient | un corps et n ∈ N∗ . Pour A ∈ Mn (|), on note φA la forme linéaire sur
Mn (|) définie par φA(M ) = Tr(AM ) pour M ∈ Mn (|).
(a) Calculer φt A(M ) en fonction des coefficients de A et de M .
(b) Montrer que l’application A 7→ φA est un isomorphisme de Mn (|) vers Mn (|)∗
et que la forme bilinéaire b sur Mn (|) définie par b(M , N ) = Tr(M N ) est non
dégénérée.
(c) Quelles sont les formes linéaires sur Mn (|) vérifiant φ(M N ) = φ(N M ) pour
tout M et N dans Mn (|) ?
Double dual d’un espace vectoriel⋆
⋆ 8. Soit E un |-espace vectoriel. On note ι E : E → E ∗∗ = (E ∗ )∗ l’application donnée
par ι E (x)(ϕ) = ϕ(x) pour tous x ∈ E et ϕ ∈ E ∗ . Montrer que pour tout u ∈ L(E),
( u) ◦ ι E = ι E ◦ u. En déduire que si E est de dimension finie, t (t u) = ι E ◦ u ◦ ι E−1 .
t t
Polynômes et endomorphismes
9. Soit |, K deux corps avec | ⊆ K et soit A ∈ Mn (|). On rappelle que le polynôme
minimal µA,K de A dans K[X ] est le générateur unitaire de l’idéal
IA,K = P ∈ K[X ] : P(A) = 0Mn (K)
de K[X ], où 0Mn (K) désigne la matrice nulle de Mn (K). Montrer que µA,R = µA,C
pour A ∈ Mn (R).
10. Trouver deux matrices carrées non semblables de même polynôme minimal et
de même polynôme caractéristique.
11. Soient | un corps, E un |-espace vectoriel, f ∈ L(E) un endomorphisme li-
néaire, et P, Q deux polynômes de |[X ]. On pose
D = PGCD(P, Q) et M = PPCM(P, Q).
Montrer que
Ker D( f ) = Ker P( f ) ∩ Ker Q( f ) et Ker M ( f ) = Ker P( f ) + Ker Q( f ) .
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Réduction d’endomorphismes
12. Soient | un corps, E un |-espace vectoriel de dimension n et u ∈ L(E) un en-
domorphisme linéaire. On rappelle que, étant donné v ∈ E, le sous-espace vectoriel
¬ ¶
Eu,v = P(u)(v) : P ∈ |[X ] = Vect| uk (v) : k ∈ N
est appelé le sous-espace cyclique associé à v. On notera Iu,v le noyau de l’appli-
cation linéaire evu,v : |[X ] → E définie par evu,v (P) = P(u)(v) pour tout P ∈ |[X ].
(a) Montrer que u(Eu,v ) ⊆ Eu,v pour tout v ∈ E.
(b) Montrer que Iu,v est un idéal de |[X ] non réduit à {0}. Le polynôme minimal
de u en v est le générateur unitaire µu,v de cet idéal.
(c) Soit d le degré de µu,v . Montrer que (v, u(v), . . . , ud−1 (v)) est une base de Eu,v .
Quelle est la dimension de Eu,v ?
(d) Soit u v : Eu,v → Eu,v l’endomorphisme linéaire donné par la restriction u| Eu,v
de u. Déterminer le polynôme minimal et le polynôme caractéristique de u v ,
et redémontrer ainsi le théorème de Cayley-Hamilton pour u.
Indication : montrer que, étant donné P ∈ |[X ], P(u v ) = 0L(Eu,v ) si et seule-
ment si P(u)(v) = 0 E , et calculer la matrice de u v dans la base donnée par
(v, u(v), . . . , ud−1 (v)).
(e) Montrer que si P ∈ |[X ], alors
P(u)(Eu,v ) = Eu,P(u)(v) et µu,v = PGCD(P, µu,v ).µu,P(u)(v) .
(f ) Déterminer Eu,v et µu,v si
(i) v = 0 E ;
(ii) v est un vecteur propre de u ;
(iii) il existe un entier r > 1 et des vecteurs propres v1 , . . . , vr de u associés à
des valeurs propres distinctes tels que v = v1 + · · · + vr .
(g) Montrer que si (e1 , . . . , en ) est une base de E, Iu,| est l’intersection des Iu,ek et
µu,| est le PPCM des µu,ek .
α
(h) Soit µu,| = P1 1 . . . Prαr la décomposition en facteurs irréductibles de µu,| , i.e.
les polynômes Pk sont irréductibles et unitaires, Pi et P j sont premiers entre
eux pour i ̸= j, et αk ∈ N∗ .
α
(i) Construire des vecteurs v1 , . . . , vr ∈ E tels que µu,vk = Pk k pour tout k.
(ii) Montrer que les sous-espaces Eu,vk sont en somme directe.
α
Indication : utiliser les noyaux Ker(Pk k (u)).
(iii) Soit v = v1 + · · · + vr . À l’aide de la question précédente, montrer que
µu,v = µu,| . Retrouver ainsi que le deg(µu,| ) ≤ n sans utiliser le théorème
de Cayley-Hamilton.
(i) On dit que u est cyclique s’il existe v ∈ E tel que Eu,v = E. Montrer que u est
cyclique si et seulement si µu,| = χu .
(j) Montrer que si u est cyclique et si F est un sous-espace vectoriel stable par u,
alors l’endomorphisme induit u F = u| F : F → F est cyclique.
Indication : fixer un vecteur v ∈ E tel que Eu,v = E et montrer que l’ensemble
I = {P ∈ |[X ] : P(u)(v) ∈ F } est un idéal de |[X ].
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13. Soient E un |-espace vectoriel de dimension n et u ∈ L(E) un endomorphisme
nilpotent d’indice d, i.e. d est le plus petit entier k ≥ 1 tel que uk = 0L(E) .
(a) Montrer qu’il existe a ∈ E et ϕ ∈ E ∗ tels que ϕ(ud−1 (a)) ̸= 0.
(b) Montrer que {a, u(a), . . . , ud−1 (a)} et {ϕ, ϕ ◦ u, . . . , ϕ ◦ ud−1 } sont libres.
(c) On note F et Φ le sous-espace vectoriel engendré par ces familles. Montrer que
F et Φ⊥ sont stables par u et supplémentaires.
(d) En déduire par récurrence sur la dimension de E qu’il existe une base de E
dans laquelle la matrice de u est diagonale par blocs avec des blocs de Jordan
nilpotents sur la diagonale, i.e. de la forme
0 ... ... ... 0
.. ..
1 . .
.. .. ..
Jd ′ =
0 . . . ∈ Md ′ (|),
. ..
. .. .. ..
. . . . .
0 ... 0 1 0
avec 0 < d ′ ≤ d.
14. Soit E un |-espace vectoriel de dimension finie n et soit u ∈ L(E). On suppose
qu’on dispose d’un polynôme P annulateur de u, unitaire et scindé qu’on décompose
en facteurs irréductibles de la forme
P = (X − α1 )m1 · · · (X − α r )mr .
Pour tout i ∈ ⟦1, r⟧, on note Ei = Ker(u − αi id E )mi .
(a) Montrer que E = E1 ⊕ · · · ⊕ E r .
Indication : utiliser le théorème de décomposition des noyaux.
(b) Soient p1 , . . . , p r : E → E les projections associées à la décomposition d’espaces
vectoriels E = E1 ⊕· · ·⊕E r . Montrer que chaque Ei est stable par u, et en déduire
que u commute avec chaque projection pi .
(c) On note u| Ei : Ei → Ei l’endomorphisme induit par u sur Ei . Montrer que
u| Ei − αi id Ei est nilpotent. En utilisant l’exercice précédent, en déduire que
dans une base convenable u admet une matrice diagonale par blocs, avec des
blocs de Jordan sur la diagonale (i.e. de la forme Jd ′ +αi I d ′ , avec 0 < d ′ ≤ mi ).
(d) Soient d = α1 p1 + · · · + α r p r et v = u − d. Montrer que d est diagonalisable, v
est nilpotent, d et v commutent.
15. Montrer que tout endomorphisme d’un espace vectoriel de dimension n ∈ N∗
admettant un polynôme annulateur scindé est trigonalisable.
16. Soient E un |-espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L(E) et χu le polynôme
caractéristique de u. On se propose de montrer que si u est trigonalisable alors χu
est scindé et χu (u) = 0L(E) . Pour cela, on prend une base B = (e1 , . . . , en ) de E dans
laquelle la matrice de u est triangulaire supérieure et on note A = (ai, j )1≤i, j≤n la
matrice de u dans B. Pour tout k ∈ ⟦0, n⟧, on note Fk = 〈{e1 , . . . , ek }〉.
(a) Que vaut χu ?
(b) Montrer que pour tout k ∈ ⟦1, n⟧, (u − ak,k id E )(Fk ) ⊆ Fk−1 .
(c) Conclure.
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Calcul de formes de Jordan
17. Soit f : R3 → R3 l’endomorphisme linéaire dont la matrice dans la base cano-
nique (e1 , e2 , e3 ) est
3 0 8
M = 3 −1 6 .
−2 0 −5
Trouver une base de R3 dans laquelle la matrice de f ait une forme réduite de
Jordan.
18. Soit C[X ]≤4 l’espace vectoriel de polynômes de degré inférieur ou égal à 4 à
coefficients complexes et soit f : C[X ]≤4 → C[X ]≤4 l’application linéaire définie
par f (P) = 2P(X + 1) − P(X + 2) pour P ∈ C[X ]≤4 . Trouver une base de C[X ]≤4
dans laquelle la matrice de f ait une forme réduite de Jordan.
19. Soit | un corps de caractéristique zéro et soient a et b dans |. Donner la dé-
composition de Dunford de la matrice
a 1
M= .
0 b
20. Soit f : R3 → R3 l’endomorphisme linéaire dont la matrice dans la base cano-
nique (e1 , e2 , e3 ) est
0 −2 0
M = 1 −2 0 .
0 0 5
(a) Calculer le polynôme minimal µ f ,ei associé au vecteur ei pour i ∈ {1, 2, 3}.
(b) En déduire le polynôme minimal µ f ,R et le polynôme caractéristique χ f .
(c) Soit ψ : R[X ] → L(R3 ) le morphisme d’anneaux défini par ψ(P) = P( f ) pour
P ∈ R[X ].
(i) Quel est le noyau de ψ ?
(ii) On note B = Img(ψ). C’est clairement un sous-anneau et aussi un sous-
espace vectoriel de L(R3 ). Quelle est sa dimension comme espace vectoriel
sur R ?
(iii) L’anneau B est-il intègre ?
(iv) L’endomorphisme f est-il un élément inversible de l’anneau B ?
(d) Montrer que l’anneau R[X ]/(X 2 + 2X + 2) est isomorphe au corps C.
(e) Montrer qu’il existe un unique morphisme d’anneaux γ : B → C × R tel que
γ( f ) = (i − 1, 5).
(f ) Vérifier que γ est R-linéaire et bijective.
21. Soit E un R-espace vectoriel de dimension 3, muni d’une base B = (e1 , e2 , e3 ).
(a) Soit f : E → E l’endomorphisme linéaire dont la matrice dans la base B est
0 0 0
A = 0 0 −1 .
0 1 0
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(i) Calculer le polynôme minimal µ f ,ei associé au vecteur ei pour i ∈ {1, 2, 3}.
(ii) En déduire le polynôme minimal µ f ,R et le polynôme caractéristique χ f .
(b) Soit h : E → E un endomorphisme linéaire vérifiant h3 + h = 0L(E) .
(i) Quelles sont les différentes possibilités pour le polynôme minimal µh,R et
pour le polynôme caractéristique χh d’un tel endomorphisme ?
(ii) Un tel endomorphisme h peut-il être injectif ?
(iii) Quelles sont les différentes possibilités pour la dimension du noyau de
h2 + id E ?
(iv) Montrer que la matrice de h dans la base B est ou bien nulle ou bien
semblable à la matrice A.
22. (a) Soit S = a0 + a1 X + · · · + ad X d un polynôme de Z[X ] de degré d ∈ N∗ .
Soient p ∈ Z \ {0} et q ∈ N∗ premiers entre eux, et r = p/q. Montrer que si r
est racine de S, alors q divise ad et que p divise a0 dans Z.
(b) On fixe désormais S = X 3 + X + 1. Montrer que le polynôme S est irréductible
dans Q[X ].
(c) On note L l’anneau quotient Q[X ]/(S). Montrer que L est un corps.
(d) On considère le Q-espace vectoriel E1 = Q3 , et un endomorphisme linéaire
f : E1 → E1 tel que f 3 + f + id E1 = 0L(E1 ) . Quel est le polynôme minimal de f ?
(e) Montrer que l’on peut définir une structure de L-espace vectoriel sur E1 en
définissant une loi externe par P̄.v = P( f )(v), pour tout P ∈ Q[X ] et v ∈ E1 .
(f ) Montrer qu’il existe une base du Q-espace vectoriel E1 dans laquelle la matrice
de f est
0 0 −1
1 0 −1 .
0 1 0
(g) Quelle est la dimension de E1 en tant que L-espace vectoriel ?
(h) On considère le Q-espace vectoriel E2 = Q6 et un endomorphisme f : E2 → E2
tel que h3 + h + id E2 = 0L(E2 ) . Quel est le polynôme minimal de h ?
(i) Montrer que l’on peut définir une structure de L-espace vectoriel sur E2 en
définissant une loi externe par P̄.v = P(h)(v), pour tout P ∈ Q[X ] et v ∈ E2 .
(j) Quelle est la dimension de E2 en tant que L-espace vectoriel ?
(k) Montrer que tout endomorphisme g du Q-espace vectoriel E2 vérifiant l’iden-
tité g 3 + g + id E2 = 0L(E2 ) est un conjugué de h.
23. Soit f : C3 → C3 l’endomorphisme linéaire dont la matrice dans la base cano-
nique (e1 , e2 , e3 ) est
1 1 0
M = 0 1 2 .
1 0 1
(a) Calculer µ f ,e1 .
(b) En déduire µ f ,C et χ f .
(c) Calculer le polynôme dérivé χ ′f .
(d) Calculer le PGCD des polynômes χ f et χ ′f .
(e) En déduire que l’endomorphisme f est diagonalisable.
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Endomorphismes des espaces euclidiens⋆
⋆ 24. Soit E un espace vectoriel muni d’une forme bilinéaire symétrique non dégé-
nérée b = 〈·, ·〉. Soit j l’application de E dans E ∗ définie par j(x) = 〈x, ·〉.
(a) Montrer que j est un isomorphisme de E sur E ∗ .
(b) Soit B une base de E. À quelle condition la base j(B) est-elle duale de B ?
(c) Montrer que pour tout sous-espace F de E, l’orthogonal F ⊥ ⊆ E ∗ de F dans E ∗
coïncide avec l’image par j de l’orthogonal
F ⊥,b = w ∈ E : 〈w, v〉 = 0 pour tout v ∈ F
de F dans E.
(d) Soit u ∈ L(E). Montrer que l’adjoint de u relatif à b est donné par
u∗ (x) = j −1 ( j(x) ◦ u),
pour tout x ∈ E, et que t u = j ◦ u∗ ◦ j −1 . Dans une base orthonormée de E,
quelle relation y a-t-il entre la matrice de u∗ et celle de u ?
⋆ 25. Soit E un espace euclidien orienté de dimension 3. On note 〈 , 〉 : E × E → R
le produit scalaire. Pour tous vecteurs x, y, z, on note [x, y, z] le produit mixte de
x, y, z, défini comme le déterminant de (x, y, z) dans n’importe quelle base ortho-
normée directe de E. Noter que cela ne dépend pas du choix de la base orthonormée
directe. On rappelle que l’application de E 3 dans R donnée par (x, y, z) 7→ [x, y, z]
est trilinéaire alternée, donc antisymétrique. Pour tous vecteurs u et v de E, il existe
un unique vecteur noté u ∧ v tel que la forme linéaire [u, v, ·] soit égale au produit
scalaire par u ∧ v, i.e. [u, v, w] = 〈u ∧ v, w〉 pour tous u, v, w ∈ E.
(a) Montrer que si (e1 , e2 , e3 ) est une base orthonormée directe, alors e1 ∧ e2 = e3 .
Indication : montrer que les formes linéaires 〈e1 ∧ e2 , ·〉 et 〈e3 , ·〉 sont égales.
(b) Montrer que l’application (u, v) 7→ u ∧ v de E 2 dans E est bilinéaire.
(c) Soient u et v de E. Montrer que
(i)v ∧ u = −u ∧ v ;
(ii)u ∧ v est orthogonal à u et v ;
(iii)si u et v sont colinéaires, u ∧ v = 0 E ;
(iv) si u et v ne sont pas colinéaires, u∧v ̸= 0 E et [u, v, u∧v] > 0 (i.e. (u, v, u∧v)
est une base directe de E) ;
(v) si l’on suppose que u et v ne sont pas nuls, montrer que l’on peut trouver
une base orthonormée directe (e1 , e2 , e3 ) et un réel θ ∈ [0, π] tels que
||u||−1 u = e1 et ||v||−1 v = cos(θ )e1 + sin(θ )e2 .
Calculer 〈u, v〉 pour vérifier que θ est l’écart angulaire entre u et v et
montrer que ||u ∧ v|| = ||u||.||v||. sin(θ ).
⋆ 26. Soit E un espace euclidien. Soit u un endomorphisme symétrique positif (i.e.
〈x, u(x)〉 > 0 pour tout x ∈ E \ {0 E }). On note λ1 , . . . , λ r les valeurs propres dis-
tinctes de u et E1 , . . . , E r les sous-espaces propres associés.
(a) Montrer que les valeurs propres de u sont positives.
(b) Montrer que E1 , . . . , E r sont orthogonaux deux-à-deux et de somme E.
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(c) On note p1 , . . . , p r : E → E les projecteurs associés à la décomposition d’es-
paces vectoriels E = E1 ⊕ · · · ⊕ E r . Montrer qu’ils sont symétriques et non
négatifs (i.e. 〈x, pi (x)〉 ≥ 0 pour tout x ∈ E).
(d) En déduire un endomorphisme symétrique positif dont le carré est u.
(e) Soit v un endomorphisme symétrique positif dont le carré est u. Montrer que
v est l’endomorphisme de la question précédente.
Indication : montrer que les Ei sont stables par v, et montrer que les endo-
morphismes induits sont des homothéties.
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