Années 1980 à 1990
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Dans les années 1980-1990, l'informatique de gestion a donc progressivement évolué :
en planifiant à plus long terme les choix techniques et organisationnels (schémas
directeurs) ;
par la mise au point de méthodes (MERISE) et d'outils (AGL, automates
d'exploitation) permettant d'industrialiser et de rationaliser la réalisation, l'exécution
et la maintenance des programmes ;
par la diversification des langages de programmation (néanmoins le COBOL restera
longtemps le plus utilisé) ;
en tirant parti des progrès considérables de la miniaturisation et de l'augmentation
vertigineuse des capacités de stockage et des performances des ordinateurs et des
réseaux ;
par l'emploi croissant des réseaux publics pour transmettre des données avec
d'autres entreprises ou administrations (systèmes d'échanges bancaires, EDI…)2 ;
par la multiplication et la spécialisation croissante des activités de l'informatique
(conseil, expression de besoins, architecture, documentation, tests, formation,
assistance, dépannage, etc.) ;
en réutilisant le plus possible de solutions existantes, en particulier en se procurant
des logiciels initialement conçus pour d'autres sociétés et en les adaptant au
moindre coût aux spécificités de l'entreprise.
Ce dernier point a beaucoup influencé les évolutions de l'informatique en général :
standardisation du matériel et des systèmes d'exploitation pour éviter des mises à
niveau et des tests incessants ;
enrichissement du vocabulaire technique par d'innombrables concepts et acronymes
(voir jargon informatique)
modélisation et conception des systèmes (par exemple architecture client-
serveur, orientation objet, modèle ISO, ASN.1, XML) ;
normalisation des protocoles d'échanges : SQL pour que différents programmes
puissent alimenter et extraire sélectivement les données
d'un SGBD, X.500 ou LDAP pour mutualiser un annuaire et gérer la sécurité
d'accès, POP et SMTP ou X.400 pour échanger des
messages, NFS, FTAM ou FTP pour transférer des fichiers, RPC pour interroger un
autre programme, etc. ;
apparition de progiciels et de sociétés de service dont la spécialisation accrue a
permis de réduire les coûts de réalisation, d'exploitation et de maintenance tout en
augmentant les fonctionnalités des systèmes d'information.
Simultanément se sont très largement répandus les mini puis les micro-ordinateurs qui
ont permis aux entreprises moyennes puis de plus en plus petites, ainsi qu'aux
collectivités locales et aux associations de s'équiper de programmes très standardisés
et simples d'emploi : comptabilité, paye, gestion commerciale, allocations ou prestations
sociales, etc. Les grandes firmes ont également pu entreprendre la décentralisation
partielle de leurs systèmes informatiques, soit pour équiper succursales ou filiales, soit
pour bénéficier des économies rendues possibles par l'emploi de systèmes en plus
grand nombre mais moins complexes (downsizing).
En particulier, les années 1990 ont vu l'adoption rapide d'une catégorie particulière de
logiciels de gestion, les progiciels de gestion intégrés ou PGI (en anglais ERP) dont la
richesse et la relative universalité illustrent bien cette tendance des entreprises à
renoncer à des programmes sur-mesure, à décentraliser et à uniformiser leur gestion à
l'échelle de toute l'entreprise. De même beaucoup de grandes entreprises et
administrations publiques ont désormais recours à l'externalisation (en anglais Facility
Management) d'une partie ou de la totalité de leur service informatique, afin de
concentrer leurs efforts sur les activités où elles se sentent plus efficaces.
Au cours de la même période, le mouvement dit d'orientation client a donné naissance à
des solutions de gestion de la relation client (en anglais CRM), qui associent le plus
souvent informatique et téléphonie, voire internet, pour garantir la prise en compte
immédiate et sans faille des commandes et des réclamations des clients, ainsi que leur
information sur les livraisons, le service après-vente, les nouveautés, etc.
Toujours à la même époque, les entreprises industrielles ont pu mettre en œuvre
des Systèmes de gestion de données techniques qui harmonisent la production
documentaire, la nomenclature des pièces et sous-ensembles, les procédés de
fabrication, la gestion de la production et des stocks.
La mise en place de telles solutions est souvent la conséquence de l'intervention
de consultants, dont certains cabinets sont devenus très influents. Ils remettent en
question l'organisation de l'entreprise et les méthodes de travail et préconisent des
solutions nouvelles (Business Process Engineering).
Il est toutefois apparu que les progiciels de gestion intégrés, dont le déploiement a été
largement tiré par les contraintes du passage informatique à l'an 2000, ne permettaient
pas toujours de traiter les spécificités des métiers de l'entreprise.