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Cours de Droit Colonial: Fondements et Idéologies

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Excellence Académie

46 Min

PRISE DE NOTE-COURS DE DROIT COLONIAL


PUBLIC ET PRIVE

INTRODUCTION
La colonisation est un processus d’extension territorial et géographique
qui se caractérise par un flux migratoire, l’invasion, l’occupation et
l’exploitation ; la mise sous tutelle et la domination politique, culturelle,
religieuse, économique voir le génocide. La colonisation est donc
l’utilisation du sol, des trésors, de la flore, de la faune et avant tout, des
hommes en faveur de la nation dominatrice. Il s’agit de conquérir les
cœurs, d’apporter les lumières dans un monde de ténèbres. Il y a là, une
dimension eschatologique[1] dans le discours colonial ou l’assimilation
signifie accumulation de société entière soumise à la culture de la nation
colonisatrice. Acculturation qui doit fonctionner comme une révélation aux
yeux des peuples conquis. Il s’agit en outre de convertir les peuples à un
idéal, de leur offrir le salut dans ce monde, la liberté et l’égalité ; mais une
liberté et une égalité définie et portée par la nation colonisatrice.
Aussi, la colonisation tire son origine du mot ‘’colonus’’ qui désignait en
sens propre ‘’le cultivateur d’une terre’’.
Aussi le droit colonial a-t-il pour finalité de traduire normativement le …
colonisateur. Ce système nouveau va grandir dans trois grandes phases :
Phase d’exploration et de conquête
Phase d’installation et d’exploitation
Phase de transformation (fin 2nd guerre mondiale pour s’achever en
1960 pour ce qui est de la Côte d’Ivoire).
Comme dans toutes les sociétés humaines, les institutions ne peuvent être
parfaitement compréhensibles que si l’on les ramène aux logiques qui les
sous-tendent dans le temps et dans l’espace. L’institution coloniale se
distingue de l’institution précoloniale, métropolitaines et des institutions
postcoloniale.
En ce qui concerne la distinction institution coloniale et institution
précoloniale, elles se distinguent par rapport à leur fondement et leur
fonctionnement c’est-à-dire par rapport au fondement global de leur
société.
Les institutions métropolitaines s’inscrivent de celle des institutions
coloniales. Ainsi donc, les institutions coloniales sont ambivalentes. Les
institutions coloniales en constituent dans leur finalité politique, la
négation mais en reproduisent certains de leur aspect théorique, les
principes fondamentaux. Ils s’opèrent donc entre ces institutions, une
idéologique et dans une certaine mesure une pratique.
Ceci étant, on pourrait définir les institutions coloniales comme l’ensemble
des structures politiques, des législations et des idéologies qui ont
favorisées la conquête coloniale, installé le système colonial, servi
d’instrument de lutte contre les systèmes négro-africains. Ces institutions
coloniales se sont transformés par la conjugaison de certains facteurs
politiques jusqu’à l’émergence des indépendances. Ainsi donc, le droit
colonial est fondé sur un ensemble de justification matériel et immatériel
qui président sur sa finalité.

PARTIE I : Les fondements du droit colonial


Le terme fondement désigne ici ce qui permet de définir et de justifier le
droit colonial. Il se rapporte aux idéologies et renvoie également aux
éléments matériels qui ont présidés à sa formation (sources matériel) ainsi
qu’à son caractère et sa finalité.

Chapitre I : Le fondement idéologique


Le droit est vecteur de valeur, de représentation. Il est traversé de part en
part par l’idéologie (il n’existe pas de droit neutre) moderne des concepts
juridiques, tandis que la propagation des…
L’idéologie coloniale a forgé les différentes phases de l’instant colonial.
Cette idéologie a varié dans le temps c’est pourquoi nous pouvons
identifier l’idéologie de la période coloniale, l’idéologie de la période
métropolitaine et l‘idéologie de la période postcoloniale.

Section I : L’idéologie de l’exploration de la période


coloniale
Diffuser la civilisation était la notion la mieux avancée pour justifier les
différentes pensées.
Paragraphe I : La mission de civilisation
Avec le recul de la France au profit de la Prusse, elle va penser qu’elle a
un rôle humain, une conception si haute de sa mission qu’elle va trouver
nécessaire de coloniser.

A. La signification de l’idéologie de la mission


civilisatrice
Avant la reprise de l’expansion coloniale, les populations africaines étaient
pensées par l’idéologie du mal, des ténèbres, du manque d’amour et de
protection. Pour Bérenger-Fernand, les noirs ont 04 vices inhérents à
leur nature : l’orgueil, la paresse, la gourmandise, la luxure. Il y ajoute
qu’ils n’ont aucune culture intellectuelle, ils ne réfléchissent guère. C’est
la raison pour laquelle il préconise qu’il faut donc éclairer par le flambeau
de la civilisation, cette partie du monde la moins connue et envahi par le
mormonisme. Ces barbares, étaient hors d’état d’assurer eux même leur
salut, il appartient aux chrétiens de s’en charger dans l’intérêt de la foi.
Les peuples techniquement avancés ont le droit et même le devoir de
mettre en valeur, la totalité de la planète.
La SDN aussi, en son article 22 dispose dans le même sens.

B. Les fondements de cette idéologie


La doctrine St Simonienne et le rôle de l’église. L’idéologie de la mission
civilisatrice est soutenue par la doctrine et soutenu par…

1. La doctrine
C’est Claude-Henri de Rouvroy comte de St-Simon qui va élaborer la
doctrine St Simonienne. Cette doctrine s’appuie sur l’idée matricielle que
la société est comme une machine qui peut être planifié et réparer par un
Etat ingénieur pourvu de savoir et de nécessaire.

2. Le rôle de l’église
Les missions chrétiennes ont reçu de l’Etat, un statut dans l’entreprise
coloniale. C’est particulièrement à la conférence de Berlin que cette
mission civilisatrice leur sera confiée.
Paragraphe II : Les penseurs de la période de la
conquête et de l’exploration coloniale
Sous-Paragraphe I : Ceux qui ont engagé la discussion
(les précurseurs)
A. L’Abbé Grégoire
En 1808, l’Abbé Grégoire publie ‘’De la littérature des
nègres’’. L’ouvrage est un manifeste contre le rétablissement de
l’esclavage et la traite négrière (1807 en Angleterre). Mais en même il va
créer avec ses amis, la société des amis de noirs.
Le fondement idéologique de la position de l’Abbé Grégoire est l’unité du
genre humain, par conséquent, partant de ce postulat il va chercher à
réconcilier le message évangélique et l’idéologie de l’esclavage. Mais son
ouvrage n’aura pas l’écho recherché. En effet, le parti colonial va
s’indigner et présenter l’ouvrage comme un manifeste du négrophilisme.
Cependant, l’Abbé Grégoire dédie son œuvre à tous les hommes qui ont
plaidé la cause des malheureux noirs et des sang-mêlé soit par leur
ouvrage soit par leur discours dans les assemblées politiques pour le
soulagement et la liberté des esclaves.
Cependant, le contexte n’était pas favorable en ce que l’esclavage a été
rétabli en 1802 par Napoléon. D’ailleurs en 1807, alors que l’Angleterre
était en train d’abolir l’esclave dans ses colonies, en France une enquête
de police a été un recensement de tous les noirs dans les colonies pour un
enrôlement militaire. Une loi du 03 Février 1802, interdisait l’entrée des
noirs et des hommes de couleur sur les territoires métropolitains. En
Janvier 1803, les préfets ont été chargés d’enjoindre dans les registres,
l’interdiction des mariages mixtes.
L’abbé Grégoire affirme ceci, « les amis de l’esclavage sont
nécessairement les ennemis de l’humanité ».Il dira aussi que les
noirs ont des qualités qui leur sont propre : le courage, la compassion, le
patriotisme, l’amour paternel, doté d’une piété filiale.

B. Marc Lescarbot
Parmi ceux qui renvoient une image dévalorisante de l’Afrique, on a Marc
Lescarbot. Il a été marqué par la guerre des religions entre protestants et
catholiques et pour lui, il faut coloniser en s’appuyant sur la parabole des
talents. Pour lui, c’est le champ d’expression de la colonisation. Il va
assigner à la colonisation 04 objectifs :
§ Transférer le surplus de la population dans les colonies
§ Préoccuper les humeurs contestataires, les humeurs belliqueuses en les
envoyant dans les colonies
§ Rependre la foi chrétienne
§ Réaliser les profits économiques

Sous-paragraphe II : Les promoteurs de l’engagement


colonial
A. Le parti colonial
Un parti colonial spécial a été créé. Il recrutait dans toutes les sphères de
la société française. Ce parti était le façonneur idéologique qui se bornait à
suivre les directives indiquées par son chef
Gambetta. C’est Gambetta qui a posé le 1er, la politique de
recueillement. Le parti colonial a fourni à la France, plusieurs présidents
de la République.

B. Jules Ferry
De tout son nom, Jules François Camille Ferry, avocat, journaliste,
député républicain, préfet de la Seine, maire de Paris, président du
conseil, ministre de l’instruction publique, franc-maçon et profondément
anticléricale. C’est lui qui a construit l’école laïque en éliminant les
congrégations catholiques dans les écoles. C’est encore lui qui a lancé la
politique coloniale en Tunisie (1881) et au Tonkin (1885).
Il va donner un discours le 28 Juillet 1885 pour justifier sa politique
coloniale. La séance parlementaire du 28 Juillet 1885 est consacrée à la
discussion d’un projet de crédits extraordinaires pour financer une
expédition à Madagascar où la France tente d’imposer son
protectorat. Dans ce discours, Jules Ferry défend contre Georges
Clémenceau, les bienfaits économiques, humanitaires et stratégiques du
colonialisme.

Sous-paragraphe III : Les anticolonialistes


A. Georges Clémenceau
Lors du débat en 1885, Georges Clémenceau va souligner le coût élevé de
l’aventure coloniale en parlant des centaines de millions à dépenser et des
milliers de français qui y trouverait la mort. Le député Frédéric
Passy critiqua ses aventureuses, stériles et couteuses expéditions.
Pour Clémenceau «… La conquête que vous préconisez, c’est de
l’abus. Ce n’est pas le droit, s’en est la négation. »

B. Jean-Jaurès
Humaniste et ardent pacifiste, Jean-Jaurès est né à Castre en 1859. Il est
fondamentalement anticolonialiste. A ce titre, il fait l’éloge des civilisations
en disant « Pour nous, socialiste, pour nous homme, il n’y a ni
opposition de race ni opposition de continent mais partout sous
les climats divers avec des nuances diverses, des tempéraments
physiques différents, partout la même humanité qui monte qui
grandi et qui a le droit de monter et de grandir ».

Section II : L’idéologie de l’exploitation et de


l’installation coloniale
Paragraphe I : Charles Mangin et Treich-Laplène
A. Charles Mangin
Il apporte une note originale aux thèses classiques controversées qu’une
métropole retire de ses colonies. Si ses prédécesseurs orientent leurs
thèses sur l’aspect économique et désengrangement des métropoles, lui
par contre met l’accent sur le rôle militaire salvateur : « le Sofa qui nous
combattait hier était le tirailleur de demain. Les peuple se ralliait
autour de notre Fanion tricolore, vous les avez fait français ».

B. Marcel Treich-Laplène
Il est présenté comme l’un des tous premiers à ouvrir la langue lisse des
explorateurs de la CI en se portant à la marie d’Assinie et de Bassam. Il est
né le 24 Mai 1860 à Osser en France ; il est fils de notaire et son père était
maire d’Usser. Marcel T.L a fait ses études dans la ville de Poitier.
Bachelier es-lettres, il suit son père en Algérie où il fait son service
militaire. Il devient maitre répétiteur au lycée de La Rochelle. Il participe
aux soirées organisées par la préfecture. C’est ainsi que le préfet de La
Rochelle, Mr Lagarde, qui va le présenter à Arthur Verdier qui cherchait un
collabo pour ses comptoirs sur la Côte d’or.
Séduit par Marcel T.L, Arthur le prend à son service en 1883. A cette date
Marcel T-L débarque à Assinie et est accueilli par Amédée Brétignière. Il lui
sera confié la plantation de café située à Elima. Il va assurer l’intérim
d’Amédée en son absence et va devenir le résident français dans les
établissements de C.I. Il s’oppose même farouchement à l’expansion
britannique et dénonce les empiétements anglais dans le Sanwi en
effectuant une 1ère grande mission en 1887. Il disait donc « si par erreur…
».
Pour lui, il faut empêcher les britanniques d’agrandir leur territoire, de
gagner quelques milles en plus. Mais T-L était de santé délicate. Il partit en
France pour des soins où il publie un ouvrage. Il profite de l’occasion pour
dire qu’il faut maintenir la présence française en C.I. pour y arriver il va
demander des signatures de conventions avec les chefs de l’Indénié, de
Grand-bassam etc… en les soudoyant pour ne pas qu’ils fassent
allégeance aux Britanniques.
En 1888, il est chargé d’allé à la rencontre de Louis Gustave Binger. Mais
du fait de sa santé délicate, il n’y parvient pas. De retour à Assinie en
1889, il est nommé gouverneur de France. Il va installer des postes de
douane à Assinie et à Grand Bassam le 23 Octobre 1888 et le 25 octobre à
Jacqueville. La révolte des Aladjan à jacqueville va être matée.
Il meurt en Juillet 1890 dans le navire qui le transportait à Dakar.

Paragraphe II : Idéologie des administrateurs coloniaux


(Binger et Clozel)
Leur idéologie repose sur la méthode de persuasions.

A. Louis Gustave Binger[2]


Il est né en 1856 à Strasbourg et décédé en 1936. Il avait 14 ans lorsque
sa province l’Alsace était annexée par l’empire allemand. Il s’engage donc
dans l’armée du fait de son patriotisme. Il va fuir la monotonie de la ville
de Garnison. Il accepte donc en 1880, un commandement dans le bataillon
de Dakar avec le colonel Dott[3]. Ensemble, ils font la campagne de
Casamance. Il parlait plusieurs langues africaines telles que le bambara et
le Wolof. Il sera donc désigné pour effectuer une mission au Sénégal. Il
gagne ainsi la confiance de Federbre pour ses affaires perso. Il fait son
entré en 1886… Pour bien faire sa mission, il s’est fait passer pour un
commerçant.
Il avait pour mission d’étudier les produits de Kong et des pays voisins. Il
offrait des présents aux populations qu’il rencontrait, même à Samory
Touré et à ses femmes. Il a donné aussi aux chefs des Ouattara des
présents, de sorte qu’ils disent désormais faciliter le passage d’un
français.
Il a ouvert la voie à la politique de pénétration pacifique.

B. Clozel
Il est né le 29 Mars 1860, d’une vielle famille de France. Il est mort le 11
mai 1918 à Rabat au Maroc. Il a exercé les fonctions de gouverneur
général en CI puis de gouverneur de l’AOF. Il était remarquablement doué
pour l’étude. Grâce à une mémoire merveilleuse et à une faculté
d’assimilation, il avait une justesse de conception en acquérant une forte
et solide culture jusqu’au soir de sa vie. Il est arrivé pour la 1ère en CI en
1896. Il est nommé en 1903, administrateur de l’Indénié. Il écrit ‘’10 ans à
la CI’’ « Notre administration comme … devrait être … Favorisé les
courants naturels sans trop… ».
Il emploi donc une politique de conquête pacifique fondé sur la sympathie
et une administration qu’il compare à la maïeutique de Socrate.

Section III : L’idéologie de la période de la


transformation coloniale
Cette période est dominée par des figures emblématiques telles De
Gaulle, Félix Eboué et des élites colonisés, Senghor, Sékou Touré.

Paragraphe I : De Gaulle et Félix Eboué


Felix Eboué et De Gaulle représentent la France par la transformation du
système colonial. Distinction de leurs pensées.

A. Le Général De Gaulle
La pensée colo de De Gaulle s’incorpore dans les particularités historiques.
Pour lui, il faut déceler le degré d’interconnexion idéologique qui va rendre
compte dans de l’impact de la civilisation française dans les colonies. Il
faut donc mesurer la réaction multiple des français non pas de façon
générale mais par rapport à chaque colonie ou ensemble de colonie.
Pour lui, c’est dans la nature de chaque colonie que se trouve la solution
coloniale. C’est donc en fonction de l’évolution de la colonie qu’il faut
adapter les mesures nécessaires afin de continuer à avoir la main mise sur
les colonies. Il faut moduler a colonisation aux situations coloniales pourra
sauver donc l’unité organique de la France.
La pensée de De Gaulle dépasse celle de Jules Ferry et Albert Salaud dans
la méthode. Il fait appel ici à sa fibre de soldat de a grandeur de la
France ; de là sa coalition avec les radicaux de la France. Il fait campagne
en 1946, pour la constitution qui ouvrait au départ, à l’indépendance des
colonies. On voit en lui, un penseur et un stratège militaire dont l…de
l’espace est soumis à la lecture du terrain.

B. Félix Eboué
Il est né en Guyane en 1884 d’une famille de 5 enfants dont il était le
4ème. Il poursuit ses études au lycée de Bordeaux puis il fait l’école
coloniale. Il sera affecté en Afrique comme élève administrateur. Il renouer
avec …ancêtre puisqu’il est fils d’esclave. Pour lui, il faut dépasser les
situations contradictoires en rapprochant les hommes en misant sur ce qui
les rapproche plutôt que sur ce qui les différencie. Il faut donc piétiner les
préjugés et joue le jeu des évènements atroces : la 2ème guerre mondiale.
Il sera le 1er à fournir des soldats à De Gaulle pour continuer le combat
contre l’Allemagne. Il annonce le 26 Aout 1940, la mise à disposition des
soldats. Il prend parti pour que l’humanité soit un ; il a voulu humaniser
donc la France pour une France d’unité, de liberté et d’égalité.
Il se fait donc l’avocat de la république humaniste. Il regardait la
colonisation et ses avatars comme l’expression de la bêtise humaine que
seul l’humanisme peut vaincre. Sa conception de la Rep était donc un
quête et non une conquête parce ses frontières de la Rep étaient en
chacun.

§ II : L’idéologie des élites colonisées


A. L.S. Senghor
Il est né 1906. Il est le 1er agrégé africain de lycée africain, il a eu pour
Mentor, Blaise Diagne. Le contact intellectuel de Blaise Diagne va
influencer Senghor qui va distinguer la France coloniale et la France des
Libertés. Cette distinction va ressorti dans ses écritures. Dans Liberté 1
intitulé… « le problème colonial n’est rien d’autre qu’un problème
provincial ». Pour lui donc, il s’agit d’une assimilation …
La seule condition pour qu’il y ait un idéal commun, il faut donc une
assimilation…. Senghor rejette non pas totalement la France mais il rejette
la France de l’exclusion. C’est la France qui rejet… Il n’est pas
anticolonialiste au sens pur mais il vise une réconciliation dans le partage
d’un idéal commun. Il était donc anticolonialiste pour réhumanisé.
B. H-B
Il est issu d’une famille de chef traditionnel. Tout comme Senghor, Il est
aussi chrétien. Comme tel, il va extérioriser les valeurs mises dans la
Bible. Il s’écartèle donc entre les valeurs coloniales et les valeurs
traditionnelles. Il est donc dans un mouvement balancier politique. En
1944, il va prendre fait et cause pour les opprimés. Il sera donc
anticolonialiste. Cela va l’emmener à lutter. En se constituant en syndicat.
En 1946, il crée le PDA. En 1949, ce parti sera maté.

C. Les parti Politiques


Leur naissance n’est pas le fruit du hasard. C’est la colonisation qui les a
engendrés. Cependant, il y aura un parricide en ce que les partis po vont
combattre la colo parce qu’ils en sont fils. Le colonisateur a produit des …
et tenté d’endiguer… Il va résulter 02 mouvements (négatifs et positifs).
En ce qui concerne le mouvement -, les parties se sont constitué contre les
abus du colonisateur. Le mouvement po est que le parti est donné par le
biais direct du colonisateur en raison de la constitution de 1945.

Chapitre II : Les sources, caractères et finalités du droit


colonial
Les rapports entre colonisateurs et colonisés sont contaminé par la
violence. Le schéma qui se noue…Il y aura donc une substitution du droit
traditionnel qui se réalise par …législation coloniale. Les coutumes sont
islamisées. Il y aura également une extension… On va également
constater un bouleversement du droit foncier. La cristallisation des
coutumes va entrainer la monogamie …
Il y a lieu de voir les sources et les caractères.

Section I : Le droit colo, un droit polycentrique par ses


sources
L’administration coloniale se fonde sur la culture juridique basée sur une
volonté…mais aussi sur la centralisation du pouvoir. Cette législation
englobe comme source, les coutumes des indigènes passés sous la licéité
du colonisateur.

Paragraphe I : L’embarras du législateur colonial


La question qui se pose celle de savoir d’après quelle règle et suivant
quelle loi, seront établis, les rapports entre conquérants et sujets ; entre
indigènes eux-mêmes. Faudra-t-il laisser à ces derniers leur droit
traditionnel ou leur octroyer des lois spéciales ou leur appliquer purement
et simplement la législation métropolitaine ?
De prime abord, cette question admet 03 solutions en apparence très
simple :
- Le peuple colonisateur peut laisser à ses sujets, la législation qu’ils
possédaient avant l’occupation
- Ou bien édicter un ensemble de disposition nouvelle
- Il peut aussi leur appliquer purement et simplement les lois en vigueur
dans la métropole.
Un fait certain est que ces 03 systèmes ne sont ni bon, ni mauvais a priori.
On peut toutefois dire que la théorie consistant à laisser aux indigènes,
leurs anciennes lois et coutumes, a l’avantage de ne pas apporter de
perturbations dans leur organisation sociale et d’éviter dans une certaine
mesure, la crise qui ne manquera jamais de suivre un changement de
gouvernement. Les vaincus s’aperçoivent moins de la perte de leur
indépendance lorsque le vainqueur ne leur impose pas de force ses
institutions et ne s’attaquent pas à des traditions qu’ils révèrent.
Ceci est d’autant plus vrai que la loi indigène se rapproche davantage de
la loi religieuse. Ajoutons qu’il serait tout à fait impolitique de détruire un
édifice législatif auquel les indigènes sont attachés depuis de longues
années et qui somme toute, a permis à leur société de vivre et de se
développer. La transition brusque à un nouveau régime amènerait chez
eux, une perturbation et une souffrance qui ne pourrait que nuire aux
vainqueurs.
D’ailleurs, en imposant la domination française au peuple indigène, la
France s’est le plus souvent engagée soit implicitement soit formellement,
à respecter leur coutume. Les traités d’annexion ou de protectorat qui
lient la plus part des nations européennes vis-à-vis de leur colonie
contiennent presque tous, une clause de ce genre. De là, à dire que le
maintien des législations indigènes constitue un idéal absolu, y va loin.
Aucun peuple colonisateur ne voudrait renoncer à l’ambition ‘’légitime’’
d’imposer à ses sujets, par la persuasion tout au moins, une certaine
admiration pour la civilisation qui l’a ‘’élevé’’ dans le monde.
Tout en respectant leur arche sainte, le colonisateur se croit obligé de les
obliger à ne pas froisser les principes élémentaires de « sa » morale. Au
lieu de s’en tenir à cette sorte de théorie de laisser faire, la métropole
peut éviter à l’usage de ses sujets indigènes, une législation qui au moins
dans une certaine mesure, cadrerait avec les institutions locales. Cette
manière de procéder parait à première vue, la plus séduisante de toute.
En effet, les lois ainsi faites pour tel ou tel peuple indigène, pourront être
en rapport direct avec ses besoins. Tout en gardant l’empreinte de l’esprit
du peuple colonisateur. Ce système permettra ainsi, d’emmener
insensiblement les sujets à une conception du droit voisine de celle du
colonisateur et de tendre vers leur assimilation progressive.
Que pensez du système qui consiste à appliquer purement et simplement
aux indigènes, la législation de la métropole ? Incontestablement, cette
idée simpliste satisferait aisément l’apathie naturelle de l’administration
dont l’horreur pour les innovations est bien connue.
En résumé, d’après ce rapide aperçu, chacun des systèmes qui vient
d’être exposé, maintien les législations indigènes, création d’une
législation spéciale, application de la législation métropolitaine, présente
un ensemble de qualité et de défaut parmi lesquels le talent du législateur
consiste à faire un choix.

A. Le principe de l’assimilation législative


Le colonisateur étendit aux colonies, son célèbre principe de l’unité et de
l’indivisibilité du territoire. D’après l’article 6 de la constitution du Saint
Fructidor an III, « les colonies sont partie intégrante de la
république et sont soumis à la même loi constitutionnelle ». En
conséquence, toutes les lois votées sous l’empire de cette constitution du
22 Août 1795 au 13 Décembre 1999, furent ipso facto applicable sans
distinction, aux colonies. C’était l’assimilation à outrance.
La constitution du 22 Frimaire an XIII abandonne le principe de
l’assimilation pour poser immédiatement le principe de la spécialité
législative.

B. Le principe de la spécialité législative


L’article 91 de la constitution du 22 Frimaire an XIII dispose que « le
régime des colonies françaises est déterminé par des lois
spéciales ». La politique d’assimilation est donc abandonnée. La charte
du 14 Juin 1814, résout le problème dans le même sens. D’après l’article
73 de cette charte, « les colonies seront régies par des lois ou des
règlements particuliers » sans préciser toutefois, ce qui est du domaine
de la loi et du domaine du règlement. Le gouvernement déduisit de ce
silence du texte, qu’il pouvait légiférer en toute matière par voie
d’ordonnance royale.
L’article 27 de la constitution du 14 Janvier 1852, confie au sénat, le soin
de légiférer par sénatus-consulte pour les colonies car il a un rôle
constitutionnel. Le sénatus-consulte du 03 mai 1854, a été pris en
application de cette constitution. Il distingue entre le domaine de la loi et
le domaine du décret et entre les grandes colonies et les autres. C’est
ainsi que les grandes colonies (les Antilles et la Réunion) sont régies par la
loi pour tous les problèmes fondamentaux notamment ceux relatifs à la
propriété. Les autres colonies (la Côte d’ivoire) sont d’après l’article 18,
régies par décret jusqu’à ce qu’il est été statué à leur égard par un
sénatus-consulte. Cette règlementation a été introduite en Côte d’ivoire
par décret du 16 Décembre 1896 qui rend applicable en Côte d’ivoire,
l’ensemble de la législation civile, commerciale et criminelle étant en
vigueur en Sénégal.
Il faut donc admettre que la Côte d’ivoire faisait partie de la colonie
appelée « Sénégal et dépendance » de sorte que les textes promulgués au
Sénégal devenaient applicables avec le rattachement de la Côte d’ivoire
au Sénégal. Or dès les premières installations administratives en 1843, la
Côte d’ivoire était rattachée au Sénégal puisque les commandants
recevaient leurs instructions ministérielles par l’intermédiaire du
commandant de Gorée.

Paragraphe II : le droit traditionnel « tamisé »


Au début, le législateur colonial tolère les conventions indigènes. Cette
relative tolérance des conventions indigènes s’explique par l’ordre des
priorités impliquées dans la stratégie de l’installation coloniale. Au cours
de la période de 1893 à 1901, le législateur colonial s’intéresse à d’autres
domaines impliqués dans l’affirmation de l’autorité publique coloniale. Il
s’agit des domaines juridiques et économiques.
Ensuite, vint la période de la rupture d’avec la période d’observation de
coutumes. Le législateur entend mettre fin au dualisme juridique pour
installer une certaines unicité juridique. Le colonisateur passe donc de la
phase d’observation des conventions à celle de la lutte contre les
pratiques qu’il considère illégales à la lumière du droit positif.
Au total, la variation de l’interventionnisme colonial dans le domaine des
conventions est à corréler avec l’ordre des priorités juridiques que le
législateur considère indispensable pour faire valoir la légalité coloniale.
Section II : Le droit colonial, un droit de la subjectivité
Paragraphe I : le statut des personnes
A. les indigènes
Le mot indigène en droit colonial français sert à désigner la population
aborigène d’un territoire de colonisation qui a été soit annexé par la
France, soit placé sous son protectorat, soit confié à son mandat. Il
n’exprime qu’une situation de fait et n’est en lui-même aucunement
révélateur d’une qualité juridique déterminée.
La qualité juridique dérive en effet, des rapports qui ont été établi en la
France et les peuplades aborigènes à la suite de la conquête ou par le fait
des traités. Elle résulte du statut personnel que la France a entendu
reconnaitre aux indigènes en leur octroyant des droits civils et politique
étendus.
Nous nous appliquerons à déterminer la qualité juridique des indigènes en
distinguant :
- Les indigènes citoyens français
- Les indigènes sujets français
- Les indigènes protégés français
- Les indigènes administrés français
- Les étrangers assimilés aux indigènes
- Les métisses et enfants né dans les colonies, de parents inconnus
Puis nous rechercherons quels sont les moyens auxquels les indigènes ne
sont pas devenus citoyens français.

1. Les indigènes citoyens français


Par indigène citoyens français, il faut entendre, les indigènes qui jouissent
dans la colonie, des droits civils et politiques accordés dans cette colonie,
aux citoyens français d’origine eux-mêmes.
La loi du 24 Avril 1833 dispose en son article 1 « toute personne née
libre ou ayant acquis légalement la liberté jouit dans les colonies
françaises des droits civils, des droits politiques, sous les
conditions prescrites par les lois ». Comme conséquence du principe
posé par la loi précitée, on a l’attribution de la qualité de citoyen français
aux indigènes des 04 communes de plein exercice du Sénégal en
affirmant que les natifs des 04 communes de plein exercice du Sénégal et
leur descendant, sont et demeurent des citoyens français soumis aux
obligations militaires.
Les indigènes des autres colonies qui ont été acquis par la France
postérieurement à 1833, ont été soumis à un statut personnel qui déroge
au principe de la jouissance des droits civils et politiques et ceci en accord
avec la réserve de l’article 1er in fine de la loi de 1833. Comment les
indigènes deviennent-ils citoyens français en AOF ?
La faculté de devenir citoyens français pour les indigènes de l’AOF résulte
d’un décret du 25 Mai 1912. Mais à côté du régime du décret de 1912 qui
est celui du droit commun, il existe en AOF, une règlementation spéciale
édictée par le décret du 1er Janvier 1918 qui a accordé au point de vue de
l’accession à la qualité de citoyen français, un traitement de faveur à
certains indigènes ayant servi pendant la durée de la grande guerre dans
les rangs français et s’y étant distingué.

a. Le régime de droit commun (le décret du 25 Mai


1912)
Des articles 1 et 2 du dudit décret, il résulte que l’indigène doit :
Etre né et domicilié dans les territoires constituant l’AOF
Avoir 21 ans accomplis
Savoir lire et écrire le français à moins que d’être décoré de la légion
d’honneur ou de la médaille militaire ou d’avoir rendus des services à la
France ou à la colonie.
Justifier les moyens d’existence certains et de bonne vie (mœurs)
Avoir faire preuve de dévouement aux intérêts français ou avoir occupé
avec mérite pendant 10 ans au moins, un emploi dans une entreprise
publique ou privée.
En ce qui concerne les formalités, requises, la procédure est la suivante :
L’indigène doit se présenter en personne devant le maire de la commune
où il est domicilié ou devant l’administrateur du cercle où il réside en vue
de faire sa demande et de déclarer qu’il entend être régi par les lois civiles
et politiques applicables aux citoyens français.
A l’appui de sa demande, seront joints : son acte de naissance ou
jugement supplétif, un certificat de domicile depuis 03 ans dans la
commune ou le cercle, une déclaration enregistrée de renonciation au
statut personnel.
En réponse à cette demande, le maire ou l’administrateur procède à une
enquête puis il envoie tout le dossier au lieutenant-gouverneur qui avec
son appréciation motivée, le transmet au gouverneur général ; ce dernier
à son tour, émet son avis en conseil de gouvernement et transmet aux
ministres des colonies. Il est statué par décret du président de la
république, sur la proposition du ministre de la colonie et du ministre de la
justice.
L’indigène qui acquiert la qualité de citoyen français, est désormais régi
par les lois civiles et politiques françaises. Il ne peut plus invoquer les lois
et coutumes de son ancien statut personnel auquel, il a dû expressément
renoncé.
L’article 6 du décret de 1912, tout en disposant que l’accession à la
qualité de citoyen français est personnel à l’indigène qui l’a obtenu,
ajoute : « néanmoins, la femme mariée sous l’empire de la loi
française, suit la condition de son mari. Suivent aussi la condition
de leur père, les enfants mineurs issus de cette union et qui
auront été inscrits sur les registres de l’état civil. » . Ainsi donc,
l’acquisition de la qualité de citoyen français par la femme et les enfants
mineurs suppose que l’état de l’une et des autres sont établis
conformément à la loi française. Relativement à la femme, la nécessité du
mariage sous l’empire de la loi française se justifie par ce fait que
l’indigène polygame ne doit pouvoir conférer la qualité de français qu’il
acquiert, qu’à une seule femme ; celle avec laquelle il est marié suivant la
loi française.
Relativement aux enfants mineurs, la nécessité de leur inscription sur les
registres de l’Etat civil se justifie par ce fait qu’il ne faut accorder le
bénéfice des droits des citoyens français qu’à des enfants dont la filiation
est établie avec certitude.

b. Le régime exceptionnel (décret du 14 Janvier 1918)


L’accession à la qualité de citoyen français les concernait eux-mêmes et
leurs familles. Selon ce régime, il suffit à l’indigène requérant :
D’avoir servir pendant la durée de la guerre et d’avoir obtenu à la fois la
médaille militaire et la croix de guerre (Art. 3)
Avoir bonne vie et mœurs (Art. 5)
N’avoir jamais participé à des menées contre la domination française
De n’avoir encouru aucune condamnation comportant au terme de la loi
française, privation partielle ou totale des droits civils et politiques, ni
aucune peine afflictive prononcée par les juridictions indigènes
Concernant la procédure,
L’indigène doit se présenter devant l’administrateur du cercle où il réside
pour formuler sa demande et déclarer qu’il entend renoncer
personnellement à son statut personnel
L’administrateur procède d’office à une enquête sur ses antécédents et
sur sa moralité. Il transmet ensuite le procès-verbal et les pièces à l’appui,
le tout accompagné de son avis motivé au lieutenant-gouverneur. Celui-ci
transmet le dossier avec son appréciation, au gouverneur général qui
émet à son tour, son avis et adresse le tout au ministre des colonies. Il doit
être statué par décret du Président de la république sur proposition du
ministre des colonies et de la justice dans un délai qui ne peut excéder 06
mois.
L’indigène requérant n’est pas le seul à pouvoir bénéficier de l’acquisition
des droits attachés à la qualité de citoyen français. Le décret de 1918 lui
permet s’il le désire et à condition de le mentionner sur sa demande, de
faire participer à l’accession au droit de citoyen français, ses femmes et
ses enfants. Les femmes devront, ainsi que les enfants âgés de plus de 16
ans, donner leur consentement exprès à la demande faite en leur nom.

2. les indigènes sujet français


On entend par indigène sujet français, les indigènes qui originaires des
colonies, faisant par suite de l’annexion, partie intégrante du territoire
français, sont soumis à la souveraineté directe de la France mais ne
possèdent pas les droits des citoyens français.

a. Ils sont français


Les indigènes sujet français doivent être originaire par eux-mêmes ou leur
ascendants, d’une colonie qui par suite de l’annexion, faisant partie
intégrante du territoire français. Du fait de l’annexion, ils ont acquis la
nationalité française. Cette solution résulte de la règle de droit
international en vertu de laquelle, l’annexion comporte le changement de
nationalité. De ce fait, ils possèdent la qualité de citoyens français. Au
point de vue international, les sujets français jouissent de la protection
diplomatique que la France accorde à ses nationaux. Sur tout le territoire
soumis à la souveraineté de la France, ils ne sont ni traités comme des
étrangers ni soumis au régime juridique qui régi les étrangers.

b. Ils ne jouissent pas des droits de citoyen français


Ils ne jouissent pas d’une part des droits politiques que possèdent les
citoyens français dans les colonies, d’autre part, ils ne jouissent pas des
droits civils accordés aux citoyens français. Ils possèdent un statut
personnel spécial dont les droits dérivent des lois et coutumes indigènes
locales.

c. Acquisition et perte de la qualité de sujet français


c.1. La qualité de sujet français s’acquiert :
Par l’annexion de la colonie en ce qui concerne les indigènes qui étaient
les nationaux du territoire annexé
Par la naissance aux colonies de parents eux-mêmes sujet français ceux-ci
sous réserve des difficultés de preuves de filiation provenant de
l’imperfection souvent constatée de l’état civil aux colonies
Par la reconnaissance émanant de personnes elles-mêmes, sujet français
ceci du moins lorsque la loi ou la coutume indigène admet la validité de la
reconnaissance des enfants naturels.
Pour la femme, par le mariage avec un sujet français lorsque la loi ou la
coutume de statut personnel dispose dans ce sens.
Dans certains cas et au profit de certains étrangers privilégiés par une
déclaration administrative faite sous certaines conditions en vertu des
textes spéciaux.

c.2. La qualité de sujet français se perd


Par l’accession au droit de citoyens français
Par la naturalisation étrangère
Par la reconnaissance d’un parent citoyen français ou étranger. La
jurisprudence a souvent décidé que la reconnaissance d’un métisse
indigène par un père français conférait à ce métisse sujet français, la
qualité de citoyen français sans qu’il soit nécessaire que celui-ci justifie
d’une naturalisation régulière. Il en est de même en cas de
reconnaissance par un étranger dès l’instant que la loi étrangère admet la
validité de la reconnaissance.
S’il s’agit d’une femme indigène sujette française par son mariage avec un
français ou un étranger. S’il s’agit du mariage avec un français, la femme
indigène n’est pas une étrangère : il n’est point question pour elle
d’acquérir à nouveau la nationalité française, il s’agit seulement
d’acquérir le statut français. S’il s’agit du mariage avec un étranger,
l’acquisition de la nationalité étrangère du mari par la femme n’est
possible que si la loi étrangère fait produire cet effet au mariage.
3. Les étrangers assimilés aux indigènes
En principe, les étrangers qui se trouvent dans les colonies françaises
doivent être traités de la même manière qu’ils le sont en France.
Toutefois, cette conception n’est rigoureusement vraie qu’en ce qui
concerne les étrangers de race européenne. Mais en ce qui concerne
certains étrangers qui relèvent d’un Etat limitrophe des colonies de l’AOF
et qui de ce fait possèdent avec les indigènes de ces colonies, une grande
affinité de race, de mœurs, de civilisation en un mot.
Il a paru au colonisateur de suivre une autre ligne de conduite. Ils ont été
considéré comme des indigènes ; de là découle l’expression « étranger
assimilés aux indigènes ».
L’assimilation dont il s’agit ne joue pas sur les liens de droit public.
L’assimilation ne peut jouer que sur le terrain de droit privé. Elle comporte
alors soumission au même statut personnel de droit privé que les
indigènes ; il y aura donc assimilation en ce sens que :
- Les conventions entre étrangers assimilés et indigènes et leurs
contestations soit entre eux soit avec les indigènes, sont jugées
conformément à la loi indigène.
- Les crimes et délits commis par les étrangers assimilés sont jugés selon
la loi indigène.
- Les étrangers assimilés sont en toute matière, justiciables des mêmes
tribunaux que les indigènes

4. Les métis et enfants né de parents inconnus


Leur sort dépendra-t-il du sang français qui coule en eux ou faut-il les
assimilés aux indigènes ?

a. Les métis reconnus


Les métis de père indigène et de mère française sont l’infime exception.
L’accent sera donc mis sur les métisses né de père français et de mère
indigène.
L’expression métisse reconnu laisse entendre des enfants métisses liés du
mariage d’un français avec une indigène (métisse légitime). Ceux-ci sont
sans doute, français. La solution résulte en ce sens que la femme indigène
qui épouse un français devient française. Les deux parents du métis sont
donc français : par conséquent l’enfant est français.
Les métis reconnus par un seul parent : En droit pur, la condition juridique
de ce métis est simple.
Elle résulte de l’article 8-10 du code civil alinéa 2 modifié pour les colonies
autres que la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion par l’article 1er du
décret du 7 février 1897 aux termes duquel, « L’enfant dont la filiation
est établie pendant la minorité par reconnaissance ou par
jugement, suit la nationalité de celle des parents à l’égard de
laquelle, la preuve a d’abord été faite ».
Dès lors :
- Si la reconnaissance émane du père français, le métis aura la nationalité
française.
- Si la reconnaissance émane de la mère indigène, l’enfant suit la
nationalité et la condition juridique de celle-ci. Il sera donc suivant le cas :
soit sujet français, soit protégé français, soit administré français.

b. Les métis nés de parents inconnus


S’agissant des enfants nés de parents inconnus aux colonies, le texte
auquel il faut se rapporter est l’article 8 du code civil modifié pour les
colonies par le décret du 7 février 1897 : « Est français… tout individu
né aux colonies de parents inconnus ou dont la nationalité est
inconnue ». Mais de la combinaison de l’article 17 du décret de 1897
avec l’article 8 du code civil, résulte le système suivant : « l’article 8 du
code civil n’est applicable qu’aux enfants français ou aux enfants
d’une nationalité étrangère assimilée ». Cependant, se pose aussitôt
la question fondamentale qui fait toute la difficulté du problème puisqu’il
s’agit d’enfant né de parents inconnus.
Mais ceci étant, comment savoir si l’enfant est indigène ou non et par
conséquent comment savoir si l’article 8 du code civil lui est applicable ?
Ou bien le père a quitté la colonie et nul ne sait où il est à présent, ou bien
le père de l’enfant l’a abandonné dès sa naissance et ce dernier a été
recueilli et élevé par des personnes ou associations charitables.
Dans tous ces cas, il n’est pas juste de traiter l’enfant comme un indigène.

Section III : le droit colonial, un droit au service des


coloniaux
Quel que soit le respect que le colonisateur a semblé accorder aux
coutumes locales, la situation coloniale a été rapidement ressentie par les
groupes traditionnellement investis de l’autorité comme une domination.
De fait, la conquête bat de plein fouet le droit public indigène puisque par
définition même, elle est sensé consacrer la disparition de tous les droits
politiques reconnus aux indigènes en leur refusant de commander aux
populations voire en leur refusant le droit de parler au nom des
populations.
Il faut accepter de reconnaitre que la domination est aussi socio culturelle
car la colonisation introduit des changements dans l’ancienne organisation
sociale et le système traditionnel des valeurs. Dans ce cas, le pouvoir
traditionnel est indirectement atteint puisque ce sont ces assises socio-
culturelles qui sont ébranlées : l’autorité est altérée.
Ne laisser aux autorités coutumières que des pouvoirs de commandement
très faibles, ou d’accepter de leur reconnaitre que des pouvoirs qui vont
dans le sens de la volonté du pouvoir colonial.
Cependant, si la colonisation implique pour toute société colonisée, une
situation de dépendance culturelle, elle apparait avant tout comme une
domination politique affectant en premier lieu, le statut de ces anciens
dirigeants : le colonisateur en effet a concentré entre ses mains,
l’ensemble des pouvoirs et a conservé dans tous les domaines, les
possibilités d’intervention et d’ultime décision.

Chapitre III : Les grands secteurs du droit colonial


Section I : Le droit public colonial
Paragraphe I : le régime politique et l’ordre public
colonial
Sous-paragraphe I : Le régime politique
L’autonomie consiste à laisser les habitants de la colonie s’administrer
eux-mêmes. L’assujettissement a pour but de subordonner totalement la
colonie aux intérêts de la métropole. La domination est ainsi économique,
culturelle, politique et juridique. L’assimilation considère la colonie comme
le prolongement de la métropole.
La colonie a donc le même système constitutionnel, administratif, civil et
économique que la métropole.

A. La Côte d’Ivoire, colonie française


Successivement rattachée au Sénégal de 1845 à 1882, ensuite au Gabon
de 1882 à 1889 et à la Guinée française de 1891 à 1893[4], la Côte
d’Ivoire acquiert son autonomie de colonie le 10 Mars 1893. Elle fut
intégrée en 1895 à l’AOF.
B. La Côte d’ivoire, territoire d’Outre-Mer
Les territoires d’Outre-mer prennent place dans l’union française dans la
constitution du 27 Octobre 1946. L’article 74 de cette constitution dispose
que « les territoires d’Outre-mer sont dotés d’un statut particulier tenant
compte de leurs intérêts propres dans l’ensemble des intérêts de la
république ».
Aux termes de l’article 77 de la constitution, chaque territoire est doté
d’une assemblée élue, organe délibérant ; l’organe exécutif étant le
gouverneur.

C. La loi cadre et le changement de statut : l’autonomie


Les territoires d’Outre-mer vont bénéficier par l’effet de la loi cadre du 23
Juin 1956, d’une autonomie administrative accrue dont il convient d’en
mesurer l’étendu avant d’analyser les limites.

1. L’étendue de l’autonomie
La loi cadre apparait comme le produit de la coopération entre le colonisé
et le colonisateur. Au plan de la technique juridique, elle s’offre comme
l’œuvre de la collaboration entre le pouvoir législatif et l’exécutif.
Le pouvoir législatif trace le cadre par une loi et l’exécutif lui donne un
contenu par décret. Après avis « de l’assemblée de l’union française,
l’assemblée nationale et le conseil de la république ont délibéré.
L’assemblée nationale a adoptée, le président de la république
promulgue la loi dont la teneur suit… » Et qui a pour objet d’associer
plus étroitement, les populations d’Outre-Mer à la gestion de leurs intérêts
propres.

2. Les limites de l’autonomie


L’extension des pouvoirs des organes des territoires d’Outre-Mer ne
procède pas de la constitution mais de la loi cadre, œuvre conjointe de
l’exécutif et du législatif. Du coup, l’autonomie qui en résulte est une
autonomie administrative que politique.
Cette autonomie ne pouvait être en aucune manière être une autonomie
politique ou constitutionnelle prouvant le droit aux territoires d’Outre-mer
de se doter d’une constitution. Tout le droit constitutionnel de la Côte
d’Ivoire était encore à ce stade de son itinéraire politique entièrement
élaboré par les organes de la France métropolitaine. La participation des
territoires d’Outre-mer à cette œuvre constitutionnelle et législative se
réalisait par l’action des députés d’Outre-mer élus en leur qualité de
citoyen de l’Etat français. C’était en quoi se manifestait l’hétéronomie
constitutionnelle.
L’autonomie constitutionnelle qui affleure et qui va s’épanouir en
souveraineté constitutionnelle s’exprime à travers la constitution du 26
MARS 1959[5].

D. La Côte d’Ivoire, Etat autonome, membre de la


communauté
S’étant érigée dans les circonstances sus-évoquée et discutées, en
assemblée constituante, l’assemblée territoriale adopte par la loi n°59-1
du 26 Mars 1959, la constitution de la république de Côte d’Ivoire étant
devenu un Etat limité, la Côte d’Ivoire jouit d’un pouvoir constituant limité
dérivé du pouvoir constituant originaire, souverain et plénier de l’Etat
français, adopté à l’unanimité des membres de l’assemblée territoriale, la
constitution a été promulguée par le président du conseil de
gouvernement, Mr Auguste Denise.

Sous-paragraphe II : L’ordre public colonial


A. Notion d’ordre public colonial
Le vocabulaire juridique de Gérald Cornu définit l’ordre public comme «
une norme impérative dont les individus ne peuvent s’écarter, ni
dans leur comportement, ni dans leur convention. Norme qui,
exprimée ou non dans une loi correspond à l’ensemble des
exigences fondamentale (sociale, politique etc.), considérées
comme essentielles au fonctionnement des services publics, au
maintien de la sécurité ou de la moralité, à la marche de
l’économie ou même à la sauvegarde de certains intérêts
primordiaux et pour un pays donné à un moment donné, l’ordre
public est l’Etat social dans lequel la paix, la tranquillité et la
sécurité publique ne sont pas troublé. »

B. Les caractères de l’ordre public colonial


L’ordre public colonial n’est pas détachable de l’intérêt colonial qui lui-
même a un caractère mouvant au lieu de reposer sur une permanence
humaine. Aussi, il a un caractère de plasticité et un caractère empirique.
C’est donc à travers la nature et la finalité de l’Etat colonial que nous
pourrons saisir l’essence du caractère.
La nature de l’Etat colonial n’est pas différente de celle d’une situation de
guerre non déclarée qui l’emmène à l’occupation de territoire acquis par
des traités où la violence a opposée des indigènes en exploitant leur
contradiction sociologique. Cette nature se saisie à travers la tension
contenue dans ces lois et règlements, dans les institutions qui la résument
au plan normatif et institutionnel.

C. Finalité
La finalité de l’ordre public colonial est prescrite par la culture politique et
juridique. Elle se ramène à la conquête et à l’acquisition d’avantage de
territoire et de main-d’œuvre pour être dans le peloton des peuples
civilisateurs.
La conjugaison de la nature et de la finalité de l’Etat colonial explique
l’ordre colonial qui se caractérise par la restriction des libertés là où et au
moment où doit prévaloir l’autorité coloniale. L’ordre public colonial dans
ses prescriptions normatives et ses institutions se présente comme
l’affirmation de la suprématie de la société coloniale sur les sociétés
colonisées et les autochtones ; comme l’interdiction de porter atteinte à
l’organisation de l’Etat colonial et des services publics tendant à la
sauvegarde des principes supérieurs de la civilisation occidentale, de la
civilisation française.

Paragraphe II : Le régime administratif


La colonie est dotée d’un régime administratif qui n’est rien d’autre que le
prolongement de l’administration métropolitaine.

Sous-paragraphe I : Les structures administratives


La volonté du colon d’asseoir sa domination sur les territoires conquis va
entrainer la mise en place d’un régime centralisé et autoritaire.
L’administration coloniale au départ, est liée à l’administration marine.
L’administration va perdre son caractère militaire.
En 1881, fut créée un sous secrétariat d’Etat des colonies rattaché au
ministère du commerce. La loi du 20 Mars 1894 crée le ministère aux
colonies qui deviendra plus tard, le ministère de la France d’Outre-Mer.
Plusieurs ministères et services coloniaux administraient l’empire.

A. L’administration centrale et coloniale


La constitution de l’espace colonial français a pour corollaire la mise en
place progressive de l’armature administrative des territoires conquis,
cloisonnant et hiérarchisant l’espace dominé. Il va se créer une
administration centrale et une administration régionale.

1. L’administration centrale
Elle siège à Paris représentée par le ministre de la colonie agissant au nom
du président de la république. Le ministre a la possibilité de contrôler la
gestion des gouverneurs par la correspondance que lui adresse les
gouverneurs généraux, par l’envoie des double des procès-verbaux des
séances, des conseils et assemblées et par les rapports des inspecteurs.
Le ministère des colonies a compétence sur l’ensemble des colonies sauf
sur l’Algérie qui dépend du ministère de l’intérieur. Le Maroc et la Tunisie
étant des protectorats relèvent des affaires du ministère étrangères.
Le ministre des colonies exerce pratiquement l’intégralité des pouvoirs
dans les colonies, aussi bien dans le domaine législatif qu’exécutif.

2. L’administration régionale
Le décret du 16 Juin 1895 crée le gouvernement général et fixe la
composition territoriale de l’AOF. Le gouverneur du Sénégal rempli les
fonctions du gouverneur général et St Louis est érigée en capitale de
l’AOF.
A la place de l’AOF, siège le gouverneur général ; il est nommé par le
président de la république en conseil des ministres sur la proposition du
ministre chargé des colonies. Il a un double rôle. Il est à la fois, le
représentant de l’Etat et le représentant du groupe.
En tant que représentant de l’Etat, il est dépositaire des pouvoirs de l’Etat.
En tant que représentant du groupe, il assure la direction d’ensemble et
gère les services généraux du groupe dont il règle les attributions.

B. L’administration locale déconcentrée


Au niveau local, la colonie est administrée par le gouverneur (lieutenant-
colonial) de la colonie. Le gouverneur est nommé par décret. Il a la
direction supérieure de toutes les administrations de la colonie. Il est placé
sous l’autorité directe du gouverneur général auquel il rend compte de son
administration. Au plan politique et administratif, il est le titulaire du
pouvoir extraordinaire. Il approuve par délégation les projets de travaux
publics, les cahiers de charge et les adjudications concernant les travaux
de la colonie.
Dans sa tâche, il est aidé par le secrétariat général. Le secrétaire général
est habilité à suppléer le gouverneur et à le remplacer en cas décès,
absence ou empêchement. Il est assisté dans sa tâche d’un conseil
consultatif formé de fonctionnaire et d’habitant.

C. L’administration non-indigène
L’administration non indigène est dirigée par les citoyens français et
assimilés.

1. Le cercle
L’organisation du pouvoir local repose sur les cercles qui sont eux-mêmes
fractionnés en subdivisions. Le cercle est conçu comme une
circonscription territoriale de base qui sur le plan politique et économique
forment une entité homogène pour être confiée à une autorité unique.
Le cercle est dirigé par un commandant de cercle qui représente le
pouvoir central et bénéficie de large pouvoir. Il cumule les pouvoir
exécutif, financier, judiciaire, technique, moral. Il est aussi juge de paix.

2. Les subdivisions
Elles sont administrées par des chefs de subdivisions recrutés soit parmi
les anciens officiers coloniaux, soit parmi les civils.

D. L’administration indigène
Elle est constituée par les chefs de village relevant d’un chef de canton et
les chefs de village indépendants assisté d’une commission villageoise.

1. Le canton
Le canton n’est pas une entité administrative au sens plein du terme mais
plutôt un échelon intermédiaire permettant un contact plus rapproché
entre la population indigène et les autorités coloniales. Le canton a à sa
tête un chef de canton dont la nomination est faite parmi les
représentants de la hiérarchie traditionnelle. Celui-ci est agréé par
l’administration et ses fonctions s’exercent principalement dans le
domaine de la justice coutumière.

2. Le village
Le village représente l’unité administrative indigène de base. Il comprend
l’ensemble de la population y habitant et tous les terrains qui en
découlent.
Sous-paragraphe II : Le personnel de l’administration
Plus que l’administration coloniale française formait en pratique un
système déconcentré qui laissait aux administrateurs des colonies, une
autonomie complète, il est nécessaire d’étudier ces hommes afin de
comprendre le gouvernement colonial français.

A. Les administrateurs coloniaux


Ce n’est pas le colonial de la métropole qui suscite des enthousiasmes
mais bien celui qui fabrique de ses propres mains, la réalité impériale.

1. Le recrutement des administrateurs coloniaux


Section II : Le régime douanier et financier
Les colonies sont dotées de la personnalité civile. Elles peuvent posséder
des biens et contracter des emprunts, gérer ou concéder les exploitations
des services d’utilités publiques. En AOF, les diverses colonies conservent
leur autonomie administrative et financière. Le budget de la colonie est
préparé par le lieutenant-gouverneur.

Paragraphe I : L’impôt
L’autonomie financière de la colonie sera assurée par l’impôt qui est
« c’est un prélèvement effectué d’autorité et à titre définitif sur
les ressources et sur les biens des personnes physiques et
morales ».

A. L’impôt de capitation
Aux termes de l’article 1er de l’arrêté local du 14 Mai 1901, « est une
contribution dû par chaque enfant indigène, homme, femme, âgé de plus
de 10 ans ». Il était possible de payer en ivoire, en caoutchouc, monnaie
ayant cours dans la colonie ou tout autre produit du cru de la colonie.

B. L’impôt physique
L’impôt physique ou encore travail forcé consistait en des prestations,
corvées, réquisitions obligatoire. Le régime de la prestation s’appliquait
aux colonisés de sexe masculin compris entre 15 et 60 ans.
En principe, la prestation est exigible en nature mais certaines personnes
peuvent bénéficier de rachat. Le travail forcé arrêté, institué par un décret
du 30 décembre 1912 en AOF.
C. Les impôts réels
Ce sont les droits de timbre et de l’enregistrement. Sont obligatoirement
assujettis à la taxe, les actes des notaires, greffier, huissier, les actes
sous-seing privé et même les conventions verbales une transmission de
propriété, d’usufruit ou de jouissance de bien immeuble, les effets
négociables, les actions et obligations des sociétés.

D. les droits divers


Les décrets d’Octobre 1924 et de Juillet 1927 instituent des droits qui
frappent les permis d’exploration, de recherche et des redevances et les
produits des mines. D’autres arrêtés ont institués respectivement des
taxes sur :
Les armes à feu
Les colas
Le cacao
L’huile de palme
Le caoutchouc
La glue
La taxe sur le recrutement des travailleurs indigènes
Taxe sur les marchés
Taxe sur le produit de l’iroko ou l’acajou etc.
Les modes de paiement de l’impôt sont fonction de leur nature.
En ce qui concerne l’impôt de capitation, le paiement se fait en numéraire
ayant cours légal dans la colonie. Mais il arrivait que certains indigènes
n’étaient pas en mesure de payer leurs impôts ; dans ce cas, la possibilité
de payer en nature leur était offerte : « l’or, le caoutchouc et tout
autre produit du cru ». Les impôts étaient collectés par les chefs de
canton, les groupements politiques et enfin les chefs de village sous la
surveillance des administrateurs.
Pour ce qui est des impôts physiques, il est judicieux de parler du mode
d’acquittement puisqu’il s’agit de prestation.
Enfin, s’agissant des impôts réels et droits divers, leur paiement est
effectué soit par la soumission des actes à la formalité d’enregistrement
soit par abonnement ou sur déclaration ou par les taxes fixées sur
certaines opérations financières.
Certains indigènes, du fait de leur statut avaient des privilèges. Ce sont les
chefs canton et de village qui avaient des remises[6]. Quant au personnel
militaire, ils bénéficiaient des exemptions.
Quant au rachat des prestations, cette possibilité n’est offerte qu’aux
aristocrates indigènes. Enfin, les dernières catégories de personne
exemptées sont les personnes de moins de 15 ans, les personnes de plus
de de 60 ans et les femmes.

Paragraphe II : le régime douanier


Le régime douanier c’est-à-dire l’ensemble de la règlementation
concernant la politique commerciale, est l’élément essentiel au
développement économique d’une colonie.
La colonie de Côte d’ivoire est divisée en 02 zones douanières jouissant de
la clause de la nation la plus favorisée, la Côte d’Ivoire, zone
conventionnelle ne bénéficie pas du régime préférentiel en faveur de ses
produits. Un droit d’importation purement fiscal est appliqué en faveur des
marchandises françaises et étrangères entrées dans la colonie. Le même
principe de fixation de droit de douane est observé.

A. Les finalités de l’état civil indigène


Le gouverneur général de l’AOF justifie ainsi dans une circulaire de 1934
l’importance de l’institution : « Tant pour notre administration que
pour nos sujets eux-mêmes, les avantages et l’intérêt sont
évident qu’une institution qui peut seule garantir l’identité des
individus et donner une base écrite à la constitution de la famille
». L’objectif est de généraliser l’état civil afin de maitriser les personnes
non seulement dans leur individualité mais aussi dans leur regroupement
notamment au sein de la cellule familiale.

Sous-section II : L’état civil indigène


L’état colonisateur entend contrôler le mouvement de la colonisation des
indigènes et assurer le recouvrement des impôts. Aussi institue-t-il un état
civil. L’état civil indigène désigne le service public ou l’institution chargée
de dresser les actes constatant les faits d’état civil notamment la
naissance, le mariage ou encore le décès.
L’état civil peut-être entendu aussi d’un point de vue subjectif et dans le
cadre d’une définition élargie de l’identité de la personne.

A. Les finalités de l’institution de l’état civil indigène


Le gouverneur général de l’AOF justifie ainsi dans une circulaire de 1934,
l’importance de l’institution « tant pour notre administration que pour nos
sujets eux-mêmes les avantages et l’intérêt sont évidents d’une institution
qui peut seule garantir l’identité des individus et donner une base écrite à
la constitution de la famille ».
L’objectif est de généraliser l’état civil afin de maitriser les personnes non
seulement dans leur individualité mais aussi dans leur regroupement
notamment au sein de la cellule familiale.

B. L’organisation et la règlementation de l’état civil


indigène
L’organisation de l’état civil des indignes c’est fait un peu tardivement.
Dans leur contenu, les textes relatifs à l’état civil spécial et principalement
l’arrêté 1243 règlementant l’état civil indigène de 1934, consacre la
plupart des principes essentiels de l’état civil de droit commun.
Ainsi, pour les points de ressemblances en AOF, avec l’institution de la
métropole, on peut noter la double tenue des registres imprimés ; côtés et
parafés Par le président du tribunal du deuxième degré. Par ailleurs, les
registres sont ouverts au premier janvier et clos au 31 décembre de
chaque année et les déclarations sont reçues par le chef de la
circonscription administrative ou par son adjoint au lieu de réalisation du
fait de l’état civil.
On peut aussi noter la rédaction en français tout comme la règlementation
des transcriptions et mentions marginales ainsi que la force probante des
actes produits par les registres.
Les distinctions interviennent principalement au niveau du délai de
déclaration qui est d’un mois au lieu de 3 jours, en métropole et de la
formulation des actes d’état civil.

Sous-section II : Le droit de la famille dans la colonie


Plutôt que de parler de droit de la famille, c’est l’action du législateur
colonial en matière matrimoniale. Cette action s’entend d’une tentative de
règlementation des pratiques matrimoniales indigènes et de la question
des mariages mixtes.

Paragraphe I : Les tentatives de règlementation des


pratiques matrimoniales
L’idéologie coloniale française s’accommodait mal de la conception
africaine du mariage. Le mariage préférentiel[7] par exemple était une
situation jugée anormale et contraire aux principes essentiels des droits
humains et de la civilisation surtout pour la femme.
Par ailleurs, compte tenu de la monétarisation de la colonie, les dots qui
conféraient au mariage sa légitimité ont connu une flambée et sont
devenus très élevés. Il était de plus en plus difficile pour un jeune homme
de trouver une épouse tandis que les jeunes filles s’intéressaient de plus
en plus au côté matériel de ce que pouvait leur apporter les hommes. La
hausse du taux de la dot, a été à l’origine de nombreux litiges civils.
La dot était une exigence, une condition essentielle de la validation du
mariage et lui confère sa légitimité. Pour décourager les chefs de famille
de se lancer dans ces pratiques (de spéculation économique),
l’administration coloniale a mis en place un certain nombre de mesure.
Ainsi, le législateur colonial a-t-il été conduit à restreindre la portée de
l’option de législation reconnu aux autochtones à partir de 1857 par
l’élaboration et l’adoption d’un certain nombre de texte dont : le décret
du 15 Juin 1939 (le décret Mandel), celui du 20 février 1946 (décret
Moutet) enfin et surtout celui du 14 Septembre 1951 (décret Jacquinot).
Le décret Mandel a prescrit le consentement des futurs époux et surtout
celui de la femme.
Le décret Moutet a qualifié de mise en servitude, la réclamation de veuve
dans une succession.
Quant au décret Jacquinot, il a été le premier texte qui a règlementé la dot
et qui surtout a posé le principe de l’option de monogamie. Les futurs
époux de droit traditionnel peuvent ainsi renoncer à la polygamie.
Aux termes de ces textes, les futurs époux avaient la faculté de renoncer
à la polygamie en optant ainsi pour la monogamie. Le défaut de
renonciation faisait présumer le choix en faveur de la polygamie. C’est le
décret du 19 Novembre 1947 qui prescrit les formes de renonciation à la
polygamie. En vertu de ce texte, la renonciation à la polygamie s’opère de
02 façons :
Par célébration du mariage selon le code civil en application : le
mariage célébré devant l’officier de l’état civil de droit commun est régi
par les dispositions du code civil. Par conséquent, les litiges qui se
rattachent directement à ces mariages notamment la rupture par divorce
sont de la compétence des juridictions de droit commun.
Par acte spécial : Le décret Jacquinot du 14 Septembre 1951 édicte en
son article 5 que cet acte spécial de renonciation à la polygamie
consistera en une déclaration faite en ce sens à l’agent de l’état civil lors
de la déclaration du mariage.
Paragraphe II : Les questions de mariage mixte
La question de savoir quelle est la loi applicable à un mariage qui est dit
mixte. Autrement dit, par quel est l’officier de l’état civil français ou
indigène le mariage doit être célébré et quelle est la sanction d’une
célébration irrégulière ?
Comme la jurisprudence dominante, l’état civil européen n’est pas
accessible aux indigènes. La seule solution pratique et juridique tout à la
fois consiste à donner compétence exclusive à l’officier de l’état civil
français. C’est bien en ce sens que s’est prononcée la jurisprudence
unanime à reconnaitre la nullité du mariage célébré par l’officier de l’état
civil indigène.

Section III : Le droit pénal colonial et l’indigénat


Les lois pénales représentent la défense de l’éthique d’une société. Elles
sont en quelque sorte le ciment par lequel le législateur veut faire tenir à
leur place respective chacun des éléments de structure d’un pays. A côté
de cette législation « commune », il a été édicté d’autres textes spéciaux
dans le prolongement des textes pénaux à l’intention des indigènes non
citoyens français ; ces textes sont dits code de l’indigénat.

Paragraphe I : Le droit pénal colonial


La législation coloniale en matière pénale repose sur le code d’instruction
français de 1808 qui règlemente le procès pénal et organise les
juridictions à exercer la répression et le code pénal français de 1810 qui
établit la légalité des peines. Cette législation métropolitaine se transfère
dans la colonie à travers les décrets coloniaux. Retenons ceux du 06 Mai
1877 rendant exécutoire l’application du code pénal dans les colonies des
11 mai 1892, 26 Juillet 1894, du 16 Décembre 1896 attribuant les pouvoirs
répressifs aux administrateurs et chef de poste.
Le droit colonial s’applique en matière de simple police, de police
judiciaire, arrestation du prévenu et détention pendant la durée de
l’instruction, infraction flagrante et non fragrante, audition des témoins et
non expertise judiciaire.
Le droit pénal colonial reproduit dans la pratique, le droit pénal
métropolitain de l’ancien régime français à 02 niveaux :
L’inexistence de la séparation des pouvoirs
L’instauration de l’arbitraire judiciaire par le cumul de compétence
reconnu à l’administrateur colonial.
Le droit pénal colonial dans toutes ses prescriptions lutte contre le
système de répression des sociétés négro-africaines traditionnelles.

Paragraphe II : L’indigénat
En dehors des infractions prévues par un code pénal et punit par les
tribunaux régulièrement constitués, il existe dans les colonies de l’AOF un
certain nombre de délit quasi-politique tout à fait spéciaux à la population
indigène et qu’un gouvernement colonial doit se trouver à même de
réprimer par des mesures extrajudiciaires. L’ensemble de ces dispositions
est communément appelé l’indigénat. Le code de l’indigénat créé par le
décret du 30 Septembre 1887 conférait aux administrateurs coloniaux des
pouvoirs disciplinaires sur tous les indigènes qui n’étaient pas citoyen
français. Il avait déjà été appliqué en Algérie dans les années 1840. Les
officiers des bureaux arabes, en vue d’assurer leur autorité avait reçu le
pouvoir d’infliger 100 jugements des amendes ou de courtes peines de
prison pour des délits qui n’auraient pas été considéré en France comme
étant contraires à la loi.
La loi de 1887 limite les peines pouvant être infligés aux indigènes à 15
jours de prison et 100 f d’amende. Ainsi, les délits passibles de sanction
furent avec le système de l’indigénat, clairement définit. Par la suite, la
liste des délits fut accrue.

A. La justification de l’instruction
Les autorités coloniales ont besoin pour maintenir l’ordre d’avoir à leur
disposition des moyens d’action qui permettent aux fonctionnaires
européens d’étouffer rapidement les germes de révolte et de faire
respecter leur autorité. Ainsi donc l’objectif poursuivie est la défense de la
« présence française » ce qui justifie tous les moyens fut-ce au prix de
l’instauration d’un ordre juridique « monstrueux » qui se signale par des
pouvoirs exorbitants et arbitraires conférés au gouverneur général chargé
de prononcer les peines propres aux indigènes. C’est pour ce motif qu’on a
imaginé le système de l’indigénat.
Le système de l’indigénat consiste à soumettre les individus non citoyens
à un régime quelque peu semblable à celui qui est en vigueur pour les
militaires. Les indigènes sont considérés en quelques sortes comme des
subordonnés que leur chef hiérarchique punirait disciplinairement. Il est à
remarquer en effet que les condamnations prononcées pour infraction aux
règles de l’indigénat n’ont pas un caractère pénal proprement dit : elles
sont infligées par voie d’autorité et non par voie de jugement.
Incontestablement, le régime de l’indigénat est contraire aux principes de
la liberté individuelle puisqu’il permet de détenir les gens sans qu’ils aient
été jugés.

B. Les infractions à l’indigénat et leur sanction


Le décret du 7 décembre 1917 déterminant en AOF, l’exercice des
pouvoirs disciplinaires et des mesures propres à l’indigénat dispose en son
article 1er : « sont passibles en AOF, de punition disciplinaires, les
indigènes non citoyens français et non justiciables des tribunaux
français qui se sont rendus coupables dans l’une des colonies ou
sur l’un des territoires de l’AOF d’une contravention à un arrêté
du lieutenant-gouverneur de la colonie intéressée ou à un arrêté
du gouverneur général ».

1. Les infractions à l’indigénat


Il était imposé des sanctions pour les délits suivants :
Refus de payer les impôts, amende ou de rembourser toute somme due à
la colonie ainsi que d’exécuter des prestations en nature, négligence dans
ces paiements et dans l’exécution de ces prestations.
Dissimulation de la matière imposable, connivence dans cette
dissimulation, déclaration volontaire inexacte du nombre des habitants
soumis à l’impôt, entrave à la perception ou au recensement de l’impôt
Refus de fournir les renseignements demandés par les représentants ou
agents de l’autorité
Pratiques de charlatanisme susceptibles d’effrayer ou de nuire etc.
A côté de ces infractions, les articles 19 et 20 ajoutent les actes ou faits
d’insurrection et les troubles politiques graves ou les manœuvres ne
tombant pas sous l’application des lois pénale ordinaires mais de nature à
compromettre la sécurité publique. L’on peut regrouper les infractions du
code de l’indigénat en 03 grandes catégories :
Elles visaient d’abord à instaurer un code de « l’étiquette » destiné à
assurer le maintien de l’autorité et la répression des insubordinations.
L’indigénat endossait également le rôle essentiel du maintien de l’ordre
public.
Enfin, la dernière grande fonction de cette liste d’infraction était de
contribuer autoritairement à la bonne marche administrative de la colonie
notamment dans ce qui a trait aux exigences économiques et fiscales
2. les pénalités
Elles sont au nombre de 03 :
L’internement : c’est un emprisonnement d’une nature spéciale qui ne
doit pas se prolonger au-delà d’une limite très courte. Il faut tenir compte
de ce fait que les délits d’indigénat ne sont pas des délits de droit
commun et même prendre des mesures si possibles, nécessaires pour ne
pas incarcérer les indigènes punis, dans les mêmes locaux que les
condamnés ordinaires.
Du reste, rien n’oblige à emprisonner l’indigène. Il suffit quelque fois de
l’éloigner du pays où il exerce une influence dangereuse et de lui interdire
le séjour de telle ou telle localité où sa présence pourrait constituer un
danger. En réalité, la situation de l’individu interné pour infraction à
l’indigénat ressemble en bien des points à celle d’un prisonnier de guerre
Le séquestre : Le séquestre est la mainmise de l’Etat sur les biens
meubles ou immeubles d’un individu ou d’une collectivité. C’est une sorte
de saisie administrative dont le but d’aiguiser est d’emmener les
indigènes à composition en les prenant par la disette.
L’amende collective : Elle est destinée à réparer les dommages causés
par les habitants d’une tribu, d’un village ou d’une communauté
quelconque. On a même appliqué cette pénalité pour punir certains crimes
dont il est impossible de découvrir les auteurs sous prétexte que le clan
auquel appartenaient les coupables était solidairement responsables de
leurs actes.
C’est en effet, un moyen détourné d’emmener la dénonciation des
criminels. L’individu punit d’une amende disciplinaire est conduit devant le
payeur ou l’agent spécial (fonctionnaire chargé des perceptions) qui
perçoit l’amende. En cas de refus de paiement de l’amende infligée, il
peut être fait application de la contrainte par corps.

C. Les autorités chargées de la répression


Les punitions disciplinaires sont infligées dans chaque circonscription
administrative (cercle) par l’administrateur commandant la circonscription
ou à défaut d’administrateur, par l’officier ou l’agent civil qui en exerce les
fonctions et auxquels les pouvoirs disciplinaires ont été conférés par
décision spéciale du lieutenant-gouverneur ou en ce qui concerne les
territoires d Niger et de la Mauritanie, du commissaire du gouvernement
général (art. 7 du décret de 1917) « Les punitions disciplinaires
prononcées par le commandant d’une subdivision ou d’une
circonscription secondaire sont provisoirement exécutoires mais
elle ne devient définitives qu’après approbation du commandant
de cercle ou circonscription secondaire ».
Pour les infractions définies aux articles 19 et 20 du décret du 17
Décembre 1919, les sanctions sont prononcées par arrêtés du gouverneur
général rendues en commission permanente du conseil de gouvernement
après avis du procureur général. Il en est rendu compte au ministre des
colonies par l’envoi d’un rapport spécial accompagné d’une ampliation de
l’arrêté.
Il faudrait noter qu’une punition prononcée par un commandant de
subdivision peut être réduite par le commandant de cercle. Mention en est
faite par ce dernier sur l’ampliation qui lui a été transmise et par le
commandant de subdivision avec indication de la date à laquelle il a reçu
notification de la décision.
De même, aux termes de l’article 22, « le gouverneur général peut par
arrêté rendu en commission permanente par le conseil de
gouvernement et transmis au ministre des colonies dans les
conditions stipulées à l’article précédent, réduire la durée de
l’internement prononcé contre un indigène ou le montant de la
contribution imposée à une collectivité ».
On pourrait donc dire que les administrateurs, les gouverneurs ont des si
pouvoirs exorbitants qu’ils peuvent annuler des punitions prononcées.
L’annulation d’une punition entraine la libération de l’indigène puni s’il est
en cours de détention, et la restitution du montant de l’amende dans les
conditions stipulées au dernier alinéa de l’article précédent.
Les punis disciplinairement sont conduits au régisseur de la prison qui en
vue de l’ampliation de l’acte de condamnation, les incarcère
immédiatement et conserve l’ampliation à titre de pièce justificative.
En Algérie, l’internement, le séquestre, l’amende collective sont prononcés
par arrêté du gouverneur général. Les commissions disciplinaires qui
fonctionnent en territoire de commandement compte au nombre des
commissions de l’Algérie. Elles sont composées d’officiers et de magistrats
et investie du pouvoir d’infliger des punitions aux indigènes coupables
d’actes d’hostilité, de délit et de méfaits non prévus par la loi pénale. Les
pénalités infligées varient selon l’autorité qui les prononce, de 01 jour à 02
mois de prison, de 20 à 300f d’amende. D’autre part, le droit de punir les
indigènes peut être délégué.
Au total, l’indigénat nie les droits de l’homme aux colonies où il est
appliqué. Cette négation est liée aux fonctions traditionnelles de la
puissance coloniale.

Section IV : le régime juridique des terres


Paragraphe I : Le domaine public de l’Etat
Le domaine public de l’Etat résulte de l’article 1er du décret de juillet
1900. Ainsi, font partie du domaine public :
Les rivages de la mer plus une distance de 100 m
Les cours d’eaux navigables ou flottables
Les cours d’eaux non navigables ou flottables
Les étangs, lagunes, lacs
Les nappes aquifères souterraines
Les chemins de fers, les routes
Et généralement les biens de toutes natures que le code civil et les lois
déclarent non susceptibles de propriété privée.

Paragraphe II : La protection du domaine public


Le domaine public de l’Etat est protégé civilement et pénalement.
Au plan civil, la protection du domaine public résulte du principe de
l’inaliénabilité et de l’imprescriptibilité.
L’inaliénabilité suppose la nullité des aliénations volontaires ou
forcées et l’impossibilité d’avoir des droits réels sur le domaine
public. Quant à l’imprescriptibilité, elle se présente comme le
corollaire de l’inaliénabilité ; elle vise donc à paralyser
l’acquisition des biens domaniaux par la prescription
acquisitive[8]. Cette règle a aussi pour conséquence, l’irrecevabilité des
actions possessoires des particuliers contre les personnes publiques,
propriétaires du domaine.
L’action domaniale[9] ne se prescrit jamais.
Quant à la protection pénale, il s’agit pour l’administration d’exercer
contre les auteurs d’empiétement et de dégradation du domaine public,
des actions judiciaires[10]
A côté de ces procédés, il existe une protection principale qui se traduit
par l’existence d’une police, de la conservation assortie de sanction
appelées contraventions de voirie.

[1] Relatif à l’eschatologie (étude des fins dernières de l’homme)


[2] Voyage du Niger au Golfe de Guinée publié en 02 volumes
[3] C’est lui qui capture Béhenzin
[4] 10 Mars 1893, la Côte d’Ivoire devient colonie française
[5] Ière république de Côte d’Ivoire
[6] Réductions fiscales que l’administration accordait
[7] Opposé au mariage consensuel.
[8] Aucun délai ne donne droit d’avoir la propriété du domaine public
[9] Action en réparation des dommages causés au domaine public
[10] L’administration peut poursuivre pénalement tous ceux qui
empiètent sur le domaine public

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