4ème PARTIE : LA MONDIALISATION DE L’ECONOMIE
CHAPITRE I : LE COMMERCE INTERNATIONAL
I-STRUCTURE DE L’ECHANGE INTERNATIONAL
1-L’évolution du commerce mondial
Dans une perspective historique longue, depuis 1800, le commerce mondial
(exportations et importations) a été multiplié par 300. Seules les années 1930-
1945 se sont traduites par un recul des échanges.
Dans une perspective plus récente, de 1950-1988, le commerce mondial a
décuplé pour atteindre 3000 milliards $. Les 2 chics pétroliers ont particulièrement
marqué le commerce mondial. Ce qui a fait qu’il a connu un recul en 1975 et en
1981-1982.
La croissance des exportations sur la période a été plus forte que celle de la
production montrant ainsi le développement du commerce international.
Depuis 1960, la plupart des pays se sont ouverts sur l’extérieur (à partir d’un
Exportation
taux d’ouverture ou taux d’exportation = ∗100 ).
PIB
Ainsi à l’époque, les pays Européens étaient plus ouverts car ils consacraient
25% de leurs productions aux exportations. Par contre les USA et le Japon
demeurent relativement fermés (avec un taux d’ouverture sensiblement égal à
10%)
2-Les produits échangés
Part dans les échanges courants 1963 1997
Produits agricoles 29 11
Produits minéraux 16 13
Produits manufacturés 52 73
La part des produits primaires ou produits de base (produits agricoles ou
minéraux) diminue passant de 45% à 24% alors que celle des produits
manufacturés augmente pour représenter 73% en 1997.
Cette dernière situation s’explique par le nouvel ordre économique international
ou redistribution de carte mondiale avec la spécialisation de certains pays du
tiers monde dans les produits manufacturés.
De nos jours on parle d’une nouvelle division internationale du travail (DIT) par
opposition à la DIT traditionnelle (spécialisation dans les produits de base).
3-La géopolitique de l’échange
Le commerce mondial est concentré entre les mains d’une minorité. Les USA,
l’Allemagne et le Japon assurent à eux seuls le tiers des exportations et des
importations mondiales. Ils sont suivis par la France, la Grande Bretagne, le
Canada, l’Italie, les Pays Bas ; ces derniers réalisant 59,5% des exportations et
58% des importations.
Depuis les années 1970, on assiste à l’avènement des NOPEI (nouvel ordre
économique international) avec l’entrée d’un groupe de pays en développement qui
joue un rôle important dans le commerce international. Il s’agit des nouveaux pays
industrialisés (NPI) qui comprennent les 4 pays d’Asie du sud (Hong Kong, Corée
du sud, Singapour et Taïwan) ainsi que 2 pays de l’Amérique latine (le Brésil et
le Mexique).
Les années 1980 ont vu à leur tour surgir un second groupe de PED exportant
des produits manufacturés. Il s’agit essentiellement d’autres pays asiatiques comme
la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie. Les seuls pays d’Asie restant encore en
retard par rapport aux autres étant la Birmanie et la Mongolie (le chef de file pour
la locomotive étant le Japon).
II-LES THEORIES DE L’ECHANGE INTERNATIONAL
1-Les fondements de la DIT
a-La théorie des avantages absolus « Adam Smith »
Chaque pays doit se spécialiser dans la production des biens où il est le plus
performant et importer les autres biens pour lesquels il ne détient pas un avantage
absolu.
Chacun des participants à l’échange y gagne, la communauté à intérêt à
échanger avec l’extérieur.
b-La théorie des avantages comparatifs
Pays A (Angleterre) Pays B (Portugal)
1 pièce de drap 100 hommes par an 90 hommes par an
Vin 120 hommes par an 80 hommes par an
Le pays B a un avantage absolu dans les 2 productions. Chaque pays va alors se
spécialiser dans la production de la marchandise pour laquelle il est relativement
plus performant. Ainsi pour le drap, la productivité du pays A est 90% de celle du
pays B alors que pour le vin la productivité n’est que de 67% de celle du pays B. Le
pays A est relativement meilleur dans la production de drap.
Au niveau de l’ensemble de la collectivité, si chacun des pays se spécialise, on
obtiendra un gain de production.
Total des hommes disponibles Pays A : 220 hommes ; une pièce de drap est obtenu
avec 100 hommes, avec 220 hommes on obtient 2,2 pièces de drap.
Total des hommes disponibles pays B : 170 hommes ; le vin est obtenu avec 80
hommes donc avec 170 hommes on obtient 2,125 fois plus de vin.
c-La théorie de la dotation factorielle
Chaque pays doit se spécialiser dans la fabrique du produit qui incorpore le
facteur de production le plus abondant et importer les produits nécessitant le
facteur de production la plus rare (théorie H.O.S = Heckscher-Ohlin-Samuelson).
Elie Heckscher, Bertil Ohlin et Paul Anthony Samuelson.
2-La remise en cause de l’échange international
Pour certains analystes (principalement les marxistes ou tiers mondistes), le
commerce international ne profite pas équitablement à tous les participants.
a-L’échange inégal : Théorie développée par Samir Amin et Arghiri Emmanuel
Les pays du « centre » exploitent ceux de la « périphérie » : les salaires étant
plus faibles dans les PED et les spécialisations peu avantageuses. Les PD peuvent
obtenir plus de travail qu’ils n’en offrent en échangeant les marchandises.
b-L’impérialisme : Rosa Luxembourg, Lénine
Les profits diminuant dans les PD, les capitalistes vont exploiter les pays
« arriérés » dans lesquels les perspectives de profits sont plus élevées. Cette
exploitation va d’abord prendre la forme d’exportations de capitaux
(investissements étrangers) ou de manière plus violente de création de colonies.
c-Les effets de domination : François Perroux
Les échanges internationaux résultent des rapports de force et de pouvoir. Il y a
des pays qui ont des monopoles sur certaines technologies ou qui les maitrisent
tandis que d’autres n’y ont pas accès.
Ainsi les PED qui veulent renter sur le marché international se voient contrer par
les PD qui ont une certaine avancée technologique.
3-Le libre échange ou le protectionnisme
Le libre échange est l’ensemble des mesures permettant d’assurer la libre
circulation des marchandises à travers la réduction ou la suppression des barrières
douanières.
Le protectionnisme est l’ensemble des mesures permettant de protéger les
produits nationaux contre la concurrence étrangère. Il revêt 2 formes :
•le protectionnisme tarifaire : Il s’agit de l’application des droits de douanes
pour empêcher l’entrée des produits étrangers sur le marché national.
•le protectionnisme non tarifaire : Il s’agit des obstacles aux barrières
douanières non tarifaires pour empêcher l’entrée de produits étrangers. On
distingue :
°la réglementation sanitaire, la sécurité, la pollution ;
°l’instauration des normes ;
°les quotas, les contingents ;
°le contrôle tatillon, les détails, les formulaires ;
°les subventions.
On cherche à empêcher l’entrée des produits étrangers pour soutenir les
activités en difficultés, garder son indépendance ou encourager l’émergence, la
restructuration de nouvelles activités : ce sont les fondements du protectionnisme.
L’économiste Allemand Fréderic List légitimise le recours au protectionnisme
sous certaines conditions. Cette protection doit être sélective et temporaire, elle
doit permettre de former la main d’œuvre, maitriser les techniques et acquérir une
taille minimum (c’est la théorie du protectionnisme éducateur).
Le recours au protectionnisme comporte des risques. L’adoption des mesures
protectionnistes engendre souvent des mesures de rétorsions, l’insuffisance ou le
surcoût de produits fabriqués localement. De plus la réduction de la taille du
marché ne permet plus la réalisation des économies d’échelle et la coupure des
technologies développées à l’étranger peut rendre l’appareil productif obsolète. La
concurrence extérieure est éliminée.
III-LES FACTEURS DE LA MONDIALISATION
La multiplication des Etas indépendants, les progrès des transports n’expliquent
qu’une partie du phénomène de la mondialisation. La multinationalisation des firmes
et les apports internationaux jouent également un rôle primordial. La mondialisation
est l’interpénétration des économies, la conception d’un produit à l’échelle
mondiale. Avec la mondialisation l’économie est devenue un village planétaire.
La globalisation : En plus de la mondialisation elle comporte la mobilisation
internationale des capitaux et le développement de la distribution.
1-Le rôle des firmes multinationales (F.M.N)
a-Définition
La multinationale est une entreprise qui a implanté une ou plusieurs filiales dans
plusieurs pays avec une stratégie et une organisation conçue à l’échelle mondiale
(on les repère quantitativement grâce au IDH).
Les multinationales sont de types différents : primaires (exportations des
ressources naturelles), de la stratégie productive (avantage de la DIT, salaire,
productivité), à la stratégie commerciale (marchés importants).
b-Les facteurs de la multinationale
*La contrainte d’approvisionnement : Il s’agit de la maitrise de l’exportation
des ressources naturelles et du contrôle de leurs distributions.
*Contenir les réglementations : La production sur place évite les barrières
douanières et les quotas. La multinationalisation permet de profiter de « paradis
fiscaux ».
*Augmenter ses parts de marché : La dimension internationale permet
d’accéder à des économies d’échelle, l’existence d’une présence en face des
principaux concurrents.
*La réduction des risques : Cela se fait à travers la diversification
géographique.
*Abaisser les coûts de production : Cela consiste à diminuer les coûts de
transports (quand on se rapproche du consommateur), les coûts salariaux.
c-Les conséquences de la multinationalisation
Avantages Inconvénients
•Création d’emplois •Pillages des ressources naturelles
•Relance de la •Concurrence possible des productions locales
croissance •Rapatriement des bénéfices
•Réduction possible des •Emplois peu qualifiés
importations •pollution
•Apport de capitaux •Acculturation (nouvelles normes de consommation)
•Apport de technologies •Instabilité : la stratégie de la F.M.N est globale
et de techniciens •Poids pour les finances publiques (engagement de la
•Distribution de salaires part de l’Etat d’implanter des infrastructures)
•rentrées fiscales •La mise en œuvre de techniques capitalistes entraine
une dépendance et des importations massives
•Abus de pouvoir (les F.M.N imposent leurs politiques à
l’Etat)
Les conséquences sur le commerce international
Une grande partie du commerce mondial échappe aux lois du marché. Le
commerce intra firme ou le marché captif (le tiers du commerce mondial)
fonctionne selon une logique propre : fixation de prix de transfert, majoration ou
minoration de factures pour échapper à des taux d’impositions prohibitifs ou aux
droits de douanes, transferts de fonds plus discrets que le rapatriement des
individus. Les chiffres du commerce mondial dépendent alors de la stratégie des
F.M.N.
2-Les accords et les organismes internationaux
Plusieurs traités ou institutions se sont donnés pour objectif de faciliter les
échanges que se soit au niveau mondial ou à un niveau plus raisonnable.
a-Les accords du GATT (General Agreement on Tariff and Trade)
Le GATT est un traité signé pour la 1ère fois en 1947 par 23 pays et qui depuis a
vu se succéder plusieurs « négociations commerciales multilatérales » (NCM),
avec plus de 100 signataires mais moins la Chine.
En octobre 1994, le GATT contient 124 pays signataires dont le Mali.
En janvier 1995, le GATT devient l’organisation mondiale du commerce (OMC)
dont l’objectif est de développer le commerce mondial et le libre échange.
*Les principes de base du GATT :
°la non discrimination entre produits nationaux et étrangers encore appelée
« clause de la nation la plus favorisée » (tous les pays doivent bénéficier du
meilleur traitement accordé).
°l’élimination des restrictions quantitatives : Interdiction des
contingentements, des obstacles non tarifaires.
°Interdiction du « dumping » et des subventions à l’exportation.
Ces principes sont, dans les faits, souvent accomplis ; l’objectif du GATT étant
avant tout d’éviter l’affrontement commercial (possibilité de quotas) en cas de
déficits grave de la balance commerciale (préférence tarifaire accordée aux PED,
création de zones de libre échange).
*Les différents cycles de NCM :
°Le Dillon round (1961-1962) : Réduction de 20% du TEC (Tarif Extérieur
Commun), diminution des droits de douanes.
°Le Kennedy round (1964-1967) : Baisse de 35% des tarifs douaniers.
°Le Tokyo round (1973-1979) : s’attaque aux obstacles non tarifaires.
°L’Uruguay round (1986-1993) : bloquait les produits agricoles, la CEE
s’opposant aux USA, les propriétés intellectuelles (logiciels), les échanges de
services (les assurances, les banques et le tourisme).
b-La création de zones d’échanges privilégiés
Il existe plusieurs étapes dans le processus d’intégration économique :
•zones de libre échange (baisse des droits de douanes) ;
•union douanière (baisse des droits de douanes plus TEC) ;
•marché commun (baisse des droits de douanes, TEC, plus la libre circulation
des capitaux et des personnes) ;
•union économique (baisse des droits de douanes, TEC, la libre circulation des
capitaux et des personnes, harmonisation des politiques économiques)
•intégration économique (baisse des droits de douanes, TEC, la libre circulation
des capitaux et des personnes, harmonisation des politiques, plus autorités
supranationale).
Quelques exemples
La CEE (1957) : 15 pays ; l’AELE (Association Européenne de Libre Echange en
1955) : 19 pays ; l’ASEAN ; le pacte Andin (1969) : 5 pays ; l’ALENA (Accord de
Libres Echanges Nord Américain en 1992) : USA, Canada, Mexique ; l’UEMOA
(Union Economique et Monétaire Ouest Africain en 1994).
CHAPITRE II : LE SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL
I-LES CARCTERISTIQUES DU S.M.I
Il (SMI) doit répondre à plusieurs questions :
-comment se convertissent les monnaies entre elles ?
-quels sont les moyens de paiements acceptés ?
Le SMI repose donc sur la convertibilité des monnaies entre elles et la
détermination des moyens de paiements acceptés par tous les participants.
1-La convertibilité des monnaies
Elle peut être :
-interne : C‘est la garantie donnée de rembourser les billets en or ou en argent
(métal) ;
Externe : C’est la garantie donnée de changer librement une monnaie contre une
autre. Néanmoins la convertibilité externe n’est pas toujours pleinement assurée car
il existe un contrôle des changes qui peut limiter les quantités de devises
échangées.
2-Le taux de change
a-Définition
Le taux de change est le prix d’une monnaie en une autre monnaie.
Exemple : 1 dollar = 455 FCFA ; 1 euro = 655,956FCFA
Dans un système de parité flottante, une monnaie peut s’apprécier (il faut moins
d’unité monétaire nationale pour se procurer une monnaie étrangère).
Dans un système de change fixe, les monnaies se dévaluent ou se réévaluent
(avec l’accord des autorités monétaires concernées).
b-Les déterminants du taux de change
Pour la théorie de la parité du pouvoir d’achat (PPA), une certaine somme en
monnaie nationale doit, une fois convertie en devises, permettre de se procurer la
même quantité de biens.
D’après cette théorie les variations du taux de change reflètent ainsi le
différentiel d’inflation entre les pays.
En fait cette théorie reste imparfaite, d’autres facteurs interviennent :
-le solde de la balance des opérations courantes : S’il est positif, la demande de
monnaie nationale augmente et celle de devise décroît. Si les investissements
directs étrangers dans les pays sont supérieurs aux investissements directs
nationaux, la demande de monnaie nationale croît et celle-ci s’apprécie ;
-les taux d’intérêts à court terme élevé vont attirer les capitaux étrangers
(placements, investissements de porte feuille) et accroître la demande de
monnaie nationale ;
-la politique économique menée par le gouvernement et les autorités
monétaires : Emission excessive de monnaie, emprunts pour financer le déficit
public, le soutien de la banque centrale à sa monnaie ;
-les spéculations qui anticipent une variation des parités.
3-Les liquidités internationales
Le paiement des marchandises, le règlement des dettes nécessitent un moyen de
paiement accepté de tous et existant en quantité suffisante mais pas trop
abondante. La croissance de ces liquidités internationales doit suivre celle des
échanges. Historiquement les métaux précieux, le livre sterling (£), le dollar ont été
utilisés comme moyens de paiement. Aujourd’hui des unités de comptes
artificiellement créer : ECU (unité monétaire économique) et le DTS (Droit de
Tirages spéciaux) prennent le relais.
II-L’EVOLUTION DU SMI
1-Le SMI avant 1945
Le système reposait sur l’étalon or et l’étalon de change or dont les principes
sont les suivants :
a-Dans le cadre de l’étalon or
Chaque monnaie est définie par un poids en or. Le taux de change se fixe donc
au rapport des poids en or des différentes monnaies appelé le pair métallique.
2
Exemple : 1$ = 1,7145 gramme d’or ; 1€ = 2 grammes d’or alors 1€ = =
1,7145
1,1665$.
b-Dans le cadre de l’étalon de change or
Pour faire face à la pénurie de métal précieux, les pays acceptent les devises
comme moyen de paiement à côté de l’or. Ainsi une monnaie peut être définie en or
ou en devise convertible en or ce qui privilégie les pays à monnaie forte (FF, €, £,
$).
2-Le système de Bretton Woods
En juillet 1944 deux plans étaient en présence :
-le plan Keynes qui proposa la création d’une banque et d’une monnaie
supranationale « le bancor » ;
-le plan white, soutenu par les USA l’emportera et proposa la création du SMI (les
2
USA ont eu les du stock mondial d’or).
3
a-Les principes du S.M.I
-Les monnaies sont définies par rapport au dollar : Les parités sont fixes avec
une marge de fluctuation de plus ou moins 1% ;
-seul le dollar est convertible en or sur la bar de 35$ l’once (once = 32 grammes
environ) ;
-les banques centrales des autres pays interviennent pour acheter leurs monnaies
afin de défendre leurs parités ;
-le système de change est fixe mais ajustable (s’il y a une dévaluation
strictement supérieure à 10%) ;
-un Fond Monétaire International (F.M.I) est créé. C’est une caisse de réserve
commune alimentée par des apports des pays membres. La contribution des pays
1
« côte part » est proportionnelle à sa part dans le commerce international ( en or,
4
3
en commerce international), l’objectif est d’assurer la coopération monétaire et la
4
stabilité des changes. Pour cela le fond prête des devises aux pays en difficulté de
paiement.
b-Le fonctionnement
Le système a fonctionné correctement de 1958 à 1968.
De 1945 à 1958, ce fut le règne du dollar. Sur toute cette période le dollar est
« as good as gold »(le dollar est aussi bien que l’or).
De 1958à 1971, ce fut l’écroulement progressif du système. La confiance placée
dans le dollar et l’économie Américaine va se dégrader au fil des années.
En août 1971, le président Nixon suspend officiellement la convertibilité du
dollar en or. C’est la fin du système Bretton Wood.
Les critiques adressées au S.M.I :
-un système injuste : Les USA peuvent faire un déficit extérieur sans provoquer
une dégradation de leur taux de change et s’approprier ainsi la production à un coût
faible « c’est un déficit sans pleurs » ;
-un système incohérent : La croissance des liquidités dépend de la politique
monétaire Américaine. Seul le déficit Américain permet d’approvisionner les
banques centrales en $ ;
-un système fragile : La quantité de $ croît plus vite que le stock d’or alors que les
demandes de conversion peuvent mettre le système en banqueroute.
Malgré tous ces reproches, le cadre monétaire a été relativement stable et a
permis le développement des échanges.
3-Des changes fixes aux changes flottants
a-Le passage à un nouveau système
-Les accords du Smithsonian Institue (Washington) tentent de restaurer l’ancien
système en élargissant les marges de fluctuation autour de la parité officielle et en
dévaluant légèrement le $ (38 $ l’once) qui n’est pas convertible.
Ces accords qui renforcent les privilèges Américains ne seront pas appliqués très
longtemps.
En 1973, la plupart des pays décident de ne plus défendre la parité de leurs
monnaies face au dollar ;
-les accords de la Jamaïque, en 1976, officialisent le flottement des monnaies ;
chaque pays a le choix entre 3 possibilités :
•définition de sa monnaie par rapport au DTS ou tout étalon autre que l’or.
•définition de sa monnaie par rapport à une ou plusieurs devises.
•laisser flotter sa monnaie sur le marché des changes. Dans le cas d’un
flottement « pur », la banque centrale n’intervient plus. Dans le cas d’un flottement
« impur », la banque centrale peut intervenir pour maintenir une parité non
officielle. Ces accords consacrent la détérioration de l’or.
b-Les effets attendus du flottement des monnaies
Les changes flexibles seraient plus avantageux que les changes fixes :
- aucune monnaie n’est privilégiée ;
-les banques centrales n’ont plus à se constituer des réserves de devises ;
-les gouvernements peuvent mener une politique économique indépendante.
-les changes flottants corrigent automatiquement les déséquilibres de la balance des
paiements. En effet si certains de ces avantages existent en flottement pur, en
flottement impur il faut être plus nuancé.
Au contraire certains prétendent que les changes flottants peuvent entraver le
développement du commerce international en le rendant plus aléatoire et donc plus
risqué.
c-Le rôle du dollar
Bien qu’ayant perdu son statut de privilégié, le dollar n’en reste pas moins une
monnaie très utilisée pour les règlements internationaux et constitue une grande
partie des réserves officielles de change (plus de 50% en 1991). Cette persistance
est due aux habitudes contractées depuis 50 ans et au poids industriel, commercial
et politique des USA.
L’économie mondiale est donc encore sous influence du dollar.
Un cours trop élevé du $ renchéri le coût des matières premières et de l’énergie,
alourdi la dette des pays débiteurs (car les créances sont libellées en dollar).
Un dollar trop fort gêne la compétitivité Américaine, ce qui peut freiner la
croissance Américaine et mondiale et ne permet pas aux USA de rembourser leurs
dettes.
4-Une tentative de stabilisation des changes : Le système de change
Européen (SME)
Les pays de la CEE vont essayer de se réunir au sein d’un système de change
fixe. Une tentative naîtra en 1972 avec « le système monétaire Européen ». Les
monnaies Européennes sont toujours liées au dollar mais réduisent la marge de
fluctuation entre elles.
A la suite de politique économique divergente, ce système se soldera par un
échec.
Le S.M.E verra le jour en 1979. Chaque monnaie est définie par rapport à l’ECU.
Il existe un cours central qui est la valeur d’un ECU en monnaie nationale. DE ce
cours central on déduit les cours pivots des monnaies deux à deux.
Le fond de coopération monétaire (FECOM) tient le rôle du F.M.I et prête aux
pays en difficulté.
5-L’Euro et l’union économique monétaire
Le traité de Maastricht signé par les 12 le 7 février 1992 à instituer l’U.E. Son
programme doit conduire à la création d’une monnaie unique (l’euro) et d’une
banque centrale Européenne.
La mise en circulation de la monnaie unique a été effective le 1 er Juillet 2002,
s’accompagnant également du retrait des monnaies nationales. Au 1 er jour de sa
naissance 1€ = 1,1665$.
Les pays Européens ont opté pour un euro fort face aux autres monnaies pour
contraindre les entreprises à des efforts de compétitivités et combattre l’inflation.
Au cas échéant elles mettront l’accent sur la conquête des parts de marché.
L’euro a toutes les qualités pour devenir une monnaie internationale car elle
remplit les fonctions d’unité de compte (facturation des échanges commerciaux
internationaux), de moyen de paiement international (il est utilisé par les
entreprises et les banques dans les opérations internationales).
En fin face à une baisse de l’importance relative du dollar, l’euro a la chance de
remplacer ce dernier mais il doit pouvoir s’imposer en Asie.