LE ROMAN HISTORIQUE
Accroche :
Connaissez-vous des romans historiques ?
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Activité : réponses aux questions :
1/ Sur quelle ville Gilgamesh règne-t-il ? (l. 1)
Gilgamesh règne sur la ville d’Ourouk.
2/ Dans quel pays cette ville est-elle située ? (l. 1)
La ville d’Ourouk se trouve en Mésopotamie.
3/ Comment Gilgamesh se comporte-t-il envers ses sujets ? (l. 16 à 29)
Gilgamesh se comporte en tyran avec son peuple, il abuse de sa force et de son pouvoir, ne
respectant aucune valeur.
4/ D’après ce texte, quel rôle les dieux ont-ils dans la vie des hommes ? (l. 12 à 15)
Ce sont des forces créatrices et souveraines : Gilgamesh règne sur son domaine, mais ce
sont les dieux qui en sont « les véritables propriétaires » (l. 13-14).
5/ De qui Gilgamesh est-il le fils ? (l. 47)
Gilgamesh est le fils de Ninsouna, « déesse du gros bétail ».
6/ D’après vous, est-ce que cette histoire est vraie ? Justifiez votre réponse.
Certains aspects de cette histoire paraissent vrais (Gilgamesh roi d’une ville qui a existé).
D’autres paraissent inventés, en particulier lorsque l’auteur fait référence au rôle des dieux.
Synthèse :
Le roman historique est à la frontière entre l’œuvre littéraire et le document
historique. Il s’agit de différencier ce qui relève de la fiction et des faits réels.
Dans un roman historique, l’intrigue ne peut se comprendre qu’en fonction de la
période dans laquelle elle se situe.
Le premier roi du monde
L’épopée de Gilgamesh
Adapté par Jacques Cassabois
Extrait du livre : pages 14 à 17 :
1 […] Gilgamesh, donc, règne sur une ville de Mésopotamie : Ourouk. Une capitale
puissante, redoutée de ses voisins et protégée par un rempart de briques hérissé de
neuf cents tours. Une capitale fertile : mille hectares de jardins, de vergers, d’enclos
pour le bétail, petit et gros, d’étangs poissonneux, de temples et de palais, de
5 quartiers résidentiels pour les puissants, de quartiers populeux où la vie déborde dans
les ruelles, d’ateliers où le four du potier n’a jamais le temps de refroidir, où l’osier
n’est jamais inerte entre les mains du vannier, et la forge toujours incandescente pour
fondre le bronze, couler les armes et les outils. Une capitale bruissante. Le grand
fleuve Euphrate, après son périple depuis les neiges d’Arménie, s’y apaise avant
10 d’épouser la mer. Et ses eaux, poussées par la rame tranquille des bateliers aux
barques de roseaux, font partout chanter ce jardin de la création.
Voilà le domaine dont Gilgamesh est le maître. Il le gère, le dirige à sa guise, le
plie à sa volonté et ne rend compte de ses actes qu’aux dieux, les véritables
propriétaires. Ils sont deux à se partager la vie, et à la protéger. Anou, le plus grand
15 de tous, et Ishtar, la Dame-du-Ciel, qui règne sur l’amour et aussi sur la guerre.
Pourtant, malgré cette protection, Ourouk ne connaît pas la paix car Gilgamesh
ne lui laisse aucun répit. Il se conduit avec son peuple comme aves ses ennemis :
brutal, autoritaire, violent. Le pays est à lui, avec tout ce qu’il contient : les terres et
leurs fruits, les bêtes et leurs petits, les hommes, les femmes, les enfants. Il y puise
20 à volonté, comme en un silo, selon ses désirs, ses caprices. Sa main est lourde et ses
appétits dévorants. Il reprend les terres qu’il a données en récompense, crée sans
cesse de nouvelles taxes, impose des corvées, diminue les salaires journaliers, payés
en orge, en dattes, en huile de sésame… Et lorsqu’il quitte son palais, ses descentes en
ville sont redoutées. Il débarque dans les quartiers avec ses courtisans braillards –
25 des voyous - , provoque des querelles pour le plaisir d’étaler sa force et de casser. On
suit sa trace aux échoppes sens dessus dessous, aux maisons éventrées, aux terrasses
écroulées, aux cris, aux larmes, aux lamentations.
« Pauvres de nous ! Qui nous débarrassera de lui ?
- Il a besoin d’une leçon !
30 - Qui en viendra à bout ? »
Mais personne pour oser l’affronter. Il le sait ! […]
Alors, partout, dans les foyers […], chacun, prenant les statues des ancêtres à
témoin, appelle les dieux à l’aide, car il n’y a de recours qu’en eux.
Les dieux sont en effet les créateurs du monde : ils ont tiré de la Mer la
35 première motte d’argile, dont ils ont façonné le monde. Ils ont mêlé leur sang à la boue
et touillé ce mélange pour donner naissance à l’humanité. Ils ont doté les hommes d’un
esprit, pour les protéger de l’oubli. […] Ils sont immenses et tout-puissants. Et même
si Gilgamesh est leur préféré, ils ne peuvent ni rester sourds aux prières, ni demeurer
insensibles aux offrandes qui, de toute la ville, s’élèvent cers leur résidence du Ciel.
40 Cela n’impressionne pas Gilgamesh. Il entend les dévotions et voit monter les
fumées des sacrifices. Il sent le fumet des viandes grillées – moutons, béliers – et
l’odeur du sang répandu sur les autels. Il rit. Il s’esclaffe. Tant de murmures contre
lui, marmonnés par tous les silencieux du pays et pas un seul qui ait le courage de se
dresser devant lui pour dire ses reproches à voix haute !
45 « Vous perdez votre temps ! Les dieux ne vous écouteront pas, ils sont de mon
côté. Je leur ressemble. Je suis fier comme eux, orgueilleux, et j’ai déjà un pied dans
le Ciel, car ma mère, Ninsouna, est la déesse du gros bétail. Et moi, son fils, je suis le
Buffle d’Ourouk ! »
Sur la terrasse de son palais, Gilgamesh hurle ses sarcasmes sur sa ville et ses
50 cris parviennent aux portes du Ciel, mêlés aux prières de son peuple dont la clameur
recouvre l’horizon comme un manteau.
Les dieux entendent et voient. Ils se penchent sur la Terre. Ils écoutent avec
attention, regardent et réfléchissent. Ils sont embarrassés.
Questions :
1/ Sur quelle ville Gilgamesh règne-t-il ? (l. 1)
2/ Dans quel pays cette ville est-elle située ? (l. 1)
3/ Comment Gilgamesh se comporte-t-il envers ses sujets ? (l. 16 à 29)
4/ D’après ce texte, quel rôle les dieux ont-ils dans la vie des hommes ? (l. 12 à 15)
5/ De qui Gilgamesh est-il le fils ? (l. 47)
6/ D’après vous, est-ce que cette histoire est vraie ? Justifiez votre réponse.
Quelques informations complémentaires :
Le contexte historique :
Vers 3 700 avant J.-C. naissent les premières villes dans le sud de la Mésopotamie.
Les plus influentes forment des cités-Etats gouvernées par un roi.
La première épopée du monde : histoire du texte :
L’Epopée de Gilgamesh est la première œuvre littéraire que nous possédons.
Elle se présente sous la forme d’un long poème qui raconte l’histoire de Gilgamesh, roi
légendaire d’Ourouk, ancienne capitale au sud de la Mésopotamie (actuel Irak).
L’épopée de Gilgamesh s’est d’abord transmise à l’oral, puis, vers 2 300 avant J.-C.,
elle a été gravée par fragments sur des tablettes d’argile, en écriture cunéiforme et en
langue sumérienne.
Une adaptation moderne :
De nombreuses traductions du texte ont été réalisées dans toutes les langues. Ce
livre est une adaptation réalisée par Jacques Cassabois (né en 1947), auteur de
nombreux ouvrages pour les adolescents et pour les adultes. Il a mis le texte à la portée
de tous et en a respecté la poésie et l’esprit.
Le personnage de Gilgamesh :
Gilgamesh aurait existé : il est mentionné comme roi d’Ourouk vers 2 650 avant J.-C.
On lui attribuait une origine divine et on le vénérait comme un dieu : sa mère était la
déesse Ninsuna. Gilgamesh apparaît comme un roi très puissant.
On le voit représenté sur de nombreux bas-reliefs ou sculptures sous les traits d’un
géant barbu qui combat les lions, les taureaux et autres monstres.
L’écriture épique :
Dans une épopée, on trouve des éléments merveilleux, c’est-à-dire que l’on ne peut pas
rencontrer dans la réalité. On voit par exemple les dieux intervenir dans la vie des
humains.