Cours Maths MP
Cours Maths MP
Dorian Lesbre
2017 – 2018
4 Fonctions convexes 10
4.1 Définition, propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2 Convexité et dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
16 Familles sommables 45
16.1 Famille sommable de réels positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
16.2 Familles sommables de nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
16.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
16.4 Exponentielle dans une algèbre de dimension finie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
17 Séries entières 48
17.1 Rayon de convergence d’une série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
17.2 Série entières d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
17.3 Fonction développable en série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
18 Espaces probabilisés 51
18.1 Espaces probabilisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
18.2 Probabilité conditionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
19 Variables aléatoires 53
19.1 Variable aléatoires discrètes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
19.2 Lois usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
19.3 Couples de variables aléatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
19.4 Indépendance de variables aléatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
19.5 Espérance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
19.6 Fonctions génératrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
22 Calcul différentiel 66
22.1 Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
22.2 Fonctions numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
22.3 Fonctions de classe C k . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
22.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
1 Dénombrabilité
Équipotence : deux ensembles en bijection sont équipotents
Ensemble fini : en bijection avec un ensemble de la forme [[1, n]], n est alors unique (démo par
récurrence, existence de bijection entre [[1, n]] et [[1, m]] → n = m)
Une partie F d’un ensemble fini E est finie et #F ⩽ #E, #F = #E ⇔ F = E, (mq #E \ {a} =
#E − 1)
Partie de N : une partie A de N est finie si et seulement si elle est majorée (par la somme). Si elle
est infinie elle est en bijection avec N
(suite (ak ) par ordre croissant), pour la surjectivité de q {k ∈ N / ak < q}, il admet un max...
Dénombrabilité : un ensemble est dénombrable s’il est en bijection avec N, il est au plus dé-
nombrable s’il est équipotent à une partie de N ou s’injecte dans N (il est soit fini soit dénombrable)
Opérations : si (Ai )i∈I est une famille finie non vide d’ensembles dénombrables alors
[
Ai et ×A
i∈I
i
i∈I
sont dénombrables (passer par Z et N2 , récurrences).
Si les (Ai ) sont au plus dénombrables, alors leur produit cartésien et union est au plus dénombrable.
Réunion infinie : si (Ai )i∈I [est une famille non vide d’ensembles au plus dénombrables et que I
est au plus dénombrable, alors Ai est au plus dénombrable.
i∈I
∃fi : N → Ai surjectives, alors f : (i, n) 7→ fi (n) surjective, or I × N au plus dénombrable.
Non-dénombrabilité : R est non dénombrable, car pour toute suite (un ) ∈ RN , il existe ℓ ∈ R, ℓ ∈ /
u(N). (construire (an ) et (bn ) adjacentes par trichotomie vérifiant ∀n ∈ N, un ∈
/ [an , bn ] et prendre
leur limite.)
Parties d’un ensemble : il n’existe pas de surjections de E dans P(E) ({x ∈ E, / x ∈ / f (x)} n’a
jamais d’antécédents)
P(N) n’est pas dénombrable, tout comme {0, 1}N (ils sont en bijection par l’indicatrice et en bijection
avec R).
4
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Exemples : (E, E, +) est un espace affine, un sous espace affine F de E de direction F est un
espace affine.
E → E
Translations : t− u :
→ est la translation de vecteur →
−
u ◦ t−
u . On a t−
→ v = t−
→ → v =
u +−
→
x 7→ x + → −
u
v ◦ t−
t−
→ u . Les translations sont bijectives.
→
E2 → E K×E → E
+: −→ −−→ et ·: −→
(A, B) 7→ O + OA + OB (λ, C) 7→ O + λ · OC
2.2 Barycentre
Système pondéréP: c’est une famille finie (Ai , λi )i∈I ∈ (E × K)I avec
P
i∈I λi ̸= 0. Elle est
normalisée lorsque i∈I λi = 1
Barycentre : Pour un système pondéré (Ai , λi )i∈I ∈ (E × K)I , il existe un unique point G de E
tel que X −−→ → −
λi GAi = 0
i∈I
X −−→ X −−→
Ce point vérifie alors ∀M ∈ E : λi M Ai = λi M G
i∈I i∈I
−−→ → − −−→
Prendre (G, M ) ∈ E 2 , P 1
P P
i∈I λi GAi = 0 ⇔ G = M + λi i∈I λi M Ai (Chasles)
i∈I
P 1
P
Notation : on notera le barycentre i∈I λi Ai , ce qui coïncide avec les lois + et · de l’espace
i∈I λi
vectorialisé.
5
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Propriétés diverses ;
— L’isobarycentre est la moyenne : n1 (A1 + . . . + An )
— L’ensemble des barycentres de A et B est {tA + (1 − t)B, t ∈ R}
— Invariant par multiplication des poids par un scalaire non nul
— Invariant par permutation des éléments
— Invariance par modification des éléments de poids nul
Pk
Associativité des barycentres : pour k ∈ [[1, n]] tel que α = i=1 λi ̸= 0
k
! !
X
Bar (λ1 , A1 ), . . . , (λn , An ) = Bar α, λi Ai , (λk+1 , Ak+1 ), . . . , (λn , An )
i=1
P peut alors calculer le barycentre de (λi , Ai )i∈I en partitionnant I en (Ik )k∈K tel que ∀k ∈ K, σk =
On
i∈Ik λi ̸= 0 puis en calculant Gk = Bar (λi , Ai )i∈Ik , et finalement G = Bar (σk , Gk )k∈K
Calcul de Barycentre : on peut calculer tout barycentre en effectuant une succession de calcul
de deux barycentres.
A + F = {A + →
−
u, →
−
u ∈ F}
Intersection de sous-espaces affines : pour \− (Fi )i ∈ I des sous-espaces affines. L’intersection est
→
(vide ou) un sous-espace affine de direction Fi (stabilité du barycentre)
i∈I
On a alors pour A ⊂ E, A ̸= ∅, il existe Aff(A) un plus petit sous-espace affine contenant A (c’est
l’ensemble des barycentres). Aff({A, B}) = (AB)
6
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Un repère barycentrique (HP) est une liste (A0 , . . . , An ) ∈ E n+1 tel que
n
X n
X
∀M ∈ E, ∃!(λi )ni=0 , λi = 1 et M = λi A i
i=0 i=0
−−−→
(Ai )ni=0 est un repère barycentrique ⇔ (A0 Ai )ni=1 est une base de E.
−−−→
Si A0 , A0 Ai )ni=1 est un repère affine, alors (Ai )ni=0 P
est barycentrique. Un point M de coordonnées
n
(λ)i=1 dans la première aura pour coordonnées (1 − λi , λ1 , . . . , λn ) dans la seconde.
7
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
∀(A, B) ∈ C 2 , [AB] ⊂ C
Tout sous-espace affine, segments, intervalles de R, ∅ sont alors convexes. Toute boule d’un espace
euclidien est un convexe. L’image et l’image réciproque par une application affine d’un convexe est
un convexe.
Combinaison convexe (HP) : c’est un barycentre à coeffs positifs. Elle vérifie les propriétés du
barycentre. Un ensemble est convexe si et seulement s’il est stable par combinaison convexe.
Enveloppe convexe (HP) : une intersection de convexe est un convexe, il existe donc pour
tout X ⊂ E un plus petit convexe contenant X, appelé enveloppe convexe. C’est l’ensemble des
combinaisons convexes des points de A
Dérivation : pour f : [a, b] → R continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, on a :
— Rolle et EAF : il existe c ∈]a, b[, f ′ (c) = f (b)−f
b−a
(a)
Poser A = {x, |f (x) − f (a)| ⩽ φ(x) − φ(a) + ε(x − a)}, si x ̸= b ∈ A, alors x + η ∈ A car τf (t, x) −
τφ (t, x) → k ⩽ 0 < ε donc par continuité...
De plus, sup A ∈ A par caractérisation séquentielle est continuité, donc sup A = b
La dérivabilité sur ]a, b[ suffit (appliquer entre x > a et b et faire tendre x vers a)
8
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Version officielle : une fonction continue sur I dérivable à l’intérieur de I dont la dérivée est
majorée par M est M -lipschitzienne sur I (pour les fonctions réelles, classe C 1 pour les fonctions
complexes).
Fonctions de classe C n : une fonction est de classe C n s’il existe une suite de fonction (φk )nk=0
telles que φ0 = f , que pour k ⩽ n − 1 φk+1 = φ′k et que φn est continue. On note alors f (n) la dérivée
n-ième de f : φn .
f ∈ C ∞ si ∀n ∈ N, f ∈ C n .
Si n et p + q, on peut montrer que f est de classe C p et f (p) de classe C q
Récurrence et IPP
Taylor-Lagrange : pour f ∈ C n+1 (I, K) et (a, b) ∈ I 2 tel que |f n+1 | ⩽ M :
n
X (b − a)k (b − a)n+1
f (b) − f (k) (a) ⩽ M
k=0
k! (n + 1)!
Taylor-Young : pour une étude locale, soit f n − 1 fois dérivable sur I et n fois en a (classe C n
au programme), on a :
n
X (b − a)k (k)
f (a) + o (b − a)n
f (b) =
k=0
k! b→a
9
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
4 Fonctions convexes
4.1 Définition, propriétés élémentaires
On étudie des fonctions définies de I (ou d’une partie convexe d’un EV) dans R
Fonction convexe : f : I → R est convexe si pour tout (a, b) ∈ I 2 et pour tout λ ∈ [0, 1], on
a:
f (1 − λ)a + λb ⩽ (1 − λ)f (a) + λf (b)
f est concave si −f est convexe
— ∀a ∈ I, φa est décroissante
f convexe ⇔ f ′ croissante
10
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Fonction concave : de manière symétrique, une fonction f dérivable est concave si et seulement
si f ′ est décroissante, ou si f ′′ ⩽ 0
Position par rapport à la tangente : pour une fonction convexe et dérivable sur I on a :
Dérivabilité des fonctions convexes (HP) : une fonction convexe est dérivable à droite et à
gauche en tout point de I \ {bornes} et
∀x < y ∈ I \ {bornes} , fg′ (x) ⩽ fd′ (x) ⩽ fg′ (y) ⩽ fd′ (y)
démo en utilisant φa monotone et bornée. On en déduit que f est continue sur I \ {bornes}
Pour justifier la convergence, il faut la continuité et montrer l’existence d’une limite finie d’une
primitive F en +∞
Remarque : f → 0 n’entraine pas la convergence de l’intégrale (cf séries) mais ici, la convergence de
l’intégrale n’implique pas celle de f .
R +∞ R +∞
Chasles : soit b ∈ [a, +∞[, les intégrales a
f et b
f ont la même nature et :
Z +∞ Z b Z +∞
f= f+ f
a a b
11
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
R +∞ R +∞
Intégrale inversée : si f continue et a
f converge, alors x 7→ x
f est de classe C 1 ([a, +∞[)
et a pour dérivée −f
R +∞ R +∞
Intégrabilité : f est intégrable sur [a, +∞[ ou a f converge absolument si a |f | converge.
La convergence absolue implique la convergence (posé f + = 21 (|f | + f ) et f − )
R +∞
Une fonction semi-convergente est non-intégrable alors que a f converge.
Utilisation d’une série : soit (bn ) ∈ [a, +∞]N une suite croissante qui tend vers +∞, on a
Z +∞ XZ bn
f converge ⇒ f converge
a n⩾1 bn−1
Z bn+1
et qu’on a l’égalité des valeurs. La réciproque est fausse sauf si on a f positive ou lim |f | = 0...
n→+∞ bn
12
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Rb Rx
Sur [a, b[ et ]a, b] : si f ∈ Cpm ([a, b[, K) avec a < b réels. On dit que a f converge lorsque x 7→ a f
admet une limite finie en b.
On a toujours le même théorème sauf pour l’intégrale de Riemann, on a :
Z b Z b
dt dt
ou convergent ⇔ α < 1
a (t − a)α a (b − t)α
Si f est bornée ou admet une limite finie en b, alors elle est intégrable.
S’il existe α < 1 tel que lim (b − x)α f (x) = 0 alors elle converge (Riemann)
x→b
Cohérence des notations : si f ∈ Cpm (]a, b[, K), les différentes valeurs
R R R
]a,b[
f, ]a,b]
f, [a,b[
f et
Rb
C
R
[a,b]
f sont égales si définies (f ∈ pm ([a, b])). D’où la notation a
f
Avec des suites : pour f ∈ Cpm (]a, b[, K) et (αn ), (βn ) ∈ (]a, b[N )2 convergeant respectivement vers
a et b, on a
Z βn Z b
lim f (t)dt = f (t)dt
n→∞ αn a
On a alors
R x la propriété de Chasles.
F (x) = a est continue sur I et dérivable si f continue avec F ′ = f .
13
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Z b Z β
f φ(x) φ′ (x)dx
f (t)dt =
a α
Rb Rβ
Et si φ strictement décroissante : a f (t)dt = − α f φ(x) φ′ (x)dx Démo : changement de variable
Propriétés :
— L’intégrabilité de f sur ]a, b[ équivaut à celle de R(f ◦ φ)φR′
— On peut utiliser des symétries : si f paire alors R f = 2 R+ f
— on peut faire un changement de variable sur un segment en se limitant à l’intervalle ouvert
Équivalences de ln : pour (an ) et (bn ) deux suites positives qui tendent vers 0
14
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Caractérisation ensembliste des valeurs d’adhérence (HP) : soit (un ) une suite, on a les
équivalences :
— ℓ est valeur d’adhérence de (un )
— ∀ε > 0, {n ∈ N / |un − ℓ| < ε} est infini
— ∀ε > 0, ∀n ∈ N, ∃p ⩾ n, |up − ℓ| < ε
Une suite convergente n’admet que sa limite comme valeur d’adhérence
Séries à terme général positif : soit (un ), (vn ) deux suites telles que 0 ⩽ (un ) ⩽ (vn ) à partir
d’un certain
P rang.
— P un converge ou Ptend vers +∞
— P vn converge ⇒P un converge
— un diverge ⇒ vn diverge
P P
Convergence absolue : on dit que un converge absolument lorsque |un | converge. L’absolue
convergence implique la convergence.
n
Une série convergente, mais pas absolument convergente est
dite semi-convergente ( (−1)
n
)
15
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Règle de d’Alembert : soit (un ) et (vn ) strictement positive à partir d’un certain rang telles que
un+1 vn+1
0⩽ ⩽ , alors
un P vn P
— si vn converge Palors il en est de même pour un P
— inversement, si un diverge alors il en et de même pour vn
un+1 un+1
D’où le corollaire si lim < 1 alors (un ) converge et si lim > 1 alors (un ) diverge
∞ un ∞ un
X Z n
f (t)dt − f (n) converge
n⩾n0 +1 n−1
P R +∞
On en déduit que f (n) converge si et seulement si n0 f converge, et un encadrement des sommes
partielles ou des intégrales.
Inversement, en cas de divergences, on peut trouver un équivalent des sommes partielles, et des restes
en cas de convergence.
Même procédé si la fonction est croissante.
Montrer que (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes. Si le terme général ne décroit pas en module, on peut
faire un DL...
Sommation par tranches : soit φ une extraction telle que φ(0) = 0, on définit la série regroupée
vn par
φ(n+1)−1
X
vn = un
φ(n)
P P
Si un converge alors vn aussi (Sn (v) est une sous-suite de Sn (u)). La réciproque est vrai si
Pφ(n+1)−1
φ(n) |un | tend vers 0.
C’est le cas si φ(n + 1) − φ(n) borné et un → 0 ou si (un ) ∈ RN et de signe constant sur les tranches.
16
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Transformation d’Abel (HP) : pour (an ) une suite, on définit une dérivée (an+1 − an ) et une
primitive (suite de dérivée (an )), on a alors
n
X n−1
X
ak bk = An bn − A−1 b0 − Ak (bk+1 − bk )
k=0 k=0
P P
On peut aussi utiliser une primitive : si un = f (n), alors un ressemble à F (n + 1) − F (n)...
7.1 Généralités
Norme : une fonction N : E → R+ est une norme si elle vérifie :
— l’homogénéité : ∀λ ∈ K, ∀x ∈ E, N (λx) = |λ| N (x)
— l’inégalité triangulaire : ∀(x, y) ∈ E 2 , N (x + y) ⩽ N (x) + N (y)
— la séparation : ∀x ∈ E, N (x) = 0 ⇒ x = 0E
On dit alors que (E, N ) est un espace vectoriel normé et on note N (x) = ∥x∥
p
Ex : x 7→ |x| ou (x, y) 7→ |x| + |y| ou max {|x| , |y|} ou ⟨x, x⟩
Inégalité triangulaire :
— |∥x∥ − ∥y∥| ⩽ ∥x ± y∥ ⩽ ∥x∥ + ∥y∥
pour montrer la première, partir de x = x + y − y...
— cas d’égalité : (x, y) positivement colinéaires ⇒ ∥x + y∥ = ∥x∥ + ∥y∥
laPréciproquePest fausse sauf pour les normes euclidiennes.
— ∥ λk xk ∥ ⩽ |λk | ∥xk ∥
Distance associée : on pose d(x, y) = ∥x − y∥. Elle est symétrique, nulle si et seulement si x = y,
invariante par translation et vérifie :
Dans un triangle, la longueur d’un côté est inférieure à la somme des deux autres.
Espace métrique (HP) : c’est un espace muni d’une distance qui vérifie les propriétés de symétrie,
séparation (d(x, y) = 0 ⇔ x = y) et l’inégalité triangulaire.
17
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
P usuelles : sur tout espace vectoriel munie d’une base (ui )i∈I (pas forcément finie), et
Normes
x = i∈I xi ui on définit :
X
• la norme infinie : ∥x∥∞ = max {|xi | , i ∈ I} • la norme 1 : ∥x∥1 = |xi |
i∈I
sX sX
• la norme 2 : ∥x∥2 = |xi |2 • la norme p : ∥x∥p = p |xi |p
i∈I i∈I
Application bornée : une application de X → E est bornée s’il existe R ∈ R+ tel que ∀x ∈
A ∥f (x)∥ ⩽ R.
L’ensemble des applications bornées est un SEV de F(X, E). Une application peut être bornée pour
une norme, mais pas pour d’autre (sauf si les normes sont équivalentes).
(n) (n)
Dans un espace produit : une suite an = (a1 , . . . , ak ) ∈ (E1 × . . . × Ek )N converge vers
(n) (n)
ℓ = (ℓ1 , . . . , ℓk ) au sens de la norme produit si et seulement si les suites (a1 ), . . . , (ak ) convergent
vers ℓ1 , . . . , ℓk respectivement.
18
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Suite extraite, valeurs d’adhérence : tout comme dans K, on définit une suite extraite à partir
d’une extraction φ comme la suite (aφ(n) )n∈N . La limite d’une suite extraite est une valeur d’adhérence
de la suite. La suite converge si et seulement si elle ne possède qu’une seule valeur d’adhérence : sa
limite.
Caractérisation d’une valeur d’adhérence x (HP) :
Pn
SériesP : à une suite (a n ) on associe la suite (S n ) = p=0 a p , on a un = Sn − Sn−1 . On dit que la
série un converge si (Sn ) converge.
On note Sn (u) la n-ème somme partielle de la série de terme général un et S(u) sa somme. SI une
série converge alors son terme général tend vers 0.
Absolue Pconvergence : on dit que la série de terme général (an ) est absolument convergente
lorsque ∥an ∥ converge. Cependant l’absolue convergence n’implique la convergence qu’en dimen-
X /n ne converge pas dans K[X] mais dans B(N, K))
P n
sion finie (contre exemple :
∀x ∈ A, ∃r > 0, B(x, r) ⊂ A
∃r > 0, Bo (a, r) ⊂ V
il existe r > 0, d(a, x) < r → x ∈ V , V contient les points proches de A (mais aussi éventuellement
très loin)
Opérations : pour x ∈ E,
— une intersection finie de voisinage de x est encore un voisinage de x
— si A est un voisinage de x, toute partie contenant A est un voisinage de x.
19
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
V∞ = {V ⊂ E / ∃A ∈ V, ∀x ∈ E, ∥x∥ ⩾ A ⇒ x ∈ V }
a adhérent à A ⇔ ∀V ∈ Va , V ∩ A ̸= ∅
Fr(A) = A \ Å
On a donc pour tout x ∈ Fr(A), B(x, r) ∩ A ̸= ∅ et B(x, r) ∩ (E \ A) ̸= ∅. La frontière est donc une
partie fermée. De plus Å, Fr(A) et E \ A sont trois ensembles disjoints d’union A.
20
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Équivalence : deux normes sont équivalentes s’il existe α > 0 et β tel que
C’est un relation d’équivalence (double domination). Des normes équivalentes définissent les mêmes
ouverts, fermés, et suites convergentes de mêmes limites.
Topologie (HP) : une topologie est un ensemble E et une partie O de P(E) vérifiant :
— E ∈ O et ∅ ∈ O
— O stable par union dénombrable et par intersection finie
O est l’ensemble des ouverts. F est fermé si E \F ∈ O. V est un voisinage de a si ∃U ∈ O, a ∈ U ⊂ V .
On a la définition topologique de la convergence.
Exemples : un espace métrique, la topologie grossière (E, {E, ∅}) non métrisable et la topologie
discrète (E, P(E)).
Continuité : pour a ∈ A, on dit que f est continue en a si f (x) −−−→ f (a). Caractérisation
x→a
séquentielle : f continue en a ⇔ ∀(an ) ∈ AN , (an ) → a ⇒ f (an ) → f (a)
21
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Limites à l’infini : pour une fonction définie sur R on a les définitions usuelles en ±∞. Pour une
fonction sur E on a (HP) f tend vers ℓ en ∞ si
∀ε > 0, ∃R ⩾ 0, ∀x ∈ E ∥x∥ ⩾ R ⇒ d f (x), ℓ ⩽ ε
Généralisation : la définition topologique de la limite est la même pour les limites finies/infinies
et a et en l’infini (voisinage de l’infini). Donc deux normes équivalentes définissent les mêmes limites.
Prolongement par continuité (HP) : f : A \ {a} → F admet une limite ℓ en a alors la fonction
prolongé par ℓ en a est continue en a.
22
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Limite selon une partie : soit P ⊂ A, on dit que f admet une limite ℓ en a selon P si la
restriction de f à P tend vers ℓ en a. On a notamment les limites à droite et à gauche des fonctions
réelles.
— si lim f = b alors ∀P ⊂ A, a adhérent à P ⇒ x→a
lim f (x) = b
a
x∈P
— si f admet une limite ℓ selon P et Q alors elle admet ℓ pour limite selon P ∪ Q
Opérations sur les fonctions continues : les combinaisons linéaires et produits d’applications
continues sont continues. De même dans Kn les applications polynomiales et rationnelles sont conti-
nues sur leur ensemble de définition. Enfin la composée de f : A → B et g : B → C continue est
continue. On le montre par caractère lipschitzien ou caractérisation séquentielle.
Homéomorphisme (HP) : une bijection réciproque n’est pas forcément continue (t ∈ [0, 2π[7→
eit ∈ U à une réciproque discontinue en 1). Si c’est le cas on parle d’homéomorphisme. Si f : E → F
est bicontinue ou homéomorphique on dit que E et F sont homéomorphes.
Topologie est continuité : l’image réciproque de tout ouvert, fermé ou voisinage est un ouvert
fermé ou voisinage. (l’image réciproque est compatible avec les opérations ensemblistes)
On en déduit la nature ouvert/fermé des solutions d’équation/inéquations.
23
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Continuité et dimension finie : toute application linéaire est continue en dimension finie. En
dimension infinie, on montre qu’une application linéaire n’est pas continue en exhibant (xn ) tel que
(xn ) bornée et non (f (xn )) ou tel que xn → 0 et non (f (xn ))
+∞ +∞
!
X X X X
xn converge ⇒ u(xn ) converge et u(xn ) = u xn
n=0 n=0
Composantes connexes par arc : la relation “il existe un chemin entre x et y” est une relation
d’équivalence. Ses classe d’équivalence sont appelées les composantes connexes par arcs. A est connexe
par arc si et seulement si elle n’admet qu’une seule composante connexe par arc.
Partie étoilée : on dit que A ⊂ E ev normé est étoilée par rapport à a ∈ A lorsque ∀x ∈ A, [a, x] ∈
A.
Une partie étoilée est connexe par arc.
Image continue d’un connexe par arcs : l’image continue d’un connexe par arcs est un connexe
par arcs. (composition du chemin continu et de f continue)
Définition : un espace métrique X est connexe si les seuls parties ouvertes et fermées de X sont
X et ∅.
Tout connexe par arcs est connexe, car 11P pour P ouvert et fermé est continue donc constante.
Constance locale : une application est localement constante si elle est constante au voisinage de
tout point. Une application localement constante sur un connexe, et donc sur un connexe par arcs,
est continue.
9.2 Compacité
Compact : une partie K de A est un compact si toute suite de KN admet une sous suite convergente
dans K
24
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Propriétés de compacts :
— Ils ne sont pas relatifs (les compacts de R sont des compacts de C).
— Ils sont fermés et bornés. (dans Rn ce sont exactement les fermés et bornés)
— Tout fermé d’un compact est un compact
— Ils sont invariants par normes équivalentes
— Un produit cartésien de compact est un compact
Compacts et suite : une suite à valeurs dans un compact converge si et seulement si elle admet
une unique valeur d’adhérence.
T dénombrable de K
Inversement, si on peut extraire un sous-recouvrement fini de tout recouvrement
par des ouverts, K et compact. (prendre une suite uk dans K, on a K ∩ ( n∈N {xp , p ⩾ n}) ̸= ∅
d’après la propriété sur les fermés).
P
Fonctions coordonnées : pour f : A → F on peut écrire f (x) = fi (x)ei , définissant ainsi les
fonctions composantes dans la base (e1 , . . . , en ) fi . On a alors :
— f admet une limite finie en a adhérant à A ⇔ ∀i, fi admet une limite finie en A
— f est continue/lipschitzienne/uniformément continues si et seulement si toutes les fi sont
continues/lipschitziennes/uniformément continues.
— une suite converge si et seulement si toutes ses suites coordonnées convergent
— toute série absolument convergente est convergente.
25
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Compacité : les compacts sont exactement les fermés bornées t dimension finie.
— toute suite bornée admet une valeur d’adhérence
— toute suite bornée converge si et seulement si elle n’admet qu’une valeur d’adhérence.
— la boule unité fermé est un compact de E
On en déduit aussi qu’un SEV F de dimension finie d’un EV E est un fermé de E, puis que pour
tout x ∈ E, d(x, F ) est atteinte (continuité de a → d(x, a) sur un compact inclus dans F )
Théorème de Riesz (HP) : si la boule unité d’un EV normée est compact, alors cet EV est de
dimension finie.
10.1 Dualité
Dual : soit E un espace vectoriel. L’espace dual et l’ensemble des formes linéaires : E ∗ = L (E, K).
les hyperplans sont les noyaux des formes linéaires non nulle (⇔ sev admettant une droite pour
supplémentaire). Deux formes linéaires ont même noyau si et seulement si elles sont proportionnelles.
Formes coordonnées : pour B = (e1 , . . . , en ) une base de E, on définit e∗i comme les formes
linéaires vérifiant (e∗i (ej ) = δi,j . Elle constitue une famille libre de E ∗ (base si dim E < ∞)
X n Xn
∗ ∗
En dimension finie n : ∀x ∈ E, x = ei (x) et ∀φ ∈ E , φ = φ(ei )e∗i
i=1 i=1
10.2 Algèbres
Application bilinéaire : une application b : E × F → G est bilinéaire si b′ : x 7→ b(x, y0 ) et b′′ :
y 7→ b(x0 , y) sont linéaires pour tout (x0 , y0 ) ∈ E × F .
Si (ei )i∈I est une base de E, (fj )j∈J une de F et (z(i,j) )(i,j)∈I×J une famille de G, alors il existe une
unique application bilinéaire b : E × F → G vérifiant ∀(i, j) ∈ I × J, b(ei , fj ) = z(i,j)
26
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Algèbre : une algèbre est un K-espace vectoriel muni d’une loi de composition interne bilinéaire,
associative possédant un neutre noté 1A .
Autre définition : un anneau muni d’une multiplication externe vérifiant
∀(λ, a, b) ∈ K × A2 λ · (a × b) = (λ · a) × b = a × (λ · b)
Sous-algèbre : c’est un sous-espace vectoriel stable par multiplication et contenant 1A . Une inter-
section de sous-algèbre est une sous-algèbre. On a donc la notion de sous-algèbre engendrée par une
sous-algèbre est Vect(1A ). La plus petite sous algèbre d’un élément a ∈ A est
partie. La plus petite
k
K[a] = Vect (a )k∈N
K[X] → A
Idéal annulateur : pour u ∈ A, l’idéal annulateur de u est le noyau du morphisme .
P 7→ P (u)
Tout élément de l’idéal annulateur est un polynôme annulateur.
Pour I un idéal de K[X], il existe un unique Π unitaire ou nul tel que I = ΠK[X] (division euclidienne
et minimalité). C’est le générateur unitaire de I.
Si u ∈ A admet un polynôme annulateur non-nul, on définit son polynôme minimal comme le poly-
nôme unitaire générateur de son idéal annulateur. Les polynômes annulateurs sont alors des multiples
de πu
— u ∈ L (E) nilpotent a X n comme annulateur (donc X k comme minimal)
— les projecteurs admettent X 2 − X
27
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Endomorphisme
induit : pour u ∈ L (E) et F un SEV stable par u on définit l’endomorphisme
F → F
induit uF : . Ce n’est pas une restriction.
x 7→ u(x)
Im(uF ) = u(F ) et Ker(uF ) = Ker(u) ∩ F
A B
Traduction matricielle : dans une base b = b1 ∧b2 adaptée à F , Mb (u) = A = Mb1 (uF ),
0 D
D =LMb2 ((p ◦ u)G ) avec G = Vect(b2 ) et p la projection sur G parallèlement
L à F . Plus généralement
n
si E i=1 Ei , chacun des Ei est stable par u si dans une base adaptée à Ei la matrice de u s’écrit
A1 0 · · · 0
.. ..
0 A2 . .
. .. ..
.. . . 0
0 ··· 0 An
Endomorphismes nilpotents : u ∈ L (E) est nilpotent s’il existe k ∈ N tel que uk = 0. L’indice
de nilpotence est le plus petit entier r tel que ur = 0. Si E ̸= 0, u est non injectif et non surjectif et
r ⩾ 1. On définit de même la nilpotence sur les matrices.
Si u est nilpotent d’indice r et x ∈ E \ Ker(ur−1 ) alors x, u(x), . . . , ur−1 (x) est libre. On en déduit
que r ⩽ dim E.
Il existe une base dans laquelle la matrice de u est triangulaire supérieure stricte. Toute matrice
nilpotente est semblable à une matrice triangulaire supérieure stricte.
28
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Propriétés :
— Les vecteurs propres associés à λ sont ceux de Eλ (u) \ {0}.
— Si λ ̸= 0 alors Eλ (u) ⊂ Im(u)
— Si (λ1 , . . . , λn ) sont valeurs propres 2-à-2 distinctes alors Eλ1 ⊕. . .⊕Eλn (une famille de vecteur
propre associées à des valeurs distinctes est donc libre).
— Si F est stable par u, si Eλ (u) ∩ F ̸= {0} alors Eλ (uF ) = Eλ (u) ∩ F (sinon λ n’est pas valeur
propre de uF )
P de la dimension finie : si (λ1 , . . . , λn ) sont des valeurs propres de u 2-à-2 distinctes, alors
Cas
dim Eλi (u) ⩽ dim E.
On pose sp(u) l’ensemble des valeurs propres de u. Il contient au plus dim E éléments. (en dim infinie,
c’est l’ensemble de λ tel que u − λidE non bijectif).
Matrices : on définit similairement aux endomorphismes les éléments propres d’une matrice. Pour
A ∈ Mn (K) et u l’endomorphisme de a dans (ei ), on a
x 1
xi ei ∈ Eλ (u) ⇔ X = ... ∈ Eλ (A)
X
x=
xn
Spectre et corps si A ∈ Mn (K′ ) avec K′ sous corps de K, on a spK′ (A) = spK (A) ∩ K′ .
Dans C, λ ∈ spC (A) ⇔ λ ∈ spC (A) car si (X1 , . . . , Xn ) est une base de Eλ (A) alors (X1 , . . . , Xn ) est
libre dans Eλ (A). Donc dim Eλ (A) = dim Eλ (A)
Avec les polynômes annulateurs : pour x ∈ Eλ (u), on a P (u)(x) = P (λ)x pour tout polynôme.
Toute valeur propre est donc racine d’un polynôme annulateur.
(HP) si un endomorphisme admet un polynôme minimal πu , ses valeurs propres sont les racines de
πu (écrire π = (X ∗ µ)Q si µ n’est pas valeur propre, Q(u) = 0...)
29
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Propriétés :
— on peut voir det(XIn − A) comme déterminant d’une matrice de M] (C[X) n
— si A ∈ Mn (R), χA est le même dans R et dans C
— χA (X) = X n − Tr(A)X n−1 + . . . + (−1)n det A (développement du det)
Polynôme caractéristique d’un endomorphisme : deux matrices semblables ont même poly-
nôme caractéristique. det(XIn − P AP −1 ) = det(P (XIn − A)P −1 ) = det(XIn − A)
On définit le polynôme caractéristique d’un endomorphisme en dim finie comme le
polynôme de sa matrice dans une base. Il vérifie les même propriétées que le matriciel.
De plus, si F stable par u alors χuF divise χu (matrice dans une base adaptée...). Donc
si χu est scindé alors χuF aussi
Multiplicité d’une valeur propre : en dim finie, c’est la multiplicité de λ en tant que
racine de χA . On a
— ∀λ ∈ sp(u), 1 ⩽ dim Eλ (u) ⩽ m(λ)
— si rgu Q par X n−r
= r, alors χu est divisible P Q
— χA = (X − λi ) donc Tr(A) = λi et det(A) = λi
11.4 Diagonalisation
En dimension finie
Définition : soit u ∈ L (E). On dit que u est diagonalisable s’il existe une base b
de E telle que Mb (u) soit diagonale. b est alors appelée base de diagonalisation. Une
matrice est diagonalisable si elle est semblable à une matrice diagonale
Mb (u) est diagonalisable ⇔ u est diagonalisable.
u est diagonalisable s’il existe une base (ei ) de E constituée de vecteurs propres de u,
alors Mb (u) = P DP −1 avec P = [e1 , . . . , en ]
30
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
P
— dim Eλi (u) = dim E (on a déjà la somme directe sur de vp distinctes)
Prendre une base adaptée à la diagonalisation où aux sous-espaces propres...
— On a les même énoncés sur les matrices.
— Si u admet n vp alors u diagonalisable.
— projecteurs et symétries sont diagonalisables
11.5 Trigonalisation
Définition : en dimension finie, un endomorphisme u est trigonalisable s’il existe
une base b tel que Mb (u) soit triangulaire supérieure.
Une matrice est trigonalisable si elle est semblable à une matrice triangulaire supérieure
Ces deux définitions sont équivalentes par l’association matrice-endomorphisme. Dans
la base (ei , . . . , en ) de trigonalisation, les Vect(e1 , . . . , ei ) sont stables par u.
31
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Application : on peut utiliser les polynômes annulateurs pour résoudre des équations
différentielles ou des suites récurrentes.
32
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
∥ei ∥2 = ∥ ei ∥2 .
P P
Plus généralement, pour (ei ) orthogonale
Base orthonormée : tout espace euclidien admet une base orthonormée (e1 , . . . , en ).
2
Pour (x, y) ∈ E on a alors :
X X
x= ⟨x, ei ⟩ ei et ⟨x, y⟩ = x i yi
33
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Égalité de Parseval-Bessel : si (en )n∈N est orthonormée totale alors pour tout x ∈ E,
P 2
la série ⟨x, en ⟩ converge et
+∞
X
⟨en , x⟩2 = ∥x∥
n=0
Pour b une base orthonormée, u est symétrique ⇐⇒ Mb (u) est symétrique. L’espace
S(E) des endomorphismes symétriques est donc dimension n(n+1)
2
• P ∈ Gln (R) et P −1 = tP • P tP = In • t
P P = In
• (C1 (P ), . . . , Cn (P )) orthonormée • (L1 (P ), . . . , Ln (P )) orthonormée
34
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Pour Q une matrice symétrique, il existe alors P ∈ On (R) et D diagonale telle que S =
P DP −1 = P DtP (elle est orthogonalement diagonalisable). Une matrice symétrique
réelle est donc diagonalisable.
Diagonalisation : déterminer le spectre et une base orthonormée des sous-espaces
propres, pour inverser la matrice, il suffit de transposer...
Endomorphisme symétrique positif (HP) : u ∈ S(E) est positif si toutes ses valeurs
propres sont positives, et défini positif si elles sont strictement positives.
Pour u ∈ S(E) positif, il existe un unique endomorphisme v symétrique positif tel
que v 2 = u (existence : avec le théorème spectral, unicité par la restriction de v aux
sous-espaces propres)
Décomposition polaire (HP) : pour M ∈ Gln (R), il existe un unique couple (O, S) ∈
On (R) × Sn (R) tel que M = OS (considérer la racine de tM M )
Automorphismes orthogonaux
∀x ∈ E, ∥u(x)∥ = ∥x∥
une isométrie vectorielle est un automorphisme qui conserve le produit scalaire (relation
de polarisation)
Automorphismes orthogonaux
du plan : dans un plan, les automorphisme
sont soit
cos(θ) − sin(θ) cos(θ) sin(θ)
des rotations R(θ) = ou des symétries S(θ) = .
sin(θ) cos(θ) sin(θ) − cos(θ)
Les isométries vectorielles sans valeurs propres sont donc des rotations d’angle non
multiple de π.
35
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
R(θ) 0
En dimension 3, les isométries vectorielles sont de la forme
0 ±1
Une suite peut ne converger que sur une partie de son ensemble de définition. La
convergence uniforme implique la convergence simple. Pour montrer la convergence
uniforme, exhiber (αn ) tel que ∀x ∈ A, ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ αn (étude de variation si
A ⊂ R), pour la non-convergence, exhiber (xn ) tel que fn (xn ) ̸→ 0
36
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Pour les fonctions bornées : une suite de fonction (fn ) ∈ B(A, F ) converge uniformé-
ment vers f si et seulement si elle converge dans B(A, F ) muni de N∞
f est continue en a (majorer ∥f (x) − f (a)∥ ⩽ ∥f (x) − fn (x)∥ + ∥fn (x) − fn (a)∥ +
∥fn (a) − f (a)∥)
Ainsi si (fn ) converge uniformément au voisinage de tout point, f est continue.
La convergence simple suffit si toutes les fonctions sont lipschitziennes de même rap-
port.
37
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Intervertion de limite :
P soit (un ) ∈ F(A, F )N avec F de dimension finie. Soit a ∈
A tel que un convergePuniformément sur un voisinage de A et pour tout n ∈
N, lim un (x) = αn , alors αn converge et l’on a :
x→a
+∞
X +∞
X
αn = lim un (x)
x→a
n=0 n=0
P P P
Convergence normale : un converge
P normalement si N (u
∞ n ) converge.
P Si un
converge normalement alors ∀x ∈ A, un (x) converge absolument et un converge
uniformément sur A.
La convergence normale sert donc à montrer la convergence de séries ou de suites via
la série télescopique associée.
P
Si un est une série de fonctions continues qui converge uniformément sur le segment
J, on a alors
+∞ Z
X Z X +∞
un = un
n=0 J J n=0
Primitivation : soit (fn ) une suite de fonctions continues sur I et (gn ) la suite des
primitives de (fn ) s’annulant en a. Si (fn ) converge uniformément sur tout segment de
I vers f (qui est donc continue) alors (gn ) converge uniformément sur tout segment
de I vers la primitive de f s’annulant en a
Dérivation : soit (gn ) ∈ C 1 (I, K)N convergeant simplement vers g tel que (gn′ ) converge
uniformément sur tout segment de I vers f . On a alors (gn ) converge uniformément
sur tout segment de I vers g, g ∈ C 1 (I, K) et g ′ = f
38
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Application à l’étude de fonction : pour trouver un équivalent d’une série aux bornes
de son intervalle de définition, on peut essayer de le deviner puis utiliser l’interversion
de limites. Sinon on peut toujours utiliser une comparaison série-intégrale.
39
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
P
Convergence terme à termes : soit un une série de fonctions
P
— un converge simplement sur I
— P ∀n ∈ N, un est continue par morceaux et intégrable sur I
— P+∞ R un est continue par morceaux sur I
n=0
— I un converge
+∞
X +∞
Z X +∞ Z
X
Alors un est intégrable et un = un
n=0 I n=0 n=0 I
On peut développer f continue en série pour calculer son intégrale, la continuité est
alors évidente.
R Si ce théorème ne s’applique pas, on intègre terme à terme en montrant
que lim I Rn = 0
40
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Z Z
alors lim f (x, t)dt = fa (t)dt. La encore, la domination au voisinage de A suffit.
x→a I I
15.1 Dérivation
Définition : la fonction f est dérivable en a si le taux d’accroissement f (t)−f
t−a
(a)
admet
une limite ℓ ∈ E en a. Cette limite est la dérivée.
C’est équivalent à ∃ℓ ∈ E, f (t) = f (a) + ℓ(t − a) + o(t − a)
— si f est dérivable en a, alors elle y est continue
— on peut définir la dérivée à droite et à gauche comme limites droites et gauches
du taux d’accroissement. f est dérivable en a ssi elle l’est à droite et à gauche
avec même dérivée, sauf si a est une borne de I
— la dérivabilité à gauche entraine la continuité à gauche.
f est continûment dérivable (classe C 1 ) si elle est dérivable sur I et f ′ continue sur I.
Propriétés :
— pour T : E → F linéaire et f dérivable, T ◦ f est dérivable de dérivée T ◦ f ′
— f est de classe C 1 ou dérivable si et seulement si ses fonctions coordonnées dans
une base le sont. Les fonctions coordonnées de f ′ sont alors les dérivées de celles
de f (conséquence de ci-dessus, car pi linéaire)
41
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Classe C k : on la définit comme sur R : f est n fois dérivable s’il existe (φ0 , . . . , φn ) ∈
F(I, K) n+1
telles que φ0 = f et φk+1 = φ′k , il y a alors unicité d’une telle liste.
— C k (I, E) et Dk (I, E) sont des SEVs de C (I, E).
— composition par une application linéaire T : (T (f ))(k) = T (f (k) )
— f ∈ C k ⇔ ∀i, fi ∈ C k ((f (k) )i = (fi )(k) )
— si f et g sont de classe C k et B est bilinéaire, alors t 7→ B(f, g) ∈ C k et
k
X k
B(f, g)(k) = B(f (i) , g (k−i) )
i
i=1
15.2 Intégration
Définition
Z : soit f continue par morceaux sur [a, b], il existe
Z Z de E,
un uniqueélément
noté f tel que pour toute forme linéaire φ, on ait φ◦f =φ f
[a,b] [a,b] [a,b]
En effet φ 7→ [a,b] φ ◦ f est une forme linéaire de E ∗ , or (E ∗ )∗ en bijection avec E
R
Z X Z
On a alors f= fi ei (définition du programme)
[a,b] [a,b]
42
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Propriétés :
— l’intégrale est linéaire
R R
— pour T linéaire, T ( [a,b] f ) = [a,b] T ◦ f
R R R
— relation de Chasles : [a,b] f = [a,c] f + [c,b] f
f 7→ [a,b] f est continue sur Cpm ([a, b], E) (linéarité, normes équivalentes et
R
—
fonctions composantes)
Inégalité triangulaire :le SEV des fonctions en escalier est dense dans Cpm ([a, b], E),
on en déduit par densité l’inégalité triangulaire :
Z Z
f ⩽ ∥f ∥
[a,b] [a,b]
R
Corollaire : [a,b] f ⩽ (b − a)N∞ (f )
Si f est continue par morceaux, alors pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel que si le pas
R
de u est inférieur à η, alors [a,b] f − σ(u, v, f ) ⩽ ε
43
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Primitivation : si (fn ) est une suite de fonctions continues sur I convergeant unifor-
mément sur tout segment vers f (alors continue), et (gn ) est la suite des primitives des
fn s’annulant en a ∈ I, alors cette suite converge uniformément sur tout segment vers
la primitive de f nulle en a. (proposition ci-dessus et théorème fondamental)
44
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Dérivation : soit (gn ) ∈ C 1 (I, E)N convergeant simplement vers g sur I telle que (gn′ )
converge uniformément sur tout segment vers f . Alors g est de classe C 1 et g ′ = f et
(gn ) converge uniformément sur tout segment.
On obtient par récurrence immédiate la version C k (convergence simple de toutes les
dérivés et uniforme de la k-ième)
16 Familles sommables
16.1 Famille sommable de réels positifs
Définition : soit I un ensemble et (ai )i∈I ∈ RI+ une famille de réels positifs. On
note ( )
X X
ai = sup ai , J fini ⊂ I ∈ R+
i∈I i∈J
Propriétés :
— une famille finie est sommable etPsa somme correspond àPsa somme P
— une suite (un ) est sommable ⇔ un converge et alors n∈N un = +∞ n=0 un
— la somme d’une famille de réelsPpositifs est le plus petit M tel que pour toute
sous famille finie J de I on ait J ai ⩽ M
— la somme est nulle si et seulement si la familleP est nulle P
— pour deux familles (ai , bi ), si ∀i, ai ⩽ bi alors i∈I ai ⩽ i∈I bi donc (bi ) som-
mable ⇒ (ai ) sommable.
45
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Plus généralement, si (Iλ )λ∈Λ est une partition de I (contenant éventuellement des
I
ensembles vides) et (ai ) ∈ R+ , on a
!
X X X
ai = ai
i∈I λ∈Λ i∈Iλ
P
Au programme : partition (In )n∈N , (ai )i∈In sommable noté σn et σn converge.
Propriétés :
— la sommabilité correspond à l’absolue convergence des séries et les sommes sont
alors égales P P
— la somme vérifie l’inégalité triangulaire : i∈I a i ⩽ i∈I |ai |
— on a le même théorème de changement d’indice
— l’espace des familles sommable est un EV sur lequel la somme est une forme
linéaire
— sommation par paquets : si (ai )i∈I est sommable alors pour (Iλ ) une partition,
∀λ, (ai )i∈Iλ est sommable notée σλ et (σλ ) est sommable avec
!
X X X X
ai = σλ = ai
i∈I λ∈Λ λ∈Λ i∈Iλ
Extension aux espaces vectoriels de dimension finie : une famille (ai ) ∈ E I estP
som-
P (∥ai ∥) l’est.
mable si la famille de réels positifs
∗
P Il existe alors unPunique élément I ai
tel que pour tout φ ∈ E , φ( I ai ) = φ(ai ) (car φ 7→ I φ(ai est une forme
linéaire du dual...) P P
On obtient alors pour T linéaire, (T (ai )) sommable et T ( I ai ) = I T (ai ) (d’où
l’équivalence sommabilité, sommabilité des composants dans une base)
On conserve les propriétés de changements d’indice, sommation par paquets et corres-
pondance avec une somme finie ou de série.
46
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
16.3 Applications
Produit de Cauchy : soit (ai )i∈I et (bj )j∈J deux familles d’une algèbre munie d’une
norme sous-multiplicative. Si elles sont sommables alors (ai bj ) l’est également et
!
X X X
ai b j = ai aj
(i,j)∈I×J i∈I j∈J
P P X X
Pour an et bn absolument convergent, ap bq est la série produit de Cau-
p+q=n
+∞
X +∞
X +∞
X X
P P
chy de an et bn . Elle converge absolument et vérifie an bn = an ap bq
n=0 n=0 n=0 p+q=n
47
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
17 Séries entières
17.1 Rayon de convergence d’une série entière
Définitions : une série entière est une série de fonctions de terme général (an z n ).
L’ensemble de convergence est l’ensemble de z ∈ C pour lesquels elle converge.
Lemme d’Abel et rayon de convergence : pour z0 ∈ C tel que (an z0n ) est borné, on a
an z n converge absolument.
P
pour tout z tel que |z| < |z0 |, P
On appelle rayon de convergence R de la série entière an zn la borne supérieur
n
P Rn+ de {r ∈ R+ / (an r ) bornée}. OnP
dans a alors pour tout z ∈ C, |z| < R ⇒
an z converge absolument et |z| > R ⇒ an z n diverge grossièrement. On n’a pas
d’information si |z| = R.
On appelle disque ouvert de convergence la boule Bo (0, R) et intervalle ouvert de
convergence ] − R, R[.
Règle de d’Alembert : on peut s’en servir sur les séries pour déterminer l’absolue
convergence (donc |z| < R et l’absolue divergence |z| ⩾ R. Pour cela, si an ne s’annule
z n+1
pas APDCR et an+1 an zn −−−−→ ℓ < 1 il y a absolue convergence et si ℓ > 1 non.
n→∞
Opérations sur les séries : soit an z n et bn z n sont des séries entières de rayons de
convergence Ra et Rb
— somme : Ra+b ⩾ min {Ra , Rb } avec égalitéP
si Ra ̸= Rb P
— décalage d’indice pour p ∈ N, les séries an z n+p et n⩾p an z n−p ont même
rayon de convergence Ra .
48
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
PP
— produit : p+q=n ap bq zn a pour rayon de convergence Rab ⩾ min {Ra , Rb } et
si |z| < min {Ra , Rb } alors
+∞
! +∞
! +∞
!
X X X X
ap bq zn = an an
n=0 p+q=n n=0 n=0
P P∞
Dérivabilité en 1 (HP) : soit (an ) positive telle que a n converge. f : x 7→ n=0 an xn
P
est dérivable en 1 si et seulement si nan converge. (⇐ convergence dominée, ⇒ par
divergence de la dérivée vers +∞ (contraposée))
an n+1
an x n
P P
Primitivation : est une primitive sur ] − R, R[ de
n+1 x
On ne peut intégrer que sur les segments de ] − R, R[ dans le cas général
49
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Elle est développable en série entière s’il existe un tel R. On dit qu’elle est développable
en série entière au voisinage de x0 si h 7→ f (x0 + h) est développable en série entière.
f est analytique si elle est développable en série entière au voisinage de tout point.
Les fractions rationnelles à pôles non nulles sont décomposables en série entière sur
D(0, R) avec R le module minimal de leurs pôles.
50
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
18 Espaces probabilisés
18.1 Espaces probabilisés
Tribu : soit Ω un univers, et A ⊂ P(Ω), A est une tribu si
— Ω∈A
— ∀A ∈ A, A ∈ A [
— pour I dénombrable et ∀(Ai )i∈I ∈ AI , Ai ∈ A
i∈I
Une tribu est alors stable par intersection au plus dénombrable, par union finie et par
soustraction ensembliste. P(Ω) est la plus grande tribu possible. Une intersection de
tribus est une tribu, donc pour tout F ⊂ P(Ω), il existe σ(F) une plus petite tribu
contenant F.
Un couple (Ω, A) est un espace probabilisable, Ω est l’univers et les éléments de A
sont les évènements.
Système complet d’évènements : c’est une famille (Ai ) au plus dénombrable d’évène-
ments deux-à-deux disjoints et d’union Ω.
La famille (P(Ai )) est alors sommable de somme 1, et pour tout évènement B, (P(B ∩
Ai )) est sommable de somme P(B)
51
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Probabilité sur un univers au plus dénombrable : on peut avoir tous les évènements
élémentaires de probabilité nulle (pile ou face infini), on prendra souvent pour tribu
différente de P(Ω)
Ω′
52
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
19 Variables aléatoires
19.1 Variable aléatoires discrètes
Définition : soit (Ω, A, P) un espace probabilisé et X : Ω → E. X est une variable
aléatoire discrète si :
— X(Ω) est au plus dénombrable
— ∀x ∈ X, X −1 ({x}) est un événement noté {X = x}
Alors, pour tout A ⊂ X(Ω), {X ∈ A} = X −1 (A) est un événement
P(X(Ω) → [0, 1]
Loi d’une variable aléatoire discrète : PX : est une
A 7→ P({X ∈ A})
probabilité, appelé loi de la variable aléatoire X, sur l’univers au plus dénombrable
X(Ω),
— on peut aussi la voir comme loi sur (E, P(E) en posant PX ({ω}) = 0 pour
ω ∈ E \ X(Ω)
— s’il existe a ∈ X(Ω), P({X = a}) = 1 on dit que X est presque surement
constante
— ({X = x})x∈X(Ω) est un système complet d’événement dont les probabilités ca-
ractérisent la loi de X
— X ∼ Y si PX = PY (on dit qu’elles ont même loi), i.e. si X(Ω) = Y (Ω) et
∀x ∈ X(Ω), P({X = x}) = P({Y = x})
Propriétés :
— pour E au plus dénombrable et (pe ) une famille de réels positifs de somme 1, il
existe (Ω, A, P) et X : Ω → E tel que PX ({e}) = pe
— pour X un VA et f : X(Ω) → G, f ◦ X est une variable aléatoire notée f (X)
53
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Elle sert à modéliser le premier succès dans une répétition infinie d’épreuves de Ber-
noulli.
— P({X > n}) = q n
∀(n, ℓ) ∈ (N∗ )2 , P{X>ℓ} ({X > n + ℓ}) = P({X > k})
— ∃p ∈]0, 1[, X ∼ G(p) ⇔
∀n ∈ N∗ , P({X = n}) > 0
λk −λ
Loi de Poisson : X ∼ P(λ) avec λ > 0 si X est à valeurs dans N et P(X = k) = e
k!
— pour (Xn )n∈N une suite de VA telle que Xn ∼ B(n, pn ) et npn → λ > 0, alors
k
P(Xn = k) −−−−→ λk! e−λ (convergence en loi)
n→∞
— si X suit une loi binomiale de paramètre (n, p) avec n grand, elle suit approxi-
mativement une loi de Poisson.
— cette loi permet de décrire le nombre d’évènements d’un certain type se produi-
sant pendant une période T
Loi conjointe : c’est la loi du couple, elle est déterminée par P({X = x}∩{Y = y}) (x,y)∈X(Ω)×
De même pour E et E ′ au plus dénombrable et une famille (px,y ) de réels positifs de
somme 1, il existe X, Y de variable aléatoire telle que P(X = x, Y = y) = px,y
Loi marginale : ce sont les lois des coordonnées, elles s’obtiennent à partir de la loi
conjointe :
X
P(X = x) = P(X = x, Y = y)
y∈Y (Ω)
54
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
55
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Suite de variable aléatoire indépendantes :(Xn )n∈N est une suite de VA mutuelle-
ment indépendante si pour tout I ⊂ N fini, les variables (Xi )i∈I sont mutuellement
indépendantes
19.5 Espérance
Définition soit X un variable aléatoire discrète
X réelle :
— si X(Ω) ⊂ R+ , on définit l’espérance par xP({X = x}) ∈ R+
x∈X(Ω)
— si (P({X = x}))x∈X(Ω) est sommable, on la définit de même
Certaines variables aléatoires réelles n’ont donc pas d’espérance
56
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Moment d’ordre : on dit que X admet un moment d’ordre r ∈ N lorsque E(X r ) est
finie. On note Lr (Ω, A, P) l’ensemble des VA discrètes admettant un moment d’ordre
r, c’est un espace vectoriel. SI X admet un moment d’ordre r, elle admet tous les
moments inférieurs (HP sauf le cas r = 2)
57
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Loi faible des grands nombres :soit (Xn )n∈N une suite de variable aléatoires 2-à-2
indépendantes de même loi. On note Sn = X1 + . . . + Xn et m = E(X1 ), on a
Sn
∀ε > 0, P − m ⩾ ε −−−−−→ 0
n n → +∞
Sn
On dit que n converge en probabilité vers la variable aléatoire constante m.
C’est une série entière qui converge normalement sur Bf (0, 1) donc est continue sur
[−1, 1]
— la loi d’une variable est déterminée de manière unique par GX : P(X = n) =
n!G(n) (0)
— X est d’espérance finie si et seulement si GX est dérivable en 1 et G′X (1) = E(X)
— X admet un moment d’ordre 2 si et seulement si GX est 2 fois dérivable en 1
— pour X et Y indépendantes à valeurs dans N, on a ∀t tel que GX (t) et GY (t)
converge absolument, GX+Y converge et GX+Y (t) = GX (t)GY (t)
58
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Relation d’association : on dit que x et y sont associés s’ils vérifient l’une des propo-
sitions équivalentes suivantes :
— x | y et y | x
— ∃u ∈ U(A), x = yu
Éléments premiers entre eux : deux éléments sont premiers entre eux si leurs seuls
diviseurs communs sont des unités de A.
— deux irréductibles non-associés sont premiers entre eux
59
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
60
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Théorème chinois : si m et n sont premiers entre eux alors Z/mnZ est isomorphe à
(Z/mZ) × (Z/nZ) par l’isomorphisme k 7→ ([k]n , [k]m ).
Soit (m, n) premier entre eux et (a, b) ∈ Z2 , il existe k0 une solution du système
k ≡ a [n]
et l’ensemble solution et l’ensemble de k ≡ k0 [mn]
k ≡ b [m]
N∗ → N
Indicatrice d’Euler : φ: Elle vérifie pour
n 7→ # {p ∈ [[1, n − 1]] / p ∧ n = 1}
tout p ∈ P, φ(p) = p − 1 donc φ(pk ) = pk − pk−1 Par ailleurs, pour m ∧ n = 1 on a
φ(mn) = φ(m)φ(n) d’après le théorème chinois.
Y Y 1
α1 αr αi αi −1 α1 αr
φ(p1 . . . pr ) = (pi − pi ) = p1 . . . pr 1−
pi
Enfin n = d|n φ(d) par dénombrement de En = nx , . . . x ∈ [[0, n − 1]] en revenant
P
20.5 Groupes
Automorphisme intérieur : c’est un automorphisme de la forme x 7→ gxg −1 où g ∈ G.
Deux éléments sont dits conjugué si l’un est l’image par un automorphisme intérieur
de l’autre.
En notant φg : x 7→ gxg −1 , l’application g 7→ φg est un morphisme de g dans Gl(G)
Un automorphisme intérieur conserve les propriétés algébriques (liées à la loi du
groupe) et géométriques (liées aux actions de groupe).
61
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Un groupe engendré par un seul élément est dit monogène. Il est cyclique s’il est de
plus fini.
Ordre d’un élément : c’est le cardinal de ⟨a⟩, c’est-à-dire le plus petit entier (pour
l’ordre naturel et la divisibilité) p non-nul tel que ap = e.
Équation linéaire scalaire : y ′ = a(t)y + b(t) avec a et b continue sur I. Une solution
est a priori définie sur J ⊂ I, mais est en pratique prolongeable sur I. Si a et b sont de
classe C k , alors on montre par récurrence que toute solution est de classe C k+1 . Cette
62
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
R → L (E)
′
u =a◦u
La fonction u0 : est solution du problème de Cauchy
t 7→ exp(ta) u(0) = idE
Pour tout t, u0 (t) est inversible. Les solutions de (E0 ) sont les u0 × y0 pour y0 ∈ E.
Plus généralement, y(t) = exp((t − t0 )a)y0 est l’unique solution sur I contenant t0 du
′
problème de Cauchy y = ayy(t0 ) = y0 L’espace vectoriel des solutions de (E0 ) est
donc isomorphe à E (par y 7→ y(t0 ))
63
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Solution particulière :si b(t) = Q(t)eαt on trouve une solution de la forme tr eαt R(t)
avec deg R = deg Q et r est l’ordre de multiplicité de α comme racine de P .
Structure de l’ensemble des solutions pour une équation d’ordre 1 : l’ensemble E0 des
solutions de l’équation homogène sur I est un K-espace vectoriel et pour t0 ∈ I, y 7→
y(t0 ) est un isomorphisme de ε0 dans E.
L’ensemble E des solutions de l’équation totale est un sous-espace affine de C 1 (I, E)
dirigé par E0 . Donc E, E0 et E ont même dimension.
Système fondamental : c’est une base de l’ensemble des solutions de l’équation ho-
mogène. Pour en trouver il suffit de trouver φ1 , . . . , φn telles que
— soit φi soit solution et la (φ1 , . . . , φn ) est libre
— soit (φ1 , . . . , φn ) est génératrice de E0
Et de conclure par un argument de dimension.
65
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
22 Calcul différentiel
22.1 Différentiabilité
Rappels : fonction de plusieurs variables et fonctions partielles (dans une base de
l’espace de départ) (continuité ⇒ continuité partielle, mais PAS la réciproque). Ne
pas confondre avec fonction composante (dans une base de l’espace d’arrivée) où la
continuité et dérivabilité est équivalente à celle de toutes les fonctions composantes
66
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
Dérivée partielle : lorsque E = Rp , les dérivées selon les vecteurs de la base canoniques
∂f
s’appellent les dérivées partielles et se note Dj f (a) ou ∂x i
(a)
Propriété de la différentielle :
— Contrairement aux dérivées partielles, la différentiabilité implique la continuité.
— L’application u est alors unique, on la note df (a) et on l’appelle différentielle de
f en a.
— si f est différentiable en a ∈ U alors elle admet une dérivée selon tout vecteur
h ∈ E et Dh f (a) = df (a)[h]
— on en déduit que pour h = (h1 , . . . , hn ) dans une base de E fixée, on a
n n
X X ∂f
df (a)[h] = Dh f (a) = hj ∂j f (a) = hj (a)
j=1 j=1
∂xj
Opérations sur les fonctions différentiables : f est différentiable sur U si elle l’est en
U → L (E, F )
tout point de u. Sa différentielle est alors la fonction df : .
x 7→ df (x)
Soit f, g : U → F différentiables en a,
— alors λf + µg l’est également et d(λf + µg)(a) = λdf (a) + µdg(a)
— soit T ∈ L (E F ), T ◦ f est différentiable en a et d(T ◦ f )(a) = T (df (a))
— pour S bilinéaire, S(f, g) est différentiable en a et
67
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
68
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
de Rp .
Ces matrices sont compatibles avec la règle de la chaine :
∂(g ◦ f )1 , . . . , (g ◦ f )p ∂g1 , . . . , gp ∂f1 , . . . , fq
(a) = (f (a)) (a)
∂x1 , . . . , xn ∂y1 , . . . , yq ∂x1 , . . . , xn
69
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
Donc sur un ouvert U connexe par arc, f : U → E est constante si et seulement si, sa
différentielle est nulle.
Opération sur les fonctions C k : C k (U, F ) est un R espace vectoriel sur lequel la diffé-
rentielle est une fonction linéaire. La composition de fonctions C k par une application
linéaire, bilinéaire ou C k reste C k .
Une fonction est donc C k si et seulement si toutes ses composantes le sont.
Pour montrer qu’une fonction f est C k , on peut exhiber S un ensemble de fonctions
continues stable par dérivée partielle contenant f .
Dérivées successives selon des vecteurs : on la définit de même que pour les dérivées
partielles.
Une fonction est de classe C k si et seulement si elle admet une dérivée k-ième selon
70
Dorian Lesbre Notes Cours Maths MP*
∀(h, k) ∈ E 2 , Dh Dk f = Dk Dh f
→
−
Champs de vecteurs dérivant d’un potentiel : soit E euclidien de dimension p, et V un
→
−
champ de vecteurs U → E. On dit que V dérive d’un potentiel s’il existe f : U → R
→
− →
−
telle que V = ∇f . SI V est de classe C 1 alors
∂Vi ∂Vj
∀(i, j) ∈ [[1, p]]2 , =
∂xj ∂xi
22.4 Applications
Point régulier :pour un arc C k avec k ⩾ 1, un point M (t0 ) est régulier si f ′ (t0 ) ̸= 0.
L’arc admet alors en M (t0 ) une tangente orientée par f ′ (t0 )
71
Notes Cours Maths MP* Dorian Lesbre
C , l’ensemble
1
Pour un plan défini par un graphe f de
avec classe des vecteurs tangents
1 0
→
−
à z = f (x, y) en a est P = Vect 0 , 1
∂f ∂f
∂x (a) ∂y (a)
72