Pollution Et Techniques de Decontamination: - 1 Protection Des Sols Et Des Sous-Sols
Pollution Et Techniques de Decontamination: - 1 Protection Des Sols Et Des Sous-Sols
De nos jours, cette mauvaise gestion des sites industriels a pour conséquences :
- Des problèmes d’aménagement du territoire : Les friches industrielles ou les sites trop
pollués pour être revendus, constituent souvent, de par leur implantation, un intérêt
économique non négligeable. La reconversion de ces sites semble être la solution la plus
judicieuse pour enrayer le phénomène d’extension des villes et pour permettre le
développement durable des agglomérations. La revalorisation économique de ces terrains
implique des études d’évaluations des risques et de réhabilitations, tout en tenant compte du
contexte socio-économique.
En matière d'environnement, l'attention s'est portée durant des années sur les phénomènes visibles tels que la
pollution des eaux superficielles et plus récemment la pollution de l'air. Ce n'est que depuis une vingtaine
d'années que l'on intègre la pollution des sols et des sous-sols dans la lutte pour la protection de
l'environnement.
Ce souci d'action et de prise de conscience tardif s'explique par le fait que des trois milieux (air, eau, sol), le sol
est certainement le moins bien connu. En effet, la latence des phénomènes de pollution mis en jeu dans ce milieu
ne permet d’en voir les conséquences que des années plus tard, voire des décennies dans certains cas
Le sol est la couche superficielle de l'écorce terrestre à structure meuble et d'épaisseur variable, résultant de la
transformation de la roche mère sous l'influence de divers processus physiques, chimiques et biologiques. Il se
compose en fait de plusieurs fractions dont l'importance est variable d'un sol à l'autre.
- de pores ou de vides contenant une fraction liquide ou solution du sol composée d'eau et de
substances solubles et/ou une fraction gazeuse constituée des mêmes gaz que l'air avec en
plus des gaz provenant de la décomposition des matières organiques
Le sol se forme à partir de la roche puis se modifie sous l'influence des facteurs du milieu, essentiellement le
climat et la végétation. La pédologie est l'étude des sols.
Pour décrire un sol, il est nécessaire de l'observer en tranche verticale. Ceci permet de repérer les différents
niveaux de couleur, de texture et de structure différenciée que l'on appelle des horizons (A, B, C, à partir de la
surface). L'ensemble de la coupe du sol constitue le profil.
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- horizon C : c'est l'horizon de transition vers la roche mère ou la formation superficielle dont il
tire son origine et qui le nourrit, c'est généralement de la roche peu altérée
- horizon B : cet horizon se situe sous l'horizon A. C'est un horizon d'accumulation car de
nombreux éléments entraînés par l'eau se bloquent à ce niveau et viennent l'enrichir. Il est
généralement plus coloré car il présente des accumulations de fer, d'argile voire de matière
organique. C’est un horizon intermédiaire qui apparaît dans les sols évolués
Les sols peu évolués ont un profil AC, les sols évolués ont un profil ABC. Les horizons B sont constitués soit de
l'altération de la roche, soit par des mouvements de matière depuis A.
Niveau de détail
ue
graphiq
n géo
gratio
Inté
Végétation
Horizon A
Intégration secteur-media
Horizon B
Surface de la nappe
phréatique
D SEC 1626 A
Horizon C
Roche de fond
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a - La base minérale
La fraction solide est constituée d'éléments minéraux provenant soit de la désagrégation de roche-mère,
soit de l'altération chimique de minéraux, soit d'éléments organiques issus de la décomposition des débris
végétaux et animaux, ainsi que d'apports dus à l'homme.
Classement granulométrique
Argile < 2 μm
Limons fins 2 μm - 20 μm
Limons grossiers 20 μm - 50 μm
Sables grossiers 3 1 mm - 2 mm
Cailloux > 20 mm
L'analyse granulométrique permet de connaître la texture d'un sol et d'expliquer certaines de ses
propriétés physiques comme son comportement vis à vis de l'eau (capacité de rétention en eau ou sa
perméablilité).
- en fonction de leur degré d'altération on distingue deux fractions, une fraction grossière
(éléments sableux) et une fraction fine (colloïdes minéraux) qui ont un rôle différent sur la
végétation
La fraction grossière constituée d'éléments sableux (plus de 0,002 mm) tels que les cailloux, les
graviers, les sables grossiers et fins, les limons, peuvent être siliceux, silicatés ou calcaires. Cette fraction
constitue le squelette du sol. Dans sa forme brute elle ne présente aucun intérêt pour la végétation. Par
contre son rôle est primordial pour la quantité d'eau qu'elle est susceptible de retenir.
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La fraction fine est constituée par les matériaux altérés (moins de 0,002 mm) que sont les argiles et les
colloïdes. Les argiles sont de fines particules chargées électriquement; elles sont hydrophiles et peuvent
se trouver à l'état dispersé ou floculé. Les colloïdes sont de taille inférieure aux argiles et sont constitués
d'un regroupement de molécules. Ils ont un rôle essentiel puisqu'ils ont la propriété de s'imbiber d'eau et
donc de la retenir.
Si les colloïdes sont en faibles proportions, ce qui est le cas dans les sols sableux, les eaux circulent au
sein de la fraction grossière. Les espaces par lesquels l'eau peut ainsi circuler sont suffisamment grands
pour que l'eau échappe aux forces d'attraction qui pourraient la lier aux particules du sol et la retenir. L'eau
rejoint alors la nappe phréatique. Le sol est perméable.
Au contraire si les colloïdes sont en forte proportion, le sol ne présente alors plus suffisamment d'espaces
vides pour assurer la pénétration de l'eau. Celle ci reste alors en surface. Le sole est imperméable.
b - La base organique
La matière organique solide représente un faible pourcentage des constituants du sol, de l'ordre de 5 %.
Elle peut être définie comme une matière provenant d'êtres vivants végétaux et animaux. Elle est
composée d'éléments principaux (C, H, O, N) et d'éléments secondaires (S, P, K, Ca, Mg).
Ces molécules proviennent de la décomposition des plantes et des animaux morts, décomposition
réalisée par les micro-organismes présents dans le sol.
- les débris d'origine végétale et animale regroupés sous l'appellation "matière organique fraîche"
- des composés organiques stabilisés, les matières humiques, provenant de l'évolution des
matières précédentes
Ces liquides comprennent à la fois l'eau du sol et différents éléments solubles dans l'eau, des corps
organiques tels que des alcools ou des acides organiques, des corps minéraux comme les acides, les
bases ou les sels en partie dissociés.
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L'eau qui atteint le sol peut soit s'écouler à sa surface, soit s'infiltrer pour atteindre la nappe phréatique.
L'une ou l'autre de ces deux solutions est fonction de la nature même du sol. Les mouvements de l'eau
dans le sol peuvent être :
- des mouvements de percolation (écoulement de l'eau dans le sens vertical sous l'effet de la
pesanteur)
Plus le sol contient d'éléments sableux ou plus grossiers (cailloux, blocs), plus il forme un sol filtrant : la
pénétration de l'eau est favorisée, le sol est perméable.
Par contre les limons et les sables fins rendent le sol "battant" (il a tendance à se croûter en surface après
la pluie), et “asphyxiant”. Le sol s'oppose à la pénétration de l'eau par infiltration, il est imperméable.
Cependant la totalité de l'eau ne s'écoule pas : une partie reste en effet piégée par les pores fins, grâce
aux forces capillaires qui s'opposent aux forces de gravité.
L'aptitude d'un sol à laisser traverser l'eau est fonction de son coefficient de perméabilité K et s'exprime
par sa vitesse d'écoulement en mètre par seconde. Elle dépend de la proportion de chaque élément,
sable grossier, sable fin, limon, …, dans le sol. Celui-ci sera plus ou moins perméable ou filtrant comme le
montre la planche ci-dessous.
Granulomètrie (mm)
1
Perméabiilité flaible
Perméabiilité très flaible
0,5
0,25
Perméabiilité forte
0,125
0,062
0,031
0,015
Argiles Sables très fins Sables purs
0,007
D SEC 1094 B
10-11 10-10 10-9 10-8 10-7 10-6 10-5 10-4 10-3 10-2 10-1 1 10
Perméabilité des sols (m/sec)
Classement des sols d'après leurs perméabilité
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b - Les gaz
La fraction gazeuse contenue dans le sol provient essentiellement de deux sources différentes :
- de l'atmosphère qui nous entoure donc de l'air qui apporte au sol de l'azote, de l'oxygène et
une petite part de CO2
- des organismes et micro organismes présents dans le sol (bactéries, champignons, algues, …)
qui génèrent des gaz issus pour une part de la décomposition organique, et d'autre part de la
respiration : CO2, H 2 S, CH4 , par exemple
• les liquides : la solubilisation dans l’eau ou la migration de la phase liquide immiscible dans
l’eau
Le vecteur principal d’une pollution est l’eau. Par conséquent, le transfert d’un contaminant est dû à
l’écoulement sous forme liquide : polluant organique liquide, polluant dissout dans l’eau.
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Le sol absorbe l'eau de pluie et sert de zone de transition avant qu'elle n'atteigne au bout d'un certain temps la
nappe phréatique. Le sol joue également un rôle de tampon et de filtre en piégeant certains composés toxiques
inorganiques tels que des métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, arsenic, …) ou organiques. Le sol est
sensible aux interventions humaines qui peuvent se traduire par des modifications de sa composition chimique
(épandages d'engrais, déversements de polluants, …) ou des modifications de ses propriétés physiques
(extractions, imperméabilisation, …) et ses fonctionnalités.
Grâce à la présence de micro organismes, il assure aussi la dégradation et la transformation des substances
organiques assurant ainsi l'apport des matières nutritives aux végétaux de surface.
Le sol est donc un immense réacteur physico-chimique où les réactions sont très lentes.
La pollution des sols est tout particulièrement liée à celle des eaux souterraines, et celle-ci résulte de l'industrie,
de l'agriculture, ou d'autres sources liées aux activités humaines. Ainsi, un temps plus ou moins long peut
s'écouler avant de pouvoir constater l'arrivée d'un polluant dans la nappe phréatique.
• Les pollutions chroniques (apport continu de contaminants par fuite ou lessivage), dont les
effets cumulés peuvent être plus importants que ceux d’une pollution accidentelle.
Qu’elle soit diffuse ou ponctuelle la pollution d’un sol peut être caractérisée par son influence dans le temps et
dans l’espace et peut être dite :
- inertielle : longtemps cachée ou ignorée, elle s'installe dans le milieu durant de nombreuses
années et de ce fait, elle est plus dure à traiter qu'une pollution des eaux
- ignorée : dans bien des cas, elle est découverte trop tard et peut mettre en danger la santé
humaine (pollutions de nappes phréatiques)
- influente : elle peut être constatée sur de très grandes zones (exemple du gravier des
houillères de Decazeville - Aveyron - qui pollue au cadmium l'estuaire de la Gironde à plus de
200 km)
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• Rejet de contaminant vers le milieu aérien (vapeurs, poussières), suivi de son dépôts sur les
sols environnant la source de contamination.
Dans tous ces cas le sol retiendra de façon plus ou moins stable tout ou partie des contaminants.
- l'industrie nucléaire : explosions nucléaires des années 50, incidents et fuites dans les centrales
nucléaires
1- POLLUTION DIFFUSE
Ce type de pollution peut provenir de retombées ou de certaines pratiques agricoles :
- retombées de polluants sur une grande surface, par exemple lors de précipitations
Exemples :
- présence d'isotopes radioactifs dans le sol suite aux retombées atmosphériques des explosions
nucléaires atmosphériques ou d’accidents dans des centrales nucléaires (Tchernobyl)
- acidification des sols entraînant une baisse du pH. Ceci accroît la dissolution des minéraux et
augmente leurs mobilités. L'anhydride sulfureux et les oxydes d'azote sont des gros
contributeurs
- métaux lourds type plomb ou cadmium entraînant la mort des systèmes racinaires
- épandages de produits phytosanitaires ou d'engrais lessivés par les pluies (par exemple en
Bretagne)
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2- POLLUTION PONCTUELLE
Généralement, on se trouve en présence de pollutions accidentelles dont l'origine peut être :
- dépôts
La source de pollution est large et se disperse sur une grande étendue. C'est le cas des retombées de
fumées où la concentration en polluants décroît au fur et à mesure que l'on s'éloigne du point d'émission.
Le polluant est introduit en masse dans un lieu précis et sur une étendue restreinte. C'est le cas d'un
débordement de bac ou de l'explosion d'un équipement.
La source de pollution est répartie tout au long de l'ouvrage. C'est le cas des réseaux enterrés ou aériens
faisant l'objet de défaut d'étanchéité chronique.
Ces connaissances permettent de mettre en œuvre des solutions de dépollution les mieux adaptées.
- lessivage des polluants par les eaux d’infiltration et transfert des polluants vers les eaux
souterraines et superficielles (pollution possible des ressources en eau)
- réintroduction des polluants dans la chaîne alimentaire par les végétaux et les organismes
vivants du sol.
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Un site pollué est un « site présentant un risque pérenne, réel ou potentiel pour la santé humaine ou
l’environnement du fait d’une pollution de l’un ou l’autre des milieux, résultant de l’activité actuelle ou
ancienne ».
• Les anciennes décharges constituées sans les techniques et les lois en vigueur actuellement.
D SEC 1627 A
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• Les dépôts de déchets ou de produits chimiques (friches industrielles, décharges sauvages …).
D SEC 1628 A
Exemple d’une décharge sauvage sur un site industriel
• Les sols pollués par des retombées, des déversements, des infiltrations de substances
polluantes (installation en activité, accident de transport, …). D SEC 1629 A
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D SEC 1630 A
Rupture d’un pipe de brut de transport de pétrole brut dans le sud
D SEC 1631 A
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D SEC 1632 A
Imprégnation du sol et du sous sol par la fuite
« Situation ou possibilité pour une substance, du fait de ses caractéristiques ou de ses propriétés
intrinsèques, de provoquer des dommages aux personnes, aux biens, à l’environnement, dans des
conditions d’expositions. »
« Terme générique désignant une entité (spatialement délimité, foyer) ou un ensemble d’entités dont les
caractéristiques ou les effets permettent de les considérer comme à l’origine de nuisances ou de dangers.
Il s’agit en général de zones où une substance dangereuse, des déchets ont été déposés, stockés ou
éliminés. »
« Milieu, organisme, support physique minérale ou organique, liquide ou solide ou gazeux, susceptible de
transmettre un élément polluant ou infectieux vers une cible à partir d’une source de pollution, par des
processus de transport identifiés »
“Récepteur physique ou environnemental, être vivants exposés (homme, faune, flore, eau, bâtiment, …)
aux effets direct ou indirect, ou soumis à un risque”.
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“C’est la probabilité qu’un effet indésirable se réalise dans des conditions d’exposition données”.
Une SOURCE
D SEC 1637 A
Une CIBLE
Périmètre de
protection AEP
ou cône d'appel
1 2 3
D SEC 1634 A
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Sa dangerosité :
Toxicité, paramètres Sa direction Sa vulnérabilité
physico-chimiques, … Son sens Sa sensibilité
Sa quantité Son intensité
Sa mobilité
Par exemple : en s’assurant d’un Par exemple : en réduisant la Par exemple : en limitant
D SEC 1633 A
confinement adéquat de la source capacité de transfert du vecteur l’exposition des cibles par
de pollution restriction de certains usages
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• PRÉVENIR
• TRAITER/RÉHABILITER
• CONNAÎTRE
Ces principes visent à aborder plus de deux siècles d'histoire industrielle de la France de manière pragmatique,
tout en tenant compte des exigences sociales actuelles. Ils doivent permettre d'éviter de renouveler demain les
erreurs du passé.
Ils s'appuient sur le constat que le problème essentiel est celui des risques de transfert. Ce n'est pas tant la
présence de polluants dans les sols (source) qui est problématique, mais le fait que cette pollution soit mobile
dans le temps et dans l’espace (transfert), et donc qu'elle risque d'affecter la santé humaine ou l’environnement
(cible). La connaissance des mécanismes de mobilité et de transfert joue un rôle largement aussi important que
l'identification de la présence d'un contaminant à un endroit donné.
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1- PRÉVENIR
Le premier volet de la politique nationale concerne la prévention des risques pour l’homme et
l’environnement.
Prévenir les risques pour la santé humaine et l’environnement passe par le respect de la
réglementation mais il n’existe pas actuellement de loi sur les sols pollués à la différence de ce qui est
mis en œuvre pour l’eau et pour l’air.
La gestion des sites, dont le sol a été ou est pollué directement ou indirectement par des activités
industrielles, est effectuée dans le cadre prévu par la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement partie intégrante du Code de l'Environnement
La circulaire du 10 décembre 1999 relative aux sites et sols pollués et aux principes de fixation des
objectifs de réhabilitation
Mis à part les outils réglementaires, la mise en place en parallèle d’un dispositif de surveillance des
eaux de surface et souterraines autour d’un site en activité est un moyen efficace de prévention de
pollutions des sols (par exemple réseau de piézomètres).
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1
Sens de l'écoulement
de la nappe
Ciment
ATELIER
ATELIER
ATELIER
1 Piezo amont
2 Piezo on site
2
3 Piezo aval
A
A B C D E piezos optionnels
B
Tube
C
D
E
3
D SEC 1090 B
Répartition des piezos à installer dans la nappe
phréatique lors d'une pollution
Bouchon
Ciment
Niveau de la nappe phréatique
Tube
D SEC 1091 B
Crepine
Substrat imperméable
Différentes possibilités de piezomètres
pour l'investigation dans la nappe phréatique
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2- TRAITER / RÉHABILITER
Le second volet concerne traitement et la réhabilitation du site pollué.
Dans un premier temps, il faut s’assurer que le site ne présente pas de risque immédiat. Si ce n’est
pas le cas, des mesures d’urgences doivent être prises. Parfois, des mesures simples, comme la
clôture du site, l’enlèvement des fûts stockés à l’air libre, la mise en place d’une surveillance ou d’un
piège hydraulique, permettent la réduction du risque immédiat pour la santé de l’homme et
l’environnement et de l’évolution de la pollution.
Par la suite, les mesures nécessaires de surveillance ou de dépollution sont engagées. Elles doivent
prendre en considération l’usage du site, les techniques disponibles et les coûts à ne pas dépasser.
Elles s’appuient sur les différents scénarios d’impacts sanitaires et environnementaux.
Une fois cette étape effectuée, des dispositions de restriction d’usage doivent être définies afin que les
nouveaux usages du site ne soient pas incompatibles avec la pollution résiduelle.
En effet, un aspect essentiel de cette politique est la notion d’usage. On ne cherche pas à
systématiquement à restituer toutes les fonctions envisageables d’un sol (agricole, résidentielle,
industrielle, etc.), mais à atteindre un objectif de qualité du sol qui correspond à un risque résiduel jugé
acceptable pour un usage donné à un moment donné, d’où la nécessité de garder la mémoire. En
effet, un site réhabilité pour un usage industriel, ne devra pas à l’avenir être destiné à un usage
résidentiel, par exemple, dont le risque résiduel serait différent.
Les objectifs de risque résiduel pour la santé humaine, après un éventuel traitement des sols, sont
définis par la circulaire du 10 décembre 1999 et tiennent compte de l’usage prévu et de l’état de
l’environnement du site, ainsi que des techniques de traitement disponibles. La circulaire précise les
niveaux de risques sanitaires acceptables, considérant une exposition humaine aux différentes
substances polluantes. Dans le cas des polluants cancérogènes, la fixation des objectifs de dépollution
s’effectue en référence à un excès de risque de 10-5, le niveau 10-4 pouvant être parfois toléré selon
les cas.
3- CONNAÎTRE
Le troisième volet concerne la connaissance des risques potentiels et de rendre cette information
accessible au plus grand nombre. Cette information concerne à la fois les matières, les nuisances et
les actions à mener.
• BASIAS (Base des Anciens Sites Industriels et des Activités de Service) les sites concernés
par cette base sont les sites relevant de la loi sur les ICPE ou de réglementations anciennes
équivalentes. Elle doit s’achever en 2005 et contenir entre 300 000 et 400 000 sites.
• BASOL : c’est la base de données des sites et des sols pollués (ou potentiellement pollués)
appelant à une action des pouvoirs publics à titre curatif ou préventif. En juin 2002, elle
comptait plus de 3 400 sites. Un tiers de ces sites ont déjà été traités, le reste étant en
cours d’évaluation ou en attente de diagnostic.
Parmi les centaines de milliers de sites industriels passés ou actuels recensés (base de données
BASIAS), quelques milliers de sites seront sélectionnés comme susceptibles d'être pollués (base de
données BASOL) en fonction de l'activité exercée, de la sensibilité de l'environnement et des incidents
ou accidents connus.
Chaque site susceptible d'être pollué doit faire l'objet d'un diagnostic initial (analyse historique
complétée par des prélèvements et analyses sur le site et dans son environnement) et d'une
Évaluation Simplifiée des Risques pour l'homme et la ressource en eau.
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Pour mettre en œuvre cette gestion des sites et sols pollués, une méthodologie nationale a été
élaborée. Les groupes de travail constitués par le ministère chargé de l’environnement, le BRGM,
l’INERIS et l’ADEME ont abouti à la rédaction de deux classeurs :
• GESTION DES SITES POLLUES : diagnostic approfondi et évaluation détaillée des risques
(EDR)
Ces documents doivent être considérés comme des outils méthodologiques permettant une approche
nationale cohérente et homogène et non comme des « modèles pratiques standards ». La démarche
nationale y est détaillée, elle consiste en une succession d’étapes.
D SEC 1635 A
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La politique nationale de gestion des sols pollués s’appuie sur quatre principes fondamentaux
LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION :
Principe "selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et
techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures visant à prévenir un risque de
dommages graves et irréversibles pour l'environnement à un coût économiquement acceptable"
LE PRINCIPE DE PROPORTIONNALITÉ :
Principe qui implique une cohérence entre le degré d'approfondissement de l'étude, l'importance de la
pollution et son incidence prévisible.
LE PRINCIPE DE TRANSPARENCE :
Les hypothèses, les outils à utiliser et le degré d'approfondissement de l'étude choisis par l'évaluateur
doivent être expliqués. Ce principe permet, aux parties intéressées, de comprendre la logique du
raisonnement.
LE PRINCIPE DE SPÉCIFICITÉ :
Ce principe fait référence au fait que l'évaluation des risques du site est spécifique à un usage, à des
caractéristiques et à un environnement donné.
Métaux lourds V Cr Mn Ni Cu Zn Ag Cd Sn Hg
TI Pb Bi
Non-métaux et métalloïdes associés
As Se Sb Te
Produits inorganiques
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Hydrocarbures ou huiles Essences, diesel, fuel - Alcanes (hydrocarbures aliphatiques) BTEX, certains CAV
minérales naphta, goudrons … (Volatils)
- Cyclanes (hydrocarbures alphatiques
cycliques)
type carburants,
combustibles - Hydrocarbures aromatiques
monocycliques
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Migration verticale des vapeurs Densité des vapeurs, par rapport à l’air
Ionisation (pKa)
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Solubilité dans l’eau ou Tendance à la mobilisation de Une forte solubilité constitue un facteur
hydrosolubilité substance par lessivage lors aggravant des pollutions. En revanche, les
d’épisodes pluviométriques ou polluants organiques très solubles sont plus
par ruissellement facilement biodégradables
Tension de vapeur à 20°C Volatilité Influe sur la matière dont le polluant s’infiltre
Point d’ébullition dans les sols dont il s’en libère par
Constante de Henry évaporation naturelle ou dont il en est
éliminé lors des opérations de dépollution :
cette propriété est importante pour le choix
d’une technique de dépollution
Le tableau ci-dessous présente les conséquences des caractéristiques physico-chimiques sur leur
comportement
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1- DIAGNOSTIC ENVIRONNEMENTAL
C'est la première étape à effectuer sur un site. Cette phase initiale permet l'acquisition de la
connaissance de l'état de l'environnement du site. Il est à effectuer pour toute nouvelle implantation sur
un site (t = 0) ou pour des installations existantes (point 0). Dans ce cas il existe un décalage par
rapport à l'origine mais permet d'avoir au moins un état de référence.
- le sol
- le sous-sol
- la flore et la faune
Mais aussi :
L'implantation de piézomètres sur et hors site ainsi que des carottages permettent de donner une idée
assez précise de l'état des sols.
Les différentes techniques mises en œuvre ont pour objet de traiter les sols contaminés afin de
supprimer ou de diminuer le caractère contaminant.
- les traitements hors site (les sols sont amenés vers une installation extérieure)
- les traitements sur le site
- les traitements in situ (qui ne nécessitent pas une excavation des sols contaminés)
- en considérant la terre polluée comme un déchet qu'il faut excaver puis mettre en décharge
(de moins en moins le cas) ou incinérer
- en utilisant des techniques de pompage, d'extraction sous vide, de confinement et de
lavage
- en employant les biotechnologies
Toutefois, ces différentes techniques peuvent être combinées. Ceci nécessite alors au préalable la
mise en œuvre d'essais en laboratoire ou sur des unités pilotes afin de déterminer le mode de
traitement optimal (rapidité, faisabilité, coûts).
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- traitement thermique sur site : les résidus, matériaux, eaux, sols contaminés sont chauffés
dans le but de provoquer une désorption thermique. Ceci permet d'extraire la fraction
gazeuse qui sera ensuite incinérés
- extraction des substances polluantes - lavage de sols : les polluants sont déplacés dans
une phase liquide faisant l'objet d'un traitement ultérieur
- domaine d'application : sols pollués par des substances minérales, toutefois certains
procédés permettent également l'extraction de composés organiques
Les différentes techniques présentées ci-dessus peuvent donner lieu à différentes variantes de
conception ou de mise en œuvre. En effet, ces techniques peuvent être combinées ou utilisées
successivement.
Les différents procédés peuvent être classés suivant la technique mise en œuvre.
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Il s'agit d'une technologie simple, très fiable, performante et de faible coût. Son utilisation requiert
toutefois une bonne expérience de la technique.
Ce traitement in situ s'applique aux pollutions induites par des composés volatils ou semi volatils tels
que les solvants organiques ou les hydrocarbures aromatiques (ex : Benzène, Toluène, Xylène,…).
Utilisable dans tous le sols non saturés, elle est particulièrement efficace dans les sols sableux bien
drainés (faible micro porosité, forte macro porosité) mais perd de son efficacité avec des sols argileux
qui ont un fort pouvoir de rétention des solvants.
Le principe repose sur la mise sous vide du sol contaminé par l'intermédiaire d'une pompe à vide, il y a
alors aspiration de vapeurs polluées qui peuvent être traitées par oxydation catalytique, par
condensation réfrigération ou par adsorption sur charbon actif.
Une plate-forme d'extraction sous vide doit être mobile et comprend les éléments suivants :
Il s'agit d'une technique adaptée aux sols non saturés pollués par des solvants chlorés ou par des
produits organiques volatils. On peut également, dans certaines conditions, l'utiliser sur zone saturée.
La méthode est d'autant plus efficace que les composés organiques sont volatils et ont une bonne
capacité à pouvoir se déborder du sol et que le sol est perméable à l'air.
Le traitement consiste à injecter de l'air ou de la vapeur (stripping) dans le sol grâce à des puits
d'injection afin de mettre sous forme vapeur les polluants volatils. Des puits d'extraction permettent de
récupérer les vapeurs toxiques qui sont traités sur des adsorbeurs à charbon actif ou par un autre
procédé.
Atm.
Compresseur
Injection vapeur TRAITEMENT
et/ou DE L'AIR
d'eau chaude Pompage
eau + polluant Air frais
Sol Sol
Extracteur
POLLUTION Huile
flottante
DÉPLACEMENT
FRONT ZONE POLLUÉE
D'EAU CHAUDE
D SEC 1093 B
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• L'extraction électrique
Cette méthode est utilisable pour une grande variété de sols : du sol argileux au sol de sable fin. Elle
peut être mise en œuvre pour des polluants ioniques comme les métaux lourds, quelques ions
organiques, ainsi que pour des éléments organiques en émulsion. Le procédé est d'autant plus
efficace que le sol a une forte teneur en eau et son pouvoir tampon est faible.
Le principe repose sur la circulation d'un courant électrique dans le sol par l'intermédiaire d'électrodes
poreuses, ainsi les particules chargées se déplacent vers les électrodes de charge opposée et ils
peuvent être ensuite collectés par pompage. Les émulsions sont transportées par déplacement
osmotique.
En fait trois phénomènes permettent le passage du courant :
- l'électro-osmose qui génère le déplacement de la nappe d'eau de l'anode vers la cathode
- l'électrophorèse qui sépare les colloïdes et les matières en suspension par transfert de
charge
- l'électrolyse qui est le mouvement relatif des ions par rapport à l'eau (c'est le principe de
déplacement)
• Le traitement thermique
Cette technique est bien adaptée à des sols qui ont été contaminés par des composées organiques
facilement oxydables et convertibles en gaz carbonique et en eau.
Il est nécessaire au préalable d'excaver, broyer et tamiser les terres polluées avant de procéder au
traitement thermique lui-même. Deux méthodes de chauffage peuvent être utilisées :
- le chauffage direct : le sol est chauffé au environ de 1000°C directement par injection
d'oxygène
- le chauffage indirect : le sol est dans un four étanche. Il n'est pas en contact avec la
source de chaleur. Sa température avoisine alors les 600 à 800°C et permet la vaporisation
des polluants
Le traitement thermique nécessite toutefois la mise en place d'un système de traitement des gaz
d'extraction. En effet, des produits toxiques peuvent voir le jour compte tenu des niveaux de
températures élevés qui sont atteints.
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• Techniques chimiques
La plupart de ces techniques sont efficaces dans le cas où la pollution se trouve sous forme de boue
ou si la substance polluante est piégée dans un milieu liquide comme l'eau du sous-sol.
Le principe consiste à introduire dans le sol un réactif chimique qui en réagissant avec le polluant doit
conduire à la formation d'un produit moins nocif ou alors de concentrer ce polluant de manière à
pourvoir l'extraire facilement du sol.
On peut citer l'oxydation des hydrocarbures et de nombreux autres composés par injection d'eau
oxygénée.
• Techniques biologiques
Cette technique (la plus écologique) consiste à dégrader la pollution à l'aide de micro-organismes qui
vont se nourrir des polluants présents dans le sol. Elle ne peut toutefois être appliquée que sur des
pollutions organiques. C'est une méthode qui est certes efficace mais qui est très longue, il faut
compter plusieurs mois pour la décontamination d'un sol.
L'efficacité de la méthode repose sur des conditions physiques et chimiques du sol très strict. En effet
le développement des bactéries ne peut se faire de façon optimum que si :
Traitement
de la pollution
extraite
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