Cours Optique Quantique
Cours Optique Quantique
Denis Werth
1
Ce cours se base sur les notes laissées par Chris Westbrook pour son cours d’op-
tique quantique enseigné en M1 Phytem. Nous avons essayé de suivre avec fidélité le
cheminement du cours, on y trouvera la quasi totalité des thématiques abordées. J’espère
que ce nouveau polycopié prêtera main-forte à nombreux d’entre vous et participera à la
réussite de tous. Bonne lecture 1 ...
2
Table des matières
1 Rayonnement du corps noir 4
1.1 Approche de Rayleigh . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Approche de Planck . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Approche d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
5 Interaction champ-matière 21
5.1 Dipôle électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2 Théorie des perturbations dépendantes du temps . . . . . . . . . . . . . 22
5.3 Transitions dipolaires avec un champ quantique . . . . . . . . . . . . . . 25
5.4 Modèle de Jaynes-Cummings . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
6 Émission spontanée 30
6.1 Transitions avec un champ quantique multimode . . . . . . . . . . . . . . 30
6.2 Effet Purcell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
6.3 Théorie de Weisskopf-Wigner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
7 Détection de photons 37
7.1 Règle d’or de Fermi : transition entre un état discret et un continuum . 37
7.2 Effet photoélectrique avec un champ classique . . . . . . . . . . . . . . . 39
7.3 Effet photoélectrique avec un champ quantique . . . . . . . . . . . . . . . 40
7.4 Lame séparatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
7.5 Interférométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
7.6 Détection homodyne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
7.7 Détection de deux photons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
7.8 Champs électriques pulsés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
7.9 Impulsions de photon unique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
7.10 Bruit de détection et précision dans un interféromètre . . . . . . . . . . . 55
3
1 Rayonnement du corps noir
Un corps noir est une cavité fermée de volume V contenant un gaz de photons en
équilibre thermodynamique avec un thermostat à la température T . Dans ce système,
les atomes de la paroi émettent un rayonnement électromagnétique qui dépend unique-
ment de la température de cette paroi. Le spectre de ce rayonnement est continu et sa
répartition spectrale est donnée par la loi de Planck.
ω2
ρ(ω) = V (3)
π 2 c3
On obtient finalement
Formule de Rayleigh-Jeans
kB T 2
u(ω) = ω (4)
π 2 c3
Cette formule est valable à basses fréquences, u(ω) est en J.m−3 .Hz −1 .
4
1.2 Approche de Planck
La théorie électromagnétique est valide à des hautes fréquences et donc la somme
sur tous les modes de la densité d’énergie de Rayleigh-Jeans diverge. Si l’on suppose
qu’un mode du champ électromagnétique est un oscillateur harmonique quantique, la
loi de Boltzmann stipule que la probabilité d’occuper un état d’énergie ~ωn à une
température T est
− k~ωn
pn = Ce B T
(5)
− k~ωT
où C = 1 − e B est un facteur de normalisation. Le nombre moyen d’occupation
est alors 4
X 1
n̄ = npn = ~ω (6)
e −1 kB T
L’énergie moyenne des oscillateurs est alors n̄~ω et cette quantité doit remplacer kB T
dans la formule de Rayleigh-Jeans. On a dans ce cas
Loi de Planck
~ω 3 1
u(ω) = 2 3 ~ω (7)
π c e kB T − 1
Cette formule est valable pour toutes fréquences, u(ω) est en J.m−3 .Hz −1
5
Les deux premiers processus ont des taux proportionnels à la densité d’énergie à la
fréquence de résonance de l’atome tandis que le troisième processus est indépendant de
la présence d’un quelconque rayonnement irradiant l’atome. Dans ce modèle, nous ne
quantifions pas le rayonnement.
L’existence de ces processus mènent aux équations de Bloch optiques pour les po-
pulations des deux états considérés. Nous définissons les populations σi = Ni /Ntot , où Ni
est le nombre d’atomes dans l’état i et Ntot est le nombre total d’atomes. Nous avons
(
σ˙f = −Bf,e u(ω0 )σf + Be,f u(ω0 )σe + Aσe
(8)
σ˙e = −σ˙f
Nous n’avons pas émis d’hypothèse sur la nature du rayonnement ni son spectre jus-
qu’ici. Nous émettons simplement l’hypothèse que les atomes sont en équilibre thermo-
dynamique avec le rayonnement à la température T . Cette hypothèse conduit au fait que
le processus doit être considéré stationnaire (σ˙f = σ˙e = 0) et que les populations doivent
−~ω0
σe
être distribuées selon une loi de Boltzmann σf
= e kB T . De simples manipulations
conduisent à
A
u(ω0 ) = ~ω0 (9)
Bf,e e kB T
− Be,f
La condition u(ω0 ) → ∞ losque T → ∞ impose Bf,e = Be,f = B. La fonction u(ω0 ) a
alors la même forme que la loi de Planck. Nous oublions l’indice sur ω0 car le raisonne-
ment fait est valable pour n’importe quelle valeur de ω0 . Nous obtenons la forme exacte
3
de la loi de Planck si l’on écrit A = B π~ω
2 c3 .
Les photons n’interagissant pas entre eux, un gaz de photons est un système avec
un volume et une température fixés mais avec un nombre de particules non fixé. Il en
découle qu’un gaz de photons possède un potentiel chimique nul ce qui amène Bose en
1920 à introduire la distribution de Bose-Einstein qui se généralise aux bosons. Cette
statistique peut être mise en évidence seulement avec une hypothèse d’équilibre thermo-
dynamique et la quantification de la matière (les atomes).
Statistique de Bose-Einstein
1
n̄ = ~ω (10)
e kB T
−1
6
2 Oscillateur harmonique quantique
Nous faisons ici un bref rappel sur l’oscillateur harmonique quantique, indispensable
pour le cours qui suit. Considérons le hamiltonien d’un oscillateur harmonique de pulsa-
tion ω suivant 6
p̂2 1
Ĥ = + mω 2 q̂ 2 (11)
2m 2
Variables réduites
r
mω p̂
Q̂ = q̂ P̂ = √ (12)
~ m~ω
avec [Q̂, P̂ ] = i. Nous obtenons le hamiltonien suivant
1
Ĥ = ~ω(Q̂2 + P̂ 2 ) (13)
2
7
Opérateurs d’annihilation et de création
1 1
â = √ (Q̂ + iP̂ ) ↠= √ (Q̂ − iP̂ ) (14)
2 2
Ces opérateurs jouent un rôle crucial dans toute la suite de ce cours. Nous définissons
également l’opérateur nombre
Opérateur nombre
N̂ = ↠â (16)
L’opérateur nombre est hermitien, c’est donc une observable. Dans ce cas, le hamil-
tonien s’écrit plus facilement
On considère le module du vecteur â |ni. Par définition, cette quantité est positive.
Ainsi, nous avons ||â |ni ||2 ≥ 0. D’autre part, nous avons ||â |ni ||2 = hn| ↠â |ni =
hn| N̂ |ni = hn| n |ni = n hn|ni = n. Ainsi, nous avons démontré que n ≥ 0.
Avec les relations de commutation entre N̂ , â et ↠, nous montrons facilement que
N̂ â |ni = (n − 1)â |ni et N̂ ↠|ni = (n + 1)↠|ni. Ce résultat est à l’origine de l’appella-
tion opérateurs d’annihilation et de création.
Les équations précédentes montrent que â |ni = αn |n − 1i et ↠|ni = βn |n + 1i. Nous
choisissons αn et βn réels.
7. Laissé en exercice.
8
† †
On a â√ â |ni = n |ni
√ = αn â |n − 1i = αn βn−1 |ni. D’où αn βn−1 = n. On en déduit
que αn = n et βn = n + 1. Ainsi,
p À partir de l’équation aux valeursppropres de â, nous obtenons (en itérant) ân |ni =
n(n − 1)...1 |0i et donc ân+1 |ni = n(n − 1)... − 1 |−1i. Ceci est impossible (la quan-
tité dans la racine est négative) donc on en déduit que n est un entier. Finalement,
n ∈ N.
Pour obtenir le premier niveaux excité, nous utilisons â |1i = |0i puis en connaissant
φ0 , nous pouvons résoudre cette équation différentielle. Pour déterminer φn , il faut alors
procéder par itération.
9
un espace de Hilbert où les vecteurs d’état |ψi décrivent l’état du champ. Nous rappe-
lons que lors d’une expérience, nous n’observons pas d’opérateurs ni de vecteurs d’état
mais seulement des probabilités ou des valeurs moyennes comme hψ| Ê |ψi. L’introduc-
tion de cette description est principalement justifiée par son succès à prédire les résultats
expérimentaux.
Le symbole c.c. veut dire complexe conjugué. Nous avons choisi cette écriture car
c’est cette dernière qui va correspondre au cas quantique. Le vecteur de polarisation e
est orthogonal à la direction de propagation et s’inscrit dans un plan perpendiculaire à
k. Pour une onde se propageant dans la direction de z, nous pouvons écrire e en termes
de vecteurs unitaires
e = x ex + y ey (24)
Pour des valeurs réelles de x et y , nous avons une polarisation linéaire. Pour
1
e = √ (ex + iey ) (25)
2
nous obtenons une polarisation circulaire. Par soucis de simplicité, nous supposons
que le champ électromagnétique se propage selon z et nous notons
10. Ces quanta de champ électrique sont par la suite appelés photons, surtout suite au traitement
d’Einstein de l’interaction matière-rayonnement.
10
(
E = iωex (cei(kz−ωt) − c? e−i(kz−ωt) )
(26)
B = ikey (cei(kz−ωt) − c? e−i(kz−ωt) )
L’idée est de remplacer l’énergie de ce champ par un oscillateur harmonique quantique
et d’identifier les différents termes. L’énergie classique de ce champ électromagnétique en
négligeant les termes oscillant à 2ω s’écrit
ˆ
1 1
H= dV (0 E 2 + B 2 ) = 2V 0 ω 2 cc? (27)
2 µ0
Si l’on pose
p √ p
2ω V 0 c = ω mq + i √m
p √ p (28)
2ω V 0 c? = ω mq − i √
m
On trouve 11 le hamiltonien d’un oscillateur harmonique pour l’instant classique
1 p2
H = ( + mω 2 q 2 ) (29)
2 m
Il faut avoir en tête que q et p sont la position et l’impulsion d’un oscillateur fictif.
Si l’on fait le même calcul pour deux modes d’énergie H1 et H2 , nous allons trouver que
l’énergie totale du champ est la somme des énergies des deux modes H = H1 + H2 .
11
Comme vu précédemment, les opérateurs â et ↠augmentent ou diminuent le nombre
d’excitations dans l’oscillateur (ou le champ). Nous avons alors une nouvelle image à se
faire du champ électromagnétique. Il est présent partout et est peuplé par endroit par
des quanta ~ω.
L’état d’un unique mode peut être exprimé comme superposition des états propres
du hamiltonien (états de Fock |ni). Connaissant un état arbitraire |ψi, nous pouvons
alors déterminer des grandeurs comme hÊi (valeur moyenne du champ électrique) ou hĤi
(énergie moyenne du champ électromagnétique).
Quadratures du champ
r
~ω
Ê = ex i (Q̂ sin(kz − ωt) + P̂ cos(kz − ωt)) (33)
0 V
12
l’angle qu’il fait avec l’axe des abscisses est sa phase. Nous verrons par la suite comment
déterminer expérimentalement les quadratures du champ. Gardez en tête que connaître
Q et P permet d’avoir à la fois l’amplitude du champ ainsi que la phase du champ. Bien
évidemment, le champ électrique maintenant est quantique donc les quadratures vérifient
la relation d’incertitude (qui se traduit par une incertitude sur l’amplitude et la phase)
1
∆Q̂∆P̂ ≥ (34)
2
L’indépendance des oscillateurs est assurée par le fait que les opérateurs correspondant
à des modes différents commutent
13
mode et à partir de cela obtenir des états pour par exemple un champ multimode ou un
champ purement quantique.
Bien que le vide |n = 0i est l’état fondamental du champ, nous voyons ici qu’il n’est
pas "vide". Son énergie est ~ω/2. Nous pouvons utiliser l’opérateur champ électrique pour
déterminer la valeur moyenne du champ (son amplitude mesurée)
r
~ω
h0| Ê |0i = i (h0| â |0i e−iωt − h0| ↠|0i eiωt ) = 0 (40)
20 V
Par contre, h0| Ê 2 |0i =
6 0. En effet 14 ,
~ω 2 −2iωt ~ω
h0| Ê 2 |0i = − (â e + â2† e2iωt − â↠− ↠â) = (41)
20 V 20 V
et donc
~ω 2
(∆Ê)2 = h0| Ê 2 |0i − h0| Ê |0i = (42)
20 V
Cela veut dire que le vide quantique est une quantité qui fluctue avec une moyenne
nulle. Pour les autres états nombres, nous avons un comportement similaire
~ω
hn| Ê |ni = 0 (∆Ê)2 = (n + 1/2) (43)
0 V
Les états |ni représentent des états du champ à n photons. Le champ moyen pour ces
états est nul. Ceci est en accord avec le principe d’incertitude car l’opérateur nombre N̂
ne commute pas avec le champ Ê. Si le champ était parfaitement connu, alors le nombre
de photons dans un mode du champ serait incertain. Il y a ici un lien avec la notion de
phase d’un champ électrique. En physique classique, l’amplitude et la phase d’un champ
peuvent être bien définies simultanément. Ce n’est pas le cas en physique quantique. Tout
14. â et ↠ne commutent pas.
14
comme l’énergie est conjuguée au temps et la position à l’impulsion (par des relations de
type Fourier), le nombre de photons est conjugué à la phase du champ.
États cohérents
Les états cohérents |αi sont les états propres de â dont la valeur propre α est
complexe.
Les états cohérents ne sont pas orthogonaux. La valeur moyenne du champ électrique
dans un état cohérent |αi où l’on note α = |α|eiφ est
r r
~ω −iωt ? iωt ~ω
hα| Ê |αi = i (αe −α e )=2 |α| sin(ωt − φ) (47)
20 V 20 V
Avec un état cohérent, nous obtenons un comportement classique du champ électrique.
15. On rappelle que l’opérateur nombre N̂ est hermitien et que sa valeur moyenne hψ| N̂ |ψi donne le
nombre moyen de photons dans l’état |ψi.
15
L’intensité du champ électrique (ou nombre moyen de photons dans le champ élec-
trique), proportionnelle 16 à h↠âi, est alors
2 |α|2n
Pn,|αi = | hn|αi |2 = e−|α| (49)
n!
Pour |α| 1, cette distribution approche une loi gaussienne, sinon elle est asymé-
trique par rapport à sa moyenne. Tout comme le bruit de grenaille (le bruit de la pluie
qui tape contre la fenêtre), les photons dans un état cohérent sont en quelque sorte indé-
pendants.
Nous résumons les éléments importants dans l’encadré qui suit (certains résultats sont
laissés en exercices).
16
Résultats statistiques des états cohérents
Le nombre moyen de photons dans le champ se détermine en évaluant la
moyenne de N̂ .
hN̂ 2 i = hα| ↠â↠â |αi = |α|4 + |α|2 = hN̂ i2 + hN̂ i (51)
∆N̂ 1 1
=q = (53)
hN̂ i |α|
hN̂ i
Nous pouvons aussi calculer les deux quadratures du champ électrique Q̂ et P̂ . Les
résultats sont laissés en exercice.
Re(α) Im(α)
Q = hα| Q̂ |αi = √ P = hα| P̂ |αi = √ (54)
2 2
1
∆Q̂∆P̂ = (55)
2
17
4.3 États comprimés ("squeezed states")
La représentation d’un état dans un espace des phases (Q, P ) peut être généralisée à
n’importe quelle état quantique.
Hamiltonien non-linéaire
L’idée générale est de produire par interaction non-linéaire un état dont la relation
d’incertitude ne se traduit plus par un cercle dans l’espace des phases mais par une ellipse
(par exemple on enlève un peu d’incertitude selon Q pour la mettre sur P ). De tels états
s’appellent états comprimés de la lumière ("squeezed states"). Ils sont produit par une
interaction non-linéaire (par exemple un cristal) dont le hamiltonien s’écrit
On choisit comme état initial le vide |ψ(0)i = |0i. Ce choix est justifié par le fait que
le vide est représenté par un cercle centré sur l’origine dans l’espace des phases et l’idée
est de déformer ce cercle (même si ce choix n’a pas été apprécié en cours d’un point de vue
expérimental car on détecte le "vide" et que la propagation d’un tel état dans un montage
optique n’est pas idéologiquement concevable...). On a alors |ψ(t)i = |ξi = Ŝ(ξ) |0i.
On peut calculer les valeurs moyennes de â et â2 dans le but calculer (∆Q̂)2 et (∆P̂ )2
et ainsi représenter l’état |ξi dans l’espace des phases. On a
hξ| â |ξi = h0| Ŝ † âŜ |0i = h0| (âch(r) − ↠eiθ sh(r)) |0i = 0 (59)
17. On pourra s’amuser à montrer ce résultat.
18
De même pour hξ| ↠|ξi. On a aussi 18
hξ| â2 |ξi = h0| Ŝ † ââŜ |0i = h0| Ŝ † âŜ Ŝ † âŜ |0i = −e−iθ sh(r)ch(r) (60)
Ainsi, on a
Ainsi, nous pouvons représenter l’état comprimé |ξi dans le plan (Q, P ).
Avec θ = 0, on obtient
1 −r
∆Q̂ = √ e
2
(64)
1
∆P̂ = √ er
2
L’état est allongé verticalement. Pour θ = π, l’état est allongé horizontalement. Re-
marquons que nous avons toujours ∆Q̂∆P̂ = 1/2, nous avons simplement déséquilibré
l’incertitude entre Q et P . Pour le côté expérimental, allez voir les notes de JFR. Retenez
qu’on détecte cet état (on mesure Q et P ce qui nous permet d’obtenir l’amplitude et la
phase du champ) par détection homodyne, méthode présentée par la suite.
19
P2n+1,|ξi = 0
2n
(66)
2n 1 1
P2n,|ξi =
th(r) pour θ = 0
n ch(r) 2
De manière intuitive, les photons viennent par paire. Lorsqu’on regarde la forme du
hamiltonien, nous pouvons concevoir que un photon à 2ω du laser pompe se convertit
en deux photons à ω dans le champ sortant (et inversement pour la partie hermitique
conjuguée). Le changement de fréquence est caractéristique d’un processus d’optique non-
linéaire, que l’on peut voir dans la forme du hamiltonien (présence de â2 ).
Si l’on ne souhaite connaître que l’essentiel, l’encadré ci-dessous rassemble les points
importants des états comprimés.
20
États comprimés
Les états comprimés sont générés par une interaction non-linéaire décrite par
un hamiltonien du type
Partant de l’état vide |0i, nous pouvons montrer que cet état évolue en un état
comprimé
1 ? â2 −ξâ†2 ) ξ2
|ξi = Ŝ(ξ) |0i = e 2 (ξ |0i = |0i + ξ |2i + |4i ... (69)
2
L’état |ξi décrit une ellipse dans l’espace des phases (Q, P ) au lieu d’un cercle
(cas de |0i ou d’un état cohérent). Une des deux quadratures du champ cède de la
variance (de l’incertitude) à l’autre quadrature, contrairement au vide ou à un état
cohérent où l’incertitude est également répartie. Utilisés de façon astucieuse, de tels
états peuvent permettre de réduire le bruit dans une mesure interférométrique.
5 Interaction champ-matière
Afin de rendre cette théorie applicable en laboratoire, nous devons décrire comment le
champ électrique quantique décrit précédemment peut être détecté. Ce champ est détecté
via son interaction avec des atomes et c’est pourquoi nous voyons maintenant comment
ce champ interagit avec la matière.
21
Hamiltonien de l’interaction dipolaire
Ĥ = −D̂.Ê (70)
Ce terme dipolaire est le premier terme d’un développement dit multipolaire 22 qui
s’obtient en faisant un développement du potentiel vecteur autour de l’origine au lieu de
juste prendre sa valeur à l’origine.
On commence par développer le vecteur d’état que l’on cherche à déterminer sur la
base des états propres 24 de Ĥ0
X
|ψ(t)i = cn (t)e−iEn t/~ |ni (72)
n
22
X iEn
X
i~ c˙n (t) − cn (t) e−iEn t/~ |ni = cn (t)e−iEn t/~ Ĥ0 + V̂ (t) |ni (73)
n
~ n
où l’on introduit les pulsations de Bohr ωnk = (En − Ek )/~. L’évolution du système
est déterminée de façon exacte par ces équations et une condition initiale pour l’état du
système (cn (0) pour tout n).
On suppose que le terme dépendant du temps V̂ (t) est petit devant Ĥ0 . On va rem-
placer 25 V̂ (t) par λV̂ (t) où λ joue le rôle d’un paramètre sans dimension pour effectuer
les développements. On suppose que ck (t) peut être développé en puissance de λ
(0) (1) (2)
ck (t) = ck (t) + λck (t) + λ2 ck (t)... (75)
Si on injecte ce développement dans 74 et qu’on identifie les termes de même puissance
en λ, on aboutit à
(0)
i~ċk (t) = X
0
(1) −iωnk t
c(0)
i~ċk (t) = n (t)e hk| V̂ (t) |ni
n
.
(76)
.
.
(p)
X
c(p−1) (t)e−iωnk t hk| V̂ (t) |ni
i~
k
ċ (t) = n
n
Par exemple, on retrouve qu’à l’ordre 0 le système reste dans son état initial comme
s’il n’y avait pas de perturbation. De plus, on montre facilement que pour un système
initialement à t = 0 dans un état |ii et si on se restreint au premier ordre, la probabilité
de trouver le système dans un état |f i différent de |ii est
25. On ne développe que ce que l’on cherche, ici ck (t). Il n’est pas question de développer le hamiltonien
qui est connu.
23
Transition entre un état initial |ii et un état final |f i au premier ordre
ˆ t 2
2 (1) 1 0 iωf i t0 0
Pi→f (t) = | hf |ψ(t)i | = |cf (t)|2 = 2 dt e hf | V̂ (t ) |ii (77)
~ 0
Nous supposons qu’à l’instant initial, le niveau |ei est vide donc ce (0) = 0. Le résultat
précédent nous donne
ˆ t 2
| he| DE0 |f i |2 0 iωef t0 0
Pf →e (t) = dt e sin(ωt ) (79)
~2 0
26. On passe par les exponentielles et on néglige les termes croisés car ils oscillent rapidement (ap-
proximation séculaire).
24
Cette expression est valide même pile à résonance avec l’atome ω = ω0 , à condition
d’avoir t dE~ 0 1. Dans ce cas, nous avons une probabilité quadratique.
Cette méthode fonctionne bien évidemment avec un atome à plusieurs niveaux mais
le calcul est plus laborieux.
E0
D̂ ↠eiωt − âe−iωt
Ĥ(t) = Ĥ0 + V̂ (t) où V̂ (t) = −D̂Ê(t) = − (83)
2i
avec D̂ = qx̂ l’opérateur dipolaire. Nous avons oublié la polarisation par soucis
de simplicité.
Nous pouvons utiliser la même procédure que précédemment pour trouver une solution
perturbative. Si l’on suppose que ce (0) = 0, on obtient la probabilité de transition vers
27. Nous travaillons à présent dans un espace produit tensoriel entre l’atome et le champ H = Hatome ⊗
Hchamp .
25
un état |e, mi (état excité de l’atome dans le mode à m photons du champ) partant d’un
état |f, ni.
2 ˆ t 2 (84)
E0 0 † i(ω+ω0 )t0 −i(ω−ω0 )t0
= dt he, m| D̂â |f, ni e − he, m| D̂â |f, ni e
2~ 0
Comme l’opérateur dipole électrique D̂ n’agit que sur la partie "atome" de l’état
|γ, ni, nous voyons que cette probabilité est nulle si m 6= n − 1 et m 6= n + 1 car sinon
par exemple he, m| D̂↠|f, ni ∝ hm| ↠|ni ∝ hm|n + 1i = 0 et donc l’intégrale est nulle.
Nous voyons que pour les éléments de matrice dans l’intégrale, l’un évoque une tran-
sition de |f i vers |ei en créant un photon (↠) alors que l’autre évoque une transition
de |ei vers |f i en annihilant un photon (â). Proche de la résonance, ces processus sont
supprimés par l’oscillation rapide des exponentielles 28 .
Nous remarquons √ ici une différence fondamentale avec le cas semi-classique, nous avons
†
en effet hm| â |ni = n + 1δm,n+1 à cause des relations de commutation des opérateurs
de champ. Cela signifie que même si le champ électrique est dans l’état vide |0i, il y
a une certaine probabilité qu’un atome excité se désexcite 29 ! De plus, nous voyons que
chaque probabilité est proportionnelle à n (ou n + 1) l’énergie totale du champ (modulo
un facteur de proportionnalité).
Ainsi, nous avons retrouvé les phénomènes d’émission stimulée et spontanée, postulés
par Einstein sur des fondements complètement différents. Cela a été un des premiers
succès de la quantification du champ électromagnétique.
28. On rappelle que la conservation de l’énergie peut être violée mais durant un temps très court (voir
cours de physique subatomique).
29. C’est vraiment badass... car on le voit par le calcul.
26
5.4 Modèle de Jaynes-Cummings
Même si un mode du champ possède plusieurs photons, traiter le champ comme un
unique mode peut paraitre une approximation grossière. Cependant avant de poursuivre
avec un traitement du champ multimode, nous allons considérer une situation où un
traitement du champ dans un unique mode a du sens même pour un petit nombre de
photons. Cela se produit lorsque l’atome est dans une petite cavité de sorte que le champ
électrique associé à un photon dans un mode particulier est beaucoup plus étendu que le
champ associé à d’autres modes. Dans ce cas, un atome excité peut émettre un photon
dans la cavité mais le photon ne va pas disparaître à l’infini, il va être réfléchi sur les
parois de la cavité de sorte à être absorbé de nouveau par l’atome.
27
|ψ(t)i = de (t)e−i∆t/2 e−iω0 t/2 |ei + df (t)ei∆t/2 eiω0 t/2 |f i (91)
où ∆ = ω − ω0 . L’équation de Schrödinger devient alors deux équations différen-
tielles couplées à coefficients constants dont la solution est souvent appelée "solution de
Rabi" et on montre 31 que pour ∆ = 0 (à résonance) et pour ce (0) = 0 (état excité non
peuplé initialement), on obtient
Avant d’aller plus loin dans le calcul, essayons de prédire ce que cet hamiltonien fait
qualitativement. Les termes non-diagonaux couplent les états |e, 0i avec |f, 1i. Cela si-
gnifie que aucun des deux états n’est état propre du système et que si le système est
initialement préparé dans l’état |e, 0i, il va osciller entre cet état et l’état |f, 1i et ce à
la pulsation 2g. Ainsi, des oscillations de Rabi peuvent apparaître même dans le vide à
l’exception que ce dernier n’est pas exactement le vide car l’un des état (ici |f, 1i) contient
un photon.
Jetons maintenant un coup d’oeil aux états propres du système. Pour se faire, intro-
duisons l’énergie du champ ~ω(↠â + 1/2) qui jusqu’à présent n’a jamais joué un rôle dans
la dynamique du système et donc a toujours été négligé. De plus, pour rendre le hamil-
tonien plus joli, nous enlevons la partie temporelle de l’opérateur champ électrique. Ce
changement se comprend en utilisant la représentation de Schrödinger. Nous obtenons
le hamiltonien de Jaynes-Cummings
1 1
ĤJC = ~ω(↠â + ) + ~ω0 σ̂z + i~g(↠σ̂− − âσ̂+ ) (94)
2 2
Nous avons jusqu’ici exprimé l’opérateur champ électrique comme dépendant du
temps agissant dans un espace de Hilbert où les états du champ sont indépendant
du temps. Ceci correspond à la représentation de Heisenberg. Nous pouvons trans-
former cette représentation en celle de Schrödinger en utilisant une transformation.
31. Le calcul est laissé en exercice.
28
Considérons ÔH un opérateur dans la représentation de Heisenberg et |iiH un vecteur
correspondant. Les opérateurs de Schrödinger ainsi que les états sont définis par
Considérons maintenant ÔH = e−iωt âeiωt ↠et Ĥ = ~ω↠â. Vous pouvez vérifier que
l’opérateur correspondant dans la représentation de Schrödinger est â + ↠et l’état
correspondant est e−iωt |ni. Afin de vérifier ce résultat, vous avez besoin du lemme de
Baker-Hausdorf pour deux opérateurs  et B̂
(iλ)2
eiλ B̂e−iλ = B̂ + iλ[Â, B̂] + [Â, [Â, B̂]] + ... (96)
2!
Cette transformation nous permet de nous débarrasser de la dépendance temporelle
du hamiltonien. Ce dernier peut être représenté par bloc
Ĥf 0 0 0 ...
0 Ĥ0 0 ...
Ĥ =
0 0 Ĥ1 ...
(97)
. . . ...
. . . ...
avec
+ ω20
ω
~ω ~ω0 −ig
Ĥf 0 = − Ĥ0 = ~ 2 (98)
2 2 ig 3ω
2
− ω20
et
√
(n +√12 )ω + ω20
−ig n + 1
Ĥn = ~ ω0 (99)
ig n + 1 (n + 1 + 21 )ω − 2
Ce dernier hamiltonien peut s’écrire plus facilement pour n ≥ 0
∆
√
1 0 −
√ 2 −ig n + 1
Ĥn = ~(n + 1)ω +~ ∆ (100)
0 1 ig n + 1 2
Gardez en tête que cet hamiltonien agit dans l’espace des états {|f, n + 1i , |e, ni}. La
diagonalisation de cet hamiltonien donne les énergies
p
En,± = ~ω(n + 1) ± ~ (∆/2)2 + g 2 (n + 1) (101)
et les vecteurs propres
θ θ
|n, +i = cos n |e, ni + sin n |f, n + 1i
2 2 (102)
|n, −i = − sin |e, ni + cos θn |f, n + 1i
θn
2 2
g
√
avec tan θn = 2 ∆ n + 1. On lève ainsi une dégénérescence (voir diagramme énergé-
tique dans les notes de cours).
29
6 Émission spontanée
Nous avons vu précédemment comment un unique mode d’un champ électrique en
interaction dipolaire avec un atome (ou plutôt un électron de l’atome) amène aux notions
d’émission stimulée et spontanée. Nous allons maintenant traiter le cas plus réaliste d’un
champ électrique multimode. Cela va nous permettre de calculer le taux de désexcitation
par émission spontanée d’un atome excité. Il sera nécessaire de considérer un champ
multimode et de prendre en compte tous les modes vers lesquels le photon émis est
susceptible d’aller. La notion bien connue de densité de mode va apparaître.
Un atome réel est en pratique couplé avec plusieurs modes du rayonnement. Nous
considérons alors un opérateur champ électrique multimode
r
i X 2~ωk
Ê = âk,p ep ei(kr−ωk t) − â†k,p ep ? e−i(kr−ωk t) (103)
2 k,p V
où k désigne un mode tel que ωk = kc et p une polarisation (p peut prendre deux
valeurs correspondant aux deux polarisations orthogonales). Pour chaque mode nous pou-
vons calculer 32 une probabilité de transition. Pour inclure tous les modes, nous sommons
les probabilités de transition avec un unique mode. Nous pouvons le faire car les modes
sont tous orthogonaux. L’orthogonalité assure que les différents états finaux du champ
sont indiscernables et donc il n’y a aucune interférence entre ces états. La probabilité de
transition d’un état |e, 0i (atome excité et aucun photon dans le champ électrique) vers
un état |f, {1}i (atome dans son état fondamental avec un photon dans n’importe quel
mode du champ) s’écrit alors (voir le résultat pour un champ monomode)
X 2ωk sin2 (ωk − ω0 ) t
P|e,0i→|f,{1}i (t) = 2
2
| hf | D̂.ep |ei |2 (104)
~0V (ωk − ω0 )
k,p
La notation {1} signifie que exactement un photon est présent dans un des modes de
la somme. Passons à la limite continue maintenant et intégrons sur les pulsations 33 (on
invoque ici une densité de modes).
ˆ
ω 2 2ω sin2 (ω − ω0 ) 2t
V X
P|e,0i→|f,{1}i (t) = dΩdω 3 | hf | D̂.ep |ei |2 (105)
(2π)2 p c ~0 V (ω − ω0 )2
30
où ici l’intégrale sur dΩ = sin θdθdφ est une somme sur la dépendance angulaire de
D̂.ep . Concentrons nous sur l’intégrale sur les pulsations. Pour des longs temps d’inter-
sin2 ((ω−ω0 ) 2t )
action, nous pouvons remplacer le terme (ω−ω0 )2
par πt
2
δ(ω − ω0 ) (voir le cours de
Beugnon et l’allure de la fonction sinus cardinal au carré).
Sans spécifier le terme D̂.ep , nous ne pouvons pas aller plus loin dans le calcul. Rete-
nons tout de même le résultat suivant
nous obtenons la probabilité de transition d’un état |e, 0i vers un état |f, {1}i
en sommant les probabilités pour un champ monomode
X 2ω sin2 (ω − ω0 ) t
P|e,0i→|f,{1}i (t) = 2
2
| hf | D̂.ep |ei |2 (107)
k,p
~0 V (ω − ω0 )
Pour aller plus loin, prenons un exemple concret. Considérons un atome ne possé-
dant qu’un électron (l’hydrogène) et considérons la transition |n = 2, l = 1, m = 0i →
|n = 1, l = 0, m = 0i. Nous rappelons que l’opérateur dipole électrique est D̂ = qr̂ où
r̂ = x̂ex + ŷey + ẑez est l’opérateur position de l’électron.
En écrivant les fonctions d’onde 34 des deux états considérés en représentation position
31
r
1 3
Y0,0 =√ Y1,0 = cos θ (110)
4π 4π
et en passant en coordonnées sphériques pour r, nous pouvons montrer 35 que
Nous pouvons faire le même calcul et aboutir au même résultat en utilisant la règle
d’or de Fermi mais cette méthode sera plutôt utilisée pour étudier l’effet photoélectrique
présenté plus tard.
Dans cette expérience, un jet d’atomes a été préparé dans un état excité |n = 22, l = 21, m = 21i
(atomes dits de Rydberg). La seule transition dipolaire autorisée par les règles de sélec-
tion est avec l’état |n = 21, l = 20, m = 20i. Cette transition correspond à une longueur
d’onde λ = 460 µm et possède un taux de désexcitation dans le vide Γ = 2, 2.103 s−1 .
Lorsque la séparation entre les plaques de métal est plus petite que λ/2, il est possible
de rendre le taux de désexcitation infiniment petit.
Nous commençons par identifier les modes qui peuvent exister dans une telle géomé-
trie. Le vecteur d’onde prend la forme
35. Deux intégrales sont nulles car on intègre sur R une fonction impaire (la partie angulaire).
36. D’une part ez .e2 = 0 si l’on paramétrise le système comme dans le polycopié de cours et ez .e1 =
sin θ.
32
2π π 2
ω 2
k= (nx ex + ny ey ) + nz ez |k| = (113)
L a c
Nous sommes libres d’imposer des conditions limites périodiques selon les axes x et
y mais pas selon z. Les quantités nx et ny sont de grands entiers mais nz est très petit.
En effet, si a < λ2 , alors nous devons avoir nz = 0 et donc le seul mode qui est autorisé
est dans le plan (x, y). La polarisation étant orthogonal à la propagation, cette dernier
est forcément selon l’axe z. De plus, nous pouvons montrer 37 que l’élément de matrice
du dipôle électrique he| D̂ |f i est polarisé circulairement.
Hulet, Hilfer et Kleppner ont alors construit une situation dans laquelle la po-
larisation du dipôle électrique et celle du champ électrique étaient orthogonales et donc
ont réussi à arrêter l’émission spontanée.
r
~ωk X
âc,p ep e−iωk t − â†c,p ep ? eiωk t cos kz + i âs,p ep e−iωk t + â†s,p ep ? eiωk t sin kz
Ê = i
0 V c,s,p
(115)
En dimension trois, un champ multimode entre deux plaques (z = 0 et z = a) peut
s’écrire
X
Ê = i2 Eω âK,kz ,s,p ep e−iωt eiKr + â†K,kz ,s,p ep ? eiωt e−iKr sin kz z
K,kz >0,p
i X (116)
+√ ez Eω âK,kz =0 e−iωt eiKr − â†K,kz =0 eiωt e−iKr
2 K,kz =0
q 2
où Eω = ~ω
0 L2 a
et Kr = kx x + ky y. Nous avons ωc = K2 + kz2 . Nous avons
éliminé le cosinus car il ne satisfait pas les conditions limites. Afin de calculer le taux de
désexcitation, nous passons à la limite continue dans le plan (x, y)
2 ˆ
X L
→ KdKdφ (117)
K
2π
Mais la somme selon z reste discrète
37. En utilisant les règles de sélection dans le cours de Beugnon.
33
X X L 2 ˆ π
→ KdKdφ sin θdθδ(cos θ − nz ) (118)
K,kz ,p n ,p
2π ka
z
X 1 L 2 ˆ ω π π 2~ω z
Γ= 2 2
dωdΩ δ(ω−ω0 )δ(cos θ−nz )×2 2
sin2 (π nz )| he| D̂.ep |f i |2
n ,p
~ 2π c 2 ka 0 L a a
z
(119)
Nous avons besoin maintenant d’expliciter le dipôle électrique. Ce dipôle est polarisé
circulairement dans le plan (x, y). En procédant de la même manière que pour l’exemple
de la transition dipolaire de l’atome d’hydrogène, nous avons
d
he| D̂.ep |f i = √ (ex − iey ).ep (120)
2
Pour simplifier le calcul, nous ne considérons dans la somme que le terme nz = 1 qui
correspond à λ2 < a < λ. Ainsi, nous avons après calcul 38
d2 ω02 1 π2
2 π
Γ= 1 + sin z (121)
~0 c2 2a (ka)2 a
π2
Si l’on suppose que a est un tout petit peu plus grand que λ/2 alors (ka)2
≈ 1 et
1 d2 ω02 π
Γ= 2
sin2 z (122)
a ~0 c a
Pour un atome au milieu des deux plaques z ≈ λ/4, nous avons Γ = 3Γvide alors que
ce taux disparaît pour un atome proche des deux plaques (z ≈ 0 ou z ≈ a).
Effet Purcell
En imposant des conditions limites périodiques au champ électrique traité quan-
tiquement, nous pouvons stopper l’émission spontanée d’un atome a dans une ca-
vité.
a. Voir le calcul précédent pour une étude quantitative.
34
6.3 Théorie de Weisskopf-Wigner
Dans cette partie, nous calculons explicitement le taux d’émission spontanée d’un
atome. Pour cela, nous calculons l’état quantique du champ électrique émis après l’émis-
sion spontanée d’un atome traité comme un système à deux niveaux. La pulsation de la
transition entre un état fondamental |f i et un état excité |ei est notée ω0 .
Commençons par écrire un état arbitraire combinaison de tous les états |γ, ji que l’on
cherche à déterminer
X
|ψ(t)i = a(t)e−iω0 t |e, 0i + bk,p (t)e−iωk t |f, 1k,p i (123)
k,p
35
ˆ ∞ ˆ t
d2 0
ȧ(t) = − 2 dωω 3
dt0 e−i(ω0 −ω)(t −t) a(t0 ) (127)
6π 0 ~c3 0 0
0
Le terme e−i(ω0 −ω)(t −t) est un terme oscillant dans l’intégrale. Si ce terme oscille très
rapidement (proche de ω0 donc si ω0 ω) alors l’intégrale sera globalement nulle donc on
ne garde que le terme ω ≈ ω0 (proche de la résonance) pour que l’exponentielle n’oscille
pas rapidement. On remplace alors ω 3 par ω03 .
L’intégrande oscille à une fréquence proche de ω0 , on peut donc sortir a(t0 ) de l’inté-
grale à condition que ce terme varie sur une durée typique τ ω2π0 . De plus, l’intégrale
peut être étendue à l’infini car l’intégrande ajoutée oscille tellement vite que sa contribu-
tion est presque nulle une fois intégrée. on obtient finalement 41
ˆ ∞
d2 a(t) 3 d2 ω03
ȧ(t) = − 2 dωω δ(ω0 − ω) = − 2 a(t) (128)
6π 0 ~c3 0 6π 0 ~c3
Ainsi, si l’on suppose que a(t) = e−Γt/2 , on trouve le taux de désexcitation par émis-
sion spontanée.
d2 ω03
Γ= (129)
3π0 ~c3
Nous avons aussi montré que la désexcitation d’un atome par émission spontanée est
exponentielle. En effet, la probabilité que l’atome soit dans l’état excité au temps t est
donnée par
36
hf, 1k,p | D̂.Ê |e, 0i /i~
bk,p (t → ∞) = (131)
i(ωk − ω0 ) − Γ/2
La probabilité que l’atome soit dans son état fondamental avec un photon dans le
mode k du champ électrique avec une polarisation p est
Ayant calculé les a(t) et bk,p (t), l’état quantique en régime stationnaire t → ∞ final
s’écrit
On remarque que les coefficients bk,p se distribue de manière à être centrés 42 autour
de ω0 , pulsation de la transition de l’atome.
7 Détection de photons
Pour être apte à discuter des prédictions de la mécanique quantique, nous devons
définir précisemment ce qu’est une mesure. Dans ce cours, nous discutons donc de la
détection des champs électromagnétiques et plus précisément de la détection d’un photon.
Le point de départ est l’effet photoélectrique. La détection du rayonnement passe par
son interaction avec la matière (les atomes), d’où toute l’étude précédente. En effet, un
champ électrique peut faire passer un électron (dans un atome) d’un état lié à un état
libre. L’électron libre (donc dans un continuum d’énergie) peut donc être détecter. Nous
supposons alors qu’un appareil classique peut détecter cet électron. Tout ce processus se
fait par exemple dans une carte photographique aussi appelée carte CCD. La détection
d’un électron correspond alors à la détection d’un photon.
37
Le calcul du taux de transition entre deux états discrets se fait par la méthode des
perturbations que l’on a présenté précédemment (une partie entière est consacrée à cette
résolution). Rappelons le résultat principal. La probabilité de trouver le système (ici
l’électron) dans un état final |f i partant d’un état initial |ii (ces deux états étant couplés
par un hamiltonien V̂ supposé constant) est
2
1 2 sin (ωf i t/2)
Pi→f (t) = | hf | V̂ |ii | (134)
~2 (ωf i /2)2
où ωf i = ωf − ωi . Pour des temps suffisamment longs, on peut prendre la limite
sin2 (ωt/2)
lim = 2πtδ(ω) (135)
t→∞ (ω/2)2
Ce qui donne
2πt
Pi→f (t) = δ(Ef − Ei )| hf | V̂ |ii |2 (136)
~
À partir de cette expression, nous pouvons calculer le taux de transition Γi→f =
dPi→f (t)
dt
.
2π
Γi→f = δ(Ef − Ei )| hf | V̂ |ii |2 (137)
~
La présence du dirac dans la formule signifie que pour une perturbation constante de
durée suffisamment longue, on va coupler seulement l’état initial à un état final de même
énergie.
On considère maintenant que parmi les états propres de Ĥ0 (dans notre cas le hamilto-
nien de l’électron) certains forment un continuum que l’on peut repérer par un ensemble
d’indices que l’on nomme k (k correspond au vecteur d’onde de l’électron libre). Pour
simplifier la présentation dans la suite, on considère que les états sont uniquement carac-
térisés par leur énergie. Ainsi, en partant de l’état initial |ii le taux de transition vers un
domaine d’états finaux Dk s’écrit
2π X
Γi→Dk = δ(Ek − Ei )| hk| V̂ |ii |2 (138)
~ k∈D
k
En passant à la limite continue (on remplace la somme par une intégrale en faisant
intervenir la densité d’états du continuum ρ(E)), on obtient la règle d’or de Fermi
38
Règle d’or de Fermi
Le taux de transition (en s−1 ) d’un état |ii vers un continuum d’énergie Dk est
donné par
2π
Γi→Dk = ρ(Ek = Ei )| hEk = Ei | V̂ |ii |2
~
2π X (139)
= | hEk | V̂ |ii |2 δ(Ek − Ei )
~ k∈D
k
39
Nous pouvons alors voir 43 que le taux de transition w est proportionnel à E02 donc à
l’intensité du rayonnement. Si l’on fait l’approximation des grandes fréquences optiques
2
kl 1 et que Ek = (~k)
2m?
, on peut faire le calcul entier pour trouver
s
2
q 2
w ≈ π 2 ~2 E 2 = AE02 (145)
l m Ek5 0
?2
w = AE02 (146)
2π X
w= | hk, ψf inal | V̂ |f, ψinitial i |2 δ(Ek − Ef − ~ω)
~ k,ψ
f inal
(148)
2π X
= | hψf inal | Ê (+) |ψinitial i |2 δ(Ek − Ef − ~ω)| hk| − ex .D̂ |f i |2
~ k,ψ
f inal
40
X X
| hψf inal | Ê (+) |ψinitial i |2 = hψf inal | Ê (+) |ψinitial i hψinitial | Ê (−) |ψf inal i
ψf inal ψf inal
X
= hψinitial | Ê (−) |ψf inal i hψf inal | Ê (+) |ψinitial i
ψf inal (149)
X
(−) (+)
= hψinitial | Ê (|ψf inal i hψf inal |) Ê |ψinitial i
ψf inal
(−)
= hψinitial | Ê Ê (+) |ψinitial i
car Ê (−) = Ê (+)† . Nous voyons dans ce cas que la quantification du champ remplace
le terme E02 par hψinitial | Ê (−) Ê (+) |ψinitial i et ne dépend que de l’état initial du champ
électrique. En toute généralité, Ê (−) et Ê (+) dépendent de la position du détecteur r
et du temps t. Pour un champ monochromatique, la dépendance temporelle sous forme
d’exponentielle s’annule 44 . Si le champ est multimode, il faut être plus vigilant. Retenons
le résultat suivant
w∝n (153)
Pour un état cohérent du champ |ψi = |αi, nous obtenons 46
44. On peut s’en convaincre par le calcul.
45. On rappelle que ↠â |ni = N̂ |ni = n |ni.
46. On note hni = hN̂ i.
41
w ∝ |α|2 = hni (154)
Et par conséquent, nous retenons le résultat suivant
L’action d’une lame séparatrice est représentée par une transformation unitaire 47
entre les états entrant et les états sortant. De manière générale, on modélise cette trans-
formation par une matrice unitaire 48 dont les coefficients peuvent être choisis réels, quitte
à changer de base.
47. Le fait que la transformation soit unitaire assure la conservation de l’énergie â↠+ b̂b̂† = ĉĉ† + dˆdˆ† .
48. Cette matrice n’est a priori pas hermitienne car ce n’est pas une observable que l’on peut mesurer.
42
Transformation unitaire de la lame séparatrice
ĉ â
ˆ =U (155)
d b̂
avec a
t r
U= (156)
−r t
a. r et t sont respectivement les coefficients de réflexion et de transmission en amplitude
vérifiant t2 + r2 = 1.
Vous pouvez vous assurer que le fait que U soit unitaire implique que ĉ et dˆ vérifient
les relations de commutations habituelles de deux oscillateurs harmoniques quantiques
indépendants. Ceci garantit la conservation de la probabilité : si un photon a une proba-
ˆ
bilité de 1 d’être dans le mode â ou b̂ alors il en sera de même dans le mode ĉ ou d.
Par cette transformation, nous pouvons aisément changer de base (passer de (â, b̂) à
ˆ Par exemple, si l’on prépare un état arbitraire en entrée à partir du vide
(ĉ, d)).
1
|na , nb ia,b = √ (↠)na (b̂† )nb |0, 0i (157)
na !nb !
Nous pouvons réécrire cet état dans la base de sortie de la lame séparatrice
1
|ψic,d = √ (tĉ† + rdˆ† )na (−rĉ† + tdˆ† )nb |0, 0i (158)
na !nb !
Si l’on connait l’état d’entrée et que l’on veut calculer le taux de détection à la sortie
ĉ, on écrit
Exemples
Le taux de détection à la sortie ĉ étant donnés un état nombre en entrée â et le vide
en entrée b̂ est
43
Si on considère un état cohérent dans les deux canaux d’entrée, on obtient
wa ∝ |α|2
wb ∝ |β|2 (162)
wc ∝ t2 |α|2 + r2 |β|2 + rt(α? β + αβ ? )
√ √
Si l’on suppose 49 que α = na et que β = nb eiφ , on a
√
wc ∝ t2 na + r2 nb + 2 na nb cos φ (163)
On obtient des interférences. Mais si les états cohérents sont remplacés par des états
nombres, on obtient
wc ∝ t2 na + r2 nb (164)
et donc les interférences disparaissent. On retiendra le résultat suivant.
Pour deux états cohérents a |αi et |βi en entrée d’une lame séparatrice, on
observe des interférences en sortie et on mesure un taux de détection
√
wc ∝ t2 na + r2 nb + 2 na nb cos φ (165)
Pour deux états nombres |nia et |nib en entrée d’une lame séparatrice, on
n’observe pas d’interférence en sortie et on mesure un taux de détection
wc ∝ t2 na + r2 nb (166)
√ √
a. Tels que α = na et β = nb eiφ .
On peut se convaincre en faisant le calcul que si l’un des états en entrée est cohérent et
l’autre nombre, il n’y a pas non plus d’interférence. Nous pouvons voir ce résultat comme
une tentative pour mesurer la phase d’un état nombre relativement à un état cohérent.
Nous trouvons que en moyenne la phase possède un comportement comme si elle était
aléatoire d’où l’idée que "les états nombres n’ont pas de phase". Mais attention, cela ne
veut pas dire que des états nombres ne peuvent pas créer d’interférences !
7.5 Interférométrie
Dans cette partie, nous nous intéressons aux phénomènes d’interférences. Pour cela,
considérons l’interféromètre le plus simple qui existe : un interféromètre de Mach-
Zehnder dont un schéma est présent sur la Figure 2.
49. La phase acquise peut être due à une différence de marche entre les deux faisceaux incidents i.e.
par une différence de longueur de trajet parcouru.
44
Figure 2 – Interféromètre de Mach-Zehnder
Les deux lames séparatrices sont notées 1 et 2, et on introduit les champs à l’intérieur
de l’interféromètre ê et fˆ. Par ailleurs, nous notons â et b̂ les champs entrant et ĉ et dˆ les
champs sortant de l’interféromètre.
ê = t1 â + r1 b̂ fˆ = −r1 â + t1 b̂ (167)
Notons que nous devons aussi tenir compte de la propagation des champs ê et fˆ
à l’intérieur de l’interféromètre en incluant une phase accumulée entre les deux lames
séparatrices. Nous avons donc
ϕ = k(Le − Lf ) (169)
et on suppose que les lames séparatrices sont des lames 50/50 donc r1 = r2 = t1 =
t2 = √12 . Ainsi, nous obtenons
1 ik(Le +Lf )/2 iϕ/2 −iϕ/2
ĉ = e (â + b̂)e + (−â + b̂)e (170)
2
que l’on peut écrire sous la forme
1 ϕ ϕ
ĉ = eik(Le +Lf )/2 −i sin â + cos b̂ (171)
2 2 2
Nous pouvons ainsi déterminer le taux de détection au niveau du détecteur c.
45
Taux de détection pour un interféromètre de type Mach-Zehnder
Le taux de détection à la sortie d’un interféromètre a de type Mach-Zehnder
pour deux champs â et b̂ en entrée est
Pour prendre un exemple, nous envoyons le vide dans le canal b. Ainsi, on a |ψi =
|na , 0i. Nous obtenons
Le dispositif optique utilisé pour une détection homodyne est une lame séparatrice
50/50 comme celle de la Figure 1. Nous considérons que le canal b comporte le champ in-
connu noté |ψi et nous injectons dans le canal a un état cohérent |αi qui sert d’oscillateur
local. Nous pouvons écrire les taux de détections des détecteurs c et d en sortie
46
wc ∝ hψ, α| (↠+ b̂† )(â + b̂) |ψ, αi
(175)
wd ∝ hψ, α| (−↠+ b̂† )(−â + b̂) |ψ, αi
On développe les expressions précédentes en faisant attention que les opérateurs ne
commutent pas et on fait agir les opérateurs qui agissent sur l’oscillateur local |αi
wc ∝ |α|2 + hψ| b̂† b̂ |ψi + α? hψ| b̂ |ψi + α hψ| b̂† |ψi
(176)
wd ∝ |α|2 + hψ| b̂† b̂ |ψi − α? hψ| b̂ |ψi + α hψ| b̂† |ψi
En soustrayant les deux signaux détectés, on obtient
Q = hψ| Q̂ |ψi
∝ hψ| (b̂ + b̂† ) |ψi
(179)
= hψ| b̂ |ψi + hψ| b̂† |ψi
∝ wc − wd
De même pour θ = π/2, on obtient (le facteur i s’élimine avec la définition de P̂ )
P = hψ| P̂ |ψi
∝ hψ| (b̂ − b̂† ) |ψi
(180)
= hψ| b̂ |ψi − hψ| b̂† |ψi
∝ wc − wd
Ainsi, soustraire les deux signaux wc et wd permet en faisant varier la phase de l’os-
cillateur local de mesurer les quadratures Q et P d’un champ inconnu et donc de le
représenter dans l’espace des phases. On peut ainsi remonter à son amplitude et sa phase.
Cette méthode permet en outre de mesurer des états comprimés dont l’étude et la
production ont été discutées au début de ce cours.
47
Détection homodyne
La détection homodyne permet de mesurer les quadratures d’un champ
inconnu à partir d’un champ de référence appelé oscillateur local, état cohérent
|αi avec α = |α|eiθ .
Pour a θ = 0, on obtient
Q ∝ wc − wd (181)
P ∝ wc − wd (182)
Une telle mesure permet donc de représenter un champ dans l’espace des phases
(Q, P ) et ainsi remonter à son amplitude et sa phase.
a. On règle la valeur de θ en faisant varier la phase de l’oscillateur local.
48
est de même pour le deuxième terme de la somme. Ainsi, nous avons besoin d’aller au
deuxième ordre dans le développement perturbatif.
Avec le calcul au deuxième ordre 52 dont la méthode générale est présentée précédem-
ment, nous déterminons l’amplitude 53 de la transition de l’état |a, bi (les deux électrons
sont liés dans l’atome) vers l’état |k1 , k2 i (les deux électrons sont libres avec des vecteurs
d’onde k1 et k2 ).
ˆ t
(2) 1 X 0
c|a,bi→|k1 ,k2 i (t) = dt0 hf | V̂ (t0 ) |ni c(1) 0 −iωnf t
n (t )e
i~ n 0
ˆ ˆ t0 !
1 X t 0 0 00 00 −iωif t00 0
=− 2 dt hf | V̂ (t ) |ni dt hf | V̂ (t ) |ii e e−iωnf t
~ n 0 0
(185)
où |ii = |a, bi est l’état initial, ωnf = ωn − ωf et la somme porte sur les états propres
notés |ni de l’hamiltonien de l’atome (voir méthode perturbative dépendante du temps).
Nous définissons D̂a = qr̂a et D̂b = qr̂b pour ainsi définir V̂a = −Ê.D̂a et V̂b = −Ê.D̂b .
L’expression précédente une fois développée présente des termes croisés D̂a .D̂b qui sont les
seuls termes qui vont donner un résultat non nul une fois évalués pour les états considérés.
Ainsi, on obtient
ˆ ˆ 0
(2) 1 X t 0 t 00 00 0
c|a,bi→|k1 ,k2 i (t) =− 2 [ dt dt hf | V̂a (t0 ) |ni hn| V̂b (t00 ) |ii e−iωin t e−iωnf t
~ n 0 0
ˆ t ˆ t0 (186)
00 0
+ dt0 dt00 hf | V̂b (t0 ) |ni hn| V̂a (t00 ) |ii e−iωin t e−iωnf t ]
0 0
Nous avons vu que seul l’opérateur Ê (+) contenant les fréquences positives devait être
pris en compte dans ce calcul dans l’expression de V̂a et V̂b . Or cet opérateur ne contient
que l’opérateur d’annihilation du champ et donc V̂a et V̂b commutent. On obtient
ˆ ˆ 0
(2) 1 X t 0 t 00 00 0
c|a,bi→|k1 ,k2 i (t) =− 2 dt dt hf | V̂a (t0 ) |ni hn| V̂b (t00 ) |ii e−iωin t e−iωnf t (187)
~ n 0 0
Par le calcul des deux intégrales 54 , nous voyons que les parties temporelles correspon-
dant aux électrons a et b se découplent et on obtient
1
c|a,bi→|k1 ,k2 i = hψf , k1 , k2 | Ê (+) (rb )D̂b Ê (+) (ra )D̂a |ψi , a, bi
~2
sin (ωk1 − ωa − ω) t/2 sin (ωk2 − ωb − ω) t/2 (188)
×
(ωk1 − ωa − ω) (ωk2 − ωb − ω)
52. En connaissant la solution au premier ordre que l’on utilise pour déterminer le terme d’ordre deux.
53. Cette amplitude prise en module carré donne la probabilité de transition.
54. Cette étape est très technique, nous ne la présentons pas ici mais le calcul est expliqué en détail
dans les notes de Chris.
49
où |ψi i et |ψf i sont respectivement l’état initial et final du champ électrique. Nous
pouvons alors déterminer la probabilité correspondante (toujours en utilisant la même
approximation qui consiste à remplacer le sinus cardinal en un dirac)
π t2 X
P(2) (t) = ( )2 4 | hψf | Ê (+) (rb )Ê (+) (ra ) |ψi i |2 | hk1 | D̂a |ai |2 | hk2 | D̂b |bi |2
2 ~ k ,k ,ψ (189)
1 2 f
× δ(ωk1 − ωa − ω)δ(ωk2 − ωb − ω)
Comme cette probabilité est quadratique par rapport au temps, nous définissons le
(2)
taux de coïncidence par w(2) = P t2(t) et non comme la simple dérivée temporelle de la pro-
P
babilité dans le cas d’un photon. En utilisant la relation de fermeture ψf |ψf i hψf | = 1̂,
on obtient finalement
Taux de coïncidence
Le taux de détection (ou de coïncidence) de deux photons est donné par
(−) (+)
w(2) = Aa Ab hψ| Êa(−) Êb Êb Êa(+) |ψi (190)
a. C’est un état |ψa , ψb i de l’espace de Hilbert produit tensoriel des espaces des deux champs
H = Ha ⊗ Hb .
La quantité w(2) est le taux de détection de deux photons, l’un sur le détecteur a et
l’autre sur le détecteur b.
Prenons quelques exemples. Pour un état nombre |1i (un photon unique), on a
50
w(2) ∝ hα| Ê (−) Ê (−) Ê (+) Ê (+) |αi
E4
= 0 hα| ↠↠ââ |αi
16 (193)
E04 4
= |α|
16
(1)
= wa(1) wb
Ainsi pour un état cohérent, la probabilité de détecter deux photons est proportion-
nelle à la probabilité de détecter chaque photon individuellement.
Il est plus commun d’utiliser deux détecteurs à la sortie d’une lame séparatrice. Si
l’on note comme d’habitude â et b̂ les champs en entrée et ĉ et dˆ les champs en sortie, le
taux de coïncidence aux deux sorties sera
51
Impulsions classiques
Afin d’introduire un aspect temporel à un champ quantique, rappelons comment cela
se fait en électrodynamique classique. Une impulsion est représentée par une somme sur
différentes composantes fréquentielles que nous traitons comme des ondes planes. Nous
donnons un exemple à une dimension.
E0 X
E(z, t) = αn ei(kn z−ωn t) + c.c. (195)
2 n
où E0 est l’amplitude du champ électrique et αn est un nombre complexe arbitraire.
L’intensité du champ (en faisant l’approximation séculaire) est
E02 X ?
I(z, t) ∝ E ? E = α αm e−i(kn z−ωn t) ei(km z−ωm t) + c.c. (196)
4 n,m n
ˆ ˆ (197)
iδt Ω+δ Ω−δ
= dδe dΩα? ( )α( )
2 2
où l’on a fait le changement de variables ω = Ω+δ
2
et ω 0 = Ω−δ
2
. Le profil temporel de
l’intensité est donc la transformée de Fourier de l’auto-convolution de la fonction α(ω).
n,p
= Ê(+) + Ê(−)
où la somme porte sur les différents modes n et sur les deux polarisations orthogonales
p. En utilisant la règle d’or de Fermi pour calculer le taux de photodétection comme fait
précédemment, on trouve
X
w(1) (t) ∝ ||Ê(+) (z, t) |ψi ||2 = hψ| Ên(−) (z, t)Êm
(+)
(z, t) |ψi (199)
n,m
52
E0 = hα1 , α2 , ...| Ê (+) |α1 , α2 , ...i (201)
53
2
Γ Γ
w (t) ∝ (ω0 − i )3 e− 2 τ
(1)
(206)
2
que l’on peut réécrire sous la forme suivante
ˆ
De même pour b̂, ĉ et d.
Lorsque l’on observe continûment la lumière émise par un ensemble de sources irradiées
de manière continue, nous pouvons mesurer le taux de coïncidence pour deux temps
différents
(2)
wc,d ∝ ||Ê (+) (z, tc )Ê (+) (z, td ) |ψi ||2 (209)
En utilisant une lame séparatrice, nous pouvons mesurer le taux de coïncidence à
deux endroits (détecteurs) et deux temps différents
(2)
wc,d ∝ ||Ê (+) (zc , tc )Ê (+) (zd , td ) |ψi ||2 (210)
Si l’ensemble de sources est un unique atome, nous trouvons w(2) (tc = td ) = 0 et
pour des temps séparés de plus du temps de relaxation de l’atome (|td − tc | Γ−1 )
nous trouvons w(2) = w(1) (tc )w(1) (td ). En d’autres termes, pour une courte séparation
temporelle nous observons un comportement non-classique alors que au temps longs la
source ressemble à une source classique. On parle de phénomène d’antibunching et de
bunching. La mesure de la fonction d’auto-corrélation en intensité permet de quantifier
54
ces effets et d’identifier un critère expérimental qui assure que la source est par exemple
une source de photons uniques 55 .
δw(1) 1 1
(1)
= =√ (212)
w |α| n̄
On peut se convaincre que si une telle mesure est faite après une lame séparatrice
caractérisée par un coefficient de transmission t, alors on obtient
δw(1) 1 1
= = √ (213)
w(1) t|α| t2 n̄
Nous avons une limitation purement quantique de la précision évoluant avec la racine
carrée du nombre de photons détectés.
55
Nous rappelons que si l’un des deux champs envoyés dans la lame séparatrice est un
état cohérent qui sert de référence (oscillateur local), la mesure de ĥ donne les quadra-
tures d’un champ inconnu injecté dans la deuxième voie de la lame séparatrice en faisant
varier la phase de l’oscillateur local.
On a alors
ĥ = ĉ† ĉ − dˆ† dˆ = cos ϕ(↠â − b̂† b̂) + i sin ϕ(↠b̂ − b̂† â) (216)
Pour un état |α, 0i (le champ inconnu est le vide |0i), on trouve
δ ĥ ∂ ĥ 1
q
δϕ = = hδ ĥ2 i/ = (219)
∂ ĥ
| ∂ϕ | ∂ϕ sin ϕ|α|
Comme pour une mesure d’intensité, la précision d’une mesure de phase varie comme
la racine carrée du nombre de photons détectés. La plus petite incertitude est atteinte
pour ϕ = π/2.
ϕ ϕ2 †
dˆ† dˆ = sin2 ↠â + cos2 ϕb̂† b̂ ≈ â â (220)
2 4
Considérons que l’on met en entrée un état |α, 0i. La variance est donné par
hdˆ† dˆdˆ† di
ˆ − hdˆ† di
ˆ 2 = hdˆ† dˆ† dˆdi
ˆ + hdˆ† di
ˆ − hdˆ† di
ˆ2
= hdˆ† di
ˆ (221)
ϕ
= h↠âi sin2
2
56
La précision de mesure est alors donnée par
δ dˆ ∂hdˆ† di
ˆ 1 sin ϕ2 1
q
δϕ = ˆ = hδ dˆ2 i/ = ϕ ϕ ≈ (222)
∂d
| ∂ϕ | ∂ϕ |α| sin 2 cos 2 |α|
57