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Pollution Et Techniques de Decontamination: - 1 Protection Des Sols Et Des Sous-Sols

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Protection de l'environnement

PROTECTION DES SOLS ET DES SOUS-SOLS F4 -1


POLLUTION ET TECHNIQUES DE DECONTAMINATION
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

I- CONTEXTE GÉNÉRAL ............................................................................................................ 1

II - CONSTITUTION DES SOLS ..................................................................................................... 1

1- Les constituants solides ...............................................................................................................3


2- Les constituants liquides et gazeux .............................................................................................4
3- Rôle de la connaissance du comportement des polluants ........................................................... 6

III - RÔLE DU SOL .......................................................................................................................... 7

IV - POLLUTION DES SOLS ET CLASSEMENT ............................................................................ 7

1- Pollution diffuse ............................................................................................................................ 8


2- Pollution ponctuelle ...................................................................................................................... 9
3- Classement de la source de pollution .......................................................................................... 9
4- Les concepts : danger, risque, source, vecteur, cible, … .......................................................... 10

V- POLITIQUE NATIONALE DE GESTION DES SOLS POLLUÉS


ET RÉGLEMENTATION ......................................................................................................... 16
1- Prévenir ...................................................................................................................................... 17
2- Traiter / Réhabiliter .....................................................................................................................19
3- Connaître ...................................................................................................................................19

VI - PRINCIPAUX FACTEURS INFLUENCANT


LE COMPORTEMENT DES CONTAMINANTS ...................................................................... 21
1- Principaux contaminants ............................................................................................................ 21
2- Principales propriétés des polluants à prendre en considération............................................... 23

VII - DIAGNOSTIC ET DÉCONTAMINATION................................................................................. 26

Ce document comporte 30 pages


EV SOL - 02914_A_F - Rév. 0 14/10/2005

© 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


1
F 4 -1
I- CONTEXTE GÉNÉRAL
L’industrie moderne est apparue il y a environ deux siècles. A cette époque, le sol était considéré comme un
milieu capable d’absorber toutes sortes de produits polluants et résidus (métaux lourds, déchets, …) sans qu’il
n’y ait à priori de dégradations liées à son utilisation normale. De plus, les quelques « pratiques
environnementales » existantes ne disposaient d’aucune connaissance et de retour d’expériences sur le devenir
des sols et sur l’élimination des déchets.

De nos jours, cette mauvaise gestion des sites industriels a pour conséquences :

- Des problèmes de santés publiques : exposition de l’homme à des dangers souvent


inacceptables. Les substances toxiques s’accumulant le long de la chaîne alimentaire.

- Des problèmes d’aménagement du territoire : Les friches industrielles ou les sites trop
pollués pour être revendus, constituent souvent, de par leur implantation, un intérêt
économique non négligeable. La reconversion de ces sites semble être la solution la plus
judicieuse pour enrayer le phénomène d’extension des villes et pour permettre le
développement durable des agglomérations. La revalorisation économique de ces terrains
implique des études d’évaluations des risques et de réhabilitations, tout en tenant compte du
contexte socio-économique.

En matière d'environnement, l'attention s'est portée durant des années sur les phénomènes visibles tels que la
pollution des eaux superficielles et plus récemment la pollution de l'air. Ce n'est que depuis une vingtaine
d'années que l'on intègre la pollution des sols et des sous-sols dans la lutte pour la protection de
l'environnement.

Ce souci d'action et de prise de conscience tardif s'explique par le fait que des trois milieux (air, eau, sol), le sol
est certainement le moins bien connu. En effet, la latence des phénomènes de pollution mis en jeu dans ce milieu
ne permet d’en voir les conséquences que des années plus tard, voire des décennies dans certains cas

Le sol est la couche superficielle de l'écorce terrestre à structure meuble et d'épaisseur variable, résultant de la
transformation de la roche mère sous l'influence de divers processus physiques, chimiques et biologiques. Il se
compose en fait de plusieurs fractions dont l'importance est variable d'un sol à l'autre.

II - CONSTITUTION DES SOLS


Le sol est la pellicule d'altération recouvrant une roche, celui-ci est formé :

- de constituants solides, minéraux et organiques (l'humus)

- de pores ou de vides contenant une fraction liquide ou solution du sol composée d'eau et de
substances solubles et/ou une fraction gazeuse constituée des mêmes gaz que l'air avec en
plus des gaz provenant de la décomposition des matières organiques

Le sol se forme à partir de la roche puis se modifie sous l'influence des facteurs du milieu, essentiellement le
climat et la végétation. La pédologie est l'étude des sols.

Pour décrire un sol, il est nécessaire de l'observer en tranche verticale. Ceci permet de repérer les différents
niveaux de couleur, de texture et de structure différenciée que l'on appelle des horizons (A, B, C, à partir de la
surface). L'ensemble de la coupe du sol constitue le profil.

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Les principaux horizons sont les suivants :

- horizon A : horizon de surface à matière organique (débris de végétaux) et minérale. Il se situe


à la partie supérieure de la couverture végétale et est structuré par l'activité biologique (faune,
racines, …)

- horizon C : c'est l'horizon de transition vers la roche mère ou la formation superficielle dont il
tire son origine et qui le nourrit, c'est généralement de la roche peu altérée

- horizon B : cet horizon se situe sous l'horizon A. C'est un horizon d'accumulation car de
nombreux éléments entraînés par l'eau se bloquent à ce niveau et viennent l'enrichir. Il est
généralement plus coloré car il présente des accumulations de fer, d'argile voire de matière
organique. C’est un horizon intermédiaire qui apparaît dans les sols évolués

Les sols peu évolués ont un profil AC, les sols évolués ont un profil ABC. Les horizons B sont constitués soit de
l'altération de la roche, soit par des mouvements de matière depuis A.
Niveau de détail

ue
graphiq
n géo
gratio
Inté

Végétation

Horizon A
Intégration secteur-media
Horizon B
Surface de la nappe
phréatique
D SEC 1626 A

Horizon C
Roche de fond

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1- LES CONSTITUANTS SOLIDES


Les constituants solides sont formés d'une base minérale et d'une base organique.

a - La base minérale

La fraction solide est constituée d'éléments minéraux provenant soit de la désagrégation de roche-mère,
soit de l'altération chimique de minéraux, soit d'éléments organiques issus de la décomposition des débris
végétaux et animaux, ainsi que d'apports dus à l'homme.

Cette base minérale peut être caractérisée :

- en fonction de la grosseur des particules qui la constituent (analyse granulométrique)

Les différentes classes granulométriques sont données ci dessous.

Classement granulométrique

Types de particules Diamètre des particules

Argile < 2 μm

Limons fins 2 μm - 20 μm

Limons grossiers 20 μm - 50 μm

Sables fins Sables fins 1 50 μm - 100 μm

Sables fins 2 100 μm - 200 μm

Sables grossiers Sables grossiers 1 200 μm - 500 μm

Sables grossiers 2 500 μm - 1 mm

Sables grossiers 3 1 mm - 2 mm

Éléments grossiers Graviers 2 mm - 20 mm

Cailloux > 20 mm

L'analyse granulométrique permet de connaître la texture d'un sol et d'expliquer certaines de ses
propriétés physiques comme son comportement vis à vis de l'eau (capacité de rétention en eau ou sa
perméablilité).

- en fonction de leur degré d'altération on distingue deux fractions, une fraction grossière
(éléments sableux) et une fraction fine (colloïdes minéraux) qui ont un rôle différent sur la
végétation

La fraction grossière constituée d'éléments sableux (plus de 0,002 mm) tels que les cailloux, les
graviers, les sables grossiers et fins, les limons, peuvent être siliceux, silicatés ou calcaires. Cette fraction
constitue le squelette du sol. Dans sa forme brute elle ne présente aucun intérêt pour la végétation. Par
contre son rôle est primordial pour la quantité d'eau qu'elle est susceptible de retenir.

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La fraction fine est constituée par les matériaux altérés (moins de 0,002 mm) que sont les argiles et les
colloïdes. Les argiles sont de fines particules chargées électriquement; elles sont hydrophiles et peuvent
se trouver à l'état dispersé ou floculé. Les colloïdes sont de taille inférieure aux argiles et sont constitués
d'un regroupement de molécules. Ils ont un rôle essentiel puisqu'ils ont la propriété de s'imbiber d'eau et
donc de la retenir.

Si les colloïdes sont en faibles proportions, ce qui est le cas dans les sols sableux, les eaux circulent au
sein de la fraction grossière. Les espaces par lesquels l'eau peut ainsi circuler sont suffisamment grands
pour que l'eau échappe aux forces d'attraction qui pourraient la lier aux particules du sol et la retenir. L'eau
rejoint alors la nappe phréatique. Le sol est perméable.

Au contraire si les colloïdes sont en forte proportion, le sol ne présente alors plus suffisamment d'espaces
vides pour assurer la pénétration de l'eau. Celle ci reste alors en surface. Le sole est imperméable.

b - La base organique

La matière organique solide représente un faible pourcentage des constituants du sol, de l'ordre de 5 %.
Elle peut être définie comme une matière provenant d'êtres vivants végétaux et animaux. Elle est
composée d'éléments principaux (C, H, O, N) et d'éléments secondaires (S, P, K, Ca, Mg).

Ces molécules proviennent de la décomposition des plantes et des animaux morts, décomposition
réalisée par les micro-organismes présents dans le sol.

Elle a soit une origine :

- aérienne : litière du sol ( ensemble de débris de végétaux plus ou moins transformés)

- souterraine : débris racinaires, microflores du sol, …

La fraction organique se répartit en 4 groupes :

- la matière organique vivante, animale et végétale, qui englobe la totalité de la biomasse en


activité

- les débris d'origine végétale et animale regroupés sous l'appellation "matière organique fraîche"

- des composés organiques intermédiaires (matière organique transitoire), provenant de


l'évolution de la matière organique fraîche

- des composés organiques stabilisés, les matières humiques, provenant de l'évolution des
matières précédentes

2- LES CONSTITUANTS LIQUIDES ET GAZEUX


a - Les liquides

La fraction liquide ou solution du sol provient essentiellement de trois sources différentes :


- de la pluie
- des apports humains
- de la dissolution de la roche et des matières organiques

Ces liquides comprennent à la fois l'eau du sol et différents éléments solubles dans l'eau, des corps
organiques tels que des alcools ou des acides organiques, des corps minéraux comme les acides, les
bases ou les sels en partie dissociés.

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• Les mouvements de l'eau dans le sol

L'eau qui atteint le sol peut soit s'écouler à sa surface, soit s'infiltrer pour atteindre la nappe phréatique.
L'une ou l'autre de ces deux solutions est fonction de la nature même du sol. Les mouvements de l'eau
dans le sol peuvent être :

- des mouvements de percolation (écoulement de l'eau dans le sens vertical sous l'effet de la
pesanteur)

- des mouvements de diffusion (mouvement transversal et parallèle à la surface du sol ou


mouvements de diffusion lente vers le haut)

Plus le sol contient d'éléments sableux ou plus grossiers (cailloux, blocs), plus il forme un sol filtrant : la
pénétration de l'eau est favorisée, le sol est perméable.

Par contre les limons et les sables fins rendent le sol "battant" (il a tendance à se croûter en surface après
la pluie), et “asphyxiant”. Le sol s'oppose à la pénétration de l'eau par infiltration, il est imperméable.

Cependant la totalité de l'eau ne s'écoule pas : une partie reste en effet piégée par les pores fins, grâce
aux forces capillaires qui s'opposent aux forces de gravité.

L'aptitude d'un sol à laisser traverser l'eau est fonction de son coefficient de perméabilité K et s'exprime
par sa vitesse d'écoulement en mètre par seconde. Elle dépend de la proportion de chaque élément,
sable grossier, sable fin, limon, …, dans le sol. Celui-ci sera plus ou moins perméable ou filtrant comme le
montre la planche ci-dessous.

Granulomètrie (mm)

1
Perméabiilité flaible
Perméabiilité très flaible

Perméabiilité très forte

0,5

0,25
Perméabiilité forte

0,125

0,062

0,031

0,015
Argiles Sables très fins Sables purs
0,007
D SEC 1094 B

Silts et mélanges Sables et Graviers


Sables et argiles graviers gravillons
propres

10-11 10-10 10-9 10-8 10-7 10-6 10-5 10-4 10-3 10-2 10-1 1 10
Perméabilité des sols (m/sec)
Classement des sols d'après leurs perméabilité

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b - Les gaz

La fraction gazeuse contenue dans le sol provient essentiellement de deux sources différentes :

- de l'atmosphère qui nous entoure donc de l'air qui apporte au sol de l'azote, de l'oxygène et
une petite part de CO2

- des organismes et micro organismes présents dans le sol (bactéries, champignons, algues, …)
qui génèrent des gaz issus pour une part de la décomposition organique, et d'autre part de la
respiration : CO2, H 2 S, CH4 , par exemple

L'aération des sols est primordiale et joue un rôle fondamental dans :

- la vie et le développement des organismes (végétaux et animaux) vivants dans le sol

- le processus de minéralisation (respiration des micro-organismes intervenant dans ce


processus)

- le mécanisme de fixation de l'azote par les bactéries

3- RÔLE DE LA CONNAISSANCE DU COMPORTEMENT DES POLLUANTS


La connaissance du comportement des polluants joue un rôle essentiel dans la compréhension des
risques engendrés par une source de pollution

Les contaminants peuvent se présenter sous différentes formes à la source :

• solide par exemple déchets riche en métaux lourds

• liquide par exemple hydrocarbures ou solvants

• gazeuse par exemple SO2, NOx pour particules liées à la combustion.

Les principaux vecteurs du transport des polluants sont pour :

• les solides : l’entraînement de particules par l’eau et la dissolution dans l’eau

• les liquides : la solubilisation dans l’eau ou la migration de la phase liquide immiscible dans
l’eau

• les gaz : la solubilisation dans l’eau

Le vecteur principal d’une pollution est l’eau. Par conséquent, le transfert d’un contaminant est dû à
l’écoulement sous forme liquide : polluant organique liquide, polluant dissout dans l’eau.

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III - RÔLE DU SOL
Le sol est un milieu physique qui assure notamment des fonctions d'alimentation des végétaux et de support aux
activités humaines. Le sol sert de tampon, de filtre et de zone de transformation entre l'atmosphère et l'eau. C'est
aussi une ressource naturelle limitée, fragile et qui ne se reconstitue pas facilement.

Le sol absorbe l'eau de pluie et sert de zone de transition avant qu'elle n'atteigne au bout d'un certain temps la
nappe phréatique. Le sol joue également un rôle de tampon et de filtre en piégeant certains composés toxiques
inorganiques tels que des métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, arsenic, …) ou organiques. Le sol est
sensible aux interventions humaines qui peuvent se traduire par des modifications de sa composition chimique
(épandages d'engrais, déversements de polluants, …) ou des modifications de ses propriétés physiques
(extractions, imperméabilisation, …) et ses fonctionnalités.

Grâce à la présence de micro organismes, il assure aussi la dégradation et la transformation des substances
organiques assurant ainsi l'apport des matières nutritives aux végétaux de surface.

Le sol est donc un immense réacteur physico-chimique où les réactions sont très lentes.

IV - POLLUTION DES SOLS ET CLASSEMENT


Les capacités régulatrices des sols peuvent être affectées par la dégradation de leurs propriétés physiques,
chimiques, ou biologiques. Ces dégradations résultent, dans la plupart des cas, de l'activité humaine : on parle
alors de pollution. La pollution d’un sol peut se présenter :

• Sous forme diffuse

• Sous forme ponctuelle

La pollution des sols est tout particulièrement liée à celle des eaux souterraines, et celle-ci résulte de l'industrie,
de l'agriculture, ou d'autres sources liées aux activités humaines. Ainsi, un temps plus ou moins long peut
s'écouler avant de pouvoir constater l'arrivée d'un polluant dans la nappe phréatique.

Pour chacun de ces types, on distingue deux origines de pollution :

• Les pollutions accidentelles (déversement ou dépôts ponctuel de polluants), où une grande


quantité de polluant est déversée en fonction du temps

• Les pollutions chroniques (apport continu de contaminants par fuite ou lessivage), dont les
effets cumulés peuvent être plus importants que ceux d’une pollution accidentelle.

Qu’elle soit diffuse ou ponctuelle la pollution d’un sol peut être caractérisée par son influence dans le temps et
dans l’espace et peut être dite :

- inertielle : longtemps cachée ou ignorée, elle s'installe dans le milieu durant de nombreuses
années et de ce fait, elle est plus dure à traiter qu'une pollution des eaux

- ignorée : dans bien des cas, elle est découverte trop tard et peut mettre en danger la santé
humaine (pollutions de nappes phréatiques)

- influente : elle peut être constatée sur de très grandes zones (exemple du gravier des
houillères de Decazeville - Aveyron - qui pollue au cadmium l'estuaire de la Gironde à plus de
200 km)

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Géométriquement, on peut distinguer les cas suivants

• Déversement direct d’un contaminant sur le sol

• Dépôt de contaminants, de solides contaminés ou de déchets à même le sol, exposés aux


intempéries ou au ruissellement. Les eaux entraînent alors les contaminants par lessivage et
s’infiltrent dans le sol, directement ou par l’intermédiaire de fuites des dispositifs de rétention

• Enfouissement superficiel de contaminants, de solides contaminés ou de déchets, exposés aux


eaux d’infiltration et/ou aux nappes superficielles. Les eaux entraînent les contaminants par
lessivage et les diffusent dans le sol.

• Rejet de contaminant vers le milieu aérien (vapeurs, poussières), suivi de son dépôts sur les
sols environnant la source de contamination.

• Rejet de contaminant vers le milieu aquatique (égout, collecteur, réseau hydrographique de


surface) suivi d’infiltration des eaux contaminées dans le sol

Dans tous ces cas le sol retiendra de façon plus ou moins stable tout ou partie des contaminants.

Les principales sources de pollution des sols sont :

- l'agriculture : composés azotés, phosphorés et pesticides

- l'industrie : métaux lourds, hydrocarbures et dioxines

- l'industrie nucléaire : explosions nucléaires des années 50, incidents et fuites dans les centrales
nucléaires

1- POLLUTION DIFFUSE
Ce type de pollution peut provenir de retombées ou de certaines pratiques agricoles :

- retombées de polluants sur une grande surface, par exemple lors de précipitations

- épandage d’un produit sur le sol

Exemples :

- présence d'isotopes radioactifs dans le sol suite aux retombées atmosphériques des explosions
nucléaires atmosphériques ou d’accidents dans des centrales nucléaires (Tchernobyl)

- acidification des sols entraînant une baisse du pH. Ceci accroît la dissolution des minéraux et
augmente leurs mobilités. L'anhydride sulfureux et les oxydes d'azote sont des gros
contributeurs

- métaux lourds type plomb ou cadmium entraînant la mort des systèmes racinaires

- épandages de produits phytosanitaires ou d'engrais lessivés par les pluies (par exemple en
Bretagne)

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2- POLLUTION PONCTUELLE
Généralement, on se trouve en présence de pollutions accidentelles dont l'origine peut être :

- le déversement de produits polluants sur une zone restreinte (débordement, fuites, …)

- lessivage d'une zone de stockage de déchets

- dépôts

3- CLASSEMENT DE LA SOURCE DE POLLUTION


La forme de la source de pollution constitue un élément primordial de classification.

a - Source de pollution large

La source de pollution est large et se disperse sur une grande étendue. C'est le cas des retombées de
fumées où la concentration en polluants décroît au fur et à mesure que l'on s'éloigne du point d'émission.

b - Source de pollution ponctuelle

Le polluant est introduit en masse dans un lieu précis et sur une étendue restreinte. C'est le cas d'un
débordement de bac ou de l'explosion d'un équipement.

c - Source de pollution linéaire

La source de pollution est répartie tout au long de l'ouvrage. C'est le cas des réseaux enterrés ou aériens
faisant l'objet de défaut d'étanchéité chronique.

En plus du classement, en fonction de la dispersion, il est nécessaire de préciser si la situation de


pollution est détectée :

- à la source (on circonscrit la cause)

- sur la cible (on circonscrit les effets)

Ainsi que le nature et le nombre de polluants.

Ces connaissances permettent de mettre en œuvre des solutions de dépollution les mieux adaptées.

Un sol pollué présente trois types de risques environnementaux :

- mise en contact direct des polluants avec l’occupant du sol

- lessivage des polluants par les eaux d’infiltration et transfert des polluants vers les eaux
souterraines et superficielles (pollution possible des ressources en eau)

- réintroduction des polluants dans la chaîne alimentaire par les végétaux et les organismes
vivants du sol.

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4- LES CONCEPTS : DANGER, RISQUE, SOURCE, VECTEUR, CIBLE, …


a – Qu’est ce qu’un site pollué ?

Un site pollué est un « site présentant un risque pérenne, réel ou potentiel pour la santé humaine ou
l’environnement du fait d’une pollution de l’un ou l’autre des milieux, résultant de l’activité actuelle ou
ancienne ».

On peut regrouper les sites pollués en trois types :

• Les anciennes décharges constituées sans les techniques et les lois en vigueur actuellement.

D SEC 1627 A

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• Les dépôts de déchets ou de produits chimiques (friches industrielles, décharges sauvages …).

D SEC 1628 A
Exemple d’une décharge sauvage sur un site industriel

• Les sols pollués par des retombées, des déversements, des infiltrations de substances
polluantes (installation en activité, accident de transport, …). D SEC 1629 A

Fûts de stockage de déchets corrodés entraînant la contamination du sol


par diffusion avec les eaux de ruissellement

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D SEC 1630 A
Rupture d’un pipe de brut de transport de pétrole brut dans le sud

D SEC 1631 A

Fuite sur un pipe de transport de brut

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D SEC 1632 A
Imprégnation du sol et du sous sol par la fuite

b – Qu’est ce qu’un DANGER ?

« Situation ou possibilité pour une substance, du fait de ses caractéristiques ou de ses propriétés
intrinsèques, de provoquer des dommages aux personnes, aux biens, à l’environnement, dans des
conditions d’expositions. »

c – Qu’est ce qu’une SOURCE ?

« Terme générique désignant une entité (spatialement délimité, foyer) ou un ensemble d’entités dont les
caractéristiques ou les effets permettent de les considérer comme à l’origine de nuisances ou de dangers.
Il s’agit en général de zones où une substance dangereuse, des déchets ont été déposés, stockés ou
éliminés. »

d – Qu’est ce qu’un VECTEUR de pollution ?

« Milieu, organisme, support physique minérale ou organique, liquide ou solide ou gazeux, susceptible de
transmettre un élément polluant ou infectieux vers une cible à partir d’une source de pollution, par des
processus de transport identifiés »

e – Qu’est ce qu’une CIBLE ?

“Récepteur physique ou environnemental, être vivants exposés (homme, faune, flore, eau, bâtiment, …)
aux effets direct ou indirect, ou soumis à un risque”.

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f – Qu’est ce qu’un RISQUE ?

“C’est la probabilité qu’un effet indésirable se réalise dans des conditions d’exposition données”.

Une SOURCE

un produit ne peut pas


Le RISQUE implique constituer à lui seul un risque.
la concomitance de Un VECTEUR Si un des facteurs précédents
trois facteur (vecteur et cible n'existe pas,
le risque est considéré comme nul

D SEC 1637 A
Une CIBLE

Limite du site Zone d'usages Point d'usage


potentiels avéré

Périmètre de
protection AEP
ou cône d'appel

1 2 3
D SEC 1634 A

Entrée en milieu Aval hydraulique du site Aval hydraulique du site


eaux souterraines en limite de propriété (zone d'usage avéré)
=> zone d'usages potentiels => zone d'usages potentiels en amont hydraulique des
points d'usage avéré

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RISQUE

SOURCE VECTEUR CIBLE

Une substance ou une Le sol L’eau L’air L’homme


multitude de substances L’eau
Une zone de stockage L’homme… ( la chaîne alimentaire ) La faune et flore
d’élimination ou de dépôt de Le patrimoine
déchets. Un site industriel en
activités

Sa dangerosité :
Toxicité, paramètres Sa direction Sa vulnérabilité
physico-chimiques, … Son sens Sa sensibilité
Sa quantité Son intensité
Sa mobilité

Les transferts de polluants sont L’homme est considéré comme la


La source n’est pas toujours bien parfois très longs. cible la plus importante et par
localisée et visible. Ainsi, une pollution ancienne peut conséquence l’eau aussi
être la cause de nuisances
plusieurs années après.

COMMENT REDUIRE LE RISQUE AU NIVEAU DE


CHAQUE POINT

Par exemple : en s’assurant d’un Par exemple : en réduisant la Par exemple : en limitant
D SEC 1633 A

confinement adéquat de la source capacité de transfert du vecteur l’exposition des cibles par
de pollution restriction de certains usages

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V- POLITIQUE NATIONALE DE GESTION DES SOLS POLLUÉS ET RÉGLEMENTATION


Dès les années 1980, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement à mis en place un
dispositif de gestion des sites et des sols pollués. Ce dispositif s’appuie sur quatre axes qui constituent la
politique nationale de gestion des sols pollués, à savoir :

• PRÉVENIR

• TRAITER/RÉHABILITER

• CONNAÎTRE

• GARDER (OU RECONSTITUER) LA MÉMOIRE

Ces principes visent à aborder plus de deux siècles d'histoire industrielle de la France de manière pragmatique,
tout en tenant compte des exigences sociales actuelles. Ils doivent permettre d'éviter de renouveler demain les
erreurs du passé.

Ils s'appuient sur le constat que le problème essentiel est celui des risques de transfert. Ce n'est pas tant la
présence de polluants dans les sols (source) qui est problématique, mais le fait que cette pollution soit mobile
dans le temps et dans l’espace (transfert), et donc qu'elle risque d'affecter la santé humaine ou l’environnement
(cible). La connaissance des mécanismes de mobilité et de transfert joue un rôle largement aussi important que
l'identification de la présence d'un contaminant à un endroit donné.

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1- PRÉVENIR
Le premier volet de la politique nationale concerne la prévention des risques pour l’homme et
l’environnement.

Prévenir les risques pour la santé humaine et l’environnement passe par le respect de la
réglementation mais il n’existe pas actuellement de loi sur les sols pollués à la différence de ce qui est
mis en œuvre pour l’eau et pour l’air.

La gestion des sites, dont le sol a été ou est pollué directement ou indirectement par des activités
industrielles, est effectuée dans le cadre prévu par la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement partie intégrante du Code de l'Environnement

Le cadre réglementaire relatif aux sols pollués est défini dans :

Le Livre V – Prévention des pollutions, des risques et des nuisances

- Titre I – Installation classées pour la protection de l’environnement

- Titre IV – Chapitre I – Élimination des déchets et la récupération des matériaux

Le Livre II – Milieux physique

Titre I – Eau et milieux aquatiques

Et par un certain nombre de circulaires, parmi lesquelles :

La circulaire du 3 décembre 1993 relative à la politique de réhabilitation et de traitement des sites et


sols pollués

La circulaire du 3 avril 1996 relative à la réalisation de diagnostics initiaux et de l'évaluation simplifiée


des risques sur les sites industriels en activité

La circulaire du 10 décembre 1999 relative aux sites et sols pollués et aux principes de fixation des
objectifs de réhabilitation

Mis à part les outils réglementaires, la mise en place en parallèle d’un dispositif de surveillance des
eaux de surface et souterraines autour d’un site en activité est un moyen efficace de prévention de
pollutions des sols (par exemple réseau de piézomètres).

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F 4 -1

1
Sens de l'écoulement
de la nappe

Ciment

ATELIER

ATELIER

ATELIER
1 Piezo amont

2 Piezo on site
2
3 Piezo aval
A
A B C D E piezos optionnels
B
Tube
C

D
E
3

D SEC 1090 B
Répartition des piezos à installer dans la nappe
phréatique lors d'une pollution

Bouchon

Ciment
Niveau de la nappe phréatique
Tube
D SEC 1091 B

Crepine

Substrat imperméable
Différentes possibilités de piezomètres
pour l'investigation dans la nappe phréatique

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F 4 -1

2- TRAITER / RÉHABILITER
Le second volet concerne traitement et la réhabilitation du site pollué.

Dans un premier temps, il faut s’assurer que le site ne présente pas de risque immédiat. Si ce n’est
pas le cas, des mesures d’urgences doivent être prises. Parfois, des mesures simples, comme la
clôture du site, l’enlèvement des fûts stockés à l’air libre, la mise en place d’une surveillance ou d’un
piège hydraulique, permettent la réduction du risque immédiat pour la santé de l’homme et
l’environnement et de l’évolution de la pollution.

Par la suite, les mesures nécessaires de surveillance ou de dépollution sont engagées. Elles doivent
prendre en considération l’usage du site, les techniques disponibles et les coûts à ne pas dépasser.
Elles s’appuient sur les différents scénarios d’impacts sanitaires et environnementaux.

Une fois cette étape effectuée, des dispositions de restriction d’usage doivent être définies afin que les
nouveaux usages du site ne soient pas incompatibles avec la pollution résiduelle.

En effet, un aspect essentiel de cette politique est la notion d’usage. On ne cherche pas à
systématiquement à restituer toutes les fonctions envisageables d’un sol (agricole, résidentielle,
industrielle, etc.), mais à atteindre un objectif de qualité du sol qui correspond à un risque résiduel jugé
acceptable pour un usage donné à un moment donné, d’où la nécessité de garder la mémoire. En
effet, un site réhabilité pour un usage industriel, ne devra pas à l’avenir être destiné à un usage
résidentiel, par exemple, dont le risque résiduel serait différent.

Les objectifs de risque résiduel pour la santé humaine, après un éventuel traitement des sols, sont
définis par la circulaire du 10 décembre 1999 et tiennent compte de l’usage prévu et de l’état de
l’environnement du site, ainsi que des techniques de traitement disponibles. La circulaire précise les
niveaux de risques sanitaires acceptables, considérant une exposition humaine aux différentes
substances polluantes. Dans le cas des polluants cancérogènes, la fixation des objectifs de dépollution
s’effectue en référence à un excès de risque de 10-5, le niveau 10-4 pouvant être parfois toléré selon
les cas.

3- CONNAÎTRE
Le troisième volet concerne la connaissance des risques potentiels et de rendre cette information
accessible au plus grand nombre. Cette information concerne à la fois les matières, les nuisances et
les actions à mener.

Cet axe se traduit par la mise à disposition de deux bases de données :

• BASIAS (Base des Anciens Sites Industriels et des Activités de Service) les sites concernés
par cette base sont les sites relevant de la loi sur les ICPE ou de réglementations anciennes
équivalentes. Elle doit s’achever en 2005 et contenir entre 300 000 et 400 000 sites.

• BASOL : c’est la base de données des sites et des sols pollués (ou potentiellement pollués)
appelant à une action des pouvoirs publics à titre curatif ou préventif. En juin 2002, elle
comptait plus de 3 400 sites. Un tiers de ces sites ont déjà été traités, le reste étant en
cours d’évaluation ou en attente de diagnostic.

Parmi les centaines de milliers de sites industriels passés ou actuels recensés (base de données
BASIAS), quelques milliers de sites seront sélectionnés comme susceptibles d'être pollués (base de
données BASOL) en fonction de l'activité exercée, de la sensibilité de l'environnement et des incidents
ou accidents connus.

Chaque site susceptible d'être pollué doit faire l'objet d'un diagnostic initial (analyse historique
complétée par des prélèvements et analyses sur le site et dans son environnement) et d'une
Évaluation Simplifiée des Risques pour l'homme et la ressource en eau.

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Pour mettre en œuvre cette gestion des sites et sols pollués, une méthodologie nationale a été
élaborée. Les groupes de travail constitués par le ministère chargé de l’environnement, le BRGM,
l’INERIS et l’ADEME ont abouti à la rédaction de deux classeurs :

• GESTION DES SITES (POTENTIELLEMENT) POLLUES : visite préliminaire, diagnostic


initial et évaluation simplifiée des risques (ESR)

• GESTION DES SITES POLLUES : diagnostic approfondi et évaluation détaillée des risques
(EDR)

Ces documents doivent être considérés comme des outils méthodologiques permettant une approche
nationale cohérente et homogène et non comme des « modèles pratiques standards ». La démarche
nationale y est détaillée, elle consiste en une succession d’étapes.

La méthodologie se décompose suivant le schéma ci dessous

D SEC 1635 A

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F 4 -1

La politique nationale de gestion des sols pollués s’appuie sur quatre principes fondamentaux

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION :

Principe "selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et
techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures visant à prévenir un risque de
dommages graves et irréversibles pour l'environnement à un coût économiquement acceptable"

LE PRINCIPE DE PROPORTIONNALITÉ :

Principe qui implique une cohérence entre le degré d'approfondissement de l'étude, l'importance de la
pollution et son incidence prévisible.

LE PRINCIPE DE TRANSPARENCE :

Les hypothèses, les outils à utiliser et le degré d'approfondissement de l'étude choisis par l'évaluateur
doivent être expliqués. Ce principe permet, aux parties intéressées, de comprendre la logique du
raisonnement.

LE PRINCIPE DE SPÉCIFICITÉ :

Ce principe fait référence au fait que l'évaluation des risques du site est spécifique à un usage, à des
caractéristiques et à un environnement donné.

VI - PRINCIPAUX FACTEURS INFLUENÇANT LE COMPORTEMENT DES CONTAMINANTS


1- PRINCIPAUX CONTAMINANTS
Les principaux contaminants sont des substances chimiques organiques (hydrocarbures, solvants,
phytosanitaires,…) ou inorganiques (métaux lourds, nitrates, …)

Les tableaux ci-dessous présentent les principales familles de produits polluant.

Produits Polluants types

Métaux lourds V Cr Mn Ni Cu Zn Ag Cd Sn Hg
TI Pb Bi
Non-métaux et métalloïdes associés
As Se Sb Te

Anioniques et autres Nitratesn Sulfates, Nitrites,


Fluorures - Chlorures - Cyanures

Produits inorganiques

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Familles Polluants Molécules chimiques types (abréviations Familles de


de produits types : voir § 2.2.3 et A1.2) comportement

Hydrocarbures ou huiles Essences, diesel, fuel - Alcanes (hydrocarbures aliphatiques) BTEX, certains CAV
minérales naphta, goudrons … (Volatils)
- Cyclanes (hydrocarbures alphatiques
cycliques)
type carburants,
combustibles - Hydrocarbures aromatiques
monocycliques

- Aromatiques polycychiques (HAP)

Produits organiques Bases de chimies de Hydrocarbures aliphatiques et aromatiques COV halogénés


industriels synthèse halogénés (clorés, fluorés, bromés, iodés) (volatils)
Certains DNAPL
Aromatiques monocycliques, substitués (denses)
Solvants (halogénés, phénolés, nitratés) ou non SVOC halogénés
Traitements (semi-volatils)
Aromatiques polycycliques (HAP) La plupart de CFC

Composés phénoliques, phtalates

PCB, PCT, Dioxines, furanes

Phytosanitaires Herbicides, Amides, urées, sulfonylurées, triazines, Principale source de


Insecticides, acides aryloxyalkanoiques, diphényl-éther, pollution diffuse dans
acaricides, raticides et carbonates… Organophosphorés, l’environnement
fongicides organoclorés et pyréthroïdes, azotes,
carbonates, dithio-carbamatees…

Autres Tensioactifs Détergents anioniques et cationiques Tensioactifs


Militaires Substances à usages militaires, explosifs PEP

Produits organiques par familles de produits

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2- PRINCIPALES PROPRIÉTÉS DES POLLUANTS A PRENDRE EN CONSIDÉRATION
Un certain nombre de propriétés intrinsèques des contaminants organiques ou minéraux jouent un rôle
essentiel dans leur comportement. En effet, elles vont être déterminantes sur la manière dont les
contaminants vont migrer, et donc de fait sur les conséquences d’une pollution.

Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques physico-chimiques gérant le


comportement des contaminants

Critères de comportement Grandeurs caractéristiques

Capacité à sa solubiliser Solubilité dans l’eau

Écoulement verticale du fluide Densité du liquide par rapport à l’eau


Viscosité

Capacité à se volatiliser Tension de vapeur,


Température d’ébullition,
Constante de Henry

Migration verticale des vapeurs Densité des vapeurs, par rapport à l’air

Affinité avec l’eau Coefficient de partage eau/octanol (Kow)


(polarité, hydrophobie)

Capacité à être piégé (adsorption) Coefficient de partage eau/carbone organique (Koc)


Coefficient de partage liquide/solide ? (Kd)

Stabilité biochimique Temps de demi-vie


Dérivés

Ionisation (pKa)

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Propriété Signification Incidence

Solubilité dans l’eau ou Tendance à la mobilisation de Une forte solubilité constitue un facteur
hydrosolubilité substance par lessivage lors aggravant des pollutions. En revanche, les
d’épisodes pluviométriques ou polluants organiques très solubles sont plus
par ruissellement facilement biodégradables

Densité liquide Comportement vis-à-vis de nappe


superficielle ou sous-jacente
Vapeur

Temps de demi-vie Stabilité Persistance dans l’environnement

Kow Influe sur la rétention d’un composé par la


(polarité ou hydrophobicité) matière organique des sols, sur sa
mobilisation par de l’eau d’infiltration, ou sur
son extraction lors des opérations de
dépollution
Koc
Coefficient d’adsorption au Rétention Influe aussi sur la biodisponibilité et le
carbone organique des sols potentiel de bioaccumulation

Tendance d’un composé à être retenu par


les sites neutralisables des minéraux des
pKa sols, argiles notamment

Tension de vapeur à 20°C Volatilité Influe sur la matière dont le polluant s’infiltre
Point d’ébullition dans les sols dont il s’en libère par
Constante de Henry évaporation naturelle ou dont il en est
éliminé lors des opérations de dépollution :
cette propriété est importante pour le choix
d’une technique de dépollution

Viscosité Vitesse de déplacement Cinétique du modèle

Le tableau ci-dessous présente les conséquences des caractéristiques physico-chimiques sur leur
comportement

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Familles Composés Principales caractéristiques
Immiscibles dans l’eau NAPL (Non-Aqueous Phase Liquide) : Tous les composés organiques se
Contaminants Liquides Organiques séparant de l’eau (immiscibles) et
Insolubles (dans l’eau) ou Immiscibles formant une phase liquide distincte des
nappes
DNAPL Denses Densité supérieure à 1, migrent au fond
des nappes
LNAPL Légers Densité inférieur à 1, surnagent sur les
nappes et sur les eaux de surface
VOLATILS Formant une phase vapeur distincte
COV (en anglais : VOC) Non-Halogenated Volatil Organic Forte volatilité, et/ou le comportement
Compounds (groupe hétérogène de hydrochimique (circulation sous la
composés organiques) double forme liquide et vapeur dans la
porosité du sol)
Les COV halogénés (en anglais : Halogenated VOCs) Faible solubilité, faible miscibilité et
propriété variant avec la masse
moléculaire (densité volatilité)
SVOC (en anglais : Semi-volatil Organic Volatilité moindre, tension de vapeur
Compounds inférieure à 5,35 bar
Autres propriétés et leur comportement
différent peu de ceux des COV
La circulation sous la double forme
liquide et vapeur dans la porosité du sol
reste possible mais la volatilisation est
bien moindre
SVOC halogénés Faible solubilité, faible miscibilité et
propriété variant avec la masse
moléculaire (densité, volatilité)
CAV (Composés aromatiques volatils) Forment un groupe voisin des COV, de
composés aromatiques défini par les
propriétés physiques (forte volatilité)
et/ou le comportement hydrochimique
(circulation sous la double forme liquide
et vapeur dans la porosité du sol)
BTEX Acronyme formé des initiales des CAV
les plus usuels : Benzène, toluène,
Ethylbenzène, Xylène.
AUTRES
Phénols Composés phénoliques chlorés et non Solubilité non négligeable
chlorés
PCB Polychorobiphényles
Carburants lourds Goudrons, naphta, fuel lourd, (HAP) S’accumuleront au plancher de la nappe
(densité supérieure à 1)
Carburants légers Essences, diesel (BTEX, CAV) (C5 à S’accumuleront sélectivement en
C26) surface de la nappe (densité inférieure à
1)

Le tableau ci-dessous présente par famille “comportementales les polluants organiques”

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F 4 -1

VII - DIAGNOSTIC ET DÉCONTAMINATION

1- DIAGNOSTIC ENVIRONNEMENTAL
C'est la première étape à effectuer sur un site. Cette phase initiale permet l'acquisition de la
connaissance de l'état de l'environnement du site. Il est à effectuer pour toute nouvelle implantation sur
un site (t = 0) ou pour des installations existantes (point 0). Dans ce cas il existe un décalage par
rapport à l'origine mais permet d'avoir au moins un état de référence.

Les investigations sont nombreuses et concernent :

- le sol

- le sous-sol

- la nappe phréatique et son sens d'écoulement

- la flore et la faune

Mais aussi :

- les vents dominants


- les produits et résidus du site
- la composition globale des produits
- la cartographie actuelle et antérieure des implantations

L'implantation de piézomètres sur et hors site ainsi que des carottages permettent de donner une idée
assez précise de l'état des sols.

2- DÉCONTAMINATION ET RÉHABILITATION DES SOLS POLLUÉS


Tous les secteurs industriels propriétaires ou responsables de sites pollués sont concernés par la
décontamination et le réhabilitation des sols.

Les différentes techniques mises en œuvre ont pour objet de traiter les sols contaminés afin de
supprimer ou de diminuer le caractère contaminant.

Les procédés de décontamination sont regroupés suivant trois familles :

- les traitements hors site (les sols sont amenés vers une installation extérieure)
- les traitements sur le site
- les traitements in situ (qui ne nécessitent pas une excavation des sols contaminés)

D'autre part, on peut traiter les sites pollués de trois façons :

- en considérant la terre polluée comme un déchet qu'il faut excaver puis mettre en décharge
(de moins en moins le cas) ou incinérer
- en utilisant des techniques de pompage, d'extraction sous vide, de confinement et de
lavage
- en employant les biotechnologies

Toutefois, ces différentes techniques peuvent être combinées. Ceci nécessite alors au préalable la
mise en œuvre d'essais en laboratoire ou sur des unités pilotes afin de déterminer le mode de
traitement optimal (rapidité, faisabilité, coûts).

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La mise au point s'effectue suivant deux phases :

- la mise en sécurité qui regroupe les techniques d'isolation - confinement, de stabilisation et


de solidification

L'isolation - confinement consiste à isoler la source de pollution pour empêcher la diffusion


des polluants ; elle passe par la mise en place de barrières étanches naturelles (argiles) ou
synthétiques (verticales et horizontales pour confiner le fond et horizontales pour
imperméabiliser la surface).

La stabilisation et la solidification consiste à fixer les polluants sur le site en créant un


mélange homogène des résidus, sols, eaux, matériaux contaminés avec des réactifs
(polymérisation, vitrification, ciments, …) afin que ceux-ci prennent et assurent la stabilité
mécanique de l'ensemble.

- le traitement et l'élimination des substances polluantes.

Les différents traitements et procédés d'élimination sont :

- l'enlèvement et le traitement ou élimination hors site : cette technique implique


l'identification, le tri, le conditionnement ou reconditionnement et le transport des résidus,
sols, matériaux et eaux contaminées en vue d'être traités et éliminés dans une installation
appropriée

- domaine d'application : résidus déposés ou enfouis sur un site

- traitement thermique sur site : les résidus, matériaux, eaux, sols contaminés sont chauffés
dans le but de provoquer une désorption thermique. Ceci permet d'extraire la fraction
gazeuse qui sera ensuite incinérés

- domaine d'application : pollution par les hydrocarbures

- extraction des substances polluantes - lavage de sols : les polluants sont déplacés dans
une phase liquide faisant l'objet d'un traitement ultérieur

- domaine d'application : sols pollués par des substances minérales, toutefois certains
procédés permettent également l'extraction de composés organiques

- extraction des substances polluantes - volatilisation : l'extraction des polluants s'effectue en


transférant ceux-ci en phase gazeuse pour les traiter par la suite

- domaine d'application : pollution par des composés organiques ou organohalogénés volatils

- dégradation microbiologique: utilisation de micro-organismes pour la dégradation des


substances polluantes

- domaine d'application : sols et eaux pollués par des substances organiques

Les différentes techniques présentées ci-dessus peuvent donner lieu à différentes variantes de
conception ou de mise en œuvre. En effet, ces techniques peuvent être combinées ou utilisées
successivement.

Les différents procédés peuvent être classés suivant la technique mise en œuvre.

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• Techniques physiques

Les techniques physiques regroupent : l'extraction sous vide ou venting.

Il s'agit d'une technologie simple, très fiable, performante et de faible coût. Son utilisation requiert
toutefois une bonne expérience de la technique.

Ce traitement in situ s'applique aux pollutions induites par des composés volatils ou semi volatils tels
que les solvants organiques ou les hydrocarbures aromatiques (ex : Benzène, Toluène, Xylène,…).
Utilisable dans tous le sols non saturés, elle est particulièrement efficace dans les sols sableux bien
drainés (faible micro porosité, forte macro porosité) mais perd de son efficacité avec des sols argileux
qui ont un fort pouvoir de rétention des solvants.

Le principe repose sur la mise sous vide du sol contaminé par l'intermédiaire d'une pompe à vide, il y a
alors aspiration de vapeurs polluées qui peuvent être traitées par oxydation catalytique, par
condensation réfrigération ou par adsorption sur charbon actif.

Une plate-forme d'extraction sous vide doit être mobile et comprend les éléments suivants :

- un puits d'extraction avec tubulure d'admission des gaz


- un séparateur air/eau
- une pompe à vide
- une unité de traitement de vapeur

• Le traitement par injection d'air ou de vapeur ou stripping

Il s'agit d'une technique adaptée aux sols non saturés pollués par des solvants chlorés ou par des
produits organiques volatils. On peut également, dans certaines conditions, l'utiliser sur zone saturée.
La méthode est d'autant plus efficace que les composés organiques sont volatils et ont une bonne
capacité à pouvoir se déborder du sol et que le sol est perméable à l'air.

Le traitement consiste à injecter de l'air ou de la vapeur (stripping) dans le sol grâce à des puits
d'injection afin de mettre sous forme vapeur les polluants volatils. Des puits d'extraction permettent de
récupérer les vapeurs toxiques qui sont traités sur des adsorbeurs à charbon actif ou par un autre
procédé.

Atm.
Compresseur
Injection vapeur TRAITEMENT
et/ou DE L'AIR
d'eau chaude Pompage
eau + polluant Air frais

Sol Sol
Extracteur
POLLUTION Huile
flottante

DÉPLACEMENT
FRONT ZONE POLLUÉE
D'EAU CHAUDE
D SEC 1093 B

Traitement par injection d'eau/de vapeur Traitement par injection d'air

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• Le traitement par flottation


Cette technique on site est utilisable pour une large gamme de pollutions comme les hydrocarbures,
les composés organochlorés, les composés cyanhydriques, les pesticides et même les métaux lourds.
Il est possible par cette méthode de traiter jusqu'à 20 m3 de terre par heure.
Le sol nécessite dans un premier temps d'être excavé, tamisé puis on lui rajoute un tensioactif avant
d'injecter dans ce mélange de l'air sous forme de bulles qui va permettre de piéger les polluants et le
faire remonter à la surface pour former une écume flottante qui peut être récupérée.

• L'extraction électrique
Cette méthode est utilisable pour une grande variété de sols : du sol argileux au sol de sable fin. Elle
peut être mise en œuvre pour des polluants ioniques comme les métaux lourds, quelques ions
organiques, ainsi que pour des éléments organiques en émulsion. Le procédé est d'autant plus
efficace que le sol a une forte teneur en eau et son pouvoir tampon est faible.
Le principe repose sur la circulation d'un courant électrique dans le sol par l'intermédiaire d'électrodes
poreuses, ainsi les particules chargées se déplacent vers les électrodes de charge opposée et ils
peuvent être ensuite collectés par pompage. Les émulsions sont transportées par déplacement
osmotique.
En fait trois phénomènes permettent le passage du courant :
- l'électro-osmose qui génère le déplacement de la nappe d'eau de l'anode vers la cathode
- l'électrophorèse qui sépare les colloïdes et les matières en suspension par transfert de
charge
- l'électrolyse qui est le mouvement relatif des ions par rapport à l'eau (c'est le principe de
déplacement)

• Le lavage des sols


Le lavage est un procédé on site, parfois in situ, mais souvent les résidus off site. Cette méthode est
surtout utilisée pour les sols grenus et pour la majeure partie des pollutions. Elle est bon marché et
présente un rendement intéressant de l'ordre de 80 %, ce rendement peut être considérablement
amélioré en ajoutant des tensioactifs ou en chauffant l'eau de lavage.
Le principe consiste à extraire les polluants du sol en injectant de l'eau dans la terre qui a été au
préalable excavée.
Cette méthode de traitement est le plus souvent combinée à un traitement par stripping ou à un
traitement biologique.

• Le traitement thermique
Cette technique est bien adaptée à des sols qui ont été contaminés par des composées organiques
facilement oxydables et convertibles en gaz carbonique et en eau.
Il est nécessaire au préalable d'excaver, broyer et tamiser les terres polluées avant de procéder au
traitement thermique lui-même. Deux méthodes de chauffage peuvent être utilisées :
- le chauffage direct : le sol est chauffé au environ de 1000°C directement par injection
d'oxygène
- le chauffage indirect : le sol est dans un four étanche. Il n'est pas en contact avec la
source de chaleur. Sa température avoisine alors les 600 à 800°C et permet la vaporisation
des polluants
Le traitement thermique nécessite toutefois la mise en place d'un système de traitement des gaz
d'extraction. En effet, des produits toxiques peuvent voir le jour compte tenu des niveaux de
températures élevés qui sont atteints.

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• Techniques chimiques

La plupart de ces techniques sont efficaces dans le cas où la pollution se trouve sous forme de boue
ou si la substance polluante est piégée dans un milieu liquide comme l'eau du sous-sol.

Le principe consiste à introduire dans le sol un réactif chimique qui en réagissant avec le polluant doit
conduire à la formation d'un produit moins nocif ou alors de concentrer ce polluant de manière à
pourvoir l'extraire facilement du sol.

On peut citer l'oxydation des hydrocarbures et de nombreux autres composés par injection d'eau
oxygénée.

• Techniques biologiques

Cette technique (la plus écologique) consiste à dégrader la pollution à l'aide de micro-organismes qui
vont se nourrir des polluants présents dans le sol. Elle ne peut toutefois être appliquée que sur des
pollutions organiques. C'est une méthode qui est certes efficace mais qui est très longue, il faut
compter plusieurs mois pour la décontamination d'un sol.

L'efficacité de la méthode repose sur des conditions physiques et chimiques du sol très strict. En effet
le développement des bactéries ne peut se faire de façon optimum que si :

- le pH est proche de 7 (milieu neutre)


- la température est également très importante et doit se trouver dans une fourchette
relativement étroite
- le sol ne doit pas contenir de produits toxiques pour les bactéries utilisées
- le sol doit présenter une perméabilité faible de façon à avoir une bonne disponibilité en
oxygène

Traitement
de la pollution
extraite

Traitement hors site Pompage + Traitement "in situ"


drainage de gaz
Membrane
Traitement
D SEC 1636 A

Traitement sur site ou Confinement


traitement des terres écaveés

Schématisation des quatre principales catégories de traitement des sols

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