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20 Systemes Roulette Extrait

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2 0 SYST È M ES PO UR GAGNER À LA ROULET TE Extrait de L ES LO I S D U H A SA R D

"20 systèmes
pour gagner à la
La loi du tiers (ou plutôt, des 36%) roulette"
n°3 : “Si un système vous dit à un moment donné de jouer tel numéro
ou groupe de numéros parce qu’il est plus probable qu’il sorte mainte­
Nous allons vite expédier cette loi du tiers, vous allez voir pour­ de Francois
nant qu’avant, ce système est INSENSÉ.” Ne soyez donc pas insensé et
quoi. L’idée de base est que si vous faites 37 tirages à la roulette, les 37 Montmirel
laissez tomber.
numéros ne vont pas sortir une fois, mais certains sortiront une fois, (Fantaisium,
2022).
deux fois… et un tiers environ ne sortiront pas. Quand on a n modalités
équiprobables, si on fait n tirages aléatoires, un tiers des n modalités La loi des grands nombres
ne seront pas tirées et deux tiers le seront au moins une fois. En langage
Plus le nombre de tirages est grand,
scientifique, c’est ce qu’on appelle une trivialité (une évidence).
plus la proportion constatée d’un numéro converge
Le résultat selon lequel environ un tiers des numéros ne sortent vers sa proportion théorique.
pas se prouve en passant par le calcul binomial, dont je vous passe les
détails, et qui donne ces résultats moyens : La proportion constatée d’un numéro est un pourcentage, obtenu
• sur 37 tirages, 36,29% des numéros ne sortent pas ; en divisant le nombre de fois où le numéro est apparu par le nombre
total de tirages n. Sa “proportion théorique” est sa probabilité.
• sur 37 tirages, 37,29% des numéros sortent une seule fois ;
Par exemple, si le 21 est sorti 92 fois sur 3.700 tirages, sa propor­
• sur 37 tirages, 26,42% des numéros sortent plus d’une fois.
tion constatée vaut 92/3.700 = 2,49%. Sa proportion théorique, ou pro­
La loi du tiers est donc mal nommée, puisqu’il s’agit d’un “gros” babilité, est, comme pour tous les numéros : 1/37 = 2,70%
tiers de 36,29%. 36,29% de 37 numéros, c’est entre 13 et 14 numéros.
On voit que le 21 est sorti un peu moins que le voulait sa propor­
Le seul problème est que cette loi est inexploitable à la roulette. tion théorique, puisqu’il est sorti 92 fois au lieu de 100. C’est le hasard.
C’est plus une statistique qu’une probabilité : un résultat et non une Mais plus on augmente le nombre de tirages, plus sa proportion consta­
cause. On ne peut que la constater a posteriori. Avant de commencer tée va se rapprocher tendanciellement de sa proportion théorique.
la série de 37 numéros, on sait d’avance qu’un gros tiers des numéros
La loi des grands nombres se constate d’une manière instinctive.
ne sortiront pas, mais comme on ignore lesquels, on ne peut pas miser
Prenons l’exemple d’une série de 4 jets de pile ou face :
sur les autres dans le but d’augmenter notre chance de gagner
(Axiome n°1). Attention ici, car vous allez vite glisser vers l’erreur. • il y a 1 cas avec 0 Pile : FFFF
Par exemple, si vous observez les sorties des numéros sans les • il y a 4 cas avec 1 Pile : PFFF, FPFF, FFPF et FFFP
jouer, au bout de 24 sorties vous remarquerez qu’environ 16 ou 17 nu­ • il y a 6 cas avec 2 Piles : PPFF, PFPF, PFFP, FFPP, FPFP et FPPF
méros sont déjà sortis au moins une fois. Dès lors, le “bon sens” vous
• idem, 4 cas avec 3 Piles et 1 cas avec 4 Piles.
pousse à rejouer ces numéros en vous disant que certains d’entre eux
vont “forcément” sortir une deuxième fois. Forcément ? Rien n’est Plus on converge vers l’équilibre des chances (autant de P que
moins sûr. D’abord, 16 ou 17 numéros à chaque coup, c’est énorme. de F) et plus le nombre de cas augmente : il y a une concentration au­
Ensuite, permettez juste une seconde que je vous rappelle l’Axiome tour de la moyenne. C’est encore plus vrai quand n est grand. Mais à
ce stade, il faut préciser. Plus n augmente et plus l’écart médian (ou

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2 0 SYST È M ES PO UR GAGNER À LA ROULET TE L ES LO I S D U H A SA R D

écart­type) grandit en valeur absolue ; mais en parallèle, plus n aug­ Quand le nombre de coups est multiplié par 100,
mente et plus l’écart­type diminue en valeur relative. l’écart­type est multiplié par 10, soit la racine carré de 100.
Dans ce modèle, l’écart­type vaut √npq, où n est le nombre de Bien sûr cette proportion se répète à tous les niveaux :
coups, p est la probabilité de gagner et q la probabilité de perdre. Si on • quand le nombre de coups est multiplié par 10, l’écart­type est
prend l’exemple des chances simples (Rouge/Noir par exemple), on a : multiplié par √10 = 3,04 (on le voit dans le tableau).
p q=1–p p+q pq • quand le nombre de coups est multiplié par 10.000, l’écart­type
18/37 = 0,4865 19/37 = 0,5135 1,0000 0,2498 est multiplié par √10.000 = 100 (on le voit dans le tableau).

Pour mieux comprendre que “plus n augmente et plus l’écart­type Maintenant, comparez la deuxième et la troisième colonnes du
grandit en valeur absolue, mais en parallèle, plus n augmente et plus tableau : on constate que si l’écart­type augmente avec n (2e colonne),
l’écart­type diminue en valeur relative”, prenons quelques valeurs ty­ la part qu’il représente par rapport à n diminue (3e colonne) ! Quand
piques et regardons ce qui se passe : n = 370, l’écart­type relatif est de 2,60%, et quand n = 37.000, l’écart­
type relatif est de 0,26% ! Donc en multipliant par 100 le nombre de
écart­type en écart­type en
coups, on divise par 10 l’écart relatif ! Ce qui signifie que si on joue un
n valeur absolue valeur relative grand nombre de fois, l’écart­type relatif tend vers zéro. Mais en même
= √npq = √npq /n temps, l’écart­type absolu augmente, et tend même vers l’infini !
37 3,04 8,22% Regardez encore les deux colonnes de droite du tableau : la
deuxième augmente quand n augmente, alors que la troisième diminue
370 9,61 2,60%
quand n augmente. Mais vous avez déjà compris pourquoi : quand n
3.700 30,40 0,82% augmente, l’écart­type augmente aussi, mais moins vite, plus exacte­
37.000 96,14 0,26%
ment avec un rapport égal à la racine carrée. Dans l’expression √npq /n,
le numérateur augmente moins vite que le dénominateur, donc cette
370.000 304,03 0,08% expression baisse de plus en plus au fur et à mesure que n augmente.
Je me suis beaucoup répété, mais ce résultat est d’une impor­
Regardez bien ce tableau. J’ai porté en colonne de gauche le nom­ tance capitale, non seulement parce qu’il sert de base à beaucoup de
bre de coups joués n, toujours multiple de 37 boules. Notez que plus réflexions pour créer un système valable, mais aussi parce qu’il démon­
on joue de coups, plus l’écart­type absolu augmente, et plus l’écart­type tre l’erreur crasse que commettent plus de 95% des systémiers, à savoir
relatif diminue. que “le retour à l’équilibre des chances est inéluctable”, ce qui est archi­
faux. NON, NON et NON, le retour à l’équilibre des chances n’est PAS
Regardez l’écart­type pour n = 37 et celui pour n = 3.700. On ob­ inéluctable – pire, plus on joue de coups et plus on s’en éloigne ! J’ai
tient respectivement 3,04 et 30,40. Autrement dit, quand le nombre noté ce que j’ai lu dans un descriptif de montante sur internet : “Si vous
de coups est multiplié par 100, l’écart­type est multiplié par 10. Or, 10 savez quelque chose de la Théorie du Chaos, vous saurez qu'au cours
est la racine carrée de 100. C’est le rapport qu’il faut retenir :

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d'un temps infini, tous les numéros de la roulette apparaîtront le même Pour compléter ce phénomène, il faut se rendre compte que le
nombre de fois.” Voilà exactement le genre d’âneries qu’on peut lire en temps humain n’a rien à voir avec ce qu’on appelle le “long terme”. En
ligne. Elle contredit point par point ce que j’ai prouvé ci­avant. Plus le une longue journée de jeu (de midi à 4h par exemple), une roulette pro­
nombre de tirages n s’accroît, plus l’écart­type s’accroît aussi puisque n duit à peu près 400 boules… nombre ridicule, poussière mathéma­
est inclus dans la formule même de l’écart­type : √npq. CQFD. tique… soit 10,81 sorties par numéro en moyenne.
Pour commencer à réfléchir sur un semblant de long terme, il fau­
drait considérer au moins 400.000 boules, soit environ 1.000 jours
ET d’une roulette journalière… donc plus de trois ans. Mais un tel nombre
de boules ne permet en aucun cas d’appliquer un quelconque système
moyenne qui repose sur un retour à l’équilibre des chances, puisqu’au bout de
ces 400.000 boules, l’écart moyen sera de… 316 ! Aucun système qui
parie sur le retour à l’équilibre des chances ne peut lutter. Seuls les sys­
tèmes qui parient sur l’écart des chances peuvent candidater.
Même à l’échelle d’une seule journée, l’écart­type sera de… 10 !
Plus on joue de coups, plus l’écart­type absolu augmente (tant sous la moyenne Comme 1.000 jours donnent un écart moyen 34 fois supérieur à ce qu’il
qu’au­dessus), et plus on s’écarte de l’équilibre des chances. L’écart­type tend vers est pour un seul jour, vous voyez que plus on joue, plus on s’éloigne de
l’infini, mais de moins en moins vite (fonction logarithmique). l’équilibre des chances. Et il est TRÈS IMPORTANT de comprendre cela.
On en déduit alors deux choses qui nous serviront plus tard :
• si on veut jouer le retour à l’équilibre, il vaut mieux jouer peu
de coups ;
écart­type relatif
8% ET/n • si on est prêt à jouer longtemps, il faut s’attendre à ce que les
6 écarts augmentent, et il faut alors opter pour un système dont la
4
rentabilité augmente avec l’écart, comme la contre­d’Alembert
2 échelle
0 logarith­
par exemple.
0 370 37.000 mique
Soyons un peu plus précis. Les mathématiciens de divers pays
Plus on joue de coups, plus l’écart­type relatif diminue
et tend vers zéro sans jamais l’atteindre (asymptote). (dont de nombreux Français) ont essayé de trouver des fonctions ma­
thématiques pour définir ce phénomène. Ils les ont trouvées en consi­
Une autre ânerie ? “Le problème du gain à masses égales sur les dérant que ce modèle pouvait s’assimiler à une loi de probabilité dite
chances simples consiste donc, d’abord, dans la recherche des écarts les de Laplace­Gauss, qui se représente par une “courbe en cloche” carac­
plus violents pour en obtenir les plus productives compensations.” Ma­ téristique, où le plus grand nombre d’individus ou de données s’agglu­
rigny de Grilleau, La Mise en pratique du gain scientifique d'une seule tinent autour de la moyenne, et se dispersent de plus en plus au fur et
unité par les tableaux de Sextius. Je vous laisse juge avec l’Axiome n°1 ! à mesure qu’on s’éloigne de la dite moyenne.

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Par exemple, si vous misez sur Rouge pendant 370 boules, vous
savez, avec une certitude de 99,74%, qu’il y aura dans ces 370 boules
entre 151 et 209 numéros rouges. Pendant 37 boules, vous savez, avec
une certitude de 68,26%, qu’il y aura entre 15 et 21 numéros rouges.

La persistance de la fortune
La grande erreur des systémiers est de considérer que le retour à
l’équilibre va se produire dans quelques dizaines de boules. Or, comme
on est dans l’aléatoire le plus complet, on ne sait pas quand ce retour
à l’équilibre aura lieu, ni même s’il aura lieu. Il arrive certains jours où
la chance choisit de “jouer au yoyo” autour de l’équilibre : tantôt c’est
Rouge qui est en avance, tantôt c’est Noir, et ce, sur quelques dizaines
Cette représentation met en évidence une structure du hasard. de boules. Mais comme je l’ai montré graphiquement, plus on joue de
On a la moyenne μ (mu), et l’écart­type σ (sigma). Elle établit des coups et plus l’amplitude des écarts autour de la moyenne augmente,
moyennes de distribution des données observées, pour la majorité des donc plus il est probable qu’un écart net se forme.
distributions, et en tout cas pour celle de la roulette :
Le hasard est ainsi fait que plus on s’éloigne de l’équilibre des
• 68,26% des données sont comprises dans un intervalle de deux chances, plus il faudra de temps pour revenir à l’équilibre. Dit comme
écarts­types : un sous la moyenne, un au­dessus. ça, c’est une évidence. Mais beaucoup de systémiers ne sont pas de cet
• 95,44% des données sont comprises dans un intervalle de qua­ avis. Ils pensent a contrario que plus on s’éloigne de l’équilibre et plus
tre écarts­types : deux sous la moyenne, deux au­dessus. il est probable que la compensation se fera, comme si la roulette devait
rétablir l’équilibre – violation de l’Axiome n°1 selon lequel la roulette
• 99,74% des données sont comprises dans un intervalle de six
n’a pas de mémoire, chaque boule étant indépendante des précé­
écarts­types : trois sous la moyenne, trois au­dessus.
dentes. Curieusement, ils ont à la fois raison et tort :
Voici ces données adaptées aux chances simples (par ex. rouge) :
• Ils ont raison car en effet, sur de très longues suites de boules
68,26% 95,44% 99,74% (on parle ici en millions), rien ne s’oppose à ce qu’un écart impor­
n moyenne
des tirages ont des tirages ont des tirages ont tant soit résorbé, et même inversé.

37 18
entre 15 et 21 entre 12 et 24 entre 9 et 27 • Ils ont tort car plus l’écart est important, plus le retour à l’équi­
rouges rouges rouges libre, la compensation, est improbable.
entre 170 et 190 entre 161 et 199 entre 151 et 209
370 180 Dans son “Que sais­je ?” La Probabilité, le hasard et la certitude
rouges rouges rouges
(page 120), Paul Deheuvels met en avant le fait mathématique selon
entre 1.770 et 1.840 entre 1.739 et 1.861 entre 1.709 et 1.871
3.700 1.800 lequel, dans environ 25% des cas, le hasard tend à favoriser drastique­
rouges rouges rouges

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ment une chance par rapport à l’autre, c’est­à­dire à maintenir son De la même manière, certains systèmes exigent d’attendre un “si­
avance sur l’autre dans des durées qui tendent vers l’infini. L’auteur ap­ gnal” avant de commencer à miser. C’est idiot puisque cela signifie que
plique la loi de l’Arcsinus (réciproque du sinus), qui démontre qu’alors, les probabilités auraient changé, ce qui n’est bien sûr pas le cas. Dans
la densité des résultats, au lieu d’augmenter au voisinage de 0, aug­ un bon système, on joue toutes les boules.
mente au voisinage de 0 et de 1. Ces résultats valent pour les très En comprenant bien cette notion fractale, vous entrez dans l’in­
longues suites de boules, mais montrent une fois de plus l’inanité de la timité du hasard et ne pouvez plus accorder le moindre crédit aux no­
croyance en la compensation. tions d’intuition, de superstition, de “chaleur” de certains numéros, de
“froideur” de certains autres, de l’apparition de figures, etc.
La structure fractale du hasard
Au­delà d’une certaine échelle (reprenons l’exemple précédent Les probabilités très petites
de 400.000 boules en trois ans d’exercice), le hasard s’exprime assez De même que l’échelle humaine est minuscule au regard de
complètement pour laisser apparaître une structure fractale. “Fractale” l’échelle cosmique et du temps qui passe, de même la probabilité très
signifie que la structure générale de l’échantillon se retrouve dans des petite signifie une dépassement de l’échelle humaine qui se traduit par
“tranches” de l’échantillon ou dans des séries dérivées de celui­ci. une impossibilité. C’est toute la différence entre l’approche mathéma­
Par exemple, si vous créez à partir de ces 400.000 boules 40 tique et l’approche humaine. D’après l’approche mathématique, un
“tranches” chronologiques de 10.000 boules, chaque tranche aura la “singe dactylographe” peut arriver, à force de taper n’importe quoi au
même valeur aléatoire que l’échantillon des 400.000. Idem, si vous in­ hasard, à reproduire sur sa machine à écrire le texte entier de la Bible…
versez la série de base et la découpez aussi en 40 tranches. Dans les mais la probabilité qu’il y arrive est infinitésimale.
deux cas, il n’y aura aucune aberration mathématique. Prenons l’exemple du Loto. La combinaison gagnante (5 numéros
Mieux : dans un énorme casino doté de 144 roulettes (le record parmi 49, plus le “numéro chance” à choisir parmi 10) a une chance sur
du monde à Mar del Plata en Argentine, selon Gil Day), on peut noter 19 millions de sortir. Pourtant elle sort presque à chaque tirage. Ce sim­
toutes les boules qui sortent sur ces tables dans l’ordre où elles sortent, ple fait suffit pour penser : “Moi aussi, je peux gagner !” D’autant plus
peu importent les tables qui les produisent, on obtiendra une perma­ que “100% des gagnants ont tenté leur chance” (le plus beau slogan
nence qui aura la même valeur aléatoire que la suite des boules issue que je connaisse)… C’est vrai au global seulement, car individuellement,
d’une seule de ces roulettes. la probabilité de gagner le gros lot est, là encore, infinitésimale.
Le joueur qui vient de passer quatre heures de rang à sa roulette, Alors qu’en réalité, si le gros lot est gagné presqu’à chaque tirage,
jouant tous les coups patiemment, peut se dire que s’il quitte la table c’est parce que le nombre de grilles jouées est considérable. Aucun ban­
un moment il passera peut­être à côté de la série de sa vie. Cet argu­ quier n’accepterait de vous faire une avance d’argent sur votre espoir
ment ne tient pas. Qu’il aille donc se sustenter, se détendre un moment, de gagner au prochain tirage du Loto. C’est un espoir vain du point de
il l’a bien mérité, car s’il rate 30 boules cela ne remettra en rien en cause vue humain, et même si presque à chaque fois le gros lot tombe, il est
le parcours de numéros qu’il suit depuis 240 longues minutes. humainement impossible d’anticiper cette issue.

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Restons dans le domaine de la roulette et imaginons cet événe­ Les séries


ment : sur les 400 coups joués en une journée, seul le 12 sort, 400 fois
Il est intéressant de voir combien il y a EN MOYENNE de séries
de suite. Pour le mathématicien, c’est possible, car la probabilité est
d’une chance simple ou double selon le nombre de coups joués.
non nulle. Mais nous dirons aussi que cette probabilité est tellement
infime qu’elle n’est pas à l’échelle humaine, et qu’il est dès lors impos­ • Pour une rotation (37 coups), on a, pour une chance simple
sible, au sens humain du terme, qu’un tel événement se produise. donnée (par exemple Rouge) :

C’est aussi le cas pour la sortie de 50 fois le même numéro, ou


Longueur de la série Nombre moyen théorique
même de 10 fois. Je doute que, dans toute l’histoire de la roulette, un
même numéro soit jamais sorti 10 fois de suite… Il arrive couramment, 2 numéros 4
en une soirée, que plusieurs numéros fassent répétition. Il arrive parfois 3 numéros 2
qu’un numéro fasse double répétition. Mais en plus de 30 ans de jeu,
je n’en ai jamais vu aucun sortir quatre fois de suite. Il paraît qu’en 1959, 4 numéros 1

à Porto Rico, le numéro 10 est sorti six fois d’affilée. 5 numéros 1

Un numéro qui sort 10 fois de suite, c’est une probabilité d’une


fois sur 379, et non pas 3710 car on part d’un numéro qui est déjà sorti
une fois. Soit 37 multiplié neuf fois par lui­même. Soit à peu près 130 • Pour 10 rotations (370 coups, soit env. une journée de rou­
mille milliards. Un milliard, c’est le nombre de secondes contenues dans lette), on a, pour une chance simple donnée (par exemple Rouge) :
32 ans. Comme il faut plus d’une seconde pour prononcer la plupart
des nombres au­delà de 1.000, une vie entière ne suffirait pas à compter Longueur de la série Nombre moyen théorique
jusqu’à un milliard. Alors jusqu’à 130 mille milliards… Et on ne parle 2 numéros 90
“que” de 10 répétitions ! Alors 400…
3 numéros 44
J’ai personnellement vu Noir sortir 15 fois de suite à Forges­les­
4 numéros 21
Eaux un dimanche après­midi de 1986. L’atmosphère était électrique,
5 numéros 10
plus aucun joueur n’osait jouer Noir, tout le monde chargeait Rouge.
Pourtant, une telle série n’est pas si exceptionnelle (une fois sur 49.424). 6 numéros 5
Dans Monte­Carlo : l’or du jeu, Xan Fielding mentionne que Rouge est 7 numéros 2
sorti 28 fois de suite à Monte­Carlo (probabilité : une chance sur 578
8 numéros 1
millions). Dans La Roulette domptée, Gil Day rapporte que le 20 est sorti
six fois d’affilée au casino de Cassis (probabilité qu’un numéro quel­ 9 numéros 1

conque sorte six fois de suite : une chance sur 69 millions). Il fait aussi
état d’une série de 38 rouges à Monte­Carlo survenue en 1941 (proba­ • Pour 100 rotations (3.700 coups, soit env. 10 jours de roulette),
bilité : une chance sur 779 milliards), ce qui me semble être un record. on a, pour une chance simple donnée (par exemple Rouge) :

56 57
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Longueur de la série Valeur théorique On constate que le nombre de séries observé est assez proche du
nombre théorique. Il y a comme toujours quelques anomalies : peu de
2 numéros 438
séries de 8 numéros, pas de série de 12 et une de 15 isolée.
3 numéros 213
4 numéros 104 • Pour une rotation (37 coups), on a, pour une chance DOUBLE
5 numéros 50 donnée (par exemple 1ère douzaine) :
6 numéros 25
Longueur de la série Nombre moyen théorique
7 numéros 12
2 numéros 2
8 numéros 6
3 numéros 1
9 numéros 3
10 numéros 1
• Pour 10 rotations (370 coups, env. une journée de roulette),
11 numéros 1
on a, pour une chance DOUBLE donnée (par ex. 1ère douzaine) :

Exemple réel Longueur de la série Nombre moyen théorique

Casino de Baden (Autriche), mois d’août 2005 (31 jours de jeu). 2 numéros 19
3 numéros 6
Nombre total de boules : 9.917. Chance jouée : Rouge.
4 numéros 2

Longueur de la série Nombre observé Valeur théorique 5 numéros 1


5 numéros 149 135
6 numéros 68 66 • Pour 100 rotations (3.700 coups, env. 10 jours de roulette), on
7 numéros 38 32 a, pour une chance DOUBLE donnée (par ex. 1ère douzaine) :
8 numéros 10 16
Longueur de la série Nombre moyen théorique
9 numéros 9 8
2 numéros 195
10 numéros 3 4
11 numéros 3 2 3 numéros 63

12 numéros 0 1 4 numéros 20

13 numéros 2 0 5 numéros 7

14 numéros 0 0 6 numéros 2

15 numéros 1 0 7 numéros 1

58 59

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