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Protection de la propriété intellectuelle

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Propriété intellectuelle

par Arnaud de SAINT PALAIS


Conseil en propriété industrielle
Mandataire agréé près de l’Office européen des brevets

1. Protection de droits de propriété intellectuelle intéressant


l’entreprise................................................................................................. T 1 100 - 2
1.1 Protection du savoir-faire know how ......................................................... — 2
1.1.1 Réservation du savoir-faire par la propriété intellectuelle .............. — 3
1.1.2 Réservation du savoir-faire par le droit de la responsabilité .......... — 3
1.2 Protection des inventions en France.......................................................... — 3
1.2.1 Titres de propriété industrielle protégeant les inventions .............. — 3
1.2.2 Droit au titre ........................................................................................ — 3
1.2.3 Conditions de brevetabilité................................................................ — 4
1.2.4 Dépôt et instruction des demandes .................................................. — 4
1.2.5 Droits rattachés aux brevets .............................................................. — 4
1.3 Contrefaçon de brevet en droit français .................................................... — 4
1.3.1 Définition ............................................................................................. — 4
1.3.2 Droit d’agir en contrefaçon ................................................................ — 4
1.3.3 Tribunaux compétents........................................................................ — 4
1.3.4 Preuve de la contrefaçon ................................................................... — 4
1.3.5 La première instance .......................................................................... — 5
1.3.6 L’appel.................................................................................................. — 5
1.3.7 Sanctions de la contrefaçon .............................................................. — 5
1.4 Protection des inventions à l’étranger ....................................................... — 5
1.4.1 Convention de l’Union de Paris (1883) ............................................. — 5
1.4.2 Traité de coopération en matière de brevet : PCT (1970) ................ — 5
1.4.3 Brevet européen ................................................................................. — 6
1.4.4 Convention de Luxembourg (brevet communautaire).................... — 6
1.5 Protection des logiciels ............................................................................... — 6
1.5.1 Protection par le droit d’auteur ......................................................... — 6
1.5.2 Protection par le brevet...................................................................... — 6
1.6 Dessins et modèles...................................................................................... — 7
1.7 Marques........................................................................................................ — 7
1.7.1 Divers signes distinctifs pouvant constituer une marque............... — 7
1.7.2 Conditions de validité des marques.................................................. — 8
1.7.3 Portée de la marque ........................................................................... — 8
1.7.4 Naissance du droit à la marque......................................................... — 8
1.7.5 Perte du droit à la marque ................................................................. — 8
2. Organisation administrative et professionnelle de la propriété
industrielle ................................................................................................. — 9
10 - 1996

2.1 Institut national de la propriété industrielle .............................................. — 9


2.2 Conseil en propriété industrielle ................................................................ — 9
2.3 Qualification en propriété industrielle ....................................................... — 9
2.4 Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle................... — 9
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. T 1 100
T 1 100

ans son souci de promouvoir l’évolution créatrice de l’homme, la Société


D entend favoriser les créateurs en leur attribuant, pendant une durée limitée,
un droit de propriété incorporelle exclusif sur les œuvres. Or le créateur n’est

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© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 1
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________

pas isolé. Son environnement culturel influe sur la nature de son œuvre au point
que l’on a pu dire à propos d’œuvres d’art « L’art ne naît de la vie qu’à travers
un art antérieur ». Il est donc difficile de distinguer une simple reproduction
d’une véritable création justifiant de l’attribution d’un monopole.
Cette distinction s’avère particulièrement difficile à effectuer en raison de la
grande variété des domaines de création et des critères d’appréciation
spécifiques de ces domaines. C’est la raison pour laquelle, à l’origine, le législa-
teur les a traités séparément.
C’est ainsi que coexistaient les lois sur le droit d’auteur, sur les inventions,
sur les dépôts de modèles et sur les marques de commerce, de fabrique et de
services. Ces concepts sont dorénavant rassemblés dans un même ouvrage : le
Code de la Propriété intellectuelle qui concerne plus particulièrement :
■ la propriété littéraire et artistique (droits d’auteur - droits annexes) qui pro-
tège des œuvres de l’esprit telles que :
— les écrits littéraires, artistiques et scientifiques ;
— les conférences, allocutions, plaidoiries ;
— les œuvres dramatiques ou dramaticomusicales ;
— les œuvres chorégraphiques ;
— les compositions musicales ;
— les œuvres audiovisuelles ;
— les dessins, peintures, œuvres d’architecture, sculptures, gravures ;
— les œuvres graphiques ;
— les œuvres d’arts appliqués ;
— les illustrations ;
— les plans, croquis et ouvrages plastiques ;
— les logiciels ;
— les créations des industries saisonnières de l’habillement.
■ la propriété industrielle qui protège :
— les dessins et modèles ;
— les inventions et les connaissances techniques (secrets de fabrique, semi-
conducteurs, obtentions végétales) ;
— les marques et autres signes distinctifs.
En estompant les barrières qui s’étaient artificiellement créées jusqu’ici entre
les différents domaines de création, le Code de la Propriété intellectuelle laisse
entrevoir une évolution du droit plus adaptée aux formes modernes de l’acti-
vité créatrice.
(0)

Sigle Désignation 1. Protection de droits


CEIPI Centre d’études internationales de la propriété de propriété intellectuelle
industrielle
CNCPI Compagnie nationale des conseils en propriété intéressant l’entreprise
industrielle
CPI Code de la propriété intellectuelle
INPI Institut national de la propriété industrielle 1.1 Protection du savoir-faire know how
OEB Office européen des brevets
OHMI Office de l’harmonisation dans le marché intérieur Il s’agit de connaissances techniques transmissibles concernant
OMPI Organisation mondiale de la propriété intellectuelle éventuellement des inventions brevetables et qui ne sont pas
spontanément accessibles au public.

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1.1.1 Réservation du savoir-faire ■ Responsabilité civile contractuelle


par la propriété intellectuelle Le détenteur d’un savoir-faire, amené à communiquer son savoir-
faire à des partenaires (par exemple à ses salariés), peut imposer
La nécessité de conserver secret le savoir-faire le rend contraire des obligations permettant de contrôler l’utilisation de ce savoir-
à la notion d’œuvre qui est par essence destinée à être divulguée. faire telles que des obligations de fidélité, de non communication
C’est l’une des raisons pour lesquelles la protection du savoir-faire et de non concurrence.
par le droit d’auteur s’avère inadaptée, même dans le cas où il se Ces obligations pourront figurer notamment dans les contrats de
rapporte à un logiciel. travail et être renforcées par des règlements intérieurs, voire des
Bien entendu, dans le cas où il se rapporte à une invention bre- dispositions de la convention collective considérée.
vetable, le savoir-faire pourra être au moins partiellement couvert Vis-à-vis de tiers qui ne sont pas ses salariés, le détenteur d’un
par le domaine de protection rattaché au brevet qui demeure le savoir-faire qui se trouve dans l’obligation de dévoiler son
meilleur mode de protection indirecte du savoir-faire. savoir-faire à des tiers (par exemple à un éventuel partenaire) à titre
Dans certains cas, le savoir-faire (se rapportant, par exemple, à confidentiel, devra prendre un certain nombre de précautions et, à
un procédé ou à une méthode) peut bénéficier d’une protection ce titre, faire signer à ce tiers une convention généralement appelée
indirecte par une marque déposée (qui identifie par exemple le protocole de confidentialité. Selon ce protocole, le tiers s’engage
procédé). Toutefois, une telle protection indirecte par la marque à respecter et à faire respecter le caractère confidentiel des infor-
s’avère inexistante dans la plupart des cas. mations qui lui ont été remises. Ce protocole peut également
comprendre une clause de non usage des informations transmises
pendant une période et à des conditions déterminées.
1.1.2 Réservation du savoir-faire
par le droit de la responsabilité
1.2 Protection des inventions en France
Le titulaire d’un savoir-faire peut obtenir réparation des atteintes
portées à ce savoir-faire soit par le jeu de la responsabilité pénale, 1.2.1 Titres de propriété industrielle
soit par les mécanismes de la responsabilité civile. protégeant les inventions
[Link] Responsabilité pénale Ces titres sont au nombre de trois, à savoir :
Grâce aux dispositions du code pénal, le titulaire d’un savoir- — les brevets d’invention dont la durée est de vingt ans à
faire peut non seulement obtenir des dommages et intérêts mais compter du jour de dépôt de la demande ;
obtenir la sanction de celui qui a profité indûment de son savoir- — les certificats d’utilité délivrés pour une durée de six ans à
faire qu’il s’agisse : compter du jour de dépôt de la demande ;
— de la violation d’un secret professionnel ; — les certificats complémentaires de protection rattachés à un
— d’une corruption active ou passive (cas du salarié monnayant brevet ayant trait à un médicament (produit, procédé de fabrication,
le savoir-faire de son entreprise) ; composant).
— d’un abus de confiance. Ces trois titres de propriété industrielle exigent pour leur maintien
L’article L 621-1 du Code de la propriété intellectuelle de même en vigueur le paiement de taxes annuelles ou annuités.
que l’article 468 du Code pénal incriminent l’usurpation d’un secret Les certificats d’addition qui comptaient parmi les titres de pro-
de fabrique, défini comme étant : priété industrielle antérieurs à la loi No 90-1052 du 21 novembre
« Tout procédé de fabrication offrant un intérêt pratique et 1990 sont dorénavant supprimés.
commercial, mis en œuvre par un industriel et tenu caché par lui Les enveloppes Soleau ne constituent pas des titres de propriété
à ses concurrents qui avant la communication qui leur a été faite, industrielle. Elles sont néanmoins très utiles pour prouver un droit
ne les connaissaient pas. » antérieur de possession personnelle d’une invention.
Dans ce cas, l’auteur de l’infraction doit être membre (directeur-
salarié, etc.) de l’entreprise.
1.2.2 Droit au titre
[Link] Responsabilité civile
Le droit au titre de propriété industrielle appartient à l’inventeur
■ Responsabilité civile délictuelle ou à son ayant cause.
Ses techniques sont plus faciles à mettre en œuvre et sont plus Si l’inventeur est un salarié, le droit au titre de propriété indus-
efficaces. Pour pouvoir être appliquées, elles exigent : trielle est défini selon les dispositions suivantes :
— une faute ; — les inventions faites par le salarié dans l’exécution soit d’un
— un préjudice tel qu’une usurpation (usage illégitime de la contrat de travail comportant une mission inventive, soit d’études
connaissance entraînant la perte d’une chance de réaliser son savoir) et de recherches qui lui sont explicitement confiées, appartiennent
ou une appréhension (accès illégitime à la connaissance, par à l’employeur ; le salarié peut alors prétendre à une rémunération
exemple, par espionnage industriel). supplémentaire ;
Bien entendu, le savoir-faire concerné ne doit pas être accessible — toutes les autres inventions appartiennent au salarié. Toute-
aux tiers ou être tombé dans le domaine public. Une action en fois, dans certains cas, l’employeur a le droit de se faire attribuer
responsabilité civile peut se solder par la réparation du dommage tout ou partie des droits attachés au brevet. Le salarié doit alors en
causé par l’auteur de la faute et par la prévention du dommage futur. obtenir un juste prix.
Dans le cas où le savoir-faire était brevetable et où il a été breveté Le salarié auteur d’une invention en informe l’employeur qui en
par l’auteur de la faute, la partie lésée peut demander l’annulation accuse réception selon des modalités et des délais fixés par voie
du brevet ou engager une action en revendication de propriété. réglementaire.
Bien entendu, dans le cas où la faute consiste en une divulgation
faisant tomber le savoir-faire dans le domaine public, le dommage
est définitif.

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1.2.3 Conditions de brevetabilité 1.2.5 Droits rattachés aux brevets

Pour être brevetables, les inventions doivent : être nouvelles, ■ Droit exclusif d’exploitation
impliquer une activité inventive et être susceptibles d’applications Le brevet confère à son titulaire ou à ses ayants cause un droit
industrielles. exclusif d’exploitation qui lui permet d’interdire à des tiers la fabri-
Le critère de nouveauté s’apprécie par rapport à un état de la tech- cation, l’offre, la mise dans le commerce, l’utilisation ou bien l’impor-
nique constitué notamment par tout ce qui a été rendu accessible tation ou la détention aux fins précitées du produit breveté ou du
au public avant la date de dépôt de la demande de brevet, y compris produit obtenu par un procédé breveté, ou même l’utilisation d’un
les divulgations antérieures faites par le breveté. procédé breveté, voire même, dans certains cas, l’offre de son
Une invention est considérée comme impliquant une activité utilisation sur le territoire français.
inventive si, pour un homme de métier, elle ne découle pas d’une ■ Transmission des droits
manière évidente de l’état de la technique.
Les droits attachés à une demande de brevet ou à un brevet sont
Une invention est susceptible d’application industrielle si son transmissibles en partie ou en totalité (cession totale ou partielle).
objet peut être fabriqué ou utilisé dans tout genre d’industrie, y Ils peuvent faire l’objet, en totalité ou en partie, d’une concession
compris l’agriculture. Ce critère exclut en particulier les méthodes de licence d’exploitation, exclusive ou non exclusive.
de traitement chirurgical thérapeutique ou de diagnostic appliquées
au corps humain ou animal. Les actes comportant une transmission ou une licence doivent
être constatés par écrit sous peine de nullité. Pour être opposables
aux tiers, ils doivent être inscrits au Registre national des brevets
1.2.4 Dépôt et instruction des demandes tenu par l’INPI.

En vue d’obtenir un brevet, l’inventeur ou son ayant droit doit


effectuer le dépôt d’une demande de brevet dans laquelle l’invention 1.3 Contrefaçon de brevet
doit être décrite de façon suffisamment claire et complète pour qu’un en droit français
homme du métier puisse l’exécuter. Cette description est accompa-
gnée de revendications qui définissent l’objet de la protection. Ces
revendications doivent être claires et concises et se fonder sur la
1.3.1 Définition
description.
Toute atteinte (importation, commercialisation, détention, utilisa-
Lorsque deux demandes de brevet sont successivement déposées tion) portée aux droits du propriétaire d’un brevet constitue une
par le même inventeur ou son ayant cause dans un délai de 12 mois contrefaçon.
au plus, le demandeur peut requérir que la seconde demande
Toutefois, certains actes de commercialisation, lorsqu’ils ne sont
bénéficie de la date de dépôt de la première pour les éléments
pas commis par le fabricant du produit contrefait, n’engagent la
communs aux deux demandes.
responsabilité de leurs auteurs que s’ils ont été commis en connais-
De même, le demandeur peut se prévaloir de la date de priorité sance de cause.
d’un dépôt antérieur effectué dans un pays étranger signataire de
La contrefaçon est non seulement un délit civil mais également
l’Union de Paris. La date de priorité est alors considérée comme
un délit pénal pouvant être sanctionné par des peines d’emprison-
celle du dépôt de la demande pour ce qui concerne l’appréciation
nement et par de fortes amendes.
de la nouveauté.
À la suite de son dépôt, la demande est examinée par l’INPI qui
peut prononcer son rejet total ou partiel pour irrégularité de forme, 1.3.2 Droit d’agir en contrefaçon
absence d’unité d’invention, absence de fondement des revendica-
tions sur la description, extension d’une demande (divisionnaire) L’action en contrefaçon peut être exercée par le propriétaire d’un
au delà du contenu de la demande initiale, non brevetabilité mani- brevet, ainsi que par un cessionnaire ou un licencié exclusif, à
feste de la demande, et /ou impossibilité d’établir un rapport de condition que le contrat de cession ou de licence soit inscrit au
recherche. Registre national des brevets.
L’INPI a en outre pour mission d’établir un rapport de recherche Un licencié peut intervenir dans une action engagée par le bre-
permettant d’apprécier la nouveauté de l’invention ainsi que son veté (et inversement) afin d’obtenir la réparation du préjudice qu’il
activité inventive. L’établissement du rapport de recherche peut être a subi du fait de la contrefaçon.
requis au moment du dépôt ou peut être différé de 18 mois. La
requête donne lieu au paiement d’une taxe relativement élevée. Si,
au terme de ce délai, le rapport de recherche n’a pas été requis, la 1.3.3 Tribunaux compétents
demande de brevet est transformée d’office en demande de certi-
ficat d’utilité (étant entendu que le demandeur peut à tout moment L’action en contrefaçon peut être portée devant un tribunal civil
transformer sa demande de brevet en demande de certificat ou un tribunal correctionnel. Pour ce qui est de l’action civile, seuls
d’utilité). dix tribunaux de grande instance sont compétents (compétence
Dans un délai de l’ordre de 9 mois à compter de la requête, l’INPI rationae materiae ). Parmi ces tribunaux, celui qui est compétent est
établit un rapport de recherche préliminaire sur la base des dernières celui du lieu du domicile du défendeur ou celui où a été constatée
revendications déposées. Si ce rapport de recherche cite des anté- la contrefaçon (compétence rationae loci ).
riorités pertinentes, le demandeur doit, sous peine de rejet, déposer Une action en concurrence déloyale connexe à une action en
des nouvelles revendications ou présenter des observations à l’appui contrefaçon peut être engagée devant le même tribunal.
des revendications maintenues. Le rapport de recherche préliminaire
est rendu public en même temps que la demande de brevet ou, s’il
n’est pas encore établi, dès sa notification au demandeur. Au terme
d’un délai de 18 mois à compter de sa date de dépôt ou de sa date
1.3.4 Preuve de la contrefaçon
de priorité, l’INPI assure la publication de la demande de brevet et
C’est au demandeur qu’il incombe d’apporter la preuve de la
met à la disposition du public le dossier de la demande.
contrefaçon qu’il invoque. En application du droit commun, cette
preuve peut être apportée par tout moyen (constat d’achat, aveu,

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prescription). L’expertise constitue également un mode de preuve. produits brevetés, de la valeur monopolistique du brevet, de l’impor-
Toutefois, le breveté ne peut pas se contenter de demander au juge tance de la concurrence. Selon que le breveté exploite ou n’exploite
la désignation d’un expert pour rechercher la contrefaçon qu’il a la pas directement l’invention objet de son brevet, l’indemnité sera
charge de prouver. égale au manque à gagner dû par le breveté du fait de la masse
Compte tenu de la difficulté de constituer des preuves juridique- contrefaisante (par exemple marges bénéficiaires qu’il aurait réa-
ment acceptables, la loi prévoit une procédure particulièrement lisées) ou au prix d’une licence.
efficace : la saisie contrefaçon. La perte subie par le breveté résulte habituellement de l’atteinte
Cette procédure consiste à demander, au Président du tribunal de au monopole (obstacle à la concession d’une licence – implanta-
grande instance du lieu où on veut pratiquer la saisie, une ordon- tion du contrefacteur sur le marché) et des peines et des frais de
nance autorisant un huissier, éventuellement accompagné d’un procès (dépens). En fait, l’évaluation du préjudice résultant de
homme de l’art et d’un commissaire de police, à pénétrer dans ce l’atteinte au monopole s’avère délicate et difficile à justifier, tandis
lieu en vue d’effectuer une description détaillée, voire une saisie que les dépens n’atteignent que très rarement le montant des frais
réelle des objets contrefaisants. Dans les quinze jours de la saisie réellement engagés par le breveté dans le cadre du procès.
contrefaçon, le demandeur doit engager l’action en contrefaçon ■ La loi No 94-102 du 5 février 1994 [article L 615. 14 du Code de la
(assignation ) faute de quoi la saisie serait nulle. propriété intellectuelle], relative à la répression de la contrefaçon,
renforce les sanctions pénales de la contrefaçon du brevet : le délit
de contrefaçon est désormais passible d’une amende maximale
1.3.5 La première instance de 1 000 000 F et /ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller
jusqu’à deux ans.
Cette instance est introduite par une assignation qui doit contenir
l’objet de la demande et un exposé sommaire des moyens. Elle
comprend un échange de conclusions dans lesquelles le défendeur
a la possibilité de contester : 1.4 Protection des inventions à l’étranger
— la matérialité de la contrefaçon, en visant éventuellement son
caractère intentionnel ou son élément légal (en apportant la preuve
d’un droit de possession personnelle antérieure) ; En raison de la mondialisation des affaires, l’inventeur a de plus
— la validité du brevet (non brevetabilité, insuffisance de descrip- en plus souvent intérêt à s’assurer une protection internationale de
tion, etc.). son invention. Or, le brevet français a une portée nationale et chaque
État a ses lois et ses réglementations spécifiques. Il est donc, en prin-
Cet échange de conclusions est suivi, après clôture du débat, par cipe, nécessaire d’obtenir autant de brevets étrangers que de pays
une plaidoirie dans laquelle les avocats des deux parties s’expriment dans lesquels on désire avoir une protection.
successivement. Le tribunal prononce ensuite un jugement suscep-
tible d’appel. En vue d’harmoniser les règles relatives à la protection interna-
tionale des inventions, diverses conventions se sont succédées.

1.3.6 L’appel
1.4.1 Convention de l’Union de Paris (1883)
Le droit d’appel appartient à toute partie qui y a intérêt si elle n’y
a pas renoncé. Il ne peut être dirigé que contre ceux qui ont été Cette convention a édicté un certain nombre de règles que chaque
parties en première instance. Le délai qui est imparti pour interjeter pays unioniste s’est engagé à introduire dans sa législation. Elle
l’appel est de un mois à compter de la notification du jugement. expose les deux principes suivants :
— le principe de l’assimilation des ressortissants unionistes aux
L’appel remet la chose jugée en question devant la juridiction
ressortissants nationaux : les unionistes, éventuellement repré-
d’appel pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit. La pro-
sentés par un mandataire, jouissent des mêmes droits et avantages
cédure d’appel est similaire à celle de première instance. Elle
que les lois nationales accordent ou accorderont aux ressortissants
donne lieu à un arrêt dont l’exécution appartient au tribunal de
nationaux ;
grande instance qui a statué en premier ressort.
— le principe du droit de priorité qui permet à une demande de
brevet à l’étranger de bénéficier de la date de dépôt de la demande
initiale si un délai de priorité de 12 mois à compter de cette date a
1.3.7 Sanctions de la contrefaçon été respecté.

■ Les sanctions civiles comprennent des mesures visant à faire


cesser la poursuite de la contrefaçon (aussi bien à titre préventif que 1.4.2 Traité de coopération en matière de brevet :
contre toute récidive) ainsi que des mesures visant à réparer le pré- PCT (1970)
judice causé du fait de la contrefaçon.
Les premières mesures comprennent habituellement l’interdiction Il s’agit d’une institution qui s’est greffée sur la Convention d’union
sous astreinte et, éventuellement, la confiscation non seulement des de Paris dans le but de faciliter la procédure de délivrance des brevets
objets contrefaisants mais aussi des moyens ayant permis la réalisa- en regroupant les travaux de dépôt, de recherche d’antériorité et
tion de la contrefaçon. d’examen de brevetabilité.
Les mesures visant à réparer le préjudice comprennent une Ce traité de Washington du 19 juin 1970, sigle de Patent Coope-
indemnité de contrefaçon et la publication du jugement. L’indemnité ration Treaty , prévoit le dépôt d’une demande de brevet unique pro-
de contrefaçon est déterminée de manière à égaler le préjudice, mais duisant ses effets dans plusieurs États désignés puis, après
rien que le préjudice. Cette détermination fait appel à deux notions : l’émission d’un rapport de recherche éventuellement suivi d’un exa-
le gain manqué et la perte subie. men, une phase nationale au sein des offices nationaux désignés
Pour déterminer le gain manqué, on procède tout d’abord à une qui conservent le pouvoir de valider ou de rejeter la demande.
évaluation de la masse contrefaisante en tenant compte notamment En pratique, cette procédure permet de retarder (de 20 ou 30 mois
du volume d’affaires réalisé par le contrefacteur grâce aux produits environ) l’engagement de la plus grande partie des frais d’extension
contrefaisants, de la capacité du breveté à couvrir le marché des à l’étranger.

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1.4.3 Brevet européen cation, elles se situent à mi-chemin entre les œuvres intellectuelles
relevant du droit d’auteur et des procédés répondant aux critères
Il est prévu par la Convention de Munich signée le 5 octobre 1973. de brevetabilité.
Le brevet européen est délivré par un office central l’Office Dans le souci de donner à l’informatique une sécurité juridique
européen des brevets (OEB) et produit, dans chaque pays pour lequel aussi efficace que possible, le législateur s’est orienté au départ
il est délivré, les mêmes effets qu’un brevet national (étant entendu vers les solutions les moins contraignantes possibles pour les
que les pays signataires de la Convention de Munich ne corres- entreprises : il a estimé que, considérés en tant que tels, les logi-
pondent pas exactement à ceux de la CEE). Le dépôt d’une demande ciels n’étaient pas brevetables. En revanche, ils constituaient des
de brevet européen peut s’effectuer dans l’une des trois langues œuvres de l’esprit entrant dans le domaine de protection conférée
officielles : l’allemand, le français ou l’anglais. par la loi sur les droits d’auteur.
La procédure devant l’OEB comprend deux phases successives de
dépôt et d’examen aboutissant à la délivrance d’un brevet ou à une 1.5.1 Protection par le droit d’auteur
révocation de la demande. Ces deux phases sont éventuellement
suivies par une phase d’opposition au brevet délivré qui peut être
déclenchée par un tiers dans un délai de 9 mois à compter de la Pour pouvoir être protégé par le droit d’auteur, le logiciel doit
date de publication de la mention de délivrance du brevet européen. être original, le critère d’originalité étant considéré comme un
Lorsque le brevet européen est délivré, il éclate en autant de brevets degré supérieur de nouveauté (effort intellectuel individualisé –
nationaux que de pays désignés dans la demande. caractère objectif de nouveauté – apport personnel de l’auteur).
Pour demeurer valable, ce brevet, qui est délivré dans la langue Aucune formalité particulière n’est requise pour bénéficier de la
de la procédure, doit être traduit dans les langues officielles des protection par le droit d’auteur du logiciel. Il convient toutefois de
États désignés. Les traductions éventuellement accompagnées du pouvoir prouver la date de la création. C’est la raison pour laquelle
paiement des taxes de publication doivent être déposées dans des il est prudent d’effectuer un dépôt privé afin de constituer des
délais fixés par les États. À défaut de production d’une traduction preuves (enveloppe Soleau – Certificat notarié – Société des gens
dans le délai prescrit, le brevet européen sera sans effet dans l’État de lettres, etc.).
en cause. Pour accomplir ces formalités de dépôt de traduction et La protection des logiciels par le droit d’auteur est accordée pen-
de paiement des taxes, l’inventeur doit habituellement se faire dant toute la vie de l’auteur. Ce droit d’auteur persiste ensuite, au
représenter par un mandataire résidant dans le pays considéré. bénéfice des ayants droit, pendant les cinquante années qui
suivent le décès de l’auteur.
D’après le code de la propriété intellectuelle, seul l’auteur ou le
1.4.4 Convention de Luxembourg titulaire des droits, peut effectuer et autoriser la reproduction per-
(brevet communautaire) manente ou provisoire d’un logiciel en tout ou partie, par tout moyen
et sous toute forme. Dans la mesure où le chargement, l’affichage,
Cette convention, signée en 1975, n’est pas encore entrée en l’exécution, la transmission ou le stockage de ce logiciel nécessite
vigueur. Elle prévoit un brevet communautaire délivré selon les une reproduction, ces actes ne sont possibles qu’avec l’autorisation
règles et la procédure prévue par la Convention de Munich qui, de l’auteur. Il en va de même pour la traduction, l’adaptation, l’arran-
contrairement au brevet européen, est autonome et unique pour tous gement ou toute autre modification et la reproduction ou résultat.
les États de la Communauté économique européenne. Cependant, des exceptions sont prévues : l’autorisation de l’auteur
Toutefois, en dépit du caractère communautaire de ce brevet, la n’est pas requise notamment lorsque ces actes sont nécessaires pour
défense de ses droits et, en particulier, l’appréciation de la matérialité permettre l’utilisation du logiciel conformément à sa destination, par
de la contrefaçon et la sanction de la contrefaçon sont déterminées la personne ayant le droit de l’utiliser. Il est également possible de
par les lois nationales. faire une copie de sauvegarde dans la mesure où elle est nécessaire
pour préserver l’utilisation du logiciel.
Le droit au respect de l’œuvre est réduit en matière de logiciel :
1.5 Protection des logiciels sauf stipulation contraire plus favorable à l’auteur, celui-ci ne peut
s’opposer à la modification du logiciel par le cessionnaire des droits,
lorsqu’elle n’est préjudiciable ni à son honneur ni à sa réputation.
L’un des faits marquants le plus significatif de la fin de ce siècle
consiste en l’entrée en force de l’informatique et des logiciels dans La contrefaçon est un délit à la fois civil et pénal. Pour une action
tous les secteurs de l’activité humaine. Ainsi, la création, la concep- civile, les tribunaux compétents sont le Tribunal de grande instance
tion, la définition de produits, la conduite de processus, font de plus et le Tribunal de commerce. L’action pénale est de la compétence
en plus appel à l’informatique (DAO, CAO, PAO, etc.) et les résultats du Tribunal correctionnel. Les sanctions pénales peuvent consister
de la recherche et du développement se présentent de plus en plus en une amende et /ou un emprisonnement et/ou des peines
souvent sous la forme de programmes d’ordinateurs. L’avènement complémentaires telles que des confiscations ou des fermetures
du microprocesseur permet d’effectuer des traitements informa- d’établissements.
tiques au sein même des appareils devenant de plus en plus intel-
ligents et de plus en plus aptes à dialoguer avec l’opérateur.
Sur le plan purement technique, pour un même problème, les
1.5.2 Protection par le brevet
solutions numériques mettant en œuvre un processeur sont le plus
souvent préférées à des solutions purement analogiques qui, L’article L 611.10 alinéa 2 du CPI, comme l’article 52.3 de la
naguère, faisaient l’orgueil des chercheurs. Convention de Munich sur le brevet européen du 5 octobre 1973
n’excluent la brevetabilité des programmes que dans la mesure où
On constate, par ailleurs, que cette informatisation généralisée des
ils sont revendiqués en tant que tels. On peut donc en déduire que
activités humaines, qui va de pair avec une automatisation des
lorsqu’un programme est inclus dans un domaine technique plus
moyens de production, se traduit par une orientation des activités
vaste, la brevetabilité de ce domaine n’est pas exclue a priori . La
des entreprises vers des prestations de service elles aussi
jurisprudence tend à admettre la brevetabilité des logiciels en tant
informatisées.
que procédés à condition que ce procédé présente un caractère
Or, les activités liées à l’informatique et aux logiciels au sens industriel dans son objet, dans son application et dans ses résultats.
large du terme, entrent difficilement dans les catégories juridiques L’OEB se base, quant à lui, sur le caractère industriel de l’apport
existantes. Selon leur niveau de créativité et leur domaine d’appli- technique de l’invention.

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Bien entendu, la protection par brevet peut se cumuler avec la Avant toute divulgation de son modèle, le créateur ou son ayant
protection conférée par le droit d’auteur. Elle confère habituellement droit doit réfléchir aux pays dans lesquels il va déposer son
une protection plus large et plus facilement défendable. modèle. En effet, la France est l’un des rares pays à ne pas inter-
dire la divulgation avant le dépôt. Dans la plupart des pays (y
compris ceux de la CEE), la divulgation antérieure au dépôt est une
cause de nullité de ce dépôt.
1.6 Dessins et modèles
Conformément à la Convention de l’Union de Paris (20 mars 1883),
En France, la protection des dessins et modèles est assurée par le titulaire d’un dépôt de modèle bénéficie d’un délai de priorité de
deux dispositions à savoir : la protection par le droit d’auteur 6 mois pour déposer un modèle dans un autre pays de l’Union sans
(livres I et III du CPI) et la protection par dépôt (livre V du CPI), que puisse y être opposée l’antériorité résultant du dépôt initial.
cette disposition venant se cumuler à la précédente. Le modèle fait l’objet de droits différents et indépendants les uns
L’article L 511.3 alinéa 1 du CPI stipule que la loi protège le modèle des autres dans chacun des pays où la protection est demandée.
nouveau ainsi que « l’objet industriel qui se différencie de ses simi- Un dépôt international, en matière de dessins et modèles, a été
laires par une configuration distincte et reconnaissable ». Il peut institué par l’arrangement de La Haye en 1925. Il s’effectue à l’Orga-
aussi s’agir d’un objet ayant « un ou plusieurs effets extérieurs lui nisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) dont le siège
donnant une physionomie propre et nouvelle ». est à Genève. Il produit des effets identiques à des dépôts directs
Les caractères du modèle protégeable sont au nombre de mais il ne concerne que les pays signataires de l’arrangement (les
quatre : États-Unis et la Grande-Bretagne ne l’ont pas encore signé).
— l’effet extérieur (physionomie propre et nouvelle qui le diffé- Les dessins et modèles étant protégeables par le droit d’auteur,
rencie de ses similaires) ; ils relèvent également du régime international des œuvres littéraires
— le caractère apparent (permettant de le distinguer visuellement et artistiques qui compte deux conventions internationales :
de ses similaires) ; — la Convention de Berne de 1886 ;
— le caractère matériel (un style ou un gène n’est pas protégeable — la Convention de Genève adoptée en 1952.
en tant que tel) ; Bien que ces conventions garantissent une certaine protection à
— la nouveauté (elle est reconnue tant qu’une antériorité n’a pas l’étranger, celle-ci est très insuffisante et n’est pas applicable dans
été prouvée par celui qui l’invoque). tous les États : le créateur qui souhaite obtenir une protection effi-
Un objet dont la forme est purement fonctionnelle ou répond à cace doit donc envisager des dépôts de modèle dans les pays qui
un but utilitaire ou pratique n’est pas protégeable par un dépôt de l’intéressent.
modèle (livre V du CPI) mais tombe sous le coup du livre VI du CPI
sur les brevets d’invention.
En fait, pour que le livre V ne soit pas applicable, il faut que la 1.7 Marques
forme de l’objet soit inséparable de la fonction : le design industriel ,
qui habituellement tient compte de la fonction de l’objet et de son 1.7.1 Divers signes distinctifs
ergonomie, est donc en grande partie exclu de ce mode de protec-
tion.
pouvant constituer une marque
Il n’en demeure pas moins que pour être protégeable par un L’article L 711.1 du CPI énumère, de façon non limitative, une série
dépôt de modèle, la forme doit être inutile. de signes susceptibles de représentation graphique utilisables en
Le dépôt de modèle présente de nombreux avantages : tant que marques nominales (mots, assemblages de mots,...) ou
— il donne une date certaine à la création ; figuratives (dessins, logos, images de synthèse, hologrammes...). À
— il crée une présomption de propriété en faveur du déposant ; ces deux types de marques s’ajoute une nouvelle catégorie : les
— il permet d’utiliser une procédure spéciale de saisie et de pour- marques auditives qui intéressent notamment les émissions télé-
suite en contrefaçon ; visuelles et radiophoniques et qui exigent, pour leur dépôt, une
— il confère au déposant le bénéfice d’un délai de priorité de six représentation graphique des sons.
mois pour effectuer des extensions dans des pays étrangers, Une marque peut être complexe et résulter de la combinaison de
membres de l’Union de Paris. marques nominales ou figuratives.
Il peut se faire par le déposant lui-même ou par un mandataire,
à l’INPI ou au Greffe du Tribunal de commerce du domicile du [Link] Marques nominales
déposant si ce dernier n’est pas domicilié à Paris. Le dépôt en
Elles sont constituées par des termes pouvant s’écrire et ayant
France d’un modèle a un caractère déclaratif et non attributif de
une prononciation phonétique.
droit. La durée de la protection rattachée au dépôt de modèle est
de 25 ans renouvelable une fois. L’article 9 du décret du 13 août ■ Noms patronymiques
1992 prévoit pour le déposant, la faculté d’ajourner la publication Il peut s’agir du nom patronymique du déposant ou de celui d’un
à 3 ans lors du dépôt. À la publication du dépôt, un certificat tiers. Bien entendu, des difficultés peuvent se poser lorsque le même
d’identité peut être délivré en tant que preuve officielle et complète nom patronymique est utilisé par plusieurs homonymes en tant que
du droit rattaché au dépôt. marque, dénomination sociale ou nom commercial qui exercent des
Dans le but de permettre aux industriels qui renouvellent activités similaires dans le même secteur.
fréquemment la forme et le décor de leurs produits, de déposer
leurs collections, une procédure de dépôt simplifiée est proposée ■ Nom commercial
aux utilisateurs. Cette simplification porte, d’une part, sur la pré- Il peut être déposé à titre de marque pour renforcer sa protection
sentation des reproductions (un seul exemplaire suffit, le format et en faciliter la mise en œuvre.
étant libre sous réserve qu’il ne dépasse pas 21 × 29,7 cm) et,
d’autre part, sur le paiement des redevances (seule est due la rede- ■ Nom géographique
vance de dépôt). L’ajournement à trois ans de la publication d’un Il peut être déposé en tant que marque à condition de ne pas
dépôt simplifié est de plein droit. La renonciation à cet ajournement porter atteinte à une appellation d’origine ou une indication de pro-
peut ne porter que sur une partie du dépôt. venance et de ne pas être l’occasion de la réalisation d’une fraude.

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■ Lettres, chiffres [Link] La disponibilité


Ces signes, qui peuvent constituer des marques, présentent, en Pour être disponible, la marque ne doit pas déjà faire l’objet
général, l’inconvénient d’être assez peu distinctifs les uns par rapport d’une appropriation par un tiers dans un même secteur d’activité
aux autres. Peu importe que les lettres constituent ou non des (principe de spécialité).
initiales.
En tant qu’appropriation, il peut s’agir d’une marque antérieure
■ Termes de fantaisie en vigueur, une dénomination ou raison sociale, un nom commercial
ou une enseigne, une appellation d’origine protégée, des droits
Il peut s’agir aussi bien de termes connus, de néologismes ou
d’auteurs sur le signe en cause, des droits de la personnalité d’un
même de slogans.
tiers, le nom, l’image ou la renommée d’une collectivité territoriale.
[Link] Marques figuratives
Selon l’article L 711.1c du CPI, ces marques peuvent consister en 1.7.3 Portée de la marque
des dessins, étiquettes, cachets, lisières, reliefs, hologrammes, logo/
types, images de synthèse, formes (du produit, de son condition- La marque a un effet national en raison de son dépôt (principe
nement, etc.), les dispositions, combinaisons ou nuances de couleur. de la territorialité).
Les marques figuratives sont protégées à la fois par la législation Pour étendre la protection de la marque à l’étranger, les
sur les marques et par celles sur le droit d’auteur. Lorsque le déposants français bénéficient de deux mesures :
déposant de la marque n’est pas le titulaire du droit d’auteur, le — un droit de priorité de 6 mois permet de revendiquer pour les
déposant ne pourra utiliser la marque qu’avec l’autorisation du dépôts étrangers, la date du premier dépôt en France ;
titulaire du droit d’auteur. — grâce au système d’enregistrement international des marques
Les marques à trois dimensions peuvent consister en la forme instauré par l’Arrangement de Madrid, la protection de la marque
du produit ou de son emballage à condition que cette forme ne soit peut être étendue dans plusieurs pays étrangers par un unique
pas liée à une valeur essentielle du produit. dépôt fait auprès de l’OMPI.
Les combinaisons et les nuances de couleur peuvent être Par ailleurs, un système de marque communautaire (règlement
déposées à titre de marque. No 40/94 du 20/12 /1993 publié au JOCE le 14 janvier) permet, à
partir du 01/04/96, d’obtenir une marque communautaire au terme
d’une procédure centralisée par un organisme communautaire,
1.7.2 Conditions de validité des marques l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (OHMI), situé
à Alicante en Espagne.
Le signe protégeable pour les marques doit satisfaire aux trois
critères : liberté, distinctivité, disponibilité.
1.7.4 Naissance du droit à la marque
Faute de satisfaire à ces trois critères, la marque peut être frap-
pée de nullité, selon le cas, lors du dépôt ou à l’issue d’une procé-
dure d’opposition, soit au cours d’un procès devant un Tribunal de En France, seul le dépôt permet d’acquérir la propriété d’une
grande instance. marque.
Ce dépôt peut être effectué soit au Greffe du Tribunal de
[Link] La liberté commerce de son domicile, soit à l’INPI.
Le dossier de la demande comprend notamment, une représen-
L’usage de marques composées d’armoiries, de drapeaux,
tation de la marque avec énumération des produits et des services
d’emblèmes des États ainsi que de certains signes protégés par des
auxquels elle s’applique et des classes correspondantes de la clas-
textes spéciaux (en général des conventions internationales) est
sification en vigueur, ainsi que le montant des taxes de dépôt.
prohibé.
À la suite du dépôt, l’INPI procède à un examen formel du dos-
Les marques ne doivent pas être contraires à l’ordre public et
sier de la demande. S’il y a lieu, l’INPI notifie les irrégularités
aux bonnes mœurs. Bien entendu, ce caractère doit résulter de la
relevées à l’intéressé qui pourra régulariser ou contester les objec-
marque elle-même et non de son objet.
tions de l’INPI.
De même, sont prohibées les marques frauduleuses ou déceptives
Introduite par la loi du 04/01/91 (articles L 712.4 et L 712.5 du CPI),
de nature à induire le public en erreur (article L 7113 du CPI).
la procédure d’opposition permet à des tiers titulaires de droits anté-
rieurs, de s’opposer à l’enregistrement d’une marque. À cet effet,
[Link] La distinctivité le titulaire du droit antérieur dispose d’un délai de 2 mois à compter
Le caractère distinctif de la marque doit s’apprécier en tenant de la date de publication de la demande d’enregistrement. Cette pro-
compte des deux critères suivants : l’originalité et la disponibilité. cédure devrait être possible pour toutes les classes de produits et
de services, à compter du 28/12/96.
Pour répondre au critère d’originalité, la marque ne doit pas être
constituée d’un terme dont l’usage est nécessaire aux concurrents Si après examen, l’INPI juge la marque valable, celle-ci est
pour désigner leurs produits. enregistrée et fait l’objet d’une publication au Bulletin Officiel de la
Propriété Industrielle (BOPI).
Ainsi, sont prohibées les marques « nécessaires » et
« génériques » constituées par l’appellation usuelle du produit La période de protection allouée à la marque est de 10 ans à
désigné. compter du dépôt. Cette période est renouvelable indéfiniment.
Il en est de même en ce qui concerne les marques descriptives
servant à désigner une caractéristique du produit ou du service, et 1.7.5 Perte du droit à la marque
notamment l’espèce, la qualité, la quantité, la destination, la valeur,
la provenance géographique, l’époque de la production du bien ou
de la prestation de service. La perte du droit à la marque peut résulter :
— de la nullité dont elle peut être frappée à l’issue d’un procès ;
Le défaut d’originalité de la marque est sanctionné par la nullité
— d’une renonciation faite par écrit par le titulaire et inscrite au
absolue de la marque.
Registre national des marques à l’INPI ;

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— d’un abandon, c’est-à-dire d’un renoncement tacite non équi- conditions des droits de propriété industrielle : en effet, il participe
voque, par exemple un non renouvellement de la marque ; à la réflexion, à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise en y
— d’un défaut d’exploitation constaté pendant une durée de 5 ans apportant la dimension propriété industrielle. Il assiste l’entreprise
ininterrompue ; la déchéance pour ce motif peut être demandée par lors de la négociation de contrats et des transferts de technologie
toute personne intéressée ; mettant en jeu des droits de propriété industrielle. Il organise la lutte
— de la banalisation de la marque qui cesse alors d’être contre la contrefaçon et participe activement aux procès aux côtés
distinctive ; d’avocats spécialisés.
— du fait que la marque devient déceptive. Les dispositions législatives du Code de la propriété intellectuelle
sont annexées à la loi No 92.597 du 1er juillet 1992 qui abroge les
lois antérieures en matière de propriété intellectuelle et inclut une
partie législative (complétée par une partie réglementaire régie par
2. Organisation administrative les décrets des 05 /10 /93 et 10 / 04 /95) dont les dispositions sont
données dans l’encadré 1.
et professionnelle (0)
de la propriété industrielle
2.1 Institut national 2.3 Qualification en propriété industrielle
de la propriété industrielle
■ Le directeur de l’INPI dresse annuellement une liste des personnes
L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a pour mission : qualifiées en propriété industrielle et qui peuvent exercer la profes-
— de centraliser et de diffuser toute information nécessaire pour sion de Conseil en propriété industrielle. L’inscription d’une per-
la protection des innovations et pour l’enregistrement des sonne physique sur cette liste est subordonnée au respect des
entreprises ; conditions suivantes :
— d’appliquer les lois et règlements en matière de propriété — possession d’un diplôme national de deuxième cycle juridique,
industrielle (il pourvoit, en particulier, à la réception des demandes scientifique ou technique ;
de titres de propriété industrielle, à leur examen, à leur délivrance — possession d’un diplôme délivré par le Centre d’études inter-
et à la surveillance de leur maintien) ; nationales de la propriété industrielle (CEIPI) de l’Université de
— de prendre toute initiative en vue d’une adaptation permanente Strasbourg ;
du droit national et international aux besoins des innovateurs et des — pratique professionnelle d’au moins trois années ;
entreprises. — le succès à un examen d’aptitude.
■ La représentation de personnes physiques ou morales auprès de
l’OEB ne peut être assurée que par des mandataires agréés inscrits
2.2 Conseil en propriété industrielle sur une liste tenue à cet effet par l’OEB et ayant satisfait aux épreuves
de l’examen européen de qualification.

Le Conseil en propriété industrielle constitue l’un des nœuds


d’un réseau complexe faisant notamment intervenir :
— une clientèle composée en grande partie d’entreprises ; 2.4 Compagnie nationale des conseils
— l’INPI, l’OEB, l’OMPI ; en propriété industrielle
— des correspondants (au moins un par pays étranger) qui
assurent le relais entre les conseils et les offices nationaux de pro-
priété industrielle et les instances juridiques de ces pays ; La Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle
— des avocats spécialisés avec lesquels il collabore pour les (CNCPI) a pour mission de :
procès ; — représenter les Conseils en propriété industrielle auprès des
— des sous-traitants (traduction, recherche documentaire, veille pouvoirs publics ;
technologique, dessinateurs). — défendre leurs intérêts professionnels ;
Son rôle ne se limite pas à l’accomplissement des formalités — veiller au respect des règles de déontologie.
nécessaires pour acquérir et /ou bénéficier dans les meilleures

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Encadré 1 – Dispositions législatives du Code de la propriété intellectuelle


Première partie : Propriété littéraire et artistique
■ Livre I : Le droit d’auteur
Titre I : Objet du droit d’auteur
nature du droit d’auteur, œuvres protégés, titulaire du droit d’auteur
Titre II : Droits des auteurs
droits moraux, droits patrimoniaux, durée de la protection
Titre III : Exploitation des droits
dispositions générales, dispositions particulières à certains contrats : contrat d’édition – contrat de représentation –
contrat de production audiovisuelle – contrat de commande pour la publicité – contrat de nantissement du droit
d’exploitation des logiciels
■ Livre II : Les droits voisins du droit d’auteur
dispositions générales, droit des artistes interprètes, droit des producteurs de phonogrammes, dispositions
communes aux artistes interprètes et aux producteurs de phonogrammes, droit des producteurs de vidéogrammes,
droit des entreprises de communication audiovisuelle
■ Livre III : Dispositions générales
Titre I : Rémunération pour copie privée
Titre II : Sociétés de perception et de répartition des droits
Titre III : Procédures et sanctions
dispositions générales, saisie contrefaçon, saisie arrêt, droit de suite, dispositions pénales

Deuxième partie : Propriété industrielle


■ Livre IV : Organisation administrative et professionnelle
Titre I : Institutions
l’Institut national de la propriété industrielle, le comité de protection des obtentions végétales
Titre II : Qualification en propriété industrielle
inscription sur la liste des personnes qualifiées en matière de propriété industrielle, conditions d’exercice de la
profession de Conseil en propriété industrielle, dispositions diverses
■ Livre V : Les dessins et modèles
Titre I : Acquisition des droits
droits et œuvres protégées, formalités de dépôt, durée de la protection, dispositions communes
Titre II : Contentieux
■ Livre VI : Protection des inventions et des connaissances techniques
Titre I : Brevets d’invention
Champ d’application : généralités, droit au titre, inventions brevetables
Dépôt et instruction des demandes : dépôt des demandes, instruction des demandes, diffusion légale des inventions
Droits attachés aux brevets : droit exclusif d’exploitation, transmission et perte des droits, copropriété des brevets
Application de conventions internationales : brevets européens, demandes internationales, brevets communautaires
Actions en justice : actions civiles, actions pénales, règles de compétence et de procédure
Titre II : Protection des connaissances techniques
Secret de fabrique
Produits semi-conducteurs : dépôt, droits attachés au dépôt
Obtention végétale : délivrance des certificats d’obtention végétale, droits et obligations attachés aux certificats
d’obtention végétale, actions en justice
■ Livre VII : Marques de fabrique, de commerce ou de service et autres signes distinctifs
Titre I : Marques de fabrique, de commerce ou de service
éléments constitutifs de la marque, acquisition du droit sur la marque, droits conférés par l’enregistrement,
transmission et perte du droit sur la marque, marques collectives, contentieux
Titre II : Appellations d’origine

Troisième partie : Applications aux territoires d’Outre-mer et à la collectivité territoriale de Mayotte

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P
O
U
Propriété intellectuelle R

E
par Arnaud de SAINT PALAIS N
Conseil en propriété industrielle
Mandataire agréé près de l’Office européen des brevets

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Agence pour la protection des programmes. Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI).
Association de recherche économique en propriété intellectuelle et trans- Francinov.
Doc. T 1 100

ferts techniques (AREPIT). Institut national de la propriété industrielle (INPI).


Centre du droit de l’entreprise. Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)

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