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FICHE 4O
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LA GOUVERNANCE MONDIALE
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DES MIGRATIONS
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La gouvernance mondiale des migra- LES ORIGINES
lle du
tions, encouragée au début des années du vieillissement de la population, no-
2000 par Kofi Annan et par de nom- Le point de départ d’une telle réflexion tamment en Europe (Russie incluse)
breuses organisations internationales se situe dans les années 1990. Un et au Japon. Une prise de conscience
virtue
(ONU, HCR, OIM, OIT, notamment), consensus pour la gouvernance glo- émerge du fait que la population active
consiste à faire dialoguer, de façon bale des migrations se dessine avec la n’est pas une ressource inépuisable et
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multilatérale, tous les acteurs impli- conférence du Caire sur la population et qu’elle va se raréfier à l’horizon 2030.
qués dans la dynamique des migrations le développement de 1994 : l’idée se fait En 2003, le Secrétaire général des
(pays de départ et d’accueil, OIG, ONG, jour qu’il faudrait appliquer des règles Nations unies Kofi Annan s’implique
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Églises, syndicats, patronat, associa- internationales à la migration. En 2000, pour soutenir une « gouvernance mon-
tions de défense des droits, associations le rapport du département de démogra- diale des migrations », à la légitimité
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de migrants, acteurs du développement, phie des Nations unies sur les migra- encore fragile, définie par le Geneva
experts) pour élaborer des normes s’im- tions de remplacement prend la mesure Migration Group en 2004 – devenu
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posant aux États. des déséquilibres démographiques et le Groupe mondial sur la migration
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(GMG, Global Migration Group) avec le commerce encadrées dans les pays de l’homme et approches souverai-
l’adjonction de la Banque mondiale et en développement. Ce mécanisme de nistes, valorisation de la fluidité interna-
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du HCR. dialogue a fait apparaître divers phé- tionale pour tous les facteurs d’échange,
En 2006, il met en place un « Dialogue nomènes : la stratégie de visibilité de sauf les hommes) et de pratiques ayant
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de haut niveau » qui donnera naissance petits États de départ comme le Népal, des effets indirects sur les migrations,
en 2007 au Forum mondial sur la migra- l’existence de pays d’émigration de- comme l’exploitation des matières pre-
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tion et le développement (FMMD) qui venus aussi pays d’immigration et de mières des pays africains par des pays
se réunit chaque année. transit comme le Maroc ou le Mexique, tiers, la délocalisation de cultures à
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La gouvernance affiche pour objectif l’entrée en scène de la Russie comme forte valeur marchande dans des pays à
de parvenir à un modèle « gagnant-ga- quatrième région d’immigration au très bas salaires mettant en péril l’équi-
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gnant-gagnant » pour les États d’accueil, monde, le rôle des Philippines comme libre économique des pays producteurs
les États d’origine, et les migrants eux- grand pays de départ, les réticences des initiaux (comme la culture du café au
mêmes. Elle cherche aussi à aller au-de- États-Unis à admettre l’autorité d’une Viêtnam par rapport à l’Amérique cen-
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là de la coopération intergouvernemen- gouvernance globale des migrations trale), les effets de la baisse du prix du
tale, coûteuse et de peu d’effets. tout en se prononçant en faveur d’un coton dans les pays qui ne peuvent sub-
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secrétariat permanent de l’OIM pour ventionner leurs agriculteurs.
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LE FMMD celle-ci, la position anti-immigration Enfin, les acteurs qui portent ce pro-
de la Norvège, la non-participation des cessus sont eux-mêmes dispersés et
lle du
C’est pour favoriser la rencontre entre pays du Golfe, pourtant troisième desti- manquent de cohésion. Ceux qui sont
les États du Nord et du Sud, les ONG, nation migratoire au monde. Un proces- favorables à la mobilité sont les États
et l’émergence d’une société civile ca- sus est né, instruisant un plaidoyer qui du Sud, les employeurs, les experts, les
virtue
pable de définir des règles communes se déploie aussi hors du FMMD, dans associations de migrants et de droits de
pour sécuriser les parcours de mobilité, les Forums sociaux mondiaux. l’homme, les Églises, les organisations
ersité
que le FMMD a vu le jour. Mais le pro- Il reste cependant à identifier les contra- internationales et les ONG, qui ont peu
cessus « bottom up » se heurte encore à dictions du discours international sur de traditions de militantisme en com-
beaucoup de verrous : l’acceptation de les migrations (libéralisme économique mun. Ceux qui sont contre sont souvent
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la mobilité par les pays du Nord, la cir- et approche sécuritaire, inégalités du les États d’accueil, les courants natio-
cularité plutôt que la fermeture des fron- droit à la mobilité à l’échelle mondiale, nalistes et certains défenseurs de l’État
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tières, la conquête de nouveaux droits, alors que les migrations sont considé- providence, qui eux non plus n’ont pas
un ordre international qui s’impose aux rées comme un facteur essentiel du dé- de tradition de mobilisation collective.
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nouveaux investisseurs, des règles sur veloppement humain, respect des droits
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PARTIE 4 | ÉVOLUTION ET PERSPECTIVES . 173
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FOCUS À RETENIR
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« Pour une immigration sûre, ordonnée et régulière », Le socle juridique de la gouvernance mondiale des
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tel est l’objectif du pacte de Marrakech, proposé à migrations est la convention des Nations unies de
la signature des États par les Nations unies en dé- 1990 sur les droits de tous les travailleurs migrants
cembre 2018. Il a été adopté par 169 États. Mais les et de leurs familles. Il a fallu attendre le 1er juin 2003
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pour atteindre les vingt signatures requises pour sa
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États-Unis, Israël et cinq pays européens n’en sont
ratification. Mais cette convention fait partie de l’en-
pas signataires. Il est composé de deux pactes. Le
semble des « instruments universels » qui forment la
pacte sur les Migrations propose 23 engagements as-
base du système des Nations unies. Elle est désor-
lle du
sortis d’une liste d’actions et de bonnes pratiques, dont mais ratifiée par 54 États, soit le quart des membres
beaucoup sont laissées à la discrétion des États, mais des Nations unies. Aucun État occidental ne l’a si-
avec une coordination entre les différents acteurs. gnée à l’exception de la Bosnie et du Monténégro. La
Le pacte sur les Réfugiés entend fournir la base d’un virtue convention ne fait pourtant que reprendre des droits
partage de la charge et des responsabilités entre les déjà consacrés.
États membres des Nations unies et les acteurs lo-
ersité
caux. Il rappelle le principe de non-refoulement, de
protection des apatrides, et énonce quatre objectifs :
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« alléger la pression sur les pays d’accueil, renforcer
l’autonomie des réfugiés, élargir l’accès aux solu-
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tions dans les pays tiers, favoriser les conditions d’un
retour dans les pays d’origine en sécurité et dans la
dignité ».
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LES GRANDES TENDANCES DES MOUVEMENTS
MIGRATOIRES DANS LE MONDE
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54 millions 57 millions
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Nord Nord Nord Nord
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13,3 millions
14 millions
7 5 , 6 m illi o
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en 2013 en 2019
8 9 m illi
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on
ns
s
lle du
sud sud sud sud
7 7, 6 m li o n s virtue 9 7 m illi o n s
il
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