These 1
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TITRE
On Riemann-Poisson Lie groups
par :
Alioune OULD BRAHIM
(Master : Mathematiques)
Directeur de Thèse
Mohamed BOUCETTA (FATG-Université de Cadi-Ayyad)
Lessiad AHMED SIDAHMED (FSTG Université de Nouakchott Al-Assriya)
Contents
Résumé 2
Introduction 2
Notations 6
Bibliographie 72
2
On Riemann-Poisson Lie groups
Un groupe de Lie de Riemann-Poisson est un groupe de Lie muni d’une métrique riemannienne
invariante à gauche et un tenseur de Poisson invariant à gauche qui sont compatible dans le sens
introduit dans [3]. Nous étudions ces groupes de Lie et nous donnons une caractérisation de leurs
algèbres de Lie. Nous donnons aussi une méthode de construction de ces algèbres de Lie et nous
terminons par donner une liste des algèbres de Lie de Riemann-Poisson jusqu’au dimension 5.
2
Introduction
Le point de départ de cette thèse est l’étude des interactions entre la géométrie riemannienne
et la géométrie de Poisson telles qu’elles apparaissent dans [1], [2], [3], [4]. Plus précisément, on
s’est intéressé aux groupes de Lie muni d’une métrique Riemannienne invariante à gauche et d’un
tenseur de Poisson invariant à gauche satisfaisant la condition de compatibilité qu’on va définir
plus tard. Ils constituent une sous-classe de classe des variétés de Riemann-Poisson introduit et
étudié par Boucetta dans [1], [2], [3], [4].
Soit (M, π, h , i) une variété lisse muni d’un tenseur de Poisson π et d’une métrique Riemannienne
h , i. Notons par h , i∗ le produit Euclidien sur T ∗ M naturellement associé à la métrique h , i. Le
tenseur de Poisson définit une structure d’algebroı̈de de Lie sur T ∗ M où l’application d’encrage
est la contraction #π : T ∗ M −→ T M donnée par ≺ β, #π (α) = π(α, β) et le crochet de Lie
sur Ω1 (M ) est le crochet de Koszul donnée par 2.26.
Cette structure d’algebroı̈de de Lie et la métrique h , i∗ définissent une connexion contravariante
D : Ω1 (M ) × Ω1 (M ) −→ Ω1 (M ) par la formule de Koszul
Elle est l’unique connexion contravariante sans torsion qui est métrique, i.e, pour tous α, β, γ ∈
Ω1 (M )
Dα β − Dβ α = [α, β]π et #π (α).hβ, γi∗ = hDα β, γi∗ + hβ, Dα γi∗ .
La notion de connexion contravariante à été introduit par Vaisman dans [10] et étudié en plus
détail par Fernandes dans le contexte d’algebroı̈de de Lie [7]. la connexion D définie ci-dessus
est appelée la connexion de Levi-Civita contravariante associée aux couple (π, h , i) et elle est
apparu en premier dans [2]. Le triplet (M, π, h , i) est appelée une variété de Riemann-Poisson
si
Cette notion a été introduite par le deuxième auteur dans [2]. Les variétés de Riemann-Poisson se
sont révélées d’avoir des propriétés géométriques intéressantes (voir [1], [2], [3], [4]). Mentionnons
certains d’entre eux.
1. La condition de compatibilité 2 est plus faible que la condition ∇π = 0 où ∇ est la
connexion de Levi-Civita associée à h , i. En effet, la condition 2 permet au tenseur de
Poisson d’avoir un rang variable. Par exemple, les structures de Poisson linéaire qui sont de
Riemann-Poisson existe et sont caractérisées dans [5]. En outre, soit (M, h , i) une variété
Riemannienne et (X1 , ..., Xr ) une famille des champs de vecteurs qui commutent. Posons
3
4 CONTENTS
P
π= i,j Xi ∧ Xj .
Alors (M, π, h , i) est une variété de Riemann-Poisson. Cet exemple illustre également la
faiblesse de la condition 2 et, plus important encore, c’est le modèle local de la géométrie
de non commutatif déformation étudié par Hawkins (voir [[8], Theorem 6.6]).
2. Les variétés de Riemann-Poisson peuvent être considérés comme une généralisation des
variétés Kähleriennes. En effet, soit (M, π, h , i) une variété de Poisson muni d’une métrique
Riemannienne tel que π est inversible. On note par ω la forme symplectique inverse de π.
Alors (M, π, h , i) est une variété de Riemann-Poisson si et seulement si ∇ω = 0 où ∇ est
la connexion de Levi-Civita associée à h , i. Dans ce cas, si on définit A : T M −→ T M par
ω(u, v) = hAu, vi alors −A2 est symétrique définie positive et donc il existe Q : T M −→
T M symétrique définie positive telle que Q2 = A2 . Il s’ensuite que J = AQ−1 satisfait
J 2 = −IdT M est antisymétrique par apport à h , i et ∇J = 0. Donc (M, J, h , i) est
une variété Kählerienne et sa forme de Kähler ωJ (u, v) = hJu, vi est lié à ω par la formule
suivante:
p
ω(u, v) = −ωJ ( −A2 u, v), u, v ∈ T M. (3)
Comte tenu de cette construction, nous appellerons q’une variété de Kähler est un triplet
(M, h , i, ω) où h , i est une métrique Riemannienne et ω est une 2-forme non dégénérée
telle que ∇ω = 0 où ∇ est la connexion de Levi-Civita associée à h , i.
3. Le feuilletage symplectique d’une variété de Riemann-Poisson lorsque π est de rang con-
stant à une importante propriété à savoir qu’il est à la fois un feuilletage symplectique et
un feuilletage de Kähler.
Rappelons q’un feuilletage symplectique est une variété feuilletée (M, F) muni d’une métrique
Riemannienne h , i telle que la distribution T ⊥ F est totalement géodésique.
Les feuilletages Symplectique sont une généralisation des variétés Kählerienne (voir [6])
et comme pour la notion de variété de Kähler, on appel dans ce travail un feuilletage de
Kähler une variété feuilletée (M, F) muni métrique foliaire h , iF ∈ Γ(⊗2 T ∗ F) et une
2-forme différentielle foliaire ωF ∈ Γ(⊗2 T ∗ F) telle que toute feuille muni des restrictions
h , iF et ωF est une variété Kählerienne.
Theorem 0.0.1 ([4]). Soit (M, h , i, π) une variété de Riemann-Poisson, π est de rang constant.
Alors son feuilletage symplectique est à la fois Riemannien et Kählerien.
Compte tenu de ces propriétés particulièrement le théorème 0.0.1, il sera intéressant de trouver
une grande classe d’exemples des variétés de Riemann-Poisson. Dans ce travail nous allons décrit
une riche collection d’exemples obtenus en fournissant un groupe Lie arbitraire G muni d’une
métrique riemannienne h , i et d’un tenseur de Poisson π invariants sous les translations à gauche
et telle que (G, h , i, π) est groupe de Lie de Riemann-Poisson. On appel (G, h , i, π) un groupe
de Riemann-Poisson. cette classe d’exemples peut être élargie substantiellement, sans travail
supplémentaire, comme suit. Si (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson et Γ est
un sous groupe discret de G alors Γ \ G carie naturellement une structure de variété de Riemann-
Poisson.
Comme toutes les structures invariantes à gauche sur les groupes de Lie, les groupes de Lie de
Riemann-Poison peuvent être caractérisés au niveau de leurs algèbres de Lie.
Soit (G, π, h , i) un groupe de Lie muni d’un bivecteurs invariant à gauche et d’une métrique
CONTENTS 5
[r, r] = 0,
g∗ = I ⊕ I ⊥ and g = S ⊕ S ⊥ ,
Theorem 0.0.2 Avec les notations ci-dessus, (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson
si et seulement si les conditions suivantes sont remplies:
1. (S, %|S , ωr ) est une sous-algèbre de Lie kählerienne, i.e., pour tous s1 , s2 , s3 ∈ S,
où φS :−→ End(S ⊥ ), u 7−→ prS ⊥ ◦ adu et prS ⊥ : g −→ S ⊥ est la projection orthogonal.
où φS ⊥ :−→ End(S), u 7−→ prS ◦ adu et prS : g −→ S est la projection orthogonal.
Nous allons utiliser ce théorème pour construire des algèbres de Lie de Riemann-Poisson pour
cela nous cherchons à résoudre le problème suivant
[u, v] = [u, v]h , [a, b] = µ(a, b) + [a, b]p , [a, u] = −[u, a] = φp (a)(u) − φh (u)(a) (7)
Toutes les structures qui apparaissent dans ce texte (variétés, fibrés, tenseurs, etc...) sont sup-
posées de classe C ∞ .
Au long de ce texte nous utilisons les notations suivantes
M variété lisse de dimension d
TM fibré tangent de M
T ∗M fibré cotangent de M
Xk (M ) := Γ(Λk T M ) espace des champs de k-vecteurs sur M
Ωk (M ) := Γ(Λk T ∗ M ) espace des champs de k-formes différentiables sur M
X0 (M ) := Ω0 (M ) = C ∞ (M ) espace des fonctions lisses sur M à valeurs réelles
X∗ (M ) := ⊕dk=0 Xk (M ) espace des champs de multivecteurs sur M
Ω∗ (M ) := ⊕dk=0 Ωk (M ) espace des formes différentielles sur M
|ω| degré d’une forme différentielle ω
dω différentielle extérieure de ω
X(f ) = X.f = df (X) différentielle de f appliquée sur X
F∗ application linéaire tangente de F
iP produit intérieur par P
LX dérivée de Lie dans la direction de X
ΦtX flot local de X
X
H f champ hamiltonien d’une fonction f
i1 ,...,is
somme circulaire sur i1 , ..., is
Nous rappelons également quelques formules utiles du calcul différentiel.
1. Formule de Cartan pour la différentielle : pour tout ω ∈ Ωn (M ), et tout X1 , ..., Xn+1 ∈
X1 (M ),
n+1
X
dω(X1 , ..., Xn+1 ) = (−1)i−1 Xi .ω(X1 , ..., X
bi , ..., Xn+1 )
i=1
X
+ (−1)i+j ω([Xi , Xj ], X1 , ..., X
bi , ..., X
bj , ..., Xn+1 ), (8)
1≤i<j≤n+1
n
X
LX ω(X1 , ..., Xn ) = X.ω(X1 , ..., Xn ) − ω(X1 , ..., [X, Xi ], ..., Xn ), (9)
i=1
7
8 CONTENTS
Introduction à la géométrie
riemannienne
Dans ce chapitre nous allons définir la notion de variété riemannienne, définir certains objets
mathématiques naturellement associées à ces variétés (longueur de courbe, volume rieman-
nien,gradient d’une fonction,divergence d’un champ de vecteur, laplacien, Connexion de Levi-
Civita(Connexion linéaire)) et donner des exemples de base.
d
Pn ∂
dt γ(t) = j=1 ẋj (t)
∂xn
(γ(t)).
9
10 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE
∂
dxi = δij ,
∂xj
où δij est le symbole de Kronecker valant 1 ou 2 suivant que i = j ou non.
Nous allons maintenant préciser le cas particulier où M est une sous variété de dimension n
lisse de Rn+p . Si σ : V −→ Rn+p est une paramétrisation (régulière) de M , c’est à dire que
σ : V −→ W ∩ M est un homéomorphisme avec W est un ouvert de Rn+p , le système de
coordonnées locales associé est σ −1 = (x1 , ..., xn ) et, pour tout p ∈ W ∩ M, Tp M est un sous
espace vectoriel de Rn+p et, on a:
∂ ∂ ∂σ ∂σ
( , ..., )=( , ..., ∂x ) = (σx1 , ..., σxn ).
∂x1 ∂xn ∂x1 n
Rappelons maintenant le théorème d’existence des partitions de l’unité. Soit M une variété lisse
et (Uα )(α∈I) un recouvrement ouvert de M . Alors, il existe une famille (fα )(α∈I) telle que
1. pour tout α ∈ I, fα : M −→ [0, 1] est une fonction lisse et supp(fα ) ⊂ Uα , où supp(fα ) est
l’adhérence de l;ensemble {p ∈ M/fα (p) 6= 0);
2. pour tout p ∈ M , il existe un voisinage Wp de p tel que (fα )|Wp 6= 0 pour un nombre fini
d’indices α ∈ I;
P
3. α∈I fα (p) = 1 pour tout p ∈ M .
La famille (fα )(α∈I) est appelée partition de l’unité subordonnée au recouvrement (Uα )α∈I .
Definition 1.1.1 Une métrique riemannienne sur une variété lisse M est la donnée, pour tout
p ∈ M , d’un produit scalaire <, >p sur Tp M de telle sort que la propriété suivante soit satisfaite
Pour tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) sur un ouvert U de M, les fonctions
∂
gij : U −→ R définies, pour tout p ∈ M , par gij (p) =< ∂x , ∂ > (p) sont lisses pour tout
i ∂xj
i, j = 1, ..., n.
Une variété lisse muni d’une métrique riemannienne est appelée variété riemannienne.
Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit (x1 , ..., xn ) un système local de X
coordonnées sur
un ouvert U. L’expression locale de <, > dans (x1 , ...xn ) est donnée par <, >= gij dxi dxj où
i,j
le produit symétrique dxi dxj est donnée par:
1
dxi dxj = (dxi ⊗ dxj + dxj ⊗ dxi ) (1.1)
2
Une isométrie de (M, <, >) est un difféomorphisme F : M −→ M qui préserve la métrique,
c’est-á-dire
< Tp F (u), Tp F (u) >=< u, u > pour tout p ∈ M, u ∈ Tp M .
L’ensemble des isométries de M est un groupe noté I(M, <, >).
Proposition 1.1.1 Tout variété lisse admet une métrique riemannienne.
Comme dans le cas la géométrie euclidienne, si p est un point dans une variété riemannienne
1
(M, <, >), on définit la longueur ou la norme d’un vecteur tangent u ∈ Tp M par k u k:=< u, u > 2
et la longueur d’une courbe lisse γ : (α, β) −→ M par
Rb
`(γ) = a k γ̇(t) k dt.
1.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES VARIÉTÉS RIEMANNIENNE 11
Un repère local dans une variété riemannienne M est la donnée d’un ouvert U de M est d’une
famille de champ de vecteurs (X1 , ..., Xn ) dans U telle que, pour tout p ∈ U, (X1 (p), ..., Xn (p))
est une base de Tp M . Noter que tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) définit un repère
∂
local ( ∂x 1
, ..., ∂x∂n ).
Rappelons sans le démontrer le théorème suivant. Soit M une variété lisse et (X1 , ..., Xn ) un
repère local de M . Alors les propriétés suivantes sont équivalentes
Soit (M, <, >) une variété riemannienne. Le procédé d’orthonormalisation de Gram-Shmidt per-
met de construire à partir d’un repère local (X1 , ..., Xn ) un repère local orthonormé (E1 , ..., En ),
c’est à dire, pour tout i, j = 1, ..., n,
Proposition 1.1.2 Soit (M, <, >) une variété riemannienne orientée. Alors, il existe sur M
une forme volume dV<,> telle que pour tout repère local orthonormé direct (E1 , ..., En )
Proof 1.1.1 Soit p un point de M . Choisissons un repère local orthonormé direct (E1 , ..., En )
sur un voisinage ouvert U de p et posons, pour tout (u1 , ..., un ) ∈ Tp M n ,
où (aij )16i,j6n est la matrice carrée d’ordre n dont le j-ième vecteur colonne est formé par les
coordonnées de de uj dans la base (E1 , ..., En ). Il est claire que dV<,> est une forme volume sur
U et si (E10 , ..., En0 ) est un autre repère local orthonormé direct, on a
où P est la matrice de passage de (E1 , ..., En ) à (E10 , ..., En0 ). Or la matrice de passage entre deux
bases orthonormées directes a un déterminant qui vaut 1 et ceci permet de montre que dV<,> est
bien définie et vérifie la propriété requise.
2
Proposition 1.1.3 Soit (M, <, >) une variété riemannienne orientée. Pour tout système local
de coordonnées (x1 , ..., xn ) oriente positivement, on a
p
dV<,> = det((gi,j )16i,j6n )dx1 ∧ ... ∧ dxn
∂ ∂
où les gi,j =< ∂xi , ∂xj >.
Pour cela, notons G = (gi,j )16i,j6n , choisissons un repère local orthonormé direct (E1 , ...En ) et
remarquons que
∂
dV<,> ( ∂x ∂ ) = detP ,
1 ,..., ∂xn
∂ ∂
où P = < Ei , > est la matrice de passage de ( ∂x , ..., ∂x∂n ) à (E1 , ..., En ). Son
∂xj 16i,j6n
1
Z XZ
f dv<,> := f ◦ σ α (fα ◦ σ α Gα ◦ σ α )dx1 ...dxn (1.2)
M α∈I φi (Uα )
R p
V ol(M ) = φ(U )
det ((gij )16i,j6n ) ◦ σdx1 ...dxn .
Pour finir cette section, nous allons introduire le gradient d’une fonction, la divergence d’un
champ de vecteur et le Laplacien d’une fonction.
Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit f : M −→ R une fonction lisse sur M et X un
champ de vecteur sur M .
Le gradient de f est le champ de vecteur noté gradf et défini par
< gradf, Y >= df (Y ) pour tout Y ∈ T M .
La forme différentielle d(iX dV<,> ) est de degré maximal et il existe donc une fonction notée
divX telle que
d(iX dV<,> ) = (divX)dV<,> .
divX est appelée divergence de X.
Le laplacien de f es la fonction notée ∆f est défini par
∆f = giv(gradf ).
Proposition 1.1.4 Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit (x1 , ..., xn ) un système local
de coordonnées. Soient f et X, respectivement, une fonction et un champ de vecteur sur M .
Alors
n n
X
X ∂f ∂
gradf = g i,j , (1.3)
i=1 j=1
∂xj ∂xi
n p
1 X ∂(Xi det(gi,j ))
divX = p (1.4)
det(gi,j ) i=1 ∂xi
p
∂f
1 X∂ det(gi,j )g k,l ∂x l
∆(f ) = p (1.5)
det(gi,j ) ∂xk
k,l
Pn ∂
où X = i=1 Xi ∂x i
et (g i,j )16i,j6n est la matrice inverse de (gi,j )16i,j6n
En multipliant les deux membres de cette relation par G−1 , on trouve 1.3.
Rappelons que
p
dV<,> = det(gij )dx1 ∧ ... ∧ dxn .
Ainsi
Pn p
iX dV<,> = i=1 Xi det(gij )i ∂ (dx1 ∧ ... ∧ xn ).
∂xi
i ∂
ˆ i ∧ ... ∧ dxn ,
(dx1 ∧ ... ∧ xn ) = (−1)i+1 dx1 ∧ ... ∧ dx
∂xi
Il est claire qu’on obtient ainsi un produit scalaire sur T(p1 ,p2 ) M1 ×M2 . Pour voir la différentiabilité,
on choisit un système local de coordonnées (x1 , ..., xn1 ) au voisinage de p1 et (y1 , ..., yn2 ) un
système local de coordonnées au voisinage de p2 . On obtient un système local de coordonnées
(z1 , ..., zn1 , t1 , ..., tn2 ) au voisinage de (p1 , p2 ) avec
zi = (xi , 0), i = 1, ..., n1 et ti = (0, yi ), i− = 1, ..., n2 .
En vertu de 1.6, on a
∂ ∂ ∂ ∂
< , >=< , >1 ◦π1 , i, j = 1, ..., n1 ,
∂zi ∂zj ∂xi ∂xj
∂ ∂ ∂ ∂
< , >=< , >2 ◦π2 , i, j = 1, ..., n2
∂ti ∂tj ∂yi ∂yj
∂ ∂
< , >= 0, i = 1, ..., n1 , j = 1, ..., n2
∂zi ∂tj
où π1 , π2 sont les projection de M1 × M2 sur M1 et M2 , respectivement. La deuxième méthode
est la restriction. Étant donnée une variété riemannienne (M, <, >) de dimension n et une
immersion i : N −→ M d’une variété lisse N de dimension n − q dans M . La variété N hérite
naturellement d’une métrique riemannienne <, >N obtenue par restriction de la métrique de M
de la manière suivante. Pour tout point p ∈ N et tout u, v ∈ Tp N , on pose
On obtient ainsi un produit scalaire sur Tp N puisque Ti est injective. Le fait que ce produit
scalaire varie différentiablement, découle du fait que pour tout système local de coordonnées
(y1 , ..., yn−q ) au voisinage de p et tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de
i(p), on a, d’après 1.7, pour tout i, j = 1, ..., n − q,
∂ ∂ P ∂ ∂
< , >N = l,k ali akj < , >,
∂yi ∂yj ∂xl ∂xk
soit
N M
P
gi,j = l,k ali akj gi,j ◦ i,
où
(akl )16k6n,16l6n−q
est la matrice de Tp i, l’application tangent en p de i, dans les bases
∂ ∂ ∂ ∂
, ..., et , ..., . Les coefficients de cette matrices sont des fonctions lisses
∂y1 ∂yn−q ∂x1 ∂yn
sur un voisinage de p et donc les gi,j sont lisses. La métrique <, >N sera noté quelquefois i∗ <, >
N
Pn
γ̇(t) = i=1 ẋj (t)∂j ,
où (x1 (t), ..., xn (t) sont les composantes de γ(t) dans (x1 , ..., xn ). Une manière naı̈ve de définir
γ̈(t) est de poser
Pn
γ̈(t) = i=1 ẍj (t)∂j
et de vérifier que cette définition ne dépend pas du système de coordonnées choisi. Or l’exemple
suivant montre que ceci n’est pas vrai. Si (x(t), t(t)) = (cos(t), sin(t), (ẍ, ÿ) = (−cos(t), −sin(t)).
Mais dans les coordonnées polaires la même courbe est représenter par (r(t), θ(t)) = (1, t) et
(r̈(t), θ̈(t)) = (0, 0)!
Une autre manière de définir γ̈ est d’essayer de calculer
γ̇(t) − γ̇(t0 )
lim
−→ t − t0
Mais on se rend compte que cette quantité n’a pas de sens puisqu’on ne peut pas calculer
la différence entre γ̇(t) − γ̇(t0 ) vu ces deux vecteurs appartiennent à deux espaces vectoriels
différents, à savoir Tγ(t) M et Tγ(t0 ) M . Le vecteur vitesse γ̇(t) est un exemple d’un champ de
vecteurs le long d’une courbe concept que nous allons définir ultérieurement. Pour interpréter
l’accélération d’une courbe dans une variété d’une courbe dans une variété, nous aurons à trouver
un moyen de dériver(indépendamment des coordonnées) des champs de vecteurs le long d’une
courbe. Nous aurons donc à comparer les valeurs du champ de vecteurs en différents points de
la variété ou à ”connecter” les espaces tangents d’où la notion de la connexion.
Definition 1.3.1 Une connexion linéaire sur une variété lisse M est une application
∇ : X (M ) × X (M ) −→ X (M )
∇X (f Y ) = f ∇X Y + X(f )Y f ∈ C ∞ (M ).
Bien que la connexion soit définie par son action sur des champs de vecteurs globaux, il s’agit,
en fait, d’un opérateur local.
Lemma 1.3.1 Soit ∇ est une connexion linéaire sur M , soient X et Y deux champs de vecteurs
sur M et p ∈ M . Alors:
2. (∇X Y )(p) dépend seulement des valeurs de X en p, c’est à dire, si X(p) = 0 alors (∇X Y )(p) =
0.
Proof 1.3.1 1. Supposons que Y s’annule sur un voisinage ouvert U de M . Nous allons
montrer que, pour tout p ∈ U, (∇X Y )(p) = 0. Pour cela, on choisit une fonction φ ∈
C ∞ (M ) qui vaut 1 en p et qui est nulle en dehors de U . Alors, le champ de vecteurs φY
est identiquement nul et donc
où on a utilisée la règle de Leibniz dans cette égalité. Puisque Y (p) = 0 et φ(p) = 1, on
déduit que (∇X Y )(p) = 0. De la même manière, on montre que si X s’annule sur un
ouvert U alors, tout p ∈ U, (∇X Y )(p) = 0.
2. Supposons que X(p) = 0 et montrons que (∇X Y )(p) = 0. PourP cela, on choisit un système
n
de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de p et on écrit X = j=1 Xj ∂j avec Xj (p) = 0
pour tout j = 1, ..., n. En utilisant 1., on a
Pn
(∇X φY )(p) = (∇Pnj=1 Xj ∂j Y )(p) = j=1 Xj (p)(∇∂j Y )(p) = 0.
2
Pn Pn
Dans un système de coordonnées (x1 , ..., xn ), si X = i=1 Xi ∂i et Y = j=1 Xj ∂j , on a
n
X
∇X Y = (X(Yj )∂j + Yj ∇X ∂j )
j=1
Xn n
X
= X(Yj )∂j + Xi Yj ∇∂i ∂j .
j=1 i,j=1
Ainsi une connexion linéaire est entièrement déterminer sur le domaine des coordonnées (x1 , ..., xn )
par les symboles de Christoffel (Γkij ) données par
Inversement, si (x1 , ..., xn ) est un système de coordonnées sur un ouvert U , la donnée d’une
famille de fonctions (Γkij ) sur U permet de définir une connexion linéaire sur U .
Definition 1.3.2 Soit γ : I −→ M une courbe sur une variété M . Un champ de vecteur le long
de γ est une application différentiable V : I −→ T M telle que V (t) ∈ Tγ(t) M pour tout t ∈ I.
On note X (γ) l’espace des champs de vecteurs le long de γ.
L’exemple le plus simple de champ de vecteur le long de γ est le champ de vecteur vitesse
γ̇ : I −→ T M . Une large classe de champ de vecteur le long de γ sont ceux définis de la manière
suivante: pour tout champ de vecteur X ∈ X (M ), on définit le champ de vecteur le long de γ
par V (t) = X(γ(t)).
Un champ de vecteur V le long de γ est dit extensible s’il existe un champ de vecteurs V ∈ X (M )
tel que V (t) = X(γ(t)).
Lemma 1.3.2 Soit ∇ une connexion sur M . Pour toute courbe γ : I −→ M, ∇ détermine un
unique opérateur
18 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE
Dγ : X (γ) −→ X (γ)
qui vérifie :
1. linéarité sur R:
2. règle de Leibniz:
Dγ (f V ) = f˙V + f Dγ V f ∈ C ∞ (I);
Dγ V (t) = ∇γ̇(t) X.
Proof 1.3.2 Dans un premier temps on va montrer l’unicité. Supposons Dγ est un tel opérateur
et soit t0 ∈ I quelconque. La valeur de Dγ V en t0 dépend seulement de la valeur de V dans un
intervalle (t0 − η, t0 + η). Choisissons un système de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de
γ(t0 ) et écrivant
Pn
V (t) = j=1 Vj (t)∂j
au voisinage de t0 . Alors, en utilisant les propriétés de Dγ , puisque ∂j est extensible,
n
X
Dγ V (t0 ) = (V̇j (t0 )∂j + Vj (t0 )∇γ̇(t0 ) ∂j )
j=1
n
X n
X
= V̇k (t0 ) + Vj (t0 )ẋl (t0 )Γkij (γ(t0 )) ∂k ,
k=1 i,l=1
où (x1 (t), ..., xn (t)) sont les composantes de γ dans (x1 , ..., xn ). Cette formule montre qu’un tel
opérateur est unique quand il existe.
Pour l’existence, si γ(I) est contenu dans une seule carte, on peut définir Dγ par la formule
ci-dessus, et il est alors aisé de vérifier les propriétés 1-3. Dans le cas général, on recouvre γ(I)
par des cartes locales et on définit Dγ par la formule ci-dessus, l’unicité montre que l’opérateur
qu’on obtient est bien défini.
2
Avec la notion de dérivée le long d’une courbe, on est maintenant en mesure de définir la
notion de géodésique.
Definition 1.3.3 Soit M une variété muni d’une connexion ∇ et soit γ : I −→ M une courbe
sur M .
1. L’accélération de γ est le champ de vecteurs Dγ γ̇ le long de γ
2. La courbe γ est appelée géodésique par apport à ∇ si son accélération est identiquement
nulle:
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 19
Dγ γ̇ ≡ 0.
Noter que dans système de coordonnées (x1 , ..., xn ), l’accélération d’une courbe γ est donnée par
n
X n
X
Dγ γ̇(t) = (ẍk (t) + ẋj (t)ẋl (t)Γklj (γ(t))) ∂k (1.8)
k=1 j,l=1
où (x1 (t), ..., xn (t)) sont les composantes de γ dans (x1 , ..., xn ).
Theorem 1.3.3 (Existence et unicité des géodésiques) Soit M une variété munie d’une
connexion ∇. Pour chaque p ∈ M, chaque V ∈ Tp M , il existe un intervalle ouvert I ⊂ R
contenant t0 et une géodésique γ : I −→ M vérifiant γ(t0 ) = p et γ̇(t0 ) = V. Deux telles
géodésiques coı̈ncident sur l’intersection de leur domaine.
Proof 1.3.3 Dans un système de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de p, d’après 1.2, une
courbe γ est une géodésique si et seulement si ses composantes (x1 (t), ..., xn (t)) vérifient les
équations
n
X
ẍk (t) + ẋi ẋj Γkij (γ(t)). (1.9)
i,j=1
Pnẋk = vk (t) k
v̇( t) = − i,j=1 vi (t)vj (t)Γij (γ(t)).
Il est connu dans la théorie des équations différentielles ordinaires que ces équations admettent
une solution unique une fois que les conditions initiales γ(t0 ) et γ̇(t0 ) sont fixées.
2
Definition 1.3.4 Soit M une variété munie d’une connexion ∇.
1. Un champ de vecteurs V le long d’une courbe γ est dit parallèle par apport à ∇ si Dγ V ≡=
0.
Theorem 1.3.4 (Transport parallèle) Soit M une variété munie d’une connexion ∇. Soit γ :
I −→ M une courbe. Pour tout t0 ∈ I et tout V0 ∈ Tγ(t0 ) M , il existe un unique champ de vecteur
V le long de γ qui est parallèle et tel que V (t0 ) = V0
Proof 1.3.4 C’est encore l’utilisation d’un théorème d’existence de solutions d’équations différentielles
ordinaires.
2
20 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE
Soit M une variété munie d’une connexion ∇. Soit γ : I −→ M une courbe. Pour tout t0 ∈
I et tout V0 ∈ Tγ(t0 ) M , il existe un unique champ de vecteur V le long de γ qui est parallèle et
tel que V (t0 ) = V0 . Soit γ : I −→ M une courbe dans une variété munie d’une connexion ∇.
Pour tout t0 , t1 ∈ I, le transport parallèle définit un opérateur
en posant Pt0 ,t1 (V0 ) = V (t1 ) où V est le champ de vecteurs le long de γ parallèle vérifiant
V (t0 ) = V0 . Il est facile de vérifier que c’est un isomorphisme linéaire entre Tγ(t0 ) M et Tγ(t1 ) M .
Nous allons montrer que sur chaque variété riemannienne il existe une connexion naturelle com-
patible avec la métrique riemannienne. Mais avant, nous allons voir ce qui se passe dans Rn .
Dans l’espace euclidien Rn , il y a une connexion naturelle, qu’on notera ∇0 , définie par
n
X
∇0X Y = X(Yi )∂i , (1.10)
i=1
Pn
où X et Y = j=1 Yj ∂j sont deux champs de vecteur quelconque sur Rn .
Noter les symboles de Christoffel de ∇0 sont nuls dans (x1 , ..., xn ) et que l’accélération définie
par coı̈ncide avec l’accélération usuelle d’une courbe dans Rn .
Il est claire que T est R-bilinéaire anti-symétrique, et pour toute fonction f sur Rn , on a
T (f X, Y ) = ∇0f X Y − ∇0Y f X − [f X, Y ]
= f ∇0X Y − Y (f )X − f ∇0Y X + Y (f )X − f [X, Y ] = f T (X, Y ). (1.13)
De la même manière, on obtient T (X, f Y ) = f T (X, Y ). Ceci étant, pour vérifier 1.11, il
suffit de vérifier que, pour i, j = 1, ..., n, T (∂i , ∂j ) = 0. Or [∂i , ∂j ] = ∇0∂i ∂j = ∇0∂j ∂i = 0 et
on a trivialement T (∂i , ∂j ) = 0. Ce qui établit 1.11.
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 21
et de remarquer que
2
Cette proposition nous amène à poser la définition suivante.
Definition 1.3.5 1. Une connexion ∇ sur une variété M est dit sans-torsion si, pour tout
couple de champ de vecteur X, Y sue M , on a
∇X Y − ∇Y X = [X, Y ].
2. Soit (M, <, >) une variété riemannienne. Une connexion ∇ sur M est dite métrique ou
compatible avec <, > si, pour tout X, Y, Z des champs de vecteurs sur M
Lemma 1.3.6 Soit ∇ une connexion sur une variété riemannienne (M, <, >). Les assertions
suivantes sont équivalentes:
<, > est compatible avec ∇.
Pour toute courbe γ et pour tout couple (V, W ) de champs de vecteur le long de γ,
d
< V, W >=< Dγ V, W > + < Z, Dγ W >.
dt
Pour toute courbe γ et pour tout couple (V, W ) de champs de vecteur parallèle le long de γ, <
V, W > est une constante.
Pour toute courbe γ. le transport parallèle Pt0 ,t1 : Tγ(t0 ) M −→ Tγ(t1 ) M est une isométrie.
Theorem 1.3.7 (Le lemme fondamentale de la géométrie riemannienne) Soit (M, <
, >) une variété riemannienne. Alors il existe une connexion sur M sans torsion et compatible
avec <, >. Cette connexion est appelée connexion de Levi-Civita associée à <, >.
Proof 1.3.6 Puisque en chaque point le produit scalaire est non dégénérée, pour calculer ∇X Y ,
il suffit de calculer < ∇X Y, Z > pour tout X, Y, Z ∈ X (M ). En utilisant les deux propriétés de
∇, on obtient
22 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE
On obtient donc
2 < ∇X Y, Z >= X. < Y, Z > +Y. < X, Z > −Z. < X, Y >
+ < [X, Y ], Z > + < [Z, X], Y > + < [Z, Y ], X > (1.14)
Cette formule montre l’unicité. Pour l’existence prenant 1.14 comme définition de ∇ et vérifiant
que ∇ est sans torsion et est métrique. Ceci est une vérification immédiate.
2
La formule 1.14 est appelée formule de Koszul. Nous allons l’utiliser pour trouver les symboles
de Christoffel de la connexion de Levi-Civita associée à une métrique <, > sur une variété M .
En effet, soit (x1 , ..., xn ) un système de coordonnées sur M . Les symboles de Christoffel sont
données par
Pn
∇∂i ∂j = i=1 Γlij ∂l .
D’après 1.14, on a, pour tout i, j, l = 1, ..., n,
< ∇∂i ∂j , ∂l >= ∂i .gj,l + ∂j .gil − ∂l .gij ,
puisque [∂i , ∂j ] = 0 pour tout i, j et où gij =< ∂i , ∂j >. On obtient donc
Pn k 1
k=1 gkl Γij = 2 (∂i .gjl + ∂j .gil − ∂l .gij ).
Pour finir cette section, nous allons déterminer la connexion de Levi-Civita associée à une sous-
variété riemannienne de Rn .
Soit M une sous-variété de Rn et soit h, i la métrique induite sur M par la métrique euclidienne
de Rn . Pour tout p ∈ M, Tp M est un sous espace vectoriel de Rn , on notera π : Rn −→ Tp M la
projection orthogonale.
Proposition 1.3.9 Avec les notations ci-dessus. La connexion de Levi-Civita associée à (M, h, i),
notée ∇M , est obtenue par projection orthogonale de la connexion de Levi-Civita de Rn . Plus
précisément, soient X et Y deux champs de vecteur sur M et soit p ∈ M . Choisissons X̃ et Ỹ
deux extensions quelconque de X et Y à Rn , respectivement. Alors
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 23
(∇M
X Y )(p) = π (∇ 0
X̃
Ỹ )(p) (1.15)
Proof 1.3.7 Pour prouver la proposition, on va prouver que ∇M définie par 1.15 est bien définie,
c’est à dire, elle ne dépend pas des extensions choisies, que c’est une connexion sans torsion et
compatible avec h, i.
1. ∇M est bien définie. Pour vérifier cela, il suffit de vérifier deux choses. La première est
que si n champ de vecteur X̃ sur R s’annule en p alors le terme droite dans 1.15 s’annule.
La deuxième chose est que, si Ỹ est un champ de vecteur sur Rn qui s’annule en restriction
à W ∩ M où W est un voisinage
Pn ouvert de Rn contenant p, alors le membre droite de 1.15
est nul. En effet, si Ỹ = j=1 Ỹj ∂j , on a
Pn
(∇0X̃ Ỹ )(p) = j=1 X̃(Ỹj )(p)∂j .
Notons que
d
X̃(Ỹj ) = Ỹj (γ(t)),
dtt=0
où γ est la courbe intégrale de X̃ passant par p. Or, X̃ est tangent à M et donc γ est
entièrement dans M et donc Ỹ (γ(t)) = 0 pour tout t, ceci permet de conclure.
2. ∇M est une connexion. Il est claire que ∇M vérifie 1 et 2 de la Définition 1.3.1. Vérifions
3. Soit f ∈ C ∞ (M ) et f˜un prolongement quelconque de f . On a
et donc
∇M M
X (f Y ) = X(f )Y + f ∇X Y .
Puisque X̃ et Ỹ sont tangents à M , leur crochet de Lie est tangent à M et on a [X̃, Ỹ ](p) =
[X, Y ](p). Ceci permet de conclure.
4. ∇M est métrique. Si Z est tangent à M et Z̃ est une extension quelconque de Z, on a
Z.hX, Y i = h∇M M
Z X, Y i + hX, ∇Z Y i.
2
Chapter 2
Introduction à la géométrie de
Poisson
24
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 25
{f, g} = −{g, f }
Bien entendu, il existe des variétés de Poisson non triviales, voici quelques exemples.
Exemple 2.1.2 (Variété Symplectique). Une variété symplectique est une variété lisse M
muni d’une 2-forme différentielle ω fermée (i.e. dω = 0) et non dégénérée, i.e., l’homomorphisme
ω [ : T M → T ∗ M qui á v → ω(v, .) est un isomorphisme ; on notera ω # sont inverse.
Soit (M, ω) une variété symplectique. Définissons, pour toutes fonctions f et g sur M,
{f, g} := ω(Xf , Xg ) = Xf (g) = −Xg (f ),
où Xf est le champ Hamiltonien de f relativement à ω défini par
Xf = −ω # (df ).
L’application {, } ainsi définie est un crochet de Poisson, dit crochet de Poisson de la forme
symplectique ω.
Un crochet de Poisson sera dit symplectique, s’il est le crochet de Poisson d’une forme symplec-
tique.
L’exemple suivant montre q’un crochet de Poisson n’est en général pas symplectique.
Exemple 2.1.3 Crochet de Poisson classique sur Rn . Prenons M = Rn (n ∈ N∗ ) avec
coordonnées globales (q1 , ..., qr , p1 , ...pr , z1 , ..., zs ) où r et s sont des entier naturels tels que 2r+s =
n, et définissons, pour tout f, g ∈ C ∞ (Rn ),
r
X ∂f ∂g ∂g ∂f
{f, g} = ( − )
i=1
∂qi ∂pi ∂qi ∂pi
Le crochet ci-dessus est appelé crochet de Poisson classique, et à été défini originalement par
Siméon Denis Poisson lui-même afin d’étudier l’équation de mouvement dans la mécanique
céleste.
Soit (M, {, }) une variété de Poisson. Pour toute fonction f ∈ C ∞ (M ), l’application g → {f, g}
est une dérivation de C ∞ (M ), en vertu de la régle de Leibniz. Il existe donc un champ de
vecteurs unique Xf tel que, pour toute fonctions g ∈ C ∞ (M )
{f, g} = Xf (g) = dg(Xf )
26 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON
ce qui montre que l’ensemble des champs hamiltoniens est un sous-espace vectoriel de X 1 (M ).
L’identité de Jacobi implique que, pour tout f, g, h ∈ C ∞ (M ),
Exemple 2.1.4 Avec les notations de (l’exemple 1.3.2) si ω est une 2-forme non dégénérée sur
une variété M, ω [ réalise une identification entre T M et T ∗ M , et on peut définir donc un champ
de bivecteurs π sur M, en posant, pour tout α, β ∈ T ∗ M :
η = α1 ∧ ... ∧ αq et P = X1 ∧ ... ∧ Xp ,
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 27
où αi ∈ Ω1 (M ) et Xj ∈ X1 (M ), on déduit
(
0 si p 6= q,
hα1 ∧ ... ∧ αq , X1 ∧ ... ∧ Xp i := (2.2)
det(hαi , Xj i) si p = q.
iP ∧Q = iQ ◦ iP = (−1)pq iP ◦ iQ , (2.4)
pour tous champ de multivecteurs P et Q.
Le couplage h, i permet aussi d’exprimer la dérivée LX η d’une forme η ∈ Ωq (M ) par:
hη, [P, Q]i = (−1)(p−1)(q−1) hd(iQ η), P i − hd(iP η), Qi + (−1)p hdη, P ∧ Qi (2.7)
1. Pour tous f ∈ C ∞ (M ), X ∈ X 1 (M ) et P ∈ X p (M ),
(−1)(p−1)(r−1) [P, [Q, R]] + (−1)(q−1)(p−1) [Q, [R, P ]] + (−1)(r−1)(q−1) [R, [P, Q]] = 0 (2.12)
Proof 2.1.1 La première égalité de (a) est immédiate, la deuxième n’est autre que 2.6; quant à
(b), elle est évidente.
Pour montrer (c), il suffit de montrer 2.10, puisque 2.11 s’en déduit par anti-symétrie. Si q = 0,
i.e. Q = f ∈ C ∞ (M ), un calcul direct donne
En particulier, le Jacobiateur est de type local(se démontre de la même manière qu’en haut). On
peut donc travailler dans le domaine d’une carte, dans le quel P, Q et R sont des sommes finies
de produits extérieurs de champs de vecteurs(ou éventuellement, des fonctions, si leur degré est
0). Les propriétés 2.14 et 2.15 permettent alors de réduire le calcul du Jacobiateur au calcul de
J (P, Q, R) avec P, Q et R sont de degré inférieur ou égale à 1; ce qui permet de conclure.
2
Lemma 2.1.2 ([14]) Soit π un champ de bivecteurs sur une variété M. Pour toutes fonctions
lisses sur M, f , g et h, on a
1
{f, {g, h}}π + {g, {h, f }}π + {h, {f, g}} = 2 < df ∧ dg ∧ dh, [π, π] >
soit
iπ (df ∧ dg ∧ dh) = {f, g}π dh + {h, f }π dg + {g, h}π df .
Ainsi, compte tenu de 2.7, on a
d
X ∂πjk ∂πki ∂πij
(πil + πjl + πkl ) = 0, ∀i, j, k. (2.16)
∂xl ∂xl ∂xl
l=1
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 31
2
Une structure de Poisson est déterminer donc, de manière unique, par la donnée d’un champ de
bivecteurs vérifiant les propriétés du corollaire ci-dessus.
Exemple 2.1.5 Tout champ de bivecteurs π sur une variété M de dimension 2 est un tenseur
de Poisson, puisque [π, π] est de degré 3 > 2 = dim M et donc [π, π] = 0.
Plus généralement,
Exemple 2.1.7 Si X1 , ..., Xn sont des champs de vecteurs sur une variété M qui commutent
deux à deux et P
(aij )1≤i,j≤n est une matrice antisymétrique à coefficients réels, le champ de
bivecteurs π = i<j aij Xi ∧ Xj définit sur M un tenseur de Poisson, puisque le crochet de
Schouten-Nijenhuis [π, π] est nul.
L’exemple suivant montre que le dual d’une algèbre de Lie jouit naturellement d’une structure
de Poisson.
Exemple 2.1.8 (Structures de Lie-Poisson sur l’espace dual d’une algèbre de Lie).
Soit (g, [, ]) une algèbre de Lie de dimension finie n et soit π le champ de bivecteurs défini sur
g∗ de g par:
32 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON
où u et v sont considérer comme des élément de g∗∗ via l’identification g∗∗ = g.
Le crochet correspondant est donné, par:
Le champ de bivecteurs π ainsi défini est un tenseur de Poisson sur g∗ , dit structure de Lie-
Poisson associée à (g, [, ]). En effet, si (e1 , ..., en ) est une base de g, elle définit un système
de coordonnéesPnlinéaires globales (z1 , ..., zn ) sur g∗ dans lequel, par définition de, on a πij =
k k
{zi , zj }π = k=1 cij zk , où cij sont les constantes de structures de g définies par [ei , ej ] =
Pn k
k=1 cij ek . Il est alors immédiat de vérifier que 2.16 est équivalente à
Pn l m l m l m
m=1 c c
im jk + c c
jm ki + c km ij = 0
c ∀i, j, k, l,
qui n’est rien d’autre que l’identité de Jacobi du crochet de Lie [, ] de g, exprimée en fonction
des constantes de structures ckij .
Celui-ci induit une application C ∞ (M )-linéaire sur les sections, notée encore #π : Ω1 (M ) −→
X 1 (M ), et définie, pour toute 1-forme différentielle α, par:
où les fonctions πij sont les composantes de π dans (x1 , ..., xd ). Donc ρπ (x) est le rang de la
matrice antisymétrique (πij (x))1≤i,j≤d , et est donc paire.
Puisque {#π (dxi )(x)}1≤i≤d engendre Cx , on peut en extraite une base de Cx , disons {#π (dxij )(x)}1≤j≤ρπ (x) ,
et donc la famille {#π (dx)}1≤j≤ρπ (x) est libre au voisinage de x. Ce qui montre que le rang de
π est au moins égale a ρπ (x) au voisinage de x. Un point x ∈ M est dit régulier s’il s’agit d’un
maximum local de ρπ , ou d’une manière équivalente, si ρπ est constante au voisinage de x. Un
point de M qui n’est pas régulière est dit point singulier de π. On notera M reg l’ensemble des
points réguliers de (M, π). Quand M = M reg , on dit de π qu’il est régulier. L’ensemble M reg
est clairement ouvert; il est aussi dense dans M . En effet, si y ∈ M est un point singulier de
π et U un voisinage ouvert quelconque de y, la restriction sur U de ρπ admet un maximum en
un point x ∈ U (puisque la fonction ρπ est bornée et à valeurs dans N), qui est donc un point
régulier.
∂ ∂
Exemple 2.2.1 Prenons M = R2 et π = f (x) ∂x ∧ ∂y , où f est une fonction sur R, nulle sur
[−1, 1] et strictement positive ailleurs. Alors, M reg est la réunion de:] − 1, 1[×R où le rang est
nul, et les demi-plans |x| > 1 où le rang est égal à 2; l’ensemble des points singuliers de π est la
∂ ∂
réunion des droites d’équations |x| = 1. En général, si π = h(x, y) ∂x ∧ ∂y , où h est une fonction
2
lisse sur R , alors l’ensemble des points singuliers de π est le bord de l’ensemble des points où
s’annule h.
où a et b sont respectivement des antécédents de u et v par π# (x). On vérifie facilement que ωx
est bien définie indépendamment du choix de a et b, et qu’elle est non-dégénérée, ce qui signifie
que ωx est une forme symplectique sur l’espace vectoriel Cx .
Soient (M, π), (N, π 0 ) deux variétés de Poisson, {, }π et {, }π0 les crochets de Poisson respectifs.
Une application φ : M −→ N est dit morphisme de Poisson si
φ∗ π = π 0 ◦ φ;
Un champ de vecteurs Y sur une variété de Poisson (M, π) est dit champ de Poisson si la
dérivée de Lie de π dans la direction de Y est nulle, ou de manière équivalente, si le flot local ΦtY
de Y préserve π, ΦtY est un morphisme de Poisson là où il est défini. Par exemple, les champs
hamiltoniens sont des champs de Poisson, puisque, pour tout f ∈ C ∞ (M ),
LXf π = [Xf , π] = −[[f, π], π] = −[f, [π, π]] − [π, [f, π]] = −LXf π,
ce qui fait
La réciproque n’est en général pas vraie, même localement. Par exemple, si π est trivial alors
tout champ de vecteurs est de Poisson alors que le seul champ hamiltonien est le champ de
vecteurs nul.
Si Y est une champ de Poisson sur une variété de Poisson (M, π), alors tout f ∈ C ∞ (M ),
[Y, Xf ] = XY (f ) ; (2.22)
Proof 2.2.1 Nous allons démontrer le théorème par récurrence sur r = 21 ρπ (x). Le théorème
étant trivialement vérifié si r = 0, supposons qu’il est vrai jusqu’à r − 1 ≥ 0 et montrons le quand
le rang en x est égale à 2r.
Puisque π(x) 6= 0, il existe deux fonctions f et g telles que {f, g}π (x) 6= 0. Prenons q1 = f −f (x),
alors Xq1 (g)(x) = {f, g}π (x) 6= 0 et donc Xq1 (x) 6= 0. Il existe donc, en vertu du théorème de
redressement des champs de vecteurs, un système de coordonnées (x1 , ..., xd ) centre en x dans
∂ ∂p1
lequel Xq1 = ∂x 1
. Posons p1 = x1 , alors {q1 , p1 }π = Xq1 (p1 ) = ∂x 1
= 1. De plus, Xq1 , et
Xp1 sont linéairement indépendant (sinon on aurait Xq1 = λXp1 et donc {q1 , p1 }π = Xq1 (p1 ) =
λXp1 (p1 ) = 0) et commutent :
d
∂ ∂ 1 X ∂ ∂
π= ∧ + πi,j ∧ (2.23)
∂q1 ∂p1 2 i,j=3 ∂yi ∂yj
avec
Considérons maintenant l’application Φ := (y3 , ..., yd ) définie sur U et à valeurs dans Rd−2 .
Puisque dy3 , ..., dyd sont linéairement indépendantes, Φ réalise une submersion surjective de
U sur un ouvert U 0 de Rd−2 . De plus, ker Φ∗ = vect{Xq1 , Xp1 }, et donc d’après (1.7), les
fonctions πi,j sont constantes sur les fibres Φ−1 (c) de Φ. Il existe alors des fonctions uniques
0
πi,j : U 0 −→ R telles que πi,j = πi,j0
◦ Φ pour tout i, j ≥ 3; ce qui permet de définir un tenseur
0 0
de Poisson π sur U par
Pd 0
π 0 = 21 i,j=3 πi,j ∂ ∂
∂y 0 ∧ ∂y 0 , i j
2
1 ∂
Exemple 2.2.3 Soit g une algèbre de Lie et π = 2 i,j,k ckij zk ∂z ∧ ∂z∂ j la structure de Lie-
P
i
Poisson sur le dual g∗ correspondante. Alors, π est de rang nul à l’origine (puisqu’il s’y annule)
et donc (z1 , ..., zP
n ) est un système de coordonnées de P
Darboux-Weinstein autour de l’origine dans
lequel le terme i ∂q∂ i ∧ ∂p ∂
i
n’apparait pas et ϕij = k
k cij zk sont linéaires.
Un cas particulier important est celui où le rang du tenseur de Poisson est partout égale à la
dimension de la variété.
Proposition 2.2.3 Un tenseur de Poisson π sur une variété M est symplectique si et seulement
si’il est de rang constant égale à la dimension de M .
on obtient une relation d’équivalence sur M . Notons (Sα )α∈I la partition correspondante de M
en classe d’équivalence. D’après (1.4), les flots des champs hamiltoniens préservent π et donc
préservent le rang de π. On en déduit que le rang de π est constant le long de chaque Sα ; on
notera 2rα la valeur commune du rang de π le long de Sα .
Theorem 2.2.5 ([16]) Soit (M, π) une variété de Poisson et soit (Sα )α∈I la partition définie
ci-dessus. Pour tout α ∈ I, Sα est une sous-variété immergée de M de dimension 2rα et, pour
tout x ∈ Sα , l’espace tangent de Sα , en x est l’espace caractéristique en x de π : Tx Sα = Cα . De
plus, Sα , jouit d’une structure symplectique telle que i : Sα ,→ M est un morphisme de Poisson.
Les sous-variété immergées Sα sont appelées les feuilles symplectiques de la variété de Poisson
(M.π).
Proof 2.2.3 Voir [17] pour une démonstration basée sur le théorème de Weinstein.
Definition 2.3.1 On appelle pseudo-algebroı̈de de Lie sur une variété M un triplet (A, [, ], #)
où A → M est un fibré vectoriel sur M, # : A → T M est un morphisme de fibrés, dit l’ancrage,
et [, ] est une application R-bilinéaire et antisymétrique sur l’espace des sections Γ(A), tels que
la règle de Leibniz suivante soit satisfaite:
pour tous α, β ∈ Γ(A) et f ∈ C ∞ (M ). Si, de plus, [, ] est un crochet de Lie, c’est à dire qu’il
vérifié l’identité de Jacobi
La propriété suivante est une conséquence immédiate, mais fondamentale, de la définition d’un
algebroı̈de de Lie.
Proposition 2.3.1 Si (A, [, ], #) est un algebroı̈de de Lie sur une variété M , l’ancrage # est
homomorphisme d’algèbre de Lie Γ(A) dans X (M ): pour tout α, β ∈ Γ(A),
[[α, β], f γ] + [[β, f γ], α] + [[f γ, α], β] = #([α, β])(f )γ + f [[α, β], γ] + [#(β)(f )γ + f [β, γ], α]
+ [−#(α)(f )γ + f [γ, α], β]
= #([α, β])(f )γ + f [[α, β], γ]
− #(α)(#(β)(f ))γ + #(β)(f )[γ, α] − #(α)(f )[β, γ] + f [[β, γ], α]
+ #(β)(#(α)(f ))γ − #(α)(f )[γ, β] − #(β)(f )[γ, α] + f [[γ, α], β]
= (#([α, β]) − [#(α), #(β)])(f )γ
+ f ([[α, β], γ] + [[β, γ], α] + [[γ, α], β]), (2.25)
2
Exemple 2.3.1 (FIBRÉES TANGENTS).Munit du crochet de Lie sur les champs de vecteurs
et de l’identité comme ancrage, le fibré tangent d’une variété M est un algebroı̈de de Lie, dit
algebroı̈de tangent de M .
Exemple 2.3.2 (ALGÈBRE DE LIE). Toute algèbre de Lie peut être vue comme un algebroı̈de
de Lie sur un Point.
Exemple 2.3.4 Toute action d’une algèbre de Lie g sur une variété M ,i.e, un homomorphisme
d’algèbre de lie ξ : g −→ X1 (M ), définit une structure d’algebroı̈de de Lie sur le fibré vectoriel
trivial g × M −→ M : l’ancrage # : g × M −→ T M étant défini, pour tout (u, v) ∈ g ×
M, par #(u, x) = ξ(u)(x), et le crochet de Lie est donné par
Theorem 2.3.2 Le crochet de Koszul est l’unique application R-bilinéaire et antisymétrique sur
l’espace des 1-formes, qui vérifie
Pour montrer l’unicité, remarquons qu’en vertu de l’antisymétrie et la règle de Leibniz, le crochet
de Koszul est de type locale: la valeur de [α, β]π en un point x ∈ M dépend uniquement des valeurs
de α et β au voisinage de x, et vérifie aussi
où l’on utilisé 2.27 dans la dernière ligne. Ceci détermine totalement, comte tenu de la bilinéarité,
le crochet [, ]π , puisque toute 1-forme s’écrit localement comme somme finie de 1-forme de type
f dg.
Reste à montrer que (T ∗ M, [, ]π , #π ) est un algebroı̈de de Lie, c’est à dire que le crochet de
Koszul vérifie l’identité de Jacobi. Pour cela, on va montrer d’abord 2.3.2. En posant, pour tout
α, β ∈ Ω1 (M ),
40 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON
J(df, dg, dh) = [[df, dg]π , dh]π + [[dg, dh]π , df ]π + [[dh, df ]π , dg]π
= [d{f, g}π , dh]π + [d{g, h}π , df ]π + [d{h, f }π , dg]π
= d({{f, g}π , h}π + {{g, h}π , f }π + {{h, f }π , g}π )
= 0.
D’où le résultat.
2
L’algebroı̈de (T ∗ M, [, ]π , #) sera appelée l’algebroı̈de cotangent de (M, π).
La structure d’algebroı̈de de Lie cotangent sur le fibré cotangent de (M, π) permet de définir
des versions contravariantes des opérateurs d, iX , LX et ∇X , et ce, en copiant leurs définitions
algébriques.
D’abord, la différentielle contravariante, notée dπ : X p (M ) → X p+1 (M ), se définit par:
Pp+1
dπ PP(α1 , ..., αp+1 ) = i=1 (−1)i−1 π# (αi ).P (α1 , ..., α̂i , ..., αp+1 ) +
i+j
1≤i<j≤p+1 (−1) P ([αi , αj ]π , α1 , ..., α̂i , ..., α̂j , ..., αp+1 ),
où α1 , ..., αp+1 sont des 1-formes.
Proposition 2.3.3 Pour tout P ∈ X ,
dπ P = [π, P ],
où [, ] dénote le crochet de Schouten-Nijenhuis.
Proof 2.3.3 De la même manière que dans le cas de la différentielle extérieure on montre que,
pour tout P ∈ Xp (M ), dπ P est C ∞ (M )-multilinéaire et alterné, i.e., dπ P est un champ de (p+1)-
vecteurs (voir, e.g., [[18], p.311]). Il suffit donc de montrer qu’à chaque fois appliqués sur une
forme différentielle de la forme df1 ∧ ... ∧ dfp+1 (fi ∈ C ∞ (M )), dp i et [π, P ] coı̈ncident. Pour cela,
en remarquant que
2.3. CALCUL DE POISSON 41
Pp+1
iP (df1 ∧ ... ∧ dfp+1 ) = (−1)p−1 i=1 (−1)
i
P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 )dfi
et
iπ (df1 ∧ ... ∧ dfp+1 ) = 1≤i,j≤p+1 (−1)i+j−1 {fi , fj }π df1 ∧ ...∧
P
ci ∧ ... ∧ df
df cj ∧ ... ∧ dfp+1 ,
on a
p+1
X
hdf1 ∧ ... ∧ dfp+1 , [π, P ]i = h (−1)i d P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 ) ∧ dfi , πi
i=1
X
− h (−1)i+j−1 {fi , fj }π df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ df
cj ∧ ... ∧ dfp+1 , P i
1≤i,j≤p+1
p+1
X
= (−1)i−1 #π (dfi ).P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 )
i=1
X
+ (−1)i+j P [dfi , dfj ]π , df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ df
cj ∧ ... ∧ dfp+1
1≤i,j≤p+1
= hdf1 ∧ ... ∧ dfp+1 , dπ P i.
2
Par conséquent, dπ vérifie, à l’exemple de la différentielle extérieure, les propriétés suivantes:
dπ (P ∧ Q) = d + πP ∧ Q + (−1)degP P ∧ dπ Q, (2.29)
dπ ◦ dπ = 0. (2.30)
La cohomologie associée à dπ
ker(dπ :X p (M )→X p+1 (M )
Hπp (M ) := Im(dπ :X p−1 (M )→X p (M )
est appelée la cohomologie de Poisson de (M, π). En étendant l’application d’ancrage #π sur
l’espace des formes différentielle en posant, #π (f ) = f pour toute fonction f,et
#π (dη)(α1 , ..., αk ) = (−1)k η(#π (α1 ), ..., #π (αk )),
on obtient un homomorphisme C ∞ (M )-linéaire #π : Ω∗ (M ) −→ X ∗ (M ) qui entrelace d et dπ ,
i.e,
#π (dη) = −dπ (#π (η)),
∗
ce qui induit un homomorphisme #π : HdR (M ) → Hπ∗ (M ) de la cohomologie de Rham dans la
cohomologie de Poisson, qui est un isomorphisme si π est symplectique.
Ensuite, la dérivée de Lie dans la direction d’une 1-forme différentielle α, notée Lα : X p (M ) →
X p (M ), et le produit intérieur par α, noté iα : X p (M ) → X p−1 (M ), se définissent par:
p
X
Lα P (α1 , ..., αp ) = #π (α).P (α1 , ..., αp ) − P (α1 , ..., [α, αi ]π , ..., αp ), (2.31)
i=1
42 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON
i[α,β]π = Lα iβ − iβ Lα , (2.33)
L[α,β]π = Lα Lβ − Lβ Lα , (2.34)
Lα = iα dπ + dπ iα , (2.35)
Lα dπ = dπ Lα . (2.36)
Ces opérateurs sont lies aux opérateurs usuels par l’application d’ancrage:
pour tous f ∈ C ∞ (M ), α ∈ Ω1 (M ), η ∈ Ωk (M ) et P ∈ X p (M ).
Finalement, on peut étendre la dérivée de Lie Lα aux formes aux formes différentielles en
définissant, pour tout η ∈ Ωk (M ),
k
X
Lα η(X1 , ..., Xk ) = π# (α).η(X1 , ..., Xk ) − η(X1 , ...Lα Xi , ..., Xk ), (2.40)
i=1
Theorem 2.3.4 Le crochet de Koszul-Schouten est R-bilinéaire et satisfait les propriétés suiv-
antes:
(a) Pour touts f ∈ C ∞ (M ), α ∈ Ω1 (M ) et η ∈ Ωk (M ),
(−1)(k−1)(r−1) [η, [ω, ρ]π ]π + (−1)(k−1)(l−1) [ω, [ρ, η]π ]π + (−1)(l−1)(r−1) [ρ, [η, ω]π ]π = 0.
(2.47)
d[η, ω]π = [dη, ω]π = [dη, ω]π + (−1)(k−1) [η, dω]π . (2.48)
Proof 2.3.4 Les propriétés (a) − (d) se démontrent de la même manière que dans le cas du
crochet de Schouten-Nijenhuis.
Pour voir que d est une dérivation de [, ]π , Posons pour tout η ∈ Ωk (M ) et ω ∈ Ωl (M ),
I(η, ω) = d[η, ω]π − [dη, ω]π − (−1)k−1 [η, dω]π .
On vérifie immédiatement que
I(η, ω) = −(−1)(k−1)(l−1) I(ω, η)
et
I(η, ω ∧ ρ) = I(η, ω) ∧ ρ + (−1)kl ω ∧ I(η, ρ),
pour toute forme différentielle ρ. En particulier, I est de type local. IL suffit donc de vérifier 2.48
dans les trois cas suivants: (i) η et ω sont des 0-formes, c’est à dire qu’elles sont des fonctions;
(ii) η est une fonction et ω est la différentielle d’une fonction; (iii) η et ω sont les différentielles
de deux fonctions. Le premier cas étant trivial, vérifions le deuxième. D’après 2.43 et 2.27, on a
I(f, dg) = d[f, dg]π − [df, dg]π = d(iXf dg) − d{f, g}π = 0.
Dans le troisième cas, on a : I(f, dg) = d[df, dg]π = d2 {f, g}π = 0, ce qui achève la démonstration.
2
44 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON
Definition 2.3.2 Une connexion contravariante sur une variété de Poisson (M, π) est une ap-
plication R-bilinéaire D : Ω1 (M )×Ω1 (M ) −→ Ω1 (M ), notée (α, β) → Dα β, vérifiant, pour toute
fonction f sur M ,
Df α β = f Dα β et Dα (f β) = f Dα β + #π (α)(f )β.
Exemple 2.3.5 Toute connexion covariante ∇ sur M induit deux connexions contravariantes
définies par: Dα β := ∇#π (α) β, D̃α β := ∇#π (β) α + [α, β]π . En particulière, les connexions
contravariantes D sur M est induite par une connexion covariante: Dα β = ∇#π (α) β avec
∇X Y := D#−1 π (X)
Y.
Lorsqu’une connexion contravariante D sur (M, π) est induite par une connexion covariante, elle
vérifie la propriété suivante:
(∀a ∈ T ∗ M, #π (a) = 0) =⇒ Da = 0,
On dit que D est une F-connexion. Si D est une F-connexion sur l’ouvert M reg des points
régulier de (M, π), on dit que D est F reg -connexion.
En général, il existe des connexions contravariantes qui ne sont pas des F-connexion, et donc
une connexion contravariante peut ne pas être induite par une connexion covariante.
La définition d’une connexion contravariante étant similaire à la définition d’une connexion
covariante, on peut développer les notions usuelles de torsion, courbure, transport parallèle,
géodésique,etc. Néanmoins, il ya quelques différences surprenantes dans la géométrie de Poisson
contravariante.
Si (U, x1 , ..., xd ) est une carte locale de M , on définit les symboles de Christoffel Γkij d’une con-
nexion contravariante D par:
d
X
Ddxi dxj = Γkij dxk . (2.49)
k=1
Il est facile de voir que, sous un changement de coordonnées, ces symboles se transforment suivant
la règle
où πij sont les composantes de π dans (x1 , ..., xd ). Inversement, la donnée d’une famille de
symboles qui se transforment suivant cette règle sous un changement de coordonnées, définit une
connexion contravariante.
La torsion et la courbure de la connexion contravariante D sont définies respectivement par:
On vérifie immédiatement que T et R sont des tenseurs de types (2,1) et (3,1), respectivement.
Quand T (resp.R) est identiquement nulle, on dit de D qu’elle est sans torsion(resp. plate). les
expressions locales de la torsion et la courbure sont respectivement:
∂πij
Tijk = Γkij − Γkji − , (2.53)
∂xk
d
l
X ∂Γljk ∂Γl ∂πij l
Rijk = Γlim Γm l m
jk − Γjm Γik + πim − πjm ik − Γ . (2.54)
m=1
∂xm ∂xm ∂xm mk
À l’instar du cas covariant, la donnée d’une métrique riemannienne sur la variété de Poisson
(M, π) donne naissance à une connexion contravariante analogue à la connexion de Levi-Civita.
Soit h, i une métrique riemannienne sur M , et soit #−1 h,i : T M −→ T ∗ M l’isomorphisme musical
−1
associée à h, i, i.e. #h,i (u) := hu, .i. La métrique h, i définit sur le fibré cotangent une métrique,
que l’on notera h, i∗ , par :
Proposition 2.3.5 [1]. Il existe une unique connexion contravariante D sur M vérifiant
Proof 2.3.5 Puisque h, i∗ est non dégénérée, il suffit de calculer hDα β, γi∗ pour toutes 1-formes
α, β et γ. En utilisant (i) et (ii), on calcule
hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ − hβ, Dα γi∗
= #π (α).hβ, γi∗ − hβ, Dγ αi − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + hDγ β, αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + hDβ γ, αi∗
+ h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + #π (β).hγ, αi∗
− hγ, Dβ αi∗ + h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + #π (β).hγ, αi∗
− hγ, Dα βi∗ − hγ, [β, α]π i∗ + h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
soit
2hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ + #π (β).hα, γi∗ − #π (γ).hα, βi∗
+ h[α, β]π , γi − h[β, γ]π , αi + h[γ, α]π , βi.
ce qui montre l’unicité. L’existence se montre immédiatement en vérifiant que la connexion D
définie par la formule de Koszul 2.55 est sans torsion et métrique.
2
3
Exemple 2.3.6 Prenons M = R munie de sa métrique euclidienne et du tenseur de Poisson
∂ ∂ ∂ ∂ ∂
π= ∧ + (y −x )∧ . La connexion de Levi-Civita contravariante correspondante
∂x ∂y ∂x ∂y ∂z
est donnée par :
Ddx dx = Ddx dy = Ddx dz = Ddy dx = Ddy dy = Ddy dz = Ddz dz = 0,
Ddz dx = −dy, et Ddz dy = dx.
D est plate, mais pas une F-connexion, puisqu’à l’origine, #π (dz) s’annule, alors que Ddz dx et Ddz dy
ne s’annulent pas.
Lemma 2.4.1 Le crochet de Schouten-Nijenhuis d’une R-algèbre de Lie g est l’unique applica-
tion R-bilinéaire sur ∧∗ g qui étend le crochet de Lie de g et qui vérifie
(a) Pour tous x ∈ ∧i g et y ∈ ∧j g, [x, y] ∈ ∧i+j−1 g.
(b) L’antisymétrie graduée: pour tous x ∈ ∧i g, y ∈ ∧j g.
(−1)(i−1)(k−1) [x, [y, z]] + (−1)(j−1)(i−1) [y, [z, x]] + (−1)(j−1)(k−1) [z, [x, y]] = 0. (2.59)
Remark 2.4.1 Une manière directe de définir le crochet de Schouten-Nijenhuis sur ∧∗ g consiste
à étendre 2.60, par R-bilinéarité, aux sommes multivecteurs décomposables de ∧∗ g.
Conte tenu de ce qui précède, on a :
Proposition 2.4.2 Une structure de Poisson invariante à gauche sur un groupe de Lie connexe
G est équivalente à la donnée d’un élément r ∈ ∧2 g vérifiant l’équation suivante, dite l’équation
de Yang-Baxter classique(EYBC) :
[r, r] = 0. (2.61)
Exemple 2.4.1 Si la dimension de g est égale à 2, alors tout élément de ∧2 g est une solution
de l’EYBC
Exemple 2.4.2 Si u, v ∈ g tel que [u, v] = 0, alors r = u ∧ v est une solution de l’EYBC; la
structure de Poisson invariante à gauche correspondante sur G est de rang constant égale à 0 si
u ∧ v = 0, 2 sinon.
Par la suite, nous allons donné une caractérisation des solutions de l’EYBC qui peut être très
utile. Dans tout ce qui suit, g est une algèbre de Lie réelle de dimension n, g∗ l’espace dual de
g et r un élément de ∧2 g. On notera r# : g∗ −→ g l’application linéaire définie par
1
[r, r](α, β, γ) = α([r# (be), r# (γ)]) + β([r# (ga), r# (α)]) + γ([r# (al), r# (β)]). (2.63)
2
Proof 2.4.1 Puisque le membre droite de 2.63 est linéaire en α, β et γ il suffit de montrer 2.63
sur une base de g∗ . Pour cela, soit (e1 , ..., en ) une base de g et (e∗1 , ..., e∗n ) la base dual sur g∗ .
Écrivons
Pn
[ei , ej ] = k=1 ckij ek , r = 1≤i<j≤n aij ei ∧ ej .
P
[r, r](e∗i , e∗j , e∗k ) = 2 ail ajm cklm = 2 e∗ ([r# (e∗j ), r# (e∗k )]),
P H H
l,m i,j,k i,j,k i
H
où i,j,k
désigne la somme circulaire sur i, j, k. D’où le résultat.
2
Chapter 3
Groupes de Lie de
Riemann-Poisson
Dans ce chapitre, nous allons étudie les groupes de Lie muni d’une métrique riemannienne in-
variante à gauche et d’un tenseur de Poisson invariant à gauche satisfaisant la condition de
compatibilité qu’on va définir plut tard. Ils constituent une sous-classe de classe des variétés de
Riemann-Poisson introduit et étudier par M.Boucetta (voir [2,3,4,5]).
Les variétés de Riemann-Poisson sont avéré avoir des propriétés géométrique intéressantes (voir
[2,3,4,5]). A partir de ces propriétés il sera intéressant de trouver une large classe d’exemples des
variétés de Riemann-Poisson. Dans ce chapitre nous allons décrit une riche collection d’exemples
obtenus en fournissant un groupe Lie arbitraire G muni d’une métrique riemannienne h , i et
d’un tenseur de Poisson π invariants sous les translations à gauche et telle que (G, h , i, π)
est groupe de Riemann-Poisson. On appel (G, h , i, π) un groupe de Riemann-Poisson. cette
classe d’exemples peut être élargie substantiellement, sans travail supplémentaire, comme suit.
Si (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson et Γ est un sous groupe discret de G
alors Γ \ G carie naturellement une structure de variété de Riemann-Poisson.
49
50 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON
2. Une métrique Riemannienne invariante à gauche h , i sur G est entièrement déterminé par
3. Soit (G, h , i, Ω) un groupe de Lie muni d’une métrique Riemannienne invariante à gauche
et d’une 2-forme invariante à gauche et non dégénérée. Alors (G, h , i, Ω) est une variété
kählerienne si et seulement si, pour tout u, v, w ∈ g,
où ω = Ω(e), % = h , i(e) et A est le produit de Levi-Civita de (g, [ , ], %). Dans ce cas
nous appelons (g, [ , ], %, ω) une algèbre de Lie kählerienne.
Comme toutes les structures invariantes à gauche sur les groupes de Lie, les groupes de Lie de
Riemann-Poison peuvent être caractérisés au niveau de leurs algèbres de Lie.
Proposition 3.1.1 Soit (G, π, h , i) un groupe de Lie muni d’un bivecteurs invariant à gauche
et d’une métrique riemannienne invariante à gauche et (g = Te G, [ , ]) son algèbre de Lie. On
pose r = π(e) ∈ ∧2 g, % = h , ie et %∗ le produit Euclidien associé sur g∗ . Alors (G, π, h , i) est
un groupe de Lie de Riemann-Poisson si et seulement si
(i) [r, r] = 0,
Puisque π et h , i sont invariants à gauche, on déduit facilement de (1.8) et (2.1) que pour tout
α, β, γ ∈ g∗ ,
3.1. LES GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON ET LEURS CARACTÉRISATION INFINITÉSIMALE51
[π, π]S (α` , β ` , γ ` ) = [r, r](α, β, γ), #(α` ) = (r# (α))` , L#π (α` ) β ` = (ad∗r# (α) β)` ,
Proposition 3.2.1 Soit (g, r, %) une algèbre de Lie muni d’un produit Euclidien % et r ∈ ∧2 g.
Désignons par I = ker r# , I ⊥ son orthogonale par-apport à %∗ et A le produit de Levi-Civita
associé à (g∗ , [ , ]r , %∗ ). Alors (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson si et seulement
si:
(c1 ) [r, r] = 0.
r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0.
Proof 3.2.1 En utilisant la formule g∗ = I ⊕ I ⊥ , on peut voir que les conditions (i) et (ii) dans
la Proposition 3.1.1 sont équivalentes à
[r, r] = 0,
r(Aα β, γ) = 0, α ∈ I, β ∈ I, γ ∈ I ⊥ ,
r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0, α ∈ I, β ∈ I ⊥ , γ ∈ I ⊥ (3.7)
r(Aα β, γ) = 0, α ∈ I ⊥ , β ∈ I, γ ∈ I ⊥ ,
r(A β, γ) + r(β, A γ) = 0, α ∈ I ⊥ , β ∈ I ⊥ , γ ∈ I ⊥ .
α α
Supposons que les conditions (c1 ) − (c2 ) sont vérifiées. Alors pour tout α ∈ I et β ∈ I ⊥ , Aβ α =
[β, α]r et donc r# (Aβ α) = [r# (β), r# (α)] = 0 Ainsi l’équation 3.7 est vérifiée.
Inversement, supposons que 3.7. Alors (c1 ) est évidemment vérifiée.
Pour tous α, β ∈ I, la deuxième équation dans 3.7 est équivalente à Aα β ∈ I et nous avons a
partir des équations 3.3 et 3.5[α, β]r = 0 et Aα β ∈ I ⊥ . Ainsi Aα β = 0.
Prenons maintenant α ∈ I et β ∈ I ⊥ . Pour tout γ ∈ I, %∗ (Aα β, γ) = −%∗ (β, Aα γ) = 0 et donc
Aα β ∈ I ⊥ . D’autre part
(3.4)
r# ([α, β]r ) = r# (Aα β) − r# (Aβ α) = [r# (α), r# (β)] = 0.
Cela montre que Aα β ∈ I et donc Aα β = 0. Finalement, (c2 ) est vrai. Maintenant, pour tout
α ∈ I ⊥ , la quatrième équation en 3.7 implique que Aα laisse invariant I et puisque elle est
skew-symétrique elle laisse invariant I ⊥ donc (c3 ) est vérifiée. Cela complète la preuve.
2
3.2. CARACTÉRISATION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 53
Proposition 3.2.2 Soit (g, %, r) une algèbre de Lie munie d’une solution de l’équation de Yang-
Baxter classique et d’un produit Euclidien bi-invariant, i.e.,
%(adu v, w) + %(v, adu w) = 0, u, v, w ∈ g.
Alors (g, %, r) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson si et seulement si Imr# est une sous-
algèbre abélienne.
Soit (g, [ , ]) une algèbre de Lie, r ∈ ∧2 g et % un produit Euclidien sur g. On désigne par
(S, ωr ) le sous-espace symplectique associé à r et par # : g∗ −→ g l’isomorphisme défini par %.
On note que le produit Euclidien sur g∗ est déterminée par %∗ (α, β) = %(#(α), #(β)). On a
g∗ = I ⊕ I ⊥ and g = S ⊕ S ⊥ ,
où I = ker r# . De plus, r# : I ⊥ −→ S est un isomorphisme, on note par τ : S −→ I ⊥ son
inverse. A partir de la relation
%(#(α), r# (β)) =≺ α, r# (β) = r(β, α),
nous déduisons que # : I −→ S ⊥ est un isomorphisme et donc # : I ⊥ −→ S est aussi un
isomorphisme.
On considère l’isomorphisme J : S −→ S reliant ωr avec %|S , i.e.,
ωr (u, v) = %(Ju, v), u, v ∈ S.
On voit facilement que J = −# ◦ τ .
Maintenant on est en mesure d’énoncer et de démontrer le résultat principal de ce chapitre.
Theorem 3.2.3 Avec les notations ci-dessus, (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson
si et seulement si les conditions suivantes sont remplies:
1. (S, %|S , ωr ) est une sous-algèbre de Lie kählerienne, i.e., pour tous s1 , s2 , s3 ∈ S,
ωr (∇s1 s2 , s3 ) + ωr (s2 , ∇s1 s3 ) = 0, (3.8)
où ∇ est le produit de Levi-Civita associé à (S, [ , ], %|S ).
2. pour tout s ∈ S et tous u, v ∈ S ⊥ ,
%(φS (s)(u), v) + %(u, φS (s)v) = 0. (3.9)
où φS :−→ End(S ⊥ ), u 7−→ prS ⊥ ◦ adu et prS ⊥ : g −→ S ⊥ est la projection orthogonal.
3. pour tout s1 , s2 ∈ S et tous u ∈ S ⊥ ,
ωr (φS ⊥ (u)s1 , s2 ) + ωr (s1 , φS ⊥ (u)s2 ) = 0. (3.10)
où φS ⊥ :−→ End(S), u 7−→ prS ◦ adu et prS : g −→ S est la projection orthogonal.
Proof 3.2.2 Supposons premièrement que (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson.
Selon les propositions 3.2.1 et 3.1.2, cela est équivalent à
(S, ωr )est une sous-algèbre symplectique
∀α ∈ I, Aα = 0, (3.11)
⊥ ⊥
∀α, β, γ ∈ I , Aα β ∈ I et r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0,
Maintenant, #(β), #(γ) ∈ S et r# (β), r# (γ) ∈ S et puisque S est une sous-algèbre nous
déduisons que [r# (β), #(γ)], [r# (γ), #(β)] ∈ S et donc
ωr (∇u v, w) + ωr (v, ∇u w) = 0. u, v, w ∈ S.
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 55
Cela est équivalent à ∇u Jv = J∇u v. Montrons que ∇ est actuellement le produit de Levi-Civita
associé à (S, [, ], %). En effet, pour tous u, v, w ∈ S, ∇u v − ∇v u = [u, v] et
Nous avons donc montré la partie directe de la théorème. L’inverse se déduit facilement des
relations que nous avons établies dans la preuve de la partie directe.
2
Example 1 1. Soit G un groupe de Lie compacte, g son algèbre de Lie associée et T un
tore de dimension paire de G.Choisissons une métrique riemannienne bi-invariante h , i
sur G, une 2-forme non-dégénérée ω ∈ ∧2 S ∗ où S est l’algèbre de Lie de T et on pose
% = h , i(e). Soit r ∈ ∧2 g la solution de l’équation de Yang-Baxter classique associée à
(S, ω). En utilisant le théorème 3.2.3, on voit facilement que (g, %, r) est une algèbre de Lie
de Riemann-Poisson et donc (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson où π
est le tenseur de Poisson invariant à gauche associé à r. Selon le théorème ??, les orbites
de l’action à droite de T sur G définissent une foliation Riemannienne et kählerienne
.
cos(θi ) sin(θi )
For instance, G = SO(2n), T = Diagonal(D1 , . . . , Dn ) où Di = et
− sin(θi ) cos(θi )
h , i = −K où K la forme de Killing.
[u, v] = [u, v]h , [a, b] = µ(a, b) + [a, b]p , [a, u] = −[u, a] = φp (a)(u) − φh (u)(a) (3.13)
56 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON
Proposition 3.3.1 Avec les données et les notations du Problème 1, le crochet définit par (18)
est un crochet de Lie si et seulement si, pour tout u, v ∈ h et a, b, c ∈ p,
φp (a)([u, v]h ) = [u, φp (a)(v)]h + [φp (a)(u), v]h + φp (φh (v)(a))(u) − φp (φh (u)(a))(v),
φh (u)([a, b]p ) = [a, φh (u)(b)]p + [φh (u)(a), b]p + φh (φp (b)(u))(a) − φh (φp (a)(u))(b),
φ ([u, v] ) = [φ (u), φ (v)],
h h h h
(3.14)
φ p ([a, b]p )(u) = [φ p (a), φp (b)](u) + [u, µ(a, b)]h − µ(a, φh (u)(b)) − µ(φ h (u)(a), b),
H H
[a, [b, c]p ]p = φh (µ(b, c))(a),
H H
φp (a)(µ(b, c)) = µ([b, c]p , a),
H
où est la permutation circulaire.
Proof 3.3.1 Les équations découlent de l’identité de Jacobi appliquée à (a, u, v), (a, b, v), et
(a, b, c).
2
Nous abordons maintenant la tâche de déterminer la liste de toutes les algèbres de Lie de Riemann
Poisson jusqu’à la dimension 5. Pour cela, nous devons résoudre le problème 1 dans les cas
suivants: (a) dim p = 1, (b) dim h = 2 et h est non abélienne, (c) dim h = dim p = 2 et h est
abélienne, (d) dim h = 2, dim p = 3 et h est abélienne.
Il est facile de trouver la solution du problème 1 si dim p = 1 puisque dans ce cas so(p = 0) et
les trois dernières équations dans (3.11) sont évidemment vérifiées.
Proposition 3.3.2 Si dim p = 1 alors les solutions du problème 1 sont l’algèbre de Lie kählerienne
(h, %, ω), φh = 0, [, ]p = 0, µ = 0, et φp (a) ∈ sp(h, ω) ∩ Der(h) où a est un générateur de p et
Der(h) l’algèbre des dérivations de h.
Proposition 3.3.3 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
non abélienne de dimension 2. Alors il existe une base orthonormée B = (e1 , e2 ) de h, b0 ∈ p et
deux constants α 6= 0 et β 6= 0 tels que:
(iiii) pour tous a, b ∈ p, µ(a, b) = µ0 (a, b)e1 où µ0 est un 2-cocycle de (p, [, ]p ) vérifiant
µ0 (a, φh (e2 )b) + µ0 (φh (e2 )a, b) = −%p ([a, b]p , b0 ) − αµ0 (a, b). (3.15)
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 57
Proof 3.3.2 Notons premièrement que de la troisième relation dans (19) on trouve que φh (h)est
une sous algèbre résoluble de so(p) et donc nécessairement abélienne. Puisque h est de dimension
2 et non abélienne alors dim φh (h) = 1 et [h, h] ⊂ kerφh . Donc il existe une base orthonormée
(e1 , e2 ) de h telle que [e1 , e2 ] = αe1 , φh (e1 ) = 0 et ω = βe∗1 ∧ e∗2 . Si on identifie les endomor-
phismes de h avec leurs matrices dans la base (e1 , e2 ), on trouve que sp(h, ω) = sl(2, R) et il
existe a0 , b0 , c0 ∈ p telle que, pour tout a ∈ p,
%p (a0 , a) %p (b0 , a)
φp (a) =
%p (c0 , a) −%p (a0 , a)
α(%p (a0 , a)e1 +%p (c0 , a)e2 ) = −α%p (a0 , a)e1 +α%p (a0 , a)e1 +%p (a0 , φh (e2 )(a))e1 +%p (c0 , φh (a))e2 ,
Ce qui implique que a0 = b0 = c0 . La deuxième équation dans (19) implique que φh (e2 ) est
une dérivation de [, ]p . Si on prend u = e1 dans la quatrième équation dans (19), on obtient
que [e1 , µ(a, b)] = 0, pour tout a, b ∈ p et donc µ(a, b) = µ0 (a, b)e1 , Si on prend u = e2 dans la
quatrième équation dans (19) nous obtenons (20). Les deux dernière équations sont équivalentes
à [, ]p est un crochet de Lie et µ0 est un 2-cocycle de (p, [, ]p ).
2
La proposition suivante donne des solutions du Problème 1 lorsque h est abélienne de dimension
2 et dim p = 2 .
Proposition 3.3.4 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2 et dim p = 2. Alors l’une des situations suivantes se produit:
3. (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne, abélienne et il existe une base orthonormée
∗ ∗
B
= (e1 , e2 ) de h et b0 ∈ p tel que ω = αe1 ∧e2 , φh (e2 ) 6= 0 et, pour tout a ∈ p, M (φp (a), B) =
0 %p (b0 , a)
et il n’y a aucune restriction sur µ.
0 0
Proof 3.3.3 On note premièrement que puisque dim p = 2 les deux dernières équations dans
(19) sont évidement vérifiées et (p, [, ]p ) est une algèbre de Lie. Nous discutons deux cas:
(i) φh = 0. Alors (19) est équivalente à φp est une représentation de p dans sp(h, ω) ' sl(2, R).
Puisque sl(2, R) ne contienne aucune sous algèbre abélienne de dimension 2, si p est algèbre
de Lie abélienne alors φp (p) ≤ 1 et la situation se produit. si p est non abélienne alors la
premier ou la deuxième situation se produit dépendant de dimension de φp (p).
58 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON
(ii) φh 6= 0. Puisque dim so(p) = 1 il existe une base orthonormée B = (e1 , e2 ) de h tels
que φh (e1 ) = 0 etφh (e2 ) 6= 0. Nous avons sp(h, ω) = sl(2, R) et donc, pour tout a ∈
%p (a0 , a) %p (b0 , a)
p, M (φp (a), B) = . choisissons une base orthonormée (a1 , a2 ) de
%p (c0 , a) −%p (a0 , a)
p. Alors il existe γ 6= 0 tels que φh (e2 )(a1 ) = λa2 et φh (e2 )(a2 ) = −λa1 .
La premier équation dans (19) est équivalente à
φh (e2 )([a1 , a2 ]p ) = [a1 , φh (e2 )a2 ]p +[φh (e2 )a1 , a2 ]p +φh (φp (a2 )(e2 )(a2 )−φh (φp (a1 )(e2 )(a2 ),
et donc φh (e2 )([a1 , a2 ]p ) = 0. Ainsi [a1 , a2 ]p = 0. Les autres équations dans (19) sont
immédiats.
2
Pour aborder le dernier cas, nous avons besoin de la détermination des sous-algèbres de dimension
2 de sl(2, R).
Proposition 3.3.5 Les sous algèbre de dimension 2 de sl(2, R) sont
!
α β
g1 = ,
0 −α
!
α 0
g2 = , , α, β ∈ R
β −α
!
2β−α
α x
gx = (α + 2β)x −α ,
On note premièrement que si x1 = 0 alors (x2 , x3 ) = (0, 0) ce qui est impossible nous devons
donc avoir x1 6= 0 et donc d = 4 − a2 . Si on remplace dans la troisième équation du deuxième
système et la dernière équation, nous trouvons x3 = 41 et y3 = − a4 . La troisième équation du
premier système donne x2 = − 16x 1
1
et donc y1 = (2 − a)x1 et y2 = (a+2)
16x1 . Ainsi
1 1
− a4 a+2
1 − x1 a+2
4 − 16x 16x1 −a x
g = span 1 , = span , ; x = 4x1 .
x1 −4 1
(2 + a)x1 − a4 x −1 (2 − a)x a
Mais
2
− x1 a+2
0 x 1 −a x
=a +
2x 0 x −1 (2 − a)x a
et donc
1 − x1 2
0 x
g = span , = gx .
x −1 2x 0
On peut vérifier facilement que gx = gy si et seulement si x = y. Ceci complète la preuve.
2
Les deux propositions suivantes donnent la solution du Problème 1 lorsque h est abélienne de
dimension 2 et dim p = 3.
Proposition 3.3.6 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2 et dim p = 3. Alors l’une des situations suivantes se produit:
(i) (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne de dimension 3, φp = 0 et µ est un 2-cocycle
pour la représentation triviale.
(ii) φp est un isomorphisme des algèbres de Lie entre (p, [, ]p ) et sl(2, R) et il existe un endo-
morphisme L : p −→ h telle que pour tout a, b ∈ p,
!
u − ux
M (φp (a2 ), Bh ) = ,
ux −u
!
ou v − 2v+α
2x
M (φp (a3 ), Bh ) = 2v−α ,
x −v
2
φp (a1 ) = 0,
Proof 3.3.5 Dans ce cas, (19) est équivalente to (p, [, ]p ) est une algèbre de Lie et φp est une
représentation et µ est un 2-cocycle de (p, [, ]p , φp ).
Nous distinguons quatre cas:
1. φp = 0 et le cas (i) se produit.
2. dim φp (p) = 3 et donc p est isomorphe à sp(h, ω) ' sl(2, R) et donc µ est un coboundery.
Ainsi (ii) se produit.
3. dim φp (p) = 2 alors kerφp est un idéale de dimension 1 de p. Mais φp (p) est une sous-
algèbre de dimension 2 de sp(h, ω) ' sl(2, R), par conséquent elle n’est pas abélienne donc
p/kerp est non abélienne. Si kerp ⊂ [p, p]p alors dim[p, p]p = 2 il existe donc une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p tel que a1 ∈ kerp et
Nous choisissons une base orthonormée (e1 , e2 ) de h et on identifie sp(h, ω) à sl(2, R).
Maintenant φp (p) = {φp (a2 ), φp (a3 )} est une sous-algèbre de sl(2, R) et, selon la proposi-
tion 3.3.4, φp (p) = g1 , g2 ou gx . Mais
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 61
− ux
u
[g1 , g1 ] = Re, [g2 , g2 ] = Rf et [gx , gx ] = .
ux −u
or
u − ux − 2p+α
p 2x
φp (a2 ) = , φp (a3 ) = 2p−α et φp (a1 ) = 0.
ux −u 2 x −p
4. dim φp (p) = 1 alors kerφp est un idéale de dimension 2 de p, Donc il existe une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p tels que
2
Proposition 3.3.7 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2, dim p = 3 et φh 6= 0. Alors il existe une base orthonormée (e1 , e2 ) de
h, une base orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p, λ > 0, α, p, q, µ1 , µ2 , µ3 ∈ R tels que
φh (e1 ) = 0, φh (e2 )(a1 ) = λa1 et φh (e2 )(a1 ) = 0,
0 µi
[a1 , a2 ]p = αa3 , [a1 , a3 ]p = pa1 + qa2 , [a2 , a3 ]p = −qa1 + pa2 , etφp (ai ) = , i = 1, 2, 3
0 0
et l’une des situations suivantes se produit:
1. p 6= 0, α = 0 et
µ(a1 , a2 ) = 0, µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
2. p = 0, µ3 6= 0, α = 0 et
µ(a1 , a2 ) = ce1 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
3. p = 0, µ3 = 0 et
µ(a1 , a2 ) = c1 e1 + c2 e2 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
Proof 3.3.6 Puisque φh 6= 0 alors φh (h) est une sous-algèbre abélienne non triviale de so(p) et
donc doit être de dimension 1. Il existe donc une base orthonormée (e1 , e2 ) de h et une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p et λ > 0 tel que φh (e1 ) = 0 et
φh (e2 )(a1 ) = λa2 , φh (e2 )(a2 ) = −λa1 et φh (e2 )(a3 ) = 0.
62 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON
p 6= 0 alors
α = 0, µ(a1 , a2 ) = 0, µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
p = 0 et µ3 6= 0 alors α = 0 et
µ(a1 , a2 ) = ce1 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
p = 0 et µ3 = 0 alors
µ(a1 , a2 ) = c1 e1 + c2 e2 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .
(c41) dim g = 2, dim p = 2 et h est non abélienne et nous pouvons appliquer la Proposition
4.3 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Ils sont décrits aux lignes 1 et 2 du
tableau 2.
(c42) dim h = 2, dim p = 2 et h est abélienne et nous pouvons appliquer la Proposition 4.4
et 4.5 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Ils sont décrits aux lignes 3 et 8
du tableau 2.
(c43) dim h = 4. Dans ce cas p est une algèbre de Lie Kählerienne. Nous avons utilisé [9]
pour avoir toutes les algèbres de Lie Kählerienne de dimension 4 avec leurs dérivations
symplectique. Les résultats sont données dans le Tableau 3. La notion Ders (h)
est l’espace vectoriel des dérivations qui sont antisymétrique par rapport a la forme
symplectique. L’espace vectoriel Ders (h) est décrit par une famille des générateurs et
Eij est la matrice avec 1 dans la linge i et la colonne j et 0 ailleurs.
64 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON
(c51) dim h = 4 et h est abélienne et donc un espace vectoriel symplectique. Nous pouvons
appliquer la Proposition 3.3.2 et g est un produit semi-direct.
(c52) dim h = 4 et h est non abélienne. Nous pouvons appliquer la Proposition 3.3.2. et
Tableau 3 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Le résultat est dans le Tableau
4.
(c53) dim h = 2 et h est non abélienne. Nous pouvons appliquer la Proposition 3.3.3. Dans
ce cas (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne de dimension 3 on peut compiler
Der(p) ∩ so(p) et résoudre 3.15.
Les algèbres de Lie Euclidiennes de dimension 3 sont classifiées dans [12]. Le résultat
est résumé en Tableau 5 si p est unimodulaire et en Tableau 6 lorsque p est non
unimodulaire.
Tableau 5: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with non abelian kähler
subalgebra and unimodular complement
Tableau 6: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with non abelian kähler
subalgebra and non unimodular complement
3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 69
Proof 3.4.1 Soit g l’algèbre de Lie de G et % =<, > (e). Selon Le théorème de Milnor [[13], T heorem1.5]
et sa version améliorée [[3], T heorem3.1] la planéité de la métrique sur G est équivalente à [g, g]
est abélienne dimensionnelle, [g, g]⊥ = {u ∈ g, adu + ad∗u = 0} est aussi abélienne dimensionnelle
et g = [g, g] ⊕ [g, g]⊥ . En outre, le produit de Levi-Civita est donné par
(
ada si a ∈ [g, g],
La = (3.16)
0 si a ∈ [g, g]⊥
et il existe une base (e1 , f1 , ..., er , fr ) de [g, g] et λ1 , ..., λr ∈ [g, g]⊥ − {0} tel que pour tout
a ∈ [g, g]⊥ ,
[a, ei ] = λi (a)fi et [a, fi ] = −λi (a)ei .
2
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