Optimisation CFAO : Processus et Avantages
Optimisation CFAO : Processus et Avantages
La CFAO est un passage obligatoire dans l'évolution d'entreprise vers une meilleure
compétitivité.
La C.F.A.O. peut être définie comme la chaîne ininterrompue de ce processus qui commence
à la conception d’un produit (en C.A.O.) et qui va jusqu’à la réalisation des supports de
données qui permettront la réalisation de ce produit dans les ateliers totalement ou
partiellement automatisés (F.A.O.).
L’objectif essentiel d’un système de C.F.A.O. est la représentation informatique des objets,
c’est à dire la constitution d’une véritable maquette virtuelle, qui doit être exploitable pour
des simulations, des calculs ou la préparation à la fabrication. La visualisation de cette
maquette est certes très importante mais néanmoins insuffisante lorsque, dans le cas de la
mécanique par exemple, l’on se préoccupe des opérations de fabrication. Aux informations
géométriques, il faut en ajouter d’autres de type technologique. Par exemple, le modèle
géométrique sera utilisé pour une modélisation par éléments finis pour la sortie de plans de
fabrication ou pour créer les bandes de commande numérique.
La caractéristique principale de la C.F.A.O. est de pousser très loin la préparation du travail,
ce qui ce fait en atmosphère de bureau, avec l’aide qu’apportent, d’une part, de puissantes
archives et, d’autre part, l’informatique ; de cette façon, le temps de passage sur machine est
réduit au minimum, les imprévus ayant été éliminés dans la limite du possible. Cette tendance
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s’explique aisément, car le coût horaire des matériels consacrés à l’usinage est nettement plus
élevé que celui des moyens utilisés pour la préparation.
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Génération de programmes CN
VISUALISATION DAO
Base de Données
MODELE
Mise en plan 2D
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Exemple de conception d’un bon produit industriel dés le « premier coup »
Voici un exemple réel de conception d’un fer à repasser (Calor) selon une démarche qui
permet de faire bon du premier coup, ou pour le moins, de limiter les retouches lors de la mise
au point :
En respect de la norme ISO 9001, le processus de développement prévoit quatre phases :
Définition, Pré-étude, Etude de détail, Industrialisation.
Dans un fer à repasser, l’eau se doit de cohabiter harmonieusement avec l’électricité et la
chaleur de la semelle portée à 240°C. C’est un produit complexe dont le développement
demande environ douze mois.
Le fer naît sous la plume du designer industriel.
Les premiers croquis sont immédiatement transmis au bureau d’études et introduits dans le
système de C.A.O.
A partir de ces quelques lignes, tracé (conception), au moyen du logiciel Euclid des surfaces
externes esthétiques (design) et des surfaces internes plus techniques.
Au cours des trois premiers mois, les formes du futur fer se finalisent au travers
d’itérations successives entre le designer et les concepteurs du bureau d’études.
Usinage de maquettes en résine pour vérifier les volumes, prototypage rapide par
stéréolithographie pour valider un mécanisme particulier ou l’ergonomie d’une commande,
reconstruction de surfaces pour assurer les compromis entre les nécessités esthétiques et les
contraintes industrielles.
Ce processus, qui s’affine petit à petit, parvient en phase de pré-étude et d’étude.
Il s’achève naturellement par la phase d’industrialisation. La cotation fonctionnelle est
systématiquement mise en œuvre en phase finale au moyen du logiciel Mecamaster.
Le comportement thermique des fers est évalué par le code de calcul Systus pour
déterminer les coefficients de transmission thermiques permettant de s’assurer que le modèle
de calcul correspond bien à la réalité. Cette simulation permet d’anticiper au mieux les
résultats des essais qui doivent être menés.
Recours de nouveau au prototypage rapide pour disposer de maquettes d’essais.
La résistance aux chocs est simulée avec le logiciel PamShock. Cette simulation permet de
gagner un temps considérable sur la mise au point du modèle convenable.
Dés la pré-étude des pièces d’aspect, quand il est encore temps d’intervenir sur la conception,
les analyses rhéologiques sont faites en utilisant le logiciel Moldflow afin d’anticiper la
position des lignes de soudure sur la poignée du fer et de déterminer les paramètres de
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moulage, de connaître les temps de cycles, de concevoir les circuits de refroidissement et
d’optimiser les conditions d’injection.
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Présentation d’un produit commercial : SolidWorks
CAO 3D
SolidWorks :
SolidWorks® est le premier système de CAO à offrir une approche de conception
3D native Windows®. Simple d'utilisation et facile à apprendre SolidWorks offre
les fonctionnalités les plus avancées dans le domaine de la modélisation de
pièces, la définition de formes complexes, la création et la gestion de très gros
assemblages et la mise en plans. SolidWorks offre un rapport puissance-prix qui
permet un retour sur investissement très rapide.
CosmosMotion :
COSMOS/Motion simule la fonction de vos modèles de CAO et offre la même
fiabilité d'informations que celles recueillies de manière physique (ex :
interférence de pièce, taille du moteur, performance de came et d'engrenages,
etc.). En utilisant COSMOS/Motion vous comprendrez la mécanique de votre
conception avant que vous n'usiniez vos pièces ou que vous réalisiez des moules
plastiques, tout en restant dans l'environnement familier de SolidWorks.
Cosmos/FlowWorks :
COSMOS/Flow est un logiciel généraliste de mécanique des fluides (CFD) qui
permet la modélisation et l'analyse de gaz et de tout types de liquides à travers
une grande variété de nombres de Reynolds. COSMOS/Flow combine un très
haut degré de précision, de nombreuses fonctionnalités et une interface
utilisateur très conviviale. Que vous développiez des automobiles, des ailes
d'avions, des pompes, l'utilisation de COSMOS/Flow, vous aidera à concevoir un
meilleur produit dans un temps plus court.
Cosmos/EMS :
COSMOS/EMS est un simulateur de champs 3D pour des applications
électromagnétiques/électromécaniques basses fréquences. COSMOS/EMS
combine un haut niveau de fonctionnalités, la précision de l'analyse avec la
facilité d'utilisation et est utilisable pour une large gamme de conceptions. Il est
basé sur la Méthode des Éléments Finis (FEM). Il permet le calcul de paramètres
importants comme : moments de torsion, forces, champs, courants, inductances,
capacités et tensions électriques.
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FAO
CAMWorks :
Considéré comme la solution la plus avancée utilisable en usinage de solide,
CAMWorks est aussi le premier système FAO basé sur la connaissance, la
reconnaissance des formes et l’associativité de l’usinage dans
l’environnement de SolidWorks. CAMWorks élimine les pertes de temps
dues aux transferts de fichiers tels que IGES ou SAT.
CAMWorks comprend une Base de Données Technologique qui permet de
capturer et de mémoriser ses propres méthodes d’usinage.
Modules Complémentaires
SolidWorks Animator :
Ce tout nouvel outil permet aux utilisateurs de saisir et de créer
facilement des animations de pièces et d'assemblages déjà existants,
pouvant ensuite être relues dans SolidWorks ou dans le format AVI très
connu de Windows®. SolidWorks Animator permet aux ingénieurs,
concepteurs et membres du département de marketing d'appréhender, de
présenter et de communiquer l'intention de conception d'une manière
rapide et simple.
PhotoWorks :
Permet de présenter vos concepts de manière plus efficace, réduire les
coûts de prototypage et accélérer la commercialisation de vos produits.
PhotoWorks offre des fonctionnalités de rendu exceptionnelles et faciles
à utiliser. Entièrement intégré dans SolidWorks il permet de générer des
images saisissantes pour les présentations et offres et leur donne un plus
grand impact
EDrawings :
eDrawings, une innovation en matière de fichiers de mise en plan
électroniques et compressés, permet de créer, de visualiser, d'envoyer et
de recevoir des mises en plan de conceptions mécaniques par courrier
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électronique sans que le receveur ne possède de licence SolidWorks.
eDrawings élimine les problèmes de communication, d'incompatibilité
logicielle et d'interprétation des mises en plan permettant ainsi aux
ingénieurs et concepteurs de créer facilement des mises en plan
compressées et de les envoyer par courrier électronique.
FeatureWorks :
Logiciel de reconnaissance de fonctions entièrement intégré dans
SolidWorks, FeatureWorks est le premier logiciel de reconnaissance de
fonctions paramétriques pour les utilisateurs de CAO. En reconnaissant
les fonctions dans des fichiers produits par des traducteurs standards,
FeatureWorks applique des paramètres aux données géométriques
statiques, leur rendant toutes leurs fonctionnalités pour une utilisation
immédiate dans SolidWorks.
SolidWorks Piping :
Logiciel de conception de tuyauterie SolidWorks Piping est une
nouvelle application très puissante de conception de tuyauterie en 3D,
munie d'une bibliothèque de raccords et destinée à tous les utilisateurs
de logiciels de CAO. Cette application est destinée à répondre aux
exigences spécifiques des utilisateurs ayant des besoins importants et
réguliers en matière de tuyauterie.
3D Meeting :
3D Meeting est un complément innovateur du logiciel SolidWorks, qui
permet aux utilisateurs de visualiser et de partager en temps réel des
conceptions mécaniques de SolidWorks sur Internet. 3D Meeting
améliore la communication des conceptions en permettant aux
fournisseurs, fabricants et clients de participer en direct à des réunions
en ligne afin d'évaluer les modèles SolidWorks, ce qui se traduit par une
réduction du temps de production.
3D [Link] :
Un service innovateur qui permet aux fabricants de créer des catalogues
3D en ligne afin d'améliorer les ventes, la promotion et le service
clientèle. À la différence des catalogues en ligne qui présentent
généralement des textes sans vie et des images 2D statiques, 3D
[Link] permet aux fabricants de donner une vision "réelle" de
leurs produits.
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Modélisation géométrique
Quelques définitions trouvées sur les dictionnaires :
L’objet peut
– être le fruit de l’imagination, d’une tendance, ...
– une solution plus ou moins exacte d’un problème physique donné
– une combinaison des deux.
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– points de départ de modélisation par reproduction
• Modélisés et fabriqués
– contrôle de l’écart modèle virtuel - modèle du produit fabriqué
On parle
– d’ingénierie inverse (reverse engineering)
– de reconstruction
• Nombre important de données pas toujours structurées
Le modèle
La notion de modèle est bien connue depuis l'Antiquité, soit sous forme de maquette physique
(principe encore utilisé aujourd'hui), soit sous forme d'objets abstraits (mathématiques le plus
souvent), ces derniers pouvant être adaptés pour aboutir à un prototype informatique
respectant un certain nombre de propriétés. Nous nous intéressons essentiellement à la
représentation de la morphologie des objets.
L'étude de la représentation des objets implique d'analyser les deux aspects fondamentaux de
toute modélisation:
- la représentation des caractéristiques (par exemple, géométriques) des objets. Elle peut se
faire soit sous une forme explicite, soit sous une forme implicite;
- la mise en œuvre d'opérations, par exemple des opérations de composition ou de
modification de solides. En effet, l'objectif de la modélisation est de constituer une
représentation des objets qui soit utilisable pour la simulation. La visualisation est une
simulation particulière du modèle; de même, le dialogue, le calcul massique ou le calcul de
structures peuvent être considérés comme des simulations, même si, très souvent, leur mise en
œuvre nécessite la constitution d'un modèle adapté (modèle applicatif), à partir du modèle
géométrique existant, et d'autres informations liées au type de traitement à appliquer (par
exemple, un modèle par éléments finis).
Au-delà de la forme qui correspond à ce modèle spatial, nous avons le modèle structurel (ou
modèle physique ou modèle matériel ou modèle technologique) où la forme et la matière (ou
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les forces) sont intimement liées. Ce modèle structurel est basé sur une hiérarchie spatiale des
différents composants du produit.
Par ailleurs, nous avons le modèle fonctionnel du produit avec sa hiérarchie fonctionnelle.
Pour résumer, nous pouvons avancer que l’espace de conception d’un produit est composé par
3 axes principaux : la fonction, la forme et la matière. Le processus de conception est le
chemin que parcourt le concepteur dans cet espace pour aboutir à l’objet à concevoir.
Multi modélisation
Il est illusoire de croire que les systèmes de CAO peuvent être basés sur un modèle central qui
contiendrait les informations définissant sans ambiguïté les objets. En effet, on s'aperçoit
rapidement que l'on se heurte au problème classique (bien connu dans les systèmes de gestion
de bases de données) de vues multiples adaptées à chaque utilisateur, être humain ou
programme.
Ainsi, par exemple, au sein de la même entreprise, le P.-D.G., le concepteur, le responsable
des achats et le responsable de la fabrication n'ont pas la même façon d'appréhender les objets.
Dans des entreprises différentes (donneur d'ordre/sous-traitant, par exemple) les cultures
peuvent encore amplifier les différences. Lorsque l'on observe le fonctionnement d'un système
de CAO (ou d'IAO), on note très rapidement des concepts et des méthodes variant fortement
d'un logiciel à un autre: par exemple, le logiciel de CAO est fondé sur un modèle
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mathématique pour les surfaces, alors que le modèle de calcul utilise une approximation par
des triangles.
Ces contraintes conduisent à un ensemble de modèles (multimodélisation) dont les objectifs et
les domaines d'application peuvent être fonction du domaine pris en compte, de l'utilisateur
(opérateur ou programme), voire même être spécialement définis pour améliorer les
performances. Cet aspect est encore amplifié lorsque l'on considère toutes les activités de
l'entreprise. En effet, la cohérence de l'ensemble et l'assurance que toutes les modifications ou
toutes les évolutions sont correctement propagées devient un problème extrêmement
complexe à résoudre.
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Processus général de conception d’un produit
Familles de modèles
Le modèle géométrique est au cœur du système de CAO. C'est lui qui contient l'ensemble des
informations géométriques sur les objets. La puissance d'un système de CAO est en grande
partie liée à la qualité (ou aux qualités) de son modèle géométrique. Bien que ce modèle soit
encore insuffisant, il est indispensable de bien appréhender les avantages et les inconvénients
de chaque famille.
Ils ont une connaissance des objets limitée à des vues planes, sans relation, sauf outils
particuliers, entre elles. Ils sont bien adaptés au dessin industriel. Certains outils (de type trait
de rappel) peuvent faciliter des relations partielles entre vues. Ils peuvent être enrichis par des
outils de construction « simples» d'objets 3D, comme l'extrusion ou la révolution (certains
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parlent alors de 2D1/2). Ils ne demeurent importants aujourd'hui que parce qu'ils sont utiles
pour la construction d'objets 3D et parce qu'ils servent de base à une partie de la cotation.
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Modeleurs géométriques en CAO
Cinq grandes familles de modeleurs existent; ils sont cités dans un ordre croissant de richesse
sémantique et dans l'ordre historique d'apparition:
- modeleurs 2D ;
- modeleurs filaires 3D ;
- modeleurs surfaciques ;
- modeleurs volumiques;
- modeleurs sous contraintes.
Ces modeleurs comportent des caractéristiques communes.
La définition de formes consiste en un certain nombre de manipulations interactives
(utilisation de menus de fonctions par la souris ou la table à digitaliser, désignation d'entités
du modèle à l'écran, entrée d'informations alphanumériques au clavier...). La définition des
formes est réalisée progressivement par création d'éléments de construction intermédiaires.
D'autre part, ces éléments vont pouvoir être modifiables et effaçables. On voit donc que le
concepteur va devoir gérer une collection d'éléments, on dira base de données ou
bibliothèque. L'utilisation de transformations géométriques (translation, rotation,
homothétie, symétrie) appliquées à un seul élément ou à un groupe permet de le déplacer avec
ou sans duplication.
Deux méthodes de construction des éléments géométriques existent:
o la saisie interactive des paramètres de définition de l'élément;
o la définition de l'élément par contraintes (exemple: on contraint un cercle de
rayon donné à être tangent à 2 droites et à être dans un quart de plan). Les opérateurs de
contraintes sont: appartenant à, passant par, tangent à, parallèle à, faisant un angle de, distant
de, centré sur...
A la définition géométrique des éléments s'ajoutent des attributs (couleur, épaisseur du
trait, type du trait: mixte, plein..., commentaire...).
Les systèmes de CAO intègrent tous la notion de travail par calques ou couches
(layers).
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Modèle 2D
Celui-ci apparut avec les débuts de la CAO dans les années 60 consisté essentiellement à être
une planche à dessin électronique. c'est-à-dire à sortir des plans, en bénéficiant de
l'informatisation au niveau des avantages de gestion et de temps de modification plan.
Les éléments géométriques de base en sont: les points, les droites, les segments, les cercles,
les arcs de cercles, les coniques en général, les courbes complexes du type polynôme, Bézier,
B-Splines, NURBS... Ces courbes complexes sont généralement construites par contraintes:
passage par des points, tangentes ou courbures imposées en certains points.
Tous les éléments filaires (unidimensionnels et représentés à l'écran sous la forme de fils de
fer) cités peuvent former un nouvel élément: la section ou contour. C'est un élément connexe
formé par un contour extérieur et, éventuellement, des contours intérieurs. Une section intègre
la notion d'intérieur et d'extérieur et permet la mise en jeu de routine de hachurage
automatique et de calcul de surface. De plus, il est possible de disposer des opérateurs
d'union, d'intersection et de soustraction de contours pour former un nouveau contour.
En conclusion, le modèle 2D est peu riche, par contre il est rapide à mettre en œuvre et à
modifier; il est assez standard dans le sens où il s'importe et s'exporte bien entre logiciels de
CAO par des standards d'échange sans beaucoup de pertes d'informations; il se prête bien à un
paramétrage de ses éléments et à la résolution automatique de chaînes de cotes.
Ce type de logiciel offre des fonctionnalités très limitées, il en reste peu qui n'offrent pas de
fonctionnalités tridimensionnelles. La CAO 2D a permis, dans les années 70 et 80, aux
entreprises d'entamer le processus d'informatisation de leurs méthodes de dessin non encore
de conception. On parlait alors de DAO (dessin assisté par ordinateur) et non encore de CAO.
Ces logiciels ont permis la phase d'intégration des plans papier par scannérisation et
reconnaissance automatique de formes et/ou retouches manuel Citons le très célèbre logiciel
Autocad de la société Autodesk qui a commencé par être un simple logiciel 2D et qui intègre
à l'heure actuelle la plupart des fonctionnalités avancées du 3D.
Dans un modeleur 2D, on conçoit comme sur une planche à dessin: sur plusieurs vues. Les
limitations essentielles du 2D tiennent à l'absence de lien entre ces différentes vues 2D. C'est
pourquoi, on ne pourra pas interpréter ce modèle 2D dans l'espace 3D de façon automatique.
Par contre, les modèles 3d permettent par des projections, coupes et sections de ce modèle, de
générer automatiquement des vues 3D.
Modèle filaire 3D
Les premiers systèmes basés sur les principes de ce modèle permettaient de représenter
uniquement le contour des objets 3D; l’utilisateur construisait son modèle point par point et ligne
par ligne.
L’implantation de ce modèle est facilitée par sa simplicité. Des transformations de base telles que
la rotation, le changement d’échelle, la translation et les transformations de visualisation sont
appliquées facilement à l’objet.
Même si le modèle a pu offrir une possibilité de modélisation tridimensionnelle, il reste toujours
un modèle limité car il ne peut pas représenter des objets complexes avec un haut degré de
réalisme. Malgré cela, un tel modèle nous permet à peu de frais d’avoir une représentation
géométrique globale de l’objet, mais tant qu’un objet n'est représenté que par une suite d’arêtes et
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de sommets, il peut y avoir une ambiguïté dans l’interprétation de la représentation ou donner lieu
à un modèle impossible
Le modèle filaire 3D reprend les éléments vus précédemment. Certaines personnes parlent
plutôt de représentation filaire ou fil de fer ou wire-frame et y adjoignent aussi des éléments
surfaciques non bornés (infinis) définis par leur seule expression analytique: le plan, le
cylindre infini, le cône infini, la sphère. La construction par contraintes s'applique aussi à ces
surfaces (droite passant par un point et orthogonale à un plan) et on peut déterminer des
courbes par intersection de ces surfaces (conique résultat de l'intersection d'un plan et d'un
cône). En somme, les formes sont définies par des surfaces infinies et des arêtes (segments ou
courbes bornées).
On n'a toujours pas de notion de surface bornée appartenant à la forme (on dit alors face), on
ne peut donc pas avoir une visualisation de la forme avec traitement des parties cachées. On
peut simplement avoir un traitement d'arêtes cachées qui permet une perception 3D à l'écran
pour seulement des formes peu complexes. On ne peut bien sûr pas estimer la surface, le
volume, le centre de gravité et la matrice d'inertie d'une pièce.
Modèle surfacique
La CAO, en tant que telle, a débuté à la fin des années soixante avec la modélisation des
surfaces complexes ou formes libres. Tous les grands constructeurs automobiles et
aérospatiaux ont développé, dans ces années-là, des logiciels internes de modélisation de
surfaces dans trois buts importants:
- faire de la simulation d'usinage, c'est-à-dire, notamment, générer la trajectoire des outils
d'usinage de la surface (code commande numérique CN d'une machine-outil ou de ses
matrices), d'estampage, de montage... ;
- effectuer des calculs d'aérodynamique;
- juger de l'esthétique à partir d'images de synthèse.
La France s'est particulièrement illustrée avec Bézier (Renault) et de Casteljau (Peugeot). À la
fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, ces logiciels « maison»
devenant trop lourds à gérer et le marché de la CAO devenant adulte, des sociétés d'édition de
logiciels de CAO se sont créées. En France, la société Matra Datavision crée le logiciel Euclid
à partir du logiciel Unisurf de Renault, et Dassault-Aviation crée la filiale Dassault Systèmes
qui commercialise, au travers du catalogue de logiciels IBM, le célèbre logiciel Catia.
Actuellement, tous les modeleurs géométriques utilisent en plus d'une représentation
volumique, un noyau surfacique destiné principalement à la définition géométrique des
formes libres dont on ne connaît pas de formulation analytique. Le choix d'un modèle de
représentation se pose dès qu'il s'agit d'utiliser, sur un ordinateur, un ensemble de données
établies expérimentalement (scannérisation d'une surface à partir d'une maquette physique) ou
par le calcul. Les logiciels développés pour répondre à ce problème sont divers et variés; ils
n'utilisent pas tous la même représentation mathématique et ne donnent pas les mêmes outils.
Les contraintes posées par la conception de formes libres nécessitent l'utilisation de courbes et
de surfaces paramétriques dont la particularité est l'invariance sous des transformations
élémentaires. Qu'il s'agisse de la modélisation de données existantes sous forme de points ou
de l'expression d'un sens esthétique pour une forme, on peut citer les contraintes suivantes:
- le modèle doit appartenir à une classe de fonctions continues, suffisamment dérivables pour
autoriser une manipulation mathématique ;
- le modèle doit être facile à manipuler et à stocker dans un ordinateur;
- l'évaluation d'un point courant par ce modèle doit se faire avec un nombre restreint
d'opérations;
- le modèle doit permettre de mettre au point des algorithmes d'intersection à coût faible;
- la manipulation des paramètres du modèle par le biais d'une interface doit pouvoir se faire
de façon intuitive;
- le modèle doit permettre de couvrir une grande variété de formes.
Un modèle surfacique est construit à l’aide de surfaces (plans, surfaces réglées, surfaces de
révolution, ect). La notion de volume n’est pas immédiatement accessible mais peut être
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introduite facilement en orientant les normales aux surfaces (normale orientée vers l’extérieur
du volume).
Cette modélisation est le premier outil du concepteur de formes car elle prend en compte la
notion de surface dont elle permet la représentation et la manipulation.
Un objet est défini par son enveloppe, ses surfaces-frontières. On gère les intersections de
surfaces et on applique des règles de contrôle topologique (ouvert/fermé, intérieur/extérieur)
pour « créer » des objets.
C'est le premier niveau de modélisation qui permet de traiter les parties cachées. Il existe
deux types de modélisation surfacique : par facettes planes et par surfaces gauches.
par facettes planes
C'est la méthode la plus couramment utilisée en surfacique. L'objet y est représenté par des
facettes. On habille une structure filaire avec ces facettes polygonales planes (ou
« carreaux »). Il est possible d'obtenir une visualisation correcte de l'objet en utilisant un
grand nombre de facettes.
par surfaces gauches
Cette méthode est employée quand la surface à définir est trop complexe pour être définie
par des surfaces simples (planes, cylindriques, sphériques, coniques...). La surface à définir
l'est alors par des fonctions polynomiales paramétrées. L'utilisation de ces fonctions donne
une excellente approximation de la surface réelle (et permet aussi l'obtention à l'écran de son
profil apparent). Son utilisation est indispensable pour la commande numérique, car on
connaît mathématiquement tout point de la surface.
Cette modélisation permet une définition précise de la surface de l'objet, ainsi que des
intersections de surfaces. Elle procure une nette amélioration de la visualisation,
principalement par la possibilité d'élimination automatique des arêtes cachées.
C'est un niveau suffisant pour accéder à des calculs complexes dans de nombreux
domaines.
Exemple : Carreau de Coons Steven A. Coons, enseignant alors au MIT, reçut d’un grand
constructeur d’automobiles, au début de la décennie de 1960, la mission suivante :
« Sur la maquette d’une carrosserie de voiture, on a tracé des lignes, planes ou gauches,
formant un carroyage. Les quatre côtés d’un carreau étant des courbes paramétriques
préalablement définies, déterminer les points internes du carreau en assurant son
raccordement tangentiel avec ses voisins. »
La méthode de Steve Coons, développée en 1966, repose sur la définition paramétrique d’un
carreau de surface par ses lignes de bord et par l’introduction de deux fonctions de mélange
ou d’interpolation.
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Modèle volumique
Le modèle surfacique permet de définir une forme par un ensemble de surfaces, mais ces
surfaces restent indépendantes les unes des autres comme des peaux infiniment fines dont on
ne verrait pas qu'elles délimitent un volume. Ainsi, le modèle surfacique ne permet pas de
distinguer de notion d'intérieur et d'extérieur; il n'y a donc, par conséquent, pas de matière et
on ne peut pas encore:
- effectuer un calcul de masse ou de surface mouillée;
- déterminer le centre et la matrice d'inertie nécessaires à une simulation de dynamique
multicorps ;
- effectuer un calcul de structures nécessitant de passer par le maillage du volume;
- bénéficier de la fonctionnalité si importante de détection d'interpénétration de
pièces lors d'une simulation cinématique;
- générer des plans 2D avec hachurages automatiques.
Pour ce faire, deux familles de modèles volumiques ont vu le jour successivement: le modèle
CSG et le modèle B-Rep, qui collaborent souvent, à l'heure actuelle, au sein des logiciels de
CAO, à cause de leur complémentarité.
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Modèles B-Rep
Dans un modèle B-Rep (boundary representation ou modèle par les frontières), le système
connaît la peau de l’objet et le côté où se trouve la matière. La peau peut être approchée par
des facettes planes, par des surfaces analytiques ou paramétriques. Un modèle B-Rep contient
le résultat des opérations, c’est-à-dire l’ensemble des informations définissant la forme du
solide (géométrie et topologie).
Deux familles d’informations sont conservées dans un B-Rep :
— l’information géométrique : elle permet de positionner les solides dans l’espace. S’il s’agit
uniquement de polyèdres, on peut se contenter des coordonnées des sommets. Si les faces sont
des quadriques ou des surfaces gauches, il faut conserver des équations ;
— l’information topologique : elle relie les différents composants de base entre eux. On parle
généralement de graphe FAS (pour face, arête, sommet). En réalité, il s’agit d’un graphe face,
contour (un contour extérieur et des contours intérieurs pour gérer la notion de trou), arête et
sommet.
Par définition, il est bien adapté :
— à la visualisation avec ou sans élimination des parties cachées, filaire ou image de synthèse
et le dialogue ; aux calculs (volume, surface, section, etc.) ;
— à la cotation.
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Il est moins bien adapté aux modifications (car il n’y a pas de conservation de l’historique).
Cet inconvénient doit cependant être nuancé, car certains outils interactifs permettent par
exemple de déplacer un trou, au moins tant que la topologie n’est pas modifiée.
L’adjonction d’une couche prenant en compte le paramétrage ou le variationnel peut même
rendre cet inconvénient sans objet. Le modèle peut être à facettes planes ou « exact ». Ce
dernier terme n’a pas de définition claire : pour les uns, il signifie que les surfaces analytiques
sont conservées dans le modèle, pour les autres que les surfaces gauches font partie du
modèle. En tout état de cause, certains modeleurs « exacts » passent par une approximation à
facettes planes pour certaines opérations comme les opérations booléennes, et les calculs
effectués sur les surfaces impliquent qu’aucun modèle ne peut être parfaitement « exact ».
Une telle représentation comprend donc les informations géométriques et topologiques et des
informations annexes, n’ayant pas une influence directe sur la forme de l’objet, mais sur sa
représentation (couleur, transparence, etc.). Elle est non ambiguë et non unique.
Si le choix des informations géométriques conservées dépend de la puissance que l’on
souhaite définir (prise en compte de faces planes, quadriques ou paramétriques), celui fait sur
la topologie doit également éviter les redondances. En effet, étant donné que l’on dispose de
trois objets de base (face incluant des contours, arête, sommet), neuf relations sont possibles.
Il est évident qu’une certaine redondance existe : par exemple, si l’on conserve les relations «
F(S) : une face (un contour en réalité) est composée de sommets dans un ordre défini », il est
a priori inutile de conserver la relation « A(S) : une arête est définie par deux sommets »,
puisqu’il est possible de retrouver les arêtes en parcourant les faces. Cependant, on constate
qu’en parcourant les faces, on se heurte à des problèmes de performance (et que l’on trouve
chaque arête deux fois). Pour des raisons de facilité de mise en œuvre de certaines opérations,
on préfère souvent conserver une certaine redondance qui doit être prise en compte par le
modeleur.
Il est apparu vers 1985 et est indispensable à l’heure actuelle dans tout logiciel de CAO, car il
permet de représenter toute sorte de volume. Alors qu’un solide CSG s’apparente à un
assemblage de Légos, le modèle B-Rep s’apparente à un assemblage de peaux surfaciques
qui seraient cousues entre elles pour former une gourde étanche : le volume.
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PROPRIETES D’UNE REPRESENTATION
Généralité : le domaine de définition des solides doit être suffisamment général pour couvrir
une grande variété d’objets.
Inambiguïté : toute
représentation correspond à au
plus un objet
Complétude : tout solide doit être représenté avec suffisamment d’information pour se prêter
aux calculs géométriques (calcul de normale, etc.)
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Unicité : il existe une seule façon de coder un objet
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