Chapitre 3 : La deuxième guerre mondiale
I)Les étapes de la guerre d’extermination pendant la guerre
A) Les événements annonciateurs en Allemagne
Contexte idéologique et politique
• Origines de l’antisémitisme nazi :
◦ Influences de théories racistes européennes (Arthur de Gobineau, Houston Stewart
Chamberlain).
◦ Importance du Mein Kampf (1925-1926), où Hitler théorise la lutte contre les Juifs
comme nécessaire pour la survie de la « race aryenne ».
◦ La République de Weimar (1919-1933) est accusée par les nazis d’être affaiblie par
les Juifs et les marxistes.
Étapes préliminaires:
• 1933 : Prise de pouvoir par Hitler :
◦ Les premières lois antisémites interdisent aux Juifs d’exercer certains métiers
(avocats, professeurs, etc.).
◦ Création des premiers camps de concentration pour les opposants politiques,
comme Dachau.
• 1935 : Lois de Nuremberg :
◦ Deux lois principales :
1. Loi sur la citoyenneté du Reich : les Juifs deviennent des « sujets » sans
droits politiques.
2. Loi sur la pureté raciale : interdiction des mariages et relations sexuelles
entre Juifs et non-Juifs.
◦ Définition pseudo-scientifique des Juifs basée sur l’ascendance (2 ou 3 grands-
parents juifs).
• 1938 : Nuit de Cristal (Kristallnacht) :
◦ Pogrom national orchestré par le régime nazi :
3. Prétexte : assassinat d’un diplomate allemand à Paris par un Juif polonais.
4. Résultats : 30 000 Juifs arrêtés, déportés dans des camps, des centaines
tués, destruction massive.
◦ Montée en intensité de la persécution antijuive, légitimée par l’État.
• 1938-1939 : Aktion T4 :
◦ Programme d’euthanasie des malades mentaux et handicapés physiques.
◦ Expérimentation des gaz toxiques (monoxyde de carbone) dans des chambres
hermétiques.
◦ Premiers tests de techniques utilisées plus tard dans les camps d’extermination.
◦ Opposition partielle de certains membres du clergé allemand (comme l’évêque von
Galen).
Rôle de la propagande
• Joseph Goebbels mobilise les médias pour déshumaniser les Juifs.
• Films antisémites comme Le Juif éternel (Der ewige Jude) renforcent la haine dans la
société.
B) Création des ghettos et premières exterminations
Contexte de l’invasion de la Pologne (1939)
• Début de la guerre :
◦ Le pacte germano-soviétique (23 août 1939) permet l’invasion conjointe de la
Pologne.
◦ Division du pays : l’Allemagne annexe l’ouest, le reste devient le Gouvernement
général.
• Objectifs nazis en Pologne :
◦ Exploiter les ressources agricoles et minières (notion de Lebensraum).
◦ Réduire les populations polonaises et juives à l’état de sous-hommes
(Untermenschen).
Création des ghettos (1940-1941)
• Définition et but :
◦ Zones urbaines fermées pour regrouper les populations juives.
◦ Prétexte : empêcher la propagation de maladies, mais objectif réel de contrôle et
ségrégation.
• Conditions de vie dans les ghettos :
◦ Surpopulation, manque de nourriture, conditions sanitaires désastreuses.
◦ Exemple : ghetto de Varsovie (450 000 personnes sur 3,4 km²).
◦ Mortalité massive due à la famine et aux maladies (typhus).
Opération Barbarossa (22 juin 1941)
• Rupture du pacte germano-soviétique :
◦ Hitler envahit l’URSS, accusée de propager le judéo-bolchevisme.
◦ Conquête de vastes territoires en Europe de l’Est.
• Premiers massacres de masse :
◦ Einsatzgruppen chargés d’éliminer les Juifs, communistes et élites locales.
◦ Techniques utilisées : fusillades devant des fosses communes, pillages,
déportations.
◦ Exemples :
▪ Babi Yar (Ukraine, septembre 1941) : 33 771 Juifs tués en deux jours.
▪ Environ 1,5 million de victimes juives lors de la Shoah par balles.
Transition vers une extermination organisée
• Limites des massacres par fusillades : coût psychologique pour les bourreaux, inefficacité.
• Début de la mise en œuvre de solutions plus « industrielles » (chambres à gaz mobiles,
camions).
C) La conférence de Wannsee (20 janvier 1942)
Objectifs principaux
• Réunion présidée par Reinhard Heydrich.
• Coordonner les actions des différents services (SS, Wehrmacht, Gestapo).
• Planifier l’extermination de 11 millions de Juifs, y compris ceux des territoires non encore
conquis.
Décisions clés
• Déportation systématique des Juifs vers l’Est pour leur extermination.
• Utilisation de camps comme outils principaux pour l’extermination.
• Accent mis sur l’efficacité et la discrétion des procédés (industrialisation de la mort).
Camps principaux
• Auschwitz-Birkenau : gazage avec Zyklon B dans des chambres conçues à cet effet.
• Treblinka, Sobibor, Bełżec (opération Reinhard) : extermination massive, souvent
immédiate.
• Chełmno : premiers tests à grande échelle de camions à gaz.
D) Disparition des Juifs d’Europe (1939-1945)
Étapes de la « solution finale »
1. Identification et recensement :
◦ Lois antisémites, fichages dans les territoires occupés.
2. Déportation vers les ghettos et camps :
◦ Utilisation de trains pour transférer les Juifs dans des conditions inhumaines.
3. Extermination systématique :
◦ Méthodes : fusillades, gazage, crémation des corps.
Méthodes de destruction
• Shoah par balles : Einsatzgruppen dans les territoires soviétiques.
• Camps d’extermination :
◦ Auschwitz : mort immédiate ou travail forcé pour les plus robustes.
◦ Sobibor, Treblinka : sites de mise à mort rapide.
◦ Zyklon B utilisé pour tuer rapidement et en masse.
Bilan humain et conséquences
• 6 millions de Juifs exterminés, soit environ 67 % de la population juive européenne.
• Génocide élargi à d’autres groupes : Roms, handicapés, opposants politiques,
homosexuels.
• Mémoire collective marquée par ce premier génocide systématique et industriel.
II. La France dans la Seconde Guerre mondiale
A) La défaite de 1940 et l’effondrement de la République
• Mai-Juin 1940 : La guerre éclair allemande (Blitzkrieg) :
◦ La stratégie de la Blitzkrieg : La tactique de guerre rapide des Allemands repose sur
l’utilisation combinée de l’aviation, des blindés et de l’infanterie motorisée, ce qui
permet de percer rapidement les lignes françaises et de déstabiliser le
commandement militaire.
◦ La surprise stratégique : Les généraux français sous-estiment la capacité de l'armée
allemande à percer la ligne Maginot. Cette erreur stratégique est amplifiée par une
attitude défensive et une lourde hiérarchie militaire.
◦ Le rôle des Français et des Britanniques à Dunkerque : Les forces françaises et
britanniques sont prises au piège à Dunkerque. Cependant, grâce à l’intervention
de petites embarcations civiles britanniques dans le cadre de l'Opération Dynamo,
330 000 soldats sont évacués. Cet événement marque un tournant dans la guerre,
car il permet à la Grande-Bretagne de rester dans le conflit.
• L’armistice du 22 juin 1940 :
◦ Les conditions de l’armistice : L'armistice signé par Pétain stipule que la France
cède la moitié de son territoire aux Allemands et que les troupes allemandes
occupent toute la zone côtière, avec des conséquences économiques désastreuses
pour le pays. La zone libre, à l’est, est administrée par Vichy.
◦ Le choix de Pétain : Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, choisit une
solution d'accommodement avec les Allemands, arguant qu'il fallait éviter à la
France une résistance désespérée. Cependant, ce choix va exacerber les divisions
internes et marquer l’histoire de la collaboration.
B) Le régime de Vichy : collaboration et répression
• L’idéologie de la "Révolution nationale" :
◦ Le culte de la personnalité de Pétain : Dans les années 1940, Pétain est perçu par
une grande partie de la population comme un sauveur de la France. Le maréchal
incarne la figure de l'autorité et de l'ordre. Ce culte de la personnalité est renforcé
par les médias et la propagande de Vichy.
◦ Les réformes sociales et la politique familiale : Le gouvernement de Vichy cherche à
remettre en place des valeurs conservatrices et patriarcales. L’État encourage la
famille traditionnelle et accorde des privilèges aux familles nombreuses, tandis que
les femmes sont invitées à rester à la maison et à ne pas travailler.
◦ L'instauration de la milice : La Milice française, dirigée par Joseph Darnand, devient
l’instrument principal de la répression interne. Elle s’illustre par des arrestations
arbitraires, des tortures et des exécutions sommaires de résistants ou de ceux
accusés de collaborer avec les Alliés.
◦ La politique antisémite : En plus des lois antisémites du Statut des Juifs, Vichy
participe activement à la persécution des Juifs, en arrestant des familles entières
pour les déporter vers les camps d’extermination. Les autorités françaises jouent un
rôle clé dans l'organisation de la déportation des Juifs vers Auschwitz et d'autres
camps nazis.
• La collaboration avec le Reich nazi :
◦ La répression de la résistance intérieure : Les autorités de Vichy poursuivent
activement les résistants, et notamment les réseaux FTP (Francs-tireurs et partisans),
qui mènent des actions de sabotage contre les Allemands.
◦ La collaboration économique : Vichy participe à l’exploitation des ressources
françaises au service de l'effort de guerre nazi, notamment en fournissant des
matières premières (comme du charbon et des métaux) et en favorisant la main-
d'œuvre forcée dans les usines allemandes.
◦ Le cas de Pierre Laval : Laval, secrétaire général du gouvernement de Vichy, est l'un
des plus fervents partisans de la collaboration avec l'Allemagne. Après la guerre, il
est jugé et condamné à mort pour haute trahison.
C) Les premiers signes de la résistance et la résistance active
• Les appels à la résistance :
◦ Le rôle de la BBC et de l’appel de de Gaulle : L’appel du 18 juin 1940 est lancé par
de Gaulle sur les ondes de la BBC. Bien que l’appel soit entendu par quelques
centaines de Français seulement, il devient rapidement un symbole de la lutte pour
la liberté et la rébellion contre Vichy.
◦ Les tracts de la résistance : Les réseaux comme Combat et Franc-Tireur impriment
des tracts qui appellent à l’action contre l'occupant. Ces tracts sont distribués
clandestinement dans tout le pays.
◦ Le rôle des femmes dans la résistance : Les femmes jouent un rôle essentiel dans la
résistance, que ce soit en servant de courriers, en cachant des armes ou en
recueillant des informations. Lucie Aubrac, par exemple, organise des réseaux de
sabotage avec son mari Raymond.
• Les maquis et l’armement de la résistance :
◦ Les maquis en zone libre : Dans des régions isolées comme le Vercors ou le
Limousin, des groupes de résistants se regroupent dans des maquis pour mener
des actions militaires contre les Allemands. Le maquis du Vercors est l’un des plus
célèbres, mais sa répression par les Allemands, en juillet 1944, fait de nombreuses
victimes.
◦ La Résistance face aux Alliés : Les Alliés soutiennent la résistance par des
parachutages de matériel, et parfois en envoyant des officiers pour organiser des
actions coordonnées avec les maquis. Les résistants fournissent des informations
précieuses lors de la préparation du Débarquement en Normandie.
• Les relations avec les Alliés :
◦ La guerre de renseignement : La France libre de de Gaulle devient un important
partenaire dans le renseignement militaire. Des agents de la résistance fournissent
aux Alliés des informations sur les mouvements de troupes allemandes, les
installations de lancement de V1 et V2, et les positions stratégiques.
◦ Les actions de sabotage : La résistance française mène des actions de sabotage,
comme la destruction de ponts, le sabotage de lignes téléphoniques et de voies
ferrées. Ces actions ralentissent les déplacements des forces nazies et gênent leur
logistique.
D) La Libération de la France : De Gaulle, l’épuration et la reconstruction
• Le Débarquement en Normandie (6 juin 1944) :
◦ L’opération Overlord : L’invasion alliée de la Normandie est précédée par une
intense campagne de bombardements pour détruire les infrastructures de transport
et les lignes de communication allemandes. Cela permet aux troupes alliées de
débarquer avec moins de résistance qu'elles n’auraient rencontrée autrement.
◦ Le rôle des résistants dans le Débarquement : Les résistants jouent un rôle clé dans
la désorganisation des forces allemandes avant le débarquement, en perturbant les
lignes de communication et en donnant des informations sur les positions
allemandes.
◦ La libération de Paris (19 août 1944) : Les troupes alliées arrivent à Paris après
plusieurs jours de violents combats. La Libération de Paris est l’une des étapes
symboliques de la fin de l'occupation, marquée par les images de la foule
parisienne accueillant les soldats alliés et la résistance dirigée par Philippe Leclerc
de Hauteclocque.
• L’épuration et la reconstruction :
◦ Les épurations post-guerre : Le retour à l'ordre républicain s’accompagne d’une
épuration des collaborateurs. Cela concerne à la fois les anciens membres du
gouvernement de Vichy et les simples citoyens accusés de collaboration.
◦ La réconciliation nationale et la mémoire de la guerre : Après la guerre, la question
de la mémoire des événements est un sujet de débat, notamment autour de la
responsabilité de l’État français dans la collaboration. Le procès de Pétain et de
Laval permet un début de réconciliation, mais la question de la mémoire du régime
de Vichy et de la collaboration reste un sujet sensible pendant plusieurs décennies.
• La mise en place de la IVe République :
◦ La IVe République (1946-1958) : La France, après la guerre, met en place une
nouvelle constitution, donnant une place importante à la représentation
parlementaire. Cependant, la IVe République est marquée par l’instabilité
gouvernementale, le retour des anciens résistants au pouvoir, et le poids de
l'héritage du régime de Vichy.
◦ La reconstruction du pays : Le Plan Marshall, mis en place par les États-Unis, aide la
France à se reconstruire économiquement. L’industrie est modernisée et les
infrastructures sont réparées. La France retrouve une place centrale en Europe, bien
que les tensions liées à l'Empire colonial, notamment en Indochine et en Algérie,
resurgissent rapidement.
III. Guerre froide et jugement politique
A) Les accords de Londres et la prise de conscience des Alliés
• Révélation des camps de concentration :
◦ Auschwitz, Majdanek, Buchenwald... la libération des camps par les Alliés, en
particulier les Soviétiques, amène une prise de conscience brutale des atrocités
nazies. Les images de la libération, avec des fils barbelés et des camps de
concentration, choquent l'opinion publique mondiale. Ce n’est pas seulement une
question de prisonniers politiques, mais un génocide systématique.
◦ Les Américains, après avoir vu les camps d’Auschwitz, changent leur discours et
appellent à une rétribution globale. Cela pousse à l’idée de punir collectivement le
régime nazi et de mettre fin à l’impunité des dirigeants.
• Le rôle de la propagande nazie et les alliances soviétiques :
◦ Les Soviétiques ont joué un rôle crucial dans la libération des camps de l'Est, mais
leur propagande met en avant leur propre sacrifice et combat idéologique contre le
nazisme, faisant des libérateurs eux-mêmes des héros révolutionnaires. Ce rapport
de force est essentiel dans les négociations pour l'après-guerre.
◦ Roosevelt et Churchill sont confrontés à une pression politique pour montrer qu'ils
vont appliquer un jugement international, tout en tenant compte de leurs propres
intérêts géopolitiques. En 1945, Roosevelt envisageait une "justice réparatrice",
alors que Staline, lui, cherchait à renforcer l’influence soviétique.
B) Le procès de Nuremberg : Début du jugement des criminels de guerre nazis
• Les débats autour de la justice des vainqueurs :
◦ Le concept de "justice des vainqueurs" est l'un des principaux reproches adressés
au procès de Nuremberg. Les Alliés sont vus comme étant à la fois les accusateurs
et les juges, ce qui pose la question de leur impartialité.
◦ Le procès de Nuremberg a aussi pour objectif de légitimer l’action des Alliés, en
particulier de la sphère américaine et soviétique, qui ont parfois aussi commis des
crimes de guerre pendant le conflit. L’URSS, par exemple, a été accusée de crimes
contre les populations polonaises et baltes pendant l’occupation soviétique.
◦ Le principe de la responsabilité individuelle : Ce concept, selon lequel chaque
personne doit être jugée pour ses actes, se base sur l’idée que même les ordres
peuvent être contournés s’ils sont moralement injustes, créant ainsi un précédent
dans la justice pénale internationale.
• Des accusés influents et leur défense :
◦ Des accusés comme Göring, Hess et Ribbentrop se défendent en soulignant qu'ils
n'ont fait qu'exécuter les ordres du Führer. Cependant, le tribunal s’oppose
fermement à cette exonération par l’obéissance.
◦ Hermann Göring, qui se suicide avant son exécution, est l’une des figures les plus
complexes du procès. Il représente à la fois le monde militaire nazi et le monde
économique, ayant dirigé la Luftwaffe et supervisé l’économie de guerre.
◦ La défense de Rudolf Hess, qui avait fui en 1941 en Grande-Bretagne en tant que
messager de paix, est marquée par son isolement politique après sa capture. Il
devient un symbole des tensions internes au sein du régime nazi.
• L'impact sur l’Allemagne et l’opinion publique européenne :
◦ Après Nuremberg, les Allemands se retrouvent à devoir faire face à une question
identitaire : étaient-ils complices ou victimes ? Les procès laissent une empreinte
durable dans la conscience nationale allemande, avec des mouvements comme la
dénazification, qui cherchent à purifier la société allemande de l'idéologie nazie.
◦ Jean-Paul Sartre, dans son essai "L’Existentialisme est un humanisme", soulignera
que ces procès sont une manière pour l’Europe d’affirmer ses valeurs humanistes,
tout en pointant du doigt la fragilité de ces valeurs face à des régimes totalitaires.
C) Le procès de Tokyo : juger les criminels de guerre japonais
• Le contexte asiatique et la guerre du Pacifique :
◦ En Asie, la guerre du Pacifique a vu des atrocités d'une ampleur comparable à
celles de l’Europe. Le massacre de Nankin (1937) par les troupes japonaises reste
l'un des plus grands crimes de guerre, mais il est curieusement peu évoqué lors du
procès de Tokyo.
◦ La stratégie militaire japonaise consistait à soumettre les peuples conquis, ce qui a
conduit à des pratiques de violence systématique, y compris les expérimentations
humaines menées par l'unité 731 (tests biologiques sur des prisonniers chinois).
• Le rôle de l’empereur Hirohito et la question de sa culpabilité :
◦ L’empereur Hirohito est formellement épargné par les Alliés, ce qui suscite de vives
critiques. Le général MacArthur, commandant suprême des forces alliées, prend la
décision de le maintenir au pouvoir, prétextant qu’il est une figure symbolique
essentielle pour l’unité du Japon.
◦ Cette décision est vue par certains comme un compromis politique pour stabiliser
l’après-guerre au Japon. Cependant, l’absence d’accusation contre Hirohito reste
un point de friction majeur dans les discussions autour de la justice post-guerre.
• Des condamnations contrastées :
◦ Hideki Tojo, l'ex-Premier ministre, est jugé et condamné à mort, mais de nombreux
généraux japonais bénéficient de peines de prison moins sévères que leurs
homologues allemands.
◦ Les 7 condamnations à mort incluent des figures comme Tojo, mais aussi des
responsables d’unités qui ont mené des attaques sur les territoires asiatiques.
Cependant, l’absence de condamnations pour Hirohito laisse une cicatrice dans la
mémoire collective asiatique.
D) La chasse aux criminels de guerre nazis après les procès
• L'exil et les réseaux d’aide :
◦ Le réseau d’Odessa, qui aide les criminels de guerre nazis à fuir, est d'abord
documenté dans les années 1950 et reste une source de débat. Il a facilité l'exil de
plusieurs responsables du régime nazi vers l'Amérique du Sud, où ils se sont cachés
pendant plusieurs années.
◦ L'une des figures les plus notoires, Josef Mengele, est retrouvé en Brésil, mais il ne
sera jamais jugé, ce qui souligne les limites de l’application de la justice
internationale.
• L’arrestation d’Eichmann :
◦ En 1960, Eichmann, l’architecte de la Solution finale, est capturé par le Mossad en
Argentine. Sa capture et son procès à Jérusalem deviennent des moments
fondateurs dans l'histoire du jugement des criminels nazis.
◦ Le procès d’Eichmann est suivi de près par Hannah Arendt, qui l'analysera sous
l’angle de "la banalité du mal". Elle argue que Eichmann, loin d'être un monstre,
représente la banalité des actes inhumains accomplis par des fonctionnaires sous un
régime totalitaire.
E) L’évolution du jugement international des crimes de guerre
• Les tribunaux internationaux après Nuremberg et Tokyo :
◦ Après les procès, de nombreux tribunaux internationaux sont mis en place, comme
ceux de Yougoslavie (1991), du Rwanda (1994) et pour les crimes de guerre en
Sierra Leone (2002). Ces tribunaux étendent la portée de la justice en incluant des
chefs d’État et des responsables militaires dans le banc des accusés.
• La Cour Pénale Internationale (CPI) :
◦ Créée en 2002, la CPI est le plus grand pas vers une justice globale. Elle est
chargée de juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les
génocides.
◦ Cependant, son efficacité est limitée par l’absence de participation de certains pays
majeurs comme les États-Unis, la Chine et la Russie, qui refusent de se soumettre à
sa juridiction.
• Le cas de l’Irak :
◦ En 2003, la guerre en Irak soulève une question centrale : la justice peut-elle être
rendue à des chefs d’Étaten dehors des juridictions traditionnelles ? La procédure
contre Saddam Hussein est entachée par des accusations de partialité et de
manque de transparence, mettant en évidence les dysfonctionnements de la justice
internationale quand elle est influencée par des intérêts politiques.