Hamma
Hamma
I. La schizophrénie
1. Définition
La schizophrénie est une psychose grave survenant chez l'adulte jeune, habituellement
chronique, cliniquement caractérisée par des signes de dissociation mentale, de discordance
affective et d'activité délirante incohérente, entraînant généralement une rupture de contact
avec le monde extérieur et parfois un repli autistique. Schizophrénie vient du grec skizein :
fendre et de phren : pensée.
2. Epidémiologie
Fréquence
La schizophrénie existe dans toutes les cultures, toutes les races, toutes les civilisations. Sa
fréquence dans la population actuelle est de 1%, ce qui est considérable. La maladie se déclare
précocement, dans la plupart des cas entre 15 et 35 ans et se répartit entre les deux sexes.
3. Etiopathogénie
A l'heure actuelle, l'étiologie de la schizophrénie reste méconnue. L'interaction de plusieurs
facteurs peut cependant être prise en compte.
3.1 Facteurs génétiques
3.2 Facteurs biologiques
3.3 Facteurs psychologiques
3.4 Facteurs sociaux
4. Diagnostique
Début et installation de la schizophrénie
a. Formes à début brutal
La bouffée délirante aiguë (elle ne signe pas à chaque fois une entrée dans la schizophrénie)
est la forme typique d'entrée dans la maladie. D'autres éléments font craindre une entrée dans
la schizophrénie comme l'état dépressif atypique associé avec une anorexie, une asthénie, une
insomnie et des troubles thymiques (idées noires, idées de mort, tristesse, dégoût). Cet état
dépressif ne relève pas d'une structure névrotique et n'entre pas non plus dans le cadre d'une
psychose maniaco-dépressive. A la faveur de ce mode d'entrée dans la schizophrénie on note :
Des traits de caractère schizoïde : Attitude de repli, avec un désintérêt relatif pour le monde
extérieur (introversion). Fuite des contacts sociaux (peu ou pas d'amis). Gens timides et
effacés. Incapacité à exprimer ses affects - Contact froid et distant.
Incapacité à éprouver du plaisir. Intérêt réduit pour la sexualité. Vie imaginaire souvent
intense mais bizarre, avec un grand intérêt pour les choses abstraites. Indifférence aux
normes et aux conventions sociales. L'adaptation sociale est possible mais restreinte.
Une oscillation de l'humeur ; un grand vide affectif.
b. Formes à début progressif
Les troubles peuvent s'installer progressivement sur des semaines, des mois, un an ou deux.
Elle peut débuter avec : une baisse de rendement intellectuel ;
un échec inhabituel à un examen ; l'abandon d'un emploi ; la modification du caractère :
tendance à l'isolement, hostilité envers le milieu familial ; le renoncement aux activités de
loisir sans justificatif l'engagement pour des choses marginales : ésotérisme, occultisme ;
l'apparition de troubles d'allure névrotique : anxiété, angoisse floue ; une symptomatologie
obsessionnelle : sujet assiégé de doutes ; une symptomatologie hystérique ; des plaintes ; une
dysmorphophobie.
c. Période d'état
Deux éléments essentiels sont à noter dans la sémiologie de la schizophrénie.
D'une part un versant négatif, qui correspond aux troubles de la personnalité où dominent la
dissociation et l'autisme. Le sujet se coupe du monde.
D'autre part un versant positif avec pour le schizophrène une reconstruction délirante du
monde. Extérieur et de lui-même. Ce délire est appelé délire paranoïde.
Le délire paranoïde et la dissociation se retrouvent dans un élément commun, la discordance,
élément. Fondamental de la schizophrénie.
C.1 Troubles du cours de la pensée
La pensée est floue, anarchique, discontinue (diffluence). Il y a un trouble des associations (le
patient a du mal à passer d'une idée à l'autre). Il a une impression d'appauvrissement ou de
pseudo-débilité. Il fait des réponses à coté à cause de la diffluence. Barrages : interruption
brutale au milieu d'une phrase (quelques secondes) et le sujet va repartir.
Fading mental" : équivalant à minima (moins intense) du barrage, se traduisant par un
ralentissement. Du débit verbal et du son puis cela repart (la pensée se ralentit).
Persévération : ce sont des idées parasites qui vont entraver l'enchaînement normal des idées.
Cela peut aussi être des gestes qui vont s'imposer au sujet. Rationalisme morbide : il va tout
rationaliser par clivage entre le mental et les affects; La logique de son raisonnement devient
de plus en plus incohérente. Troubles de la mémoire : ils sont dus aux troubles du cours de la
pensée avec une mobilisation anarchique de la mémoire. Parfois il y a des hypermnésies : se
sont des remémorations excessives qui touchent souvent des détails insignifiants. Au fil du
temps, il y aura une évolution déficitaire, ce qui va donner un réel trouble de la mémoire.
Trouble de la concentration et de l'attention.
C.2 Troubles du langage
Ils traduisent des troubles de la pensée au niveau de la parole
Réponses à coté. Barrages. "Fading mental".
Mutisme ou semi-mutisme : cela a pour fonction de couper le contact avec la réalité. Il y a
parfois des Impulsions verbales qui vont couper le mutisme. Echolalie : le sujet va répéter le
dernier mot ou la dernière phrase entendue. Néologismes : mots inventés. Altération de la
syntaxe: agrammatisme ou paragrammatisme. Schizophasie : langage du schizophrène (rare).
C.3 Troubles de l'affectivité.
Ils vont traduire la dissociation au niveau affectif. Indifférence affective ou anesthésie
affective (athynormie). Le sujet perd ses émotions. Il ressent du désintérêt pour tout ou
presque. C'est fluctuant dans le temps. Discordance affective. Inadéquation entre un
sentiment et l'expression du sujet. Ambivalence affective. C'est le fait que le sujet éprouve
pour une personne, un objet, un sentiment d'amour et de haine. Sexualité. Purement
masturbatoire ou sexualité purement désinvestie sur un plan affectif.
C.4 Délire paranoïde
Délire non structuré, hermétique, flou, bizarre.
a. Mécanismes
On peut voir tous les mécanismes, surtout des hallucinations auditives parfois précédées
d'hallucinations intrapsychiques.
b. Thèmes
Thèmes d'influence (fréquents).
Thèmes de référence : quand le sujet est convaincu que certains faits ont une signification
seulement pour lui. Thème de persécution (fréquent). Chez les schizophrènes, les thèmes sont
flous, multiples et variables dans le temps.
c. Structure du délire
C'est un délire non structuré, désorganisé, flou et incohérent..
4.1 Le diagnostic différentiel
La crise d'adolescence
On observe une opposition, parfois un échec scolaire, des conduites marginales, un retrait
social, une revendication idéologique. Les psychoses infantiles fixées Elles touchent le jeune
enfant (retard mental sans évolution). Les troubles sévères de la personnalité. Peu dissocié.
Les bouffées délirantes aiguës. Elles peuvent être isolées ou le début de la schizophrénie. Les
troubles névrotiques Idem aux troubles sévères de la personnalité. Les troubles bipolaires
avec idées délirantes. Il existe des manies délirantes et des mélancolies délirantes. Les
pathologies organiques
Elles peuvent simuler une schizophrénie :
Tumeur au cerveau.
Syphilis cérébrale.
Thrombose cérébrale veineuse.
Epilepsie. Toxiques (L.S.D., cannabis, amphétamines, etc.).
5 . Le traitement
Principe du traitement
Dépistage précoce. Pas de traitement étiologique (on ne guérit pas la schizophrénie). Maladie
chronique : le faire comprendre à la famille.
a. Les neuroleptiques
Le choix du neuroleptique selon les symptômes.
Dans le cas d'un délire très important : neuroleptique anti-délirant (haldol, largactil, loxapac,
solian). Dans le cas d'une angoisse psychotique ou agitation : neuroleptiques sédatifs (tercian,
loxapac, nozinan).Chez un hébéphrène : neuroleptiques désinhibiteurs à faible dose (haldol,
solian). Le traitement retard (injection retard) : en intramusculaire toutes les 2, 3,4 semaines.
b. La psychothérapie de soutien
Obtenir la confiance du patient. Obtenir un minimum d'accord sur le plan médicamenteux
(au pire proposer un traitement retard). Parler des effets secondaires et le dédramatiser. Être
un thérapeute stable et disponible. Obtenir la confiance de l'entourage du patient.
c. La psychothérapie institutionnelle
Dans les institutions : hôpital, hôpital de jour, foyer. But : aider le patient à mieux supporter
le séjour à l'hôpital. On peut s'aider d'ateliers thérapeutiques.
d. La thérapie familiale
Rencontrer ensemble le patient et la famille. But : Meilleure acceptation par la famille du
schizophrène.
e. La sociothérapie
Ce sont les mesures qui vont faciliter la réintégration sociale. Elles complètent les deux
premiers volets que sont la chimiothérapie et la psychothérapie.
f. Emploi
Les patients peuvent travailler sous traitement. Le patient peut occuper un emploi protégé.
g. Protection des biens
Schizophrénie. Il est souvent demandé une tutelle ou une curatelle pour aider le patient à gérer
ses biens. Logement Soit le sujet travaille et se loge, soit l'hébergement est assuré par la
famille. Il existe par ailleurs des Structures transitoires : appartements thérapeutiques, foyers
médicalisés Structures d'accueil définitives : familles d'accueil, maisons d'accueil spécialisées.
II. Paranoïa
1. Les classifications
Les classifications concernant les troubles mentaux sont multiples. Nous utilisons en France la
Classification Française des Troubles Mentaux de l'Enfant et de l'Adolescent : la CFTMEA4
et la Classification Internationale des Maladies : la CIM 10, elle-même découlant de
classification de l’association américaine de psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique
des troubles mentaux (D.S.M 4).
La CFTMEA classe les troubles plus en terme de structure de personnalité et la CIM10 plus
en termes de comportement. La CIM10 définit les troubles du comportement par « des
affections cliniquement significatives qui se caractérisent par un changement du mode de
pensée, de l'humeur (affects) ou du comportement associé à une détresse psychique et/ou à
une altération des fonctions mentales. Les troubles mentaux et du comportement ne sont pas
de simples variations à l'intérieur des limites de la « normalité », mais des phénomènes
manifestement anormaux ou pathologiques ».
Cependant, ces classifications, qui décrivent des structures de personnalité, des causes ou des
effets des troubles, s’adressent avant tout à des professionnels de la psychiatrie ou de la
psychologie. Ces classifications sont rappelées en fin d’article. On remarquera que les
pathologies décrites sont beaucoup plus larges que ce que les enseignants mettent
habituellement derrière cette appellation, et que les critères diagnostiques présentent des
situations beaucoup plus fortes. Il y a lieu donc de relativiser l’étiquetage porté sur l’élève.
Ces critères cliniques ne sont que de peu d’utilité pour le pédagogue qui lui, appuie son
constat sur des symptômes et a besoin d’une analyse plus axée sur les fonctionnements en
milieu scolaire et face aux apprentissages, que sur les causes.
Synthèse CIM 10 : troubles mentaux et du comportement
Définition Caractéristiques
F90 Troubles hyperkinétiques
F90-0 Perturbation de l’activité et de l’attention
F90-1 Trouble hyperkinétique et trouble des conduites
F90-8 Autres troubles hyperkinétiques
F90-9 Trouble hyperkinétique, sans précision
Groupe de troubles caractérisés par un début précoce (habituellement au cours des cinq
premières années de la
vie), un manque de persévérance dans les activités qui exigent une participation cognitive et
une tendance à passer d’une activité à l’autre sans en finir aucune, associés à une activité
globale désorganisée, incoordonnée et excessive- Les troubles peuvent s’accompagner
d’autres anomalies- Les enfants hyperkinétiques sont souvent imprudents et impulsifs, sujets
aux accidents, et ont souvent des problèmes avec la discipline à cause d’un manque de respect
des règles, résultat d’une absence de réflexion plus que d’une opposition délibérée-
Leurs relations avec les adultes sont souvent marquées par une absence d’inhibition sociale,
de réserve et de retenue- Ils sont mal acceptés par les autres enfants et peuvent devenir
socialement isolés- Ces troubles s’accompagnent souvent d’une altération des fonctions
cognitives et d’un retard spécifique du développement de la motricité et du langage- Ils
peuvent entraîner un comportement dyssocial ou une perte de l’estime de soi-
F91 Troubles des conduites
F91-0 Trouble des conduites, limité au milieu familial
91-1 Trouble des conduites, type mal socialisé
F91-2 Trouble des conduites, type socialisé
F91-3 Trouble oppositionnel avec provocation
F91-8 Autres troubles des conduites
F91-9 Trouble des conduites, sans précision
Troubles caractérisés par un ensemble de conduites dyssociales, agressives ou provocatrices,
répétitives et persistantes, dans lesquelles sont bafouées les règles sociales correspondant à
l’âge de l’enfant- Ces troubles dépassent ainsi largement le cadre des "mauvaises blagues" ou
"mauvais tours" des enfants et les attitudes habituelles de rébellion de l’adolescent- Ils
impliquent, par ailleurs, la notion d’un mode de fonctionnement persistant (pendant au moins
six mois)- Les caractéristiques d’un trouble des conduites peuvent être symptomatiques d’une
autre affection psychiatrique ; dans cette éventualité, ce dernier diagnostic doit être codé-
Le diagnostic repose sur la présence de conduites du type suivant : manifestations excessives
de bagarres et de tyrannie, cruauté envers des personnes ou des animaux, destruction des
biens d’autrui, conduites incendiaires, vols, mensonges répétés, école buissonnière et fugues,
crises de colère et désobéissance anormalement fréquentes et graves- La présence de
manifestations nettes de l’un des groupes de conduites précédents est suffisante pour le
diagnostic, alors que la survenue d’actes dyssociaux isolés ne l’est pas.
F92 Troubles mixtes des conduites et troubles émotionnels
F92-0 Troubles des conduites avec dépression
F92-8 Autres troubles mixtes des conduites et troubles émotionnels
F92-9 Trouble mixte des conduites et troubles émotionnels, sans précision
Groupe de troubles caractérisés par la présence d’un comportement agressif, dyssocial ou
provocateur, associé à des signes patents et marqués de dépression, d’anxiété ou d’autres
troubles émotionnels- Pour un diagnostic positif, le trouble doit répondre à la fois aux critères
d’un trouble des conduites de l’enfant
(F91—) et d’un trouble émotionnel de l’enfant
(F93—) ou d’un trouble névrotique de l’adulte (F40-F48) ou d’un trouble de l’humeur
(F30-F39)-
F93 Troubles émotionnels apparaissant spécifiquement dans l’enfance
F93-0 Angoisse de séparation de l’enfance
F93-1 Trouble anxieux phobique de l’enfance
F93-2 Anxiété sociale de l’enfance
F93-3 Rivalité dans la fratrie
F93-8 Autres troubles émotionnels de l’enfance
F93-9 Trouble émotionnel de l’enfance, sans précision
Exacerbation de tendances normales du développement plus que des phénomènes
qualitativement anormaux en eux-mêmes C’est essentiellement sur le caractère approprié au
développement que repose la différenciation entre troubles émotionnels apparaissant
spécifiquement dans l’enfance et troubles névrotiques (F40-F48)
F94 Troubles du fonctionnement social apparaissant spécifiquement durant l’enfance et
l’adolescence
F94-0 Mutisme électif
F94-1 Trouble réactionnel de l’attachement de l’enfance
94-2 Trouble de l’attachement de l’enfance avec désinhibition
F94-8 Autres troubles du fonctionnement social de l’enfance
F94-9 Trouble du fonctionnement social de l’enfance, sans précision
Groupe relativement hétérogène de troubles caractérisés par la présence d’une perturbation du
fonctionnement social, survenant durant l’enfance, mais qui ne présentent pas les
caractéristiques d’une difficulté ou d’une altération sociale, apparemment constitutionnelle,
envahissant tous les domaines du fonctionnement (à l’encontre de troubles envahissants du
développement)- Dans de nombreux cas, des perturbations ou des carences de
l’environnement jouent probablement un rôle étiologique primordial
CFTMEA troubles des conduites et des comportements
- Trouble hyperkinetique
- Hyperkinésie avec troubles de l'attention
- Autres troubles hyperkinétiques
- Troubles hyperkinétiques NS
Du point de vue symptomatique, cet ensemble, est caractérisé par :
- sur le versant psychique : des difficultés à fixer l'attention, un manque de constance dans les
activités qui exigent une participation cognitive, une tendance à une activité désorganisée,
incoordonnée et excessive, et un certain degré d'impulsivité ;
- sur le plan moteur : une hyperactivité ou une agitation motrice incessante.
Les relations de ces enfants avec les adultes sont souvent marquées par une absence
d'inhibition sociale, de réserve et de retenue.
Ces troubles s'accompagnent souvent d'une altération des fonctions cognitives et d'un retard
spécifique du développement de la motricité et du langage. Ils peuvent entraîner un
comportement dyssocial ou une perte de l'estime de soi.
Ces troubles, en décalage net par rapport à l'âge et au niveau de développement mental de
l'enfant, sont plus importants dans les situations nécessitant de l'application, en classe par
exemple. Ils peuvent disparaître transitoirement dans certaines situations, par exemple, en
relation duelle ou dans une situation nouvelle.
Inclure :
- déficit de l'attention avec hyperactivité.
Exclure :
- les troubles de l'attention sans hyperactivité motrice proprement dite
- l'activité excessive adaptée à l'âge (chez les petits enfants notamment) ;
- les manifestations à type d'excitation maniaque
- réaction hyperkinétique de durée limitée.
- Troubles des conduites alimentaires
- Anorexies mentales
- Anorexie mentale atypique
- Boulimie
- Boulimie atypique
- Troubles des conduites alimentaires du nourrisson et de l'enfant
- Troubles alimentaires du nouveau-né
- Autres troubles des conduites alimentaires
- Trouble caractérisé par une perte de poids intentionnelle, induite et maintenue par le patient.
Il survient habituellement chez une adolescente ou une jeune femme, mais il peut également
survenir chez un adolescent ou un jeune homme, tout comme chez un enfant proche de la
puberté. Le trouble est associé à la peur de grossir et d'avoir un corps flasque. Les sujets
s'imposent un poids faible. Il existe habituellement une dénutrition de gravité variable
s'accompagnant de modifications endocriniennes et métaboliques secondaires et de
perturbations des fonctions physiologiques, aménorrhée notamment :
- Troubles des conduites alimentaires NS
- Conduites suicidaires
- Troubles liés à l'usage de drogues ou alcool
- Troubles de l'angoisse de séparation Classer ici les manifestations somatiques et/ou
comportementales qui sont l'expression de l'angoisse de séparation, notamment chez le jeune
enfant. Dans ce trouble, l'anxiété est focalisée sur une crainte concernant la séparation,
survenant pour la première fois au cours des premières années de l'enfance. Il se distingue de
l'angoisse de séparation normale par son intensité, à l'évidence excessive, ou par sa
persistance au delà de la petite enfance, et par son association à une perturbation significative
du fonctionnement social.
- Troubles de l'identité et des conduites sexuelles
- Troubles de l'identité sexuelle.
- Troubles de la préférence sexuelle.
- Manifestations en rapport avec des préoccupations excessives concernant le développement
sexuel et son orientation
- Autres troubles des conduites sexuelles
- Troubles des conduites sexuelles non spécifiées
Trouble se manifestant dans l’enfance (bien avant la puberté), caractérisé par une souffrance
intense et persistante relative au sexe assigné, accompagné d'un désir d'appartenir à l'autre
sexe (ou d'une affirmation d'en faire partie).
Le sujet est incertain quant à son identité sexuelle ou son orientation sexuelle et sa souffrance
est responsable d'anxiété ou de dépression. La plupart du temps, cela survient chez des
adolescents qui ne sont pas certains de leur orientation, homosexuelle, hétérosexuelle ou
bisexuelle, ou chez des sujets qui, après une période d'orientation sexuelle apparemment
stable, éprouvent un changement dans leur orientation sexuelle. Phobies scolaires On classera
ici les manifestations d'angoisse majeure avec souvent phénomène panique, liées à la
fréquentation scolaire et interdisant sa poursuite sous les formes habituelles.
Exclure : Les manifestations par angoisse de séparation
- Autres troubles caractérisés des conduites
- Pyromanie
- Kleptomanie
- Trichotillomanie (s’arracher les cheveux)
- Fugues
- Violence contre les personnes
- Conduites à risques
- Errance
- Autres troubles des conduites et des comportements.
- Troubles des conduites et des comportements non Spécifiées.
Symptômes du trouble des conduites selon la CIM-10. A des accès de colère anormalement
fréquents et violents, compte tenu du niveau de développement. Discute souvent ce que lui
disent les adultes. S’oppose souvent activement aux demandes des adultes ou désobéit. Fait
souvent, apparemment de façon délibérée, des choses qui contrarient les autres. Accuse
souvent autrui d’être responsable de ses fautes ou de sa mauvaise conduite. Est souvent
susceptible ou contrarié par les autres. Est souvent fâché ou rancunier. Est souvent méchant
ou vindicatif. Ment souvent ou ne tient pas ses promesses, pour obtenir des objets ou des
faveurs ou pour éviter des obligations. Commence souvent les bagarres (ne pas tenir compte
des bagarres entre frères et sœurs). A utilisé une arme qui peut sérieusement blesser autrui
(par exemple un bâton, une brique, une bouteille cassée, un couteau, une arme à feu). Reste
souvent dehors après la tombée du jour, malgré l’interdiction de ses parents (dès l’âge de 13
ans ou avant). A été physiquement cruel envers des personnes (par exemple ligote, coupe, ou
brûle sa victime). A été physiquement cruel envers les animaux. A délibérément détruit les
biens d’autrui (autrement qu’en y mettant le feu). A délibérément mis le feu pouvant
provoquer, ou pour provoquer des dégâts importants. Vole des objets d’une certaine valeur,
sans affronter la victime, à la maison ou ailleurs qu’à la maison (par exemple vol à l’étalage,
cambriolage, contrefaçon de documents). Fait souvent l’école buissonnière, dès l’âge de 13
ans ou avant. A fugué au moins à deux reprises ou au moins une fois sans retour le lendemain,
alors qu’il vivait avec ses parents ou dans un placement familial (ne pas tenir compte des
fugues ayant pour but d’éviter des sévices physiques ou sexuels). A commis un délit en
affrontant la victime (par exemple vol de porte-monnaie, extorsion d’argent, vol à main
armée). A contraint quelqu’un à avoir une activité sexuelle. Malmène souvent d’autres
personnes (c’est-à-dire les blesse ou les fait souffrir, par exemple en les intimidant, en les
tourmentant ou en les molestant). Est entré par effraction dans la maison, l’immeuble, ou la
voiture d’autrui
Critères diagnostiques « A » du trouble des conduites selon le DSM-IV
Les sujets manifestent en général peu d’empathie et peu de sollicitude envers autrui. Dans les
situations ambiguës, ils interprètent souvent à tort les intentions des autres comme hostiles et
menaçantes et réagissent avec une agressivité qu’ils considèrent justifiée. Ils peuvent être
durs, sans remords ni culpabilité. Ils dénoncent facilement les autres ou essayent d’attribuer
leurs méfaits à d’autres. On note souvent également une faible tolérance à la frustration, une
irascibilité, des accès de colère, des imprudences avec des conduites dangereuses, à risque
d’accidents.
Deux sous-types sont distingués en fonction de l’âge de début, soit avant l’âge de 10 ans (type
à début pendant l’enfance) ou à partir de 10 ans (type à début pendant l’adolescence). Lorsque
l’âge de début n’est pas connu, le trouble est à début non spécifié.
Conduites agressives dans lesquelles des personnes ou des animaux sont blessés ou
menacés dans leur intégrité physique
1. Brutalise, menace ou intimide souvent d’autres personnes
2. Commence souvent les bagarres
3. A utilisé une arme pouvant blesser sérieusement autrui (par exemple un bâton, une brique,
une bouteille cassée, un couteau, une arme à feu)
4. A fait preuve de cruauté physique envers des personnes
5. A fait preuve de cruauté physique envers des animaux
6. A commis un vol en affrontant la victime (par exemple agression, vol de sac à main,
extorsion d’argent, vol à main armée)
7. A contraint quelqu’un à avoir des relations sexuelles
Conduites où des biens matériels sont endommagés ou détruits, sans agression physique
8. A délibérément mis le feu avec l’intention de provoquer des dégâts importants
9. A délibérément détruit le bien d’autrui (autrement qu’en y mettant le feu)
Fraudes ou vols
10. A pénétré par effraction dans une maison, un bâtiment ou une voiture appartenant à autrui
11. Ment souvent pour obtenir des biens ou des faveurs ou pour échapper à des obligations
(par exemple « arnaque » les autres)
12. A volé des objets d’une certaine valeur sans affronter la victime (par exemple vol à
l’étalage sans destruction ou effraction, contrefaçon)
VI. Anxiété Et Trouble Anxieux
Les troubles anxieux1 regroupent six entités cliniques : le trouble anxieux généralisé
(TAG), le trouble panique avec ou sans agoraphobie, la trouble anxiété sociale, la phobie
Spécifique, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) et l’état de stress post-traumatique
(ESPT).
1. Diagnostic
L’interrogatoire complet recherche :
● Les antécédents ;
● le type de troubles, la date de début, la notion de traumatisme éventuel dans les mois qui
précèdent ;
● Les signes d’accompagnement et troubles associés (signes neurovégétatifs, syndrome du
côlon irritable, céphalées, etc.) ;
● L’intensité et la fréquence des symptômes ;
● La présence de comorbidités en particulier de symptômes de dépression, de plusieurs
troubles anxieux associés, de trouble bipolaire ou de comorbidités somatiques ;
● Les traitements antérieurs (médicaments et psychothérapies), leur efficacité et tolérance ;
● Le retentissement du trouble anxieux : conséquences sur la vie familiale, sociale et
professionnelle, consommation de psychotropes, altération des fonctions cognitives, qualité
de vie ;
● la demande du patient.
Le trouble anxieux pouvant se présenter avec des signes d’appel variés, l’interrogatoire et
l’examen clinique peuvent être complétés par des examens complémentaires pour éliminer
une pathologie organique (cardiaque, pulmonaire, endocrinienne, neurologique, ORL,
digestive, hématologique, cancer, etc.).
Il n’y a pas d’examen biologique permettant le diagnostic du trouble anxieux.
Le diagnostic étant posé, il est essentiel de rechercher des risques d’auto agressivité ou de
suicide, et d’évaluer la nécessité d’une éventuelle hospitalisation.
Le bilan pré thérapeutique permettra également d’éliminer les contre-indications spécifiques
de chaque classe médicamenteuse (bilan cardiologique avec ECG, bilan urologique,
ophtalmologique et neurologique pour les imipraminiques, mesure de la tension artérielle
pour la venlafaxine).
VII. Dépressions
La dépression est une maladie mentale caractérisée par un trouble de l’humeur.
Un certain nombre de critères définissent la dépression, comme par exemple : l’humeur triste,
une perte d’intérêt, un sentiment de découragement, des troubles du sommeil et de
concentration, des perturbations de poids, un ralentissement psychomoteur ou une agitation,
une fatigue chronique, des pensées récurrentes à la mort…
Il existe différents types de dépression dépendant de la durée de la maladie, de la sévérité et
de la récurrence des épisodes. Dans la plupart des cas, on parle de l’épisode dépressif majeur.
Diagnostic
On pourrait considérer les facteurs de risque en deux parties : les facteurs endogènes
(biologiques, psychologique, sexe, âge,) et les facteurs exogènes (statut professionnel, niveau
d’instruction, stress, statut marital et relations sociales, saisonnalité, culture…).
Bien que le processus multifactoriel ne soit pas encore totalement élucidé, plusieurs travaux
mettent en cause l’interaction entre ces différents facteurs. Il existe certains facteurs de risque
majeurs :
- Le sexe : la dépression affecte en moyenne deux fois plus les femmes que les hommes. Les
facteurs hormonaux ainsi que les caractéristiques psychologiques pourraient expliquer en
partie cette prédominance chez les femmes. Cette différence entre sexes s’observe aussi en ce
qui concerne la persistance des symptômes de la dépression.
- Les facteurs sociaux et environnementaux : le chômage peut provoquer la survenue de
symptômes dépressifs à cause des difficultés financières qui en découlent, de l’isolement et
d’une perte de la reconnaissance personnelle. Un niveau d’instruction bas est aussi associé à
une augmentation des symptômes dépressifs. Le stress engendré par les évènements de la vie,
des conditions de vie et de travail difficiles sont responsables de dysfonctionnement
psychologiques qui augmente le risque de survenue de la dépression. Le statut marital
influence significativement le taux de dépression majeure : d’une manière générale, les
personnes en situation de divorce, de séparation ou de veuvage connaissent plus de
dépressions que les personnes vivant en couple et les célibataires. Le support et l’interaction
sociale, l’emploi, la stabilité dans les relations familiales et de couple sont par contre des
facteurs protecteurs par rapport à la dépression.
- Certaines maladies, comme le cancer, le diabète, les démences, l’hypothyroïdie, les
problèmes de santé touchant à l’autonomie fonctionnelle sont dépressogènes. C’est la douleur
physique (notamment due au cancer) qui jouerait un rôle causal dans la survenue de la
dépression.
La dépression elle-même serait un facteur de risque pour certaines maladies physiques,
comme l’infarctus du myocarde.
VIII. Toxicomanie
L’OMS définit la toxicomanie comme un état de dépendance physique et/ou psychique vis-à-
vis d'un produit, s'établissant chez un sujet à la suite de l'utilisation périodique ou continue de
celui-ci.1 Elle préfère au terme de « toxicomanie » celui de « pharmacodépendance ».
1. Diagnostic
Conformément à la Classification Internationale des Maladies et des problèmes de santé
connexes (CIM 10), on peut parler de dépendance lorsqu’au minimum trois des critères
suivants sont présents sur une période d’un an et ont persisté au moins un mois ou sont
survenus de manière répétée:
- désir puissant de consommer
- difficulté à contrôler la consommation
- syndrome de sevrage physique, lors d’arrêt ou de réduction de la consommation
- tolérance accrue (la dose doit être augmentée pour obtenir le même effet)
- désinvestissement progressif des autres activités et obligations au profit de la consommation
- poursuite de la consommation malgré des conséquences nocives L’individu s’organise
autour de la recherche de la consommation de la substance, dont le manque entraîne des
souffrances psychiques, physiques, sociales, et parfois des problèmes juridiques dus au statut
illégal de certaines drogues. Physiologiquement, toutes les substances adductives ont le même
effet final: elles augmentent la quantité de dopamine dans le cerveau. La dopamine est un
neurotransmetteur impliqué dans le système de la récompense. Elle est entre autres
synthétisée par des neurones des régions cérébrales constituant le système hédonique ou
système de récompense. Ce système est inclus dans le système limbique où naissent nos
réactions primaires, telles que les désirs et besoins vitaux (se nourrir, réagir aux agressions, se
reproduire). Pour assurer la survie de son possesseur, le système limbique doit inciter ces
comportements et le fait grâce à la dopamine qui récompense ces fonctions vitales par un
plaisir. En augmentant l’action de la dopamine, les drogues « miment » donc l’effet agréable
lié à leur consommation, à l’origine de la dépendance. La dépendance physique traduit
l’adaptation du métabolisme à la présence de la drogue, dont il a besoin pour fonctionner. Si
l’on diminue ou arrête sa consommation, les symptômes de sevrage apparaissent et sont les
plus aigus lors des premiers jours, mais peuvent durer beaucoup plus longtemps. Selon le
DSM-IV, il y a dépendance physique s’il y a tolérance et symptômes de sevrage lors de
l’arrêt: ces critères sont présents pour la plupart des drogues illicites. La majeure partie des
substances peuvent causer 1 OMS, 2010 Immersion en communauté Printemps 2010
également une dépendance psychique. Le consommateur ne peut plus imaginer sa survie sans
la drogue.
a. Facteurs de risque
Les facteurs de risques de la toxicomanie, généralement indicateurs de la gravité du trouble,
peuvent être classés en deux catégories: les facteurs individuels et environnementaux. Les
modalités de consommation sont, quant à elles, corrélées aux facteurs de risque, mais surtout
plus aisément repérables.
b. Facteurs individuels
Le tempérament ou la personnalité de l’individu est le facteur de risque majeur. Ces
composantes incluent:
- un haut niveau de recherche de performance, de sensations, de nouveautés et de réactivité
émotionnelle
- un faible évitement du danger
- une faible estime de soi
- une résolution de problèmes difficile
- des relations instables ou insatisfaisantes
- une incapacité d’auto-contrôle
- une difficulté à verbaliser les affects
- un isolement social
- une angoisse de séparation
- une intolérance à la frustration
- un abus sexuel (tant pour les femmes que pour les hommes)
- un trouble de la personnalité (personnalité anti-sociale, limite ou abandonnique)
- un trouble de l’humeur: les dysthymies précèdent généralement la consommation et des
dépressions majeures ou bipolarités sont des conséquences de la consommation.
Chapitre 2 : Conduite à tenir
I. Chimiothérapie
II. Psychothérapie
III. Sociothérapie
V. Référence
VI. Suivi