Cours Bonheur (+ La Vérité)
Cours Bonheur (+ La Vérité)
I. Définition :
Bon à savoir !
- Le bonheur se distingue du plaisir et de la joie. Le plaisir et la joie sont des sentiments, ils sont
éphémères, alors que l’idée de bonheur implique un temps long.
- Attention : le bonheur, c’est le fait d’être heureux. Ce sont des synonymes !
Travail à la maison :
1. (sujet dissert) Le bonheur dépend-il de nous ? => problématique : Le bonheur se fonde-t-il sur
les événements heureux de notre vie, qui comme tous les événements sont nécessairement
imprévisibles, OU BIEN repose-t-il plutôt sur la façon dont nous interprétons tout ce qui nous
arrive ?
2. (sujet dissert) Le bonheur est-il le but ultime de la vie ? => Faut-il toujours essayer de
satisfaire nos désirs OU BIEN existe-t-il des exigences politiques et morales qui doivent
prévaloir sur nos envies ?
3. (sujet dissert) Est-ce à l’État de faire notre bonheur ? => Le bonheur dépend-il de nos
conditions matérielles de vie, et donc de l’organisation de la société dans laquelle nous vivons
OU BIEN est-il toujours une affaire exclusivement personnelle, voire spirituelle ?
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III. Thèses importantes :
Thèse n°1: Calliclès (personnage du dialogue Gorgias de Platon) : La vie heureuse est la vie
déréglée
Dans ce dialogue, Calliclès chercher à défendre la thèse qu’être heureux, c’est satisfaire tous ses
désirs ; le bonheur et la liberté s’identifient. Mais il s’agit d’un idéal exigeant, et par conséquent
seul un petit nombre d’hommes est en capacité de trouver le bonheur : l’élite (les plus brillants ou
les mieux nés). Pour être heureux, il faut avant tout se libérer du poids de la morale et de la justice :
ce sont des artifices créés par les faibles pour se protéger des efforts. La nature exige de nous que
nous donnions libre cours à nos passions.
COLLER LE TEXTE
Un tel homme ressemblerait au tonneau percé des Danaïdes : il tenterait de se remplir sans cesse, en
vain. Pour être heureux, il faut plutôt travailler sur soi pour réussir à se satisfaire de ce que l’on a.
COLLER LE TEXTE
Film Méliès :
https://www.youtube.com/watch?v=MW_F1h6KW80
Epicure tente d’établir que le but de tout être humain est d’obtenir le plaisir (hédonisme) qui
provient de l’absence de douleur (ataraxie). Il explique quels sont les plaisirs que nous recherchons,
mais aussi pourquoi, dans certains cas, certains plaisirs sont à éviter. Certes tout plaisir est un bien
en soi, mais tout plaisir ne doit pas forcément être recherché, parce qu’il peut avoir des
conséquences nocives, il peut produire de la souffrance. Par conséquent, le bonheur suppose
l’exercice vigilant de notre raison, pour toujours comparer les avantages et les inconvénients à long
terme de nos désirs. En dernière analyse, la vie heureuse est une vie frugale et sereine ; il faut savoir
tant que possible se contenter de ce qui est naturel et nécessaire.
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Critique par Rousseau : Le désir est important en lui-même.
⇨ « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il
possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est
heureux qu’avant d’être heureux » Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la
Nouvelle Héloïse (1761)
Thèse n°3 – Blaise Pascal: Nous cherchons par tous les moyens des
divertissements, pour ne pas penser à notre condition misérable (Pensées, 1667)
COLLER LE TEXTE
Calliclès : Mais voici ce qui est beau et juste suivant la nature, je te le dis en toute franchise, c’est
que, pour bien vivre, il faut laisser prendre à ses passions tout l’accroissement possible, au lieu de
les réprimer, et, quand elles ont atteint toute leur force, être capable de leur donner satisfaction
par son courage et son intelligence et de remplir tous ses désirs à mesure qu ’ils éclosent. (…) Car
pour ceux qui ont eu la chance de naître fils de roi, ou que la nature a faits capables de conquérir
un commandement, une tyrannie, une souveraineté, peut-il y avoir véritablement quelque chose
de plus honteux et de plus funeste que la tempérance ? (...) La vérité, que tu prétends chercher,
Socrate, la voici : le luxe, l’incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force
constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la
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nature, ne sont que niaiseries et néant. Ce dont je parle, c’est de vivre dans la jouissance,
d’éprouver toutes les formes de désirs et de les assouvir – voilà, c’est cela, la vie heureuse !
Socrate : Suppose, qu'il y ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les
tonneaux de l'un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d'autres tonneaux,
remplis de toutes sortes de choses. Chaque tonneau est donc plein de ces denrées liquides qui sont rares,
difficiles à recueillir et qu'on n'obtient qu'au terme de maints travaux pénibles. Mais, au moins, une fois
que cet homme a rempli ses tonneaux, il n'a plus à y reverser quoi que ce ne soit ni à s'occuper d'eux ; au
contraire, quand il pense à ses tonneaux, il est tranquille. L'autre homme, quant à lui, serait aussi capable
de se procurer ce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipients sont
percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s'infligeant les plus pénibles peines.
Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux
dis-tu qu'elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie de l'homme déréglé ou celle de l'homme tempérant ? En te
racontant cela, est-ce que je te convaincs d'admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée.
Epicure : Nous faisons tout afin d’éviter la douleur physique et le trouble de l’âme. Lorsqu ’une fois
nous y avons réussi, toute l’agitation de l’âme tombe, l’être vivant n’ayant plus à s’acheminer vers quelque
chose qui lui manque, ni à chercher autre chose pour parfaire le bien-être de l’âme et celui du corps. Nous
n’avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous éprouvons de la douleur ; et
quand nous n’éprouvons pas de douleur nous n’avons plus besoin du plaisir. C’est pourquoi nous disons
que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse.
En effet, d’une part, le plaisir est reconnu par nous comme le bien primitif et conforme à notre nature, et
c’est de lui que nous partons pour déterminer ce qu’il faut choisir et ce qu’il faut éviter ; d’autre part, c’est
toujours à lui que nous aboutissons, puisque ce sont nos affections qui nous servent de règle pour mesurer
et apprécier tout bien quelconque si complexe qu’il soit. Mais, précisément parce que le plaisir est le bien
primitif et conforme à notre nature, nous ne recherchons pas tous les plaisirs, et il y a des cas o ù nous
passons par-dessus beaucoup de plaisirs, à savoir lorsqu’ils doivent avoir pour suite des peines qui les
surpassent ; (…) Tout plaisir, pris en lui-même et dans sa nature propre, est donc un bien, et cependant tout
plaisir n’est pas à rechercher (…)
Pascal (Pensées) : Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux. Et ceux qui font
sur cela les philosophes et qui croient que le monde est bien peu raisonnable de passer tout le jour à courir
après un lièvre qu’ils ne voudraient pas avoir acheté, ne connaissent guère notre nature. Ce lièvre ne nous
garantirait pas de la vue de la mort et des misères qui nous en détournent, mais la chasse nous en garantit.
Et ainsi, quand on leur reproche que ce qu’ils recherchent avec tant d’ardeur ne saurait les satisfaire, s’ils
répondaient comme ils devraient le faire s’ils y pensaient bien, qu’ils ne recherchent en cela qu’une
occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi et que c’est pour cela qu’ils se
proposent un objet attirant qui les charme et les attire avec ardeur, ils laisseraient leurs adversaires sans
repartie...
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Exercice n°1 (seul ou en groupe) : Procédez au brouillon de l’explication du texte de Calliclès.
Ensuite, rédigez l’introduction de l’explication.
Exercice n°2 : « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce
qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est
heureux qu’avant d’être heureux » Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle
Héloïse (1761)
Dans ce texte, Rousseau défend la thèse que le bonheur réside dans le fait
même de désirer. En effet,
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Introduction de l’explication du texte de Calliclès
Parmi les dialogues les plus célèbres de Platon, le Gorgias met en scène deux
personnages (Socrate et Calliclès) qui se disputent sur la nature du bonheur. Le texte
étudié ici est le passage où Calliclès prend la parole. Une opposition conceptuelle
ressort de la lecture : le bonheur s’oppose à la tempérance, qui signifie la modération.
Le texte pose donc la question : comment être heureux ? Calliclès défend la thèse
suivante : la vie heureuse est une vie déréglée, où l’on passe son temps à satisfaire
tous ses nouveaux désirs. Pour ce faire, nous pouvons découper le texte de la manière
suivante : la première partie va du début jusqu’a « à mesure qu’ils éclosent » (l1 à
4). C’est la thèse de Calliclès, agrémentée d’un argument importnat : la recherche du
bonheur à travers la satisfaction des désirs est naturelle. Puis vient un autre argument
des lignes 4 à 7, de « car pour ceux » à « plus funeste que la tempérance ? ». Cet
argument apporte une précision : un tel bonheur n'est pas à la portée de tous. Tout le
monde n'a pas le courage de laisser ses désirs grandir, ni cette intelligence
exceptionnelle qui permet aux tyrans de prendre le pouvoir et de le garder
durablement. Puis vient un dernier argument, de « La vérité, que tu prétends
chercher, Socrate » à « niaiseries et néant » (l.9). Ici, Calliclès oppose la morale qui
oblige à nous restreindre, à la nature qu’il faut suivre pour être heureux. Suivre la
nature, c’est accepter ses désirs et les suivre avec force. Ne pas plier sous le poids de
la morale comme le fond les faibles. Le texte se termine aux lignes 9 et 10 par une
reprise de la thèse exposée au début.
Parmi les dialogues les plus célèbres de Platon, le Gorgias met en scène deux
personnages (Socrate et Calliclès) qui se disputent sur la nature du bonheur. Le texte
étudié ici est le passage où Calliclès prend la parole. Une opposition conceptuelle
ressort de la lecture : le bonheur s’oppose à la tempérance, qui signifie la modération.
Le texte pose donc la question : comment être heureux ? Calliclès défend la thèse
suivante : la vie heureuse est une vie déréglée, où l’on passe son temps à satisfaire
tous ses nouveaux désirs. Pour ce faire, nous pouvons découper le texte de la manière
suivante : la première partie va du début jusqu’a « à mesure qu’ils éclosent » (l1 à
4). C’est la thèse de Calliclès, agrémentée d’un argument importnat : la recherche du
bonheur à travers la satisfaction des désirs est naturelle. Puis vient un autre argument
des lignes 4 à 7, de « car pour ceux » à « plus funeste que la tempérance ? ». Cet
argument apporte une précision : un tel bonheur n'est pas à la portée de tous. Tout le
monde n'a pas le courage de laisser ses désirs grandir, ni cette intelligence
exceptionnelle qui permet aux tyrans de prendre le pouvoir et de le garder
durablement. Puis vient un dernier argument, de « La vérité, que tu prétends
chercher, Socrate » à « niaiseries et néant » (l.9). Ici, Calliclès oppose la morale qui
oblige à nous restreindre, à la nature qu’il faut suivre pour être heureux. Suivre la
nature, c’est accepter ses désirs et les suivre avec force. Ne pas plier sous le poids de
la morale comme le fond les faibles. Le texte se termine aux lignes 9 et 10 par une
reprise de la thèse exposée au début.
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Correction de l’exercice n°2 :
Dans ce texte, Rousseau défend la thèse suivante : le bonheur réside dans le fait même
de désirer. En effet, la première phrase l’indique très clairement : « Malheur à qui n’a plus rien
à désirer ! » (l. 1). Ici, une opposition conceptuelle est visible entre le bonheur, thème du texte
et le malheur. Si le bonheur est défini par un sentiment durable de plénitude, le malheur est
son contraire : un sentiment durable pénible, de vide. Pour Rousseau, le malheur touche celui
qui ne désire plus. Qu’est-ce que le désir ? Le désir est la tendance qui nous porte à vouloir
obtenir un objet connu ou imaginé. Habituellement, le désir peut être défini de manière
négative puisqu’il représenterait un vide, un manque. Le bonheur arriverait ainsi quand on
possède l’objet du désir. Ici, Rousseau adopte une posture bien différente. C’est dans le désir
même, et non dans la possession de l’objet, que nous sommes heureux. C’est pourquoi le
malheur se situe dans l’absence de désir. Celui qui n’aurait plus rien à désirer serait
profondément malheureux.
La deuxième phrase propose un argument fort : « il perd pour ainsi dire tout ce qu’il
possède » (l. 1). Phrase étrange, dans la mesure où lorsqu’on désire une chose, on ne la
possède pas encore. Par exemple, si je désire faire un, je ne possède pas encore le voyage, je
ne l’ai pas encore fait, il est encore dans ma tête. Mais Rousseau affirme que le fait même de
désirer ce voyage, même si je ne l’ai pas fait, je le possède dans ma tête du moins. Et c’est
cela le plus important. Quand je planifie un voyage, je suis déjà en train de le faire dans mon
esprit, et cela me rend heureux.
Ensuite, Rousseau développe sa position à l’aide d’un autre argument : « On jouit moins
de ce qu’on possède que de ce qu’on espère » (l. 1 et 2). Jouir, c’est profiter d’un plaisir que
l’on goûte pleinement. Normalement, on jouit d’une chose qu’on possède. On jouit d’un met ou
d’un objet et le désir, c’est le mouvement qui nous porte à posséder cette chose. Rousseau ici
est original. Il dit plutôt que le plaisir que l’on ressent se situe dans le désir et non pas au
moment où l’on possède cet objet et que le désir s’éteint. L’espoir est un mot important ici.
C’est le fait d’attendre quelque chose : attendre la venue d’une personne que l’on aime est,
par exemple, aussi plaisant que lorsque cette personne est là. Mais pourquoi Rousseau dit-il
cela ? On peut imaginer que la raison est la suivante : le désir nous rend vivant, il nous met en
action. Une fois que l’objet désiré est là, le désir s’éteint, et un autre désir arrive. C’est le
propre mpele du désir.
C’est pourquoi la fin du texte répète cette idée si originale : « on n’est heureux
qu’avant d’être heureux ». La négation restrictive montre que Rousseau est formel : le
véritable bonheur se situe avant le bonheur. Le désir n’est pas un manque, une souffrance,
c’est le lieu du bonheur même. Rousseau s’oppose donc aux philosophies antiques de
l’ataraxie (absence de trouble de l’âme), qui font du bonheur le lieu de l’apaisement, lorsque le
désir est satisfait et qu’il s’éteint.
Dans ce texte, Rousseau défend la thèse suivante : le bonheur réside dans le fait même
de désirer. En effet, la première phrase l’indique très clairement : « Malheur à qui n’a plus rien
à désirer ! » (l. 1). Ici, une opposition conceptuelle est visible entre le bonheur, thème du texte
et le malheur. Si le bonheur est défini par un sentiment durable de plénitude, le malheur est
son contraire : un sentiment durable pénible, de vide. Pour Rousseau, le malheur touche celui
qui ne désire plus. Qu’est-ce que le désir ? Le désir est la tendance qui nous porte à vouloir
obtenir un objet connu ou imaginé. Habituellement, le désir peut être défini de manière
négative puisqu’il représenterait un vide, un manque. Le bonheur arriverait ainsi quand on
possède l’objet du désir. Ici, Rousseau adopte une posture bien différente. C’est dans le désir
même, et non dans la possession de l’objet, que nous sommes heureux. C’est pourquoi le
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malheur se situe dans l’absence de désir. Celui qui n’aurait plus rien à désirer serait
profondément malheureux.
La deuxième phrase propose un argument fort : « il perd pour ainsi dire tout ce qu’il
possède » (l. 1). Phrase étrange, dans la mesure où lorsqu’on désire une chose, on ne la
possède pas encore. Par exemple, si je désire faire un, je ne possède pas encore le voyage, je
ne l’ai pas encore fait, il est encore dans ma tête. Mais Rousseau affirme que le fait même de
désirer ce voyage, même si je ne l’ai pas fait, je le possède dans ma tête du moins. Et c’est
cela le plus important. Quand je planifie un voyage, je suis déjà en train de le faire dans mon
esprit, et cela me rend heureux.
Ensuite, Rousseau développe sa position à l’aide d’un autre argument : « On jouit moins
de ce qu’on possède que de ce qu’on espère » (l. 1 et 2). Jouir, c’est profiter d’un plaisir que
l’on goûte pleinement. Normalement, on jouit d’une chose qu’on possède. On jouit d’un met ou
d’un objet et le désir, c’est le mouvement qui nous porte à posséder cette chose. Rousseau ici
est original. Il dit plutôt que le plaisir que l’on ressent se situe dans le désir et non pas au
moment où l’on possède cet objet et que le désir s’éteint. L’espoir est un mot important ici.
C’est le fait d’attendre quelque chose : attendre la venue d’une personne que l’on aime est,
par exemple, aussi plaisant que lorsque cette personne est là. Mais pourquoi Rousseau dit-il
cela ? On peut imaginer que la raison est la suivante : le désir nous rend vivant, il nous met en
action. Une fois que l’objet désiré est là, le désir s’éteint, et un autre désir arrive. C’est le
propre mpele du désir.
C’est pourquoi la fin du texte répète cette idée si originale : « on n’est heureux
qu’avant d’être heureux ». La négation restrictive montre que Rousseau est formel : le
véritable bonheur se situe avant le bonheur. Le désir n’est pas un manque, une souffrance,
c’est le lieu du bonheur même. Rousseau s’oppose donc aux philosophies antiques de
l’ataraxie (absence de trouble de l’âme), qui font du bonheur le lieu de l’apaisement, lorsque le
désir est satisfait et qu’il s’éteint.
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FICHE DE REVISION : LA VERITE
Rappel : Ces 3 adjectifs déterminent toujours un jugement (et non pas une
chose) : seul un jugement peut être dit vrai, probable ou certain.
(définition) Vrai : Est vrai un jugement qui est conforme à son objet (à ce qui est
jugé). C'est donc un jugement dont la valeur est :
- soit évidente
- soit a pu être vérifiée :
⇒ par sa conformité avec l'expérience/l'observation ⇒ ou par la démonstration de
sa cohérence logique
(définition) Certain : Est certain un jugement dont la vérité est nécessaire, c'est-
à-dire un jugement vrai sans aucun doute possible. La certitude est caractérisée
par son évidence.
Exercice :
Pour chaque branche de la connaissance, dites si elle permet d'obtenir des
connaissances certaines ou seulement probables :
- en mathématiques, en sciences physiques, en biologie, en sociologie, en
biologie, en histoire
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3. Trois thèses importantes
Thèse n°1 - Platon : Nous sommes spontanément plongés dans une ignorance
radicale qui nous empêche même de reconnaître la vérité quand nous la voyons.
Thèse n°2 - Benjamin Constant : Dans certains cas, le mensonge est acceptable
Dans Des Réactions politiques (1796), Constant répond à Kant en affirmant que
dans certains cas, le mensonge est acceptable; Le refus du mensonge ne peut
pas être absolu car on peut devoir y recourir pour respecter un autre devoir, celui
de ne pas nuire. Par exemple, si un brigand vient frapper à ma porte parce qu’il
cherche un homme que j’ai caché chez moi quelques minutes auparavant, suis-je
vraiment tenu de dire la vérité ? Pour Kant, je ne peux jamais justifier
moralement mon action par ses conséquences, parce que celles-ci sont toujours
incertaines. Pour Constant, il existe parfois un devoir de mentir par bienveillance
et humanité.
Citation : « nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui ». Repère :
absolu/relatif
Thèse n°3 - Critique de Constant par Kant : Le mensonge n’est jamais acceptable.
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Kant répond à la critique de Constant dans Sur un prétendu droit de mentir par
humanité en 1797. Il refuse tout droit de mensonge envers soi et envers
autrui et assigne à tout homme, sans exception et en toute occasion, un
devoir de dire ce qu’il croit être la vérité. Par définition, un devoir moral
est absolu, il vaut pour tous les cas sans exception. Faire son devoir plus
ou moins, avec une certaine latitude, en l’adaptant aux circonstances, en
l’atténuant — voire en le contournant, selon les cas —, n’a aucun sens. Si
la vérité est un devoir, elle est due à et par tout homme. On ne peut pas
diviser arbitrairement l’humanité en deux parties : celle qui a droit au vrai
et à l’égard de laquelle seule j’ai un devoir de vérité ; celle qui n’a pas
droit au vrai et à l’égard de laquelle j’ai un droit de mentir.
Citation : « c’est donc un commandement de la raison sacré […] que d’être
véridique (honnête) dans toutes ses affirmations ». Repère : absolu/relatif
Notions du programme : Le devoir, la raison, le langage
En individuel, faites une carte mentale du plan avec les parties, les arguments, les
auteurs et exemples employés. Contrainte = il faut utiliser au moins une expérience
de pensée et deux des textes proposés ci-dessous.
11
II. Exercice à partir de Truman Show (Peter Weir, 1999)
Lauren/Sylvia: Écoute-moi, tout le monde sait... tout le monde sait tout ce que tu
fais. Ils font semblant Truman, est-ce que tu comprends ? Tout le monde fait semblant
(...) Tout ce que je t’ai dit est vrai ! Ce sable, il est faux, tout est fait pour toi... et le
ciel, et la mer, tout. C’est un montage, c’est un show !
Truman: J’aimerais vraiment comprendre ce qui se passe !
Question 1. Pourquoi Truman ne se rend-il pas compte qu’il vit dans un show télévisé
depuis toujours ?
Question 2. De quelle manière Truman finit-il par prendre conscience de la vérité ?
—————————————————————-
Sylvia : Salut Christof, je n’ai qu’une seule chose à dire : vous êtes un menteur et un
manipulateur, ce que vous faites à Truman est monstrueux. (...) De quel droit avez-
vous pris un bébé et transformé sa vie en spectacle ? Vous ne vous sentez jamais
coupable ?
Christof : J’ai donné à Truman la chance de vivre une vie normale. C’est le monde
extérieur, l’endroit où vous vivez, qui est malade. Seahaven ressemble au monde
idéal. (...) Truman peut partir n’importe quand. Si c’était plus qu’un vague désir, s’il
était absolument déterminé à découvrir la vérité, alors nous ne pourrions pas
l’empêcher de partir. Mais Truman préfère sa « prison » ainsi que vous la nommez.
Questionnaire individuel
12
B. La Vérité à propos des autres = l’honnêteté/la sincérité (vocabulaire)
À propos de l’actualité
Oui ou non ?
Plus les gens font l’effort de s’informer, plus ils s’inquiètent/plus ils sont stressés,
moins ils sont heureux. Il vaut mieux « cultiver son jardin » et se désintéresser de
l’actualité.
Plus on augmente nos connaissances scientifiques dans tous les domaines, plus on se
rend compte qu’on obtiendra jamais de savoir définitif (à part en mathématiques ?) Un
exemple : au 16e les savants prennent conscience que la terre tourne autour du soleil
et non l’inverse. On découvre ensuite qu’il existe d’autres systèmes solaires et
d’autres galaxies, puis que l’univers est en expansion. Aujourd'hui certains
scientifiques pensent qu’il existe d’autres univers.
13
3e étape: En groupe de 2 ou 3 => étudiez des expériences de pensées et des textes
afin de formuler le problème et de trouver des arguments.
L'honneur, [la sincérité], l'intelligence ou toute vertu quelconque, sont des biens que
nous choisissons pour eux-mêmes bien sûr (puisque, même si aucun avantage n'en
découlait pour nous, nous les choisirions encore), mais nous les choisissons surtout en
vue du bonheur, car c'est par leur intermédiaire que nous pensons devenir heureux.
Par contre, le bonheur, lui, n'est jamais choisi en vue de ces biens, ni d'une manière
générale en vue d'autre chose que lui-même.
=> Quelle thèse cet extrait permet-il de défendre ? Rayez la mention inutile
Il faut préférer le bonheur à la vérité / Il faut préférer la vérité au bonheur
=> Lequel de ces arguments reconstitue-t-il la pensée d’Aristote ?
1. Parce que la vérité (sincérité, recherche de connaissances) est une vertu très
importante que la plupart des gens choisissent même si elle ne leur apporte aucun
avantage. Or, il faut préférer ce que la majorité des gens choisissent.
2. Parce que, même si la vérité est une vertu importante par elle-même, nous la
choisissons surtout parce qu’elle nous conduit au bonheur. La vérité est un moyen; le
bonheur seul est une fin.
A/ Des scientifiques vous font la proposition suivante : « Votre vie ne va peut-être pas si mal
que cela, mais il y a toujours des soucis qui empoisonnent votre existence et vous n'êtes pas à
l'abri d'un malheur terrible. Nous vous faisons cette offre : nous pratiquerons sur vous, si vous
le voulez bien, une lobotomie (une opération où l’on enlève une partie du cerveau). Après
cette opération, vous n'aurez plus qu'un seul désir : compter les brins d'herbe. Avec la
lobotomie, nous vous fournirons aussi un jardin magnifique. Vous mènerez ainsi une existence
formidable, vous serez toujours satisfait et vous ne vous soucierez de rien ! »
➢ Acceptez-vous cette proposition ? Pour quelles raisons ?
B/ « Bon d’accord, la lobotomie du cerveau n’est pas une expérience très tentante” vous
concèdent les scientifiques. “A la place, nous vous proposons un changement moins radical. Il
est possible de transférer une part de votre personnalité dans le corps d’un chat domestique.
Rapidement vos préoccupations humaines disparaîtront et vous adopterez les habitudes, les
désirs et les instincts du chat. Vous serez nourri, protégé et choyé. Vous ne vous inquiéterez
plus jamais de vos devoirs de philo en retard, de changement climatique ou de ce que vous
allez bien pouvoir mettre sur Parcoursup ».
➢ Acceptez-vous cette proposition ? Pour quelles raisons ?
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Aucun homme intelligent ne consentirait à devenir imbécile, aucune personne instruite
à devenir ignorante, aucune personne de coeur et de conscience à devenir égoïste et
basse, même si on les persuadait que l’imbécile, l’ignorant, l’égoïste sont plus
satisfaits de leurs lots qu’elles des leurs. Elles ne se résigneraient pas à abandonner
ce qu’elles possèdent en plus de ces êtres même si on leur assurait la complète
satisfaction de tous les désirs qu’elles ont en commun avec eux (...)
Un être doué de facultés élevées demande plus pour être heureux, souffre
probablement plus profondément, et, sur certains points, est sûrement plus accessible
à la souffrance qu’un être d’un type inférieur. Mais, malgré tout, cet être ne pourra
jamais réellement désirer tomber dans une existence inférieure (...). Celui qui suppose
que cette répugnance pour une condition basse revient à sacrifier son bonheur, et
que, toutes circonstances égales, l’être supérieur n’est pas plus heureux que l’être
inférieur, confond les deux idées très différentes du bonheur et du
contentement. On ne peut pas nier que l’être dont les capacités de jouissance sont
inférieures a les plus grandes chances de voir [ses désirs] pleinement satisfaits, et que
l’être doué supérieurement sentira toujours l’imperfection des plaisirs qu’il désire.
Mais cet être supérieur peut apprendre à supporter cette imperfection ; elle ne le
rendra pas jaloux de l’être qui n’a pas conscience de cette imperfection, parce qu’il
n’entrevoit pas l’excellence que fait entrevoir toute imperfection.
Vous êtes en couple depuis plusieurs années. Vous avez traversé bien des événements
ensemble, une complicité forte vous lie à votre partenaire. Non seulement vous vous sentez
épanoui.e, mais aux yeux de vos proches et de votre famille, la vie semble réellement vous
sourire. Un jour, de manière tout à fait inopinée, l’un de vos meilleurs amis d’enfance vous
apprend que votre petit.e ami.e vous trompe depuis quelques mois. Vous êtes très surpris:
votre partenaire n’a pas changé d’attitude avec vous et n’a pas exprimé la volonté de vous
quitter. Rien ne vous laissait penser qu’il ou elle vous trompait. Pourtant votre ami ne vous
ment pas et vous présente même des preuves de la trahison. Il est très embarrassé par sa
révélation et vous explique qu’il a beaucoup hésité avant de venir vous voir, mais il pense que
vous avez le droit de savoir la vérité.
1. Avant que votre ami ne vous révèle la vérité, dans quelle situation vous trouviez-vous ?
Dans: l’ignorance - l’erreur - l’illusion - le mensonge ? Plusieurs réponses sont possibles:
justifiez vos choix.
2. Dans cette situation précise: la vérité vous semble-t-elle préférable au bonheur que vous
éprouviez ? Discutez ensemble.
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3. Faites une liste des raisons pour lesquelles la vérité serait préférable. Puis une liste des
raisons pour lesquelles il vaudrait mieux ne rien savoir.
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