Correction exercices complémentaires TD 13
Irène Meunier
6 novembre 2020
Exercice 23.
√
Écrire sous forme trigonométrique et algébrique les racines carrées de 3 + 1
puis calculer cos( 12
π
) et sin( 12
π
).
Ici, on demande (implicitement) de trouver ces racines sous forme algébrique (c'est en faisant le lien avec la
π π
forme exponentielle qu'on pourra ensuite déterminer cos( ) et sin( ).
√ 12 12
Soit z = a + ib tel que z 2 = 12 ( 3 + i). On normalise pour avoir également |z|2 = 1. On aboutit au système
d'équation :
√ √ √
3 3+2
a2 − b2 = 23 2a2
= 2 +√
1 a2
= 4√
2ab = 21 ⇔ 2b2 = 1 − 23 ⇔ b2 = 2− 3
4
2
a + b2 = 1 1
ab
ab = 4 > 0
La dernière équation ne nous intéressant que pour le signe du produit ab qui ici est positif, ce qui signie que
l'on a deux solutions : Ou bien a et b √
sont
√
tous deux
√ √positif, ou bien ils sont
√√ tous deux
√ négatifs.
√
√
Les racines de 23 + i 12 sont donc 2 + i 2 et son opposé − 2 − i 2−
3+2 2− 3 3+2
2
3
.
√ √ √ √ √ √ √ √
√√ √ √
Ainsi, les racines de 3 + i = 2( 2 + 2 ) sont ± 2
3 1
2
3+2
+ i 2− 3
2 = ± 2 2
3+2
+ i 2− 3
2 .
√ √
D'autre
√ π part, en utilisant la forme exponentielle, on a : 3 + i = 2e 6 , dont les racines carrées sont − 2e 12 et
π π
2e 12 .
π π
On en déduit (par comparaison des signes des parties réelles et imaginaires) que e 12 = cos( ) + i sin( ) =
π
√√ √ √
12 12
2
3+2
+i 2− 3
2 . Ainsi, toujours en comparant parties réelles et imaginaires :
√√
cos π
3+2
=
2
12
π √ √
sin 2− 3
= 2
12
Exercice 24.
Résoudre dans C les équations suivantes.
z2 + z + 1 = 0 (1)
√
−1 ± i 3
On calcule le discriminant ∆ = −3. Les solutions complexes conjuguées sont .
2
z 2 − (1 + 2i)z + i − 1 = 0 (2)
Ici, le discriminant vaut ∆ = (1 + 2i)2 − 4(i − 1) = −3 + 4i − 4i + 4 = 1. Nous avons donc deux racines qui sont
(1 + 2i) ± 1
, soit i et 1 + i.
2
√
z2 − 3z − i = 0 (3)
√
Le discriminant est, cette fois, ∆ = 3 + 4i. Calculons ses racines carrées. Son module est |3 + 4i| = 32 + 42 = 5.
Pour calculer ses racines, on considère z = a + ib tel que z 2 = 53 + i 45 . On obtient (une nouvelle fois) le système
d'équations :
2
= 53
2 4
a − b2 a = 5
2ab = 45 ⇔ b2 = 1
5
2
a + b2 = 1 ab > 0
1
√
Ainsi, les racines du discriminant ∆ sont ± 5 √2
5
+ √i
5
= ±(2 + i) ; on les notera respectivement δ+ et δ− .
√ √ √ √
3 + δ− 3−2−i 3 + δ+ 3+2+i
Ainsi, les solutions de l'équation (3) sont : = et = .
2 2 2 2
z 4 + 2z 2 + 4 = 0 (4)
Cette équation peut se réécrire, en posant Z = z 2 :
Z 2 + 2Z + 4 = 0 (5)
On résout cette équation. √
−2 ± i 12 √
Le discriminant est ∆ = 4 − 16 = −12. Les solutions de l'équation (5) sont donc = −1 ± i 3.
2 √
Ainsi, on trouve les solutions de√l'équation (4) en trouvant
√
les racines z± de Z± = z±2 = −1 ± i 3. Je
ferai la forme exponentielle : 2( −1+i 3 ) = 2ei 3 et 2( −1−i ) = 2e−i 3 , dont les racines sont, respectivement,
2π 3 2π
√ iπ √ iπ √ −i π √2 −i π 2
{ 2e 3 , − 2e 3 } et { 2e 3 , − 2e 3 }. √ π √ π √ √
Au bilan, les quatre solutions de l'équation (4) sont : { 2ei 3 , − 2ei 3 , 2e−i 3 , − 2e−i 3 }.
π π
Exercice 25.
On considère l'équation z 3 − iz + 3 − i = 0 qui admes trois solutions.
1. Résoudre cette équation sachant qu'elle admet une solution réelle.
2. Dans le plan complexe, on considère les trois points ayant ces racines pour axes.
Prouver que le triangle obtenu est rectangle isocèle.
1. On considère z 3 −2z 2 −iz +3−i = 0. Comme indiqué dans l'énoncé, on cherche sa racine réelle : x0 = −1.
En eet, x30 − 2x20 − ix0 + 3 − i = (−1)3 − 2(−1)2 − i(−1) + 3 − i = −1 − 2 + i + 3 − i = 0. On peut donc
factoriser cette équation, de la forme :
z 3 − 2z 2 − iz + 3 − i = (z + 1)P (z) (6)
où P (z) est un polynôme de degré 2. On peut écrire P (z) = az 2 + bz + c et identier les coecients dans
l'équation (6), puis résoudre un système linéaire à trois équations, trois inconnues pour trouver a, b et c.
On devrait trouver z 3 − 2z 2 − iz + 3 − i = (z + 1)(z 2 − 3z + (3 − i)).
On résout maintenant la nouvelle équation z 2 −3z+(3−i) = 0. Le discriminant : ∆ = 9−4(3−i) = −3+4i.
On a déjà trouvé les racines de 3 + 4i un peu plus haut, j'irai donc très vite : les racines sont ±(1 + 2i).
(Parenthèse : Lorsqu'on connaît les racines de a + ib = reiθ , on peut facilement trouver les racines de
−a + ib = rei(π−θ) (la symétrie par rapport à l'axe des ordonnées). Il sut d'échanger parties réelles
et imaginaires des racines données. √ Pourquoi ? Il s'agit d'appliquer une symétrie par rapport
√ à l'axe
{y = x}. Une racine de reiθ s'écrit ± reiθ/2 . Si on applique cette symétrie, on obtient : ± rei(π/2−θ/2) .
Lorsqu'on prend le carré, on obtient rei(π−θ) = −a + ib.)
Ainsi, les racines de z 2 − 3z + (3 − i) sont 2 + i et 1 − i (Vériez !). Donc, z 3 − 2z 2 − iz + 3 − i =
(z + 1)(z − 2 − i)(z − 1 + i).
2. On dessine les racines −1, 1 − i et 2 + i dans le plan. On notera les points associés respectivement A, B
−−→ −−→
et C . On conjecture que l'angle (BC, BA) est droit, et donc que les côtés de l'angle droit sont de même
longueur.
−−→ −−→
Vérions-le. Le vecteur BC s'écrit en complexe 2+i−(1−i) = 1+2i et le vecteur BA s'écrit −1−(1−i) =
−2 + i. On peut bien vérier que i(1 + 2i) = −2 + i. Ils sont donc bien de même longueur (en prenant le
module de cette expression) et il y a bien un angle de π2 entre les deux (argument de i).
Exercice 26.
1. Résoudre dans C l'équation Z 2 + Z + 1 = 0.
2. En déduire les solutions dans C de l'équation e2z + ez + 1 = 0.
1. On a4πdéjà vu cette équation au début de l'exercice 24. Les solutions sont, en écriture exponentielle : ei 3
2π
et ei 3 .
2. Si on pose Z = ez on obtient l'équation du 1. à résoudre pour Z . Donc Z = e±i 3 , soit ez = e±i 3 . Mais
2π 2π
rappelez-vous qu'en complexes, contrairement aux réels, l'exponentielle n'est certainement pas injective !
2π
Les solutions sont {i(± + 2kπ)|k ∈ Z}.
3
Petit bonus : Quelle est la racine (avec parties réelles et imaginaires positives) de 1 + 2i ?
2
1 + 2i
2i •
5
√
α
1
On l'a déjà vu en résolvant un bon nombre de fois le même système, lorsque le module du nombre complexe est
α π
1. Je le résume ici, énoncé d'une manière un peu diérente. Puisque α ∈ [0, π], alors ∈ [0, ], et, dans ce cas :
2 2
q
cos(α/2) = cos(α)+1
q 2
sin(α/2) = 1−cos(α)
2
(Sinon, les signes de cos(α/2) et sin(α/2) peuvent changer)
1 √
Dans notre cas cos(α) = √ . Et donc, la racine est (sachant que le module de 1 + 2i est 5 et donc que le
√ 5
module de sa racine est 4
5) :
√ √
s s s s
√ √1 +1 1− √1
4 5 5 1+ 5 1− 5
5 +i = +i
2 2 2 2
√ √
1+ 5 1 1− 5
Or, on peut reconnaître le nombre d'or ϕ = , dont l'inverse vaut = . D'où la racine est :
2 ϕ 2
r
√ 1
ϕ+i
ϕ