Abrégé - Orientation Diagnostique
Abrégé - Orientation Diagnostique
O RIENTATION
DIAGNOSTIQUE DEVANT
Partie 3 du programme
de DCEM2-DCEM4
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page II Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
O RIENTATION
DIAGNOSTIQUE
DEVANT
Partie 3 du programme
de DCEM2-DCEM4
Sous la direction de
Jean-Marie ANTOINE
Professeur des universités à la faculté de médecine Pierre et Marie Curie
(université Paris-V), praticien hospitalier au sein du service de gynécologie-obstétrique
et médecine de la reproduction de l’hôpital Tenon (Paris)
Bernard GAY
Professeur de médecine générale à l’université Victor Segalen (Bordeaux 2),
médecin généraliste, membre du Collège national des généralistes enseignants
Bruno HOUSSET
Professeur à la faculté de médecine de Créteil (université Paris-XII), chef du service
de pneumologie du centre hospitalier intercommunal de Créteil
Bruno VARET
Professeur à la faculté de médecine Pierre et Marie Curie (université Paris-V), chef
du service d’hématologie Adultes de l’hôpital Necker-Enfants malades (Paris)
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page IV Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays.
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit des
pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l’autorisation de l’éditeur est illicite et constitue
une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage
privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et d’autre part, les courtes citations jus-
tifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées
(art. L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle).
Éditorial
Jean-Marie Antoine
Bernard Gay
Bruno Housset
Bruno Varet
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
V
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page VI Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Collaborateurs
VI
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page VII Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Collaborateurs
Éric Rondeau, professeur des universités, praticien Mathieu Zuber, professeur, service de neurologie,
hospitalier, chef du service d’urgences néphrologiques unité neurovasculaire, hôpital Sainte-Anne (Paris),
et transplantation rénale, hôpital Tenon (Paris). membre du Collège des enseignants de neurologie.
Morgan Rouprêt, Ancien interne des Hôpitaux de Comité de relecture
Paris, médaille d’or de chirurgie, chef de clinique Jean-Marie Antoine, professeur des universités à la
assistant, la Pitié-Salpêtrière (Paris). faculté de médecine Pierre et Marie Curie (université
Stéphanie Russel, cardiologue-assistant, hôpital Foch Paris-V), praticien hospitalier au sein du service de
(Suresnes). gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduc-
Thierry Schaeverbeke, professeur en rhumatologie, tion de l’hôpital Tenon (Paris).
praticien hospitalier, CHU Pellegrin-Tondu (Bor- Jean-Louis Demeaux, professeur de médecine géné-
deaux). rale à l’université Victor Segalen (Bordeaux 2), méde-
Gisèle Soubrane, professeur des universités, praticien cin généraliste, membre du Collège national des géné-
hospitalier, service d’ophtalmologie, centre hospitalier ralistes enseignants.
intercommunal de Créteil. Bernard Gay, professeur de médecine générale à
Assem Soueidan, maître de conférences en univer- l’université Victor Segalen (Bordeaux 2), médecin
sité, praticien hospitalier, PhD HDR, UFR d’odonto- généraliste, membre du Collège national des généra-
logie, CHU de Nantes. listes enseignants.
Eric Souied, ancien chef de clinique, praticien hospita- Bruno Housset, professeur à la faculté de médecine
lier, service d’ophtalmologie, centre hospitalier inter- de Créteil (université Paris-XII), chef du service de
communal de Créteil. pneumologie du centre hospitalier intercommunal de
Margaret Sterkers, praticien hospitalier, service Créteil.
d’ophtalmologie, centre hospitalier intercommunal de Dominique Huas, professeur de médecine générale à
Créteil. la faculté de médecine Paris-VII – Denis-Diderot,
Alain Taïeb, professeur, service de dermatologie et médecin généraliste, membre du Collège national des
dermatologie pédiatrique, centre de référence des généralistes enseignants.
maladies rares de la peau, hôpitaux Saint-André et Claude Rougeron, docteur ès sciences, professeur asso-
Pellegrin (Bordeaux). cié de médecine générale à la faculté de médecine Paris
Bruno Varet, professeur à la faculté de médecine Ile-de-France-Ouest (université de Versailles Saint-
Pierre et Marie Curie (université Paris-V), chef du Quentin-en-Yvelines), médecin généraliste, membre du
service d’hématologie Adultes de l’hôpital Necker- Collège national des généralistes enseignants.
Enfants malades (Paris). Bruno Varet, professeur à la faculté de médecine
Frank Zerbib, professeur des universités, praticien Pierre et Marie Curie (université Paris-V), chef du
hospitalier, service d’hépato-gastroentérologie, hôpital service d’hématologie Adultes de l’hôpital Necker-
Saint-André (Bordeaux). Enfants malades (Paris).
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
VII
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page VIII Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
VIII
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page IX Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Aménorrhée secondaire 15
IX
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page X Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
X
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XI Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
XI
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XII Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
XII
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XIII Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Dystonies 93
Autres mouvements anormaux 93
XIII
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XIV Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
XIV
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XV Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
XV
111632NBS_ORIENT_PDD.fm Page XVI Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
XVI
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 1 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
291
Adénopathie superficielle
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant une adénopathie superficielle, argumentez les principales hypothèses diagnostiques
et justifiez les examens complémentaires pertinents.
Deux situations diagnostiques doivent être distin- arguments peuvent venir de l’hémogramme, montrant
guées : une hyperleucocytose avec polynucléose neutrophile,
– l’adénopathie ou les adénopathies (est) sont locali- et de l’association de signes inflammatoires (accéléra-
sée(s) ; tion de la VS, augmentation de la CRP). La ponction
– les adénopathies sont de localisations multiples ganglionnaire est utile lorsqu’elle ramène un liquide
(« polyadénopathies »). purulent et que l’examen bactériologique permet
d’identifier un germe.
La mise en évidence d’une lésion probablement cancé-
reuse à l’origine de l’adénopathie est souvent confor-
I. ADÉNOPATHIE LOCALISÉE tée, voire précédée par le résultat de la ponction gan-
glionnaire, mettant en évidence la présence de cellules
A. Recherche d’une cause locale extrahématopoïétiques.
C’est la première hypothèse à évoquer. Cette recher-
che consiste à explorer cliniquement les aires drainées B. En l’absence de cause locale
par cette adénopathie. Il est donc indispensable de Les hypothèses générales essentielles restent les mêmes,
connaître les aires de drainage des différents ganglions infectieuses ou tumorales.
en fonction de leur localisation. Les pièges les plus Les explorations pertinentes sont alors l’hémo-
importants à connaître sont : gramme, la vitesse de sédimentation, l’intradermo-
– l’origine ORL, notamment pharyngée des adéno- réaction à la tuberculine et la sérologie de toxoplas-
pathies jugulocarotidiennes ou sous-angulomaxil- mose.
laires ; La présence d’une polynucléose neutrophile avec un
– l’origine thyroïdienne d’adénopathies jugulocaroti- syndrome inflammatoire biologique est en fait peu
diennes, notamment moyennes ; discriminante entre les deux grandes catégories
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
matoire). Si la cause locale n’est pas évidente, d’autres altérés) dans lequel l’examen bactériologique
1
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 2 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
permet d’identifier éventuellement un germe res- Elle permet parfois de découvrir une pathologie rare
ponsable ; (sarcoïdose, Castleman…) voire une lésion non gan-
• la présence d’une nécrose acellulaire évocatrice glionnaire.
d’une tuberculose, que la recherche de BK à
l’examen direct et en culture permet d’étayer
(néanmoins en l’absence de BK, la biopsie gan- II. POLYADÉNOPATHIE
glionnaire reste l’examen le plus rapidement dis-
criminant) ; L’hypothèse d’une cause locale peut être par définition
– des cellules extrahématopoïétiques tumorales de exclue.
métastase de cancer : L’hémogramme est l’examen essentiel, qui permet
• ORL, thyroïdien, ou de la langue, à l’origine d’un
d’emblée d’orienter ou d’affirmer certains diagnos-
ganglion jugulocarotidien ; tics :
• digestif, pelvien ou mammaire, à l’origine d’un
– hyperlymphocytose, évocatrice d’un syndrome
ganglion sus-claviculaire ; lymphoprolifératif, au premier chef la leucémie
• mammaire, à l’origine d’un ganglion axillaire ;
lymphoïde chronique. Il peut s’agir également
d’autres pathologies lymphoïdes, leucémisées où, à
• du canal anal ou des organes génitaux externes, à
la différence la leucémie lymphoïde chronique, les
l’origine d’un ganglion inguinal ; ganglions sont plus souvent asymétriques. Dans
– des cellules évocatrices de lymphome hodgkinien tous les cas, le diagnostic différentiel repose sur
ou non hodgkinien dont la confirmation impose la l’aspect morphologique des lymphocytes et surtout
biopsie ganglionnaire ; sur l’immunophénotype entre les mains de spécia-
– un aspect inflammatoire en principe rassurant mais listes ;
dont il faut se méfier si la recherche renouvelée d’un – blastes d’une leucémie aiguë, diagnostic à confirmer
point de départ est négative avec une sérologie de par le myélogramme ;
toxoplasmose soit négative, soit ancienne (écartant – syndrome mononucléosique, dont il faut recher-
cette hypothèse). Si, malgré ce caractère rassurant, cher l’étiologie (voir item 334 « Syndrome mono-
l’adénopathie ne régresse pas en un mois environ, il nucléosique », page 126 ;
faut impérativement la biopsier ; – pancytopénie sans autre anomalie significative. Le
– un aspect non ganglionnaire mais bénin d’un kyste myélogramme est alors indispensable, l’hypothèse
épidermoïde cervical, qui justifie une intervention d’une hémopathie maligne étant la plus vraisem-
d’exérèse ou de la graisse d’un lipome de consis- blable (lymphome ganglionnaire avec localisation
tance atypique. médullaire ou leucémie aiguë sans passage de blastes
dans le sang).
C. Cas incertains Si l’hémogramme n’apporte pas d’élément diagnosti-
Dans tous les cas incertains, c’est la biopsie ganglion- que, il faut penser systématiquement aux hypothèses
naire qui est l’élément essentiel du diagnostic. Elle suivantes :
doit être réalisée soit pour confirmer un diagnostic – une infection VIH : l’examen pertinent est la sérolo-
cytologique probable (notamment lymphome hodgki- gie. La ponction ganglionnaire reste indispensable
nien ou non hodgkinien), soit en l’absence d’orienta- pour différencier l’aspect inflammatoire d’adénopa-
tion diagnostique sur la cytologie. thies banales associées à l’infection VIH, un possible
Cette biopsie, qui est généralement un geste chirur- lymphome non hodgkinien, un syndrome de Castel-
gical simple, doit néanmoins être réalisée dans les mann… La biopsie tranche dans le doute ;
meilleures conditions techniques. Le laboratoire – la toxoplasmose, beaucoup moins probable qu’en
d’anatomie pathologique, qui doit en être destina- cas d’adénopathie localisée : l’examen pertinent est
taire dans les meilleurs délais, peut ainsi répartir les la sérologie, qui permet d’affirmer le diagnostic si
échantillons du prélèvement en fonction du contexte elle montre des IgM antitoxoplasme ;
vers les laboratoires de bactériologie (en cas de – une pathologie maligne sans retentissement sur
suspicion d’infection), de biologie moléculaire, de l’hémogramme : maladie de Hodgkin, lymphome
cytogénétique et surtout réaliser de façon systémati- non hodgkinien, plus rarement métastases de cancer.
que la congélation du prélèvement dans une tumoro- Le premier examen est la ponction ganglionnaire qui
thèque, dans l’hypothèse d’une pathologie néopla- permet un diagnostic d’orientation, à confirmer le
sique. plus souvent par la biopsie ganglionnaire ;
2
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 3 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
À noter qu’il faut éviter de biopsier les ganglions ingui- Cas particulier : la « maladie des griffes du chat »
naux compte tenu du caractère souvent fibreux des
adénopathies inguinales. Cette infection bactérienne à Bartonello henselae peut
être inoculée par les griffures d’un chat mais également
par celles des épines d’un rosier. Ce diagnostic est très
– il peut s’agir d’une pathologie infectieuse virale, souvent évoqué à tort compte tenu de la fréquence des
sans anomalie de l’hémogramme, ce qui est rare. chats dans les foyers français. Il repose en fait moins sur
cette notion banale ou sur l’existence de griffures du chat
Dans cette hypothèse, les adénopathies régressent que sur les caractéristiques du ganglion, très rapidement
spontanément. Dans le cas contraire, la ponction et la inflammatoire. L’aspect cytologique est souvent très évo-
biopsie ganglionnaire sont indispensables pour affir- cateur avec un aspect de suppuration précoce alors que
mer un diagnostic. les recherches bactériologiques classiques sont négatives.
L’évolution peut se faire vers la fistulisation spontanée,
avant même que le diagnostic ait été affirmé. La régres-
sion survient spontanément en 2 à 6 mois chez l’immu-
nocompétent et pourrait être accélérée par un traite-
ment par macrolides (azithromycine).
Une patiente de 30 ans est adressée pour adénopa- jugulocarotidien moyen d’environ 2 cm de diamètre,
thies cervicales. Elle est conseillère en formation. Elle de consistance élastique, non adhérent, non inflam-
a dans ses antécédents une avulsion de dents de matoire et non douloureux.
sagesse, il y a 10 ans, de l’asthme de l’enfance associé * 1. Quelle(s) conclusion(s) portez-vous sur cet
à des allergies diverses. Elle est mariée, sans enfant. hémogramme ?
Elle a trois sœurs bien portantes. Elle prend d’une
façon habituelle un traitement antihistaminique et * 2. Que recherchez-vous à l’examen clinique ?
une pilule contraceptive. * 3. Quelle conclusion tirez-vous du résultat de
Elle a constaté un mois avant de consulter son méde- la sérologie de la toxoplasmose ?
cin traitant, il y a 3 semaines, l’apparition d’un gan-
glion jugulocarotidien moyen gauche, qui est resté * 4. Que pensez-vous de la prescription du MNI
stable depuis. Test et de la sérologie EBV dans le contexte pré-
Son médecin traitant lui a fait faire un hémogramme cis de cette patiente ?
qui montre : hémoglobine = 12 g/dL, VGM = 87 µ3, * 5. Vous retrouvez à l’interrogatoire la notion
CCMH = 33 %, leucocytes = 4 500/mm3, polynucléai- que la patiente a un chat. Pensez-vous qu’il
res neutrophiles = 40 %, polynucléaires éosinophi- puisse s’agir d’une maladie des griffes du
les = 6 %, lymphocytes = 44 %, monocytes = 10 %, chat ?
plaquettes = 155 000/mm3, une vitesse de sédimenta-
* 6. Vous réalisez ou faites réaliser une ponction
tion qui est à 8 à la première heure, une CRP à 3/mg,
ganglionnaire avec examen cytologique du frot-
des transaminases normales, un MNI Test qui est
tis. La ponction ramène du tissu ganglionnaire et
négatif, une sérologie EBV qui est négative, une séro-
pas de pus. L’examen du frottis montre un
logie de la toxoplasmose qui montre des anticorps
aspect inflammatoire avec des macrophages,
IgG présents et l’absence d’anticorps IgM. La radio-
des lymphocytes, des plasmocytes. Aspect non
graphie pulmonaire est normale.
diagnostique. Que faites-vous ?
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
3
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 4 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
292
Algies pelviennes chez la femme
Jean-Marie Antoine
O BJECTIF
* Devant des algies pelviennes chez la femme, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Les algies pelviennes sont une des causes les plus fré- • rapports sexuels : dyspareunie superficielle ou pro-
quentes de consultation gynécologique. fonde ;
Elles peuvent révéler de très nombreuses pathologies • intervention chirurgicale : adhérences ;
aiguë ; les ;
– le caractère rythmé ou non par les règles : syndrome – la palpation abdominale : douleur, défense, contrac-
prémenstruel, dysménorrhée, syndrome intermens- ture ;
truel ; – la palpation des fosses lombaires ;
– le siège de la douleur et ses irradiations ; – l’examen gynécologique :
– les facteurs déclenchants : • spéculum : tumeur, inflammation, infection ;
4
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 5 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
triose pelvienne, d’infection chronique ou de • soutien psychothérapique, lorsque les facteurs psy-
Une femme de 25 ans, sans enfant, consulte pour * 2. Existe-t-il des examens biologiques et
douleurs pelviennes chroniques et dyspareunie. Elle a d’imagerie en mesure de renforcer cette hypo-
des antécédents de péritonite appendiculaire opérée thèse ?
à l’âge de 12 ans, a souffert au cours des années sui- * 3. Comment en apporter finalement la
vantes de deux épisodes sub-occlusifs. Elle est traitée
preuve ?
pour hypothyroïdie par lévothyroxine.
Elle a des rapports réguliers non protégés depuis * 4. Quelles sont les principales localisations
18 mois et n’a consulté un gynécologue qu’une fois il génitales et extragénitales de cette maladie ?
y a 6 mois. Les frottis à cette date étaient normaux. * 5. Quelles sont les principales méthodes théra-
Les dernières règles, normales mais douloureuses, peutiques de l’endométriose génitale ?
remontent à 3 semaines.
* 6. Comment schématiser leurs indications en
* 1. Devant ce tableau, quels éléments apportés
fonction de la sévérité de cette pathologie ?
par l’interrogatoire et l’examen clinique pour-
raient faire suspecter une endométriose génitale ? Voir réponses p. 165.
Une femme de 40 ans ayant eu deux enfants consulte * 2. Quels antécédents favorisent la survenue de
pour métrorragies et douleurs pelviennes remontant cette pathologie ?
à une semaine. Elle ne prend pas de contraception. La * 3. Quels examens complémentaires permet-
date des dernières règles est difficile à faire préciser. tent d’affirmer ce diagnostic ?
Des douleurs sont apparues depuis 48 heures. La
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
5
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 6 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
293
Altération de la fonction visuelle
Nicolas Leveziel, Éric Souied, Gisèle Soubrane
O BJECTIF
* Devant une altération de la fonction visuelle, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
6
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 7 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
tion inflammatoire (Module 8), par O. Blétry, – Signes cliniques : douleurs intenses à la mobilisation
A. Somogyi, J.-E. Kahn, Masson, collection « Abré- du globe, baisse visuelle importante, hypopion,
gés modules transversaux », 2e édition, 2006) ; Tyndall antérieur et vitréen, œdème palpébral. Penser
– neuropathie optique rétrobulbaire : évoquer la à rechercher, dans le cadre d’une endophtalmie endo-
sclérose en plaques en fonction du terrain. gène, un foyer infectieux à distance (toxicomanie IV
pour l’endophtalmie à Candida, endocardite, foyer
urinaire, dentaire, digestif…).
II. INSTALLATION RAPIDE – Hospitalisation et traitement en urgence par antibio-
tiques locaux (collyres et injection intravitréenne) et
D’avant en arrière, il faut rechercher les pathologies généraux.
suivantes.
D. Sclérites et épisclérites
A. Kératites et abcès de cornée – Terrain évocateur (polyarthrite rhumatoïde).
– Œil rouge, douleur et photophobie. – Œil rouge et très douloureux.
– Contexte parfois évocateur : port de lentilles de E. Décollement de rétine
contact (abcès), antécédents d’herpès (kératite).
– Contexte évocateur : antécédent de traumatisme ocu-
– Diagnostic à l’examen à la lampe à fente. Retenir laire, myopie forte, antécédent de chirurgie oculaire.
pour la kératite herpétique l’aspect dendritique pre- – Anamnèse : myodésopsies, phosphènes depuis quel-
nant la fluorescéine et les opacités cornéennes pour ques jours à quelques semaines.
les abcès de cornée.
– Souvent, amputation du champ visuel, indolore, sur
– Les prélèvements viraux et bactériologiques sont œil blanc, s’étendant progressivement.
indispensables.
– Traitement chirurgical en urgence ab externo (cryo-
– Traiter l’abcès avec des collyres antibiotiques par- indentation) ou ab interno (chirurgie vitréorétinienne).
fois en association avec des antibiotiques par voie
générale.
Effet Tyndall
intraoculaire).
Diffusion de la lumière sur des particules matérielles en
suspension dans l’air ou dans un liquide. À la lampe à C. Autres causes
fente, la chambre antérieure est à l’état normal opti- – Dégénérescence maculaire liée à l’âge, glaucome
quement vide. Le phénomène de Tyndall de chambre chronique à angle ouvert.
antérieure est un caractère pathologique qui traduit la
présence anormale de cellules et constitue un signe – Dystrophies rétiniennes héréditaires (rétinite pigmen-
d’uvéite. taire, dystrophie maculaire de Stargardt, de Best…).
D. Pathologies tumorales
Selon le contexte, à évoquer de principe :
C. Endophtalmie – enfant avec leucocorie ou strabisme d’apparition
– Douleurs intenses. récente : rétinoblastome ;
– Contexte de chirurgie oculaire récente ou de corps – adénome hypophysaire : hémianopsie latérale homo-
étranger intraoculaire. nyme, troubles hormonaux ;
7
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 8 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
– sujet âgé avec altération de l’état général et cépha- – maladie générale prédisposante : neurofibroma-
lées : métastase cérébrale entraînant une hyperten- tose de Von Recklinghausen et gliome du nerf
sion intracrânienne. Rechercher un œdème papillaire optique…
au fond d’œil ;
Un patient de 70 ans se plaint d’une baisse de vision * 2. Quels sont les signes cliniques à rechercher
très douloureuse de l’œil droit, évoluant depuis quel- à l’examen ?
ques heures. Dans ses antécédents, on note un dia- * 3. En dehors de ce contexte de chirurgie ocu-
bète non insulinodépendant mal équilibré depuis laire, que doit faire évoquer un pareil tableau
15 ans, et une chirurgie de la cataracte de l’œil droit clinique ?
2 jours auparavant.
* 4. Quel traitement mettez-vous en œuvre ?
* 1. Quel diagnostic évoquer en premier lieu.
Pourquoi ? Voir réponses p. 167.
8
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 9 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
294
Altération de la fonction auditive
Olivier Malard
O BJECTIF
* Devant une altération de la fonction auditive, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
B. Examen clinique
III. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
L’otoscopie avec moyen grossissant est souhaitable.
Le conduit auditif externe est-il perméable, existe-t-il L’impédancemétrie comprend le tympanogramme,
un obstacle : bouchon de cérumen, corps étranger, qui évalue la pression de l’oreille moyenne (dépres-
sténose et suppuration associées évoquant une otite sion, dysfonction tubaire), et l’enregistrement des
externe ? réflexes stapédiens, qui donne des informations topo-
La membrane tympanique est-elle normale : absence graphiques en cas de surdité de perception (un recrute-
de perforation et semi-transparence de la membrane, ment est en faveur d’une surdité endocochléaire).
visibilité du manche du marteau, du triangle lumi- L’audiométrie (tonale et vocale) permet de confirmer
neux ? Existe-t-il des signes de suppuration, des débris et de quantifier la surdité.
épidermiques (cholestéatome) ? Les potentiels évoqués auditifs (PEA) sont surtout indi-
Un examen ORL doit être effectué, comportant qués en cas de surdité de perception unilatérale afin
l’étude des paires crâniennes et du système vestibu- d’explorer les voies auditives entre cochlée et tronc céré-
laire, essentielle en cas de surdité unilatérale. bral. La présence d’une asymétrie entre les deux oreilles
9
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 10 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
est en faveur d’une lésion sur les voies auditives et en – une surdité survenant dans un contexte d’antécédents
particulier sur le nerf cochléovestibulaire (augmentation d’otite chronique ou de traumatisme nécessite une
des latences de l’onde V en cas de neurinome). étude TDM pour rechercher des lésions osseuses.
L’imagerie doit compléter l’exploration fonctionnelle
de toute surdité profonde ou totale, mais également de
toute surdité de perception unilatérale dont l’étude des IV. ÉTIOLOGIES DES HYPOACOUSIES
PEA est anormale :
– une atteinte neurosensorielle impose un examen Les principales étiologies sont indiquées dans la
d’IRM avec injection de gadolinium pour rechercher figure 294-1.
une lésion rétrocochléaire (neurinome du VIII).
HYPOACOUSIE
Otoscopie Anomalie
normale otoscopique
Une femme de 56 ans consulte en urgence pour une * 3. L’otoscopie, l’examen ORL complet et les
surdité gauche. examens biologiques sont normaux. Quel dia-
Dans ses antécédents, on retrouve essentiellement gnostic retenez-vous et quel traitement instau-
une hypothyroïdie substituée depuis 1 an. Le méde- rez-vous ?
cin urgentiste qui vient d’examiner la patiente vous * 4. L’évolution sous traitement est rapidement
signale que sa surdité s’est installée en 2 heures, favorable. La patiente ayant récupéré intégrale-
associée à une impression de plénitude de l’oreille ment de sa surdité, vous semble-t-il utile de réa-
du même côté et que le diapason est latéralisé à liser des explorations complémentaires. Si oui,
droite. lesquelles ?
* 1. Quels signes d’interrogatoire, fonctionnels * 5. Dans quelle(s) circonstance(s) une imagerie
et d’examen recherchez-vous pour préciser le est-elle indiquée après ce type de baisse de
tableau clinique ? l’acuité auditive ? Quelle(s) imagerie(s) peut-on
proposer dans ce(s) cas ?
* 2. Quels sont les diagnostics possibles à ce
stade ? Voir réponses p. 167.
10
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 11 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
295
Amaigrissement
Claude Conri
O BJECTIF
* Devant un amaigrissement, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier
les examens complémentaires pertinents.
c Critères physiques
I. DIAGNOSTIQUER
Bio-impédancemétrie et absorptiométrie par dexa
A. Connaître les critères de la dénutrition, scan, qui apprécient la composition corporelle.
de la malnutrition et de la maigreur c Critères biologiques
– Dénutrition : déficit quantitatif protéino-énergéti- – Hypoalbuminémie (N > 40 g/L), préalbuminémie,
que associé à une perte de la masse corporelle glo- protéine C réactive (N <5 mg/L), orosomucoïde
bale (muscles, tissu adipeux, os). (N > 0,4 g/L), lymphopénie (N > 1 500/mm3).
– Malnutrition : déficits qualitatifs en macronutriments – Pronostic Inflammation and Nutritional Index
et/ou micronutriments (oligoéléments et vitamines). (PINI), qui montre les corrélations entre nutrition et
– Maigreur : elle peut être constitutionnelle ou acquise inflammation en pathologie aiguë : CRP (mg/L) ×
(simple amaigrissement < 10 % du poids, ou majeur orosomocoïde (mg/L)/albumine (g/L) × préalbumine
= cachexie). (mg/L) :
• PINI < 1 : pas de risque vital ;
II. IDENTIFIER LES SITUATIONS D’URGENCE • vitamine C : scorbut (qui existe encore sous forme
11
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 12 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
mocytome, insuffisance surrénalienne. fique par des vitamines et oligoéléments quand des
– Démences : Alzheimer ou vasculaires. carences sont identifiées ;
12
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 13 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
295. Amaigrissement
psychiatrique est nécessaire dans les cas d’ano- tion, assurer une activité minimale ;
rexie mentale ou de psychose chronique, de même • malnutrition cachée : informations et conseils
qu’un soutien psychothérapeutique pour l’amai- (alcool, addictions) ;
grissement psychogène (névroses, crises person- • sociopathies : orienter vers des structures
nelles). d’accueil.
Mme Yvette M., 78 ans, vit chez elle en autonomie, neuroleptiques sédatifs. Son humeur s’améliore
mais depuis 1 mois, elle limite son activité, ne sort en 1 mois mais elle continue à se plaindre d’une
plus de son domicile, ne fait plus ses courses. Elle pré- fatigue extrême malgré un meilleur appétit, mais
sente un amaigrissement de 5 kg (IMC = 19). Son sans reprise de poids. Elle est pâle et se plaint de
médecin (qu’elle n’a pas demandé) vient pour sa sensations de froid généralisé. Examen clinique :
visite mensuelle de contrôle et de renouvellement de pression artérielle = 115/70 mmHg, pulsations =
prescription (arthrose : coxib ; constipation chroni- 85/min, régulières. Hyporéflexie achilléenne
que : lactulose ; HTA systolique : inhibiteur calcique). bilatérale. Examen normal par ailleurs. Alors que
Pas de passé médical particulier, pas d’automédica- les éléments dépressifs ont disparu, cette grande
tion. asthénie et cet amaigrissement sont sans doute
Examen : pression artérielle = 110/70 mmHg, fréquence les témoins d’une autre affection à découvrir.
cardiaque = 85/mm, hypodynamie, pâleur, maigreur, Quelle méthode d’investigation médicale mettre
lenteur idéomotrice, tristesse. en œuvre chez cette patiente (démarche diagnos-
Le diagnostic de son médecin est un état dépressif. tique visant à la rentabilité et au service rendu) ?
* 1. Quels sont les éléments séméiologiques de * 5. Les résultats d’examens montrent : taux
la dépression ? d’hémoglobine à 7,8 g/dL avec un VGM à
* 2. Formulez au moins 5 questions pertinentes
112 µ3, des lymphocytes à 850 par mm3. Don-
à poser à la patiente pour conforter le diagnostic nez votre démarche pour la suite logique des
de dépression. investigations.
* 3. Quels sont les paramètres objectifs clinico- * 6. Pour chaque diagnostic évoqué puis confirmé
biologiques qui évaluent une dénutrition ? à la suite des examens complémentaires précé-
dents, donnez une ordonnance visant à corriger
* 4. Madame M. est hospitalisée en milieu psy-
l’anémie.
chiatrique avec confirmation d’un état dépressif ;
elle reçoit des antidépresseurs tricycliques et des Voir réponses p. 168.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
13
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 14 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
296
Aménorrhée
Jean-Marie Antoine
O BJECTIF
* Devant une aménorrhée, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier
les examens complémentaires pertinents.
Une aménorrhée, ou absence de règles, est un signe Ensuite, le diagnostic d’une aménorrhée non gravidi-
fonctionnel et non une maladie. Il est indispensable d’en que est envisagé.
faire un diagnostic étiologique précis, car les traitements
symptomatiques sont souvent efficaces pour induire des
cycles artificiels ou une ovulation mais ils laissent évo- I. AMÉNORRHÉE PRIMAIRE
luer la maladie causale et peuvent de plus se révéler dan-
gereux, par exemple en cas de tumeur hypophysaire. Une aménorrhée primaire est l’absence des règles à
Devant toute aménorrhée y compris primaire, l’hypo- l’âge de la puberté. Le bilan étiologique (tableau 296-1)
thèse d’une grossesse doit être évoquée en premier lieu n’est entrepris qu’à partir de 15 ans lorsque la puberté se
par l’examen clinique et vérifiée par un dosage de déroule par ailleurs normalement, plus tôt si le dévelop-
l’hCG plasmatique. pement pubertaire est absent ou anormal.
14
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 15 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
296. Aménorrhée
15
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 16 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Une jeune femme de 16 ans consulte pour une amé- hermaphrodisme masculin par insensibilité aux
norrhée primaire. Au cours de la consultation vous androgènes ?
apprenez que les rapports sexuels sont impossibles. * 3. Quels examens vont apporter la preuve de
Elle s’inquiète sur ses possibilités d’avoir plus tard des ce diagnostic ?
enfants.
* 4. Quelle est la conduite à tenir vis-à-vis des
* 1. Quelles données d’interrogatoire doivent
gonades, pour permettre des rapports sexuels et
être recherchées ?
pour l’obtention d’une grossesse ?
* 2. Quels signes à l’examen clinique permettent
de suspecter un testicule féminisant ou pseudo- Voir réponses p. 169.
Une femme de 30 ans nulligeste a eu une puberté * 2. Quelles données cliniques et biologiques
normale, des premières règles vers 12 ans et des permettent le diagnostic de ménopause pré-
cycles initialement normaux. coce ?
Ceux-ci sont ensuite devenus plus courts puis ont dis- * 3. Quelles sont les causes possibles ?
paru depuis 6 mois.
* 4. Est-il nécessaire de rétablir un cycle mens-
Elle désire en connaître la cause, obtenir le rétablisse-
truel et de quelle façon ?
ment de cycles normaux et si possible être enceinte
prochainement. * 5. Quelle est la conduite à tenir pour obtenir
une grossesse ?
* 1. Quels éléments doivent être recherchés à
l’interrogatoire et à l’examen clinique ? Voir réponses p. 170.
16
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 17 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Item
297
Anémie
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant une anémie, argumentez les principales hypothèses diagnostiques et justifiez les
examens complémentaires pertinents.
17
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 18 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
18
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 19 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
297. Anémie
sabilité d’une hypothyroïdie périphérique ou d’une et suivi thérapeutique) doit être connue de tous les
insuffisance rénale (voire supra) mais, au-dessus de ces médecins et est décrite à l’item 222 « Anémie par
valeurs, ces hypothèses sont écartées. Il n’y alors plus carence martiale », ouvrage Maladies et grands syn-
que la cirrhose évoluée pour expliquer un tel tableau. Ce dromes.
diagnostic écarté sur les données cliniques, l’examen ■ Anémie « inflammatoire »
pertinent est à nouveau le myélogramme. La probabilité
Ce terme est préférable à celui utilisé outre-Atlantique
pour qu’il soit anormal est plus élevée que dans le cas où
d’« anémie des désordres chroniques », qui est trop
l’anémie n’est pas macrocytaire, car la macrocytose aré-
imprécis.
générative témoigne en principe d’une dysérythropoïèse.
Le diagnostic repose sur l’association d’un syndrome
Le myélogramme permet de distinguer différents
inflammatoire (augmentation de la CRP) et d’un profil
mécanismes d’anémie macrocytaire :
de bilan martial différent de la carence (fer sérique
– anémie mégaloblastique : aspect très évocateur de
diminué mais capacité totale normale ou diminuée).
déficit en acide folique ou en vitamine B12. Une
La suite du diagnostic consiste à rechercher l’origine
cytopénie sur les autres lignées myéloïdes n’exclut
du syndrome inflammatoire. Celle-ci peut être évi-
en rien ce diagnostic. Pour la suite du diagnostic,
dente (infection chronique ou rhumatisme inflamma-
voir infra ;
toire, par exemple) ou à rechercher, notamment une
– myélodysplasie (ou « anémie réfractaire »), dont il
tumeur profonde solide ou hématopoïétique (lym-
existe plusieurs aspects morphologiques (voir ouvrage
phome hodgkinien ou non hodgkinien).
Hématologie et transfusion, op. cit.). C’est un diagnos-
tic « terminal » avec justification d’un avis spécialisé ; ■ Thalassémies
– envahissement médullaire (leucémie aiguë, myé- Le diagnostic repose sur le bilan martial : le fer sérique
lome ou autre) : le plus souvent l’anémie s’accompa- est normal ou un peu élevé et la capacité totale est
gne d’une atteinte des autres lignées, mais une généralement normale.
atteinte isolée de la lignée rouge est possible ; L’examen pertinent est alors l’électrophorèse de l’hémo-
– aplasie médullaire ou myélofibrose : l’atteinte des globine, qui permet de distinguer :
autres lignées est la règle. Le myélogramme montre – une bêtathalassémie homozygote : le tableau clini-
une moelle pauvre. La biopsie médullaire est l’examen que est bruyant (splénomégalie, anémie sévère,
indispensable pour différencier ces deux hypothèses. signe biologique d’hyperhémolyse). Le diagnostic
Elle montre en cas d’aplasie une moelle pauvre, sans est surtout pédiatrique, les formes « intermédiaires »
fibrose et, en cas de myélofibrose, une augmentation diagnostiquées à l’âge adulte étant exceptionnelles
au minimum de la trame réticulinique avec éventuelle- (l’électrophorèse de l’hémoglobine montre un taux
ment des cellules pathologiques dans la fibrose. d’hémoglobine A nul ou très abaissé et une prédomi-
nance d’hémoglobine fœtale F) ;
c Anémie microcytaire normochrome
ou hypochrome – les bêtathalassémies hétérozygotes, les plus fré-
quentes. Il en existe deux types :
La mesure des réticulocytes n’est pas à ce stade • la bêtathalassémie hétérozygote stricto sensu, où
utile au diagnostic (voir ouvrage Hématologie et l’électrophorèse de l’hémoglobine montre une aug-
transfusion, op. cit.). En effet, la très grande majorité mentation de l’hémoglobine A2 au-dessus de 3,5 %,
des anémies microcytaires résulte essentiellement d’un avec ou sans augmentation de l’hémoglobine F ;
défaut de production lié à un défaut d’hémoglobinoge-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
19
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 20 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
20
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 21 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
297. Anémie
Les examens discriminants sont les dosages d’acide La maladie de Biermer est le diagnostic le plus pro-
folique et de vitamine B12. Si les dosages de ces deux bable. Les examens pertinents sont dans l’ordre :
vitamines sont normaux, le diagnostic d’anémie méga- – la recherche d’anticorps anti-facteur intrinsèque :
loblastique stricto sensu doit être mis en doute et leur présence suffit à affirmer le diagnostic ;
l’hypothèse d’une dysmyélopoïèse non mégaloblasti- – en l’absence d’anticorps anti-facteur intrinsèque, il
que envisagée. L’examen pertinent est la relecture faut explorer par tubage gastrique la sécrétion
des lames du myélogramme. d’acide chlorhydrique et de facteur intrinsèque
■ Anémie mégaloblastique par carence après injection de pentagastrine. Le diagnostic
en acide folique peut être affirmé lorsqu’il existe une achlorhydrie
L’examen pertinent est l’interrogatoire qui, avec le résistante à la pentagastrine et un défaut de sécré-
contexte, permet d’envisager la plupart des étiologies tion du facteur intrinsèque.
de déficit en cette vitamine : Les autres causes d’anémie mégaloblastique par défi-
– diminution des apports (notamment personnes âgées cit en vitamine B12 sont exceptionnelles : classique
à la fin de l’hiver) ; mais exceptionnelle botriocéphalose et diverses ano-
– insuffisance des apports par rapport aux besoins malies constitutionnelles dont le diagnostic est du res-
(grossesse en milieu défavorisé, anémie hémolytique sort du spécialiste.
constitutionnelle) ;
– prise de médicaments interférant avec le métabo- Autre stratégie diagnostique
lisme de l’acide folique (Méthotrexate mais surtout Devant une anémie macrocytaire arégénérative, il est
Bactrim) ; tentant de ne pas contrôler le myélogramme dans un
– toxiques interférant avec le métabolisme de l’acide premier temps et de se limiter à un prélèvement san-
folique : alcoolisme chronique + dénutrition ; guin pour dosage d’acide folique et de vitamine B12.
Cette stratégie ne peut pas être recommandée. En
– résections digestives (gastrectomie même partielle effet :
avec accélération du transit, résection de l’iléon – s’il n’y a pas de déficit en acide folique ou en vitamine
proximal, anse flottante). B12, le myélogramme s’avère indispensable ;
Ces hypothèses écartées, il faut envisager une – l’existence d’un déficit en acide folique ou en vita-
mine B12 ne prouve pas que l’anémie macrocytaire soit
malabsorption (maladie cœliaque principalement). la conséquence d’un tel déficit. En effet, il n’est pas
Les examens pertinents sont l’endoscopie haute avec rare, notamment chez le sujet âgé, de trouver des taux
biopsie duodénale, l’exploration fonctionnelle du de vitamine B12 abaissés, sans retentissement sur
grêle proximal. l’hématopoïèse. De même, un taux plasmatique dimi-
nué d’acide folique peut s’observer chez des patients
■ Anémie mégaloblastique par carence ayant une anémie d’une autre cause, notamment une
en vitamine B12 myélodysplasie.
Il est beaucoup plus rare que le contexte oriente vers Dans un cas comme dans l’autre, il faut donc adminis-
trer un traitement substitutif et attendre plusieurs
une étiologie plus ou moins évidente car il n’existe semaines (du fait de la durée de vie des globules rou-
pratiquement pas de carence d’apport compte tenu de ges) pour voir si ce traitement permet de faire disparaî-
la faiblesse des besoins. Une gastrectomie totale tre l’anémie et la macrocytose. En l’absence d’améliora-
depuis plusieurs années (au moins 4 ans) ne devrait pas tion, le myélogramme s’avère nécessaire. Si l’anomalie
être responsable puisqu’un traitement préventif est jus- disparaît complètement, il faut rechercher l’étiologie
du déficit vitaminique correspondant (voir supra).
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Un homme de 40 ans est hospitalisé aux urgences pour Sont prélevés à ce moment un bilan hépatique, qui
une anémie. Il est arrivé à pied après avoir garé sa voi- montre une élévation de la bilirubine non conju-
ture au parking. À l’arrivée aux urgences, il a un taux guée à 25 µmol/L pour une bilirubine totale à
d’hémoglobine à 6 g/dL, un VGM à 125 µ3, une CCMH à 28 µmol/L, des LDH à 2 500 unités pour une normale
32 %, des globules blancs à 3 500/mm3, dont polynu- inférieure à 300 ; gamma-GT, transaminases, phos-
cléaires neutrophiles 50 %, lymphocytes 40 %, mono- phatases alcalines sont normales. La radiographie
cytes 10 %, des plaquettes à 125 000/mm3. Les réticulo- du thorax est normale ainsi que le ionogramme.
cytes sont à 35 000/mm3. À l’examen, il est pâle, sub- Après un prélèvement du groupe sanguin et une
ictérique, mais sans autre plainte que l’asthénie. Sa recherche d’agglutinines irrégulières, il reçoit
langue a un aspect lisse avec des papilles peu visibles. 3 culots globulaires.
21
111632NBS_ORIENT_291_297.fm Page 22 Mercredi, 9. août 2006 3:50 15
Quarante-huit heures plus tard, il a 7 g/dL d’hémo- de facteur intrinsèque. Quel diagnostic vous sem-
globine avec un VGM à 110 µ3, des globules blancs et ble le plus probable et pourquoi ?
des plaquettes normaux, 120 000 réticulocytes/mm3.
* 6. Comment expliquez-vous l’évolution pro-
Quatre jours plus tard, il a 8,5 g d’hémoglobine, le
VGM est inchangé, les réticulocytes sont à 300 000/ gressive de la réticulocytose ?
mm3, la bilirubine non conjuguée à 17 µmol/L, les LDH * 7. Comment expliquez-vous le taux des poly-
à 750 UI. nucléaires neutrophiles et des plaquettes et leur
* 1. Quelle(s) conclusion(s) portez-vous sur évolution après la transfusion ?
l’hémogramme initial ? * 8. Quel aurait dû être la stratégie diagnosti-
* 2. Si vous aviez reçu ce patient, l’auriez-vous que logique (réponse sous forme d’un organi-
aussi transfusé et pourquoi ? gramme) ?
* 3. Comment expliquez-vous la baisse du VGM
* 9. Ce patient a un vitiligo qui est une pathologie
à la 48e heure et sa stabilité au 4e jour ?
cutanée d’origine généralement auto-immune.
* 4. Comment expliquez-vous l’élévation initiale Voyez-vous une relation avec le diagnostic héma-
de la bilirubine et des LDH ? tologique de ce patient ?
* 5. Un tubage gastrique est pratiqué, qui montre
une achlorydrie histaminorésistante et l’absence Voir réponses p. 170.
Un homme de 70 ans, sans antécédent notable person- gatoire, on retrouve une notion de bleuissement
nel ou familial, a eu un bilan préopératoire avant inter- des extrémités des doigts et du nez au froid en
vention pour une hernie inguinale. L’examen clinique hiver, depuis trois ou quatre ans. Comment
montre un sub-ictère, pas d’autre anomalie. L’hémo- expliquez-vous les difficultés de groupage
gramme montre : taux d’hémoglobine = 10,5 g/dL, érythrocytaire ?
VGM = 107 µ3, CCMH = 32 %. Les globules blancs et les * 6. Comment s’appelle la maladie qui explique
plaquettes sont normaux. TP = 90 %, TCA = 32 s, l’ensemble des symptômes observés ?
témoin 30 s. Le groupe sanguin érythrocytaire est
impossible à réaliser, car les hématies agglutinent * 7. Comment expliquez-vous les manifestations
spontanément. Devant ce tableau sont pratiqués les des extrémités au froid ?
examens suivants : réticulocytes = 250 000/mm3, biliru- * 8. Le patient est laissé sans traitement. La
bine = 25 µmol/L, dont bilirubine non conjuguée = situation reste stable. Il est revu en urgence
23 µmol/L, haptoglobine non dosable, LDH = 558 UI 3 ans plus tard avec une rétention aiguë d’uri-
(N < 300). nes, rapportée à un adénome prostatique par le
* 1. Quelle(s) conclusion(s) portez-vous sur toucher rectal. L’hémoglobine est à 6 g/dL, le
l’hémogramme ? VGM = 100 µ3, CCMH = 32 %, réticulocytes =
* 2. Quel le mécanisme de l’anémie chez ce 50 000/mm3. La bilirubine est à 14 µmol/L, la
patient ? VS à 84/120, la fibrine à 6 g/L, la CRP à 60,
l’haptoglobine à 0,8 g/L (N = 0,5-1,5 g/L). La
* 3. Comment expliquez-vous l’élévation des
créatinine est à 550 µmol/L. L’ECBU montre une
LDH dans ce contexte ? infection urinaire à colibacilles. Quel est, sur ces
* 4. Pour quelle raison l’anémie est-elle macro- données, le mécanisme prédominant de l’ané-
cytaire ? mie cette fois-ci ?
* 5.Sont ensuite pratiqués : un test de Coombs * 9. Quelle(s) explication(s) trouve-t-on dans
direct, qui est positif de type complément. On l’observation pour expliquer ce mécanisme ?
retrouve dans le sérum des agglutinines froides
anti-I autour de 1/1024. En reprenant l’interro- Voir réponses p. 170.
22
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 23 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
298
Ascite
Axel Balian
O BJECTIF
* Devant une ascite, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
– bactériologie :
I. DÉFINITION • examen direct par coloration de Gram et culture sur
– si gradient > 11 : le mécanisme en cause est proba- • présence d’une ou de plusieurs espèces bactérien-
23
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 24 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Un homme de 47 ans est hospitalisé dans le service * 2. Quelle est ici la raison la plus probable de la
d’hépatogastroentérologie pour décompensation décompensation œdématoascitique ? Précisez.
œdématoascitique. Comment en faites-vous le diagnostic ?
Il a comme antécédents une hospitalisation 2 ans * 3. L’ascite n’est pas infectée. Quel traitement
auparavant pour un delirium tremens et une neuro- immédiat de l’ascite mettez-vous en route ? Pré-
pathie périphérique attribuée à une origine alcooli- cisez.
que. Le patient a une consommation alcoolique esti-
mée à 180 g d’alcool/jour depuis 27 ans. * 4. Quel traitement médicamenteux oral de
L’examen clinique montre une distension abdominale l’ascite instituez-vous après ? Faites-en la pres-
avec une ascite tendue, une circulation veineuse col- cription.
latérale cavocave, des ongles blancs, 7 angiomes stel- * 5. Le patient ne supporte pas le traitement
laires dans le territoire cave supérieur. Il existe un médicamenteux. En effet, durant les 7 mois sui-
ictère et une hépatalgie. Il n’y a pas d’encéphalopa- vants, alors qu’il est complètement sevré, il pré-
thie. Le poids est de 82 kg et la taille de 1,83 m. sente des hospitalisations régulières (près de
Les examens sanguins montrent : Na+ = 138 mEq/L, 2 par mois) pour ascite tendue associée à une
K+ = 4,1 mEq/L, créatinine = 100 µmol/L, hémoglo- hyponatrémie à 120 mmol/L empêchant d’ins-
bine = 14 g/dL, plaquettes = 89 000/mm3, globules taurer le traitement médicamenteux optimal.
blancs = 2 900/mm3, ASAT = 3N, ALAT = N, bilirubine Quel est votre diagnostic ? Précisez.
totale = 5N, TP = 40 %, avec facteur V = 41 %.
* 6. Quels traitements sont possibles dans ce
* 1. Vous allez pratiquer une ponction d’ascite.
cas-là ? Lequel choisissez-vous ? Précisez.
Décrivez-en les modalités. Quels éléments ana-
lysez-vous dans l’ascite ? Précisez. Voir réponses p. 171.
24
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 25 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
299
Boiterie et troubles de la démarche
chez l’enfant
Pierre Mary
O BJECTIF
* Devant une boiterie ou un trouble de la démarche chez l’enfant, argumenter les principales
hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
de diagnostic précis. La prescription d’autres examens nécrose épiphysaire, dont l’étendue est un facteur pro-
(scintigraphie, TDM, IRM) est affaire de spécialiste. nostique essentiel.
L’âge est un élément d’orientation majeur : Le principe thérapeutique est de mettre en décharge
– chez les moins de 2 ans : arthrite virale ou bacté- les zones atteintes, en répartissant les contraintes au
rienne, fracture sous-périostée… ; mieux et en augmentant les charges sur les zones sai-
– entre 3 et 9 ans : synovite aiguë transitoire ou rhume nes (soit par des orthèses, soit par des interventions
de hanche, arthrite aiguë, ostéochondrite primitive chirurgicales).
de hanche… ;
– chez les plus grands (10-14 ans) : épiphysiolyse de C. Épiphysiolyse progressive de hanche
hanche, infections, affections rhumatismales… Elle correspond à un glissement progressif de l’épi-
À tous les âges, la préoccupation en urgence est d’élimi- physe fémorale supérieure en bas et en arrière. Il n’y a
ner une pathologie infectieuse (arthrite ou ostéomyé- pas de nécrose.
lite). La possibilité d’une atteinte tumorale bénigne ou Elle survient chez des jeunes prépubères (plus de
maligne est également à évoquer à tous les âges. 10 ans), souvent obèses.
25
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 26 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
– une diminution de la rotation interne et de • la ligne de Klein (voir fig. 299-3 dans la partie
Une petite fille âgée de 4 ans est amenée aux urgen- * 2. L’échographie de la hanche retrouve un
ces par ses parents car elle boite depuis plusieurs épanchement modéré. Quelle valeur donner à ce
jours. Avant l’apparition de ses troubles de la marche, résultat ?
elle avait consulté son médecin traitant pour une fiè- * 3. La radiographie du bassin de face et de pro-
vre à 38,7 °C. L’enfant avait été mise sous antibiothé- fil est normale. Quel(s) diagnostic(s) retenez-
rapie pour une otite. vous ? Quelle attitude pratique adoptez vous ?
Lors de l’examen, elle n’a plus de fièvre. L’otite est * 4. Les choses rentrent dans l’ordre. Deux mois
guérie. La mobilité de la hanche droite est limitée en plus tard, un nouvel épisode de boiterie survient.
abduction et en rotation interne. La radiographie du bassin montre une image en
* 1. Quel diagnostic doit être systématiquement coup d’ongle. Citez les moyens thérapeutiques
évoqué devant un tel tableau ? Quel(s) examens utilisés dans le traitement de l’ostéochondrite
demandez-vous pour l’écarter ? primitive et leurs principes.
Voir réponses p. 171.
Un garçon de 12 ans (1,56 m, 70 kg) consulte pour * 2. Décrivez les signes radiologiques de cette
une boiterie persistant depuis 4 mois. Elle s’accompa- pathologie.
gne d’une douleur du genou diminuée par le repos, * 3. Quelle est votre attitude thérapeutique ?
les antalgiques usuels. À l’examen clinique, le genou
est sec, non inflammatoire, mobile. La mobilité de la * 4. Citez deux complications de cette patholo-
gie et leurs circonstances de survenue.
hanche est diminuée et sensible en rotation interne.
Les autres amplitudes sont symétriques.
* 1. Quel diagnostic évoquez-vous en premier et Voir réponses p. 173.
sur quel(s) argument(s) ? Comment le confirmer ?
26
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 27 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
300
Constipation chez l’enfant et l’adulte
(avec le traitement)
Frank Zerbib, Thierry Lamireau
O BJECTIFS
* Devant une constipation chez l’enfant ou l’adulte, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.
tissage de la propreté, l’influence possible des rythmes nutritionnel : il faut rechercher une cause organique
scolaires, le régime alimentaire, des troubles urinaires (tableau 300-1).
27
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 28 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
28
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 29 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Nicolas, âgé de 6 ans, est amené en consultation À l’examen, Nicolas apparaît comme un garçon intel-
par sa mère car il a mal au ventre et ne va à la selle ligent mais timide. Il est assez costaud, pèse 20 kg
que tous les 5-6 jours. Les selles sont volumineuses, pour une taille de 1,10 m.
difficiles à émettre, entraînant des douleurs. De ce * 1. Quel diagnostic évoquez-vous ? Sur quels
fait, Nicolas se retient parfois plutôt que d’aller aux arguments ?
toilettes. Il a saigné à plusieurs reprises. Les
* 2. La mère a entendu parler d’une maladie
troubles se sont installés progressivement vers responsable de constipation sévère chez l’enfant
l’âge d’un an et demi, avec une aggravation pro- mais elle ne se rappelle plus de son nom. Indi-
gressive depuis plusieurs années, sans qu’il ait été quez-lui et dites pourquoi vous n’évoquez pas
noté d’épisodes sub-occlusifs. La situation est d’emblée ce diagnostic chez Nicolas.
devenue préoccupante depuis que Nicolas dit ne
* 3. Citez les signes que vous recherchez à l’exa-
plus sentir l’envie d’aller à la selle, et souille régu-
men clinique, en indiquant leur signification.
lièrement ses sous-vêtements, ce qui amène des
remarques de la part de ses camarades de classe et * 4. Quelle prise en charge thérapeutique pro-
de la maîtresse. posez-vous en première intention chez Nicolas ?
Cet enfant est né à terme, pesant 3,250 kg et a émis * 5. Vous le revoyez 6 mois plus tard. Le traite-
son premier méconium à 24 heures de vie. Il a été ment n’a pas été efficace et Nicolas est de plus
allaité au sein et a eu un transit intestinal normal en plus météorisé. La mère reste persuadée que
dans les premiers mois. Sa mère, soucieuse de voir son fils est atteint de la maladie évoquée lors de
son enfant propre tôt, a commencé la mise sur le la première consultation. Indiquez les examens
pot vers 11 mois. Cette période a toutefois été dif- que vous pourriez proposer pour rechercher ce
ficile, avec un refus de l’enfant, entraînant l’insis- diagnostic, en décrivant les signes qu’ils montre-
tance des parents et devenant souvent source de raient.
conflits. Voir réponses p. 174.
Mme Gilberte T., 52 ans, consulte pour constipation. accuse une surcharge pondérale (75 kg pour 1,60 m).
Elle a toujours été constipée mais parvenait à gérer le L’examen clinique est normal. Le toucher rectal ne
problème facilement avec des laxatifs qu’elle prenait trouve pas de masse anormale. Elle est traitée depuis
ponctuellement. Depuis quelques mois, les difficultés plusieurs années par Lévothyrox pour une hypothy-
sont plus importantes, les traitements ne sont plus roïdie consécutive à une thyroïdectomie totale pour
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
29
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 30 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
301
Déficit moteur et/ou sensitif
des membres
Collège des Enseignants de Neurologie
F. Dubas – L. Defebvre – M. Zuber
O BJECTIF
* Devant un déficit moteur ou sensitif des membres, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Un déficit moteur ou sensitif authentique d’un membre atteinte symétrique et distale des membres (polyneu-
doit d’abord être distingué d’un trouble de la motilité ropathie), ou symétrique et proximale (muscle ou
ou de la perception d’origine non neurologique. Par jonction) ;
exemple, un trouble de motilité peut procéder d’une – juger d’autres caractéristiques du déficit moteur :
cause ostéoarticulaire (fracture, arthropathie), vascu- prédominance du déficit sur les raccourcisseurs aux
laire (artérite des membres inférieurs), douloureuse membres inférieurs et extenseurs aux supérieurs pour
(plaie cutanée…), ou encore psychogène. Ces derniè- une atteinte pyramidale ; répartition du déficit (hémi-
res peuvent aussi être en cause en cas de trouble de la plégie à prédominance brachiofaciale en faveur d’une
sensibilité. atteinte corticale) ;
Il faut par ailleurs interpréter correctement les termes – chercher les signes associés au déficit moteur pour
utilisés par le patient. Par exemple, un « manque préciser le syndrome moteur (pyramidal, neuro-
d’habileté » d’une main peut signer un déficit muscu- gène périphérique, myasthénique, myogène) :
laire, mais aussi un trouble de la sensibilité propriocep- notamment réflexes (ostéotendineux, cutanés, notam-
tive ou du contrôle moteur (atteinte cérébelleuse, ment plantaires), tonus et trophicité musculaire,
extrapyramidale, apraxie). signes sensitifs, signes plus rares mais caractéristiques
(fasciculations : corne antérieure ; myotonie : certai-
nes myopathies).
I. ORIENTATION DIAGNOSTIQUE
c Analyse sensitive
En cas de déficit moteur ou sensitif, l’orientation dia- L’analyse sensitive doit être également précise : l’exa-
gnostique se fait en deux étapes. men nécessite une bonne coopération du patient (sou-
vent en plusieurs fois). Il précise les modalités de sen-
A. Étape topographique
sibilité touchées. Certains signes et présentations
c Analyse sémiologique motrice évoquent d’emblée des syndromes topographiques
particuliers :
Elle doit être précise : atteinte du premier motoneu-
rone (cortex primaire à la moelle), du second motoneu- – hypoesthésie en gants et en chaussettes (polyneu-
rone (corne antérieure de la moelle à extrémité du ropathie) ;
tronc nerveux), de la jonction neuromusculaire ou du – niveau sensitif au tronc (myélopathie), dissociation
muscle. Il faut : des troubles sensitifs sous-lésionnels (syndrome de
– tenir compte de la combinaison de l’atteinte des Brown-Séquard) ou atteinte suspendue et dissociée
membres : hémiplégie touchant ou non la face de la sensibilité thermoalgique (syndrome syringo-
(atteinte cervicale ou supramédullaire), tétraplégie et myélique) ;
paraplégie (atteinte médullaire à différents niveaux – syndrome alterne sensitif (atteinte du tronc céré-
ou pluriradiculaire en cas de paraplégie flasque), bral, par exemple si syndrome de Wallenberg).
30
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 31 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Un patient de 67 ans présente brutalement des trou- fluence verbale. Sa compréhension est bien préser-
bles du langage (il inverse les syllabes, cherche ses vée. Il se plaint également de céphalées pulsatiles à
mots) et une paralysie de l’hémicorps droit. Il a type d’hémicrânies gauches.
comme antécédents une obésité (96 kg pour 1,72 m), Il récupère progressivement mais reste déficitaire le
une hypertension artérielle non traitée, un tabagisme lendemain.
à 15 cigarettes par jour, et un angor stable. * 1. Quel diagnostic évoquez-vous avant la réa-
Admis aux urgences en fin de journée, il présente un lisation de tout examen ? Sur quels arguments ?
déficit moteur modéré de l’hémicorps droit, un man- Quel(s) examen(s) complémentaire(s) deman-
que du mot, des troubles de la dénomination des dez-vous en urgence pour confirmer ce diagnos-
objets avec des paraphasies, une diminution de la tic ? Qu’en attendez-vous ?
31
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 32 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Fig. 301-1.
32
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 33 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
302
Diarrhée aiguë chez l’enfant
et chez l’adulte (avec le traitement)
Frank Zerbib, Thierry Lamireau
O BJECTIFS
* Devant une diarrhée aiguë chez l’enfant ou chez l’adulte, argumenter les principales
hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi de l’évolution.
sements et des selles très liquides non sanglantes. (SRO) (tableau 302-2), de prévenir la dénutrition par
L’évolution dure 2 à 8 jours ; une réalimentation précoce. Il dépend de l’âge, du ter-
– diarrhées invasives : elles sont dues à des bactéries rain éventuel, de la gravité de la déshydratation :
entéro-invasives (salmonelle, shigelle, Yersinia, – diarrhée virale bénigne : SRO administrés à volonté,
Campylobacter, E. coli entéro-invasif) ; la diarrhée par prises fractionnées en petite quantité. Après un
33
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 34 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
34
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 35 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Zoé, âgée de 6 mois, présente depuis 24 heures des * 3. Quelle conduite thérapeutique proposez-
selles liquides non sanglantes et une fièvre à 39,5 °C. vous ? Précisez les points importants à expliquer
Il n’y a pas de vomissements. aux parents.
Cette enfant est née à terme, avec un poids de * 4. Vous revoyez Zoé le lendemain car elle a eu
3 250 g, et n’a pas été allaitée par sa mère. La diversi- 10 selles liquides et abondantes dans la nuit,
fication alimentaire a été débutée vers 4 mois. Jus- avec des vomissements répétés. Elle est fatiguée,
que-là, elle n’avait pas été malade et grossissait cor- toujours fébrile, et somnolente. Elle a les yeux
rectement. La maman vous signale que plusieurs cernés, un pli cutané persistant et pèse 6 150 g.
enfants de la crèche ont eu la diarrhée la semaine pré- La fréquence cardiaque est à 175/min, les extré-
cédente. Zoé n’a pas de frère et ni de sœur. La mère mités sont marbrées, le temps de recoloration
souffre d’hypertension et un oncle a une maladie de cutanée est de 4 secondes. Vous décidez de
Crohn. l’hospitaliser : indiquez sur quels arguments.
À l’examen, vous trouvez une enfant fébrile à 39 °C. Elle Citez les autres critères habituels d’hospitalisa-
a les yeux brillants et ses extrémités sont chaudes, la tion dans cette pathologie.
fréquence cardiaque est à 110/min et le temps de reco-
loration cutanée à 1 seconde. Il n’y a pas de pli cutané, * 5. Indiquez les examens complémentaires que
ses muqueuses sont humides et elle pèse 6 740 g. vous demandez, en précisant les perturbations
L’abdomen est légèrement météorisé mais souple, avec attendues et leur signification physiopatholo-
à l’auscultation de nombreux bruits hydroaériques. gique.
* 1. Quel diagnostic précis évoquez-vous ? Argu- * 6. Décrivez précisément, en tenant compte des
mentez votre réponse. éléments cliniques, le traitement que vous pres-
crivez chez Zoé ainsi que les éléments de sur-
* 2. Indiquez les agents pathogènes probable-
veillance qui traduiront une évolution favorable.
ment en cause. Décrivez la physiopathologie des
troubles qu’ils entraînent. Voir réponses p. 176.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
M. Robert G., 80 ans, vit en maison de retraite. Vous * 1. Vous examinez le patient. Détaillez ce que
êtes appelé en visite car il a une diarrhée importante vous allez rechercher et dans quel but.
depuis 48 heures. C’est un homme fatigué, qui a de * 2. Quelles sont vos hypothèses diagnostiques ?
lourds antécédents : insuffisance cardiaque, diabète Argumentez.
non insulinodépendant, artériopathie des membres
inférieurs. Récemment, il a été traité par amoxicilline * 3. Faites-vous des examens complémentai-
pour un érysipèle du membre inférieur droit. res ? Si oui lesquels ? Justifiez votre réponse.
À votre arrivée, vous constatez que cet homme est * 4. Il manque dans l’observation une informa-
prostré dans son lit, répond difficilement aux ques- tion essentielle dans l’histoire de ce patient.
tions, ce qui n’est pas son état habituel. Le personnel Laquelle ?
infirmier vous apprend que depuis 2 jours, il présente
* 5. Quels sont les principes de la prise en
une quinzaine de selles par jour, liquides, afécales,
charge ?
sans traces de sang. Il ne semble pas se plaindre de
douleurs abdominales. Il est apyrétique. Voir réponses p. 177.
35
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 36 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
303
Diarrhée chronique
Frank Zerbib
O BJECTIF
* Devant une diarrhée chronique, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
nopathies, œdèmes, flushes, érythème noueux, goi- test de Shilling, transit du grêle, anticorps antiglia-
tre, neuropathie, dysautonomie, signes de dénutri- dine/endomysium ou transglutaminase ;
tion. • étiologies : atrophie villositaire (maladie cœliaque,
– Examens complémentaires : la conduite des inves- lambliase, sprue tropicale, déficit en IGA), infiltra-
tigations relève d’une stratégie générale qui doit être tion de la muqueuse (maladie de Whipple : PAS +),
adaptée à chaque cas particulier. Les examens les lymphome malin, amylose, gastroentérite à éosino-
plus souvent contributifs sont : analyse de selles philes), pullulation microbienne du grêle (maladie
(poids sur 3 jours, stéatorrhée), test au D-xylose, de Crohn, grêle radique, sclérodermie, pseudo-
recherche d’une accélération du transit (test au rouge obstruction intestinale chronique).
carmin), examens morphologiques du côlon ou du
grêle (par endoscopie et/ou radiologie), biopsie du
C. Diarrhées osmotiques
grêle, dosages hormonaux (TSH, gastrine, séroto- – Trou osmotique (290 – 2 [Na + K+] > 50 mOsm/L).
nine, 5-HIAA), NFS, ionogramme, calcémie, proti- – Étiologies : déficits en disaccharidases (lactase),
démie, sérologie VIH, parasitologie des selles. médicaments (antiacides, mannitol, sorbitol).
36
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 37 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Mlle Géraldine M., 25 ans, consulte pour diarrhée éosinophiles = 1 %, lymphocytes = 20 %, mono-
chronique. Elle n’a pas d’antécédent particulier. cytes = 7 %) ; plaquettes = 588 000/mm3 ;
Depuis plusieurs années, elle présente une diarrhée – vitesse de sédimentation = 70 à la 1re heure,
faite de 4 à 5 selles molles non sanglantes évoluant 100 à la 2e heure ;
par crises de plusieurs jours voire semaines. Elle s’est
longtemps contentée de prendre du lomépramide – Na+ = 134 mmol/L ; K+ = 3,8 mmol/L ; Cl- =
mais cette fois le traitement n’est pas efficace. Les 103 mmol/L ; Ca++ = 2,3 mmol/L ;
symptômes s’aggravent, la diarrhée est plus impor- – albumine = 28 g/L ;
tante que d’habitude, précédées de coliques abdomi-
– ASAT = 23 UI/L (N < 30) ; ALAT = 20 UI/L
nales ; il n’y a pas d’émission de glaires ou de sang.
(N < 34) ;
Des arthralgies et un amaigrissement de 5 kg sont
apparus. À l’examen, elle paraît un peu fatiguée, pâle – phosphatases alcalines = 103 UI/L (N < 120) ;
et les traits tirés. Pour une taille de 1,75 m, elle pèse – gamma-GT = 45 UI/L (N < 50) ;
55 kg. L’abdomen est un peu météorisé, sensible dans
son ensemble mais surtout dans l’hypogastre et les – protéine C réactive (CRP) = 120 mg/L ;
fosses iliaques. Vous remarquez des plaques rouges à – ferritine = 140 ng/L (N > 15) ;
la face antérieure des jambes. Le reste de l’examen – TP = 100 %.
est normal, pas de signe objectif articulaire. Elle n’a
pas de fièvre. Commentez ces résultats.
* 1. Quelles sont vos trois hypothèses diagnosti- * 3. Quelle est votre hypothèse diagnostique
ques principales ? Argumentez. principale ? Argumentez.
* 2. Un premier bilan biologique montre les * 4. En prenant en compte ces résultats, précisez
résultats suivants : et justifiez les examens complémentaires que
vous prescrivez pour confirmer votre hypothèse
– hématies = 3,20 x 106/mm3 ; hémoglobine =
diagnostique principale.
10,2 g/dL ; VGM = 82 µ3 ; hématocrite = 35 % ;
leucocytes = 12 500/mm3 (neutrophiles = 72 %, Voir réponses p. 177.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
37
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 38 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
Item
304
Diplopie
Dominique Pawlak, Margaret Sterkers, Eric Souied, Gisèle Soubrane
O BJECTIF
* Devant l’apparition d’une diplopie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
extrinsèque : innerve les muscles DS, DI, DM, OI C. Examen de la motilité oculaire
et le releveur de la paupière supérieure. Compo- – Neuf positions du regard (primaire de face, haut,
sante intrinsèque : sphincter pupillaire et accom- haut à droite, droite, bas à droite, bas, bas à gauche,
modation ; gauche, haut à gauche).
• IV (nerf pathétique) : innerve l’OS ;
– Mauvaise motilité oculaire dans le champ du ou des
• VI (nerf moteur oculaire externe) : innerve le DL. muscles paralysés.
38
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 39 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
304. Diplopie
Si III complet : mydriase aréflexique du côté paralysé. – Étiologies par ordre de fréquence et par nerf
atteint :
F. Examen au verre rouge • IV : congénitale décompensée, traumatisme, vas-
– Un verre rouge placé devant un œil dissocie l’image culaire (sujet âgé), tumeur ;
des deux yeux (l’une est rouge, l’autre est blanche). • III : traumatisme, hémorragie méningée, anévrysme,
G. Mesure de la déviation avec des barres • tumeur (25 % des paralysies) : scanner ;
• diabète ;
Permet d’obtenir un document papier qui confirme le
• Horton ;
ou les muscles atteints, d’apprécier l’importance de
l’atteinte et de suivre l’évolution. • tumeur : si III intrinsèque, pas vasculaire mais
tumorale.
39
111632NBS_ORIENT_298_304.fm Page 40 Mercredi, 9. août 2006 3:51 15
DOSSIER CLINIQUE
Une patiente âgée de 37 ans consulte pour apparition * 1. L’occlusion d’un œil fait disparaître la diplo-
brutale d’une vision double depuis 24 heures. À pie. Quel type de diplopie éliminer et quelles
l’interrogatoire, pas de notion de traumatisme, une sont les étiologies ainsi éliminées ?
vague notion de vision floue de l’œil gauche qui s’est * 2. Quelles sont les caractéristiques de la diplo-
améliorée avec les lunettes réalisées par un opticien, pie de la patiente ?
il y a 2-3 ans. La patiente se présente avec un mou-
* 3. Quel type d’atteinte est le plus probable-
choir sur l’œil gauche car elle voit trouble avec les
deux yeux ouverts. L’œil droit semble en légère ment responsable de cette diplopie ?
convergence, au repos. La motilité est limitée dans le * 4. Un test de Lancaster est pratiqué chez la
regard à droite alors qu’elle est normale dans les patiente. Décrivez les résultats.
autres directions. À gauche, aucune limitation n’est * 5. Quel est le diagnostic le plus probable ?
retrouvée. On ne note pas de ptôsis. Cette atteinte est
* 6. Vous décidez d’hospitaliser la patiente.
restée stable depuis son apparition. AV ODG : 8/10 P2
Quels examens prescrivez-vous ?
corrigée. L’examen à la lampe à fente est strictement
normal. Pas d’anomalie à l’ophtalmomètre de Hertel.
Le FO droit est normal, le gauche montre une possible Voir réponses p. 177.
pâleur papillaire temporale, sans autre anomalie.
L’examen général des urgences générales est normal.
40
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 41 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
305
Douleur buccale
Assem Soueidan, Zahi Badran
O BJECTIF
* Devant des douleurs buccales, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
C. Desmodontite
I. DOULEURS D’ORIGINE DENTAIRE C’est l’inflammation du ligament alvéolodentaire. Elle
succède habituellement à la pulpite, mais peut aussi
A. Accidents d’éruption survenir après un soin ou la pose d’une couronne en
sur-occlusion. Les douleurs sont intenses, spontanées,
– Dents temporaires : l’éruption commence vers
pulsatiles, irradiées, augmentées par le contact entre
6 mois pour les incisives centrales inférieures, avec
les dents antagonistes. Le patient se plaint d’une sen-
douleur lors de la poussée de la dent à travers la
sation de « dent longue » : cela est dû à l’inflammation
muqueuse buccale ; la gencive est enflammée et
du ligament et la douleur est ressentie au moindre
érythémateuse au-dessus (juste avant la percée de la
contact. À l’examen, on constate une mobilité dentaire
dent) ou autour de la couronne qui fait son éruption.
et une douleur à la pression axiale. Les tests de vitalité
– Dents définitives : chez le jeune adulte, même sont souvent négatifs (pulpe dentaire nécrosée, morti-
tableau souvent associé à une hygiène insuffisante. fiée). À la radiographie, on constate un élargissement
– Dents de sagesse : la péricoronarite est une complica- du ligament alvéolodentaire.
tion fréquente de l’éruption des dents de sagesse infé-
rieures, caractérisée par une inflammation des tissus D. Abcès apical
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
autour de la couronne en évolution ; les douleurs sont Au niveau du sommet de la racine dentaire (apex), la
ressenties au niveau de la région rétromolaire, et peu- douleur est provoquée par la percussion. Au cours de
vent irradier vers d’autres régions (temporale, conduit la phase aiguë, les douleurs sont spontanées. La palpa-
auditif externe). À la palpation, la gencive est souvent tion est douloureuse au niveau de l’apex dentaire.
douloureuse et peut présenter un écoulement purulent.
E. Sinusite d’origine dentaire
B. Lésion carieuse
Elle peut être provoquée par une dent mortifiée dont
– Carie profonde de l’émail ou carie superficielle de l’apex est en rapport avec la cavité sinusienne (prémo-
la dentine : douleurs provoquées (sucre, froid, laires et molaires maxillaires), par un kyste dentaire ou
chaud, acide) qui disparaissent rapidement lorsque par un corps étranger d’origine dentaire projeté dans le
l’agent causal disparaît. sinus (pâte d’obturation, apex fracturé lors d’une avul-
– Pulpite (rage de dent) : elle fait suite à l’hyperémie si sion, etc.). Les douleurs sont localisées à l’hémiface en
cette dernière est non traitée. Les douleurs deviennent rapport avec le sinus pathologique. Il existe un jetage
aiguës, lancinantes et spontanées, elles sont pulsatiles unilatéral, purulent, associé à une cacosmie.
41
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 42 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
III. DOULEURS CAUSÉES PAR DES LÉSIONS Devant une douleur d’origine buccale (cf. fig. 305-1), le
DE LA MUQUEUSE BUCCALE médecin généraliste est amené presque systématique-
ment à faire une prescription d’antalgiques et/ou d’anti-
A. Aphtes biotiques et de bains de bouche. Dans un cabinet médi-
cal, l’examen de la cavité buccale n’est pas aisé, la
Ce sont des ulcérations douloureuses arrondies, caractéri- radiographie est souvent nécessaire. Le patient doit dans
sées par un fond nécrotique jaunâtre entouré par une la majorité des cas, sinon systématiquement, être adressé
auréole érythémateuse. Ces lésions sont souvent doulou- à son praticien (chirurgien-dentiste ou stomatologiste).
reuses et gênent l’alimentation. Elles disparaissent spon- L’avis et le suivi par le spécialiste sont donc requis dans
tous les cas.
tanément en 7 à 10 jours.
42
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 43 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Douleur buccale
Fig. 305-1.
Mademoiselle Cindy F., âgée de 16 ans, se présente contentée de prendre des antalgiques, et de faire des
aux urgences à 2 heures du matin. Elle se plaint bains de bouche au Synthol.
d’une douleur lancinante, pulsatile, située vague- * 1. Que doit-on rechercher pour établir le dia-
ment du côté mandibulaire droit. Elle a déjà pris gnostic ?
depuis 5 heures 4 comprimés à base de paracétamol
* 2. Quels examens complémentaires deman-
qui ne la soulagent que peu et pour une courte
durée. La douleur est diffuse, irradiante vers le dez-vous ?
conduit auditif externe, elle est accentuée par la * 3. Quel est votre diagnostic ?
position de décubitus, ce qui empêche la patiente de * 4. Quel traitement local pratiquez-vous et de
s’allonger pour dormir. quelles prescriptions accompagnerez-vous le
L’interrogatoire nous apprend que la patiente a déjà traitement local chez cette patiente ?
eu des épisodes douloureux de ce côté depuis quel-
* 5. Que recommandez-vous à votre patiente
ques mois, ces douleurs étant accompagnées de bour-
rage alimentaire entre les molaires. Cela ne l’a pas avant qu’elle ne quitte les urgences ?
incitée à consulter son praticien, elle s’est toujours Voir réponses p. 178.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
43
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 44 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
306
Douleur des membres
et des extrémités
Thierry Schaeverbeke
O BJECTIF
* Devant des douleurs des membres et des extrémités, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
44
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 45 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
– Les tumeurs osseuses et les ostéites sont responsa- masses musculaires à la pression, à un déficit sou-
bles de douleurs plus permanentes, mais toujours vent proximal. L’examen recherchera d’autres
accentuées par l’appui, la mobilisation. Là encore, signes (articulaires, cutanés) en faveur d’une derma-
l’imagerie est essentielle au diagnostic. topolymyosite. Le dosage des enzymes musculaires
s’impose ainsi que l’EMG à la recherche d’un syn-
drome myogène.
IV. PATHOLOGIE NEUROLOGIQUE
Les douleurs neurologiques ont une topographie corres- VI. PATHOLOGIE VASCULAIRE
pondant au territoire d’innervation de la structure neuro-
logique lésée ; elles ne sont pas accentuées par l’effort, Les pathologies vasculaires artérielles et veineuses
et elles s’accompagnent volontiers de paresthésies et prédominent aux membres inférieurs, sont perçues
parfois de déficits sensitifs ou moteurs. L’électrophysio- comme musculaires, et surviennent chez des sujets
logie permet d’objectiver la lésion nerveuse. ayant des facteurs de prédisposition (tabagisme pour
la pathologie artérielle, obésité, immobilisation pour la
A. Mononeuropathies tronculaires pathologie veineuse).
ou radiculaires
Elles sont dues à une lésion d’une racine, d’un tronc ou A. Douleur artérielle ischémique
d’un plexus nerveux. Les mononeuropathies tronculai- Douleur à type de crampe (mollet +++) survenant à
res témoignent le plus souvent d’un syndrome cana- l’effort et disparaissant au repos. À un stade plus
laire : compression du tronc nerveux dans un défilé avancé, douleur survenant au décubitus, obligeant le
anatomique (par exemple, syndrome du canal carpien). patient à garder la jambe pendante. L’examen clinique
Les paresthésies prédominent généralement la nuit. La recherche une abolition des pouls. L’écho-Doppler est
percussion de ce défilé reproduit la symptomatologie l’examen de choix.
(signe de Tinel). Les douleurs plexiques ne sont pas
limitées à un seul territoire radiculaire. Les radiculal- B. Douleur par thrombose veineuse
gies s’associent le plus souvent à des douleurs rachi-
Douleur vive du mollet, d’apparition brutale, associée
diennes ; elles prédominent parfois en station debout
à des signes locaux : rougeur et chaleur cutanées,
ou à l’effort, mais s’associent souvent à des paresthé-
sies, notamment la nuit. La douleur peut être déclen- œdème, perte du ballant du mollet. La confirmation est
chée par les efforts de toux, la défécation. L’examen faite par l’écho-Doppler.
peut objectiver un déficit moteur ou sensitif, une abo-
C. Douleur d’insuffisance veineuse
lition de réflexe ostéotendineux.
Sensations de jambes lourdes, de contractures muscu-
B. Polyneuropathies laires à l’effort. Association à des signes cutanés : vari-
Elles prédominent aux membres inférieurs et se tradui- cosités, ecchymoses, dermite ocre, ulcères.
sent par des troubles sensitifs ou moteurs bilatéraux et
symétriques, à prédominance distale.
D. Douleur d’acrosyndrome (Raynaud)
Douleur des extrémités survenant lors des expositions
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
45
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 46 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
46
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 47 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
307
Douleur et épanchement articulaire.
Arthrite d’évolution récente
Thierry Schaeverbeke
O BJECTIFS
* Devant une douleur ou un épanchement articulaires, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Devant une arthrite d’évolution récente, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
arthrite microcristalline ou un rhumatisme inflamma- est mise en route sans attendre les résultats des exa-
toire, antécédent familial de rhumatisme inflamma- mens bactériologiques ;
toire, antécédent personnel ou familial de psoriasis, – il n’y a pas de signes inquiétants et il existe des argu-
d’entérocolopathie inflammatoire, d’uvéite, en faveur ments pour une pathologie inflammatoire : un traite-
d’une spondylarthropathie. ment anti-inflammatoire d’épreuve pourra être
Une arthrite de Lyme pourra également être discutée proposé (AINS ou colchicine selon la situation clini-
en cas d’exposition au risque de morsure de tique. que), sous surveillance clinique stricte et dans
l’attente des résultats bactériologiques. Si l’arthrite
Attention, douleur et épanchement articulaires ne sont
s’améliore de façon spectaculaire et que les résultats
pas synonymes d’arthrite :
bactériologiques reviennent négatifs, l’hypothèse
– une hémarthrose peut compliquer un traumatisme, microcristalline ou inflammatoire sera confirmée.
un traitement anticoagulant, une coagulopathie ; Dans le cas contraire, la ponction pourra être répétée,
– une poussée congestive d’arthrose peut être res- majorant les chances d’isoler un germe, avant de
ponsable d’un épanchement articulaire abondant. démarrer une antibiothérapie.
47
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 48 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Melle B., 32 ans, assistante maternelle dans une crèche, * 4. Quels examens complémentaires allez-vous
consulte pour l’apparition spontanée, il y a environ demander dans l’immédiat ? Justifiez briève-
3 semaines, de douleurs articulaires affectant les poi- ment chaque élément de réponse.
gnets, les 2e et 3e articulations métacarpophalangien-
* 5. Ces premiers examens ne révèlent pas
nes (MCP) ainsi que les interphalangiennes proximales
d’anomalie notable. La vitesse de sédimentation
(IPP) correspondantes. Ces douleurs prédominent le
est à 12 mm à la première heure, le taux de
matin au réveil, moment où la patiente décrit une diffi-
culté à fléchir les doigts, difficulté qui cède après une CRP < 5 mg/L. L’absence de syndrome inflam-
période de dérouillage d’environ 45 minutes. matoire exclut-elle l’hypothèse d’un rhumatisme
inflammatoire ?
À l’examen, vous notez un gonflement des deux poi-
gnets, des 2e et 3e MCP des deux côtés, et de la 3e IPP * 6. Les symptômes persistent après plus de
à droite. 12 semaines d’évolution, malgré les premières
* 1. Décrivez en une phrase le tableau articu-
mesures symptomatiques mises en œuvre
laire présenté par cette patiente. (AINS et antalgiques). De nouveaux territoires
articulaires sont même concernés : genoux,
* 2. Quelles hypothèses diagnostiques peuvent chevilles, avant-pieds. Parmi les hypothèses
être envisagées à ce stade ? diagnostiques que vous avez formulées,
* 3. Quelles questions complémentaires lui posez- laquelle ou lesquelles vous paraît(issent) devoir
vous pour orienter votre diagnostic ? être retenues ?
48
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 49 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
* 7. La persistance des symptômes vous amène – facteur rhumatoïde IgM : 180 UI (significatif si
6 mois plus tard à reprendre le bilan immuno- > 80) ;
logique. Les résultats de ce bilan sont les sui- – anticorps anti-peptides citrullinés cyclés (CCP)
vants : positifs.
– anticorps antinucléaires positifs au 1/250, * De nouveaux clichés radiographiques ont éga-
fluorescence mouchetée ; lement été réalisés. Le cliché des avant-pieds de
– pas d’anticorps anti-ADN ; face met en évidence de petites érosions des
5e têtes métatarsiennes. Quelle conclusion tirez-
– anticorps anti-facteurs nucléaires solubles
vous de ce bilan ?
négatifs sur un panel d’antigènes comprenant
SSA, SSB, Sm, Scl-70, JO1, RNP ; Voir réponses p. 180.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
49
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 50 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
308
Dysphagie
Frank Zerbib
O BJECTIF
* Devant une dysphagie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
50
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 51 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
308. Dysphagie
début le caractère spasmodique est net. Parfois, régur- biopsies et/ou de dilatations œsophagiennes. En
gitations alimentaires responsables de complications l’absence d’obstacle, un trouble moteur œsophagien
ou symptômes respiratoires. peut être évoqué. Une dilatation et/ou une stase alimen-
taire de l’œsophage sont évocatrices d’une achalasie.
c Autres troubles moteurs œsophagiens
Maladie des spasmes diffus de l’œsophage, hypertonie B. Transit œsogastroduodénal
et/ou troubles de la relaxation du SIO, troubles Il peut être utile en deuxième intention ou dans les cas
moteurs non spécifiques. d’endoscopie impossible ou incomplète (sténose
infranchissable), ou pour objectiver une compression
extrinsèque, l’importance de la dilatation en cas
III. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES d’achalasie. Il peut être complété par le scanner thora-
cique.
A. Endoscopie œsogastroduodénale
Elle doit être pratiquée en première intention C. Manométrie œsophagienne
devant toute dysphagie. Elle permet le diagnostic des Elle permet le diagnostic des troubles moteurs œso-
sténoses organiques, et si nécessaire la réalisation de phagiens, achalasiques ou non.
51
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 52 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
309
Électrocardiogramme :
indications et interprétations
Stéphanie Russel
O BJECTIF
* Argumenter les principales indications de l’ECG et discuter l’interprétation des résultats.
52
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 53 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Vous êtes médecin au SAMU et vous êtes appelé(e) au * 4. Où adressez-vous le patient ? Dans quelle
domicile de M. N. pour une douleur thoracique évo- intention ?
luant depuis une heure. La douleur est rétrosternale en
* 5. La fréquence cardiaque reste basse. Que
barre, intense (elle a réveillé le patient), permanente et
faire ?
irradie dans les bras. À l’examen, la pression artérielle
symétrique est à 95/60 mmHg, le pouls à 45/min, la fré- * 6. Après votre traitement complet, le patient
quence respiratoire à 20/min, la saturation artérielle en s’améliore, le rythme cardiaque redevient sinu-
air ambiant est de 93 %. Le patient est pâle, en sueurs. sal. Quels examens demandez-vous dans un
L’auscultation cardiaque retrouve des bruits du cœur deuxième temps ?
réguliers sans souffle, l’auscultation pulmonaire
* 7. Il existe une dysfonction ventriculaire gau-
retrouve des crépitants remontant à mi-champs. Les
che systolique. Quel traitement instaurez-vous ?
pouls périphériques sont tous perçus.
* 8. Dans la prise en charge du patient, que doit-
* 1. Quels gestes effectuez-vous en urgence ?
on absolument ne pas négliger ?
* 2. Quel diagnostic suspectez-vous sur l’ECG
que vous avez réalisé (cf. fig. 309-1) ? * 9. Quelle est l’ordonnance de sortie du
patient ?
* 3. Quel traitement administrez-vous au domi-
cile du patient ? Voir réponses p. 181.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
53
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 54 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Madame P., âgée de 50 ans, vous consulte pour des * 4. Quelle est votre interprétation du tracé ECG
céphalées matinales intenses et des épisodes de flou de repos de la patiente (cf. fig. 309-2) ?
visuel apparus depuis 3 semaines, associés à de fré- * 5. Faut-il demander d’autres examens com-
quentes crampes musculaires. À l’examen, le pouls plémentaires ?
est de 85/min régulier, la pression artérielle de 180/
* 6. Que devez-vous évaluer par ailleurs chez
100 mmHg au repos symétrique. L’auscultation car-
cette patiente ?
diopulmonaire est normale. Les pouls périphériques
sont perçus sans souffle, l’abdomen est souple et * 7. Quels traitements débutez-vous en pre-
indolore. Poids = 65 kg pour 160 cm. mière intention ?
* 1. Que suspectez-vous ? * 8. Il s’avère que votre bilan révèle une hypo-
kaliémie profonde. Qu’en pensez-vous ?
*2. Quels antécédents recherchez-vous ? Quels
* 9. Comment confirmer votre diagnostic ?
autres signes fonctionnels faut-il rechercher ?
* 3. Quels examens réalisez-vous à visée étiolo-
gique ? Voir réponses p. 182.
54
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 55 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
310
Élévation de la créatininémie
Guillaume Bonnard
O BJECTIF
* Devant une élévation de la créatininémie, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
nicité une atrophie rénale bilatérale, la présence protéinurie modérée, leucocyturie aseptique.
d’une anémie normocytaire normochrome arégéné- – Apprécier le retentissement métabolique et géné-
rative, ou d’une hypocalcémie et d’une hyperphos- ral de l’insuffisance rénale : acidose, hyperkalié-
phorémie. mie, surcharge pulmonaire, nausées, dénutrition…
Mme B. vous est adressée pour élévation de la créati- Elle présente une altération de l’état général marquée
ninémie. depuis 1 mois, associée à un épisode fébrile avec fris-
Il s’agit d’une patiente de 44 ans d’origine portugaise sons. Sa consultation aux urgences était motivée par
ayant pour antécédents une césarienne 10 ans aupa- des douleurs de l’hypochondre et du flanc droits.
ravant et une morsure de jambe gauche il y a environ L’examen clinique initial note : poids = 38,300 kg
1 an. pour une taille de 1,65 m, TA = 115/90 mmHg ;
55
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 56 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
56
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 57 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
311
Éosinophilie
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant une éosinophilie, argumentez les principales hypothèses diagnostiques et justifiez
les examens complémentaires pertinents.
d’une allergie aiguë, notamment médicamenteuse. ou du pancréas : diagnostic sur des investigations
Dans tous les cas, c’est le contexte clinique qui radiologiques puis anatomopathologiques après
oriente dans cette direction. En cas d’allergie médi- biopsie) ;
camenteuse, l’arrêt du traitement, suivi de la dispari- – d’une « collagénose », notamment la périartérite
tion de l’hyperéosinophilie, est le meilleur test. Il noueuse : diagnostic orienté par la clinique et confirmé
s’agit d’un diagnostic facile ; par un prélèvement anatomopathologique orienté ;
– parasitoses : les infections à protozoaires ne donnent – d’un syndrome myéloprolifératif, où l’hyperéosi-
pas d’hyperéosinophilie. Seules sont donc concer- nophilie est alors un élément constituant du dérègle-
nées les helminthiases. Le diagnostic repose sur des ment de la prolifération myéloïde :
• l’hyperéosinophilie est un symptôme diagnostique
examens biologiques (recherche de parasites dans les
selles, éventuellement sérologies parasitaires spéci- accessoire mais pronostique important de la leucé-
mie myéloïde chronique, caractérisée par ailleurs
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
57
111632NBS_ORIENT_305_311.fm Page 58 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
cytogénétique, est devenue indispensable, cette philie à plus de 1 500/mm3, persistante et sans élément
forme très rare de syndrome myéloprolifératif avec pour le diagnostic de tumeur maligne ou de syndrome
hyperéosinophilie étant très sensible à l’imatinib myéloprolifératif. La corticosensibilité de l’éosinophi-
(Glivec). Parfois seule l’évolution permet d’affir- lie est un élément diagnostique important mais pas tou-
mer le diagnostic de syndrome myéloprolifératif jours discriminant par rapport au précédent ;
devant l’apparition d’une myélémie et d’une – l’hyperéosinophilie à moins de 1 500/mm3 avec VS
atteinte des autres lignées ou d’une transformation normale est un autre diagnostic d’élimination. Il
en leucémie aiguë ; existe des formes familiales (à différencier des hype-
– du « syndrome hyperéosinophilique », qui est une réosinophilies parasitaires familiales). Le seul test
entité de diagnostic formel difficile puisqu’il s’agit diagnostique est la surveillance évolutive, montrant
d’un diagnostic d’élimination devant une hyperéosino- la stabilité ou la disparition spontanée de l’anomalie.
cectomie. Trois enfants, deux petits-enfants qui sont hyperéosinophilie parasitaire. Pourquoi ?
tous bien-portants. À l’occasion de troubles digestifs * 4. Par conséquent, quels examens biologiques
qui ont depuis disparu, son médecin traitant a fait pra- (préciser l’orientation générale, d’une part, et
tiqué un hémogramme qui montre : hémoglobine = les examens précis que vous demandez, d’autre
14,2 g, VGM = 85 mm3, CCMH = 33 %, leucocytes = part) vous permettraient d’aller plus loin dans la
8 500/mm3, polynucléaires neutrophiles = 4 500/mm3, recherche d’une éventuelle hyperéosinophilie
éosinophiles = 1 200/mm3, lymphocytes = 2 500/mm3, parasitaire ?
monocytes = 300/mm3, plaquettes = 402 000/mm3. La * 5. À partir de quel chiffre considère-t-on géné-
VS est à 10. ralement qu’une hyperéosinophilie fait courir
Le médecin traitant a fait rechercher des œufs de para- des risques d’atteinte viscérale ?
sites dans les selles, recherche qui est négative. Il a fait
* 6. Les compléments d’investigations radiologi-
contrôler l’hémogramme 15 jours plus tard, qui mon-
tre des chiffres voisins. Il précise dans son courrier que ques et biologiques sont négatifs. L’hyperéosino-
le patient n’a pas voyagé récemment et que son der- philie persiste. Quelle stratégie proposez-vous au
nier séjour à l’étranger était en Égypte, il y a 3 ans. patient ?
L’examen clinique est normal. Voir réponses p. 183.
58
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 59 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
312
Épanchement pleural
Vincent Cottin
O BJECTIF
* Devant un épanchement pleural, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
Une pleurésie est définie par la présence anormale de point de ponction si l’épanchement est peu abondant.
liquide dans la grande cavité pleurale, cavité normale- Le scanner thoracique est surtout utile pour rechercher
ment virtuelle. une cause de la pleurésie.
Douleur latérothoracique
Symptômes fonctionnels
Toux sèche déclenchée par les changements de position
(non spécifiques)
Dyspnée si l’épanchement est abondant
Matité franche et déclive à la percussion
Signes physiques Diminution du murmure vésiculaire à l’auscultation
Plus rarement, frottement pleural (pleurésie peu abondante) ou souffle pleurétique
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Tableau 312-2.
59
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 60 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Une ponction pleurale évacuatrice est réalisée en cas En présence d’un exsudat, on réalise dans le cadre du
de dyspnée, sans dépasser 1,5 L par ponction du fait du bilan étiologique une analyse bactériologique, myco-
risque d’œdème pulmonaire a vacuo. bactériologique, cytologique et cytopathologique du
La ponction est réalisée à l’aiguille ou au cathéter liquide pleural, ainsi qu’une fibroscopie bronchique
pleural, sous anesthésie locale, le patient étant en posi- (atélectasie) et une tomodensitométrie thoracique. Les
tion assise, en zone de matité, deux doigts sous la cellules prédominantes du liquide pleural orientent le
pointe de l’omoplate, au bord supérieur de la côte infé- diagnostic (tableau 312-4).
rieure. Les complications non sévères sont fréquentes : – Un tabagisme et/ou une exposition à l’amiante, une
douleurs au point de ponction (20 %), pneumothorax altération progressive de l’état général, l’existence
(10 %), toux (10 %), saignement, ponction hépatique d’une opacité pulmonaire ou d’un antécédent néo-
ou splénique (< 1 %). plasique connu (cancer bronchopulmonaire, cancer
Les trois causes les plus fréquentes de pleurésie sont du sein), le caractère exsudatif souvent sérohémorra-
l’insuffisance cardiaque, les pleuropneumopathies gique de la pleurésie orientent vers une pleurésie
infectieuses et les cancers. cancéreuse secondaire. La cytologie du liquide
pleural n’est positive que dans 40-80 % des cas.
La distinction entre exsudats et transsudats repose
sur l’analyse biochimique, interprétée selon les critères – Une exposition à l’amiante, le caractère rétractile et
de Light ; le liquide est un exsudat s’il présente un au douloureux de la pleurésie, l’existence de festons
moins des critères suivants : pleuraux ou de plaques pleurales au scanner thoraci-
que, l’aspect macroscopique sérohémorragique de la
– rapport protéines pleurales/protéines sériques > 0,5 ;
pleurésie évoquent le mésothéliome. La cytologie
– LDH > 200 UI/L ; du liquide pleural n’est positive que dans 30-60 %
– rapport LDH pleural/LDH sérique > 0,6. des cas.
Ces critères sont sensibles (98 %) mais moins spécifi- – Les causes infectieuses de pleurésie comportent des
ques (83 %) pour le diagnostic d’un exsudat. En prati- infections virales (pleurésie lymphocytaire dans un
que, un taux de protéines supérieur à 30 g/L dans le contexte d’infection virale), des pleurésies réaction-
liquide pleural indique un exsudat. nelles au cours des pneumopathies bactériennes
Les épanchements bilatéraux sont le plus souvent des (parapneumoniques) (liquide clair, exsudatif, stérile,
transsudats. Les principales causes de transsudats et riche en polynucléaires non altérés), des pleurésies
d’exsudats sont présentées au tableau 312-3. infectieuses au cours des pneumopathies bactérien-
Tableau 312-4. Orientation diagnostique en fonction de la nature des cellules prédominantes du liquide pleural.
60
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 61 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
nes (liquide clair ou trouble, exsudatif, non stérile, pleurales transcutanées à l’aiguille « à l’aveugle »
riche en polynucléaires altérés), des pleurésies puru- est presque abandonnée par la plupart des équipes
lentes (sujet fragilisé, altération de l’état général, pneumologiques, au profit de biopsies guidées par
liquide purulent fétide). l’échographie ou la vidéothoracoscopie. Une biopsie
– 15 % des pleurésies n’ont pas de cause retrouvée. pleurale à l’aveugle peut se justifier en cas d’épan-
Si la pleurésie est exsudative et chronique, il y a alors chement pleural lymphocytaire évoquant une tuber-
indication de vidéothoracoscopie à visée diagnostique culose ou un épanchement néoplasique. Une biopsie
et thérapeutique. Cet examen permet d’obtenir un négative à l’aveugle conduit à la pratique d’une
diagnostic dans 95 % des cas. La pratique des biopsies vidéothoracoscopie.
Une patiente âgée de 76 ans, institutrice à la retraite, * 2. Quel élément recherchez-vous à l’interro-
consulte pour une asthénie, un amaigrissement de gatoire en faveur d’une pleurésie de cause car-
3 kg en 4 mois, une température à 37,5-38 °C depuis diaque ? Qu’est-ce qui à la ponction pleurale
6 semaines. Elle a de nombreux antécédents : adéno- orienterait vers cette éventualité ?
carcinome mammaire à l’âge de 67 ans, traité par * 3. La ponction pleurale montre qu’il s’agit d’un
tumorectomie, radiothérapie complémentaire, et hor- exsudat lymphocytaire. Quelles sont les princi-
monothérapie par tamoxifène pendant 5 ans, en pales affections responsables de pleurésie exsu-
rémission complète ; migraine traitée par dihydro- dative lymphocytaire ?
ergotamine depuis 6 ans ; cholécystectomie pour
lithiase biliaire il y a 10 ans ; phlébite veineuse pro- * 4. La recherche de bacilles acidoalcoolorésis-
fonde dans les suites de la cholécystectomie ; hyper- tants est négative à l’examen direct dans le
tension artérielle traitée par énalapril ; coxarthrose. liquide pleural. Peut-il s’agir quand même d’une
Récemment est apparue une dyspnée d’effort. Il n’y a pleurésie tuberculeuse ?
pas de douleur thoracique. L’examen clinique révèle * 5. Cinq semaines plus tard, les différentes ana-
une matité de la base pulmonaire gauche. Il n’y a pas lyses réalisées sur la ponction pleurale n’ont pas
d’adénopathie périphérique, pas d’hépatomégalie. La permis d’obtenir un diagnostic. Les cultures à la
palpation mammaire est normale. La radiographie recherche de mycobactéries sont négatives. Il
montre une pleurésie gauche de moyenne abondance. n’y a pas d’amélioration clinique. La pleurésie a
augmenté en dépit de l’arrêt de la dihydroergo-
* 1. Compte tenu des antécédents, citer en les dis-
tamine. Que proposez-vous ?
cutant brièvement les principales hypothèses
pour le diagnostic étiologique de cette pleurésie ? Voir réponses p. 183.
61
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 62 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
62
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 63 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
313
Épistaxis (avec le traitement)
Olivier Malard
O BJECTIFS
* Devant une épistaxis, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
* Identifier les situations d’urgence et planifier leur prise en charge.
– causes générales :
I. DIAGNOSTIC. ÉTIOLOGIES • les troubles de la coagulation : thrombopathie
Par définition, l’épistaxis est une hémorragie ayant acquise ou congénitale (Willebrand), thrombopé-
pour origine les cavités nasosinusiennes, ce qui nie, anticoagulation (surtout en cas de surdosage),
exclut l’extériorisation de sang d’origine buccale, res- peuvent se révéler par une épistaxis (avec ou sans
lésion des fosses nasales) ;
piratoire ou digestive (le diagnostic différentiel peut
• l’hyperpression artérielle aggrave une épistaxis,
être difficile en décubitus, en milieu de réanimation…).
mais elle n’en est pas obligatoirement la cause :
La gravité immédiate d’une épistaxis sévère est liée au
l’hyperpression peut aussi être une conséquence de
choc hypovolémique.
l’épistaxis (anxiété) ;
Les étiologies sont très nombreuses :
• l’épistaxis « idiopathique » est un diagnostic d’éli-
63
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 64 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Rhésus, recherche d’agglutinines irrégulières : afin compresse ou à l’aide de sondes à double ballonnet.
d’anticiper une éventuelle transfusion. La compression est allégée puis progressivement
retirée avant 48 heures (risque de nécrose). En cas
d’échec du tamponnement, ou de récidive lors de son
II. PRISE EN CHARGE ablation, deux méthodes sont utilisables, dont l’indi-
cation dépend du contexte :
• artériographie-embolisation : elle permet d’embo-
A. Contrôle de l’hémodynamique
liser sélectivement les branches du territoire caro-
– Patient demi-assis, rétablir et maintenir l’hémodynami-
tidien externe (maxillaire et sphénopalatin,
que (les complications des épistaxis graves sont liées
facial). Elle ne permet pas de geste sur les vais-
aux défaillances hémodynamiques et leurs complica-
seaux ethmoïdaux qui dépendent du territoire
tions multiviscérales) : garantir un abord veineux de
carotidien interne. L’artériographie est surtout
bon calibre (double en cas d’épistaxis sévère), assurer
proposée dans les contextes traumatiques, les ter-
un remplissage vasculaire (par macromolécules en
rains précaires ;
tenant compte d’une éventuelle insuffisance cardiaque
• traitement chirurgical : il permet les ligatures des
préalable) ; traiter une hyperpression artérielle associée
et une anxiété importante (benzodiazépines). territoires précédents par abord endonasal, ainsi
que des artères ethmoïdales par abord externe (can-
– Hospitalisation non systématique, dépend de la gra-
thotomie). C’est la méthode de choix en cas de
vité de l’épistaxis et de sa cause.
d’épistaxis postopératoire, ou en cas d’échec de
B. Contrôle du saignement l’embolisation.
(moyens graduels et adaptés C. Attitude vis-à-vis de la prise
à l’étiologie suspectée) d’éventuels antiagrégants
– Mouchage des fosses nasales : diminue voire stoppe ou anticoagulants
de petits saignements ; puis pincement des ailes du
nez pendant 5 à 10 minutes : suffisant pour une ecta- – Les antiagrégants peuvent être suspendus, notam-
sie de la tache vasculaire (une cautérisation est effec- ment si un geste chirurgical doit être entrepris au
tuée secondairement). cours de la prise en charge. Cependant, leur durée
d’action est telle que lorsque l’épistaxis est rapide-
– Tamponnement antérieur : en cas d’échec des
ment contrôlée et ne présente pas de critères de
manœuvres précédentes, effectué à l’aide de mèches
gravité, ils peuvent être maintenus.
résorbables (Surgicel) ou non (tulle gras…), il permet
d’appliquer une pression sur la muqueuse de toute la – Les anticoagulants doivent être suspendus définiti-
fosse nasale en avant des choanes. En cas de troubles vement dès que le bénéfice de leur indication n’est
de la coagulation, des mèches résorbables sont utili- pas clairement établi (phlébite ancienne…). Lors-
sées. Une antibiothérapie prophylactique (type péni- que l’indication est formelle (valve cardiaque méca-
cilline A en l’absence d’allergie) concomitante est nique…), un relais par une héparinothérapie hypo-
prescrite. Les mèches sont humidifiées. L’efficacité coagulante est effectué jusqu’au contrôle de
est vérifiée : arrêt du saignement antérieur, absence de l’épistaxis. Dans le cas d’épistaxis de faible abon-
saignement postérieur. En cas d’échec, il faut revéri- dance facilement contrôlées, les anticoagulants peu-
fier le côté du saignement, au moindre doute effectuer vent être maintenus.
un tamponnement controlatéral. Si le saignement per- – Les transfusions sanguines sont parfois nécessaires :
siste, le tamponnement peut être renouvelé, plus serré, • transfusions de plaquettes (thrombopénie centrale)
64
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 65 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
M. Georges K. se présente aux urgences pour une épis- * 1. Quelles sont les premières mesures
taxis droite. Les saignements ont débuté 4 heures d’urgence que vous prenez face à ce type
auparavant au domicile, se sont amendés spontané- d’épistaxis abondante ?
ment, puis récidivent maintenant de façon très abon- * 2. Quels examens complémentaires demandez-
dante, amenant le patient à consulter en urgence. Il vous en urgence ?
s’agit d’un patient de 57 ans sous AVK (Préviscan : 3/4
* 3. Quel traitement local allez-vous réaliser
de comprimé le soir) pour un problème d’embolie pul-
monaire postopératoire (éveinage saphène), survenu (modalités et surveillance) ?
3 ans auparavant. Par ailleurs, il prend un traitement * 4. De quelles prescriptions accompagnerez-
hypo-uricémiant pour des crises de goutte. Son méde- vous le traitement local chez ce patient ?
cin traitant a réalisé un ECG au domicile avant de * 5. Sur quels arguments seriez-vous conduit à
l’adresser, en raison de son angoisse et d’une impres- prescrire une transfusion globulaire, et quelles
sion d’oppression thoracique. Cet ECG est normal, de en seraient les modalités ?
même que le reste de l’examen au domicile du patient,
* 6. En cas d’échec thérapeutique, de quelles
d’après le courrier qui vous est transmis. Le dosage de
possibilités thérapeutiques disposez-vous ?
l’INR effectué 3 jours auparavant était à 2,2.
Voir réponses p. 186.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
65
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 66 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
314
Exanthème. Érythrodermie
Marie-Aleth Richard
O BJECTIF
* Devant un exanthème ou une érythrodermie, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Exanthème et érythrodermie sont deux syndromes Les érythrodermies posent, indépendamment de leur
dermatologiques caractérisés par la présence de étiologie, un problème pronostique. Les patients
lésions érythémateuses. Cependant, ils sont très atteints sont fragiles, à causes des pertes caloriques,
différents dans leurs étiologies et leurs risques évo- protidiques et hydroélectrolytiques, et du retentisse-
lutifs. ment hémodynamique de la vasodilatation cutanée dif-
fuse. Les lésions sont le siège d’infections cutanées et
le point de départ d’infections systémiques. L’hospita-
lisation est indispensable pour surveiller le malade,
I. ÉRYTHRODERMIE
évaluer la sévérité du retentissement de la dermatose et
L’érythrodermie est un tableau rare, d’installation mettre en place un traitement symptomatique.
progressive et d’évolution prolongée. L’aspect L’interrogatoire est fondamental : il recherche des
clinique est univoque et n’oriente pas le diagnostic antécédents dermatologiques ou généraux connus, des
étiologique. L’ensemble du revêtement cutané est prises médicamenteuses récentes.
concerné par un érythème confluent souvent squa- Les érythrodermies peuvent être primitives mais sont
meux, parfois prurigineux. La peau est infiltrée par plus souvent secondaires à certaines affections cuta-
l’œdème, il peut y avoir une atteinte inflammatoire nées préexistantes dont elles peuvent compliquer
associée des muqueuses : chéilite, stomatite, conjonc- l‘évolution (tableau 314-1).
tivite, et de façon non spécifique des adénopathies Les explorations complémentaires dépendent des
sont souvent palpables. données de l’interrogatoire et de l’examen clinique.
66
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 67 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
67
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 68 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Chez l’enfant, il faut penser en premier lieu aux en l’absence de cause évidente : NFS (recherche
causes infectieuses, en majorité virales, et tenir d’un syndrome mononucléosique ou d’une polynu-
compte du statut vaccinal. cléose), bilan hépatique, sérodiagnostic de MNI,
Lorsque l’exanthème s’associe à des manifestations TPHA VDRL, antigénémie p24, virémie VIH. Il faut
viscérales sévères, il faudra évoquer une maladie sys- savoir répéter les sérologies en cas de risque d’expo-
témique, qui reste exceptionnelle (syndrome de Kawa- sition au VIH.
saki, maladie de Still, maladie lupique, syndrome du Un rash à l’ampicilline chez un adolescent traité pour
choc toxique staphylococcique…). On ne demandera une angine doit faire évoquer le diagnostic de MNI, et
de bilan paraclinique qu’en cas de suspicion de mala- ne signifie pas que le patient est allergique à la pénicil-
die générale (NFS, échographie cardiaque). line.
Chez l’adulte, les principales causes sont médica- Chez la femme enceinte, on demande les sérologies de
menteuses, mais les infections sexuellement trans- toxoplasmose de type morbiliforme, rubéole, CMV,
missibles (syphilis secondaire, primo-infection par le HIV et syphilis pour éliminer les infections posant un
VIH) seront systématiquement évoquées. On demande, risque pour la grossesse et/ou le fœtus.
M. X, patient de 64 ans, vous consulte parce qu’il est – créatininémie : 147 µmol/L ;
rouge de la tête aux pieds. – transaminases : ALAT = 15 UI/L, ASAT = 17 UI/L ;
Il ne souffre pas, ne se plaint pas vraiment de prurit. – bilirubine : 9 µmol/L ;
Il arrive en bonne forme apparente mais sa tempéra- – ionogramme sanguin : sodium = 132 mmol/L, potas-
ture est à 38 °C. Cet état s’est installé progressive- sium = 3,4 mmol/L, protidémie = 45 g/L ;
ment depuis une vingtaine de jours. – diurèse = 500 cc, urée urinaire = 222 mmol/L,
Vous l’avez déjà vu en consultation et traité il y a sodium urinaire = 11 mmol/L, potassium urinaire =
20 ans pour une dermatose érythématosquameuse 46 mmol/L, créatine urinaire = 3,50 mmol/L.
localisée aux coudes, aux genoux et au sacrum. * 1. Quel est le tableau présenté par ce patient ?
On ne retrouve à l’examen aucune lésion de ce type, * 2. Quels en sont habituellement les signes de
mais plutôt un érythème étendu à l’ensemble du gravité ?
corps modérément infiltré et squameux. Le patient
frissonne souvent. * 3. Lesquels notez-vous dans cette observa-
68
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 69 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
315
Hématurie
Morgan Rouprêt, Sébastien Beley, Arnaud Mejean
O BJECTIF
* Devant une hématurie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
L’hématurie est la présence de sang dans les urines, La prescription d’examens complémentaires est orien-
ce qui élimine l’urétrorragie, les saignements mens- tée par le contexte et la clinique qui guident vers une
truels, les colorations « rouges » d’urines. cause urologique ou néphrologique ou aucune des
Elle peut être microscopique et devient pathologique deux (tableau 315-1) :
quand elle est supérieure à 10 000 hématies/mL ou – vers une cause urologique : examen cytobactériolo-
10 000 hématies/min. gique des urines (ECBU), cytologie urinaire, créati-
Quand elle est macroscopique, il est classique d’en dis- ninémie, numération-formule sanguine (NFS) et
uroscanner ;
tinguer la nature par rapport à la miction : initiale (ori-
gine sous-vésicale), terminale (origine vésicale) ou – vers une cause néphrologique : ECBU, HLM
(hématies-leucocytes/minute) ou compte d’Addis,
totale (aucune origine précise).
microscopie optique en contraste de phase des
On distingue les causes urologiques et néphrologiques : urines, protéinurie des 24 heures, créatininémie et
– les causes urologiques sont dominées par les tumeurs, NFS, ± biopsie rénale ;
les infections et les lithiases ; – si aucune cause n’est retrouvée, il faut envisager une
– les causes néphrologiques sont surtout les néphro- deuxième ligne d’investigations : endoscopie urétrové-
pathies glomérulaires et la polykystose rénale auto- sicale, urétéroscopie, échographie-Doppler, ± artério-
somique dominante. graphie.
Tableau 315-1. Orientation diagnostique devant une hématurie et choix des examens complémentaires.
Néphrologique Urologique
Indolore Douleurs lombaires ou pelviennes
Sans caillots Caillots
Sang brun Sang rouge
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Un homme de 58 ans, fumeur à 60 paquets/années, ne surviennent qu’à la toute fin de la miction et avec,
consulte car, à plusieurs reprises, il a eu des « urines tout au plus, quelques caillots.
rouges ». Il est peintre en bâtiment. Il pense que ces * 1. Quelles sont les causes de fausses hématu-
épisodes ne sont probablement pas graves puisqu’ils ries ?
69
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 70 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
* 2. D’après l’anamnèse, quelle est l’origine * 5. Si cette cause est confirmée, quelle attitude
topographique de l’hématurie ? allez-vous adopter en première intention ? Pour-
* 3. Quels examens complémentaires lui propo-
quoi ?
sez-vous dans un premier temps ?
* 4. Quelle(s) cause(s) suspectez-vous ici ? Pour- Voir réponses p. 187.
quoi ?
Un homme de 55 ans, gros fumeur, technicocom- * 2. Hormis la présence d’un caillot dans les
mercial dans une entreprise informatique, consulte voies urinaires, quelles sont les trois principales
pour une hématurie macroscopique associée à des hypothèses pour expliquer cette lacune ?
lombalgies droites. Il a des antécédents médicaux * 3. Pendant la consultation, quels sont les élé-
d’hypertension artérielle (HTA), de dyslipidémie et ments dont vous disposez et que vous recher-
une intervention endoscopique dans la vessie 4 ans chez en faveur de la cause la plus grave ?
auparavant. Il est chasseur à ses heures perdues, et
* 4. Quels sont les éléments pour argumenter la
pèse 95 kg pour 1,71 m. Il vient avec les résultats
d’une urographie intraveineuse (UIV). L’abdomen cause la plus fréquente ?
sans préparation (ASP) est sans anomalie, mais les * 5. Quels sont les éléments en faveur de la
clichés injectés montrent une lacune pyélique cause de la troisième hypothèse ?
droite. * 6. Lors d’une hématurie, quels éléments de
* 1. Quelle est la définition d’une hématurie l’examen clinique faut-il rechercher, pour
macroscopique ? s’orienter vers une cause néphrologique ?
Voir réponses p. 187.
70
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 71 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
316
Hémogramme :
indications et interprétation
Bruno Varet
O BJECTIF
* Argumenter les principales indications de l’hémogramme, discuter l’interprétation des
résultats et justifier la démarche diagnostique si nécessaire.
males utiles.
La connaissance du raisonnement diagnostique devant crés deux items spécifiques (voir item 222 « Anémie
les principales anomalies possibles est, au moins à la par carence martiale », ouvrage Maladies et grands
première étape de chacune d’entre elles, également de syndromes, item 297 « Anémie », page 17).
la responsabilité du non-spécialiste.
Ne seront envisagées dans ce chapitre que les anoma- II. PREMIÈRE ÉTAPE :
lies de l’hémogramme qui ne font pas l’objet d’items INDICATIONS DE L’HÉMOGRAMME
spécifiques. Il est à noter que le choix des items spécifi-
ques retenus dans les « Objectifs terminaux » pour les Elles doivent être larges chez un sujet présentant une
items de 2e partie de 2e cycle des études médicales (BO symptomatologie clinique.
du 31 août 2001) échappe à toute logique et que, par
conséquent, ni pour l’examen classant, ni pour la prati- Certaines orientations cliniques sont évidentes :
que médicale, les items non identifiés dans la liste du – pâleur : recherche d’une anémie ;
programme ne doivent être négligés.
– érythrose : recherche d’une polyglobulie ;
71
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 72 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
– fièvre : recherche d’une anomalie de la formule leu- lés et étalonnés, et donnent par conséquent des résul-
cocytaire ; tats non significativement différents les uns des autres.
– syndrome hémorragique : recherche d’une thrombo- Il n’existe pourtant en France aucun contrôle sur les
pénie ; valeurs « normales » données par les laboratoires en
– manifestations thrombotiques : recherche d’une regard de leurs résultats. Ces valeurs « normales »,
hyperplaquettose ou d’une polyglobulie. souvent appelées par précaution ou hypocrisie
Mais l’hémogramme est également justifié en cas de : « valeurs de référence » ou « valeurs usuelles », voire
– signes cardiovasculaires (adaptation à l’anémie) : « VR » ou « VU », ne doivent donc pas être considérées
tachycardie, souffle systolique, œdèmes, douleurs comme des valeurs de référence par le prescripteur.
coronaires ou artérielles à l’effort ; Cela reste vrai même lorsque les résultats situés hors
– ictère (hémolyse ?) ; des valeurs choisies par le laboratoire paraissent ornés
d’astérisques, de caractère gras ou de couleur. Il est
– adénopathies, splénomégalie, hépatomégalie, dou-
malheureusement habituel de constater que les
leurs osseuses, douleurs articulaires, infiltrat cutané :
« valeurs normales » données par le laboratoire sont
symptômes possibles d’une hémopathie maligne ;
systématiquement trop étroites et vont donc faire appa-
– angine ou ulcération buccale : anomalies des polynu-
raître comme pathologiques des valeurs qui sont en fait
cléaires neutrophiles ;
normales.
– infections à répétition : anomalies de la formule leu-
cocytaire. La connaissance des limites de la normale par le
prescripteur est donc indispensable. En cas d’hésita-
Mais encore toute fièvre ou une simple asthénie justi-
tion, il est préférable de se référer plutôt à un
fient le contrôle de cet examen.
ouvrage comme celui-ci qu’aux normes du labora-
toire, en tout cas tant que celles-ci ne feront pas
l’objet d’un contrôle.
III. DEUXIÈME ÉTAPE :
Toutes les valeurs de l’hémogramme ne sont pas utiles
COMMENT DISTINGUER LE NORMAL
à mémoriser. Les tableaux 316-1 à 316-4 résument
DU PATHOLOGIQUE ? celles qu’il faut impérativement connaître. Il existe
Les appareils utilisés par les laboratoires de ville ou quelques incertitudes ou valeurs discutées, qui sont
d’hôpital sont très performants, régulièrement contrô- également signalées..
Signification
Valeur à considérer Valeur limite
de l’anomalie
Nombre Sans intérêt pratique – –
Limite inférieure Homme : 13 g/dL Anémie
Garçon avant la puberté : 12 g/dL
Hémoglobine
Femme en dehors de la grossesse : 12 g/dL, voire
11,5 g/dL
Limite supérieure Homme : 54 % Polyglobulie
Hématocrite Garçon avant la puberté : 47 %
Femme quel que soit l’âge : 47 %
Limite supérieure 98 µ3 Macrocytose
VMG Limite inférieure 80 µ3 Microcytose
(pour certains appareillages : 83 µ3 selon le réglage)
Limite supérieure 37 % Problème technique
CCMH Limite inférieure 31 % Hypochromie
(32 % selon le réglage)
72
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 73 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Signification
Valeur à considérer Valeur limite
de l’anomalie
Cellules Nombre Sans intérêt pratique – –
myéloïdes Polynucléaires Limite supérieure 7 000-7 500/mm3 Polynucléose neutrophile
neutrophiles Limite inférieure 1 700/mm3 Neutropénie
hors ethnie africaine
Limite inférieure 800/mm3 Neutropénie
ethnie africaine
Polynucléaires Limite supérieure 500/mm3 Éosinophilie
éosinophiles
Polynucléaires Sans intérêt pratique – –
basophiles
Monocytes Limite supérieure 1 000/mm3 Monocytose
(significative seulement
si retrouvée
sur plusieurs
hémogrammes)
Lymphocytes Limite supérieure 4 500/mm3 Lymphocytose
Limite inférieure Sans intérêt pratique
(sauf chez un sujet présentant
des infections récurrentes
où il faut étudier le nombre
des cellules CD4 et CD8,
cela quelle que soit la valeur
totale de la lymphocytose)
Anémie physiologique à partir de la fin du 3e mois. Le taux d’hémoglobine peut baisser jusqu’à
Femme enceinte 10,5 g/dL (VGM et CCMH normaux)
Hyperleucocytose physiologique jusqu’à 12 000/mm3 avec polynucléose neutrophile
Enfant Lymphocytose physiologique jusqu’à 6-8 ans jusqu’à 6 000/mm3
L’hémogramme du nouveau-né présente de nombreuses particularités dont l’analyse justifie
Nouveau-né
un avis spécialisé
73
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 74 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
C. Anomalies morphologiques
des globules rouges
IV. TROISIÈME ÉTAPE : Elles sont essentiellement observées associées à des
DÉMARCHES DIAGNOSTIQUES anémies, dont elles viennent éventuellement orienter le
diagnostic, notamment en cas d’hémolyse. Elles peu-
vent toutefois représenter une « porte d’entrée » du
Les démarches diagnostiques devant les diverses ano- diagnostic et leur signification mérite donc d’être
malies de l’hémogramme représentent l’essentiel des connue (tableau 316-7).
connaissances de base nécessaires à tout médecin dans
le domaine de l’hématologie. D. Polynucléose neutrophile
Le lecteur se référera donc, pour les détails, à des ouvra-
ges plus spécifiques, notamment l’ouvrage Hématolo- c Risque
gie et transfusion par J.-L. Lévy, B. Varet, J.-P. Clauvel,
F. Lefrère, A. Bezeaud, M.-C. Guillin, Masson, collection Aucun.
« Abrégés connaissances et pratique », 2001. c Conduite à tenir
De plus, le programme de l’examen classant ne précise
pas où s’arrête la démarche du non-spécialiste et quand – Première étape – Écarter une explication physio-
faire appel au spécialiste, ce qui est, en pratique, la dif- logique :
ficulté essentielle pour éviter deux écueils : • grossesse ;
– faire courir un risque au patient ;
• exercice physique récent.
– mettre en route des investigations ou des avis spécia-
lisés inutiles.
Pour les problèmes suivants : anémie, syndrome mono- – Deuxième étape – Polynucléose neutrophile réac-
nucléosique, éosinophilie, thrombopénie, on se réfé- tionnelle aiguë reconnue sur la clinique (association
rera à l’item 222 « Anémie par carence martiale » d’une fièvre et d’un syndrome inflammatoire) :
(ouvrage Maladies et grands syndromes) et aux items • infection bactérienne ;
297, 311, 334 et 335 (pages 17, 57, 126 et 128).
• hémolyse ou hémorragie aiguë ;
• allergie ;
A. Polyglobulie tite).
c Risque – Troisième étape – Polynucléose neutrophile réaction-
nelle chronique (diagnostic sur la clinique et l’existence
Thrombose veineuse ou artérielle.
d’un syndrome inflammatoire biologique) :
c Conduite à tenir • infections torpides (dents, sinus, urines) ;
l’hyperérythropoïèse. Le bilan martial montre un ou égal à un paquet par jour) : diagnostic formel
tableau de « carence ». La recherche d’une cause de sai- très difficile en l’absence d’obtention de l’arrêt du
gnement est néanmoins indispensable.
tabac. À noter une corrélation chez les fumeurs
74
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 75 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
– Nb de GR élevé avec
– Hématocrite < 54 % ( ) ou < 48 % ( ) = VGM bas
75
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 76 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
76
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 77 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Myélogramme Isolée ?
Moelle normale ou
Hémopathie maligne
« blocage » de maturation
médullaire
Transitoire Persistante
Neutropénie Neutropénie
aiguë toxique, sévère chronique
immunoallergique,
virale
OUI NON
Myélogramme Hypersplénisme
Envahissement Myélodysplasie
Aggravation Régression
Stabilité
(< 800 PN/mm3)
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Suivi de l’hémogramme
Neutropénie
Neutropénie Si récidive, neutropénie chronique
chronique
ethnique mineure fluctuante
mineure
77
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 78 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
OUI NON
Syndrome Lymphocytes
mononucléosique matures
Contexte clinique
(fièvre, toux, adénopathies, splénomégalie)
Hémoglobine, plaquettes
Adéno Lymphocytose
Syndrome Toux quinteuse
ou splénomégalie Anémie complètement isolée
infectieux aigu
ou thrombopénie depuis plus de 2 mois
Tabac ?
Lymphocytose T
78
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 79 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
79
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 80 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
317
Hémoptysie
Vincent Cottin
O BJECTIF
* Devant une hémoptysie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
80
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 81 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
317. Hémoptysie
L’hémorragie alvéolaire correspond à un saignement Lorsque le bilan étiologique est négatif et l’hémoptysie
diffus des capillaires alvéolaires dans la lumière des idiopathique, une surveillance étroite est conseillée,
alvéoles. Elle se traduit par des hémoptysies (parfois une cause pouvant se révéler ultérieurement.
absentes), une dyspnée, une anémie aiguë, et des opa-
cités alvéolaires bilatérales. Le diagnostic repose sur le
lavage bronchoalvéolaire, qui montre un aspect hémor-
ragique macroscopique, et une coloration de Perls posi- IV. PRISE EN CHARGE
tive (sidérophages). Les principales causes sont les
vascularites (maladie de Wegener, polyangéite micro- L’hémoptysie abondante mettant en jeu le pronostic
scopique), le lupus érythémateux disséminé, le syn-
drome de Goodpasture, la greffe de moelle osseuse, la
vital est une urgence. Il faut préserver l’hématose par
leptospirose, certaines causes toxiques et médicamen- la libération des voies aériennes supérieures (ce qui
teuses. peut nécessiter une intubation sélective et une ventila-
tion mécanique en cas de saignement massif) et si
nécessaire une oxygénothérapie, et assurer l’hémo-
stase par l’un ou l’autre des moyens suivants :
III. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES – le traitement médical vasoconstricteur (terlipres-
Le bilan étiologique d’une hémoptysie vise à recher- sine ou glypressine), avec des risques de poussée
cher la localisation du saignement (afin de guider la hypertensive et d’insuffisance coronaire aiguë ;
thérapeutique) et sa cause. Il comporte : – l’embolisation artérielle bronchique sélective
– une radiographie thoracique, qui peut montrer une par technique de radiologie interventionnelle : elle
lésion susceptible d’avoir saigné, et parfois une opa- comporte un risque d’exceptionnelle ischémie
cité alvéolaire consécutive au saignement ; médullaire par vaso-occlusion d’une artère à desti-
– un scanner thoracique, plus sensible que la radiogra- nation spinale antérieure ; un risque de nécrose
phie thoracique, notamment pour les tumeurs de petite bronchique, œsophagienne, myocardique, ou d’embo-
taille, les bronchectasies, les anomalies vasculaires ou lie systémique de matériel. L’efficacité de l’embo-
les embolies pulmonaires ; le scanner montre parfois lisation artérielle bronchique (75-90 % des cas) est
une condensation alvéolaire localisée posthémoptoï- parfois transitoire ;
que ; l’angioscanner thoracique de haute résolution – en l’absence d’alternative, un traitement chirurgical
(multibarrettes) permet le plus souvent d’identifier les si possible conservateur (exérèse localisée, lobecto-
artères systémiques bronchiques ou non bronchiques mie), qui est réalisé en urgence en fonction de la
à l’origine du saignement et de guider l’embolisation ; lésion à l’origine de l’hémoptysie.
– une fibroscopie bronchique, si possible en période Le traitement médical et l’embolisation artérielle bron-
de saignement actif ; chique sont privilégiés à la chirurgie d’hémostase en
– un examen ORL, qui a pour but d’éliminer une ori- urgence. Une chirurgie secondaire est parfois proposée
gine pharyngolaryngée ou nasale de saignement. en cas de cause locale clairement identifiée.
Un homme de 70 ans, d’origine algérienne, se pré- zole. Il a fumé 10 cigarettes par jour depuis l’âge de
sente au service d’accueil des urgences pour expecto- 20 ans, et prend un traitement de bupropion et des
ration de sang rouge depuis 24 heures, succédant à substituts nicotiniques percutanés pour sevrage taba-
des efforts de toux. Son état général est conservé, il gique. Il a exercé la profession de maçon.
n’a pas maigri. Il n’est pas dyspnéique. Le patient est La radiographie thoracique montre de discrètes
apyrétique, mais il décrit une sensation de fièvre images rétractiles pleuroparenchymateuses des
apparue il y a 5 jours, avec frissons, obstruction sommets.
nasale, toux et expectoration colorée. Il n’y a pas eu * 1. Comment évaluer la gravité de ce type
de traumatisme récent. L’auscultation pulmonaire et d’hémorragie ?
cardiaque est sans particularité. Il s’agit du premier
* 2. Compte tenu de l’antécédent de tuberculose
épisode de saignement similaire.
pulmonaire, quelles sont les causes à évoquer ?
Les antécédents comportent une hypertension arté- Quelle est la plus probable chez ce patient ?
rielle, un infarctus myocardique inférieur il y a 5 ans
traité médicalement, un reflux gastro-œsophagien, et * 3. Quels sont les examens paracliniques à réa-
une tuberculose pulmonaire traitée à l’âge de 25 ans. liser dans les 24 heures ?
Le traitement médical au long cours comporte : éna- * 4. Quelques heures après le début de l’hospi-
lapril, aspirine (180 mg/jour), acébutolol et omépra- talisation, le patient présente une hémoptysie
81
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 82 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
brutale estimée à 400 mL, précédée d’une sen- que à 85 % en air. L’auscultation cardiopulmo-
sation de chaleur dans la poitrine et de goût naire est normale en dehors de la tachycardie
métallique dans la bouche. À l’examen, la tem- régulière. Quels sont les principes de la prise en
pérature est à 37,3 °C, la tension artérielle à charge thérapeutique ?
145/78 mmHg, le pouls à 105/min, la fréquence
respiratoire à 18/min, et la saturation périphéri- Voir réponses p. 188.
82
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 83 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
Item
318
Hépatomégalie et masse abdominale
Axel Balian
O BJECTIF
* Devant une hépatomégalie, une masse abdominale, ou la découverte de nodule hépatique,
argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires
pertinents.
83
111632NBS_ORIENT_312_318.fm Page 84 Mercredi, 9. août 2006 3:52 15
84
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 85 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
319
Hypercalcémie (avec le traitement)
Sophie Christin-Maître
O BJECTIFS
* Devant une hypercalcémie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier
les examens complémentaires pertinents.
* Identifier les situations d’urgence et planifier leur prise en charge.
B. Diagnostic différentiel
I. DIAGNOSTIC
– Hypercalcémie d’origine tumorale par métastases
– Taux plasmatique excessif de calcium, supérieur à osseuses, calcémie élevée, PTH effondrée. Incidence :
2,5 mmol/L. 15 pour 100 000. Sécrétion possible de PTHrp (PTH
– Penser à calculer le taux de calcémie corrigée en cas related peptide) par des tumeurs solides, vitamine D
de déshydratation ou d’hypoalbuminémie : calcémie par les lymphomes ou effet ostéolytique.
corrigée = Ca (mmol/L) + 0,02 (40 – albumine [g/L]). – Sarcoïdose : 10 % des sarcoïdoses ont une calcémie
– Le calcium est lié à l’albumine pour 40 %. élevée. Dans cette étiologie, un traitement par corti-
cothérapie de l’hypercalcémie est souhaitable.
– Taux de calcium ionisé normal : 1,14-1,35 mmol/L.
– Hyperthyroïdie sévère par effet de résorption osseuse
A. Hyperparathyroïdie directe des hormones thyroïdiennes sur l’os.
– Traitement par diurétiques thiazidiques.
– L’hyperparathyroïdie survient typiquement chez la
– Le traitement par lithium induit une légère hypercal-
femme de 60 ans.
cémie avec un taux de PTH non freiné.
– Y penser devant une asthénie inexpliquée, une HTA,
– Toujours éliminer une prise exogène de calcium et
une ostéoporose.
de vitamine D.
– Toujours y penser devant une lithiase rénale.
– Incidence : 42/100 000, prévalence de 4/1 000 chez
les femmes après 60 ans.
II. ATTITUDE THÉRAPEUTIQUE
– Deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que
chez les hommes. – Une calcémie supérieure à 3 mmol/L est une urgence
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
échographie, ± scanner, ± scintigraphie au MIBI. • un épisode menaçant sur le plan vital d’hypercalcé-
85
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 86 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Mme C., 75 ans, s’est présentée à la consultation pour * 1. Quels sont les arguments pour une hyper-
asthénie, amaigrissement de 3 kg en 6 semaines, nau- calcémie secondaire à une néoplasie ?
sées et vomissements. Elle présente une douleur dor- * 2. Comment allez-vous affirmer l’origine néo-
sale depuis 15 jours. Son poids est de 50 kg pour une plasique de l’hypercalcémie ?
taille de 1,65 m. Elle a comme antécédents une
* 3. Comment allez-vous traiter initialement la
appendicectomie à l’âge de 35 ans, 2 grossesses à
l’âge de 26 et 28 ans et une hystérectomie pour fibro- patiente ?
mes à l’âge de 46 ans. Elle n’a pas eu d’examen gyné-
cologique depuis 6 ans. Sa calcémie est à 3,8 mmol/L. Voir réponses p. 191.
Mme T., 61 ans, consulte sa gynécologue pour un * 5. Quels examens non biologiques allez-vous
avis sur la poursuite éventuelle de son traitement demander dans le bilan de cet hyperparathyroï-
hormonal substitutif de ménopause. Elle se plaint die ?
depuis quelques mois d’une asthénie, avec sensa- * 6. Que pensez-vous de ce résultat de scintigra-
tion de marcher dans du coton, de nausées et phie MIBI (cf. fig. 319-1) ?
d’anorexie. Son poids est relativement stable, à
54 kg pour une taille de 1,65 m. Elle est constipée.
À l’examen, la TA est à 160/80 mmHg. Elle est
ménopausée depuis l’âge de 55 ans et n’a jamais
présenté de fractures mais sa dernière ostéodensi-
tométrie montre une ostéoporose avec un T-score
au niveau du rachis à – 2,5 DS. En reprenant l’inter-
rogatoire, elle a présenté deux épisodes de lithiases
rénales à l’âge de 45 et 49 ans. Sa mère a eu un can-
cer du sein à 70 ans et une sœur un lymphome à
l’âge de 30 ans.
* 1. Quelle est la définition de l’ostéoporose lors
d’une ostéodensitométrie ? Citez des étiologies
d’ostéoporose secondaire ?
* 2. Sur quels arguments allez-vous suspecter
un hyperparathyroïdisme primaire ?
* 3. Quels examens biologiques allez-vous
demander pour affirmer le diagnostic d’hyper-
parathyroïdisme primaire ? Comment éliminez-
vous biologiquement un diagnostic d’hypercal-
cémie secondaire à un processus tumoral sans
rapport avec les parathyroïdes ?
*4. En cas d’hyperparathyroïdisme primaire,
que devez-vous rechercher dans la famille ? Fig. 319-1.
86
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 87 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
87
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 88 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
320
Ictère
Axel Balian
O BJECTIF
* Devant un ictère, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les
examens complémentaires pertinents.
88
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 89 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
320. Ictère
Cependant, toutes les maladies chroniques du foie peu- – La maladie de Crigler-Najjar de type 2 est due à une
vent être à l’origine d’un ictère, notamment au stade de mutation dans le gène de la B-UGT1 avec une activité
cirrhose. réduite (< 5 % de la normale) de celle-ci. Elle est très
rare et se transmet sur un mode autosomique récessif.
C. Ictère non cholestatique
c Ictère à bilirubine non conjuguée due
c Ictère à bilirubine non conjuguée héréditaire à une hémopathie
– La maladie de Gilbert, par diminution de l’activité de Ce sont principalement les hémolyses (chroniques ou
l’activité de la bilirubine glucuronyl transférase (B- aiguës) et les dysérythropoïèses.
UGT1), est la plus fréquente (3 à 7 % de la popula-
tion). Elle se transmet sur un mode autosomique
récessif. III. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
– La maladie de Crigler-Najjar de type 1 est due à une
mutation dans le gène de la B-UGT1 avec une acti- Ils sont fonction de l’étiologie envisagée.
vité nulle de celle-ci. Elle est très rare et se transmet Sur le plan morphologique, il faut, après l’échogra-
sur un mode autosomique récessif. phie, savoir recourir au bon examen (tableau 320-1).
Cholangio- Biopsie
Scanner Échoendoscopie CPRE
IRM hépatique
Anesthésie Non Non Générale Générale Locale
0 Allergie 0 Pancréatite aiguë Pneumothorax
Complications
à l’iode Angiocholite Décès
hors
Insuffisance Hémorragie Hématome
anesthésie
rénale sous-capsulaire
Diagnostic Exploration Diagnostic du siège Diagnostic du siège Diagnostic
du siège de du foie aux de l’obstacle de l’obstacle de la cause
l’obstacle différents Diagnostic de la Diagnostic de la nature de la cholestase
Apports Diagnostic temps de nature de l’obstacle de l’obstacle intra hépatique
de la nature l’injection Possibilité Possibilité de traitement Évaluation
de l’obstacle de ponction sous (sphinctérotomie, mise de la gravité
échoendoscopie en place de prothèse) de la fibrose
Une femme de 47 ans a consulté un dermatologue un HBc négatifs, Ac anti-VHC négatifs. La ferritiné-
mois auparavant pour un prurit diffus. Le dermatolo- mie est normale. Les anticorps antimitochondries
gue avait noté des lésions de grattage non spécifi- de type M2 sont au taux de 1/1 280. Quel dia-
ques. Il a demandé des examens biologiques. Ceux-ci gnostic posez-vous ? Précisez.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
montrent : GB = 6 800/mm3, hémoglobine = 13,9 g/dL, * 3. Quel autre examen pratiquez-vous ? Avec
plaquettes = 290 000/mm3, ASAT = N, ALAT = N, phos- quelles modalités ?
phatases alcalines = 5N, bilirubine totale = 1,5N à pré-
dominance conjuguée, gamma-GT = 6N, TP = 48 %, * 4. Le diagnostic posé, quel traitement propo-
facteur V = 100 %, facteur X = 47 %. L’examen clini- sez-vous ? Expliquez. Quel est le mode d’action
que est normal, en dehors des lésions cutanées. La supposé de ce traitement ?
patiente n’a aucun antécédent notable et ne prend * 5. Dans le suivi, la biologie hépatique se nor-
aucun traitement. malise. Vous voyez régulièrement la patiente. Il
* 1. Quel examen morphologique demandez- vous semble qu’elle sourit moins. Elle vous dit
vous ? Dans quel but ? que c’est effectivement le cas, que son sourire lui
semble figé. Vous notez aussi des télengiectasies
* 2. L’examen morphologique est normal. Les sur le visage. Quel diagnostic suspectez-vous et
examens biologiques montrent : bilirubine pourquoi ?
totale = 1,5N, phosphatases alcalines = 5N,
* 6. Quelles sont les autres maladies pouvant
gamma-GT = 6N. Les anticorps anti-muscles lis-
être associées à la pathologie de la patiente ?
ses, anti-LKM1, antinucléaires sont négatifs. Sur
le plan virologique : Ac anti-HBs positifs, Ac anti- Voir réponses p. 192.
89
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 90 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
321
Incontinence urinaire de l’adulte
Morgan Rouprêt, Sébastien Beley, Arnaud Mejean
O BJECTIF
* Devant une incontinence urinaire de l’adulte, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
– L’incontinence urinaire à l’effort (IUE) est une perte des urines (ECBU), qui recherchent une infection
d’urine associée à l’effort (toux, marche, rire…), en urinaire ;
90
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 91 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
• cystoscopie, qui recherche, chez les patientes pré- – Chez l’homme, le plus souvent, l’incontinence uri-
sentant des signes irritatifs vésicaux, une tumeur de naire est liée à un contexte évident, traumatique, chi-
vessie ; rurgical (prostatique) ou neurologique.
• échographie pelvienne et rénale, pour étudier reins – Quand elle est associée à des signes urinaires,
(dilatation, tumeur), vessie (lutte, diverticule, l’incontinence traduit, paradoxalement, une réten-
résidu) et pelvis (tumeur) ; tion vésicale chronique : c’est l’incontinence uri-
• bilan urodynamique (BUD) : état du sphincter naire par regorgement.
(profilométrie) et contractions détrusoriennes anor-
males (cystomanométrie) ;
• frottis cervicovaginaux (à ne pas oublier car certai- IV. PRISE EN CHARGE
nes chirurgies, avec ou sans conservation du col
utérin). Elle est résumée au tableau 321-1.
Une femme âgée de 52 ans consulte pour une incon- * 5. Quel(s) examen(s) complémentaire(s) de pre-
tinence urinaire diurne invalidante. Celle-ci a com- mière intention doit-on systématiquement réaliser
mencé, il y a 3 ans, par l’apparition de fuites d’urines devant une incontinence urinaire ?
lors d’un déménagement. Les fuites sont ensuite * 6. Quelles sont les indications du bilan urodyna-
devenues de plus en plus importantes, en fréquence mique (BUD) dans l’incontinence urinaire et quel-
et en quantité. Elles apparaissent à présent au moin- les en sont les principales étapes ? Prescrivez-
dre effort physique, en jet, et sans besoin préalable. vous de première intention un bilan urodynami-
* 1. Quel est votre diagnostic ? Justifiez. que à cette patiente ? Justifiez votre réponse.
* 7. La rééducation périnéosphinctérienne que
* 2. Détaillez votre interrogatoire.
vous avez prescrite n’a pas été efficace malgré
* 3. Quel en est le mécanisme physiopatholo- 25 séances correctement effectuées. Quel traite-
gique ? ment proposez-vous et quels examens complé-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Une femme de 73 ans consulte pour une « descente * 1. Que signifie la description du prolapsus
d’organes ». Elle se plaint également de fuites d’urines chez cette patiente ? Comment a-t-elle été exa-
diurnes, de survenue spontanée, qu’elle ne parvient pas minée idéalement ?
à retenir spontanément. Elle a eu 4 accouchements par
* 2. Quelles peuvent être les manifestations cli-
voie basse et à terme de 4 bébés eutrophiques. Elle n’a
niques d’un prolapsus de l’étage postérieur et
pas eu d’examen gynécologique depuis son dernier
que peut-il dès lors susciter chez la femme ?
accouchement. À l’examen, vous constatez un prolap-
sus de grade II de l’étage antérieur, de grade III de * 3. Quel bilan vous semble important avant la
l’étage moyen et de grade II de l’étage postérieur. prise en charge de ce prolapsus ?
91
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 92 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
* 4. Que faut-il impérativement rechercher à * 6. Quels sont les trois grands types cliniques
l’interrogatoire ? Quel geste faut-il faire clini- d’incontinence urinaire et quelle est leur fré-
quement également ? Décrivez ce geste et sa quence respective ? Quels sont les principaux
signification. diagnostics différentiels à évoquer ?
* 5. Définissez l’incontinence urinaire et le type * 7. Quel examen faut-il impérativement prati-
probable qui affecte cette patiente sachant que quer avant toute chirurgie d’incontinence et que
le geste que vous avez réalisé est négatif. Quel- pourrait-il révéler ici ?
les en sont les principales étiologies ? Voir réponses p. 193.
92
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 93 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
322
Mouvements anormaux
Collège des Enseignants de Neurologie
F. Dubas – L. Defebvre – M. Zuber
O BJECTIF
* Devant la survenue de mouvements anormaux, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Les mouvements involontaires ou mouvements anor- de ballisme (atteinte du noyau subthalamique). Un syn-
maux correspondent à un trouble de la programmation drome choréique chronique d’apparition progressive
et/ou de l’exécution du mouvement. Ils prennent en doit toujours faire évoquer la maladie de Huntington,
général (mais non exclusivement) leur origine dans un surtout en cas d’antécédents familiaux de chorée, de
dysfonctionnement, une lésion ou une pathologie dégé- démence et de troubles psychiatriques (transmission
nérative dans le système des noyaux gris centraux, autosomique dominante, diagnostic en biologie molécu-
appelé aussi « système extrapyramidal », en opposition laire : répétition anormale d’un triplet CAG). Un syn-
à la voie finale commune de l’exécution volontaire du drome choréique aigu ou rapidement progressif est sur-
mouvement qui est le système pyramidal. Ils ont donc tout lésionnel : origine vasculaire, ou inflammatoire.
deux caractéristiques : ils sont peu ou pas contrôlés par
la volonté et surviennent en l’absence de paralysie.
III. DYSTONIES
Les dystonies sont définies par des contractions muscu-
I. TREMBLEMENT
laires involontaires et parasites fixant un membre ou un
Il est la résultante de mouvements oscillatoires rythmi- segment de membre dans une position anormale (en
ques au niveau d’une articulation. Il s’examine en rotation) et accompagnant une contraction volontaire.
position de repos (mains reposant sur un plan, malade On parle de dystonie focale (un segment articulaire),
décontracté), à l’attitude dans le maintien de la posture segmentaire (plusieurs segments), d’hémidystonie
(manœuvre du serment, manœuvre du bretteur) et à (hémicorps), généralisée (corps entier). Une dystonie de
l’action (épreuve doigt-nez). On distingue le tremble- fonction survient sélectivement au cours d’une fonction
ment de repos de fréquence lente (caractéristique de particulière : écriture (crampe des écrivains), pratique
la maladie de Parkinson), le tremblement postural et d’un instrument (crampe des musiciens), pratique d’un
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
d’action de fréquence plus rapide (tremblement essen- sport (crampe des golfeurs…). Une dystonie qui débute
tiel s’associant parfois à un tremblement céphalique et dans l’enfance a priori se généralisera ; à l’âge adulte,
du larynx ou de cause iatrogène) et le tremblement elle restera le plus souvent focale. Toute dystonie aiguë
d’action et d’intention (tremblement cérébelleux). doit faire rechercher une prise de neuroleptiques.
L’apparition d’une hémidystonie ou d’une dystonie
focale associée à d’autres signes doit faire rechercher une
lésion cérébrale sous-jacente (AVC, tumeur) par IRM.
II. CHORÉE
Elle se caractérise par des mouvements arythmiques,
brusques, imprévisibles et anarchiques, souvent en rota- IV. AUTRES MOUVEMENTS ANORMAUX
tion, touchant des territoires variés et survenant sur un
fond d’hypotonie. Quand elle touche les racines des A. Dyskinésies
membres et présente une grande amplitude avec un Le terme est utilisé pour définir des mouvements anor-
caractère brusque et rotatoire, on parle plus volontiers maux complexes et anarchiques mêlant différentes
93
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 94 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
composantes (chorée, dystonie, notamment). Elles stéréotypés. Ils correspondent à une « caricature de geste
sont habituellement iatrogènes, survenant pendant ou naturel », intempestive, immotivée et s’accompagnent
après la prise de neuroleptiques (classées selon leur d’une sensation interne irrésistible de le réaliser. Ils peu-
moment de survenue par rapport à l’instauration du vent être contrôlés partiellement et transitoirement par la
traitement : aiguës ou tardives, elles prédominent au volonté pendant quelques minutes au prix d’une tension
niveau de la sphère faciale – dyskinésies buccolinguo- interne croissante, suivie d’un phénomène de rebond. Ils
faciales), ou observées lors du traitement par L-dopa peuvent persister pendant le sommeil, s’exacerbent à
dans la maladie de Parkinson. l’émotion mais diminuent lors d’un effort intellectuel
(calcul mental). Ils intéressent quelques muscles (tics sim-
B. Tics ples) ou sont très complexes avec vocalisations, comme
Il s’agit de mouvements anormaux involontaires, brus- dans la maladie de Gilles de la Tourette, où existent
ques, inopportuns, brefs, récurrents, non rythmiques et aussi parfois des troubles obsessionnels compulsifs.
Un patient de 70 ans vous consulte pour première fois – d’un tremblement parkinsonien ;
en raison d’un tremblement des deux membres supé- – d’un tremblement postural.
rieurs d’aggravation progressive depuis 1 an. Un trai-
tement par L-dopa a été prescrit depuis 3 mois, qu’il * 2. La caractérisation précise de ce tremblement
reçoit à la dose de 400 mg/j actuellement. Il a l’impres- ne vous paraît pas évidente lors de cette pre-
sion que le tremblement s’est peut-être un peu amé- mière consultation. Que proposez-vous ?
lioré, information qui n’est pas confirmée par sa * 3. Vous revoyez le patient 3 mois plus tard et
femme qui l’accompagne. retenez le diagnostic de tremblement postural.
Le patient vous apprend en outre qu’il a subi un triple Quel(s) antécédent(s) doivent être recherché(s)
pontage coronarien 2 ans auparavant et va bien pour identifier l’origine du tremblement ?
depuis. Il reçoit au long cours de l’aspirine, une sta-
tine et un inhibiteur de l’enzyme de conversion. Sa * 4. Vous retenez finalement le diagnostic de
pression artérielle est à 130/83 mmHg. tremblement postural essentiel. Énumérez les
principes de votre traitement.
* 1. Énumérez les arguments que vous recher-
chez à l’examen clinique en faveur : Voir réponses p. 194.
94
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 95 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
323
Œdèmes des membres inférieurs
Claude Conri
O BJECTIF
* Devant l’apparition d’œdèmes des membres inférieurs, argumenter les principales
hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
• insuffisance rénale ;
• insuffisance hépatique ;
En conséquence, le traitement efficace des OMI est
• hypoprotidémie (dénutrition chronique, malab- avant tout étiologique +++.
sorption, entéropathies exsudatives).
– Étiologies des œdèmes localisés :
• obstruction (thrombose) ou compression (tumeur)
95
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 96 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
96
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 97 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
97
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 98 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
98
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 99 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
324
Opacités et masses intrathoraciques
Vincent Cottin
O BJECTIF
* Devant une opacité ou une masse intrathoracique, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Devant une opacité ou une masse intrathoracique, la – Une métastase unique est évoquée en cas d’antécé-
principale préoccupation est de déterminer s’il s’agit dent de cancer, et représente 20 % des cas chez
d’une lésion néoplasique. l’homme et 40 % des cas chez la femme après 40 ans.
– Les principales causes infectieuses sont :
• le tuberculome : antécédent de tuberculose, calci-
nodule visible sur le cliché de face. quentes parfois abondantes, image en grelot
Les principaux diagnostics différentiels des nodules (croissant gazeux), sérologie aspergillaire posi-
pulmonaires isolés sur une radiographie thoracique tive, présence d’Aspergillus dans l’expectora-
sont les opacités pariétales. tion ;
• le kyste hydatique : diagnostic suspecté par l’ima-
Les principaux arguments qui augmentent la probabi-
lité de la nature néoplasique d’un nodule sont les sui- gerie et l’origine géographique, et confirmé par la
vants : sérologie ; contre-indication de la ponction trans-
– cliniques : l’âge supérieur à 60 ans, un tabagisme pariétale.
supérieur à 20 paquets-années, une exposition à – Les tumeurs bénignes sont suspectées en cas de sta-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
l’amiante, l’existence de manifestations cliniques pul- bilité évolutive, de calcifications, de contour régu-
monaires (hémoptysies) ou extrapulmonaires (méta- lier. Les hamartochondromes ont une croissance très
stases) ; lente et parfois des calcifications à gros grains (pop
– à l’imagerie : une augmentation de taille (importance corn).
des clichés radiographiques antérieurs), une taille – Il existe de nombreuses autres causes rares ou excep-
supérieure à 2 cm, un contour flou et spiculé, un tionnelles de nodule ou masse pulmonaire unique
contour polylobé, des lésions extraparenchymateu- (atélectasie par enroulement, maladie de Wegener,
ses (lyse osseuse, pleurésie). malformation artérioveineuse, etc.).
99
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 100 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
guider les prélèvements (ponction pulmonaire trans- vidéoassistée est réalisée si la fibroscopie ne permet
pariétale). pas d’obtenir un diagnostic.
– La fibroscopie bronchique avec prélèvements cyto-
logiques et microbiologiques (mycobactéries, notam-
ment) est systématique. III. OPACITÉ OU MASSE MÉDIASTINALE
– La tomographie par émission de positons (TEP)
est un complément utile au scanner dans le diagnos- Les principales causes d’opacités ou masses médiasti-
tic des nodules pulmonaires isolés ; néanmoins cet nales sont réparties selon leur topographie :
examen présente des faux négatifs (lésion tumorale – médiastin antérieur : goitre endothoracique,
de petite taille ou peu évolutive, carcinome bron- tumeur thymique, lymphome malin (hodgkinien ou
chioloalvéolaire) et des faux positifs (infections, non hodgkinien), adénopathie, kyste pleuropéri-
dont la tuberculose, la sarcoïdose). Sa sensibilité est cardique (angle cardiophrénique droit), tumeur
de 96 % et sa spécificité de 74 %. germinale ;
– La ponction pulmonaire transpariétale sous anes- – médiastin moyen : adénopathie (bénigne, lym-
thésie locale pariétale et au cours d’un scanner thora- phome, extension locorégionale ou métastatique
cique permet d’affirmer le diagnostic de carcinome d’un carcinome), kyste bronchogénique, lésion vas-
lorsque l’examen cytologique est positif, mais ne per- culaire (anévrysme aortique) ;
met pas d’éliminer le diagnostic de malignité en – médiastin postérieur : tumeur neurogène, anévrysme
l’absence de cellule néoplasique. Son indication pré- de l’aorte thoracique descendante, hernies diaphrag-
férentielle est une lésion tumorale dont le diagnostic matiques.
n’a pu être obtenu par la fibroscopie bronchique, et
L’approche diagnostique des opacités médiastinales
pour laquelle une chirurgie d’exérèse n’est pas indi-
quée. Il faut vérifier au préalable la coagulation san- repose sur l’imagerie par scanner thoracique et par-
guine et la fonction respiratoire (risque d’hémoptysie, fois l’IRM. Le dosage de l’alphafœtoprotéine et de
de pneumothorax, et rarement d’infection). l’hormone chorionique gonadotrophique est indis-
pensable en cas de suspicion de tumeur germinale. Le
– Si la fibroscopie bronchique ne permet pas d’obtenir
diagnostic est le plus souvent obtenu par un abord
un diagnostic, on réalise une thoracoscopie chirurgi-
chirurgical sous anesthésie générale : médiastinosco-
cale vidéoassistée ou une thoracotomie exploratrice
pie sus-sternale (abord du médiastin moyen rétrovas-
(lésion d’allure tumorale accessible à une exérèse),
une ponction transpariétale (lésion d’allure tumorale culaire, loge de Baréty notamment) ; médiastinosto-
mais non accessible à une exérèse), ou une TEP et/ou mie latérosternale (abord du médiastin antérieur) ;
une surveillance (nodule < 1 cm peu suspect) : scan- chirurgie d’exérèse.
ner à 3 mois puis tous les 6 mois pendant 2 ans.
100
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 101 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Un homme âgé de 59 ans est hospitalisé à la * 1. Quelles sont les anomalies de la radiogra-
demande de son médecin traitant pour le bilan phie thoracique ?
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
d’anomalies sur la radiographie thoracique, réalisée * 2. Quelle est votre principale hypothèse dia-
du fait d’une symptomatologie bronchitique traî- gnostique ?
nante. Le patient a perdu 4 kg en 2 mois. L’examen * 3. Quelles expositions faut-il rechercher à
clinique est normal. l’interrogatoire ? Pourquoi ?
Le patient a fumé environ 1 paquet de cigarettes par
* 4. Le scanner thoracique ne montre pas d’ano-
jour depuis l’âge de 18 ans. Il a pour antécédent une
malie médiastinale. L’exploration fonctionnelle
chirurgie ligamentaire réparatrice du genou il y a
respiratoire est normale. Quelle stratégie propo-
15 ans, et une fracture costale droite lorsqu’il avait sez-vous pour confirmer le diagnostic ? Expli-
20 ans. Il exerce la profession de conducteur de quez les conditions de réalisation et les résultats
camions depuis 21 ans ; il a travaillé auparavant attendus du (des) examen(s) proposés.
comme manutentionnaire de l’âge de 18 à 25 ans,
* 5. Citer les éléments de la prise en charge thé-
puis comme mécanicien d’entretien des camions.
rapeutique.
Une radiographie thoracique de face et de profil est
pratiquée (cf. fig. 324-2). Voir réponses p. 196.
101
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 102 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Fig. 324-2.
102
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 103 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
325
Palpitations
Stéphanie Russel
O BJECTIF
* Chez un sujet se plaignant de palpitations, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
103
111632NBS_ORIENT_319_325.fm Page 104 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
tenter de déclencher un trouble rythmique mimant Mahaïm). À réserver aux patients porteurs de car-
les palpitations décrites ou de détecter une voie de diopathies, ou présentant des signes cliniques de
conduction accessoire (faisceau de Kent, fibres de gravité associés.
Monsieur A., âgé de 45 ans, vient vous consulter pour * 4. Le tracé suivant (cf. fig. 325-1), lors d’une
des palpitations survenant au repos depuis quelques autre consultation, est enregistré chez le même
mois. Il est inquiet car elles sont de plus en plus fré- patient en ambulatoire, qui rapporte les mêmes
quentes. À l’examen clinique, le pouls est de 70/min, symptômes. Qu’en pensez-vous ?
irrégulier, la pression artérielle de 130/80 mmHg. L’aus-
* 5. Quelles sont vos hypothèses diagnostiques ?
cultation cardiaque retrouve des bruits du cœur irrégu-
liers par moments avec des pauses suivies d’un souffle * 6. Que proposez-vous au patient ?
systolique au foyer aortique. L’auscultation pulmonaire * 7. Il refuse de vous écouter. Comment le
est sans particularité, le reste de l‘examen physique est convaincre ?
normal. L’électrocardiogramme de repos retrouve des
extrasystoles ventriculaires monomorphes itératives. * 8. Finalement il accepte votre proposition. Quels
examens complémentaires faut-il envisager ?
* 1. Quels antécédents et quels signes fonction-
nels recherchez-vous ? * 9. Le patient refait une tachycardie identique
* 2. Que pensez-vous du souffle systolique au tracé ci-dessus (cf. fig. 325-1) dans le service
inconstamment perçu ? hospitalier, et perd connaissance. Que faites-
vous ?
* 3. Quels examens de première intention réali-
sez-vous ? Voir réponses p. 197.
Fig. 325-1.
104
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 105 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
326
Paralysie faciale
Collège des Enseignants de Neurologie
F. Dubas – L. Defebvre – M. Zuber
O BJECTIF
* Devant une paralysie faciale, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
plégie (et/ou de l’aphasie motrice en cas de PFC droite cause le diagnostic). Aucun autre signe neurologique
chez le droitier), généralement associée (l’atteinte iso- (ni autre) n’est présent. Il n’y a pas d’éruption vésicu-
lée du cortex moteur de la face est rare). Elles sont leuse de la conque de l’oreille. Aucun examen com-
donc vasculaires, tumorales, traumatiques, inflamma- plémentaire n’est requis. Le traitement est unique-
toires, etc. Leur diagnostic repose sur les signes clini- ment médical, avec pour mesure principale la
ques associés, le mode de survenue, le contexte patho- protection de la cornée (cache oculaire et larmes arti-
logique et, surtout, sur l’imagerie cérébrale. ficielles ou collyre) aussi longtemps que l’occlusion
palpébrale est incomplète. Une corticothérapie peut
être prescrite pendant 8 à 15 jours, mais ce traitement
II. PARALYSIES FACIALES PÉRIPHÉRIQUES n’est pas validé. La guérison spontanée est obtenue
dans plus de 90 % des cas, sans séquelles, en quel-
Elles correspondent à une atteinte du noyau du nerf ques semaines, parfois quelques mois. Les rares
facial dans la protubérance ou aux fibres qui en sont séquelles comportent la persistance de la paralysie ou
issues (nerf facial proprement dit). un hémispasme facial (lequel peut, s’il est invalidant,
105
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 106 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
être traité par des micro-injections de toxine botu- • méningoradiculite (maladie de Lyme), dont la PFP
lique). peut être le seul signe clinique (pléiocytose du
Les autres causes de PFP sont beaucoup plus rares et LCR, sérologie, traitement antibiotique) ;
très nombreuses : • PFP dans le cadre d’un syndrome tumoral de l’angle
– certaines sont évidentes : fracture du rocher, AVC du pontocérébelleux (associée à une hypoacousie ou une
tronc cérébral, SEP connue, syndrome de Guillain- surdité ipsilatérale) ou d’un syndrome de Garcin
Barré ; (paralysie de tous les nerfs crâniens du même côté),
– d’autres sont moins évidentes : révélant une carcinomatose de la base du crâne (can-
• zona du ganglion géniculé (vésicules de la conque
cer ORL) ou une localisation leucémique ;
de l’oreille, traitement par Acyclovir) ; • plus rarement, diabète, sarcoïdose (l’association à
• parotidite ou tumeur parotidienne ;
une uvéite et une parotidite définit le syndrome de
Herdfort), vascularite, lèpre.
Un homme de 34 ans est admis aux urgences après * 3. Citez plusieurs complications potentielles et
une chute de moto. Il se plaint de vertiges, d’une la surveillance à prévoir.
baisse auditive droite. Son visage est couvert d’ecchy- * 4. Le patient se rappelle avoir présenté 3 ans
moses. Lorsqu’il parle, la bouche a tendance à dévier auparavant une paralysie identique du côté
vers la gauche. Il a des difficultés à occlure l’œil droit. droit, installée rapidement 48 heures après un
Il existe un nystagmus et le Weber est latéralisé vers long trajet en moto, et précédée de douleurs de
la gauche. l’oreille. La fermeture de l’œil est restée incom-
* 1. Analysez les différents signes présentés par plète pendant 1 mois et les traits du visage asy-
ce patient. Quel est le diagnostic étiologique pro- métriques pendant 2 mois. Quelle a été la cause
bable ? probable de cet épisode ? Justifiez.
*2. Que trouvez-vous à l’examen du conduit * 5. Quel en est le traitement habituel ?
auditif droit, dans cette hypothèse ? Voir réponses p. 198.
106
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 107 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
327
Phénomène de Raynaud
Joël Constans
O BJECTIF
* Devant un phénomène de Raynaud, argumenter les principales hypothèses diagnostiques
et justifier les examens complémentaires pertinents.
(dermatomyosite, syndrome de Sharp, lupus érythé- – La principale hypothèse dans le cas où ces éléments
mateux disséminé) ; sont présents est avant tout la sclérodermie systémi-
• une maladie de Leo Buerger, artériopathie distale que, et en fonction de l’interrogatoire, les médica-
du sujet jeune de sexe en général masculin, fort ments ou une pathologie professionnelle. Chez un
consommateur de tabac, qui se manifeste par des homme jeune et fumeur, la maladie de Leo Buerger
nécroses des extrémités parfois précédées par des doit être évoquée.
107
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 108 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Une patiente de 43 ans consulte pour des épisodes dou- * 2. Que pensez-vous des relations entre le phé-
loureux des extrémités, touchant l’ensemble des doigts nomène de Raynaud de la patiente et celui de sa
et des orteils. Lorsque les crises surviennent, les doigts mère ?
sont blancs et insensibles. Les symptômes ont com-
* 3. Quel élément de l’examen clinique non
mencé l’hiver dernier mais se sont prolongés tout l’été.
mentionné dans l’énoncé aurait pu vous être
Sa mère présente également des crises de ce type
utile ?
depuis son adolescence, aussi la patiente ne s’en inquié-
tait guère. Elle s’est décidée à consulter en raison d’une * 4. Quel diagnostic évoquez-vous avant tout et
petite ulcération de la pulpe du 2e doigt de la main sur quels arguments ?
droite, très douloureuse et apparue il y a 3 semaines. * 5. Quels examens complémentaires sont utiles
L’examen clinique montre l’ulcération du 2e doigt à la démarche étiologique et qu’en attendez-
droit mais aussi une petite cicatrice déprimée du
vous ?
3e doigt de la main gauche dont la patiente vous
apprend qu’elle a fait suite à une ulcération apparue * 6. Quelle est l’évolution possible de la patho-
au printemps dernier qui avait duré une dizaine de logie probablement en cause ?
jours. Vous notez des râles crépitants fins des deux * 7. Quels sont les grands principes de la sur-
bases pulmonaires. Vous évoquez le diagnostic de veillance de cette pathologie ?
phénomène de Raynaud.
* 8. Quels sont les grands principes du traite-
* 1. Quels éléments sont en faveur d’un phéno-
ment de cette pathologie ?
mène de Raynaud secondaire ? Citez-les en les
hiérarchisant. Voir réponses p. 198.
108
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 109 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
328
Protéinurie et syndrome néphrotique
chez l’enfant et chez l’adulte
Marie-Alyette Costa de Beauregard
O BJECTIFS
* Devant la découverte d’une protéinurie, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Devant un syndrome néphrotique chez l’enfant ou chez l’adulte, argumenter les principales
hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
(recherche d’un pic monoclonal), dosage pondéral l’albumine n’est pas prédominante ;
des immunoglobulines en cas de forte suspicion de • protéine circulante anormale : hémoglobinurie,
myélome ; myoglobinurie, chaînes légères d’immunoglobuli-
• glycémie (recherche d’un diabète) ; nes (myélome), lysozyme (leucémie myélomono-
• NFS-plaquettes ; cytaire).
• bilan lipidique (retentissement métabolique d’un
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
syndrome néphrotique) ;
• dosage pondéral de la protéinurie (urines des 24 h II. SYNDROME NÉPHROTIQUE
ou sur échantillon) ;
• électrophorèse des protéines urinaires ; A. Définition
• ECBU.
Le syndrome néphrotique est défini par une protéi-
– Imagerie : échographie rénale. nurie > 3 g/24 h (ou 50 mg/kg/j chez l’enfant), une
– Ponction-biopsie rénale par voie percutanée, en hypoalbuminémie < 30 g/L et une hypoprotidé-
l’absence de contre-indication (HTA non contrôlée, mie < 60 g/L.
trouble de l’hémostase, reins de petite taille, reins Il traduit une atteinte glomérulaire.
multi ou polykystiques, rein unique). Ses indications Il s’accompagne d’une rétention hydrosodée, entraî-
sont nombreuses, surtout chez l’adulte : nant des œdèmes périphériques, déclives, mous, indo-
• syndrome néphrotique ;
lores, prenant le godet, avec parfois épanchements des
• protéinurie isolée > 1 g/j ; séreuses (anasarque).
109
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 110 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
B. Complications • amylose ;
Elles sont fréquentes : • glomérulosclérose diabétique ;
– thromboses veineuses (veines rénales, veines péri- • maladie des chaînes légères ;
phériques) et artérielles par hypercoagulabilité ; • glomérulopathie fibrillaire ;
– crises douloureuses abdominales ; • prééclampsie ;
– hypercholestérolémie isolée ou mixte ; • maladies systémiques (lupus érythémateux systé-
– infections (hypogammaglobulinémie) ; mique) ;
– syndrome carentiel : dénutrition par fuite protidi- • syndromes héréditaires (syndrome d’Alport, syn-
que ; ostéoporose, anémie hypochrome et hypothy- drome onychopatellaire).
roïdie (fuite des protéines porteuses) ;
D. Traitement symptomatique
– hypovolémie efficace pouvant se compliquer d’insuf-
fisance rénale fonctionnelle et de collapsus cardiovas- – Restriction sodée pour limiter l’importance des
culaire (enfant). œdèmes.
– Diurétiques si œdèmes importants. Attention au ris-
C. Étiologies que d’hypovolémie.
– Chez l’enfant, la néphrose lipoïdique est de loin la – Traitement anticoagulant si hypoalbuminémie impor-
plus fréquente (90 % des cas) et ne nécessite pas de tante (< 15 ou 20 g/L).
PBR. – Régime riche en protéines.
– Chez l’adulte, les causes sont multiples et nécessitent – Supplémentation en vitamine D et en calcium chez
le plus souvent une PBR : l’enfant.
• néphrose lipoïdique ;
– Inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou antagonistes
• hyalinose segmentaire et focale ;
des récepteurs de l’angiotensine II : effet antiprotéinu-
• glomérulonéphrite extramembraneuse ; rique, partiellement indépendant des effets hypoten-
• glomérulonéphrites membranoprolifératives ; seurs.
110
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 111 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
329
Prurit (avec le traitement)
Sandrine Monestier-Gasmi
O BJECTIFS
* Chez un sujet se plaignant d’un prurit, argumenter les principales hypothèses diagnostiques
et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.
111
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 112 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Tableau 329-2. Principales causes de prurit sans lésion cutanée spécifique visible.
Etiologies
Métaboliques Insuffisance rénale dialysée
Syndrome de cholestase
Hypercalcémie
Carence en fer
Hématologiques Polyglobulie de Vaquez
Lymphomes (Hodgkin++, LMNH)
Mastocytoses
Endocriniennes Dysthyroïdie
Diabète
Infectieuses Parasitoses avec migration tissulaire (anguillulose, douve, hydatidose,
ascaris, oxyurose, bilharziose, filariose, trichinose, larva migrans), VIH
Paranéoplasiques Carcinoïdes et tumeurs solides (poumon, sein…)
Médicamenteuses Opiacées, aspirine, IEC, inducteurs de cholestase, etc.
112
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 113 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Margaret, 75 ans, vivant seule à domicile, se plaint * 2. Quelles sont les causes potentielles de prurit
d’un prurit nocturne et diurne, évoluant depuis plu- décrites dans l’observation ?
sieurs mois et rebelle aux traitements locaux (dont le * 3. Quel bilan paraclinique proposez-vous
bufexamac) et aux antihistaminiques. Il ne s’accom- après échec d’un traitement symptomatique ?
pagne d’aucun signe général. L’examen dermatologi-
que ne montre pas de lésion spécifique, en dehors * 4. L’association d’une HTA, d’une splénoméga-
d’une xérose importante et de très discrètes lésions lie et d’une érythrose faciale doit vous faire évo-
de grattage. On note dans ses antécédents : quer un diagnostic dans ce contexte. Lequel ?
– fracture du col fémoral il y a 3 mois avec séjour en * 5. Le bilan réalisé est négatif. Vous retenez le
maison de repos ; diagnostic de prurit sénile. Que lui proposez-
– tassements vertébraux L1-L2, L2-L3 il y a 7 mois ; vous comme traitement ?
– diabète de type 2 depuis 20 ans ;
– hypertension artérielle ; * 6. Malgré des soins adaptés, le prurit se
– syndrome anxiodépressif. majore, devient insomniant. Des papules rou-
Son traitement est le suivant : énalapril, metformine, ges, parfois surmontées d’une bulle à liquide
paroxétine, bromazépam, paracétamol codéiné. clair, apparaissent sur les racines des mem-
bres. Quel examen clé pratiquez-vous ? Dans
* 1. Quelles données supplémentaires recher-
quel but ?
chez-vous à l’interrogatoire et dans quelles hypo-
thèses ? Argumentez. Voir réponses p. 201.
Vous recevez aux urgences Léon, 57 ans, retrouvé par * 1. Comment expliquez-vous les lésions de la
les pompiers errant dans la rue en état d’ébriété. L’exa- nuque et du cuir chevelu ? Que cherchez-vous à
men trouve que le patient est porteur d’une botte plâ- mettre en évidence ?
trée pour fracture du péroné. Il est apyrétique, l’examen * 2. Quel est votre traitement pour le cuir che-
neurologique ne montre pas de déficit. .Son abdomen velu ?
est distendu. Vous notez de multiples stries linéaires de
grattage et des papules excoriées disséminées. Il se * 3. Quelles sont les deux causes les plus proba-
gratte férocement le cuir chevelu et la nuque présente bles pour les lésions du corps ? Comment les
des lésions eczématisées impétiginisées. L’examen des affirmer avec certitude ?
mains trouve de petites stries linéaires sur les faces laté- * 4. Quelle est votre prise en charge sur le plan
rales des doigts et une hyperkératose de la base des cutané ?
espaces interdigitaux. Il existe une polyadénopathie
* 5. Quelles autres causes de prurit pourriez-
diffuse faite d’adénopathies fermes et supracentimétri-
vous évoquer ?
ques. Dans ses poches, vous retrouvez des comprimés
de phénobarbital. Léon réclame à manger. Voir réponses p. 202.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
113
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 114 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Item
330
Purpura chez l’enfant et chez l’adulte
Alain Taïeb
O BJECTIF
* Devant un purpura chez l’enfant ou chez l’adulte, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
114
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 115 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Thrombopénie centrale : anomalie des autres lignées Thrombopénie périphérique : autres lignées normales,
sur NFS ; moelle pauvre/anormale moelle normale/riche
– Aplasies médullaires (idiopathique, toxique, virale) – Purpura post-transfusionnel
– Métastases – Anomalie de l’hémostase : CIVD
– Hémopathies – Hypersplénisme
– Carences vitaminiques – Microangiopathie (hémolyse, schizocytes)
– Médicaments : thrombopénie immunoallergique
– Pas de cause évidente : purpura thrombopénique isolé
ou associé (lupus, hémopathie lymphoïde, VIH)
Un enfant de 3 ans est amené aux urgences de l’hôpi- – frottis : pas d’éléments anormaux, pas de schi-
tal pour des lésions papulopurpuriques apparues zocytes.
depuis 24 heures aux membres inférieurs (cf. fig. 330-4). Qu’en déduisez vous ?
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
115
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 116 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
116
111632NBS_ORIENT_326_330.fm Page 117 Mercredi, 9. août 2006 3:53 15
Un enfant de 2 ans vient d’être amené par le SAMU * 1. Devant cette situation, quelle est votre hypo-
aux urgences pédiatriques. Il est d’emblée admis en thèse diagnostique principale, et pourquoi ?
réanimation en raison d’un état stuporeux, associé à * 2. Est-il légitime de donner une antibiothérapie
une fièvre à 39 °C et à des lésions purpuriques, bul- sans confirmation bactériologique ?
leuses et nécrotiques (cf. fig. 330-5), qui se sont éten-
* 3. Donnez la liste des examens complémentai-
dues de façon très rapide, les premières taches cuta-
nées ayant été vues 5 heures auparavant. Les res à pratiquer à l’arrivée du malade en réani-
médecins du SAMU ont mis en place une voie vei- mation.
neuse et pratiqué une injection IV de céfotaxime à * 4. Des mesures prophylactiques sont-elles
50 mg/kg. indiquées ?
Voir réponses p. 203.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
117
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 118 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
331
Souffle cardiaque chez l’enfant
Stéphanie Russel
O BJECTIF
* Devant un souffle cardiaque chez l’enfant, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
118
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 119 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
rapports de débits en cas de shunt droit-gauche ou – Cathétérisme droit et gauche : invasif, étude de
gauche-droit. l’anatomie cardiaque, mesure des rapports de débit,
– IRM : étude morphologique et anatomique très pré- des pressions pulmonaires ; intérêt thérapeutique :
cise car excellente résolution spatiale (fistule artério- fermeture de communication interauriculaire, dilata-
veineuse, retour veineux pulmonaire anormal…). tion de sténose pulmonaire.
Une adolescente de 13 ans vient vous voir en consul- * 2. Quel diagnostic suspectez-vous ?
tation avec sa mère pour des palpitations survenant * 3. Quels examens faites-vous en première
pour des efforts modérés depuis plusieurs mois et intention ?
devenant de plus en plus fréquentes. Un essouffle-
ment est associé à ces palpitations et la jeune fille a * 4. Vous confirmez votre diagnostic. Comment
beaucoup de mal à suivre les cours d’éducation phy- évaluez-vous la sévérité de cette pathologie
sique au collège. À l’examen, la pression artérielle est congénitale ?
de 120/80 mmHg, le pouls de 100/min, la taille de * 5. Comment en précisez-vous la forme anato-
135 cm et le poids de 37 kg (morphologie harmo- mique ?
nieuse mais plutôt petite). L’auscultation cardiaque
perçoit un dédoublement de B2 un peu long avec * 6. Comment explorez-vous les palpitations
éclat du second bruit, un souffle mésosystolique au rapportées à l’interrogatoire ?
deuxième espace intercostal gauche irradiant dans le * 7. Que pouvez-vous proposer à cette jeune
dos. L’auscultation pulmonaire est sans particularité. fille ?
* 1. Que recherchez-vous d’autre à l’examen
clinique ? Voir réponses p. 204.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
119
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 120 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
332
Splénomégalie
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant une splénomégalie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier
les examens complémentaires pertinents.
120
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 121 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
332. Splénomégalie
– Une hyperplaquettose associée à une splénomégalie – une splénomégalie avec syndrome infectieux doit
s’observe dans les thrombocytémies primitives. faire rechercher :
C’est un diagnostic d’élimination sur l’absence de • une infection bactérienne : septicémie (examen
121
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 122 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Si ces explorations sont négatives, il faut contrôler le logiques hépatiques peut justifier une ponction-biopsie
myélogramme et la biopsie médullaire, qui pourront hépatique afin d’éviter la splénectomie à visée
permettre le diagnostic d’hémopathie, essentiellement diagnostique.
lymphoïde de bas grade, purement médullaire et splé- Il arrive que, malgré toutes ces explorations, la nature de
nique (leucémie à tricholeucocytes, lymphome de la la splénomégalie ne puisse être précisée. La surveillance
zone marginale…). Il peut aussi s’agir d’une patholo- régulière est nécessaire. Il faut en effet s’assurer que la
gie de surcharge comme la maladie de Gaucher, dont rate n’augmente pas de volume. La splénectomie à visée
le diagnostic peut être affirmé sur la présence de cellu- diagnostique est indispensable si la rate augmente de
les caractéristiques au myélogramme. Toutefois, le volume. L’hypothèse numéro 1 est alors celle du lym-
diagnostic est généralement évoqué avant, sur l’asso- phome splénique isolé, que l’examen de la pièce de
ciation de lésions osseuses. splénectomie va éventuellement confirmer. Il existe de
Si le myélogramme et la biopsie médullaire n’appor- très rares formes de splénomégalie inflammatoire, sans
tent pas de diagnostic, l’existence d’anomalies bio- signe de malignité et sans explication.
Une femme de 60 ans est adressée pour leucothrom- * 2. Le résultat de l’hémogramme vous évoque-
bopénie. t-il particulièrement une splénomégalie ? Pour-
Ses antécédents sont les suivants : quoi ?
– hystérectomie pour fibrome hémorragique à 48 ans ; * 3. Quel examen radiologique vous semble le
hypertension artérielle traitée par bêtabloquants ; pas plus approprié pour confirmer ou infirmer l’exis-
d’antécédent médical particulier ; tence d’une splénomégalie ? Justifiez votre
– a consulté son médecin traitant pour asthénie ; réponse.
– pas d’antériorité hématologique biologique.
* 4. L’existence d’une splénomégalie est confir-
Les résultats du bilan biologique, réalisé un mois
mée (16 cm dans son plus grand axe). L’aspect
auparavant, sont les suivants :
est homogène. Quel mécanisme pouvez-vous
– hémoglobine : 12,5 g/dL ;
évoquer pour expliquer à la fois la splénoméga-
– VGM : 95 µ3, CCMH : 33 % ; lie et le sub-ictère. Justifiez votre réponse. Indi-
– leucocytose : 4 000/mm3, dont polynucléaires neu- quez quels examens vous demandez et quels
trophiles = 1 200/mm3, polynucléaires éosinophiles = résultats vous en attendez pour confirmer ou
300/mm3, lymphocytes = 2 400/mm3, monocytes = infirmer chacun de ces mécanismes ?
300/mm3 ;
– plaquettes = 117 000/mm3 ; * 5. Le sub-ictère est finalement attribué à un
– la VS est à 2 à la première heure, la CRP à 5 pour une syndrome de Gilbert. Un complément d’investi-
normale inférieure à 10 mg/L. gation radiologique met en évidence, outre la
L’hémogramme réalisé un mois plus tard, juste avant splénomégalie, des adénopathies de 2 à 3 cm de
la consultation, présente des résultats identiques. diamètre, cœliomésentériques et inter-aortico-
À l’examen clinique, la patiente présente un surpoids caves. Le foie est d’apparence normale. Quel(s)
diagnostic(s) peu(ven)t expliquer cet ensemble ?
(80 kg pour 1,68 m). On peut noter un sub-ictère
conjonctival et un possible débord splénique, difficile * 6. Y a-t-il une justification à prélever un myé-
à affirmer vu l’épaisseur de la paroi. logramme chez cette patiente ? Justifiez votre
réponse.
* 1. Quelle(s) est (sont) les anomalies de cet
hémogramme ? Voir réponses p. 205.
122
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 123 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
333
Strabisme de l’enfant
Dominique Pawlak, Éric Souied, Margaret Sterkers, Gisèle Soubrane
O BJECTIF
* Devant un strabisme chez l’enfant, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
un œil le sera sur une zone rétinienne « non corres- tions du regard (haut, haut droite, droite, bas droite,
pondante » de l’autre œil ; la fusion devient impos- bas, bas gauche, gauche, haut gauche) ; le strabisme
sible. Pour éviter cette sensation peu supportable, le peut s’accompagner d’une limitation de la motilité
cerveau de l’enfant utilise des phénomènes de dans un champ ; si la motilité est mauvaise dans une
compensation. Il neutralise une des deux images. position, l’enfant peut avoir le réflexe de tourner la
Si l’œil dévié est toujours le même, l’image neutrali- tête au lieu des yeux (signe de la toupie) ;
sée sera toujours celle de cet œil et la fonction – appréciation de la déviation : reflets (le reflet d’une
visuelle de cet œil est compromise avec risque lampe doit se faire au même endroit pour chaque
d’amblyopie, c’est-à-dire de mauvaise acuité œil ; si ce n’est pas le cas, il y a strabisme) ; occlu-
visuelle non améliorable par verres de lunettes. Cette sion alternée (si l’enfant est strabique, en passant le
amblyopie peut parfois être traitée avec succès et ce cache d’un œil sur l’autre, on observe un mouvement
d’autant que l’enfant est vu tôt avant la fin de sa matu- de fixation de l’œil découvert) ;
ration visuelle. L’amblyopie est alors la complica- – appréciation de la correction optique par skiascopie,
tion du strabisme. après cycloplégie ;
123
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 124 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
124
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 125 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
une accommodation permanente qui favorise la – Si malgré tout la divergence devient permanente, on
convergence et améliore l’aspect esthétique. peut opérer. Si l’enfant a une VB, le résultat sera le
– Strabismes souvent intermittents initialement, avec plus souvent bon et définitif ; s’il n’en a pas, et sur-
conservation d’une VB ; dans ces cas, une rééducation tout s’il y a amblyopie, le risque de récidive est pré-
de la convergence peut aider l’enfant à maintenir la sent dans le même sens (divergence) ou dans l’autre
rectitude. On peut également prescrire des prismes. (convergence).
Le petit Jordan, 4 mois, est amené par sa mère qui a men à l’ophtalmoscope ? Comment éliminez-
noté une déviation de son œil droit. L’enfant n’a pas vous ce diagnostic ?
d’antécédent particulier.
* 3. L’examen anatomique était normal. Jordan
*1. Que recherchez-vous à l’examen ? a donc un strabisme fonctionnel. Que redoutez-
Comment ? vous ?
* 2. La mère parle d’antécédents familiaux * 4. Comment le prenez-vous en charge ?
d’anomalies rétiniennes et l’enfant se frotte sou-
vent l’œil droit qui paraît en convergence. Que
redoutez-vous ? Que recherchez-vous à l’exa- Voir réponses p. 205.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
125
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 126 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
334
Syndrome mononucléosique
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant un syndrome mononucléosique, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
126
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 127 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
La réactivation du cytomégalovirus est une cause La moins rare est la « lymphadénite angio-immuno-
fréquente de syndrome mononucléosique chez les blastique », où la stimulation des lymphocytes B
sujets immunodéprimés et notamment transplantés. polyclonaux s’observe essentiellement au niveau des
C’est alors la mesure de la virémie qui permettra le ganglions mais peut parfois se retrouver au niveau de
diagnostic. l’hémogramme. Ces lymphocytes activés n’appartien-
D’autres virus peuvent être en cause comme le HSV ou nent pas au clone malin qui est un clone de cellules T,
la rubéole, qui donne plutôt une plasmocytose. peu nombreuses mais à l’origine de la sécrétion de
cytokines activatrices. Le diagnostic différentiel avec
C. Réactions allergiques une éruption allergique peut se poser car des éruptions
Le tableau est parfois si sévère qu’il peut être confondu cutanées sont assez fréquentes. L’absence de régres-
avec une leucémie aiguë du fait de l’association à sion après arrêt du médicament suspect doit faire
l’éruption cutanée d’adénopathies, de fièvre, d’une revoir le diagnostic.
altération de l’état général. L’identification des cellu- Les autres pathologies lymphoïdes avec syndrome
les circulantes, comme des lymphocytes simulés, mononucléosique correspondent plus souvent à une
l’arrêt du médicament responsable suivi de la régres-
mauvaise interprétation de la présence dans le sang de
sion permettent le diagnostic. Cela rend donc inutile
cellules lymphoplasmocytaires de la maladie de Wal-
toute exploration biologique complémentaire.
denström ou de lymphocytes atypiques de lympho-
D. Hémopathies malignes mes non hodgkiniens leucémisés.
Certaines hémopathies malignes peuvent, à titre
exceptionnel, s’accompagner d’un syndrome mononu- Sauf exception, le myélogramme n’est donc pas justifié
cléosique, plus ou moins typique. dans le diagnostic d’un syndrome mononucléosique.
Vous êtes appelé au chevet d’une jeune fille de 18 ans lymphocytes = 13 500/mm3, monocytes = 500/mm3 ;
qui doit se présenter au baccalauréat la semaine sui- 20 % des lymphocytes sont de grande taille avec un
vante. Depuis 48 heures, elle est fébrile (39-40 °C le cytoplasme très bleu et un noyau mature ;
soir). Depuis 24 heures, elle a des difficultés à avaler – plaquettes : 130 000/mm3.
sa salive et son cou a augmenté de volume. Elle n’a
* 1. Quelle(s) conclusion(s) portez-vous sur les
aucun antécédent pathologique. À l’examen vous
constatez : données quantitatives de cet hémogramme ?
– un œdème palpébral bilatéral ; * 2. Dans quel grand cadre nosologique l’ano-
– des adénopathies cervicales sensibles, difficiles à malie des lymphocytes entre-t-elle ?
individualiser mais d’environ 1 ou 2 cm de diamètre
* 3. Quelle hypothèse vous semble la plus pro-
chacune. Les autres aires ganglionnaires sont libres. La
bable pour expliquer l’ensemble de la sympto-
rate est palpable d’environ 2 cm sous le rebord costal ;
– l’examen de la gorge met en évidence une angine matologie clinique et biologique ? Justifiez votre
avec des dépôts blanchâtres au niveau des deux réponse.
amygdales. * 4. Quels éléments plaident contre le diagnostic
Vous prescrivez un hémogramme, qui montre : de leucémie aiguë ?
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
127
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 128 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
335
Thrombopénie
Bruno Varet
O BJECTIF
* Devant une thrombopénie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier
les examens complémentaires pertinents.
128
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 129 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
335. Thrombopénie
La découverte d’hémorragies au fond d’œil est un Bien que le programme de l’ENC se limite à la descrip-
signe classique de gravité. tion des principales causes de thrombocytopénie et à
l’argumentation pour les identifier, cette démarche
doit être connue car c’est elle qui permet de progresser
En pratique logiquement pour résoudre le problème diagnostique
posé par un patient réel aussi bien que celui d’un dos-
L’association d’une thrombocytopénie inférieure à
sier d’examen.
30 000/mm3 et de manifestations hémorragiques spon-
tanées imposent la demande urgence d’un avis spécia-
lisé par téléphone.
Une thrombocytopénie inférieure à 30 000/mm3 mais
sans manifestation hémorragique justifie un avis spé- V. PRINCIPALES CAUSES
cialisé moins urgent. DE THROMBOCYTOPÉNIE
La constatation d’une thrombocytopénie isolée avec ET ARGUMENTAIRE POUR LES RECONNAÎTRE
des plaquettes à plus de 30 000/mm3 sans manifestation
hémorragique autorise le médecin non spécialiste à
poursuivre les investigations. A. Thrombocytopénies centrales
Une thrombocytopénie supérieure à 30 000/mm3 asso- (résultat d’un défaut de production)
ciée à un syndrome hémorragique doit faire rechercher
une anomalie de la coagulation associée. Les plus fréquentes ne sont pas isolées mais associées
à une atteinte des autres lignées myéloïdes (anémie
arégénérative et/ou neutropénie). Elles sont observées
dans les leucémies aiguës, les aplasies médullaires
IV. DIAGNOSTIC DE THROMBOCYTOPÉNIE spontanées ou, beaucoup plus fréquentes, induites par
une chimiothérapie antinéoplasique, les syndromes
C’est un diagnostic biologique : il repose sur la prescrip- myélodysplasiques, les déficits profonds en vita-
tion de l’hémogramme, qui comporte systématiquement mine B12 ou acide folique.
une numération des plaquettes par l’automate. Dans tous les cas, la thrombocytopénie s’accompagne
Si le chiffre des plaquettes trouvé par l’automate est à d’une anémie arégénérative et/ou d’une neutropénie.
moins de 150 000/mm3, le laboratoire a le devoir de L’examen clé du diagnostic est le myélogramme, qui :
contrôler sur le frottis l’aspect des plaquettes. En effet, – montre l’origine centrale de la thrombocytopénie,
si le chiffre des plaquettes est réellement abaissé, les caractérisée par la diminution des mégacaryocytes ;
plaquettes apparaîtront isolées sur le frottis. Cela per- – apporte les éléments cytologiques pour différencier
mettra de différencier une vraie thrombocytopénie les pathologies énumérées ci-dessus.
d’une fausse thrombocytopénie par agglutinats. Ceux-ci Les thrombocytopénies centrales isolées, sans atteinte
sont généralement liés à l’anticoagulant sur lequel est des autres lignées, sont très rares. Elles peuvent être
recueilli le sang pour hémogramme (EDTA). Il s’agit en constitutionnelles ou acquises. Elles sont généralement
fait alors d’une fausse thrombocytopénie. Ces aggluti- identifiées lorsque le myélogramme montre la rareté
nats n’existent pas in vivo mais gênent le décompte des des mégacaryocytes ou leur caractère dystrophique.
plaquettes par l’automate. Malheureusement, ce contrôle Parfois la moelle paraît normale et c’est l’étude de la
durée de vie des plaquettes qui seule apporte la preuve,
de l’aspect des plaquettes sur le frottis au microscope
généralement inattendue, du mécanisme central.
n’est que très inconstamment pratiqué. Devant une
thrombocytopénie sans manifestation hémorragique, un B. Thrombocytopénies périphériques
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
129
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 130 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
contrôle du myélogramme n’est toutefois pas rigou- antiplaquettes. Toutefois, les tests in vitro pour détec-
reusement nécessaire dans certaines circonstances et ter ces anticorps ne sont pas suffisamment fiables,
à condition que le reste de l’hémogramme, y compris sources de faux positifs comme de faux négatifs. Leur
l’examen soigneux du frottis sanguin et notamment prescription ne doit donc pas être recommandée dans
des globules rouges, lu par un spécialiste compétent, un but diagnostique car source d’erreurs.
soit strictement normal (toute anomalie morphologi- Le diagnostic différentiel entre purpura thrombopéni-
que des globules rouges, modification du VGM, ano- que idiopathique aigu et purpura thrombopénique idio-
malie de la formule sanguine, imposent le contrôle pathique chronique ne pourra être tranché que par la
médullaire). surveillance évolutive.
■ Purpura thrombotique thrombocytopénique
Circonstances où le myélogramme peut être omis Il résulte d’une microangiopathie thrombotique et
• À condition que le reste de l’hémogramme soit stric- associe à la thrombocytopénie une anémie hémolyti-
tement normal. que. Le diagnostic doit être évoqué devant l’associa-
• Chez l’enfant, compte tenu de la rareté des thrombo- tion à la thrombocytopénie d’une anémie normo-
pénies centrales, à cet âge, en dehors des hémopathies chrome normocytaire ou macrocytaire régénérative,
malignes et des aplasies responsables d’une atteinte
avec présence sur le frottis des schizocytes. Le dia-
des autres lignées.
• En cas de thrombocytopénie modérée (supérieure à gnostic est souvent évoqué sur l’association d’autres
80 000/mm3). En effet, le myélogramme a de fortes symptômes (symptomatologie neurologique clinique,
chances de ne pas être discriminant car la modification atteinte rénale biologique).
du nombre des mégacaryocytes dans la moelle n’est pas La difficulté essentielle du diagnostic vient de la diffi-
appréciée de façon aussi précise que celle des autres
cellules et la distinction entre thrombocytopénie cen-
culté à identifier les schizocytes sur le frottis. Cela
trale ou périphérique, à partir du moment où la dimi- nécessite un examen soigneux et orienté. En l’absence
nution des plaquettes est de moins de 50 %, est très de schizocytes sur le frottis, l’attention du clinicien
aléatoire. doit être attirée par la présence d’une polykylocytose
(hématies de forme variable), qui est associée à la schi-
c Thrombocytopénies par hyperdestruction zocytose et qui est plus facilement identifiée. Dans ces
situations, la prescription d’un nouvel hémogramme
■ Purpura thrombocytopénique idiopathique (PTI)
avec examen spécifique du frottis de globules rouges
C’est la cause la plus fréquente de thrombocytopénie
s’impose.
isolée avec des plaquettes dans des zones à risque
À l’inverse, ce diagnostic peut être évoqué à l’excès,
hémorragique, et notamment de thrombocytopénie
car il existe d’autres circonstances où l’hémogramme
sévère (inférieure à 20 000 ou 30 000/mm3).
permet de mettre en évidence des schizocytes. On peut
Le diagnostic repose sur l’élimination des autres cau-
ainsi en observer :
ses de thrombocytopénies périphériques, notamment :
– au cours des grandes microcytoses (éventuellement
– l’absence de splénomégalie ;
associées à un purpura thrombopénique idiopathique
– l’absence d’anomalie de la coagulation plasmatique ; du fait de perte de fer). L’anémie n’est toutefois alors
– la négativité des sérologies VIH, VHC, VHB ; pas régénérative ;
– l’absence de pathologie auto-immune associée (don- – au cours des anémies mégaloblastiques évoluées en
nées cliniques, anticorps anti-nucléaires). l’absence de traitement. Le risque de confusion est
Les examens complémentaires pertinents sont : majoré par le fait qu’une anémie mégaloblastique
– l’hémogramme, montrant une thrombocytopénie peut s’accompagner de signes d’hémolyse intramé-
isolée ; dullaire (augmentation de la bilirubine non conju-
– le myélogramme, montrant une moelle riche en guée, diminution de l’haptoglobine, augmentation
mégacaryocytes ; du taux des LDH), qui s’observe aussi dans les
– le temps de Quick, le temps de céphaline et le dosage hémolyses mécaniques. C’est dire l’importance de
du fibrinogène ; la mesure des réticulocytes qui permettra aisé-
– les sérologies VIH, HCV, HBV ; ment de distinguer ces deux situations.
– la recherche d’anticorps antinucléaires. Les examens pertinents sont les suivants :
Certains exigent la négativité du test de Coombs – hémogramme avec examen soigneux du frottis et
érythrocytaire direct pour écarter une forme latente sur mesure des réticulocytes ;
la lignée rouge de syndrome d’Evans. – étude de la fonction rénale et recherche d’une protéi-
Le purpura thrombocytopénique idiopathique résulte nurie ;
la plupart du temps du développement d’autoanticorps – dosage de la bilirubine non conjuguée et des LDH ;
130
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 131 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
335. Thrombopénie
131
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 132 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Les examens complémentaires pertinents sont les – couplée au Doppler des vaisseaux, elle permet de
suivants : mettre en évidence une éventuelle hypertension por-
– l’échographie est nécessaire pour le diagnostic seu- tale.
lement chez les patients obèses mais est également En dehors de ce contexte, la conduite à tenir est celle
utile pour préciser le caractère homogène ou non de observée devant toute splénomégalie (voir item 332
l’augmentation du volume splénique ; « Splénomégalie », page 120).
Une jeune fille de 25 ans est adressée en urgence * 4. Quelle est la signification du caractère isolé
pour une thrombopénie. Elle n’a aucun antécédent en des plaquettes sur le frottis ?
dehors d’une amygdalectomie dans l’enfance. Elle a * 5. Quels sont les principaux mécanismes pos-
constaté depuis quelques semaines des ecchymoses sibles d’une telle thrombopénie ? Donnez les
faciles. Ses règles sont nettement plus abondantes arguments que vous pouvez retenir pour ou contre
depuis deux cycles. Il n’y a aucun antécédent familial. chacune de ces hypothèses.
À l’examen clinique, vous notez quelques ecchymoses
* 6. Un myélogramme est pratiqué : il montre
au niveau des mollets et des cuisses, une petite ecchy-
mose au niveau de la face antérieure de l’abdomen. une moelle de richesse normale avec de nom-
On retrouve à l’examen soigneux de petites taches breux mégacaryocytes. Il n’y a aucune anomalie
rouges punctiformes au niveau des chevilles et de la de répartition de morphologie des lignées
partie basse des jambes. Elle a eu un hémogramme qui érythroïdes granuleuses ou lymphoïdes. Quelle
montre : taux d’hémoglobine = 12 g/dL, VGM = 79 µ3, conclusion pouvez-vous tirer de cet examen et
CCMH = 33 %. Les leucocytes sont à 5 300/mm3, avec pourquoi ?
2 500 PN/mm3, 300 PE/mm3, 2 400 L/mm3, 200 M/mm3. * 7. Compte tenu des données des examens
Les plaquettes sont à 25 000/mm3. Le laboratoire cliniques et de la normalité du reste de l’hémo-
précise qu’elles sont isolées sur le frottis. Vitesse de gramme, quelle(s) infection(s) virale(s) est-il légi-
sédimentation = 2, CRP = 6 mg/L. time de rechercher par la sérologie ?
On ne retrouve ni adénopathie, ni splénomégalie. * 8. Connaissez-vous une pathologie auto-
* 1. Quelle(s) conclusion(s) portez-vous sur cet immune qui peut être révélée par un tableau
hémogramme ? biologique de ce type ? Si oui, laquelle ?
* 2. Les signes cliniques constatés sont-ils compa- * 9. Toute infection virale, pathologie auto-
tibles avec les conséquences d’une thrombocyto- immune ou exposition à un médicament immu-
pénie ? Justifiez votre réponse. noallergisant ayant été écartées, quel est le
diagnostic à retenir ?
* 3. Existe-t-il sur ces données des signes de gra-
vité de la thrombopénie ? Voir réponses p. 206.
132
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 133 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
336
Toux chez l’enfant et chez l’adulte
(avec le traitement)
Vincent Cottin, Hélène Levrey-Hadden
O BJECTIFS
* Devant une toux aiguë ou chronique chez l’enfant ou chez l’adulte, argumenter les
principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.
133
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 134 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
– une insuffisance cardiaque gauche (échographie – des anomalies à l’auscultation : ronchi, asymétrie
cardiaque) ; auscultatoire, sibilants ;
– une bronchite à éosinophiles ; – des troubles de la déglutition et d’éventuelles convul-
– une toux psychogène. sions (évaluation neurologique) ;
Les trois examens complémentaires les plus utiles lorsque – des signes d’atopie.
la radiographie thoracique est normale sont la spiromé- Une fois les toux d’origine ORL éliminées (rhinite,
trie, le scanner des sinus et la pH-métrie des 24 heu- hypertrophie amygdalienne, adénoïdite), la radiogra-
res. Les autres examens complémentaires doivent être phie thoracique est le seul examen indispensable.
discutés et hiérarchisés en fonction de l’interrogatoire. On distingue la toux aiguë, la toux aiguë récidivante, la
Dans 5 à 10 % des cas, la toux reste idiopathique. toux chronique (évoluant depuis plus de 3 semaines).
Le meilleur traitement de la toux est celui de sa cause. Les toux aiguës sont le plus souvent d’origine infec-
Une toux productive doit être respectée. La kinésithé- tieuse :
rapie réduit les toux d’encombrement bronchique. Les – infections ORL : rhinopharyngite, sinusite ;
antitussifs sont à réserver aux toux sèches et sont – infections pulmonaires : pneumopathie, pleurésie,
contre-indiqués en cas de toux productive, d’insuffi- bronchite, bronchiolite, trachéite ;
sance respiratoire chronique, ainsi que chez le nourris- – infections à Chlamydia pneumoniae et Mycoplasma
son et chez le sujet très âgé. pneumoniae, qui sont sources de bronchite avec toux
traînante ;
– la coqueluche, qui peut être à l’origine d’une toux
II. TOUX CHEZ L’ENFANT traînante chez l’enfant de plus de 6 ans, même
vacciné. Chez le nourrisson, les quintes sont habi-
La toux est l’un des motifs de consultation les plus fré- tuellement plus typiques, avec toujours apnée et
quents en pédiatrie. cyanose.
L’interrogatoire précise l’âge d’apparition de la toux ; Une toux aiguë peut correspondre aux premières mani-
l’existence d’intervalles libres de tout symptôme ; un festations d’une maladie chronique (tableaux 336-2 et
contexte infectieux concomitant ou préexistant ; le 336-3).
caractère productif ; l’horaire ; l’amélioration par des L’utilisation des antitussifs chez l’enfant doit être
traitements (antibiotiques, corticoïdes, bronchodilata- parcimonieuse. De nombreux antitussifs sont contre-
teurs) ; l’existence d’un tabagisme parental ; une patho- indiqués chez l’enfant de moins de 30 mois. Certains
logie ORL ou digestive associée ; un retentissement sur contiennent des dérivés terpéniques (diminution du
l’état général et la croissance staturopondérale. seuil épileptogène), de l’éthanol, de la phénotiazine
L’examen clinique recherche principalement : (risque de mort subite chez l’enfant de moins de 1 an)
– une déformation thoracique, une hypertrophie amyg- et des sulfites (allergies). Aucun des traitements
dalienne, une obstruction nasale, un hippocratisme proposés (antitussifs, fluidifiants, antihistaminiques)
digital ; n’a fait la preuve de son efficacité.
134
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 135 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Tableau 336-2. Principales causes de toux chronique et leur diagnostic avant l’âge de 5 ans.
Radiographie Examen
Cause Toux Clinique
thoracique diagnostique
Infections ORL Toux sèche, Bon état général Normale Aucun
répétées quinteuse
récidivante
Pathologie ORL Grasse, Faciès adénoïdien Normale Examen ORL : jetage
chronique de début postérieur, hypertrophie
et fin de nuit des végétations
adénoïdiennes ± des amygdales
Reflux gastro- Primo-décubitus Douleurs, malaise Parfois syndrome PH-métrie
œsophagien bronchique événementielle
des 24 heures
Mucoviscidose Quinteuse, Selles grasses, Distension Test de la sueur
coqueluchoïde appétit féroce, thoracique
mauvaise Syndrome
évolution staturo- bronchique
pondérale
Dyskinésie ciliaire Grasse Otites, sinusites Bronchiectasies Étude de la motilité ciliaire
primitive et matinale Syndrome diffuses sur brossage nasal, étude
de tachypnée Situs inversus de l’ultrastructure ciliaire
transitoire parfois sur biopsie nasale
néonatal et/ou bronchique
Toux isolée d’une Toux sèche, Parfois sibilants Distension Test thérapeutique.
hyperréactivité quinteuse Bon état général thoracique Après 3 ans, spirométrie
bronchique
Déficit immunitaire Grasse Infections Bronchectasies Sous-populations
cutanées, Pneumopathie lymphocytaires,
digestives Numération-formule,
plaquettes
Dosage pondéral IgG, A, M
Suite d’un corps Grasse Début identifiable Trouble Endoscopie bronchique
étranger inhalé avec parfois de ventilation,
syndrome bronchectasies
de pénétration localisées
Anomalie des arcs Sèche parfois Bon état général Bouton aortique TOGD, IRM médiastinale
aortiques rauque, détresse à droite avec endoscopie bronchique,
respiratoire de la crosse échographie cardiaque
aux deux temps aortique, trouble
de ventilation
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
135
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 136 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Tableau 336-3. Principales causes de toux chronique et leur diagnostic après l’âge de 5 ans.
Radiographie
Cause Toux Clinique Examen diagnostique
thoracique
Toux équivalent d’asthme Nocturne, sèche, Signes d’atopie Distension Explorations fonctionnelles
à l’effort Distension thoracique respiratoires avec parfois
thoracique test de provocation
Bon état général (course ou métacholine)
Pathologie ORL chronique Voir tableau 336-2
Mucoviscidose
Dyskinésie ciliaire
Déficit immunitaire
Pathologies infiltratives Sèche, quinteuse Altération Pneumopa- Scanner thoracique,
diffuses rapide de l’état thie infiltrative avage broncho-alvéolaire
général diffuse
Dyskinésie laryngée Impressionnante Bon état général Normale Endoscopie : adduction
épisodique aiguë toux rauque, Adolescente paradoxale des cordes
sèche, qui disparaît vocales à l’inspiration
lors du sommeil
Une femme de 65 ans consulte pour une toux sèche * 1. Quelles sont les deux principales causes de
évoluant depuis 6 mois. La toux survient avec prédi- toux à évoquer chez cette patiente (avec les
lection le matin, avec des quintes fréquentes entre 8 arguments cliniques pour chacune d’elles) ?
et 10 heures du matin. Dans la journée, la patiente est * 2. Pour chacune des deux causes énoncées à
gênée par la toux lorsqu’elle sort de chez elle pour la question précédente, quel bilan paraclinique
aller faire des courses, surtout s’il fait froid, ou pourrait confirmer le diagnostic ?
lorsqu’elle hâte le pas pour prendre le bus. Elle indi-
* 3. La patiente demande si la toux ne vient pas
que aussi que la toux survient si quelqu’un fume dans des médicaments qu’elle prend, et montre ses
la même pièce, ou lorsqu’elle se parfume ou se met de dernières ordonnances. Citez deux classes médi-
la laque à cheveux. Elle a présenté récemment une camenteuses souvent responsables de toux
grande quinte de toux à la suite d’un fou rire. Son médicamenteuse iatrogénique.
mari indique qu’elle « siffle » parfois en respirant.
* 4. Quelle autre cause très fréquente de toux
Cette toux est devenue très gênante, et « retentit sur
chronique faut-il rechercher chez cette per-
son moral ». Il n’y a pas de dyspnée, pas de douleur
sonne ? Quelle mesure diagnostique simple et
thoracique. La patiente vous indique avoir un rhume
quel examen complémentaire permettront de
des foins depuis l’adolescence, mais elle se mouche l’affirmer ?
presque toute l’année, et éternue très souvent. Sa
voix est un peu éraillée depuis quelques semaines. * 5. Quelle complication fréquente de la toux,
Elle n’est pas fumeuse. Elle pèse 88 kg pour 1,59 m. souvent non signalée spontanément car gênante,
L’état général est conservé. L’auscultation pulmo- faut-il rechercher à l’interrogatoire chez cette
naire et cardiaque est normale. La radiographie tho- femme ?
racique est normale. Voir réponses p. 206.
Marion, 8 ans, est amenée par sa maman pour une la taille évolue sur la courbe de la moyenne alors que
toux. Sans antécédent familial, elle présente depuis la l’appétit reste bon. Les selles ont toujours été nauséa-
première année de vie des bronchites parfois sifflantes bondes et graisseuses.
ayant nécessité des séances de kinésithérapie respira-
* 1. Quels sont les éléments clés de l’interroga-
toire. Les derniers épisodes ont été accompagnés d’une
toire (déjà cités, et à rechercher) qui permettent
expectoration purulente. L’auscultation retrouve des
d’orienter le diagnostic ?
ronchi diffus. L’évolution pondérale a infléchi sa courbe
du 50e percentile au 3e percentile depuis l’âge de 2 ans ; * 2. Que faut-il rechercher à l’examen clinique ?
136
111632NBS_ORIENT_331_336.fm Page 137 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Fig. 336-1.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
137
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 138 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
337
Trouble aigu de la parole. Dysphonie
Olivier Malard
O BJECTIF
* Devant l’apparition d’un trouble aigu de la parole ou d’une dysphonie, argumenter les
principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
138
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 139 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
M. G., âgé de 59 ans, vient consulter pour une dys- * 1. Quel(s) examen(s) allez-vous réaliser ?
phonie évoluant depuis plusieurs mois. Il n’y a pas de Quels en sont les buts ?
dysphagie. Il se plaint de façon intermittente d’une * 2. Quel le diagnostic le plus probable chez ce
otalgie du côté droit. Il ne présente pas d’altération patient ?
de l’état général.
* 3. Quel est (ou quelles sont) votre (vos) propo-
M. G. est fumeur, avec une intoxication chiffrée à
sition(s) thérapeutique(s) ? Sur quels critères ?
50 P/A, il consomme de l’alcool de façon régulière
(1/2 litre de vin par jour). Il n’a pas d’exposition pro- * 4. Quelle est l’évolution habituelle de ce type
fessionnelle à des produits toxiques. d’affection après traitement ?
L’examen clinique visualise une formation bourgeon- * 5. Quelles sont les mesures que vous mettez en
nante limitée à la corde vocale du côté droit. La mobi- œuvre à la fin du traitement ?
lité du plan glottique est normale et vous ne retrou-
vez aucune autre anomalie à l’examen clinique ORL.
Le reste de l’examen général est sans particularité. Voir réponses p. 208.
Vous suspectez une tumeur de la corde vocale.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
139
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 140 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
338
Trouble de l’érection
Morgan Rouprêt, Sébastien Beley, Arnaud Mejean
O BJECTIF
* Devant un trouble de l’érection, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
III. DIAGNOSTIC
II. ÉTIOLOGIES
– L’interrogatoire est essentiel : âge du patient,
Les causes sont psychogènes, ou organiques : recueil des attentes et besoins, recherche d’un événe-
– toxiques : alcoolisme chronique, toxicomanies ; ment anxiogène ou organique (antécédents, traite-
– neurologiques : lésions médullaires, Alzheimer, caren- ment, toxicomanie…), évaluation du trouble de
ces vitaminiques, sclérose en plaques, syringomyélie, l’érection et de son retentissement.
traumatisme du bassin, tumeurs du système nerveux – Intérêt de l’utilisation d’un questionnaire en
central ; consultation, l’IIEF (International Index for Erec-
– endocriniennes : diabète, hypogonadisme, dysthy- tile Function) pour évaluer le trouble objectivement.
roïdie, hypocorticisme, Cushing, Addison, tumeur – L’examen physique est centré sur les appareils cardio-
du testicule à cellules de Sertoli ; vasculaire, urologique, neurologique et endocrinien.
140
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 141 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
– Un bilan métabolique est utile : cholestérolémie, tri- d’antécédents de traumatisme du bassin. Recherche
glycéridémie, glycémie, créatininémie, uricémie. d’une atteinte artérielle.
– Un bilan hormonal est utile en cas d’anomalies cli- – Test thérapeutique par injection intracaverneuse de
niques évocatrices de troubles de la libido : testos- prostaglandines ou d’alphabloquants. En cas d’effica-
téronémie, prolactinémie et LH en cas d’hypotesto- cité (érection), il signe l’intérêt des traitements vaso-
rénonémie, TSH. dilatateurs (per os ou par injection intracaverneuse).
– Un écho-Doppler pénien est utile en cas d’anomalie – Artériographie iliaque après injection intracaver-
clinique évocatrice d’insuffisance artérielle ou neuse et rigidimétrie sont d’indication rare.
Un homme âgé de 55 ans, marié, consulte pour une * 4. Faut-il prescrire des examens complémen-
dysfonction érectile. Il a entendu parlé dans les médias taires ? Si oui, lesquels ?
d’un médicament miracle et voudrait l’essayer. À * 5. Citez les deux causes organiques de dys-
l’interrogatoire, la dysérection est apparue brutale- fonction érectile, les plus fréquentes.
ment, il y a 6 mois, avec une « partenaire sexuelle
inhabituelle et plus jeune » que lui. Depuis, la pénétra- * 6. Quel traitement proposez-vous ?
tion vaginale est impossible et sa libido est affaiblie. Il * 7. Comment évaluerez-vous l’efficacité de votre
conserve des érections nocturnes et l’examen clinique traitement ?
est normal. Il n’a aucun antécédent particulier.
* 8. Qu’auriez-vous évoqué si vous aviez trouvé
* 1. Quelle est l’origine la plus probable de cette à l’examen clinique une plaque indurée à la pal-
insuffisance érectile ? Justifiez votre réponse. pation des corps caverneux ? Quels renseigne-
* 2. Que recherchez-vous d’autre à l’interroga- ments lors de l’anamnèse vous auraient-ils aidés
toire ? dans votre diagnostic ?
* 3. Détaillez votre examen physique. Voir réponses p. 208.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
141
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 142 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
339
Troubles de l’hémostase
et de la coagulation
Annie Bezeaud, Marie-Claude Guillin
O BJECTIF
* Devant un trouble de l’hémostase et de la coagulation, argumenter les principales
hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
– Antécédents hémorragiques familiaux (si oui : arbre • fonctions plaquettaires normales : fragilité vascu-
142
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 143 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
B. Allongement isolé du TQ (TCA normal) Dans les autres cas, recherche d’un inhibiteur (TCA
– Déficit isolé en facteur VII : le plus souvent début de plasma normal + plasma patient) :
traitement AVK ou d’hypovitaminose K (courte – TCA corrigé (pas d’inhibiteur) → dosages spécifi-
durée de vie du facteur VII). ques des facteurs II, V, X et du fibrinogène :
– Exceptionnellement, déficit constitutionnel en fac- • insuffisance hépatique : déficits multiples en fac-
teur VII ou anticorps dirigés contre le facteur VII. teurs de coagulation (II, V et X). Thrombopénie
– Insuffisance cellulaire hépatique modérée (le TQ modérée souvent associée dans la cirrhose (hypers-
est plus sensible aux déficits modérés des facteurs plénisme) ou l’intoxication alcoolique aiguë (toxi-
de coagulation synthétisés dans le foie que le cité de l’alcool) ;
TCA). • hypovitaminose K : déficits en facteurs II et X ; taux
XI : ACC spécifique d’un facteur de coagula- pholipides, le plus souvent dans un contexte de
tion, le plus souvent anti-FVIII, risque hémorragi- maladie auto-immune ; pas de risque hémorragique
que important. mais risque thrombotique ;
• négatifs : dosages spécifiques des facteurs II, V, X
D. Allongement du TCA associé (ACC spécifique d’un de ces facteurs de coagula-
à un allongement du TQ tion).
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
– Infections : septicémies (surtout à Gram négatif), infections virales sévères, paludisme à P. falciparum, rickettsioses
– Pathologie obstétricale : hématome rétroplacentaire, embolie amniotique, toxémie gravidique, mort in utero, môle
hydatiforme, placenta praevia
– Chirurgie lourde (pulmonaire, cardiaque, prostatique…)
– Pathologie maligne (cancers poumons, pancréas, prostate, leucémie aiguë)
– Hyperthermie maligne
– Traumatismes et brûlures étendues
– Accidents transfusionnels et autres hémolyses
– Morsures de serpents
– Malformations vasculaires (hémangiomes, anévrismes)
143
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 144 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Une femme de 55 ans est amenée aux urgences après * 2. Quel(s) diagnostic(s) vous évoquent les élé-
une chute dans l’escalier d’une gare. La patiente, qui ments cliniques et biologiques de cette observa-
reconnaît avoir bu de l’alcool dans la journée et est tion ? Sur quels arguments ?
consciente d’avoir une consommation d’alcool quoti- * 3. Quels sont les examens biologiques complé-
dienne excessive, saigne abondamment du nez et au mentaires indispensables au diagnostic ? Com-
niveau d’une lésion cutanée de la main droite. Elle a mentez les résultats que vous attendez.
de larges ecchymoses violacées à l’avant-bras droit et
* 4. Expliquez l’allongement du temps de cépha-
à la face antéro-externe de la cuisse droite. Il existe
des traces d’ecchymoses plus anciennes sur les bras et line + activateur.
les jambes. L’examen clinique de la patiente montre * 5. Expliquez la diminution du nombre des pla-
l’existence d’une hépatomégalie, d’une splénoméga- quettes.
lie et d’un sub-ictère conjonctival. Les résultats de la * 6. La patiente est revue quelques semaines
NFS et de l’hémostase sont les suivants : plus tard à la consultation d’hépatologie avant
– globules rouges : 3,7 T/L (N = 4,5-5,5 T/L) ; une ponction-biopsie hépatique. Le bilan biologi-
– hémoglobine : 11,5 g/dL (N = 11,5-15 g/dL) ; que fait à cette occasion montre un raccourcisse-
– hématocrite : 40 % ; ment du temps de lyse des euglobulines :
– VGM : 108 fl (N = 85-95 fl) ; patient = 1 h, patient + témoin = 1 h 30, témoin
– leucocytes : 6 G/L (N = 4-7 G/L) ; > 3 h. Expliquez en quoi consiste le temps de
lyse des euglobulines et ce qu’il explore.
– plaquettes : 100 G/L (N = 150-400 G/L) ;
– temps de Quick : 40 % (75-110 %) ; * 7. Pourquoi est-il raccourci dans ce contexte ?
Mme A., âgée de 25 ans, est adressée en consultation – hémoglobine : 10,2 g/dL (N = 11,5 à 15 g/dL) ;
avant une intervention pour extractions dentaires – hématocrite : 30 % ;
multiples, parce qu’elle a signalé à son médecin trai- – plaquettes : 180 G/L (N = 150 à 400 G/L) ;
tant que, depuis l’enfance, elle est sujette à des épis- – TCA, M/T : 45 s/36 s
taxis, qu’elle note souvent des ecchymoses pour des – TCA, ratio : 1,25 (N = ≤ 1,20) ;
traumatismes minimes. Depuis la puberté, elle se
– temps de Quick (TQ) : 80 % (N = 70 à 120 %) ;
plaint de ménorragies. Elle n’a jamais été opérée. Elle
a une sœur qui décrit les mêmes manifestations – fibrinogène : 2,50 g/L (N = 2 à 4 g/L) ;
hémorragiques. Son père, qui avait une tendance à – temps de saignement (TS, Ivy) : > 15 min (N =
faire souvent des hémorragies, est décédé. Sa mère ≤ 10 min).
n’a pas d’antécédent particulier. * 1. Dans l’histoire clinique de Mme A., quels
Un bilan hématologique montre : sont les éléments essentiels pour l’orientation
– leucocytes : 8 G/L (N = 4 à 7 G/L) ; diagnostique ?
– globules rouges : 4 T/L (N = 4,5 à 5,5 T/L) ;
144
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 145 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
145
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 146 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
340
Troubles de la marche et de l’équilibre
Collège des Enseignants de Neurologie
F. Dubas – L. Defebvre – M. Zuber
O BJECTIF
* Devant un trouble de la marche ou de l’équilibre, argumenter les hypothèses diagnostiques
et justifier les examens complémentaires pertinents.
146
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 147 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
147
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 148 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
148
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 149 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
341
Troubles de la miction
Morgan Rouprêt, Sébastien Beley, Arnaud Mejean
O BJECTIF
* Devant un trouble de la miction, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens complémentaires pertinents.
Schématiquement, on distingue deux types de troubles L’interrogatoire et l’examen clinique, comprenant une
de la miction : troubles de la retenue vésicale (impé- palpation abdominale à la recherche d’un globe vési-
riosité et incontinence) et troubles de l’évacuation cal, l’examen du méat urétral et des organes génitaux
vésicale (dysurie et rétention vésicale). externes, des touchers pelviens et un examen neurolo-
Les troubles de la retenue sont les plus fréquents gique du périnée sont essentiels.
(voir item 321 « Incontinence urinaire de l’adulte », L’ECBU et l’échographie réno-vésico-prostatique
page 90). avec mesure du résidu postmictionnel sont recom-
Les troubles de l’évacuation sont les plus graves car ils mandés.
peuvent retentir sur le haut appareil urinaire et altérer L’examen cytologique, une endoscopie, un scanner
la fonction rénale. abdominopelvien sont optionnels.
Normalement, la fréquence des mictions est inférieure Le bilan urodynamique (BUD), qui étudie l’équilibre
à 6 par 24 heures et est exclusivement diurne. vésicosphinctérien, est demandé en cas de négativité
du bilan clinique et morphologique.
La vessie hyperactive est d’origine neurogène centrale.
I. POLLAKIURIE ET IMPÉRIOSITÉS
Pollakiurie (mictions trop fréquentes, plus de 6 par
jour et plus de 2 par nuit et peu abondantes) et império- II. DYSURIE
sités (envies pressantes d’uriner, impossible à conte-
La dysurie se définit comme une difficulté à uriner.
nir) sont des troubles de la retenue qui traduisent une
Elle peut être consécutive à un obstacle organique ou
irritation vésicale.
fonctionnel.
Il est important de préciser le caractère nycthéméral
de ces symptômes, leur fréquence, le retentissement Elle évolue progressivement de la vessie de lutte à la
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
sur la vie des patients et la présence d’autres signes uri- vessie distendue, jusqu’au retentissement sur le haut
naires associés (dysurie, brûlure…). appareil urinaire, dont l’insuffisance rénale est le der-
nier stade.
L’établissement d’un calendrier mictionnel est sou-
vent utile pour faire le diagnostic précis de la sympto- Les causes des dysuries et des rétentions sont identi-
matologie du malade (l’interrogatoire est parfois insuf- ques : obstruction physique à l’évacuation vésicale,
fisant). vessie neurogène centrale ou périphérique, causes
fonctionnelles secondaires à une pathologie anorectale
Pollakiuries et impériosités répondent aux mêmes
causes : ou à une distension vésicale, pathologie prostatique
et sténose de l’urètre chez l’homme, prolapsus génital,
– irritation vésicale ;
tumeur utérine ou ovarienne, sténose du méat, diverti-
– obstruction sous-vésicale ; cule sous-urétral chez la femme, et causes médicamen-
– réduction de la capacité vésicale ; teuses.
– pathologie infectieuse paravésicale ; Le diagnostic est facile quand le patient se plaint d’une
– origine neurologique. miction à petits jets ou au goutte-à-goutte, de durée
149
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 150 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Un homme de 65 ans se présente à votre consultation * 3. Quelle peut être la symptomatologie clini-
adressé par son médecin traitant pour des troubles que associée à la pollakiurie dans ce type de
mictionnels à type de pollakiurie nocturne et diurne pathologie ?
invalidantes. Le patient juge que son jet d’urines est * 4. Quels examens paracliniques demandez-
faible depuis quelques années mais cela ne l’inquiète vous alors ?
pas outre mesure. Dans ses antécédents, vous retrou-
* 5. Le patient reconsulte en urgence quelques
vez une HTA modérée et un antécédent d’accident
vasculaire cérébral, pour lequel il a été mis sous anti- semaines plus tard pour une aggravation bru-
vitamines K au long cours, 1/2 comprimé matin et tale de ses symptômes urinaires et une incapa-
cité à évacuer ses urines. Quel diagnostic portez-
soir. Au toucher rectal, vous percevez une prostate
vous et quelle est votre attitude première ?
augmentée de volume, homogène souple, sans irré-
Quels sont les différents modes de drainage des
gularité et sans sillon médian.
urines vésicales ? Précisez leurs contre-indica-
* 1. Comment définiriez-vous la pollakiurie ? tions respectives.
Quel est le meilleur outil diagnostique pour ce
* 6. Quelle attitude adopterez-vous par la
type de symptôme ?
suite ? Pourquoi ?
* 2. Quelles sont les principales causes de polla-
kiurie chez l’homme et laquelle faut-il suspecter
en particulier chez ce patient ? Voir réponses p. 211.
Une femme âgée de 23 ans consulte devant l’appari- droit, survenue il y a 3 mois, spontanément régres-
tion brutale d’impériosités mictionnelles. Il n’existe sive.
pas de brûlures mictionnelles, ni de pollakiurie. La
* 1. Quel diagnostic évoquez-vous ? Justifiez
bandelette urinaire ne signale pas la présence de
votre réponse.
nitrites. Les impériosités sont diurnes et nocturnes. La
patiente n’a aucun antécédent médicochirurgical, *2. Quelles sont les autres causes d’impériosité
mais signale une baisse de l’acuité visuelle de l’œil mictionnelle chez la femme ?
150
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 151 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
* 3. Quels examens complémentaires deman- *5. Quelle est la définition de la dysurie et com-
dez-vous ? ment faut-il analyser ce symptôme ?
* 4. Quelle est la priorité au cours de la prise en
charge de cette malade à long terme ? Voir réponses p. 211.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
151
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 152 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
342
Tuméfaction pelvienne chez la femme
Jean-Marie Antoine
O BJECTIF
* Devant une tuméfaction pelvienne chez la femme, argumenter les principales hypothèses
diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
– Examen clinique :
I. DIAGNOSTIC • volume, consistance liquidienne ou solide, régula-
infectieux. sons ;
152
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 153 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
• échographie pelvienne en première intention, sur- pathologies hépatiques. Surtout intéressant pour la
tout échographie endovaginale, de meilleure qua- surveillance des cancers ovariens traités ;
lité et qui ne nécessite pas de vessie pleine ; • CA 19-9 : parfois élevé en cas de kyste mucoïde ;
• IRM seulement en cas de doute diagnostique ; • CEA : élevé dans certains cancers de l’ovaire.
tes dermoïdes ;
III. BILAN ÉTIOLOGIQUE • lavement baryté, coloscopie : diagnostic des tumeurs
D’UNE TUMÉFACTION ÉVOLUANT rectosigmoïdiennes ;
SUR UN MODE CHRONIQUE • UIV, cystoscopie : diagnostic des masses d’origine
• masse régulière, plus ou moins mobile, évoquant de flux, rendant peu probable l’existence d’un can-
une lésion bénigne ; cer ;
• masse fixée, aux contours mal limités, orientant • IRM : pour les masses volumineuses > 10 cm ou
épithéliaux de l’ovaire, l’endométriose, les épanche- tic final par la vision directe et les biopsies diri-
ments péritonéaux et pleuraux de toute origine et les gées.
Une femme de 27 ans, nullipare, ayant comme anté- * 2. Quels éléments cliniques et paracliniques
cédent une IVG 3 mois auparavant et porteuse d’un vont permettre d’orienter vers un abcès pelvien
dispositif intra-utérin, consulte en urgence pour d’origine gynécologique ?
douleurs pelviennes diffuses, tendance à la diarrhée * 3. Comment en faire finalement la preuve ?
et fièvre à 39 °C. L’examen clinique initial retrouve
* 4. Quelles sont les étiologies les plus fréquem-
une masse latéro-utérine droite empâtée et sen-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
Une femme de 57 ans, mère de deux filles en bonne irrégulière, fixée. Au spéculum, le col utérin est nor-
santé, ménopausée depuis 5 ans et non traitée, mal. Le frottis cervicovaginal réalisé il y a 6 mois était
consulte pour une augmentation récente du volume normal.
de l’abdomen, de vagues douleurs pelviennes et une * 1. Devant ce tableau, quels éléments cliniques
tendance à la constipation. L’examen trouve une et paracliniques orientent vers le diagnostic de
volumineuse masse pelvienne médiane de 10 cm, cancer de l’ovaire ?
153
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 154 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
* 2. Quels sont les stades FIGO des cancers de * 5. La femme vous demande les risques généti-
l’ovaire ? ques de ce cancer pour ses filles. Que lui dites-
* 3. Quelles sont leurs voies de dissémination
vous ?
préférentielles ?
* 4. Quel schéma thérapeutique initial proposer Voir réponses p. 212.
à cette patiente ?
154
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 155 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
343
Ulcérations ou érosions
des muqueuses orales et/ou génitales
Marie-Aleth Richard
O BJECTIF
* Devant des ulcérations ou érosions des muqueuses orales et/ou génitales, argumenter les
principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
Une ulcération aiguë, buccale ou génitale, suggère gnostic. La culture virale et le sérodiagnostic ne sont
avant tout une cause extrinsèque (traumatique, caus- pas nécessaires dans les formes typiques.
tique…), infectieuse ou médicamenteuse. Les infections à Coxsackie virus sont responsables de
dysphagies fébriles : pharyngite vésiculeuse isolée
A. Causes extrinsèques
dans l’herpangine, stomatite vésiculeuse associée à des
Les ulcérations thermiques, chimiques ou traumati- vésicules palmoplantaires dans le syndrome pieds-
ques (prothèse inadaptée, morsure) sont évoquées mains-bouche. Le diagnostic est clinique, les sérolo-
d’emblée par l’anamnèse et aucun examen complé- gies ne sont pas demandées en première intention.
mentaire n’est nécessaire.
c Chez l’adulte
L’aspect est celui d’une lésion unique d’apparition
brutale, polycyclique, hyperalgique, recouverte d’un La topographie génitale d’une ulcération aiguë évo-
enduit fibrineux. Elle doit guérir en 8 à 15 jours après que de principe une infection sexuellement transmissi-
suppression de la cause. Passé ce délai, la non-cicatri- ble (IST). Elle aboutit à un bilan sérologique (TPHA-
sation doit remettre en question le diagnostic. VDRL, antigénémie P24, virémie HIV et sérologie
155
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 156 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
VIH, à répéter) et à un conseil de consultation du par- Les lésions buccales de la varicelle et du zona sont
tenaire sexuel. similaires à celles d’un herpès mais associées à une
La primo-infection herpétique à HSV2 concerne éruption cutanée caractéristique (vésiculo-croûtes) et
l’adulte jeune. Le tableau est plus sévère chez la constante dans la varicelle. Dans le cas d’un zona buc-
femme et sera évoqué devant un tableau de vulvovagi- cal (VII ou IX), les lésions sont latéralisées et une adé-
nite aiguë fébrile. La patiente souffre de lésions érosi- nopathie est constamment palpable. Le diagnostic est
ves et aphtoïdes souvent étendues à l’ensemble du clinique, parfois confirmé par le cytodiagnostic.
périnée, d’adénopathies et d’une dysurie. Le diagnos- Les infections par germes anaérobies entraînent des
tic est clinique, parfois confirmé par le cytodiagnostic. lésions ulcéronécrotiques douloureuses et délabrantes de
La culture virale n’est pas nécessaire dans les formes la muqueuse buccale. Elles sont favorisées par une mau-
typiques. vaise hygiène buccodentaire et le tabagisme. Le diagnos-
tic est confirmé par le prélèvement bactériologique.
La primo-infection par le VIH peut se révéler par des
lésions aphtoïdes buccales et/ou génitales qui accom-
pagnent un exanthème morbiliforme fébrile associé à
des céphalées et des arthromyalgies. Elle sera confir- II. ULCÉRATIONS RÉCIDIVANTES
mée par l’antigénémie P24 et la virémie VIH, dont il
Un herpès récurrent sera évoqué devant une érosion
faut renouveler les prélèvements en cas de forte suspi-
polycyclique, douloureuse ou prurigineuse, succédant
cion.
à un bouquet de vésicules qui récidive toujours sur le
La syphilis est en recrudescence, particulièrement même site (péribuccal ou génital). Le diagnostic est
chez les homosexuels. La contamination peut se faire évident devant la notion de récurrence, la précession
à l’occasion de rapports oraux génitaux. Elle sera sys- par des picotements et/ou une sensation de brûlure. La
tématiquement évoquée devant deux types de lésions culture virale n’est pas nécessaire. Attention aux for-
muqueuses : mes atypiques chez l’immunodéprimé.
– érosion(s) propre(s) et bien limitée(s) indurée(s) et L’aphte est une ulcération aiguë et récidivante doulou-
indolore(s) de la syhilis primaire, associée(s) à des reuse habituellement de petite taille, fréquente à la
adénopathies régionales dans le territoire du chancre muqueuse buccale chez l’adolescent et l’adulte jeune,
d’inoculation. Celui-ci peut prendre l’aspect d’une et qui évolue sans cicatrice. Le diagnostic est purement
angine unilatérale. Le diagnostic sera fondé sur les clinique. On observe parfois des facteurs déclen-
sérologies spécifiques : la première sérologie qui se chants : alimentaires, stress… Le caractère bipolaire
positive sera le FTA (Fluorescent Treponemal Anti- de l’aphtose (aphtes buccales et génitales) et l’origine
body), dès le 5e jour du chancre, puis le TPHA- géographique du patient (bassin méditerranéen) impo-
VDRL (dès le 8e jour) ; sent la recherche des éléments en faveur d’une maladie
– lésions papuloérosives multiples génitales et péria- de Behçet : plusieurs poussées par an, réaction
nales, associées à des plaques muqueuses buccales, d’hypersensibilité aux points d’injection ou de ponc-
tion (c’est un critère diagnostique de la maladie : ce
toutes riches en tréponèmes de la syphilis secon-
n’est pas une réaction à un produit donné mais une
daire. Le diagnostic se fait sur le TPHA-VDRL.
réaction au traumatisme induit par la piqûre à type de
Le diagnostic différentiel se fait sur la clinique avec le pseudofolliculite), uvéite, atteinte neurologique ou
chancre mou, IST due à Haemophilus ducreyi, dont la articulaire, phlébite superficielle, haplotype HLA-B5.
culture est difficile. Le chancre est douloureux, à fond Les lésions muqueuses et périorificielles de la maladie
sale et creusant, l’adénopathie évolue souvent vers de Crohn nécessitent une confirmation histologique
l’abcédation. La co-infection tréponème-Haemophilus (aspect de granulome épithélioïde), car elles ne sont
réalise le chancre mixte. pas cliniquement spécifiques et les symptômes diges-
Un érythème polymorphe sera évoqué devant une tifs ne sont pas toujours présents lors des manifesta-
éruption cutanée polymorphe et symétrique se dispo- tions cutanées.
sant en cibles ou en cocardes au niveau des extrémités
et des faces d’extension des membres. Il s’associe à
des bulles et des érosions des muqueuses buccales et III. ULCÉRATIONS PERSISTANTES
génitales. Les signes associés (récurrence herpétique
précédant de quelques jours le tableau, plus rarement Toute ulcération buccale ou linguale chronique et
signes pulmonaires synchrones du tableau cutané dans indolore révélant une lésion indurée unique, souvent
le cas d’une pneumopathie à mycoplasme) orientent ulcérée et saignant au contact, évoque chez l’adulte un
vers une cause qui est le plus souvent infectieuse. carcinome épidermoïde et impose une biopsie pour
156
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 157 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
examen anatomopathologique. Cela est particulière- mise en culture, la recherche virale et un examen ana-
ment vrai si le patient est âgé, alcoolotabagique, s’il a un tomopathologique.
défaut d’hygiène buccodentaire ou s’il a des antécédents Les bulles développées sur les muqueuses sont sou-
de lichen érosif buccal. La recherche d’une adénopathie vent fugaces et laissent place à des érosions. Des éro-
régionale, dure et fixée, est indispensable. sions buccales traînantes, souvent isolées au début, et
Chez l’immunodéprimé, des ulcérations souvent sans guérison spontanée, puis associées à des lésions
chroniques, multiples, douloureuses et extensives, croûteuses en peau saine évoquent le pemphigus. Un
évoquent une cause infectieuse (en particulier herpès examen anatomopathologique (acantholyse) d’une
chronique, plus rarement infection par CMV, myco- lésion est indispensable au diagnostic de dermatose
bactérie) ou tumorale. Une biopsie permet à la fois la bulleuse auto-immune.
Mademoiselle P., 25 ans, étudiante, sans antécédent * 3. Comment pourriez-vous faire la preuve de
particulier et ne prenant aucun médicament, consulte votre diagnostic ? En pratique, que choisissez-
pour des brûlures et des picotements de la région vul- vous de faire pour l’affirmer ?
vaire. Les douleurs ont débuté il y a 3 jours et s’asso- * 4. Six mois plus tard, Mlle P. vous reconsulte,
cient à des brûlures de la vulve lors des mictions. car sa maladie qui récidive maintenant à chaque
À l’examen, on constate plusieurs petites érosions cycle perturbe sa vie sexuelle et l’angoisse. Que
superficielles, non infiltrées, arrondies, cernées par faites-vous ?
un liseré inflammatoire, et disséminées à la face
interne de la grande lèvre gauche dont le versant * 5. Mlle P. revient vous voir avec sa sœur âgée
muqueux est globalement œdémateux et sensible à de 15 ans qui se plaint régulièrement de plaies
l’examen. La patiente ne se sent pas fébrile. dans la bouche depuis 1 an. Elle craint lui avoir
donné sa maladie mais ne comprend pas com-
* 1. Quelles données cliniques supplémentaires
ment. À l’examen clinique de la petite sœur, sur
allez-vous rechercher lors de votre examen ? les muqueuses gingivales, la pointe de la langue
* 2. La patiente vous raconte qu’elle a déjà et les gencives, on constate plusieurs lésions
souffert de deux épisodes de ce type pendant les arrondies, de quelques millimètres de diamètre,
6 derniers mois. Ils se sont toujours développés à fond jaune, entourées d’un liseré érythéma-
dans la semaine précédant ses règles. Les plaies teux. Il n’y a pas d’adénopathie, la jeune fille est
ont cicatrisé spontanément en une semaine. À apyrétique. Elle ne prend aucun médicament et
chaque fois, des démangeaisons, des picote- n’a pas d’antécédent. Quel(s) diagnostic(s) peut-
ments précèdent les lésions vulvaires. Elle ne on évoquer ?
comprend pas car elle n’a pas eu de rapports
* 6. Quel(s) examen(s) complémentaire(s)
sexuels depuis au moins 6 mois. Quels diagnos-
demandez-vous pour confirmer le diagnostic ?
tics discutez-vous ? Lequel retenez-vous ? Argu-
mentez. Voir réponses p. 213.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
157
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 158 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
344
Vertige (avec le traitement)
Collège des Enseignants de Neurologie
F. Dubas – L. Defebvre – M. Zuber
O BJECTIFS
* Chez un sujet se plaignant de vertige, argumenter les principales hypothèses diagnostiques
et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.
158
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 159 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
une rééducation vestibulaire spécialisée, qui rem- (Serc). Les autres vertiges aigus récidivants avec
place le traitement médicamenteux dès que possible. signes otologiques sont dus à une pathologie ORL
– En cas de signes neurologiques associés, l’origine est chronique (neurinome du VIII à éliminer). Les verti-
vasculaire (syndrome de Wallenberg par infarctus ges aigus récidivants sans signes otologiques tradui-
de la fossette latérale du bulbe) : le syndrome vesti- sent une vestibulopathie récurrente ou vertige récur-
bulaire est inaugural, central, dysharmonieux, avec rent bénin, souvent assez bref ; près de 80 % de ces
un syndrome cérébelleux unilatéral, un syndrome de vertiges sont considérés comme des équivalents
Claude Bernard-Horner, un syndrome sensitif ther- migraineux. Ils peuvent également correspondre à un
moalgique controlatéral et parfois une paralysie des vertige vasculaire d’origine ischémique.
nerfs mixtes voire une hémiplégie. – Enfin les vertiges aigus récidivants sont présents dans
– Les grands vertiges spontanés prolongés durant moins des affections neurologiques diverses (tumeurs de
de 12 heures et récidivants sont en faveur d’une mala- fosse postérieure, neurinome de l’acoustique, malfor-
die de Ménière, qui évolue par crises consécutives à mations de la charnière cervico-occipitale, sclérose en
une hyperpression, une dilatation ou une distension du plaques, pathologies inflammatoires systémiques tel-
labyrinthe membraneux (hydrops), avec une triade les que la périartérite noueuse). Il n’est pas habituel
symptomatique caractéristique (crises de vertiges que ces affections se révèlent par un vertige, bien
rotatoires, hypoacousie, acouphènes fluctuants). Le qu’elles s’accompagnent souvent de signes vestibulai-
traitement est d’abord médicamenteux : bêtahistine res à l’examen.
Mme G., 47 ans, est adressée aux urgences car sou- * 4. Un écho-Doppler des vaisseaux du cou et un
dainement, le matin même peu après le lever, elle a scanner cérébral ont pu être réalisés dans les
éprouvé l’impression que sa cuisine et les objets qui heures qui ont suivi l’admission de la patiente.
s’y trouvent tournaient autour d’elle. Nauséeuse, elle Quel a pu être l’apport diagnostique de l’écho-
a vomi et regagné son lit tout en titubant. La veille Doppler ? Quelle contribution au diagnostic et/ou
dans la soirée, elle avait eu à deux reprises des à la thérapeutique pouvait-on attendre du scan-
impressions comparables pendant environ une demi- ner cérébral ?
heure, avec une cervicalgie modérée mais persistante
* 5. Le syndrome vertigineux va s’améliorer très
ce matin.
L’examen aux urgences met en évidence une ten- nettement sur 2 ou 3 jours mais la malade garde
dance à la latéropulsion vers la droite, avec une une instabilité qu’elle vit très mal, car sa hantise,
déviation des index de ce même côté. Il existe un nys- dit-elle, est de ne pas pouvoir reprendre son acti-
tagmus dans le regard latéral vers la droite. Le reste vité d’assistante maternelle. Cinq semaines après
de l’examen clinique est normal, en dehors d’une cet épisode, elle commence à éprouver des sensa-
hypoesthésie de l’hémiface droite et d’une réduction tions douloureuses pénibles, « comme des brûlu-
de la taille de la fente palpébrale droite. La pression res », intéressant l’hémicorps gauche, face
artérielle est à 140/90 mmHg, le rythme cardiaque est exceptée. L’examen clinique, outre la persistance
régulier à 70/min. d’un discret trouble de l’équilibre, met en évi-
Mme G. est assistante maternelle. Elle ne prend dence des troubles de la sensibilité dans le terri-
aucun traitement, pas même pour sa « migraine », toire douloureux, qui portent sur la perception de
dont les crises sont relativement rares. On a la notion la douleur, du chaud et du froid, avec en plus une
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
qu’existe, dans sa famille maternelle, une polykys- sorte d’hyperesthésie au tact. Ces troubles sensi-
tose rénale ; son père a un diabète non insulinodé- tifs sont-ils une expression différée de la lésion
pendant connu depuis 15 ans. La malade a compris de qui a entraîné le syndrome vestibulaire, ou tra-
ce qu’on lui a dit aux urgences qu’elle avait un duisent-ils une nouvelle lésion ?
« Ménière ». * 6. Un diagnostic précis a pu être porté chez
* 1. Quels arguments peut-on retenir en faveur cette patiente. Quel est ce diagnostic ? Argumen-
d’un syndrome vestibulaire ? tez et citez le ou les examens complémentaires,
* 2. Pouvait-on retenir le diagnostic de maladie autres que l’écho-Doppler cervical et le scanner
de Ménière ? Argumentez. cérébral, ayant pu y contribuer.
* 3. Quelles mesures thérapeutiques symptoma-
tiques immédiates peuvent être mises en œuvre ? Voir réponses p. 213.
159
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 160 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
Item
345
Vomissements du nourrisson,
de l’enfant et de l’adulte
(avec le traitement)
Frank Zerbib, Thierry Lamireau
O BJECTIFS
* Devant des vomissements du nourrisson, de l’enfant ou de l’adulte, argumenter les
principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.
* Argumenter l’attitude thérapeutique (P) et planifier le suivi de l’évolution.
160
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 161 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
– Causes iatrogènes : ivresse alcoolique, surdosage ondansétron (Zophren) (vomissements induits par
médicamenteux (théophylline, digitalique, neurolep- la chimiothérapie).
Vous voyez William, âgé de 1 mois, qui vomit depuis depuis la sortie de la maternité, mais depuis une
environ 8 jours. C’est un premier enfant, né à terme, semaine, ce sont de véritables vomissements qui sur-
après une grossesse sans incidents. L’accouchement a viennent maintenant 1 à 2 heures après le biberon.
eu lieu par voie basse sans problème, avec un poids Vous avez demandé à la maman d’épaissir le lait et de
de naissance de 2 950 g, une taille de 49 cm et un donner un traitement par la dompéridone (Motilium),
périmètre crânien de 34 cm. L’enfant a été alimenté mais sans effet. William garde un bon appétit mais
d’emblée avec des biberons de lait adapté. Il a pré- n’a pas pris de poids depuis 6 jours. Sa mère signale
senté quelques régurgitations peu importantes également une certaine constipation.
161
111632NBS_ORIENT_337_345.fm Page 162 Mercredi, 9. août 2006 3:54 15
À l’examen, vous trouvez un enfant tonique, qui a * 3. Quel examen complémentaire prescrivez-
faim. Vous notez quelques plis cutanés au niveau des vous en première intention pour confirmer votre
cuisses, la fontanelle n’est pas tendue et même plutôt diagnostic ? Décrivez les signes typiques qu’il va
un peu déprimée. Le poids est de 2 840 g, la taille de mettre en évidence.
51 cm et le périmètre crânien de 36 cm. * 4. Quel est le traitement précis de cette affec-
* 1. Quel diagnostic évoquez-vous ? Argumen- tion ?
tez votre réponse. * 5. En attendant, quelle prise en charge de
M. Sébastien G., 55 ans, se présente aux urgences de * 2. Quelles sont vos hypothèses diagnostiques
l’hôpital pour vomissements. Depuis 3 jours, il vomit pour les vomissements ? Argumentez et précisez
systématiquement tout ce qu’il ingère. Il a des cram- les éléments à rechercher à l’interrogatoire ou
pes abdominales et des selles molles. Ce matin, il s’est l’examen clinique pour étayer vos hypothèses.
décidé à venir aux urgences car il a constaté la pré- Quelle est l’hypothèse la plus probable ?
sence de sang dans ses vomissements : d’abord quel- * 3. Quel(s) examen(s) faut-il prévoir en pre-
ques filets puis un caillot. mière intention ?
Ses antécédents comprennent une appendicectomie à
* 4. Quel(s) examen(s) faut-il prévoir en
l’âge de 20 ans, une cholécystectomie il y a 1 an. Il se
deuxième intention ?
sent fatigué, a soif et a fait un malaise sans perte de
connaissance à l’arrivée aux urgences. Il n’a pas de * 5. Expliquez quelle est l’origine probable des
fièvre. vomissements sanglants.
* 1. Quels éléments recherchez-vous d’emblée à * 6. Indiquez les principes du traitement à met-
l’examen clinique ? tre en œuvre.
Voir réponses p. 214.
162
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 163 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
RÉPONSES
AUX DOSSIERS CLINIQUES
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 163 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 165 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Signes fonctionnels caractérisés par une recru- – péritoine pelvien : face postérieure de l’isthme, Dou-
descence menstruelle, liée à l’hormonodépendance de glas, cul-de-sac vésico-utérin.
la maladie : Localisations sous-péritonéales ou endométriose pro-
– douleurs pelviennes cycliques ; fonde (plus de 5 mm sous la surface péritonéale) :
– dysménorrhée secondaire d’intensité croissante ; – cloison rectovaginale ;
– dyspareunie profonde. – utérosacrés, pouvant s’étendre jusqu’à la musculeuse
Examen clinique : ou muqueuse rectale.
– nodules bleutés du fond vaginal ou du col ; Localisations extragynécologiques :
– nodules sensibles à la face postérieure de l’isthme et – vessie, uretère lombaire ;
au niveau des utérosacrés ; – reste du tube digestif ;
– rétroversion utérine fixée ; – plèvre, poumon.
– augmentation de volume d’un ou des deux ovaires, * 5. Méthodes thérapeutiques :
fixés à la paroi pelvienne ; – progestatifs en continu ;
– infiltration de la cloison rectovaginale au toucher – analogues de la LHRH ;
bidigital. – anti-inflammatoires non stéroïdiens, pour leur effet
* 2. L’échographie gynécologique montre : antiprostaglandines ;
– des kystes ovariens à contenu hémorragique ; – cœliochirurgie :
– des signes d’endométriose profonde au niveau du • adhérences péritubo-ovariennes et pelviennes :
Douglas, des utérosacrés. adhésiolyse ;
L’IRM apporte la confirmation de la nature hématique • implants ovariens et/ou péritonéaux superficiels :
de ces kystes et complète la cartographie des lésions destruction par électrocoagulation ou laser ;
endométriosiques, notamment sous-adhérentielles, sous- • implants sous-péritonéaux profonds : exérèse com-
péritonéales, digestives, urinaires.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
plète ;
Le CA 125 plasmatique est souvent élevé, mais ni • kystes ovariens : kystectomie, parfois ovariectomie
constant ni spécifique. ou annexectomie lorsque l’ovaire est détruit (sur-
* 3. La cœlioscopie permet : tout en cas d’atteinte seulement unilatérale).
– d’examiner visuellement les lésions intrapéritonéales : * 6. Indications thérapeutiques :
• implants typiques circonscrits noirs ;
– formes minimes : destruction complète lors de la
• lésions rouges en flammèches, vésiculaires, vascu-
cœlioscopie de diagnostic ;
larisées : plus récentes et plus actives ; – formes moyennes à sévères : cœliochirurgie + traite-
– de réaliser en cas de doute une biopsie : présence ment médical complémentaire (agoniste de la LHRH
d’épithélium glandulaire et de chorion cytogène. puis progestatifs) ;
* 4. Localisations intrapéritonéales : – formes peu opérables ou femmes refusant la chirur-
– trompe proximale : portion isthmo-interstitielle ; gie : traitement médical au long cours par analogues
– ovaire : formes superficielles et profondes (endomé- de la LHRH + supplémentation par faible dose
triomes intraovariens) ; d’œstrogène et de progestérone.
165
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 166 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Signes fonctionnels : signes de grossesse (amé- • échographie : sac < 3 cm, absence d’hémopéri-
norrhée, hyperthermie persistante, signes sympathi- toine ;
ques). Il s’agit d’une grossesse anormale, car sont • hCG < 1 000 UI avec décroissance à 48 heures
apparus : d’intervalle ;
– des douleurs unilatérales, d’intensité croissante ; • surveillance jusqu’à négativation complète.
– des métrorragies typiquement saepia récidivantes ; – méthotrexate parentéral, traitement médical utilisé
– parfois petits malaises. très largement à partir d’un consensus d’experts
Examen clinique : (sans AMM pour cette indication) :
• hémodynamique stable, hématocrite normal ;
– utérus augmenté de volume, mais moins que pour le
• grossesse jeune < 8 semaines d’aménorrhée ;
terme théorique de la grossesse ;
• sac < 3-4 cm, sans activité cardiaque visible ;
– sensibilité d’un cul-de-sac latéral ou postérieur ;
• hémopéritoine < 100 mL ;
– rarement, masse palpable latéro-utérine.
• hCG < 5 000 ;
* 2. Antécédents favorisant la survenue de cette patho-
• possibilité de surveillance clinique, échographique
logie :
– salpingite ; et de l’hCG plasmatique ;
– méthotrexate in situ :
– FCS, IVG ;
• sac extra-utérin formellement localisé à l’échogra-
– DIU (qui augmente classiquement la proportion de
phie vaginale ;
GEU) ;
• opérateur entraîné aux ponctions échoguidées ;
– microprogestatifs ;
• surveillance de l’hCG plasmatique jusqu’à négati-
– plastie tubaire, chirurgie pelvienne.
vation complète ;
* 3. Examens complémentaires permettant d’affirmer
– salpingectomie :
ce diagnostic :
• femmes ne désirant plus de grossesse ;
* 1. Crise de glaucome aigu par fermeture de l’angle. Les signes cliniques parfois associés sont des troubles
* 2. Devant une baisse visuelle douloureuse avec un digestifs : nausées, vomissements.
œil rouge, d’apparition rapide, on évoque en premier Il faut également envisager les autres diagnostics dif-
lieu un glaucome aigu par fermeture de l’angle. férentiels entrant dans le cadre d’un œil rouge et dou-
L’interrogatoire va rechercher un terrain évocateur : loureux : corps étrangers, et plaies du globe, kératites
hypermétropie, sujet âgé, prise de médicaments sym- infectieuses et abcès de cornée, uvéites, endophtalmie.
patomimétiques ou de parasympatolytiques. L’interrogatoire est alors déterminant.
Les circonstances de début de la crise sont parfois évo- * 3. Hypertonie oculaire mesurée au tonomètre à apla-
catrices : postopératoires, obscurité. nation.
166
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 167 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Interrogatoire : prise de substance ototoxique tisme sonore droit préalable à la surdité, antécédents
(bien que la surdité soit bilatérale dans ce cas), trauma- personnels et familiaux.
167
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 168 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
Signes fonctionnels : otalgie, vertiges (fièvre, gêne * 4. Oui, des examens complémentaires sont indispen-
auriculaire). sables pour s’assurer formellement de l’absence de
Signes d’examen : lésion rétrocochléaire (neurinome du VIII), y compris
– otoscopie : obstacle dans le conduit auditif, norma- en cas de récupération auditive complète.
lité de la membrane tympanique ; La récupération étant complète, la recherche d’une
– acoumétrie : test de Rinne (conduction aérienne lésion rétrocochléaire est effectuée par l’enregistre-
supérieure à la conduction osseuse en cas de surdité ment des potentiels évoqués auditif précoces (PEA).
de perception dans ce cas). Cet examen recherche une augmentation excessive de
C’est l’audiométrie qui confirmera la surdité de per- la conduction des potentiels d’action d’origine
ception, la quantifiera et établira une référence préthé- cochléaire à destination du tronc cérébral.
rapeutique. Un examen ORL complet est effectué, * 5. Une imagerie est indiquée dans deux circons-
* 2. Questions pour confirmer le diagnostic de dépres- Biologiques : albuminémie < 30 g/L, lymphopénie
sion : < 1 000/mm3.
– Avez-vous des idées de mort (ou suicidaires) ? * 4. Prérequis : connaître les principales affections
– Avez-vous imaginé de quelle manière mettre fin à organiques à rechercher devant un amaigrissement
votre vie ? inexpliqué accompagné d’une asthénie (à adapter au
– Trouvez-vous encore du plaisir à quelque chose ? cas clinique présent).
– Est-il difficile pour vous de prendre une décision ? Les questionnements principaux sont (fréquence de
– Vous intéressez-vous à quelque chose ? situations rencontrées et ordre de prescription des exa-
– Avez-vous tendance à vous observer davantage ? mens complémentaires) :
168
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 169 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– existe-t-il une affection inflammatoire chronique Une hypothyroïdie (TSH élevée) peut expliquer cette
sans fièvre ? NF, protéine C réactive, fibrinogène anémie.
voire électrophorèse des protéines sanguines (se diri- S’il existe une carence avec acide folique bas, il peut
ger alors vers les étiologies des syndromes inflam- s’agir d’une distorsion alimentaire et/ou d’une
matoires accompagnés d’une altération de l’état consommation excessive d’alcool (gamma-GT éle-
général avec amaigrissement) ; vées).
– existe-t-il une affection métabolique ? Hyponatré- S’il existe un déficit en vitamine B12 (taux sérique
mie (attention aux déshydratations par excès de diu- bas), il convient de doser la gastrinémie (haute) et de
rétiques ou à un syndrome inapproprié d’ADH asso- faire un myélogramme, qui peut montrer des mégalo-
cié à un cancer ou une tuberculose) ; dyskaliémies blastes : il s’agit alors d’une maladie de Biermer.
(hypokaliémie des diurétiques ou hyperkaliémie de Si l’anémie est centrale avec des réticulocytes bas, le
l’insuffisance surrénalienne) ; hypercalcémie des myélogramme permet le diagnostic d’anémie réfrac-
métastases osseuses ou du myélome ; hyperglycémie taire (avec ou sans excès de blastes) ou d’une leucémie
du sujet âgé (diabète) ; augmentation de la créatiné- (myélomonocytaire, voire une LMC mais souvent il
mie (insuffisance rénale ± HTA) ; existe une polynucléose importante associée).
– existe-t-il une affection hématologique ? Syndrome S’il s’agit d’une insuffisance rénale chronique, la clai-
lymphoprolifératif sans adénopathies périphériques ; rance de la créatinine est abaissée.
syndrome myéloprolifératif ; anémie chronique (fer- * 6. Hypothyroïdie : substitution par Lévothyrox
riprive, nutritionnelle, réfractaire) ; (25 µg/j au début).
– existe-t-il un cancer profond ? Chez une femme âgée : Carence en acide folique : alimentation diversifiée avec
ovaire, utérus, reins, pancréas. Après un toucher pel- fruits et légumes quotidiens et acide folique per os :
vien, envisager une échographie abdominopelvienne, 5 mg/j pour 2 mois ; si consommation excessive
une radiographie du thorax et une recherche d’héma- d’alcool : sevrage avec aide psychologique si besoin.
turie (cancer des voies urinaires et vessie) ;
Carence en vitamine B12 avec gastrinémie haute et
– existe-t-il une hépatopathie ? ASAT, ALAT, gamma- mégaloblastes sur le myélogramme : traitement de la
GT (hépatite ± chronique ; cholestase anictérique) ; maladie Biermer par vitamine B12 injectable,
– existe-t-il une dysthyroïdie ? Amaigrissement de 1 000 gamma/mois IM.
l’hyperthyroïdie ou asthénie et dépression de l’hypo- Anémie centrale (réticulocytes bas, avec une anémie
thyroïdie ; chez une femme âgée, découverte très réfractaire au myélogramme) : envisager des transfu-
souvent fortuite par dosage de la TSH ; sions à la demande selon la tolérance quand le taux
– existe-t-il une affection neuromusculaire ? Neuropa- d’Hb < 9 g/dL.
thie, myasthénie ; Leucémies (myélomonocytaires, LMC) : pratiquer des
– existe-t-il une cause iatrogène ? Ici, les psychotropes transfusions et des traitements par chimiothérapie
sédatifs. après un avis spécialisé.
* 5. Cette personne âgée présente donc une anémie Insuffisance rénale chronique : érythropoïétine s/c
(Hb < 12 g/dL) macrocytaire (VGM > 90 µ3) et une en permanence 2 fois par semaine en début de traite-
lymphopénie (< 1 000/mm3). La lymphopénie est sans ment jusqu’à obtenir un taux d’hémoglobine > 10-
doute liée à l’âge et à l’amaigrissement. 11 g/dL.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
169
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 170 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
170
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 171 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
centèse. Les conséquences de cette hypovolémie post- Au vu de l’âge du patient, de son sevrage alcoolique
paracentèse peuvent persister des mois et conduire à une effectif depuis plus de 6 mois, le meilleur traitement
insuffisance rénale et/ou une hyponatrémie. est la transplantation hépatique.
* 1. Quel que soit l’âge, toute boiterie fébrile doit faire Dans le cas présent, les choses sont un peu plus com-
évoquer en premier lieu une infection ostéoarticulaire pliquées par le fait que l’enfant a pris des antibiotiques
(arthrite ou ostéomyélite). Ce diagnostic est une véri- qui peuvent masquer la symptomatologie. Si le bilan
table urgence, qui retentit dans l’immédiat sur l’état biologique retrouve un syndrome inflammatoire, les
général (risque de septicémie) et à long terme sur l’état deux diagnostics à évoquer dans l’immédiat sont
fonctionnel (incongruence articulaire, raideur, défaut l’arthrite bactérienne décapitée par l’antibiothérapie et
de croissance…). la synovite aiguë transitoire ou « rhume de hanche ».
171
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 172 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
Fig. 299-1. Fracture sous-chondrale ou image en coup d’ongle. Fig. 299-2. Ostéochondrite primitive de hanche gau-
Cette image est visible en début d’évolution de l’ostéochondrite et est très che très étendue.
temporaire. La tête fémorale est très déformée. L’ostéotomie de bas-
sin a été faite dans le but de mieux couvrir l’épiphyse
fémorale supérieure lors de sa phase de reconstruction.
172
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 173 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
où aucune mesure thérapeutique particulière n’est supérieure de manière que la congruence articulaire
prise. soit la meilleure possible. C’est durant la phase de
* 4. L’image en coup d’ongle (cf. fig. 299-1) corres- reconstruction que la tête est fragile. Il faut donc se
pond à une fracture sous-chondrale et signe le diagnos- présenter, lors de cette période, avec une tête fémorale
tic d’ostéochondrite dans sa phase initiale. Elle la plus couverte possible. Cela peut être fait soit par un
s’apprécie sur le cliché de face et de profil ; c’est un appareillage qui tente de mettre en décharge et en posi-
bon reflet de l’étendue de la nécrose. tion de meilleur centrage la hanche, soit par des inter-
Le principe de traitement d’une ostéochondrite est de ventions chirurgicales (ostéotomie de fémur et/ou de
favoriser la reconstruction de l’épiphyse fémorale bassin) (cf. fig. 299-2).
173
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 174 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
174
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 175 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 4. Il est impératif de faire une coloscopie, indépen- Règles hygiénodiététiques : activité physique, alimen-
damment de la constipation, dans le cadre du dépistage tation diversifiée, riche en fibres (attention aux dou-
familial du cancer colorectal. leurs abdominales).
Un dosage de la TSH, une NFS (anémie ?), une glycé- Laxatifs à prendre en traitement de fond : paraffine ou
mie (diabète ?) peuvent être utiles. laxatifs de lest (mucilages) en première intention.
* 5. Modifier le traitement antidépresseur : remplacer Antispasmodiques.
les anticholinergiques par des antisérotoninergiques, Traitement local pour la pathologie hémorroïdaire
mieux tolérés. (pommade et/ou suppositoires).
* 1. On retient le diagnostic d’infarctus cérébral, tou- infarctus cérébral dans le territoire sylvien superfi-
chant le territoire de l’artère cérébrale moyenne (ou ciel antérieur gauche.
sylvien) gauche. Les arguments en faveur sont : * 4. Les examens à visée étiologique à programmer
– un début brutal ; sont dans tous les cas :
– un déficit neurologique focal, les signes (aphasie) – une biologie standard comportant NFS, VS, glycé-
orientant vers le territoire sylvien ; mie, ionogramme sanguin avec urée et créatinine,
– l’amélioration secondaire ; TP, TCA (recherche d’un trouble de l’hémostase
– le terrain vasculaire (coronaropathie et présence de notamment) ;
facteurs de risque, notamment l’HTA) ; – un écho-Doppler cervical (recherche d’une sténose
– la fréquence de l’infarctus par rapport à l’hémorragie artérielle avec retentissement hémodynamique) ;
cérébrale ; – un ECG et si possible un monitoring du rythme car-
– argument pour le territoire : déficit moteur droit diaque (recherche d’un trouble du rythme supraven-
associé à une aphasie. triculaire, en particulier une fibrillation auriculaire) ;
L’examen complémentaire à obtenir en urgence pour – une échocardiographie transthoracique (recherche
confirmer le diagnostic est, dans l’idéal, une IRM céré- d’une valvulopathie, d’une akinésie de la paroi…).
brale : celle-ci permet de confirmer l’infarctus cérébral, Les autres examens (échocardiographie transœsopha-
d’étudier la totalité du parenchyme cérébral (substance gienne, angio-RM…) sont à discuter au cas par cas, en
blanche, autres infarctus passés inaperçus), et visualise fonction de l’âge et des premières orientations.
dans le même temps les vaisseaux intracrâniens (angio- * 5. Le bilan étiologique est négatif après un infarctus
RM sans injection de produit de contraste). cérébral chez environ 1 patient sur 3. Le traitement et
À défaut, l’examen sera un scanner cérébral sans injec- la surveillance s’orientent selon deux directions com-
tion, qui permet la distinction entre infarctus et hémor- plémentaires : lutte contre les séquelles et prévention
ragie cérébrale. En pratique, c’est souvent cet examen secondaire (contre les récidives d’AVC et autres évé-
qui est réalisé pour des raisons de facilités d’accès. nements cardiovasculaires).
* 2. Il faut expliquer au patient que le risque de nouvel Contre les séquelles : prescrire une rééducation adap-
AVC avec séquelles majeures est élevé, en l’absence tée au handicap, avec kinésithérapeute et/ou orthopho-
de mesures de prévention appropriées. Le lever pour- niste (au moins 3 séances par semaine initialement).
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
rait même provoquer une majoration de ses symptô- Recommander une marche quotidienne, éventuelle-
mes si la situation n’est pas stabilisée au plan hémo- ment de la balnéothérapie.
dynamique (sténose serrée de l’artère carotide interne Prévention :
à son origine, par exemple). – antiplaquettaires au long cours. Trois ont fait la
Dans la mesure du possible, il faut orienter ce patient preuve de leur efficacité en prévention secondaire de
vers une unité neurovasculaire spécialisée. Même en l’AVC : l’aspirine (75 à 325 mg/j), le clopidogrel
l’absence d’indication à une fibrinolyse (ce qui est le (Plavix) et l’association aspirine 25 mg et dipyrida-
cas ici puisque le patient n’a pas été vu dans les toutes mole 200 mg (Asasantine, 2 fois par jour) ;
premières heures), ce type de structure est bénéfique, – lutte contre les facteurs de risque vasculaire. Le prin-
avec une réduction significative (environ 30 %) de la cipal est l’HTA. Conformément aux essais thérapeu-
mortalité et de la morbidité. tiques récents, il est logique de prescrire un inhibi-
* 3. Il s’agit d’un scanner sans injection (coupe teur de l’enzyme de conversion, rapidement associé
hémisphérique). On visualise une hypodensité per- à un diurétique thiazidique. Il faut par ailleurs abso-
mettant de confirmer, dans ce contexte clinique, un lument :
175
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 176 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Le diagnostic à évoquer est celui de gastroentérite * 5. Les examens complémentaires utiles sont :
aiguë de type viral, sans signes de déshydratation. – protides totaux : une augmentation traduit l’hémo-
Les arguments en faveur sont : concentration ;
– gastroentérite aiguë : tableau de diarrhée fébrile – urée : une augmentation traduit l’insuffisance rénale
ayant débuté depuis moins de 3 jours ; fonctionnelle ;
– origine virale : âge (nourrisson), selles liquides et – natrémie, le plus souvent normale, mais en fait varia-
non sanglantes, autres cas à la crèche ; ble selon les pertes respectives d’eau et de sodium :
– absence de déshydratation : absence de pli cutané, de • parfois élevée, en cas de pertes d’eau supérieures à
176
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 177 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– la clinique : disparition des signes de déshydratation, – la biologie : correction progressive des anomalies du
baisse de la tachycardie, reprise d’une diurèse, ionogramme sanguin.
reprise pondérale ;
Colite pseudomembraneuse (idem) ; Mise en place d’une réhydratation par voie veineuse
Colite ischémique : terrain (artériopathie, diabète). dont la nature sera adaptée aux résultats du bilan bio-
L’absence de saignement va plutôt à l’encontre de logique métabolique. En cas de collapsus cardiovascu-
cette hypothèse. laire, macromolécules et oxgénothérapie.
* 3. Oui. L’état du patient justifie un bilan métaboli- Traitement symptomatique de la diarrhée si la prise de
que pour évaluer le retentissement de la diarrhée sur traitement oral est possible : ralentisseurs du transit.
l’état général : ionogramme, glycémie, fonction rénale Traitement par vancomycine ou Flagyl en cas de colite
(++), NFS, ECG. à C. difficile.
* 1. Une maladie inflammatoire du tube digestif : il hypothèse : altération de l’état général, amaigrisse-
s’agit d’une diarrhée chronique chez une jeune femme ment, inefficacité des ralentisseurs du transit.
dans un contexte d’altération de l’état général. Le * 2. Le bilan montre une anémie normocytaire, sans
tableau est évocateur d’une atteinte de l’intestin grêle carence martiale (ferritine normale). Il y a un syn-
(pas de rectorragies ni de glaires) et donc plutôt d’une drome inflammatoire important (VS, CRP, thrombo-
maladie de Crohn. L’érythème noueux, les douleurs cytose). Le ionogramme et le bilan hépatique sont nor-
abdominales, l’amaigrissement vont dans le sens de maux mais il y a une hypoalbuminémie.
cette hypothèse. * 3. La présence d’un syndrome inflammatoire éli-
Une maladie cœliaque doit être évoquée de principe dans mine les hypothèses de maladie cœliaque et de diar-
ce contexte (diarrhée et amaigrissement) mais plusieurs rhée fonctionnelle. L’hypothèse principale est donc
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
arguments plaident contre cette hypothèse : les douleurs celle d’une maladie inflammatoire de l’intestin.
abdominales, les douleurs articulaires, l’érythème * 4. Il s’agit probablement d’une maladie touchant
noueux probable, l’absence de signes cliniques de essentiellement l’intestin grêle : iléocoloscopie, TDM
malabsorption (œdèmes, syndrome hémorragique). abdominale, éventuellement transit du grêle vont per-
Une diarrhée fonctionnelle (intestin irritable) peut être mettre de confirmer le diagnostic sur des arguments mor-
évoquée devant des troubles digestifs chroniques mais phologiques, anatomopathologiques (biopsies perendos-
dans ce cas, plusieurs éléments plaident contre cette copiques montrant des granulomes épithélioïdes).
177
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 178 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. On doit procéder à un examen de la cavité buc- accentue la douleur, alors que la percussion axiale est
cale sous un bon éclairage, avec un miroir et une moins douloureuse.
sonde droite. On examine l’état dentaire à la recher- * 3. Pulpite de la 47.
che de caries du côté droit aussi bien au maxillaire * 4. Le traitement de l’urgence nécessite une ouver-
qu’à la mandibule. L’examen dentaire ne montre pas
ture de la chambre pulpaire sous anesthésie locorégio-
de carie évidente.
nale ou locale, et l’extirpation du paquet vasculoner-
* 2. Une radiographie panoramique ou bien une radio-
veux. À défaut, on peut réaliser une cavité d’accès
graphie rétroalvéolaire maxillaire et mandibulaire dans
pour placer un coton imbibé d’un antalgique local
les zones molaires. On recherche une carie proximale,
(Pulpéryl). La prescription d’un antalgique plus fort
qui se situe sur une face latérale, et n’est donc pas tou-
(Di-Antalvic) complète la prise en charge. La prescrip-
jours décelable lors de l’examen clinique. La radiogra-
tion d’un antibiotique chez un sujet sain n’est pas jus-
phie met en évidence une cavitation au niveau de la
face distale de la 47 (2e molaire mandibulaire droite) : tifiée (recommandations Afssaps, 2001).
cette cavitation est profonde, elle s’étend vers la corne * 5. Recommander à la patiente de prendre rapidement
* 1. Une coxarthrose : c’est le diagnostic le plus – d’une fissure : notion de chute, antécédents de frac-
vraisemblable compte tenu des caractéristiques clini- ture, esquive de l’appui ;
ques (douleur mécanique d’apparition progressive – d’une coxarthrose : limitation de la mobilité de la
chez une personne âgée), mais ce diagnostic ne hanche (rotations, abduction, flexion).
pourra être retenu qu’après avoir éliminé les autres * 3. Hémogramme.
hypothèses :
Vitesse de sédimentation.
– une fissure du col fémoral ou du bassin (branche ilio-
pubienne) ; Protéine C réactive.
– une cruralgie ; Radiographie du bassin de face et des deux hanches de
– une tumeur du pelvis ou de la racine de la cuisse. faux profil.
* 2. On recherche des arguments en faveur : * 4. Diminution de hauteur de l’interligne coxofémo-
– d’une éventuelle pathologie maligne : altération de ral droit, sclérose du sourcil cotyloïdien, ostéophytose
l’état général, perte de l’appétit, adénopathies palpa- péri-apicale, absence d’ostéolyse.
bles, hépatomégalie, palpation des seins, syndrome * 5. Compte tenu des caractéristiques de la douleur, de
de masse de la racine de la cuisse, examen général ; la normalité des examens biologiques et des anomalies
– d’une cruralgie : paresthésies, déficit neurologique radiographiques de l’articulation coxofémorale, on
sensitif ou moteur, abolition du réflexe rotulien ; retient le diagnostic de coxarthrose.
178
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 179 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
localisation au membre inférieur, le terrain (homme – en faveur d’un rhumatisme inflammatoire : antécé-
jeune) amènent à privilégier l’hypothèse d’une spon- dent personnel d’épanchement articulaire, de rachial-
dylarthropathie. gie, de talalgie, antécédent familial de rhumatisme
Une arthrite de Lyme se discutera si des circonstan- inflammatoire, antécédent personnel ou familial de
ces favorisantes sont retrouvées à l’interrogatoire : psoriasis, d’uvéite, d’entérocolopathie ;
notion de morsure de tique, vie en milieu rural, pro- – en faveur d’une arthrite de Lyme : notion de morsure
menade en forêt, en zone d’endémie, notion de tique, de promenade en forêt, d’exposition à des
d’erythema chonicum migrans, de radiculalgie inex- animaux potentiellement porteurs de tiques, d’érup-
pliquée… tion évocatrice…
Une arthrite microcristalline est improbable à cet * 3. La ponction articulaire s’impose immédiatement
âge. devant tout premier épisode de monoarthrite. Cette
Enfin, une hémarthrose est peu vraisemblable en ponction permet un examen macroscopique du liquide
dehors de tout traumatisme ou de toute coagulopathie articulaire, puis un examen cytobactériologique et une
connue. recherche de cristaux.
179
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 180 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
posées pour orienter le diagnostic et la réalisation des pas d’éliminer l’hypothèse d’un rhumatisme inflam-
examens complémentaires : matoire débutant : environ 20 % des patients présen-
– en faveur d’une arthrite virale : notion de contage, tant une authentique polyarthrite rhumatoïde n’ont pas
d’éruption cutanée évocatrice ; de syndrome inflammatoire durant la première année
– en faveur d’une polyarthrite rhumatoïde : antécé- d’évolution de la maladie.
dents familiaux de polyarthrite rhumatoïde ; * 6. La persistance des symptômes au-delà de 3 mois
– en faveur d’une connectivite : syndrome de Ray- va à l’encontre de l’hypothèse d’une arthrite virale. Il
naud, éruption en zone découverte, lucite ; s’agit bien d’un rhumatisme inflammatoire débutant. Il
– en faveur d’une spondylarthropathie : antécédent n’est pas possible cependant d’en affirmer la nature, en
d’épanchement articulaire, de rachialgie, de talalgie, l’absence d’élément clinique ou biologique d’orienta-
antécédent familial de spondylarthropathie, antécé- tion, même si le caractère rapidement très polyarticu-
dent personnel ou familial de psoriasis, d’uvéite, laire constitue un argument important pour une poly-
d’entérocolopathie ; arthrite rhumatoïde.
– en faveur d’une sarcoïdose : érythème noueux. * 7. La présence d’anticorps anti-CCP et d’érosions
* 4. Des examens complémentaires doivent être réali- articulaires constituent des arguments formels pour le
sés d’emblée : diagnostic de polyarthrite rhumatoïde.
180
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 181 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Dysphagie basse, sélective, associée à des régur- bronchique évoluée peuvent être responsables d’une
gitations alimentaires, sans retentissement sur l’état compression œsophagienne. Des signes de cancer
général. bronchique, d’épanchement pleural, des adénopathies
* 2. Cancer de l’œsophage : homme de 58 ans, gros périphériques peuvent être recherchés. Cette hypo-
fumeur, présentant une dysphagie sélective. Ce dia- thèse est peu probable compte tenu de l’absence d’alté-
gnostic doit être évoqué impérativement. Rechercher ration de l’état général.
des signes de dissémination métastatique éventuelle : * 3. L’endoscopie œsogastroduodénale est l’examen
ictère, toux, dyspnée, douleurs osseuses, céphalées, de première intention. Elle permet de confirmer la pré-
signes neurologiques, hépatomégalie, adénopathies sence d’une sténose organique et d’en déterminer la
(Troisier), épanchement pleural. La présence de signes nature.
de RGO ne va pas à l’encontre du diagnostic : le RGO
En cas de sténose peptique, aucun autre examen n’est
est très fréquent et peut être associé à un cancer sans
relation de cause à effet ; il peut être aussi responsable nécessaire. Si la sténose n’est pas franchie, une dilata-
d’un endobrachyœsophage qui aurait dégénéré en adé- tion sera effectuée. Le TOGD n’est pas indispensable.
nocarcinome. En cas de cancer ou d’aspect de compression extrinsè-
Sténose peptique : dysphagie sélective sans retentisse- que, une TDM thoracoabdominale est indispensable.
ment sur l’état général. Rechercher des signes de RGO Une échoendoscopie peut être proposée pour le bilan
(qui ne sont pas obligatoirement présents) : pyrosis, d’extension.
régurgitations acides, syndrome postural. * 4. Il s’agit d’un compte rendu d’endoscopie diges-
Compression extrinsèque de l’œsophage : peut être tive haute décrivant une sténose peptique : caractère
évoquée de principe chez un gros fumeur. Des adéno- régulier et non bourgeonnant de la sténose associée à
pathies tumorales médiastinales et/ou une tumeur des lésions ulcérées d’œsophagite peptique.
* 1. Devant une douleur thoracique d’allure infarc- tate) pour tenter d’accélérer le rythme cardiaque (le
toïde, il faut en premier lieu effectuer un tracé ECG BAV III peut être d’origine vagale). La décision d’ins-
18 dérivations pour confirmer le diagnostic d’infarctus taurer une fibrinolyse dépend de la proximité et de la
du myocarde en phase aiguë. Par ailleurs, il faut mettre disponibilité (trajet < 1 heure) d’un centre de cathété-
en place une ou deux voies veineuses périphériques risme cardiaque pour effectuer une angioplastie en
avec du sérum glucosé isotonique 5 %, une oxygéno- urgence, préférable dans ce cas d’infarctus compliqué.
thérapie nasale au masque à haut débit, en position Enfin il ne faut pas oublier de soulager le patient avec un
demi-assise. La trinitrine est contre-indiquée chez ce antalgique puissant morphinique (une ampoule de chlo-
patient hypotendu. rhydrate de morphine en intraveineux lent).
* 2. Le tracé ECG démontre une dissociation auriculo- * 4. Dans un centre de cathétérisme cardiaque pour
ventriculaire en faveur d’un bloc auriculoventriculaire une revascularisation par angioplastie coronaire percu-
du 3e degré, avec échappement ventriculaire autour de tanée en urgence, après avoir prévenu le cardiologue
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
45/min à QRS peu élargis avec axe normal. Il existe de garde en unité de soins intensifs et le médecin coro-
aussi un sus-décalage ST > 2 mm englobant l’onde T narographiste.
en DII, DIII, AVF et V4R dans le territoire inférieur, * 5. Si malgré l’injection d’atropine, la fréquence car-
avec un sous-décalage en miroir de V1 à V3 et en DI, diaque continue à baisser, il faut envisager la mise en
AVL. Il s’agit donc d’un infarctus du myocarde en place d’une sonde d’électroentraînement systolique par
phase aiguë compliqué d’un BAV III et d’œdème pul- voie externe (voie veineuse centrale) à l’aveugle dans le
monaire aigu. camion du SAMU ou si possible sous scopie à rayons X
* 3. Il faut administrer en intraveineux direct de l’acide en salle de cathétérisme. Le patient en attendant
acétylsalicylique (sauf en cas d’allergie ou autre contre- d’atteindre la salle de coronarographie peut être élec-
indication), 250 mg, un bolus d’héparine non fraction- troentraîné par voie externe transthoracique par des
née en intraveineux direct de 5 000 U, un diurétique de électrodes reliées au défibrillateur. En phase aiguë
l’anse en intraveineux direct (furosémide, 40 à 80 mg), d’infarctus du myocarde, l’isoprénaline est contre-indi-
une injection d’atropine en intraveineux direct (en quée car très arythmogène. En revanche, il est possible
l’absence de glaucome oculaire et d’adénome de pros- de perfuser de la dobutamine qui possède des propriétés
181
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 182 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
inotropes et chronotropes positives et qui peut améliorer sionnelle et rénale, et si possible débuter avant la sortie
le patient sur le plan de l’insuffisance cardiaque. du patient des bêtabloquants (sauf contre-indication)
* 6. Il faut évaluer les complications secondaires à aussi à faible dose initiale. Les diurétiques ne sont
l’infarctus : maintenus qu’en cas de signes congestifs persistants
– ECG de contrôle, pour rechercher l’apparition d’une (crépitants pulmonaires, dyspnée d’effort ou de repos,
onde Q de nécrose transmurale séquellaire, des trou- œdèmes des membres inférieurs, turgescence jugulaire
bles de la conduction résiduels ; spontanée).
– bilan biologique : surveillance du pic de troponine, * 8. Il faut détecter les facteurs de risques cardiovas-
fonction rénale, ionogramme sanguin (kaliémie sous culaires réversibles du patient : tabagisme, surcharge
furosémide), gazométrie artérielle en air ambiant pondérale, sédentarité, hypercholestérolémie, glycé-
(effet shunt) ; mie à jeun, afin de les prendre en charge, et donner au
– échocardiographie transthoracique, pour évaluer la patient les règles hygiénodiététiques à suivre à la sortie
fonction systolique ventriculaire gauche, l’existence de l’hôpital.
et l’étendue de troubles de la cinétique segmentaire, * 9. L’ordonnance du patient doit comporter un inhibi-
l’existence d’une fuite mitrale sur restriction de la teur de l’enzyme de conversion, un bêtabloquant, dont
petite valve, les pressions de remplissage VG et pul- les doses pourront être majorées à distance si elles ne
monaires ; sont pas maximales, une statine, des antiagrégants pla-
– Holter-ECG des 24 heures pour vérifier l’absence de quettaires (acide acétylsalicylique et clopidogrel si
récidive de BAV (en cas d’infarctus inférieur, le endoprothèse coronaire implantée), un diurétique de
BAV est souvent réversible). l’anse si nécessaire, un dérivé nitré sublingual en cas de
* 7. Il faut instaurer un régime peu salé, un traitement douleur thoracique, en expliquant au patient de l’utiliser
par IEC en augmentant les doses selon la tolérance ten- en position assise ou couchée, un régime pauvre en sel.
* 1. Une hypertension artérielle sévère devant les tive en V1), espace PR allongé à 0,24 ms (BAV I),
symptômes de la patiente (céphalées, flous visuels), la QRS élargis à 0,10 avec axe nul (perpendiculaire à
pression artérielle étant mesurée dans de bonnes AVF), hypertrophie ventriculaire gauche (Sokolov
conditions (position allongée au repos depuis 10 min à > 35 mm) V1 + V5 avec trouble de la repolarisation
deux reprises et aux deux bras). secondaire en latéral (onde T < 0 en V5, V6, DI, AVL).
* 2. Il faut essayer de déterminer l’origine et l’ancien- * 5. Il faut évaluer le retentissement de l’hypertension
neté de l’hypertension artérielle : antécédents fami- artérielle sur le fond d’œil (rétinopathie hypertensive),
liaux et personnels d’hypertension artérielle, notam- sur le cœur sur ECG et échocardiographie transthora-
ment pendant les grossesses antérieures, pathologie cique (hypertrophie ventriculaire gauche, trouble de la
rénale chronique connue, prise de traitement (vaso- relaxation VG, fonction systolique), sur le rein (protéi-
constricteurs, corticoïdes, œstroprogestatifs) ou de nurie des 24 heures et surtout microalbuminurie, fonc-
toxiques hypertenseurs (réglisse), pathologie endocri- tion rénale). Puis, en fonction de l’examen clinique :
nienne ancienne. Les autres signes fonctionnels à recherche d’une coronaropathie (épreuve d’effort,
rechercher sont l’existence de flush, de bouffées de scintigraphie myocardique, coronarographie), d’une
chaleurs, de vertiges, de palpitations, d’une dyspnée artériopathie des membres inférieurs, des troncs supra-
d’effort, d’une douleur thoracique d’effort. aortiques (écho-Doppler artériel, scanner cérébral).
* 3. En fonction des données de l’interrogatoire et de * 6. Il faut rechercher l’existence d’autres facteurs de
l’examen clinique, le bilan peut être plus ou moins risque cardiovasculaire qui peuvent nécessiter une prise
large. Au minimum, il comprend : ionogramme san- en charge associée et aussi modifier le niveau des chif-
guin et urinaire, fonction rénale, radio de thorax. Plus fres tensionnels cibles : tabagisme, ménopause précoce,
spécifiquement, selon l’orientation diagnostique : obésité, sédentarité, diabète (PA cible : 130/80 mmHg),
dosage urinaire sur 24 heures des dérivés méthoxylés dyslipidémie.
des catécholamines (noradrénaline, adrénaline, dopa- * 7. La patiente est symptomatique et justifie donc de
mine) et de l’acide vanylmandélique, cortisolurie libre débuter un traitement sans attendre les résultats des
des 24 heures, cycle de cortisolémie (maladie de examens prévus. Cependant, il est important de pres-
Cushing). crire des antihypertenseurs qui n’interfèrent pas avec
* 4. Rythme sinusal régulier autour de 85/min, hyper- les explorations complémentaires non encore réalisées
trophie auriculaire gauche (onde P bifide en DII, néga- ou qui ne sont pas contre-indiqués dans certaines cau-
182
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 183 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
ses d’hypertension. En première intention, on peut antihypertenseur depuis 15 jours. Prélèvement couché
débuter un traitement par inhibiteurs calciques de la et debout de l’activité rénine et aldostérone permettant
famille des dihydropyridines ou par antihypertenseurs de différencier les pathologies primaires ou secondai-
centraux. Il faut éviter les diurétiques, les IEC, les bêta res selon le niveau d’activité de la rénine (élevée pour
et alphabloquants, les antirécepteurs de l’angioten- les pathologies primaires, basse pour les secondaires).
sine II et le vérapamil. Pour explorer la morphologie des surrénales, une IRM
* 8. Il faut suspecter fortement, en l’absence d’autres ou un scanner permettent de diagnostiquer un adé-
causes potentielles et si la kaliurèse est normale nome, une tumeur ou une hyperplasie bilatérale. En
(> 20 mmol/L), une hypertension secondaire à un cas de doute diagnostique, on peut faire en plus une
hyperaldostéronisme primaire (adénome de Conn ou phlébographie des veines surrénales avec dosage
hyperplasie bilatérale des surrénales) ou secondaire d’aldostérone de chaque côté ou bien une scintigraphie
(tumeurs sécrétant de la rénine, ou sténose de l’artère au iodocholestérol après freinage par dexaméthasone.
rénale par dysplasie fibromusculaire, ou athérome, ou Pour explorer les artères rénales, un Doppler des artè-
autre cause). res rénales peut dépister une sténose artérielle, à com-
* 9. En première intention, il faut effectuer les dosages pléter ensuite par une artériographie ou une angio-IRM
hormonaux sous régime normosodé sans antialdosté- pour une étude anatomique et un éventuel traitement
rone depuis 3 mois et de préférence sans traitement par angioplastie percutanée.
* 1. Oui, il rend très peu probable les hypothèses * 4. Sérologie des parasitoses européennes : sérologie
d’hyperéosinophilie secondaire à une collagénose de la distomatose, toxocarose, taenia.
3
(notamment périartérite noueuse) ou associée à une * 5. 1 500/mm .
tumeur maligne profonde. * 6. Traitement antiparasitaire polyvalent d’épreuve
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
* 2. Radiographie pulmonaire pour recherche des type Mentezol. Contrôle de l’hémogramme 3 semai-
signes radiologiques d’un syndrome de Löffler. nes plus tard.
* 3. Il peut s’agir d’une parasitose à un stade précédant En cas de non-disparition de l’hyperéosinophilie, sur-
l’élimination d’œufs dans les selles. veillance espacée de l’hémogramme.
183
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 184 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
suggère une cause néoplasique, qui est un facteur favo- Causes iatrogéniques médicamenteuses : dérivés de
risant de maladie thromboembolique veineuse. l’ergot de seigle.
Pleurésie postradique tardive (rare) : aurait pu être * 4. Oui. Les prélèvements microbiologiques sont des
évoquée si la pleurésie était survenue du côté irradié. tests peu sensibles au cours de la pleurésie tuberculeuse,
Tuberculose pleurale, du fait de l’altération de l’état et leur négativité ne remet pas en cause le diagnostic
général, de la fièvre. (faible valeur prédictive négative). L’examen direct du
NB. Les autres causes tumorales (pleurésie métastatique liquide pleural à la recherche de mycobactéries par la
d’une autre origine, tumeur pleurale primitive), infec- coloration de Ziehl est presque toujours négatif en cas
tieuses (tuberculose pleurale, pleurésie infectieuse non de tuberculose pleurale (sensibilité très faible). La sen-
tuberculeuse), inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, sibilité des cultures de mycobactéries dans le liquide
etc.) et les autres causes plus rares de pleurésie exsuda- pleural est d’environ 40 % des cas seulement.
tive sont possibles mais il n’y a pas d’élément d’orienta- * 5. On réalise une vidéothoracoscopie à visée dia-
tion dans l’énoncé. Les pleurésies de causes cardiaque, gnostique :
rénale et hépatique (pleurésies transsudatives) sont rare-
– abord par vidéothoracoscopie médicale ou chirurgi-
ment unilatérales et prédominent plutôt à droite.
cale, sous anesthésie générale le plus souvent ;
* 2. On recherche une orthopnée (dyspnée liée au
décubitus obligeant à s’asseoir ou à se lever), qui – exploration pleurale à la recherche de lésions pleu-
oriente vers une insuffisance cardiaque gauche. rales ;
Le caractère transsudatif de la pleurésie à la ponction – biopsies pleurales systématiques, guidées par l’exa-
pleurale orienterait vers une cause cardiaque. Selon les men, pour examen histologique et immunohistochi-
critères de Light, il s’agit d’un transsudat si : mique, à la recherche de granulomes épithélioïdes et
– le rapport protéines pleurales/sériques < 0,5 ; gigantocellulaires avec nécrose caséeuse, et à la
– et si le taux de LDH pleurale < 200 UI/L ; recherche de lésions néoplasiques ;
– et si le rapport LDH pleurale/sérique < 0,6. – l’examen est souvent complété par un geste théra-
NB. Si l’un de ces critères n’est pas rempli, il s’agit peutique réalisé dans le même temps (notamment
d’un exsudat. Les autres causes de transsudats sont : si l’examen vidéothoracoscopique et/ou l’examen
cirrhose hépatique, syndrome néphrotique, dialyse extemporané sont en faveur d’un carcinome) :
péritonéale, atélectasie, myxœdème, embolie pulmo- pleurodèse le plus souvent par talcage pleural, plus
naire, péricardite constrictive, syndrome cave supé- rarement par pleurectomie pariétale partielle ou
rieur, syndrome de Demons-Meigs (tumeur bénigne de totale.
l’ovaire, ascite, pleurésie). NB. La vidéothoracoscopie est parfois précédée par
* 3. Causes infectieuses : tuberculose pleurale ; rare- des biopsies pleurales transcutanées à l’aiguille « à
ment : infections virales. l’aveugle », toutefois leur rendement diagnostique est
Causes néoplasiques : mésothéliome pleural, lym- faible, et dépend de l’expérience technique de l’opéra-
phome malin non hodgkinien ; plus rarement, pleuré- teur et de la cause de l’épanchement pleural.
sie métastatique, maladie de Hodgkin. Le dosage de la glycopleurie, de l’adénosine désami-
Causes inflammatoires systémiques : connectivites nase (ADA) pleurale (> 40 U/L), et la PCR à la recher-
(lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhuma- che de mycobactéries dans le liquide pleural ne sont
toïde). pas recommandés en pratique clinique de routine.
* 1. Opacité dense de l’hémithorax inférieur gauche, Une autre radiographie pourra être réalisée après la
masquant les côtes, à limite supérieure concave en haut : ponction pleurale.
épanchement pleural gauche abondant (pleurésie). * 2. L’aspect macroscopique oriente d’emblée vers un
On note par ailleurs un refoulement discret du médias- exsudat, notamment de cause tumorale.
tin vers la droite, l’absence d’épanchement pleural Le caractère transsudatif ou exsudatif est déterminé
significatif controlatéral, l’absence d’opacité paren- d’après le taux de LDH et de protéines, selon les critè-
chymateuse pulmonaire, l’absence d’anomalie visible res de Light (exsudat si LDH pleurale > 200 UI/L,
du cadre osseux, une qualité correcte du cliché thora- LDH pleurale/sérique > 0,6 et/ou protéines pleurales/
cique. La rétraction hémithoracique gauche n’est pas sériques > 0,5). Il s’agit donc d’un exsudat.
visible sur ce cliché.
184
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 185 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
La probabilité d’une pleurésie infectieuse n’est pas Se mettre en contact avec le médecin du travail et/ou
totalement écartée par les données de la bactériolo- le consultant spécialiste des maladies profession-
gie, notamment si la patiente avait déjà reçu des anti- nelles.
biotiques. Une pleurésie tuberculeuse n’est pas élimi- * 6. Utilisation d’une ordonnance sécurisée :
née par l’examen direct négatif à la recherche de
– nom, prénom, poids du patient ; date de la prescrip-
mycobactéries (ni même par la négativité des cultu-
tion ;
res, qui ne seront disponibles qu’après plusieurs
semaines). – par exemple, Skenan LP ou Moscontin (sulfate de
morphine) : 1 comprimé à 30 mg toutes les 12 heu-
L’examen cytologique négatif ne permet pas d’élimi-
ner une cause tumorale (mésothéliome notamment), et res pendant 28 jours ;
n’oriente pas vers une cause infectieuse. – Actiskenan ou Sevredol (sulfate de morphine) :
* 3. Mésothéliome pleural gauche, sur les arguments
1 comprimé à 10 mg toutes les 6 heures si douleurs,
suivants : sans dépasser 3 par jour, pendant 28 jours ;
– pleurésie chronique, avec : – consulter à nouveau si les douleurs ne sont pas cal-
• rétraction hémithoracique à l’examen clinique ;
mées ;
• prédominance des manifestations douloureuses – en cas de difficulté à la prise orale du traitement :
thoraciques ; Durogésic (fentanyl percutané) : 1 patch à 25 µg/h à
changer toutes les 72 heures ;
– altération de l’état général, amaigrissement.
– en cas de constipation, Duphalac (lactulose) :
Autre tumeur pleurale maligne : adénocarcinome pleu-
1 sachet 3 fois par jour.
ral primitif, extension pleurale d’un carcinome bron-
chique primitif. Arguments : présentation clinique * 7. Constipation, nausées, plus rarement vomisse-
densité tissulaire, prédominant en région postérieure, vice des archives de l’hôpital. Vous aurez la possi-
avec hypervascularisation probable (hyperdensités
bilité d’acquérir tout document que vous jugerez
vues au sein de la lésion pleurale, bien que l’on ne
utile ;
puisse pas exclure en l’absence de clichés sans injec-
tion qu’il s’agisse de calcifications). Le médiastin est – s’il est souhaité la transmission de documents,
respecté. veuillez indiquer si ceux-ci doivent être adressés au
Absence d’épanchement pleural ou de lésion pleurale médecin de votre choix ou à votre domicile ;
à droite. – toute demande doit être accompagnée d’un justifica-
* 5. Recherche d’une exposition professionnelle à
tif d’identité et de domicile et de tout document
l’amiante (en notant la durée d’exposition et le délai de attestant de la qualité d’ayant droit. L’obligation de
prise en charge), qui permet une déclaration de mala- préserver le secret médical nécessite l’échange de
die professionnelle, et une indemnisation (fonds correspondance en courrier recommandé avec
d’indemnisation des victimes de l’amiante ; pension de accusé de réception, qui sera facturé.
reversion). NB. Loi 2002-303 du 4 mars 2002.
185
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 186 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Hospitalisation en urgence. Vérification du pouls vant). Isocoagulation par HBPM limitée au temps
et de la pression artérielle (Dynamap). Mise en place d’immobilisation du patient. Ne pas négliger un traite-
d’une ou de deux voies veineuses périphériques de bon ment anxiolytique durant les premières heures. Antal-
calibre. Assurer le maintien de l’hémodynamique par giques à la demande après le méchage.
un remplissage vasculaire (solutés de macromolécu- * 5. Indication de la transfusion sanguine : compte
les) en fonction de la pression artérielle. tenu de l’âge, seuil de l’hémoglobinémie < 7 g/dL
* 2. NFS-plaquettes : hémoglobinémie et hématocrite vérifiée après au moins 3 heures de l’arrêt de l’épis-
afin de disposer d’une première évaluation des pertes taxis (car hémodilution retardée). L’indication est
sanguines (valeur de référence) ; thrombopénie ? modulée en fonction de la tolérance. La présence d’un
TCA, TP/INR, fibrinogène : état de la coagulation, angor, d’une dyspnée, de signe d’insuffisance cardia-
surdosage des AVK ? que justifient une transfusion plus précoce (modalités :
Ionogramme, uricémie. Hydratation et fonction rénale voir item 178 « Transfusion sanguine et produits déri-
avant le début des perfusions. vés du sang : indications, complications. Hémovigi-
Bilan prétransfusionnel : groupage ABO, Rh, recher- lance », ouvrage Thérapeutique générale (Module 11),
che d’agglutinines irrégulières (RAI). par J.-P. Tillement, Masson, collection « Abrégés
modules transversaux », 2002).
* 3. Tamponnement antérieur de la fosse nasale (uni-
* 6. Dans l’ordre en fonction de l’efficacité :
latéral droit) pendant 48 heures, après mouchage bila-
téral des fosses nasales et pincement des ailes du nez. – vérification du méchage, ± nouveau méchage du
Éventuel méchage anesthésique/vasoconstricteur même côté ou controlatéral ;
préalable de la fosse nasale. Puis surveillance de l’effi- – tamponnement postérieur (double ballonnet ou clas-
cacité du tamponnement (absence de saignement anté- sique) ;
rieur et pharyngé postérieur). Prévoir les surveillances – embolisation en cas d’échec ou de rechute à l’abla-
cliniques (hémodynamique), biologiques si nécessaire tion du tamponnement postérieur. Intéresse le terri-
(NFS-plaquettes, coagulation). Surveiller la tolérance toire carotidien externe, le plus souvent responsable
du tamponnement (absence de douleurs, tolérance psy- (artère faciale, maxillaire et sphénopalatine…) ;
chologique). – en cas d’échec ou d’impossibilité de l’embolisation
* 4. Antibiothérapie de couverture durant le maintien (ou pour certaines équipes à la place de l’embolisa-
du méchage (type amoxicilline, en l’absence d’aller- tion), traitement chirurgical : ligatures par voie
gie). Arrêt des AVK. Discuter de la persistance de leur endonasale des artères sphénopalatine ± maxillaire
indication (non justifiée par la seule embolie pulmo- et par voie externe des artères ethmoïdales antérieure
naire postopératoire unique survenue 3 ans aupara- et postérieure.
186
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 187 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
lésions cutanées est à discuter dans le cadre d’une * 6. Lors de l’hospitalisation, indispensable : biopsie
toxidermie. Or certains médicaments (comme les cutanée, dosage de LDH, recherche de cellules de
sels de lithium mais aussi les bêtabloquants, souvent Sézary pour éliminer un lymphome cutané.
prescrits en première intention en cas d’HTA) sont * 7. Arrêt du bêtabloquant s’il s’agit bien de ce traite-
susceptibles de favoriser des poussées érythroder- ment anti-HTA.
miques de psoriasis. Réchauffement du patient.
* 5. L’hypothèse la plus probable est celle d’une Bains antiseptiques pour éviter la surinfection. Soins
érythrodermie psoriasique favorisée par l’introduction locaux par émollients et/ou dermocorticoïdes.
récente du traitement antihypertenseur qui est proba- Correction des troubles hydroélectrolytiques et réhy-
blement un bêtabloquant. dratation par mise en place d’une voie veineuse.
187
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 188 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
Il faut réaliser une fibroscopie souple en consultation L’aspect lacunaire à l’UIV est parfois évocateur : fond
pour dépister une éventuelle récidive vésicale. de calice en « pince de crabe » ou en « massue ».
* 4. La cause la plus fréquente est la lithiase d’acide L’aspect de la lacune est transitoire et mobile dans le
urique : temps.
– lithiase : argument de fréquence dans douleur coli- Il s’agit toutefois d’un diagnostic d’élimination.
que néphrétique ; * 6. Il faut tout particulièrement rechercher :
– acide urique, car c’est une lithiase radiotransparente – des antécédents familiaux de néphropathies ;
à l’ASP. – une HTA d’apparition brutale et récente ou l’aggra-
Il existe un terrain favorisant l’hyperuricémie : obé- vation spontanée d’une HTA déjà existante (crise
sité, excès d’apport d’aliments riches en purines hypertensive maligne) ;
(chasseur, mangeur de gibier, antécédent de – des œdèmes des membres inférieurs ;
goutte ?). – une surdité ;
Il faut mesurer le pH urinaire en consultation sur une – une infection notamment de la sphère ORL et den-
bandelette, les calculs d’acide urique se développant taire 15 jours ou 48 heures avant ;
en milieu acide (pH < 7). – une fébricule ;
* 5. On peut également évoquer la nécrose papil- – des arthralgies ;
laire. – un purpura ;
Le patient présente en effet des facteurs de risque car- – un souffle lombaire ;
diovasculaire : HTA, dyslipidémie, obésité. Les autres – un souffle cardiaque.
facteurs de risque sont la drépanocytose, les pyélo- Ces signes sont évocateurs d’une néphropathie et en
néphrites, l’abus d’analgésiques. particulier d’une glomérulonéphrite aiguë.
188
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 189 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
sanguin et recherche d’anticorps irréguliers à visée ou glypressine (1 mg/4 heures en injection intra-
préthérapeutique. veineuse lente), en l’absence de contre-indication
Gazométrie artérielle pour évaluer l’importance de (insuffisance coronaire, hypertension artérielle
l’hypoxémie. sévère) ; parfois nébulisation d’adrénaline ;
NB. La fibroscopie bronchique a également un intérêt • embolisation artérielle bronchique sélective par
thérapeutique, par l’aspiration du sang, pour préserver technique de radiologie interventionnelle, si cette
la liberté des voies aériennes et l’instillation endobron- technique est disponible ;
chique d’adrénaline à visée hémostatique. Une sérolo- • en l’absence d’alternative, traitement chirurgical en
gie aspergillaire sera réalisée sans urgence. urgence, si possible conservateur (exérèse locali-
* 4. Il s’agit d’une hémoptysie abondante, qui repré- sée, lobectomie).
sente une urgence du fait de la mise en jeu du pronostic Les antécédents d’hypertension artérielle et surtout
vital. d’infarctus myocardique chez ce patient représentent
Prise en charge en service de soins intensifs dans un une contre-indication relative au traitement médical
centre ayant accès aux techniques de radiologie inter- vasoconstricteur ; on privilégiera l’embolisation arté-
ventionnelle et de chirurgie thoracique : rielle bronchique sélective.
* 1. Un paquet de cigarettes (20 cigarettes) par jour * 3. Cancer bronchopulmonaire primitif du lobe supé-
pendant 10 ans = 10 paquets-années. rieur droit :
Un paquet et demi de cigarettes (30 cigarettes) par jour – tabagisme à plus de 20 paquets-années ;
pendant 35 ans = 52,5 paquets-années. – hémoptysie ;
Soit au total un tabagisme de 62,5 paquets-années. – altération de l’état général ;
NB. Le risque de cancer bronchopulmonaire est élevé – anomalies radiologiques caractéristiques associant
au-delà de 20 paquets-années. une atélectasie du lobe supérieur droit et une opacité
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
hilaire droite.
* 2. Atélectasie du lobe supérieur droit : opacité dense
systématisée du lobe supérieur droit, sans broncho- NB. La première cause d’hémoptysie chez l’adulte est
gramme aérique, rétractile (concavité de la scissure ; le cancer bronchopulmonaire primitif.
* 4. Fibroscopie bronchique, qui permet de réaliser :
déviation vers la droite de la trachée et du bord médias-
tinal droit ; diminution du volume hémithoracique – un examen morphologique endobronchique pour
droit). affirmer l’origine bronchique du saignement (par
opposition à une hémorragie alvéolaire) ; localiser le
Probable opacité hilaire droite.
saignement ; rechercher la cause endobronchique
Absence d’épanchement pleural. des hémoptysies et de l’atélectasie du lobe supérieur
NB. L’opacité linéaire qui longe le bord droit du droit, notamment une tumeur endobronchique de la
médiastin correspond à la visibilité du tuyau d’oxygé- bronche lobaire supérieure droite (bourgeon néopla-
nothérapie nasale. L’opacité hilaire droite représente la sique endobronchique, plus rarement sténose bron-
cause de l’atélectasie et réalise un aspect sigmoïde de chique par infiltration tumorale ou compression
la scissure (signe de Golden). extrinsèque) ;
189
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 190 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– une aspiration des sécrétions bronchiques et un bros- Bilan d’extension si le diagnostic de cancer broncho-
sage (pour analyse cytologique) ; des biopsies bron- pulmonaire est confirmé (scanner surrénalien, écho-
chiques dirigées sur les anomalies macroscopiques graphie abdominale ; scanner cérébral et scintigraphie
(pour analyse histologique) ; des prélèvements osseuse en cas de signes d’appel).
microbiologiques systématiques (bactéries, myco- * 5. Les principaux risques du tabagisme passif envi-
bactéries). ronnemental chez l’adulte sont :
Cet examen sera réalisé à jeun, sous anesthésie locale – une aggravation des symptômes de l’asthme ;
après contrôle du bilan de coagulation et arrêt des antia-
– une augmentation du risque de cancer bronchopul-
grégants plaquettaires (aspirine) pendant 10 jours (relais
possible par le flurbiprofène, ou Cébutide, 50 mg 2 fois monaire (risque relatif : 1,3) ;
par jour, arrêté 12 heures avant la fibroscopie). – une augmentation du risque de bronchopneumopa-
Scanner thoracique, à la recherche de la cause des thie chronique obstructive (BPCO) ;
hémoptysies et de l’atélectasie du lobe supérieur droit – une augmentation du risque de maladie coronarienne
(tumeur du hile droit). et d’accident vasculaire cérébral.
Numération sanguine, bilan d’hémostase, groupage NB. Le risque relatif de cancer bronchopulmonaire est
sanguin et recherche d’anticorps irréguliers. en moyenne de 10 chez le fumeur ; 3 à 5 % des BPCO
Gazométrie artérielle pour évaluer l’importance de seraient causées par le tabagisme passif environne-
l’hypoxémie. mental.
190
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 191 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Calcémie plasmatique très élevée, contexte d’alté- rexcitabilité avec risque de troubles du rythme ventri-
ration de l’état général. Possibilité d’un cancer du sein culaire).
vu l’absence d’examen gynécologique depuis 6 ans. Hospitalisation pour réhydratation et diminution du taux
* 2. Une calcémie élevée avec un taux de PTH effon- de calcémie. Les apports doivent être d’au moins
dré. 3 litres/jour en IV, avec du sérum physiologique puis du
En cas d’exceptionnel cancer parathyroïdien, le taux G5, à adapter en fonction de l’état de déshydratation.
de PTH est classiquement très élevé. Indication à une perfusion de biphosphonates : par
Une IRM dorsale et/ou une scintigraphie osseuse vont exemple, Aredia, 60 à 90 mg en IV sur une période de
permettre de localiser une éventuelle métastase osseuse. 2 à 4 heures. La perfusion peut être renouvelée 48 heu-
Une mammographie doit être réalisée à la recherche res plus tard.
d’un cancer du sein. La diurèse forcée est difficile à réaliser en dehors d’un
* 3. Le taux de calcémie à 3,8 mmol/L est une contexte de réanimation. Dans certains cas, une épura-
urgence. tion extrarénale peut être indiquée.
La patiente doit être hospitalisée. Les traitements par calcitonine ou corticoïdes ne sont
Évaluation de l’état de déshydratation : TA, créatinine pas assez efficaces pour diminuer le taux de calcémie
plasmatique, urée. dans ce cas.
Un ECG doit être réalisé : signes d’hypercalcémie Le cancer primitif doit être recherché.
(tachycardie, raccourcissement de l’espace QT, hype-
* 1. L’ostéroporose se définit par un T score inférieur – une calciurie des 24 heures, supérieure à 0,4 mmol/
à – 2 DS. kg/24 heures ;
Les principales étiologies d’ostéoporose secondaire – un dosage de PTH plasmatique (qui mesure toujours
sont : actuellement la PTH 1-84) : elle est élevée ou anor-
– l’hyperthyroïdie ; malement normale vu le taux élevé de calcémie ;
– la corticothérapie ; – les dosages d’AMPc urinaires ne sont plus utiles ;
– un antécédent d’anorexie ; – la créatinine est utile pour évaluer la fonction
– une insuffisance ovarienne prématurée ; rénale.
* 4. Il est nécessaire de rechercher d’autres cas
– l’hyperparathyroïdisme primaire.
d’hyperparathyroïdisme et d’évoquer une néoplasie
* 2. Les arguments pour suspecter l’hyperparathyroï-
endocrinienne de type 1 (NEM 1) avec l’association
disme sont :
d’un adénome hypophysaire, d’une tumeur pancréati-
– le terrain : femme de plus de 60 ans, avec deux anté- que endocrine, ou une NEM de type 2a avec un cancer
cédents de lithiase rénale même si la nature du calcul médullaire de la thyroïde et un phéochromocytome.
n’est pas précisée, ostéoporose malgré un traitement
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
191
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 192 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
192
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 193 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Le diagnostic est une incontinence urinaire * 5. L’ECBU est le seul examen complémentaire réel-
d’effort, devant : lement indispensable.
– le terrain : femme âgée de 52 ans ; L’échographie vésicale sus-pubienne peut être envisa-
– l’histoire clinique ; gée pour éliminer une rétention chronique, rarissime
– les signes fonctionnels : incontinence urinaire à chez la femme.
l’effort, diurne, en jet, sans besoin préalable. Les prélèvements bactériologiques endovaginaux se
* 2. L’interrogatoire recherche : font seulement en cas d’écoulement vaginal anormal.
– les antécédents obstétricaux : nombre de grossesses, La cystoscopie diagnostique se fera seulement si les
poids de naissance des enfants, type d’accouche- troubles sont dominés par l’impériosité ou la pollakiu-
ments, complications (déchirure, épisiotomie, for- rie, afin d’éliminer notamment la présence d’une
ceps…), rééducation du post-partum ; tumeur vésicale.
– les antécédents chirurgicaux et surtout de chirurgie * 6. Les indications en première intention du BUD
pelvienne : hystérectomie, traitement chirurgical sont :
d’un prolapsus génital ; – une symptomatologie évocatrice d’instabilité vési-
– les signes fonctionnels urinaires (pollakiurie, impé- cale ;
riosités, brûlures…) ; – une suspicion de pathologie neurologique ;
– l’existence d’une ménopause, d’un traitement hor- – une récidive de l’incontinence après traitement chi-
monal substitutif (trophicité des tissus) ; rurgical ;
– des efforts de poussées abdominales répétés : toux – lorsqu’un geste chirurgical est envisagé d’emblée.
chronique, asthme, constipation, obésité, activité pro- Le bilan urodynamique comporte :
fessionnelle nécessitant le port de charges lourdes.
– une débit-métrie ;
* 3. Le mécanisme physiopathologique est une perte du
– une cystomanométrie ;
support anatomique de l’urètre, responsable d’une uré-
trocervicocystoptose et d’une hypermobilité urétrale. – une sphinctérométrie ;
* 4. La manœuvre fondamentale est la manœuvre de – une profilométrie urétrale.
Bonney. Elle s’effectue sur une patiente installée en Chez cette patiente, le BUD n’est pas nécessaire en
position gynécologique et consiste à refouler, au 1re intention car le diagnostic étiologique est évident.
moyen de deux doigts, le cul-de-sac vaginal antérieur * 7. On propose un traitement chirurgical par bande-
vers le haut, de part et d’autre de l’urètre, sans le com- lettes sous-urétrales type TVT (Tension free Vaginal
primer. La manœuvre est positive s’il n’y a plus de Tape). Les examens préalables sont un BUD, des frot-
fuite à la toux. tis cervicovaginaux et une échographie pelvienne.
193
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 194 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 6. L’incontinence urinaire à l’effort (IUE), dans d’urine permanentes (fistule urovaginale, abouche-
50 % des cas. ment ectopique de l’uretère…).
L’incontinence urinaire par impériosité (IUI), dans * 7. Le bilan urodynamique étudie l’équilibre vésicos-
20 % des cas. phinctérien préopératoire et recherche notamment :
L’incontinence urinaire mixte (IUE + IUI) dans 30 % l’existence de « contractions vésicales désinhibées »
des cas. en cas d’IU par impériosité (non pathognomonique
Les diagnostics différentiels de l’IU sont : l’inconti- mais fortement évocateur).
nence avec miction par regorgement et les pertes
* 1. Les arguments en faveur d’un tremblement par- doit être clairement expliquée au patient pour ne pas
kinsonien sont : générer d’angoisses infondées.
– tremblement de repos (redéclenchement à l’alite- On prévoit alors une nouvelle consultation, quelques
ment, à la marche) ; mois plus tard.
– régulier et relativement lent ; * 3. Face à un tremblement d’attitude, il faut :
194
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 195 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
tasie du poumon gauche à la radiographie ; NB. Une hypercalcémie par ostéolyse tumorale ou
– le syndrome cave supérieur : œdème en pèlerine, cir- paranéoplasique est plus fréquente au cours des can-
culation collatérale du tronc ; cers bronchopulmonaires non à petites cellules. Une
– la dysphonie, témoignant d’une paralysie récurren- hypoglycémie favorisée par le glimépiride peut être
tielle (gauche). éliminée, car la glycémie est normale.
En faveur d’une histologie de type carcinome à petites * 6. Bilan d’extension locorégionale :
195
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 196 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Masse pulmonaire arrondie de 3 à 4 cm de dia- – chez ce patient, on recherche en particulier une expo-
mètre : sition à l’amiante (freins de camions) ;
– homogène, à limites nettes, non calcifiée, non rétrac- – la mise en évidence d’une exposition professionnelle
tile, non excavée, sans bronchogramme aérique ; à un carcinogène permet une reconnaissance au titre
– située dans le segment de Fowler gauche (segment d’un cancer bronchopulmonaire professionnel et une
supérieur du lobe inférieur gauche) : projection para- indemnisation (si la durée d’exposition et le délai de
hilaire sur le cliché de face, situation postérieure sur prise en charge sont compatibles) ;
le cliché de profil. – en cas d’exposition à l’amiante, une indemnisation
On note par ailleurs un cal osseux de la première côte est possible par le Fonds d’indemnisation des victi-
droite ; des signes de distension thoracique sur le cli- mes de l’amiante (FIVA).
ché de profil (augmentation de l’espace clair rétro-
NB. Les autres expositions professionnelles à recher-
sternal et rétrocardiaque, horizontalisation diaphrag-
cher sont les suivantes : chrome, nickel, poussières ou
matique).
fumée d’oxyde de fer, hydrocarbures aromatiques
* 2. Carcinome bronchopulmonaire primitif, proba-
polycycliques, bischlorométhyléther, silice, radiations
blement de type non à petites cellules.
ionisantes.
En faveur du carcinome bronchique :
* 4. Fibroscopie bronchique, permettant :
– le cancer bronchopulmonaire est la première cause
de nodule ou masse pulmonaire isolée ; – un examen morphologique endobronchique jusqu’au
– la probabilité d’une lésion cancéreuse est importante niveau des bronches sous-segmentaires, recherchant
car il s’agit d’un patient de plus de 60 ans ; il est une compression extrinsèque, un bourgeon néoplasi-
fumeur à plus de 20 paquets-années (41 paquets- que endobronchique, ou une infiltration muqueuse
années) ; la lésion mesure plus de 2 cm ; sténosante ; cet examen sera probablement normal
– il existe une perte pondérale. (lésion périphérique) ;
* 3. Il faut rechercher une exposition professionnelle à – des prélèvements : aspiration des sécrétions bron-
des agents carcinogènes par un interrogatoire spécialisé. chiques, brossage (cytologie) ; biopsies bronchi-
Justification : ques (histologie) ; parfois, lavage bronchoalvéo-
– une exposition professionnelle à des agents carcino- laire (cytologie) ou biopsies transbronchiques
gènes est fréquente (au moins 15 % des patients) ; (histologie).
l’effet des carcinogènes est potentialisé par le taba- L’examen est réalisé à jeun, après vérification du bilan
gisme ; de coagulation, sous anesthésie locale.
196
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 197 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
Si la fibroscopie bronchique ne permet pas d’obtenir * 5. Chirurgie d’exérèse carcinologique si une exérèse
un diagnostic, on réalise une thoracoscopie chirur- complète apparaît possible selon le scanner thoracique
gicale vidéoassistée ou une thoracotomie explora- (et éventuellement la tomographie par émission de
trice : positons) : lobectomie inférieure droite (ou pneumo-
– sous anesthésie générale, au bloc opératoire ; nectomie) et curage ganglionnaire.
– le chirurgien réalise une biopsie-exérèse de la lésion Chimiothérapie adjuvante postopératoire (ou péri-opé-
ou des biopsies dirigées ; ratoire) : 3 à 4 cycles d’une association de deux médi-
– si l’examen histologique extemporané conclut à un caments, dont un sel de platine (cisplatine ou carbopla-
carcinome, une chirurgie d’exérèse carcinologique tine) ;
peut être réalisée dans le même temps. Radiothérapie médiastinale complémentaire à discuter
NB. La ponction pulmonaire transpariétale au cours seulement en cas d’envahissement néoplasique des
d’un scanner thoracique est surtout utilisée si une chi- ganglions médiastinaux (N2).
rurgie d’exérèse n’est pas indiquée. Positive, elle per- Traitement antalgique en cas de douleur ; psychothéra-
met d’entreprendre un traitement. pie de soutien ; arrêt du tabac.
* 1. Antécédents familiaux : mort subite dans la sale, tachysystolie auriculaire, flutter auriculaire, tachy-
famille, cardiopathie dilatée ou hypertrophique, hérédité cardie jonctionnelle par réentrée intranodale ou sur voie
coronarienne. de conduction accessoire) avec aberration de conduc-
Antécédents personnels : cardiopathie connue de diver- tion (bloc de branche). Il peut aussi s’agir d’une tachy-
ses étiologies mais surtout ischémique et avec dysfonc- cardie ventriculaire monomorphe.
tion systolique ventriculaire gauche. * 6. En premier lieu, il faut évaluer la tolérance de la
Signes fonctionnels : douleur thoracique d’effort ou de tachycardie par le patient : pression artérielle, marbru-
repos, dyspnée d’effort, syncope, lipothymie, circons- res cutanées, dyspnée, signes d’insuffisance cardiaque
tances ou facteurs déclenchants des crises de palpita- gauche, état de vigilance, vertiges, flou visuel. Si la
tions. tachycardie est bien tolérée, il faut essayer de la réduire
* 2. Le souffle systolique est en rapport avec une aug-
par manœuvre vagale (massage carotidien unilatéral,
mentation du volume d’éjection systolique postextra- manœuvre de Valsalva, pression des globes oculaires).
systolique. Il est donc anorganique. Sinon, il faut proposer au patient une hospitalisation en
urgence en unité de soins intensifs de cardiologie avec
* 3. Compte tenu de l’existence d’extrasystoles ventri-
transport médicalisé par SAMU afin de le traiter, de
culaire sur l’ECG de repos, il faut effectuer :
faire le diagnostic de la tachycardie et de la réduire
– une échocardiographie transthoracique, à la recher- dans de bonnes conditions (sous anesthésie générale si
che d’une cardiopathie sous-jacente avec évaluation nécessaire).
de la fraction s’éjection ventriculaire gauche ; * 7. Il faut expliquer au patient que s’il s’agit d’une
– un ECG d’effort pour détecter une coronaropathie tachycardie ventriculaire, il y a un risque de mort
éventuelle et observer l’évolution de l’hyperexcita- subite si elle dégénère en fibrillation ventriculaire.
bilité ventriculaire à l’effort (aggravation ou amélio- Autrement, il existe un risque d’insuffisance cardiaque
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
197
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 198 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
redéclencher par stimulation électrique le trouble du sible un choc électrique externe par un défibrillateur
rythme du patient et en préciser l’origine. selon le tracé du scope, à plusieurs reprises si néces-
Sur le plan biologique, faire à l’entrée du patient : saire. C’est le traitement le plus efficace et le moins
ionogramme sanguin, fonction rénale, calcémie, CPK, dangereux sur le plan rythmologique pour le patient,
troponine, TP, TCA, NFS. à instaurer avant qu’une fibrillation ventriculaire ne
* 9. La première chose à faire est de vérifier l’exis- survienne (car la récupération d’un rythme sinusal est
tence du pouls carotidien ; en cas d’arrêt cardiocircu- moins probable). Il faut éviter d’administrer en pre-
latoire associé, il faut initier un massage cardiaque mière intention des antiarythmiques, qui exposent le
externe. Avec ou sans arrêt cardiocirculatoire, si le patient à des récidives ou des troubles de la conduc-
patient est inconscient, il faut réaliser le plus vite pos- tion secondaires.
nerf facial supérieur droit, déviation de la bouche) ; drome vestibulaire, paralysie faciale (avec la possi-
– un syndrome cochléovestibulaire droit (hypoacou- bilité d’un hémispasme facial séquellaire, rarement
sie, vertiges, nystagmus). d’un syndrome des larmes de crocodile) ;
• risque de brèche méningée (otorrhée, écoulement
Le diagnostic probable dans ce contexte est une frac-
ture du rocher, responsable de l’atteinte du nerf facial nasal, risque méningite), qui rend nécessaire une
et du labyrinthe droits. surveillance clinique à distance.
* 2. En cas de fracture du rocher, l’examen du conduit * 4. L’épisode évoque fortement une paralysie faciale
auditif interne révèle un hémotympan droit. aiguë idiopathique dite a frigore. Les arguments en
* 3. Il faut distinguer : faveur sont :
– les complications de la phase initiale : – la survenue au décours d’une exposition au froid
• le risque principal est le risque oculaire infectieux
(trajet prolongé en moto) ;
(comme devant toute paralysie faciale périphéri- – l’installation rapide (sur quelques heures à une jour-
que), lié au défaut de fermeture de la paupière : la née) ;
surveillance ophtalmologique est indispensable, – les douleurs rétroauriculaires précessives ;
avec protection oculaire (pansement occlusif, col- – la récupération en quelques semaines, qui est la règle
lyre antiseptique) ; dans la majorité des cas, même si 5 à 10 % des
• les risques liés au traumatisme (hématome intracrâ- patients conservent des séquelles au long cours.
nien, et notamment extradural) : surveillance médi- * 5. Les mesures principales sont la prévention du ris-
cale post-traumatique indispensable, au moins que oculaire (voir réponse 3). L’efficacité de la corti-
jusqu’au lendemain (céphalées, signe de localisa- cothérapie n’est pas prouvée. Elle est généralement
tion) et radiographies (recherche d’une fracture du préconisée (à doses rapidement dégressives) si le
crâne) ; patient est vu dans les 24 premières heures.
* 2. La présence d’un phénomène de Raynaud chez sa évidence une angiopathie organique, en faveur d’une
mère pourrait suggérer un phénomène primitif mais il origine secondaire.
y a ici trop d’arguments en faveur d’un phénomène * 4. La pathologie redoutée est la sclérodermie. Elle
secondaire pour envisager un phénomène de Raynaud est probable ici en raison de l’association au phéno-
198
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 199 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
mène de Raynaud de l’ulcération pulpaire et de la cica- * 7. La surveillance repose sur une surveillance clini-
trice déprimée, extrêmement évocatrices, et des râles que et sur des examens complémentaires à réaliser au
crépitants pulmonaires (pneumopathie interstitielle moins une fois par an : ECG, épreuves fonctionnelles
fibrosante liée à la sclérodermie possible). respiratoires avec mesure de la diffusion de l’oxyde de
* 5. Deux examens complémentaires sont utiles : la carbone, échocardiographie.
capillaroscopie, qui peut montrer une microangiopa- * 8. Le traitement comprend un traitement symptoma-
* 1. Syndrome néphrotique, devant la rétention hydro- Échographie rénale et Doppler des veines rénales.
sodée chez cette femme sans antécédent, et les urines Si cet examen ne permet pas de faire le diagnostic :
mousseuses qui témoignent d’une forte concentration TDM injectée ou angio-IRM abdominale.
des urines en protéines. * 3. Ionogramme sanguin : recherche d’un trouble
Bandelette urinaire à la recherche d’une albuminurie et métabolique (hyponatrémie, hypocalcémie).
dosage de la protéinurie des 24 h, de la protidémie et Urée, créatininémie : recherche d’une insuffisance
de l’albuminémie. rénale organique ou fonctionnelle.
Diagnostic différentiel : Électrophorèse des protéines sériques : recherche
– insuffisance cardiaque droite ou globale ; d’une hypogammaglobulinémie.
– hypertension portale ; Glycémie : recherche d’un diabète.
– néphropathie glomérulaire aiguë (syndrome néphri- Ionogramme urinaire : recherche d’un hyperaldostéro-
tique aigu) ; nisme secondaire (IR fonctionnelle).
– prise de certains traitements antihypertenseurs, en
Électrophorèse des protéines urinaires : caractère
particulier anticalciques ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
199
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 200 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
primitives (lésions glomérulaires minimes, hyalinose – diurétiques de l’anse d’emblée devant l’importance
segmentaire et focale, glomérulonéphrite extramembra- des œdèmes : furosémide, 40 à 80 mg/j. S’ils sont
neuse) ou secondaires (diabète, amylose). insuffisamment efficaces, possibilité d’ajouter un
* 4. Oui, la PBR doit être pratiquée. La biopsie rénale diurétique distal qui permettra d’empêcher la réab-
permet de faire le diagnostic de néphropathie gloméru- sorption distale du sodium et potentialisera l’effet du
laire, d’identifier son type histologique, et de préciser furosémide.
le pronostic de l’atteinte rénale. Il faut s’assurer que la Traitement anticoagulant pour la thrombose de la
pression artérielle est normale, ou contrôlée par le trai- veine rénale : héparine IVSE ou HBPM sous-cutanée,
tement antihypertenseur, qu’il n’y a pas de troubles de puis relais par antivitamines K.
l’hémostase (temps de saignement, INR, TCA, pla- Traitement antihypertenseur :
quettes), et qu’il existe bien deux reins non atrophi- – diurétique ;
ques. De plus, il faut expliquer au patient le risque de – inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou antagonis-
la biopsie (hémorragie, douleur essentiellement) et le tes des récepteurs de l’angiotensine II, qui ont aussi
bénéfice attendu. On peut parfois avoir recours à la l’intérêt de pouvoir faire diminuer la protéinurie ;
biopsie rénale par voie transjugulaire en cas de risque – autre antihypertenseur si nécessaire pour équilibrer
hémorragique (patiente sous traitement anticoagulant). la TA.
* 5. Pour diminuer les œdèmes : La corticothérapie et les immunosuppresseurs sont dis-
– régime sans sel strict et restriction des apports hydri- cutés en fonction du type histologique de la gloméru-
ques (< 500 mL/j) ; lopathie.
* 2. Le syndrome néphrotique sera confirmé par le Diurétiques si œdèmes importants : avec prudence, et
dosage de la protéinurie (> 50 mg/kg/j), l’hypoalbu- associés à une perfusion d’albumine pour une
minémie (< 30 g/L) et l’hypoprotidémie (< 60 g/L). meilleure efficacité (mettre directement le furosémide
Il est pur s’il est isolé, sans HTA, ni hématurie, ni dans le flacon d’albumine).
insuffisance rénale organique, et si la protéinurie est Pas d’immobilisation ; anticoagulant si hypoalbumi-
sélective. Il s’agit le plus souvent d’une néphrose némie inférieure à 16 g/L.
lipoïdique, ou néphropathie à lésions glomérulaires Suppléments calciques et vitamine D (Stérogyl gouttes).
minimes. Plus rarement d’une hyalinose segmentaire Corticothérapie :
et focale ou d’une glomérulonéphrite extramembra- – prednisone : 60 mg/m2/j sans dépasser 80 mg/j, pen-
neuse. dant 4 semaines, en 1 ou 2 prises ;
HTA : si elle est présente, elle est en faveur d’un syn- – si le syndrome néphrotique est inchangé ou qu’il per-
drome néphritique aigu, lui-même en rapport avec siste une proténurie : méthylprednisolone, 1 g/1,73m2,
une glomérulonéphrite aiguë (GNA), souvent postin- en 3 injections à 48 h d’intervalle. Le patient est dit
fectieuse. Dans le cas présent, il y a la notion d’une corticosensible si la protéinurie disparaît ;
rhinopharyngite, mais le délai n’est pas précisé. – puis, prednisone, 60 mg/m2 1 jour sur 2 pendant
Habituellement, le syndrome néphritique apparaît 8 semaines, puis diminution de 15 mg/m2 tous les
15 jours à 3 semaines après l’infection à streptocoque 15 jours (traitement de 4 mois et demi) ;
du groupe A. – si rechutes espacées (75 % des cas), reprise du même
Hématurie : elle est le témoin d’une lésion gloméru- schéma ;
laire proliférative, et donc dans le contexte doit faire – si corticodépendance, le traitement de base est la cor-
envisager une GNA. Elle peut aussi être observée dans ticothérapie discontinue prolongée ;
les glomérulonéphrites endocapillaires segmentaires et – l’adjonction de lévamisole peut espacer la fréquence
focales du purpura rhumatoïde. Ce diagnostic sera des rechutes (effet secondaire : neutropénie).
évoqué chez l’enfant s’il existe un purpura des mem- Traitement immunosuppresseur, si la maladie n’est pas
bres inférieurs, des douleurs abdominales et des maîtrisée par la corticothérapie. S’il existe plus de
arthralgies. deux rechutes par an, on peut utiliser :
200
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 201 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– les agents alkylants, par exemple l’Endoxan (cyclo- * 4. L’évolution est favorable à long terme pour les
phosphamide). Principal effet secondaire : insuffi- syndromes néphrotiques corticosensibles, guérissant
sance gonadique. habituellement sous traitement après une ou plusieurs
– le Cellcept (myophénolate mofétyl ou MMF). Effets rechutes (cf. fig. 328-1), mais 10 % des enfants sont
secondaires : cytopénie, diarrhée. corticorésistants et vont évoluer rapidement vers
– la ciclosporine A : elle permet le maintien en rémis- l’insuffisance rénale terminale nécessitant la dialyse et
sion de 75 à 90 % des cas. Mais en général, les la transplantation.
enfants corticodépendants sont également ciclospo-
rine-dépendants.
NEPHROSE CORTICOSENSIBLE
Ciclosporine, si besoin
* *
psoriasis, lichen, mycosis fongoïde, pemphigoïde bul- Métaboliques : diabète, insuffisance rénale possible
leuse, etc. liée au diabète et à l’HTA, hémopathie (tassements
Hygiène, mode de vie (lavages intempestifs, antisepti- vertébraux), myélome.
ques irritants, facteur contact). Médicaments : codéine.
Contexte d’ectoparasitose (prurit lors du séjour en Allergique : eczéma au bufexamac (AINS local aller-
maison de repos, contage, prurit collectif, caractère gisant).
nocturne, topographie évocatrice, etc.).
Sans cause évidente : prurit sénile sur xérose, prurit
Séjour en pays étranger : parasitose interne. psychogène (isolement).
Antécédents métaboliques, néoplasiques. * 3. NFS, vitesse de sédimentation, protéine C réac-
Traitements topiques. tive, urée, créatininémie, glycémie, bilan hépatique,
Évaluation psychologique. TSH, bilan phosphocalcique, protidémie, électropho-
Café, alcool. rèse des protéines plasmatiques, LDH, ferritinémie,
radio du thorax.
201
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 202 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 4. Éliminer une hémopathie : polyglobulie de * 6. Biopsie cutanée d’une bulle pour analyse anato-
Vaquez +++. mopathologique + immunofluorescence directe : sus-
* 5. Toilette avec savon doux (1 fois/jour au maximum), picion de pemphigoïde bulleuse (seul examen affir-
émollient quotidien, arrêt des topiques irritants (bufexa- mant le diagnostic).
mac), remplacement des antalgiques codéinés par une
autre famille d’antalgiques, soutien psychologique.
* 1. Probable pédiculose du cuir chevelu, eczématisée facilité par l’application préalable d’encre de Chine)
et infectée. ou les zones hyperkératosiques.
Recherche des parasites hématophages Pediculus * 4. Traitement local identique pour pédiculose et
humanus capitis : poux adultes bruns et mobiles ; len- gale : isolement, douche savonneuse, badigeon corps
tes blanchâtres immobiles adhérentes aux racines des entier (sauf tête) en insistant sur les plis, les mains, les
cheveux. organes génitaux par un scabécide local (benzoate de
* 2. Impétiginisation : antiseptique et/ou antibiotique benzyle : Ascabiol) à laisser 24 h. Une nouvelle appli-
antistaphylocoques/streptocoques. cation de 24 h pourra être renouvelée 7 jours après.
Pédiculose : shampooing doux, puis lotion à base soit Il est conseillé de traiter l’impétiginisation ou l’eczé-
de pyrèthre (Marie-Rose), soit de malathion (Prio- matisation avant l’application d’antiparasitaire (irri-
derm) pendant 24 h ; le lendemain, shampooing doux tant et risque infectieux de dissémination).
puis passer les cheveux au peigne fin pour éliminer les Le traitement oral par ivermectine (Stromectol, dose
lentes mortes ; la coupe des cheveux et le rasage faci- orale unique proportionnelle au poids) peut être pro-
litent le traitement ; laver bonnet et écharpe ; 2e appli- posé en cas de gale profuse, croûteuse ou chez l’immu-
cation à 7 jours si possible. nodéprimé.
Eczématisation : après traitement de l’impétiginisation Traitement simultané des vêtements et de la literie
et de la pédiculose, dermocorticoïdes de classe II. impératif : lavage à 60 °C ou pulvérisation avec insec-
* 3. Pédiculose corporelle (Pediculus humanus corpo-
ticide (type A-Par), puis lavage simple au bout de
ris) : recherche de l’insecte hématophage dans les 12 h ; attention si asthme.
vêtements, en particulier au niveau des coutures et
Attention aux lésions sous le plâtre : source de traite-
emmanchures.
ment incomplet ou de réinfestation.
Gale : recherche de l’acarien (Sarcoptes scabiei homi-
* 5. Eczéma surinfecté (diagnostic différentiel princi-
nis) par grattage au vaccinostyle des lésions épidermi-
ques et examen au microscope optique à la recherche pal de la gale).
de l’adulte mobile et des œufs. Les lésions sont des Cholestase (probable terrain alcoolique).
vésicules terminant les sillons interdigitaux (repérage Lymphome.
* 1. Examen clinique complet. Prise de pression arté- Signes négatifs pour un purpura révélant une hémopa-
rielle. thie : absence d’adénopathies, d’hépatosplénomégalie,
Examen cutanéomuqueux pour définir l’étendue des de pâleur cutanéomuqueuse (anémie).
lésions, recherche de lésions sous-cutanées (palpa- * 2. Purpura rhumatoïde : sémiologie cutanée très
tion). évocatrice (purpura infiltré, déclive), arthralgies pro-
Examen articulaire à la recherche d’une arthrite (gon- bables, état général peu modifié, maladie commune
flement articulaire, limitation des mouvements). chez l’enfant.
Recherche à l’interrogatoire de douleurs abdominales, Œdème aigu hémorragique : lésions peu nombreuses,
troubles du transit (diarrhée, vomissements), de rector- de grande taille, siégeant souvent au visage et extrémi-
ragies ; examen abdominal soigneux. tés, enfant plus jeune (avant 2 ans).
Signes négatifs pour un purpura fulminans : absence Urticaire hémorragique : pas de prurit, pas de facteurs
de syndrome méningé, de signes de choc septique (pas infectieux ou médicamenteux déclenchants. Tableau
d’aspect toxique et pression artérielle normale) ou de d’urticaire avec lésions en cocardes et arthralgies pos-
CIVD (purpura nécrotique). sibles dans le tableau de pseudo-maladie sérique, com-
202
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 203 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
mun chez l’enfant traité pour une virose par antibioti- En cas de complications digestives (dans 10 % des cas,
ques. hémorragies digestives : hématémèse, méléna, rector-
* 3. Confirmation de l’absence de thrombopénie et de ragies ; invaginations iléo-iléales, perforations intesti-
l’absence d’atteinte des autres lignées. Signes en nales) : hospitalisation pour suivi clinique et échogra-
faveur d’un purpura vasculaire et, compte tenu du phique et prise en charge médicochirurgicale.
contexte, d’un purpura rhumatoïde. En cas de complications rénales : dans 5 % des cas,
Les schizocytes (hématies fragmentées) peuvent se une glomérulonéphrite survient et représente la princi-
voir dans les purpuras thrombotiques thrombocytopé- pale complication du purpura rhumatoïde, mais guérit
niques, qui prennent l’aspect d’un syndrome hémolyti- spontanément en moins de 24 mois dans la majorité
que et urémique chez le jeune enfant, considération des cas.
diagnostique écartée ici.
Sinon, traitement symptomatique initial, repos au lit
* 4. Confirmation de la vascularite cutanée et du dia-
non obligatoire.
gnostic de purpura rhumatoïde. La présence d’IgA
* 7. De nouvelles poussées peuvent survenir dans les
périvasculaires est un bon marqueur du purpura rhu-
matoïde dans un contexte de vascularite leucocytocla- semaines et mois suivants, sans retentir nécessaire-
sique, mais rarement trouvé en pratique. ment sur le pronostic. Le pronostic global est excel-
La biopsie cutanée n’est pas obligatoire devant le lent (rémission complète spontanée chez 95 % des
tableau typique présenté par cet enfant. enfants).
* 5. Dans une forme typique comme celle-ci, peu d’exa- * 8. Oui, insister sur la nécessité d’une surveillance à
* 1. Purpura fulminans : purpura nécrotique extensif + d’un traitement antibiotique approprié aux infections à
syndrome infectieux grave, fièvre élevée et altération méningocoques, administrée si possible par voie intra-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
203
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 204 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Il faut rechercher d’autres signes fonctionnels et diagnostic présumé, avec mise en évidence d’une dila-
physiques : tation des cavités droites (oreillette droite et ventricule
– des hépatalgies d’effort (comme des points de côté droit), de l’anneau pulmonaire et de l’artère pulmo-
toujours situés dans l’hypochondre droit) ; naire, une hypertension artérielle pulmonaire en Dop-
– une cyanose des extrémités notamment à l’effort, un pler, avec débit pulmonaire augmenté, et une visuali-
gonflement occasionnel des chevilles ; sation de la communication interauriculaire en
– des infections bronchiques fréquentes (plusieurs par Doppler couleur voire directe d’un défect.
an) et longues à soigner ; * 4. L’existence même de symptômes chez cette ado-
– de la fièvre au long cours ou des frissons répétitifs lescente est un signe de gravité. L’échocardiographie
isolés évocateurs d’une greffe oslérienne ; Doppler transthoracique permet de calculer le rapport
– des signes d’insuffisance cardiaque droite : hépato- des débits droit et gauche de manière non invasive. Si
mégalie, reflux hépatojugulaire ou turgescence jugu- celui-ci est supérieur à 1,5, on peut en conclure que le
laire spontanée, œdèmes des membres inférieurs. shunt gauche droit est important. Une dilatation des
* 2. L’auscultation et l’âge de survenue des symptô- cavités droites et une hypertension artérielle pulmo-
mes évoquent une probable communication interauri- naire sont aussi des signes de retentissement du shunt
culaire. Le souffle mésosystolique au foyer pulmo- interauriculaire.
naire est en rapport avec l’augmentation du débit * 5. La forme anatomique de la communication auri-
pulmonaire, secondaire à l’importance du shunt gau- culaire peut être étudiée par échocardiographie transœ-
che-droit. sophagienne (ETO). La connaissance de celle-ci est
* 3. On réalise facilement un ECG de repos à la déterminante pour décider du mode de fermeture à
recherche d’une hypertrophie auriculaire droite, d’un employer. Les ostium secundum et les sinus venosus
bloc de branche droit complet avec rotation axiale sont accessibles à une fermeture percutanée par cathé-
droite des QRS ; une radio de thorax de face et profil térisme ; l’ostium primum est plutôt refermé chirurgi-
démontrant une hypertrophie auriculaire droite (dou- calement car il est très proche de la valve mitrale. Par
ble bosse de l’arc inférieur droit) et une hypertrophie ailleurs, l’ETO permet de rechercher des malforma-
bilatérale des hiles pulmonaires ; une échocardiogra- tions associées, notamment un retour veineux pulmo-
phie transthoracique avec Doppler, qui confirme le naire anormal. Si l’ETO n’est pas réalisable, un cathé-
204
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 205 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
térisme droit peut la remplacer pour localiser la port de débit > 1,5, un retentissement sur les cavités
communication, rechercher d’autres anomalies telles droites et une hypertension pulmonaire, il faut poser
que le retour veineux pulmonaire anormal, calculer le l’indication de fermeture du shunt avant l’apparition
rapport des débits et mesurer les pressions droites. de signes physiques d’insuffisance cardiaque droite.
* 6. On peut pratiquer un ECG d’effort puisque les Selon la forme anatomique constatée, la fermeture est
palpitations sont décrites à l’effort ou bien un Holter- réalisée par voie percutanée grâce à des prothèses posi-
ECG des 24 heures à la recherche de troubles du tionnées par cathétérisme droit par voie veineuse cen-
rythme auriculaire, fréquemment associés à cette trale sous anesthésie générale, ou bien par voie chirur-
pathologie. gicale grâce à un patch de tissu péricardique prélevé
* 7. Si le bilan complet confirme le diagnostic de com- chez la patiente sous circulation extracorporelle et
munication interauriculaire symptomatique avec rap- anesthésie générale.
Examen à l’ophtalmoscope, reflets, suivi de la lumière, Cache alterné à la maison pour éviter une amblyopie.
lueur pupillaire. Plus tard, acuité visuelle pour affirmer une éven-
Examen du fond d’œil, ± examen sous anesthésie tuelle amblyopie et chirurgie si la déviation reste
générale. inesthétique.
205
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 206 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– si négatif, sérologie EBV : si IgM anti-EBV, dia- – si négatif et IgM anti-EBV négatif, sérologie HIV,
gnostic confirmé ; HAV, HCV, HBV.
* 4. Cela montre qu’il s’agit d’une thrombocytopénie (Si mononucléose infectieuse, point négatif car pas de
vraie puisqu’il n’y a pas d’amas de plaquettes. syndrome mononucléosique, pas de syndrome pha-
* 5. Thrombocytopénie centrale. Contre : l’absence ryngé, pas d’éruption.)
d’atteinte des autres lignées. * 8. Oui, le lupus érythémateux aigu disséminé.
* 1. Une toux équivalent d’asthme (hyperréactivité NB. Le traitement d’épreuve de la rhinite (lavage des
bronchique), du fait : cavités nasales au sérum physiologique ou sérum salé
– du déclenchement par l’effort, le froid, le rire, les hypertonique, antihistaminiques anti-H1, vasocons-
irritants non spécifiques (tabagisme passif) ; tricteurs locaux, bromure d’ipratropium nasal) est sou-
– des antécédents allergiques (rhinite allergique) ; vent préféré à la réalisation d’investigations complé-
– des « sifflements » occasionnels perçus par la patiente. mentaires.
Un écoulement nasal postérieur, du fait : * 3. Inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angio-
– spirométrie à la recherche d’un trouble ventilatoire (d’autant qu’il existe une surcharge pondérale) :
obstructif réversible ; – mesure diagnostique, représentée par le test théra-
– en l’absence de trouble ventilatoire obstructif, faire peutique du reflux gastro-œsophagien, incluant :
• mesures diététiques : éviction du thé, café, de
un test de provocation par la métacholine à la recher-
che d’une hyperréactivité bronchique ; l’alcool, du chocolat ;
• surélévation de la tête du lit ; éviter le décubitus en
– le test thérapeutique par les bronchodilatateurs inha-
lés est également utile, habituellement efficace en période postprandiale ;
une semaine ; parfois les corticoïdes inhalés, voire • médicaments prokinétiques (métoclopramide) et
une corticothérapie orale (prednisone 20-40 mg/j inhibiteurs de la pompe à protons (ou antisécrétoi-
pendant une semaine) sont nécessaires. res anti-H2) à forte posologie (par exemple, omé-
Rechercher un écoulement nasal postérieur : prazole : 40 mg/j pendant 12 semaines) ;
– examen ORL spécialisé recherchant des signes de – examen complémentaire : pH-métrie des 24 heures
rhinite ou sinusite chronique (écoulement des ostiums événementielle, avec notation des horaires de toux
sinusiens), un écoulement pharyngé postérieur ou des (examen de référence).
signes indirects (pharyngite, laryngite) ; NB. Le reflux gastro-œsophagien est le plus souvent
– scanner des sinus à la recherche d’une sinusite chro- asymptomatique et doit être recherché systématique-
nique. ment si les autres causes fréquentes sont absentes, sur-
206
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 207 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
tout s’il existe une surcharge pondérale. L’amaigrisse- – vomissements (toux émétisante) ;
ment constitue un élément essentiel de la prise en – prolapsus génital ; hernie inguinale, crurale, ombili-
charge, mais ne peut être inclus dans le test thérapeuti- cale ; éventration (si antécédent chirurgical) ;
que. La pH-métrie des 24 heures n’est parfois réalisée – fracture costale ;
qu’en cas d’échec du traitement d’épreuve. Une œso-
phagogastroscopie peut également être pratiquée à la – syncope (ictus laryngé, toux syncopale) ;
recherche des complications du reflux. – insomnie, céphalées, anorexie ;
* 5. On interroge la patiente sur une éventuelle incon- – handicap social et gêne de l’entourage ;
tinence urinaire révélée par la toux. – rarement : pneumothorax, pneumomédiastin, aggra-
NB. Les autres complications de la toux sont plus aisé- vation d’une insuffisance respiratoire par épuise-
ment signalées par le patient ou décelées à l’examen : ment.
* 1. Toux chronique évoluant depuis 7 ans, sans inter- NB. La localisation des bronchectasies est caractéristi-
valle libre ni variations saisonnières ; caractère produc- que de l’atteinte pulmonaire de la mucoviscidose. On
tif de la toux (bronchorrhée chronique) avec ronchi pourrait discuter aussi sur ce cliché un comblement de
témoignant d’un encombrement bronchique chronique. la fenêtre aortopulmonaire (grosse artère pulmonaire,
L’aspect des selles évoque une pathologie digestive adénopathie).
associée (malabsorption, maldigestion ou infection). * 4. Le diagnostic de mucoviscidose est le plus pro-
On recherche : bable :
– l’existence d’une pathologie ORL associée (sinusite, – bronchectasies diffuses prédominant dans les som-
rhinorrhée), orientant vers le diagnostic de dyskiné- mets ;
sie ciliaire ou mucoviscidose ; – probable malabsorption ;
– l’existence d’une hypersudation et d’une sueur salée, – hypersudation ;
observées dans la mucoviscidose ; – retentissement sur l’évolution staturopondérale.
– l’existence d’une pathologie néonatale à type d’iléus * 5. Le seul examen complémentaire à demander est
méconial (orientant vers le diagnostic de mucovisci- un test de la sueur réalisé dans un centre de référence.
dose), ou retard de résorption (syndrome de tachyp- Un taux de chlore supérieur à 60 mEq/L pour une
née transitoire néonatale) observé dans le cas d’une quantité de sueur recueillie supérieure à 100 mg
dyskinésie ciliaire ; affirme le diagnostic.
– l’existence de maladies infectieuses récidivantes Il pourra être ultérieurement complété par une analyse
(diarrhée, infections cutanées, pathologies suppu- génétique à la recherche d’une mutation du gène
rées), observées en cas de déficit immunitaire. CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane conductance
NB. Devant une bronchorrhée chronique de début pré- Regulator).
coce, les hypothèses diagnostiques comportent une * 6. Staphylococcus aureus, Haemophilus influenzae,
dyskinésie ciliaire primitive, une mucoviscidose et un Pseudomonas aeruginosa (plus tardivement).
déficit immunitaire. * 7. Prise en charge dans un centre spécialisé (centre
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
207
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 208 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Panendoscopie sous anesthésie générale, avec tra- dectomie chirurgicale par laryngotomie), soit plutôt
chéobroncho-œsophagoscopie et biopsies multiples par voie endoscopique (cordectomie au laser).
après vérification de la coagulation et consultation L’hospitalisation est d’environ 2 à 3 jours ;
anesthésique : pour vérifier l’extension tumorale – radiothérapie externe localisée au plan glottique
exacte, rechercher la présence d’autres localisations, (irradiation en « boîte laryngée », sans irradiation
préciser le stade TNM. Le schéma complet initial est des aires ganglionnaires cervicales). La durée du
indispensable à la décision thérapeutique. Les biopsies traitement est de 6 à 8 semaines. Les résultats fonc-
permettent l’établissement du diagnostic anatomopa- tionnels vocaux sont généralement supérieurs à la
thologique précis. chirurgie.
Cliché thoracique : pour vérifier l’absence d’autre La décision thérapeutique dépend de l’âge du patient et
localisation et/ou de métastases. de son activité socioprofessionnelle.
TDM laryngée et cervicale : pour vérifier le caractère * 4. Le pronostic est très bon (survie à 5 ans supé-
superficiel de la lésion, l’absence d’extension extra- rieure à 80 %). Le risque de récidive est faible.
cordale (espace paraglottique, cartilage thyroïde), et
* 5. Suppression de l’intoxication tabagique, aide au
confirmer l’absence d’adénopathies cervicales infra-
sevrage.
cliniques.
Mise en œuvre de la surveillance clinique par examen
Bilan biologique minimal : NFS-plaquettes, coagula-
ORL, comprenant un examen par fibroscopie pharyn-
tion, pour certains, bilan biologique hépatique. Pas de
golaryngée. Le but est double, vérifier l’absence de
marqueurs tumoraux.
récidive tumorale et dépister l’apparition d’une lésion
Vérification de l’état dentaire (consultation odontosto-
métachrone des VADS, répondant au même facteur de
matologique).
risque éthylotabagique :
* 2. Diagnostic le plus probable : carcinome épider-
– tous les 3 mois jusqu’à 2 ans ;
moïde de la corde vocale droite, T1N0M0 (confirma-
tion définitive donnée après panendoscopie et bilan – puis tous les 4 mois jusqu’à 3 ans ;
d’extension). – puis tous les 6 mois jusqu’à 5 ans ;
* 3. Il existe plusieurs modalités thérapeutiques : – puis tous les ans.
– ablation de la corde vocale (sans traitement des aires Pas d’indication d’imagerie post-thérapeutique systé-
ganglionnaires), effectuée soit par voie externe (cor- matique (en dehors d’un cliché pulmonaire annuel).
208
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 209 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
Endocrinien : taille et poids, pilosité et téguments, pal- La dysfonction érectile est cependant le plus souvent
pation des seins. multifactorielle.
Recherche des signes orientant vers une étiologie psy- * 6. On propose une psychothérapie et une thérapie
chogène : stress, présentation générale (hygiène, vête- comportementale : pour diminuer l’anxiété de perfor-
ments, attitude). mance, améliorer le désir sexuel et l’intimité du cou-
* 4. Oui, il faut prescrire des examens complémentai- ple, apporter un soutien psychologique et sexologique.
res, c’est-à-dire un bilan hormonal car diminution de la Un traitement médical oral type sildénafil (inhibiteur
libido : testostéronémie, puis LH et prolactinémie si de la 5-phosphodiesterase) per os peut être prescrit.
hypotestostéronémie. Différencier une origine centrale * 7. Évaluation objective par le questionnaire IIEF,
sauf le facteur VII. Son allongement est dû à la dimi- formation du plasminogène en plasmine : celle-ci
nution des facteurs synthétisés par le foie (entre détruit la fibrine mais aussi le fibrinogène et d’autres
autres : II, V et X et IX). En effet, le foie est le lieu de facteurs de coagulation. La plasmine est normale-
synthèse de la majorité des facteurs de coagulation et ment inhibée par l’alpha-2-antiplasmine synthétisée
une insuffisance hépatique entraîne des déficits multi- par le foie et qui est aussi diminuée chez cette
ples. La sévérité des déficits est liée à la sévérité de patiente.
l’insuffisance hépatique. * 8. La recherche complémentaire d’une hyperfibri-
209
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 210 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Éléments essentiels : hémorragies muqueuses en façon parallèle, et les déficits qualitatifs (type 2), où
faveur d’une pathologie de l’hémostase primaire. l’activité est diminuée et l’antigène normal ou sub-nor-
Maladie hémorragique d’origine constitutionnelle pro- mal. Le défaut qualitatif est une anomalie d’interaction
bable car premières manifestations dans l’enfance et avec les plaquettes due à une affinité pour la GPIb pla-
notion d’antécédents familiaux. quettaire diminuée (type 2A ou 2M) ou augmentée
* 2. S’assurer qu’il n’y a pas eu de prise médicamen- (type 2B). La distinction des différents types a des
teuse type salicylés dans les jours précédant le bilan conséquences thérapeutiques : elle se fait grâce à des
biologique. Tout médicament interférant avec les fonc- tests spécialisés (mesure de l’agrégation des plaquettes
tions plaquettaires rend inutile une exploration pla- en présence de ristocétine ; étude de la distribution des
quettaire pendant 10 jours. multimères de facteur Willebrand).
* 3. Anémie microcytaire : les hémorragies fréquentes
Un type rare de maladie de Willebrand est le type 2N,
et répétées (en particulier les ménorragies) ont pu qui est lié à un défaut de liaison du facteur Willebrand
entraîner une carence martiale, à objectiver par le au facteur VIII. Le phénotype est celui d’une hémophi-
dosage du fer sérique et de la transferrine ou par le lie A mineure, avec un déficit en facteur VIII mais un
dosage de la ferritine.
TS et un taux de facteur Willebrand (activité cofacteur
Allongement du temps de saignement associé à un de la ristocétine) normaux.
allongement modéré du TCA, sans anomalie du nom-
* 6. La prise en charge globale d’une maladie de
bre des plaquettes ni du taux de fibrinogène : anomalie
de l’hémostase primaire évoquant une maladie de Willebrand relève du spécialiste. Il faut savoir que la
Willebrand ou une thrombopathie. desmopressine, ou DDAVP, en injection IV (Mini-
* 4. Le diagnostic le plus probable est la maladie de
rin) ou pulvérisation nasale (Octim), augmente de 2 à
Willebrand, qui est plus fréquente que les thrombopa- 4 fois le taux de base du facteur Willebrand en
thies. Dans la forme la plus courante, elle associe un 30 minutes, en stimulant son relargage par les cellu-
allongement du TS (le déficit en facteur Willebrand les endothéliales. Elle est généralement efficace chez
entraîne un défaut d’adhésion des plaquettes) et un les sujets de type 1, d’où l’utilité d’un test thérapeu-
allongement du TCA (le déficit en facteur Willebrand tique. La correction est transitoire (demi-vie du fac-
est associé à un déficit en facteur VIII : en effet, le fac- teur Willebrand : 12 h) mais peut suffire pour une
teur Willebrand circule dans le sang lié au facteur VIII, intervention mineure. L’administration peut être
qu’il protège de la dégradation). Les hémorragies répétée toutes les 12 ou 24 heures, avec le risque que
muqueuses sont très évocatrices des anomalies de les administrations fréquentes conduisent à une
l’hémostase primaire, et en particulier de la maladie de tachyphylaxie.
Willebrand. * 7. Mesures complémentaires : proscrire les injec-
* 5. Comment affirmer le diagnostic : tions IM, l’aspirine et les autres antiagrégants plaquet-
– dosage du facteur VIII ; taires. Déterminer le groupe sanguin (groupe ABO,
– dosage du facteur Willebrand : dosage de l’activité Rh) et les sérologies virales (hépatites, VIH). En fonc-
(mesure du cofacteur de la ristocétine) et dosage tion des résultats, vacciner contre les hépatites A et
immunologique. B. Traiter la carence martiale (anémie microcytaire
Le dosage immunologique du facteur Willebrand per- due aux hémorragies). Remettre à la patiente une carte
met de différencier les déficits quantitatifs (type 1 et avec le diagnostic, les résultats des tests, le groupe san-
type 3), où l’activité et l’antigène sont diminués de guin, et l’orienter vers un spécialiste.
210
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 211 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. La pollakiurie se définit par la survenue de mic- * 4. En présence d’un adénome de prostate, il faut
tions trop fréquentes (> 8 mictions/24 heures) et peu demander :
abondantes (< 100 mL). – un ECBU ;
Pour s’assurer de l’existence d’une pollakiurie vraie, il – une échographie prostatique pour évaluer le volume
est très utile de demander au patient de réaliser un cata- de la glande par voie transrectale ;
logue mictionnel. Il suffit de consigner sur une feuille – une débit-métrie mictionnelle (volume uriné
pour une période donnée le nombre de mictions quoti- > 150 mL pour être valable) ;
diennes et le volume de chacune d’entre elles. – un dosage du PSA, dont le seuil de normalité est
* 2. Les causes de pollakiurie sont classées selon trois défini à 4 ng/mL.
catégories : * 5. Le patient est en rétention aiguë d’urines. Il faut
– syndromes irritatifs (fréquents) : infection urinaire à réaliser un drainage vésical progressif pour éviter une
germes banals, tumeur de vessie, corps étranger (cal- hémorragie a vacuo au cours d’un sondage vésical
culs, fils…) ; atraumatique.
– syndromes obstructifs (fréquents) : prostate (adé- Il existe deux modes de drainage des urines vésicales :
nome, adénocarcinome, prostatite) ; urètre (infec- le sondage urétral et le cathétérisme sus-pubien.
tion, sténose intrinsèque ou extrinsèque) ; Les contre-indications du sondage urétral sont une sus-
– réduction de la capacité vésicale (rare) : tuberculose picion de traumatisme de l’urètre (traumatisme du bas-
urogénitale, bilharziose, vessie radique, tumeurs pel- sin, contexte de polytraumatisme), une prostatite
viennes de voisinage par compression extrinsèque. aiguë, un antécédent de sténose urétrale chez le jeune
garçon.
Chez ce patient, le diagnostic le plus probable est celui
Les contre-indications du cathétérisme sus-pubien
d’adénome de la prostate.
sont l’absence de globe vésical, des troubles sévères de
* 3. En présence d’une hyperplasie bénigne de la pros-
l’hémostase (ou patient avec traitement anticoagulant),
tate, le patient peut se plaindre de : caillotage vésical (prodrome : hématurie macroscopi-
– signes obstructifs : retard au démarrage, jet en que), suspicion de tumeur de vessie, pontage artériel
pomme d’arrosoir, jet faible, gouttes retardataires, rétropubien (pontage croisé fémoro-fémoral).
mictions en deux temps, mictions prolongées, réten- * 6. Traitement chirurgical de l’adénome par résection
tion complète ou incomplète, miction par regorge- transurétrale de la prostate ou adénomectomie voie
ment ; haute (décidé en fonction de la taille de la glande) sous
– signes irritatifs : pollakiurie, impériosité, mictions anesthésie générale. En effet, ce patient présente des
nocturnes, urgence mictionnelle, volume mictionnel troubles mictionnels sévères et un épisode de rétention
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
* 1. Le diagnostic évoqué est une sclérose en plaques, situ, tumeur de vessie, endométriose, calcul vésical
devant : ou du bas uretère, corps étranger ;
– le terrain : femme âgée de 23 ans ; – l’instabilité vésicale ;
– l’histoire clinique : dissémination des signes dans – les autres causes de vessie neurologique hyperactive
l’espace et dans le temps avec une probable névrite d’origine centrale : maladie de Parkinson, trauma-
optique rétrobulbaire il y a 3 mois. tisme et compression médullaire, accident vasculaire
* 2. Les autres causes d’impériosité chez la femme sont : cérébral.
– les causes d’irritation vésicale : cystite infectieuse, * 3. Il faut demander les examens suivants :
211
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 212 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
facteurs favorisants : IVG, DIU ; gonocoques, anaérobies (risque augmenté chez les
– leucorrhées ; femmes à partenaires multiples.
– métrorragies ; Gestes endo-utérins : IVG, curetage, DIU, hystérosal-
pingographie.
– défense hypogastrique ;
* 5. Cœlioscopie : adhésiolyse, évacuation d’un pyo-
– douleur à la mobilisation utérine. salpinx, d’un abcès de l’ovaire, lavage du pelvis.
Éléments paracliniques : Double antibiothérapie IV : Augmentin + cycline ou
– hyperleucocytose ; Augmentin + ofloxacine.
– élévation de la CRP ; Repos.
– PV, ECBU : bactériologie + antibiogramme ; Prélèvements et traitements des partenaires.
* 1. Signes fonctionnels associés tardifs et non spéci- La cœlioscopie ou la laparotomie d’emblée avec biop-
fiques : douleurs abdominopelviennes, métrorragies, sies et examen extemporané affirment définitivement
troubles du transit. le diagnostic de cancer de l’ovaire.
Examen clinique, le plus souvent pauvre, parfois évi- * 2. Stade I : tumeur limitée aux ovaires.
dent dans les formes évoluées : ascite. Stade II : tumeur atteignant un ou deux ovaires, avec
Échographie : masse de contours irréguliers, de contenu extension au pelvis.
hétérogène (solide et liquide), avec cloisons et/ou végé- Stade III : implants péritonéaux histologiquement
tations endo et exokystiques et lame d’ascite. prouvés au-delà du pelvis et/ou adénopathies inguina-
Le CEA et le CA 125 peuvent être élevés, mais ne sont les ou rétropéritonéales.
ni constants, ni spécifiques. Le CA 125 a plus de Stade IV : métastases à distance.
valeur chez la femme ménopausée, du fait de la moin- * 3. Essentiellement péritonéale : maladie régionale.
dre prévalence des autres causes d’élévation. Également lymphatique, vers les ganglions iliaques et
L’IRM ou le scanner apportent des précisions complé- lomboaortiques.
mentaires sur le plan diagnostique et pour le bilan Et sanguine : métastases à distance.
d’extension. * 4. Chirurgie radicale comprenant :
212
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 213 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
– une cytologie péritonéale et des biopsies péritonéales – des curages iliaques bilatéraux et lomboaortiques
multiples ; dans les formes avec exérèse chirurgicale apparem-
– une hystérectomie totale et une annexectomie bilaté- ment complète.
rale ; Chimiothérapie.
– une omentectomie ; * 5. Pour les filles : surveillance régulière de l’écho-
– une appendicectomie ; graphie gynécologique et du CA 125 plasmatique.
* 1. Recherche d’une adénopathie satellite et étude de rence car les taux d’anticorps sont déjà élevés et ne se
ses caractéristiques. modifient pas.
Examen de la muqueuse buccale, de la conjonctive, du Le diagnostic est ici purement clinique, au mieux
reste du revêtement cutané, à la recherche de lésions confirmé par la mise en évidence d’un effet cytopatho-
cutanées associées orientant le diagnostic. gène à l’examen au microscopie optique d’un frottis
* 2. Cette patiente présente des ulcérations génitales coloré.
isolées douloureuses, multiples et récidivantes. Le * 4.Un traitement préventif peut permettre d’empê-
caractère récurrent et spontanément régressif élimine cher ou d’espacer les récidives. Il est indiqué ici puis-
une syphilis, un chancre mou, voire une gale. que la patiente présente au moins 6 récurrences par an.
Elle ne prend aucun médicament, ce qui exclut une Le traitement proposé est le Zélitrex, à raison de 1 cp
cause iatrogène comme un érythème pigmenté fixe. par jour en prise continue pendant 18 mois au moins.
Elle n’a pas d’aphte buccal, ce qui élimine une aphtose Une prise en charge psychologique semble devoir être
bipolaire. proposée ici vu le retentissement de la maladie sur la
Le diagnostic le plus probable est celui de récurrence qualité de vie de cette patiente et les phénomènes
herpétique génitale. Les ulcérations superficielles mul- anxieux qu’elle développe.
tiples succèdent aux vésicules du bouquet herpétique, * 5. Il s’agit probablement d’aphtes buccaux et non
elles surviennent toujours au même endroit à la face pas d’un herpès endobuccal ; le caractère douloureux
interne de la grande lèvre, s’accompagnant d’une et récidivant, la survenue chez une adolescente, la
dysurie. Elle décrit par ailleurs les prodromes typi- localisation, l’aspect et la multiplicité des lésions sont
ques : sensation de fourmillement, prurit… Un facteur typiques. Le caractère unipolaire de l’aphtose,
déclenchant menstruel est possible. l’absence d’atteinte cutanée ou ophtalmologique ren-
* 3. La confirmation du diagnostic nécessiterait la dent peu probable une maladie de Behçet.
mise en évidence du virus dans les lésions génitales. * 6. Il n’existe pas d’examen complémentaire spécifi-
La sérologie herpétique est sans intérêt en cas de récur- que de l’aphtose.
* 1. Illusion de déplacement rotatoire des objets, nau- droit (brûlures et allodynie de l’hémicorps gauche res-
sées et vomissements, ataxie, déviation des index, nys- pectant la face), dans le cadre d’un syndrome de Wal-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
213
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 214 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
* 1. Le diagnostic à évoquer est une sténose hypertro- – en coupe transversale : aspect en cocarde, diamètre
phique du pylore, devant : de l’olive > 15 mm, épaisseur de la couche muscu-
– l’âge : vomissements entre 3 et 6 semaines de vie ; laire > 4 mm ;
– les vomissements de plus en plus tardifs après les – en coupe longitudinale : longueur du pylore > 20 mm,
repas ; peu de passages pyloriques.
– l’absence d’amélioration par les traitements habi- * 4. Le traitement est chirurgical : c’est la pylorotomie
tuels ; extramuqueuse. Réalisée par voie sous-costale droite
– la stagnation ou la perte pondérale ; ou par voie ombilicale, elle consiste à inciser la séreuse
– l’appétit conservé ; et le muscle pylorique jusqu’au plan sous-muqueux
– la constipation associée ; sans ouvrir la muqueuse.
– le sexe (garçon) et la notion de premier-né. * 5. La préparation préopératoire est importante :
* 2. L’examen clinique recherche : – enfant à jeun, en proclive ;
– une voussure épigastrique accompagnée d’ondula- – pose d’une sonde gastrique mise en siphonage ;
tions péristaltiques visibles à jour frisant ; – bilan biologique recherchant : une alcalose hypo-
– l’olive pylorique : masse oblongue dans l’hypochon- chlorémique, une hypokaliémie, une hypochlorurie ;
dre droit.
– pose d’une voie veineuse périphérique ;
L’examen clinique apprécie également le retentisse-
ment : – correction des troubles hydroélectrolytiques par la
perfusion d’un soluté composé initialement de glu-
– signes de déshydratation : muqueuses sèches, pli
cosé 5 % + NaCl (5 g/L) + gluconate de Ca (1 g/L) +
cutané persistant, fontanelle déprimée ;
KCl (2 g/L).
– signes de dénutrition : fonte des masses musculaires,
disparition du panicule adipeux, plis de dénutrition. La surveillance repose sur :
* 3. L’examen clé pour le diagnostic est l’échographie – la clinique : disparition des signes de déshydratation,
abdominale, effectuée par un opérateur entraîné. Elle reprise d’une diurèse, reprise pondérale ;
montre l’hypertrophie du muscle pylorique, en région – la biologie : correction progressive des anomalies du
sous-hépatique : ionogramme et de la réserve alcaline, de la chlorurie.
* 1. Il faut rechercher rapidement des signes de mau- résiduelle du cholédoque responsable d’une angio-
vaise tolérance hémodynamique des vomissements cholite et/ou d’une pancréatite aiguë). Rechercher
(déshydratation) et de l’hémorragie digestive : des crises de douleurs biliaires, la notion d’urines
– tachycardie, hypotension artérielle ; foncées, de frissons, éventuellement d’un ictère ;
– pli cutané, sécheresse buccale, troubles de la – malgré l’absence de fièvre, l’examen clinique doit
conscience ; rapidement éliminer la possibilité d’une méningite
– présence d’un méléna au TR, qui peut traduire l’exis- (notion de contage, raideur méningée, purpura).
tence d’un saignement abondant. * 3. Bilan biologique : NFS (recherche d’une anémie,
214
111632NBS_ORIENT_reponse.fm Page 215 Mercredi, 9. août 2006 3:55 15
voire cathétérisme rétrograde des voies biliaires que en fonction des résultats du bilan.
(CPRE) pour sphinctérotomie en cas de lithiase rési- Transfusion en cas d’anémie (Hb < 8 g/dL) et endos-
duelle. En cas de pancréatite aiguë, une TDM abdo- copie œsogastroduodénale.
minale avec injection est indiquée pour évaluation Traitement étiologique ++.
des lésions ; En l’absence de traitement spécifique applicable (par
– méningite aiguë : ponction lombaire après TDM exemple, gastroentérite) : traitement antiémétique
cérébrale. symptomatique.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
215