Protection de la propriété intellectuelle
Protection de la propriété intellectuelle
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 1
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________
pas isolé. Son environnement culturel influe sur la nature de son œuvre au point
que l’on a pu dire à propos d’œuvres d’art « L’art ne naît de la vie qu’à travers
un art antérieur ». Il est donc difficile de distinguer une simple reproduction
d’une véritable création justifiant de l’attribution d’un monopole.
Cette distinction s’avère particulièrement difficile à effectuer en raison de la
grande variété des domaines de création et des critères d’appréciation
spécifiques de ces domaines. C’est la raison pour laquelle, à l’origine, le législa-
teur les a traités séparément.
C’est ainsi que coexistaient les lois sur le droit d’auteur, sur les inventions,
sur les dépôts de modèles et sur les marques de commerce, de fabrique et de
services. Ces concepts sont dorénavant rassemblés dans un même ouvrage : le
Code de la Propriété intellectuelle qui concerne plus particulièrement :
■ la propriété littéraire et artistique (droits d’auteur - droits annexes) qui pro-
tège des œuvres de l’esprit telles que :
— les écrits littéraires, artistiques et scientifiques ;
— les conférences, allocutions, plaidoiries ;
— les œuvres dramatiques ou dramaticomusicales ;
— les œuvres chorégraphiques ;
— les compositions musicales ;
— les œuvres audiovisuelles ;
— les dessins, peintures, œuvres d’architecture, sculptures, gravures ;
— les œuvres graphiques ;
— les œuvres d’arts appliqués ;
— les illustrations ;
— les plans, croquis et ouvrages plastiques ;
— les logiciels ;
— les créations des industries saisonnières de l’habillement.
■ la propriété industrielle qui protège :
— les dessins et modèles ;
— les inventions et les connaissances techniques (secrets de fabrique, semi-
conducteurs, obtentions végétales) ;
— les marques et autres signes distinctifs.
En estompant les barrières qui s’étaient artificiellement créées jusqu’ici entre
les différents domaines de création, le Code de la Propriété intellectuelle laisse
entrevoir une évolution du droit plus adaptée aux formes modernes de l’acti-
vité créatrice.
(0)
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
T 1 100 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
_____________________________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 3
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________
Pour être brevetables, les inventions doivent : être nouvelles, ■ Droit exclusif d’exploitation
impliquer une activité inventive et être susceptibles d’applications Le brevet confère à son titulaire ou à ses ayants cause un droit
industrielles. exclusif d’exploitation qui lui permet d’interdire à des tiers la fabri-
Le critère de nouveauté s’apprécie par rapport à un état de la tech- cation, l’offre, la mise dans le commerce, l’utilisation ou bien l’impor-
nique constitué notamment par tout ce qui a été rendu accessible tation ou la détention aux fins précitées du produit breveté ou du
au public avant la date de dépôt de la demande de brevet, y compris produit obtenu par un procédé breveté, ou même l’utilisation d’un
les divulgations antérieures faites par le breveté. procédé breveté, voire même, dans certains cas, l’offre de son
Une invention est considérée comme impliquant une activité utilisation sur le territoire français.
inventive si, pour un homme de métier, elle ne découle pas d’une ■ Transmission des droits
manière évidente de l’état de la technique.
Les droits attachés à une demande de brevet ou à un brevet sont
Une invention est susceptible d’application industrielle si son transmissibles en partie ou en totalité (cession totale ou partielle).
objet peut être fabriqué ou utilisé dans tout genre d’industrie, y Ils peuvent faire l’objet, en totalité ou en partie, d’une concession
compris l’agriculture. Ce critère exclut en particulier les méthodes de licence d’exploitation, exclusive ou non exclusive.
de traitement chirurgical thérapeutique ou de diagnostic appliquées
au corps humain ou animal. Les actes comportant une transmission ou une licence doivent
être constatés par écrit sous peine de nullité. Pour être opposables
aux tiers, ils doivent être inscrits au Registre national des brevets
1.2.4 Dépôt et instruction des demandes tenu par l’INPI.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
T 1 100 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
_____________________________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
prescription). L’expertise constitue également un mode de preuve. produits brevetés, de la valeur monopolistique du brevet, de l’impor-
Toutefois, le breveté ne peut pas se contenter de demander au juge tance de la concurrence. Selon que le breveté exploite ou n’exploite
la désignation d’un expert pour rechercher la contrefaçon qu’il a la pas directement l’invention objet de son brevet, l’indemnité sera
charge de prouver. égale au manque à gagner dû par le breveté du fait de la masse
Compte tenu de la difficulté de constituer des preuves juridique- contrefaisante (par exemple marges bénéficiaires qu’il aurait réa-
ment acceptables, la loi prévoit une procédure particulièrement lisées) ou au prix d’une licence.
efficace : la saisie contrefaçon. La perte subie par le breveté résulte habituellement de l’atteinte
Cette procédure consiste à demander, au Président du tribunal de au monopole (obstacle à la concession d’une licence – implanta-
grande instance du lieu où on veut pratiquer la saisie, une ordon- tion du contrefacteur sur le marché) et des peines et des frais de
nance autorisant un huissier, éventuellement accompagné d’un procès (dépens). En fait, l’évaluation du préjudice résultant de
homme de l’art et d’un commissaire de police, à pénétrer dans ce l’atteinte au monopole s’avère délicate et difficile à justifier, tandis
lieu en vue d’effectuer une description détaillée, voire une saisie que les dépens n’atteignent que très rarement le montant des frais
réelle des objets contrefaisants. Dans les quinze jours de la saisie réellement engagés par le breveté dans le cadre du procès.
contrefaçon, le demandeur doit engager l’action en contrefaçon ■ La loi No 94-102 du 5 février 1994 [article L 615. 14 du Code de la
(assignation ) faute de quoi la saisie serait nulle. propriété intellectuelle], relative à la répression de la contrefaçon,
renforce les sanctions pénales de la contrefaçon du brevet : le délit
de contrefaçon est désormais passible d’une amende maximale
1.3.5 La première instance de 1 000 000 F et /ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller
jusqu’à deux ans.
Cette instance est introduite par une assignation qui doit contenir
l’objet de la demande et un exposé sommaire des moyens. Elle
comprend un échange de conclusions dans lesquelles le défendeur
a la possibilité de contester : 1.4 Protection des inventions à l’étranger
— la matérialité de la contrefaçon, en visant éventuellement son
caractère intentionnel ou son élément légal (en apportant la preuve
d’un droit de possession personnelle antérieure) ; En raison de la mondialisation des affaires, l’inventeur a de plus
— la validité du brevet (non brevetabilité, insuffisance de descrip- en plus souvent intérêt à s’assurer une protection internationale de
tion, etc.). son invention. Or, le brevet français a une portée nationale et chaque
État a ses lois et ses réglementations spécifiques. Il est donc, en prin-
Cet échange de conclusions est suivi, après clôture du débat, par cipe, nécessaire d’obtenir autant de brevets étrangers que de pays
une plaidoirie dans laquelle les avocats des deux parties s’expriment dans lesquels on désire avoir une protection.
successivement. Le tribunal prononce ensuite un jugement suscep-
tible d’appel. En vue d’harmoniser les règles relatives à la protection interna-
tionale des inventions, diverses conventions se sont succédées.
1.3.6 L’appel
1.4.1 Convention de l’Union de Paris (1883)
Le droit d’appel appartient à toute partie qui y a intérêt si elle n’y
a pas renoncé. Il ne peut être dirigé que contre ceux qui ont été Cette convention a édicté un certain nombre de règles que chaque
parties en première instance. Le délai qui est imparti pour interjeter pays unioniste s’est engagé à introduire dans sa législation. Elle
l’appel est de un mois à compter de la notification du jugement. expose les deux principes suivants :
— le principe de l’assimilation des ressortissants unionistes aux
L’appel remet la chose jugée en question devant la juridiction
ressortissants nationaux : les unionistes, éventuellement repré-
d’appel pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit. La pro-
sentés par un mandataire, jouissent des mêmes droits et avantages
cédure d’appel est similaire à celle de première instance. Elle
que les lois nationales accordent ou accorderont aux ressortissants
donne lieu à un arrêt dont l’exécution appartient au tribunal de
nationaux ;
grande instance qui a statué en premier ressort.
— le principe du droit de priorité qui permet à une demande de
brevet à l’étranger de bénéficier de la date de dépôt de la demande
initiale si un délai de priorité de 12 mois à compter de cette date a
1.3.7 Sanctions de la contrefaçon été respecté.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 5
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________
1.4.3 Brevet européen cation, elles se situent à mi-chemin entre les œuvres intellectuelles
relevant du droit d’auteur et des procédés répondant aux critères
Il est prévu par la Convention de Munich signée le 5 octobre 1973. de brevetabilité.
Le brevet européen est délivré par un office central l’Office Dans le souci de donner à l’informatique une sécurité juridique
européen des brevets (OEB) et produit, dans chaque pays pour lequel aussi efficace que possible, le législateur s’est orienté au départ
il est délivré, les mêmes effets qu’un brevet national (étant entendu vers les solutions les moins contraignantes possibles pour les
que les pays signataires de la Convention de Munich ne corres- entreprises : il a estimé que, considérés en tant que tels, les logi-
pondent pas exactement à ceux de la CEE). Le dépôt d’une demande ciels n’étaient pas brevetables. En revanche, ils constituaient des
de brevet européen peut s’effectuer dans l’une des trois langues œuvres de l’esprit entrant dans le domaine de protection conférée
officielles : l’allemand, le français ou l’anglais. par la loi sur les droits d’auteur.
La procédure devant l’OEB comprend deux phases successives de
dépôt et d’examen aboutissant à la délivrance d’un brevet ou à une 1.5.1 Protection par le droit d’auteur
révocation de la demande. Ces deux phases sont éventuellement
suivies par une phase d’opposition au brevet délivré qui peut être
déclenchée par un tiers dans un délai de 9 mois à compter de la Pour pouvoir être protégé par le droit d’auteur, le logiciel doit
date de publication de la mention de délivrance du brevet européen. être original, le critère d’originalité étant considéré comme un
Lorsque le brevet européen est délivré, il éclate en autant de brevets degré supérieur de nouveauté (effort intellectuel individualisé –
nationaux que de pays désignés dans la demande. caractère objectif de nouveauté – apport personnel de l’auteur).
Pour demeurer valable, ce brevet, qui est délivré dans la langue Aucune formalité particulière n’est requise pour bénéficier de la
de la procédure, doit être traduit dans les langues officielles des protection par le droit d’auteur du logiciel. Il convient toutefois de
États désignés. Les traductions éventuellement accompagnées du pouvoir prouver la date de la création. C’est la raison pour laquelle
paiement des taxes de publication doivent être déposées dans des il est prudent d’effectuer un dépôt privé afin de constituer des
délais fixés par les États. À défaut de production d’une traduction preuves (enveloppe Soleau – Certificat notarié – Société des gens
dans le délai prescrit, le brevet européen sera sans effet dans l’État de lettres, etc.).
en cause. Pour accomplir ces formalités de dépôt de traduction et La protection des logiciels par le droit d’auteur est accordée pen-
de paiement des taxes, l’inventeur doit habituellement se faire dant toute la vie de l’auteur. Ce droit d’auteur persiste ensuite, au
représenter par un mandataire résidant dans le pays considéré. bénéfice des ayants droit, pendant les cinquante années qui
suivent le décès de l’auteur.
D’après le code de la propriété intellectuelle, seul l’auteur ou le
1.4.4 Convention de Luxembourg titulaire des droits, peut effectuer et autoriser la reproduction per-
(brevet communautaire) manente ou provisoire d’un logiciel en tout ou partie, par tout moyen
et sous toute forme. Dans la mesure où le chargement, l’affichage,
Cette convention, signée en 1975, n’est pas encore entrée en l’exécution, la transmission ou le stockage de ce logiciel nécessite
vigueur. Elle prévoit un brevet communautaire délivré selon les une reproduction, ces actes ne sont possibles qu’avec l’autorisation
règles et la procédure prévue par la Convention de Munich qui, de l’auteur. Il en va de même pour la traduction, l’adaptation, l’arran-
contrairement au brevet européen, est autonome et unique pour tous gement ou toute autre modification et la reproduction ou résultat.
les États de la Communauté économique européenne. Cependant, des exceptions sont prévues : l’autorisation de l’auteur
Toutefois, en dépit du caractère communautaire de ce brevet, la n’est pas requise notamment lorsque ces actes sont nécessaires pour
défense de ses droits et, en particulier, l’appréciation de la matérialité permettre l’utilisation du logiciel conformément à sa destination, par
de la contrefaçon et la sanction de la contrefaçon sont déterminées la personne ayant le droit de l’utiliser. Il est également possible de
par les lois nationales. faire une copie de sauvegarde dans la mesure où elle est nécessaire
pour préserver l’utilisation du logiciel.
Le droit au respect de l’œuvre est réduit en matière de logiciel :
1.5 Protection des logiciels sauf stipulation contraire plus favorable à l’auteur, celui-ci ne peut
s’opposer à la modification du logiciel par le cessionnaire des droits,
lorsqu’elle n’est préjudiciable ni à son honneur ni à sa réputation.
L’un des faits marquants le plus significatif de la fin de ce siècle
consiste en l’entrée en force de l’informatique et des logiciels dans La contrefaçon est un délit à la fois civil et pénal. Pour une action
tous les secteurs de l’activité humaine. Ainsi, la création, la concep- civile, les tribunaux compétents sont le Tribunal de grande instance
tion, la définition de produits, la conduite de processus, font de plus et le Tribunal de commerce. L’action pénale est de la compétence
en plus appel à l’informatique (DAO, CAO, PAO, etc.) et les résultats du Tribunal correctionnel. Les sanctions pénales peuvent consister
de la recherche et du développement se présentent de plus en plus en une amende et /ou un emprisonnement et/ou des peines
souvent sous la forme de programmes d’ordinateurs. L’avènement complémentaires telles que des confiscations ou des fermetures
du microprocesseur permet d’effectuer des traitements informa- d’établissements.
tiques au sein même des appareils devenant de plus en plus intel-
ligents et de plus en plus aptes à dialoguer avec l’opérateur.
Sur le plan purement technique, pour un même problème, les
1.5.2 Protection par le brevet
solutions numériques mettant en œuvre un processeur sont le plus
souvent préférées à des solutions purement analogiques qui, L’article L 611.10 alinéa 2 du CPI, comme l’article 52.3 de la
naguère, faisaient l’orgueil des chercheurs. Convention de Munich sur le brevet européen du 5 octobre 1973
n’excluent la brevetabilité des programmes que dans la mesure où
On constate, par ailleurs, que cette informatisation généralisée des
ils sont revendiqués en tant que tels. On peut donc en déduire que
activités humaines, qui va de pair avec une automatisation des
lorsqu’un programme est inclus dans un domaine technique plus
moyens de production, se traduit par une orientation des activités
vaste, la brevetabilité de ce domaine n’est pas exclue a priori . La
des entreprises vers des prestations de service elles aussi
jurisprudence tend à admettre la brevetabilité des logiciels en tant
informatisées.
que procédés à condition que ce procédé présente un caractère
Or, les activités liées à l’informatique et aux logiciels au sens industriel dans son objet, dans son application et dans ses résultats.
large du terme, entrent difficilement dans les catégories juridiques L’OEB se base, quant à lui, sur le caractère industriel de l’apport
existantes. Selon leur niveau de créativité et leur domaine d’appli- technique de l’invention.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
T 1 100 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
_____________________________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
Bien entendu, la protection par brevet peut se cumuler avec la Avant toute divulgation de son modèle, le créateur ou son ayant
protection conférée par le droit d’auteur. Elle confère habituellement droit doit réfléchir aux pays dans lesquels il va déposer son
une protection plus large et plus facilement défendable. modèle. En effet, la France est l’un des rares pays à ne pas inter-
dire la divulgation avant le dépôt. Dans la plupart des pays (y
compris ceux de la CEE), la divulgation antérieure au dépôt est une
cause de nullité de ce dépôt.
1.6 Dessins et modèles
Conformément à la Convention de l’Union de Paris (20 mars 1883),
En France, la protection des dessins et modèles est assurée par le titulaire d’un dépôt de modèle bénéficie d’un délai de priorité de
deux dispositions à savoir : la protection par le droit d’auteur 6 mois pour déposer un modèle dans un autre pays de l’Union sans
(livres I et III du CPI) et la protection par dépôt (livre V du CPI), que puisse y être opposée l’antériorité résultant du dépôt initial.
cette disposition venant se cumuler à la précédente. Le modèle fait l’objet de droits différents et indépendants les uns
L’article L 511.3 alinéa 1 du CPI stipule que la loi protège le modèle des autres dans chacun des pays où la protection est demandée.
nouveau ainsi que « l’objet industriel qui se différencie de ses simi- Un dépôt international, en matière de dessins et modèles, a été
laires par une configuration distincte et reconnaissable ». Il peut institué par l’arrangement de La Haye en 1925. Il s’effectue à l’Orga-
aussi s’agir d’un objet ayant « un ou plusieurs effets extérieurs lui nisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) dont le siège
donnant une physionomie propre et nouvelle ». est à Genève. Il produit des effets identiques à des dépôts directs
Les caractères du modèle protégeable sont au nombre de mais il ne concerne que les pays signataires de l’arrangement (les
quatre : États-Unis et la Grande-Bretagne ne l’ont pas encore signé).
— l’effet extérieur (physionomie propre et nouvelle qui le diffé- Les dessins et modèles étant protégeables par le droit d’auteur,
rencie de ses similaires) ; ils relèvent également du régime international des œuvres littéraires
— le caractère apparent (permettant de le distinguer visuellement et artistiques qui compte deux conventions internationales :
de ses similaires) ; — la Convention de Berne de 1886 ;
— le caractère matériel (un style ou un gène n’est pas protégeable — la Convention de Genève adoptée en 1952.
en tant que tel) ; Bien que ces conventions garantissent une certaine protection à
— la nouveauté (elle est reconnue tant qu’une antériorité n’a pas l’étranger, celle-ci est très insuffisante et n’est pas applicable dans
été prouvée par celui qui l’invoque). tous les États : le créateur qui souhaite obtenir une protection effi-
Un objet dont la forme est purement fonctionnelle ou répond à cace doit donc envisager des dépôts de modèle dans les pays qui
un but utilitaire ou pratique n’est pas protégeable par un dépôt de l’intéressent.
modèle (livre V du CPI) mais tombe sous le coup du livre VI du CPI
sur les brevets d’invention.
En fait, pour que le livre V ne soit pas applicable, il faut que la 1.7 Marques
forme de l’objet soit inséparable de la fonction : le design industriel ,
qui habituellement tient compte de la fonction de l’objet et de son 1.7.1 Divers signes distinctifs
ergonomie, est donc en grande partie exclu de ce mode de protec-
tion.
pouvant constituer une marque
Il n’en demeure pas moins que pour être protégeable par un L’article L 711.1 du CPI énumère, de façon non limitative, une série
dépôt de modèle, la forme doit être inutile. de signes susceptibles de représentation graphique utilisables en
Le dépôt de modèle présente de nombreux avantages : tant que marques nominales (mots, assemblages de mots,...) ou
— il donne une date certaine à la création ; figuratives (dessins, logos, images de synthèse, hologrammes...). À
— il crée une présomption de propriété en faveur du déposant ; ces deux types de marques s’ajoute une nouvelle catégorie : les
— il permet d’utiliser une procédure spéciale de saisie et de pour- marques auditives qui intéressent notamment les émissions télé-
suite en contrefaçon ; visuelles et radiophoniques et qui exigent, pour leur dépôt, une
— il confère au déposant le bénéfice d’un délai de priorité de six représentation graphique des sons.
mois pour effectuer des extensions dans des pays étrangers, Une marque peut être complexe et résulter de la combinaison de
membres de l’Union de Paris. marques nominales ou figuratives.
Il peut se faire par le déposant lui-même ou par un mandataire,
à l’INPI ou au Greffe du Tribunal de commerce du domicile du [Link] Marques nominales
déposant si ce dernier n’est pas domicilié à Paris. Le dépôt en
Elles sont constituées par des termes pouvant s’écrire et ayant
France d’un modèle a un caractère déclaratif et non attributif de
une prononciation phonétique.
droit. La durée de la protection rattachée au dépôt de modèle est
de 25 ans renouvelable une fois. L’article 9 du décret du 13 août ■ Noms patronymiques
1992 prévoit pour le déposant, la faculté d’ajourner la publication Il peut s’agir du nom patronymique du déposant ou de celui d’un
à 3 ans lors du dépôt. À la publication du dépôt, un certificat tiers. Bien entendu, des difficultés peuvent se poser lorsque le même
d’identité peut être délivré en tant que preuve officielle et complète nom patronymique est utilisé par plusieurs homonymes en tant que
du droit rattaché au dépôt. marque, dénomination sociale ou nom commercial qui exercent des
Dans le but de permettre aux industriels qui renouvellent activités similaires dans le même secteur.
fréquemment la forme et le décor de leurs produits, de déposer
leurs collections, une procédure de dépôt simplifiée est proposée ■ Nom commercial
aux utilisateurs. Cette simplification porte, d’une part, sur la pré- Il peut être déposé à titre de marque pour renforcer sa protection
sentation des reproductions (un seul exemplaire suffit, le format et en faciliter la mise en œuvre.
étant libre sous réserve qu’il ne dépasse pas 21 × 29,7 cm) et,
d’autre part, sur le paiement des redevances (seule est due la rede- ■ Nom géographique
vance de dépôt). L’ajournement à trois ans de la publication d’un Il peut être déposé en tant que marque à condition de ne pas
dépôt simplifié est de plein droit. La renonciation à cet ajournement porter atteinte à une appellation d’origine ou une indication de pro-
peut ne porter que sur une partie du dépôt. venance et de ne pas être l’occasion de la réalisation d’une fraude.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 7
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
T 1 100 − 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
_____________________________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
— d’un abandon, c’est-à-dire d’un renoncement tacite non équi- conditions des droits de propriété industrielle : en effet, il participe
voque, par exemple un non renouvellement de la marque ; à la réflexion, à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise en y
— d’un défaut d’exploitation constaté pendant une durée de 5 ans apportant la dimension propriété industrielle. Il assiste l’entreprise
ininterrompue ; la déchéance pour ce motif peut être demandée par lors de la négociation de contrats et des transferts de technologie
toute personne intéressée ; mettant en jeu des droits de propriété industrielle. Il organise la lutte
— de la banalisation de la marque qui cesse alors d’être contre la contrefaçon et participe activement aux procès aux côtés
distinctive ; d’avocats spécialisés.
— du fait que la marque devient déceptive. Les dispositions législatives du Code de la propriété intellectuelle
sont annexées à la loi No 92.597 du 1er juillet 1992 qui abroge les
lois antérieures en matière de propriété intellectuelle et inclut une
partie législative (complétée par une partie réglementaire régie par
2. Organisation administrative les décrets des 05 /10 /93 et 10 / 04 /95) dont les dispositions sont
données dans l’encadré 1.
et professionnelle (0)
de la propriété industrielle
2.1 Institut national 2.3 Qualification en propriété industrielle
de la propriété industrielle
■ Le directeur de l’INPI dresse annuellement une liste des personnes
L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a pour mission : qualifiées en propriété industrielle et qui peuvent exercer la profes-
— de centraliser et de diffuser toute information nécessaire pour sion de Conseil en propriété industrielle. L’inscription d’une per-
la protection des innovations et pour l’enregistrement des sonne physique sur cette liste est subordonnée au respect des
entreprises ; conditions suivantes :
— d’appliquer les lois et règlements en matière de propriété — possession d’un diplôme national de deuxième cycle juridique,
industrielle (il pourvoit, en particulier, à la réception des demandes scientifique ou technique ;
de titres de propriété industrielle, à leur examen, à leur délivrance — possession d’un diplôme délivré par le Centre d’études inter-
et à la surveillance de leur maintien) ; nationales de la propriété industrielle (CEIPI) de l’Université de
— de prendre toute initiative en vue d’une adaptation permanente Strasbourg ;
du droit national et international aux besoins des innovateurs et des — pratique professionnelle d’au moins trois années ;
entreprises. — le succès à un examen d’aptitude.
■ La représentation de personnes physiques ou morales auprès de
l’OEB ne peut être assurée que par des mandataires agréés inscrits
2.2 Conseil en propriété industrielle sur une liste tenue à cet effet par l’OEB et ayant satisfait aux épreuves
de l’examen européen de qualification.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle T 1 100 − 9
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE _____________________________________________________________________________________________________________
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
T 1 100 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
P
O
U
Propriété intellectuelle R
E
par Arnaud de SAINT PALAIS N
Conseil en propriété industrielle
Mandataire agréé près de l’Office européen des brevets
S
Bibliographie
Brevets RAYNARD (J.). – Droit d’auteur et conflits de lois. Bases de données (0)
A
CHAVANNE (A.) et BURST (J.J.). – Droit de la pro-
priété industrielle. Éd. Dalloz (1993).
MARQUER (F.). – Innovation et management des
Litec (1990).
DESBOIS (H.). – Le droit d’auteur en France.
Éd. Dalloz (1996).
Questel-Orbit (par abonnement)
V
brevets. Éditions d’Organisation (1985).
MATHÉLY (P.). – Le nouveau droit français des bre-
Logiciel
BERTRAND (A.). – Protections juridiques du logiciel.
FPAT
EPAT
EDOC
(brevets français)
(brevets européens et Euro-PCT)
(fonds documentaire de l’OEB)
O
vets d’invention. Éditions du JNA (1991).
MATHÉLY (P.). – Le droit européen des brevets
d’invention. Éditions du JNA (1978).
Édition des Parques (1984).
KESSLER (M.). – Le logiciel, protection juridique.
Technique et documentation Lavoisier (1986).
CIB (classification internationale des
brevets) I
TRANSIN (offres et demandes de technolo-
PHÉLIP (B.). – Droit et pratique des brevets d’inven-
tion, France et étranger, brevet européen. Éd.
Masson (1982).
Créations végétales
HERMITTE (M.A.). – La protection de la création FMARK
gies cessibles)
(marques françaises)
R
végétale. Librairies Techniques (1985). TMINT (marques internationales)
Marques
LEFEBVRE (F.). – Marques, création, valorisation, Contrats JURINPI (jurisprudence brevets et
DIENER (M.). – Contrats internationaux de pro- marques)
protection. Éd. Francis Lefebvre (1994).
MATHÉLY (P.). – Le nouveau droit français des
marques. Éditions du JNA (1994).
priété industrielle. Litec (1986).
KREIS (A.). – La transmission de know-how entre
WPIL (Derwent World Patent Index)
Service « kiosque » INPI
P
PLASSERAUD (Y.). – Choisir, protéger et gérer vos
marques. Éditions d’Organisation (1977).
entreprises industrielles. Litec (1987).
Management
ICIMARQUES (marques françaises et inter-
nationales) L
SAINT-GAL (Y.). – Protection et valorisation des DECLERCK (R.), EYMERY (P.) et CRENER (M.). – Le
marques de fabrique, de commerce et de ser-
vice. Éd. Masson (1972).
management stratégique des projets. Éditions
Hommes et Techniques (1980). Revues U
ZANELLA (C.). – Les marques nominatives. Litec
(1995).
Modèles
MARQUER (F.). – Innovation et management des
brevets. Éditions d’Organisation (1985).
Fiscalité
Annales de la propriété industrielle. Littéraire et
artistique.
Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI).
S
GREFFE (P.) et GREFFE (F.). – Traité des dessins et PIERRE (J.L.). – Fiscalité de la recherche, de la pro- Dossiers brevets.
modèles. Litec (1994). priété industrielle et des logiciels. Litec (1993). Propriété industrielle. Bulletin documentaire
GREFFE (F.). – La protection de design. Éditions Colloque de l’IRPI, Paris 22 et 23 mars 1989 : la (PIBD).
Européennes du Design (1992). fiscalité de la propriété industrielle . Litec (1989). La propriété industrielle et le droit d’auteur.
Droit d’auteur De PINGON (P.). – Fiscalité de innovation, brevets et Revue internationale de la propriété industrielle et
savoir-faire. Technique et Documentation artistique (RIPIA).
Colloque de l’IRPI des 21 et 22 novembre 1985 :
Lavoisier (1981).
Droits d’auteur et droits voisins . Librairies Tech-
niques (1986).
10 - 1996
Organismes
Agence nationale de valorisation de la recherche (ANVAR). Chambres de commerce et d’industrie.
Agence pour la protection des programmes. Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI).
Association de recherche économique en propriété intellectuelle et trans- Francinov.
Doc. T 1 100