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Chap 1

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1 Suites numériques réelles

1. Définitions et exemples

Définition

On appelle suite numérique réelle toute application u d’une partie infinie N 1 ⊂ N vers R c’est-à-
dire

u : N1 −→ R
n 7−→ u(n).

L’image u(n) s’appelle le terme général de la suite u et se note u n = u(n). La suite, dite de terme
général u n , est notée (u n )n∈N1 ou seulement (u n )n . On désigne par S (N1 , R) l’ensemble des suites
numériques réelles définies sur N1 .

1) Soit a ∈ R. L’application

u : N −→ R
n 7−→ a

est une suite numérique réelle et s’appelle suite constante de valeur a.


2)

u : N∗ −→ R
1
n 7−→ , N1 = N∗ = N \ {0}.
n
3) Suites arithmétiques. Une suite numérique réelle (u n )n∈N est dite une suite arithmétique
s’il existe r ∈ R tel que
∀ n ∈ N, u n+1 = u n + r.
r s’appelle la raison de (u n )n∈N . Une suite arithmétique est parfaitement définie par la connais-
sance de son premier terme u 0 et de sa raison r.
4) Suites géométriques. Une suite numérique réelle (u n )n∈N est dite une suite
géométrique s’il existe q ∈ R tel que

∀ n ∈ N, u n+1 = q u n .

q s’appelle la raison de (u n )n∈N . Une suite géométrique est parfaitement définie par la connais-
sance de son premier terme u 0 et de sa raison q.

Remarques

1) Si (u n )n∈N est une suite arithmétique de premier terme u 0 et de raison r alors,

∀ n ∈ N, u n = u 0 + nr.

En effet. Par récurrence sur n.


- u 0 = u 0 + 0 · r et u 1 = u 0 + r = u 0 + 1 · r.

1
Faculté des sciences 2

- Hypothèse de récurrence. Propriété vraie jusqu’à l’ordre n.

u n+1 = u n + r = u 0 + nr + r = u 0 + (n + 1)r. z

2) Si (u n )n∈N est une suite géométrique de premier terme u 0 et de raison q alors,

∀ n ∈ N, u n = u0 · q n .

En effet. Par récurrence sur n.


- u 0 = u 0 · q0 et u 1 = u 0 · q = u 0 · q1 .
- Hypothèse de récurrence. Propriété vraie jusqu’à l’ordre n.

u n+1 = u n · q = (u 0 · q n ) · q = u 0 · q n+1 . z

Opérations algébriques sur les suites


Soient u = (u n )n , v = (vn )n ∈ S (N1 , R) et λ ∈ R. On pose, par définition,
u · v = (u n vn )n suite produit de u et v.
u + v = (u n + vn )n suite somme de u et v.
λ · u = (λ u n ) n suite produit de u par le scalaire λ.

Si v ne s’annule pas sur N1 alors, on désigne par

u un
=( ) la suite quotient de u par v.
v vn n

2. Suites bornées
Soit (u n )n ∈ S (N1 , R).
¦ (u n )n est dite majorée s’il existe M ∈ R tel que

∀ n ∈ N1 , u n É M.

Autrement dit, { u n : n ∈ N1 } est une partie majorée dans R.


¦ (u n )n est dite minorée s’il existe m ∈ R tel que

∀ n ∈ N1 , m É un.

Autrement dit, { u n : n ∈ N1 } est une partie minorée dans R.


¦ (u n )n est dite bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

〈(u n )n est bornée 〉 ⇐⇒ 〈∃ M > 0, ∀ n ∈ N1 , | u n |É M 〉.

3. Suites monotones
¦ Une suite (u n )n∈N1 est dite croissante (respectivement strictement croissante) si

∀ n ∈ N1 , u n É u n+1 (resp. u n < u n+1 ).

¦ Une suite (u n )n∈N1 est dite décroissante (respectivement strictement


décroissante) si
∀ n ∈ N1 , u n+1 É u n (resp. u n+1 < u n ).
¦ (u n )n∈N1 est dite monotone si elle est croissante ou décroissante.
¦ (u n )n∈N1 est dite strictement monotone si elle est strictement croissante ou
strictement décroissante.
¦ (u n )n∈N est dite stationnaire s’il existe n 0 ∈ N tel que

∀n Ê n0 , u n = u n0 .

AFILAL Soumaya 2 2020/2021


4. SUITES CONVERGENTES Faculté des sciences

4. Suites convergentes
¦ Une suite numérique réelle (u n )n∈N est dite convergente (ou converge) s’il existe l ∈ R tel que

∀ε > 0, ∃ Nε ∈ N, ∀n ∈ N : n > Nε ⇒ | u n − l |< ε.

On dit que l est la limite de (u n )n∈N et on écrit

l = lim u n ou bien u n −→ l.
n→+∞ n→+∞

¦ Une suite qui n’est pas convergente est dite divergente.

F I G U R E 1.1 – Interprétation géométrique d’une suite convergente

Remarques

1) Dans la définition, on peut remplacer les inégalités strictes par des inégalités larges.
2) 〈 l = lim u n 〉 ⇐⇒ 〈∀ε > 0, ∃ Nε ∈ N tel que { u n : n > Nε } ⊂]l − ε, l + ε[〉.
n→+∞
3) 〈(u n )n est divergente〉 ⇐⇒ 〈∀ l ∈ R, ∃ε > 0, ∀ n ∈ N, ∃ p ∈ N : p > n et | u p − l |Ê ε〉.

Exemples.
1) Toute suite stationnaire (en particulier toute suite constante) est convergente.
1 1
2) ( ) est convergente et lim = 0. En effet. Soit ε > 0 et cherchons Nε ∈ N∗ tel que
n n∈N∗ n→+∞ n

1 1
∀ n ∈ N∗ : n > Nε ⇒ | − 0 |= < ε.
n n
1
Il suffit de prendre Nε = E ( ) + 1 et on a bien
ε
1 1
∀ n ∈ N∗ : n > Nε ⇒ < < ε. z
n Nε

AFILAL Soumaya 3 2020/2021


Faculté des sciences 4

Proposition 1

La limite d’une suite, lorsqu’elle existe, est unique.

Preuve.

Soit ( u n )n une suite numérique réelle convergente. Supposons que

lim u n = l ∈ R et lim u n = l 0 ∈ R avec l 6= l 0 .


n→+∞ n→+∞

| l − l0 |
Posons, ε = > 0. Alors,
2

∃ Nε1 ∈ N ∀n : n > Nε1 ⇒ | u n − l |< ε


∃ Nε2 ∈ N ∀n : n > Nε2 ⇒ | u n − l 0 |< ε.

En prenant Nε = max{ Nε1 , Nε2 }, il vient

∀n : n > Nε ⇒ | l − l 0 |=| l − u n + u n − l 0 |É| l − u n | + | u n − l 0 |< 2ε =| l − l 0 | .

Ceci est absurde. D’où, l = l 0 . z

Proposition 2

Toute suite convergente est bornée.

Preuve.

Soient ( u n )n une suite numérique réelle convergente et l = lim u n ∈ R.


n→+∞
Prenons ε = 1. Alors,
∃ N1 ∈ N, ∀n ∈ N : n > N1 ⇒ | u n − l |< 1.
Par suite, pour tout n > N1 ,

〈|| u n | − | l ||É| u n − l |< 1〉 =⇒ 〈| u n |< 1+ | l |〉.

Si on pose M = max{| u 0 |, | u 1 |, ..., | u N1 |, 1+ | l |} > 0, il vient

∀ n ∈ N, | u n |É M.

Ce qui montre que ( u n )n est bornée. z

Remarque

La réciproque est fausse.

Contre-exemple. La suite (u n = (−1)n )n∈N est bornée mais non convergente.


En effet.
(?) Puisque { u n : n ∈ N} = {−1, 1} est finie alors, ((−1)n )n∈N est bornée.
1
(?) Supposons que (u n = (−1)n )n∈N converge vers un certain l ∈ R. Pour ε = ,
2
il existe N ∈ N tel que

1 1 1
∀n ∈ N : n > N ⇒ | (−1)n − l |< ⇒ (−1)n − < l < (−1)n + .
2 2 2

AFILAL Soumaya 4 2020/2021


4. SUITES CONVERGENTES Faculté des sciences

Par suite,
1 3
- si n > N et n est pair alors, l ∈] , [.
2 2
3 1
- si n > N et n est impair alors, l ∈] − , − [.
2 2
C’est une contradiction. D’où, ((−1)n )n∈N diverge. z

Théorème 1. de convergence des suites monotones

(i) Toute suite réelle (u n )n croissante et majorée dans R converge et

lim u n = supR { u n : n ∈ N}.


n→+∞

(ii) Toute suite réelle (u n )n décroissante et minorée dans R converge et

lim u n = infR { u n : n ∈ N}.


n→+∞

Opérations sur les suites convergentes

Proposition 3

Soient (u n )n , (vn )n deux suites réelles convergentes de limites


(l = lim u n , l 0 = lim vn ) et λ ∈ R. Alors,
n→+∞ n→+∞
(i) la suite (| u n |)n converge vers | l | ;
(ii) la suite (u n + vn )n converge vers l + l 0 ;
(iii) la suite (λ u n )n converge vers λ l ;
(iv) la suite (u n vn )n converge vers ll 0 .
un l
(v) Si l 0 6= 0 alors, la suite ( ) converge vers 0 .
vn n l
(vi) Si (pour tout n ∈ N, u n Ê 0) alors, l Ê 0.
(vii) Si (pour tout n ∈ N, u n É vn ) alors, l É l 0 .

Remarques

1) u n < vn (pour n assez grand) n’implique pas lim u n < lim vn .


n→+∞ n→+∞
∗ 1 1
Contre-exemple. Pour tout n ∈ N , 0 < et pourtant lim = 0.
n n →+∞ n
2) (?) L’implication 〈 lim | u n |=| l |〉 =⇒ 〈 lim u n = l 〉 est, en général, fausse.
n→+∞ n→+∞
Contre-exemple. Pour tout n ∈ N, u n = (−1)n . On a, pour tout n ∈ N,
| u n |= 1. Donc, (| u n |)n converge vers 1 mais (u n )n diverge.
(?) Si l = 0 alors,
〈 lim | u n |= 0〉 ⇐⇒ 〈 lim u n = 0〉.
n→+∞ n→+∞

En effet. =⇒) Soit ε > 0. Il existe Nε ∈ N tel que

∀n : 〈 n > Nε 〉 ⇒ 〈|| u n | −0 |=| u n |=| u n − 0 |< ε〉.

D’où, lim u n = 0. z
n→+∞

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Faculté des sciences 6

5. Suites adjacentes
Deux suites numériques réelles (u n )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si


 (u n )n est croissante





(vn )n est décroissante






 lim (vn − u n ) = 0.
n→+∞

Conséquence

Si (u n )n∈N et (vn )n∈N sont adjacentes alors,

∀ n ∈ N, u n É vn .

Preuve.

Posons, pour tout n ∈ N, wn = vn − u n . La suite (wn )n∈N est décroissante car, pour tout n ∈ N, on a

wn+1 − wn = (vn+1 − vn ) + ( u n − u n+1 ) É 0.

D’autre part, (wn )n∈N est convergente. Donc, elle est bornée. Comme (wn )n∈N est décroissante minorée alors,

lim wn = infR {wn : n ∈ N} = 0.


n→+∞

D’où, (wn )n∈N est minorée par 0. Par suite,

∀ n ∈ N, u n É vn . z

3u n−1 + vn−1

 un
 =
F I G U R E 1.2 – Représentation des suites adjacentes 4
2u n−1 + 3vn−1
 vn

=
5

AFILAL Soumaya 6 2020/2021


6. SUITES DE CAUCHY Faculté des sciences

Proposition 4

Deux suites adjacentes sont convergentes et ont la même limite.

Preuve.

Soient ( u n )n et (vn )n deux suites adjacentes. Alors, pour tout n ∈ N, on a

u 0 É u n É u n+1 É vn+1 É vn É v0 .

Il s’ensuit que, ( u n )n est croissante majorée par v0 et (vn )n est décroissante minorée par u 0 . Elles sont donc
convergentes. Posons, l = lim u n et l 0 = lim vn . Or,
n→+∞ n→+∞

lim (vn − u n ) = lim vn − lim u n = l 0 − l = 0.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

D’où, l = l 0 . z

Exemple. Les suites (u n )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ définies par



Xn 1 1 1 1
u = = 1 + + + ... +

n

k=0 k! 1! 2! n!





 1
vn = u n +


n · n!

sont adjacentes et lim u n = lim vn = e. En effet.


n→+∞ n→+∞

1) Pour tout n ∈ N , on a
nX
+1 1 n 1 1
(?) u n+1 − u n =
X
− = > 0,
k=0 k! k=0 k! (n + 1)!
(?)
1 1
vn+1 − vn = u n+1 − u n + −
(n + 1) · (n + 1)! n · n!
1 1 1
= + −
(n + 1)! (n + 1) · (n + 1)! n · n!
1 n+2 1 n+2 1
= × − = 2

(n + 1)! n + 1 n · n! (n + 1) n! n · n!
n(n + 2) − (n + 1)2 1
= 2
=− < 0.
n(n + 1) n! n(n + 1)(n + 1)!

1
(?) Et lim (vn − u n ) = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ n · n!
Les suites (u n )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ sont bien adjacentes donc admettent une limite commune que l’on
notera l.

6. Suites de Cauchy
Une suite réelle (u n )n est dite une suite de Cauchy si

∀ p, q ∈ N


∀ε > 0, ∃ Nε ∈ N tel que ⇒| u p − u q |< ε.

p > Nε , q > Nε

AFILAL Soumaya 7 2020/2021


Faculté des sciences 8

On a aussi

〈(u n )n est une suite de Cauchy 〉


m
 ∀ n, p ∈ N

〈∀ε > 0, ∃ Nε ∈ N tel que ⇒| u n+ p − u n |< ε〉.



n > Nε

Proposition 5

(i) Toute suite de Cauchy est bornée.


(ii) Toute suite convergente est de Cauchy.
(iii) Toute suite de Cauchy dans R converge.

Conséquence

Soit (u n )n une suite réelle. Alors,

〈(u n )n converge 〉 ⇐⇒ 〈(u n )n est une suite de Cauchy 〉. (1.1)

Ainsi, on peut montrer qu’une suite est convergente sans connaître à priori sa limite.

7. Suites extraites ou sous-suites

Définition

Soient (u n )n∈N une suite réelle et ϕ : N −→ N une application


strictement croissante de N dans N. La suite (vn )n∈N définie par

vn = u ϕ(n) (pour n ∈ N)

est appelée sous-suite ou suite extraite de la suite (u n )n∈N et se note (u n k )k∈N ou seulement
(u n k )k .

Remarque

La donnée d’une suite extraite c’est la donnée d’une application


strictement croissante de N dans N.

Proposition 6

Toute suite extraite d’une suite convergente (u n )n est convergente et converge vers lim u n .
n→+∞

Preuve.

Posons, l = lim u n et soit ϕ : N −→ N une application strictement


n→+∞
croissante sur N. Alors,
∀ n ∈ N, ϕ( n) Ê n.
En effet. Par récurrence sur n.

AFILAL Soumaya 8 2020/2021


7. SUITES EXTRAITES OU SOUS-SUITES Faculté des sciences

• ϕ(0) ∈ N donc ϕ(0) Ê 0.


• Supposons que ϕ( n − 1) Ê n − 1. Alors,

ϕ( n) > ϕ( n − 1) Ê n − 1.

D’où, ϕ( n) Ê n.
Soit ε > 0. Puisque l = lim u n alors, il existe Nε ∈ N tel que
n→+∞

∀n : n > Nε =⇒ | u n − l |< ε.

Par suite,
∀n : ϕ( n) Ê n > Nε =⇒ | u ϕ(n) − l |< ε.

Ce qui montre que ( u ϕ(n) )n converge et lim u ϕ(n) = l . z


n→+∞

Remarque

La réciproque est fausse : Une suite divergente peut admettre des


sous-suites convergentes.

Exemple. C’est le cas pour la suite (u n = (−1)n ))n∈N . En effet. Les applications

ϕ1 : N −→ N et ϕ2 : N −→ N
n 7−→ 2n n 7−→ 2n + 1

sont strictement croissantes sur N. De plus,

∀ n ∈ N, u 2n = 1 et u 2n+1 = −1.

Les deux suites extraites (u 2n )n∈N et (u 2n+1 )n∈N convergent mais, (u n )n∈N diverge. z

Proposition 7

Soient (u n )n une suite numérique réelle et ϕ1 , ϕ2 , ..., ϕ p : N −→ N des applications strictement


croissantes sur N vérifiant
ϕ1 (N) ∪ ϕ2 (N) ∪ ... ∪ ϕ p (N) = N.

Si les suites extraites (u ϕ1 (n) )n , (u ϕ2 (n) )n , ..., (u ϕ p (n) )n convergent vers la même limite l alors, la
suite (u n )n converge vers l.

Remarques

1) Si les suites extraites (u 2n )n et (u 2n+1 )n convergent vers la même limite l alors, (u n )n


converge et lim u n = l.
n→+∞
2) Si une suite réelle (u n )n admet deux suites extraites convergentes mais vers deux limites
différentes alors, (u n )n diverge.

Exemple. C’est le cas pour la suite (u n = (−1)n ))n∈N . En effet.

∀ n ∈ N, u 2n = 1 et u 2n+1 = −1.

Les deux suites extraites (u 2n )n∈N et (u 2n+1 )n∈N convergent mais,

lim u 2n = 1 6= −1 = lim u 2n+1 .


n→+∞ n→+∞

Alors, (u n )n diverge. z

AFILAL Soumaya 9 2020/2021


Faculté des sciences 10

8. Extension aux limites infinies

Définition

Soit (u n )n∈N une suite réelle. On dit que


¦ (u n )n a pour limite +∞ et on écrit lim u n = +∞ ou u n −→ +∞ si
n→+∞ n→+∞

∀ A > 0, ∃ N A ∈ N, ∀n ∈ N : n > N A =⇒ u n > A.

¦ (u n )n a pour limite −∞ et on écrit lim u n = −∞ ou u n −→ −∞ si


n→+∞ n→+∞

∀ A > 0, ∃ N A ∈ N, ∀n ∈ N : n > N A =⇒ u n < − A.

Remarques

1) Toute suite qui a une limite infinie est divergente.


2) On dit aussi que (u n )n a pour limite "l’infini" ou tend vers "l’infini".
3) 〈 lim u n = −∞〉 ⇐⇒ 〈 lim (− u n ) = +∞〉.
n→+∞ n→+∞

Propriétés

Soient (u n )n et (vn )n deux suites réelles.


1) Si
∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n Ê N =⇒ u n É vn




alors, lim vn = +∞.


 lim u n = +∞ n→+∞
n→+∞

2) Si lim u n = +∞ et (vn )n est minorée alors, lim (u n + vn ) = +∞.


n→+∞ n→+∞
En particulier,

〈 lim u n = +∞ et lim vn = +∞〉 =⇒ 〈 lim (u n + vn ) = +∞〉.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

〈 lim u n = +∞ et lim vn = l 0 ∈ R〉 =⇒ 〈 lim (u n + vn ) = +∞〉.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

3)

〈 lim u n = +∞ et lim vn = +∞〉 =⇒ 〈 lim (u n vn ) = +∞〉.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

〈 lim u n = +∞ et lim vn = l 0 ∈ R∗+ 〉 =⇒ 〈 lim (u n vn ) = +∞〉.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

1
4) • 〈 lim u n = +∞〉 =⇒ 〈 lim = 0〉.
n→+∞ n→+∞ un
• Si
∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N =⇒ u n > 0



 1
alors, lim = +∞.


 lim un = 0 n→+∞ un
n→+∞

AFILAL Soumaya 10 2020/2021


9. SUITES RÉCURRENTES Faculté des sciences

5) Soit q ∈ R et considérons la suite géométrique (q n )n∈N .


(i) Si q > 1 alors, lim q n = +∞.
n→+∞
(ii) Si | q |< 1 alors, lim q n = 0.
n→+∞
(iii Si q = 1 alors, (q n )n∈N est une suite constante.
(iv) Si q = −1 alors, ((−1)n )n∈N diverge.
(v) Si q < −1 alors, (q n )n∈N diverge et lim | q n |= +∞.
n→+∞

Proposition 8

(i) Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞.


(ii) Toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞.

Preuve.

(i) Soit ( u n )n une suite réelle croissante et non majorée. Alors,

∀ A ∈ R, ∃N A ∈ N tel que u N A > A.

En particulier,
∀ A > 0, ∃N A ∈ N tel que u N A > A.
Soit n > N A . Puisque ( u n )n est croissante alors, u n Ê u N A > A . D’où,
lim u n = +∞.
n→+∞
(ii) Soit ( u n )n une suite réelle décroissante et non minorée. Alors,

∀ A ∈ R, ∃N A ∈ N tel que u N A < − A.

En particulier,
∀ A > 0, ∃N A ∈ N tel que u N A < − A.
Soit n > N A . Puisque ( u n )n est décroissante alors, u n É u N A < − A . D’où,
lim u n = −∞. z
n→+∞

9. Suites récurrentes

Définition

Soient I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction tel que

f (I) = { f (x) : x ∈ I } ⊂ I.

On appelle suite récurrente une suite (u n )n définie par la donnée de son premier terme u 0 ∈ I et
de la relation de récurrence
∀ n ∈ N, u n+1 = f (u n ).
Comme f (I) ⊂ I alors, (u n )n est bien définie.
L’étude d’une suite récurrente est, en général, très difficile. Par contre, on sait étudier une telle suite
dans le cas où f est monotone sur I.

AFILAL Soumaya 11 2020/2021


Faculté des sciences 12

Monotonie.
L’étude de la monotonie de (u n )n revient à celle de la fonction f . En utilisant

u n+1 − u n = f (u n ) − f (u n−1 ),

on montre les résultats suivants.

Proposition 9

1) Lorsque f est croissante sur I alors, (u n )n est monotone. De façon plus précise, on a
(i) Si u 0 É u 1 = f (u 0 ) alors, (u n )n est croissante.
(ii) Si u 0 Ê u 1 = f (u 0 ) alors, (u n )n est décroissante.
2) Si f est décroissante sur I alors, la fonction g = f ◦ f est croissante sur I et les suites extraites
(u 2n )n et (u 2n+1 )n définies par

u 2n = f (u 2n−1 ) = ( f ◦ f )(u 2(n−1) ) = g(u 2(n−1) )


u 2n+1 = f (u 2n ) = ( f ◦ f )(u 2n−1 ) = g(u 2n−1 ), u 0 ∈ I et u 1 = f (u 0 )

sont l’une croissante et l’autre décroissante.


Si les suites (u 2n )n et (u 2n+1 )n sont adjacentes alors, elles convergent vers une même limite
qu’on désigne par l. Par suite, l est la limite de la suite (u n )n .
Par contre si (u 2n )n et (u 2n+1 )n convergent vers des limites différentes alors, (u n )n diverge.

Preuve.

1) On suppose que f est croissante sur I .


(i) Si u 0 É u 1 = f ( u 0 ) alors, par récurrence sur n, on a

u n = f ( u n−1 ) É f ( u n ) = u n+1 .

Donc, ( u n )n est croissante.


(ii) Si u 0 Ê u 1 = f ( u 0 ) alors, par récurrence sur n, on a

u n = f ( u n−1 ) Ê f ( u n ) = u n+1 .

Donc, ( u n )n est décroissante.


Le problème se ramène à chercher un majorant ou un minorant de la suite ( u n )n qui sera, en général,
la limite lorsqu’elle existe.
2) Découle du premier cas 1). z

Proposition 10

Si f est continue sur I et si la suite (u n )n est convergente de limite l ∈ I alors, l = f (l).

AFILAL Soumaya 12 2020/2021


9. SUITES RÉCURRENTES Faculté des sciences

Preuve.

Puisque ( u n )n converge vers l alors, ( u n+1 )n converge aussi vers l et on a

lim u n = lim u n+1 = l.


n→+∞ n→+∞

Puisque, pour tout n ∈ N, u n+1 = f ( u n ) et f est continue sur I alors,

l = lim u n+1 = lim f ( u n ) = f ( lim u n ) = f ( l ). z


n→+∞ n→+∞ n→+∞

Remarque

La recherche de la limite de (u n )n revient à la résolution de l’équation "l = f (l)" et à vérifier si


(u n )n converge ou non vers un tel nombre l.

Exemples.
1) Les suites arithmétiques et géométriques sont des suites récurrentes.
1
2) u n = u n−1 + n n’est pas une suite récurrente.
2

AFILAL Soumaya 13 2020/2021

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