ObGyn - Adam Roumani
ObGyn - Adam Roumani
Support de cours
Gynécologie - Obstétrique
Dr Adam M. ROUMANI
Edition 2022
Introduction
Introduction
Dans les pas de ceux qui m’ont précédés, je tenais à laisser ma trace dans le domaine passionnant que j’ai décidé
d’embrasser, celui de la médecine. Je tenais à apporter une nouveauté, quelque chose qui n’a jamais été fait
auparavant.
La médecine ce n’est pas simplement aller du symptôme au traitement. C’est comprendre l’essence même de la
plainte du patient qui est en face de nous. C’est important de savoir comment y mettre fin, évidemment, mais
c’est aussi important de savoir pourquoi il se plaint. Que se passe-t-il dans son corps pour qu’il décide de l’ame-
ner consulter chez nous ?
Comme disait Einstein : “If you can’t explain it to a six year old, you don’t understand it yourself.” Je mets au défi
quiconque d’expliquer l’hématome rétro-placentaire à un enfant. Ce n’est pas facile. Mais lorsque l’on connait
comment se forme le placenta, de quoi est composé ce placenta, quels sont ses rôles, où il s’insère, et comment
il intéragit avec le foetus. Je suis sûr que l’on pourra lui expliquer aisément, petit à petit.
J’ai fait ce livre dans cette optique : faciliter la compréhension des pathologies de chaque appareil. Moi-même
durant mes révisions pour les examens, je trouvais ça très contraignant de devoir me référer à d’autres sources
pour revoir mon anatomie ou ma sémiologie. Avec des cours qui dataient parfois de plusieurs années. J’ai donc
décidé de tout regrouper dans un seul et unique ouvrage, pour que tout soit disponible à portée de neurone.
Ce travail m’a été grandement inspiré par mes ainés, je pense notamment au Dr Zenibaa, Maître-Assistante en
Gynécologie-Obstétrique à l’EPH Hassan Badi ex-Belfort. Une femme pédagogue, et un médecin d’une douceur
inégalée. Elle nous a fait découvrir durant le peu de stage que l’on a pu pratiquer, la beauté de l’obstétrique, la
sagesse, la science, et le miracle qui se cache derrière l’acte de mettre au monde.
Il me tient également à coeur de rendre hommage au Professeur Amieur, chef du service de Gynécologie-
Obstétrique à l’EPH Zéralda, qui était notre responsable de module, et notre maître à tous, et qui nous a quitté
trop vite, emporté par la pandémie de COVID-19. Puisse Dieu l’accueillir dans son vaste paradis.
Pour finir je vous souhaite à tous une très bonne révision, et j’espère que ce travail saura éveiller la curiosité et
l’abnégation qui sommeille en chacun d’entre vous.
Adam M. Roumani
III
Introduction
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Ici je prends des notes plus générales en rapport avec le cours, ou j’ajoute des titres
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des parties manquantes...
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V
Gynécologie - Obstétrique
VI
Introduction
Anatomopathologie
Pathologie du sein 25
Pathologie de l’ovaire 29
Pathologie de la trompe 35
Pathologie du corps utérin 37
Pathologie du placenta 41
Pathologie du col 43
Gynécologie
Aménorrhées 49
Couple infertile 53
Contraception 57
Tumeurs bénignes du sein 61
Cancer du sein 65
Lésions intra-épithéliales du col 71
Cancer du col 73
Fibromes utérins 77
Cancer de l’endomètre 81
Tumeurs bénignes de l’ovaire 85
Cancer de l’ovaire 89
Infections génitales basses 93
Infections génitales hautes 99
Tuberculose génitale 103
Endométriose 107
Algies pelviennes 111
Obstétrique
Diagnostic et surveillance de la grossesse 117
Grossesse multiple 121
Grossesse extra-utérine 125
Avortements 127
Maladies trophoblastiques 131
Anémie et grossesse 135
Diabète et grossesse 139
HTA et prééclampsie 143
VII
Gynécologie - Obstétrique
Eclampsie 147
Infections et grossesse 149
Hématome rétro-placentaire 153
Placenta praevia 157
Rupture utérine 161
Souffrance foetale aiguë 163
Souffrance foetale chronique 167
Accouchement prématuré 169
Bassin obstétrical 173
Epreuve du travail 177
Dystocies osseuses 179
Grossesse prolongée 183
Mécanisme de l’accouchement 187
Présentation du sommet 191
Présentation de la face 195
Présentation du front 199
Présentation du bregma 203
Présentation du siège 205
Présentation de l’épaule 213
Incompatibilité rhésus 217
Hémorragie du postpartum 219
Suites de couches 221
VIII
Introduction
IX
CHAPITRE 1
PHYSIOLOGIE
Sommaire
Cycle ovarien 3
Cycle menstruel 7
Fécondation, segmentation et blastulation 9
Implantation 13
Placentation 15
Explorations en gynécologie 19
1. Définition
Ce sont les phénomènes qui aboutissent à la maturation de l’ovule dans l’ovaire, durant la
période de maturité sexuelle de la femme. Il existe en moyenne 500 000 follicules primor-
diaux dans l’ovaire, et seulement 450 arriveront à maturité.
Il est divisé en deux phases :
• Phase folliculaire : elle s’étend « typiquement » du 1e jour au 14e jour du cycle, mais
peut être plus ou moins longue.
• Phase lutéale : elle est de 14 jours et correspond à la maturation du corps jaune.
2. Phase folliculaire
Avant la puberté, l’ovaire contient un grand nombre de cellules souches appelées
oogonies. Une proportion d’oogonie va se transformer en ovocyte de premier ordre ou
ovocyte I, entouré par des cellules pavimenteuses, le tout formant le follicule primordial.
Dès lors que la jeune fille devient pubère et jusqu’à la ménopause, les follicules primor-
diaux vont entamer leur maturation, sous l’effet d’hormones paracrines. A partir de cette Le cycle typique d’une femme dure 28
étape, le reste de la phase folliculaire sera très influencé par une hormone hypothalamique jours, 14 pour la phase folliculaire et 14
: la FSH (Follicle Stimulating Hormone). pour la phase lutéale, l’ovulation ayant
lieu au 14e jour du cycle. La plupart des
2.1. Follicule primordial vers follicule primaire femmes ont un cycle un peu plus court
ou un peu plus long, sans pour autant
Le follicule primordial est un ovocyte I, c’est-à-dire, une cellule diploïde (46 chromo), blo- être pathologique. Le premier jour du
quée en prophase I de la méiose, entourée de cellules squameuses. Sous l’action d’hor- cycle correspond au premier jour des
mones à activité paracrine (locale), notamment les androgènes locaux, l’ovocyte va grossir, règles.
et les cellules pavimenteuses qui l’entourent vont devenir cubiques, ce sont les cellules
folliculaires, formant ainsi le follicule primaire.
3
Gynécologie - Obstétrique
3. Ovulation
C’est l’étape d’expulsion de l’ovocyte II. A la fin de la phase folliculaire, les taux d’œstro-
gènes sécrétés par les cellules de la granulosa sont très élevés, si bien qu’ils vont exercer un
feedback positif, c’est-à-dire qu’ils vont stimuler la sécrétion de LH (Luteinizing Hormone).
Le pic de LH en fin de phase folliculaire, vers le 14e jour du cycle, est essentiel pour l’ovu-
lation. En effet, cette hormone possède deux effets essentiels :
Il arrive parfois que deux ovules ou plus
• Elle favorise la congestion vasculaire près de l’antrum du follicule de De Graaf, et fa-
soient éjectés, souvent chez les femmes
vorise de ce fait la production de liquide folliculaire vers le pôle antral du follicule.
d’un âge avancé, proche de la méno-
pause. Lorsque les ovocytes sont tous • Elle stimule également la production d’enzymes protéases qui vont lyser les liaisons
fécondés, il en résultera une grossesse entre les cellules de la garnulosa et celles de la corona radiata. Ainsi l’ovocyte et sa co-
dite multiple (jumeaux, triplés…).et 18 rona radiata seront expulsés dans la cavité péritonéale, où il sera capté par les franges
jours de la trompe de Falloppe. C’est l’ovulation.
4. Phase lutéale
Après que l’ovule ait été expulsé, ce qui reste du follicule à l’intérieur de l’ovaire va conti-
nuer à être stimulé par la LH. Il va se gorger en cholestérol et se transformer en corps jaune
(corpus luteus, du latin signifiant jaunâtre).
Ce dernier va se mettre à produire une hormone très importante : la progestérone, qui est
l’hormone de la gestation, de la grossesse. Elle va apprêter la paroi utérine, l’endomètre,
à recevoir l‘embryon, s’il y a fécondation, évidemment. Il persistera jusqu’à 2 ou 3 mois de
grossesse.
La progestérone (et un peu d’œstrogènes) sécrétés par le corps jaune va exercer un feed-
back négatif sur l’axe hypothalamo-hypophysaire, en inhibant ainsi la sécrétion de GnRH
par l’hypothalamus, et de FSH/LH par l’hypophyse. Le but de ce feedback est d’empêcher
la maturation d’autres ovocytes durant la grossesse.
S’il n’y a pas fécondation, le corps jaune va peu à peu dégénérer en corps blanc (corpus
albicans, du latin signifiant blanc), sans effet notoire. Les taux d’’œstrogène et de proges-
térone vont peu à peu diminuer, pour laisser place à la FSH, et le cycle reprend son cours.
La baisse de gonadotrophines va également agir sur la paroi utérine, et entrainer l’appari-
tion des règles.
5. Exploration fonctionnelle
5.1. Au niveau de l’ovaire
• Dosages hormonaux : œstrogènes et progestérone.
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Cycle ovarien
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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2 Cycle menstruel
1. Définition
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Phase menstruelle
3. Phase proliférative • Citer et expliquer les différentes phases du cycle menstruel
4. Phase sécrétoire
1. Définition
Le cycle génital féminin ne se résume pas uniquement à la folliculogenèse. En effet, les
différentes hormones citées précédemment ont également un impact sur les effecteurs
de l’appareil génital, c’est-à-dire l’endomètre, le col utérin, et à moindre mesure sur la
muqueuse vaginale.
L’endomètre est l’organe qui va subir les modifications les plus remarquables durant le
cycle, car c’est sa desquamation qui donnera les menstrues, communément appelées «
les règles ».
Durant le cycle, l’endomètre va subir des modifications afin de s’apprêter à accueillir l’em-
bryon fécondé, et ce en réponse aux variations des niveaux sanguins des hormones ova-
riennes et hypothalamo-hypophysaires. Ces modifications sont cycliques et se font en 3
phases que l’on va détailler.
La progestérone va également favoriser la sécrétion de nutriments (surtout du glycogène) Durant la phase sécrétoire, à mesure
et des enzymes essentiels à l’implantation de l’embryon. Tant qu’il y a de la progestérone, que le taux de progestérone augmente,
l’endomètre est apte à recevoir l’embryon. la glaire cervicale devient plus vis-
queuse, plus hostile, jusqu’à former un
vrai bouchon muqueux qui va bloquer
5. Troubles du cycle tout passage de spermatozoïdes, de mi-
cro-organismes, ou autres matières qui
5.1. Troubles de la durée risquent de mettre en péril la grossesse.
• Hyperménorrhée : règles > 8 jours.
• Hypoménorrhée : règles < 2 jours.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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3 Fécondation, segmentation, blastulation
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définition
La première semaine du développement embryonnaire correspond à la période qui s’étend
de la fécondation à la nidation de l’embryon fécondé. Elle est aussi dite phase préimplan-
tatoire. Elle s’étend de J1 à J7.
Schématiquement, l’on peut la diviser en 3 grandes parties :
• La fécondation : c’est-à-dire la rencontre et la fusion des gamètes.
• La segmentation : c’est-à-dire la division de l’embryon jusqu’au stade de morula.
• La formation du blastocyste : c’est-à-dire le passage du stade de morula au stade de
blastula.
2. Fécondation
La fécondation désigne la rencontre entre le gamète mâle, le spermatozoïde, et le gamète
femelle, l’ovocyte II bloqué en métaphase II. La fusion des deux noyaux haploïde va former
le zygote, diploïde. Ce phénomène a lieu au niveau de l’ampoule de la trompe de Fallope
du côté où l’ovulation a eu lieu.
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Gynécologie - Obstétrique
Plus le spermatozoïde avance dans le tractus génital, plus il va perdre son manteau glyco-
protéique et lipidique, rendant sa membrane vulnérable, son acrosome plus accessible, et
apte à la fécondation. Ce phénomène se produit dans les 10 heures suivant la pénétration.
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Fécondation, segmentation, blastulation
4. Segmentation
C’est la phase où le zygote entame ses mitoses successives pour arriver au stade de moru-
la, puis de blastula. Ces divisions se font pendant que le zygote continue sa migration dans
la trompe de Fallope vers la cavité utérine grâce à plusieurs facteurs :
• Le flux tubaire et les villosités épithéliales tubaires.
• Les mouvements péristaltiques de la musculeuse tubaire.
• Le flux péritonéal.
• La zone pellucide.
A noter que jusqu’au stade de blastula, la taille de l’embryon ne change pas. C’est unique-
ment le nombre de cellule qui augmente.
• Stade 2-cellules : le zygote termine sa première division mitotique 36 h après la fé-
condation.
• Stade morula : les 2 cellules vont ensuite passer à 4, puis à 8, puis à 16 cellules, for-
mant une structure qui ressemble à une mûre, d’où le nom de morula.
• Stade blastula : les cellules continuent leurs divisions mitotiques. A un moment don-
né, il y aura accu-mulation de liquide au centre de la « boule de cellule », qui va
devenir comme une sorte de ballon, dont la surface est faite de cellules, ce sont les
blastomères, et le centre est fait de liquide, le blasto-cèle. C’est donc la formation de
la blastula, qui est à ce stade déjà dans la cavité utérine, en train de flotter.
5. Formation du blastocyste
Après la formation de la blastula, les cellules vont adopter une configuration très parti-
culière. La zone pellucide va se dégrader entièrement, certaines cellules, aplaties, vont
se plaquer en périphérie, et d’autres vont se re-grouper en amas à un pôle de l’embryon.
C’est la formation du blastocyste. Le blastocyste est donc formé de 3 composants :
Fig 3.6 Schéma d’un blastocyste
• Les cellules trophoblastiques : ce sont les cellules aplaties en périphérie, qui forme-
ront le futur placenta.
• L’embryoblaste : c’est l’amas de cellules à un pôle de l’embryon, qui formeront le
corps du fœtus.
• Le liquide : dans la cavité du blastocyste.
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Gynécologie - Obstétrique
6. Infertilité du couple
Certaines conditions sont préalablement nécessaires pour une bonne fécondation. Toute
altération de l’un de ces facteurs peut entrainer une infertilité du couple.
• Qualité du sperme : avec une éjaculation vigoureuse, un sperme aseptique, à pH
normal, de vis-cosité normale, avec moins de 25 % de spermatozoïdes anormaux.
• Moment du rapport : le délai entre le rapport sexuel et l’ovulation doit être inférieur
à 72 h.
• Qualité de la glaire cervicale : qui doit être lâche et claire pour laisser passer les
spermatozoïdes.
• Ovulation : il faut que le cycle soit ovulatoire.
• Perméabilité des trompes : les infections de la trompe de Fallope, dites salpingite,
compromet-tent leur perméabilité et empêchent la progression des spermatozoïdes
et la rencontre avec l’ovule dans l’ampoule.
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4 Implantation
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définition
2. Implantation • Définir le terme implantation.
1. Définition
Lorsque l’embryon s’implante ailleurs
La deuxième semaine du développement embryonnaire correspond à la période qui voit
que dans l’endomètre, l’on parle de
se passer l’implantation de l’embryon, la formation du disque didermique, et enfin l’appa-
rition des premières ébauches des annexes embryonnaires. Elle s’étend de J6 à J16 après grossesse extra-utérine.
la fécondation.
2. Implantation
Anciennement dite « nidation », il s’agit ici de l’implantation de l’embryon dans l’endo-
mètre. Ce mécanisme met en jeu des phénomènes d’adhésion entre les intégrines et les
sélectines des cellules trophoblastiques, avec les protéines, les glucides et les sélectines
de la paroi utérine.
Dès l’adhésion à l’endomètre, les cellules trophoblastiques se mettent à sécréter des en- Syncitiotrophoblaste
zymes protéolytiques et des facteurs de croissance. L’endomètre s’épaissit, se gorge de
sang, fournissant ainsi des nutriments à l’embryon. Les cellules trophoblastiques conti- Cytotrophoblaste
nuent à proliférer pour former deux couches distinctes : le cyto-trophoblaste en profon-
deur, et le syncytiotrophoblaste en surface. Il commencera à sécréter la β-hCG (hormone
chorionique gonado-trophique), qui va inciter le corps jaune à maintenir sa sécrétion de
progestérone pour entretenir la grossesse, et évidemment éviter la désquamation de l’en-
domètre et l’apparition des règles.
L’embryon continue de s’implanter dans la muqueuse utérine très lâche, très profondé-
ment, et il sera recou-vert par des cellules endométriales qui auront proliféré de nouveau. Hypoblaste
Il est même en contact avec le sang qui s’est échappé des artères spiralées de la couche
fonctionnelle de l’endomètre, créant des lacunes gorgées de sang. Le cytotrophoblaste et
le syncytiotrophoblaste commencent alors à former l’ébauche du placenta.
Epiblaste
Il faut noter que durant les premières semaines, l’embryon se nourrit surtout en digérant
les cellules endométriales, ce n’est qu’après la formation d’un placenta bien définit qu’il
pourra se nourri à partir de la circulation maternelle. Vaisseaux
sanguins
(©Adam Roumani)
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Gynécologie - Obstétrique
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6 Placentation
1. Définition OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Formation des villosités choriales
• Définir la placentation.
3. Décidualisation
• Citer les étapes de la formation du placenta.
4. Maturation
• Décrire la physiologie placentaire.
5. Physiologie placentaire
1. Définition
Le placenta est l’organe de nutrition de l’embryon et du fœtus. Il permet des échanges de nutriments, d’oxygène et de CO2, voire même
de facteurs immunitaires. Il est d’origine fœto-maternelle. La formation du placenta par 3 phases que nous allons détailler :
• La formation des villosités choriales.
• La décidualisation.
• La maturation.
Durant la première semaine, le blastocyste est formé de l’embryoblaste, qui forme un amas cellulaire au pôle, et du
trophoblaste en périphérie. Les cellules trophoblastiques vont se différencier en deux :
• Le cytotrophoblaste : couche interne au contact de l’embryon, formé de petites cellules cubiques.
Pré-lacunaire
Première
• La syncytiotrophoblaste : couche externe formée d’un amas de cellules qui ont fusionné entre elles laissant bai-
gner leurs noyau dans du cyto-plasme.
Le syncytiotrophoblaste joue un rôle central dans l’implantation de l’embryon car il exprime des molécules d’adhésion,
notamment des intégrines et des sélectines qui vont se lier aux glycoportéines de l’endomètre. Il sécrète aussi des fac-
teurs immunosuppresseurs empêchant toute réaction macrophagique contre l’embryon. Il sécrète enfin la β-hCG qui va
stimuler la production de progesté-rone par le corps jaune pour éviter les menstruations.
Pendant que l’embryon s’implante, vers le 10e jour, l’endomètre va s’enrichir en vaisseaux sanguins, notamment des
artérioles spiralées. C’est ce que l’on appelle une congestion. Au même moment, il va se former des « espaces » entre
Lacunaire
les digitations du syncytiotrophoblaste, à l’intérieur desquelles vont se jeter les vais-seaux maternels, définissant les
lacunes, qui vont augmenter de volume pour former les chambres intervilleuses.
Aussi, comme nous l’avons vu dans le cours sur la 2e semaine, l’amnios et la membrane de Heuser vont se détacher du
cytotrophoblaste. L’espace ainsi créé va être comblé par du tissu conjonctif lâche, le mésenchyme extra-embryonnaire.
Deuxième
Vers le 15e jour, le cytotrophoblaste se met ensuite à proliférer à l’intérieur même des digitations du syncytiotro-
phoblaste. Il va former donc des colonnes de cytotrophoblaste, des travées radiculaires émanant de l’embryon et
Villosités primaires
s’enfonçant dans l’endomètre. Cette disposition caractéristique, c’est-à-dire un axe cytotro-phoblastique entouré de
syncitiotrophoblaste est appelé villosité primaire. Certains axes cytotrophoblastiques vont continuer à proliférer latéra-
lement au-delà du syncytiotrophoblaste, jusqu’à former une coque cytotrophoblastque entourant l’œuf.
Par ailleurs, comme nous l’avons vu précédemment, le mésenchyme extra-embryonnaire va se creuser de plusieurs
cavités qui vont ensuite converger partout autour de l’embryon (sauf au niveau du pédicule) formant le cœlome extra-
embryonnaire. La couche de mé-senchyme accolée au trophoblaste est appelée la lame choriale.
15
Gynécologie - Obstétrique
Vers le 18e jour, la lame choriale du mésenchyme extra-embryonnaire va égale-ment proliférer et pénétrer au centre
de l’axe cytotrophoblastique. Au sein de cet axe mésenchymateux vont se former les ébauches des vaisseaux sanguins
embryonnaires. Cette disposition caractéristique, c’est-à-dire un axe mésenchymateux, entouré de cytotrophoblaste,
lui-même entouré de syncytiotropho-blaste est appelé villosité secondaire.
Troisième
Villosités tertiaires
Vers le 21e jour, l’axe mésenchymateux va former les vaisseaux sanguins fœtaux, prémices de la future circulation du
fœtus. Les axes vont également s’arboriser au fur et à mesure de l’avancement de la grossesse, à peu près jusqu’au 4e
mois. A noter que même le mésenchyme du pédicule va se différencier pour former les futurs vaisseaux ombilicaux.
3. Décidualisation
Le plafond de la chambre intervilleuse Pendant la grossesse, la couche fonctionnelle de l’endomètre va subir de nombreuses
est une assise cellulaire au contact de modifications dans son architecture tissulaire, elle ses glandes vont se charger en lipides,
la lame choriale em-bryonnaire, c’est ce et en glycogène et vont s’appeler cellules déciduales (du latin « deciduus », qui va tom-
que l’on appelle la plaque choriale. ber). Les cellules de la couche basale ne vont quant à elle subir que peu de changements.
Son plancher est une assise cellulaire au Les couches vont dorénavant s’appeler décidues ou encore caduques. La décidualisation
contact de la décidue endométriale, c’est touche l’intégralité de la muqueuse utérine, sauf celle du col. Selon la localisation de la
ce que l’on appelle la plaque basale. décidue va changer de nom :
• Décidue basale : celle en contact avec le chorion placentaire, elle est divisée en 2
couches : superficielle (lame de Winckler) très riche en cellules déciduales, et pro-
A mesure que le fœtus prend du volume, fonde attachée au myomètre.
la décidue réfléchie et la décidue parié-
• Décidue réfléchie : en contact avec le chorion au pôle abembryonnaire.
tale vont se rappro-cher jusqu’à s’acco-
ler, fermant ainsi la cavité utérine. Il y • Décidue pariétale : tapisse la paroi utérine dans la zone non-placentaire.
aura donc un chorion à chaque pôle de
l’embryon : 4. Maturation
- Du côté du cordon ombilical, il s’agira A ce stade, il existe environ une trentaine de villosités de premier ordre (c’est-à-dire qui
du « chorion frondosum ». non pas de branches secondaires). Chacune va s’arboriser et donner à son tour une tren-
taine de branches, formant des villosités de deuxième ordre, et chaque villosité de 2e
- De l’autre côté, il s’agira du « chorion
ordre va donner une trentaine de branches, formant des villosités de troisième ordre, qui
laeve ».
vont venir s’ancrer à la coque cytotrophoblastique.
De plus, la couche profonde de la décidue basale va émettre des cloisons entre les villosi-
- En début de grossesse : sang fœtal > tés, sans atteindre la plaque choriale, ce sont les septa inter-cotylédonaires. Ces septa vont
endothélium capillaire > mésenchyme donc diviser la chambre intervilleuse en 15 à 30 cavités appelées cotylédons, contenant
> cytotrophoblaste > syncytiotro- chacune un arbre villositaire entier.
phoblaste > sang maternel. A partir du 4e mois, le cytotrophoblaste disparait peu à peu pour diminuer encore plus
- En fin de grossesse : sang fœtal > en- la distance entre les vaisseaux placentaires et le chorion. La structure finale du placenta
dothélium capillaire > fin mésenchyme est atteinte à ce stade, et mise à part la mul-tiplication des villosités, il ne subira pas de
> syncytiotrophoblaste > sang maternel. changements majeurs.
5. Physiologie du placenta
5.1. Fonction respiratoire
Le placenta joue le rôle de poumon fœtal. Il permet les échanges gazeux entre la circula-
tion maternelle et fœ-tale. Ces échanges sont facilités notamment par la grande affinité de
l’hémoglobine F pour l’oxygène, mais éga-lement par la différence de pH sanguin entre la
circulation maternelle générale et la circulation placentaire, ce qui créé un gradient favo-
rable au passage de l’oxygène dans la circulation fœtale par effet Bohr.
16
Placentation
Nutriment Echange
Transport passif facilité de type GLUT-1. La glycémie fœtale représente 2/3 de la glycémie maternelle. Le glucose
Glucose
est stocké dans le trophoblaste en tant que réserve
Passe facilement la barrière, lui-même ainsi que ses dérivés. A noter que le cortisol est inactivé au niveau du
Cholestérol
placenta afin que l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien du fœtus se développe sans interférences
Vitamines Les vitamines hydrosolubles passent facilement, tandis que les liposolubles beaucoup moins.
Hormone Description
Sécrétée par le syncytiotrophoblaste dès la première semaine, atteint son pic à la fin du 2e mois et son nadir à la
hCG
fin du 4e mois
Hormone lactogène placentaire, sécrétée par le syncytiotrophoblaste vers la 3e semaine, puis atteint un plateau
HLP
vers 36 semaines.
Placentar GH ou Hormone Chorionique Somatotrope. Elle est sécrétée par le syncytiotrophoblaste vers la 5e
PGH ou HCS semaine, remplace la GH maternelle dans ses activités biologiques, prépare les glandes mammaires à une éven-
tuelle lactation, et agit sur la croissance fœtale.
Sécrétée à partir du DHEAS (déhydroépiandrostérone sulfate), sert notamment au maintien de la grossesse, et au
Œstrogènes
développement mammaire.
Sécrétée par le syncytiotrophoblaste dès sa formation, son taux augmente pour remplacer la sécrétion du corps
Progestérone
jaune vers le début du 3e mois. Elle sert au maintien de la grossesse.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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6 Explorations en gynécologie
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Hommage au Pr. Amieur qui assurait le TD sur l’hystérosalpingographie aux externes de 5e année
de Médecine à Alger, et qui nous a quittés trop vite, emporté par la COVID-19, le 10 août 2020.
1. Introduction
Les explorations en gynécologie sont représentés par les différents examens complémen-
taires prescrits pour affirmer ou confirmer le diagnostic d’une pathologie. Il existe des
examens radiologiques, des examens biologiques et des examens scopiques.
• Examens radiologiques : ce sont l’échographie pelvienne, l’IRM pelvienne, et l’hystéro-
salpingographie, et la TDM pelvienne.
• Examens biologiques : ce sont les dosages hormonaux, centraux et périphériques.
2. Radiologie
2.1. Echographie pelvienne
C’est un examen simple et non invasif pratiqué de routine en gynécologie. L’échographie
peut se faire soit par voie suspubienne, soit par voie endovaginale.
19
Gynécologie - Obstétrique
2.3. Hystérosalpingographie
Il s’agit d’une radiographie pelvienne avec injection de produit de contraste. Elle permet de
visualiser la cavité utérine et les trompes, pour s’assurer notamment de leur perméabilité.
Elle se fait en 3 étapes :
• D’abord un cliché sans préparation, c’est à dire sans injection de produit de contraste.
• Ensuite la mise en place d’une sonde endo-vaginale qui va injecter du produit de
contraste dans le tractus génital.
• Enfin la prise de clichés à différents stades de progression du produit de contraste :
o Cliché de faible remplissage qui étudie la cavité utérine.
o Cliché de remplissage tubaire qui étudie la perméabilité des trompes de Fallope.
o Cliché de profil qui apprécie la position de l’utérus et la continuité des trompes.
Fig 3.10 Histérosalpigographie o Cliché tardif étudie le péritoine et recherche la présence d’adhérence.
(©Neroli / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
3. Biologie
3.1. Dosage des béta-HCG
Il s’agit d’une hormone sécrétée par le trophoblaste durant la grossesse et qui permet le
maintien de celle-ci. Son dosage peut se faire soit :
• Dans le sang, pour poser le diagnostic d’une grossesse. C’est un dosage quantitatif.
• Dans les urines, grâce au test rapide de grossesse. C’est un dosage qualitatif.
Fig 3.11 Test de grossesse
20
Explorations en gynécologie
Dosage des Il est indiqué en cas : La patiente prend une pilule progesta-
estrogènes tive pendant quelques jours. S’il existe
• De puberté précoce. une hémorragie à l’arrêt de la pilule,
• D’aménorrhée secondaire avec FSH basse. l’endomètre est sain et est réceptif aux
• De troubles ovulatoires. oestrogènes. Elle est dite hémorragie de
privation.
• De méno-métrorragies dans le cadre de cancers hormono-
sécrétants.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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CHAPITRE 2
ANATOMOPATHOLOGIE
Sommaire
Pathologie du sein 25
Pathologie de l’ovaire 29
Pathologie de la trompe 35
Pathologie du corps utérin 37
Pathologie du placenta 41
Pathologie du col 43
1. Pathologie inflammatoire
Le sein est augmenté de volume, douloureux, induré, Présence de cellules inflammatoires et de cellules
Mastite aiguë
chaud et rouge, avec adénopathies axillaires et fièvre. épithéliales nécrosées.
2. Mastopathie fibro-kystique
25
Gynécologie - Obstétrique
26
Pathologie du sein
• Nodule isolé, parfois multiple et bilatéral, mobile et bien circonscrit. Il est bénin et n’augmente pas
Adéno-fibrome le risque de cancer du sein.
• Il possède un contingent fibreux et un contingent glandulaire.
1. Atlas
Fig 3.12 Mastopathiefibro-kystiquenon-proliférante Fig 3.13 Mastopathie fibro-kystique proliférante Fig 3.14 Papillome intra-canalaire
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Sarahkayb / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.15 Adénome du mamelon Fig 3.16 Adénomes purs Fig 3.17 Carcinome canalaire in-situ
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Sarahkayb / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Sarahkayb / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.18 Maladie de Paget Fig 3.19 Carcinome canalaire infiltrant Fig 3.21 Carcinome lobulaire in-situ
(©doi:10.1186/1477-7819-4-51/ CC-BY-SA) (©KGH / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Difu Wu / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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2 Pathologie de l'ovaire
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Tumeurs épithéliales
1.1. Tumeurs séreuses
Uniloculaire à surface lisse à contenu séreux, Kyste à épithélium cubique simple, sans aty-
Cystadénome séreux
peut être bilatéral pies
Les tératomes matures sont les tumeurs Riche en proliférations épithéliales en nids, bien limitées, faite de
germinales les plus fréquentes. cellules transitionnelles (urothéliales) baignant dans un stroma
fibreux. L’urothélium est un épithélium prismatique pseudo-stra-
tifié.
2. Tumeurs germinales
2.1. Tératomes
C’est la tumeur germinale maligne la plus fréquente, faite de cellules volumineuses, à cytoplasme clair,
Dysgerminome avec un nucléole central, ressemblant fortement à un ovo-cyte. Il se caractérise par un taux élevé de LDH
sérique.
Retrouvée surtout chez les petites filles, elle a une structure semblable au sac vitellin embryonnaire,
Tumeur vitelline avec une structure gloméruloïde (ressemblant au glomérule rénal), et présence de corps de Schiller-Duval
(vaisseau central entouré de cellules épithé-liales). Elle sécrète de l’αFP.
C’est une prolifération maligne trophoblastique, sans villosités, très hémorragique et nécrotique. Elle sé-
Choriocarcinome
crète de la β-HCG.
Carcinome embryonnaire C’est une tumeur faite de cellules embryonnaires, immatures et très volumineuses.
30
Pathologie de l'ovaire
Elle est d’architecture variable, avec présence de corpuscules de Le syndrome de Demons-Meigs est un
Call-Exner (espaces séreux entourés de granulosa). Les noyaux épanchement pleural associé à une tu-
sont ovalaires, en grain de café, et l’index mitotique est faible. meur ovarienne bénigne, souvent un
fibro-thécome.
3.2. Fibro-thécome
31
Gynécologie - Obstétrique
5. Atlas
Fig 3.22 Cystadénome séreux Fig 3.23 Cystadénocarcinome séreux Fig 3.24 Cystadénome mucineux
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©KGH / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.25 Cystadénomecarcinome mucineux Fig 3.26 Endométriome Fig 3.27 Tumeur de Brenner
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.28 Dysgerminome Fig 3.29 Corps de Schiller-Duval Fig 3.30 Choriocarcinome
(©Nephron/ Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©El Andaloussi Maria/ Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron/ Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.31 Carcinome embryonnaire Fig 3.32 Tératome mature Fig 3.33 Tératome immature
(©Nephron/ Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©DOI:10.1155/2016/8426270 / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
32
Pathologie de l'ovaire
Fig 3.34 Tumeur de la granulosa Fig 3.35 Cristaux de Reinke dans des cellules de Fig 3.36 Fibro-thécome ovarien
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) Leydig (©Ed Uthman / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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3 Pathologie de la trompe
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Salpingites • Citer les principales infections tubaires
2. Grossesse extra-utérine • Indiquer les éléments histopathologiques qui définissent la
3. Tumeurs bénignes de la trompe grossesse extra-utérine
1. Salpingites
• Phase catarrhale (hydrosalpinx) : œdème, congestion, infiltrat riche en PNN et en histiocytes avec pré-
sence de sérosités.
• Phase abcédée (pyosalpinx) : formation d’abcès intramuqueux, soudure des franges, et accumulation de
Salpingite aiguë
pus dans la lumière.
• Evolution : il peut persister une inflammation résiduelle qui entraine des adhérences, des obstructions,
des dystrophies et des récidives.
• Pyosalpinx chronique : c’est l’évolution de la salpingite aiguë non ou mal traitée, avec rétention de pus
dans des poches intra-tubaires ou tuboovariennes. On trouve un infiltrat lymphocytaire, macrophagique
Salpingite chronique et fibroblastique.
• Salpingite hyperplasique : avec fibrose des franges et adhérences, donnant un aspect adénomatoïde.
• Le plus souvent tuberculeuse (la localisation tubaire représente la localisation génitale féminine la plus
fréquente de tuberculose). Elle est bilatérale.
Salpingite granulo- • Microscopie : lésion inflammatoire granulomateuse spécifique, avec formation de follicules épithélio-gi-
mateuse gantocellulaires avec ou sans nécrose caséeuse.
• Autres étiologies : autres mycobactérioses, mycoses, parasites, corps étrangers, maladie de Crohn, sar-
coïdose…
35
Gynécologie - Obstétrique
2. Grossesse extra-utérine
5. Atlas
Fig 3.38 Salpingite aiguë Fig 3.39 Salpingite granulomateuse Fig 3.40 Salpiniose isthmique noueuse Fig 3.41 Endométriose (ovarienne)
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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4 Pathologie du corps utérin
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Biopsie endométriale
Il s’agit du prélèvement d’un fragment de la muqueuse endométriale pour étude histologique. Elle doit être réalisée idéalement après la
date d’ovulation.
1.1. Indications
• Evaluer la réceptivité de l’endomètre aux hormones (oestrogènes et progestérone).
• Rechercher une éventuelle infection (endométrite).
• Dépister une hyperplasie endométriale.
• Poser le diagnostic de certitude de cancer de l’endomètre.
1.2. Résultats
• Evaluation de l’épaisseur de l’endomètre.
• Evaluation de la surface et du revêtement endométriaux.
• Evaluation de l’aspect du chorion, sa vascularisation et sa richesse en glandes.
2. Pathologie inflammatoire
2.1. Endométrite aiguë
Secondaire à une infection à S. aureus, N. gonorrhoeae, C. welchii ou à certains streptocoques, sur une rétention de produits de concep-
tion (avortement, délivrance incomplète).
• Microscopie : infiltrat inflammatoire riche en PNN dans le chorion et les glandes, avec un endomètre non hémorragique, associé à
des micro-abcès dans le stroma.
37
Gynécologie - Obstétrique
3. .Tumeurs bénignes
3.1. Polype de l’endomètre
Formation polypoïde sessile ou pédiculée, de taille variable (pouvant parfois combler toute la cavité utérine).
Elle se développe à partir de la muqueuse endométriale. Sa surface est lisse, parfois parsemée de foyers d’éro-
sion et d’hémorragie.
Prolifération irrégulière de glandes endométriales dans un stroma conjonctif richement vascularisé, contenant
parfois des foyers d’hyperplasie atypique ou de carcinome.
Multiples masses fasciculées blanchâtres bien limitées. A apprendre par cœur, car toutes ces caractéristiques
sont des signes de bénignité.
Présence de faisceaux de cellules musculaires lisses à noyaux uniformes sans atypies. L’on retrouve parfois des
remaniements fibreux ou hyalins, très rarement de l’hémorragie (qui est plutôt un signe de malignité).
4. Hyperplasie endométriale
C’est l’augmentation de l’épaisseur de l’endomètre par une hyperplasie des glandes endométriales par rapport au stroma. Le rapport
glandes/stroma sera augmenté. Il est lié à une hyperœstrogènie, notamment en post-ménopause.
Il existe deux types d’hyperplasie endométriale
• Hyperplasie endométriale simple avec ou sans atypies : il existe une hyperplasie glandulaire modérée avec un rapport glandes/
stroma proche de 1.
• Hyperplasie endométriale complexe avec ou sans atypies : il existe une hyperplasie glandulaire impor-tante avec un rapport
glandes/stroma > 3.
5. Tumeurs malignes
5.1. Adénocarcinome de l’endoètre
Il s’agit d’une tumeur épithéliale. L’adénocarcinome de l’endomètre peut être soit :
• De type 1 : c’est la forme la plus fréquente, hormono-dépendante, suite à une hyperplasie qui conti-nue à croître et à développer
des atypies cyto-nucléaires jusqu’à aboutir à un adénocarcinome.
• De type 2 : c’est une foire plus rare, non hormono-dépendante, qui évolue de façon sporadique à partir d’un endomètre atrophique.
38
Pathologie du corps utérin
5.2. Léiomyosarcome
Masse unique jaunâtre de grande taille mal limitée avec des zones de nécrose et d’hémorragie. A apprendre par
cœur, car toutes ces caractéristiques sont des signes de malignité.
6. Atlas
Fig 3.42 Endométrite Fig 3.43 Léiomyome utérin à l’histologie Fig 3.44 Hyperplasie simple sans atypies
(©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Department of Pathology, Calicut Medical College/ CC-BY-SA)
Fig 3.45 Hyperplasie complexe avec atypies Fig 3.46 Adénocarcinome endométrioïde (Type 1) Fig 3.47 Adénocarcinome séreux (Type 2)
(©Shalinee Rao/ Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©KGH / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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Gynécologie - Obstétrique
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5 Pathologie du placenta
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
La pathologie du placenta va étudier :
• Les môles hydatiformes : complètes et partielles.
• Les tumeurs trophoblatiques gestationnelles : les moles invasives et les choriocar-
cinomes.
41
Gynécologie - Obstétrique
4. Môle invasive
5. Choriocarcinome
Le choriocarcinome peut être utérin
ou ovarien, dans ce dernier cas il s’agit Il n’y a pas de villosités. Il s’agit de lésions nodulaires hémorra-
d’une tumeur germinale de l’ovaire. Il giques et nécrosées qui se développent dans la lumière de l’utérus
donne surtout des métastases hémato- ou dans sa paroi (myomètre), avec des contours mal limitées.
gènes.
6. Atlas
Fig 3.48 Mole hydatiforme complète Fig 3.49 Mole hydatiforme partielle Fig 3.50 Mole invasive Fig 3.51 Choriocarcinome
(©Ed Uthman / Wikimedia commons / CC-BY-SA) (©Ed Uthman / Wikimedia commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia commons / CC-BY-SA)
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6 Pathologie du col
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Frottis cervico-utérin
C’est la méthode de dépistage de masse du cancer du col. Tout médecin généraliste doit savoir pratiquer un FCU. Il s’agit d’un examen
cytologique, il ne permet donc pas de poser le diagnostic de cancer, il sera complété par une colposcopie (examen à la loupe binoculaire
avec colorations à l’acide acétique et au lugol) puis par une étude histologique des prélèvements biopsiques.
Le FCU est réalisé dans le cadre du dépistage des lésions dysplasiques, des infections à HPV, des lésions pré-
But
cancéreuses, ainsi qu’en préparation à une hormonothérapie
• FCU conventionnel : c’est-à-dire étalé sur lame, il est simple à réaliser mais la lecture dépendra de la
qualité de l’étalement
Types de FCU • FCU en phase liquide : c’est-à-dire dans un tube, le prélèvement est ensuite étalé par un anatomopa-
thologiste, il peut être utilisé pour effectuer plusieurs tests en simultanés. Son coût élevé le rend moins
démocratisé.
43
Gynécologie - Obstétrique
2. Pathologie inflammatoire
L’ectropion est une extériorisation de 2.1. Cervicites non spécifiques
la muqueuse glandulaire endocervicale Elles sont surtout gonococciques.
vers l’exocol. La zone de jonction sera
donc plus extériorisée et peut tromper • Aigues : avec un infiltrat oedémateux riche en PNN
l’examinateur. Cette zone « externe » de • Chroniques : se manifestes par des dystrophies, un ectropion, un pseudo-polype in-
muqueuse glandu-laire subira peu à peu flammatoire, une métaplasie ou une leucoplasie
une métaplasie malpighienne, et la zone
de jonction retrouvera sa position ha- 2.2. Cervicites spécifiques
bi-tuelle. Il se voit surtout chez la femme
Elles sont le plus souvent chroniques.
jeune, et peut être le siège d’infections
ou d’irritations, entrainant des métror- • Parasitaires : à Trichomonas vaginalis, avec des leucorrhées verdâtres
ragies. • Mycosiques : à Candida albicans, avec des leucorrhées blanches, caséeuses
• Bactériennes : à Mycobacterium tuberculosis ou Treponema pallidum, avec ulcéra-
tions du col
• Virales : à HPV (présence de condylomes riches en koilocytes) ou à HSV 2 (présence
Un koilocyte est une cellule squameuse de bulles)
qui a subi des modifications liées à une
infection à HPV. Il pos-sède un gros 3. Pathologie tumorale
noyau hyperchromique, à membrane
irrégulière, acentrique, avec une vacuo- 3.1. Tumeurs bénignes
lisation du cytoplasme.
• Papillome verruqueux : rare, souvent retrouvé chez la
femme âgée
• Condylome plan : dû à un HPV bas risque (6, 11), avec pré-
Epithéliales
sence de koilocytes au FCU et zone iodonégative au lugol
• Condylome acuminé : lésion exophytique en crête de coq,
également due à un HPV bas risque
44
Pathologie du col
3.3. Carcinomes
• Il s’agit d’une prolifération maligne intra-épithéliale qui intéresse toute la hau-teur de l’épithélium
sans franchissement de la membrane basale
Carcinome in-situ
• Il est asymptomatique, et découvert lors du dépistage au FCU
• Il est confirmé par la biopsie avec étude anapath après colposcopie
• Macroscopie : c’est une tumeur qui peut avoir plusieurs traductions cliniques, ulcérée, bourgeon-
nante ou infiltrante
• Microscopie :
o Carcinome épidermoïde : c’est la majorité des cancers du col, à point de départ jonctionnel puis
s’étendant vers l’exocol. Il existe des formes bien, moyennement, ou peu différenciées, selon le
Carcinome invasif de-gré de maturation cellulaire et la kératinisation
o Adénocarcinome : beaucoup plus rare, c’est une différenciée, d’origine endocervicale (mar-
queur RE -) ou endométriale (RE +). Il existe des adénocarcinomes à déviation minime liés à une
mutation du gène P53
o Autres : cancer à cellules claires, cancer adéno-squameux…
(tumeur embryonnaire) • Microscopie : ce sont des cellules fusiformes, à cytoplasme abondant, éosinophile et noyau irrégulier
polylobé, qui se condensent autour des glandes. Les vaisseaux sont thrombosés
Carcinome à cellules claires • Chez la petite fille dont la mère a pris du Distilbène®
4. Atlas
Fig 3.53 Frottis normal Fig 3.54 C. albicans au frottis Fig 3.58 HSV au frottis Fig 3.59 T. vaginalis au frottis
(©Calicut Medical College / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Nephron / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Alex Brollo / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
Fig 3.60 Koilocyte en rose au frottis Fig 3.55 CIN 1 Fig 3.56 CIN 2 Fig 3.57 CIN 3
(©Ed Uthman / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Ed Uthman / Wikimedia Commons/ CC-BY-SA) (©Ed Uthman / Wikimedia Commons/ CC-BY-SA) (©KGH / Wikimedia Commons/ CC-BY-SA)
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CHAPITRE 2
GYNECOLOGIE
Sommaire
Aménorrhées 49
Couple infertile 53
Contraception 57
Tumeurs bénignes du sein 61
Cancer du sein 65
Lésions intra-épithéliales du col 71
Cancer du col 73
Fibromes utérins 77
(©KostyaKlimenko / Depositphotos / CC-BY-SA)
Cancer de l’endomètre 81
Tumeurs bénignes de l’ovaire 85
Cancer de l’ovaire 89
Infections génitales basses 93
Infections génitales hautes 99
Tuberculose génitale 103
"Sure God created man before wo-
Endométriose 107
man, but then again you always
make a rough draft before creating Algies pelviennes 111
1. Définitions
L’aménorrhée est définie comme l’absence de règles chez une femme normalement en âge
d’être réglée. Elle peut être due soit à une cause organique, une cause fonctionnelle, ou
elle peut être encore une complication d’une maladie générale.
L’on distingue deux grands types d’aménorrhées :
• Les aménorrhées primaires : c’est l’absence de ménarche chez une jeune fille dont
l’âge osseux est supérieur à 15 ans, ou l’âge chronologique supérieur à 18 ans, 2 ans
après l’apparition des caractères sexuels secondaires. La définition internationale est
simplifiée à l’absence de règle après 16 ans.
• Les aménorrhées secondaires : c’est l’absence de règles depuis plus de 3 mois chez
une femme antérieurement réglée. Le premier diagnostic à évoquer est la grossesse.
2. Aménorrhée secondaire
C’est le type d’aménorrhée le plus fréquent. Après avoir éliminé une grossesse, il faut diffé-
rencier les causes périphériques et les causes centrales, et donc vérifier l’intégrité de l’axe
hypothalamo-hypophyso-effecteur.
Interrogatoire
C’est le temps essentiel de l’examen clinque car il permet le plus souvent (80 % des cas) à Toujours effectuer un dosage plasma-
lui seul d’arriver au diagnostic. Il doit rechercher : tique des béta-HCG en cas d’aménor-
rhée secondaire afin d’éliminer une
• Les antécédents personnels : médicaux, chirurgicaux, obstétricaux.
grossesse.
• Les antécédents familiaux : notamment de ménopause précoce, de cycles irréguliers,
de maladies génétiques ou auto-immunes.
• Le mode d’installation : brutal ou progressif (période de spanioménorrhée puis amé-
norrhée).
• Signes accompagnateurs : douleurs pelviennes, hirsutisme (hyperandrogénie) ou ga-
lactorrhée (adénome à prolactine), bouffée de chaleur.
• Médicaments : neuroleptiques, contraception,
• Mode de vie : régime alimentaire, poids, maladies, choc émotionnel…
49
Gynécologie - Obstétrique
3. Aménorrhée primaire
C’est un type d’aménorrhée assez rare. L’exploration étiologique doit être corrélée à une
bonne évaluation de la puberté et des caractères sexuels.
50
Aménorrhées
3.1. Interrogatoire
• Les antécédents personnels : médicaux, chirurgicaux (cerveau, pelvis), depuis la nais-
sance jusqu’à présent, gynécologiques, ou toxiques.
• Les antécédents familiaux : notamment l’âge de la ménarche chez la mère et les
sœurs.
• Signes accompagnateurs : douleurs pelviennes cycliques, anosmie, troubles visuels,
galactorrhée.
• Profil psychologique : comportement alimentaire et entourage familial.
3.4. Aménorrhée avec absence de caractères sexuels secondaires Fig 3.61 Stades de Tanner chez la fille
(©Adam Roumani)
• Hypogonadisme hypergonadotrope :
o Causes congénitales : notamment le syndrome de Turner (45 X), ou la dysgénésie
gonadique sans syndrome malformatif par résistance ovarienne aux gonadotro-
phines.
o Causes acquises : chimiothérapie ou radiothérapie à l’enfance.
• Hypogonadisme hypogonadotrope :
o Causes hypothalamiques : soit tumorales, soit liées à un syndrome de Kallmann-
De Morsier (associant insuffisance hypothalamique et anosmie).
Une aménorrhée peut se voir dans les
o Causes hypophysaires : tumorales (adénome hypophysaire, craniopharyn- pseudo-hermaphrodismes masculins
giome), syndrome de la selle turcique vide, post-traumatique… (testicule féminisant, déficit en 5α-ré-
o Retard pubertaire simple : c’est la cause la plus fréquente, rechercher les ATCD ductase, déficit en testostérone) ou fé-
familiaux et les comorbidités. Le diagnostic est confirmé par l’absence du sésa- minins (tumeur virilisante, hyperplasie
moïde du pouce à la radiographie du poignet et de la main, ainsi qu’une réponse congénitale des surrénales).
pré-pubertaire au test à la GnRH.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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2 Couple infertile
1. Introduction OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Conditions de la fécondation
• Déterminer les investigations cliniques et paracliniques à
3. Bilan étiologique réaliser chez un couple infertile
4. Causes d’infertilité
1. Introduction
L’infertilité est un problème de santé publique en Algérie. Elle peut concerner l’homme, la femme ou les deux en même temps. Elle se
définit comme l’absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Il faut distinguer :
L’infertilité primaire : dans le cas où le couple n’a jamais eu d’enfants.
L’infertilité secondaire : dans le cas où il y a déjà eu une grossesse, peu importe sa nature, aboutissant ou non à la naissance d’un enfant,
mais qui n’arrive plus à en avoir.
Il ne faut jamais dire à un couple, que l’un des deux partenaires est stérile, car la stérilité implique le caractère irréversible de l’infertilité.
2. Conditions de la fécondation
2.1. Chez la femme
• Une ovulation régulière avec un bon fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophysaire.
• Un appareil génital perméable.
• Une glaire cervicale de bonne qualité et favorable à la migration des spermatozoïdes.
• Une muqueuse utérine réceptive à la nidation.
3. Bilan étiologique
1.1. Interrogatoire
• Age des partenaires
• ATCD personnels médico-chirurgicaux
• ATCD familiaux d’infertilité
• Fréquence des rapports
• Habitudes toxiques et sérologies
1.2. Interrogatoire
• ATCD gynécologiques : ménarche, régularité du cycle, contraception
• ATCD obstétricaux : grossesse antérieure
• ATCD familiaux : prise de Distilbène
53
Gynécologie - Obstétrique
1.4. Interrogatoire
• Etat civil : âge, profession +++
• Habitudes toxiques : tabac, alcool
• ATCD andrologiques : apparition de la pilosité, puberté…
• ATCD urogénitaux : cryptorchidie, chirurgie, traumatismes, infections génitales
Fig 3.62 Histérosalpigographie Fig 3.63 Echographie pelvienne Fig 3.64 Spermogramme
(©Neroli / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Anne Mousse / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) (©Bobjgalindo / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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Couple infertile
4. Causes d’infertilité
Age avancé : plus de 35 ans chez la femme, et plus de 45 ans chez l’homme
Facteurs environnementaux : tabac, alcool, obésité, pesticides…
Idiopathique : dans 10 % des cas
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Gynécologie - Obstétrique
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3 Contraception
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction • Décrire les différentes méthodes de contraception, les indica-
2. Contraception hormonale tions, contre-indications et les effets secondaires
1. Introduction
Il s’agit de l’ensemble des méthodes qui visent à prévenir la grossesse. Il existe des
contraceptifs masculins et féminins, de type mécanique ou hormonal.
• Contraception mécanique : préservatifs, diaphragmes, dispositifs intra-utérins (DIU).
• Contraception hormonale : œstrogène seul, oestro-progestatifs, progestatifs normo-
et micro-dosés.
Une bonne contraception doit répondre à 4 critères :
• L’efficacité : par l’indice de Pearl.
• L’innocuité : peu de complications à court et à long terme.
• L’acceptabilité : dépend de chaque patient ou patiente.
• La réversibilité : il faut que le couple puisse avoir un enfant quand il le désire.
2. Contraception hormonale
2.1. Modalités de prescription
• Glycémie
Bilan biologique • Bilan lipidique
• Bilan de thrombophilie
• Il faut bien expliquer, pour chaque type de contraception : La première consultation de surveil-
• Le moment du cycle où la dose doit être prise lance s’effectue à 3 mois puis tous les 6
mois.
• L’horaire de la prise
Ordonnance Il faut effectuer un bon interrogatoire,
• Les modalités de reprise en cas d’oubli
un examen clinique et biologique iden-
• Les modalités de reprise en cas de fin de plaquettes tiques à ceux au premier jour de la pres-
Les modalités sont différentes pour chaque famille cription.
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58
Oestroprogestatifs Progestatifs normodosés Progestatifs microdosés
Chez la femme de moins de 40 ans sans syndrome Chez la femme de plus de 40 ans. En cas de contre-indication aux œstrogènes, ou
métabolique ni ATCD familiaux de syndrome mé-
Indications En cas de mastopathies bénignes, de myomes uté- en cas de syndrome métabolique, d’insuffisance
tabolique ou de cancer du sein. Préféré les OP fai-
rins, ou de risque de cancer du sein rénale ou d’HTA, et bien sûr dans le postpartum.
blement dosés
3. Contraception mécanique
Ce sont des moyens de contraception très souvent utilisés, sans action hormonale (sauf Il existe d’autres contraceptifs hormo-
pour le DIU au lévonorgestrel). Ils agissent soit comme un barrage aux spermatozoïdes naux disponibles comme les anneaux
ou à la nidation. Le préservatif masculin reste le contraceptif de choix car c’est le seul qui vaginaux, les implants, les patchs…
permet de prévenir les IST. Les différentes contraceptions à disposition sont : mais qui sont moins utilisés dans
notre pays.
• Le préservatif masculin.
L’implant progestatif sous-cutané
• Le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet).
possède l’indice de Pearl le plus bas,
• Le diaphragme. c’est le meilleur moyen de contracep-
• Autres (cape cervicale, diaphragme, spermicide). tion à ce jour.
3.1. Préservatif
Il s’agit d’un cylindre en latex de 16 cm de long qui épouse les contours de la verge, et
qui possède (le plus souvent) un réservoir pour recueillir le sperme éjaculé. C’est le seul
moyen contraceptif qui protège contre les IST et notamment le SIDA. L’indice de Pearl est
variable (de 0.8 à 6.8 en moyenne).
• Avantages : il est accessible, peu couteux, et protège contre les IST.
• Inconvénients : il doit être disponible durant le rapport, il peut se déchirer, et le taux
d’échec est très élevé (autour de 15 %) lié à une mauvaise utilisation. Attention aux
allergies au latex.
• Risque majeurs :
o Expulsion : dans les 3 premiers mois
o Perforation : douloureuse, opérateur-dépendant
o Infection : grave, avec risque de stérilité Les spermicides sont des produits
qui détruisent les spermatozoïdes
o Grossesse : notamment des GEU et les bactéries. Ils sont disponibles
en crèmes, en ovules ou en gelées, et
3.3. Diaphragme
doivent être posées 10 minutes au
Il s’agit d’une cupule en latex recouverte de spermicide, qui couvre le col de l’utérus et moins avant le rapport. La femme doit
empêche le passage des spermatozoïdes. Il doit être placé 2 heures avant le rapport sexuel également éviter toute toilette vaginale
et retiré 6 à 8 heures après, et doit être renouvelé à chaque nouveau rapport. C’est un deux heures avant et après l’application
équivalent de « préservatif féminin » en moins efficace (indice de Pearl entre 8 et 12 %) et du spermicide.
qui protège moins contre les IST.
C’est un produit sans hormones, et qui
• Avantages : il ne contre-indique pas l’allaitement. ne contre-indique pas l’allaitement. At-
• Inconvénient : il doit être disponible lors du rapport, et doit être bien inséré dans le tention toutefois aux allergies aux sper-
vagin. Il est également très pourvoyeur d’infections, et ne doit pas être utilisé pen- micides.
dant les règles.
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Gynécologie - Obstétrique
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4 Tumeurs bénignes du sein
1. Introduction
2. Mastopathies fibrokystiques
3. Adéno-fibrome OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
Ce sont des néoformations mammaires, souvent avec une traduction cliniques, avec ou
sans risque d’évolution vers la malignité. Elles représentent un motif fréquent de consulta-
tion. 6 pathologies seront traitées ici.
2. Mastopathies fibro-kystiques
2.1. Définition
Ce sont des tumeurs ou des affections bénignes du sein, qui se manifestent par des no-
Le risque de cancer dans la mastopathie
dules, des kystes ou par les deux en même temps. Si c’est le tissu conjonctif qui est atteint,
il s’agira plutôt de nodules, mais si c’est le tissu glandulaire, il s’agira de kystes. Ce sont les grade I est le même que dans la popu-
pathologies du sein les plus fréquentes. Elles sont en rapport avec un déséquilibre hormo- lation générale, mais le risque est élevé
nal entre le taux d’œstrogènes et le taux de progestérone. Leur lien avec le cycle menstruel dans les mastopathies grade II et III.
est très probable car elles touchent les femmes en pré-ménopause.
2.2. Caractéristiques
tifères.
• Mastopathie grade III : atypies cytonucléaires fréquentes
61
Gynécologie - Obstétrique
3. Adénofibrome
• Palpation : petit nodule superficiel, bien limité, très mo-
bile, sans signe cutané ni adénopathies, retrouvé chez une
femme jeune (30 à 40 ans).
4. Tumeur phyllode
• C’est une tumeur rare du sein, fibro-épithéliale, à dévelop-
pement rapide, qui envahit même la peau.
• Touche la femme de 40 à 50 ans (10 ans plus tard que l’adé-
nofibrome).
• Palpation : nodule polylobé, unilatéral, bien limité, aug-
mentant rapidement de volume.
62
Tumeurs bénignes du sein
5. Hématomes
Ce sont des collections de sang coagulé qui se forment à la suite d’un traumatisme du
sein. Ils se résorbent spontanément ou sous anti-inflammatoire.
• Palpation : masse dure, indolore et mal limité qui adhère à la peau, difficile à dis-
tinguer du cancer.
• Le diagnostic est radiologique, associé à une cytoponction ou à une microbiopsie.
6. Thrombophlébite mammaire
Aussi dite maladie de Mondor, il s’agit d’une thrombose veineuse superficielle du sein.
• Symptômes : mastodynies.
La maladie de Mondor est souvent an-
• Inspection : cordons veineux superficiels déformant le sein. nonciatrices d’adénocarcinomes (même
• Palpation : cordons veineux indurés et sensibles. en dehors du sein), une exploration est
• Evolution : régression spontanée avec des compresses chaudes ou sous anti-inflam- donc nécessaire, et une mammographie
matoires. devra être réalisée chez la patiente.
7. Mastites
Ce sont des inflammations (infectieuses ou non) du sein, qui apparaissent souvent pen-
dant l’allaitement.
• Symptômes : fièvre, mastodynies.
• Inspection : érythème et tuméfaction, parfois écoulement mammaire.
• Palpation : sensation douloureuse et chaleur à la palpation.
• Traitement : anti-inflammatoires et antibiothérapie si cause infectieuse (après pré-
lèvement et analyse cytobactériologique de l’écoulement, avec antibiogramme).
• En cas d’abcès : incision chirurgicale et drainage de l’abcès, avec antibiothérapie.
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Gynécologie - Obstétrique
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5 Cancer du sein
1. Introduction
2. Facteurs de risque
3. Anatomopathologie
4. Dépistage du cancer du sein
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
5. Examen clinique
• Décrire l’aspect clinique et paraclinique du cancer du sein
6. Examens complémentaires
• Citer ses facteurs de risque et expliquer son traitement ainsi
7. Diagnostic de certitude que ses moyens de dépistage
8. Bilan d’extension
9. Classification TNM
10. Formes cliniques
11. Prise en charge
1. Introduction
Le cancer du sein est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme en Algérie, après
le cancer colorectal, et le premier cancer gynécologique. Le nombre de cas est en aug-
mentation, ce qui devrait pousser les praticiens à effectuer des diagnostics de plus en plus
précoces, afin de diminuer la mortalité et d’éviter les thérapeutiques mutilantes.
2. Facteurs de risque
2.1. Hyperoestrogénie
Le cancer du sein est un cancer hormono-dépendant :
• Ménarche précoce ou puberté précoce. Le risque de cancer du sein en cas de
contraception oestroprogestative est
• Ménopause tardive (après 52 ans). quand-même très peu élevé par rapport
• Nulliparité ou grossesse tardive (après 35 ans). à la population générale, il revient d’ail-
leurs à la normale après 10 ans d’arrêt
• Contraception œstroprogestative.
de la contraception.
• Hormonothérapie (le risque est plus élevé que pour la contraception).
2.4. Environnement
Le tabac et l’alcool pourraient égale-
C’est une « maladie des pays riches » :
ment augmenter. C’est à prendre au
• Le niveau socio-économique élevé favorise le cancer du sein notamment dans les conditionnel, une relation de corréla-
pays industrialisés (souvent à cause des pesticides et des cosmétiques à perturba- tion existe mais les études peinent à
teurs endocriniens). démonter une relation de cause à effet.
• La diététique joue également un rôle, l’obésité en post-ménopause semble augmen-
ter le risque de cancer du sein.
65
Gynécologie - Obstétrique
3. Anatomopathologie
L’anapath du cancer du sein est détaillée dans le chapitre en question. Il existe trois types
de cancers plus fréquents :
L’anapath recherche d’autres éléments • Carcinome in-situ : c’est une prolifération épithéliale, plus souvent canalaire (85 %)
importants, comme les récepteurs hor- que lobulaire, sans franchissement de la membrane basale.
monaux RE et RP, ou encore l’expres- • Adénocarcinome canalaire infiltrant : c’est une prolifération épithéliale des canaux
sion du gène HER2 qui est un facteur de galactophores avec franchissement de la membrane basale. C’est le plus fréquent.
mauvais pronostic.
• Adénocarcinome lobulaire infiltrant : moins fréquent, touche les lobules.
L’absence de récepteurs hormonaux et
• Cancer inflammatoire : c’est une forme flambante, très rapidement évolutive, sou-
de HER2 (triple négatif) est également vent fatale. Il entraine un blocage du drainage lymphatique, avec un aspect inflam-
de mauvais pronostic. matoire, de peau d’orange. Il n’y a pas de masse palpable car le cancer est étendu,
dispersé dans tout le sein.
D’autres tumeurs plus rares peuvent se développer comme les carcinomes tubulaires, mu-
cineux, colloïde, ou encore les sarcomes phyllodes, très méchants.
Dépistage du cancer du sein
J’ai préféré parler du dépistage avant de parler de la traduction clinique, car cela devrait
être une évidence, et cela devrait être appris à toutes les jeunes femmes dès l’adolescence.
En gros il existe deux moyens de dépister un cancer du sein seule, ou chez le médecin.
4. Dépistage de masse
Le dépistage de masse se fait selon les recommandations par un examen clinique des deux
seins, ainsi qu’une mammographie tous les deux ans chez les femmes de 50 à 75 ans.
4.1. Autopalpation
Son importance reste controversée, mais l’habitude de l’autopalpation doit être instaurée
dès le jeune âge :
• Elle doit être bilatérale et symétrique et systématisée pour les deux seins.
• Elle doit être effectuée tous les mois le même jour.
• Elle doit être effectuée 2 ou 3 jours après la fin des menstrues.
• Elle ne doit pas faire renoncer à la mammographie.
66
Cancer du sein
5. Examen clinique
5.1. Interrogatoire
Recherche les facteurs de risque, ainsi que les antécédents familiaux, gynécologiques et
obstétricaux.
6. Examens complémentaires
Les deux examens à réaliser en priorité sont la mammographie et l’échographie mam- Fig 3.71 Cancer du sein à la mammographie
(©Papantoniou / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
maire.
6.1. Mammographie
Elle doit être réalisée chez toutes les femmes, préférentiellement après 30 ans, car les
femmes de moins de 30 ans ont des sens très denses, et la mammographie atteint vite ses
limites de sensibilité. Chez ces femmes, l’échographie est à privilégier.
Elle doit être bilatérale, et à deux incidences : de face et oblique externe. Elle retrouve une
opacité dense et hétérogène à contours irréguliers et spiculés (comme pour le cancer du
poumon par exemple), plus petite que la masse palpée (contrairement à l’adéno-fibrome),
parfois avec rétraction ou épaississement cutané en regard de la tumeur.
1 Mammographie normale. -
67
Gynécologie - Obstétrique
7. Diagnostic de certitude
Le diagnostic de certitude est histologique.
• Microbiopsie : c’est une biopsie de la masse réalisée à l’aiguille, parfois échoguidée,
avec étude histologique, recherche du type histologique, de la taille de la tumeur, de
la présence de récepteurs hormonaux, et du gêne HER2.
• Cytoponction : dans le cas d’une tumeur kystique.
• Macrobiopsie : dans le cas de microcalcifications dispersées ou de tumeur non
palpable.
• Biopsie ganglionnaire : ou cytoponction d’un ganglion axillaire suspect.
8. Bilan d’extension
A la recherche de métastases à distance :
• Examen clinique : à la recherche de douleur osseuse, hépatomégalie, troubles neu-
rologiques…
• Au minimum : radiographie du thorax de face, scintigraphie osseuse, échographie
abdominale.
• Au mieux : TDM thoraco-abdominale et scintigraphie osseuse.
• Meilleure option : PET-Scan.
TNM Description
T1 T1mic ≤ 0.1 cm
≤ 2 cm T1a > 0.1 cm et ≤ 0.5 cm
T1c > 1 cm et ≤ 2 cm
Taille
T2 > 2 cm et ≤ 5 cm
T3 > 5 cm
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Cancer du sein
11.1. Chirurgie
• Chirurgie mammaire : soit une tumorectomie (tumeur unique ≤ 3 cm), ou une mastectomie totale dans les autres cas. Une recons-
truction mammaire est proposée 1 an après la fin de la chimiothérapie adjuvante ou de la radiothérapie.
• Exérèse du ganglion sentinelle axillaire : lymphadénectomie sélective des premiers relais ganglionnaires axillaires homolatéraux.
• Curage ganglionnaire axillaire homolatéral : si le ganglion sentinelle est positif.
11.2. Radiothérapie
11.3. Elle permet d’éviter les récidives locorégionales.
• Si le sein est conservé, il y aura irradiation du lit tumoral et du sein restant.
• S’il y a eu mastectomie totale, il y aura irradiation de la paroi thoracique sous-jacente et des aires ganglionnaires de la chaine mam-
maire interne et sus-claviculaire.
11.4. Chimiothérapie
• Adjuvante : après la chirurgie, en cas d’envahissement ganglionnaire ou en cas de présence de facteurs de mauvais pronostic.
• Néo-adjuvante : en cas de tumeur de plus de 3 cm, pour tenter un traitement conservateur.
11.5. Hormonothérapie
• Par les anti-estrogènes ou les inhibiteurs de l’aromatase, dans le cas de cancers à récepteurs hormonaux positifs :
o Femme non ménopausée : préférer les anti-estrogènes comme le Tamoxifène.
o Femme ménopausée : préférer les inhibiteurs de l’aromatases comme l’Anastrozole ou le Lestrozole.
• Thérapie ciblée : Trastuzumab (Herceptin®), en cas de surexpression du gène HER2.
12. Surveillance
• Clinique : examen clinique complet tous les 6 mois pendant 5 ans puis tous les ans.
• Radiologique : une mammographie 6 mois après la fin de la radiothérapie puis tous les ans.
• Patientes sous hormonothérapie : surveillance des effets indésirables et de la tolérance au traitement.
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Gynécologie - Obstétrique
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6 Lésions intra-épithéliales du col
1. Définition OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Physiopathologie
• Décrire la physiologie des lésions précancéreuses du col de
3. Dépistage l’utérus.
4. Diagnostic • Déterminer les éléments de diagnostic clinique et paracli-
nique ainsi que la prise en charge.
5. Prise en charge
1. Définition
Les lésions intra-épithéliales (LIE) du col de l’utérus sont des lésions précancéreuses, cel-
lulaires, nucléaires, et/ou nucléolaires, de l’épithélium cervical, avec membrane basale in-
tacte. Elles touchent préférentiellement la zone de jonction pavimento-cylindrique, entre
l’endocol et l’exocol, très fragile et sujette aux infections à papillomavirus (HPV). Ce dernier
étant le facteur de risque principal de LIE et de cancer du col de l’utérus.
3. Dépistage
Il doit se faire systématiquement chez toute femme sexuellement active par la réalisation
d’un frottis cervico-utérin (FCU). Il faut garder en tête que le FCU est un outil de dépistage Fig 3.75 ASC-US | Cellules atypiques
(©Alex Brollo / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
et non de diagnostic car c’est un examen cytologique et non histologique.
71
Gynécologie - Obstétrique
4. Diagnostic
Le diagnostic de LIE repose sur la colposcopie avec biopsies et examen histologique. Tout
FCU anormal doit faire réaliser une colposcopie. Il s’agit d’un examen du col de l’utérus (et
du vagin) à la loupe binoculaire. Elle se fait en 3 temps :
• Premier temps : sans préparation, recherche des anomalies flagrantes ou évocatrices
de cancer.
• Deuxième temps : après coloration à l’acide acétique, il entraine une coagulation et
donc un blanchiment des protéines de surface. Les LIE sont très riches en cellules
et en protéines, elles entrainent donc l’apparition d’une zone blanchâtre dite zone
acidophile.
• Troisième temps : après coloration au lugol, l’exocol prendra une coloration brune.
Les LIE ne prennent pas la coloration au lugol, elles vont former des plages qui reste-
ront roses, et seront dites zones iodonégatives.
Fig 3.78 Réaction positive à l’acide acétique Toute lésion suspecte doit être biopsiée. A la fin de la colposcopie le médecin doit schéma-
(© DOI: 10.23937/2377-9004/1410065/ CC-BY-SA) tiser sur un dessin daté, les différentes lésions acidophiles et iodonégatives.
L’étude histologique des prélèvements est l’examen de référence pour poser le diagnostic
de certitude. Il doit également vérifier l’absence d’effraction de la lame basale.
5. Prise en charge
Stade Traitement
La surveillance se fait par des examens • 2/3 des LIEBG régressent spontanément, l’abstention thé-
cliniques fréquents et répétés. Les frot- rapeutique est donc indiquée, avec surveillance par FCU et
tis sont inutiles après cônisation. colposcopie 6 à 9 mois plus tard
LIEBG
• Persistance de la lésion plus de 18 mois : destruction physique
de la lésion par de l’azote liquide, ou par vaporisation au laser
• Aggravation de la lésion vers une LIEHG : traitement de la LIEHG
72
7 Cancer du col
1. Introduction
2. Facteurs de risque
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Anatomopathologie
4. Diagnostic positif • Décrire l’aspect clinique et paraclinique du cancer du col.
5. Bilan d’extension et pré-thérapeutique • Citer facteurs de risque et expliquer ses moyens de dépis-
tage, et les méthodes thérapeutiques.
6. Classification FIGO
7. Prise en charge
8. Pronostic
1. Introduction
Le cancer du col de l’utérus est le 3e cancer chez la femme en Algérie, et le 2e cancer gy-
nécologique après le cancer du sein. Il possède une forte prévalence, une forte incidence,
et sa mortalité est élevée à travers le monde. Il tuerait 4 femmes chaque jour. La survie
dépend du stade de la tumeur.
Il reste relativement évitable si la vaccination contre l’HPV était pratiquée plus largement.
Le dépistage de masse au FCU a réduit son incidence dans les pays développés, moins en
Algérie.
Le cancer du col de l’utérus n’est pas hormono-dépendant, c’est un cancer viro-induit.
2. Facteurs de risque
• Infection persistante à HPV de haut risque : sur 2 prélèvements positifs au même
sérotype espacés de 24 mois.
• Tabac : multiplie le risque par 3.
• Activité sexuelle précoce : mariage précoce, grossesse à un âge jeune, multiparité.
• Partenaires sexuels multiples : voire prostitution.
• Faibles niveau socio-économique : malnutrition, baisse de l’immunité.
3. Anatomopathologie
Le cancer du col est dans la grande majorité des cas un carcinome épidermoïde, plus rare-
ment un adénocarcinome de l’endocol, et exceptionnellement un sarcome du col. L’étude
histologique montre obligatoirement un franchissement de la membrane basale. Il est très
lymphophile. Il peut s’agir soit :
• D’un cancer micro-invasif : < 7 mm d’épaisseur < 5 mm en profondeur.
• D’un cancer macro-invasif : > 7 mm d’épaisseur > 5 mm en profondeur.
4. Diagnostic positif
4.1. Symptômes
• Les signes qui amènent le plus souvent la patiente à consulter sont les métrorragies
provoquées et indolores, puis deviennent de plus en plus abondantes et spontanées.
• Parfois des leucorrhées matinales, rosées, striées de sang et nauséabondes.
• Douleurs pelviennes ou lombaires nocturnes, insomniantes, dans les stades très
avancés, avec envahissement probable des uretères.
73
Gynécologie - Obstétrique
IB IB1 Taille ≤ 4 cm
Macro-invasif
IB2 Taille > 4 cm
Stade II IIA Invasion des 2/3 supérieurs du vagin mais paramètres sains
Cancer étendu au-delà du col sans atteindre le 1/3
IIB Invasion des paramètres
inférieur du vagin ou la paroi pelvienne
Stade III IIIA Invasion du 1/3 inférieur du vagin mais paroi pelvienne saine
Cancer étendu au-delà du col avec atteinte du 1/3
IIIB Dit « stade urinaire »
inférieur du vagin ou de la paroi pelvienne
Invasion de la paroi pelvienne / hydronéphrose / rein muet
Stade IV IVA Invasion de la vessie ou du rectum
74
Cancer du col
7. Moyens thérapeutiques
• Chirurgie : colpo-hystérectomie élargie avec lymphadénectomie (CHEL) des chaines ilio-obturatrices ou lombo-aortiques, souvent
avec annexectomie.
• Radiothérapie : soit externe unique soit une curiethérapie (radiothérapie interne, avec irradiation du col et des para-mètres).
• Radio-chimiothérapie concomitante : le pronostic est meilleur, car la tumeur devient plus fragile et plus radiosensible, mais le pro-
tocole est lourd.
8. Indications
(Selon le Pr Brahimi, au CHU Mustapha Pacha, Alger)
9. Pronostic
Le pronostic dépend du stade, de l’état ganglionnaire et des métastases, et du volume tumoral.
• Stade I : 80 à 90 % de survie à 5 ans.
• Stade II : 60 à 90 % de survie à 5 ans.
• Stade III : 30 à 50 % de survie à 5 ans.
• Stade IV : 15 à 30 % de survie à 5 ans.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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8 Fibromes utérins
1. Introduction
2. Classification
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Physiopathologie
• Décrire les éléments de diagnostic clinique et paraclinique
4. Diagnostic positif
et expliquer les principes du traitement en cas de fibrome
5. Diagnostic différentiel utérin
6. Complications
7. Prise en charge
1. Introduction
Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes du corps de l’utérus, développées à partir
des fibres musculaires lisses du myomètre. C’est la pathologie utérine la plus fréquente de
la femme en âge de procréer. Ils sont souvent multiples, l’on parle alors d’utérus polymyo-
mateux.
2. Classification
Les fibromes sont classés par la FIGO selon leur localisation :
Localisation Description
Sous-muqueux 0 Pédiculé intra-cavitaire
1. Physiopathologie
L’étiopathogénie des fibromes utérins est mal connue, mais la relation avec les œstro-
gènes est clairement établie, du fait de l’augmentation de volume des fibromes durant la
vie génitale, et sa régression à la ménopause. Il existe également des facteurs génétiques
chromosomiques, et des facteurs humoraux, surtout les facteurs de croissance régulés par
les hor-mones stéroïdes, et les facteurs angiogéniques. Il est le plus souvent associé à une
hyperplasie de l’endomètre.
Le fibrome est une tumeur mésenchymateuse qui se développe à partir de la musculature
lisse du myomètre, dont elle est séparée par une capsule conjonctivale. Chaque fibrome
prend son origine d’une cellule différente, ce qui fait que chaque myome est monoclonal
et évolue indépendamment de son voisin.
77
Gynécologie - Obstétrique
2. Diagnostic positif
Ils sont le plus souvent asymptomatiques.
• ATCD : familiaux et personnels, médicaux, chirurgicaux, gy-
nécologiques (traitement ou contraception hormonaux) et
obstétricaux (avortements, présentations vicieuses)
• Symptômes :
o Ménorragies, due à l’hyperplasie endométriale. C’est
le symptôme le plus fréquent
o Métrorragies associées aux ménorragies
o Douleurs pelviennes à type de pesanteur
o Dysménorrhée
o Troubles urinaires, notamment l’incontinence à l’ef-
fort par compression vésicale
Fig 3.82 Utérus polymyomateux
(©SnowBink / Wikimedia Commons / CC-BY-SA) • Examen général : état général, pâleur cutanée, poids,
taille, IMC
• Examen de l’abdomen : recherche d’une masse
• Toucher vaginal : associé au palper abdominal, retrouve
un utérus bosselé, avec des masses régulières, fermes, in-
dolores, de volume variable, parfois une masse latérouté-
rine avec signe du sillon
• Spéculum : recherche l’aspect du col et des saignements
3. Diagnostic différentiel
78
Fibromes utérins
4. Complications
Complication Description
Hémorragie C’est la complication la plus fréquente, surtout dans les fibromes sous-muqueux. Elle se com-
plique elle-même d’anémie ferriprive, à rechercher systématiquement par un bilan martial
Compression D’un uretère (dilatation des cavités pyélo-calicielles en amont), du rectum (constipation) ou de
la vessie (pollakiurie)
Nécrobiose aseptique Ischémie du fibrome, souvent durant la grossesse. Elle se manifeste par :
• Une douleur abdominale intense
• Une hyperthermie
• Un fibrome augmenté de volume
L’échographie pelvienne retrouve la classique « image en cocarde », avec un cœur de nécrose
entouré d’œdème. Le traitement est médical par des AINS
5. Moyens thérapeutiques
• Traitement médical : en cas de fibrome utérin symptomatique non sous-muqueux :
o Progestérone : afin de diminuer l’hyperplasie de l’endomètre, et donc les ménorragies. Elle n’a pas d’effet sur le volume des
fibromes.
o Agonistes de la GnRH : afin de diminuer le volume des fibromes (éventuel geste chirurgical) et de diminuer les saignements.
o AINS : diminue la douleur mais pas les ménorragies.
o Modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone : action rapide et efficace sur la taille des fibromes et sur l’hémorragie,
indiqué en préopératoire.
• Traitement chirurgical :
o Hystéroscopie opératoire : conservatrice, dans les fibromes symptomatiques ≤ 4 cm.
o Myomectomie : conservatrice, dans les fibromes volumineux uniques.
o Hystérectomie : radicale, dans les utérus polymyomateux en l’absence de désir de grossesse ou en cas d’échec des deux tech-
niques précédentes.
• Traitement interventionnel : c’est l’embolisation des artères utérines afin d’interrompre la vascularisation des fibromes et entrainer
une nécrose aseptique. Attention au risque d’insuffisance ovarienne prématurée si la vascularisation ovarienne est compromise. A
éviter en cas de désir de grossesse.
• Traitement martial : en cas d’anémie ferriprive liée aux ménorragies abondantes.
6. Indications
• Fibrome unique ou peu nombreux asymptomatiques : abstention thérapeutique.
• Fibrome unique (hors type 0) symptomatique : traitement médical.
• Fibromes type 0 ou fibromes symptomatiques résistants au traitement médical :
o Inférieur ou égal à 4 cm : hystéroscopie opératoire.
o Volumineux unique : myomectomie.
o Utérus polymyomateux sans désir de grossesse ou échec des deux techniques précédentes : hystérectomie radicale.
• Fibromes multiples (hors type 7) sans désir de grossesse : embolisation des artères utérines.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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9 Cancer de l'endomètre
1. Facteurs de risque
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Diagnostic positif
3. Bilan d’extension • Décrire l’aspect clinique et paraclinique du cancer de l’endo-
mètre, citer ses facteurs de risque et expliquer son traitement
4. Classification
5. Prise en charge
1. Facteurs de risque
Le cancer de l’endomètre est le 5e cancer chez la femme. Il survient le plus souvent (80
%) après la ménopause. C’est un cancer hormono-dépendant, plusieurs facteurs de risque
sont retenus :
• Antécédents : familiaux de cancer de l’endomètre ou de syndrome de Lynch, ou per- Le cancer de l’endomètre peut surve-
sonnels d’exposition aux œstrogènes. nir avant la ménopause. Toute métror-
ragie en péri-ménopause est un can-
• Hyperœstrogénie : puberté précoce ou ménopause tardive, nulliparité, SOPK, traite- cer de l’endomètre jusqu’à preuve du
ment hormonal substitutif, pilule œstroprogestative séquentielle, obésité, hyperpla- contraire.
sie endométriale…
• Syndrome métabolique : HTA, diabète, obésité…
2. Diagnostic positif
• Recherche des facteurs de risque.
• Métrorragies : spontanées, indolores, en péri ou en
post-ménopause
• Leucorrhée : dans le même contexte, purulentes, fétides,
sales, évoquant une pyométrie
• Douleurs pelviennes : dans les formes évoluées
Echographie endo-vaginale
• Epaisseur anormale de la muqueuse utérine Fig 3.85 Réalisation d’une hystéroscopie
(©BruceBlaus / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
• Infiltration du myomètre
• Ascite, adénopathies, atteinte annexielle
• Vascularisation anormale au Doppler
81
Gynécologie - Obstétrique
Hystéroscopie
Le cancer de l’endomètre est souvent • Visualisation des lésions et réalisation de biopsies : tumeur
diagnostiqué à un stade précoce (stade exophytique, sanglante, friable, parfois ulcéré
I), avec un taux de survie à 5 ans de près
de 80 %. • Extension en surface de la tumeur
• Curetage biopsique sous anesthésie
3. Bilan d’extension
3.1. IRM pelvienne
C’est l’examen de référence pour évaluer le cancer de l’endomètre. Elle doit remonter jusqu’à la région lombaire pour visualiser les artères
rénales. Elle va préciser :
• L’infiltration myométriale, afin de décider de l’indication du curage ganglionnaire.
• L’atteinte des organes de voisinage.
• La présence d’adénopathies de la chaine lombo-aortique.
4. Classification
4.1. Histologique
• Type 1 : les plus fréquents, ce sont les carcinomes endométrioïdes avec leurs 3 grades. Ils ont hormono-dépendants.
• Type 2 : ce sont les carcinomes à cellules claires, papillaires ou carcinosarcomes. Ils ne sont pas hormono-dépendants. Souvent
associées à des mutations du gène p53.
4.2. FIGO
Stade Description
IA Limité à l’endomètre, ou envahit moins de 50 % du myomètre
Stade I
IB Envahit plus de 50 % du myomètre
Les tumeurs de type II et les tumeurs avec emboles sont d’emblée à haut risque de récidive
82
Cancer de l'endomètre
5. Moyens thérapeutiques
• Chirurgie : le traitement de référence est l’hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale, associée ou non à un curage ganglion-
naire selon le stade et le type histologique.
• Radiothérapie : soit externe, soit curiethérapie.
• Hormonothérapie : si récepteurs hormonaux positifs.
6. Indications
• Stade I :
o Cancer à risque faible de récidive : hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale, sans curage ganglionnaire et sans traite-
ment adjuvant (curiethérapie si invasion du myomètre)
o Cancer à risque intermédiaire de récidive : hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale, plus ou moins associée à un
curage ganglionnaire, avec curiethérapie.
o Cancer à risque élevé de récidive : hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale associée à un curage ganglionnaire lom-
boaortique et une radiothérapie pelvienne post-opératoire. Les types 2 subiront une exérèse plus étendue.
• Stade II : CHEL associée à un curage ganglionnaire, une radiothérapie et une curiethérapie post-opératoires. Les types 2 subiront une
exérèse plus étendue.
• Stade III : hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale associée à un curage pelvien et lombo-aortique, et une radiothérapie
post-opératoire. Exception du stade IIIA où il faut ajouter une omentectomie infra-colique, et du stade IIIB où la chirurgie n’est pas
effectuée en première intention.
• Stade IV : radiothérapie associée à l’hormonothérapie ou hormonothérapie seule.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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10 Tumeurs bénignes de l'ovaire
1. Introduction
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Diagnostic positif
3. Classification • Connaitre les éléments de diagnostic clinique et paraclinique
des tumeurs bénignes de l’ovaire.
4. Complications
5. Prise en charge
1. Introduction
Les tumeurs bénignes de l’ovaire sont très fréquentes et regroupent plusieurs pathologies. Les plus importantes sont les kystes fonction-
nels, toujours bénins, et les kystes organiques, potentiellement malins.
2. Diagnostic positif
Echographie pelvienne par voie trans-abdominale puis endovaginale. C’est l’examen de première intention, il
précisera :
• La taille du kyste, sa forme, son échostructure.
• Sa localisation et sa vascularisation.
• L’existence de signes associés (lame d’ascite, autres masses).
85
Gynécologie - Obstétrique
Schématisation
3. Classification
3.1. Kystes fonctionnels
Les kystes fonctionnels de l’ovaire sont des follicules ou des corps jaunes qui subissent une
transformation kystique > 3 cm de diamètre. C’est la tumeur ovarienne la plus fréquente
de la femme en jeune, et elle est toujours bénigne.
Le syndrome de Demons-Meigs est un • Clinique : ils sont asymptomatiques et disparaissent spontanément après les pro-
épanchement pleural associé à une tu- chaines règles. S’ils ne disparaissent pas, il faut les surveiller de plus près par une
meur ovarienne bénigne, souvent un échographie pelvienne à 3 mois. En cas de non régression il faut évoquer un kyste
organique de l’ovaire.
fibro-thécome.
• Traitement : le kyste fonctionnel ne nécessite pas de traitement. Les oestroproges-
tatifs ont été prescrits pendant longtemps, mais ils s’avèrent qu’ils ne font pas dispa-
raitre le kyste plus rapidement.
4. Complications
Type Description
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Tumeurs bénignes de l'ovaire
• Torsion d’annexe : concerne surtout le tératome mature (très lourd). Le tableau clinique est évocateur
(douleur pelvienne violente, douleur à la palpation, touchers pelviens douloureux). Il faut éliminer une
GEU par les β-HCG. Il faut opérer en urgence soit par une détorsion, soit par une kystectomie, car la né-
crose de l’ovaire arrive après 6 h d’ischémie.
Complications • Hémorragie : intra-kystique, elle se manifeste par une douleur pelvienne latéralisée (du côté de l’hémorra-
aiguës gie). Le toucher vaginal peut retrouver une masse latéro-utérine douloureuse à la palpation. Le traitement
est symptomatique.
• Rupture de kyste : toujours une douleur pelvienne brutale, spontanée. L’échographie retrouve un épan-
chement liquidien au niveau du cul-de-sac de Douglas. Le traitement est symptomatique.
• Infection : rare, avec un tableau de pyosalpinx.
5. Prise en charge
Type de tumeur Conduite à tenir
Tumeur probablement • Abstention thérapeutique si la patiente n’est pas symptomatique et le kyste est inférieur à 10 cm.
bénigne • Discuter une kystectomie chez une patiente symptomatique.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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11 Cancer de l'ovaire
1. Introduction
2. Facteurs de rique
3. Anatomopathologie OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
Le cancer de l’ovaire est un assez rare, mais de très mauvais pronostic. C’est le 5e cancer Le risque de cancer de l’ovaire semble
de la femme. Il touche le plus souvent les femmes ménopausées. Son diagnostic est sou- être diminué par les contraceptifs oraux.
vent tardif à des stades avancés car il n’existe pas de méthode de dépistage efficace. Le
pronostic sombre est lié à l’extension rapide, par voie péritonéale (l’ovaire étant un organe
intra-péritonéal vrai) et lymphatique.
Les femmes présentant une mutation
2. Facteurs de risque du gène BRCA1 peuvent décider d’effec-
tuer une mastectomie bilatérale et une
L’âge supérieur à 50 ans et la prédisposition génétique sont les principaux facteurs de annexectomie bilatérale pour éviter tout
risque. D’autres facteurs entrent en jeu. risque de cancer.
89
Gynécologie - Obstétrique
4. Diagnostic positif
• Dosage des marqueurs tumoraux : notamment le CA125, parfois l’ACE ou le CA19-9, dosage de l’αFP, des
β-HCG en cas de suspicion de tumeur germinale.
• Bilan préopératoire : NFS, bilan d’hémostase, bilan hépatique, bilan rénal, ionogramme sanguin, ECG,
radiographie du thorax de face.
• Echographie : abdominale, pelvienne et endovaginale. C’est l’examen de première intention. Elle permet
de mettre en évidence les éléments échographiques évocateurs de malignité.
• TDM thoraco-abdomino-pelvienne : notamment à la recherche de métastases à distance. Il ne permet
pas de bien explorer la région pelvienne.
• IRM abdominopelvienne : permet d’explorer le pelvis avec précision. C’est l’examen de référence mais
très peu prescrit chez nous vu la disponibilité et le cout. Elle permet de caractériser les rapports de la
tumeur et d’effectuer un bilan d’extension précis.
• Exploration mammaire : par échographie mammaire chez la femme jeune, ou par une mammographie
chez la femme plutôt âgée, à la recherche d’un cancer de l’ovaire associé, notamment en cas de positivité
de la mutation du gène BRCA1.
5. Classification FIGO
Stade Description
Stade I
IA Unilatérale sans rupture capsulaire avec cytologie péritonéale négative
Tumeur limitée aux ovaires
IB Bilatérale sans rupture capsulaire avec cytologie péritonéale négative
Stade II
IIA Extension à l’utérus et/ou aux trompes avec cytologie péritonéale négative
Tumeur étendue au pelvis
IIB Extension aux autres organes pelviens avec cytologie péritonéale négative
Stade III
IIIA Métastases ganglionnaires rétro-péritonéales avec ou sans atteinte péritonéale
Tumeur étendue au
péritoine ou adénopathies Métastases péritonéales extra-pelviennes ≤ 2 cm avec ou sans adénopathies rétropérito-
rétropéritonéales IIIB
néales
Métastases péritonéales extra-pelviennes > 2 cm avec ou sans adénopathies rétropérito-
IIIC
néales
Stade IV
Métastases à distance
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Cancer de l'ovaire
6. Prise en charge
Elle est basée sur la chirurgie et la chimiothérapie. Le cancer de l’ovaire est un cancer très
chimio-sensible.
6.1. Chirurgie
D’abord une cœlioscopie :
• Confirmation du diagnostic par un examen extemporané (lorsqu’il est disponible).
• Décision thérapeutique entre la chirurgie première ou la chimiothérapie néoadju-
vante.
La résection se fait grâce à une laparotomie médiane xypho-pubienne :
Fig 3.86 Pièce d’hystérectomie avec an-
• Exploration abdomino-pelvienne et des axes lymphatiques. nexectomie bilatérale sur une tumeur de
Krukenberg
• Cytologie péritonéale. (©Department of Pathology, Calicut Medical College /
CC-BY-SA)
• Hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale.
• Omentectomie.
• Curage ganglionnaire pelvien bilatéral et lombo-aortique.
• Appendicectomie.
• Biopsies péritonéales multiples systématique.
6.2. Chimiothérapie
Le cancer de l’ovaire est très chimio-sensible. La chimiothérapie adjuvante est basée sur
6 cycles de Cisplatine et de Taxol, parfois associés à des traitements anti-angiogéniques.
8. Pronostic
Le pronostic est meilleur quand la chirurgie est bien exécutée, l’idéal est d’arriver à moins
de 1 cm de résidu tumoral. Le risque de récidive dans les cancers de stade III et IV est
autour de 70 %. En cas de tumeur suspecte de maliginté,
• Les facteurs pronostiques sont : commencer par un traitement conser-
vateur (annexectomie unilatérale) puis
• Réduction tumorale complète.
effectuer une hystérectomie totale avec
• Stade de la classification FIGO. annexectomie complémentaire après
• Type histologique et grade histo-pronostique. 40 ans ou après les grossesses désirées.
• Réponse à la chimiothérapie.
• Cinétique du CA125.
• Age de la patiente et son état général.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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12 Infections génitales basses
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
Ce sont des motifs de consultation fréquents. Il s’agit d’infections de l’étage inférieur de
l’appareil génital, c’est-à-dire la vulve, le vagin et le col de l’utérus. Les infections génitales
basses sont divisées en infections non sexuellement transmissibles et en infections sexuel-
lement transmissibles (IST)
Mycoses vaginales
1.2. Récidive
• Si la patiente présente plus de 4 épisodes par an, il faut
rechercher des facteurs de risque (diabète, prise d’antibio-
tiques ou de corticoïdes au long cours, immunodépression,
hygiène défectueuse…).
• Antifongique : par voie orale à base de Fluconazole, 50
mg/j pendant 7 jours puis 150 mg/sem pendant 1 mois
puis 150 mg/mois pendant 6 mois.
• Traitement du partenaire.
93
Gynécologie - Obstétrique
Vaginose bactérienne
1.2. Récidive
• Penser à rééquilibrer la flore vaginale, après avoir traité
l’épisode en cours.
Trichomonose
94
Infections génitales basses
Chlamydiase
Gonorrhée
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Gynécologie - Obstétrique
Syphilis primaire
Infections à HPV
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Infections génitales basses
Herpès génital
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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13 Infections génitales hautes
1. Introduction
2. Etiologies OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic clinique
• Décrire l’aspect clinique, praraclinique et la prise en en
4. Examens paracliniques charge d’une infectiongénitale haute.
5. Complications
6. Prise en charge
1. Introduction
Ce sont des infections du tractus génital haut, et notamment des trompes de Fallope (sal-
pingite), avec ou sans endométrite. Ce sont des infections graves, et sont classées parmi
les urgences diagnostiques et thérapeutiques à cause du risque de stérilité et de grossesse
extra-utérine.
2. Etiologies
2.1. Facteurs de risque
Les infections génitales hautes surviennent en général par voie ascendante suite à une
infection génitale basse non ou mal traitée, ou à une infection sexuellement transmissible.
Les facteurs de risque de salpingite sont :
• Les antécédents d’infections génitales hautes.
• Le jeune âge.
• Le bas niveau socio-économique.
• Les partenaires sexuels multiples.
Fig 3.95 Chlamydia en intracellulaire
• Les rapports sexuels précoces. (©Lance Liotta Laboratory / CC-BY-SA)
4. Examen physique
Les salpingites à gonocoques sont plus
aiguës et plus sévères que les salpingites Signes généraux : notamment la fièvre, liée au syndrome infectieux.
à chlamydias, qui sont le plus souvent Examen abdominal : il recherche une défense abdominale ou une douleur hépatique.
asymptomatiques.
Examen au spéculum : il recherche des leucorrhées malodorantes, des métrorragies, et en
Les signes fonctionnels doivent être re- profitera pour faire un prélèvement bactériologique.
cherchés chez le partenaire.
Toucher vaginal : il retrouve classiquement une douleur à la mobilisation utérine qui est
L’intensité des symptômes n’est pas cor- un signe pathognomonique.
rélée à la gravité de l’infection.
5. Examens paracliniques
5.1. Bilan biologique
Le bilan de première intention comprend :
Attention, une IST en cache souvent • Un prélèvement cervico-vaginal : avec examen direct, recherche de C. trachomatis et
une autre, toujours rechercher et traiter N. gonorrhoeae. Penser à retirer un DIU et l’envoyer en bactériologie pour examen.
d’autres IST chez la patiente et chez le • Un bilan inflammatoire de base : NFS, CRP.
ou les partenaires.
• La recherche d’autres IST : VIH, hépatite B, syphilis.
• D’autres examens peuvent être réalisés dans certaines conditions comme les hémo-
cultures ou l’ECBU.
6. Complications
Complication Exemples
100
Infections génitales hautes
7. Prise en charge
7.1. Mesures générales
Le traitement en ambulatoire est possible mais la patiente est le plus souvent hospitalisée, pour faire face aux éventuelles complications.
• Hospitalisation de la patiente.
• Mise en condition.
• Pose d’une voie d’abord périphérique.
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Gynécologie - Obstétrique
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14 Tuberculose génitale
1. Introduction
2. Physiopathologie
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Anatomopathologie
• Décrire la physiologie de la tuberculose génitale, déterminer
4. Localisations
les éléments de diagnostic clinique et paraclinique et expli-
5. Formes cliniques quer la prise en charge
6. Diagnostic positif
7. Prise en charge
1. Introduction
Il s’agit d’une infection génitale à Mycobacterium tuberculosis. C’est une localisation fréquente des tuberculoses extra-pulmonaires, qui
se classe 4e après la ganglionnaire, l’ostéo-articulaire et la digestive. L’atteinte la plus fréquente est l’atteinte tubaire. Elle fait craindre une
infertilité, notamment car son diagnostic est le plus souvent tardif.
2. Physiopathologie
L’agent pathogène est Mycobacterium tuberculosis, dit bacille de Koch (BK). La contamination se fait par voie aérienne via les gouttelettes
de Pflügge, émises par un sujet infecté atteint de tuberculose pulmonaire. Il y aura ensuite dissémination hématogène vers plusieurs or-
ganes du corps, dont l’appareil génital féminin. Les BK vont rester quiescents, et profiter d’un état d’immunodépression pour se réactiver
et entrainer ainsi une tuberculose extra-pulmonaire. La tuberculose génitale primitive est exceptionnelle.
3. Anatomopathologie
3.1. Au niveau des trompes
Le BK va entrainer une inflammation locale. D’abord une salpingite aiguë de type exsudatif, puis une inflammation granulomateuse, et
enfin fibrose des lésions inflammatoires. La muqueuse tubaire sera détruite, et il y aura accolement des parois de la trompe, et sténose
tubaire. Il peut parfois y avoir une extension de la fibrose vers la musculeuse, entrainant des lésions ectasiantes. L’alternance d’ectasies et
de sténoses réaliser l’aspect moniliforme caractéristique.
4. Localisations
Elle associe :
• Une pelvipéritonite dans sa forme miliaire ascitique, ou dans sa forme ulcéreuse.
Tuberculose utéro-annexielle • Une lésion tubaire quasi-constante avec épanchement intra-tubaire.
• Une lésion utérine très fréquente avec un aspect micronodulaire.
• Une lésion ovarienne rare sous forme d’abcès froid.
103
Gynécologie - Obstétrique
• Forme miliaire.
• Forme ulcéreuse.
Tuberculose du col de l’utérus
• Forme végétante, simulant un cancer du col.
• Forme interstitielle avec un col infiltré de nodules.
• Forme miliaire.
Tuberculose du vagin ou de la vulve • Forme ulcéreuse.
• Forme hypertrophique de la vulve, avec épaississement des grandes lèvres.
5. Formes cliniques
5.1. Formes classiques
Forme ascitique
• Age de survenue : puberté.
• Mode de début : insidieux.
• Signes généraux : altération de l’état général, sueurs nocturnes…
• Symptômes : douleurs abdominales, diarrhée, aménorrhée.
• Signes digestifs : ballonnement abdominal, ascite libre.
• Signes gynécologiques : souvent absents.
• Evolution : régresse sous traitement, avec persistance de séquelles tubaires irréver-
sibles.
Pelvipéritonite tuberculeuse
• Age de survenue : activité génitale.
• Mode de début : brutal.
• Symptômes : pesanteur pelvienne, parfois des leucorrhées, ou des troubles du cycle
menstruel.
• Signes gynécologiques : empâtement étendu sur tout le pelvis, avec perception de
masses annexielles mal limitées.
Autres formes
• Forme pseudo-appendiculaire.
• Tuberculose du bas appareil génital.
104
Tuberculose génitale
6. Diagnostic positif
• Biopsie de l’endomètre : doit être réalisée au 24e jour du cycle, elle permet la recherche du BK par étude
histologique (recherche de granulomes tuberculeux) et une mise en culture sur milieu de Lowenstein-
Jensen.
• Examen du sang des règles.
• Bilan de tuberculose pulmonaire : radiographie du thorax de face, bacilloscopie, tubage gastrique et re-
cherche de BK dans les urines.
7. Prise en charge
Il a pour but de traiter la maladie et de restaurer la fonction de reproduction. La prise en charge est avant tout médicale.
• Chimiothérapie antituberculeuse de catégorie III : 2RHZ/4RH.
• Traitement chirurgical : indiqué en cas de persistance des lésions après le traitement médical. En cas d’obstruction tubaire, la seule
option pour la procréation reste la fécondation in-vitro.
• Traitement adjuvant : la corticothérapie semble augmenter la fertilité et éviter les adhérences.
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Gynécologie - Obstétrique
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15 Endométriose
1. Introduction
2. Facteurs de risque
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Physiopathologie
• Décrire la physiologie de l’endométriose, déterminer les élé-
4. Localisations
ments de diagnostic clinique et paraclinique et expliquer la
5. Diagnostic positif prise en charge.
6. Classification
7. Prise en charge
1. Introduction
L’endométriose est définie par la présence de glandes et de stroma endométriaux hors de la cavité utérine. La localisation la plus fré-
quente est la localisation ovarienne. L’endométriose est une maladie très fréquente, les données indiquent que 10 % des femmes en
souffrent, et 75 à 80 % des femmes qui présentent des douleurs pelviennes chroniques souffrent d’endométriose.
2. Facteurs de risque
2.1. Facteurs non modifiables
• Les antécédents familiaux d’endométriose au premier degré.
• L’âge avancé.
• La race blanche.
• Les facteurs génétiques.
• Les facteurs immunologiques.
2.2. Hyperœstrogénie
• La ménarche précoce.
• La nulliparité.
• Les grossesses tardives.
• Ménopause tardive.
2.4. Environnement
• Consommation de viande rouge.
• Exposition de la mère au Distilbène.
• Sédentarité.
3. Physiopathologie
Le mécanisme étiopathogénique de l’endométriose est encore sujet à controverses. Il existe 3 théories qui sont admises pour le moment :
• La théorie de menstruation rétrograde : durant les règles, une partie de l’endomètre désquamé ne va pas être éliminé par le col,
mais va plutôt refluer vers les trompes et les ovaires (voire la cavité abdominale en fuyant par les franges) pour s’y implanter. Il
contient des glandes endométriales riches en récepteurs hormonaux, et du stroma, c’est-à-dire qu’il est totalement fonctionnel et
s’autoentretient. A chaque cycle, l’endomètre ectopique va subir les mêmes modifications que l’endomètre normal, et passera donc
par une phase de menstruation, hémorragique et douloureuse.
107
Gynécologie - Obstétrique
4. Localisations
Fig 3.98 Endométriose de l’ovaire Deux grands types d’endométriose sont connus :
(©Ed Uthman / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
• L’endométriose externe : qui est l’implantation ectopique de muqueuse endomé-
triale en dehors de l’utérus :
o Ovarienne, la plus fréquente.
o Au niveau du cul-de-sac postérieur de Douglas.
o Au niveau du cul-de-sac antérieur.
o Au niveau du ligament large ou du ligament utérosacré.
o Tubaire (assez rare contrairement aux idées reçues).
o Sigmoïdienne / appendiculaire.
o Autres localisations exceptionnelle : vaginale, cervicale, caecale, iléale, ingui-
nale…
Fig 3.99 Adénomyose
(©Hic et nunc / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
• L’adénomyose : ou endométriose interne qui est l’implantation ectopique de mu-
queuse endométriale dans la musculeuse.
5. Diagnostic positif
L’endométriose est souvent asympto-
matique. • Douleur pelvienne : chroniques et cycliques.
• Troubles du cycle : avec irrégularité menstruelle.
• Infertilité : secondaire.
• Signes gynécologiques : dyspareunie, dysménorrhée tar-
dive…
• Signes digestifs : dyschésie, diarrhée…
• Signes urinaires : dysurie, pollakiurie, hématurie.
108
Endométriose
6. Classification
C’est le score de l’American Fertility Society (AFSr). Il est très difficile à appréhender, et est Fig 3.102 Endométriose péritonéale
(©Hic et nunc / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
utilisé pendant l’intervention chirurgicale pour classer la patiente.
Stade IV : endométriose sévère > 40 Comme le stade III mais adhérence plus denses et multiples
7. Prise en charge
Il s’agit d’un traitement purement symptomatique.
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Gynécologie - Obstétrique
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16 Algies pelviennes
1. Définition
2. Diagnostic clinique OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Examens complémentaires • Justifier les principales hypothèses diagnostiques et argu-
4. Algies pelviennes non gynécologiques menter les examens complémentaires devant des algies pel-
viennes aigues et chroniques chez la femme.
5. Algies pelviennes gynécologiques aiguës
6. Algies pelviennes gynécologiques chroniques
1. Définition
Ce sont des douleurs des quadrants inférieurs de l’abdomen. C’est le motif de consultation le plus fréquent. Les pathologies en cause
peuvent être de gravité variable. En effet certaines peuvent avoir des conséquences graves sur la fertilité, voire mettre en jeu le pronostic
vital.
2. Diagnostic clinique
2.1. Anamnèse
• Etat civil : identité, âge, profession, statut marital.
• Antécédents : familiaux et personnels médico-chirurgicaux, gynécologiques et obstétricaux.
• Caractères de la douleur : type, intensité, siège et irradiations, circonstances d’apparition, évolution, périodicité par rapport aux
règles et signes accompagnateurs.
• Facteurs de risque : de pathologies suspectées.
• Profil psychologique : contexte affectif, désir de maternité.
111
Gynécologie - Obstétrique
112
Algies pelviennes
• Signes : douleur sourde et lancinante, continue, bilatérale, non modifiée par les cycles mens-
truels, associée à une dyspareunie profonde.
Séquelles d’infection • Examens : échographie et surtout cœlioscopie à visée diagnostique, pronostique et thérapeu-
tique.
• Traitement : AINS, antibiotiques et œstroprogestatifs.
• Rétroversion utérine douloureuse : avec dyspareunie profonde, douleur exacerbée par la po-
sition debout et la marche, mais diminuée par le décubitus ventral. Le traitement repose sur
la cœliochirurgie.
• Prolapsus génital : sensation de pesanteur pelvienne aggravée par la position debout, le soir,
parfois associée à une dyspareunie.
• Syndrome de Masters & Allen : désinsertion utérine suite à un traumatisme obstétrical (ac-
Troubles de la statique couchement dystocique.
pelvienne
o Symptômes : la douleur est basse, permanente, augmentée par la position debout et di-
minuée par le décubitus ventral. Elle est associée à une dyspareunie profonde.
o Signes : l’examen clinique retrouve une rétroversion douloureuse, une hyper-mobilité du
corps utérin, ainsi qu’une douleur aux points d’insertion ligamentaire.
o Traitement : le traitement repose sur la douglassectomie avec plastie des ligaments uté-
rosacrés.
113
Gynécologie - Obstétrique
• Signes : douleur au 1er jour des règles, durant 1 à 3 jours, de siège pelvien, semblables d’un
cycle à l’autre.
Dysménorrhée primaire
• Traitement : AINS ou contraception œstroprogestative.
Réaliser une cœlioscopie si non réponse au traitement médical.
• Signes : douleurs unilatérales alternantes d’un cycle à l’autre selon le côté de l’ovulation, à
l’examen, un aspect des ovaires en accordéon, qui augmentent de volume avant les règles, et
reprennent le taille normale après.
Dystrophie ovarienne • Echographie : kystes folliculaires variables d’un cycle à l’autre, disparaissant sous contraception
orale.
• Traitement : blocage de l’activité ovarienne par les œstroprogestatifs, chirurgie en cas de pro-
cessus infectieux.
114
CHAPITRE 3
OBSTETRIQUE
Sommaire
Diagnostic et surveillance de la grossesse 117
Grossesse multiple 121
Grossesse extra-utérine 125
Avortements 127
Maladies trophoblastiques 131
Anémie et grossesse 135
Diabète et grossesse 139
HTA et prééclampsie 143
Eclampsie 147
(©Pexels / Creative Commons / CC-BY-SA)
Infections et grossesse 149
Hématome rétro-placentaire 153
Placenta praevia 157
Rupture utérine 161
Souffrance foetale aiguë 163
Souffrance foetale chronique 167
Accouchement prématuré 169
Bassin obstétrical 173
“The two most important days in
your life are the day you are born Epreuve du travail 177
and the day you find out why.” Dystocies osseuses 179
Grossesse prolongée 183
Marc Twain
Mécanisme de l’accouchement 187
Présentation du sommet 191
Présentation de la face 195
Présentation du front 199
Présentation du bregma 203
Présentation du siège 205
Présentation de l’épaule 213
Incompatibilité rhésus 217
Hémorragie du postpartum 219
Suites de couches 221
1 Diagnostic et surveillance de la grossesse
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
La grossesse est un état physiologique durant lequel une femme porte un embryon, puis
un foetus. Il s’étend de la fusion des gamètes mâle et femelle jusqu’à l’accouchement. Il est
accompagné de mutliples modifications anatomiques, physiologiques et biologiques, qui
permettent au médecin de suivre son bon déroulement.
2. Diagnostic positif
Le diagnostic positif est posé différemment selon le moment de consultation. Dans tous
les cas, il est posé sur des éléments cliniques, biologiques et échographiques.
• Aménorrhée : c’est le signe le plus important à rechercher Les nausées et vomissements durant
le premier trimestre de grossesse sont
Interrogatoire • Signes sympathiques : nausées, vomissements, irritabilité...
modérés et matinaux. Il ne faut pas les
• Rétention hydrosodée : avec gonflement et tension mammaire confondre avec l’hyperemesis gravi-
darum où les vomissements sont très
• Examen des seins : augmentation du volume des seins, hy- fréquents, incoercibles, et entrainent
perpigmentation, apparition des tubercules de Montgomery. même des déshydratations.
117
Gynécologie - Obstétrique
3. Age et terme
4. Diagnostic différentiel
Le premier diagnostic à évoquer de- • Devant une aménorrhée : toute causes organiques ou fonctionnelles d’aménorrhée
vant une aménorrhée secondaire est la secondaire.
grossesse. • Devant une augmentation du volume de l’utérus : rechercher un fibrome ou une
tumeur ovarienne.
5. Surveillance de la grossesse
5.1. Au premier trimestre
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Diagnostic et surveillance de la grossesse
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Gynécologie - Obstétrique
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2 Grossesse multiple
1. Définitions
2. Fréquence OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Physiopathologie
• Expliquer la physiopathologie des grossesses gémellaires.
4. Facteurs de risque
• Décrire le mecanisme de l’accouchement.
5. Diagnostic positif
• Expliquer les éléments de diagnostic.
6. Complications
• Citer les complications ainsi que la prise en charge.
7. Accouchement
8. Complications de l’accouchement
1. Définition
La grossesse multiple se définit comme le développement de deux fœtus ou plus dans la
cavité utérine. Il s’agit de facto d’une grossesse à haut risque. Nous allons nous concentrer
sur les grossesses gémellaires.
2. Fréquence
Les grossesses multiples sont de plus en plus fréquentes depuis une vingtaine d’années en
raison de l’augmentation du nombre de procréations médicalement assistées. La majorité
des grossesses multiples est dizygote.
3. Physiopathologie
3.1. Jumeaux dizygotes
Ils sont le résultat de la fécondation de deux ovocytes par deux spermatozoïdes différents,
et leur implantation dans la cavité utérine. Ils représentent la majorité des grossesses gé-
mellaires. Les jumeaux dizygotes possèdent toujours 2 placentas et 2 cavités amniotiques
séparées, la grossesse est dite bichoriale biamniotique.
4. Facteurs de risque
• La procréation médicalement assistée.
• L’âge maternel avancé > 35 ans.
• Les ATCD familiaux de grossesse gémellaire (dizygote).
• Les cycles longs.
• L’obésité.
121
Gynécologie - Obstétrique
5. Diagnostic positif
5.1. Anamnèse
Elle recherche les facteurs héréditaires et les antécédents personnels de gémellité, les co-
morbidités, notamment l’HTA gravidique, et bien sûr les mouvements actifs fœtaux qui
sont exagérés et parfois même douloureux. Un hyperemesis gravidarum est souvent re-
L’hyperemesis gravidarium est un mala- trouvé dans les grossesses multiples.
die hormonale de la femme enceinte liée
à une augmentation du taux de béta- 5.2. Examen physique
HCG, elle se manifeste par des nausées,
incoercibles, une perte de poids, et une • Inspection : elle retrouve une hauteur utérine très élevée, une dilatation excessive
déshydratation. A ne pas confondre avec des muscles droits de l’abdomen, un ombilic déplissé.
les classiques nausées matinales du dé- • Palpation : il existe deux pôles fœtaux, surtout chez les bichoriaux biamniotiques.
but de grossesse.
• Auscultation : l’on note la présence de deux foyers distincts.
• Toucher vaginal : peut apprécier la présentation, et retrouvera une ampliation pré-
coce du segment inférieur.
• ERCF : l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal met en évidence deux rythmes
cardiaques différents.
5.3. Echographie
Le diagnostic de grossesse gémellaire est possible dès le premier trimestre, vers 8 SA, no-
tamment pour les grossesses biamniotiques. Le terme idéal est entre 10 et 14 SA pour
bien visualiser l’état de la grossesse gémellaire. Deux fœtus seront visibles dans la cavité
utérine, séparés par :
• Une membrane interovulaire épaisse dans le cas d’une grossesse bichoriale biam-
niotique, avec un signe du « λ » lors du raccordement à la paroi. Il s’agit d’une image
triangulaire à base placentaire, dont les bords son hyperéchogènes et dont le centre
hypoéchogène. Nous verrons deux cavités cœlomiques et deux cavités amniotiques.
• Une membrane interovulaire fine dans le cas d’une grossesse monochoriale biamnio-
tique, avec un signe du « T » lors du raccordement à la paroi. Nous verrons une cavité
cœlomique et deux cavités amniotiques.
Dans le cas d’une grossesse monochoriale monoamniotique, il n’y aura qu’une seule cavité
cœlomique, une seule cavité amniotique et un seul placenta, avec absence de membrane
interovulaire.
122
Grossesse multiple
6. Complications
Maternelles Fœtales Le syndrome transfuseur-transfusé est
une complication propre aux grossesses
Placenta praevia Retard de croissance intra-utérin
multiples monochoriales, lié probable-
Prééclampsie Prématurité ment à la présence d’une anastomose
entre les vaisseaux des deux fœtus dans
Hémorragie de la délivrance Syndrome transfuseur-transfusé
le placenta commun. Le diagnostic est
Césarienne Malformations facilement posé à l’échographie selon 2
critères :
Lyse précoce de l’un des deux jumeaux
- Un hydramnios polyurique avec disten-
Mort in-utéro ou avortement
sion de la vessie du receveur
- Un oligoamnios oligoanurique avec
7. Accouchement d’une grossesse gémellaire atrophie, voire disparition de la vessie
du donneur
L’accouchement lors d’une grossesse gémellaire est très laborieux et nécessite une surveil-
lance rapprochée du rythme cardiaque fœtal des deux jumeaux. L’accouchement doit être Différents moyens thérapeutiques
déclenché dès 37 SA. Il se fait en 4 étapes. existent, certains plus conservateurs
que d’autres, et dont les indications dé-
7.1. Accouchement du premier jumeau pendent du terme et du pronostic fœtal.
La technique la plus utilisée est la coagu-
Il se fait après un travail long et laborieux, avec une dystocie dynamique par mauvaise lation des anastomoses par foetoscopie,
dilatation du col. L’indication est souvent posée pour une injection d’ocytocine en début disponible dans des centres spécialisés.
de travail et une épisiotomie large pour faciliter la sortie du premier jumeau, et faciliter
les manœuvres sur le second jumeau. Le clampage du cordon doit être immédiat après la Le nouveau-né transfuseur est pâle,
sortie du premier jumeau au vu des risques d’anastomoses. hypotrophié, tandis que le nouveau-né
transfusé est rouge et hypertrophié. Le
7.2. Intervalle libre transfusé a plus de chances d’avoir des
complications post-natales, liées à l’hy-
Durant cette phase de « repos », deux examens sont obligatoires :
percoagulabilité sanguine.
• Echographie ou toucher vaginal pour vérifier la présentation du 2nd jumeau.
Les autres moyens thérapeutiques sont
• ERCF pour vérifier l’absence de complications après extraction du premier. les drainages amniotiques itératifs, les
féticides sélectifs si l’un des fœtus est
7.3. Accouchement du second jumeau non viable, l’accouchement prématu-
La rupture de la seconde poche des eaux et la perfusion continue d’ocytocine vont faciliter ré… Néanmoins, les études ont démon-
l’engagement du 2nd jumeau. Après l’extraction du premier, le second a tendance à s’éta- tré une nette baisse de la mortalité par
ler, au vu du volume important de la cavité utérine. Il faut donc revérifier la présentation. la technique de coagulation des anas-
tomoses avec une survie des deux ju-
• Présentation céphalique : effectuer un accouchement classique, toujours sous meaux estimée entre 35 et 50 %.
contrôle. En cas de souffrance fœtale, indiquer les forceps de dégagement.
• Présentation du siège : attendre l’accouchement spontané ou effectuer une grande
extraction de siège. En cas de souffrance fœtale, la césarienne peut être indiquée
pour diminuer la morbi-mortalité fœtale.
• Présentation transverse : effectuer une version par manœuvre interne (VMI) pour la
transformer en siège, pour effectuer une grande extraction de siège.
7.4. Délivrance
Elle s’effectue après un intervalle libre suivant l’extraction du second jumeau. Elle est sou-
vent hémorragique car la surface d’insertion du placenta est importante, et l’utérus disten-
du se contracte moins bien. D’où la né-cessité de maintenir la perfusion d’ocytocine encore
un moment, avec surveillance en salle de travail. Il faut penser à réaliser une révision uté-
rine, pour éviter le risque de rétention.
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Gynécologie - Obstétrique
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3
1. Définitions
Grossesse extra-utérine
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Facteurs de risque
• Déterminer les éléments de diagnostic clinique et paracli-
3. Physiopathologie
nique de la grossesse extra-utérine.
4. Diagnostic positif • Citer les facteurs de risque.
5. Complications • Identifier les situations d’urgence.
6. Prise en charge • Expliquer les principes du traitement.
7. Suivi et contraception
1. Définition
La grossesse extra-utérine (GEU) est l’implantation et le développement d’une grossesse
en dehors de la cavité utérine. Il s’agit d’une pathologie grave qui peut mettre en jeu le
pronostic vital de la mère.
2. Facteurs de risque
• Facteurs de risque de lésion tubaire : antécédents de salpingite (notamment à
Chlamydia trachomatis, de GEU, de chirurgie tubaire ou de la région pelvienne, l’en-
dométriose, ou encore la compression extrinsèque.
• Facteurs contraceptifs : pilule microprogestative et dispositifs intrautérins.
• Facteurs toxiques : tabac, utérus Distilbène®.
L’on ajoute à cela la procréation médicalement assistée (PMA) par fécondation in-vitro
(FIV). Localisation :
- Ampullaire dans 60 % des cas.
3. Physiopathologie - Isthmique dans 25 % des cas.
Lorsque l’œuf s’implante dans la trompe, il va augmenter de volume à mesure que la gros- - Pavillonnaire dans 10 % des cas.
sesse se développe. Il va étirer les parois de la trompe, éroder les vaisseaux, qui vont se
mettre à saigner. Il va se former un hémato-salpinx, qui est une collection de sang intra- - Les autres localisations (interstitielle,
tubaire. Cet hématosalpinx va à son tour se collecter de plus en plus jusqu’à rompre la ovarienne, abdominales) sont rares.
trompe. Ceci va entrainer une hémorragie interne, avec hémopéritoine, et le décès de la
patiente par choc hémorragique si rien n’est fait en urgence.
4. Diagnostic positif
4.1. Examen clinique
La valeur prédictive négative de la
• Anamnèse : triade classique aménorrhée, métrorragies couleur sépia, douleur pel-
β-hCG est de 100 %, c’est-à-dire que son
vienne. Penser à rechercher les facteurs de risque.
absence élimine la GEU. Par ailleurs, en
• Examen physique : douleur à la palpation parfois défense due à l’hémopéritoine. Il cas de grossesse à localisation indéter-
n’y a pas de ventre bois dans la GEU rompue. minée (GLI), un taux de β-hCG > 3150
• Examen gynécologique : le spéculum confirme l’origine utérine du saignement, et UI/L élimine une grossesse normale et
le TV met en évidence quelques signes évocateurs, notamment un utérus plus petit doit fortement faire évoquer une GEU
par rapport à l’âge gestationnel, ou encore une masse latéroutérine « petite chose de
Mondor ». Il peut exister également un empâtement du cul-de-sac (CDS) de Douglas.
125
Gynécologie - Obstétrique
5. Complications
Les complications sont nombreuses et peuvent être classées en 3 catégories :
Fig 3.105 Grossesse extra-utérine tubaire probable
• Immédiates : c’est le pronostic maternel mis en jeu par le risque de rupture de la GEU
avec choc hypovolémique et décès de la patiente.
Le traitement de première intention • Moyen terme : ce sont les complications per et post-chirurgicales inhérentes à toute
est la salpingotomie par voie coeliosco- chirurgie, l’anémie, ou encore le risque d’iso-immunisation rhésus si la femme est
pique. Rh-.
• Long terme : c’est le risque de récidive, de douleurs pelviennes chroniques, d’inferti-
lité (par exemple s’il y a eu lésion grave de la trompe), et évidemment les complica-
tions liées au méthotrexate.
6. Moyens thérapeutique
• Le traitement chirurgical : par coelioscopie (+++) ou laparotomie, conservateur (salpingotomie +++) ou radical (salpingectomie).
• Le traitement médical : lyse chimique de la grossesse par le méthotrexate (MTX).
• L’abstention thérapeutique : avec surveillance.
7. Indications
A noter que la voie coelioscopique est préférée à la laparotomie dès que possible. Les seules indications de la laparotomie sont :
• L’hémopéritoine de grande abondance.
• L’état de choc
• La CI à la coelioscopie
• La conversion secondaire en cas de difficulté durant la chirurgie.
8. Cas particuliers
• En cas de GLI avec hCG < 3150 UI/L : surveiller leur ascension.
• Si la mère est Rh- : penser au sérum anti-D dans les 72 h.
126
4
1. Définitions
Avortements
1. Définition
Il s’agit de la mort embryonnaire ou fœtale, ou de l’expulsion hors de l’organisme d’un
fœtus âgé de moins de 20 SA ou pensant moins de 500 g. Un avortement peut augmenter
le risque d’avortements ultérieurs.
2. Classification
• Avortement spontané précoce : entre 4 SA et 12 SA, il se fait en un seul temps, c’est-
à-dire que l’expulsion de l’embryon et de ses annexes se fait en même temps. En général l’avortement spontané est
• Avortement spontané tardif : entre 12 SA et 22 SA, il se fait en deux temps, c’est-à- naturel, peu hémorragique et rarement
dire que l’expulsion du fœtus se fait avant celle des membranes. compliqué d’infections, contrairement
à l’avortement provoqué qui lui est sou-
• Accouchement prématuré : entre 22 à 37 SA.
vent émaillé de complications.
3. Menace d’avortement
Il s’agit de métrorragies sans dilatation du col, indiquant une probable évolution vers une
fausse couche chez une femme dont la viabilité de la grossesse a été confirmée par écho-
graphie.
3.3. Evolution
Une menace d’avortement peut évoluer soit vers :
• Un avortement confirmé.
• Une guérison avec reprise du cours normal de la grossesse.
127
Gynécologie - Obstétrique
• Rétention d’œuf mort : même prise en charge que la rétention d’œuf clair. Il faut
parfois recourir au traitement chirurgical par aspiration si la rétention est ancienne, si
l’œuf est de grande taille ou si les hémorragies sont importantes.
• Dans tous les cas, penser au sérum anti-D si la mère est Rh-.
4. Avortement en cours
4.1. Examen clinique
• Etat général parfois altéré, parfois signes de choc avec collapsus et pouls filant, selon
l’intensité de l’hémorragie.
• Métrorragies franches, parfois cataclysmiques, de sang rouge, avec des débris et des
caillots, également des douleurs à type de colique expulsive.
• Col mou, ouvert à l’OCI, utérus augmenté de volume
4.2. Evolution
• Avortement complet : expulsion complète de l’œuf et des membranes.
• Avortement incomplet : expulsion d’une partie des produits de conception avec ré-
tention d’une partie dans la cavité utérine.
• Avortement manqué : rétention des produits de conception non viables dans la ca-
vité utérine.
L’avortement provoqué est une inter-
ruption volontaire de grossesse (IVG) 4.3. Prise en charge
avant 180 jours de vie, par des facteurs • L’abstention thérapeutique : en attente de l’expulsion spontanée des produits de
externes visant à détruire l’œuf sain. Elle conception.
est interdite dans notre pays sauf en cas
• L’aspiration endo-utérine : par canule, que l’on peut parfois compléter par un cure-
de mise en jeu du pronostic maternel. En
tage.
cas de malformation fœtale grave, la loi
Algérienne interdit quand-même l’avor- • La dilatation avec curetage ou curage : dans les avortements tardifs.
tement. Les indications dépendent du type d’avortement :
Il peut se faire soit médicalement (ocyto- • Mesures générales : hospitalisation mise en condition, pose de voies d’abord, bilan
cine, prostaglandine), ou chirurgicale- d’admission…
ment (curetage, curage, césarienne…).
• Avortement précoce :
Son évolution est émaillée de complica-
tions, notamment infectieuses et hémor- o Avant 8 SA : antalgiques et surveillance jusqu’à expulsion de l’œuf.
ragiques, et pire encore le risque de per- o Après 8 SA : aspiration endo-utérine.
foration utérine, de lésion cervicale ou de
béance traumatique. • Avortement tardif : dilatation du col avec curetage (entre 12 et 14 SA) ou curage
bidigital (après 14 SA).
• Avortement incomplet : le traitement dépend de la taille de la rétention :
o Moins de 3 cm, on préfère le traitement médical par utérotoniques.
o Plus de 3 cm, on passe au traitement chirurgical.
5. Etiologies
Les étiologies des avortements spontanés sont divisées en plusieurs catégories :
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Avortements
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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5 Maladies trophoblastiques
1. Définitions OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définition
La maladie trophoblastique gestationnelle (MTG) est définie par l’ensemble des lésions
placentaires caractérisées par une prolifération et une maturation anormales du tro-
phoblaste.
2. Classification
• MTG bénignes : c’est le cas des môles hydatiformes (complètes ou partielles), qui
constituent les variantes les plus fréquentes.
• MTG malignes : c’est le cas des môles invasives et du choriocarcinome, notamment,
auxquels on peut rajouter les tumeurs du site d’implantation.
3. Facteurs de risque
(Selon les recommandations de l’Institut National du Cancer français).
• L’âge maternel : le risque est plus élevé avant l’âge de 20 ans et après l’âge de 40 ans.
• Les antécédents de môle hydatiforme : personnels ou familiaux.
Le facteur âge maternel, et le facteur
• Les facteurs reproductifs : comme les antécédents d’avortements.
groupe sanguin semblent beaucoup
• Le groupe sanguin parental : notamment les groupes sanguins maternels A ou AB, plus liés au risque de môle complète que
associés aux groupes sanguins paternels A ou O. partielle.
• Les contraceptifs oraux : le risque augmente avec la durée d’utilisation, et n’est pas lié
à un type contraceptif particulier.
• Les facteurs environnementaux : tabac, alcool
4. Physiopathologie
La MTG est caractérisée par l’association d’un trophoblaste surdéveloppé et un embryon
sous-développé, voire absent. La pathogénie est différente selon qu’il s’agisse d’une mole
complète ou partielle :
• Môle complète : le matériel génétique du spermatozoïde et de l’ovocyte ne vont pas Les formes symptomatiques de môle
fusionner. De ce fait, il y aura uniquement les chromosomes paternels haploïdes qui hydatiformes sont devenues exception-
vont se dupliquer pour former une cellule diploïde 46 XX. Les chromosomes mater- nelles du fait de la pratique systéma-
nels sont absents. Cette configuration est incompatible avec la vie, c’est une grossesse tique d’une échographie en début de
sans embryon qui aboutira obligatoirement à une môle qui sera avortée. grossesse.
• Môle partielle : dans ce cas-là, l’ovocyte sera fécondé par deux spermatozoïdes, c’est
la dispermie, aboutissant à un zygote triploïde 69 XXX (le plus souvent), 69 XXY ou
plus rarement 69 XYY. Cette configuration est tout aussi incompatible avec la vie, et
aboutira également à une môle dont l’embryon va se développer un peu plus, mais
qui sera lui aussi avorté plus tardivement.
131
Gynécologie - Obstétrique
• Môle invasive : il s’agit d’une môle hydatiforme qui infiltre le myomètre. Elle consti-
tue une entité maligne mais ne s’étend que rarement. Elle est très hémorragique de
par l’infiltration musculaire.
• Choriocarcinome : il s’agit d’une mole qui prolifère de manière tumorale, et peut
donner des métastases, notamment s’il provient d’une môle complète.
5. Môle hydatiforme
5.1. Examen clinique
• Signes fonctionnels : la fameuse triade métrorragie (précédent un avortement spon-
tané), douleurs pelviennes, exagération des signes sympathiques.
• Signes physiques : hauteur utérine supérieure à l’âge gestationnel, HTA avec parfois
une prééclampsie, évacuation par le vagin de vésicules en grappe de raisin.
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Maladies trophoblastiques
Paramètre 0 1 2 4
Age < 40 ≥ 40
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Gynécologie - Obstétrique
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6 Anémie et grossesse
1. Définitions
2. Physiologie
3. Mécanisme des anémies OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définition
L’anémie pendant la grossesse est définie comme une diminution du taux d’hémoglobine
(Hb) < 11 g/dL. Elle entraine une diminution de la quantité d’O2 transportée par le sang.
A noter que cette quantité dépend exclusivement du taux d’Hb, elle est indépendante du
nombre de globules rouges (GR) ou de l’hématocrite (Hte).
2. Physiologie
Durant la grossesse, il existe une rétention hydrosodée physiologique, qui va augmenter L’hématopoïèse est un phénomène qui
le volume liquidien total de l’organisme de 4 L à près de 6 L. Vers la fin de la grossesse, on met jeu deux mécanismes distincts et
arrive même à une augmentation de plus de 40 % par rapport à une femme non-enceinte. indissociables : la prolifération des cel-
lules souches de la lignée érythrocytaire
Ce liquide est stocké dans le milieu extracellulaire, et notamment au niveau plasmatique. et leur différenciation, et la synthèse de
Le nombre et le volume des globules rouges, quant à eux, ne connaissent pas une éléva- l’hémoglobine. Ces deux mécanismes
tion conséquente, entrainant ainsi une baisse de l’Hte, et donc une hémodilution physio- sont largement dépendants des folates
logique. et de la vitamine B12 pour le premier,
Egalement, les besoins en folates (Vit B9) de l’organisme maternel durant la grossesse aug- et du fer pour le second. C’est pourquoi
mentent tout au long de la grossesse et surtout durant le 1er trimestre, ceux du fer aug- les anémies carentielles sont parmi les
mentent très rapidement durant le 2e et le 3e trimestre. causes les plus fréquentes d’anémies.
Les études ont démontré que la plupart des femmes en âge de procréer tombent enceinte
alors que leurs réserves en fer sont insuffisantes. Tous ces facteurs augmentent fortement
le risque d’anémie durant la grossesse.
3. Mécanismes de l’anémie
3.1. Anémie périphérique
• Destruction des GR : c’est l’anémie hémolytique. Elle peut être extracorpusculaire, L’anémie périphérique est une anémie
par des anticorps ou des agents infectieux, ou intracorpusculaire par des anomalies régénérative, avec un taux de réticulo-
structurales du GR (membrane, hémoglobine…). cytes > 120 000.
• Perte des GR : par déperdition sanguine lors d’une hémorragie par exemple. L’anémie centrale est une anémie arégé-
nérative avec un taux de réticulocytes <
3.2. Anémie centrale 120 000.
Elle est due à un défaut de la synthèse des GR par la moelle osseuse.
• Anomalies de synthèse de l’hémoglobine : soit par carence martiale, soit par d’autres
anomalies du métabolisme du fer.
• Anomalies de la synthèse des acides nucléiques : par carence en vitamine B9 ou B12
ou les deux.
135
Gynécologie - Obstétrique
• Anomalies de l’érythropoïétine (EPO) : par défaut de production dans l’insuffisance rénale, par défaut de sensibilité dans le syn-
drome de Blackfan-Diamond, ou par inhibition par des anticorps.
• Envahissement médullaire : par des métastases ou des leucémies etc…
4. Diagnostic positif
4.1. Examen clinique
• Signes fonctionnels : asthénie à l’effort, dyspnée, palpitations, vertiges…
• Signes physiques : pâleur des extrémités, souffle apexien anorganique…
L’intensité des signes est en rapport avec :
• La rapidité d’installation de l’anémie.
• L’activité physique de la mère.
6. Etiologies
6.1. Anémie microcytaire hypochrome
Elle nécessite un bilan martial.
• Carence martiale : fer sérique et ferritinémie basses, avec transferrine élevée.
• Anémie inflammatoire : fer sérique et transferrine basses, avec ferritinémie élevée.
• Trouble de l’utilisation du fer : fer sérique normal ou élevé, évoquer une thalassémie hétérozygote et demander une électrophorèse
de l’Hb.
136
Anémie et grossesse
7. Prise en charge
(Selon les recommandations de la CNGOF)
Nous nous intéresserons à la prise en charge des anémies carentielles.
• Mesures générales : apport nutritionnel suffisant, régime équilibré.
• Supplémentation en fer : donner 30 à 60 mg/j de fer jusqu’à correction de l’anémie
• Supplémentation en folates : donner 1 mg/j d’acide folique jusqu’à correction de l’anémie.
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Gynécologie - Obstétrique
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7 Diabète et grossesse
1. Définitions
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Physiopathologie
• Diagnostiquer et connaître les principes de prévention et de
3. Facteurs de risque
prise en charge du diabète gestationnel.
4. Dépistage • Décrire les conséquences du diabète préexistant à la gros-
5. Complications sesse et son retentissement.
6. Prise en charge
1. Définition
Selon l’OMS, il s’agit d’un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hypergly-
cémie de sévérité variable et diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse et
disparait après celle-ci. Il englobe le diabète préexistant à la grossesse (DPAG) méconnu,
révélé pendant la grossesse et le diabète gestationnel (DG) apparaissant pendant la gros-
sesse ou dans le postpartum (PP).
2. Physiopathologie
Durant la grossesse, il existe une insulinorésistance physiologique afin de fournir au fœtus
le glucose dont il a besoin. Il existe également un hyperinsulinisme lié à l’action des E2 et
des Pg sur le pancréas
Le DG est le plus souvent dû à une dysfonction des cellules β du pancréas, sur un fond
d’insulinorésistance chronique prédisposante. Lorsque l’insulinorésistance est exagérée, il
en résulte une hyperglycémie maternelle et fœtale, source de complications. A noter que
l’insuline ne passe la BFP, le fœtus sera donc en hyperinsulinisme, avec risque d’hypoglycé-
mie néonatale. D’autres facteurs rentrent également en jeu dans la genèse de la malade,
notamment l’expansion du tissu adipeux, le microbiote intestinal, l’insulinorésistance mus-
culaire, les troubles de l’appétit etc…
3. Facteurs de risque
• Age maternel avancé > 35 ans.
• Obésité.
• Origine ethnique (maghrébine, africaine…)
En Algérie, le dépistage du diabète ges-
• ATCD familiaux de diabète de type 2 au premier degré. tationnel au T1 est systématique chez
• ATCD personnels de diabète gestationnel. toutes les femmes, étant donné que
l’origine maghrébine constitue un fac-
• ATCD de macrosomie ou de mort in-utéro.
teur de risque.
• Syndrome des ovaires polykystiques.
• Signes d’appel pendant la grossesse.
4. Dépistage
4.1. Dépistage du T1
Toute femme présentant au moins un facteur de risque doit se faire dépister au premier
trimestre par une glycémie à jeun (GAJ).
• GAJ ≥ 1.26 → DPAG → Traitement
• GAJ ≥ 0.92 → DG → Traitement
• GAJ < 0.92 → Pas de diabète pour le moment → HGPO au T2.
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Gynécologie - Obstétrique
5. Complications
5.1. Complications fœtales
• Avortements spontanés précoces : corrélé au taux d’hémoglobine glyquée.
• Malformations congénitales : spécifiques (neurologiques) et non spécifiques.
• Macrosomie fœtale : c’est la complication la plus fréquente, souvent liée à une rup-
ture d’équilibre au 2e trimestre.
• Hydramnios.
Le glucose passe la barrière foetoplacen-
taire mais pas l’insuline. Quand le foetus • Retard au développement pulmonaire.
était toujours nourri par le sang mater- • Hypertrophie septale.
nel, il recevait beaucoup de glucose et il
• Mort in-utéro ou menace d’accouchement prématuré.
sécrétait donc beaucoup d’insuline pour
compenser. 5.2. Complications néonatales
A la naissance, dès la coupe du cordon, • Hypoglycémie néonatale : complication la plus redoutée liée à l’hyperinsulinisme
le nouveau-né ne recevra plus autant de fœtal.
glucose mais il sera toujours en hyperin-
sulinisme. Ceci va entrainer une hypog- • Syndrome de détresse respiratoire aigu : par immaturité pulmonaire.
lycémie néonatale pouvant être fatale. • Ictère néonatal : par production excessive d’EPO liée à l’hypoxie.
140
Diabète et grossesse
6. Prise en charge
6.1. Pré-conceptionnelle
Il faut essayer à tout prix de normaliser la glycémie avant la grossesse, afin d‘éviter le risque de malformations fœtales, et ce grâce à des
règles hygiénodiététiques strictes (maintenir voire intensifier l’insulinothérapie en cas de diabète de type 1).
Les objectifs glycémiques pour la grossesse sont :
• Glycémie à jeun < 0.95 g/L.
• Glycémie postprandiale à 1 h < 1.40 g/L.
• Glycémie postprandiale à 2 h < 1.2 g/L.
• HbA1c < 6.5 %.
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Gynécologie - Obstétrique
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8 HTA et prééclampsie
1. Définitions
2. Classification OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Physiopathologie • Décrire les éléments de diagnostic clinique et paraclinique
4. Diagnostic positif ainsi que la prise en charge de la preeclampsie, et l’HTA et
grossesse.
5. Prise en charge
• Citer les différentes complications de l’HTA.
6. Prééclampsie
7. Prise en charge de la prééclampsie
1. Définition
L’hypertension artérielle (HTA) pendant la grossesse est définie par une pression artérielle
systolique (PAS) ≥ 140 mmHg, et/ou une pression artérielle diastolique (PAD) ≥ 90 mmHg.
• HTA chronique : c’est soit une HTA connue préexistante à la grossesse, soit méconnue
apparue durant la grossesse avant 20 SA.
• HTA gravidique : c’est une HTA apparue pendant la grossesse après 20 SA même dans
le postpartum (PP), et rentrant dans l’ordre dans les 12 semaines de PP.
2. Classification
HTA PAD PAD
3. Physiopathologie
L’HTA gravidique résulte de l’association de plusieurs facteurs :
• Anomalie de la placentation : il existerait une anomalie des cellules endothéliales des
artères spiralées utérines, qui seraient moins perméables.
• Hypoperfusion utérine : cette anomalie entrainerait une sécrétion de médiateurs de
l’inflammation et de facteurs anti-angiogéniques. Attention à ne pas baisser la PA en des-
• Destruction des cellules endothéliales maternelles : ces facteurs seraient respon- sous de 140/90, afin de maintenir une
sables d’une vasoconstriction généralisée, et donc d’une élévation de la pression ar- bonne perfusion fœtale.
térielle (PA). Aboutissant à des lésions au niveau des organes à vascularisation de type
terminale dans les formes avancées.
• Hypoperfusion fœtale : à noter que l’hypoperfusion utérine va retentir sur le fœtus
également, aboutissant à un retard de croissance intra-utérin (RCIU).
4. Diagnostic positif
4.1. Examen clinique
• Anamnèse : ATCD personnels et familiaux, ATCD obstétricaux de RCIU ou de préé-
clampsie…
• Examen physique : prise mensuelle de la PA selon les recommandations, et re-
cherches de signes négatifs (absence d’acouphènes, de céphalées, d’œdème, de hau-
teur utérine anormale…).
143
Gynécologie - Obstétrique
5. Moyens thérapeutiques
• Mesures générales : arrêt de travail, repos, surveillance en ambulatoire…
• Régime normosodé : attention, le régime hyposodé est contre-indiqué car il aggrave l’hypovolémie maternelle.
• Traitement médicamenteux :
o Alpha-méthyldopa : (Aldomet®) traitement de première intention.
o B-bloquants : Aténolol ou Labétalol (Trandate®).
o Inhibiteurs calciques : Nicardipine (Loxen®).
o Alpha-bloquants : Uradipil.
6. Indications
Une HTA gravidique (ou chronique) bien équilibrée prévient les complications maternelles, sans pour autant modifier la morbi-mortalité
fœtale. Au contraire, une baisse drastique de la PA peut entrainer une hypoperfusion fœtale.
• HTA légère à modérée isolée : mesures générales et régime normosodé.
• HTA légère à modérée avec atteinte des organes cibles / HTA sévère : mesures générales, régime normosodé, traitement médica-
menteux.
7. Contre-indications
• Régime sans-sel : contre-indiqué car il aggrave l’hypovolémie maternelle.
• Diurétiques : contre-indiqués à visée anti-hypertensive car ils risquent d’aggraver l’hypovolémie.
• IEC/ARA2 : contre-indiqués car foetotoxiques.
8. Surveillance
Elle se fait en ambulatoire, en cas d’HTA légère à modérée isolée, et en milieu hospitalier en cas d’HTA sévère ou d’HTA légère à modérée
avec atteinte des organes cibles.
• Surveillance clinique : œdèmes, hauteur utérine…
• Surveillance biologique : complications, bandelette urinaire…
• Surveillance radiologique : échographie obstétricale (croissance fœtale…)
9. Prééclampsie
9.1. Définition
C’est une maladie strictement gravidique qui apparait dès 20 SA et jusqu’à 12 semaines du PP. Elle est définie par une HTA gravidique
associée à une protéinurie à la bandelette urinaire. Elle complique 15 % des HTA gravidiques. Elle peut également compliquer une HTA
chronique préexistante.
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HTA et prééclampsie
9.5. Signes d’une prééclampsie sévère Le HELLP syndrome est une complica-
tion redoutée de la prééclampsie :
• Cliniques : HTA sévère, ou atteinte des organes cibles (rein, foie, cœur, ou cerveau).
• Biologiques : atteinte rénale (protéinurie, élévation de la créatinine), HELLP (hé- - H pour Hemolysis
molyse, cytolyse hépatique, thrombopénie), ou thrombopénie isolée. - EL pour Elevated Liver enzymes (ASAT
• Echographiques : RCIU, oligoamnios, anomalies au doppler. et ALAT)
- LP pour Low Platelet count (throm-
9.6. Bilan d’admission bopénie)
Clinique Biologique Obstétrical
Courbe de tension NFS et taux de plaquettes Mouvements actifs fœtaux.
Signes de gravité Bilan d’hémostase ERCF
Poids (œdèmes) Bilan rénal, uricémie Biométrie fœtale
Recueil des urines Bilan hépatique et LDH Liquide amniotique
Devant une protéinurie chez la femme
ECBU (infection urinaire) Doppler ombilical enceinte, éliminer une infection uri-
naire.
9.7. Complications
o Eclampsie : crises convulsives.
o Hématome rétro-placentaire (HRP).
o HELLP syndrome : dont le seul traitement est l’extraction fœtale avec délivrance.
o Troubles de la coagulation CIVD (peut être secondaire à l’HRP ou au HELLP syn-
drome). Dans le cas d’une indication mater-
o Autres complications : AVC, OAP… nelle à la césarienne différée, l’extrac-
tion fœtale se fera après 48 h sous
• Fœtales
corticothérapie afin de favoriser une
o Hypoxie fœtale chronique, voire mort in-utéro. bonne maturation pulmonaire foetale
o Hypoxie fœtale aiguë. et éviter la maladie des membranes
hyalines.
o Prématurité induite.
9.8. Surveillance
• Clinique : courbe de tension, signes de sévérité, poids, diurèse.
• Biologique : NFS, plaquettes, bilan d’hémostase, bilan hépatique, rénal, protéinurie
des 24 h.
• Echographique : liquide amniotique, doppler ombilical, mouvements actifs fœtaux. A noter que l’aspirine dès le T1 à 100
mg/j prévient la prééclampsie.
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Gynécologie - Obstétrique
9.10. Indications
• Prééclampsie modérée au-delà de 36 SA : mesures générales, traitement symptomatique et extraction fœtale dans tous les cas.
• Prééclampsie sévère au-delà de 34 SA : mesures générales, traitement symptomatique et extraction fœtale dans tous les cas.
• Prééclampsie sévère entre 24 et 34 SA : mesures générales, traitement symptomatique et extraction fœtale SELON LES CAS.
Les prééclampsies modérées de moins de 36 SA et certaines prééclampsies sévères de moins de 34 SA n’indiquent pas l’extraction fœtale.
Elles bénéficieront des mesures générales et du traitement symptomatique avec surveillance rapprochée, en attendant d’arriver au seuil
minimal de l’indication.
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9
1. Définitions
Eclampsie
1. Définition
L’éclampsie est définie comme la survenue d’une crise convulsive tonico-clonique dans un contexte de pathologie hypertensive de la
grossesse. C’est une complication neurologique grave et redoutée de la prééclampsie.
L’état de mal éclamptique est défini par la survenue d’au moins 3 crises convulsives tonico-cloniques dans un contexte de pathologie
hypertensive de la grossesse, pouvant induire un coma persistant postcritique.
2. Physiopathologie
Le mécanisme de l’éclampsie est encore mal connu mais la cause la plus probable serait un vasospasme artériel cérébral diffus, lié à un
défaut d’autorégulation, entrainant ainsi une ischémie cérébrale et un œdème cytotoxique.
Ce vasospasme est lié à une encéphalopathie hypertensive, induisant un œdème vasogénique par forçage de la barrière hématoencépha-
lique.
3. Risque et pronostic
3.1. Facteurs de risque
• Age jeune < 20 ans.
• Première grossesse.
• Mauvais suivi de la grossesse.
• Obésité (facteur de risque de prééclampsie).
4. Diagnostic positif
4.1. Moment de survenue
La crise d’éclampsie survient le plus souvent en per-partum (pendant le travail), parfois en pré-partum, et plus rarement en post-partum,
dans les 48 h (jusqu’à 13 jours).
4.2. Prodromes
• Céphalées rebelles aux antalgiques.
• Troubles visuels (photopsie, cécité corticale).
• Agitation, réflexes vifs.
• Douleur épigastrique en barre.
147
Gynécologie - Obstétrique
5. Prise en charge
Le but immédiat de la prise en charge d’une éclampsie est d’arrêter les convulsions. Il faudra ensuite prévenir les récidives et contrôler
la pression artérielle.
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10 Infections et grossesse
1. Définitions
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Physiopathologie
• Décrire la physiologie de la toxoplasmose, de la rubéole, de
3. Toxoplasmose la listériose et de l’hépatite au cours de la grossesse, citer
4. Rubéole les complications fœtales et néonatales, déterminer les élé-
ments de diagnostic, ainsi que la prise en charge et expliquer
5. Listériose les éléments de prévention.
6. Hépatite B
1. Définition
Les maladies infectieuses, peu importe l’agent pathogène sont des pathologies très dangereuses tant pour la mère que pour le fœtus, car
elles peuvent entrainer des complications souvent très graves, et des séquelles parfois mortelles.
2. Physiopathologie
• Par passage transplacentaire.
• Lors du passage par les voies génitales pendant l’accouchement ou en cas de rupture des membranes.
• Suite à une chorioamniotite.
3. Toxoplasmose
C’est une parasitose due à un protozoaire sporozoaire Toxoplasma gondii, dont l’hôte définitif est le chat. Il s’agit d’une maladie à dépis-
tage obligatoire durant la grossesse.
3.1. Transmission
• Par voie digestive : ingestion d’aliments souillés.
• Par voie sanguine : rare, transplantation d’organe par exemple.
• Par voie transplacentaire : c’est la toxoplasmose congénitale.
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Gynécologie - Obstétrique
4. Rubéole
C’est une virose banale de l’enfant, mais dont les conséquences sont catastrophiques chez le fœtus. La mise en place du vaccin antirubéo-
lique a grandement diminué l’incidence de la rubéole congénitale.
4.1. Transmission
C’est une transmission aérienne interhumaine exclusive. Elle est contagieuse en moyenne 8 jours avant et 10 jours après l’apparition de
l’éruption cutanée.
5. Listériose
C’est une maladie infectieuse bactérienne due à un coccus à Gram positif, Listeria monocytogenes. Elle touche préférentiellement la
femme enceinte, le sujet avec comorbidités ou encore l’immunodéprimé.
5.1. Transmission
La transmission est le plus souvent alimentaire, viande hachée, fromage à pâte crue (camembert…). Elle peut se multiplier à 4°C, ce qui la
rend apte à se reproduire sur les aliments stockés au réfrigérateur. Elle est cependant tuée par la pasteurisation et la cuisson des aliments.
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Infections et grossesse
6. Hépatite B
Il s’agit d’une infection virale liée à un virus à ADN de la famille des Hepadnaviridae. C’est la forme d’hépatites la plus fréquente durant
la grossesse.
6.1. Transmission
Chez la femme immunisée, il n’y a pas de risque de transmission. Dans le cas contraire, la transmission materno-foetale dépend de la
contagiosité de la mère. Plus la charge virale est élevée plus le risque est grand, et plus la quantité d’Ag HBe est grand (c’est-à-dire plus
l’hépatite est active), plus le risque est grand.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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11 Hématome rétro-placentaire
1. Définitions
2. Facteurs de risque OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Physiopathologie • Déterminer les éléments de diagnostic clinique et paracli-
4. Diagnostic positif nique de l’hématome retro-placentaire, citer ses étiologies et
expliquer sa prise en charge.
5. Complications
6. Prise en charge
1. Définition
L’hématome rétro-placentaire (HRP) est un hématome qui se forme entre la plaque basale
placentaire et la caduque de l’endomètre, survenant durant le 3e trimestre ou pendant le
travail. Il est dû à un décollement prématuré du placenta normalement inséré. Il repré-
sente entre 30 et 50 % des hémorragies du 3e trimestre.
2. Facteurs de risque
• L’hypertension artérielle chronique ou gravidique et la prééclampsie.
• Les antécédents d’HRP.
• L’âge maternel avancé > 35 ans, ou précoce < 20 ans.
• La nulliparité ou la grande multiparité.
• Le traitement anticoagulant au long cours.
• Le tabac et l’alcool.
• Le terrain prédisposant (obésité, thrombophilie, cancer, diabète…).
• Traumatismes abdomino-pelviens, manœuvres obstétricales, ou encore rupture pré-
maturée des membranes.
3. Physiopathologie
L’HRP est dû à la rupture d’une artère ou d’une veine déciduale maternelle, probablement L’hématome qui se forme entre la
liée à une pathologie hypertensive sous-jacente. Néanmoins toutes les femmes hyperten- plaque basale et la caduque est appe-
dues ne font pas d’HRP. Le mécanisme physiopathologique dépend donc d’autres facteurs lé hématome décidual. Lorsqu’il s’agit
qui fragilisent les artérioles : d’une artère centrale qui se rompt, l’on
parle d’hématome décidual basal, ou
• Mécanisme dysimmunitaire : suite à une mauvaise reconnaissance des HLA placen- d’hématome rétro-placentaire.
taire par le système immunitaire maternel.
Lorsqu’il s’agit par contre d’un vaisseau
• Mécanisme inflammatoire : faisant intervenir notamment les cytokines et les polynu- périphérique (souvent une veine), l’on
cléaires neutrophiles. Il serait dû à une destruction de la matrice extracellulaire entre parlera d’hématome décidual marginal.
le placenta et l’endomètre. C’est une forme moins grave d’HRP car
• Mécanisme angiopathique : avec intervention de facteurs angiogéniques et antian- elle n’empêche pas les échanges mater-
giogéniques. Ces facteurs seraient responsables d’un mauvais remodelage vasculaire nofœtaux.
des artères spiralées, qui deviennent très résistantes et très serrées, alors qu’elles
devraient plutôt être de basse pression. La même pathogénie est en cause dans la
prééclampsie.
L’hématome ainsi formé va venir comprimer les vaisseaux déciduaux, et compromettre les
échanges entre le placenta et la mère. Le fœtus s’en retrouvera donc en hypoxie fœtale, et
risque même la mort in-utéro.
153
Gynécologie - Obstétrique
4. Diagnostic positif
4.1. Circonstances de découverte
Classiquement, l’HRP se présente par la dyade :
• Douleur abdominale : en coup de poignard, très brutale.
• Métrorragie : de sang noirâtre, discrète.
Il peut s’agir parfois d’un état de choc, d’emblée sévère, dans les cas les plus graves.
5. Complications
5.1. Complications maternelles
Fig 3.108 Hématome rétroplacentaire • Choc hémorragique : l’écoulement de sang qui se collecte entre le placenta et la ca-
(©Nevit Dilmen / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
duque va se poursuivre tant que l’extraction la délivrance n’a pas été effectuée. Les
pertes sanguines peuvent parfois atteindre plusieurs litres.
• Troubles de la coagulation : le placenta va sécréter des facteurs, notamment des
thromboplastines, dans la circulation maternelle. Ces dernières vont consommer
les facteurs de coagulation et entrainer une coagulation intravasculaire disséminée
(CIVD).
• Insuffisance rénale : d’abord fonctionnelle liée au choc hémorragique, allant parfois
jusqu’à l’insuffisance rénale organique par nécrose tubulaire aiguë.
• Hémorragie de la délivrance : causée ou aggravée par les troubles de la coagulation.
• Décès de la mère : rare mais encore présent, la cause du décès est multifactorielle,
liée aux 3 complications précédentes.
154
Hématome rétro-placentaire
6. Prise en charge
La prise en charge d’un HRP est une urgence obstétricale, surtout si le fœtus est toujours vivant. Elle possède deux versants :
• Les mesures générales de mise en condition.
• Le traitement étiologique par extraction fœtale.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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12 Placenta praevia
1. Définitions
2. Facteurs de risque OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Classification • Déterminer les éléments de diagnostic clinique et paracli-
4. Diagnostic positif nique du placenta prævia, citer ses étiologies et expliquer sa
prise en charge
5. Complications
6. Prise en charge
1. Définition
Le placenta prævia est une anomalie de l’insertion du placenta en partie ou en totalité sur le segment inférieur. Lors de l’effacement du
col et la formation du segment inférieur en début de travail, le placenta inséré sur l’isthme va se décoller et provoquer des métrorragies.
Il représente 30 % des causes de métrorragies du T3.
2. Facteurs de risque
Ce sont les facteurs qui favorisent l’implantation basse de de l’œuf, ou son étalement sur le segment inférieur.
• L’âge maternel > 35 ans.
• Le tabac et la cocaïne.
• Les grossesses multiples.
• Les ATCD de placenta prævia, d’endométrite, de curetage aspiratif…
• L’utérus cicatriciel.
3. Classification
3.1. Classification anatomique
• Placenta praevia latéral : s’insère sur le SI mais reste à une distance > 2 cm du col.
• Placenta praevia marginal : s’insère sur le SI et se rapproche du col, il peut être antérieur, postérieur ou central.
• Placenta praevia partiel : recouvre partiellement l’orifice interne du col.
Classification postérieure
Stade Description
Fig 3.109 Stades du placenta praevia postérieur du stade I au stade IV de gauche à droite.
(©Adam Roumani)
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Gynécologie - Obstétrique
Classification antérieure
Stade Description
Fig 3.110 Stades du placenta praevial antérieur du stade I au stade IV de gauche à droite.
(©Adam Roumani)
4. Diagnostic positif
En pratique, au vu de la démocratisa- 4.1. Examen clinique
tion de l’échographie obstétricale, c’est La clinique est assez caractéristique, à toutes les phases de la grossesse :
la classification échographique qui est
la plus utilisée, et la conduite à tenir dé- • Pendant la grossesse : métrorragies de sang rouge, d’apparition brutale, mais indo-
pendra des résultats de celle-ci. lores. L’état général de la patiente est en rapport avec l’intensité de l’hémorragie. La
hauteur utérine est en rapport avec l’âge gestationnel, et les BCF sont présents. L’exa-
men au spéculum permet de mettre en évidence l’origine du saignement. Le toucher
vaginal est contre-indiqué.
• Pendant le travail : le saignement est proportionnel avec l’ouverture du col. Le reste
de l’examen clinique est identique. Le toucher vaginal peut être réalisé prudemment,
près du bloc.
• Pendant la délivrance : en mode Duncan, par glissement sur la paroi latérale de l’uté-
rus. Elle est très souvent compliquée d’hémorragie de la délivrance.
158
Placenta praevia
6. Prise en charge
La prise en charge d’un placenta prævia doit être la plus précoce possible. Elle dépend de la présence de symptômes, et de l’état maternel.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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13 Rupture utérine
1. Définitions
2. Siège et aspect OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic clinique • Décrire les éléments cliniques de la rupture utérine, ses étio-
logies et sa prise en charge.
4. Diagnostic étiologique
5. Prise en charge
1. Définition
C’est une solution de continuité complète ou incomplète de la paroi de l’utérus gravide, atteignant le corps ou le segment inférieur. Elle
peut survenir sur utérus sain ou utérus cicatriciel. On exclut de cette définition les lésions du col, les ruptures dues à des traumatismes
abdominaux, ou la perforation secondaire à un avortement.
2. Siège et aspect
La rupture utérine siège au niveau du segment inférieur car c’est la partie la plus fragile de l’utérus (sa musculature est plus fine. La rup-
ture peut s’étendre vers le corps. Cette rupture peut être :
• Complète : dans ce cas la rupture va concerner toute l’épaisseur de l’utérus, péritoine viscéral inclus, et le fœtus va être expulsé à
l’intérieur de la cavité abdominale, avec son placenta décollé, entrainant une mort fœtale.
• Incomplète : dans ce cas le péritoine viscéral est intact, les membranes également, et le fœtus est encore vivant dans sa cavité am-
niotique.
3. Diagnostic clinique
3.1. Sur utérus sain
• Phase de pré-rupture ou syndrome de Bandl et Frommel : travail long, col œdématié, présentation haute, contractions utérine de
lutte, et formation d’un anneau de rétraction avec aspect d’un utérus en sablier. Il existe également une tension des ligaments ronds
perçue à la palpation inguinale.
• Phase de rupture proprement dite :
o Signes fonctionnels : douleur en coup de poignard, puis sensation d’écoulement intra-abdominal, et enfin sédation de la dou-
leur. Il s’en suit une hémorragie minime (le sang passe dans la cavité abdominale) et un état de choc.
o Signes physiques : le toucher vaginal ne retrouve pas de présentation, le col est fermé. La palpation perçoit deux masses
adjacentes : l’utérus et le fœtus intra-abdominal. Les bruits du cœur fœtaux sont absents.
161
Gynécologie - Obstétrique
4. Diagnostic étiologique
4.1. Sur utérus cicatriciel
• Cicatrice de mauvaise qualité : notamment corporéale ou segmento-corporéale, ou
encore des antécédents de rupture utérine.
Toute anomalie du RCF chez sur uté- • Accouchement difficile : dystocie, macrosomie…
rus cicatriciel est une rupture utérine
jusqu’à preuve du contraire. 4.2. Sur utérus sain
• Médicaments : utérotoniques, de type ocytocine ou prostaglandines.
• Manœuvres obstétricales : manœuvres externes, forceps, ventouse…
• Dystocie : macrosomie, ou dystocie osseuse.
• Fragilité utérine : malformations, âge avancé, intervalle intergénésique court, placen-
ta accreta…
1. Moyens thérapeutiques
• Mesures générales :
o Hospitalisation.
o Mise en condition, pose de deux voies d’abord de gros calibre, ou d’une voie centrale, ainsi qu’une sonde urinaire.
o Bilan d’admission et bilan préopératoire.
• Mesures de réanimation efficaces : pour lutter contre l’état de choc.
• Chirurgie : Devant toute suspicion de rupture utérine il faut réaliser une laparotomie en urgence.
2. Indications
Il faut être le plus conservateur possible :
• Suture de la brèche si elle est simple.
• Réparation des lésions associées.
• Hystérectomie totale ou subtotale si la suture est impossible, avec conservation ovarienne.
3. Prophylaxie
C’est l’importance des consultations prénatales, le dépistage des dystocies, se référer au partogramme, utilisation correcte des utéroto-
niques, éviter les gestes instrumentaux intempestifs.
162
14 Souffrance foetale aiguë
1. Définitions
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Physiopathologie
• Expliquer la physiopathologie de la souffrance fœtale aigue,
3. Etiologies
citer ses étiologies et déterminer ses éléments de diagnostic
4. Diagnostic positif clinique et paraclinique
5. Prise en charge
1. Définition
La souffrance fœtale aiguë est un ancien terme générique et flou, qui désigne en fait un état d’hypoxie, ou d’acidose ou encore d’alté-
ration de l’état fœtal. Elle a lieu classiquement pendant le travail, à cause de l’insuffisance des échanges gazeux fœto-maternels. Les
nouvelles définitions sont les suivantes :
• Acidose fœtale : pH < 7 dans l’artère ombilicale, à la naissance.
• Asphyxie fœtale en per-partum : il s’agit de l’association d’une acidose fœtale avec un score d’Apgar < 4 et une encéphalopathie
néonatale anoxo-ischémique (ENNAI) dans les premiers jours de vie.
• Etat fœtal non rassurant : il s’agit simplement d’anomalies du rythme cardiaque fœtal (RCF).
2. Physiopathologie
Durant les dernières semaines de grossesse, le débit sanguin de l’artère ombilical est suffisant pour subvenir aux besoins du fœtus. Néan-
moins pendant le travail, les contractions utérines vont entrainer une diminution du passage transplacentaire d’O2. Cette diminution est
bien tolérée par le fœtus en dehors de toute pathologie.
D’autres facteurs entrent en jeu dans l’oxygénation fœtale, en rapport avec l’hémodynamique maternelle et les résistances vasculaires.
Toute anomalie de l’un de ces facteurs va être en cause d’une hypoxie fœtale.
Au début, l’hypoxie va entrainer l’accumulation de CO2 dans la circulation. Le fœtus privé d’oxygène va ensuite redistribuer le sang vers
les organes vitaux, cerveau, cœur, surrénales, placenta, tandis que le reste des organes vont se mettre en anaérobiose, produisant une
certaine quantité d’acide lactique. L’acidose possède donc deux origines, par ordre chronologique :
• Acidose respiratoire : par augmentation de la PaCO2 liée à l’hypoxie.
• Acidose métabolique.
3. Etiologies
3.1. Causes directes
• Par altération des échanges gazeux :
• Hypercinésie ou hypertonie utérine.
• Compression du cordon, par procidence, ou circulaire…
• Compression vasculaire en décubitus dorsal.
• Hématome rétro-placentaire.
• Insuffisance placentaire.
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Gynécologie - Obstétrique
4. Diagnostic positif
4.1. Rythme cardiaque fœtal
La surveillance du rythme cardiaque fœtal porte sur 5 paramètres :
• Le rythme de base : entre 110 et 160 mmHg.
La présence de décélérations est un • La variabilité : présence d’oscillations du rythme de base.
signe important de souffrance fœtale. • Les accélérations : accélération du RCF de 15 bpm pendant 15 s ou plus.
• Les décélérations : diminution du RCF de 15 bpm pendant 15 s ou plus.
• Les contractions utérines : et leur fréquence.
On admet qu’un RCF normal est synonyme de bien-être fœtal. Par ailleurs, une anomalie
du RCF ne signifie pas toujours « asphyxie fœtale », une grande majorité des nouveau-nés
après anomalies du RCF n’ont présenté aucun signe d’ENNAI.
4.2. pH au scalp
C’est la méthode de référence pour le dépistage d’une acidose fœtale. Lors de la rupture des membranes, col dilaté, le sang du scalp est
prélevé et le pH est mesuré. Cet examen, relativement invasif, est indiqué en cas d’anomalie du RCF faisant redouter une acidose fœtale.
Il est contrindiqué si la mère est porteuse du VIH, de l’hépatite B ou C.
• pH > 7.25 : élimine l’acidose fœtale et permet de poursuivre le travail.
• pH entre 7.2 et 7.25 : implique de refaire le prélèvement après 30 mn.
• pH < 7.2 : pose le diagnostic d’acidose fœtale et impose l’extraction.
164
Souffrance foetale aiguë
5. Prise en charge
5.1. Mesures immédiates de correction
• Mettre la mère en décubitus latéral gauche.
• Arrêter les utérotoniques en cas d’hypercinésie.
• Effectuer un remplissage vasculaire en cas d’hypotension.
• Indiquer la tocolyse éventuellement en cas d’hypertonie.
• Indiquer la césarienne en urgence, en cas de procidence du cordon, d’HRP ou de rupture utérine par exemple.
Notes
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15 Souffrance foetale chronique
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définitions
• Expliquer la physiopathologie de la souffrance fœtale chro-
2. Etiologies
nique, citer ses étiologies et déterminer ses éléments de dia-
3. Prise en charge gnostic clinique et paraclinique
1. Définition
Il s’agit d’une insuffisance prolongée d’apport en oxygène et en nutriments (lipides, proté-
ines, glucides), nécessaires au développement et à la croissance du fœtus. Les mécanismes
d’adaptation vont longtemps permettre au fœtus de subvenir à ses besoins. Néanmoins,
lorsqu’ils sont dépassés, le fœtus va passer en souffrance fœtale aiguë avec des signes
d’hypoxie, d’acidose, et enfin la mort fœtale. La souffrance fœtale chronique se manifeste
le plus souvent par un retard de croissance intra-utérin (RCIU). Il existe certaines patholo-
gies où ce n’est pas le cas :
• Diabète maternel : plutôt par une macrosomie.
• Grossesse prolongée : il n’y a pas de retentissement sur la croissance.
• Immunisation rhésus : il n’y a pas de retentissement sur le poids, même si le fœtus
Afin d’effectuer un dépistage précis du
est anémique.
RCIU, il faut une datation précise de la
Attention à ne pas confondre les différentes appellations : grossesse. La méconnaissance de la date
• Hypotrophie : poids fœtal estimé inférieur au 10e percentile sans processus patho- des dernières règles peut être problé-
logique sous-jacent. matique. La hauteur utérine est le seul
signe physique qui permet le dépistage.
• RCIU modéré : poids fœtal estimé entre le 3e et le 10e percentile lié à un processus
pathologie sous-jacent.
• RCIU sévère : poids fœtal estimé inférieur au 3e percentile.
• RCIU précoce : apparait durant le T2.
• RCIU tardif : apparait durant le T3.
• Nouveau-né petit pour l’âge gestationnel : poids de naissance inférieur au 10e
percentile.
2. Etiologies
Malnutrition Malformations
Faible prise pondérale Infections
Précarité Grossesse multiple
Anémie ou polyglobulie
Médicaments
Toxiques
Stress
Comorbidités
167
Gynécologie - Obstétrique
3. Prise en charge
3.1. Surveillance
La surveillance est basée sur 4 paramètres :
• Clinique : mesure de la hauteur utérine une fois tous les 15 jours, et appréciation des mouvements actifs fœtaux 3 fois par jour.
• Echographie : tous les 15 jours, associée au Doppler ombilical.
• ERCF : à partir de 32 SA, jusqu’à 3 fois par jour.
• Score de Manning : et ses 4 critères échographiques (mouvements globaux du fœtus, mouvements respiratoires du fœtus, tonus
fœtal, quantité de LA.), ainsi que son unique critère électrique, l’ERCF.
3.2. Traitement
Le traitement médical possède trois volets :
• Curatif : c’est le traitement de la pathologie maternelle en cause.
• Substitutif : c‘est la correction des carences et de la dénutrition fœtales.
• Préventif : c’est la prévention de la coagulation intra-placentaire par de l’aspirine ou de l’héparine.
Le traitement obstétrical dépend du terme et de l’état fœtal :
• Avant 32 SA : effectuer une césarienne si le pronostic fœtal ou maternel est engagé.
• Avant 34 SA : donner des corticoïdes pour prévenir la maladie des membranes hyalines en cas d’accouchement prématuré.
• Après 34 SA : permettre la voie basse ou la césarienne.
168
16 Accouchement prématuré
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Définition
L’accouchement prématuré est défini comme un accouchement survenant avant 37 SA
révolues. La menace d’accouchement prématuré (MAP) est définie comme l’apparition de
contractions douloureuses, régulières, persistantes et rapprochées, avec modifications du
col utérin, qui surviennent, selon l’OMS, entre 22 SA et 36 SA + 6 jours.
Il existe différents stades de prématurité :
• Prématurité tardive (ou moyenne) : entre 32 et 37 SA, c’est la catégorie la plus fré-
quente en pratique.
• Grande prématurité : entre 28 et 32 SA. Les prématurés de 22 à 24 SA sont très
faibles et leur maturité pulmonaire est
• Prématurité extrême : entre 22 et 28 SA.
insuffisante, si bien que, même dans les
grandes maternités de niveau 3 en Eu-
2. Etiologies rope, ils ne sont pas réanimés.
3. Diagnostic positif
Après avoir confirmé l’association des 3 signes, nous allons compléter l’exploration.
La MAP se définit par l’association de :
3.1. Examen clinique
- Terme entre 22 et 37 SA
• Toucher vaginal : il apprécie l’état du col utérin et recherche une rupture prématurée
des membranes (RPM). - Contractions utérines de travail
• Examen au spéculum : recherche une métrorragie associée, signe de gravité d’une - Modifications du col
MAP.
169
Gynécologie - Obstétrique
Score de Baumgarten
0 1 2 3 4
Col 0 1 cm 2 cm 3 cm ≥ 4 cm
4. Moyens thérapeutiques
Il existe 4 moyens de prise en charge :
• Abstention thérapeutique : attendre l’expulsion spontanée.
• Mesures générales : à effectuer dans tous les cas (ou presque).
• Traitement médical : à base de tocolytiques, qui vont inhiber les contractions utérines.
• Traitement étiologique : c’est le traitement des pathologies maternelles qui pourraient être en causse.
5. Mesures générales
• Hospitalisation : en maternité de niveau 3, repos, arrêt de travail.
• Surveillance maternelle et fœtale : clinique, électrique et échographique.
• Prévention de l’allo-immunisation rhésus : chez la femme Rh-.
• Prévention de la maladie thromboembolique : par de l’héparine.
• Corticothérapie : entre 24 et 34 SA, pour une meilleure maturation pulmonaire et la prévention de la maladie des membranes hya-
lines.
• Sulfate de magnésium : avant 32 SA pour la maturation neurologique.
• Suivi psychologique : si besoin.
6. Indications
• Abstention thérapeutique : en cas de mort fœtale, de fœtus inférieur 24 SA ou si présence de malformations fœtales graves.
• Traitement médical : indiqué si le fœtus est vivant, non malformé, et pas en acidose, afin de prolonger la grossesse au maximum.
Les tocolytiques ne sont administrés que pendant 48 h. Au-delà leur effet est nul. Ils sont contre-indiqués en cas de chorioamniotite.
• Traitement étiologique : il faut traiter systématiquement toute infection maternelle ou toute pathologie qui pourrait être en cause.
7. Prévention
Il faut identifier les grossesses à risque, notamment les grossesses multiples, les grossesses avec comorbidités maternelles etc… Dans ces
cas-là il faut prescrire du repos et un arrêt de travail afin de limiter les efforts qui pourraient déclencher le travail.
170
Accouchement prématuré
1. Tocolytiques
1.1. Molécules
• Les β-2 mimétiques : Terbutaline, Salbutamol.
• Les inhibiteurs calciques : Nifedipine.
• Les antagonistes de l’ocytocine : Atosiban.
1.2. Contre-indications
La tocolyse possède plusieurs contre-indications. En gros, on peut dire qu’elle est contre-indiquée dans toute situation ou le maintien de
la grossesse présente un risque pour le pronostic maternel ou fœtal :
• Mort in-utéro
• Malformation fœtale.
• Souffrance fœtale aiguë (acidose).
• Chorioamniotite.
• Métrorragies sévères
• Pathologie maternelle grave (HELLP, prééclampsie, éclampsie, cholestase gravidique, HTA sévère non contrôlée, cardiopathie…)
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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17 Bassin obstétrical
1. Définitions
2. Anatomie
3. Détroit supérieur OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
4. Excavation pelvienne
• Décrire l’anatomie du bassin obstétrical et l’examen clinique
5. Détroit inférieur du bassin.
6. Mouvements du bassin
7. Examen du bassin
8. Etude paraclinique du bassin
1. Définition
Le bassin est une ceinture osseuse qui soutient le rachis et repose sur les membrs infé-
rieurs. Il est divisé en deux parties :
• Le grand bassin : partie supérieure qui contient les viscères abdominaux.
• Le petit bassin : partie inférieure qui contient les organes génitaux internes, le bas Le petit bassin constitue la voie de pas-
apparein urinaire, le rectum et le canal anal. sage du foetus lors de l’accouchement.
Le petit bassin correspond au bassin obstétrical. Il s’agit d’un canal osseux formé de deux
orifices : le détroit supérieur (DS) et le détroit inférieur (DI), ainsi qu’une excavation : l’ex-
cavation pelvienne.
2. Anatomie
Le bassin est un complexe formé de quatre os :
Le sacrum est lié au rachis lombaire par
• Le sacrum et le coccyx en arrière. l’articulation lombo-sacrée, formant
• Les deux os coxaux latéralement et en avant. Ces derniers réunissant l’iléon, l’ischion une structure importante : le promon-
et le pubis. toire sacré.
Ces os sont réunis par articulations :
• L’articulation sacro-coccygienne en arrière.
• Les deux articulations sacro-iliaques latéralement.
• La symphyse pubienne en avant.
3. Détroit supérieur
Le détroit supérieur représente l’orifice supérieur du petit bassin.
L’engagement est défini par le franchis-
3.1. Limites sement du DS par le plus grand dia-
Les limites du détroit supérieur d’avant en arrière sont : mètre du foetus.
• En avant : le bord supérieur de la symphyse pubienne.
• Latéralement : l’éminence ilio-pectinée et la ligne arquée.
• En arrière : le promontoire sacré.
3.2. Forme
Le détroit supérieur a une forme de coeur de carte à jouer, avec un arc antérieur régulier Lorsque le foetus s’engage, sa tête va
de 6 cm et deux arcs postérieurs séparés par le promontoire. Les variations des arcs du buter contre le promontoire sacré pour
détroit supérieur définissent ses différentes formes possibles. effectuer un complément de flexion.
173
Gynécologie - Obstétrique
3.3. Diamètres
Il existe 5 diamètres importants à retenir :
• Promonto-rétropubien (PRP) : 10,5 à 11 cm.
• Oblique gauche (diamètre d’engagement) et droit (OG / OD) : 12.5 cm.
Pour parler de diamètre gauche ou droit, • Transverse médian (Tm) ou utile : 12 à 12.5 cm.
il faut se référer à l’éminence ilio-pecti-
• Transverse maximum (TM) : 13.5.
née. Le diamètre oblique gauche relie
donc l’éminence ilio-pectinée gauche à • Sacro-cotyloïdien : 9 cm.
l’articulation sacro-iliaque droite.
3.4. Variations
• Bassin platypéloïde : c’est un bassin aplati avec diminution des diamètres obliques et
disparition des arcs postérieurs. Il s’accompagne d’une plus grande fréquence d’en-
gagements en transverse.
- Le diamètre oblique gauche est le dia- • Bassin anthropoïde : c’est un bassin plutôt ovale avec des diamètres presque égaux
mètre classiquement emprunté par le mais le TM est rétréci.
foetus lors de l’engagement.
• Bassin androïde : il se rapproche du bassin masculin, de forme triagulaire, avec allon-
- Le transverse maximum est trop en ar- gement du PRP, diminution du TM. L’engagement est beaucoup plus difficile.
rière, le foetus est gêné par le promon-
toire. 4. Excavation pelvienne
- Le transverse médian n’est pas utilisé C’est la région du bassin située entre le DS et le DI. C’est dans cette partie que s’effectue la
car le foetus est gêné par les épines scia- descente et la rotation du foetus lors de l’accouchement.
tiques.
- Je ne sais pas pourquoi c’est l’oblique 4.1. Limites
gauche plutôt que le droit... • En avant : la face postérieure de la symphyse pubienne.
• Latéralement : les surfaces quadrilatères.
• En arrière : la face antérieure du sacrum.
4.2. Forme
Le DS forme un angle de 60° en bas
L’excavation a une forme de segment de tore (un segment de cylindre concave en bas et en
et en avant avec l’horizontale chez
avant). Sa courbure est un facteur du pronostic obstétrical lors de l’accouchement. Les bas-
une femme debout, et de 45° chez une
sins avec un sacrum plat ou un sacrum en hameçon rendent la descente plus laborieuse.
femme en position gynécologique. L’axe
de descente du foetus, dit axe ombilico-
coccygien, est perpendiculaire au plan
4.3. Détroit moyen
du DS. C’est un rétrecssiement au niveau du tiers inférieur de l’excavation pelvienne, marqué par
la présence des deux épines sciatiques. L’espace entre les deux épines est un facteur du
pronostic obstétrical et peut être apprécié par la mesure de la ligne bi-épineuse, aussi dite
ligne bi-sciatique, qui mesure 10 cm.
Le diamètre bi-pariétal du foetus doit
être inférieur au diamètre bi-sciatique 5. Détroit inférieur
de 1 cm dans les présentations cépha-
Le détroit inférieur représente l’orifice inférieur de l’excavation pelvienne, mais aussi la
liques.
zone d’insertion des muscles du périnée.
174
Bassin obstétrical
5.1. Limites
Il a la forme d’un losange à grand axe antéro-postérieur. Ses limites sont :
• En avant : le bord inférieur de la symphyse pubienne.
• Latéralement : d’avant en arrière : le bord inférieur des branches ischio-pubienne,
celui des tubérosités ischiatiques et celui des ligaments sacro-sciatiques.
• En arrière : la pointe du coccyx.
5.2. Diamètres
Au niveau du DI seuls deux diamètres sont d’intérêt clinique : Il ne faut pas confondre le diamètre
bi-ischiatique du DI avec le diamètre
• Sous-pubo-sous-coccygien : diamètre antéro-postérieur de 9.5 cm. Lors du passage
bi-sciatique du DM.
du foetus par le DI, le coccyx sera refoulé en arrière, c’est la rétropulsion du coccyx,
qui amène le diamètre à 12.5 cm.
• Bi-ischiatique : diamètre horizontal qui relie les tubérosités ischiatiques, de 11 cm.
L’angle formé par par la symphyse pubienne et les tubérosités ischiatiques et appelé ogive
pubienne. Il est de 85 à 90°. Lorsque cet angle est fermé, le foetus a tendance à s’orienter
en arrière plutôt qu’en avant, et rendre le dégagement de la tête beaucoup plus dangereux
pour le périnée postérieur.
6. Mouvements du bassin
6.1. Nutation
Du latin « nutare » qui signifie saluer, il s’agit d’un mouvement de flexion de la hanche
qui fait pivoter la symphyse pubienne vers le haut. Ceci entraine une diminution du PRP,
le rapprochement des ailes iliaques, l’écartement des tubérosités ischiatiques (et donc
l’augmentation du diamètre bi-ischiatique) et le refoulement du coccyx en arrière (et donc
l’augmentation du diamètre sous-pubo-sous-coccygien).
Il s’effectue soit en demandant à la patiente de s’agenouiller puis de se pencher en avant
(comme un salut asiatique), soit en demandant à la patiente en position gynécologique de
relever ses jambes sur son tronc au maximum. Ce mouvement facilite le dégagement du
nouveau-né.
6.2. Contre-nutation
Il s’agit d’un mouvement d’extension des cuisses qui fait pivoter la symphyse pubienne
vers le bas. Ceci entraine une augmentation du PRP, l’écartement des ailes iliaques, le rap-
prochement des tubérosités ischiatiques, et une diminution du diamètre sous-pubo-sous- Il existe d’autres mouvements du bassin
coccygien. Ce mouvement facilite l’engagement du foetus par augmentation du PRP. qui sont réalisés de manière automa-
tique lors du passage du foetus, comme
6.3. Antéversion et rétroversion la rétropulsion du coccyx dont il s’est agi
précédemment.
• Antéversion : elle fait basculer le bassin en avant, facilite la descente et la rotation.
• Rétroversion : elle fait basculer le bassin en arrière, facilite le dégagement.
7. Examen du bassin
L’examen clinique du bassin est systématiquement réalisé à terme. Il répond à trois exi-
gences :
• Il est réalisé à terme (37 SA).
• La patiente doit être installée sur un plan dur, vessie et rectum vides.
• L’exploration doit se faire dans le même ordre.
175
Gynécologie - Obstétrique
Pelvimétrie IRM
• Réalisation de deux coupes transversales.
• Les mesures sont plus précises mais le cout est élevé.
Fig 3.119 Scannopelvimétrie de face, mesure
du Tm
(© Mikael Häggström / Wikimedia Commons / CC-BY-SA)
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18 Epreuve du travail
1. Définitions
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Conditions
• Expliquez l’épreuve du travail et ses étiologies.
3. Contre-indications
4. Conduite à tenir
1. Définition
L’épreuve du travail est une épreuve dynamique qui consiste à confronter la tête fœtale à un bassin maternel limite. L’on ne peut parler
d’épreuve du travail qu’après rupture des membranes. Elle apprécie, sous couvert d’une contractilité utérine normale, l’évolution de la
dilatation du col.
2. Conditions
Il existe des conditions préalables pour tenter la voie basse sur un bassin limite :
• Une dilatation cervicale d’au moins 3 cm.
• Une bonne contractilité utérine, aidée par les utérotoniques si besoin.
• Une tocographie permanente, pour surveiller l’état de contraction utérine et la souffrance fœtale.
• Des membranes rompues.
3. Contre-indications
Les contre-indications à l’épreuve du travail sont également les indications de la césarienne prophylactique.
• Dystocies osseuses :
o Indice de Magnin < 20 cm
o Promonto-rétropubien < 8.5 cm
o Transverse médian < 9.5 cm
o Bi-sciatique < 8 cm
o Asymétrie sacro-cotyloïdienne > 3 cm
• ATCD d’extraction difficile : avec dégâts fœtaux (SFA, lésions…) ou maternels (déchirures) pour des enfants de poids normal.
• Obésité morbide.
• Dépassement de terme : avec conditions cervicales défavorables.
• Rputure prématurée des membranes : avec conditions cervicales défavorables.
• Altération du RCF ou LA teinté.
4. Conduite à tenir
L’épreuve du travail est une épreuve dynamique, où l’on teste la progression du mobile fœtal dans le bassin rétréci. Il faut donc surveiller
la dilatation cervicale et la contractilité utérine.
L’on parle d’épreuve du travail positive si la dilatation est rapide et l’engagement est franc. Dans ce cas la patiente peut accoucher par voie
basse. Dans d’autres cas, l’épreuve peut se dérouler anormalement dans l’une des étapes du travail.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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19 Dystocies osseuses
1. Définitions
2. Classification OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Classifcation anatomique • Expliquez la dystocie osseuse et ses étiologies.
4. Classification étiologique
5. Conséquences obstétricales
1. Définition
La dystocie osseuse est un travail laborieux et difficile, lié à une anomalie osseuse du bassin maternel, pour un fœtus de poids normal. Il
peut s’agir d’une anomalie de forme, d’inclinaison ou de taille, qui peut siéger à n’importe quel étage du bassin obstétrical.
2. Classification
• Anatomique : la plus utilisée.
• Etiologique : de moins en moins utilisée.
• Morphologique : utilisée plutôt en recherche.
3. Classification anatomique
3.1. Bassins symétriques
Détroit supérieur
Type Description
L’on parle de bassin généralement rétréci lorsque les deux diamètres sont diminués.
Excavation
Type Description
Détroit inférieur
Type Description
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Gynécologie - Obstétrique
Fig 3.122 Bassin aplati Fig 3.123 Bassintransversalement Fig 3.124 Redressement du sacrum Fig 3.125 Bassin en hameçon
(©Adam Roumani) rétréci (©Adam Roumani) (©Adam Roumani)
(©Adam Roumani)
4. Classification étiologique
4.1. Anomalies congénitales
Anomalies sacrococcygiennes
Type Description
Anomalies pubiennes
Type Description
Anomalies coxales
Type Description
Protrusion acétabulaire Avec une hanche profonde et une perte de l’amplitude articulaire
Bassin d’adolescente Bassin de petite taille, qui atteint sa taille définitive à 18 ans
180
Dystocies osseuses
5. Conséquences obstétricales
La dystocie osseuse influe grandement sur les phénomènes mécaniques de l’accouchement et notamment sur deux plans :
• L’accommodation de la tête : flexion et asynclitisme…
• La progression dans l’excavation : et ses trois temps.
Descente Les enclavements sont fréquents, la césarienne est à L’enclavement au niveau des épines sciatiques est fré-
envisager. quent.
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Gynécologie - Obstétrique
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20 Grossesse prolongée
1. Définitions
2. Etiopathogénie OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic positif • Expliquer la physiopathologie de la grossesse prolongée, ci-
4. Surveillance ter ses étiologies et déterminer ses éléments de diagnostic
clinique et paraclinique
5. Conséquence
6. Prise en charge
1. Définition
Selon le CNGOF, la grossesse prolongée désigne une grossesse qui dépasse 41 SA. Si elle dépasse 42 SA, il s’agit d’un dépassement de
terme. La grossesse prolongée est considérée comme une grossesse à haut risque, étant donnée la morbi-mortalité périnatale impor-
tante.
2. Etiopathogénie
Le mécanisme des grossesses prolongées est inconnu, d’ailleurs, même le mécanisme de déclenchement du travail est inconnu. A noter
que la « cause » la plus fréquente de grossesse prolongée et de dépassement de terme reste la mauvaise estimation de la date d’accou-
chement, ou une DDR erronée. Cela implique évidemment que la grossesse n’est pas réellement prolongée, et que l’hospitalisation de la
patiente et la surveillance rapprochée est plus ou moins inutile. Les autres causes théoriques sont les suivantes :
• Théorie mécanique : une disproportion fœto-pelvienne peut entrainer une mauvaise stimulation du col de l’utérus et donc une
absence de déclenchement du travail.
• Théorie immunitaire : avec augmentation de l’activité cytotoxique lymphocytaire.
• Théorie hormonale : une perturbation du rapport œstrogènes/progestérone peut être en cause, à noter que les femmes présentant
des cycles irréguliers et des variations de la phase folliculaire sont plus à risque de grossesse prolongée.
• Facteurs fœtaux : l’anencéphalie et l’hypoplasie des surrénales peuvent entrainer une grossesse prolongée par défaut de sécrétion
de précurseurs œstrogéniques.
3. Diagnostic positif
Le diagnostic de grossesse prolongée ne peut être posé que si le début de grossesse est connu précisément.
183
Gynécologie - Obstétrique
4. Surveillance
4.1. Clinique
• Mouvements actifs fœtaux : 3 fois par jour pendant 30 minutes.
• Hauteur utérine : lors d’examens cliniques successifs, à comparer avec la quantité de LA.
• ERCF : afin d’apprécier le bien-être ou la souffrance fœtales.
4.2. Echographique
• Score de Manning : avec ses 4 critères échographiques et son critère ERCF, estime le bien-être fœtal.
• Grades de Grannum du placenta : détermine la sénescence placentaire.
• Doppler fœtal : sa perturbation contre-indique le déclenchement du travail.
Score de Manning
Normal = 1 pt Anormal = 0 pt
Paramètre pendant 30 mn
Au moins 1 épisode d’au moins 30 secondes Absents ou aucun épisode d’au moins 30
Mouvements respiratoires secondes
Au moins 3 mouvements vifs des membres Au moins 2 mouvements des membres
Mouvements globaux
Hospitalisations Macrosomie
Taux de césarienne élevé Souffrance fœtale aiguë
Risque de récurrence Mort in-utéro
Traumatismes périnéaux Morbi-mortalité périnatale.
184
Grossesse prolongée
6. Prise en charge
Elle se base d’abord et avant tout sur la surveillance attentive du bien-être fœtal et de la maturation cervicale, le but optimal étant évi-
demment un déclenchement spontané du travail.
6.1. Surveillance
• Dès 41 SA toutes les 48 h.
• Elle se fait par les éléments de surveillance cités précédemment.
• Le score de Bishop décidera également du déclenchement du travail.
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Gynécologie - Obstétrique
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21 Mécanisme de l'accouchement
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
L’accouchement est un phénomène physiologique très complexe qui aboutit au travail,
puis à l’expulsion du fœtus, et enfin à la délivrance. Il signe la fin de la grossesse.
Le terme de la grossesse est compris entre 38 et 42 SA, selon les cours de la faculté de Mé-
decine d’Alger. Cet intervalle change selon les écoles et les recommandations. La CNGOF
préconise 37 à 41 SA, tandis que chez les anglo-saxons, c’est entre 37 et 42 SA. Ce qui est
sûr, c’est que c’est dans les 9 mois…
La date d’accouchement prévue est calculée par la formule: date des dernières règles + 9
mois + 14 jours.
• Avant 36 SA il s’agit d’un accouchement prématuré.
• Entre 36 et 38 SA il s’agit d’un accouchement près du terme.
• Entre 38 et 41 SA il s’agit d’un accouchement à terme.
• Entre 41 et 42 SA il s’agit d’une grossesse prolongée.
• Après 42 SA il s’agit d’un dépassement de terme.
2. Travail
La notion de travail est complexe à définir, mais il s’agit en gros des phénomènes physiques
qui vont aboutir à l’expulsion du fœtus, il s’agira donc avant tout des contractions utérines
et des modifications du col.
Les critères de début de travail sont :
• Critères formels (obligatoires) : les contractions utérines et l’effacement-dilatation
du col.
• Critères informels (facultatifs) : la formation du segment inférieur, l’émission du bou- Les contractions de pré-travail ou
chon muqueux et l’engagement de la présentation. contractions de Braxton-Hicks sont des
contractions qui aident à la formation
2.1. Contractions du travail du segment inférieur durant le dernier
trimestre de grossesse. Elles sont ir-
Les contractions utérines du travail possèdent 5 caractéristiques bien spécifiques. Il faut
régulières, de faible intensité et passa-
que toutes ces caractéristiques soient réunies afin de parler de contractions du travail.
gères. Elles doivent être différentiées
Elles sont :
des contractions de travail.
• Involontaires : sans efforts maternels.
• Intermittentes : rythmiques, en début de travail elles sont espacées de 15 à 30 mn en
début de travail, et de 2 à 3 mn en fin de travail.
• Totales : intéressant la totalité de la musculature utérine de haut en bas.
• Douloureuses : parfois insupportables, d’intensité croissante.
• Progressives : dans leur durée (de 15 à 30 secondes entre le début et la fin du travail),
leur intensité, et leur fréquence.
187
Gynécologie - Obstétrique
Action Description
Formation et l’ampliation du Durant le dernier trimestre de grossesse se forme le seg-
segment inférieur ment inférieur (SI) qui n’est autre que l’isthme de l’uté-
rus qui va se dilater pour épouser la forme de la présen-
tation, grâce aux contractions de Braxton-Hicks.
L’ampliation du SI aura lieu pendant le travail, sollicité
par la présentation, par amincissement de sa muscula-
ture. C’est un élément de bon pronostic de l’accouche-
ment car il signe souvent l’engagement de la présenta-
tion.
Effacement-dilatation du col L’orifice cervical interne va s’ouvrir peu à peu jusqu’à se
La rupture des membranes peut s’effec- confondre avec la face interne de l’utérus. Le col quant à
tuer à 4 temps différents : lui va se raccourcir jusqu’à fusionner avec la partie basse
- Prématurée : avant le début du travail. du segment inférieur.
3. Expulsions du fœtus
Plusieurs phénomènes entrent en jeu dans l’expulsion du fœtus. Il y a des phénomènes
dynamiques, des phénomènes mécaniques et des phénomènes plastiques.
Si les efforts de poussée maternels du-
rant plus de 30 mn n’aboutissent pas à 3.1. Phénomènes dynamiques
l’expulsion, l’on parlera d’efforts expul- Ce sont les phénomènes physiologiques intervenant dans l’expulsion. Il s’agira notamment
sifs inefficaces, et il faudra intervenir des efforts de poussée maternels associés aux contractions utérines.
afin de faciliter le dégagement.
• Contractions du travail : elles vont aider à la progression du fœtus dans le bassin
• Formation et ampliation du segment inférieur : grâce aux contractions et à la pro-
gression du mobile fœtal qui appuie sur le SI.
• Dilatation du col : idem.
• Efforts de poussée maternels : cette étape est plus rapide chez la multipare.
188
Mécanisme de l'accouchement
Le toucher vaginal peut apprécier la position de la tête par rapport au détroit supérieur avant l’engagement, la position est un élément
pronostic de l’engagement :
• Tête mobile : le TV peut à peine frôler la présentation. La tête peut être refoulée par un mouvement de ballottement. C’est un élé-
ment de mauvais pronostic pour l’engagement.
• Tête appliquée : le TV peut sentir la tête à l’approche du DS et peut légèrement la refouler.
• Tête fixée : le TV ne peut plus refouler la présentation alors qu’elle n’est pas encore engagée. C’est un élément de bon pronostic pour
l’engagement.
189
Gynécologie - Obstétrique
4. Délivrance
C’est la phase d’expulsion des annexes, c’est-à-dire le placenta, les membranes et le cor-
don ombilical. Elle se fait en 3 phases :
Décollement Avec des métrorragies et un déroulement du cordon à la vulve. Le
Fig 3.128 Signe de Demelin
(©Adam Roumani)
plan de clivage du placenta se situe généralement dans l’épaisseur de
la muqueuse utérine, entre la couche compacte et la couche spon-
gieuse. La couche basale va, elle, assurer la régénération de l’endo-
mètre
Expulsion Sous l’action des contractions utérines résiduelles, voire même des ef-
forts expulsifs maternels associés. Selon sa position initiale, le placen-
ta peut être expulsé selon deux modes :
• Le mode Baudeloque : il concerne le placenta normalement in-
séré au niveau de la partie supérieure de l’utérus ou du dôme. Il
descend sous l’effet de la gravité, et c’est la face maternelle qui
apparait en premier à la vulve.
• Le mode Duncan : il concerne le placenta normalement inséré
Fig 3.129 Signe de Faraboeuf
(©Adam Roumani) au niveau des faces latérales de l’utérus ou le placenta praevia.
Il descend par glissement, et c’est la face fœtale qui apparait en
premier à la vulve. Il est plus hémorragique car il y a rétention
des membranes dans l’utérus.
Une révision utérine manuelle peut être nécessaire si l’on soupçonne
une rétention des membranes.
Hémostase Par rétraction utérine qui va colmater les artères spiralées béantes,
puis par les mécanismes normaux de la coagulation, notamment :
• L’augmentation des facteurs de coagulation circulants, et la dimi-
nution des facteurs anticoagulants (antithrombine III), physiolo-
giques durant la grossesse.
• La sécrétion de thromboplastine par le placenta lors de son dé-
Fig 3.130 Modes de délivrance collement (c’est ce même phénomène qui entraine la CIVD du-
(©Adam Roumani)
rant l’hématome rétro-placentaire).
190
22 Présentation du sommet
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
• Définir la présentation du sommet, citer ses étiologies, dé-
2. Diagnostic crire son mécanisme d’accouchement et expliquer les élé-
3. Mécanisme de l’accouchement ments de diagnostic.
1. Introduction
1.1. Définition
La présentation du sommet est une présentation céphalique où le fœtus se présente au
détroit supérieur par la tête en flexion complète. C’est la présentation la plus eutocique
(sans complication) et heureusement la plus fréquente.
1.2. Caractéristiques
• Fréquence : c’est la présentation la plus fréquente.
• Complications : c’est une présentation eutocique.
• Repère : c’est la petite fontanelle (fontanelle postérieure, lambda).
• Diamètre d’engagement : c’est le diamètre sous-occipito-bregmatique de 9,5 cm.
2. Diagnostic
• Utérus ovoïde à grand axe longitudinal.
• Fœtus en position longitudinale.
191
Gynécologie - Obstétrique
3. Mécanisme de l’accouchement
3.1. Phénomènes dynamiques
• Variétés antérieures : l’accouchement se déroule normalement, ce sont des variétés
eutociques.
• Variétés postérieures : l’accouchement est plus difficile, la descente, la rotation et le
Fig 3.133 Diamètres d’engagement dégagement sont ralentis, il existe des anomalies de la contraction utérine, de l’am-
(©Adam Roumani)
pliation du SI et de la dilatation du col utérin.
192
Présentation du sommet
Accouchement de la tête
Engagement • Orientation : le fœtus fait coïncider son diamètre
bi-acrobmial de 120 mm avec le diamètre oblique gauche
du DS qui fait 125 mm.
• Amoindrissement : il effectue un tassement des épaules
qui fait passer le diamètre bi-acromial de 120 mm à 95
mm. Fig 3.139 Maintien de la tête
(©Adam Roumani)
• Engagement proprement dit : engagement des acro-
mions souvent en synclitisme.
Descente et rotation • Descente : suit celle de la tête.
• Rotation : le diamètre bi-acromial devient antéro-posté-
rieur.
Dégagement • Une fois la tête dégagée, l’accoucheur effectue une rota-
tion de restitution (si elle n’a pas déjà été faite spontané-
ment). Fig 3.140 Relèvementdumenton
(©Adam Roumani)
• L’épaule postérieure va effectuer une rétropulsion du
coccyx, augmentant le diamètre vertical du DI vers le
sous-pubo-sacré. Pour l’accouchement du siège, étant
• L’accoucheur tire vers le bas pour dégager l’épaule anté- donné le faible diamètre bi-trochanté-
rieure, puis tire vers le haut pour dégager l’épaule posté- rien de 90 mm, l’engagement, la des-
rieure. Il est essentiel de surveiller le périnée postérieur cente et la rotation, et le dégagement du
à ce stade. siège se font très facilement. L’enfant est
alors saisi sous le siège et se dégage.
3.3. Phénomènes plastiques
L’on peut retrouver des bosses séro-sanguins au sommet de la tête, notamment dans les
variétés postérieures. Elles sont à droite dans les variétés gauches et à gauche dans les
variétés droites. Les déformations osseuses sont rares.
Fig 3.141 Dégagement de la tête Fig 3.142 Dégagement de l’épaule Fig 3.143 Dégagementdel’épaule Fig 3.144 Dégagementdufœtus
(©Adam Roumani) antérieure postérieure (©Adam Roumani)
(©Adam Roumani) (©Adam Roumani)
193
Gynécologie - Obstétrique
Notes
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194
22 Présentation de la face
1. Introduction
2. Etiologies OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic • Définir la présentation de la face, citer ses étiologies, décrire
4. Mécanisme de l’accouchement son mécanisme d’accouchement et expliquer les éléments de
diagnostic.
5. Conduite à tenir
6. Pronostic
1. Introduction
1.1. Définition
La présentation de la face est une présentation céphalique où le fœtus se présente au
détroit supérieur par la tête en déflexion complète. Elle fait partie des présentations dites
céphaliques défléchies qui comprennent :
• La présentation de la face totalement défléchie.
• La présentation du front à 2/3 défléchie.
• La présentation du bregma à 1/3 défléchie.
1.2. Caractéristiques
• Fréquence : c’est une présentation assez rare.
• Repère : c’est le menton.
• Diamètre d’engagement : c’est le diamètre sous-mento-bregmatique de 9,5 cm.
2. Etiologies
Ce sont toutes les pathologies qui empêchent le fœtus de fléchir le cou, ou encore les
pathologies qui font que le fœtus a beaucoup de place, de « champs libre », pour adopter
des positions vicieuses.
195
Gynécologie - Obstétrique
3. Diagnostic
Fig 3.146 Technique de palpation • On palpe des masses molles, correspondant aux joues, les ar-
(©Adam Roumani) cades orbitaires, le nez et la bouche (avec un mouvement de
succion à l’introduction du doigt), ainsi qu’une masse angulaire
correspondant au menton, repère de la présentation. La grande
fontanelle n’est pas perçue dans la présentation de la face.
4. Mécanisme de l’accouchement
4.1. Phénomènes dynamiques
Il existe une mauvaise ampliation du SI et une mauvaise dilatation du col. La poche des
eaux est très souvent rompue précocement. Le travail est lent et laborieux.
Accouchement de la tête
Engagement • Orientation : le fœtus fait coïncider son diamètre synci-
La rotation doit obligatoirement se pito-mentonnier avec le diamètre oblique gauche du DS.
faire en avant et précède la décente. Si • Amoindrissement : il effectue une exagération de la dé-
elle se fait en arrière, le menton ne peut flexion qui va faire passer le diamètre d’engagement vers
pas s’échapper car la distance est trop le diamètre sous-mento-bregmatique qui fait 95 mm.
longue, le fœtus sera donc enclavé. • Engagement proprement dit : au début il se fait aisément,
mais du fait de la solidarisation céphalothoracique, il exis-
tera un second diamètre d’engagement, le présterno-
syncipital, qui fait 135 mm, incompatible avec le DS.
Descente et rotation
• Descente : elle est semblable à celle de la présentation
du sommet. Elle est tout de même plus laborieuse. Une
fois arrivé au diamètre présterno-syncipital, la descente
ne peut plus se faire. Il faut que le menton s’échappe en
avant par la rotation.
• Rotation : le fœtus ramène son menton vers l’avant, avec
une rotation de 45°, d’une part pour diminuer le diamètre
présterno-syncipital, et d’autre part pour fixer le menton
sur la symphyse pubienne, qui servira de point de pivot
Fig 3.148 Rotation de la face pour le dégagement en mento-pubien.
(©Adam Roumani)
196
Présentation de la face
5. Conduite à tenir
La présentation de la face est considérée comme la moins dystocique des présentations Fig 3.150 Enclavement
céphaliques défléchies. L’accouchement se déroule souvent normalement, même dans les (©Adam Roumani)
variétés postérieures si tant est que la face tourne en avant !
6. Pronostic
Même s’il s’agit d’une présentation relativement eutocique, son évolution reste émaillée
de complications :
• Maternel : la mortalité maternelle est exceptionnelle, possible en cas d’enclavement
induisant une rupture utérine. La morbidité est élevée, liée le plus souvent aux lé-
sions périnéales durant le dégagement.
• Fœtal : soit par la survenue d’une procidence du cordon, d’un enclavement (excep-
tionnel) ou suite à des manœuvres obstétricales traumatisantes.
197
Gynécologie - Obstétrique
Notes
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23 Présentation du front
1. Introduction
2. Etiologies OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic • Définir la présentation du front, citer ses étiologies, décrire
4. Mécanisme de l’accouchement son mécanisme d’accouchement et expliquer les éléments de
diagnostic.
5. Conduite à tenir
6. Pronostic
1. Définition
La présentation de la face est une présentation céphalique où le fœtus se présente au dé-
troit supérieur par la tête en 2/3 défléchie, dans une position intermédiaire entre celle du
bregma et celle de la face. Elle fait partie des présentations dites céphaliques défléchies.
La présentation du front sur un bassin
C’est une présentation de travail, c’est-à-dire qu’il arrive parfois que le fœtus soit légère-
normal est une indication formelle à la
ment défléchi avant le travail, mais se transforme en sommet (ou en face) une fois fixé au
césarienne.
détroit supérieur, notamment chez la multipare. On parle donc de présentation du front si
le fœtus adopte toujours cette position quand il est fixé au DS.
1.1. Caractéristiques
• Fréquence : c’est une présentation rare.
• Complications : elle est très dystocique. Elle contre-indique la voie basse, c’est une
indication classique à la césarienne d’emblée (sauf dans certains cas).
• Repère : c’est le nez.
• Diamètre d’engagement : c’est le diamètre syncipito-mentonnier de 13,5 cm.
2. Etiologies
Ce sont les mêmes étiologies que celles de la présentation de la face, auxquelles on ajoute
l’ouverture de la bouche pendant l’engagement.
199
Gynécologie - Obstétrique
• Pôle céphalique : à la partie basse de l’utérus, régulier, dur et arrondi, avec débord sus-symphysaire, et occu-
pant la moitié du DS. L’on peut palper une masse angulaire en fer à cheval, correspondant à la mandibule, en
faveur du diagnostic.
• Pôle podalique : à la partie haute, mou, gros, irrégulier…
• Latéralement : la palpation du dos va retrouver près du pôle céphalique un pas de marche, « un coup de hache
» qui correspond au sillon qui sépare le dos de l’occiput. C’est le signe de Tarnier.
• L’on palpe directement le front, et sus son pourtour, on retrouve une dépression losangique, correspondant au
bregma (seulement sa partie antérieure) d’un côté, une saillie mousse correspondant aux arcades sourcilières
de l’autre côté. L’on palpe également la racine du nez et parfois les narines, mais jamais la bouche ni la petite
fontanelle..
• Radiographie du contenu utérin : permet de poser le diagnostic en mettant en évidence la déflexion de la tête.
• Echographie pelvienne : elle permet de bien visualiser une déflexion de la tête et d’éliminer une malformation
fœtale ou une anomalie utérine.
4. Mécanisme de l’accouchement
4.1. Phénomènes dynamiques
Etant donné l’enclavement dans la partie haute du bassin et l’engagement impossible, il existe une hypercinésie utérine liée à un syn-
drome de lutte, pouvant aller jusqu’à la rupture utérine.
Accouchement de la tête
Engagement
• Orientation : le fœtus oriente son diamètre syncipito-mentonnier (ou syncipito-facial si la bouche est
ouverte) sur le diamètre oblique gauche du DS.
• Amoindrissement : il se fait par tassement, avec aplatissement de l’occiput et du menton.
• Engagement proprement dit : les médecins ont avancé trois hypothèses pour expliquer l’engagement :
o Selon Mangiagalli : l’engagement est asynclite avec passage du menton en premier.
o Selon Polloson : l’engagement est asynclite avec passage de l’occiput en premier.
o Selon Lachapelle : l’engagement se fait par frottement, avec tassement de plus en plus conséquent.
Descente et rotation
• Descente : elle est lente et laborieuse, le tassement continue.
• Rotation : elle se fait le plus souvent en avant, amenant le nez en naso-pubien, derrière la symphyse
pubienne qui servira de point de pivot. Elle peut se faire exceptionnellement en arrière, amenant le nez
en naso-sacré.
Dégagement
Il réalise un mouvement en S avec une flexion suivie d’une déflexion.
• Un mouvement de flexion : autour du nez, ce mouvement fera apparaitre à la vulve le front, le bregma
et le synciput.
• Un mouvement de déflexion : cette fois autour du synciput, qui va se servir du périnée postérieur
comme point du pivot. Il fera apparaitre le nez, la bouche et le menton à la vulve.
• Il faut ensuite réaliser une rotation de restitution, toujours vers le dos.
200
Présentation du front
5. Conduite à tenir
5.1. Chez la primipare
La césarienne est inévitable. L’accouchement par voie basse est contre-indiqué pour un
fœtus de taille et de poids normaux.
Le reste de l’accouchement est iden-
5.2. Chez la multipare tique à celui de la présentation du som-
met.
Les situations sont plus nuancées :
• En l’absence d’enclavement : l’on peut tenter une mobilisation manuelle, en effec-
tuant soit un complément de flexion pour la transformer en sommet, soit un complé-
ment de déflexion pour la transformer en face.
• En cas d’enclavement avec fœtus vivant : il faut effectuer une césarienne prudente.
• En cas de mort fœtale : soit une césarienne, soit une cranioclasie. En pratique l’accouchement s’arrête
souvent au stade d’engagement, avec
un enclavement dans la partie haute de
6. Pronostic l’excavation pelvienne.
Il s’agit d’une présentation très dystocique, émaillée de complications :
• Maternelles : le risque de rupture utérine suite au syndrome de lutte est très éle-
vé, sans oublier les lésions périnéales (notamment à la phase de déflexion durant le
dégagement), ainsi que le risque d’escarre par ischémie des parties molles, voire de
décès quand les saignements sont importants.
• Fœtales : avec risque d’embarrure ou d’hématome extradural liés au tassement, voire
la mort fœtale si l’enclavement dure trop longtemps.
201
Gynécologie - Obstétrique
Notes
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202
24 Présentation du bregma
1. Introduction
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
2. Etiologies
• Définir la présentation du bregma, citer ses étiologies, dé-
3. Diagnostic crire son mécanisme d’accouchement et expliquer les élé-
4. Mécanisme de l’accouchement ments de diagnostic.
5. Conduite à tenir
1. Introduction
1.1. Définition
La présentation de la face est une présentation céphalique où le fœtus se présente au dé-
troit supérieur par la tête en 1/3 défléchie, dans une position intermédiaire entre celle du
sommet et celle du front. Elle est parfois appelée variation bregmatique de la présentation
du front, étant donnée leur grande ressemblance.
1.2. Caractéristiques
• Fréquence : c’est une présentation rare.
• Complications : peu dystocique
• Repère : c’est la grande fontanelle, dite « bregma »
• Diamètre d’engagement : c’est le diamètre occipito-frontal de 12 cm.
2. Etiologies
Ce sont les mêmes étiologies que celles de la présentation de la face, auxquelles on ajoute
l’ouverture de la bouche pendant l’engagement.
2.1. Diagnostic
Les étapes de l’examen clinique et les résultats des examens paracliniques sont identiques
à ceux de la présentation du sommet. Si ce n’est quelques petites différences au toucher
Fig 3.153 Variétés de position
vaginal : (©Adam Roumani)
• Le bregma est palpé dans son intégralité avec ses 4 angles, c’est le signe de la croix.
• Les arcades sourcilières sont parfois retrouvées à dilatation complète.
• La petite fontanelle n’est jamais palpée.
3. Mécanisme de l’accouchement
3.1. Phénomènes dynamiques
C’est une présentation potentiellement dystocique, mais les contractions utérines et la
dilatation du SI se font relativement bien.
203
Gynécologie - Obstétrique
Descente et rotation • Elles se font plus aisément que dans la présentation du front.
Dégagement
Il réalise un mouvement en S avec une flexion suivie d’une déflexion.
• Un mouvement de flexion : autour du front, ce mouvement fera apparaitre à la vulve le front, le bregma
et le synciput.
• Un mouvement de déflexion : cette fois autour du synciput, qui va se servir du périnée postérieur
comme point du pivot. Il fera apparaitre le nez, la bouche et le menton à la vulve.
Il faut ensuite réaliser une rotation de restitution, toujours vers le dos.
Le dégagement en fronto-sacré est exceptionnel.
4. Conduite à tenir
Il faut d’abord faire un diagnostic précoce, et respecter la poche des eaux aussi longtemps que possible. Les lésions périnéales sont fré-
quentes, du fait de la déflexion sur le périnée postérieur durant le dégagement.
• Indications de la césarienne d’emblée : en cas de souffrance fœtale aiguë ou en l’absence d’engagement de la tête.
• En cas de flexion de la tête : il s’agit d’un sommet mal fléchi, avec possibilité d’accouchement par voie basse.
• En cas de déflexion de la tête : s’il s’agit d’un front, il faudra pratiquer une césarienne, s’il s’agit d’une face, la voie basse peut être
tentée si le menton tourne en avant, dans le cas de la rotation en arrière, le risque d’enclavement indique la césarienne.
204
25 Présentation du siège
1. Introduction
2. Etiologies
3. Diagnostic OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
4. Mécanisme de l’accouchement • Définir la présentation du siège, citer ses étiologies, décrire
5. Complications son mécanisme d’accouchement et expliquer les éléments de
diagnostic.
6. Pronostic
7. Conduite à tenir
8. Manoeuvres obstétricales
1.2. Caractéristiques
• Fréquence : c’est une présentation assez rare.
• Complications : c’est une présentation considérée comme eutocique, mais la morbi-
mortalité fœtale reste plus élevée que dans la présentation du sommet.
• Repère : c’est le sacrum.
• Diamètre d’engagement : c’est le diamètre bi-trochantérien de 9,5 cm.
2. Etiologies
Maternelles Annexielles Foetales
Malformations utérines Hydramnios Hydrocéphalie ou anen-
céphalie
Distension pelvienne Brièveté du cordon
Spina bifida
Tumeurs prævia Placenta prævia
Myéloméningocèle
Rétrécissement du DS
Trisomie 13 ou 18
Hyperlordose cervicale
Dolichocéphalie
Prématurité
Grossesses multiples Fig 3.155 Variétés de position
(©Adam Roumani)
205
Gynécologie - Obstétrique
3. Diagnostic
• Au-dessus du DS : siège le pôle podalique, dans le siège complet il s’agit d’une masse large, ferme, irrégulière,
tandis qu’elle est plus ronde et moins volumineuse dans le siège décomplété.
• Au fond utérin : le pôle céphalique est plus petit, dur, arrondi, et ballotant.
• Latéralement : d’un côté la palpation va retrouver un plan convexe et uniforme correspondant au dos.
• Echographie pelvienne : elle permet de poser le diagnostic en cas d’examen clinique difficile peu concluant.
4. Mécanisme de l’accouchement
4.1. Phénomènes dynamiques
Ils sont assez fréquents et doivent faire rechercher et corriger une dystocie :
• Anomalies de l’accommodation : avec une mauvaise ampliation du SI et une dilatation cervicale qui traine dans le temps, parfois
associée à une rupture prématurée de la poche des eaux (attention à la procidence du cordon).
• Anomalies de la contractilité : avec contractions anarchiques du myomètre, voire une hypocinésie, qu’il faut à tout prix corriger par
de l’ocytocine en fin de travail.
Accouchement du siège
Engagement
• Orientation : le fœtus présente son diamètre bi-trochantérien de 9.5 cm au diamètre oblique gauche
du DS.
• Amoindrissement : il se fait par tassement du diamètre sacro-tibial.
• Engagement proprement dit : il se fait de façon synclite.
• Simultanées, elle amène le diamètre bi-trochantérien dans le diamètre antéro-postérieur du DI par une
Descente et rotation
rotation de 45°, vers l’avant dans les variétés antérieures, et vers l’avant dans les variétés postérieures.
Dégagement
• Dans le siège complet : la hanche antérieure se dégage en premier, sous la symphyse pubienne, puis la
hanche postérieure, en parcourant la concavité sacro-coccygienne.
• Dans le siège décomplété : le dégagement est plus difficile car elle est empêchée par l’extension des
membres supérieurs le long du corps en attelle. Parfois il bute contre le périnée sans pouvoir se dégager.
206
Présentation du siège
Descente et rotation • Elle ramène le diamètre bi-acromial sur le diamètre transverse du DI.
Dégagement • Le dos orienté en avant, les épaules se dégagent l’une après l’autre, de façon asynclite.
• Il oriente le diamètre sous-occipito-frontal sur le diamètre oblique gauche du DS. Il se fait en même
Engagement
temps que la descente et la rotation. La tête est fléchie.
Descente et rotation • Elle est de 45° en avant. Elle se fait facilement et rapidement suite aux mouvements des épaules.
• Le sous-occiput se fixe sur la symphyse pubienne qui servira de point de pivot. La tête va se fléchir lente-
Dégagement
ment en faisant apparaitre la face, le front, et enfin l’occiput à la vulve.
5. Complications
5.1. Dystocie dynamique
Il peut s’agir d’une stagnation de la dilatation, une rupture prématurée ou intempestive de la poche des eaux, et son corollaire, la proci-
dence du cordon.
207
Gynécologie - Obstétrique
Pronostic de l’accouchement Le risque majeur de l’accouchement en présentation du siège est la rétention de la tête
dernière. Cet accouchement ne doit donc être ni imposé, ni improvisé, ni subi. Une bonne
connaissance des facteurs pronostics est nécessaire afin de veiller à son bon déroulement,
ou au mieux de prendre la meilleure décision pour le bien être maternel et fœtal.
7. Conduite à tenir
La conduite à tenir est surtout intéressante pendant le travail. En fin de grossesse, le seul geste à réaliser est la version manuelle externe
pour transformer la présentation podalique en présentation céphalique. Ce qui nous intéresse c’est comment réagir pendant le travail.
208
Présentation du siège
8. Manœuvres obstétricales
8.1. Manœuvre de Bracht
Il s’agit d’une manœuvre que l’on réalise pour faciliter le dégagement de la tête dernière,
en l’absence de dystocie, dans le cadre d’une expulsion assistée. Elle doit être réalisée
après :
• Positionnement du fœtus dos en avant.
• Dégagement spontané ou assisté du siège et des épaules.
• Visualisation des omoplates du fœtus.
Fig 3.157 ManoeuvredeBracht
• Fixation du sous-occiput sous la symphyse pubienne. (©Adam Roumani)
209
Gynécologie - Obstétrique
210
Présentation du siège
• Il va placer son pouce dans le creux, et son index et son médius « en attelle » le long de l’axe de l’humérus, puis effectuer un mouve-
ment de bascule vers l’avant, on dit que l’accoucheur « mouche le fœtus ».
• Il va ensuite faire une rotation de 180° pour ramener l’actuel bras antérieur en antérieur. Ce dernier va soit se dégager spontané-
ment, soit nécessiter la même manœuvre que l’autre bras.
• Il finira par une manœuvre de Bracht ou de Mauriceau pour dégager la tête, selon son état de flexion.
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Gynécologie - Obstétrique
1. Notes
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26 Présentation de l'épaule
1. Introduction
2. Etiologies
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Diagnostic
4. Epaule négligée • Définir la présentation transverse, citer ses étiologies, expli-
quer les éléments de diagnostic et sa prise en charge.
5. Complications
6. Pronostic
7. Conduite à tenir
1. Introduction
L’épaule négligée est la complication la
1.1. Définition plus redoutée de la présentation trans-
Il s’agit d’une présentation transversale, dans laquelle ni le pôle podalique, ni le pôle verse.
céphalique ne siègent dans le DS. Elle est donc incompatible avec l’accouchement par voie
basse. Sa complication inéluctable si elle n’est pas prise en charge est l’épaule négligée, qui
met en jeu le pronostic maternel et fœtal.
Il existe plusieurs types de présentations transversales :
• Présentation transverse : le fœtus est dans un axe perpendiculaire à l’axe du bassin.
• Présentation oblique : le fœtus est en biais, avec son siège dans une des fosses
iliaques, et son flanc en regard du DS.
• Présentation de l’épaule : le fœtus est en biais, avec son sommet dans l’une des
fosses iliaques et son épaule en regard du DS.
1.2. Caractéristiques
• Fréquence : c’est une présentation rare.
• Complications : c’est une présentation très dystocique, avec risque d’épaule négligée,
et de rupture utérine.
• Repère : c’est l’acromion et le dos.
2. Etiologies
Elle est est due à un défaut d’accommodation du fœtus à la cavité utérine.
3. Diagnostic
• Echographie pelvienne : elle permet de poser le diagnostic en cas d’examen clinique difficile peu concluant, et
recherche également une étiologie.
4. Epaule négligée
C’est la complication la plus fréquente et la plus redoutée de la présentation de l’épaule qui a été « négligée », qu’on a laissé évoluer. Il
s’agit souvent de patientes amenées en urgence dans cet état, dans le cadre d’une épaule méconnue, non diagnostiquée.
214
Présentation de l'épaule
Déroulement La rétraction utérine fait suite à une phase d’hypercinésie, liée à la tentative infructueuse
d’engagement de la présentation. Le fœtus va se tasser dans l’excavation, son cou va s’al-
longer, mettant à mal la circulation cérébrale, et aboutissant in fine à une souffrance fœtale
aiguë, et donc la mort fœtale.
Il y aura ensuite un syndrome de lutte, puis de pré-rupture utérine, et enfin une rupture
utérine par éclatement du segment inférieur. La mère va entrer en état de choc hémorra-
gique, entrainant le décès.
5. Pronostic
Si la présentation est diagnostiquée rapidement, avant le stade d’épaule négligée, le pronostic maternel et fœtal est globalement bon.
Autrement, le pronostic va dépendre de la précocité du diagnostic et des éventuelles complications. La morbi-mortalité fœto-maternelle
reste non négligeable dans l’épaule négligée.
6. Conduite à tenir
Avant le travail • Version par manœuvre externe (VME) à 38 SA : suivie d’un déclenchement du travail
si c’est réussi, ou d’une césarienne si ça échoue. Elle n’est indiquée que chez la multi-
pare en cas de présentation accidentelle.
• Césarienne d’emblée : en cas d’obstacle à la voie basse.
Pendant le travail • Conversion en siège par version par manœuvre interne (VMI) : suivie d’une grande
extraction de siège, elle ne doit être réalisée que si toutes les conditions suivantes sont
réunies :
o Dilatation complète.
o Membranes intactes.
o Utérus sain et souple.
o Absence d’anomalies obstétricales.
• Césarienne d’emblée : si les conditions ne sont pas réunies.
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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27 Incompatibilité rhésus
1. Introduction
2. Physiopathologie OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Dépistage
• Connaître l’aspect physiopathologie de l’incompatibilité san-
4. Evaluation du risque guine fœto-maternelle et ses conséquences.
5. Prise en charge
6. Prévention
1. Introduction
L’allo-immunisation sanguine fœto-maternelle désigne la synthèse d’allo-anticorps maternels contre des antigènes des cellules sanguines
du fœtus. Il peut s’agir d’antigènes érythrocytaires ou plus rarement plaquettaires. Actuellement, la plus fréquente est l’allo-immunisation
anti-D.
2. Physiopathologie
2.1. Allo-immunisation gravidique
L’allo-immunisation érythrocytaire fœto-maternelle se voit chez les mères rhésus négatif, porteuses d’un fœtus rhésus positif. Durant
cette première grossesse, il y aura passage accidentel d’hématies fœtales dans la circulation maternelle. La mère va de ce fait produire
des allo-anticorps de type IgM, qui ne passent pas la barrière placentaire. Ce qui explique pourquoi le premier enfant n’est pas atteint.
Au cours des grossesses ultérieures de fœtus rhésus positif, il y aura réponse immune secondaire, rapide et puissante, par synthèse
d’allo-anticorps de type IgG, qui eux peuvent traverser la barrière placentaire. Ils vont se fixer sur les hématies fœtales et entrainer une
hémolyse, avec ses deux complications : l’anémie et l’hyperbilirubinémie qui perdurent. Si l’anémie baisse en dessous d’une valeur de 7
g/dL, il y aura augmentation de la viscosité sanguine avec anomalies du RCF.
L’hémolyse va stimuler l’érythropoïèse compensatrice fœtale et notamment au niveau du foie. Il y aura apparition de nouveaux ilots
hématopoïétiques, aux dépens du parenchyme hépatique fonctionnel. La synthèse protéique va diminuer, la pression oncotique va éga-
lement diminuer. Il en résulte une fuite plasmatique vers le tissu conjonctif et vers les séreuses, ainsi qu’un syndrome d’hypertension
portale. Ce tableau évolue in fine vers une anasarque fœto-placentaire, avec risque de mort in-utero.
A la naissance, le fœtus ne pourra pas éliminer l’intégralité de l’excès en bilirubine. Si son taux dépasse les
200 mg/L, elle qui peut être à l’origine d’un ictère nucléaire, c’est-à-dire l’accumulation de bilirubine au niveau des noyaux gris centraux,
du thalamus, du cervelet et du tronc cérébral, avec persistance de séquelles neurologiques graves.
3. Dépistage
Il doit se faire chez toute femme enceinte avec des antécédents d’ictère néonatal, d’anasarque ou de mort in utero dans des grossesses
précédentes. Il se fait en deux étapes :
• Test de Coombs indirect : Il correspond à la recherche d’anticorps anti globules rouges dans le sang maternel.
o Chez les femmes Rhésus négatif : à la première consultation de grossesse, aux 6e, 8e et 9e mois, ainsi qu’à l’accouchement.
o Chez les femmes Rhésus positif : à la première consultation de grossesse et au 9e mois. S’il existe un antécédent de transfusion,
il faudra refaire les tests suivant le même schéma qu’une femme rhésus négatif.
• Identification de l’antigène : La plupart des cas d’allo-immunisation fœto-maternelle sont liées à la présence d’anticorps anti-D, les
anti-c, anti-Kell et anti-E sont également mis en cause dans les cas graves.
217
Gynécologie - Obstétrique
L’interrogatoire recherche des antécédents de transfusion ou des antécédents d’allo-immunisation Rhésus lors des
grossesses précédentes.
L’examen clinique estime la vitalité fœtale, et recherche une décompensation anémique ou un excès de liquide
amniotique.
Elle doit être réalisée tous les 15 jours à la recherche de signes d’anémie fœtale ou au pire d’un tableau d’anasarque :
• Hydramnios
• Hépatomégalie
• Diminution de la mobilité fœtale
• Œdèmes
• Anomalies au Doppler ombilical et cérébral.
• Titrage du taux d’anticorps : c’est la plus grande dilution qui permet l’agglutination.
• Dosage pondéral : il détermine la concentration d’anticorps. Un taux supérieur à 1 µg impose une surveillance.
• Amniocentèse : pour mesurer la bilirubinémie, elle a été abandonnée.
• Ponction de sang fœtal : à but diagnostique et thérapeutique.
5. Prise en charge
5.1. Accouchement prématuré
• Par césarienne programmée ou déclenchement du travail après 34 SA.
• Penser à une corticothérapie prénatale avant 34 SA.
6. Prévention
Elle consiste à injecter des γ-globulines anti-D chez des femmes Rh- enceintes de fœtus Rh+ systématiquement dans toute situation à
risque de passage de sang fœtal dans la circulation maternelle (HRP, placenta prævia, hémorragie maternelle etc…).
Garder en tête que toutes les causes d’hémorragies de la grossesse doivent indiquer une prévention de l’allo-immunisation, même les hé-
morragies du premier trimestre. Il faut également penser à toutes les manœuvres et autres examens sur le tractus, tels que les biopsies,
les cerclages, les IVG, les amniocentèses, ainsi que les traumatismes abdominopelviens de la femme.
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27 Hémorragie du postpartum
1. Introduction OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Introduction
L’hémorragie du postpartum (HPP) ou hémorragie de la délivrance, désigne une perte de
sang > 500 mL dans les 24 h après l’accouchement, quelle que soit la voie d’accouchement.
Elle complique 5 % des grossesses, et représente une complication grave et redoutée de
l’accouchement, étant donnée la morbi-mortalité maternelle très élevée dans le monde.
L’on parle d’HPP grave dans les situations suivantes :
• Perte sanguine ≥ 1000 mL. L’HPP peut entrainer un stress
• HPP ayant nécessité une transfusion sanguine, ou un transfert en réanimation. post-traumatique important. Elle peut
récidiver lors de grossesses ultérieures.
• HPP ayant nécessité un geste chirurgical d’hémostase.
• HPP ayant entrainé une CIVD.
• HPP ayant entrainé le décès maternel.
2. Facteurs de risque
• Comorbidités : anémie, coagulopathies, afibrinogénémie…
• Facteurs de risque d’atonie utérine : distension utérine, multiparité, travail long, cho-
rioamniotite, prise de bétabloquants…
• Facteurs de risque de rétraction utérine : rétention placentaire, fibromes, placenta
accréta…
• Troubles acquis de l’hémostase : HRP, MIU…
• Autres : utérus cicatriciel, accouchement par césarienne.
3. Etiologies
Etiologie Description
Elle est indolore, rapidement massive, parfois occultée
par le remplissage de l’utérus par le sang. A la palpation
Atonie utérine l’on retrouve une hauteur utérine qui augmente aux exa-
mens successifs, associée à un syndrome hémorragique.
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Gynécologie - Obstétrique
Il s’agit d’un retournement de la surface utérine interne vers l’extérieure. Elle entraine des
Inversion utérine douleurs abdominales atroces, une hémorragie abondante, voire un état de choc. La réduc-
tion doit se faire en urgence.
Peut passer inaperçue, notamment sur cicatrice utérine. Elle peut être de découverte for-
Rupture utérine
tuite dans le cadre d’une révision utérine sur utérus cicatriciel.
C’est un facteur de risque, mais également une étiologie, si elle est associée à une préé-
Césarienne clampsie, à un travail anarchique, à des ATCD d’HPP ou encore à des hémorragies du 3e
trimestre.
4. Prise en charge
4.1. Prévention
La surveillance est la pierre angulaire de la prise en charge, car elle permet d’éviter l’évolution vers une HPP grave. Elle est basée sur :
• Les signes généraux, la pression artérielle, la fréquence cardiaque…
• L’involution utérine, la recherche d’un globe utérin.
• La mesure des pertes sanguines par voie vaginale par un sac de recueil.
220
28 Suites de couches
1. Définition
2. Phénomènes physiologiques OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
3. Prise en charge
• Déterminer la prise en charge des suites de couches physiolo-
4. Fièvre dans le postpartum giques et pathologiques
5. Hémorragie dans le postpartum
6. Thrombose dans le postpartum
1. Définition
Les suites de couches sont la période qui s’étend de deux heures après l’accouchement jusqu’au retour des menstruations. Elle dure en
moyenne 45 jours (sans contraception). C’est une période émaillée de complications qui nécessite une surveillance rapprochée. Elles sont
divisées en trois périodes :
• Postpartum précoce : les 2 heures après l’accouchement.
• Hospitalisation en suites de couches : de 3 à 5 jours.
• Postpartum tardif : de la sortie de la maternité jusqu’au retour des règles.
Appareil urinaire • Crise urinaire : dans les premiers jours, liée à une mauvaise rétraction utérine.
• Incontinence urinaire : également transitoire.
Appareil digestif
• Appétit : l’alimentation peut être reprise 2 h après l’accouchement, l’appétit peut être
augmenté en cas d’allaitement.
• Constipation : fréquente et transitoire.
Peau et phanères
• Angiomes stellaires : disparaissent après quelques semaines.
• Mélasma : c’est le masque de grossesse qui régresse, voire disparait après quelques
mois.
• Cheveux et poils : chute de cheveux transitoire parallèle à une hyperpilosité pubienne,
des membres et de la ligne médiane.
• Vergetures : elles deviennent pâles mais ne disparaissent jamais.
221
Gynécologie - Obstétrique
Etat psychique (baby blues) • Epuisement physique et psychique entre le 3e et le 5e jour du postpartum.
• Troubles du sommeil.
• Irritabilité, fatigue…
Variations hormonales Dès l’accouchement, il y aura une chute brutale des hormones placentaires notamment les
œstrogènes et la progestérone, avec une forte élévation du taux de prolactine.
• Absence d’allaitement : le taux de prolactine baisse progressivement jusqu’à dispa-
raitre au bout de 10 à 12 jours, pour laisser place à une augmentation de FSH qui
induit la sécrétion d’œstrogènes, et une augmentation du taux de LH qui va entrainer
l’ovulation vers 45 jours après l’accouchement.
• Allaitement : le taux de prolactine subit de spics sous la stimulation des tétées du nour-
risson. Ce phénomène se maintient un moment puis disparait au bout de deux mois.
Le taux de prolactine va ensuite se stabiliser pour laisser place à l’axe hypothalamo-
hypophyso-gonadique normal, permettant le retour des règles dès 4 mois.
Variations biologiques
• Retour des taux de lipides, de protéines, de globules rouges et de globules blancs à la
normale.
• Persistance de l’hypercoagulabilité pendant le premier mois.
Paramètre Description
Asthénie fréquente, en raison de la fatigue liée à l’accouchement, parfois vertiges, pâleur… Penser au
Etat général
traitement martial pour traiter l’anémie.
Vérifier l’absence de tension mammaire, la souplesse des seins, et l’absence de rougeurs ou de cre-
Examen des seins
vasses chez la femme allaitante.
• Au bout d’une semaine, l’utérus est à mi-distance entre l’ombilic et la symphyse pubienne, indo-
lore à la palpation.
Utérus • Après 15 jours il retrouve sa taille normale.
• Sensation de contractions utérines des suites de couches que l’on appelle les tranchées, parfois
intenses et douloureuses.
Ce sont des écoulements provenant de la plaie placentaire, d’aspect sanglants, puis séro-sanglants,
Lochies
puis séreux, puis disparaissent vers le 15e jour.
• Rechercher une rétention d’urine pouvant nécessiter un sondage, ou des signes du bas appareil
urinaire, notamment des brûlures, pouvant nécessiter un ECBU.
Fonctions d’élimination • Rechercher un arrêt des matières qui dure plus de 3 jours. Une exonération
• intestinale précoce peut être favorisée par la marche, les mesures diététiques voire la prise de
laxatifs.
Il faut faire un examen quotidien, comparatif et symétrique des membres inférieurs, vérifier le ballot-
tement du mollet, le signe de Homans (peu sensible et peu spécifique), l’apparition d’une rougeur ou
Coagulation
d’un œdème. Il faut favoriser le lever précoce et la mobilisation active des membres pour prévenir les
phlébites.
222
Suites de couches
Favoriser les interactions précoces, la participation aux soins de l’enfant, et insister sur la communica-
Etat psychique tion. En cas de baby blues, il est nécessaire d’expliquer à la mère le caractère bénin du trouble, et ne
pas hésiter à conseiller et à soutenir la mère lors des soins quotidiens.
Si la mère est Rh- et le fœtus Rh+, il faut penser à la prévention l’allo-immunisation Rhésus dans les 72
Allo-immunisation
h suivant l’accouchement
Infection urinaire
223
Gynécologie - Obstétrique
Inflammation mammaire
• Début précoce avec la montée • Début 5 à 10 jours après l’ac- • Début tardif entre 10 à 15 jours
laiteuse couchement du postpartum
• Fébricule à 38° • Fièvre élevée, frissons • Fièvre modérée
• Douleurs mammaires bilaté- • Douleurs mammaires unilaté- • Douleurs mammaires unilaté-
rales rales rales
Intertie utérine
• Facteurs favorisants : multiparité, accouchement dystocique, RPM, toute cause de distension utérine
(grossesse multiple, hydramnios…).
• Début précoce dans les 3 premiers jours.
Endométrite hémorragique
• Fièvre.
• Mauvaise involution utérine.
• Douleur à la mobilisation.
• Lochies malodorantes.
224
Suites de couches
Rétention utérine
• Examen clinique pauvre, pas de lochies malodorantes, pas de douleurs pelviennes, pas de fièvre…
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Gynécologie - Obstétrique
Notes
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