Series Numeriques
Series Numeriques
1.1 Généralités
Définition 1.1. Soit (un )n∈N (ou (un )) une suite de nombre réels.
On appelle série numérique, associée à cette suite, la somme de tous les termes
de cette suite : u0 + · · · + un + . . .
On note cette somme sous la forme condensée suivante
X ∞
X
un ou un
n≥0 n=0
P
Définition 1.2. On appelle somme partielle d’ordre n de la série n≥0 un , la
somme Sn de tous les termes de la suite jusqu’à l’ordre n :
n
X
S0 = u0 , S1 = u0 + u1 , . . . , Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk
k=0
S2n = 1 et S2n+1 = 0, ∀n ≥ 0
La suite (Sn )n∈N diverge puisqu’elle admet deux sous-suites admettant
deux limites différentes, donc n≥0 (−1)n diverge
P
2. Série géométrique
On appelle ainsi la série de terme général un = αn , n ≥ 0.
Alors X X
un = αn = 1 + α + α2 + . . . + αn + . . .
n≥0 n≥0
(
1−αn+1
2 n 1−α α 6= 1
Sn = 1 + α + α + . . . + α =
n+1 α=1
(
1
|α| < 1
1−α
lim Sn =
n−→∞ +∞ |α| ≥ 1
1
Théorème 1.4. On ne change pas la nature d’une série en ajoutant ou en
supprimant un P
nombre fini P
de termes.
∞ ∞
Autrement dit n=0 un et n=n0 un , (n0 ∈ N∗ ) sont de même nature.
N
X
SN = Sn−1 + uk
k=n
Lorsque N −→ ∞ on a
∞
X
SN = Sn−1 + uk
k=n
P∞
donc k=n uk = Rn est bien défini
lim Sn−1 = S ⇒ Rn = 0.
n−→∞
lim un = 0.
n−→∞
2
Preuve 1.9.
un = Sn − Sn−1
lim un = lim Sn − lim Sn−1 = 0
n−→∞ n−→∞ n−→∞
Conséquence :
X
lim un 6= 0 ⇒ un diverge
n−→∞
n≥0
Remarque 1.10. On a dans ce cas une condition nécessaire mais non suffi-
sante de convergence.
Exemple : limn−→∞ n1 = 0 mais on peut montrer que n≥1 n1 diverge
P
Exemples :
X
n(n + 1) diverge car lim n(n + 1) = +∞
n−→∞
n≥1
X
(−1)n diverge car lim (−1)n n’existe pas
n−→∞
n≥0
Preuve 1.12.
Sn+p − Sn = un+1 + . . . + un+p
La série converge ⇔ la suite (Sn ) converge ⇔ la suite (Sn ) est de Cauchy
⇔ |un+1 + . . . + un+p | < ε.
P Exemple
1
:
n≥1 n diverge
1 1 n 1
S2n − Sn = + ... + > =
2n n+1 2n 2
et X X X
(un + vn ) = un + vn
n≥0 n≥0 n≥0
3
— Si
X X X
un converge et vn diverge, alors, (un + vn ) diverge
n≥0 n≥0 n≥0
— Si X X
un converge alors αun converge ∀α ∈ R et
n≥0 n≥0
X X
αun = α un
n≥0 n≥0
P P
Remarque 1.13. — Soient n≥0 un et n≥0 vn deux séries à termes réels,
si on suppose que les deux séries sont divergentes on ne peut rien dire à
priori quand à la nature de leur somme.
— On ne peut pas écrire l’égalité
X X X
(λun + βvn ) = λ un + β vn
n≥0 n≥0 n≥0
que
P si l’on P
s’est assuré P
que les trois séries
u
n≥0 n , v
n≥0 n et n≥0 (un + vn ) sont convergentes.
Exemples :
1 P 1
— un = − 1, n≥1 un diverge car limn−→∞ − 1 = −1 6= 0
n n
1 P 1
vn = 1 − , n≥1 vn diverge car limn−→∞ 1 − = 1 6= 0
n+1 n+1
1 1 1
wn = un + vn = − = ,
n n+1 n(n + 1)
P 1 1 P 1
n≥0 wn converge car < 2 et n≥1 2 converge ( à démon-
n(n + 1) n n
trer
P par la suite),
P d’où
n≥1Pwn = n≥0 (un +Pvn ) converge
P
mais n≥1 (un + vn ) 6= n≥1 un + n≥1 vn
P 1 P
— un = 1, n≥0 un diverge, vn = − 1, n≥1 vn diverge et
n
P P 1
n≥1 un + vn = n≥1 diverge.
n
∃n0 ≥ 0 / un ≥ 0 ∀n ≥ n0
Théorème
P 1.15. Critère de majoration
Soit n P un une série à termes positifs.
La série n un est convergente si et seulement si la suite des sommes partielles
(Sn ), Sn = u0 + . . . + un est majorée.
4
Preuve 1.16. un ≥ 0 ⇒ (Sn ) croissante.
P
n un converge ⇒ (Sn ) converge ⇒ (Sn ) bornée P
Sn majorée et croissante, donc (Sn ) converge ⇒ n un converge.
Théorème
P 1.17. Critère
P de comparaison
Soient n≥0 un et n≥0 vn deux séries à termes positifs.
Supposons que
∃N > 0 tel que un ≤ vn ∀n ≥ N.
Alors
P P
1. vn converge ⇒ n≥0 un converge
Pn≥0 P
2. n≥0 un diverge ⇒ n≥0 vn diverge.
P
Preuve 1.18. 1. n≥0 vn converge, elle est donc de Cauchy,
n+p
X
∀ε > 0, ∃n ≥ n0 tel que ∀n ≥ n0 , ∀p, vk < ε
k=n+1
or
n+p
X n+p
X
uk ≤ vk
k=n+1 k=n+1
d’où
n+p
X
∀ε > 0, ∃n ≥ n0 tel que ∀n ≥ n0 , ∀p uk < ε
k=n+1
P
Par conséquent n≥0 un est de Cauchy et donc convergente.
2. Par l’absurde : P P
supposons
P que n≥0 un diverge et n≥0 vn converge, alors d’après 1,
n≥0 un converge, contradiction.
Conséquence : Critère de comparaison
Si les suites un et vn sont positives et si
alors X X
un et vn
n n
2 ≤ 3 − sin n ≤ 4 ⇒ un ≥ 0
5
— un = ln1n , n ≥ 2
ln n ≤ n, ∀n ≥ 2, ⇒ ln1n ≥ 1 1
P
n , ∀n ≥ 2, comme n≥1 n diverge, alors
1
P
n≥2 ln n diverge.
— un = ne−2n , n ≥ 1
On a n < en , ∀n ≥ 1, donc
1 1
un < en e−2n = e−n = n
= ( )n = vn ,
e e
1 n
P vn = ( e ) est une série géométrique de raison
or la série de terme général
1
r = e < 1. Par P suite n≥1 vn converge et le critère de comparaison
implique que n≥1 un converge également.
n+1
— u
Pn = nn+12 ,n > 0
n+1 n 1
≥ 2 = ∀n ≥ 1
n2 n n
Théorème
P 1.19. Critère
P de comparaison à la limite
Soient n≥0 un et n≥0 vn deux séries à termes positifs.
Supposons que limn−→+∞ uvnn = l (on dit que (un ) et (vn ) sont équivalentes au
voisinage de l’infini), alors
P P
1. Si 0 < l < +∞, n≥0 un et n≥0 vn sont de même nature (elles
convergent ou divergent en même temps).
P P
2. Si l = 0, alors n≥0 vn converge implique n≥0 un converge.
P P
3. Si l = +∞, alors n≥0 vn diverge implique n≥0 un diverge.
Preuve 1.20. Si limn−→∞ uvnn = l < +∞, alors par définition de la limite d’une
suite
un
∀ε > 0, ∃n0 > 0 tq ∀n ≥ n0 ⇒ | − l| < ε
vn
un
∀ε > 0, ∃n0 > 0 tq ∀n ≥ n0 ⇒ l − ε < <l+ε
vn
∀ε > 0, ∃n0 > 0 tq ∀n ≥ n0 (l − ε)vn < un < (l + ε)vn
1. 0 < l < +∞, on peut choisir ε tel que l − ε > 0, alors l − ε et l + ε sont
deux constantes positives. P P
En utilisant le critère de comparaison, n≥0 un et n≥0 vn sont de
même nature.
2. l =P0, alors −εvn < un < εvn P et donc un < εvn , ∀n ≥ n0
Si n≥0 vn converge
P alors ε n≥0 vn converge et d’après le critère de
comparaison n≥0 un converge
3. l = +∞,
un
∀A > 0, ∃N > 0 / ∀n > N : >A
vn
P P
donc si n≥0Pvn diverge alors A n≥0 vn diverge et d’après le critère de
comparaison n≥0 un diverge.
6
exemple
Etude de la nature de la série de Riemman n≥0 n1α , α ∈ R
P
Etudions d’abord la série de terme général, (série téléscopique)
1 1
un = − , n ≥ 1, β > 0
nβ (n + 1)β
1
Sn = 1 − →n→+∞ 1
(n + 1)β
P
donc n≥1 un converge.
1
Soit maintenant vn = nβ+1 .
On a
1 1
un nβ
− (n+1)β n β
lim = lim 1 = lim (n − n( ) )
n−→+∞ vn n−→+∞ n−→+∞ n+1
nβ+1
un n
lim = lim n(1 − exp(β ln( ))) = β
n−→+∞ vn n−→+∞ n+1
car
n n+1 β
lim exp(β ln( )) = lim exp(−β ln( )) = lim 1 − .
n−→+∞ n+1 n−→+∞ n n−→+∞ n
P P
D’après le théorème précédent, n≥1 un et n≥1 vn sont de même nature et par
1
P P
conséquent n≥1 vn = n≥1 nβ+1 est une série convergente ∀β > 0, autrement
dit X 1
converge ∀α > 1, (α = β + 1, β > 0)
nα
n≥1
Conclusion :
(
X 1 converge pour α > 1
=
nα diverge pour α ≤ 1
n≥1
exemple
un = ln(1 + n1 )
au voisinage de l’infini un = ln(1 + n1 ) ∼ 1
n = vn , i.e.
un ln(1 + n1 ) 1
lim
= lim 1 = lim (n ln(1 + )) = 1,
n−→+∞ vn n−→+∞ n−→+∞ n
n
exemple
un = n1 − ln(1 + n1 ), n ≥ 1
2
au voisinage de x = 0, ln(1 + x) = x − x2 + o(x2 )
d’où
x2 x2
x − ln(1 + x) = + o(x2 ) ∼ .
2 x→0 2
7
1
P
Mais n≥1 n2 est une série de Riemman d’exposant α = 2 > 1, donc elle
1
P
converge, il en est de même pour n≥1 2n2 et le théorème précédent implique
que n≥1 n1 − ln(1 + n1 ) converge.
P
(1 − l) un+1 (1 − l)
Pour ε = , ∃n0 tq −l < ∀n ≥ n0
2 un 2
qui implique
un+1 (1 + l)
< ∀n ≥ n0
un 2
un0 +p un0 +p−1 un0 +p−2 un +1 (1 + l)
un0 +p = · · . . . 0 ·un0 ≤ rp un0 , r =
un0 +p−1 un0 +p−2 un0 +p−3 un0 2
P
d’après le critère de comparaison n≥0 un converge
2. l > 1,
(l − 1) un+1
∃n0 tq < − l ∀n ≥ n0
2 un
un+1 (l + 1)
∃n0 tq > = r > 1 ∀n ≥ n0
un 2
⇒ un+1 > un ⇒ un 9 0
P
donc la série n≥0 un diverge.
Théorème
P 1.23. Critère de Cauchy
Soit n≥0 un une série à termes positifs et supposons que
√ √
lim n
un = l ( lim sup n
un = l)
n−→∞ n−→∞ n
Alors
P
1. si 0 ≤ l < 1, n≥0 un converge.
P
2. si l > 1, n≥0 un diverge.
3. si l = 1, on ne peut rien conclure.
8
Exemples
α 2
un+1 (n + 1) e−(n+1) n + 1 α −2n−1 n−→+∞
= −n 2 =( ) e −−−−−−→ 0 = l < 1
un nα e n
2
donc n≥1 nα e−n converge ∀α ∈ R.
P
Par le critère de Cauchy :
√ α n−→+∞ α n−→+∞
X 2
n
un = n n e−n −−−−−−→ 0 car n n −−−−−−→ 1 et nα e−n converge.
n≥1
n!
— nature de a>0
an ,
on a un ≥ 0, on va appliquer le critère de d’Alembert
un+1 an+1 nα n α
= = a( )
un (n + 1)α an n+1
n α n+1 1 α
lim a( ) = lim ae−α ln( n ) = lim ae−α ln(1+ n ) = lim ae− n = a, ∀α ∈ R
n−→∞ n+1 n−→∞ n−→∞ n−→∞
P
si a < 1, alors Pn≥0 un converge ∀α ∈ R
si a > 1, alors n≥0 un diverge ∀α ∈ R
si a = 1, d’après le critère de d’Alembert on ne peut rien conclure,
P mais
un = n1α est le terme général de la série de Riemman, donc n≥1 un
converge si α > 1 et diverge si α ≤ 1.
sin2 n n
P
— nature de n≥1 ( n ) , un ≥ 0
√ sin2 n √
n
un = , lim n
un = 0
n n−→∞
P
d’après le critère de Cauchy n≥1 un converge.
Remarque 1.25. En fait le critère de Cauchy est un peu plus fort que celui de
d’Alembert. On démontre en effet que
un+1 √
lim =l ⇒ lim n un = l.
n−→∞ un n−→∞
9
Théorème 1.26. Comparaison avec une intégrale (Critère de MacLaurin)
Soit f : [1, +∞[−→ R+ une fonction décroissante. Alors la série n≥1 f (n) et
P
Rn
la suite yn = 1 f (x)dx sont de même nature.
X Z +∞
f (n) converge ⇔ f (x)dx converge (ou existe)
n≥1 1
Exemples
1
P
— n≥1 nα , α>0
f (x) = x1α est décroissante sur [1, +∞[
(
Z n Z n
1 ln n α = 1
yn = f (x)dx = dx = n1−α −1
1 1 xα 1−α α 6= 1
(
+∞ α ≤ 1
lim yn = 1
n−→∞ − 1−α α>1
Comme n≥1 f (n) = n1α est de même nature que (yn )n∈N∗ ,
P
1
P
— Soit n≥2 n ln n
1
f (x) = x ln x est définie et décroissante sur [2, +∞[. On a
Z n
dx n−→+∞
yn = = [ln | ln x|]n2 = ln(ln n) − ln(ln 2) −−−−−−→ +∞
2 x ln x
1
P
par suite n≥2 n ln n diverge.
10
P
1. si l = 0 et α > 1 ⇒ n≥1 un converge.
P
2. si l = +∞ et α ≤ 1 ⇒ n≥1 un diverge.
3. (P
un converge α > 1
si l 6= 0 et l 6= +∞ ⇒ Pn≥1
n≥1 un diverge α ≤ 1
Preuve 1.29. — Si l 6= 0 et l 6= +∞
A
⇔ ∀A > 0, ∃n0 tq ∀n ≥ n0 un > α
n
P
donc si α ≤ 1, n≥1 un diverge.
Exemples
un = ln(n12 +1)
1 √ √
1 n2 n n
lim n 2 un = lim2
= lim 2
= lim = +∞
n−→+∞ n−→+∞ ln(n + 1) n−→+∞ ln(n ) n−→+∞ 2 ln(n)
1 1
lim n 2 un = +∞ ⇒ lim nα un = +∞ avec α = <1
n−→+∞ n−→+∞ 2
P
d’où n≥1 un diverge.
— un = n1 sin n1
n2 1 1 sin n1
lim n2 un = lim
sin = lim n sin = lim =1
n−→+∞ n−→+∞ n n n−→+∞ n n−→+∞ n1
⇒ limn−→+∞ n2 un = 1, α = 2 > 1 ⇒ n≥1 un converge.
P
— un = √ 1
n ln(n)
√
n X 1
nun = = +∞ ⇒ √ diverge
ln(n) n ln(n)
n≥2
11
Théorème 1.30. Série de Bertrand
La série de Bertrand X 1
, α, β ∈ R
nα (ln n)β
n≥2
(
x 1 1−β
− (ln 2)1−β ) si β 6= 1
Z
dt 1−β ((ln x)
=
2 t(ln t)β ln(ln x) − ln(ln 2) si β = 1
1
P
donc si β ≤ 1 et α = 1, n≥2 n(ln(n))β diverge
1
P
si β > 1 et α = 1, n≥2 n(ln(n))β converge
Exemples
Etudier la nature de n≥1 ln n
P
nα , α ∈ R
— un = ln n
nα , α ∈ R, un ≥ 0
ln n X ln n
Si α < 0, lim α
= +∞ donc diverge
n−→+∞ n nα
n≥1
(
X ln n converge si α > 1
Si α > 0,
nα diverge si α < 1
n≥1
X ln n
Si α = 1, on a β = −1, donc diverge
nα
n≥1
√ √
P n+1− n−1
Etudier la nature de n≥2 ln(ln n) .
—
√ √
n+1− n−1 (n + 1) − (n − 1) 2
un = = √ √ = √ √ ≥0
ln(ln n) ( n + 1 + n − 1) ln(ln n) ( n + 1 + n − 1) ln(ln n)
√ √ √ 1
0n a n + 1 + n − 1 ∼ 2 n, ⇒ un ∼ √n ln(ln n)
= vn , d’où
P P n→+∞ n→+∞
n un et n vn sont de même nature.
On a aussi
12
1
donc > ln1n . D’où vn ≥ √n1ln n = wn .
ln(ln n)
√ 1
P P
n≥2 wn = n≥2 n ln n est une série de Bertrand divergente car α =
1
P P
2 < 1, donc par comparaison n≥2 vn diverge et par conséquent n≥2 un
diverge.
13
1.3 Série à termes quelconques
Définition 1.32. Une série à termes quelconques est une série dont le terme
général ne garde pas un signe constant lorsque n varie.
exemples
X (−1)n X sin nθ
, (θ ∈ R)
n n
n≥1 n≥1
P
Définition P 1.33. Soit n un une série à termes quelconques.
P
Si la série n |un | converge, alors on dit que la série n un est absolument
convergente.
P P
Théorème 1.34. si n |un | converge alors n un converge.
Toute série absolument convergente est convergente.
Preuve
P 1.35. Soit An = |u0 | + |u1 | + · · · + |un | et Sn = u0 + u1 + · · · + un
Si n |un | converge, alors (An )n converge et elle est donc de Cauchy
or |Sm − Sn | = |un+1 + un+2 + · · · + um | ≤ |un+1 | + · · · + |um | = |Am − An | si
m>n
et
lim |Sm − Sn | ≤ lim |Am − An | = 0,
m−→+∞,n−→+∞ m−→+∞,n−→+∞
exemples
X cos nθ X sin nθ X exp inθ
, ,
nα nα nα
n≥1 n≥1 n≥1
Théorème
P 1.39. Théorème de Leibnitz
Soit n un une série alternée.
n
P
Si (an ) est une suite positive, décroissante et tend vers 0, alors n (−1) an
converge et
Rn = |S − Sn | ≤ an+1
Preuve 1.40. On montre que les suites de sommes partielles d’ordre pair (S2n )
et les sommes partielles d’ordre impair (S2n+1 ) sont deux suites adjacentes.
On a
S2(n+1) − S2n = S2n+2 − S2n = −a2n+1 + a2n+2 < 0
14
an est décroissante implique (S2n ) décroissante.
D’autre part
Les deux suites sont donc adjacentes et par conséquent elles sont convergentes
et ont la même limite S. On en déduit que la suite (Sn ) est aussi convergente
vers S et S2n+1P≤ S ≤ S2n .
Conséquence : n (−1)n an convergente de somme S.
— De l’encadrement S2n+2 ≤ S ≤ S2n , on a R2n = S − S2n ≤ 0 d’où
exemples
n
— Soit α un réel, α > 0, la série n≥1 (−1)
P
nα est une série alternée avec
an = n1α ≥ 0
1
On a nα ≤ (n + 1)α ∀n ≥ 1 ⇒ (n+1) α
α ≤ (n) , donc an+1 ≤ an et an est
n
décroissante. limn−→+∞ n1α = 0 pour α > 0, d’où n≥1 (−1)
P
nα converge.
P (−1)n P 1
n≥1 | nα | = n≥1 nα
Donc cette série est absolument convergente si α > 1 et semi-convergente
pour 0 < α ≤ 1
√ √
— un = (−1)n ( n2 + 1 − n) = (−1)n an , an = n2 + 1 − n, on a
p √ p
n2 + 1 > n2 ⇔ n2 + 1 > n ⇒ an ≥ 0
p n2 + 1 − n2 1 1
an = n2 + 1−n = √ =√ et lim an = lim √ =0
2
n +1+n 2
n +1+n n−→+∞ n−→+∞ 2
n +1+n
1
p √
an+1 = √ , an est décroissante car (n + 1)2 + 1 > n2 + 1
(n+1)2 +1+(n+1)
p √
et n + 1 > n impliquent (n + 1)2 + 1 + (n + 1) > n2 + 1 + n et
√ 1 1
≤ √n2 +1+n i.e. an+1 ≤ an ∀n
(n+1)2 +1+(n+1)
√
donc d’après le théorème de Leibnitz n≥0 (−1)n ( n2 + 1−n) converge.
P
15
Théorème
P 1.42. Critère d’Abel
Soit n un une série à termes quelconques telle que un = an bn où les suites
(an )n et (bn )n vérifient les conditions suivantes :
1. (an ) est une suite positive, décroissante et limn−→+∞ an = 0
2.
l
X
∃c > 0 t.q | bk | < c ∀(m, l) ∈ N2
k=m
(c indépendante de m et l).
P
Alors la série n un converge.
Lemme 1.43. Transformation d’Abel
n+p
X n+p
X
ak bk = Bn+p an+p+1 − Bn an+1 + Bk (an − an+1 ), Bn = b1 + · · · + bn
k=n+1 k=n+1
Preuve 1.44.
n+p
X n+p
X
ak bk = (Bk − Bk−1 )ak = (Bn+1 − Bn )an+1 + (Bn+2 − Bn+1 )an+2 + (Bn+3 − Bn+2 )an+3
k=n+1 k=n+1
+ · · · + (Bn+p − Bn+p−1 )an+p
n+p
X
ak bk = −Bn an+1 +Bn+1 (an+1 −an+2 )−Bn+2 (an+2 −an+3 )+· · ·+Bn+p (an+p −an+p+1 )+Bn+p an+p+1
k=n+1
n+p
X n+p
X
ak bk = Bn+p an+p+1 − Bn an+1 + Bk (ak − ak+1 )
k=n+1 k=n+1
On a
l
X
∃c > 0 t.q | bk | < c ∀(m, l) ∈ N2
k=m
et
ε
∀ε > 0, ∃n0 t.q ∀n ≥ n0 an <
2c
donc
n+p
X ε
| ak bk | ≤ can+p+1 + can+1 + c(−an+p+1 + an+1 ) − 2can+1 ≤ c =ε
2c
k=n+1
P
donc n an bn converge par le critère de Cauchy.
16
Théorème
P 1.46. Critère de Dirichlet
Soit n un une série à termes quelconques telles que un = an bn où les suites
(an )n et (bn )n vérifient les conditions suivantes :
P
1. n an converge
2. (bn ) monotone et limn−→+∞ bn = b
P
Alors la série n an bn converge.
Exemple1
Soient α et θ des réels avec α > 0 et θ ∈ R2πZ
Alors les séries
X sin nθ X cos nθ X einθ
, ,
nα nα nα
n≥1 n≥1 n≥1
sont convergentes.
On a :
X einθ X cos nθ X sin nθ
α
= α
+i
n n nα
n≥1 n≥1 n≥1
inθ
Si n≥1 enα converge, alors n≥1 cos nθ
et n≥1 sinnαnθ convergent.
P P P
nα
1
la suite ( nα ) est bien positive, décroissante et de limite nulle.
n n n n
X 1 − einθ iθ e
i 2 θ −i 2 θ
(e − ei 2 θ ) i( n+1 sin n2 θ
eikθ = eiθ = e = e 2 )θ , avec eiθ 6= 1
k=1
1 − eiθ θ θ θ
ei 2 (e−i 2 − ei 2 ) sin 12 θ
n
X n+1 sin n2 θ 1
| eikθ | ≤ |ei( 2 )θ || 1 |≤| | = C θ 6= 2kπ.
k=1
sin 2 θ sin 12 θ
einθ
P
D’après le critère d’Abel n≥1 nα converge.
Exemple2
—
n
1X
| , ∀m ∈ N∗
cos 2k| ≤
sin 1
k=1
donc
| cos 2n| cos2 2n 1 + cos 4n 1 cos 4n
≥ = = +
2n + 4 2n + 4 2(2n + 4) 2(2n + 4) 2(2n + 4)
17
1 1
P
(2n+4) diverge : comparaison avec la série de Riemenn α=1
2
1
Pn≥0 cos 4n
2 n≥0 (2n+4) converge : critère d’Abel,
donc 21 ( n≥0 (2n+4)
1 cos 4n
P P
+ n≥0 (2n+4) ) diverge.
cos 2n
La série | n≥0 | 2n+4 | ne converge pas et donc n≥0 cos 2n
P P
2n+4 ne converge
pas absolument.
cos 2n
P
Conclusion : n≥0 2n+4 est semi-convergente.
18