0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues66 pages

Concepts Clés de la Macroéconomie

cours macroeconomie

Transféré par

zakariajamal67
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues66 pages

Concepts Clés de la Macroéconomie

cours macroeconomie

Transféré par

zakariajamal67
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

18/12/2024

MATIERE: MACROECONOMIE 2

Semestre: 3
Professeur: Mohamed MOUTMIHI

Chapitre 1: L’Offre et la Demande Globale


Introduction:

L’offre et la demande globale sont des concepts centraux en macroéconomie, utilisés pour analyser l’équilibre économique
global d’un pays. Ce modèle permet de comprendre les dynamiques de l’économie à l’échelle nationale, notamment comment
les fluctuations de l'offre et de la demande peuvent affecter le niveau de production, l'emploi et l’inflation.

1. la Demande globale (DG)

1.1. Définition de la Demande Globale (DG)

La demande globale représente la quantité totale de biens et de services que les agents économiques (ménages, entreprises,
gouvernement et secteur extérieur) sont prêts à acheter à différents niveaux de prix dans une économie donnée.
La formule classique de la demande globale est : DG = C + I + G + (X - M)
Où :
C: Consommation des ménages.
I: Investissement des entreprises.
G: Dépenses publiques.
X - M: Exportations nettes (Exportations - Importations).

1
18/12/2024

1. 2. Facteurs influençant la Demande Globale


La demande globale est influencée par plusieurs facteurs, notamment :
▪ Le niveau des revenus: Une augmentation des revenus conduit à une hausse de la consommation
des ménages (C), stimulant ainsi la demande globale.
▪ Les taux d’intérêt: Des taux d’intérêt bas encouragent l’investissement (I) et la consommation à
crédit, ce qui accroît la demande globale.
▪ Les dépenses publiques (G): Des politiques fiscales expansionnistes, avec une augmentation des
dépenses publiques, peuvent accroître directement la demande globale.
▪ Le commerce international: Une augmentation des exportations (X) ou une réduction des
importations (M) améliore la demande globale.
▪ Les attentes des consommateurs et des entreprises: Les anticipations optimistes sur la croissance
future ou les revenus peuvent inciter à plus de consommation et d’investissement.

1.3. La courbe de la demande globale :

La courbe de DG illustre le rapport entre le Une augmentation de la demande


volume de biens et de services demandés et le globale entraine un déplacement de la courbe
niveau global des prix dans un scénario où tous vers la droite, c’est-à-dire qu’elle augmente quel
les facteurs, à l’exception du niveau des prix (P) que soit le niveau des prix.
et du niveau global de la production ou PIB réel
Si au contraire la demande globale diminue, la
(Y), restent inchangés.
courbe se déplace vers la gauche.
Le graphique est un moyen de visualiser le
nombre de produits que les consommateurs
envisagent d’acheter à chaque niveau de coût.

2
18/12/2024

2. L’Offre Globale
2.1. Définition de l’Offre Globale (OG)
L’offre globale représente la quantité totale de biens et de services que les entreprises d'une économie sont
prêtes à produire et à vendre à différents niveaux de prix. Contrairement à la demande globale, l'offre
globale dépend en grande partie de la capacité de production du pays, incluant les ressources disponibles
(main-d'œuvre, capital, technologie).

2.2 Facteurs influençant l’Offre Globale


L’offre globale est déterminée par des facteurs structurels qui influencent la production et la productivité
d’une économie :
▪ Le niveau de technologie: Des avancées technologiques permettent aux entreprises de produire plus
efficacement, augmentant ainsi l'offre globale.
▪ La disponibilité des ressources: L'accès à une main-d'œuvre qualifiée, aux matières premières et au
capital peut accroître la production.
▪ Les coûts de production: Une hausse des coûts (par exemple, les salaires, les prix de l’énergie) peut
réduire la rentabilité et donc l’offre globale.
▪ Les politiques économiques: Des politiques favorisant l’innovation, l’éducation, ou des incitations
fiscales peuvent stimuler la productivité et donc augmenter l’offre globale.

3. L’Interaction entre l’Offre et la Demande Globale : Le Modèle OG-


DG
Le modèle OG-DG est utilisé pour analyser comment l'offre et la demande
interagissent pour déterminer le niveau de production global (PIB) et les
prix dans une économie. Il se présente sous la forme d'un graphique où
l'axe des abscisses (x) représente le niveau de production (PIB réel) et l'axe
des ordonnées (y) représente le niveau général des prix.
3.1. L’Équilibre Macroéconomique
L'équilibre macroéconomique se situe à l’intersection de la courbe d'offre
globale et de la courbe de demande globale. À ce point :
- L’offre globale est égale à la demande globale.
- Le niveau général des prix est stable, et l'économie produit au niveau de
son PIB d'équilibre.
Toute perturbation (choc) dans l’offre ou la demande déplace ces courbes et
provoque des déséquilibres, ce qui peut entraîner des cycles économiques
(récession ou expansion).

3
18/12/2024

3.2 Chocs de la Demande Globale


Les chocs de demande peuvent être positifs ou négatifs. Un choc positif (augmentation de la
demande globale) provoque un déplacement de la courbe de demande vers la droite, entraînant une
hausse du PIB et des prix. Par exemple, une augmentation des dépenses publiques (G) ou une baisse
des taux d'intérêt stimule la demande globale.
À l'inverse, un choc négatif (réduction de la demande globale) déplace la courbe vers la gauche,
provoquant une baisse de la production et du niveau des prix, ce qui peut entraîner une récession.

3.3 Chocs de l’Offre Globale


Les chocs d’offre peuvent aussi être positifs ou négatifs. Un choc positif (amélioration de la
productivité, baisse des coûts de production) déplace la courbe d’offre globale vers la droite,
augmentant la production et réduisant le niveau général des prix.
Un choc négatif (augmentation des coûts de production, pénurie de ressources) déplace la courbe vers
la gauche, réduisant la production et augmentant les prix, entraînant une « stagflation »(inflation
combinée à une récession).

4. Analyse des Politiques Economiques avec le Modèle OG-DG


Les gouvernements utilisent le modèle OG-DG pour formuler des politiques budgétaires et
monétaires afin de stabiliser l'économie.

▪ Politique budgétaire expansionniste : Le gouvernement peut accroître ses dépenses publiques ou


réduire les impôts pour stimuler la demande globale et sortir d'une récession.
▪ Politique monétaire expansionniste : Une réduction des taux d'intérêt par la banque centrale peut
encourager l'investissement et la consommation, stimulant ainsi la demande globale.
▪ Politique de l’offre: Pour stimuler l'offre globale, le gouvernement peut investir dans l’éducation,
l’innovation ou réduire les coûts pour les entreprises (réduction des taxes, des barrières
réglementaires).

4
18/12/2024

4. Exemples de chocs au niveau mondial

Exemple 1: Crise Financière mondiale de 2008 (Choc


de demande) - Contraction du PIB: Aux États-Unis et dans plusieurs
Contexte : pays développés, le PIB a chuté de manière significative.
La crise financière mondiale de 2008, souvent appelée la Par exemple, le PIB américain s'est contracté de 4,3 %
"Grande Récession", est un exemple classique de choc de entre 2007 et 2009.
demande négatif. La crise a commencé aux États-Unis en - Récession mondiale: Le commerce mondial a diminué
raison de la bulle immobilière et de la crise des de 12 % en 2009, la plus grande contraction depuis la
subprimes, avant de se propager au reste du monde via Seconde Guerre mondiale.
les systèmes financiers interconnectés.
Réponses des gouvernements :
Effets sur l'Économie : - Les gouvernements et les banques centrales ont répondu
- Chute des investissements: La crise a entraîné une par des politiques monétaires expansionnistes, en
panique généralisée dans le secteur financier, les banques réduisant drastiquement les taux d’intérêt et en adoptant
ont restreint les crédits, et les entreprises ont réduit leurs des mesures de quantitative easing (assouplissement
investissements en raison de l'incertitude économique. quantitatif).
- Réduction de la consommation : Les ménages, - Les stimuli fiscaux, tels que des baisses d’impôts et des
confrontés à la perte de valeur de leurs actifs (notamment augmentations des dépenses publiques, ont été introduits
immobiliers) et à l'augmentation du chômage, ont réduit pour relancer la demande globale.
leurs dépenses, ce qui a fortement contracté la demande
globale.

Pandémie de COVID-19 (2020) : Choc d’offre et de - Récession mondiale: Le PIB mondial a chuté de 3,5 % en
demande simultané 2020, la plus forte contraction depuis la Seconde Guerre
Contexte : mondiale. Par exemple, la production économique aux États-
La pandémie de COVID-19 a provoqué un choc économique Unis s'est contractée de 3,4 % en 2020, et l'Union
mondial sans précédent en 2020, affectant à la fois l’offre et européenne a enregistré une baisse de 6,6 %.
la demande globale. La propagation rapide du virus a
- Explosion du chômage: Des millions de personnes ont
entraîné des fermetures massives de commerces, des
perdu leur emploi, notamment dans les secteurs à forte
confinements et des interruptions des chaînes
intensité de main-d'œuvre comme la restauration et
d’approvisionnement.
l'hôtellerie.
Effets sur l’Économie :
- Choc d’offre : Les fermetures d’usines, les restrictions aux Réponses des Gouvernements :
frontières et les perturbations des chaînes
- Les gouvernements ont adopté des **mesures budgétaires
d’approvisionnement ont réduit la production mondiale.
massives** (distribution de chèques, allocations chômage
Des secteurs comme l’industrie manufacturière, le
élargies, subventions aux entreprises) pour compenser les
transport aérien et le tourisme ont été gravement touchés.
pertes de revenus.
- Choc de demande : Les mesures de confinement et la peur
du virus ont drastiquement réduit la consommation des - Les banques centrales ont poursuivi des politiques
ménages. La demande de biens et services a chuté, monétaires ultra-accommodantes, avec des taux d’intérêt
notamment dans des secteurs comme le voyage, la proches de zéro et des achats d’actifs pour soutenir les
restauration et le divertissement. économies.

5
18/12/2024

Choc Pétrolier de 2022 (Choc d’Offre - Perturbations de l’approvisionnement alimentaire: La


Contexte : Russie et l’Ukraine étant des exportateurs majeurs de
La guerre entre l'Ukraine et la Russie en février 2022 a céréales et de produits agricoles, les prix des denrées
provoqué un choc sur les marchés mondiaux de l’énergie. alimentaires ont aussi grimpé, augmentant les risques
d’insécurité alimentaire, en particulier dans les pays en
L'Europe, en particulier, dépendait fortement du gaz
développement.
naturel russe, et les sanctions contre la Russie ont
- Ralentissement de la croissance économique: Le choc a
entraîné une réduction de l’approvisionnement affecté l'économie mondiale, ralentissant la reprise
énergétique. économique post-pandémique, avec des risques de
Effets sur l’Économie : récession dans plusieurs régions.
- Hausse des prix de l’énergie : Les prix du gaz naturel et Réponses des Gouvernements :
du pétrole ont fortement augmenté, aggravant la crise - Les gouvernements européens ont cherché à diversifier
énergétique en Europe. Le prix du gaz naturel en Europe leurs sources d'énergie, en se tournant vers des
a été multiplié par plus de cinq au cours de l'année 2022. fournisseurs alternatifs comme les États-Unis, le Qatar ou
- Inflation mondiale: Cette augmentation des coûts l’Afrique.
- Des politiques de subventions aux ménages et aux
énergétiques a alimenté une inflation mondiale. Par
entreprises pour compenser la hausse des prix de
exemple, le taux d'inflation dans la zone euro a atteint
l’énergie ont été mises en place dans plusieurs pays
10,6 % en octobre 2022, un niveau record. européens.

5. Les chocs économiques dans le contexte de l’économie marocaine


Les chocs économiques dans le contexte de l’économie marocaine peuvent provenir de plusieurs
facteurs externes et internes, qui influencent la performance globale du pays. Voici des exemples
détaillés de chocs d’offre et de chocs de demande ayant impacté l’économie marocaine au cours des
dernières années.
Choc pétrolier et énergétique - Augmentation des dépenses publiques : Pour
Contexte : protéger les consommateurs de la hausse des prix de
Le Maroc dépend fortement des importations
d’énergie, notamment de pétrole et de gaz naturel. Les l'énergie, le gouvernement marocain a augmenté ses
fluctuations des prix du pétrole sur les marchés subventions pour maintenir le prix des carburants et
internationaux ont un impact direct sur l’économie des produits énergétiques à un niveau raisonnable.
marocaine. En 2022, la guerre entre l’Ukraine et la Cela a eu un impact direct sur le budget de l'État.
Russie a provoqué une flambée des prix de l’énergie,
ce qui a affecté le budget du pays. - Inflation : Les prix de l’énergie ayant un effet
Effets sur l’Économie : domino sur l’ensemble de l’économie, l’inflation a
- Hausse des coûts de production: L'augmentation des augmenté. En 2022, l’inflation au Maroc a atteint
prix du pétrole et du gaz naturel a provoqué une environ 6,6 %, en grande partie en raison de la hausse
hausse des coûts de production dans plusieurs secteurs
industriels. Les entreprises ont dû payer plus pour des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
l’électricité et le transport, ce qui a également entraîné
une hausse des prix des produits finaux.

6
18/12/2024

Réponses des Gouvernements :

Le Maroc a réagi en investissant davantage dans les


énergies renouvelables. Le royaume s’est engagé dans
une stratégie de diversification énergétique en
augmentant la part des énergies solaires, éoliennes et
hydroélectriques dans son mix énergétique. La
Centrale solaire Noor à Ouarzazate en est un exemple
marquant.

MATIERE: MACROECONOMIE 2
Chapitre 2: La monnaie

7
18/12/2024

Depuis les origines de l’économie politique, la monnaie a toujours représenté un objet d’étude particulièrement
complexe. Selon une expression célèbre de Stanley Jevons (1835-1882), «la monnaie représente en économie ce
qu’est la quadrature du cercle en géométrie ou le mouvement perpétuel en mécanique ».
La monnaie occupe une place prépondérante dans nos économies. Elle est, en effet, au cœur de tous les
mécanismes économiques dans la mesure où les opérations d’achat et de vente s’effectuent en monnaie; le troc
ayant pratiquement disparu de nos économies.
Avant de s’intéresser à l’ensemble des questions relatives à la monnaie, il convient de s’attarder sur le troc.
L’objectif de ce premier chapitre est de traiter les points suivants:
1. Le troc
1.1. Définition du troc
[Link] caractéristiques du troc
[Link] relations potentielles d’échange dans une économie de troc.
[Link] monnaie
2.1. Définitions
[Link] formes de la monnaie
[Link] fonctions de la monnaie

1. Le troc
Dans une économie où les besoins sont relativement indifférenciés et peu nombreux, on peut imaginer que la
société s’organise de façon à ce que chacun produise selon ses capacités ce dont l’économie tout entière a
besoin. Se met donc en place une forme de division du travail, de répartition des tâches, entre les différents
individus membres de cette société. Chaque individu va alors échanger son surplus contre des produits qu’il
désire mais qu’il ne produit pas.
1.1. Définition du troc:
Si un individu souhaite échanger le blé qu’il produit mais dont il n’a pas besoin contre du poisson, il est
nécessaire qu’il trouve un autre individu pêchant le poisson et désirant l’échanger contre du blé.
Le troc est l’échange d’un bien contre un autre bien en l’absence de la monnaie. C’est un système d’échange
complexe.

8
18/12/2024

1.2. Les caractéristiques du troc


❖ Les conditions de fonctionnement d’une économie de troc:
Pour réaliser une opération de troc, quatre conditions doivent être remplies :
• Une communauté réduite de personnes:
✓ Offre de produits restreinte
✓ Volonté commune de la part des individus à échanger
✓ Prix d’échange de produits facile à établir.
Lorsque les sociétés n’évoluent pas ou peu, chaque individu va échanger sa production respective dans le cadre
d’un rapport d’échange stable. Les individus mémoriseront les rapports d’échange.
Dans cette forme d’échange:
- chaque marchandise exprime la valeur d’échange d’une autre marchandise, et ceci dans un rapport bilatéral.
- il existe ainsi des rapports d’équivalence simple, c’est-à-dire des rapports d’équivalence entre deux
marchandises prises une à une.

❖ Les coûts liés au troc:


• Dans une économie de troc où les individus cherchent à échanger directement leurs
marchandises, les coûts liés aux échanges sont très élevés. En effet, pour qu’il y ait échange, il est
nécessaire que les individus se déplacent afin de satisfaire la double coïncidence des désirs d’échange.
• Mais, au-delà de cette double coïncidence, un accord relatif aux quantités à échanger doit être
établi pour chaque échange (rapports d’échange).
• Ainsi, pour chaque échange, les individus doivent s’entendre a priori sur les valeurs d’échange
respectives de leurs biens. Autrement dit, ils doivent définir les termes de l’échange. En fin de
compte, la transaction a un coût qu’on appelle « le coût de transaction ».
Soit un individu qui vend des poulets, et qui désire acheter des canards. L’individu en question va rencontrer
plusieurs obstacles tels que :
• Les coûts de la recherche
• La double coïncidence des désirs
• La valeur relative des biens

9
18/12/2024

1.3. Les relations potentielles d’échange dans une économie de troc.


Dans une économie de troc, il y a des coûts de transactions (Les coûts de la recherche, la double
coïncidence des désirs et la valeur relative des biens).
Exemple :
Soit une économie de troc caractérisée par la présence de 5 biens (Mangue, oignon, Avocat, Ananas et Poulet)
qu’on représente au niveau du tableau suivant :

Mangue Oignon Avocat Ananas Poulet


Mangue
oignon
Avocat
Ananas
Poulet

▪ Le nombre de relations potentielles d’échange ne sont pas de 25 (c-à-d- n x n = 5 x5 = 25) ; on doit exclure
les échanges d’un produit (n) contre lui-même (exemple : mangue contre mangue).
▪ On ne retient pas, aussi, les relations redondantes (mangue contre ananas et ananas contre manque).
▪ Dès lors, le nombre de relations possible est de n (n -1)/2 soit dans notre exemple 5 (5-1)/2 = 10. On aura
ainsi 10 relations potentielles d’échanges
1.4. Les coûts liés à l’échange
Deux types de coûts liés aux échanges peuvent être distingués, des coûts de transaction et des coûts d’attente.
❖ Les coûts de transaction:
Les coûts de transaction correspondent aux coûts engendrés directement par le déplacement de l’individu qui
souhaite réaliser un échange ainsi que les coûts liés au temps et aux efforts requis pour réaliser la double
coïncidence entre les désirs d’échange. En effet, le temps que l’individu passe à se déplacer est du temps perdu:
pendant ce temps, il ne produit rien. Il subit donc une perte dont le montant peut-être estimé par la valeur des
marchandises qui auraient pu être produites pendant le temps passé à se déplacer. Par ailleurs, le déplacement
engendre des efforts, de la fatigue, etc
Exemple : Si un individu A possède un kilogramme de viande et souhaite l’échanger contre une douzaine d’œufs, il est
nécessaire qu’il entre en contact avec un individu B possédant cette douzaine d’œufs et désirant son kilogramme de
viande en échange. Les individus A et B étant localisés à des endroits différents, l’individu A doit se déplacer pour
rencontrer l’individu B afin de concrétiser cette double coïncidence des désirs d’échange.

10
18/12/2024

❖ Les coûts liés à l’attente :


Les coûts liés à l’attente peuvent être de deux types : subjectifs ou objectifs.
■ Les coûts subjectifs
Avant de satisfaire son désir d’échange puis son besoin, un individu doit attendre de trouver un autre
individu possédant le bien qu’il désire et désirant le bien qu’il possède. Les deux individus doivent par
ailleurs s’accorder sur les termes de l’échange, les valeurs d’échange respectives des différents biens.
Cette attente sera d’autant plus importante que les désirs d’échange sont nombreux et différenciés. Cette
attente engendre une frustration qui correspond à la non-satisfaction immédiate du désir d’échange et du
besoin, frustration que l’on peut appréhender comme un coût subjectif puisqu’elle dépend de chaque
individu.
Exemple : L’individu A désire obtenir une douzaine d’œufs contre son kilogramme de viande. Avant de l’obtenir, il va devoir
attendre de trouver l’individu B qui possède des œufs et qui veuille bien les troquer contre de la viande. Mais qui plus est, les
individus A et B doivent s’entendre sur les termes de l’échange (une douzaine d’œufs contre un kilogramme de viande ou
contre deux kilogrammes ?).

• La frustration engendrée par l’attente peut être appréhendée comme un coût

❖ Les coûts objectifs :


Tant qu’ils n’ont pas réalisé les échanges, les individus doivent stocker leurs marchandises
respectives, ce qui, là aussi, génère des coûts (entreposage, gardiennage éventuel…). Ces
coûts seront d’autant plus importants que les marchandises à stocker sont périssables :
les marchandises peuvent se détériorer avant que l’échange n’ait pu être réalisé. L’attente
génère donc aussi des coûts objectifs.

Exemple : L’individu A qui possède un kilogramme de viande va devoir le stocker jusqu’à ce qu’il rencontre l’individu B
qui accepte de l’échanger contre sa douzaine d’œufs. Si 15 jours plus tard, notre individu A n’a toujours pas réussi à
échanger son kilogramme de viande, il y a de fortes chances pour qu’il ne trouve jamais plus quelqu’un qui l’accepte dans
cet état…

• Les coûts objectifs liés à l’attente regroupent donc les frais de stockage et les pertes
engendrées par la détérioration subie par les marchandises à échanger.

11
18/12/2024

[Link] monnaie
2. 1.Définition de la monnaie
De nombreux ouvrages sur l’économie monétaire ne donnent pas de définition de la monnaie ou bien se
contentent d’évoquer les fonctions et les formes de la monnaie.
« La monnaie est un bien ou un actif dont les formes varient en fonction des structures économiques et
sociales et qui est accepté, sur un certain espace, pour l’évaluation et le règlement des échanges et
pour la constitution de réserves. La création de monnaie, effectuée par des institutions,
principalement dans le cadre d’opérations de crédit, est en relation d’interdépendance avec
l’évolution de la production et des prix. La régulation monétaire, dans ses composantes interne
(politique monétaire) et externe, (politique de change), est au cœur de la politique économique ».
✓ La monnaie est un bien ou un actif:
La monnaie a longtemps pris la forme d’un bien, d’une marchandise, mais le développement de la monnaie
bancaire débouche sur une nouvelle forme: la monnaie est un actif, une créance liquide détenue par les
agents économiques (Une créance bancaire: actif pour les agents économiques et passif pour les
banques).

Cours: Economie monétaire et financière 1

✓ Formes variables:
La monnaie est un instrument sociale dépendant du contexte dans lequel elle s’inscrit.
Les formes de la monnaie des sociétés traditionnelles (coquillages, sel…) sont différentes de celles des
sociétés du capitalismes libéral (métal précieux) et des formes contemporaines (avoirs bancaires,
billets…).
Résultat: Une différence dans les modes de d’émission et dans le pouvoir de création de monnaie.
✓ elle est acceptée sur un certain espace:
Une crise de confiance dans la monnaie se traduit par un échange de monnaie contre
des actifs financiers, des biens ou des devises étrangères. «La fuite devant la monnaie»
induit une dépréciation de la monnaie qui peut être interne ou externe.
La monnaie repose
sur la confiance La dépréciation interne provient du remplacement de la monnaie par des biens:
que lui accordent appréhendant une nouvelle hausse des prix, les agents accélèrent leurs achats, ce qui
les agents accentue le processus d’inflation. La dépréciation interne s’explique par la perte de pouvoir
économiques d’achat de la monnaie, par la hausse des prix des biens (inflation).
La dépréciation externe est entrainée par la substitution de devises à la monnaie nationale.
Les opérateurs cèdent leurs actifs en monnaie nationale et acquièrent des actifs en monnaie
tierces. La dépréciation externe s’exprime par une dévalorisation de la monnaie par rapport
au reste du monde, par une baisse du taux de change.
Cours: Economie monétaire et financière 1

12
18/12/2024

La réflexion sur les formes de la monnaie passe par une analyse historique qui permet
d’éclairer la réalité actuelle de la monnaie.
✓ La monnaie métallique est à la base du système.
✓ Ce système repose sur l’or (l’étalon –or) ou sur l’or et l’argent (bimétalliste).
✓ Les formes de la monnaie au début du XIX siècle se hiérarchisent autour de la
monnaie métallique.
✓Dans les systèmes métalliques, la valeur de la monnaie est définie par un poids de métal
précieux.
✓Le métal constitue l’étalon qui permet d’évaluer une monnaie et donc, au niveau
international, d’établir une relation stricte entre les valeurs de deux monnaies, définies
par rapport à un métal précieux.
✓Le bien qui revêt les caractéristiques d’une monnaie qui reste une marchandise

Cours: Economie monétaire et financière 1

✓La monnaie marchandise circule sous forme de lingots, de pièces qui «valent leur pesant
d’or».
Lorsque la valeur faciale de la pièce est équivalente à sa valeur réelle, il s’agit d’une
monnaie métallique.
✓L’émission de monnaie résulte de la frappe libre: transformation des barres ou des
lingots en pièces
La création de monnaie est à l’initiative des possesseurs d’or et d’argent. Le rôle des
banques reste passif dans la création de monnaie métallique

Cours: Economie monétaire et financière 1

13
18/12/2024

[Link] dématérialisation de la monnaie


✓ Au cours des deux derniers siècles, le système monétaire s’est profondément transformé,
entrainant une dématérialisation de la monnaie.
▪ Première forme de dématérialisation: la monnaie manuelle se substitue à la monnaie métallique.
Suite à l’inconvertibilité des billets en or nait la monnaie «fiduciaire».
La suspension de la convertibilité des billets en or s’accompagne d’une disparition de la circulation
des pièces d’or et d’argent au profit de la monnaie fiduciaire (les billets) et de la monnaie
divisionnaire.
▪ La deuxième forme de dématérialisation: la monnaie scripturale
Après la seconde guerre mondiale, la détention des comptes en banque se multiplie jusqu’à couvrir
la quasi-totalité de la population (bancarisée): c’est l’apparition et l’essor de la monnaie scripturale,
qui prend la forme d’avoirs bancaires utilisables par jeux d’écritures.
L’apparition de la monnaie scripturale constitue un déplacement du pouvoir de création de monnaie:
ce sont les banques commerciales qui, par le biais des opérations de crédit, émettent la monnaie,
dans un système régulé par la banque centrale.

Cours: Economie monétaire et financière 1

▪ La troisième forme de dématérialisation: l’informatisation des moyens de paiement.


Cette dématérialisation touche moins la monnaie scripturale que les moyens de paiements qui
bénéficient des progrès de la technologie de l’information au détriment des modes de paiement
transactionnels.
Les banques incitent les agents économiques à
utiliser les modes de paiement informatisés:
Le chèque connait une régression paiement à la carte, virements, et prélèvements
relative informatisés

Les trois formes de monnaie

La monnaie fiduciaire est La monnaie scripturale est


constituée des billets sont composée de tous les avoirs
La monnaie divisionnaire est émis par la banque centrale.
constituée de pièces de bancaires utilisables
La monnaie divisionnaire et directement pour régler les
monnaie émises par le la monnaie fiduciaire
trésor public et mises en dettes . La monnaie
composent ce que l’on scripturale circule entre les
circulation par la banque appelle de façon expressive la
centrale. D’un pouvoir agents par des jeux
« monnaie manuelle » d’écriture par le biais de
libératoire. limité.
différents moyens,
Cours: Economie monétaire et financière 1

14
18/12/2024

2.3. Les fonctions de la monnaie:


▪ Une unité de compte:
La monnaie joue un rôle fondamental dans les l’échange marchand, puisqu’elle fournit un
instrument de mesure de la valeur des biens. Elle permet de mesurer et de comparer
immédiatement les prix entre eux.
▪ Un intermédiaire des échanges:
La monnaie permet d’acheter des biens et services et de se les procurer immédiatement.
C’est un instrument d’échange, puisqu’elle fournit une contrepartie du bien (ou du service,
de l’actif …) échangé.
▪ Une réserve de valeur:
La monnaie stockée permet de reporter le pouvoir d’achat dans le temps en investissant
grâce l’épargne.. Des auteurs, Keynes en particulier, ont souligné ce rôle. La monnaie
constitue au même titre que les actifs financiers un mode de détention de son patrimoine .
L’importance des encaisses est liée aux taux d’intérêt.

Cours: Economie monétaire et financière 1

3. Les théories monétaires


3.1. La monnaie-voile
Robert Mossé (1906-1973) écrit: «Avant 1914, l’influence de la monnaie sur l’économie est
considérée comme négligeable. Les économistes la croient ‘‘neutre’’ et pensent que tout se passe
comme si elle n’existait pas» (Mossé, 1950, p.69).
Avant 1914, on trouve déjà des auteurs qui, bien qu’ils ne s’inscrivent pas dans le paradigme
dominant, contestent plus ou moins explicitement l’idée de neutralité de la monnaie.
▪ Les théories monétaires classiques:
Plusieurs économistes d’Adam Smith (1723-1790), Jean-Baptiste Say (1767-1832) et David Ricardo
(1772-1823) considèrent que la monnaie est neutre, au sens où elle n’affecte pas les grandeurs
réelles de l’économie. Cette conception est inséparable de la loi des débouchés formulée par J.-B. Say
puis reprise par John Stuart Mill (1806-1873) et D. Ricardo.
Comme le souligne Christian Tutin, cette thèse de la neutralité de la monnaie a une très grande
portée: «La neutralité signifie que non seulement le niveau d’activité économique, mais tout le
système des prix relatifs et la répartition du capital entre les branches (l’orientation de la
production) ne sont pas durablement affectés par l’offre de monnaie, qui n’influe que sur sa propre
valeur» (Tutin, 2009, pp.12-13)

15
18/12/2024

▪ Adam Smith affirme que la valeur (et donc le prix relatif) des marchandises est fondée sur le
travail. Les marchandises sont achetées avec du travail.
Ainsi, les prix relatifs sont déterminés dans la sphère réelle et la monnaie ne constitue qu’une
modalité de fonctionnement de l’économie qui facilite les échanges: «L’or et l’argent qui circulent dans
un pays peuvent se comparer précisément à un grand chemin qui, tout en servant à faire circuler et conduire au
marché tous les grains et les fourrages du pays, ne produit pourtant pas lui-même un seul grain de blé ni un
seul brin d’herbe» (Smith, 1776, cité par Tutin, 2009, p.146).
• Jean-Baptiste Say (1767-1832) a publié en 1815 un «Catéchisme d’économie politique».
Sa contribution majeure est la formulation de la «loi des débouchés», qu’il formule ainsi: «un
produit terminé offre, dès cet instant, un débouché pour tout le montant de sa valeur» (Say, 1803, p.140).
Ce qui revient à dire que «les échanges terminés, il se trouve toujours qu’on a payé des produits avec des
produits».
Pour l’auteur, la monnaie n’est analysée que comme un moyen de transaction: «l’argent n’est que la
voiture de la valeur des produits» (Say, 1803, p.138).
Elle permet de faciliter le fonctionnement de l’économie: «semblable à l’huile qui adoucit les mouvements
d’une machine compliquée, les monnaies répandues dans tous les rouages de l’industrie humaine facilitent des
mouvements qui ne s’obtiendraient point sans elles» (Say, 1803-1972, p.63).

Pour Say, la monnaie est une marchandise comme les autres qui présente deux avantages: elle sert
d’intermédiaire des échanges et elle peut se subdiviser « de manière à former tout juste une valeur égale
à celle que l’on veut acheter» (Say, 1803-1972 p.239). La monnaie est donc un instrument technique qui
permet de faciliter les échanges.
▪ James Mill (1773-1836):
Pour James Mill , la monnaie n’est qu’un simple instrument pour faciliter les échanges qui ne
modifie pas les lois de la valeur.
Il débouche donc sur une formule restée célèbre: «Il n’est point dans l’économie d’une société une chose
moins importante en elle-même que la monnaie, si on la considère autrement que comme un mécanisme pour
faire vite et commodément ce que l’on ferait moins vite et moins commodément s’il n’existait pas» (Mill, 1861,
tome2, p.7).
Il affirme donc que l’échange monétaire ne change rien par rapport au troc et que la valeur de la
monnaie n’est rien d’autre que la valeur des marchandises que la monnaie permet d’acquérir.
L’école classique repose sur la thèse de la neutralité de la monnaie, donc sur une stricte dichotomie
entre sphère réelle et sphère monétaire.

16
18/12/2024

Synthèse de la dichotomie classique:


Il s’agit de la distinction théorique entre les variables réelles et les variables nominales.
La théorie classique suppose que les variations de l’offre de monnaie n’ont pas d’incidence réelle sur
l’économie: Il y a neutralité monétaire.
L’équilibre de l’offre et de la demande de monnaie déterminera le niveau des variables nominales ;
les variables réelles ayant été fixées par l’économie réelle.

3. 2. Le rôle actif de la monnaie:


▪ Les keynésiens
• D’après John Maynard KEYNES, économiste américain (1883-1946), la conception de la monnaie
doit être remise en cause car la monnaie peut être désirée pour elle-même: en effet la monnaie
peut être thésaurisée en vue de détenir des « encaisses de précaution » (pour faire face aux aléas
de la vie), ou de « spéculation » (pour réaliser des profits rapides) , il peut y avoir une demande de
monnaie qui ne soit pas une demande de biens.
• La monnaie n’est donc pas neutre.
• De plus, d’après KEYNES, plus un revenu augmente, plus la part épargnée du revenu s’accroît ;
cette tendance à épargner davantage se fait aux dépens de la demande de biens. La monnaie n’est
donc pas “un voile qui recouvre un troc”.
• L’intérêt de ce raisonnement est d’expliquer qu’une partie de la monnaie en circulation peut être
retirée du circuit par certains de ses détenteurs(répétons qu’il s’agit de détenir des « encaisses de
précaution »), mais alors, s’il y a moins de monnaie en circulation, cela va se répercuter sur la
production de biens et services ? il y aura moins de demande de biens et services ? les
entrepreneurs vont donc diminuer leur offre et sans doute licencier.

17
18/12/2024

L’approche monétariste:
▪ L’idée est que la neutralité se définit selon un horizon.
▪ Nous avons vu que chez les classiques, l’évolution de la masse monétaire n’agit que sur le prix, par
contre chez Keynes ces mêmes évolutions peuvent influer le comportement des agents
économiques (favoriser à l’épargne, la consommation,…).
▪ Pour les monétariste, la variation de masse monétaire à court terme a un fort effet perturbateur
sur l’économie, par contre il s’annule complétement à plus long terme. M Friedman conseille donc
de maintenir une règle monétaire forte : la masse monétaire doit évoluer à la même vitesse que la
production, pour garantir une stabilité des prix.

4. La demande de monnaie
4.1. Les origines historiques de l’analyse de la demande de monnaie
▪ L’approche la plus ancienne de la demande de monnaie est la théorie quantitative
de la monnaie
▪ Elles remontent au XVI siècle, au moment de l’arrivée des métaux précieux en
Europe, quand la question du rapport entre le niveau général des prix et la masse
monétaire en circulation a été placée au cœur de la problématique économique.
▪ Pour les classiques, la monnaie n’est pas demandée pour elle-même, mais
uniquement pour les échanges qu’elle permet de réaliser (optique
transactionnelle).
▪ Il y a une dichotomie entre la sphère réelle de l’économie dans la mesure où seul
l’échange de biens crée de la richesse puisque la monnaie dépensée est strictement
égale à la valeur des marchandises qu’elle permet d’acheter: La demande de monnaie
s’adapte donc à la demande de biens.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

18
18/12/2024

La théorie quantitative s’est imposée au début du XXe siècle sous deux formes d'équations :
▪ L’équation de FISCHER (The Purchasing Power of Money, New York, 1907) :
MV = PT
Avec :
M: monnaie métallique et billets de banque en circulation; V : vitesse de circulation de la monnaie
métallique (le nombre de fois qu’elle change de mains au cours d’une même période); P : niveau
général des prix et T : volume des transactions dans l’unité de temps
Dans une économie, la monnaie qui circule (M.V) est nécessairement égale à la monnaie réclamée
par les agents économiques en contrepartie de la valeur de leurs transactions (P.T).
L’utilisation des dépôts bancaire a entrainé une évolution au niveau de l’équation de la demande de
monnaie qui devient : MV + M’V’ = PT
Avec :
M : monnaie métallique et billets de banque ; M’ : dépôts bancaires ; V : vitesse de circulation de la
monnaie métallique; V’ : vitesse de circulation des dépôts bancaires ; P : niveau général des prix et
T : volume des transactions dans l’unité de temps

Cours: Economie monétaire et finacière 1

▪ L’équation de Cambridge (MARSHALL, PIGOU, HICKS) :


(1/P).M = KR
Avec:
M : masse monétaire
P : niveau des prix ;
1/P : pouvoir d’achat de la monnaie
K : vitesse de transformation de la monnaie en revenu
R : montant des revenus dans l’unité de temps

Cours: Economie monétaire et finacière 1

19
18/12/2024

4.2. Les oppositions théoriques sur la demande de monnaie


La demande de monnaie chez les classiques :
Pour les classiques, «la monnaie est un voile », un instrument d’échange, qui n’est pas demandée
pour elle- même, mais seulement pour ce qu’elle permet d’acquérir.
• La monnaie n’est qu’un bien parmi les autres, celui qui est choisi comme étalon de référence pour
fixer la valeur des autres biens.
• Pour les prix, la production et la consommation des biens ne dépendent que des demandes et des
offres de ces biens. Il y a un équilibre sur les marchés de chacun des biens, équilibre qui ne dépend
en aucune façon du marché de la monnaie dont le seul rôle est de fixer le niveau général des prix.
• Les classiques privilégient uniquement la fonction « moyen d’échange » de la monnaie: le seul
motif de détention de la monnaie est le motif de transaction.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

Les motifs de détention de la monnaie chez Keynes:


M. Keynes établit trois motifs à la détention de monnaie : le motif de transaction, le motif de
précaution et le motif de spéculation.
• Le motif de transaction : les agents demandent la monnaie pour pouvoir acheter des biens et
services compte tenu du décalage existant entre le moment où les ménages et les entreprises
perçoivent leurs revenus ou encaissent le produit de la vente des biens et services et celui où ils
les dépensent ou mettent en œuvre la production.
• Le motif de transaction fait référence aux disponibilités nécessaires aux agents pour effectuer
leurs transactions.
❑Appliqué aux ménages, ce motif est appelé motif de revenu:
Il correspond à la détention de monnaie rendue nécessaire par l’existence d’un intervalle de temps
entre le moment où les ménages perçoivent leurs revenus et celui où ils les dépensent.
❑Appliqué aux entreprises, ce motif est appelé motif professionnel:
Les entreprises doivent en effet posséder de la monnaie afin de combler l’intervalle de temps qui
sépare les dépenses engagées dans le processus productif et les recettes (on parle également de
motif professionnel).

Cours: Economie monétaire et finacière 1

20
18/12/2024

• Le motif de précaution :
Les agents détiennent la monnaie pour pouvoir faire face à des dépenses imprévues. Le motif
de précaution répond au besoin des agents de se prémunir contre l’imprévu, de saisir des
opportunités d’achat à prix favorable (qu’il s’agisse de biens réels ou de titres) ou de garder
un avoir en valeur nominale immuable pour faire face à une obligation future stipulée en
monnaie.
• Par rapport à la demande de monnaie, KEYNES prend en compte deux fonctions de la
monnaie à savoir la fonction d’intermédiaire des échanges et la fonction de réserve de
valeur de la monnaie. L’auteur juxtapose les deux fonctions en distinguant deux motifs
de détention de la monnaie : Le motif de transaction et le motif de précaution.
• KEYNES élargit cette notion en distinguant les encaisses de transactions liées à la
structure du système financier, aux dépenses courantes, à la fréquence, à la régularité des
recettes et leur coordination avec les paiements effectuer et les encaisses de précaution
(liées au besoin de disposer d’encaisses de transactions supplémentaires pour faire face à
des dépenses imprévues).
• La demande de monnaie pour les transactions (courantes ou imprévues) est fonction
essentiellement du revenu courant des agents économiques.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

• Le motif de spéculation : Ce motif incite les agents économiques à opérer des arbitrages entre
monnaie et titres, avec l’objectif de réaliser des plus-values en capital sur les marchés financiers.
En effet, pour KEYNES, les agents économiques conservent aussi des encaisses pour pouvoir
acheter ou vendre des obligations en fonction des gains ou pertes en capital anticipés, selon
l’évolution prévue du taux d’intérêt. La monnaie n’est plus neutre ; il existe une interaction entre
la demande de monnaie et l’activité économique puisque pour KEYNES le taux d’intérêt joue un
rôle central dans la décision d’investissement et, par ce canal, sur le niveau de l’activité.
Cette approche a donné lieu à deux extensions :
• La première est celle de BAUMOL qui a montré que même en se limitant au motif transaction, il
était possible de faire apparaitre une influence du taux de l’intérêt sur la demande de monnaie, dès que
l’on prenait en compte les coûts de transaction.
• La deuxième extension revient à TOBIN qui a montré que si l’on intégrait l’incertitude, la prise en
compte du motif de spéculation venait compatible avec l’extension au long terme du modèle
keynésien de demande de monnaie.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

21
18/12/2024

La demande de monnaie chez les monétaristes


Les monétaristes et notamment Milton FRIEDMAN ont élargi l’analyse classique en faisant
de la demande de monnaie la recherche de la part optimale de la monnaie au sein du
patrimoine, au sens large, des agents économiques.
Schématiquement, le patrimoine, ou la richesse, d’un individu se compose de cinq éléments :
• La monnaie : elle se distingue des autres formes de richesse par le fait qu’elle est le seul
élément dont la valeur nominale est fixe.
• Les obligations : les actifs financiers non monétaires dont le prix varie.
• Les actions : les actifs financiers non monétaires dont le «prix» varie aussi, mais
différemment des obligations.
• Le capital physique : les biens meubles et immobiliers.
• Le capital humain : l’individu lui-même.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

Tableau n° 1: La répartition du patrimoine d’un individu

Les cinq éléments qui composent le patrimoine d’un individu


1. La monnaie : elle se distingue des autres formes de richesse par le fait qu’elle est le
seul élément dont la valeur nominale est fixe

2. Les obligations : actifs financiers non monétaires dont le prix varie


3. Les actions : actifs financiers non monétaires dont le «prix» varie aussi, mais
différemment des Obligations

4. Le capital physique : biens meubles et immobiliers


5. Le capital humain : l’individu lui-même

Cours: Economie monétaire et finacière 1

22
18/12/2024

• Un individu répartira les différents éléments de son patrimoine en fonction


principalement de sa richesse totale : il y a un lien entre la quantité de monnaie
conservée, le revenu et l’importance du patrimoine, des anticipations de prix et des
rendements comparés des divers éléments du patrimoine : conserver de la monnaie
permet d’économiser des coûts d’information (que nécessite une gestion visant à la
trésorerie zéro) et des coûts de transaction.

• En revanche, la monnaie est généralement peu ou pas rémunérée et elle se dévalorise


avec l’inflation, alors que les titres ou les biens réels résistent mieux à l’érosion
monétaire, de ses goûts et de ses préférences.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

L’approche de la demande de monnaie par la vitesse de circulation


• Dans les analyses par la demande de monnaie et par la vitesse de circulation,
l’objet est le même.
• Il s’agit d’expliquer, moyennant certaines hypothèses sur la rationalité des comportements,
l’intensité de la substitution entre la monnaie et les autres actifs réels ou financiers et la
relation entre la quantité de monnaie en circulation et les autres variables économiques.
• Dans l’approche par la « vitesse de circulation », ce qui est privilégié, ce sont les
facteurs structurels des besoins de monnaie des agents privés, facteurs qui s’imposent à
eux comme des nécessités physiques. Et ces nécessités, l’approche trouve leurs
sources dans les exigences de la circulation.
• Cette approche a donné lieu à deux formalisations distinctes : l’équation de
FISCHER et l’équation de Cambridge.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

23
18/12/2024

• La notion de demande de monnaie est apparue pour la première fois avec l’Ecole
de Cambridge (A. Marshall, A.C Pigou). Selon cette école, les agents expriment
une demande de monnaie (M) proportionnelle au total des ressources (Y : revenu
national réel). Avec P le niveau des prix, et en appelant k cette proportion,
l’équation de Fisher est reformulée de la manière suivante : M = k P Y

• Contrairement à l’équation de Fisher (de nature macroéconomique), la relation de


Cambridge se place davantage dans une optique individualiste (comportements
individuels) en s’interrogeant sur les raisons qui incitent les agents à détenir des
encaisses. Il est possible de justifier la détention d’encaisses par l’absence de
synchronisation entre les recettes et les dépenses, et l’incertitude concernant
certaines dépenses futures imprévues et certaines recettes futures dont la valeur
n’est pas garantie.

Cours: Economie monétaire et finacière 1

Chapitre 3: L’équilibre dans le marché des biens et service: IS

I. Le modèle keynésien
Les hypothèses fondamentales:
▪ Rigidité des prix et des salaires à court terme (CT)
▪ Insuffisance de la demande globale (DG)
Changement des perspectives:
▪ La demande des biens détermine le niveau de production et d’emploi
▪ C’est une théorie de la demande agrégée
▪ Possibilité d’un équilibre de sous-emploi: chômage involontaire
Les raisons d’insuffisance de la demande:
▪ Critique réelle de la loi de Say: Problème de l’incertitude et la fonction de la demande
▪ Critique monétaire et de la théorie quantitative de la monnaie

24
18/12/2024

• Le modèle IS-LM est un modèle qui transcrit des éléments de la


Théorie générale de Keynes en termes néoclassiques.
• Il a été proposé par John Hicks en 1937 dans Mr Keynes and the
"Classics":
• A Suggested Interpretation et aménagé par Alvin Hansen (d'où
son autre nom de modèle Hicks-Hansen).
• Le modèle permet d'établir un équilibre général sur deux
marchés :
• Le marché des biens et services, qui lie épargne et
investissement, (investments and savings, d'où IS).
• Le marché monétaire, qui lie offre et demande de monnaie
(liquidity preference and money supply, d'où LM).
• L'équilibre conjoint de ces deux marchés détermine le niveau
d'équilibre de la demande et du taux d’intérêt.

• Le modèle IS-LM est devenu le « modèle standard » en macroéconomie.


• Un apport essentiel du keynésianisme (et d'IS-LM) est l'existence potentielle d’un
chômage d’équilibre (équilibre de sous emploi) causé par une rigidité à la baisse des
salaires.
• Cette situation est impossible dans le modèle néoclassique, le prix du travail s'ajuste
naturellement jusqu'à ce que l'offre et la demande de travail soient équilibrées.
• C’est pour quoi le modèle IS-LM (1937!!) reste au cœur de la macroéconomie moderne,
avec des extensions:
• OA-DA pour les situations d’inflation
• Mundell-Flemming pour l’économie ouverte

25
18/12/2024

Le modèle keynésien

Propension
Revenu des Rendement des
marginale à Taux d’intérêt
ménages Investissements
consommer

Demande de Demande
consommation d’investissement

Niveau de la demande
effective

Niveau de production

Niveau d’emploi

La courbe IS
La courbe IS traduit la relation entre le taux d’intérêt et le niveau du revenu national qui prévaut sur
le marché des biens et services. Le taux d’intérêt est une variable réelle.
Equilibre keynésien: Dépenses prévues en économie fermée:
D=C+I+G
Où:
D: dépenses prévues
C: Consommation des ménages
I: Investissement
G: dépenses publiques
Avec:
On obtient:
C = c (Y-T) D = c (Y-T) + I + G + T
I=I La dépense prévue dépond du niveau de production (Y), et des variables
G=G exogènes, d’investissements programmées ( I) et des politiques
budgétaires G).
T =T

26
18/12/2024

La demande globale

Demande globale
Demande globale Z

DG= c(Y – T) + I + G

Z=D

PMC: 0<c<1

Revenu, production Y

La dépense effective:
Il est essentiel de comprendre la signification de dépense L’équilibre
effective Y au sens de Keynes. macroéconomique
▪Pour toute droite de demande globale Z dont la pente est
inférieure à 1, il existe un seul point où Y = D
▪De plus, rien ne garantit que cet équilibre correspond au plein
emploi.
Dépense effective
Demande globale Z

Demande globale

Revenu
d’équilibre
keynésien
45°

Y* Revenu, production Y

27
18/12/2024

Vers l’équilibre macroéconomique

Demande globale Z

Dépense effective

Demande globale

Z Baisse non prévue des stocks.


Les entreprises vendent plus
qu’elles ne produisent. Elles
Y embauchent, ce qui
Revenu augmentent le revenu Y vers
d’équilibre Y*
keynésien
45°

Y Y* Revenu, production Y

Vers l’équilibre macroéconomique

Dépense effective

Y Dépense prévue

Z Augmentation non prévue des


stocks. Les entreprises
vendent moins qu’elles ne
produisent. Elles débauchent,
Demande globale Z

ce qui diminue le revenu Y


vers Y*

45°

Y* Y Revenu, production Y

28
18/12/2024

Politique budgétaire et multiplicateur

Dépense effective
Demande globale Z

Z2

Z1

1. Une hausse des dépenses


publiques…

2. …entraîne une hausse plus que


45° proportionnelle du revenu.

Y1 Y2 Revenu, production(Y)

Construction de la courbe IS:


• L’équilibre keynésien n’est que la première étape de la construction de la courbe IS. Il montre ce
qui détermine Y pour tout niveau de C, T, G et I.
• Il fait pourtant l’hypothèse irréaliste que le niveau d’investissement I est fixe.
• Or, nous savons que le niveau d’investissement dépend négativement du taux d’intérêt i.

29
18/12/2024

Construction de la courbe IS

D=Y
D= 𝑐 𝑌 − 𝑇 + 𝐼(𝑖1) + 𝐺
3. …ce qui déplace vers le
bas la droite de demande

Demande globale Z
globale… D= 𝑐 𝑌 − 𝑇 + 𝐼(𝑖2 ) + 𝐺

I
4. …et diminue le revenu
plus que
45° Y proportionnellement.

Y2 Y1 Revenu, Production Y
1. Une hausse des
taux d’intérêt…
Taux d’intérêt i

i2 i2
5. La courbe IS synthétise
ces changements
i1 i1
2. …réduit IS
I l’investissement
prévu…
I2 I1 Investissement Y2 Y1 Revenu, Production Y

Construction de la courbe IS

D=Y
E = C (Y − T ) + I (r1 ) + G

Plus le taux d’intérêt est


Demande globale

E = C (Y − T ) + I (r2 ) + G
élevé, plus le revenu est
faible.
Plus le taux d’intérêt est I
faible, plus le revenu est
important. Y
45°

Y2 Y1 Revenu, Production Y
Taux d’intérêt i

i2 i2

i1 i1
IS

I2 I1 Investissement Y2 Y1 Revenu, Production Y

30
18/12/2024

Construction de la courbe IS
▪ Condition d’équilibre du modèle Keynésien à deux agents économiques: Y= C+ I et Y = C + S
D’où l’on tire: I = S
Dans le modèle, l’épargne étant définie comme la partie du revenu non consommée, est déduite de la fonction de consommation: C =
cYd +C0

Où c représente la propension marginale à consommer et C0 la consommation incompressible.

La fonction d’épargne s’écrit alors : S(Y) = (1- c)Yd - C0

De l’autre côté, l’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt : I = I(i)

Cette relation est exprimée aussi par I = I0 – Ii où I0 représente la part de l’investissement qui est indépendante du taux d’intérêt et Ii
est la part de l’investissement qui dépend directement du taux d’intérêt.

La condition d’équilibre sur le marché des biens et service s’écrit : IS : Y = f(i)

I =S

I0 – Ii = (1- c)Yd - C0

▪ Condition d’équilibre du modèle Keynésien à trois agents économiques: Y= C+ I + G et Y = C + S +T


D’où l’on tire: I = S
Dans le modèle, l’épargne étant définie comme la partie du revenu non consommée, est déduite de la fonction de consommation: C =
cYd +C0

Où c représente la propension marginale à consommer et C0 la consommation incompressible.

La fonction d’épargne s’écrit alors : S(Y) = (1- c)Yd - C0

De l’autre côté, l’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt : I = I(i)

Cette relation est exprimée aussi par I = I0 – Ii où I0 représente la part de l’investissement qui est indépendante du taux d’intérêt et Ii
est la part de l’investissement qui dépend directement du taux d’intérêt.

La condition d’équilibre sur le marché des biens et service s’écrit : IS : Y = f(i)

I =S

I0 – Ii = (1- c)Yd - C0

31
18/12/2024

▪ Condition d’équilibre du modèle Keynésien à deux agents économiques: Y= C+ I+ G et Y = C + S + T


D’où l’on tire: C+ I+ G = C + S + T
I + (G – T) = S
Les deux conditions d’équilibre sont équivalentes !!
Dans le modèle, l’épargne étant définie comme la partie du revenu non consommée, est déduite de la fonction de
consommation: C = c (Y – T) +C0 Où c représente la propension marginale à consommer et C0 la consommation
incompressible.
La fonction d’épargne s’écrit alors : S(Y) = (1- c)Y (Y -T) - C0
De l’autre côté, l’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt : I = I(i)
Cette relation est exprimée aussi par I = I0 – Ii où I0 représente la part de l’investissement qui est indépendante du
taux d’intérêt et Ii est la part de l’investissement qui dépend directement du taux d’intérêt.
La condition d’équilibre sur le marché des biens et service s’écrit : IS : Y = f(i)
I0 – Ii = (1- c)Yd - C0
𝟏
Y= . C0 I0 + G0 -cT - Ii (gi)s
𝟏−𝒄

Construction de la Courbe IS

Ig S

S = -C0 + (1 - c)(Y-T)

i Y

i i

45°
IS
i Y

32
18/12/2024

Politique de la rigueur (contraction budgétaire)

Ig S

i Y

i i

45°
IS
IS’
i Y

Chapitre 4: L’équilibre dans le marché monétaire: La Courbe LM


La courbe LM trace la relation d’équilibre entre i et Y sur le marché monétaire.

▪ Le taux d’intérêt est donc également une variable monétaire (rémunération du


renonciation à la liquidité).

▪ Théorie de la préférence pour la liquidité. Etant donné Y, i s’ajuste pour égaliser la


demande de liquidité L (la monnaie, l’actif le plus liquide) et l’offre fixe de cette
liquidité:

M: l’offre d’encaisse monétaire (exogène)

P : niveau général des prix (exogène par hypothèse)

𝑀ሜ
= 𝐿 𝑌, 𝑖
𝑃ሜ

33
18/12/2024

1. La Courbe LM: la demande de monnaie L(Y,i)


• Hypothèse de départ : les agents détiennent de la monnaie car elle constitue un actif
parfaitement liquide, qui permet des transactions immédiates.
Les motifs de la demande d’encaisses monétaires sont doubles:
▪ Motif de transaction et précaution M(Y) : la demande liée à la nécessité de garder des
liquidités pour pouvoir échanger dans le futur.
Les encaisses demandées pour des motifs de transactions et de précaution peuvent s’écrire :
M1 = L1 (Y) ou encore MT = tY
Où t : représente la part du revenu que les agents désir conserver pour satisfaire leurs
besoins de transactions et de précaution.

La Courbe LM: la demande de monnaie L1

La demande d’encaisses monétaires pour


motif de transaction ou de précaution est
indépendante du taux d’intérêt. Elle
Taux d’intérêt i

dépend directement du niveau de revenu


Y

Demande L1(Y) L1(Y)

34
18/12/2024

Motif de spéculation L2(i) : La monnaie n’est pas rémunérée, à l’inverse d’un placement. Il y a donc
un coût d’opportunité de détention de la liquidité. Quand les taux augmentent, les gens préfèrent
détenir une fraction moindre d’encaisses monétaires.
Les encaisses demandées pour satisfaire un motif de spéculation peuvent être exprimées par la
relation :
M2 = L2(i) ou encore MS = l0 – li
Où l0 représente la quantité de monnaie que les agents souhaitent garder pour maintenir leur richesse
et - li la demande de monnaie proprement spéculative directement dépendantes du taux d’intérêt.
La fonction de préférence pour la liquidité s’écrit :
L = L1 (Y) + L2(i)
La demande de monnaie peut alors s’écrire :
MD = M1 + M2 = L1 (Y) + L2(i)

Ou encore :

MD = MT + MS = tY + l0 – li

La Courbe LM: la demande de monnaie L2

La demande d’encaisses monétaires pour motif de


spéculation est une fonction inverse du taux d’intérêt.
i
Plus le taux d’intérêt est élevé (faible), plus les agents
vont vouloir placer leur argent, diminuant
(augmentant) la demande de liquidité.

Demande L2(i)
Trappe à liquidité

L2(i)

35
18/12/2024

La théorie de la préférence pour la liquidité


Taux d’intérêt i

M  M 
   
M   P 1  P 2
 
 P

Demande d’encaisses
Motif de
Motif de monétaires pour tous
transaction et de
spéculation motifs
précaution

L1(Y) L2(i) L1(Y) + L2(i) =L(Y,i)

La théorie de la préférence pour la liquidité

Offre
Taux d’intérêt i

M
P
i*

Demande L(Y,i)

Encaisses monétaires réelles: M/P

36
18/12/2024

Réduction de l’offre monétaire

Taux d’intérêt i O2 O1

1. Une baisse de l’offre de


monnaie…

i2
2. …accroît le
taux d’intérêt.
i1

Demande L(Y,i)

M2 M1 Encaisses monétaires réelles: M/P


P P

Construction de la courbe LM
2. Ce qui fait
Taux d’intérêt i

augmenter le taux
Taux d’intérêt i

O 3. La courbe LM synthétise
d’intérêt.
ces changements

LM

i2 i2

L(Y2,r)
i1 i1
L(Y1,r)

M Y1 Y2 Revenu, Production Y
Encaisses monétaires
P réelles L(Y,r)
1. Une hausse du
revenu accroît la
demande de
monnaie…

37
18/12/2024

Construction de la courbe LM

Taux d’intérêt i
Taux d’intérêt i

LM

i2 i2

L(Y2,r)
i1 i1
L(Y1,r)

M Y1 Y2 Revenu, Production Y
Encaisses monétaires
P réelles L(Y,r)

La courbe LM traduit le taux d’intérêt qui équilibre le marché


monétaire pour tout niveau de revenu donné.

Réduction de l’offre de monnaie


Taux d’intérêt i
Taux d’intérêt i

O2 O1 LM2

LM1

i2 i2

i1 i1
L(Y1,r)

M2 M1 Y Revenu, Production Y
Encaisses monétaires
P P
réelles L(Y,r)

1. Une réduction de l’offre d’encaisses monétaires 2. …et, pour une production donnée,
réelles déplace la courbe d’offre d’encaisse augmente les taux d’intérêt, et
monétaires réelles vers la gauche… déplace LM vers la gauche.

38
18/12/2024

La Courbe LM: la demande de monnaie L1

La demande d’encaisses monétaires pour


Y motif de transaction ou de précaution dépend
directement du niveau de revenu Y

Demande L1(Y)

L1(Y)

La Courbe LM: la condition d’équilibre

L1 L’offre de monnaie M est fixe et exogène.


L’équilibre sur le marché monétaire nécessite que
la somme des deux demandes soit égale à l’offre
(M/P) = L1(Y) + L2(i)

Si l’on choisit une valeur donnée pour une des


demandes, disons L2(i), alors l’autre demande est
contrainte:
L1(Y) = (M/P) - L2(i)

L2

39
18/12/2024

Construction de la Courbe LM

i i
LM

Y L2(Y)

L1(Y) L1(Y)

Y L2(Y)

Réduction de l’offre monétaire

i LM’ i
LM

Y L2(Y)

L1(Y) L1(Y)

Y L2(Y)

40
18/12/2024

Chapitre 4 :Le modèle IS-LM (L’équilibre Macroéconomique)

L’équilibre Macroéconomique
Taux d’intérêt i

Le point d’intersection des courbes IS


LM et LM représente l’équilibre simultané
sur le marché des biens et services et le
marché des encaisses monétaires
réelles…
…pour toute valeur donnée de G et de
T (politique budgétaire), de M
(politique monétaire), et de P (niveau
i* général des prix).

IS

Revenu, production Y
Y*

Nous disposons à présent de tous les éléments du modèle IS-LM :

 IS Y = C (Y − T ) + I (i ) + G

 M
 LM P = L(Y , i )

• Les points situés sur IS représentent l’ensemble des couples (Y, i) qui équilibrent le marché
des biens et services.

• Les points situés sur LM représentent l’ensemble des couples (Y, i) qui équilibrent le
marché monétaire.

• Les éléments de politique budgétaire G et T, de politique monétaire M et le niveau des prix


P sont exogènes.

41
18/12/2024

La stratégie de modélisation

Théorie de la
Équilibre
préférence pour la
keynésien
liquidité

Courbe IS Courbe LM

Modèle IS-LM

Courbe d’offre Courbe de


agrégée demande agrégée

Explication des
fluctuations
économiques

L’effet d’éviction de l’investissement quand ΔG>0

IS2
IS1
Taux d’intérêt

1. Une hausse des dépenses


LM publiques déplace la courbe IS vers la
droite…

2. …à hauteur de (ΔG/1–PMC)…

r2
La différence entre Yk et YIS-LM
r1 s’appelle l’effet d’éviction de
l’investissement.

3. …mais le revenu croît plus


faiblement car à offre de monnaie
constante, seuls le taux d’intérêt Y1 YIS-LM Yk Revenu, production(Y)
est susceptible de rétablir
l’équilibre.

42
18/12/2024

❑ La courbe LM et la politique monétaire:


▪ La politique monétaire influence le taux d’intérêt qui équilibre le marché monétaire
pour tout niveau de revenu donné.
▪ Selon la théorie de la préférence pour la liquidité, pour tout niveau donné de
revenu, un accroissement de la demande d’encaisses monétaires réelles induit une
baisse des taux d’intérêt.
▪ En d’autres termes, la courbe LM se déplace vers le bas.
❑ Interaction entre politique budgétaire et politique monétaire:
▪ Les deux politiques ne sont pas indépendantes l’une de l ’autre, puisque chacune
joue sur les même variables endogènes :
❖ Le taux d’intérêt
❖ Le revenu
▪ Par exemple en 1993, le Président Clinton a décidé de réduire la déficit budgétaire
par la hausse des impôts (ΔT>0). Que pouvons-nous dire de cette politique ?

Objectif 1: Maintenir constante la masse monétaire

LM1
1. La hausse des impôts déplace la
courbe IS vers la gauche…

2. …ce qui diminue le revenu….


r1

r2
IS1
3. …et diminue le taux d’intérêt
(la baisse du revenu réduit la

IS2 demande de monnaie).

Y2 Y1 Y

43
18/12/2024

Objectif 2: Maintenir constant le revenu national

1. La hausse des impôts déplace la


r
LM courbe IS vers la gauche…

1 LM2
2 …mais la banque centrale
augmente l’offre de monnaie …
r1

3. …ce qui maintient constant le


revenu…
IS1
r2

IS2 4 …mais diminue les taux


d’intérêt.

Y Y

Objectif 3: Maintenir constant le taux d’intérêt

1. La hausse des impôts déplace la


r
LM courbe IS vers la gauche…

2 LM
1 2 …mais la banque centrale réduit
l’offre de monnaie …

IS1 3. …ce qui maintient constant le


taux d’intérêt…

IS2
4 …mais diminue dramatiquement
le revenu national.

Y2 Y1 Y

44
18/12/2024

Chocs exogènes dans IS-LM:


Nous pouvons classer les chocs selon leur action sur la courbe IS (le marché des
B&S) et/ou sur la courbe LM (marché monétaire)

 Courbe IS
⚫ Choc sur l’investissement (prophéties auto réalisatrices)
⚫ Choc sur la demande de biens de consommations
(↑ confiance → ↑ consommations)

 Courbe LM
⚫ Choc sur la demande de monnaie (Carte bancaire)

Chapitre :Le modèle IS-LM en économie ouverte

L’hypothèse centrale : une petite économie ouverte avec parfaite mobilité de capitaux.
Le taux d’intérêt de l’économie est déterminé par le taux d’intérêt mondial i*. Donc i=i*. Il est
supposé constant à court terme.
1. La balance des paiements:
• Pour saisir les conséquences des échanges extérieures sur l’équilibre intérieur, il faut se référer à [Link] et [Link] qui a
intégré l’équilibre de la balance des paiements au modèle IS-LM.
• Donc : le solde de la BP est en relation avec le niveau du revenu national (Y) et celui du taux d’intérêt intérieur (i)
• Les exportations (X) est exogène
• Les importations sont fonctions du revenu national (Y)
• Balance des transaction courantes s’écrit : BTC = BTC (Y)
• Les mouvements de capitaux sont fonctions du taux d’intérêt intérieur (i)
• La balance des capitaux s’écrit :BK = BK(i)
L’équation de la balance des paiements, BP, s’écrit :
BP (Y,i) = BTC (Y) + BK(i) = 0 soit BTC (Y) = - BK(i)

45
18/12/2024

2. L’équilibre macroéconomique dans un système de taux de change fixe :


L’équilibre est exprimé par :
IS = f(i)
LM = L(Y,i)
BP = X – M(Y) + K(i)
L’équilibre est défini par l’égalité de ces trois fonctions.
Il n’existe qu’un niveau de revenu compatible avec l’équation de la balance des transactions.
Le modèle d’équilibre s’écrit :
Y = C(Y) + I(i) + X -M(Y)
Soit :
(1) S(Y) = I(i) + X – M(Y) (Expression de la courbe IS en économie ouverte
Liquidité :
(1) L = L(Y,i) ( expression de la courbe LM)
La demande extérieure s’écrit :
(1) DExtérieure = X – M(Y) + K(i) (expression de la BP)
(2) et (3) permettent de déterminer (Y) et (i) compatibles avec l’équilibre.

Construction de la courbe IS

3. …ce qui déplace vers le E=Y


E = C (Y − T ) + I (r * ) + G + NE (e1 )
bas la droite de dépense
prévue…
E = C (Y − T ) + I (r * ) + G + NE (e2 )
Dépenses

NE  0
4. …et diminue le revenu.

45 Y
°
Y2 Y1 Revenu, Production Y
1. Une hausse du
taux de change…
Taux de change

e2 e2
5. La courbe IS synthétise
ces changements
e1 e1
2. …réduit les IS*
I exportation
nettes…
NE2 NE1 Exportation Y2 Y1 Revenu, Production Y
nettes

46
18/12/2024

Construction de la courbe LM

1. La condition
Taux d’intérêt r

d’équilibre du marché

Taux de change e
monétaire et le taux LM*
d’intérêt mondial…
3. …indépendamment du
LM
taux de change e.

r = r*
r*

Y1 Revenu, Production Y Y1 Revenu, Production Y

2. …déterminent le
niveau du revenu…

L’équilibre macroéconomique en économie ouverte (IS-LM)

Le point d’intersection des courbes IS et LM


Taux de change e

représente l’équilibre simultané sur le marché


LM* des biens et services et le marché des
encaisses monétaires réelles…
…pour toute valeur donnée de G et de T
(politique budgétaire), de M (politique
monétaire), et de P (niveau général des prix).
….le taux d’intérêt étant maintenu constant
au niveau du taux mondial.
e*

IS*

Revenu, production(Y)
Y*

47
18/12/2024

La politique budgétaire expansionniste en


taux de change flottant
Taux de change e

LM*
1. Une politique expansionniste
déplace la courbe IS vers le droite…

e2 2. …ce qui accroît le taux de


change…

e1 3. …et laisse inchangé le revenu.

IS2*
IS1*

Y* Revenu, production(Y)

La politique monétaire expansionniste en


taux de change flottant
Taux de change e

LM1* LM2
*
1. Une politique expansionniste
déplace la courbe LM* vers le
droite…

e1 2. …ce qui diminue le taux de


change…

e2 3. …et augmente le revenu.

IS1*

Y1 Y2 Revenu, production(Y)

48
18/12/2024

Le système du taux de change fixe

1. Fixer le taux de change signifie que la banque centrale


se tient prête en permanence à maintenir le taux de
change au niveau annoncé…

2. …en achetant ou vendant sa devise nationale contre des


devises étrangères

3. En régime de taux de change fixes, seule une


dévaluation (dépréciation du taux de change) ou
réévaluation (appréciation du taux de change) peut
modifier la valeur du taux de change.

La politique budgétaire expansionniste en


taux de change fixes
Taux de change e

1. Une politique expansionniste


LM1 LM2 déplace la courbe IS vers le droite…
* *
2. …ce qui devrait accroître le taux
de change.

e 3. Mais la banque centrale


intervient pour accroître l’offre de
monnaie, ce qui induit un
déplacement vers la droite de la
ef courbe LM*…

IS2*
IS1* 3. …et augmente le revenu, en
laissant inchangé le taux de
change.
Y1 Y2 Revenu, production(Y)

49
18/12/2024

La politique monétaire expansionniste en


taux de change fixes
Taux de change e

LM1* LM2
* 1. Une politique expansionniste
déplace la courbe LM* vers le
droite…
2. …ce qui devrait diminuer le taux
de change…
ef
3. …et augmenter le revenu….

4. Mais la banque centrale


e intervient en réduisant l’offre de
monnaie de manière à ce que le
taux de change revienne à son
niveau initial.
IS1*
Une politique monétaire
expansionniste ne peut donc
exister en taux de change fixe.
Y Y2 Revenu, production(Y)

Le modèle de Mundell-Fleming
Synthèse de l’impact des politiques économiques

Flottants Fixes
Y e NX Y e NX
Expansion budgétaire 0 ↑ ↓ ↑ 0 ↑

Expansion monétaire ↑ ↓ ↑ ↑ 0 ↑

Restriction des importations 0 ↑ 0 ↑ 0 ↑

50
18/12/2024

Le modèle IS-LM
appliqué à l’histoire
économique et sociale

La grande dépression

Black Thursday
Wall Street, 1929

Florence Owens
Thompson
The Migrant
Mother (1936)

51
18/12/2024

La grande dépression

 Le krach de 1929 est consécutif à une bulle


spéculative, qui commence vers 1927, amplifiée par
le nouveau système d'achat à crédit d'actions (1926;
avec une couverture de seulement 10 %).

 Le taux d'emprunt dépend du taux d'intérêt à court


terme, et la pérennité de ce système dépend donc
de la différence entre le taux d'appréciation des
actions et ce taux d'emprunt.

La grande dépression

 1929: hausse des taux d'intérêt en avril 1929

 Le remboursement des intérêts va devenir supérieur


aux gains boursiers

 De nombreux investisseurs sont alors contraints de


vendre leurs titres pour couvrir leurs emprunts, ce
qui va pousser les cours à la baisse et déclencher
une réaction en chaîne.

 C'est en septembre 1929 que les cours atteignent


leur plus haut niveau historique.

52
18/12/2024

La grande dépression

La grande dépression

53
18/12/2024

La grande dépression

La grande dépression

 Les nombreux investisseurs qui ont


emprunté pour spéculer sont contraints
de liquider leurs positions
 Le cycle s'emballe le lundi 28 (Lundi noir
ou Black Monday). Les banques
n'interviennent pas, contrairement au
jeudi précédent.
 L'indice Dow Jones perd 13 % (260,64), un
record qui ne sera battu que par le lundi
noir de 1987.

54
18/12/2024

La grande dépression

 Le 29 octobre (Mardi noir ou Black


Tuesday), l'indice Dow Jones perd encore
12 % (230,07)
 Entre le 22 octobre et le 13 novembre,
l'indice Dow Jones passe de 326,51 à
198,69 (-39 %), ce qui correspond à une
perte virtuelle de 30 milliards de dollars.
 Le 8 juillet 1932, l'indice Dow Jones
tombe à 41,22, son plus bas niveau
depuis sa création en 1896.

Les faits de la grande dépression

Variables Unité 1929 1932 1936

Taux de chômage % pop. Active 3.2 24.1 17.0


PIB réel 109 de 1958 US $ 203.6 144.2 193.2
Consommation 109 de 1958 US $ 139.6 114.8 138.4
Investissement 109 de 1958 US $ 40.4 4.7 24.0
Dépenses publiques 109 de 1958 US $ 22.0 24.2 31.8
Taux d’intérêt nominal - 5.9 2.7 0.8
Offre de monnaie 109 de US $ 26.6 21.1 29.6
Niveau des prix Déflateur du PIB (1958 = 100) 50.6 40.2 42.7
Encaisses monétaires réelles 109 de 1958 US $ 52.6 52.5 62.9
Sources: Historical Statistics of the United States, US Department of Commerce, Washington DC,
1975.

55
18/12/2024

Les causes de la grande dépression


L’hypothèse de la dépense

L
1. La chute de la consommation et
M de l’investissement résidentiel
déplacent la courbe IS vers le
1 gauche…

2. …ce qui diminue le revenu et


r1
diminue le taux d’intérêt

r2
IS1
3. … Ce qui est conforme à
l’évolution du revenu et des taux
d’intérêt observée après 1929.
IS2
Y2 Y1 Y
Y2

Les causes de la grande dépression


L’hypothèse monétaire

r
LM
2 LM
1 1 …l’offre de monnaie se réduit…
r2

r1
2. …ce qui diminue le revenu
national…
IS
3 …et augmente le taux d’intérêt.

Y2 Y1 Y

56
18/12/2024

Modification de IS-LM
Revenons au modèle IS-LM de base:

IS Y = C ( Y − T ) + I ( r − e ) + G

M
LM = L (Y , r )
P

Taux d’intérêt nominal

Modification de IS-LM
En fait, l’investissement dépend du taux d’intérêt réel, c’est-à-dire
de la différence entre le taux d’intérêt nominal et de l’inflation
anticipée par les investisseurs:

IS Y = C ( Y − T ) + I ( r − e ) + G

M
LM = L (Y , r )
P Taux d’intérêt réel anticipé

Taux d’intérêt nominal

57
18/12/2024

Les causes de la grande dépression


L’hypothèse monétaire de déflation

L
1. La déflation fait chuter
M l’investissement productif et
e déplacent la courbe IS vers le
1 gauche (et domine l’effet Pigou)…

2. …ce qui diminue à la fois le


r1
revenu et le taux d’intérêt

r2
IS1
3. … ce qui est conforme à
l’évolution du revenu et des taux
d’intérêt observée après 1929.
IS2
Y2 Y1 Y

La politique de la relance de Chirac


en 1975: le contexte

 La relance Chirac a été décidée pour faire face au


premier choc pétrolier.

 Suite à l’effondrement massif du PIB de la France, on


décide une politique de relance de l’investissement
productif.

Ce programme vise à la fois les entreprises privées


et les collectivités locales. (50 milliards de francs en
francs courants 1975).

58
18/12/2024

La politique de la relance de Chirac


en 1975: les modalités

 Pour stimuler l’investissement, on prévoit une


réduction des impôts (ΔT<0) et un abaissement du
coût du crédit (ΔI>0).

 L’État engage aussi des dépenses budgétaires


supplémentaires (ΔG>0) pour financer des
équipements.

La politique de Chirac en 1975


sous la forme IS-LM
Taux d’intérêt

1. Une hausse des dépenses


LM publiques (ΔG>0), de
l’investissement (ΔI>0) (ΔT<0) et
une réduction des impôts (ΔT<0)
déplacent la courbe IS…

3. …et augmente le taux d’intérêt


(à offre de monnaie M constante)

r2

r1
IS2
2. …ce qui accroît le revenu
IS1 national….

Y1 Y2 Revenu, production(Y)

59
18/12/2024

La politique de la relance de Chirac


en 1975: les résultats
 Il y a bien une reprise de l’activité économique mais le déficit
public se creuse (ΔG>0 et ΔT<0) ainsi que le déficit
commercial (augmentation des importations stimulées par la
relance).

 Ce double déficit va devenir trop lourd à gérer, conduit à des


tensions sur le marché des changes : les résultats économiques
de la France faiblissant, sa monnaie se déprécie et en voulant
lutter contre cette dépréciation (en rachetant du franc), la
France aggrave encore son déficit.

 On abandonne cette relance et on change de Premier Ministre :


Plan d’austérité, le plan Barre.

La politique de la relance de
Mauroy en 1981: le contexte

 De nouveau, tentative de relancer l’activité par une


politique de stimulation de la demande globale.

 Relance, non pas par la stimulation de


l’investissement productif, mais par celle de la
consommation.

60
18/12/2024

La politique de la relance de
Mauroy en 1981: modalités
 Fortes augmentations des dépenses budgétaires

 Augmentation du SMIC ( de prés de 40% entre juin


1981 et mars 1983)

 Création de plus de 110 000 emplois

 Aide directe à l’emploi

 Soutien aux secteurs en difficultés : 100 milliards de


FF

La politique de la relance de
Mauroy en 1981: modalités
 Impact réduit sur le taux de croissance (+ 0,3% en 1981 et
+1,2% en 1982), puis baisse de nouveau.
 on calcule le multiplicateur keynésien et on pense qu’il n’est
plus en 1982 que de 1.05 contre 1.5 en 1963.
 Creusement du déficit public
 Creusement du déficit commercial (niveau recors, - 150
milliards de FF en 1984)
 Abandon de cette politique : Plan d’austérité Delors et fin des
politiques de relance….
 …Cette succession de politique de relance et de politique
d’austérité s’appelle politique du « stop and go »

61
18/12/2024

Comparaisons et leçons
Conjonctures et structures
 Le plan de relance de 1975 joue sur la relance de
l’investissement productif. Celui de 1981 sur celle de la
consommation.

 Les mesures prises en 1975 sont purement conjoncturelles, les


mesures prises en 1981 sont censées engager des
modifications économiques plus profondes et durables, elles
engagent le budget de l’Etat sur plusieurs années. Ce sont des
politiques structurelles.

 La conclusion en est que cela crée non pas une augmentation


temporaire du déficit public mais bel et bien ce que l’on
appelle un déficit structurel.

Comparaisons et leçons
La faiblesse du multiplicateur
 En 1975, tous les pays mettent en œuvre des politiques de
relance semblables au plan Chirac. En 1981, seule la France
persiste dans la politique de soutien à la demande

 En 1981, lorsque il y a déperdition (effet d’éviction ou fuite),


elle se fait au profit des pays avec lesquels on échange. La
politique de la relance n’a fait que stimuler les dépenses des
ménages, essentiellement orientée alors vers les biens
importés, et relançant ainsi la production dans les pays
exportateurs vers la France.

 Les autres pays ont déjà mis en vigueur des politiques


d’austérité et dans le contexte international d’alors, personne
ne croît plus en l’efficacité d’une politique de la relance par la
demande.

62
18/12/2024

3. Théorie monétaire

• Masse monétaire = M
• Masse monétaire réelle = M/P où P sont les prix
• Neutralité de la monnaie
• Demande de monnaie :
• M/P = f(Y ,r-)
+

3. Théorie monétaire

• Pour Y donné :
• la demande M est déterminée par l’action des agents économiques ;
• l’offre est déterminée par les conditions du système monétaire (banque
centrale) ;
• Il existe un r tel que l’offre et la demande soient égaux.
• L’ensemble (Y,r) détermine une courbe dite LM

63
18/12/2024

3. Théorie monétaire

• Md / P = l0 + l1.Y – l2.r
•r=?

3. Théorie monétaire

• Offre de monnaie : Ms
• Exogène, déterminée par les Banques centrales
• Demande de monnaie : Md
• Md = L+(Y) + L-(r)

64
18/12/2024

4. Modèle IS / LM

65
18/12/2024

66

Vous aimerez peut-être aussi