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Procédés de fabrication du papier et du bois

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EPD-GP-521: PROCÉDÉS PAPETIER ET TEXTILE

Objectifs du cours et compétences visées: Acquérir les connaissances scientifiques et


techniques nécessaires pour l’élaboration du textile et du papier.

PROCÉDÉ PAPETIER

1
Introduction
La fabrication du papier repose sur un principe de base qui a traversé les siècles sans subir
de modifications majeures. Ce qui a véritablement évolué au fil du temps, ce sont les
techniques et les technologies utilisées pour chacune des étapes de ce processus. Ces avancées
technologiques reflètent les efforts constants des industriels pour répondre à des objectifs
multiples : produire un papier de qualité supérieure, augmenter la rapidité des chaînes de
fabrication et réduire de manière significative les coûts de production. Cette quête permanente
d’optimisation a permis au secteur de se moderniser et de s’adapter aux besoins croissants
d’un marché en constante évolution.

Aujourd’hui, le papier est principalement fabriqué à partir de fibres de bois, une matière
première naturelle et renouvelable qui occupe une place centrale dans l’industrie papetière. Le
bois, issu généralement de forêts gérées de manière durable, est transformé en pâte grâce à des
procédés chimiques et mécaniques avancés. Ces processus permettent d’extraire les fibres
nécessaires tout en maximisant l’utilisation des ressources et en minimisant les déchets. Ainsi,
la fabrication du papier illustre parfaitement l’alliance entre un savoir-faire ancestral et des
innovations modernes, garantissant un produit final de haute qualité tout en respectant des
exigences environnementales croissantes.

2
Chapitre I: PROCÉDÉ PAPETIER

1- Généralités sur le matériau bois


Le bois est un matériau dense et ligneux qui constitue les branches, le tronc et les racines
des arbres et des arbustes. Il est composé d’un ensemble de tissus formés de fibres ligneuses,
de parenchyme et de vaisseaux conducteurs.

Sa formation résulte de l’activité du cambium, une fine couche cellulaire située sous
l’écorce des arbres. Au fil des saisons, les nouvelles cellules de bois se différencient par leur
taille et leur couleur, ce qui donne lieu aux cernes annuels. Ces cernes, bien visibles sur une
coupe transversale, permettent de déterminer avec précision l’âge d’un arbre.

Les plantes ligneuses se distinguent par leur capacité à produire une grande quantité de
lignines, des macromolécules organiques qui confèrent solidité et rigidité à leur structure. Le
bois issu de ces plantes constitue le matériau principal de soutien.

On classe les arbres en deux grandes catégories : les gymnospermes, regroupant les
conifères ou résineux, et les angiospermes, comprenant les feuillus. Le bois des résineux est
généralement plus simple et homogène dans sa structure que celui des feuillus, qui présente
une organisation plus complexe.

L’étude scientifique du bois, connue sous le nom de xylologie, s’intéresse à ses propriétés,
son origine et son utilisation. Par ailleurs, une collection d’échantillons de bois, destinée à des
fins d’analyse ou de conservation, est appelée une xylothèque.

1.1- Structure et caractérisation du bois


1.1.1- Structure anatomique du bois

Le bois est un ensemble de tissus de consistance plus ou moins dure formant la masse
principale du tronc des arbres. C’est un matériau organisé et hétérogène formé d’un
ensemble de fibres accumulées par les arbres lors de leur croissance progressive au cours
des années successives.

3
1.1.1.1- Cellules mortes et cellules vivantes

Les cellules qui composent le bois se distinguent par la lignification de leurs parois
cellulaires, un processus qui se produit à la fin de leur différenciation. Cette étape entraîne
la mort de la majorité des cellules en limitant les échanges intercellulaires.
Seules les cellules de parenchyme demeurent vivantes. Elles jouent un rôle essentiel dans
le stockage et la mobilisation des réserves, souvent sous forme d’amidon, ainsi que dans la
production de diverses substances.
Les cellules mortes, vidées de leur contenu, assurent quant à elles deux fonctions majeures
: la conduction de la sève brute et le soutien mécanique. Ce sont leurs parois lignifiées qui
subsistent, conférant au bois sa rigidité et ses propriétés hydrophobes. Grâce à la présence
de lignine, ces parois deviennent également plus résistantes à la dégradation biologique que
les autres tissus végétaux.
Au fil des années, les couches de bois formées restent intactes, s’empilant pour constituer
un cylindre sur lequel s’ajoute annuellement un nouveau cerne, de diamètre croissant. Ce
processus permet à l’arbre de renouveler ses éléments conducteurs, répondant ainsi à
l’augmentation de ses besoins en sève brute à mesure qu’il grandit.

Notion de «bois parfait» et de «bois mort»

- Les couches de bois les plus profondes ne sont plus fonctionnelles; elles forment le bois
parfait et ne contiennent plus que des cellules mortes.
- Le bois fonctionnel, correspondant aux dernières couches formées, est appelé aubier.
Chez certaines essences, dites essences à aubier différencié, le bois parfait est coloré et
nettement distinct de la couronne d’aubier périphérique : il a subi une transformation que
l’on appelle la duraminisation et il est alors appelé duramen, ce terme devant donc être
plutôt réservé aux bois parfaits ayant effectivement subi une duraminisation marquée se
traduisant par un changement de couleur et de propriétés.
- La duraminisation est provoquée et controlée par les seules cellules vivantes présentes
dans l’aubier, les cellules de parenchyme.

1.1.1.2- Structure du tronc des arbres

La zone vitale de l’arbre est donc une couche périphérique dans laquelle se trouvent :

4
 Les assises génératrices
 Les tissus conducteurs (l’aubier et le liber, partie interne de l’écorce dans laquelle
circule la sève élaborée, contenant les sucres produits par photosynthèse);
 Le tissu protecteur (liège).

Figure 1 : Structure du tronc dans l’arbre

1.1.1.3- Paroi cellulaire

La plupart des cellules de bois n’étant plus que des parois délimitant des vides, la
structure fine d’une paroi cellulaire ligneuse permet de comprendre et d’expliquer de
nombreuses propriétés physiques et mécaniques du bois.
Lorsque la cellule de cambium se divise pour former une cellule de bois, les 2 cellules sont,
dans un premier temps, séparées par une couche intercellulaire contenant des composés
pectiques. Elle sera fortement chargée en lignine au moment de la lignification.
- Parois primaire et secondaire
Sur cette couche intercellulaire, s’appuie la paroi primaire de chacune des cellules. Sa
structure extensible est compatible avec l’élongation de la cellule qui a lieu au moment
de la différenciation.
La paroi secondaire, non extensible, est fabriquée et déposée sur la paroi primaire par la
cellule de bois lorsque l’élongation est terminée.
Les cellules primaire et secondaire contiennent une armature formée de microfibrilles de
cellulose, dans une matrice contenant des hémicelluloses et la lignine déposée à la fin de
la différenciation de la cellulose.

5
Les microfibrilles peuvent être confondues à des cordes fabriquées à partir de fils, les
fils étant ici de longues molécules de cellulose, polymère linéaire de β-glycopyranose
(glucose cyclique).
Dans la paroi primaire, les microfibrilles de cellulose sont enchevêtrées et forment un
réseau lâche.
La paroi secondaire est composée de plusieurs couches :
- Dans la couche S1, les microfibrilles de cellulose sont disposées en hélices d’orientations
variables et alternées. L’angle des microfibrilles par rapport à l’axe de la cellule varie de
60 à 80° ;
- La couche S2 est la plus épaisse. C’est souvent elle qui impose son comportement à
l’ensemble de la paroi et contribue aux propriétés mécaniques du bois. Les microfibrilles
sont toutes parallèles et présentent un angle par rapport à l’axe de la cellule de 5 à 30° ;
cet angle est appelé AMF (angle des microfibrilles) ;
- La couche S3, souvent considérée comme une paroi tertiaire, peut être comparée à S1,
quoique plus mince.
La figure 2 précise l’organisation de la paroi cellulaire.

Figure 2 : Structure de la paroi d’une cellule de bois et mesure de l’AMF de cellulose

1.2- Structure chimique du bois


1.2.1- Composition chimique élémentaire
La composition chimique élémentaire de la matière organique BOIS varie très peu d’une
essence (variété) à l’autre. En moyenne elle se répartit, en pourcentage du poids anhydre, de la
façon suivante :
• carbone (C) : 50%
• oxygène (O) : 43%
• hydrogène (H) : 6%

6
• azote : (N) : 1%
• cendre (silice, phosphates, potassium, calcium) < 1%.
Avec ces corps simples sont synthétisés, selon les essences, les trois principaux
composants de type macro-polymère qui forment les parois cellulaires du bois.

1.2.2- Composés chimiques du bois


La constitution chimique du bois est complexe et présente aussi une grande hétérogénéité.
L'isolement des constituants est rendu difficile par leur étroite association dans les parois
cellulaires.
Le bois est essentiellement composé de 3 types de polymères (cellulose, hémicelluloses
et lignines). Ces macromolécules forment un réseau complexe dans lequel sont inclues d’autres
substances de plus faible poids moléculaire à savoir les extractibles (tannins, résines, cires,
etc.) et des sels minéraux (calcium, magnésium et sodium) (Figure 3).

Figure 3: Représentation schématique des constituants chimiques du bois

Le bois des résineux est plus riche en lignines que celui des feuillus alors qu'il possède
moins de carbohydrates et de composés extractibles que les bois durs (Tableau 1).

Tableau 1: Répartition moyenne des composés chimiques dans les bois (% en poids)

7
1.2.2.1- La cellulose
a- Composition
La cellulose est un macro-polymère linéaire à fort degré de polymérisation (≥10000)
prenant successivement des formes cristallines et amorphes. Le monomère de base est le
cellobiose dont le composé élémentaire est un sucre en C6: β-D-glucopyranose (C6H10O5).
Chaque unité est liée au carbone en C4 de la suivante par une jonction β-(1-4) (Figure 4). Chaque
motif glucose est tourné à 180° par rapport au voisin et des liaisons hydrogènes
intramoléculaires sont ainsi favorisées, lui conférant une linéarité et une rigidité exceptionnelle.

Figure 4: Structure moléculaire de la cellulose avec son unité répétitive, le cellobiose

Cependant, avec les liaisons qui se créent, les chaînes de cellulose sont une succession
d’unités anhydroglucoses, c’est-à-dire la molécule précédente amputée d’une molécule H2O.
Les nombreux groupements hydroxyles sont capables de former, selon leur position
dans l’unité glucose, des liaisons hydrogène intramoléculaires à l’intérieur d’une même chaîne
de cellulose ou intermoléculaires entre deux chaînes différentes constituant ainsi des micro-
domaines hautement organisés (Figure 5).

8
Figure 5. Liaisons hydrogène entre deux chaînes de cellulose

Ces liaisons hydrogène sont responsables de la formation des microfibrilles dans


lesquelles certaines régions sont hautement ordonnées (régions cristallines) et d’autres moins
(régions amorphes) (figure 6).
Les nombreuses liaisons hydrogènes de la cellulose sont à l’origine de son caractère
infusible, insoluble et peu réactif.

Figure 6: Représentation schématique des zones cristallines et amorphes de la cellulose

La structure cristalline de la cellulose a été déterminée par diffraction des rayons X ainsi
que par des méthodes basées sur la polarisation du rayonnement infrarouge.

Remarques
La cellulose a toujours la même constitution, quelle que soit l’essence ou même la
source (bois, coton, etc.). Le seul élément qui varie est le nombre plus ou moins élevé d’unités
de glucose qui la composent, engendrant alors des fibres de cellulose plus ou moins longues.
La cellulose est présente dans les parois des cellules de bois. Sa disposition varie en
fonction de la couche où elle se trouve.

b- Importance de la cellulose
Le glucose présent dans la cellulose ne peut cependant être utilisé en tant que tel, ni par
les plantes ni par les animaux. Dans l’alimentation humaine, la cellulose est présente sous forme
de fibres. Seuls les ruminants peuvent profiter de la cellulose, car durant leur digestion des
microorganismes parviennent à diviser les macromolécules, qui deviennent alors assimilables
par l’organisme. Elle est insoluble dans l'eau et la plupart des solvants organiques et n'est
solubilisée que par une solution ammoniacale d'hydroxyde de cuivre(II): la liqueur de
Schweitzer.

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D’un point de vue chimique on peut, dans des conditions très particulières, parvenir à
transformer du bois en sucres fermentescibles (L'hydrolyse acide de la cellulose conduit au
glucose) comme le fait par exemple la Suède, afin de produire du bioéthanol utilisé ensuite
comme carburant.

La cellulose a toujours été largement utilisée industriellement dans la fabrication du


papier et des tissus en coton.

Outre le papier, la cellulose peut entrer dans la composition d’adhésifs ou même de


vernis à ongle. La branche du textile est même concernée, puisque la cellulose sert à former de
la fibre de viscose.

1.2.2.2- Les hémicelluloses


a- Composition
Les hémicelluloses sont aussi des polysaccharides, mais dont les chaînes ramifiées sont
composées de différents sucres, non seulement de glucose. Ces chaînes sont également plus
courtes et moins solides que la longue chaîne de la cellulose.
La chaîne des hémicelluloses est construite sur la base d’unités osidiques différentes
réparties de façon plus ou moins aléatoire. La structure des différentes unités osidiques
présentes dans les hémicelluloses est rapportée sur la figure 7.

Figure 7: Oses simples composant les hémicelluloses

10
L’hydrolyse des hémicelluloses conduit aux monomères constitutifs tels que le xylose,
le glucose et l'arabinose.
Un des moyens existants de séparer les hémicelluloses de la cellulose est de les
solubiliser dans de la potasse (KOH).
Une fois isolées, on peut identifier différentes molécules qui les composent. Cependant,
d’une essence à l’autre, ces structures ne seront pas nécessairement les mêmes. Ainsi, on peut
distinguer les familles des Xylanes (dont l’unité élémentaire est un sucre de type xylose), des
Galactanes (avec du galactose) ou encore des Mannanes (avec du mannose). Il existe
également une structure très complexe, dont le nom usuel est Gomme arabique, extrait des
essences du genre Acacia spp.

Figure 8: Structure partielle des glucuronoxylanes des feuillus

Figure 9: Structure partielle des arabinoglucuronoxylanes des Résineux

Figure 10: Structure partielle des glucomannanes des feuillus

Figure 11. Structure partielle des galactoglucomannanes des Résineux

11
Dans tous les cas, ces molécules sont ramifiées, ce qui rend leurs associations difficiles.
Elles ont cependant un caractère hydrophile assez marqué, et forment aisément des gels. Les
propriétés et le nombre de molécules formées permettent ainsi d’envisager de nombreux
emplois.

b- Importance des hémicelluloses


Certaines hémicelluloses peuvent conduire à la synthèse de nylon.
Les molécules d’hémicellulose peuvent entrer dans la composition du papier, tout
comme la cellulose, mais en tant qu’additifs et non pas composants majoritaires.
Enfin, on peut noter des usages autres, comme les adhésifs. C’est le cas de la gomme
arabique qui sert entre autres au collage «papetier» (étiquettes ...) et en peinture.

1.2.2.3- La lignine
a- Composition
La lignine est, après la cellulose, la matière renouvelable la plus abondante à la surface
de la terre. La lignine, ou plus exactement les lignines, sont des polymères complexes ayant des
fragments aliphatiques et aromatiques. Leurs compositions sont différentes suivant les espèces
végétales. Toutefois, toutes les lignines sont constituées d'unités phénylpropanes dérivées de
trois alcools: sinapylique, conyférylique et coumarylique.
La structure de la lignine est très stable, ce qui est en partie dû à ses cycles benzéniques,
et sert à la résistance mécanique du matériau. Il existe trois monomères, qui sont des alcools:
alcool p-coumarylique (1), alcool coniférylique (2) et l’alcool sinapylique (3). Leur structure
est montrée par le schéma suivant:

La Figure 12 donne un modèle de la structure de lignine d’épicéa.

12
Figure12: Représentation structurale d’une lignine d’épicéa

b- Biosynthèse de la lignine
La biosynthèse des lignines se fait à partir de la phénylalanine dont dérivent des
précurseurs appelés monolignols (alcools p-coumarylique, coniférylique et sinapylique qui
sont des alcools p-hydroxycinnamiques différant par leur degré de méthoxylation) par trois
groupes de réactions:

Phénylalanine

- La désamination de la chaîne latérale avec formation d'une double liaison, puis


l'hydroxylation du cycle benzénique en position para de la chaîne latérale et enfin la
thioestérification du groupe carboxyle par le coenzyme A avec formation du p-
coumaroyl-CoA.

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- Réduction de la fonction thioester en aldéhyde (grâce à l'enzyme cinnamoyl-CoA
réductase: CCR) puis en alcool (par l'enzyme cinnamylalcool déshydrogénase: CAD):

Alcool p-coumarylique
- Introduction d'un ou deux groupements méthoxyles:

La lignine se forme ensuite par polymérisation de ces monolignols.

c- Importance de la lignine
Actuellement, les hémicelluloses sont principalement utilisées dans l’industrie papetière
afin de conférer une robustesse au papier. En effet, La lignine agit comme un ciment entre les
fibres du bois et comme élément rigidifiant à l'intérieur de ces fibres.

1.2.2.4- Les substances de faible poids moléculaire

a- Les matières organiques ou extractibles


Les extractibles sont des molécules qui peuvent être extraites du bois par des solvants
polaires (acétone, eau, éthanol) ou apolaires (toluène, cyclohexane, dichlorométhane). La
teneur et la composition de ces extractibles varient fortement d’une essence à l’autre. Il existe
trois types d’extractibles:

- Les terpénoides: Camphène, bétuline, α -pinène…

14
- Les composés phénoliques: tannins condensés et hydrolysables, flavonoides,
tropolones, stilbènes, quinones…

- Les composés aliphatiques: les cires et les graisses.

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Bien qu’ils ne représentent qu’un faible pourcentage, l’odeur, la couleur et la résistance
aux agents de dégradation biologique, dépendent en grande partie de ces extraits.
Les extractibles peuvent être valorisés dans des secteurs très divers comme la
pharmaceutique, la cosmétique, l’alimentation, la construction (colles, vernis, peintures…).

b- Les substances minérales


Des substances minérales sont également présentes dans le bois en très faibles quantités,
inférieure à 1%. Ces minéraux sont principalement le potassium, le calcium, le magnésium, le
phosphore mais aussi le fer et le manganèse.

1.3- Caractérisation des constituants chimiques du bois


A une échelle moléculaire, il est nécessaire d’utiliser des techniques avancées pour
déterminer de quoi la matière est faite. Ainsi, c’est sur les propriétés des molécules et des
fonctions chimiques que se basent les méthodes d’identification actuelles. On peut par exemple
parler de deux types de techniques majeures: la spectroscopie et la résonance magnétique
nucléaire (RMN).

1.3.1- Les spectroscopies, focalisées sur une spécialité


Les méthodes spectroscopiques sont diverses:
- Spectroscopie aux rayons ultraviolets (UV) ou visibles: elle renseigne sur la présence
de doubles liaisons;
- Spectroscopie aux rayons infrarouges (IR): elle renseigne sur les fonctions chimiques,
et les liaisons hydrogène;
- Spectroscopie aux rayons X: elle renseigne sur les cristaux;
- Spectrométrie de masse: Elle permet de détecter et d'identifier des molécules par mesure
de leur masse.

1.3.2- La résonance magnétique nucléaire (RMN): technique complexe et complète


Cette technique se base sur la capacité des atomes d’hydrogène (RMN 1H) et de l’isotope 13
du carbone (RMN 13
C) à s’orienter selon un champ magnétique donné. Ainsi, on obtient des
informations sur le nombre de fonctions chimiques composant la molécule, ou encore le nombre
d’atomes d’hydrogène dans chaque fonction. On peut donc tracer un spectre qui permet
d’identifier la structure moléculaire d’un constituant.

16
1.4- Analyse chromatographique des extraits du bois
Les composants chimiques du bois peuvent être isolés et analysés grâce à la
chromatographie, une technique qui repose sur les différences d’affinité des substances avec
une phase stationnaire et une phase mobile.

La séparation et l’identification des composés du bois sont couramment réalisées à l’aide


de la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS). Cette
méthode permet, dans un premier temps, de séparer les différents extractibles selon leur
interaction avec la phase stationnaire. Ensuite, la spectrométrie de masse identifie les
composés en analysant les ions générés et en interprétant les spectres de masse associés.

17
2.L'industrie du papier
2.1- Histoire
Le papier est inventé en Chine au deuxième siècle de l'ère chrétienne. L'idée de mélanger
différentes fibres végétales, y compris le bambou, est attribuée (mais rien n'est démontré) à Cai
Lun (Ts'ai-louen). Cette combinaison est ensuite lavée et écrasée, ce qui donne une pâte qui, après
séchage, donne une feuille de papier. Mille ans plus tard, l'art de fabriquer le papier est transmis à
l'Occident par les Arabes, qui l'ont appris en Chine.
Vers 1440, Johannes Gensfleisch dit Gutenberg développe la typographie (un procédé
d'imprimerie inventé par les chinois au XIème siècle), ce qui entraîne une augmentation de la
demande en papier. En réalité, c'est au XIXe siècle que l'industrie du papier se développe, jusqu'à
nos jours où l'on peut mesurer son importance.
2.2- Méthodes de production
2.2.1- Fourniture de fibres.
Les sous-produits des scieries (copeaux, sciures, etc.) et les fibres recyclées (cartons ondulés,
journaux, magazines et papiers récupérés) sont de plus en plus utilisés pour la fabrication du papier
et du carton. Le bois rond issu de la récolte forestière n'est plus qu'une source secondaire
d'alimentation.
Dans les exploitations où l'on utilise encore le bois rond, les billes déposées à la fabrique sont
écorcées à l'aide d'énormes tambours à l'intérieur desquels elles sont rassemblées les unes contre
les autres. Cette procédure peut être réalisée à sec ou en utilisant de l'eau (écorçage humide). Les
écorces sont collectées et principalement exploitées pour l'énergie. Généralement, l'eau requise
pour l'écorçage humide provient d'autres parties de la production,et les eaux usées produites lors de
cette opération sont réutilisées ou dirigées vers les systèmes de traitement des eaux de procédé.

2.2.2- Processus industriels pour produire de la pâte à papier


La lignine retient ensemble les fibres de cellulose dans le bois. Afin d'obtenir une pâte de bois, il
est nécessaire de séparer les fibres et, en fonction du procédé employé, de retirer ou non la lignine.
Trois méthodes distinctes sont utilisées selon la matière première et le type de pâte à fabriquer.
2.2.2.1- Méthode de fabrication
On obtient la pâte mécanique en découpant des billes de bois écorcées sur des meules abrasives ou
des copeaux de bois entre deux plaques en acier rainurées (tournantes ou dont l'une est immobile).
On désigne respectivement ces types de pâtes sous les noms de « pâte mécanique sur meule »
(PMM) et « pâte mécanique de raffineur » (PMR).
En raison de l'endommagement des fibres et de l'impossibilité d'extraire la lignine de la pâte, la
pâte mécanique est couramment employée dans la production de produits ayant une résistance
moindre, comme le papier journal, le papier pour cahiers publicitaires et certains papiers
hygiéniques. Afin de remédier à cette lacune, les copeaux sont soumis à un traitement à la vapeur
avant et pendant le processus de raffinage, puis raffinés sous pression, ce qui donne lieu à la
création de la pâte thermomécanique (PTM). L'objectif de cette méthode est d'améliorer la qualité
de la pâte et de diminuer la quantité de pâte chimique utilisée dans la fabrication du papier journal.
Afin de perfectionner encore plus la qualité de la pâte fabriquée, en plus de la vapeur, des produits
chimiques sont ajoutés aux copeaux, ce qui donne lieu à une pâte chimico-thermomécanique
(PCTM). Grâce à cette version du processus mécanique, il est possible de diminuer la quantité de
pâte chimique utilisée pour fabriquer du papier de qualité.
Au départ, cette pâte était nettement moins polluante que la pâte chimique, car elle était composée
de peu ou pas de produits chimiques. Cependant, l'ajout de plus en plus de produits chimiques pour
améliorer certaines caractéristiques de la pâte a conduit à des rejets de matières dissoutes plus
importants, ce qui demande un traitement des eaux de procédé de plus en plus complexe.
2.2.2.2- Méthode de chimie
Le mélange de copeaux et de réactifs chimiques, connu sous le nom de « liqueur de cuisson », est
cuit à haute pression dans un immense autoclave. En utilisant la chaleur et les produits chimiques,
la lignine est dissoute et les longues fibres du bois sont libérées sans être brisées. La préparation
des pâtes chimiques se fait principalement à l'aide du procédé au sulfate (kraft) et des procédés au
sulfite et au bisulfite.

● Le procédé Kraft est le plus couramment employé en raison de ses propriétés de résistance
améliorées. Il implique de procéder au traitement du bois à une température de 170 à 175 °C en
utilisant de la soude et du sulfure de sodium (les ions S2- et HS-, qui sont très nucléophiles,
réagissent avec la lignine et rompent les liaisons éther). Il dissout 40 à 50 % des parties sèches
du bois grâce à ce processus. On retrouve les matières organiques sous la forme de liqueurs de
cuisson (liqueurs noires) et d'eau de lavage de la pâte.
● Le bisulfite utilise une cuisson acide du bois pour solubiliser la lignine en utilisant des
bisulfites de Ca, Mg ou NH4+.
La liqueur de cuisson contient des substances dissoutes qui sont concentrées et brûlées dans une
chaudière pour obtenir de l'énergie. À la sortie de la chaudière, les produits chimiques sont
collectés dans le processus kraft et, parfois, dans les procédés au sulfite et au bisulfite, et sont
réutilisés pour produire la liqueur de cuisson. On collecte la vapeur générée lors de la vidange des
autoclaves, puis on la condense. Ainsi, une grande partie de ses contaminants est éliminée du
condensat avant d'être transportée vers le système de traitement des eaux de procédé.
On utilise des pâtes chimiques pour fabriquer des produits exigeant une grande résistance,
comme les papiers d'impression et d'écriture, les papiers fins et les papiers et cartons d'emballage.
Elles permettent également d'accroître la solidité de certains produits, tels que les papiers
spécialisés.
Des rejets importants de matières organiques dissoutes sont produits par ces procédés chimiques,
ce qui requiert un traitement biologique. Au moment de leur décomposition, ces substances
consomment l'oxygène présent dans l'eau.
2.2.2.3- Gestion du recyclage
Les contaminants comme les trombones, le métal, les boudins de plastique et les bandes
élastiques sont enlevés en premier lieu. Ensuite, la pâte est tamisée et épurée pour éliminer les
particules indésirables. En fonction de la qualité du produit, il est également possible de désancrer
la pâte. Ainsi, les particules d'encre sont éliminées des fibres de papier en utilisant des substances
chimiques. Par la suite, on retire l'encre de la pâte en la lavant ou en la flottant.
Les fibres récupérées sont principalement utilisées dans la production de cartons ondulés ou
plats, de papier hygiénique, de papier essuie-tout, de mouchoirs de papier, de napperons et de
certains papiers d'impression (en particulier le papier journal). Ces méthodes, qui nécessitent
principalement l'emploi de surfactants, sont souvent comparées à des procédés de mise en pâte
mécanique en termes de pollution.

Les stations de désencrage trient et éliminent les déchets dans des filières appropriées. Les métaux
(trombones, agraphes) seront inclus dans la branche des métaux.
Les boues retirées, qui sont constituées de craies et d'argiles, seront absorbées par les filières de
construction (cimenterie, carrelage, brique...).
Les matériaux plastiques, s'ils sont uniformes, sont réemployés. La filière de l'incinération avec
récupération d'énergie utilisera finalement les refus mélangés.
2.2.2.4- Instructions pour préparer la pâte à papier
Qu'elle soit produite par des procédés mécaniques ou chimiques ou qu'elle soit issue de fibres
de récupération, la pâte à papier doit être préparée avant d'être envoyée à la machine à papier. Ce
sont les principales étapes de cette préparation :
La décomposition et la suspension ;Le processus comprend le raffinage, l'ajout d'additifs variés,
l'épuration et la dilution à la concentration désirée.
Le processus de désintégration (ou pulpage) vise à dissocier les fibres les unes des autres afin
d'obtenir une suspension fibreuse homogène.
L'objectif du raffinage est de modifier l'état physique des fibres par une action mécanique, afin
d'obtenir les qualités nécessaires pour la mise en œuvre et l'utilisation du papier produit. Le
processus de raffinage a trois effets principaux sur les fibres, avec différentes répercussions sur la
méthode de fabrication et les caractéristiques du papier : gonflement, fibrillation et coupe.
Il est possible d'utiliser différents additifs pour améliorer certaines caractéristiques physiques et
optiques du papier (charges, colorants et produits de collage), ou pour optimiser les différentes
étapes de fabrication (produits de rétention, additifs variés). Il est possible de faire la distinction
entre les charges dans la masse, les produits de collage, les agents de rétention, les différents
additifs, les colorants et les agents de fluorescence.
L'élimination : Le but est d'éliminer les impuretés résiduelles de la pâte qui sera envoyée sur
machine : bûchettes, incuits, pastilles, plastiques, encres, sables, etc. Les épurateurs
tourbillonnaires (hydrocyclones ou « cleaners ») et les classeurs sous pression (« screens ») sont les
deux types d'épurateurs utilisés.
2.2.3- Nettoyage

Il est essentiel de blanchir la pâte lors de la production de certains types de papier et de carton..
L'extraction de la lignine, cette colle naturelle qui relie les fibres de bois, est l'élément essentiel du
blanchiment des pâtes chimiques. Non seulement le produit obtenu est plus blanc, mais il est
également plus résistant et plus absorbant. L'oxygène, l'hypochlorite de sodium, le dioxyde de
chlore et le peroxyde d'hydrogène sont les principaux agents de blanchiment. Il faut noter que le
chlore élémentaire est de moins en moins employé comme agent de blanchiment en raison de son
impact sur l'écosystème. Le chlore élémentaire a été substitué par d'autres agents de blanchiment,
tels que le dioxyde de chlore et le peroxyde d'hydrogène, afin de diminuer les rejets de composés
organiques chlorés. Par ailleurs, certaines nouvelles méthodes de blanchiment ne font plus usage
de produits chlorés comme agents de blanchiment.
Le blanchiment mécanique des pâtes consiste à rendre la pâte plus claire en impactant
principalement les groupements chromophores de la lignine sans la dissoudre. On utilise
principalement l'hydrosulfite de sodium et le peroxyde d'hydrogène comme agents chimiques.
2.2.4- L'emballage, le séchage et la finition
Les pâtes obtenues sont suspendues dans l'eau et sont mises en mouvement pour séparer les fibres.
Ensuite, on incorpore des minéraux tels que le CaCO3, le talc, le TiO2... ainsi que des adjuvants
tels que les colles et les antimousses afin d'améliorer la qualité du papier.
Cette pâte est répandue sur la longueur d'une toile sans fin (appelée table de formation) et on
réalise une feuille de papier avec environ 80% d'eau. Ce pourcentage est réduit en passant la feuille
entre deux cylindres tournants garnis de feutre absorbant, ce qui permet d'atteindre un taux d'eau de
65%. Cette feuille est ensuite placée sur le feutre d'un tambour en fonte chauffé à l'intérieur, puis
séchée.
Afin d'améliorer ses caractéristiques de surface, il est enduit d'une solution d'amidon et ajouté
d'autres minéraux tels que le carbonate de calcium et le talc. Il s'agit du "couchage".
On procède ensuite à l'écraser entre des rouleaux d'acier poli afin de s'uniformiser par compression.
On désigne ces rouleaux chauffés sous le nom de "calandres".
2.2.5- Les additifs et les adjuvants utilisés dans le secteur du papier
2.2.5.1- éléments de qualité
Il existe principalement deux catégories d'adjuvants employés dans le secteur de la papeterie :
a- Les matériaux employés afin d'améliorer la qualité du produit final.

● Dans le cadre de la production de certains papiers (par exemple, des papiers destinés à
l'impression ou à l'écriture), des charges minérales inertes sont ajoutées à la pâte pour améliorer
certaines caractéristiques telles que l'opacité, l'état de surface ou l'imprimabilité. De la même
manière, à la fin du processus de fabrication, il est possible d'appliquer une couche de finition
constituée de matières minérales sur la surface du papier. Il s'agit de dormir. Les charges les
plus fréquemment employées, pouvant représenter entre 5 et 35 % du poids des fibres de bois,
sont le carbonate de calcium, le kaolin, le talc ou encore le dioxyde de titane..
● En raison de leur structure et de leur composition chimique (cellulose), les fibres de bois sont
extrêmement hydrophiles. Cette caractéristique comporte quelques inconvénients, en
particulier pour les papiers "écriture" ou les papiers "offset" : papier qui "bave" ou qui absorbe
trop rapidement l'eau. Afin de réduire ces désavantages, des substances hydrophobes comme
des résines, de l'amidon ou des dérivés d'acides gras sont ajoutées.
● On utilise également d'autres substances en moindre quantité, telles que des azurants optiques.
b- Les produits employés afin d'optimiser les résultats des méthodes de production.
● Les agents de rétention favorisent une meilleure rétention et une meilleure fixation des
diverses substances ajoutées aux fibres de bois, ce qui contribue à réduire la charge polluante
des effluents. Le sulfate d'aluminium, les amidons ou certains produits organiques de synthèse
(polyamines, polyamides aminés) sont les principaux agents de rétention.
● Les méthodes de désencrage utilisent des substances chimiques spécifiques pour extraire et
séparer les encres des fibres, comme l'hydrosulfite, le silicate de sodium, des acides gras, etc.
● Les procédés utilisent d'autres produits en moindre quantité, comme les agents tensioactifs, les
antimousses, les biocides,...
Remarque: Les matériaux non-fibreux utilisés dans la papeterie sont principalement des matières
minérales ou végétales. Si ces matières ne sont pas toutes renouvelables, comme les fibres de bois,
elles sont toutefois en grande partie naturelles.

2.2.5.2- Caractéristiques chiffrées


En 2010, la fourniture de matières premières pour le secteur papetier européen était composée de;
● 40% de fibres vierges
● 44% de fibres recyclées
● 16% de matériaux non-fibreux dont:
● kaolin, talc, dioxyde de titane (3,3%)
● carbonate de calcium (8%)
● amidon (1,7%)
● autres produits synthétiques (1,6%).
En 2010, près de 490 000 tonnes d'additifs et d'adjuvants étaient utilisées dans le secteur papetier
belge, ce qui représente près de 25 % de la production nationale de papier et de carton. Comme le
montre le graphique ci-dessous, les composants étaient principalement constitués de carbonate de
calcium (78 %), de kaolin (16 %) et d'amidon (6 %). Environ 90 % de ces substances servent à
dormir et un peu plus de 10 % à être chargées.
2.3- Imprimante à papier
La technique principale de l'industrie papetière est la machine à papier, car c'est elle qui fabrique le
papier, généralement sous forme de bobines très volumineuses, à partir de la pâte à papier.
La machine à papier est constituée de trois éléments fondamentaux :
● La zone humide est composée de la caisse de tête et de la table de production. La feuille est
formée et égouttée dans cette partie, d'abord par gravité puis par dépression.
● la partie des presses, où la feuille sera essorée de manière mécanique au maximum ;
● La sécherie se produit lorsque l'eau restante est éliminée par évaporation thermique.
Une fois la sécherie terminée, la feuille, avec une humidité de 4 à 9 % (en masse), est conservée en
bobines à l'aide d'une enrouleuse. Avant cette dernière étape, qui marque la fin de la machine à
papier, la feuille peut être soumise à plusieurs traitements supplémentaires en ligne : enduction,
couchage, lissage, calandrage, etc. Il est évident que toutes ces opérations qui ajoutent
généralement une valeur au papier peuvent être réalisées en dehors de la machine, sur des
installations spéciales telles que les coucheuses, les calandres et les supercalandrés. La figure
suivante illustre le processus de production du papier.

Figure 13: Cycle de fabrication du papier


2.4- Les diverses méthodes pour traiter la feuille.
Après la formation de la feuille, divers traitements seront effectués sur machine ou hors machine
afin d'améliorer ses caractéristiques ou son apparence.
2.4.1- Techniques de traitement physico-chimique
Les divers traitements visent à améliorer la surface d'un papier pour obtenir une imprimabilité
optimale et un rendu de couleurs satisfaisant. Il consiste à appliquer un enduit spécifique à la
surface et éventuellement à l'intérieur du papier ou du carton.
● À fermer la surface du papier qui est extrêmement rugueuse et macroporeuse à la sortie de la
machine.
À perfectionner sa blancheur et son apparence (mat ou éclatante).
Les traitements chimiques sont effectués sur le papier surfacé, le papier pigmenté et le papier
couché.

2.4.2- Techniques de traitement physiques/mécaniques


Les techniques de traitement mécanique visent à altérer les propriétés physiques de surface (lissé,
brillant), l'épaisseur ou l'apparence (crêpage) de la feuille.
Les traitements mécaniques ont été effectués sur le papier frictionné, le papier apprêté, le papier
satiné et le papier crêpé.

2.5- Les feuilles sont produites et transformées en pâte commerciale, papier et carton.
Le processus de fabrication de la pâte influence les produits finis qui sortent des usines de pâtes et
de papiers, qui peuvent inclure de la pâte commerciale et divers types de papier ou de carton. De
cette manière, la pâte mécanique, qui est plutôt fragile, est convertie en produits à usage unique tels
que le papier journal et le papier spécial. La pâte kraft est utilisée pour fabriquer divers produits
tels que du papier fin pour l'écriture, des livres, des sacs d'épicerie, etc. La pâte au bisulfite,
principalement composée de cellulose, peut être utilisée pour produire divers produits tels que des
papiers spéciaux, de la rayonne, de la pellicule photographique, du TNT, des plastiques, des
adhésifs et même des mélanges pour les gâteaux et les crèmes glacées. La rigidité des pâtes
chimico-mécaniques est parfaite pour la production de carton ondulé. Les pâtes à base de papier
recyclé ont généralement des fibres plus courtes, moins souples et moins perméables à l'eau, ce qui
les rend impropres à la fabrication de papiers de haute qualité. Ainsi, elles sont principalement
utilisées pour fabriquer des articles en papier mince tels que le papier de soie, le papier hygiénique,
l'essuie-tout et les serviettes en papier.
L'obtention de la pâte commerciale nécessite généralement une nouvelle tamisation de la pâte
aqueuse et une augmentation de sa consistance (de 4 à 10%) avant de la passer à la machine à
papier. Ensuite, la pâte est étalée sur une toile mobile de mailles métalliques ou en plastique à
l'extrémité « humide » de la machine, où l'opérateur contrôle la vitesse de la toile et la
concentration en eau de la pâte. La toile est traversée par l'eau et le filtrat, ne laissant plus qu'un
réseau de fibres. La pâte est passée à travers divers rouleaux presseurs qui délivrent de l'eau et de
l'air jusqu'à ce que la densité des fibres soit comprise entre 40 et 45%.Ensuite, la feuille est
soumise à diverses étapes de séchage à chaud afin d'atteindre une texture de 90 à 95%. Finalement,
elle est coupée en morceaux. Après avoir été comprimées, ces balles sont emballées pour être
conservées et transportées.
Même si elle est en principe similaire à la production de feuilles de pâte, la production de papier
est bien plus complexe. Certaines usines utilisent différentes pâtes pour améliorer la qualité du
papier (pâtes de bois dur, de bois tendre, kraft, pâtes au bisulfite, mécaniques ou recyclées). En
fonction du type de pâte utilisé, il faut effectuer différentes étapes pour fabriquer une feuille de
papier. Les pâtes commerciales séchées sont généralement réhydratées, tandis que les pâtes
entreposées à haute densité sont diluées. On bat parfois les fibres afin d'accroître leur liant et
d'améliorer la solidité des feuilles de papier. En fin de compte, la pâte est mélangée avec des
additifs (voir tableau 2) et est finalement passée à l'extrémité "humide".

À l'aide d'un ensemble de cribles et de systèmes de nettoyage. Ainsi, elle est prête à être traitée à la
machine à papier.
Tableau 2 : Additifs utilisés dans la fabrication du papier
Additif eu d’applicatio Utilité ou exemples d’agents spécifiques
Additifs les plus courants
Talc xtrémité humidElimination du goudron (pour prévenir le dépôt et l’accumulation de
goudron)
Enduit (pour rendre le papier plus brillant, plus doux, plus
opaque)
Dioxyde de titane xtrémité humid Pigment (pour éclaircir la feuille, améliorer l’impression)
Enduit (pour rendre le papier plus brillant, plus doux, plus opaque)

Alun (Al2(SO4)xtrémité humid Pour précipiter l’adhérence de la colophane sur les fibres
Aide à la fixation (pour que les additifs adhèrent aux fibres, pour
améliorer la fixation des fibres de pâte)
Colophane xtrémité humid Collage interne (pour empêcher la pénétration de liquide)
Argile (kaolin) Extrémité Enduit (pour rendre le papier plus brillant, plus doux, plus opaque)
humide/sèche Pigment ou couche de surface (pour donner de la couleur)

Amidon Extrémité ollage en surface (pour empêcher la pénétration de liquide) Additif à se


humide/sèche our accroître la résistance, limiter le peluchage) Aide à la fixation (pou
que les additifs adhèrent au papier,
pour améliorer la fixation des fibres de pâte)
eintures et pigments Extrémité Acides, colorants basiques ou directs, laques colorées,
humide/sèche carbonate de calcium (CaCo3), éventuellement produits pour solvants

Latex Extrémité sèchedhésif (pour renforcer la feuille, fixer les additifs au papier, remplir le
pores)
Imperméabilisation (pour empêcher la pénétration de liquide)
Autres additifs
Myxo- bactéricidesxtrémité humidhiones, thiazoles, thiocyanates, thiocarbamates, thiols, isothiazolinones
formaldéhyde, glutaraldéhyde, glycols, naphthol, substances
organochlorées et bromées, composés
organo-mercuriels
Agents xtrémité humid Huile de pin, mazout, huiles recyclées, silicones, alcools
démoussants
Agents de xtrémité humidmidazoles, diéthylèneglycol-carbonate de butyle, acétone, térébenthine
raitement de la toile acide phosphorique

Additifs de xtrémité humid Résines de formaldéhyde, épichlorohydrine, glyoxal, gommes,


onsolidation humide olyamines, agents phénolés, polyacrylamides, polyamides, dérivés de l
ou à cellulose
sec

nduits, adhésifsExtrémité sèche Hydroxyde d’aluminium, acétate polyvinylique, acryliques, huile de lin,
plastifiants gommes, colles protéiques, émulsions de cire, azite, glyoxal, stéarates,
olvants, polyéthylène, dérivés de la cellulose, tain, dérivés du caoutchouc,
polyamines, polyesters,
polymères du butadiène-styrène
Autres Extrémité Inhibiteurs de corrosion, dispersants, pare-flammes, agents antiternissure,
humide/sèche produits liquéfiants, défloculants, agents
régulateurs du pH, conservateurs

3-Utilisation du papier
3.1- Usages graphiques
- Le papier est principalement utilisé comme support d'écriture, c'est pourquoi il a probablement
été utilisé pour la première fois il y a environ 2000 ans. Le papier est utilisé aujourd'hui dans les
domaines de l'impression, du bureau, des arts graphiques, de l'affichage ou comme support
d'images publicitaires de diverses formes.
Les journaux à grande échelle sont fabriqués à partir de papier journal, léger et moins coûteux que
les journaux traditionnels. En revanche, le papier couché, qui peut servir à la photographie, est
beaucoup plus performant et plus lourd.
Le papier carbone, une feuille légère posée sur une face d'encre grasse, permet d'écrire
simultanément sur deux feuilles ou plus.
Le papier thermique est disposé sur une surface recouverte d'un enduit noirci à la chaleur.
Le papier-monnaie utilise des techniques pour rendre la falsification plus difficile : filigranes,
inclusions, etc.
● Les beaux-arts nécessitent des qualités spécifiquement conçues pour les techniques
picturales telles que le crayon, la plume, l'aquarelle, le lavis et la peinture à l'huile.
Le calque est principalement utilisé pour le dessin technique. On le reproduisait par contact en
utilisant une diazographie ou une autre méthode similaire.
Le plus souvent, certains objets décoratifs sont entièrement ou principalement en papier, tels que
les lampions, les éventails, les ombrelles.
● Architecture intérieure : Le papier peint est utilisé pour recouvrir et embellir les murs. Dans
le domaine de l'architecture japonaise et coréenne, il est utilisé pour la fabrication des
panneaux des maisons traditionnelles.
3.2- Emballag
C’est l’un des usages les plus anciens du papier. On utilise la plupart du temps des papiers peu
coûteux; mais pour les produits de luxe, toutes les qualités de papier peuvent servir. Le carton lisse
et le carton ondulé sont en général spécialement destinés à cet usage,
tout comme le papier kraft, les papiers de soie et mousseline, le papier cadeau décoré. Les cartons
et papiers forts servent aussi pour des produits industriels comme le papier de verre ou émeri, pour
lesquels ils peuvent difficilement être remplacés, à cause de leurs propriétés mécaniques et de leur
résistance à la chaleur.
3.3- Vérification et entretien
Le papier non encollé, mais très résistant à l'humidité, est utilisé pour le buvard et le papier-filtre,
ainsi que pour une grande quantité de cosmétiques et de produits de nettoyage. Cela s'applique à
l'essuie-tout et aux autres articles en tissu, tels que le papier toilette et le mouchoir.
Le non-tissé est une couche de fibres qui ressemble au papier, un mélange de fibres. Le papier
lui-même est utilisé dans le domaine médical, notamment pour recouvrir un lit d'examen avec une
couche à usage unique, ou pour certains types de pansements adhésifs.
On retrouve des traces de ces usages dans le papier d'Arménie et d'autres papiers contenant des
produits qui repoussent les insectes.
Parmi les matériaux les plus légers, le papier à cigarettes doit respecter des normes d'hygiène. En
cuisine, on utilise des papiers traités tels que le papier sulfurisé.
3.4- L'art du papier
● L'origami, qui est originaire de Chine et très prisé en Asie, est une technique de pliage et de
découpage du papier. L'origami se base sur une feuille, généralement carrée, qui ne doit pas
être découpée. Les modèles d'origami débutent généralement par une série de plis de base, puis
une série de plis à effectuer pour atteindre le modèle final. Les formes de l'origami peuvent être
aussi basiques qu'un chapeau ou un avion en papier, ou aussi complexes que la tour Eiffel ou
un insecte.
Le kirigami consiste à découper le papier. L'utilisation du papier découpé chinois permet de créer
des motifs d'animaux, de fleurs ou d'autres formes, que ce soit à l'aide de ciseaux ou de couteau.
Les papiers-découpés chinois, principalement utilisés pour embellir les portes ou les fenêtres, sont
également connus sous le nom de fleurs de fenêtres ou de silhouettes découpées. On utilise aussi le
papier (ou le carton) découpé, plié et collé pour fabriquer des modèles en papier en volume.
Le modelage avec du papier mâché consiste souvent à utiliser des morceaux de vieux journaux
trempés dans l'eau, que l'on peut également mélanger et battre.
Afin d'obtenir une forme de pâte à papier, ils sont placés sur une légère armature. Après avoir été
sec, le papier mâché est généralement peint. Avant ce tableau, qui contribue à l'unification de
l'ouvrage, le modèle est d'un grisâtre, dû aux traces d'encre, d'où l'expression « avoir une apparence
de papier mâché ».
Dans le domaine des festivités, le papier est souvent utilisé en raison de sa faible coût, ce qui
en fait un matériau très répandu : serpentin, confettis, costumes en papier crépon.

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