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CHAPITRE 1
CONTEXTE NATIONAL ET METHODOLOGIE
DE L’ ENQUETE
11 CONTEXTE NATIONAL
LI Géographie et régions naturelles
La République de Guinée est située dans la partie occidentale du continent afticain. Elle couvre
246 000 km’, limitée par l'Océan Aulantique et la Guinée Bissau & Iouest, le Sénégal et le Mali au nord, 1a
(Cote d'Ivoire 2 I’est, et le Libéria et la Sierra Léone au sud.
Du point de vue g¢o-écologicue, la République de Guinée se subdivise en quatre régions naturelles,
assez distinctes les unes des autres et, intéricurement, homogtnes :
La Basse Guinéc ou Guinée Maritime constituc Ic bassin alluvionnaire des rivitres cOtidres. Elle est
large de 150 km et s’étale le long de I'Océan Atlantique sur environ 300 km de c6tes. Elle couvre environ
44 000 km?, Cette région, aux précipitations ebondantes, est le domaine par excellence des cultures vivritres
et des cultures commerciales (banane et ananas), mais aussi de 1a péche maritime. Les énormes atouts de
développement dont dispose cette région sont cependant mal exploités.
La Moyenne Guinée ou Fouta Djallon est une région de montagnes et de plateaux. Elle constitue le
chiteau d’eau de I’ Afrique Occidentale. Le climat tropical y est modifié en microclimats de montagne. Les
précipitations y sont peu abondantes, C’est la zone des piturages, des agrumes et des jardins potagers.
Economiquement, la Moyenne Guinée est la région le plus démunie du pays en raison, principalement, de
son relief montagneux et de l'ampleur de la dégradation de son écosysteme.
La Haute Guinée est la région des savanes et des plateaux a cuesta. Le Niger et ses affluents y ont
entaillé des plaines humides en terrasses, zones de riziculture inondée. Le climat est doming ici par une
longue saison séche et des températures moyennes relativement élevérs. La Haute Guinée est aussi une zone
rivilégi¢e de péche fluviale et une zone favorable & I’élevage.
La Guinée Forestitre, comme I’indique son nom, se caractérise par sa végétation dense, mais aussi
Par ses montagnes qui sont le prolongement du massif foutanien. Les précipitations sont abondantes et
couvrent environ 8 mols sur 12, C’est le domaine des cultures vivritres et des cultures industrielles : the,
cacao, café, palmistes, etc. Enfin, et bien évidemment, la Guinée Forestitre est 1a zone privilégiée de
Vexploitation du bois.
1.12 Economie
L'économie guingenne est largement dominée parle secteur agricole qui occupe pres de 80 pour cent
de la population active du pays. Mais, la productivité de agriculture reste feible et son potentiel de
croissance largement inexploité. Elle ne contribue au PIB qu’a hauteur de 30 pour cent, tandis que sa part
dans les exportations totales se situe autour de 4 pour cent. De plus, & peine 20 pour cent des 7,5 millions
d’hectares de terres cultivables du pays sont misen valeur, Traditionnellement exportatrice nette de produits
agricoles (banane, ananas, café), 1a Guinée a enregistré au cours des deux demitres décennies un
effondrement de ses exportations agricoles, une régression des productions vivritres et un aceroissementsubséquent de ses importations alimentaires. Un ensemble de facteurs expliquent cette faible performance :
une politique agricole axée, durant les 25 demidres années, sur la collectivisation, l’application de prix
administratifs, le monopole étatique des exportations et le contingentement de la production; l'application
de techniques de production traditionnelles a faible rendement; le faible niveau d’utilisation d’intrants;
Vabsence de crédits agricoles; et la dégradation des écosysi&mes et la croissance démographique.
Pourtant, I'agriculture guinéenne posséde aujourd'hui encore des atouts-maftres pour son
‘développement. Parmi ces atouts, on peut citer: un potential hydraulique important, une disponibilité élevée
enterres aménageables, une variété de conditions climatiques et pédologiques qui autorisent un large éventail
de productions. La nouvelle politique de développement laisse 1a priorité au secteur rural et prend des
dispositions pour financer la rehabilitation de l'environnement, la restauration des pistes rurales, I'appai aux
producteurs et I'amélioration des conditions de vie en milieu rural. Ces mesures devraiert insufiler une
dynamique nouvelle au secteur agricole et rural, d°autant plus que Ia croissance économique du pays &
Vhorizon 1991 dott dépendre avant tout de ce secteur.
Le secteur industriel, pou développé, constltue le deuxitme pilier de l'économie guinéenne, IL est
essentiellement minicr, emploie 6 pour cent dela population active, participe pour 25 pour cent & la formation
du PIB et procure a 1’Etat prés de 60 pour cent de sos recites budgétalres et plus de 5 pour cent de ses
ressources en devises. En volume, les exporiations minires représcntent plus de 90 pourcentdes exportations
totales du pays. La Guinée exporc annucllement 12 millions de tonnes de bauxite et 650000 tonnes
alumine vers les pays de 1’Europe Occidentale, l'Union Soviétique etI’Amérique du Nord. Trois sociiés
exploitent cette bauxite :1a Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), la Compagnic FRIGUIA ct!’Office
des Bauxites de Kindia (OBK), Les deux premitres sont des sociéiés d’économie mixte; Ia troisitme est une
entreprisenationale, Le diamant et1'or font objet d’ une exploitation modeme,en Guinée Forestitre, etd’une
exploitation artisanale, en Haute Guinée, La mise en valeurdes gisements de fer du Nimba constitue AI'heure
actuelle une préoccupation de premier ordre du Gouvemement. Le secteur minier continue d étre considéré
comme I’un des secteurs-clé de la croissance, malgré une baisse continuelle de son taux de croissance réel
depuis 1987. Celui-ci conneftra son taux le plus faible en 1991 (0,8 pour cent).
Aprés24 ans de systme économique planifiéet fotement centralisé, la Guinée s"estengagée, depuis,
1984, surla voie du libéralisme économique. Dans ce nouveau contexte, leréle dévolu a1"Etatestd’orienter
Ja croissance ¢conomique et de créer un cadre incitatif, juridique et réglementsire, favorable A
V’épanoulssement de I'initiative privée nationale et étrangere. En 1986, le Gouvernement s'est engagé dans
un Programme d’Ajustement Structurel (PAS), soutenu par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International, dont les objeciifs essentiels sont 1a valorisation du potentiel de développement du pays,
Vramélioration de la gestion de l'économie nationale etla promotion du secteur privé.
1.1.3 Peuplement et principales ethnies
La Guinge se caractérise par une grande diversité eshnique que masque I'homogénéité linguistique
Al'intéricur de chacune des quatre régions naturelles. En raison de la prédominance d'un groupe ethnique,
et surtout de la généralisation de son dialecte comme langue de communication, la Basse Guinée est
considérée comme la région des Soussou, la Moyenne Guinée comme la région des Peulh et la Haute Guinée
comme la région des Malinké, Sculc la Guinée Forestitre échappe & cette domination d’un dialects.
La mise enplace des populations guinéennes est résultat de migrations successives provoquéss par
les grands bouleversements qu’ont subis les empires soudancis (migrations des Malinké, Sosso, Peulh, ete...)
Les migrants ont trouvé devant eux des peuples qu ils ont repoussés, ou auxquelsiils se sont mélangés en les
asservissant,Sous l'appellation générique de Sosso (devenu Soussou par déformation du colon) on regroupe non
seulement les migrants venant du Mande, apres la dislocation du Royaume Sosso, mais aussi un ensemble
de petites ethnies que sont les Bagas, Nalou, Landouma et Cocoli (ou Tyapi), anciens habitants du Fouta
Djallon, ayant glissé vers la région cO:itie sous la poussée peulh, Ces pré-manding ont éié assimilés par les
Sosso. A ces migrations, il faut ajouter celles, plus restreintes, de commergants malinké, originaires de
Kankan et qui, fuyant le pouvoir animiste de Kondé Bouréma, sont venus se fixer dans le Moréah, Ils sont
couramment appelés les Maninka mory. Il faut €galement signaler un certain metissage entre explorateurs
européens ot populations cétidres, brassege qui se marque dans Ics noms de famille.
‘Comme la Basse Guinée, le peuplement de la Moyenne Guinée est loin d’éire homogine sur le plan
‘ethnique. L’étymologie méme de Fouta Djallon indique, en gros, que le structure du peuplement propre &
cette région est lige & son évolution historique. Le terme Djallon se référe au nom générique de Djallonka
sous lequel on désigne un ensemble de peuples (ou ethnies) qui occupaient cette région avant les Peulh :
peuples d’origine Mandé, Sosso, Djallonka, Nalou, Landouma, Bassari, Coniagui, etc. Le terme Fouta
designe le caractére peulh de 1a région. La communauté de religion et de langue ainsi que des brassages
profonds ont fini par conférer a 1a Moyenne Guinée une homogénéité culturelle assez remarquable,
Les Maninka sont originaires de l'ancien Empire du Mali, d’on ils partirent au XVI si@cle pour
pénéirer en Haute Quinge, en suivant les axes fluviaux nord-esy/sud-ouest. Les migrations Maninka se
Poursuivirent jusqu’au XVII sicle et s’étendirent jusqu’a la listre de la région foresti¢re, plus au Sud.
repoussant devant cux les Djallonka, Ainsi plas au Sud, des peuplements malinké, Iélé, kouranko, konianka
‘ont repoussé, en parte, les Kiss les Guerzé ct les Toma, mais ils se sont mélangés & une fraction de ces
populations. Il est done difficile de dire comment le groupe malink€ se répartit entre ses différentes
‘composantes ethniques que sontles Lélé, Konianké, Kouranko, Mandenka (Siguiri), Sonounké, Maninka
Mory, Wassolonka, etc.
Les ethnies qui peuplent la Guinée Forestidre se répartissent entre Guerzé, Manon, Toma, Kissi,
et des allogenes venant de reste du pays : groupes peulh et malinké principalement, Par leurs langues ces
etnies se rattachent 8 la famille mandé. Cependant, on sait peu de choses de leurs migrations. Les Guerzé
occupaient la région de Beyla d’od ils migrérent dans la région de N’Zérékoré, Lola, et Yomou. Les Kissi
habitaient Je sud du Foutah Djallon 4’oi ils furent repoussés par les Dyallonké au XVII sigcle. Les Toma
semblent éure les plus anciens habitants de la région forestitre od ils ont vu arriver les Kouranko, les Kissi
etles Guerzé.
Dertigre chaque grand groupe cthnique,
ou plutOt Tinguistique, se cachent plusieurs petits
‘groupes ethniques qui parlent des variantes du
dialecte principal ou des dialcctes tout a fait
différents. Le plus souvent aussi, ces minorités ont
gardé des coutumes et des moeurs qui ne sont pas
Tableau 11 Répartiton régionale de la population
Répantton rSgionale de la population et densité par région, en
févner 1983 (RGPE)
Population
celles du groupe assimilateur. Rézion HST arse
1.1.4 Démographie 703m 18223064
a7 192203
12274 363 BS
Les résultats définitifs du Recensement | Haw Snes 88 3a
Général de 1a Population et de I'Habitat (RGPH) | Sabée Foresite sees 189179
de février 1983 indiquent que la population | Ensemble 4660582 1000189
résidente de 1a Guinée s'élevait a 4.650582
habitants (DNST, 1989). Cette population est inégalement répartie selon les régions naturelles. La Basse
Guinée en renferme 19 pour cent, lz Moyenne Guinée 27 pour cert, la Haute Guinse 20 pourcent, la Guinée
Forestitre 19 pour cent et Conakry 15 pour cent (Tableau 1.1).La densité moyenne de population est de 19 habitants par km’, Elle esttrés variable selon les régions
naturelles et les préfectures. Les plus fortes densités se retrouvent en Moyenne Guinée. Quelques fortes
densités s'observent également en GuinSe Forestidre : N’Zérékoré compte en moyenne S2 habitants au km*,
Guéckédou 36 et Yornou 25. En Basse Guinée les densités sont voisines de 20 habitents au km®, C'est en
Haute Guinée que s’observent les plus faibles densités de population : en moyenne 9 habitants au km?, avec
‘un minimum de 6,5 habitants au km? & Kouroussa,
La population guinéenne vit essentiellement en milieu rural. Sur 4 660 582 habitants dénombrés en
février 1983, 3 450 505 (74 pour cent) résidaient en milieu mural et seulement 1 210077 (26 pour cent) en
milieu urbain. Au RGPH, la population urbaine a é¢ définie comme celle résidant dans les chefs-lieux de
préfecture, & laquelle a é1€ ajouiée 1a population de la ville industrielle de Kamsay, chef-liew de sous-
préfecture. La Moyenne Guinée est sans doute la région naturelle qui conserve la plus grande proportion de
sa population en milieu rural (92 pour cent), alors que les autres régions naturclles ont, chacune, environ 85
pour cent de population rurale,
La population guingenne recensée en 1983 est A majorité féminine : on a compeé 2 390 500 femmes
(S1,3pour cent) et 2 270 082 hommes (48,7 pour cent) soit, en moyenne, 95 hommes pour 100 femmes, Cette
structure varie selon les régions ct en fonction des effets différenticls des phénoménes perturbateurs comme
Ja mortalité ct Ics migrations. La Haute Guinée est la seule région naturelle 8 présenter un rapport de
masculinité supérieur 100. Ce fait peut s’expliquer, en partie, par une immigration relativement importante
ans cette région naturelle, en raison des ses richesses minires (or ct diamant) dont exploitation est
demeurée longtemps artisanale ct individuelle. A l’opposé, la Moyerne Guinée a le plus faible rapport de
masculinité (82,8), conséquence ¢’une émigration particulitrement importante des horames de cette région,
non seulement vers les autres préfectures du pays, mais également vers les pays voisins, en particulier le
Sénégal.
La population guingenne est trés jeune : au moment du RGPH, elle comprenait environ 42 pour cent
"enfants 4g6s de moins de 15 ans (Tableau 1.2). La jeunesse de la population caractérise toutes les régions
naturelles du pays, 2 des degrés divers, mais ts proches. Ainsl, la Basse Guinée (ron compris la ville de
Conakry) compte 40 pour cent de moins de 15 ans, la Moyenne Guinée 43 pour cent, la Haute Guinée 40 pour
cent etia Guinée Forestitre 39 pour cent. Par contre, on reléve une difference relalivement importante entre
Jemilieu urbain et le milieu rural :I'urbain comple 45 pour cent de jeunes de moins de 15 ans, conure 40 pour
cent en milieu rural. Ces proportions de jeunes sont, dans ensemble, la marque d'une fécondté élevée,
Tableas 1.2 Réoertiton de la population par Age an RGPH de 1083, salon le riliou ot la région de sSsidence
Répastiton (en &) de la populaion réidents par grand groupe d'agos selon le milisu et la région de résidence et rapport
de masculinits, en {Svrier 1983 (RGFH)
Milieu aban Milieu ral Ensemble Rago
Région Ui Be Sot Te 1S Sat Oe 1564 Sou masculine
Basse Guinde a9 53 28 93 SO 64 3ar MS 58
Moyene Guinge = 432532 B19 7032 GOD
Haute Guinée 27 33 49 8 SH 58 403 SH 56
Guinée Forestive 451 SAAS 379 S66 5S HRT S82
Ensemble Ma 33 19 4 S34 6S BA SL‘Le niveau de la morialité reste encore élevé (Taux brut de mortalité estimé a 18 pour mille en 1983),
méme si sa tendance 2 la baisse est incontestable. En particulier, le niveau de mortalité infantile reste élevé
(estime 2 146 pour mille en 1983), Lanatalité est elle aussi trés élevée (aux brut de natalité estimé 445 pour
mille en 1983) e1 la fécondité est essentiellement caractérisée parsa précocité lige & celle de la nuptialité des
femmes) ot sa stable, Le taux daceroissement navurel était de 2,7 pour cent en 1983.
La population guinéenne est affeciée par des mouvements migratoires plus ou moins intenses. La
Moyenne Guinée et la Haute Guinée sont essentiellcment des régions d’émigration versla Guinée Foresti¢re
et la Basse Guinée. Au niveau national, pour des raisons politiques et économiques, la Guinée a été pendant
Jongtemps un pays d’émigration; dcpuis 1984, elle est Ic thefure de grands changements, 8 la fois politiques
€t économiques, qui auront, dans les années & venir, des répercussions importantes Sur sa population, mais
qui font dja de la Guinge un pays d'accueil pour de nombreux ressortissants des pays de l'Afrique de
TOuest.
115 Politique de population
Pendantles vingtpremitres années d’indépendance, les gouvemements suecessifs (en fait, e Pouvoir
Central) de laRépublique de Guinée, franchement orientés vers un systéme socialiste,ont encouragé une forte
natalité, Hs ont toujours considéré la population comme Ia premitre richesse du pays, et ont pensé que
exploitation des immenses ressources naturelles du pays nécessiait une main-d” oeuvre nationale importante,
Pour le Pouvolr Central, les probiémes de développement du moment avaient d’autres causes que les
problémes démographiques. Us étaient la conséquence de la colonisation et des systmes économiques et
Politiques intemationaux défavorables aux pays les plus pauvres. Il était done possible, sans action sur les
Phénoménes démographiques, d'améliorer la qualité de la vie de la population guinéenne. 11 fallait une
politique de développement adéquate, une Justice sociale, l'ameélioration des services sociaux et sanitaires,
1a promotion de I’éducation de masse, etc. Pour cet raison, le Gouvemement a développé de nombreux
programmes et projets destinés & améliorer, principalement, la santé de la mre et de V'enfent, sans évaluer
Vinfluence réelle de ces programmes sur les variables démographiques.
‘Au début des années 80, latitude du Gouvernement visa vis des questions de population beaucoup
cchangé. Sans renoncer totalement 2 sa politique pro-nataliste, le Pouvoir Central s'est apergu qu'il n'é.ait pas
possible d'ignorer indéfiniment la dimension démographique des questions de développement. La premitre
valuation scientifique de la population, par un Recensement Général de la Population ct de I'Habitat, a été
réalisée en 1983, Apres le changement de régime politique et économique, en 1984, le Couvemement s'est
engagé clairement surle chemin de la définition d'une politique de population. Une Unité de Population est
créée & la Direction Nationale du Plan, en tant que projet dont le but prineipal est d’aider le Gouvernement
a mettre progressivement en place les structures nécessaires la définition ct & la mise en action d’une
Politique de population. Une Commission Nationale de la Population (CNP) et un Groupe Interministériel
Experts Nationaux en Population (GIENP) sont mis en place. Puis, en 1992, une déclaration de politique
de population est faite parle Gouvernement (Direction Nationale du Plan et du Développement Economique,
1991), Elle comprend 14 objectifs de base donttrois concement les phSnoménes démographiques :réduction
de la mortalité, maitrise de Ia fécondité et maftrise des mouvements migratoires. En 1993, une structure
permanente, chargée d’aider le Gouvemement a appliquer Is politique de population, est eréée au sein de la
Division de laPlanification des Ressources Humaines, a Direction Nationale du Plan, Elle remplace "Unité
de Population. Plusieurs rencontres et discussions ont permis, enfin, de définir les stratégies et les plans
d'action de 1a politique de population.
1.1.6 Education en matiére de population et planitication familiale
Un projet d’éducationen matitre de population est en cours depuis plusieurs années. Son objectifest
informer et de sensibiliser les jeunes aux questions de population, en intégrant celles-ci dans lesprogrammes de formation scolaire et extra-scolaire. De méme, des services de planification familiale sont
progressivement installés au sein des Centres de Santé. L’ Association Guinéenne pourle Bien-Etre Familial
(AGBEF) et Population Services Intemational (PSI), deux Organisations Non-Gouvernemertales (ONG) sont
impliquées dans la promotion de la planification familiale en Guinée, en collaboration avec les services
gouvernementaux, notamment le projet Santé Maternelle et Infantile/Planification Familiale (SMUPF). Des
spots publicitaires, trés fréquemment diffusés & la radio et & 1a télévision, font la promotion du condom,
principalement, comme moyen de protection contre le SIDA (Syndrome Immuno Déficitaire Acquis).
1.2 | METHODOLOGIE DE L'EDS-GUINEE 92
1.2.1 Financement et cadre institutionnel de l’enquéte
L’Enguéte Démographique et de Santé en Guinée (EDS-Guinée 92) até financée conjointement par
Te Gouvemement guinéen, le Fonds des Nations-Unies pour ls Population (FNUAP), par le biais du
Département Technique pour la Coopération et le Développement des Nations-Unies (DTCD), et par
T’Agence des Etats-Unis pour le Développement In:ernational (USAID), par le biais de Population Services
Intemational (PSI). L’EDS-Guinée 92 a ét6 réslisse par la Direction Nationale de la Statistique et de
Pinformatisation (DNSI) du Ministtre du Plan et des Finances.
La Division Démographie de 1a DNSI 2 616 le maftre d’oeuvze de lenquéte. Elle a travaillé en
collaboration étroite avec le Département de Géographie de I’ Université de Conakry, principalement en ce
‘qui conceme les travaux de cariographie et la coordination de l'enquéte a Conakry et en Guinée Foresti&re.
122 Obdjectifs de PEDS-Guinée 92
LEDS.Guinée 92 s'est fixée comme objectifs principaux de :
© contribuer a I'amélioration de la connaissance des réalités démographiques ct
santtaires de la Guinée par un epport de données fiables, variées et récentes;
+ mesurer Vintensité et les tendances des composantes des phénomdnes
démographiques et de santé, en vue de permettre une meilleure appréciation de leur
incidence sur la situation économique et sociale du pays.
Plus spécifiquement 'EDS-Guinée 92 se propose de foumir des informations récentes sur les
principaux indicatcurs démographiques ct de santé : indicateurs de mortalité, de fécondité et de planifieation
familiale, ct indicateurs de santé de la mére et de l'enfant.
1.2.3. Sondage
L’échantillonnational de’ EDS-Guinée 92.a été constitué apres une stratification basée surleslimites
‘des quatre régions naturelles du pays, en distinguant a zone spéciale de Conakry, soit au total 5 strates. Les
quatre régions naturelles ont €ié ensuite découpSes en sous-strates urbaines et rurales. Au toial donc,
T'échantillon nation est réparti entre 9 sous-strates : 5 urbaines, dont Conakry, et 4 rurales.
La base de sondage a été constituée par 1a liste exhaustive des Zones de Dénombrement 2D) du
RGPH de 1983. Pour chacune des 9 sous-sirates, une liste indépendante des ZD a été constituée. Ces
_premiéres listes ont 616 modifiées par le regroupement ou l'association des ZD dont Ja taille était inféricure
2 100 ménages & des ZD coniiguts plus grandes, dans les limites des Sous-Préfectures.‘Au premier degré, pour chaque sous-strate, un échantillon de $0 ZD 2 été tiré indépendamment dans
ces nouvelles listes, avec probabilités proportionnelles & 1a taille exprimée en nombre de ménages. AU total
done, 450 ZD ont été tirées au premier degré. Chacune des ces 450 ZD a fait l'objet d'un dénombremert
complet des ménages, par les enquétrices, avant le tirage au deuxitme degré.
‘Au deuxitme degré, un échantillon de 16 ménages a été tiré dans chaque ZD-échantillon, avec
probabilités égales soit, au total, 7 200 ménages. C'est uniquement dans ces ménages que le dénombrement
complet de 1a population a été fait et non dans la totalitg des ménages des ZD-échantillon,
‘Au troisi¢me degré, une femme a éié tinée dans chaque ménage-€chanuillon, avec probabilité égale,
panni l'ensemble des femmes Agées de 15-49 ans du ménage. Le urage au woisitme degré s'est fait sur la
base de la liste des femmes éligibles triges par ondre alphabétique des prénoms. Dans chaque ménage, la
premitre femme sur cette liste a été choisie dans les 25 premitres ZD et la demitre ferame sur la liste dans
les 25 autres ZD de chaque sous-strate. Enfin, dans un sous-échantllon d'un ménage sur cing (150 ménages
par sous-strate) un homme a été tiré dans chaque ménage-échantillon, avec probabilité égale, parmi
ensemble deshommes ég¢s de 15-59 ans du ménage. Le procédé de tirage est le méme que eclui utilisé pour
les femmes.
Copendant, toutes les 450 ZD, tirées au premier degré, n'ont pu étre atteintes, Dans deux ZD de Ja
sous-strate rurale de Haute Guinés, I’enqusie n’a pas été possible & cause, dune part, du refus de la
population pour des raisons politiques et, d’autre part, de l"inaccessibilité de le ZD.
‘Au total done, 7 154 ménages ont été sélectionnés, parmi lesquels 7 142 ont été identifiés, et 6 899
‘ont 616 effectivement enquétés, soit un taux de réponse de 96,6 pour cent, comme indiqué au Tableau 1.3.
Parmi les 6 165 femmes éligibles, 6 065 ont été effectivement interviewSes avec succes, soit un taux ce
réponse de 98,4 pour cent. Parmi les 1 705 hommes éligibles, | 549 ont été interviewés avec succes, soitun
taux de réponse de 90,8 pour cent.
Tubloay 1.3 Taille et couverne de 'échanvitlon
Eifectifs dee ménages, dos fommmet et des horamessélectonaés, denis et
cenquétés, et laux ce réponse selon le milieu de résidence, EDS-Guinée 1992
Residence
Enguite ‘Was Furl Ensemble
Enguticménage
Nombredelogementssdleciomés 399031647158
Nombre de ménages identiigs 39853157182
Nonibee de ménagee enqustés 3e5i BOIS 8800
Taux de séponse 957 965956
Enquaéte inividuelle ferme
Nombre de femmes igibles 338727766165
| Nombre de ferames engutites 3337326065
‘Taux de réponse 83 94 BH
Engutie ménage homme
Nombrede logemenissdectioanis = «1Z38_—=«s976— 2G
Nombre de ménages ideniiige ime 73 NT
Nombre de ménages enguéiés 0094121
Taux de réponse 9 967968.
Enquéte individuclle homme
Nombre de hommes éi ssl 725.1706
Nombre de hommes enqustée Mm GTS 15880)
‘Taux de réporse Bl 31 081.2.4 Sélection et formation des enquétrices
Apris un test préliminaire, 80 candidates aux postes d’enquétrices ont é:€ sélectionnées pari plus
dune centaine d’étudiantes qui venaient d’achever leurs énudes et qui cherchaient un emploi. Ces candidates
‘ont 6:6 formées pendant 21 jours. Des jeux de r6les ont é:6 organisés, en frangais puis dans les quatre
PFincipales langues (malinké, poular, soussou et guerzé). Un test final a permis de sélectionner les SO
meilleures candidates. Toutes ces enquétrices ont participé &1’enquéte de Conakry, ila fin de laquelle les 40
‘meilleures ont été sélectionnées pour faire l’enquéte au niveau des régions naturelles.
Les 8 enquéteurs ont été sélectionnés et formés en méme temps que les enquétrices, 2 la fois sur le
questionnaire femme et le questionnaire homme.
Les contréleurs ont 616 choisis pani les directours des services préfectoraux du Plan et de la
Statistique. Ils ont été formés en méme temps que les enquétrices, pendant 21 jours. Puis une formation
complémentaire sur le questionnaire et sur leur rble de contrOleur leur a été dispensée pendant une semaine
complémentaire, par les cadres de la Division Démographie, responsables techniques de I'enquéte. Cette
formation complémentaire a également porté sur l'utilisation de la table des nombres aléatoires et la
procedure de rage des 16 ménages au deuxiéme degré
La formation sur les sections du questionnaire relatives 2 la vaccination et 2 la contraception a é1é
animée par un médecin chargé des soins de sanié primaire, responsable d'un Centre de Santé de Conakry et
un médecin chargé de la planification familiale & PSI.
1.25 Questionnaires del'enquéte
Trois types de questionnaires ont été retenus pour l'EDS-Guinée 92 : un questionnaire ménage, un
questionnaire individuel femme et un questionnaire individuel homme.
Questionnaire ménage
C’est un questionnaire simple dontle voletCaractéristiques individuelles" porte sur 12 variables qui
sont :
Je numéro "ordre,
Je nom et prénom,
le lien de parenté avec le chef de ménage,
le sexe,
1a date de naissance,
Vage,
1a situation matrimoniale,
a nationalité,
Yethnie,
la durée de résidence,
Ja situation de résidence. et
une colonne pour la sélection des fernmes éligibles.Sont dligities toutes les femmes agées de 15 249 ans révolus, qu’clles soient résidentes présentes ou
visiteuses dans les ménages enquétés; mais, parmi ces femmes, sculement une a été sélectionnée par ménage
pour "enquéte individuelle. Dans un ménage sur cing, tous les hommes de 15 4.59 ans révolus sont éligibles
mais, comme pour les femmes, sculement un homme ¢ ét6 sélectionné par ménzge,
Questionnaire individuel femme
Le questionnaire individuel ferme correspond au questionnaire modéle développé dans le cadre du
programme mondial des EnquStes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys - DHS)
pour les pays 2 faible prévalence contraceptive. Seul le tableau de ménage du questionnaire modele a 6:6
remplacé parle questionnaire ménage tel que décrit ci-dessus.
‘Au total, le questionnaire individuel femme comprend 10 sections, en plus d’informations portant
sur les caractéristiques du ménage.
Section 1: Caractéristiques socio-démographiques des enquetées
Section2: Reproduction
Section3: Contraception
Section4: —_Grossesse et allaitement
SectionS: Vaccination et sarué
Section: Mariage
Section7: _Préférences en matitre de fEcondité
Section 8: Caractéristiques du conjoint et activité professionnelle de la femme
Section: Communication, MST ct SIDA.
Section 10: Mortalité matemelle,
Questionnaire individuel homme
Le questionnaire individuel homme comprend les 7 sections suivantes :
Section 1; Caractéristiques socio-démographiques des enquétés
Section2: Fécondité
Section 3: Mariage
Section4: Contraception
SectionS: _Préférences en matitre de fécondité
Section6: MST et SIDA
Section 7: Activité professionnelle,
1.26 Organisation et calendrier de la collecte
Cinguante enquétrices, 8 enquéteurs, 10 contrOleurs et 5 coordinateurs ont été mobilisés pour la
collecte des données relatives aux différents modules des questionnaires de I"EDS-Gulnge 92. Ce personnel
a 616 subdivisé en 4 équipes de 10 enguétrices, 2 enquéteurs, 2 conirDleurs et 1 coordinatzur, pour couvrir
simultanémert les cing strates du pays.
La ollecte dans la strate de Conakry a éi¢ effectuée par l'ensemble du personnel, pendant un mois,
du 15 févricr au 15 mars 1992. Elle a permis de disouter de tous les problémes lis & l’organisation de la
collectc ct au remplissage des questionnaires, avant le départ des équipes dans leur zone respective.Ensuite, pour des raisons logistiques (le nombre de véhicules souhaité n’étant pas disponible). la
collecte s'est poursuivie dans les régions naturelles prises deux a deux. D’abord en Haute Guinée et Guinée
Forestiere (du 15 mai au 31 juillet 1992), puis en Moyenne Guinée et en Basse Guinée (du 7 décembre 1992
au 7 mars 1993),
1.2.7 Codification et traitement des données
Les questionnaires de l'EDS-Guinée 92 étaient presque entitrement précodés. Les rares questions
resiées ouvertes ont été codifi¢es par une équipe de 8 cadres de la Division de la Démographie. Cette équipe
s'est chargée, parall@lement, de vérifier, organiser et classer tous les documents afin de feciliter leur accts
parles agents de saisie.
Le traitement informatique des données de I'EDS-Guinée 92 a été assuré par un informaticien et 8
agents de saisie, divisés en deux Squipes de 4 agents. Quatre ondinateurs et le logiciel ISSA (Integrated
‘System for Survey Analysis) de Macro Intemational, ont été utilisés pour la saisie, 1a correction et la
tabulation des données,
La saisie des données a eu lieu au fur et A mesure de l'arrivée des questionnaires du terrain,
L’apurement et les corrections ont été feits en trois étapes successives, 1a demire correction ayant eu lieu
au mois de juillet 1993. Les pondérations et les tabulations finales ont &té faites & Calverton, au sidge du
projet DHS de Macro Intemational.
L'EDS.-Guinée 92 fournit un ensemble tres vaste d’informations sur la fécondité, 1a planification
familiale, la couverture vaccinale, 1a morbidité et ta mortalité des enfants, et la mortalité matemelle. Ces
informations sont indispensables a I'ajusternent des objectifs et des stratégies de la politique de population,
aux programmes de sensibilisation et d’ action en matidre de fécondité, de santé de la mere et de V’enfant et
aux programmes de planification familiale.
Ce rapport final donne les principaux résultats de I'enguése au niveau natlonal, avec quelques
‘comparaisons entre régions, milleux de résidence et groupes de populations selon certaines caractéristiques
sociales.
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