École Nationale des Sciences Appliquées de Tétouan A.
U : 2022-2023
Module Algèbre 2 2AP1
Correction de la série (1): Espaces vectoriels, concepts de base
Correction 1. Comme E, +, . un R-espace vectoriel alors E, + est un groupe abélien et
est une loi de composition
externe sur E à scalaires dans C car;
∀λ ∈ C ∀x ∈ E λ x = Re(λ).x ∈ E
Puisque E 6= {0 E } donc il existe un vecteur x0 6= 0 E de E et on a
i i x0 = i 0.x0 = i 0E = 0 E et (i × i ) x0 = (−1) x0 = − x0
n’est pas un C-e.v.
Alors, i i x0 = ( i × i ) x0 et par la suite, E, +,
Correction 2.
définissent respectivement une loi interne et externe à scalaires dans K. Montrons tout
1. Il est clair que ces deux lois
d’abord que F ( X, E), + est un groupe abélien: Nous rappelons la propriété suivante:
f = g ⇐⇒ ∀ x ∈ X f ( x ) = g ( x ).
Donc le fait que ( E, +) est un groupe commutatif implique que l’addition dans F ( X, E) est commutative, asso-
ciative, l’application nulle son élément neutre et l’élément symétrique de f ∈ F ( X, E) est l’application x → − f ( x )
(car l’opposé de vecteur f ( x ) dans ( E, +) est le vecteur − f ( x )). Les quatre axiomes de la la multiplication externe
se déduisent de celles dans l’espace vectoriel E, puisque on a pour tout f , g ∈ F ( X, E) et (α, β) ∈ K2 :
• ∀x ∈ X (α + β). f ( x ) = α. f ( x ) + β. f ( x ) ⇐⇒ (α + β). f = α. f + β. f
• ∀x ∈ X α.( f ( x ) + g( x )) = α. f ( x ) + α.g( x ) ⇐⇒ α.( f + g) = α. f + α.g
• ∀x ∈ X α.( β. f ( x )) = (αβ). f ( x ) ⇐⇒ α.( β. f ) = (αβ). f
• ∀x ∈ X 1. f ( x ) = f ( x ) ⇐⇒ 1. f = f .
Par suite, est un F ( X, E), +, . est un K-espace vectoriel. En particulier, si E = K qui est un K-espace vectoriel il
en résulte ainsi que, F ( X, K), +, . est l’aussi .
Note. KN = F (N, K) l’ensemble des suites numériques u = (un )n∈N avec un ∈ K muni des deux lois suivantes:
u + v = un + vn n∈N ∈ KN et α.u = α un )n∈N ∈ KN , α ∈ K est un espace vectoriel sur K dont le vecteur nul est
la suite nulle.
2. Notons C l’ensembles des fonctions croissantes de R dans R qui est un sous ensemble de R-espace vectoriel
F (R, R). Comme le produit d’une fonction croissante par un scalaire strictement négatif est décroissante alors
C n’est pas stable par multiplication. Ainsi, C n’est pas un R-espace vectoriel.
3. Notons 0 ∈ B l’ensembles des fonctions bornées de R dans R qui est un sous ensemble de R-espace vectoriel
F (R, R). La somme de deux fonctions bornées est l’aussi bornée. La multiplication d’une fonction bornée par un
réel est l’aussi bornée. D’ou B est sous-espace vectoriel de F (R, R) et par suite il sera un R-espace vectoriel.
Correction 3.
• Rappelons que KN , +, . est un espace vectoriel sur K et 0 ∈ E ⊂ KN , soient α ∈ K et (u, v) ∈ E on a donc
∀n ∈ N un+2 + vn+2 = a un+1 + vn+1 + b un + vn , αun+2 = a(αun+1 ) + b(αun ),
et par suite, u + v ∈ E et α.u ∈ E ce qui montre que E est un s.e.v de KN et par suite, E, +, . est est un espace
vectoriel sur K.
• 0 ∈ F ⊂ C 1 (R, R) et C 1 (R, R), +, . est un R-e.v. Soient α ∈ R et ( f , g) ∈ F2 on a donc α. f + g ∈ C 1 (R, R) et de
plus,
α f (0) + α f (1) + g (0) + g (1) = α f 0 (0) + g 0 (0) = ( α f + g ) 0 (0).
Alors, α f + g ∈ F. D’ou, F, +, . est un R-e.v.
• On distinguera les deux cas suivants:
(1) Si K = C on a (0, 0, 0) ∈ G ⊂ C3 . Soient X = (1, 1, 0) ∈ G et Y = (1, j, 0) ∈ G avec j la racine cubique de l’unité
( j3 = 1 ) on a donc X + Y = (2, 1 + j, 0) ∈
/ G . Ainsi G n’est pas stable par addition et par la suite G n’est pas un
C-espace vectoriel.
(2) Si K = R on a (0, 0, 0) ∈ G ⊂ R3 (R-e.v) et pour ( x, y, z) ∈ R3 on a donc
x2 + x y + y2 = 0 ⇐⇒ x = y (car x2 + x y + y2 6= 0).
( x, y, z) ∈ G ⇐⇒ x−y
Ainsi, G = Vect(1, 1, 0) est un espace vectoriel sur R.
Conclusion. Si K = R alors G est un R-ev mais par contre si K = C l’ensemble G n’est pas un C-e.v.
Correction 4.
1. (⇐=) c’est trivial.
(=⇒) Si F ∪ G est un s.e.v de E. Supposons que F * G et G * F alors il existe x ∈ F et y ∈ G tels que x ∈ / G et
y∈/ F. Puisque F ∪ G est un sous-espace vectoriel alors x + y ∈ F ∪ G ce qui entraine que x + y ∈ F ou x + y ∈ G.
Or, F et G sont aussi des s.e.v alors y = x + y − x ∈ F ou x = x + y − y ∈ G ce qui contredit avec l’hypothèse. Par
conséquent F ⊂ G ou bien G ⊂ F.
2. On sait que Vect( A) est le plus petit s.e.v de E contenant A. Alors Vect( A) ∩ Vect( B) est aussi un s.e.v de E contenant
A ∩ B (l’intersection des s.e.v est s.e.v). Ainsi Vect A ∩ B ⊂ Vect( A) ∩ Vect( B).
On considère dans l’espace vectoriel réel R2 les deux vecteurs u = (1, 0) et v = 2u. Posons A = {u} et B = {v}
on aura A ∩ B = ∅ , Vect( A ∩ B) = {(0, 0)} et Vect( A) = Vect( B) = R.u (la droite engendrée par u). Ainsi,
Vect A ∩ B 6= Vect( A) ∩ Vect( B).
Correction 5.
1. Cas 1: Si C2 est considéré un C-e.v, soit (α, β, γ) ∈ C3 alors,
iα + 3β + iγ =0
αu + βv + γw = (0, 0) ⇐⇒
2α + 4iβ + 7γ =0
i
Pour γ = 1 le système a une solution unique (α = −2.5, β = ) et par suite la famille L n’est pas libre elle est liée.
2
On peut aussi constater que, w = −5i u + 2i v.
Cas 2: Si C2 est considéré un R-e.v, soit (α, β, γ) ∈ R3 alors,
iα + 3β + iγ =0 α+γ = 3β i
αu + βv + γw = (0, 0) ⇐⇒ ⇐⇒
2α + 4iβ + 7γ =0 2α + 7γ = −4β i
Ainsi, β = 0 et par suite α = γ = 0. D’ou L est une famille libre de C2 .
2. Si b = a 6= c la famille f a , f b , f c est liée de F (R∗+ , R) (l’un des 3 vecteur se répète). Maintenant supposons que
les a, b et c sont distincts deux à deux alors
f c = ln( ac ) + f a
f c = ln( bc ) + f b
ln( c )
Pour tout α ∈ R alors (1 + α) f c = f a + α f b + ln( ac ) + α ln( bc ). Puisque bc 6= 1 alors pour α = − ln( ac ) on obtient
b
f a + α f b − (1 + α) f c = 0 ce qui montre que la famille f a , f b , f c est liée de F (R∗+ , R).
Correction 6.
• E ⊂ M2 (R) et on a
M ∈ E ⇐⇒ ∃ ( x, y) ∈ R2 tel que M = M ( x, y) = x M(1, 0) + y M(0, 1) = x I + y J avec I, J ∈ E.
Alors E = Vetct( I, J ) et par la suite E est s.e.v de M2 (R) et ( I, J ) est une famille génératrice de E . Pour montrer
qu’il s’agit bien d’une base nous devrons prouver que ( I, J ) est libre.
αI + βJ = 0 ⇐⇒ M (α, β) = M (0, 0) ⇐⇒ α = β = 0.
N.B Cette méthode permet également de vérifier que il s’agit d’un sous-espace vectoriel Vect( I, J ) et d’extraire une
famille qui l’engendre. En revanche la méthode classique ci-dessous ne permet pas d’extraire la base demandée.
0 = M (0, 0) ∈ E, soit (α, β) ∈ R2 et ( M( x, y), M ( x 0 , y0 )) ∈ E2 on a donc αM( x, y) + βM ( x 0 , y0 ) = M (αx + βx 0 , αy +
βy0 ) ∈ E.
Correction 7.
1. On a
x x 1 0
y ∈ G ⇐⇒ y = x 0 +y 1 avec ( x, y) ∈ R2
z − x − 2y −1 −2
Ainsi, G = Vect(V1 , V2 ) est s.e.v de R3 engendré par la famille (V1 , V2 ). Or les deux vecteurs V1 et V2 sont
linéairement indépendants car ils ne sont pas colinéaires, d’ou la famille (V1 , V2 ) constitue une base de G et dim G =
2 (c’est le plan vectoriel de R3 ).
2. Soient (α, β, γ) ∈ R3 tel que α U1 + β U2 + γ U3 = 0R3 alors
α+γ = 0 α = −γ
−α − β − 2γ = 0 ⇐⇒ β = −γ .
α + 2β + kγ = 0 = 1−2 k γ
β
- Si k = 3 le système a une infinité de solutions (−γ, −γ, γ) ou γ ∈ R et par la suite la famille (U1 , U2 , U3 ) est liée.
- Si k 6= 3 le système admet une seul solution triviale (α = β = γ = 0 ) et par la suite les trois vecteurs U1 , U2 et U3
sont linéairement indépendants.
3. Prenons k = 3 on a U3 = U1 + U2 ce qui entraine que F = Vect(U1 , U2 ). De plus, ces deux vecteurs ne sont pas
colinéaires donc la famille (U1 , U2 ) est libre et par la suite elle constitue une base de F et dim F = 2. D’autre part,
on a U1 , U2 ∈ G et G est un sous-espace vectoriel alors F ⊂ G. Comme dim F = 2 = dim G il en résulte ainsi que,
F = G.
Correction 8.
1. G est un s.e.v de R-e.v F (R, R), et de plus on a,
∀ k = 0, 1, 2, 3 : gk = cos k sin + sin k cos ⇐⇒ gk ∈ Vect(sin, cos)
Par suite, G = Vect(sin, cos) autrement dit la famille sin, cos est génératrice de G , est-elle une famille est libre?.
Soit (α, β) ∈ R2 tel que, α sin + β cos = 0 donc, pour tout x ∈ R on a α sin( x ) + β cos( x ) = 0, en particulier pour
π
x = 0 on obtient β = 0 et pour x = on aura α = 0. Par suite, la famille sin, cos est une base de G et dim G = 2.
2
2. On a chaque polyn ôme Pi ∈ R3 [ X ] et la famille B comporte exactement 4 = dim R3 [ X ] donc il suffit de vérifier que
B = P1 , P2 , P3 , P4 est libre, soit (α, β, γ, δ) ∈ R4 :
α.P1 + β.P2 + γ.P3 + δ.P4 = 0 ⇐⇒ αX 3 + βX 2 (1 − X ) + γX (1 − X )2 + δ(1 − X )3 = 0
Pour X = 1 on obtient α = 0. En utilisant le fait que l’anneaux des polynômes est intègre il en résulte que βX 2 +
γX (1 − X ) + δ(1 − X )2 = 0. En procédant de même on aura β = γ = δ = 0. Ainsi la famille B est libre. Par suite,
B 0 constitue bien un base de R3 [ X ]. Ensuite, donnons les coordonnées de Q = X 2 + X − 1 dans la base B 0 . L’idée
est d’exprimer les vecteurs de la base canonique (1, X, X 2 , X 3 ) de R3 [ X ] en fonctions des éléments de la nouvelle
base B .
On a X 3 = P1 et P2 = X 2 (1 − X ) = X 2 − P1 alors X 2 = P1 + P2 . De même on aura X = P1 + 2P2 + P3 et
1 = P1 + 3P2 + 3P3 + P4 . Finalement
" # 1
0
X2 + X − 1
= −2
B
−1
Correction 9.
1. a) Pλ = Vect(u, v). Les deux vecteurs u et v sont-ils linéairement indépendants?
u et v sont colinéaires ⇐⇒ λ = 2
Si λ 6= 2 alors la famille (u, v) est libre et par suite elle constitue une base de Pλ et on a dim Pλ = 2.
Si λ = 2 alors v = 2u et par suite P2 = Vect(u) = R.u est une droite vectorielle engendré par le vecteur u et on a
dim P2 = 1.
b) Si λ = 2,
x = 2α
x = 2z
y = 5α
( x, y, z, t) ∈ P2 = R.u ⇐⇒ ∃ α ∈ R ⇐⇒ y = 5z (trois équations cartésiennes).
z =α
t = 3z
t = 3α
Si λ 6= 2 on a Pλ == Vect(u, v) et
x = 2α + 4β
y = 5α + 10β 5x − 2y =0
2
( x, y, z, t) ∈ Pλ ⇐⇒ ∃ (α, β) ∈ R ⇐⇒ (deux équations cartésiennes).
z = α+λβ 3x − 2t =0
t = 3α + 6β
2. Dµ ⊂ Pλ si et seulement si, wµ ∈ Pλ .
Si λ = 2 en remplaçant dans les équations cartésiennes de P2 on obtient ainsi, µ = 3 et µ = 0 ce qui est impossible.
D’ou, Dµ * P2 .
Si λ 6= 2 en remplaçant dans les équations cartésiennes de Pλ on obtient ainsi, µ = 6. D’ou,
Dµ ⊂ Pλ ⇐⇒ λ 6= 2, µ = 6.
Correction 10.
1. On sait que Rn [ X ], +. est un R-espace vectoriel de dimension n + 1.
On a 0 ∈ H ⊂ Rn [ X ] et soit α ∈ R et ( P, Q) ∈ H2 ;
(αP + Q)(1) = αP(1) + Q(1) = 0 et (αP + Q)0 (1) = αP0 (1) + Q0 (1) = 0 ⇒ αP + Q ∈ H.
Alors , H est un sous-espace vectoriel de Rn [ X ] et dim H 6 n + 1. Il en résulte donc que H, +, . est un R-espace
vectoriel de dimension finie.
2. P ∈ H donc ( X − 1)2 divise P. Alors il existe un polynôme Q ∈ Rn−2 [ X ] (n > 2) tel que P = ( X − 1)2 Q. Ainsi
n −2 n −2
∃ a 0 , a 1 , . . . , a n −2 ∈ Rn −1 P = ( X − 1)2 ∑ ai X i = ∑ ai Pi avec Pi = X i ( X − 1)2
i =0 i =0
On a Pi ∈ H car 1 est une racine double de chaque Pi . Par suite, H = Vect(B) avec B = P0 , P1 , . . . , Pn−2 engendre
H.
Maintenant montrons que la famille B est libre;
n −2 n −2 n −2
∑ αi Pi = (X − 1)2 ∑ αi Xi = 0 ⇒ ∑ αi Xi = 0 ⇒ αi = 0 ∀i = 0, . . . , n − 2
i =1 i =1 i =1
D’ou, B constitue bien un base de H et dim(H) = n − 2.