Principe variationnel d’Ekeland
Chaimae El Makrini
Ahlam El Omari
Hamza Benelkadi
Mohammed Chouikhi
8 décembre 2024
1
Théorème 1 Soit (X, d) un espace métrique complet et Φ : X → R ∪ {+∞} une fonction
propre, s.c.i. (relativement à d) et bornée inférieurement (inf X Φ > −∞). Soit ε > 0 et
x ∈ X tels que
Φ(x) ≤ inf Φ(u) + ε.
u∈X
Alors, pour tout δ > 0, il existe y = yε ∈ X tel que
1) Φ(y) ≤ Φ(x) ;
2) d(x, y) ≤ δ ;
3) Φ(y) < Φ(u) + δε d(u, y) pour tout u ∈ X tel que u ̸= y.
Remarque 1 Le principe variationnel d’Ekeland permet pour chaque ϵ > 0, λ > 0 et
chaque u ∈ X tel que Φ(u) ≤ inf X Φ + ϵ, de construire un élément ν ∈ X minimisant
la fonctionnelle Φν donnée par :
Φν = Φ(x) + λϵ d(x, ν), ∀x ̸= ν
Preuve.
On définit sur X la relation
ε
u ≺ v ⇐⇒ Φ(u) ≤ Φ(v) − d(u, v),
δ
qui est une relation d’ordre sur X (à vérifier). Soit y0 = x et
S0 = {u ∈ X : u ≺ y0 }.
On construit par induction une suite (yn ) via :
y1 ∈ S0 , Φ(y1 ) ≤ inf Φ + ε,
S1 = {u ∈ X : u ≺ y1 },
ε
y2 ∈ S1 , Φ(y2 ) ≤ inf Φ + ,
2
..
.
Sn = {u ∈ X : u ≺ yn },
ε
yn+1 ∈ Sn , Φ(yn+1 ) ≤ inf Φ + . (1)
2n
Comme yn+1 ∈ Sn , c-à-d yn+1 ≺ yn ∀n ∈ N, nous avons
−∞ < inf Φ ≤ Φ(yn+1 ) ≤ Φ(yn ) et Sn+1 ⊆ Sn ∀n ∈ N,
X
donc la suite (Φ(yn )) est convergente. De plus les Sn sont fermés, en fait, soit (zk ) ⊆ Sn telle
que zk → z. Alors zk ≺ yn ∀k, donc
ε
Φ(zk ) ≤ Φ(yn ) − d(zk , yn ).
δ
LATEX
2
Puisque Φ est s.c.i., en passant à la limite k → +∞, on obtient
ε
Φ(z) ≤ lim inf Φ(zk ) ≤ Φ(yn ) − d(z, yn ),
k→+∞ δ
donc z ∈ Sn , d’où Sn est fermé.
Maintenant, on montre que diam(Sn ) → 0. En effet, pour tout u ∈ Sn ⊂ Sn−1 , on a :
ϵ
Φ(u) ≤ Φ(yn ) − d(u, yn )
δ
et :
ϵ ϵ
Φ(yn ) ≤ inf Φ + ≤ Φ(u) + (voir(1))
Sn −1 2n−1 2n−1
il résulte que :
ϵ ϵ
Φ(yn ) − ≤ Φ(u) ≤ Φ(yn ) − d(u, yn )
2n−2 δ
donc :
1 1
d(u, yn ) ≤ n−1
δ 2
Par conséquent, pour tout u1 , u2 ∈ Sn
δ
d(u1 , u2 ) ≤
2n−2
ainsi diam(Sn ) → 0, et comme X est complet , par le théorème des fermés, il vient que :
∞
\
Sn = {y}
n=0
Les assertions (1) et (2) résultent du fait que y ∈ S0 c-à-d y ≺ y0 = x qui implique :
ϵ
Φ(y) ≤ Φ(x) − d(x, y)
δ
donc :
ϵ
d(x, y) ≤ Φ(x) + Φ(y) ≤ inf Φ + ϵ − Φ(y) ≤ ϵ
δ x
d’ou (2). Finalement, soit u ̸= y. si u ≺ y,on aura u ≺ yn pour tout n (car y ≺ yn ),
donc :
∞
\
u∈ Sn = {y}
n=0
absurde. Par conséquent :
ϵ
Φ(y) < Φ(u) + d(u, y)
δ
ce qui termine la preuve. ■
LATEX
3
Corollaire 1 Soit X un espace de Banach et Φ : X → R une fonction s.c.i,G-différentiable
et bornée inférieurement. Alors, pour tout ϵ > 0, il existe y = yϵ ∈ X tel que :
Φ(y) ≤ inf Φ(x) + ϵ et ∥Φ′ (y)∥∗ ≤ ϵ
x∈X
Preuve. soit ϵ > 0, il existe alors x ∈ X tel que :
Φ(x) < inf Φ(u) + ϵ
u∈X
Appliquons le Théorème 2, avec δ = 1, il existe y = yϵ ∈ X tel que :
1) Φ(y) ≤ Φ(x)
2) ∥x − y∥ ≤ 1
3) Φ(y) < Φ(u) + ϵ ∥x − y∥ pour tout u ∈ X tel que u ̸= y
Donc d’après (3) ; pour tout t > 0 et v ∈ X avec ∥v∥ = 1, on a
Φ(y) − Φ(y + tv) ≤ ϵt ∥v∥ = ϵt
ce qui implique :
Φ(y + tv) + Φ(y)
− ≤ϵ
t
et en faisant t → 0+ , on obtient :
−⟨Φ′ (y), v⟩ ≤ ϵ
par suite ∥Φ′ (y∥∗ ≤ ϵ
■
LATEX