Le *Schéma Directeur d'Aménagement Urbain (SDAU)* est un outil de planification
urbaine à long terme, généralement sur 25 ans, qui vise à organiser et à guider le
développement des grandes agglomérations urbaines et de leurs zones d'influence. Voici les
principaux points qui résument sa philosophie :
1. *Objectif principal* :
Le SDAU vise un développement intégré et harmonieux du territoire, en tenant compte
des besoins socio-économiques actuels et futurs. Cela comprend la planification de
l'utilisation du sol, des transports, et des équipements urbains à travers une vision
cohérente et coordonnée.
2. *Outil de planification spatiale* :
Il définit les grandes lignes de l'urbanisation, y compris la répartition des zones agricoles,
industrielles, résidentielles, commerciales, et les espaces verts, tout en mettant en valeur le
patrimoine naturel, historique et culturel.
3. *Contexte d'émergence* :
Le SDAU a été créé en réponse aux échecs des précédentes législations coloniales qui
n'avaient pas permis de maîtriser l'explosion urbaine, les bidonvilles et la crise du
logement. Il s'inscrit dans une volonté de réorganiser les agglomérations pour répondre
aux défis sociaux et économiques contemporains.
4. *Programmation et coordination* :
Il établit une programmation globale et des priorités d'action pour les différents acteurs,
notamment l'État, les collectivités locales, et les services publics. Cela permet de
coordonner les projets de développement urbain et d'infrastructures.
5. *Zone d'influence directe* :
Le SDAU couvre l'agglomération et sa zone périurbaine, qui doit évoluer en fonction de
l'expansion de l'agglomération. Cette zone est définie par la continuité des zones bâties,
les déplacements quotidiens, et les liens entre les activités.
6. *Critères d'aménagement* :
Il détermine les zones à urbaniser, tout en préservant les terres agricoles et les zones
naturelles. Il fixe aussi les principes d'organisation des transports, d'assainissement, et des
équipements publics. L'aménagement doit inclure des zones pour les habitations, les
industries, le commerce, les loisirs, et les services publics.
7. *Mise en œuvre* :
Le SDAU prévoit les phases de mise en œuvre et précise les actions prioritaires à réaliser,
notamment dans les domaines techniques, juridique, et institutionnel.
En somme, le SDAU est un cadre de référence global pour un aménagement urbain équilibré,
visant à concilier développement économique, respect de l'environnement et amélioration de
la qualité de vie dans les agglomérations.
Le SDAU est un outil stratégique et concerté visant à planifier l’aménagement urbain et à
harmoniser les actions des différents acteurs. Il repose sur une approche collaborative entre
l’administration centrale, les collectivités locales, et les organismes techniques pour garantir
un développement territorial cohérent.
1. Initiative et intervenants :
Initiative : Pilotée par l’administration chargée de l’urbanisme, en partenariat avec les
communes et l’agence urbaine concernée.
Intervenants principaux :
o Direction de l’urbanisme (coordination générale).
o Collectivités locales (élaboration).
o Comité central et services techniques spécialisés (suivi).
Autres intervenants : Différents départements ministériels et institutions techniques
(Équipement, Agriculture, Eaux et Forêts, etc.).
2. Phases d’élaboration :
a. Concertation :
Le comité central (composé de représentants des ministères et organismes concernés)
supervise les travaux.
Le Bureau d’Études Techniques (BET) présente le projet, qui est débattu et enrichi par
les observations des membres du comité.
b. Validation locale :
Un comité local (présidé par le Wali ou le Gouverneur) examine le projet modifié.
Les observations issues de cette étape sont intégrées au projet par le BET, sous
supervision de l’agence urbaine.
3. Phase de consultation :
Consultations communales :
o Les conseils communaux délibèrent sur le projet et formulent des propositions.
o Ces propositions sont centralisées par l’autorité préfectorale ou provinciale et
étudiées par la Direction de l’urbanisme, en collaboration avec les communes.
o Le projet est ajusté pour refléter les conclusions des réunions.
4. Phase d’approbation et de publication :
Approbation :
o Un décret est préparé par la Direction de l’urbanisme, signé par plusieurs
ministères clés (Agriculture, Équipement, Intérieur, Finances).
Publication :
o Le décret, accompagné des documents justificatifs (cartes, notes explicatives,
PV des réunions), est signé par le Chef du Gouvernement et publié au Bulletin
Officiel.
Points clés à retenir :
Approche collaborative : Le SDAU mobilise divers acteurs à chaque étape.
Décentralisation : La prise de décision s’effectue à la fois aux niveaux central et
local.
Rigueur procédurale : Chaque phase repose sur des débats, des validations
successives, et un processus juridique clair pour assurer la transparence et l’efficacité.
Le SDAU (Schéma Directeur d’Aménagement Urbain) est un outil normatif et stratégique
visant à encadrer les projets d’aménagement du territoire de manière cohérente et
harmonieuse. Il fixe des orientations globales qui s’imposent à tous les acteurs publics et
privés, garantissant une planification urbaine concertée et conforme aux intérêts collectifs.
1. Effets du SDAU :
a. Effets vis-à-vis des personnes publiques :
Le SDAU est opposable aux administrations publiques (État, collectivités locales,
établissements publics).
Les programmes d’activités et les réalisations des entités publiques doivent être
conformes aux orientations du SDAU.
b. Effets envers les tiers (particuliers) :
Les projets de lotissement ou de construction dans des zones non couvertes par un
plan d’aménagement ou de zonage ne peuvent être autorisés que s’ils respectent les
dispositions du SDAU, notamment en ce qui concerne les zones nouvelles
d’urbanisation et l’usage des sols.
c. Effets par rapport aux autres documents d’urbanisme :
Hiérarchie normative : Les plans de zonage, d’aménagement, et de développement
des agglomérations rurales doivent détailler les orientations du SDAU, sans les
contredire.
Si des incompatibilités existent, un arrêté de mise à l’étude doit être pris dans le mois
suivant l’approbation du SDAU pour élaborer de nouveaux plans conformes.
Opposabilité directe : En l’absence de plans locaux, le SDAU s’applique directement
aux projets individuels (lotissements ou constructions).
2. Mise en œuvre du SDAU :
Responsabilités des acteurs :
Agence urbaine : Supervise l’exécution des orientations du SDAU, conformément au
dahir de 1993 sur les agences urbaines.
Départements ministériels : Réalisent les infrastructures et services publics relevant
de leurs compétences.
Établissements publics : Fournissent les services spécialisés prévus par le SDAU.
Collectivités locales (communes, régions, préfectures/provinces) : Réalisent les
infrastructures et services socio-collectifs qui leur incombent.
Spécificité du SDAU de Casablanca :
Il impose, dans les trois mois suivant son approbation, la mise à l’étude des plans
d’aménagement et de développement des communes urbaines et rurales incluses dans
son périmètre. Cette contrainte ne s’applique pas aux autres SDAU.
Documentation de référence :
Circulaires détaillant les modalités d’étude, d’instruction, d’approbation, et de suivi de
la réalisation du SDAU (1995 et 2004).
Idées fondamentales à retenir :
1. Opposabilité universelle : Le SDAU s’impose aux acteurs publics et, en l’absence de
plans locaux, aux projets privés.
2. Cohérence hiérarchique : Les documents d’urbanisme locaux doivent s’aligner sur
les orientations du SDAU.
3. Exécution collaborative : Tous les niveaux de gouvernance (État, collectivités,
agences) sont impliqués dans la mise en œuvre.
4. Flexibilité normative : Le SDAU agit directement en cas de lacunes dans les plans
locaux.