Fatim
Fatim
La direction et tous les professeurs et intervenants de Mary Saint Claire pour leur
enseignement et leur encadrement tout au long de mon parcours académique.
Ma reconnaissance à :
Mon directeur de mémoire Monsieur Aly Kola KOITA de m’avoir fait l’honneur d’accepter de
m’encadré pour l’élaboration de ce mémoire.
SIGLES ET ABRECIATIONS
a : article
SOMMAIRE
DEDICACE : …………………………………………………………………………………………………………………………… I
REMERCIEMENTS : ………………………………………………………………………………………………………………. II
SIGLES ET ABREVIATIONS…………………………………………………………………………………………………………III
SOMMAIRE……………………………………………………………………………………………………………………………..IV
INTRODUCTION : …………………………………………………………………………………………………………………. 1
DEUXIEME PARTIE………………………………………………………………………………………………………………
CONCLUSION : ……………………………………………………………………………………………………………………..
BIBLIOGRAPHIE : …………………………………………………………………………………………………………………..
INTRODUCTION
Nous avons, en raison de la forte demande accepté de traiter ce sujet, même si certaines
sollicitations nous apparues comme « des conseils prêts à l’usage ».
Le divorce qui atteint l’unité de base de notre société- la famille- devient de plus en plus la
procédure la plus usitée dans nos juridictions.
Mais avant d’aborder le divorce il sera convenable de donner quelques informations sur ce qu’est
au Mali le mariage, de la vie en couple.
Le livre II de la loi N° 2011-087 du Décembre 2011 portant code des personnes et de la famille
traite du mariage.
Au Mali la loi définit (article 280) le mariage comme : « un acte public par lequel un homme et
une femme, consentent d’établir entre eux une union légale dont les conditions de formation, les
effets et la dissolution sont régis par la loi ».
Le mariage devient l’union d’un homme et d’une femme. Cette conception du mariage est reprise
par le législateur à l’article 289 in fine ou le mariage est prohibé entre les personnes du même
sexe.
Le Mali a vu ses lois et ses pratiques en matière de divorce évoluer au fil des années. Le divorce
est une réalité sociale dans le pays, et il est essentiel de comprendre son contexte historique et
culturel pour appréhender les enjeux juridiques et sociaux qui l’entourent. Au Mali, le mariage
est une institution sacrée, et le divorce était historiquement considéré comme une solution de
dernier recours1. La notion de divorce est étroitement liée à la conception qu’une société se fait
du mariage. La société malienne oscille du mariage, l’une individualiste et l’autre
communautaire. Selon la première conception, le mariage se présente comme un moyen de
favoriser l’épanouissement des individus ; en cas de mésentente, le divorce est une possibilité à la
disposition des deux personnes. A l’opposé, la conception communautaire du mariage met
l’accent sur les valeurs collectives, la stabilité et la permanence de la société : le mariage se
présente comme une institution qui ne dépend pas uniquement de la volonté individuelle, mais est
liée aux impératifs de la famille au sens large et de la société. Ces dimensions individuelles et
1
Bamada. Net-
sociales du mariage et du divorce se doublent d’enjeux politiques, religieux et culturels sur fond
d’une grande précarité économique aggravée encore par le confit au nord du pays
Avant l’indépendance, le mariage et la famille étaient essentiellement régis par les coutumes 6.
Depuis 1962 un code de la famille est en vigueur. Dès l’accession à l’indépendance, le mali s’est
doté d’un code du mariage et de la tutelle (CMT) 7 qui subira plusieurs modifications8. Avec
2
Les organisations des droits des femmes telles que l’APDF
3
Loi n° 62-17 / AN-RM du 03 février 1962 portant code du mariage et de la tutelle
4
Loi n°2011- 087 du 30 décembre portant code des personnes et de la famille(CPF). La promulgation de cette loi est
intervenue quelques jours avant le début de la crise au Mali en janvier 2012. Certains juges continuent d’appliquer le
CMT de 1962 par méconnaissance des nouvelles dispositions.
5
Selon les dispositions de l’article 58 du CMT la répudiation est interdite. La répudiation prononcée en violation de
l’interdiction qui précède, dispense la femme de ses devoirs. L’article 184 du code pénal malien interdit la
répudiation qu’il sanctionne d’une peine d’emprisonnement de 15 jours à 3 mois et/ou d’une amende de 20.000 à
120.000 FCFA.
6
Les coutumiers juridiques de l’Afrique occidentale français, précité.
7
Loi n° 62-17/AN-RM du 3 février 1962 portant code du mariage et de la tutelle.
8
Ainsi, les règles relatives au consentement au mariage et à la monogamie ont été modifiées par la loi n°6319/AN-
RM du 25 janvier 1963. Les règles relatives à la tutelle ont été modifiées et complétées par l’ordonnance
n°26/CMLN du 10 mars 1975. L’ordonnance n°73-36 du 31 juillet 1973 portant code de la parenté a complété le
code du mariage et de la tutelle. S’agissant de l’état civil, la loi n°68-14/AN-RM du 17 février 1968 portant
organisation de l’état civil a été abrogée et remplacée par la loi n°87-27/AN-RM du 16 mars 1987 régissant l’état
civil, elle-même complétée par la loi n°88-37/AN-RM du 08 février 1988. Ces textes furent à leur tour abrogés et
remplacés par la loi n°06-04 du 28 juin 2006 régissant l’état civil.
l’évolution de la société malienne, la législation régissant ces droits, bien que révolutionnaire en
son temps, est devenue inadaptée aux réalités et parfois contraire aux traités, convention et
accords internationaux ratifiés par le Mali 9. En 2011, le nouveau code des personnes et de la
famille (CPF) est entré en vigueur 10. Selon le CPF, c’est le juge ou le tribunal qui prononce le
divorce. L’action en divorce est soumise aux règles générales qui gouvernent les actions en
justice. Compte tenu de son caractère essentiellement personnel, seuls les époux ont qualité pour
agir en divorce, dans les cas prévus par la [Link] qualité d’époux est exigée non seulement au
moment de l’introduction de la demande, mais aussi tout au long du procès jusqu’à ce que le
jugement ou l’arrêt prononçant le divorce soit à l’abri de tout recours.
Le divorce est donc défini comme « la rupture officielle et légale du lien matrimonial, décidée par
un tribunal compétent. Cette dissolution met fin aux obligations conjugales et permet aux parties
9
Les insuffisances de cette loi étaient perceptibles surtout en matière de successions, de donations et de protection
des incapables.
10
Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant code des personnes et de la famille(CPF).
11
Selon l’entretien qui a eu lieu au mois de septembre 2012, avec l’iman Oumar BARRO représentant du haut
conseil islamique à Kayes.
12
Voir entretien avec l’imam Oumar BARRO de Kayes rencontré lors de l’enquête réalisée en septembre 2012.
de retrouver leur statut de célibataire. » Le divorce a des causes diverses et souvent
interconnectées. Selon l’art 35213 un époux peut demander le divorce pour faute en cas :
d’adultère de l’autre ;
d’excès, sévices et injures graves de l’autre rendant la vie conjugales impossible ;
de condamnation de l’autre à une peine afflictive et infamante ;
d’alcoolisme invétéré ou de toxicomanie ;
de manquement à un engagement substantiel.
L’épouse peut demander le divorce lorsque le mari refuse de subvenir à ses besoins
essentiels : nourriture, logement, habillement et soins médicaux.
En droit Malien, le divorce est encadré par des textes législatifs précis, notamment le code des
personnes et de la famille.
Ces dispositions légales visent à réguler les conditions et les conséquences de la dissolution du
mariage, garantissant ainsi la protection des droits des parties concernées.
La dissolution d’un mariage peut avoir des conséquences profondes sur la stabilité émotionnelle
et financière des conjoints et de leurs enfants. Comprendre les mécanismes juridiques qui
régissent le divorce est crucial pour évaluer comment ces conséquences peuvent être gérées de
manière juste et équitable.
L’objectif principal de traiter le sujet du divorce en droit malien est de fournir une compréhension
détaillée et critique du cadre juridique qui régit la dissolution du mariage au Mali. Cela inclut
l’examen des lois, des règlements, et des procédures judiciaires en vigueur. Un autre objectif
crucial est d’évaluer l’efficacité de dispositions légales existantes en matière de divorce. Le
divorce a des impacts sociaux et économiques
La problématique centrale de cette étude est de comprendre comment le droit malien régit le
divorce, quelles sont les causes et les conséquences principales de cette dissolution matrimoniale,
et comment les procédures légales sont appliquées et perçues par les justiciables.
13
L’art 352 des codes des personnes et de la famille
Comment le cadre juridique du divorce au Mali concilie-t-il les normes traditionnelles et les
exigences légales modernes ? Quels sont les défis majeurs rencontrés dans la mise en œuvre des
procédures de divorce ?
L’étude du divorce en droit malien revêt une importance capitale pour plusieurs raisons.
Premièrement, elle permet de mettre en lumière les spécificités du cadre juridiques malien en
matière de divorce, offrant ainsi une meilleure compréhension des procédures légales et de leurs
implications.
Deuxièmement, elle contribue à identifier les défis et les obstacles rencontrés par les individus
dans le processus de divorce, favorisant ainsi des discussions sur les réformes nécessaires.
Pour atteindre ces objectifs, une méthodologie mixte sera adoptée, combinant des approches
qualitatives et quantitatives. La première étape consistera en une revue exhaustive de la littérature
juridique et sociologique sur le divorce, avec une attention particulière portée aux textes de loi
maliens et aux études des cas pertinents. Ensuite, des entretiens seront menés avec des
professionnels du droit (avocats, juges) et des personnes ayant vécu l’expérience du divorce, afin
de recueillir des perspectives diversifiées et des témoignages de première main.
En complément, des données statistiques seront analysée pour identifier les tendances et les
schémas récurrents dans les divorces au Mali. Ces données permettront de quantifier l’ampleur
du phénomène et de mettre en lumière des aspects spécifiques nécessitant une attention
particulière, tels que la fréquence des divorces pour raisons économiques ou l’issue des
procédures de garde d’enfants.
Pour mieux aborder ce thème, une analyse sur la physionomie du divorce en droit malien est
nécessaire (première partie), avant d’évoquer la mise en œuvre du divorce en droit malien
(deuxième partie).
PREMIERE PARTIE : LA PHYSIONOMIE DU DIVORCE EN DROIT MALIEN
Le divorce connait une recrudescence au Mali ces dernières années, avec environ 333 décisions
de divorce en première chambre et plus de 342 en deuxième chambre en 2023. A Bamako,
l’adultère et les coups et blessure sont à l’origine de 80 pour 100 des cas de divorce.
Le code ses personnes et de la famille de 2011 a introduit le divorce par consentement mutuel en
plus du divorce pour faute. Les époux peuvent demander conjointement le divorce après s’être
entendus sur les questions de pension alimentaire, garde des enfants et le droit de visite.
Le divorce produit trois effets principaux : dissolution du mariage, garde des enfants et pension
alimentaire. Chaque époux peut reprendre les biens dont il apporte la preuve de priorité.
Cependant la médiation est privilégiée pour tenter de sauver le couple avant d’aller en justice.
Les centres d’accueil, associations féministes et procureurs encouragent d’abord la conciliation,
par peur d’être accusés de pousser au divorce.
Le mariage étant un acte volontaire, il a été accepté par le législateur de 2011 que les époux
pouvaient se mettre d’accord pour les raisons qui leurs sont personnelles pour mettre fin à leur
union.
L’avènement du CPF de 2011 opère une révolution du droit du divorce au Mali. Les deux
peuvent désormais régler « à l’amiable » la rupture de leur lien matrimonial. Ils peuvent
présenter une demande conjointe au juge sans être obligés de faire connaitre les causes de leur
rupture. Ils doivent seulement soumettre à l’approbation du juge un projet de convention qui en
règle les conséquences14. Il n’existe pour le moment aucune jurisprudence disponible, mais nous
pouvons présenter brièvement cette nouvelle procédure sur la base des dispositions du CPF.
En règle générale, les époux règlent librement les conditions et les conséquences de la rupture du
lien conjugales toutes les fois qu’elles ne sont pas contraires à l’ordre public, aux bonnes mœurs
et à l’intérêt de l’enfant15.
De ce fait on parlera des conditions du divorce par consentement mutuel pour bien éclaircir et
bien parler du divorce amiable.
Le divorce par consentement mutuel repose sur un accord entre les époux premier paragraphe et
les modalités du divorce par consentement mutuel deuxième paragraphe.
Le consentement mutuel n’existe que si chaque époux y donne librement son accord. Lorsque
deux époux sont d’accord pour divorcer, ils le peuvent désormais ouvertement. Mais ils ne le
peuvent seuls : ils doivent soumettre leur accord au juge qui seul prononce le divorce. Et ils ne le
peuvent sans préparation ni réflexion. Ils doivent envisager et assumer l’ensemble des problèmes
de la rupture et mettre leurs accords à l’épreuve d’une élaboration progressive.
14
Art. 337 du CPF.
15
Art. 339 du CPF.
Le divorce par consentement mutuel prend sa source dans l’intention commune de divorcer. Il
procède, chez les époux, de la volonté réciproque de s’affranchir du lien conjugal. C’est
précisément afin que, sur le principe même d’un divorce, cette donnée volontaire soit
incontestable que la loi soumet à des exigences spéciales la capacité de divorcer et le
consentement au divorce.
L’accord des époux dans un divorce par consentement mutuel au Mali représente une entente
claire et volontaire entre les deux parties pour mettre fin à leur mariage de manière pacifique et
coopérative. Cet accord implique la volonté commune de divorcer : les deux époux sont d’accord
pour mettre fin à leur union, cette décision est prise librement, sans contrainte ni pression de l’un
envers l’autre. Les époux s’ils le veulent peuvent prendre le même avocat et faire la demande de
divorce au tribunal16. Les époux discutent et s’attendent sur tous les aspects qui découlent du
divorce tels que la garde des enfants, la répartition des biens, et les éventuelles pensions
alimentaires. L’accord doit refléter un respect des droits et des besoins de chaque partie. Les
décisions prise doivent être équilibrées, assurant que ni l’un ni l’autre ne soit lésé, et que les
intérêts des enfants soient préservés. Ce type de divorce nécessite l’intervention des avocats et
d’un notaire pour formaliser l’accord sans passer par un juge. L’accord des époux est une
démarche ou les deux parties collaborent pour parvenir à une séparation respectueuse et
ordonnée, avec une attention particulière à l’équité et à la protection des droits de chacun, y
compris ceux des enfants.
L’étude de l’accord des époux nous pousse à analyser les modalités du divorce par consentement
mutuel.
Lorsque les époux demandent conjointement le divorce, ils n’ont pas à faire connaitre la cause.
Les modalités du divorce par consentement mutuel incluent la rédaction d’une convention qui
définit les termes de la séparation, le dépôt de cette convention au tribunal. Ils doivent seulement
soumettre à l’approbation du juge un projet de convention qui en règle les conditions. Comme le
juge dans les autres cas de divorce (art. 287, 287-1), les époux peuvent, dans leur accord,
désigner celui-ci d’entre eux qui exercera (unilatéralement) l’autorité parentale à l’égard de tous
16
Droit direct SARL
les enfants ; ils pourraient préférer assumer chacun l’exercice unilatéral à l’égard du ou des
enfants qu’ils déterminent ou même confier leurs enfants ou certains d’entre eux au tiers qu’ils
désignent, sauf à organiser, dans tous ces cas, en faveur de l’époux non investi de l’exercice
unilatéral, un droit de visite et d’hébergement.
Dans l’intérêt bien compris de l’enfant17, les époux peuvent aussi établir entre eux une modalité
que la doctrine et la jurisprudence on appelée garde conjointe et que la loi du 22 juillet 1987 a
consacrée sous un autre nom : les époux peuvent décider d’exercer en commun l’autorité
parental (à l’égard de tous leurs enfants ou de certains d’entre eux). Avant 1987 la loi ne
prévoyait ni ne prohibait18 une telle modalité. Mais en certaines circonstances, celle-ci emporter
la légalité de la mesure, surtout dans un divorce qui appelle deux époux dont la convention
parentale est intacte à la chercher ensemble. Prévue pour l’enfant naturel (C. civ. Art 374, al.2),
cette conjonction devait être offerte à l’enfant légitime, si tel son intérêt (ce qu’a fait la loi de
1987)19. Dans cet intérêt, il est seulement essentiel de prévoit concrètement chez lequel de ses
parents chez lequel de ses parents Co titulaires de l’exercice conjoint l’enfant aura sa résidence
habituelle ([Link].287)20. Comme la jurisprudence l’avait fait, la loi nouvelle a exclu la « garde
alternée ». Elle admet l’exercice unilatéral ou l’exercice en commun de l’autorité parentale, mais
non, au sein de celle-ci, le flottement de l’exercice par les alternances. Les conditions de divorce
par consentement mutuel ne nous permet pas à lui seul de comprendre le divorce amiable il nous
faut la garantie et le contrôle du divorce par consentement mutuel.
17
Cet intérêt peut passer par le maintien entre divorcés d’une certaine collaboration parentale et par l’économie du
sentiment d’exclusion que peut inspirer un parent l’attribution de l’exercice unilatéral de l’autorité parentale à son
conjoint. V. M-F. Maguin. D .1983, chron .P.11 ; carbonnier, 75 ; cour divorce II, n° 322.
18
Littéralement, l’art. 287 paraissait l’exclure ; mais cette interprétation pointilleuse était contestable. V. infra, n°
416. Dans son principe, la garde conjointe avait reçu l’approbation de la cour de cassation civ.2, 21 mars 1983, Bull.
II, n° 86, p. 58, J.C.P. 84. 20163, note A. Dekeuwer, D.84, p.53, note T. Moussa ; R.T.D.C.1984, 95, chron Nerson et
Rubelin-Devichi ; et surtout Civ.2, 2 mai 1984, [Link].20412, note Dekeuwer, R.T.D.C.1984, 691, Chron
Nerson et Rubellin-Devichi ; [Link].1985 I 59, note J.M.
19
Il appartient au juge du fond d’apprécier souverainement si les intérêts sont suffisamment préservés par les
modalités prévues : Civ.2, 21 mars 1983, ibib rejetant un pourvoi contre une décision qui était justifiée parce qu’en
fait la stabilité de l’enfant était sacrifiée (il s’agissait, en réalité, d’une garde alternative).
20
Il s’agit, pour la stabilité de sa vie quotidienne, de fixer le lieu ordinaire ou demeure l’enfant : rattachement
unilatéral permanent (et non alternatif) qui est d’ailleurs révisable et compatible, si les parents le prévoient, avec
beaucoup de souplesse dans le mouvement des visites et le volant des hébergements. Ainsi se confirme qu’en général
liées, la communauté de résidence et l’exercice de l’autorité parentale sont dissociables.
Cette section traite des mécanismes mis en place pour garantir que le divorce par consentement
mutuel se déroule dans le respect des droits des deux époux et des enfants. Elle aborde les rôles
du juge, des avocats et les possibilités de révision des décisions. La garantie et contrôle
s’explique d’une part par le rôle de protection du juge en paragraphe I et la révision et le contrôle
du post divorce en paragraphe II.
Les époux doivent soumettre à l’approbation du juge le projet de convention qui règle les
conséquences du divorce (C. civ. Art.230, al.1) et le juge doit refuser d’homologuer cette
convention, quand il constate qu’elle préserve insuffisamment les intérêts des enfants ou de l’un
des époux (art. 232, al.2). Le juge joue un rôle central dans la procédure de divorce par
consentement mutuel en s’assurant que les intérêts des parties sont protégés et que les décisions
prises sont équitables et conformes à la loi. Le juge est chargé de vérifier que la convention
présentée par les époux respecte les exigences légales et qu’elle est équitable pour les deux
parties. Il s’assure que les clauses relatives à la garde des enfants, à la pension alimentaire, et au
partage des biens sont justes et adaptées aux circonstances.
Lors de l’entretien, le juge s’assure que le consentement des époux est libre et éclairé. Il peut
poser des questions pour clarifier certains aspects de la convention ou pour s’assurer que les
époux ont bien compris les implications de leur accord. Si le juge estime que la convention n’est
pas équitable ou qu’elle ne protège pas suffisamment les intérêts des enfants, il peut refuser de
l’homologuer. Dans ce cas, les époux doivent revoir leur accord et soumettre une nouvelle
convention.
L’étude du rôle de protection du juge nous pousse à analyser la révision et le contrôle post
divorce.
Même après le prononcé du divorce, certaines dispositions peuvent être révisées en fonction des
changements de situation des époux ou des enfants. Si l’une des parties estime qu’un changement
de circonstances (par exemple, une modification importante des revenus ou des besoins des
enfants) justifie une révision de la convention, elle peut demander au tribunal de revoir certaines
dispositions, telles que la pension alimentaire ou la garde des enfants. Le tribunal reste compétent
pour veiller à ce que les décisions prises dans le cadre du divorce soient respectées. Si l’un des
époux ne respecte pas les termes de la convention, l’autre peut saisir le tribunal pour demander
l’exécution forcée des obligations prévues. En cas de non-respect des obligations, comme le
paiement de la pension alimentaire ou le droit de visite, des mesures coercitives peuvent être
prises. Ces mesures incluent des saisies sur salaire, des amendes, ou même des peines
d’emprisonnement en cas de manquement grave.
Le divorce amiable ne nous permet pas à lui seul de comprendre le divorce en droit malien il
nous faut aussi le divorce contentieux pour mieux comprendre le divorce au Mali.
Gracieux lors de son établissement, le divorce sur demande conjointe n’est pas assuré de n’avoir
aucun lendemain contentieux. Un divorce contentieux se produit lorsque les époux ne s’accordent
pas sur la dissolution du mariage ou sur ses conséquences, comme la garde des enfants ou le
partage des biens. Contrairement au divorce amiable, il nécessite une intervention judiciaire. Ce
processus est généralement long et couteux, impliquant des preuves et des audiences devant le
juge des affaires familiales.
Ce monde vient sanctionner une pratique qui a cours dans notre société. Celle de certains de nos
compatriotes qui pour des raisons économiques ou pour d’autres raisons abandonnent foyer et
femme pour s’installer dans d’autres pays. Il vient également sanctionner le départ prolongé sans
motif légitime d’une épouse du domicile conjugal.
L’un des époux peut demander le divorce pour rupture prolongée de la vie commune lorsque les
époux vivent séparés de fait depuis trois ans ou en cas d’impossibilité de l’un des époux de
satisfaire à ses obligations conjugales 21. Le divorce pour rupture de la vie commune s’explique
d’une part par les motifs pour rupture prolongée de la vie commune paragraphe (I) et d’autre part
par les conséquences pour rupture de la vie commune paragraphe (II).
21
Art.348 du CPF.
En droit malien, les motifs de divorce pour rupture prolongée de la vie commune sont strictement
encadrés par le code des personnes et de la famille(CPF). L’époux peut demander le divorce
lorsque le mari refuse de subvenir aux besoins essentiels (nourriture, logement, habillement et
soins médicaux). L’époux peut demander le divorce, en raison d’une rupture prolongée de la vie
commune22, soit lorsque les époux vivent séparés de fait depuis six ans (art.327), soit lorsque les
facultés mentales du conjoint se trouvent, depuis six ans ni gravement altérées qu’aucune
communauté de vie commune subsiste entre les époux (art.238).
Au sein du même cas, la loi a donc distingué et déterminé les deux situations qui peuvent fonder
le divorce pour rupture de la vie commune. La séparation prolongée des époux, l’altération grave
et durable des facultés mentales de l’un d’eux.
Distinctes, ces deux situations constituent des causes indépendantes, autonomes dont chacune est
suffisante, quand elle est établie. Déterminées (concrètement et limitativement), ces deux
situations sont tout à la fois, véritables et les seules causes du divorce. La rupture de la vie
commune ne peut être caractérisée, au sens de la loi 23, lorsque 24se présente l’une ou l’autre des
situations qu’elle spécifie, à l’exclusion de toute autre application. La référence commune à la
notion générique offre cependant l’avantage pour l’intelligence des deux causes parallèles, de les
donner comme des cas de rupture prolongée. Formellement, elle permet d’atténuer par égard pour
l’époux dont les facultés mentales sont altérées, la publicité du jugement de divorce prononcé
pour cette cause. Lorsqu’en effet le divorce est prononcé pour rupture de la vie commune, le
dispositif du jugement ne doit25 faire aucune référence à la cause du divorce ([Link].1126).
Sous couvert de la rupture de la vie commune seule visée dans le dispositif, la cause du divorce
n’est pas révélée26. La séparation de fait devient de divorce « lorsque les époux vivent séparés de
fait depuis six ans ».
22
Combiné avec l’art.237, l’art.238 (il en est de même lorsque…) montre bien que cette formule est un facteur
commun.
23
Ce n’est pas donc une cause indéterminée. Ce cas de divorce se déroule, dans ses motifs, en deux causes spécifiées,
déterminées.
24
[Link].237 et 238.
25
A la différence de la dispense de motivation de l’art.248.1, cette amputation du dispositif est de droit. Elle ne
procède pas de l’entente des époux et n’a pas à être demandée.
26
Mais elle constatée et établie dans les motifs du jugement : en quoi cette atténuation à la publicité n’est pas une
dispense de motivation. V. infra, n°377.
Toutefois, si l’autre époux établit que le divorce aura pour lui, compte tenu de son âge et de la
durée du mariage, soit pour les enfants, des conséquences matérielles et morales d’une
exceptionnelle dureté, le juge rejette la demande 27. Le juge rejette la demande d’office, lorsqu’il
apparait que le divorce aurait pour le conjoint des conséquences matérielles et morales d’une
extrême dureté dans le cas prévu à l’article 3444 du CPF.
Le juge assimile certains cas révélant du divorce pour faute 28 au divorce pour rupture de la vie
commune. Il s’agit tout d’abord de l’impossibilité de l’un des époux de satisfaire à ses obligations
conjugales. Ainsi le juge a puis conclure à un divorce pour rupture de la vie commune au motif
que le mari n’a pas eu de relations intimes avec son épouse depuis quatre(04) ans 29. Ensuite, le
défaut d’entretien de la femme en l’absence du mari peut être assimilé à une rupture de la vie
commune30. Ainsi le juge a pu prononcer le divorce pour rupture de la vie commune aux torts
exclusif du mari aux motifs que le mari a délibérément quitté sa femme depuis cinq ans environ
et, durant tout ce temps, ne s’est pas chargé de l’entretien de sa femme et de ses deux enfants
restés avec elle et n’a donné aucun signe de vie31.
Le divorce pour rupture de la vie commune se caractérise par les conséquences qu’il entende. S’il
tient son nom de sa cause, sa spécificité lui vient plus encore peut être de ses effets. Originaux,
inhérents à ce cas, leur particularisme est renforcé, dans l’interprétation jurisprudentielle, par
l’exclusion de la prestation compensatoire (quand son nom met l’accent sur la rupture, ce
divorce, non sans paradoxe, se distingue de tous les autres le maintien au moins unilatéral, après
son prononcé, de certains effets du mariage, notamment du devoir de secours. Plus généralement,
ce maintien unilatéral s’intègre à un système à sens unique qui fait peser le divorce sur le
demandeur. Celui qui prend l’initiative du divorce est voué, par la loi, à en assurer toutes les
conséquences. De son côté, il s’agit vraiment d’un divorce à charge ([Link]., art. 239). Et
27
Art. 351 du CPF.
28
Voir infra.
29
Jugement n°62 du 10 février 2011 du TPI de Kayes (Divorce-garde des enfants).
30
Au sens de l’article 348 du CPF « un époux peut demander le divorce, en raison d’une rupture prolongée de la vie
commune lorsqu’ils vivent séparés, de fait depuis trois ans ou en cas d’impossibilité de l’un de satisfaire à ses
obligations conjugales ».
31
Jugement n°62 du 10 février 2011 du TPI de Kayes. Le juge a confié les mineures à leur mère en réservant de
larges droits de visites au père. Il a mis les dépens à la charge du père.
comme, en vertu de l’assimilation légale (art. 265), le divorce est alors réputé prononcé contre
lui, cette responsabilité que son initiative attire sur sa tête, fait de ce cas, au regard du demandeur,
non seulement un divorce assumé32, mais33 un divorce contre soi-même. Inhérent au divorce
pour rupture de la vie commune, ce système légal de conséquences s’applique nécessairement dès
lors que le divorce est prononcé pour cette cause. Il est uniforme et invariable.
Le divorce pour rupture de la vie commune ne nous permet pas à lui seul de comprendre le
divorce contentieux il nous faut aussi le divorce pour faute pour mieux comprendre le divorce
en droit malien.
Selon l’article 352 du CPF, un époux peut demander le divorce pour faute en cas d’adultère d’un
des conjoints, d’excès, de sévices et injures graves de l’autre rendant la vie conjugale impossible,
de condamnation de l’autre à une peine afflictive et infamante, d’alcoolisme invétéré ou de
toxicomanie ou de manquement à un engagement substantiel. L’épouse peut demander le divorce
lorsque le mari refuse de subvenir à ses besoins essentiels : nourriture, logement, habillement et
soins médicaux.
Un des époux peut demander le divorce pour faute s’il estime que son conjoint a commis des
manquements graves ou renouvelés à ses devoirs d’époux ou épouse. Le divorce parle
de « violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage ».
Adultère de l’un des époux : l’adultère du conjoint constitue une violation du devoir de
fidélité auquel les deux conjoints sont ténus. C’est le fait pour une personne mariée
d’entretenir des rapports sexuels avec une personne autre que son conjoint. L’adultère du
mari comme celui de la femme est une cause péremptoire de divorce. L’adultère peut être
constaté par un huissier de justice commis à cet effet. Un seul fait dument établi
d’adultère oblige le juge à prononcer le divorce 34. Bien que très souvent avancé par les
32
« Divorce assume par le demandeur » tel était, dans l’avant-projet, le nom original de ce cas.
33
En parallèle avec le divorce pour faute prononce aux torts exclusifs d’un époux.
34
Jugement n° 357/2012 du 25 octobre 2012 du TPI de Kayes (Divorce et garde des enfants).
demandeurs en divorce, le motif basé sur l’adultère est quasiment impossible à prouver,
sauf flagrant délit d’adultère ou grossesse de l’épouse pendant une longue absence du
mari.
Abandon de domicile conjugal : il est constant que le refus d’une épouse d’habiter avec
son époux constitue un abandon du domicile conjugal, qui constitue une faute entrant
dans les prévisions légales de l’article 352 du CPF. Ainsi, le juge peut prononcer, aux
torts exclusifs de la défenderesse, le divorce pour refus d’habiter avec son mari à la
résidence par lui choisit avant de confier la garde des enfants à leur père35.
Excès, sévices et injures graves de l’autre rendant la vie conjugale impossible : une
étude réalisée en 2012 exemplifie les faits constituant des injures, excès ou sévices graves.
Il s’agit du refus du devoir conjugal, l’excès d’appétit sexuel, la jalousie et la menace de
mort36. Il en est de même lorsque l’un des conjoints a caché l’existence d’un enfant issu
d’une relation antérieure au mariage ou le fait d’avoir caché l’existence d’une grossesse
provenant d’un homme autre que le fiancé. Ces différents motifs sont invoqués aussi bien
par les femmes que les hommes. Toutefois, le refus du devoir conjugal a été
spécifiquement dénoncé par les hommes tandis que ce sont des femmes qui se sont
plaintes de l’excès d’appétit sexuel de leur conjoint37.
Par exemple, le juge a prononcé le divorce pour incompatibilité d’humeur, excès et sévices
graves, aux torts exclusifs de l’époux, aux motifs que, pendant quatre ans, il n’y a pas eu de
relations intimes entre lui et son épouse38.
La condamnation de l’un des époux à une peine afflictive et infamante. Il s’agit du cas ou le
mari ou la femme à fait l’objet de condamnation criminelles telles que peine de mort, peine de
réclusion criminelle à temps (5 à 20ans) ou à perpétuité.
Il suffit que l’époux qui demande le divorce produise l’arrêt de condamnation pour obtenir le
divorce.
35
Jugement n° 156/2011 du 14 février 2011 du TPI de Kayes (Divorce- garde des enfants).
36
Rapport sur la problématique du divorce, RECOFEM, précité, p.25.
37
Ibib.
38
Jugement n° 062 du 10 février 2011 du TPI de Kayes (Divorce- incompatibilité d’humeur- excès et sévices graves)
L’alcoolisme invétéré : lorsque l’un des époux se trouve dans un état permanent d’ébriété. Les
juridictions y assimilent l’état de consommation de drogue ou d substances vénéneuses.
39
Jugement n° 210 du 26 décembre 2012 du TPI de Kati (Divorce pour manquement à un engagement substantiel).
40
Jugement n° 147 du 9 juin 2011 du TPI de la commune IV du District de Bamako (Divorce-garde des enfants et
pension alimentaire). V aussi jugement n° 209 du 26 décembre 2012 du TPI de Kati (Divorce pour injures et défaut
d’entretien) : le juge prononce le divorce aux torts exclusifs du mari au motif que les griefs d’injures et défaut
d’entretien invoqués à l’encontre de l’époux sont établis et constituent une faute au sens de l’article 352 du code des
personnes et de la famille.
peut apparaitre surprenant qu’alors que la dot reste prévue par le code 41 , le non-
paiement des montants en cause ne peut entrainer aucune conséquence juridique.
Le fait que cette cause de divorce soit ouverte qu’à l’épouse apparait comme un effet
42
sous-jacent des dispositions de l’article 34 du CMT reconduites dans l’article 316
du CPF qui dispose : « dans la limite des droits et des devoirs respectifs des époux
consacrés par le présent code, la femme doit obéissance à son mari, et le mari,
protection à sa femme ». En outre l’article 319 dispose : « le mari est le chef de la
famille(…) les charges du ménage pèsent sur le mari. La femme mariée qui dispose de
revenus peut contribuer aux charges du ménage ». En pratique la non-contribution de
la femme aux charges du ménage n’entraine pas le divorce car les coutumes maliennes
font peser ces charges exclusivement sur le mari. Même si le code fait peser sur la
femme qui dispose des revenus de contribuer au ménage, l’homme ne l’invoque pas
devant le juge lorsque celle-ci ne s’en acquitte pas.
pour conclure sur les motifs de divorce, il faut noter que dans la pratique, la plupart
des divorces sont prononcés sur la base des excès, sévices et injures graves que sont
devenus un « fourre-tout » permettant à de nombreux époux de se débarrasser de leur
conjointe pour des motifs divers et variés. C’est le cas, par exemple du manquement
de la femme au devoir d’obéissance vis-à-vis du mari 43 qui est interprété comme une
injure grave sanctionnée par le divorce.
Par exemple, le fait qu’un conjoint s’absente du domicile conjugal pendant une
semaine n’est pas un fait constituant une faute invocable lors de la procédure.
La procédure de divorce est introduite par une requête introductive d’instance, prosaïquement
appelée « la demande en divorce ». Cette demande timbrée à 100f est adressée au Président du
Tribunal compétent.
41
L’article 288, alinéa 1 du CPF dispose : « la dot est obligatoire et à un caractère symbolique ».
42
« le mari est le chef de la famille. En conséquences, les charges du ménage pèsent à titre principal sur lui ».
43
Art .316 du CPF : « dans la limite des droits et devoirs respectifs des époux consacrés par le présent code, la
femme doit obéissance à son mari, et le mari, protection à sa femme. Les époux se doivent mutuellement fidélité,
protection, secours et assistance.
Ils s’obligent à la communauté de vie sur la base de l’affection et du respect ».
En matière de divorce dit l’article 25 du code de procédure civile, commerciale et sociale, le
tribunal compétent est celui du dernier domicile commun des époux.
Cette règle de compétence étant d’ordre privé, les époux peuvent y déroger (cf. arrêt n°02 du 9
mars 1970 Cour suprême du Mali). Cependant lorsque la violation de cette règle est soulevée,
lorsque le dernier domicile commun se trouve être autre que lieu ou le tribunal est saisie et
qu’une partie l’invoque, le juge chargé d’examiner l’affaire ne peut passer outre. Il doit se
déclarer territorialement incompétent et renvoyer l’affaire devant un juge du dernier domicile
commun.
Lorsque l’incompétence est soulevée dès la phase de la tentative de conciliation, une simple
ordonnance de dessaisissement suffit. Au contraire, si elle a été soulevée à l’instance de fond le
juge statue par un jugement avant dire droit appelé ADD.
Le code de procédure civile, commerciale et sociale réglant les compétences dit que « lorsqu’un
magistrat ou un auxiliaire de justice (notaire, avocat, huissier de justice, greffier….) est parti un
litige qui relève de la compétence d’une juridiction dans le ressort de laquelle celui-ci exerce ses
fonctions, le demandeur saisit le Président de la Cour d’Appel qui désigne par ordonnance le
tribunal compétent ». Procédure de divorce pour faute a fait l’objet d’une importante réforme qui
s’applique depuis le premier janvier 2021.
Le divorce pour faute est par définition une forme de divorce conflictuelle. L’un des enjeux de la
procédure va être de prouver les faits invoqués. C’est à la personne qui demande le divorce de
prouver. En langage juridique, on dira que c’est au demandeur que revient la charge de la
preuve.
Tous les moyens peuvent être utilisés pour apporter la preuve, notamment les témoignages, des
échanges entre les conjoints (SMS, emails, messages sur les réseaux sociaux…). En revanche, les
preuves obtenues par violence ou par fraude ne pourront pas être retenus. Il y’a procédure
proprement dite. La première étape est l’assignation en divorce. C’est l’une des nouveautés
apportées par la réforme de la procédure de divorce de 2021. Dans le passé, la procédure
comportait deux étapes : l’audience de conciliation et l’assignation en divorce en cas d’échec de
la conciliation. L’audience de la conciliation a été supprimée. Désormais, l’assignation marque le
début de la procédure.
L’assignation est rédigée par l’avocat du demandeur. L’époux demandeur présente une requête
écrite au juge ou à défaut au chef de la circonscription administrative qui la transmet à la
juridiction compétente. Le juge indique le jour, l’heure et le lieu auxquels il sera procédé à la
tentative de conciliation. L’époux qui souhaite divorcer doit faire appel à un avocat. Mais c’est
également le cas de l’autre époux, qui doit prendre un avocat dans un délai de 15 jours suite à
l’assignation en divorce par son conjoint. Le recours à un avocat est obligatoire pour les deux
époux.
DEUXIEME PARTIE : LA MISE EN ŒUVRE DU DIVORCE EN DROIT MALIEN
La mise en œuvre du divorce en droit malien est un processus qui combine une procédure
judiciaire avec une tentative de conciliation pour s’assurer que le divorce est la meilleur solution,
tout en protégeant les intérêts des parties concernées.
La décision qui prononce le divorce dissout le mariage à la date à laquelle elle prend force de
chose jugée. Elle libère les époux de leurs obligations matrimoniales. Elle produit un certain
nombre d’effets, esquissés ci-après, entre les époux eux-mêmes (chapitre I) et à l’égard des
enfants (chapitre II).
Il s’agit de la disparition du lien matrimonial pour l’avenir. Certes dans le passé, il y’a eu un
mariage valable e l’on ne peut faire que les deux époux n’aient été mariés. Mais pour l’avenir, la
qualité d’époux cesse en la personne de chacun des époux. Les effets de la rupture commencent à
courir du jour de la décision judiciaire, du moins en ce qui concerne les effets sur la personne des
époux, la faculté de se remarier. Il faut noter que la femme divorcée ne peut contracter un
nouveau mariage avant un délai de trois mois à compter du divorce 44. Le délai de viduité a pour
but d’éviter les conflits de paternité légitime concernant les enfants conçus pendant la période au
cours de laquelle les époux étaient en instance de divorce. Le délai de trois mois correspond au
délai qui doit être respecté dans la religion musulmane45.
Elles ont trait aux effets patrimoniaux (section I) et les effets personnels (section II).
44
Art .366 du CPF.
45
Ce système est différent du droit civil français qui prévoyait un délai de viduité de 300 jours (couvrant une période
de gestation de 9 mois) et qui a été aboli en 2004, nouveaux moyens permettant de déterminer la paternité d’un
enfant.
homologuée par le juge46, les effets patrimoniaux de tous les divorces judiciaires doivent être
ordonnés par le juge qui prononce le divorce et ce, quel que soit le régime matrimonial adopté par
les époux47.
Les effets patrimoniaux s’expliquent d’une part par le partage des biens (paragraphe I) et d’autre
part par les dettes et obligations financières (paragraphe II).
Au Mali le partage des biens lors d’un divorce dépend du régime matrimonial choisi les époux.
En général, si aucun contrat n’est établi, le régime légal est celui de la séparation des biens, ce qui
signifie que chaque époux reprend ses biens propres.
Les biens acquis durant le mariage peuvent être partagés si une communauté de biens a été
convenue. Dans les zones rurales, une femme divorcée peut se voir retirer son accès à la terre ou
aux biens familiaux.
Les décisions de partage des biens en cas de désaccord, le tribunal peut être saisi pour trancher le
partage des biens. Des mesures peuvent être mises en place pour protéger les intérêts de la
famille. Le partage des biens peut avoir des implications financières importantes pour les deux
parties, notamment en matière de pension alimentaire et de soutien aux enfants. Il est donc
conseillé de consulter un avocat spécialisé pour naviguer dans ces questions complexes et
protéger ses droits.
Le traitement des dettes dépend en grande partie du régime matrimonial choisi par les époux. Le
mali reconnait généralement la communauté des biens et la séparation des biens. En cas de
divorce au Mali, les obligations financières et les dettes doivent être clarifiés. Selon le code des
46
Art.341 à 343 du CPF.
47
Pourvoi n° 255 et 263 des 16 et 19 juin 2006, Arrêt n° 166 du 6 aout 2007, section judiciaire-1ere chambre civile
de la cour suprême (divorce-dommage intérêts -discordance entre motifs et dispositif du jugement-liquidation et
partage des intérêts matrimoniaux). Au sens des articles 47 et 48 du CMT, à la dissolution du mariage chaque époux
qui apporte la preuve qu’un bien lui appartient sera autorisé à le reprendre, toutefois la preuve qu’un bien appartient
à un époux sera administrée par acte authentique lorsqu’il s’agit d’un immeuble, la preuve de la propriété d’un bien
meuble se fera par tout moyen ; lorsque la propriété d’un bien n’a pu être établie, ce bien sera partagé à l’égalité
entre les époux.
personnes et de la famille, les époux sont solidaires des dettes ménagères contractées durant le
mariage, ce qui signifie qu’un créancier peut réclamer le paiement à l’un ou l’autre des époux.
Après le divorce, chaque époux retrouve son autonomie financière. Toutefois, si un déséquilibre
économique est constaté, le juge peut ordonner le versement d’une prestation compensatoire par
l’époux le plus aisé à l’autre, afin de rétablir un équilibre financière.
Les effets patrimoniaux ne nous permet pas à lui seul de comprendre les effets du divorce entre
époux il nous faut les effets personnels.
Lors d’un divorce les effets personnels des époux est régi par les principes du droit familial et du
régime matrimonial choisi par le couple. Les effets personnels des époux sont conservée par
chacun deux, selon régime matrimonial et l’origine des biens (avant ou après le mariage).
Ces effets visent à protéger les droits des époux et des enfants après la dissolution du mariage.
Les effets personnels s’expliquent d’une part par la modification du statut civil (paragraphe I) et
des obligations alimentaires (paragraphe II).
Le divorce entraine la rupture des liens matrimoniaux, ce qui modifie le statut civil des deux
parties. La modification du statut civil se réfère aux changements juridiques qui surviennent dans
la vie des époux après la dissolution de leur mariage. Sa implique des changements d’état civil
(après le divorce, les époux ne sont plus légalement mariés. Leur état civil change, passant de
« marié(e) à « divorcé(e). Ce changement est enregistré dans les registres de l’état civil.) Des
modifications des actes d’état civil (les mentions de divorce sont inscrites sur les actes de
naissance et de mariage de l’ex-époux). Le nom de famille (en droit malien l’épouse peut, après
le divorce, choisir de reprendre son nom de jeune fille ou de conserver le nom de son ex-mari, si
cela lui a été permis au moment du mariage. L’état civil des personnes concernées est mis à jour
pour refléter le changement de statut. Cela inclut :
Acte de mariage : une mention du divorce est inscrite en marge de l’acte de mariage.
Acte de naissance : une mention du divorce peut également être ajoutée en marge de l’acte de
naissance des époux, si nécessaire.
Cette décision dépend souvent des pratiques culturelles ou de l’accord entre les parties.
Les obligations alimentaires concernent principalement de l’entretien des enfants et, dans cas,
soutien d’un des conjoints.
a) Pour les enfants : les obligations alimentaires s’entendent également aux enfants, les
parents étant tenus de subvenir à leurs besoins jusqu’à leur majorité ou leur indépendance
financière. Les deux parents restent responsables de l’entretien des enfants après le
divorce. Comment les dépense pour la nourriture, le logement, la santé, et l’éducation. Le
parent qui n’a pas la garde des enfants doit également verser une pension alimentaire au
parent gardien pour contribuer à ces frais.
b) Pour le conjoint : si un des conjoints se trouve en situation de besoin après le divorce,
l’autre conjoint peut être obligé de lui verser une pension alimentaire. Cette aide est
généralement temporaire et vise à soutenir le conjoint jusqu’à ce qu’il devienne
financièrement autonome.
Le tribunal décide du montant et de la durée de ces obligations, en tenant compte des revenus de
chacun et des besoins spécifiques des enfants ou du conjoint.
Les effets du divorce à l’égard des époux ne nous permet pas à lui seul de comprendre le divorce
en droit malien il y’a aussi le divorce à l’égard des enfants.
Chapitre II : Les effets du divorce à l’égard des enfants.
Les enfants issus du mariage ne doivent pas avoir à souffrir du divorce de leurs parents. A cet
effet, les enfants issus du lien dissous conservent tous les droits et privilèges qu’ils tiennent des
lois ou des conventions matrimoniales de leurs parents 48. Les enfants seront confiés à l’époux qui
a gagné le procès, c’est-à-dire celui au profit duquel le divorce est prononcé. Ceci exclut en
principe celui aux torts duquel le divorce est prononcé, à moins que le tribunal n’ordonne, pour le
respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, que tous ou certains d’entre eux soient confiés aux
soins, soit de l’autre époux soit d’une tierce personne. En la matière la décision du juge sera
déterminée en fonction des renseignements recueillis ou à la demande de la famille ou du
ministère public49.
Dans certain cas, les femmes, faut de revenu, refusent de demander la garde des enfants 50.
Cependant, les deux époux conservent le droit de surveillance, d’entretien et d’éducation des
enfants quelle que soit la personne à laquelle ils seront confiés. Sauf circonstances
exceptionnelles, un droit de visite est octroyé au parent qui n’a pas la garde.
Les effets du divorce à l’égard des enfants s’expliquent d’une part l’autorité parentale (section I)
et les obligations financières à l’égard des enfants (section II) d’autre part.
Elle est généralement partagée entre les deux parents continuent d’exercer conjointement
l’autorité parentale, ce qui signifie qu’ils doivent collaborer pour prendre les décisions importants
concernant la vie de l’enfant. Ce qui inclut des aspects comme l’éducation, la santé, la religion, et
les activités extra-scolaires. Le parent qui a la garde de l’enfant prend les décisions quotidiennes
liées à l’éducation et aux soins de l’enfant. Cependant, pour les décisions majeures, l’accord des
deux parents est requis. Le tribunal décide qui aura la garde physique de l’enfant, tandis que
l’autre parent conserve des droits de visite et d’hébergement.
48
Art. 364 du CPF.
49
Art. 369 du CPF.
50
Le juge en même temps qu’il statue sur la dissolution de l’union doit se prononcer sur la garde
provisoire des enfants mineurs issus de cette union.
Elle est confiée à l’époux qui obtient le divorce (cependant le tribunal peut d’office ou à la
demande de la famille ou du procureur décider de confier tous ou quelques-uns des enfants à
l’autre époux et même à une tierce personne). L’époux qui n’a pas obtenue la garde conserve le
droit de voir ses enfants soit en les recevant chez lui soit alors en se déplaçant pour aller les voir
selon les conditions et modalités fixées par le tribunal. On parle alors de droit de visite. Il doit
cependant continuer à contribuer à les entretenir et à les éduquer. L’intérêt de l’enfant doit en tout
temps guider les décisions quant à la garde. Le tribunal peut donc modifier sa décision sur la
garde si l’intérêt de l’enfant l’exige. La garde peut être attribuée exclusivement à l’un des parents,
surtout si l’autre parent n’est pas en mesure de s’occuper correctement de l’enfant.
La garde des enfants en cas de divorce est décidée par le tribunal, basé sur une évaluation
détaillée de la situation familiale, toujours dans l’intérêt supérieure de l’enfant. Les modalités de
garde et de visite peuvent évoluer en fonction des circonstances.
Dans la pratique la garde des enfants n’est pas liée aux torts d’un époux. Le tribunal tiendra
compte de l’âge des enfants, du revenu des parents, et de tous autres renseignements qui lui
seront fournis par les services sociaux.
La garde est une mesure provisoire c’est-à-dire qu’elle peut être modifiée à tout moment jusqu’à
la majorité de l’enfant.
Il en résulte à ce jour d’aucun texte de loi que l’enfant de tel sexe ou de tel âge doit être confié à
la mère ou au père. L’objectif recherché est de placer l’enfant en un lien ou il pourra s’épanouir.
La loi a prévu que l’enfant puisse être confié à une tierce personne ou à un organisme spécialisé
s’il est établi que ses parents biologiques ne pourront s’occuper de son éducation.
La loi admet que le parent à qui l’enfant est confié bénéficiera de la part de l’autre parent d’une
fixée mensuellement. Le juge réglera ensuite le droit de visite accordé aux parents, qui n’a pas
obtenu la garde de l’enfant. Ce droit de visite doit être organisé de façon qu’il ne devienne une
source supplémentaire de conflit entre des ex-époux.
La mesure de garde provisoire cesse à la majorité de l’enfant, c’est-à-dire lorsqu’il aura obtenu
18 ans ou lorsqu’il sera émancipé, par exemple lorsqu’il se sera marié avant ses 18 ans, âge de la
majorité civile (cf. article 705 du code des personnes de la famille).
Le droit de visite et d’hébergement est un droit prévu en cas de séparation des parents ayant des
enfants en commun, quel que soit leur mode d’union (mariage, pacs, concubinage). En effet, les
enfants communs disposent de deux foyers distincts, ainsi la détermination de la résidence de
l’enfant peut prendre le modèle de la garde alternée, ou bien le modèle de la résidence fixé chez
l’un des deux parents. C’est dans cette seconde hypothèse que le droit de visite et d’hébergement
constitue une prérogative offerte aux parents chez qui la résidence habituelle n’est pas fixée, afin
de maintenir le lien entre les enfants et le parent titulaire du droit.
L’ensemble des modalités d’exercice du droit de visite et d’hébergement qui organise le rythme
de vie des enfants est déterminé, soit à l’amiable, par les parents partageant l’exercice de
l’autorité parentale via une convention homologuée par le juge aux affaires familiales, soit en cas
de désaccord par le juge dans une décision de justice.
Avant toute chose, les parents peuvent proposer dans la convention de divorce par consentement
mutuel, ou par « convention parentale » signées, les conditions du droit de visite et
d’hébergement, celles-ci peuvent être rédigée par les soins d’un avocat. Ensuite, en cas d’accord
des deux parents divorcés c’est au notaire de procéder à son homologation, tandis que pour les
autres parents il revient au juge d’homologuer l’accord.
Quand l’intervention du juge est nécessaire compte tenu d’un désaccord entre les parents, la mise
en place de la garde alternée peut être demandée pour une durée de 6 mois à titre conservatoire, le
temps que les modalités du droit de visite et d’hébergement soient arrêtées.
Selon le planning librement défini ou imposé par le juge, le parent chez qui les enfants sont
domiciliés, doit présenter ceux-ci au parent titulaire du droit de visite et d’hébergement, y
compris lorsque ce dernier a fait l’objet d’un retrait de l’autorité parentale puisqu’il reste toujours
titulaire de ce droit. Ainsi, le parent est tenu de fournir des vêtements et chaussures propres en
bon état, une trousse de toilette, le matériel adapté aux activités de l’enfant (scolarité, sport) et
des jouets en fonction de l’âge.
D’un autre côté, le parent titulaire du droit doit être en mesure de recevoir les enfants à son
domicile, en pratique, il est tenu de venir récupérer et ramener les enfants à leur résidence
principale, toutefois les parents peuvent en convenir autrement. Le parent bénéficiaire est chargé
d’accueillir les enfants dans des conditions matérielles confortables : logement chauffé, un espace
nuit, des repas, avoir une hygiène et des soins si nécessaire. Autrement dit, le domicile du parent
ne doit pas être un logement insalubre et les enfants ne doivent pas être laissés dans le besoin. A
défaut de disponibilité, une personne de confiance désignée par le parent exerçant le droit de
visite et d’hébergement peut se substituer à lui, par exemple le grand père ou le conjoint. Le
choix du lien de vacances et les activités avec les enfants restent libres, cependant il convient
d’informer l’autre parent, une autorisation est notamment requise pour les sorties du territoire
national.
L’autorité parentale ne nous permet pas à lui seul de comprendre le divorce à l’égard des enfants
il nous faut aussi les obligations financières à l’égard de l’enfant.
Les obligations financières des parents à l’égard de leurs enfants en cas de divorce se concentrent
principalement sur la pension alimentaire et les frais extraordinaires.
Selon la jurisprudence recueillie, l’époux contre lequel le divorce a été prononcé devra payer à
l’autre une pension alimentaire au cas où celui-ci se trouverait dans le besoin par le fait du
divorce51. Même dans le cas d’un divorce aux torts partagés des époux, le juge en confiant la
garde des enfants mineurs à leur mère peut condamner le mari au payement d’une pension
alimentaire52.
Néanmoins, l’art 368 du CPF n’envisage plus que le cas de « l’épouse placée dans le besoin du
fait du divorce prononcée aux torts du mari ». Celle-ci a droit à une pension alimentaire, sans
51
Arrêt n° 160 du 7 mars 2012 da la chambre civil de la cour d’appel de Bamako (Divorce- garde des enfants et
pension alimentaire).
52
préjudice des dommages-intérêts qu’elle pourrait aussi demander. La pension ne peut excéder le
quart du montant des revenus du mari ; cette fraction est réduite dans le cas de mariages
[Link] pension est versée pour délai maximal de cinq ans, mais peut cesser d’être due
plus tôt en cas de remariage de la femme, par exemple.
En cas de divorce, la pension alimentaire n’est souvent pas accordé et même si elle l’est, le
montant est insignifiant, du fait de l’absence de revenu du mari, ou n’est pas versé. Dans de
nombreuses situations concrètes, la femme qui ne travaille pas dépend totalement de son époux.
Pourtant, non entretiens ont révélé que certaines femmes ne réclament pas la pension qui leur est
due, par ignorance ou même par simple pudeur. Cette absence de revenu à la suite du divorce
place les femmes dans une situation précaire, en termes de logement par exemple. Même pour les
femmes qui ont un revenu suffisant, les considérations sociales font qu’elles retournent souvent
vivre dans leur famille pour échapper aux critiques, préjugés et difficultés d’une vie seule.
Enfin, il faut noter que selon la cour suprême, une demande de dommages-intérêts peut être faite
tant sur la base de l’article 84 du CMT afin de réparer le préjudice matériel ou moral causé par la
dissolution du mariage que sur la base de l’article 125 de la loi fixant le régime général des
obligations (équivalent de l’article 1382 du code civil) pour réparer tout dommage causé à autrui
par sa faute, même d’imprudence, de maladresse ou de négligence.
Les frais extraordinaires sont des dépenses ponctuelles et imprévues liées à l’éducation et au
bien-être des enfants. Ce sont toutes les dépenses qui découlent de
circonstances « extraordinaires », c’est-à-dire qui ne se produisent pas régulièrement.
C’est frais ne sont pas compris dans la contribution alimentaire. La contribution alimentaire
couvre uniquement les frais extraordinaires, c’est à dire les dépenses prévisibles pour l’entretien
quotidien de l’enfant. Par exemple : la nourriture, sa part de consommation d’eau et d’électricité,
les vêtements, etc.
53
1/8 pour 2 épouse; 1/12 pour trois épouses et 1/15 pour quatre épouse (art.368).
La répartition de ses frais entre parents ;
La manière de les réclamer à l’autre parent.
Le juge ou les parents de commun accord doivent toujours prévoir la répartition des frais
extraordinaires. Ils sont généralement partagés par moitié entre les parents, mais la répartition
peut être différente (par exemple 1/3- 2/3).
Ils s’ajoutent à la pension alimentaire régulière et sont partagés entre les deux parents selon leurs
moyens respectifs. Ces frais peuvent inclure :
La répartition des frais extraordinaires est généralement précisée dans le jugement de divorce. En
l’absence de dispositions spécifiques, les parents doivent s’entendre sur leur prise en charge. En
cas de désaccord, le tribunal peut être saisi pour statuer sur la répartition de ces frais.
Lorsqu’un parent engage une dépense extraordinaire, il doit en informer l’autre et lui présenter
les justificatifs. L’autre parent doit alors rembourser sa part dans un délai raisonnable,
généralement fixé par le tribunal. En cas de non-paiement, des sanctions peuvent être prises.
CONCLUSION
Les développements précédents ont permis d’examiner l’œuvre du législateur et du juge malien
en matière du droit de la famille en général et du divorce en particulier. En 2011, le législateur a
corrigé certaines discriminations qui subsistaient entre les époux dans le divorce. Il a aussi ouvert
la voie du divorce non-contentieux. Ainsi le respect des choix individuels, le respect des droits
humains et leur corollaire, l’égalité ou la non-discrimination ont été le formulé du nouveau code
des personnes et de la famille. Cependant, bien que le droit malien ait évolué, il n’en demeure pas
moins des entraves à l’effectivité de l’équité entre les époux dans le divorce. Ce déséquilibre
entre l’homme et la femme s’explique par la survivance très persistante d’us et coutumes qui font
toujours loi dans certaines régions du pays. Cette coexistence entre la loi et les coutumes illustre
le pluralisme juridique qui existe dans la société malienne et continue à poser de nombreux défis
en matière de droits des femmes.
Le divorce marque la fin légale du mariage et entraine diverses conséquences pour l’ex-époux et
leurs enfants.
Au Mali, la dissolution judiciaire d’un mariage est obtenue par le divorce qui peut être prononcé
soit per consentement mutuel, soit par rupture de la vie commune, soit pour faute.
La matière est réglementée par les articles 325 et suivants du code des personnes et de la famille.
Le tribunal compètent en matière de divorce est celui du dernier domicile commun des époux ou
celui de l’époux défendeur.
Sauf en matière par consentement mutuel, la tentative de conciliation est obligatoire dans tous les
autres cas de divorce.
L’instance est introduite sous la forme ordinaire et la cause est débattue en chambre de conseil, le
ministère public entendu et le jugement est rendu en audience publique comme en cause d’appel
ou un arrêt qui est rendu en audience publique.
Le divorce en droit malien qu’il soit amiable ou contentieux, est encadré par un ensemble de
règles visant à protéger les intérêts des époux et surtout des enfants.
Le rôle du juge est central pour garantir l’équité des décisions et la protection des plus
vulnérables. La complexité des procédures et les effets durables sur les parties concernées
soulignent l’importance d’une gestion rigoureuse et humaine du processus, ou chaque aspect de
la vie familiale, patrimoniale, et personnelle est pris en compte pour assurer une transition aussi
sereine que possible vers une nouvelle vie.
Le divorce, bien que juridiquement encadré, nécessite souvent une coopération continue entre
l’ex-époux pour assurer le bien-être de leurs enfants et respecter les obligations fixées par le
tribunal.
Le divorce en droit malien est un sujet complexe, nécessitant une attention particulière aux droits
des parties. Des reformes pourraient être envisagées pour mieux protéger les intérêts des parties.
La réforme du code des personnes et de la famille (CPF) de 2011 a introduit des changements
significatifs, notamment en facilitant le divorce par consentement mutuel, qui est désormais plus
accessible. Ce type de divorce, ou les deux époux s’accordent sur les termes de leur séparation,
est souvent préféré en raison de sa rapidité et de sa simplicité.
Il souligne l’importance de la protection des droits des femmes dans le cadre des procédures.
Malgré les avancées législatives, les femmes continuent de faire face à des défis sociaux et
juridiques, notamment en matière de répartition des biens et de la garde des enfants. Les
jugements récents de la cour suprême mettent en lumière la nécessité d’une application
rigoureuse des lois pour garantir l’égalité des droits dans les divorces, en s’assurant que les
décisions prennent en compte l’intérêt supérieur des enfants et les circonstances économiques des
époux.
Ainsi, le droit de divorce au mali, tout en évoluant, nécessite une attention continue pour
harmoniser les pratiques juridiques avec les réalités sociales.
Le divorce peut être prononcé soit par consentement mutuel, soit pour faute, ou encore pour
rupture de la vie commune. La procédure commence par une requête écrite déposée par l’un des
époux devant le tribunal compétent, généralement celui du domicile commun ou celui de l’époux
défendeur.
Une fois la demande déposée, le juge organise une tentative de conciliation. Si cette dernière
échoue, une audience est fixée pour examiner les causes du divorce et ses conséquences. La
décision de divorce dissout le mariage à la date à laquelle elle devient définitive, libérant les
époux de leurs obligations conjugales, mais les droits des enfants issus de l’Union restent
protégés.
Il est à noter qu’un délai de trois mois est requis avant qu’une femme divorcée puisse se remarier,
sauf si le divorce a été longue et complexe, reflétant l’importance des enjeux personnels et
financiers en jeu.
La question de divorce au mali a pris de l’ampleur ces dernières années, souvent liée à des
problèmes tels que l’infidélité et la violence conjugale. Ce phénomène, autrefois stigmatisé, est
devenu plus courant dans la société malienne contemporaine.
Le divorce est devenu un phénomène de plus en plus courant au mali, notamment à Bamako, ou il
est souvent perçu comme une mode. En 2020, environ 140 000 cas de divorce ont été signalés.
BIBLIOGRAPHIE
I- Ouvrages
L’INSTITUTION DANOIS DES DROITS DE L’HOMME
MALI : LA SOCIETE, LA JUSTICE ET NOUS : AMADOU BA
II- Texte législatifs et réglementaires :
Code des personnes et de la famille La loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant code des
personnes et de la famille
III- WEBOGRAPHIE
BAMADA. NET
DEDICACE…………………………………………………………………………………………
SOMMAIRE……………………………………………………………………………………
SIGLES ET ABREVIATION………………………………………………………………………
REMERCIEMENT…………………………………………………………………………………
INTRODUCTION…………………………………………………………………………………
Conclusion…………………………………………………………………………………………………………………………..
Bibliographie……………………………………………………………………………………………………………………….
The enforcement of divorce laws in Mali addresses gender-specific issues by allowing women to seek divorce on grounds like a husband's failure to provide essential needs, reflecting a concern for women's rights and welfare. However, biases may still exist, as societal norms and gender roles can influence judicial discretion and outcomes, potentially disadvantaging women who face systemic barriers in proving faults like abandonment or abuse . The encouragement of mediation before litigation is a double-edged sword, potentially keeping women in harmful relationships due to societal pressure to maintain marital unity .
The effects of divorce on children in cases of divorce by mutual consent in Mali generally involve a pre-decided agreement on custody and visitation rights, ideally minimizing disruption by relying on mutual cooperation to prioritize children's best interests . In contrast, divorce for fault often involves contentious disputes that can affect children emotionally and psychologically. The assignment of fault could also influence custody decisions, where the at-fault parent might receive limited custody rights, impacting the child's relationship with that parent .
In Mali, the individual initiating a divorce for rupture of the life commune may face significant consequences, such as assuming all costs associated with the divorce proceedings and potentially receiving less favorable terms in post-divorce settlements. The law places the financial burden and some responsibilities on the petitioner, reflecting a legal framework that can deter impulsive divorce requests by ensuring that the initiator is prepared for the ramifications of their decision . This reflects a system where legal and financial accountability is crucially tied to the act of initiating the divorce.
"Divorce for fault" in Mali reflects societal values by emphasizing accountability and the maintenance of marital obligations. The grounds for fault, such as adultery, abandonment, and severe misconduct, highlight the importance placed on fidelity, cohabitation, and respectful conduct within marriage. This reflects a societal expectation that both partners adhere to their responsibilities, as failure to do so not only breaches personal vows but also disrupts social harmony. These values are reinforced by the legal system, which requires substantial proof and often awards custody or imposes financial penalties on the at-fault party .
The introduction of divorce by mutual consent in the 2011 Family Code allows couples to jointly request a divorce without having to disclose the reasons for their separation. They must agree on matters such as alimony, child custody, and visitation rights and submit a convention for judicial approval . In contrast, divorce for fault requires substantiation of specific allegations, like adultery or severe misconduct, which necessitates a more contentious legal process. Outcomes of divorce by mutual consent focus on amicable resolutions and mutual agreements, whereas divorce for fault can lead to an adversarial proceeding where responsibility is assigned, often affecting property division and custody outcomes .
The 2011 Family Code facilitates asset division during divorce by allowing couples to reach mutual agreements on how their property should be divided, minimizing judicial intervention if they can agree amicably. However, complications arise when there is a dispute or lack of transparency regarding asset ownership or value, requiring legal adjudication. The Code allows each spouse to reclaim property they can prove ownership of, which can be straightforward in consensual separations but more contentious in cases involving distrust or hidden assets .
Mediation in Mali is encouraged as a means to resolve marital conflicts before pursuing litigation to prevent the breakdown of marriages unnecessarily. The process is favored because it focuses on conciliation, aiming to save the marriage or at least achieve a less contentious separation. This emphasis aligns with cultural and social norms that discourage divorce. Mediation is seen as a way to manage the emotional and social complexities involved in the divorce process without court intervention initially .
The rising divorce rates in Bamako, Mali, indicate significant social shifts, reflecting changing attitudes towards marriage and individual rights. Adultery and domestic violence being major causes highlight issues of trust and safety in marriages, prompting greater societal acceptance of divorce as a resolution to irreconcilable differences. This trend signifies increased autonomy for individuals, particularly women, to leave unsatisfactory or harmful relationships but also challenges traditional norms that prioritize marital cohesion. It calls for societal adaptation to changing family structures and recognition of individual rights .
A judge in Mali may reject a divorce request if it is determined that the divorce would impose extraordinarily harsh material and moral consequences on the party opposing the divorce. This consideration aligns with provisions such as Article 3444 of the CPF, where the wellbeing of the spouse who would suffer the most is taken into account, ensuring that the legal separation does not lead to undue hardship .
To substantiate a claim of adultery in divorce for fault cases in Mali, there needs to be concrete evidence such as eyewitness accounts, a confession, or corroboration by an officer of the court like a bailiff. Other situations, such as a wife's pregnancy during the husband's long absence, can also serve as evidence. However, proving adultery remains challenging due to its private nature and the need for clear proof of the transgression .