BULLETIN OFFICIEL DES DOUANES ET DES IMPOTS N°2003/02/06
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(IMPOTS)
Texte n° DGI 2003/10
NOTE COMMUNE N° 3/2003
O B J E T : Commentaire des dispositions de l’article 63 de la loi n°2002-101
du 17 décembre 2002, portant loi de finances pour l’année 2003
relatives au droit d’enregistrement exigible sur les jugements et
arrêts décidant la location ou le partage des biens.
RESUME
Droit d’enregistrement exigible sur les jugements et
arrêts décidant la location ou le partage des biens
1) Le code des droits d’enregistrement et de timbre a fixé le droit
d’enregistrement exigible sur les contrats de location à 1% du montant du
loyer et le droit exigible sur les partages à 0,5% de la valeur de l’actif net
objet du partage.
Ledit code n’a pas prévu de droit d’enregistrement exigible sur les
jugements et arrêts relatifs au bail ou au partage de biens.
2) L’article 63 de la loi de finances pour l’année 2003 a soumis les
baux et partages objet de décisions judiciaires au régime fiscal applicable
aux mêmes opérations conclues par actes ou écrits, et ce, en fixant le taux de
droit d’enregistrement exigible sur les jugements et arrêts décidant le bail à
1% du montant du loyer ou sur les jugements et arrêts portant partage à
0,5% de la valeur de l’actif net objet du partage.
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L’article 63 de la loi n°2002-101 du 17 décembre 2002 portant loi de
finances pour l’année 2003, a fixé le taux du droit d’enregistrement exigible
sur les jugements et arrêts prononçant le bail ou le partage de biens.
La présente note a pour objet de commenter les nouvelles dispositions.
I. RAPPEL DU REGIME FISCAL EN VIGUEUR AU 31
DECEMBRE 2002
En vertu des dispositions du paragraphe I de l’article 35 du code des
droits d’enregistrement et de timbre, les jugements et arrêts portant
condamnation ou liquidation sont soumis au droit proportionnel
d’enregistrement fixé à 5% des montants prononcés.
Le paragraphe III du même article du code sus-mentionné a exclu du
droit proportionnel exigible au titre de condamnation ou liquidation, les
jugements et arrêts portant mutation à titre onéreux ou à titre gratuit
d’immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle en prévoyant un droit
d’enregistrement spécifique fixé selon la nature et l’objet de la mutation.
En outre, le code des droits d’enregistrement et de timbre a fixé le taux
de droit exigible sur les contrats de location à 1% du montant du bail
augmenté des charges sans dépasser le montant du bail annuel majoré des
charges et sur les contrats de partage à 0,5% de la valeur de l’actif net objet
du partage.
Aussi, ledit code n’a pas prévu de dispositions pour les jugements ou
arrêts portant location d’immeubles ou de fonds de commerce ni pour les
jugements et arrêts prononçant le partage de biens.
L’article 727 du code des obligations et des contrats a défini le contrat
de location comme étant un contrat par lequel l’une des parties cède à
l’autre la jouissance d’une chose mobilière ou immobilière pendant un
certain temps moyennant un prix déterminé que l’autre partie s’oblige à lui
payer.
Le droit d’enregistrement exigible sur le bail des immeubles ou des
fonds de commerce est liquidé sur le prix du bail prévu dans le contrat ou la
déclaration majoré des charges imposées au locataire. Toutefois, le droit
d’enregistrement ne peut pas être perçu sur un montant qui dépasse le prix
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annuel du bail majoré des charges et ce, conformément aux dispositions de
l’article 31 du code des droits d’enregistrement et de timbre.
Les partages peuvent être définis comme étant des contrats conclus
entre les associés ou les cohéritiers en vue de partager les biens communs.
Les partages ont donc pour effet de mettre fin à l’indivision en attribuant
aux copropriétaires leurs parts.
Les contrats de partage sont enregistrés, à condition que la copropriété
soit justifiée, au taux proportionnel fixé à 0,5% du montant des parts
distribués aux copartageants, déduction faite des valeurs soumises au droit
d’enregistrement dû sur les soultes si elles existent. Toutefois, lorsque l’un
des copartageants reçoit des biens dont la valeur dépasse son droit et ce, en
cas de difficulté de partager les biens communs, ledit copartageant doit
verser aux autres copartageants la différence à concurrence du montant
correspondant à ses droits dans la masse indivise. Il est applicable sur la
soulte le droit d’enregistrement exigible sur les ventes fixé à 5% pour les
immeubles et à 2,5% pour les fonds de commerce.
II. APPORT DE LA LOI DE FINANCES POUR L’ANNEE 2003
1) Teneur de la mesure
Dans le cadre de l’harmonisation des taux du droit et l’application du
même régime fiscal aux mêmes opérations, qu’elles soient effectuées par
des contrats ou prononcées par des jugements et arrêts, l’article 63 de la loi
de finances pour l’année 2003 a ajouté un paragraphe VI à l’article 35 du
code des droits d’enregistrement et de timbre qui prévoit :
- l’application du droit proportionnel dû au titre des baux fixé à
1% de la valeur des baux aux jugements et arrêts décidant
d’admettre le droit du locataire au bail,
- l’application du droit proportionnel dû au titre des partages fixé
à 0,5% aux jugements et arrêts prononçant le partage de biens
meubles faisant partie d’une succession ou de l’actif d’une
société ou le partage d’immeubles et ce à condition que la
copropriété soit justifiée.
En conséquence, et dans le cas où des jugements ou arrêts sont rendus
en matière de partage de biens, ces derniers seront soumis au régime fiscal
applicable aux mêmes opérations effectuées dans le cadre des contrats ou
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écrits et ils sont soumis par conséquent au tarif proportionnel prévu par le
code des droits d’enregistrement et de timbre.
2) Champ d’application de la mesure
A/ LA FIXATION DU TAUX DU DROIT D’ENREGISTREMENT
EXIGIBLE SUR LES JUGEMENTS ET ARRETS CONFIRMANT LE DROIT
AU BAIL
En vertu des dispositions des numéros 11 et 14 de l’article 20 du code
des droits d’enregistrement et de timbre, sont soumis au droit proportionnel
d’enregistrement fixé à 1% :
- les baux d’immeubles autres que ceux destinés à l’habitation,
- les baux de fonds de commerce.
Et en cas de litige sur la détermination du montant du bail, sur la
révision dudit montant ou sur le droit de louer un local avec la fixation de la
valeur du bail, les jugements et arrêts comportant ces opérations sont
enregistrés au droit proportionnel fixé à 1% des montants prononcés.
Sont applicables aux jugements et arrêts comportant droit au bail, les
mêmes règles relatives à la base d’imposition et appliquées aux contrats de
bail ; le montant du loyer augmenté des charges constitue la base de
liquidation du droit sans dépasser la valeur annuelle du bail majorée des
charges imposées au preneur.
Il est à signaler que si le tribunal condamne un locataire à payer une
somme au profit du bailleur au titre d’indemnités ou pour non paiement des
montants du loyer, le droit proportionnel fixé à 5% appliqué au titre de
condamnation demeure exigible comme indemnités ou pour non paiement
des montants du loyer. Sur cette base, le tarif fixé à 1% n’est applicable que
si le jugement ou arrêt constitue un titre pour l’utilisation du local ou pour la
fixation de la valeur du bail.
Exemple 1 :
En vertu d’un arrêt de la cour d’Appel prononcé le 14 février 2003,
décidant le droit au bail d’un fond de commerce au profit de Mr « B » en
déterminant le montant du bail à 5000 dinars.
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Le droit d’enregistrement exigible sur le jugement susvisé est de :
5000D x 1%= 50D
Le droit de timbre : deux dinars sur chaque feuille de l’arrêt.
B/ FIXATION DU TAUX DE DROIT D’ENREGISTREMENT
EXIGIBLE SUR LES JUGEMENTS ET ARRETS PORTANT PARTAGES
L’article 63 de la loi de finances pour l’année 2003 a fixé le régime
d’enregistrement des jugements et arrêts comportant des litiges relatifs aux
partages et il les a soumis au droit proportionnel fixé par le code des droits
d’enregistrement et de timbre aux partages conclus par actes ou écrits.
En vertu des numéros 8 et 15 de l’article 20 du code des droits
d’enregistrement et de timbre, les partages sont soumis au droit
proportionnel d’enregistrement fixé à 0,5% de la valeur des biens objet du
partage et couvrent :
- les partages d’immeubles entre les copartageants
- les partages des meubles faisant partie d’une succession,
- les partages des meubles faisant partie de l’actif d’une société.
Il y a lieu de signaler que l’application du droit proportionnel fixé à
0,5% implique la présentation par les justiciables au juge, de la justification
de la copropriété des biens à partager et ce, qu’ils soient copropriétaires en
vertu de la législation sur les sociétés commerciales ou civiles ou en vertu
de l’héritage et suite au décès de la personne à hériter.
Outre le droit d’enregistrement sus-mentionné, un droit fixé à 1% est
exigible au profit de la conservation de la propriété foncière lorsque le
partage porte sur des biens inscrits au registre foncier ou du droit de
mutation et de partage des biens non immatriculés institué par l’article 61 de
la loi de finances pour l’année 2003 et fixé à 1% pour les biens non inscrits
au registre foncier. D’autre part, le partage est soumis au droit de timbre de
2 dinars de chaque feuille.
Il est à signaler que les règles relatives à la base de liquidation de
l’impôt applicables en cas de conclusion de contrats ou écrits comportant
des partages, s’appliquent aux partages prononcés par jugements et arrêts.
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Exemple 2 :
Par un jugement de première instance du 25 janvier 2003, il a été
décidé de partager tout l’héritage de Mr « A » entre ses deux filles. Cet
héritage est composé d’une maison évaluée à 100.000 dinars et d’un terrain
nu évalué à 50.000D immatriculés au registre foncier.
Etant donné que le partage de la succession objet du jugement,
nécessite l’attribution à chaque fille de sa part consistant dans la moitié de la
succession, soit 75.000 dinars, le tribunal a statué pour l’attribution à la
première fille de la maison évaluée à 100.000 dinars avec obligation de
payer un montant de 25.000 dinars et l’attribution à la deuxième fille du
terrain nu évalué à 50.000D.
Etant donné que l’une des filles a reçu une part qui dépasse ses droits
dans la succession de 25.000 dinars. Les droits exigibles sont comme suit :
- droits d’enregistrement exigibles sur le partage :
Les droits d’enregistrement sur le partage sont calculés après déduction
du montant soumis au droit de mutation exigible sur la soulte :
150.000D – 25.000D = 125.000D
125.000D x 0,5% = 625D
25.000D x 5% = 1.250D
- droit d’immatriculation foncière :
• sur la maison : 100.000D x 1% = 1.000D
• sur le terrain : 50.000D x 1% = 500D
- droit de timbre: 2 dinars par feuille du jugement.
LE DIRECTEUR GENERAL DES ETUDES
ET DE LA LEGISLATION FISCALES
Signé : Mohamed Ali BEN MALEK
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