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Chapitre 1 : introdution a l’optiquE physique
L’optique est l’étude de la lumière. La lumière est émise par la matière et se manifeste par son
action sur l’œil puis sur d’autres récepteurs tels que : la plaque photographique, une lame de
platine noirci qui s’échauffe et une plaque de métal qui émet des électrons par effet
photoémissif.
Ces récepteurs permettent de mettre en évidence des domaines de la lumière que l’œil ne perçoit
pas (les ultraviolets et les infrarouges).
L’échauffement d’un métal et l’émission d’électrons montre que la lumière transporte de
l’énergie.
1. Théories sur la lumière
1.1. Modèle corpusculaire de la lumière (Newton)
Newton : La lumière est un flux de particules émises par les objets lumineux. Ces
particules se déplacent en ligne droite dans un milieu donné.
Einstein : version moderne de la théorie corpusculaire
Un faisceau de lumière monochromatique de fréquence véhicule son énergie sous
forme de grains de lumière ou photons. Les photons ne sont pas des grains de
matière, leur masse est nulle.
1.2. Modèle vibratoire ou ondulatoire de la lumière (Huyghens, Fresnel)
La lumière est constituée d’ondes qui se propagent. La figure 1 ci-dessous
représente la structure de l’onde pour un instant t donné. Elle montre que l’onde est
caractérisée par un champ électrique et un champ magnétique perpendiculaires
entre eux. Ces champs, grandeurs vectorielles, subissent une variation sinusoïdale
en fonction du temps.
Figure 1 : Structure onde plane progressive
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Au point M, 𝐸⃗ (𝑀, 𝑡) et 𝐵
⃗ (𝑀, 𝑡) sont perpendiculaires à la direction de propagation donnée par
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑆𝑀
le vecteur unitaire 𝑢
⃗ = ̅̅̅̅ ⃗ , 𝐸⃗ , 𝐵
. Le plan qui les contient est appelé plan d’onde. (𝑢 ⃗ ) forme alors
𝑆𝑀̅
un trièdre orthogonal direct. S est le point source situé à l’infini (SM ≫ λ = cT, avec T la
période du signal).
La direction du champ électrique dans le plan d’onde est appelée direction de polarisation. Pour
la lumière naturelle, cette direction varie de manière aléatoire et très rapidement si on compare
au temps de réponse des récepteurs usuels. Les récepteurs ne sont donc pas sensibles à la
direction du champ électrique.
NB : On peut traiter la lumière comme une onde scalaire tant que les milieux traversés sont
isotropes. La lumière naturelle (Soleil, lampes usuelles) est dite non polarisée. Ainsi, nous
utiliserons le modèle scalaire pour une vibration lumineuse émise à la source (S) de pulsation
ω avec une amplitude constante :
𝑠(𝑡) = 𝑎0𝑠 cos(𝜔𝑡) (1)
Rappels :
C
- La fréquence est liée à la longueur d’onde par la relation : 0 C T
- L’énergie des photons (grains de lumière) est liée à la fréquence par la relation
de Planck : E h
C
h est constante de Planck, (h = 6,62607015 .10-34 J.s) ; la fréquence (s-1 ou
Hz); C (m/s) est la célérité de la lumière et (m) la longueur d’onde. Dans le vide,
C = 300 000 km/s.
1.3. Sources lumineuses – intensité lumineuse
1.3.1. Source usuelle
Dans la vie courante, nous utilisons des lampes à incandescence (filament chauffé), des tubes à
néon (décharge électrique dans un gaz raréfié). En TP, nous utilisons des lampes spectrales
(décharge électrique dans un gaz, mercure, sodium, cadmium) et des lasers (sources cohérentes
voir chapitre 2).
Remarque : Les lampes blanches à incandescence de TP ont un rayonnement type corps
noir donc un spectre continu
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1.3.2. Spectre du visible
La lumière visible représente une infime partie du spectre électromagnétique. La figure 2
présente le spectre de la lumière avec les domaines d’application
Figure 2 : spectre électromagnétique
Nous nommons couleur la perception d'une excitation lumineuse suite à un processus
neurophotochimique par l'oeil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses avec une (ou
des) amplitude(s) donnée(s).
L’œil est sensible à l’intervalle de longueurs d’onde [400 nm ; 750 nm] ; c’est le domaine du
visible. Dans ce domaine, les fréquences sont de l’ordre de quelques 1014s-1, les périodes sont
de l’ordre de quelques 10-15 s.
Nous pouvons créer n'importe quelle couleur en additionnant les trois couleurs de base (leu-
vert-rouge) appelées "couleurs fondamentales additives" (ou "couleurs primaires additives").
Cela s'appelle la "synthèse additive" des couleurs.
Tableau 1 : Valeurs de quelques longueurs d'onde et fréquences
Couleur Longueur d'onde [nm] Fréquence [THz]
rouge ~ 625-740 ~ 480-405
orange ~ 590-625 ~ 510-480
jaune ~ 565-590 ~ 530-510
vert ~ 520-565 ~ 580-530
cyan ~ 500-520 ~ 600-580
bleu ~ 446-500 ~ 690-600
violet ~ 380-446 ~ 790-690
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La lumière blanche est polychromatique. Le blanc et le noir ne sont pas des couleurs.
Deux couleurs A et B sont complémentaires ou additives si et seulement si A+B = Blanc et
soustractives si et seulement si A+B = Noir.
Représentation de la synthèse additive (triangle de Représentation de la synthèse soustractive
couleur)
Exemples :
Raie jaune du sodium doublet : 𝜆 = 589,0 𝑛𝑚 et 𝜆 = 589, 6 𝑛𝑚.
Raie rouge du laser He-Ne : 𝜆 = 632,8 𝑛𝑚 nm.
Raie verte du mercure : 𝜆 = 546 𝑛𝑚.
1.3.3. Intensité lumineuse
L’intensité lumineuse émise par une source est proportionnelle à la moyenne temporelle du
carré du signal lumineux au point M.
𝐼 (𝑀) = 𝐾〈𝑠 2 (𝑀, 𝑡)〉 (2)
Elle est homogène à une puissance surfacique (énergie qui traverse l’unité de surface
perpendiculaire à la direction de propagation par unité de temps).
Si le signal n’est pas périodique, on fait la moyenne sur un temps caractéristique des
variations de 𝒔(𝑴, 𝒕)
Remarque : Cette définition est cohérente avec l’électromagnétisme. La moyenne temporelle
du flux du vecteur de Poynting à travers l’unité de surface perpendiculaire en M à la direction
de propagation représente la puissance moyenne surfacique rayonnée au point M à travers
l’unité de surface : 𝑃𝑠𝑢𝑟𝑓𝑚𝑜𝑦 = 𝐾 〈𝐸 2 (𝑀, 𝑡)〉.
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1.4. Récepteurs lumineux
1.4.1. Exemples de récepteurs
- L’œil : Il est constitué de deux types de cellules sensibles à la lumière, les cônes et les
bâtonnets. L’œil humain perçoit les longueurs d’onde entre 400 et 800 nm et n’est pas sensible
à la lumière polarisée.
- Photodiode : La photodiode est une diode spéciale qui, lorsqu’elle est polarisée en inverse,
contrairement à une diode normale, est parcourue par un courant proportionnel à la puissance
lumineuse reçue. La mesure de l’intensité électrique donne donc accès (à une constante près) à
la puissance lumineuse. La photodiode détecte toute l’étendue du spectre visible mais est aussi
sensible à l’infrarouge. Le temps de réaction d’une photodiode est beaucoup plus bref que celui
de l’œil (10–5 s contre 0,1 s pour l’œil).
- Capteurs CCD : Le capteur CCD (coupled charge device) est composé d’une suite de petites
photodiodes placées les unes contre les autres et se présente souvent sous la forme d’une
barrette.
1.4.2. Temps de réponse
Les récepteurs lumineux (photocellules, pellicules photo, œil, etc.) ont des temps de réponse
très grands devant la période des ondes lumineuses dans le visible. Le temps de réponse de l’œil
est de l’ordre de 0,1 s.
Les récepteurs sont sensibles à la puissance lumineuse reçue sur toute la surface du détecteur
donc au carré du signal reçu sur toute la surface, mais étant donné les ordres de grandeur des
temps de réponse des récepteurs, ils mesurent une grandeur proportionnelle à la
moyenne temporelle du carré de la vibration lumineuse
Exemples de temps de réponse :
Pour une photodiode, le temps de réponse est de 10-6 s et pour une pellicule photo, de l’ordre
de 10-4 s à 10-2 s, ce qui correspond au temps d’exposition de la pellicule à la lumière.
1.4.3. Postulat des récepteurs
On postule que l’impression au point M sur une plaque photo, ou l’éclairement au point M d’un
écran, ou la réponse au point M d’un photodétecteur, est proportionnelle à l’intensité reçue au
point M. La constante de proportionnalité n’est pas accessible mais on pourra prendre une
référence : par exemple, on pourra se référer à l’éclairement maximal sur l’écran.
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2. Propagation – Déphasages - Théorème de Malus - Chemin optique
2.1. Propagation – Retard dû à la propagation
Soit un signal émis au point source S, 𝑠 (𝑡) = 𝑎0𝑠 cos(𝜔𝑡) ; il se propage dans le milieu d’indice
𝐶
n constant. Soit 𝑣 = 𝑛 la vitesse de propagation des ondes lumineuses ; le retard temporel dû à
la propagation du signal d’une source S jusqu’en un point M est :
𝑆𝑀 𝑛𝑆𝑀
𝑡𝑟 = =
𝑣 𝐶
Le signal au point M reproduit le signal au point S avec ce retard et vaut :
𝑠 (𝑀, 𝑡) = 𝑠(𝑆, 𝑡 − 𝑡𝑟 )
Ici, 𝑠(𝑀, 𝑡) = 𝑎0 cos[𝜔(𝑡 − 𝑡𝑟 )], l’amplitude 𝒂𝟎 est considérée constante.
𝑎0𝑠
En effet, en toute rigueur 𝑎0𝑀 =
𝑆𝑀
Mais, les distances de la source au point M étant très grandes devant la longueur d’onde dans
le vide (SM ≫ λ = cT) et les dimensions de la surface utile du récepteur, on peut considérer
que, dans une petite zone autour du point M, la distance à la source ne varie pas.
On préfère utiliser le chemin optique noté (SM) avec (𝑺𝑴) = 𝒏 𝑺𝑴 et écrire :
𝑠(𝑀, 𝑡) = 𝑎0 cos[𝜔(𝑡 − (𝑆𝑀)/𝑐 )] = 𝑠(𝑀, 𝑡) = 𝑎0 cos[(𝜔𝑡 − 𝜔(𝑆𝑀)/𝑐)] (3)
2.2. Déphasages
2.2.1. Calcul du déphasage entre deux points situés sur un même rayon lumineux
Dans un milieu d’indice n constant, le trajet effectivement suivi par la lumière est rectiligne.
On parle de rayon lumineux ; il est issu de la source S et atteint O avant d’atteindre M donc le
déphasage n’est pas le même en ces deux points.
Le retard dû à la propagation induit un déphasage du signal en M par rapport au signal en O.
Ce déphasage vaut 𝜙𝑀⁄𝑂 :
𝜔
𝜙𝑀⁄𝑂 = 𝜙𝑀⁄𝑆 − 𝜙𝑂 ⁄𝑆 = (𝑂𝑀 )
𝐶
2𝜋𝐶
Or, (𝑂𝑀) = 𝑛𝑂𝑀 𝑒𝑡 𝜔 = , donc :
𝜆
2𝜋𝑛
𝜙𝑀⁄𝑂 = 𝑂𝑀 (4)
𝜆
𝟐𝝅𝒏
Dans cette relation, la constante 𝝀
correspond à la norme du vecteur 𝑘⃗ , appelé vecteur d’onde.
⃗𝒌 = 𝟐𝝅𝒏 𝒖
⃗, avec 𝑢
⃗, le vecteur unitaire donnant la direction
𝝀
et le sens du rayon lumineux. On peut alors écrire le déphasage :
⃗ . 𝑶𝑴
𝝓𝑴⁄𝑶 = 𝒌 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
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2.2.2. Calcul du déphasage entre deux points situés sur deux rayons lumineux parallèles
Il s’agit d’une source S à l’infini de direction de droite 𝑢
⃗⃗⃗⃗𝑆 . Elle correspond à un faisceau
parallèle de rayons lumineux.
Soit O un point situé sur un rayon et M un point situé sur un
rayon parallèle.
𝜙𝑂⁄𝑆 = 𝑘⃗. 𝑆𝑂
⃗⃗⃗⃗⃗
{ ⟹ 𝜙𝑀⁄𝑆 − 𝜙𝑂⁄𝑆 = 𝑘⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑆𝑀 − 𝑘⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑆𝑂 = 𝑘⃗. (𝑆𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑆)
𝜙𝑀⁄𝑆 = 𝑘⃗. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑆𝑀
D’où, 𝝓𝑴⁄𝑶 = 𝝓𝑴⁄𝑺 − 𝝓𝑶⁄𝑺 = ⃗𝒌. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑶𝑴
Remarque : soit H le projeté orthogonal de M sur le rayon passant par O, on a :
𝜙𝐻⁄𝑂 = 𝑘⃗ . 𝑂𝐻
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑘⃗ . (𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = 𝑘⃗ . 𝑂𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + 𝑀𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + 𝑘⃗ . 𝑀𝐻
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Or, 𝑘⃗. 𝑀𝐻
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 0 (les deux vecteurs sont orthogonaux). D’où : 𝝓𝑯⁄𝑶 = 𝝓𝑴⁄𝑶
Conclusion :
Que O et M soient sur le même rayon ou sur deux rayons parallèles, le déphasage vaut :
𝜙𝑀⁄𝑂 = 𝑘⃗. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 (5)
𝟐𝝅𝒏
Avec ⃗𝒌 = 𝝀
⃗⃗⃗⃗
𝒖𝑺, avec ⃗⃗⃗⃗
𝒖𝑺, le vecteur unitaire du rayon lumineux.
2.3. Surfaces d’onde – Ondes planes et sphériques -Théorème de Malus
On appelle surface d’onde d’une source S, à l’instant t, l’ensemble des points M de phase
𝝓𝑴⁄𝑺 constante. Pour une onde monochromatique, c’est l’ensemble des points M à égal
chemin optique de la source S, (SM) = constante. Dans un milieu d’indice n constant, cela
correspond à la surface SM = constante donc à une sphère de centre S. On a une infinité de
surfaces d’onde. On parle d’onde sphérique.
Quand M est à très grande distance de la source, dans une zone proche de M, on peut assimiler
les surfaces d’onde sphériques à des plans, on parle de plans d’onde et d’onde plane. On peut
aussi dire que la source est à l’infini.
Théorème de Malus.
Les normales aux surfaces d’onde sont les
rayons lumineux pour une onde quelconque
(non nécessairement monochromatique).
Approximation scalaire
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Approximation scalaire
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Finalement, dans le cadre de l’approximation scalaire, on peut représenter une onde lumineuse
monochromatique par le champ scalaire :
𝑺(𝒓
⃗ , 𝒕) = 𝒂𝟎 (𝒓
⃗ )𝒄𝒐𝒔[𝝎𝒕 − 𝝋((𝒓
⃗ ))] (6)
⃗ ) = 𝑪𝒕𝒆 +
Une surface d’onde correspond à l’ensemble des points tel que = 𝝎𝒕 − 𝝋(𝒓
𝟐𝒑𝝅, 𝒑𝝐𝚭 . Les rayons lumineux, perpendiculaires aux surfaces d’onde, sont les lignes de
⃗ 𝝓.
champ du vecteur −𝛁
Citons quelques exemples d’ondes scalaires monochromatiques que nous aborderons dans ce
cours.
Onde sphérique divergente.
Une source qui rayonne de façon identique dans toutes les directions depuis un point S, s’écrit
𝒂𝟎
en coordonnées sphérique 𝑺(𝒓
⃗ , 𝒕) = 𝒄𝒐𝒔[𝝎𝒕 − 𝒌𝒓], 𝒓 = 𝑺𝑴. Les surfaces d’onde ont pour
𝒓
équation 𝝓 = 𝝎𝒕 − 𝒌𝒓 = 𝑪𝒕𝒆 + 𝟐𝒑𝝅, 𝒑𝝐𝚭, soit :
𝝎 𝟐𝝅
r= 𝑪𝒕𝒆 + 𝒌 𝒕 + 𝒑 (7)
𝒌
𝝎
Ce qui correspond à des sphères de centre S se dilatant à la vitesse de propagation 𝒗 = 𝒌 . Les
rayons lumineux, perpendiculaires aux surfaces d’onde, divergent de façon radiale à partir du
point source O. Concernant l’amplitude, celle-ci décroit comme 1/r par conservation de
l’énergie : au fur et à mesure que les surfaces d’onde se dilatent, l’aire de celles-ci
augmentent comme r2 ce qui impose à l’intensité de décroître comme 1/r2.
On constate que l’amplitude de l’onde diverge (au sens mathématique) lorsque r = 0. En réalité
le modèle de l’onde sphérique n’est plus valide à proximité de la source.
Onde sphérique convergente.
On obtient une onde sphérique convergente en changeant k en –k, ce qui donne :
𝑎0
𝑆 (𝑟 , 𝑡 ) = 𝑐𝑜𝑠[𝜔𝑡 + 𝑘𝑟]. Les rayons sont alors radiaux et convergents
𝑟
Onde plane.
Éloignons une source lumineuse isotrope à très grande distance. Dans ce cas, les rayons qui
nous arriveront seront quasi-parallèles et les surfaces d’onde quasi-planes. Ainsi, la
structure locale de l’onde peut être modélisée par 𝑆(𝑟, 𝑡) = 𝑎0 𝑐𝑜𝑠[𝜔𝑡 − 𝑘⃗. 𝑟]
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Pour une onde plane, les rayons lumineux sont parallèles entre eux et perpendiculaires aux
surfaces d’onde.
« Aplatissement » des ondes sphériques
En optique géométrique, les formules dites de conjugaison expriment que le point objet A
est conjugué du point image A’ dans l’approximation de Gauss, c’est-à-dire que quel que soit
le rayon lumineux incident issu de A, il émerge en passant par A’. Le chemin optique est donc
conservé : (AA) = constante. Deux points appartenant à la même surface d’onde de la source A
(ou A’ par principe du retour inverse de la lumière) sont à même chemin optique de A (ou de
A’). La figure ci-dessous illustre cela.
2.4. Déphasages supplémentaires
On admet que, dans le cas d’une réflexion sur un métal dite réflexion métallique, l’onde
réfléchie se déphase de 𝜋 en plus par rapport à l’onde incidente.
On admet que, dans le cas d’une réflexion d’un milieu d’indice 𝑛1 sur un milieu d’indice 𝑛2 plus
élevé (𝑛2 > 𝑛1 ), l’onde réfléchie se déphase de 𝜋 en plus par rapport à l’onde incidente tandis
que l’onde transmise reste en phase avec l’onde incidente.
Cela se démontre dans le cadre de la propagation des ondes électromagnétiques dans les milieux
conducteurs et diélectriques parfaits.
2.5. Chemin optique
Pour un milieu quelconque, on définit le chemin optique sur un rayon lumineux curviligne
quelconque de A à B par l’intégrale linéaire
B B B B
LAB n( M )dsM n( M )d n( M )v( M )dt Cdt C t B t A (8)
A A A A
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𝐿𝐴𝐵
𝑡𝑟 = 𝑡𝐵 − 𝑡𝐴 = est la durée de propagation du rayon entre les points A et B. elle correspond
𝐶
au retard temporel dû à la propagation.
On peut donc interpréter le chemin optique comme le chemin parcouru dans le vide pendant la
durée réelle mise pour aller de A à B dans le milieu d’indice n.
Sous la forme discrète on a L i ni i avec 1 réel et 1 virtuel
Dans un milieu homogène, le chemin optique s’exprime
simplement :
LAB nAB
chemin optique entre les points A et B
NB : Dans un milieu homogène le chemin optique est continu et constant.
Supposons maintenant un rayon monochromatique de pulsation 𝝎.
Au point A, son état vibratoire est donné par : 𝑺(𝑨, 𝒕) = 𝒂𝟎 (𝑨)𝒄𝒐𝒔[𝝎𝒕 − 𝝋], 𝝋 est la phase à
l’origine.
Au point B, du fait de la propagation, on a :
𝝎.𝑳𝑨𝑩
𝑺(𝑩, 𝒕) = 𝒂𝟎 (𝑩)𝒄𝒐𝒔[𝝎(𝒕 − 𝒕𝒓 ) − 𝝋] = 𝒂𝟎 (𝑩)𝒄𝒐𝒔 [𝝎𝒕 − − 𝝋] (9)
𝑪
2𝜋𝐶
Or, 𝜔 = . On trouve alors que le long d’un rayon, le déphasage entre deux points A et B
𝜆
2𝜋
est donné par : ∆𝝓𝐴𝐵 = 𝐿𝐴𝐵
𝜆
Pour une onde monochromatique, le déphasage entre deux points d’un rayon ne dépend que
du chemin optique entre ces points.
3. Représentations d’une onde scalaire monochromatique
3.1. Vecteurs de Fresnel
Considérons un signal sinusoïdal 𝑺( 𝒕) = 𝑨 𝒄𝒐𝒔[𝝎𝒕 + 𝝋]. Il peut caractériser l’état vibratoire
d’une onde lumineuse en un point de l’espace ou un signal électrique dans un circuit. On peut
⃗ du plan de longueur 𝑨
interpréter ce signal comme la projection sur l’axe Ox d’un vecteur 𝑺
faisant un angle 𝝎𝒕 + 𝝋 ‚ i par rapport à l’axe Ox. Un tel vecteur tournant est appelé phaseur
ou vecteur de Fresnel. L’intérêt de cet outil est qu’il permet de ramener le problème d’une
somme de signaux harmoniques à un problème d’addition vectoriel. Par exemple, imaginons
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deux ondes harmoniques de phase 𝝎𝟏 𝒕 + 𝝋𝟏 et 𝝎𝟐 𝒕 + 𝝋𝟐 et d’amplitude A1 et A2 arrivant en
un point. L’onde résultante est :
𝑺( 𝒕) = 𝑨(𝒕) 𝒄𝒐𝒔𝝓(𝒕) = 𝑨𝟏 𝒄𝒐𝒔[𝝎𝟏 𝒕 + 𝝋𝟏 ] + 𝑨𝟐 𝒄𝒐𝒔[𝝎𝟐 𝒕 + 𝝋𝟐 ] (10)
La représentation vectorielle de cette onde s’obtient en mettant bout à bout les deux phaseurs.
𝑨(𝒕) est la longueur du vecteur résultant et 𝝓(𝒕) l’angle que fait ce même vecteur par rapport
à l’axe Ox. Cette méthode a surtout un intérêt lorsque les signaux que l’on ajoute sont tous
synchrones : dans ce cas, tous les phaseurs tournent à la même vitesse angulaire, et on peut
fixer arbitrairement t = 0 pour simplifier l’étude. Une fois l’amplitude résultante obtenue, on
1
en tire l’intensité lumineuse 𝐼 = 〈𝑠 2 〉 = 2 𝐴2 .
Application : soient trois ondes synchrones de même amplitude 𝑨𝟎 arrivant sur un capteur.
Quelle est l’intensité résultant lorsque deux d’entre elles vibrent en phase et en quadrature de
𝜋
phase (déphasage de 2 ) avec la troisième.
Résultat :
En appliquant le théorème de Pythagore, on
trouve 𝑨𝟎 = √𝟓𝒂 ;
𝑰 = 𝟓𝑰𝟎 , I0 désigne l’intensité des trois ondes
Conclusion : lors d’une superposition d’ondes, ni
les amplitudes ni les intensités s’ajoutent, a priori
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3.2. Notation complexe
On sait qu’un vecteur du plan de composantes (𝑥, 𝑦) peut être associé à un nombre complexe
𝑧 = 𝑥 + 𝑖𝑦. Ainsi, à on associe à un signal harmonique 𝑆 ( 𝑡) = 𝐴 𝑐𝑜𝑠[𝜔𝑡 + 𝜑], le nombre
complexe 𝑆 (𝑡) = 𝐴𝑒 𝑖(𝜔𝑡+𝜑) = 𝐴𝑒 𝑖(𝜔𝑡) , avec : 𝐴𝑒 𝑖𝜑 .
Le signal réel s’obtient simplement en prenant la partie réelle du complexe associé :
𝑨 𝒄𝒐𝒔[𝝎𝒕 + 𝝋] = 𝑹𝒆(𝑨𝒆𝒊(𝝎𝒕) )
L’intérêt de la notation complexe est qu’il permet de faire toute opération linéaire telle que
l’addition, la dérivation ou l’intégration, puis de prendre la partie réelle à la fin sans perdre
d’information. On a les égalités suivantes :
𝑑𝑧 𝑑𝑅𝑒(𝑧)
𝑅𝑒 (𝑧1 + 𝑧2 ) = 𝑅𝑒 (𝑧1 ) + 𝑅𝑒 (𝑧2 ) ; 𝑅𝑒 (𝑑𝑥 ) = ; 𝑅𝑒(∫ 𝑧𝑑𝑥) = ∫ 𝑅𝑒(𝑧)𝑑𝑥
𝑑𝑥
Notons qu’il est plus facile d’effectuer toutes ces opérations avec les grandeurs complexes
qu’avec les grandeurs réelles.
Le nombre complexe 𝐴 est appelé amplitude complexe. Sa détermination permet de déduire
l’amplitude du signal réel ainsi que la phase :
𝐴 = |𝐴| et 𝜑 = arg(𝐴)
En optique ondulatoire, c’est l’intensité de l’onde qui nous intéresse. L’équation (2) s’écrire
1 2 1
𝐼 = 2 |𝐴| = 2 𝐴 𝐴∗ (11)
Reprenons l’exemple du paragraphe précédent où trois ondes interfèrent, deux vibrant en phase,
la troisième étant en quadrature de phase par rapport aux autres. Les amplitudes complexes de
𝝅
ces trois ondes s’écrivent donc 𝒂 = 𝑨𝟏 = 𝑨𝟐 et 𝑨𝟑 = 𝒂𝒆𝒊− 𝟐 = −𝒊𝒂
Ainsi, l’amplitude complexe de l’onde résultante s’écrit 𝑨 = 𝟐𝒂 − 𝒊𝒂 et
𝟓
l’intensité vaut : 𝑰 = 𝑨 𝑨∗ = (𝟐𝒂 − 𝒊𝒂)(𝟐𝒂 + 𝒊𝒂) = 𝟐 𝒂𝟐 = 𝟓𝑰𝟎
L’intensité est multipliée par cinq conformément au résultat précédent.
Résumons : Malgré la nature électromagnétique de la lumière, il est possible, en première
approximation, de réduire celle-ci à une onde scalaire dont le transport de l’énergie peut être
décrit par le concept de rayon lumineux. Pour une onde monochromatique, on distingue deux
caractéristiques : l’amplitude de l’onde qui est à relier à l’intensité du rayonnement, et la
fréquence de l’onde qui détermine son domaine spectral (et sa couleur si la lumière est visible).
Enfin, au cours du trajet, l’onde se déphase via la relation
2𝜋
∆𝝓𝐴𝐵 = 𝐿 + ∆𝜑, 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∆𝜑 = 𝜑(𝑡 − 𝑡𝑟 ) − 𝜑(𝑡)
𝜆 𝐴𝐵
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