LIVRE II :
MÉMOIRE PROFESSIONNEL :
LA COMMUNICATION LEGALE AU GREFFE
DANS LES JURIDICTIONS DE PREMIER DEGRE
SİGLES ET ABRÉVİATİONS
AUDCG : Acte Uniforme Portant Droit Commercial Général
AUPCAP : Acte Uniforme Portant Procédures Collectifs d’Apurement du
Passif
CPCCA : Code de Procédure Civile Commerciale et Administrative
CPP : Code de Procédure Pénale
DACP : Direction des Affaires Civiles et Pénales
INFJ : Institut National de Formation Judiciaire
MD : Mandat de dépôt
RCCM : Registre du Commerce et du Crédit Mobilier
RG : Rôle Général
MJDH : Le Ministère de la Justice et des Droits de l’homme
RI : Registre d’Instruction
RP : Registre des Plainte
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SOMMAİRE
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INTRODUCTION
La loi portant organisation judiciaire ivoirienne de la Côte d’Ivoire
institue les différentes juridictions et en définit l’organisation et le
fonctionnement. A ce titre, elle précise que chaque juridiction est dotée d’un
greffe.
Ainsi, le greffe s’entend d’un service à part entière au même titre que le
siège et le parquet. Le greffe comprend un greffier en chef, des greffiers et un
personnel administratif
Technicien du droit, le greffier participe à l’œuvre de justice en tant que
témoin légal, mais aussi en tant qu’assistant privilégié du juge. Cette fonction
d’assistance amène le greffier à communiquer. Communiquer d’abord avec
les justiciables, mais aussi communiquer avec les autres acteurs du procès.
La communication entendue comme l’action d’échanges d’informations
embrasse un vaste domaine dont celui de porter à la connaissance des acteurs
du procès les actes de la procédure, voire le dossier de la procédure. Vu sous
cet angle, la communication qui nous concerne porte aussi bien sur des actes
administratifs (communication inhérente au fonctionnement de toute
administration), que sur des actes judiciaires.
Le greffe étant un service de liaison entre les entités de la juridiction et
entre celles-ci et les justiciable, c’est au greffier qu’il incombe en pratique, le
devoir de communiquer les pièces là où les besoins de la procédure l’exige.
Parce qu’inscrite dans le cadre des procédures, la communication qui
nous concerne, celle des actes des procédures en cours, est rigoureusement
réglementée. Il s’ensuit que cette communication fait référence aux échanges
d’informations entre les acteurs du procès judiciaire sur la base de textes de
loi.
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La communication se retrouve dans le cadre du procès en maints
domaines. Ainsi, on peut citer notamment :
Dans le cadre du procès pénal ………..
Dans le cadre du procès civil………..
Dans le cadre du procès social………..
Dans le cadre du procès commercial ……………….
Cet aperçu laisse ressortir que le domaine de la communication des pièces reste
large et implique de nombreux actes à communiquer à différents stades de
chaque procédure. Cette diversité, associé au fait qu’il faut le faire dans le
respect rigoureux des textes présage de la complexité de la tâche.
C’est fort légitiment qu’il faut s’inquiéter de la bonne exécution de cette
diligence. Il faut en effet se poser la question de savoir si le greffier dispose d’un
cadre institutionnel adéquat pour exécuter les communications requises ? Cette
préoccupation requiert que nous cernions le périmètre des communications puis
que nous présentions les procédés et difficultés et enfin nous pourront proposer
des axes de réflexions pour améliorer …
Bien que notre étude ait été restreinte au seul service du greffe, nous
prendrons en compte, aussi bien la communication légale des actes ou
documents judiciaires (actes produits au sein d’une juridiction) que celle des
actes non judiciaires du moment où leur communication est faite en relation
avec le Greffe.
Dans ce contexte, la communication légale consiste à porter à la
connaissance des différents acteurs de la justice ou du grand public des
informations notamment : une affaire dont est saisie une juridiction, une
procédure judiciaire, des actes de procédure ou encore des décisions de
justice, pour ne citer que celles-ci. Toutes ces notions méritent une étude
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approfondie afin que l’on soit subséquemment éclairé sur le rôle primordial
du greffier en matière de communication.
C’est la raison pour laquelle il a paru nécessaire de mener nos travaux
de mémoire de fin de formation autour du thème : « LA COMMUNICATION
LEGALE AU GREFFE DANS LES JURIDICTIONS DE PREMIER
DEGRE ». La communication légale étant fondamentale dans l’activité du
greffe, il nous a paru essentiel d’examiner ses modalités d’organisation à
travers le cadre législatif et règlementaire aussi bien au niveau national que
communautaire. Ainsi, notre réflexion portera sur les actes et procédures
judiciaires dont la loi autorise la communication, les modalités de
communication de ces actes, les conséquences de l’inexécution d’une
communication, etc.
La réflexion que nous menons via la rédaction de ce mémoire est d’un
intérêt non négligeable pour l’administration judiciaire, pour le justiciable qui
fréquente les juridictions et aussi pour le greffier dans l’exercice de ses
fonctions.
En effet l’analyse du thème fait ressortir les inquiétudes suivantes
Ainsi, l’analyse de la communication légale au greffe dans les juridictions de
premier degré se pose en termes de problématique :
En quoi consiste la communication légale au greffe ?
Quelles sont les difficultés que rencontrent les greffiers dans l’organisation de
la communication légale au greffe ?
Quelles recommandations proposer pour l’organisation efficiente de la
communication légale au greffe ?
Ce qui précède, nous permet de mener notre réflexion sur trois (03)
axes.
Le premier axe portera sur la présentation de l’organisation de la
communication légale au greffe.
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Le second axe quant à lui portera sur l’analyse de l’organisation de la
communication légale au greffe.
Et, le troisième axe portera sur les propositions pour l’amélioration de la
communication légale au greffe dans les juridictions de premier degré.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
ESSAIE DE VOIRE L INTRODUCTION VRAIMMENT
PREMIERE PARTIE
PRESENTATION DE L’ORGANISATION DE
LA COMMUNICATION LEGALE AU GREFFE
7
IL FAUT VOIRE SI LA MANIERE DONT J AI FAIT TU FAIS DES
CORRECTIONS ET AUTRES
CHAPITRE I : L’ORGANISATION DE LA COMMUNICATION
LEGALE EN MATIERE PENALE
La première section de ce chapitre portera sur le cadre législatif et
règlementaire Ivoirien en matière de communication légale au niveau pénal.
Quant à la seconde section, elle portera sur la procédure de ladite
communication légale.
SECTION I : LE CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE
IVOIRIEN
La communicabilité se définit comme le caractère de ce qui est
communicable. Seront donc examinés successivement la communicabilité des
actes et celle des procédures.
PARAGRAPHE I : LA COMMUNICABILITE DES ACTES
JUDICIAIRES ET JURIDICTIONNELS
Il faut distinguer les actes communicables au Ministère Public des actes
communicables aux parties et à leurs conseils.
ESSAIE D INSERER LES ARTICLES DANS LE DOCUMENT
A. Vis-à-vis du Ministère Public
En matière pénale, le Ministère Publique est partie au procès et assure
l’exécution des décisions selon les dispositions du code de procédure pénale.
A ce titre, il participe à toute la procédure et nous retrouvons les actes
qui lui sont communicables au principalement au cours de l’instruction
judiciaire.
Les actes qui lui sont obligatoirement communicables au cours de
l’instruction sont entre autres :
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- la décision de désignation d’un expert judiciaire par le Juge
d’Instruction (Cf. Annexe I);
- toute ordonnance rendue par le juge d’instruction :
- la constitution de partie civile au greffe en matière correctionnelle ;
- les plaintes ou procès-verbaux qui constatent des faits non visés au
réquisitoire introductif, lorsque ces faits sont portés à la connaissance du Juge
d’Instruction ;
- la requête aux fins de dessaisissement du Juge d’Instruction lorsque
cette requête émane de l’inculpé ou de la partie civile ;
- la plainte avec constitution de partie civile devant le Juge d’Instruction;
- la contestation sur la recevabilité de la constitution de partie civile ;
- la requête aux fins de restitution des objets placés sous la main de la
Justice
- la demande de mise en liberté pour l’inculpé placé en détention
préventive;
- la fiche du casier judiciaire destinée au Greffe du lieu de naissance du
condamné et la copie du casier judiciaire au casier judiciaire centrale ;
La communication des actes se fait également à l’endroit des parties en
dehors du Ministère Public.
B. Vis-à-vis des parties
Les actes communicables aux parties ou leurs représentants légaux sont :
- les ordonnances de règlement (à l’inculpé) (Cf. Annexe II)
- les ordonnances de renvoi ou de transmission des pièces au procureur
général (à partie civile) ;
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- toutes les ordonnances dont l’inculpé ou la partie civile peuvent
interjeter appel ;
- les copies d’actes et des pièces du dossier ;
- la décision ordonnant une expertise dont la communication est faite aux
parties ;
- le rapport d’expertise ;
- les pièces du dossier, dont cette communication est faite au conseil de
l’accusé au cours du procès devant le tribunal criminel ;
- les procès-verbaux et autres pièces ou documents réunis au cours du
supplément d’information ;
- toutes ordonnances juridictionnelles, communication faite aux conseils
de l’inculpé et de la partie civile ;
Nonobstant la communication des actes, le Greffe est également chargé
de la communication des procédures (paragraphe 2).
PARAGRAPHE 2 : LA COMMUNICABILITE DES PROCEDURES
JUDICIAIRES
De même que les actes judiciaires, certaines procédures sont
communicables au Ministère Public et aux parties. En ce qui concerne les
procédures communicables au Ministère Public, il s’agit essentiellement des
procédures relatives à l’instruction.
A. Les procédures communicables au ministère public
Les procédures communicables au Ministère Public sont :
- les procédures de l’information à la demande de Ministère Public;
- la procédure de l’information lorsque l’instruction est terminée, et avant
l’ordonnance de règlement;
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- une copie de la procédure en cas de supplément d’information;
B. Les procédures communicables aux parties
Comme procédures communicables, on note :
- la communication du dossier de l’information terminée par une
ordonnance de non-lieu aux parties;
- la communication de la procédure avant chaque interrogatoire ;
- la communication de la procédure à l’inculpé, à la partie civile ainsi
qu’à leurs conseils avant l’ordonnance de règlement ;
SECTION II : L’ORGANISATION DE LA PROCEDURE DE
COMMUNICATION
Cette section portera sur l’organisation de ladite communication légale
autour des actes et des procédures. Quels sont les principes et les différentes
étapes ? Que prévoient les textes en ce qui concerne les délais de la
communication ? Ce sont autant de points que nous verrons dans cette
section.
PARAGRAPHE I : LA DEMANDE DE LA COMMUNICATION ET LE
CONTENU DE LA COMMUNICATION
Alors que dans certains cas, la loi fait obligation de communiquer des
dossiers, dans d’autres par contre, il revient aux parties elles-mêmes et au
ministère public de se faire communiquer les actes judiciaires et procédures
dont elles souhaitent avoir connaissance. Dans le premier cas, on peut parler
de communication obligatoire, tandis que dans le second cas, on parlerait de
communication facultative.
Nous parlerons d’abord de la demande de la communication et ensuite du
contenu de cette communication.
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A. La demande de la communication
Cette préoccupation sera traitée selon que la communication est faite soit
au Ministère Public, soit aux parties ou à leurs représentants légaux.
a- La communication faite au Ministère Public
CITE LA LOI PORTANT CPP TOUTES LES REFERENCES
La loi portant code de procédure pénale prévoit que le Procureur de la
République peut tout au long de l’information judiciaire se faire
communiquer la procédure en adressant des demandes au Juge d’Instruction.
Toutefois, le code de procédure pénale n’expose pas de façon explicite la
manière dont les demandes doivent être formulée : doit-t-elle être écrite ou
verbale ? A qui doit-t-elle s’adresser ? Au Greffier ou au Juge d’Instruction ?
Sur ces questions, le greffier s’en refaire à la pratique.
b- La communication faite aux parties
Les parties et leurs représentants légaux peuvent aussi se faire
communiquer des actes ou des pièces. Comme précédemment indiqué pour la
communication faite au Ministère Public, aucun texte ne porte sur la
présentation formelle d’une demande de la part des parties ou de leurs
conseils aux fins d’avoir communication d’un acte ou d’une procédure. Place
est donc faite à la pratique.
c- Le contenu de la communication
L’examen des textes révèle que pour ce qui est de la communication
facultative à l’initiative des parties, c’est une copie de l’acte ou le dossier qui
est communiqué. Cette copie est faite aux frais du demandeur. C’est cette
reproduction qui est communiqué et non le document originel. Dans le cas de
la communication obligatoire, aucune précision spécifique n’est faite en ce
sens. Cependant, il est fait obligation au Juge d’Instruction d’établir tous actes
et pièces de procédure en double.
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Dans la pratique, avant qu’un dossier ne soit communiqué, le greffier en
charge du dossier doit dresser un état récapitulatif c’est-a dire établir l «
INVENTAIRE DES PIECES», en double, de toutes les pièces contenues dans
ledit dossier qu’il signe. L’un accompagnera le dossier et l’autre gardée dans
le double du dossier. En outre la communication du dossier est toujours
accompagnée d’un bordereau de communication.
PARAGRAPHE II : LES DELAIS DE LA COMMUNICATION
TEXTES DE LOI
Dans ce paragraphe, nous examinerons successivement les délais qui
jalonnent la procédure de communication au Ministère Public ainsi que ceux
qui encadrent la communication aux parties.
A. Les délais relatifs à la communication au ministère public
Les délais de communication concernent uniquement la communication
obligatoire. A l’examen des textes, il apparait que pour la quasi-totalité des
actes et procédures à communiquer, les délais sont plutôt courts, même s’ils
sont exprimés en des termes très variables. Ainsi, la communication de la
demande de mise en liberté provisoire est enfermée dans un délai de 24
heures. Il en est de même pour toute ordonnance juridictionnelle. Pour les
autres actes et procédures, soit les textes ne prévoient aucun délai, soit ils
disposent que la communication doit être faite « immédiatement » ou encore
« aussitôt ». Il en est ainsi de la communication des plaintes ou procès-
verbaux constatant des faits non visés dans le réquisitoire introductif. Le mot
« immédiat » laisse place à une pluralité d’interprétation du délai lors des
diligences effectuées.
En outre, les observations ou réquisitions du Ministère Public sont
attendues dans des délais relativement courts. Ainsi par exemple lorsque le
Ministère Public se fait communiquer une procédure, il doit la rendre en 24
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heures. En cas de communication de la requête aux fins de réclamation d’un
objet placé sous la main de la Justice, le Ministère Public doit produire ces
observations dans les trois (03) jours de cette communication. Il en est de
même pour les réquisitions à produire lorsqu’il lui est communiqué une
demande de mise en liberté provisoire.
Qu’en est-il du délai de la communication faite aux parties ?
B. Les délais relatifs à la communication aux parties
Comme préalablement développé pour le Ministère Public, les délais dans
lesquels sont enfermées la procédure de communication d’actes et celle de
communication des procédures aux parties et à leurs conseils sont, eux aussi,
courts. La quasi-totalité des communications doit être faite en 24h. Ainsi
note-t-on qu’avant chaque interrogatoire, le dossier de la procédure doit être
mis à la disposition de l’inculpé et de son conseil 24 heures avant. Il en est de
même pour la communication des ordonnances du Juge d’Instruction. De
même, les parties, l’inculpé ou leurs Conseils doivent présenter leurs
observations dans des délais bien déterminés. C’est le cas de la notification
d’une décision ordonnant une expertise. En effet, les parties doivent présenter
leurs observations dans un délai de 03 jours à compter de ladite notification.
Nous avons ainsi présenté l’organisation de la communication légale en
matière pénale.
Qu’en est-il de l’organisation de la communication légale en matière
civile, commerciale et sociale ?
PETITE TRANSITION AU CHAPITRE II
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CHAPITRE II : L’ORGANISATION DE LA COMMUNICATION
LEGALE EN MATIERE CIVILE, COMMERCIALE ET SOCIALE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX CHAPEAU
SECTION I : LE CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE
Le système juridique ivoirien comprend une législation nationale et une
législation communautaire. Les matières civile et sociale sont régies par le
droit national, tandis que la matière commerciale est régie par le droit
communautaire OHADA. Nous distinguerons alors la communication en
matière civile et sociale de celle en matière commerciale.
PARAGRAPHE I: LA COMMUNICATION SELON LA
LEGISLATION NATIONALE IVOIRIENNE
La communication porte tantôt sur des actes tantôt sur des procédures.
A. La communication des actes
REFERENCE ,LES LOIS QUI LES SOUS-TENDENT
Ce développement portera aussi bien sur les actes judiciaires, que sur les
actes juridictionnels.
Selon le lexique des termes juridiques, un acte judiciaire est un acte lié au
déroulement d’une procédure contentieuse ou gracieuse ou encore tendant à
une exécution forcée, émanant des parties ou de certains auxiliaires de justice
(greffiers, avocats, commissaire de justice…).Ainsi, une assignation, la
convocation d’un témoin, la rédaction et la signification de conclusions sont
des actes judiciaires. Notons également qu’un acte judiciaire désigne aussi
tous les actes autres qu’un jugement ordinaire, effectués par le juge.
L’acte juridictionnel quant à lui, « d’un point de vue matériel, s’entend de
tout acte, quel qu’en soit l’auteur, par lequel une autorité compétente procède
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à une vérification de la légalité sur un acte juridique ou matériel. D’un point
de vue formel, cette qualification est traditionnellement réservée aux actes
matériellement juridictionnels émanant d’une juridiction (juge, tribunal) … »
(Lexique des termes juridiques, Edition Dalloz).
En matière civile, la communication de l’acte judiciaire est faite soit au
Ministère Public soit aux parties ou encore au public. En outre, alors que la
communication est obligatoire dans certains cas, dans d’autres cas par contre,
elle est seulement autorisée.
Faite au Ministère Public, la communication a pour objectif de lui
permettre de prendre ses réquisitions. Les actes judiciaires obligatoirement
communicables au Ministère Public, en matière civile sont :
a- En matière d’absence et de disparition
Nous définissons l’absence comme l’état d’une personne dont on ignore si
elle est encore en vie alors qu’aucun évènement particulier ne fait présager
son décès ».Tandis que la disparition se définit comme « l’état d’une personne
qui à cesser de paraitre lors d’un évènement qui en raison des circonstances
dans lesquelles il est survenu, fait douter de sa survie ». (Lexique des termes
juridiques, Edition Dalloz). Ces deux (02) situations sont traitées en plusieurs
phases dont la période de présomption d’absence ou de disparition selon le
cas, et la période de déclaration judiciaire d’absence ou de disparition. La
phase de déclaration judiciaire s’ouvre par des requêtes présentées au tribunal
aux fins de déclarer la personne absente ou disparue. Lesdites requêtes selon
la loi doivent être communiquées. Ainsi pour la requête aux fins de
déclaration judiciaire de disparition, le Code Civil portant sur les droits des
personnes et de la famille dispose que « lorsqu’elle n’émane pas du procureur
de la République, la requête doit lui être communiquée… ». Pour la requête
aux fins de déclaration judiciaire de décès ce même code dispose que
« lorsqu’elle n’émane pas du procureur de la République, la requête doit lui
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être communiquée… ». En outre, le dispositif du jugement déclaratif de décès
doit être communiqué aux officiers de l’état civil du domicile du disparu en
vue de la transcription aux registres de l’état civil.
b- En matière d’Etat civil
L’état civil est une institution ayant pour fonction d’enregistrer les
différents évènements qui constituent ou modifient l’état des personnes
physiques, en établissant à cet effet certains moyens de preuves. Ces
évènements sont entre autres la naissance, le mariage, le décès. L’acte de
naissance peut comporter des erreurs ou des omissions nécessitant une
rectification. La requête aux fins de rectification d’un acte de l’état civil doit
être communiquée au Procureur de la République. Il en est de même pour la
requête aux fins de demande de jugement supplétif suivant.
c- En matière de divorce et séparation de corps
Le divorce est la rupture du lien conjugal qui provoque la dissolution du
mariage.
La séparation de corps quant à elle, met fin à la vie commune et aux
obligations qui en découlent. Lorsque des époux qui ont obtenu la séparation
de corps, désirent la convertir en divorce, ils doivent introduire une requête
auprès du tribunal tel que le code de procédure civile le prévoit. En effet,
selon la loi, cette requête « est débattue en chambre du conseil après
communication au Ministère Public, s’il est représenté auprès de la juridiction
saisie ».
Notons que la communication obligatoire des actes en matière civile
semble se limiter uniquement au droit des personnes et de la famille.
En sus des actes dont la communication est obligatoire, notons le rôle
d’audience. En effet, le rôle d’audience (Cf. Annexe III) est affiché à la porte
de la salle d’audience avant la tenue de chaque audience. Bien avant cet
affichage, le CPCCA prévoit que « le rôle de chaque audience est arrêté par le
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Président dans les tribunaux de Première Instance, il est communiqué au
Ministère public ».
La communication des actes peut aussi être faite aux parties. Dans ce
cas, on parle de communication des pièces. En principe les parties à une
instance doivent se communiquer spontanément les pièces dont elles
entendent se servir à l’instance. Toutefois, lorsque cette communication n’est
pas faite, elle peut être ordonnée par le juge ou par le tribunal. La partie qui a
reçu l’injonction de communiquer peut alors déposer les pièces dont la
communication est réclamée, au Greffe où la partie adverse pourra en prendre
connaissance. Cette communication permet à chacune des parties de préparer
ses conclusions en réplique en toute connaissance.
Relevons à toutes fins utiles qu’il ne transparait pas clairement à la
lecture des textes que cette communication soit obligatoire. Cependant, étant
donné que le code de procédure Civile Commerciale et Administrative, en son
article 120 prévoit qu’une partie puisse soulever une exception de
communication, on peut valablement en déduire que le législateur a entendu
faire de cette communication un préalable, voir une obligation.
En outre, la communication des actes aux parties peut porter sur le
rapport d’expertise, lorsqu’un expert a été désigné dans une affaire. Il en est
de même du résultat de l’instruction, lorsqu’une instruction a été ordonnée.
Effectivement, les parties ont droit à en prendre connaissance au Greffe. Cette
communication n’appelle pas un développement particulier.
De même, en matière de droit d’enregistrement des services de recette,
le Greffier à l’obligation de communiquer ses registres, sur leur demande, aux
agents de l’enregistrement tel que prévu par le Code des Impôts.
A l’instar de la matière civile, la communication légale se retrouve
aussi en matière sociale.
18
Par « matière sociale », il faut entendre le Droit du Travail. Le Droit du
Travail régit les relations entre employeurs et travailleurs résultant de
contrats, conclus et exécutés sur le territoire de la République de Côte
d’Ivoire. La communicabilité des actes judiciaires en matière sociale au
Ministère Public est plutôt rare. En effet les intérêts en Droit du Travail sont
essentiellement d’ordre privé. L’intérêt général ou public n’y apparait que de
façon exceptionnelle.
A contrario, la communication des pièces aux parties demeure.
Cependant, aucun article du Code du Travail ne le prévoit expressément.
Aussi faut-t-il se référer à la Procédure Civile qui constitue le droit commun
et à vocation à s’appliquer en l’absence de disposition particulière du Code de
Travail. De plus, des actes judiciaires, la communication légale porte
également sur la procédure.
B. La communicabilité des procédures
La communication des causes ou procédures se fait uniquement au
Ministère Public. On parle de « communication au Ministère Public ». Cette
communication a pour objectif de permettre au Ministère Public de prendre
connaissance du dossier d’une affaire, pour recueillir son avis sur
l’application de la loi en l’espèce. Relativement aux procédures
communicables au civil, l’on distingue 03(trois) types de communication
légale à savoir : la communication légale obligatoire, la communication légale
facultative à l’initiative du Ministère Public et la communication légale
facultative à l’initiative du Juge ou du Tribunal de céans que l’on pourrait
qualifier « communication judiciaire ».
Que retenir de ces différents types de communication ?
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a- La communication légale obligatoire
La communication légale obligatoire est celle dont le défaut est sanctionné
par la loi. Son contenu est précisé par le Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative. Cet article énumère neuf (09) domaines dont
les causes sont obligatoirement communicables. Il s’agit entre autres de :
Le domaine dans lequel l’ordre public, l’Etat ou les collectivités
publiques sont intéressées ;
Le domaine concernant le droit foncier ;
Le domaine concernant l’état des personnes ou la nationalité ;
Le domaine où des incapables ou des absents sont en cause ;
Le domaine concernant la récusation des magistrats, les prises à partie,
les demandes en rétractation ;
Le domaine révélant que la demande résulte d’une infraction à la loi
pénale ou concerne une procédure de faux ;
Le domaine dans lequel l’assistance judiciaire a été accordée ;
Le domaine concernant tout litige de quelque nature que ce soit dont
l’intérêt financier est égal ou supérieur à 25 000 000 de francs ;
Le domaine concernant la liquidation judiciaire ou la faillite, pour ne
citer que ceux-ci.
Il est fait dès lors obligation au Ministère Public de présenter des conclusions
écrites (Cf. Annexe IV) dans toutes ces affaires dites obligatoirement
communicables.
Dans les Tribunaux de Première Instance, ces causes sont obligatoirement
communicables au Procureur de la République. Il en est de même, lorsque
c’est une Section détachée qui est saisie de l’affaire. Elles sont communiquées
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au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance, afin de
recueillir son avis.
Il s’agit entre autres de :
b- La communication légale facultative à l’initiative du
Ministère Public
Le Code de Procédure Civile Commerciale et Administrative dispose que :
« le Ministère Public peut intervenir dans toutes les instances et en tout état de
la procédure. Il peut demander communication du dossier de toute affaire
dans laquelle il estime devoir intervenir » ;
Dans le cadre de cette communication facultative, l’intervention du
Ministère Public dépend de son bon vouloir. C’est pourquoi le Ministère
Public doit être informé des procédures ou instances dont est saisie sa
juridiction, pour décider s’il veut ou non intervenir dans une procédure.
c- La communication légale facultative à l’initiative du juge
Selon la loi portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative dit CPCCA « la juridiction saisie peut chaque fois qu’elle le
juge utile, lui communiquer le dossier de toute affaire pour conclusion »
Cette communication au Ministère Public semble ne pas être du ressort du
greffe. Cependant, comme on le verra plus loin, la pratique est toute autre.
Les deux derniers types de communication au Ministère Public sont
plutôt aléatoires, et dépendent du seul bon vouloir soit du procureur de la
République soit du Juge. Par l’utilisation du terme « peut », la loi fait de la
communication dans ces deux cas, une possibilité. La communication ici est
simplement autorisée.
Quid de la communication en matière sociale ?
21
Comme en matière civile, la communication légale des procédures se fait
aussi en matière sociale.
En effet, tel que déjà indiqué plus haut, le Droit du Travail est un droit
d’exception. Et, s’il ne dispose pas expressément sur une question donnée, il
faut se référer au droit commun, c’est-à-dire le Droit Civil. Ainsi, aucun texte
du code de travail ne dispose expressément sur la communicabilité des
procédures. Il en résulte alors que les causes obligatoirement communicables
en matière civile le sont aussi en matière sociale. On peut citer entre autres :
tout litige de quelque nature que ce soit dont l’intérêt financier est égal
ou supérieur à 25 000 000 de francs (l’article 106 CPCCA);
tout litige dans lequel une entreprise publique ou un établissement
public est partie ;
etc.
A l’instar du législateur ivoirien, le droit communautaire organise la
communication dans plusieurs Actes Uniformes.
PARAGRAPHE II : LA COMMUNICATION SELON LE DROIT
COMMUNAUTAIRE (EN MATIERE COMMERCIALE)
Comme précédemment, la communication des actes sera traitée
séparément de celle des procédures.
A. La communicabilité des actes judiciaires et juridictionnels
Comme en matière civile et sociale, la communicabilité en matière
commerciale porte aussi bien sur les actes judiciaires que juridictionnels, tels
que définis plus haut. Sans prétendre être exhaustive, la communication légale
sera examinée dans plusieurs Actes uniformes et donc dans plusieurs
domaines.
22
La communication légale dans l’Acte uniforme portant organisation des
procédures collectives d’apurement du passif adopté le 10/09/2015.
Ainsi sont communicables :
- L’ordonnance du juge qui prononce le report du paiement des
sommes dues et la suspension des poursuites engagées par un
créancier, dans la procédure de conciliation.
En effet, les procédures collectives débutent par des procédures
préventives. La première procédure préventive est la conciliation.
Pendant cette phase, si le débiteur est mis en demeure ou poursuivi par
un créancier appelé à la conciliation, le débiteur peut obtenir du
Président du Tribunal que soit reporté le paiement des sommes dues et
ordonner la suspension des poursuites engagées. L’Article 5.7 AU
PCAP dispose que cette ordonnance « est déposée au Greffe. Elle est
communiquée au créancier concerné, sans délai » ;
- La décision de remplacement de l’expert, sur demande du
débiteur ou du créancier.
En effet après la phase de conciliation, s’ouvre la phase du règlement
préventif. Le président de la juridiction saisie désigne alors un expert
au règlement préventif. Pour certaines raisons, le débiteur ou le
créancier peut demander le remplacement dudit expert. L’art. 8.1 al 2 in
fine AU PCAP dispose que « le Greffe de la juridiction compétente
communique, le cas échéant, cette décision à l'autorité nationale prévue
(…), qui peut agir en matière disciplinaire conformément au présent
Acte uniforme »
- les décisions du Juge-Commissaire dans la procédure du
redressement judiciaire et liquidation des biens
23
- En effet, la loi prévoit que les décisions du Juge-Commissaire
sont immédiatement déposées au greffe qui les communique
sans délai au président de la juridiction compétente et les notifie,
par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre recommandée
avec demande d'avis de réception ou par tout moyen laissant
trace écrite, à toutes personnes à qui elles sont susceptibles de
faire grief ;
- toute offre d'acquisition d’actif mobilier ou immobilier, dans la
procédure de liquidation des biens dans la mesure où « l'offre est
déposée au greffe de la juridiction compétente où tout intéressé
peut en prendre connaissance et communiquée au syndic, au
Juge-Commissaire et au Ministère Public » selon l’art. 160 AU
PCAP ;
- les pièces, titres et papiers délivrés par le syndic parce qu’ « ils
sont, pendant le cours de l'instance, tenus en état de
communication par la voie du greffe. Cette communication a
lieu sur la réquisition du syndic qui peut y prendre des extraits
privés ou en requérir d'authentiques, qui lui sont expédiés par le
Greffier », Article 235AU PCAP.
La communication légale dans l’Acte uniforme révisé portant sur le Droit
Commercial général adopté le 15/10/2010
Doivent être communiqué :
- Les informations contenues dans le Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier qui est tenu au greffe sont communicable au public.
L’art. 36 al 4 de l’Acte uniforme précité dispose à cet effet que « les
informations figurant dans les formulaires remis au greffe ou à l’organe
24
compétente dans l’Etat Partie et dans les registres et répertoires du RCCM
sont destinées à l’information du public ».
- Les informations du RCCM sont communiquées au Ficher National
Selon l’art.39 dudit AU, toute déclaration de l’entreprenant ou demande
d’immatriculation est établi sur le formulaire mis à disposition à cet effet par
le greffe. Une copie de ce formulaire avec le dossier individuel constitué des
pièces certifiées conformes est adressée dans un délai d’un mois par le
greffier au fichier National pour transmission dans le même délai, d’une copie
dudit formulaire et d’un extrait du dossier au Ficher Régional.
- Les décisions dont la transcription doit être faites au RCCM
L’art.43 AUPCAP dispose que le greffier « communique un exemplaire signé
de cette décision dans les meilleurs délais aux greffes ou organes compétents
dans l’Etat Partie dans le ressort duquel les formalités doivent être
accomplies ».
A la suite des actes, examinons la communication des procédures.
B. La communicabilité des procédures
La communicabilité des procédures en matière commerciale est fixée à
l’article 44 de la loi N°2016-1110 du 8 décembre 2016 portant création,
organisation et fonctionnement des juridictions de commerce.
On y distingue la communication légale obligatoire, de la communication
légale facultative.
En effet, l’alinéa 1 dispose que « le Ministère Public peut intervenir
dans toutes les affaires et en tout état de la procédure sauf si l’affaire est déjà
mise en délibéré. Il peut demander communication du dossier de toute affaire
dans laquelle il estime devoir intervenir ». L’usage du verbe « pouvoir »
montre clairement qu’il s’agit d’une communication facultative à l’initiative
du Ministère Public. L’alinéa 3 vient préciser cela en mentionnant que « les
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procédures régies par la présente loi ne sont pas obligatoirement
communicable. »
Par contre selon alinéa 4 du même article, « le dossier est obligatoirement
communiqué au ministère public en matière de procédures collectives
d’apurement du passif. »
Après avoir relevé les actes et procédures qui sont communicables en vertu
de la loi, il est nécessaire de décrypter la procédure suivant laquelle cette
communication doit être faite.
SECTION II : LA PROCEDURE DE LA COMMUNICATION
Seront successivement étudiés la demande de communication et son
contenu, ainsi que les délais qui encadrent cette procédure.
PARAGRAPHE I : LA PROCEDURE DE LA COMMUNICATION EN
MATIERE CIVILE ET SOCIALE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
A. La demande de communication et le contenu de la communication
Il faut distinguer selon que la communication est faite au Ministère Public
ou qu’elle est faite aux parties.
a- La communication au Ministère Public
De la communication faite au Ministère Public, trois (03) types de
communication légale ont été distinguées. Il s’agit de la communication
légale obligatoire, de la communication légale facultative à l’initiative de
Procureur de la République et de la communication légale facultative à
l’initiative du juge.
26
De ces trois types de communication, seule la communication facultative à
l’initiative du Ministère Public peut nécessiter la formulation d’une demande.
La communication légale facultative qui relève de la volonté du juge n’est
précédée d’aucune demande.
Et, la communication légale obligatoire ne nécessite pas de formulation
demande de la part du Ministère Public.
Selon l’article 105 CPCCA, le Ministère Public « peut » demander la
communication d’une procédure. Cependant, aucun texte ne dit quelle est la
forme que devra prendre cette demande. Il revient donc à la pratique de
l’organiser.
Il est important de relever aussi, qu’aucun texte ne dit à qui la demande
doit être adressée. Dans la pratique, la demande est faite au juge. Celui-ci
enjoint le Greffier en charge du dossier, d’en faire la communication au
Procureur de République. Le dossier est alors communiqué entièrement.
b- La communication faite aux parties
Comme indiqué plus haut, la communication des pièces doit en principe se
faire librement entre les parties. Ainsi lorsqu’une partie entend se prévaloir
d’une pièce non connue de la partie adverse, elle se doit de la porter à la
connaissance de son adversaire. Cette communication peut se faire en dehors
du tribunal (à l’adresse connue des parties) et aussi au cours de l’audience.
Dans la pratique, il arrive que ces pièces soient déposées au greffe, à
charge pour le Greffier d’en faire la communication à la partie adverse. En
fait, si les textes de loi prévoient des sanctions en cas de défaut de
communication de pièces aux parties, ils restent totalement silencieux quant à
savoir si une partie doit préalablement faire une demande de communication
de pièces et comment cette demande devra se présenter.
27
En outre, il est fait obligation au Greffier de dresser un bordereau sur
lequel mention chronologique sera faite du retrait des pièces communiquées.
(Art 42 in fine CPCCA).
B- Les délais de communication
La communication au Ministère Public est jalonnée de quelques délais.
Ainsi, l’article 106 nouveau CPCCA, prévoit que dans les causes
obligatoirement communicables, la communication au Ministère Public doit
être faite trois(03) jours au moins avant l’ordonnance de clôture ou avant
l’audience. Le Ministère Public doit retourner la procédure accompagnée de
ses observations ou conclusions écrites, dans les sept (07) jours de la
réception de ladite procédure.
Au contraire, relativement à la communication des pièces aux parties,
l’article 47 CPCCA relève simplement que lorsque les parties comparaissent
au jour fixé pour l’audience, le Tribunal peut, entre autre, impartir les délais
utiles à la communication des pièces. Ces délais devront être observés sous
peine d’irrecevabilité desdites pièces. Il en résulte que le délai pour faire la
communication des pièces aux parties est d’ordre judiciaire.
Comme déjà expliqué plus haut, il n’y a pas de procédure particulière prévue
par le Code du Travail ; c’est la même procédure en matière civile qui
s’applique au social. A la suite de la procédure de communication au civil, il
y a lieu d’examiner la procédure de communication en matière commerciale,
en droit Communautaire.
Paragraphe 1 : La procédure de la communication en matière
commerciale
Comment se présente la forme de la demande de communication ? Quel
est son contenu ? Quels sont les délais qui jalonnent cette procédure ? Telles
28
sont les questions auxquelles il faudra répondre. La procédure en cette matière
est fixée aussi bien en droit communautaire qu’en droit national.
A. La demande de communication et le contenu de la communication
Dans la communication des actes (judiciaires et juridictionnels), certaines
communications sont précédées d’une demande, quand les autres ne
nécessitent pas la formulation d’une demande préalable.
Ainsi les documents délivrés par le syndic et conservé au greffe, lui sont
communiqués sur sa réquisition selon Art. 235AU PCAP. Cette
communication nécessite la présentation d’une requête préalable.
Au contraire, doivent être communiqués d’office, sans demande préalable :
l’ordonnance du Juge qui prononce le report du paiement des sommes
dues, et la suspension des poursuites engagées par un créancier, dans la
procédure de conciliation (Article 5.7 AU PCAP),
la décision de remplacement de l’expert, communiquée, le cas échéant,
à l'autorité nationale de régulation du métier d’expertise (article 8.1 AU
PCAP) ;
les décisions du Juge-Commissaire communiquées au Président de la
juridiction compétente et notifiées à toutes personnes à qui elles sont
susceptibles de faire grief (article 40 AU PCAP) ;
les offres d'acquisition d’actif mobilier ou immobilier, dans la
procédure de liquidation des biens, communiquées au syndic, au juge-
commissaire et au ministère public. (Article 160 AU PCAP).
Concernant la communication des procédures, il faut se référer à l’article
44 de la loi N°2016-1110 du 8 décembre 2016 portant création organisation et
fonctionnement des juridictions de commerce précité. L’analyse de ce texte a
permis de distinguer 3 types de communication de procédures citées plus
29
haut. Parmi celles-ci, seule la communication légale facultative à l’initiative
du Ministère Public est précédée d’une demande. Selon cet article, la
communication des procédures se fait par transmission d’une copie du
dossier. L’art 44 al 5 dispose que « en cas de communication de la procédure
au Ministère Public, il y est procédé par transmission d’une copie du
dossier. » Cela suppose que le Greffier doit reproduire le dossier, et c’est
cette reproduction qui doit être transmise au Parquet. Qu’en est-il des délais
qui encadrent cette procédure ?
B. Les délais de communication
On relève peu de délais dans la procédure de cette communication. Pour la
quasi-totalité des actes communicables en matière commerciale, la
communication doit être faite « sans délai ». C’est le cas des décisions du
Juge-Commissaire (art. 40 AUPCAP précité), de l’ordonnance de report de
paiement des sommes dues et de suspensions de poursuite (Art. 5.7AUPCAP
précité). De même, pour les procédures communicables, seul le délai de retour
des conclusions du Ministère Public est fixé par les textes. Ce délai est de 07
(sept)jour
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
PETIT CONCLUSION ET TRANSITION POUR LA DEUXIEME
PARTIE
30
DEUXIEME PARTIE
ANALYSE DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE AU GREFFE
31
CHAPITRE I : ANALYSE DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE PENALE
Ce présent chapitre abordera le défaut de communication légale en matière
pénale ainsi que les avantages et limites de l’organisation de la communication
légale en matière pénale.
SECTION I : DEFAUT DE COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE
PENALE
Il s’agira ici d’examiner si les textes de loi, en matière pénale, ont prévu
sanctionner l’inexécution d’une communication légale. Quelles sont donc les
conséquences du défaut de communication relatif à l’acte ou à la procédure non
communiquée ? Quelle(s) sanction(s) greffier qui a manqué d’exécuter la
communication ?
PARAGRAPHE I : DEFAUT DE COMMUNICATION RELATIF A
L’ACTE OU A LA PROCEDURE
Seront traités séparément la communication au Ministère Public et la
communication aux parties.
A- Le défaut de la communication au Ministère public
Contrairement à la procédure civile où le défaut de communication au
Ministère Public peut entrainer la nullité de la procédure ou de la décision qui en
est découlée, aucun texte, en procédure pénale, ne vise de façon précise le défaut
de communication.
Cependant si le Procureur de la République estime qu’une nullité a pu être
commise, il saisit la Chambre d’instruction aux fins d’annulation de l’acte ou de
la procédure qui en est entachée comme le prévoit l’art. 206 CPP.
32
B- Le défaut de la communication aux parties
Des différents actes et procédures à communiquer aux parties et à leurs
Conseils, seul le défaut de communication de la procédure avant chaque
interrogatoire est sanctionné par la nullité, ici relative, car les parties doivent la
soulever devant la Chambre d’Instruction. En outre, ils peuvent renoncer à s’en
prévaloir, (art 205 CPP).
Outre la sanction portant sur l’acte ou la procédure non communiquée, le
Greffier à qui incombe la charge de la communication doit-il aussi répondre du
défaut de communication ?
PARAGRAPHE 2 : DEFAUT DE COMMUNICATION RELATIF AU
GREFFIER
Le défaut de communication n’est pas constitutif d’une infraction ; c’est
pourquoi, aucun texte pénal ne prévoit de sanctionner le greffier qui aura
manqué d’exécuter une obligation de communication. Néanmoins, comme
relevé plus haut, le greffier qui n’exécute pas ces obligations peut en répondre
au niveau disciplinaire, et même civil. Il est aussi nécessaire de souligner que le
défaut de communication n’est pas toujours à mettre à la charge du greffier. En
effet le défaut de communication peut résulter du refus du Juge d’Instruction
d’ordonner la communication. De même, lorsque la communication d’une pièce
du dossier est de nature à mettre en péril la manifestation de la vérité (art. 99
CPP).
Ainsi se présente l’organisation de la communication légale en matière
pénale, telle que prévue par les textes de loi. Cette organisation a de nombreux
mérites, elle peut néanmoins d’être améliorée surtout avec l’essor des TIC.
SECTION 2 : AVANTAGES ET LIMITES DE L’ORGANISATION DE
LA COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE PENALE
Nous énumérons les avantages de l’organisation de la communication légale en
33
matière pénale et les Limites de l’organisation de la communication légale en
matière pénale.
PARAGRAPHE I : AVANTAGES DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE PENALE
Les avantages de l’organisation de la communication s’apprécient au
niveau de la prévision des actes et procédures communicables. Ces avantages
seront relevés selon que la communication est faite soit au Ministère Public soit
aux parties.
A- La prévision des documents communicables aux Ministères Public
Comme en matière civile, on retrouve au pénal, la communication
obligatoire et la communication facultative. On a ainsi une extension des actes et
procédures communicables : de sorte que même lorsque la communication d’un
acte ou d’une procédure n’est pas prévue, si le Procureur de la République
l’estime nécessaire, il peut se le faire communiquer. De plus, cette
communication facultative peut se faire de l’introduction de l’instance à
l’instruction. Ce qui permet au Ministère Public d’avoir une bonne connaissance
de toutes les affaires dont est saisi le Tribunal et donc de requérir de façon
éclairée, en connaissance de cause.
B- La prévision des documents communicables aux parties
Les documents communicables aux parties sont précisés à l’avance par les
textes. Ainsi, le justiciable sait à l’avance ce à quoi, il a droit relativement à la
communication légale. De plus, l’art 99 CPP alinéa 1 dispose que « l’inculpé ou
son Conseil peut obtenir du Juge d’Instruction, la délivrance à ses frais, par le
Greffier, de copies d’actes et des pièces du dossier ». Il y a là un élargissement
du champ des éléments communicables. Ainsi, quand bien même la
communication d’un acte ne serait pas prévue, elle peut néanmoins être faite sur
34
demande. C’est une possibilité offerte à l’inculpé et à son Conseil. La partie
civile n’est donc pas concernée par cette extension de la communicabilité.
PARAGRAPHE II : LIMITES DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE PENALE
Les limites de l’organisation de la communication légale peuvent
s’observer au niveau de la formulation des textes. La formulation des textes
relatifs à la communication est parfois imprécise, sinon ambiguë.
a- La formulation imprécise des textes
Les textes qui établissent les différents cas de communication sont
souvent formulés de sorte qu’il subsiste un doute quant à celui à qui incombe la
charge de la communication. Ainsi, dans certains cas, les textes mettent la
communication à la charge du Juge d’Instruction ; c’est le cas pour les faits non
visés au réquisitoire introductif. Dans d’autres par contre, le Juge se charge
seulement d’ordonner la communication. Dans certains autres encore le Juge
d’Instruction communique par l’intermédiaire du Greffier, si ce n’est pas le
Greffier communique. L’une des formulations les plus complexes est celle qui
dispose simplement qu’ « il est fait communication ». Dans la pratique, toute
communication légale est exécutée par le Greffier. Même lorsqu’elle est à la
charge du juge d’instruction, celui-ci en ordonne la communication au greffier.
On peut le voir, notamment dans la communication au Ministère Public. Suivant
le Code de Procédure Pénale, c’est le Juge d’Instruction qui communique au
Ministère Public les différents actes et procédures dont la communication est
exigée. Mais dans la pratique c’est le Greffier qui la réalise. En fait, il faut
distinguer deux types de formulation de l’obligation de communiquer. L’une est
faite par le Juge d’Instruction mais par le canal du Greffier (art.99 et 209 CPP) ;
et l’autre, exclusivement au Greffier (art 217 al 4 CPP). Cependant que retenir,
dans les nombreux cas ou les textes ne précisent aucun destinateur ?
35
En outre, les textes sont imprécis quant à la formulation d’une demande
relativement à la communication facultative. Le texte énonce en effet que le
Procureur de la République peut « se faire faire communiquer la procédure ».
Comment le fait-t-il ? Formule-t-il une demande et Sous quelle forme ? Le Code
de Procédure Pénale reste silencieux sur ces questions.
Enfin, en plus d’être imprécis, il arrive que les textes soient formulés de
façon ambiguë
b- La formulation ambiguë des textes
L’énonciation de certains articles relatifs à la communication ne permet
pas de comprendre de prime abord qu’il s’agit d’une communication. Ces
articles utilisent à la place du terme « communiqué » des mots tels que
« transmettre », « délivrer », alors que ces mots, en droit, ne sont pas des
synonymes et ne sont donc pas interchangeables. Comme définie à l’entame de
cette étude, dans l’introduction, la transmission et la délivrance sont des moyens
de réalisation de la communication. Mais toute délivrance ou toute transmission
ne constitue pas une communication au sens juridique du terme.
Ainsi par exemple la grosse ou l’expédition d’une décision peut être
délivré à la demande d’une partie à l’instance, cela ne constitue pas pour autant
une communication au sens juridique. Un autre exemple, le Tribunal de simple
police saisi d’une contravention faite par un mineur peut, si les conditions sont
réunies, transmettre le dossier au Juge des enfants ; ce qui ne constitue pas pour
autant une communication. Certaines formulations compliquent donc la
compréhension des textes. C’est pourquoi il est nécessaire d’améliorer les
dispositions relatives à l’organisation de la communication légale en matière
pénale.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX PETITE PHARSE DE TRANSITION
36
CHAPITRE II : ANALYSE DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE CIVILE, SOCIALE ET
COMMERCIALE
Dans cette partie, nous aborderons d’abord le défaut de communication légale
en matière civile, sociale et commerciale et ensuite les avantages et limites de
l’organisation de la communication légale en matière civile, sociale et
commerciale.
SECTION I : DEFAUT DE COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE
CIVILE, SOCIALE ET COMMERCIALE
Il s’agit dans cette section de présenter le défaut de communication relatif à
l’acte ou à la procédure et le Défaut de communication relatif au greffier.
PARAGRAPHE 1 : DEFAUT DE COMMUNICATION RELATIF A
L’ACTE OU A LA PROCEDURE
La sanction du défaut de communication aux parties diffère de celle du
défaut de communication au Ministère Public.
A- La sanction du défaut de communication au ministère public
La sanction n’intervient que dans les causes obligatoirement
communicables. La loi dispose que toute décision rendue dans ces matières sans
communication préalable au Ministère Public est nulle et de nul effet. L’article
106 al 5 CPCCA dispose en effet que «toute décision rendue au mépris des
présentes dispositions est nul et de nul effet… » . En principe, dans les causes
obligatoirement communicables, le juge ne doit pas trancher sans avoir reçu les
conclusions du Ministère Public ; si donc par extraordinaire cela arrivait, une
telle décision serait sans valeur juridique.
37
B- La sanction du défaut de communication aux parties
Le défaut de communications des pièces aux parties est sanctionné par la
nullité. Il s’agit d’une nullité relative. En effet, le juge ne peut la soulever
d’office. C’est à la partie qui n’a pas reçu communication des pièces et dont ce
défaut fait grief, de soulever cette nullité. C’est ce qui ressort de la lettre de
l’article 120 CPCCA relatif à l’exception de communication. La nullité ici n’est
pas d’ordre public. Si la partie qui n’a pas reçu la communication ne soulève pas
l’exception de communication, rien ne s’oppose à ce que le juge tranche sur le
fond du litige.
PARAGRAPHE II : DEFAUT DE COMMUNICATION RELATIF AU
GREFFIER
La responsabilité du Greffier peut être engagée en cas de défaut de
communication. Les sanctions qui peuvent en résulter sont uniquement d’une
part d’ordre disciplinaire et d’autre part d’autre d’ordre civil, le défaut de
communication n’étant pas constitutif d’une infraction.
a- Les sanctions disciplinaires
La sanction disciplinaire trouve sa cause dans la faute disciplinaire. Celle-
ci est définie comme étant tout manquement par un Greffier aux devoirs de son
Etat, à l’honneur ou à la probité. Le fait donc pour le Greffier de ne pas exécuter
correctement les activités ou les taches qui lui incombent peut-être constitutif
d’une faute disciplinaire (à moins que cela ne découle d’une incompétence
notoire). Les sanctions encourues par le greffier sont, par ordre de gravité : le
blâme, le déplacement d’office, la radiation du tableau d’avancement,
l’abaissement d’échelon, la mise à la retraite d’office, la révocation avec ou sans
suspension des droits à la pension (Articles 45 et 46 du Statut des greffiers).
Mais en dehors et avant toute procédure disciplinaire, le Greffier peut recevoir
des avertissements en cas de non-respect de ses obligations.
38
b- Les sanctions civiles
La responsabilité du Greffier peut être engagée en cas de défaut de
communication. Le Greffier est un agent de l’Etat. Un justiciable peut
valablement poursuivre l’Etat ou le greffier en dommages et intérêts pour défaut
de communication du fait du greffier, si la décision qui en a résulté lui fait grief.
Cela relève de la responsabilité administrative même si la sanction est d’ordre
civil.
Concernant l’obligation qui lui est faite de communiquer ses registres aux
agents de la recette, le Greffier peut être condamné au paiement d’une amende
de 18.000FCFA (dix-huit mille) en cas de refus de représenter ces registres aux
agents de l’enregistrement. (Articles 481 ; 510 ; 513 Code Général des Impôts
2020, livre III).
Telle se présente la revue des textes qui organisent la communication légale
dans le Greffe en Première Instance, selon la législation interne. Examinons
quels sont les points positifs et/ou négatifs de cette organisation et quelles
suggestions y apporter dans le chapitre 2 de notre réflexion.
SECTION II : AVANTAGES ET LIMITES DE L’ORGANISATION DE
LA COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE CIVILE, SOCIALE ET
COMMERCIALE
Nous avons recensé au cours de nos travaux des avantages de l’organisation de
la communication légale en matière civile, sociale et commerciale mais aussi
des limites de l’organisation de la communication légale en matière civile,
sociale et commerciale.
PARAGRAPHE I : AVANTAGES DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE CIVILE, SOCIALE ET
COMMERCIALE
39
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
CHAPEAU
A- En matière civile et sociale régie par le droit national
Les avantages de l’organisation la communication légale peuvent
s’apprécier au niveau de l’élargissement du champ de la communication légale,
et au niveau des sanctions du défaut de communication.
En premier lieu, la précision des matières obligatoirement communicables
ne limite pas pour autant l’intervention du Ministère Public. Le Ministère Public
est le garant de l’intérêt public ; il agit au nom et pour le compte de l’Etat. La loi
lui reconnait donc en cela, la possibilité d’intervenir dans des causes qui lui
paraissent nécessiter son avis en tant que garant de l’application des lois. De
sorte que, lorsqu’une cause a échappé à l’encadrement du législateur en amont,
que le Ministère Public puisse rattraper ce besoin en aval. Il y a là un
renforcement de la communication légale obligatoire par la communication
légale facultative, l’une à l’initiative du Procureur de la République et l’autre, à
l’initiative du Juge.
Dans la pratique, la communication des actes ou procédures ne se fait
nullement à l’initiative du Greffier. C’est pourquoi rarement la responsabilité du
Greffier pourra être engagée pour défaut de communication. En réalité
lorsqu’une cause ou un acte est communicable, il revient au juge saisi de
l’affaire, d’en ordonner la communication, même dans le cas d’une
communication obligatoire. Lorsque le Juge, au cours de l’audience, se rend
compte que l’acte de saisine ou la cause est obligatoirement communicable, il
renvoie l’affaire à une date ultérieure « pour communication au Ministère
Public ». Il peut arriver que les parties elles-mêmes sollicitent la communication
au Ministère Public. Dans le cas de causes ou actes obligatoirement
40
communicables au Ministère Public, le juge n’a le choix que d’y faire droit ; à
contrario, le Juge apprécie librement.
Lorsque le Juge ordonne la communication, le Greffier de la Chambre
concernée, va mettre le dossier en état. Cela consiste pour le Greffier à coter et
parapher les pièces du dossier. Ensuite, il doit faire l’inventaire des pièces
(annexe 1) en deux (02) exemplaires dont l’un sera acheminé avec le dossier
tandis que le second sera laissé au greffe. Il doit ouvrir une fausse chemise
(laissée au Greffe), dans laquelle sera gardé le second exemplaire de l’inventaire
des pièces ; puis il va établir un bordereau de transmission ou utiliser un registre
de transmission. Enfin le Greffier va ficeler le dossier et l’apporter
physiquement au Secrétariat du Procureur de la République et demander une
décharge dans son registre de transmission. Il faut souligner que suivant les
textes, c’est une copie du dossier qui doit être transmise. Mais dans la pratique,
le greffier ne fait pas de copie et transmet le dossier original.
Relativement à la communication des pièces entre les parties, en principe
elle se fait librement et en dehors du Greffe. Mais il arrive que les parties ne
soient pas diligentes ou fassent preuve de mauvaise foi ; alors sur exception de
nullité soulevée par l’une des parties, le Juge saisi peut renvoyer une cause à une
date ultérieure pour communication des pièces à la partie qui a soulevé
l’exception. Dans ce cas, les parties peuvent valablement déposer les pièces à
communiquer au Greffe, à charge pour le Greffier de les communiquer.
En second lieu, la prévision des sanctions est une garantie supplémentaire
qui vient consolider le caractère obligatoire de certaines communications. Ce
droit reconnu au justiciable de demander la nullité d’une décision pour défaut de
communication, permet de vaincre une possible défaillance du juge et de mieux
protéger ainsi le droit du justiciable.
B- En matière commerciale régie par le droit communautaire
41
Les avantages peuvent s’apprécier au niveau de la communication dans
les procédures collectives ainsi que de la communication des informations
collectées au RCCM
C- Les avantages de la communication au niveau des Procédures
Collectives
Les Procédures Collectives ont pour objectif la sauvegarde des entreprises en
difficulté. La communication en cette matière permet, premièrement d’informer
le Ministère Public en vue de la sauvegarde de l’intérêt public. L’intérêt ici étant
le maintien de l’activité économique et la sauvegarde des emplois. Ensuite elle
permet d’informer les créanciers de l’entreprise en difficulté en vue des actions à
mener pour la sauvegarde de leurs créances. Elle permet enfin d’informer le
public et les partenaires sur l’état économique de l’entreprise en difficulté.
D- Les avantages de la communication au niveau du RCCM
L’un des objectifs de l’institution du RCCM est d’offrir aux entreprises une
large possibilité d’informations commerciales et de faciliter les échanges
commerciaux entre les Etats Parties. La tenue de ces informations à la
disposition du public par le greffe répond donc à cet objectif, en permettant ainsi
d’assurer une certaine sécurité et transparence nécessaire au développement de
l’activité économique.
PARAGRAPHE II : LIMITES DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE CIVILE, SOCIALE ET
COMMERCIALE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX CHAPEAU
A- En matière civile et sociale
42
Les limites peuvent s’apprécier au niveau de l’étendue des textes relatifs à la
communication légale, et à l’inapplication de certaines dispositions dans la
pratique.
Le Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative ne compte
que 10 (dix) articles relatifs à la communication légale ; quant au Code Civil,
seul le code portant Droit de la personne et de la famille compte quelques
articles relatifs à la communication légale. C’est dire que très peu de texte sont
consacré à la communication légale. Il est donc revenu à la pratique d’organiser
cette communication. Ainsi, en ce qui concerne la traçabilité des dossiers
transmis, aucun texte ne prévoit l’établissement d’un registre de transmission
des communications, au contraire des autres registres dont la création relève
d’une disposition des codes (c’est le cas du registre dit « Rôle Générale »
institué à l’art. 40 CPCCA ou encore le Registre des Appels art 157CPCCA). La
pratique qui s’est développée en la matière est celle qui consiste pour chaque
Greffier à se faire son propre cahier de transmission afin d’assurer le suivi des
dossiers ou actes qu’il a personnellement transmis ; ou encore chaque Chambre
a son registre de transmission qui lui est propre.
En outre, en matière civile, aucun texte ne prévoit de délais légaux
imposés au Ministère Public pour rendre ses conclusions alors que la
communication des dossiers est assujettie à un délai. Lorsqu’une affaire est
renvoyée pour communication au Ministère Public, le Juge fixe une date de
renvoi dont le Procureur de la république doit tenir compte. Mais dans la
pratique, il arrive qu’à la date fixée, le Ministère Public n’a pas encore conclu.
Ce qui oblige le Juge à faire plusieurs renvois successifs et entraine une
véritable lenteur dans la procédure.
A cela, il faut ajouter l’inapplication de certains textes. C’est le cas de la
communication du Rôle Général au Ministère Public (art 135 CPCCA). Bien
43
que cette communication soit obligatoire, dans la pratique, elle n’est pas
exécutée par le Greffier.
Au niveau de la procédure ou mécanisme de communication, les textes sont
épars et limités.
B- En matière commerciale
Les limites au niveau de l’AU PCAP
Les Actes uniformes portant Procédures Collectives d’Apurement du Passif
et ceux relatifs au Droit Commercial Général ont institués plusieurs obligations
de communiquer que le greffier doit exécuter. Cependant ces obligations ne sont
pas entourées de garanties suffisantes ou de sanctions visant à assurer leur
exécution. Il en est d’ailleurs de même pour des infractions prévues dans les
Actes uniformes sans les sanctions qui devraient les accompagner. Il en résulte
que leur application à la pratique n’est pas aisée.
En ce qui concerne le RCCM, l’AUDCGGE prévoit son informatisation
ainsi que la création du Fichier National et du Ficher Régional. A ce jour, le
RCCM n’est pas encore informatisé. En outre le Ficher National n’est pas
encore établi. Aussi le greffier ne peut-il pas exécuter cette diligence.
Relativement à la procédure de communication, aucun mécanisme n’est prévu
par les actes uniformes, de sorte que c’est au Code de Procédure Civile
Commerciale et administrative c’est-à-dire au droit interne, qu’il faut se référer
en la matière.
Certaines difficultés ont été constatées lors de la communication légale.
Face à ces difficultés, des recommandations sont à envisager en vue d’améliorer
cette communication légale.
44
PETIT CONCLUSION ET TRANSITION POUR LA TROISIEME
PARTIE
45
TROISIEME PARTIE
PROPOSITION POUR L’AMELIORATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE AU GREFFE
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CHAPITRE I : QUELQUES PROPOSITIONS EN CE QUI CONCERNE
LA COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE PENALE
Les propositions en ce qui concerne la communication légale en matière
pénale s’articuleront autour de suggestions relatives à la formation des articles
et celles relatives à la procédure de communication.
SECTION I : SUGGESTIONS RELATIVEMENT A LA FORMULATION
DES ARTICLES
Au regard des difficultés relevées précédemment, nous suggérons plusieurs
améliorations.XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX IL FAUT AMELIORER ET
UN PEU LES DEUX SECTIONS
La précision quant à celui à qui incombe la charge de l’exécution de la
communication.
En cas de manquement, cette précision permettra de mieux situer les
responsabilités de chaque acteur de la communication ;
La nécessité de mieux formuler les obligations de communication
Les termes utilisés devront être sans équivoque de sorte à faciliter la
compréhension et l’interprétation des textes. En effet, il est souhaitable que le
législateur précise le caractère facultatif ou obligatoire d’une décision. Cette
précision facilitera également l’exécution des communications.
La nécessité de définir des délais
L’exécution de la communication doit être encadrée dans un délai strict et
précis pour obliger l’acteur concerné à effectuer une meilleure diligence.
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SECTION II : SUGGESTION RELATIVEMENT A LA PROCEDURE DE
COMMUNICATION
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
CHAPEAU
La demande et le contenu de la communication
Le Code de Procédure Pénale institue deux possibilités de communication
que l’on peut qualifier de communication facultative ; l’une à l’initiative des
parties et l’autre à l’initiative du Ministère Public. Rien dans les textes n’indique
la forme de cette demande. Pour des raisons de traçabilité et de preuve, la forme
écrite pourrait être suggérée.
En outre, les registres de transmission, qui permettent le suivi des actes ou
dossiers communiqués, pourraient être institués de façon textuelle pour
harmoniser les pratiques des Greffes.
Les moyens de réalisation de la communication
A l’ère des technologies de l’information et de la communication (TIC), la
communication légale pourrait être plus aisée et mieux sécurisée si les pièces et
dossiers reçus et conservés au Greffe sont numérisés.
En effet la manipulation et le transport des dossiers physiques présentent de
nombreux risques, tels que la perte des dossiers, la soustraction de certaines
pièces, leur détérioration voire leur destruction. Tous ces risques peuvent être
évités, et la transmission facilitée par la numérisation. La numérisation pourrait
résoudre alors à la fois les problèmes de conservation, de sécurisation de
transmission et aussi de manipulation et de de la logistique des documents
physiques, parfois volumineux, lourd et occupant beaucoup d’espace.
A cela, on peut ajouter l’informatisation et la mise en réseau des acteurs
de justice. Ce qui pourrait résoudre les questions de célérité dans la
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communication et le traitement des dossiers aussi bien au Ministère Public
qu’aux parties à une instance.
PETIT TRANSITION POUR LE CHAPITRE II
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CHAPITRE II : QUELQUES PROPOSITIONS EN CE QUI CONCERNE
LA COMMUNICATION LEGALE EN MATIERE CIVILE SOCIALE ET
COMMERCIALE
En vue de parvenir à une meilleure communication légale en matière civile
sociale et commerciale, nos suggestions s’articuleront en matière civile et
sociale et en matière commerciale.
SECTION I : LES SUGGESTIONS EN MATIERE CIVILE ET SOCIALE
Elles porteront essentiellement sur la communication légale obligatoire et la
communication légale facultative.
PARAGRAPHE I: LES SUGGESTIONS RELATIVES A LA
COMMUNICATION LEGALE OBLIGATOIRE
L’organisation de la communication légale dans le Code de Procédure Civile
Commerciale et Administrative est prévue dans des termes très généraux. Aussi
une meilleure précision permettra-t-elle de réduire la disparité des pratiques au
Greffe en la matière. En ce sens, sont suggérés :
- l’institution de registre de transmission par une disposition législative : ce
qui permettra un suivi uniforme de la communication légale dans le
Greffe;
- l’institution de délai pour le retour des conclusions du Ministère Public,
afin que le traitement des procédures se fasse dans la célérité ou dans des
délais raisonnable;
- l’octroi de plus de pouvoir aux avis du Procureur de la République dans
les causes obligatoirement communicables. L’avis du Ministère Public est
requis dans toutes les affaires intéressant l’ordre public. Le Procureur de
la République étant le garant de l’ordre public, le juge devrait quelque fois
suivre cet avis. Mais le siège est caractérisé par l’indépendance du juge.
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Le juge se doit être impartial pour garantir administration d’une bonne
justice.
PARAGRAPHE II : LES SUGGESTIONS RELATIVES A LA
COMMUNICATION LEGALE FACULTATIVE
La communication facultative comprend la communication facultative à
l’initiative du Ministère Public, et la communication facultative à l’initiative du
juge. Dans ce contexte une large place est faite à la discrétion de ces deux
autorités judiciaires.
Mais pour que la communication légale facultative à l’initiative du
Ministère Public soit opérante, il faut que la communication du rôle soit
exécutée comme le prévoit le code de CPCCA.
En outre il est nécessaire d’améliorer la procédure de communication pour
faciliter la tâche au greffier.
Ainsi se résume l’organisation de la communication légale en matière
civile, sociale et commerciale.
SECTION 2 : LES SUGGESTIONS EN MATIERE COMMERCIALE
Les suggestions se feront en considération des critiques faites au niveau du
droit communautaire.
XXXXX XXXXXXXXXXXXXXXX AIDE MOI A FAIRE EN 2
PARAGRAPHE A PARTIR DE L INFORMATISATION DU GREFFE A LA
CENTRALISATION DES INFORMATIONS
L’informatisation du greffe :
L’informatisation du Greffe est le point essentiel pour la célérité dans
l’exécution des communications et pour assurer la traçabilité des procédures
notamment en ce qui concerne le RCCM.
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Sanction en cas de manquement :
Il serait louable d’assortir les obligations de communiquer de sanctions
portant aussi bien sur validité des actes que sur les procédures elles-mêmes.
Vu la nécessité de communication dans certaines procédures, révoir aussi des
sanctions vis-à-vis des acteurs qui manquent à leurs obligations en la matière,
notamment le Greffier.
La centralisation des informations
L’informatisation et l’organisation de la communication devrait aboutir à
la mise en place d’un système d’information avec une base de données centrale.
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CONCLUSION
REVOIRE LA CONCLUSION
En définitive, ce mémoire a été pour nous l’occasion d’améliorer nos
connaissances sur la thématique de la communication légale dans les juridictions
de premier degré.
Le prisme de greffier dont nous nous sommes servi pour mener l’étude
nous a permis d’examiner le dispositif législatif et règlementaire qui organise les
modalités de communication des actes et procédures judiciaires.
De cet examen, il ressort que les différents codes examinés ont certes
définis les actes et procédures que le greffier doit communiquer. Mais les
procédures de communication sont à peine abordée, et sont très pauvre
relativement en l’état actuel du développement du droit.
En outre les obligations de communiquer ne sont pas toujours exprimer en
des termes suffisamment explicites. Il en résulte que la tâche du greffier en la
matière est bien laborieuse.
En l’état actuel, c’est la pratique du greffe qui supplée à cette lacune.
Nous sommes convaincus que cette organisation peut être encore
améliorée. Au-delà de la simple organisation proprement dite, c’est l’importance
de cette diligence qu’il faut souligner afin d’attirer l’attention du Greffier sur son
exécution.
Il est impérieux de relever dans la chute de nos propos que de nombreuses
conséquences sont rattachées à l’exécution tout comme à l’inexécution des
diligences relatives à la communication légale. Ignorer toutes ses implications
c’est mettre en péril l’exercice même de la justice.
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BIBLIOGRAPHIE
TEXTES JURIDIQUES
Loi N°98-744 du 23 décembre 1998 modifiant la loi N°61-155 du 18 mai
1961 portant organisation judiciaire, telle que modifiée par la loi N°64-
227 du 14juin 1964 ;
Loi N°2018-975 du 27 décembre 2018 portant code de procédure pénale
Loi N°2017-728 du 9 novembre 2017 portant code de procédure civile,
commerciale et administrative
Décret N° 2015-492 du 07 juillet 2015 portant Statut des greffiers
Acte uniforme révisé portant sur le Droit Commercial général et
groupement d’intérêt économique adopté le 15/10/2010
Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif adopté le 10/09/2015
Code Général des Impôts 2020
OUVRAGES SPÉCIALISÉS
Code Général des Impôts 2020
Code de procédure pénale, CNDJ, Abidjan, Edition 2019, 438p
Code pénal, CNDJ, Abidjan, Edition, 2019, 657p ;
Code de procédure civile, commerciale et administrative, CNDJ, Edition,
2021, 466p ;
Code de la famille, CNDJ, Abidjan, Edition 2021, 531 p ;
OUVRAGES GENERAUX
Lexique des termes juridiques 2019-2020, Paris, Dalloz, 25 èEdition,
1163p.
Cours de communication organisationnelle, Docteur KONE Bamory
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Table des matières
INTRODUCTION...............................................................................................4
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DE L’ORGANISATION DE LA
COMMUNICATION LEGALE AU GREFFE................................................6
CHAPITRE 1 : L’ORGANISATION DE LA COMMUNICATION
LEGALE EN MATIERE PENALE..................................................................7
SECTION 1 : LE CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE
IVOIRIEN.........................................................................................................7
Paragraphe 1 : La communicabilité des actes judiciaires et
juridictionnels................................................................................................7
B. Vis-à-vis des parties................................................................................8
Paragraphe 2 : la communicabilité des procédures judiciaires................9
A. Les procédures communicables au ministère public...........................9
B. Les procédures communicables aux parties.........................................9
SECTION 2 : L’ORGANISATION DE LA PROCEDURE DE
COMMUNICATION.......................................................................................9
Paragraphe 1 : La demande de la communication et le contenu de la
communication..............................................................................................9
A. La demande de la communication.......................................................10
B. Le contenu de la communication.........................................................10
Paragraphe 2 : les délais de la communication........................................11
A. Les délais relatifs à la communication au ministère public..............11
B. Les délais relatifs a la communication aux parties............................12
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ANNEXES
VOIRE L ANNEXE
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