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THÈSE

Présenté à la faculté des sciences et techniques pour obtenir le grade de


Docteur

TITRE
On Riemann-Poisson Lie groups

par :
Alioune OULD BRAHIM
(Master : Mathematiques)

Directeur de Thèse
Mohamed BOUCETTA (FATG-Université de Cadi-Ayyad)
Lessiad AHMED SIDAHMED (FSTG Université de Nouakchott Al-Assriya)
Contents

Résumé 2

Introduction 2

Notations 6

1 Introduction à la géométrie riemannienne 9


1.1 Généralités sur les variétés riemannienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Exemples de variétés riemanniennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Construction de nouvelles variétés riemanniennes à partir d’anciennes variétés
riemanniennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3 Connexion de Levi-Civita . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.1 Connexions linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

2 Introduction à la géométrie de Poisson 24


2.1 Crochets et tenseurs de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 Exemples de Variétés de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.2 Tenseur de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.3 Le crochet de Schouten Nijenhuis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2 Feuilles symplectiques et structure locale des variétés de Poisson . . . . . . . . . 32
2.2.1 Définitions et vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.2 Le théorème de Weinstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.3 Feuilles symplectiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.3 Calcul de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3.1 Algebroı̈de de Lie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3.2 Le fibré cotangent d’une variété de Poisson est un algebroı̈de de Lie . . . 38
2.3.3 Connexions Contravariantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.4 Structure de Poisson invariantes à gauche sur un groupe de Lie . . . . . . . . . . 46

3 Groupes de Lie de Riemann-Poisson 49


3.1 Les groupes de Lie de Riemann-Poisson et leurs caractérisation infinitésimale . . 49
3.2 Caractérisation des algèbres de Lie de Riemann-Poisson . . . . . . . . . . . . . . 52
3.3 Construction des algèbres de Lie de Riemann-Poisson . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.4 Résultat Principal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

Bibliographie 72

2
On Riemann-Poisson Lie groups

Alioune OULD BRAHIM

July 15, 2020


Résumé

Un groupe de Lie de Riemann-Poisson est un groupe de Lie muni d’une métrique riemannienne
invariante à gauche et un tenseur de Poisson invariant à gauche qui sont compatible dans le sens
introduit dans [3]. Nous étudions ces groupes de Lie et nous donnons une caractérisation de leurs
algèbres de Lie. Nous donnons aussi une méthode de construction de ces algèbres de Lie et nous
terminons par donner une liste des algèbres de Lie de Riemann-Poisson jusqu’au dimension 5.

2
Introduction

Le point de départ de cette thèse est l’étude des interactions entre la géométrie riemannienne
et la géométrie de Poisson telles qu’elles apparaissent dans [1], [2], [3], [4]. Plus précisément, on
s’est intéressé aux groupes de Lie muni d’une métrique Riemannienne invariante à gauche et d’un
tenseur de Poisson invariant à gauche satisfaisant la condition de compatibilité qu’on va définir
plus tard. Ils constituent une sous-classe de classe des variétés de Riemann-Poisson introduit et
étudié par Boucetta dans [1], [2], [3], [4].
Soit (M, π, h , i) une variété lisse muni d’un tenseur de Poisson π et d’une métrique Riemannienne
h , i. Notons par h , i∗ le produit Euclidien sur T ∗ M naturellement associé à la métrique h , i. Le
tenseur de Poisson définit une structure d’algebroı̈de de Lie sur T ∗ M où l’application d’encrage
est la contraction #π : T ∗ M −→ T M donnée par ≺ β, #π (α) = π(α, β) et le crochet de Lie
sur Ω1 (M ) est le crochet de Koszul donnée par 2.26.
Cette structure d’algebroı̈de de Lie et la métrique h , i∗ définissent une connexion contravariante
D : Ω1 (M ) × Ω1 (M ) −→ Ω1 (M ) par la formule de Koszul

hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ + #π (β).hα, γi∗ − #π .hα, βi∗


+ h[α, β]π , γi∗ − h[β, γ]π , αi∗ + h[γ, α]π , βi∗ . (1)

Elle est l’unique connexion contravariante sans torsion qui est métrique, i.e, pour tous α, β, γ ∈
Ω1 (M )
Dα β − Dβ α = [α, β]π et #π (α).hβ, γi∗ = hDα β, γi∗ + hβ, Dα γi∗ .
La notion de connexion contravariante à été introduit par Vaisman dans [10] et étudié en plus
détail par Fernandes dans le contexte d’algebroı̈de de Lie [7]. la connexion D définie ci-dessus
est appelée la connexion de Levi-Civita contravariante associée aux couple (π, h , i) et elle est
apparu en premier dans [2]. Le triplet (M, π, h , i) est appelée une variété de Riemann-Poisson
si

Dπ(α, β, γ) := #π (α).π(β, γ) − π(Dα β, γ) − π(β, Dα γ) = 0. (2)

Cette notion a été introduite par le deuxième auteur dans [2]. Les variétés de Riemann-Poisson se
sont révélées d’avoir des propriétés géométriques intéressantes (voir [1], [2], [3], [4]). Mentionnons
certains d’entre eux.
1. La condition de compatibilité 2 est plus faible que la condition ∇π = 0 où ∇ est la
connexion de Levi-Civita associée à h , i. En effet, la condition 2 permet au tenseur de
Poisson d’avoir un rang variable. Par exemple, les structures de Poisson linéaire qui sont de
Riemann-Poisson existe et sont caractérisées dans [5]. En outre, soit (M, h , i) une variété
Riemannienne et (X1 , ..., Xr ) une famille des champs de vecteurs qui commutent. Posons

3
4 CONTENTS

P
π= i,j Xi ∧ Xj .

Alors (M, π, h , i) est une variété de Riemann-Poisson. Cet exemple illustre également la
faiblesse de la condition 2 et, plus important encore, c’est le modèle local de la géométrie
de non commutatif déformation étudié par Hawkins (voir [[8], Theorem 6.6]).
2. Les variétés de Riemann-Poisson peuvent être considérés comme une généralisation des
variétés Kähleriennes. En effet, soit (M, π, h , i) une variété de Poisson muni d’une métrique
Riemannienne tel que π est inversible. On note par ω la forme symplectique inverse de π.
Alors (M, π, h , i) est une variété de Riemann-Poisson si et seulement si ∇ω = 0 où ∇ est
la connexion de Levi-Civita associée à h , i. Dans ce cas, si on définit A : T M −→ T M par
ω(u, v) = hAu, vi alors −A2 est symétrique définie positive et donc il existe Q : T M −→
T M symétrique définie positive telle que Q2 = A2 . Il s’ensuite que J = AQ−1 satisfait
J 2 = −IdT M est antisymétrique par apport à h , i et ∇J = 0. Donc (M, J, h , i) est
une variété Kählerienne et sa forme de Kähler ωJ (u, v) = hJu, vi est lié à ω par la formule
suivante:

p
ω(u, v) = −ωJ ( −A2 u, v), u, v ∈ T M. (3)

Comte tenu de cette construction, nous appellerons q’une variété de Kähler est un triplet
(M, h , i, ω) où h , i est une métrique Riemannienne et ω est une 2-forme non dégénérée
telle que ∇ω = 0 où ∇ est la connexion de Levi-Civita associée à h , i.
3. Le feuilletage symplectique d’une variété de Riemann-Poisson lorsque π est de rang con-
stant à une importante propriété à savoir qu’il est à la fois un feuilletage symplectique et
un feuilletage de Kähler.
Rappelons q’un feuilletage symplectique est une variété feuilletée (M, F) muni d’une métrique
Riemannienne h , i telle que la distribution T ⊥ F est totalement géodésique.
Les feuilletages Symplectique sont une généralisation des variétés Kählerienne (voir [6])
et comme pour la notion de variété de Kähler, on appel dans ce travail un feuilletage de
Kähler une variété feuilletée (M, F) muni métrique foliaire h , iF ∈ Γ(⊗2 T ∗ F) et une
2-forme différentielle foliaire ωF ∈ Γ(⊗2 T ∗ F) telle que toute feuille muni des restrictions
h , iF et ωF est une variété Kählerienne.

Theorem 0.0.1 ([4]). Soit (M, h , i, π) une variété de Riemann-Poisson, π est de rang constant.
Alors son feuilletage symplectique est à la fois Riemannien et Kählerien.

Compte tenu de ces propriétés particulièrement le théorème 0.0.1, il sera intéressant de trouver
une grande classe d’exemples des variétés de Riemann-Poisson. Dans ce travail nous allons décrit
une riche collection d’exemples obtenus en fournissant un groupe Lie arbitraire G muni d’une
métrique riemannienne h , i et d’un tenseur de Poisson π invariants sous les translations à gauche
et telle que (G, h , i, π) est groupe de Lie de Riemann-Poisson. On appel (G, h , i, π) un groupe
de Riemann-Poisson. cette classe d’exemples peut être élargie substantiellement, sans travail
supplémentaire, comme suit. Si (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson et Γ est
un sous groupe discret de G alors Γ \ G carie naturellement une structure de variété de Riemann-
Poisson.
Comme toutes les structures invariantes à gauche sur les groupes de Lie, les groupes de Lie de
Riemann-Poison peuvent être caractérisés au niveau de leurs algèbres de Lie.
Soit (G, π, h , i) un groupe de Lie muni d’un bivecteurs invariant à gauche et d’une métrique
CONTENTS 5

riemannienne invariante à gauche et (g = Te G, [ , ]) son algèbre de Lie. On pose r = π(e) ∈ ∧2 g,


% = h , ie et %∗ le produit Euclidien associé sur g∗ . Alors (G, π, h , i) est un groupe de Lie de
Riemann-Poisson si et seulement si

ˆ [r, r] = 0,

ˆ pour tous α, β, γ ∈ g∗ , r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0,

où A est le produit de Levi-Civita associé à (g∗ , [ , ]r , %∗ ).


Soit (g, [ , ]) une algèbre de Lie, r ∈ ∧2 g et % un produit Euclidien sur g. On désigne par (S, ωr )
le sous-espace symplectique associé à r et par # : g∗ −→ g l’isomorphisme défini par %. On note
que le produit Euclidien sur g∗ est déterminée par %∗ (α, β) = %(#(α), #(β)). On a

g∗ = I ⊕ I ⊥ and g = S ⊕ S ⊥ ,

où I = ker r# , S = Imr# . De plus, r# : I ⊥ −→ S est un isomorphisme, on note par τ : S −→ I ⊥


son inverse. A partir de la relation

%(#(α), r# (β)) =≺ α, r# (β) = r(β, α),

nous déduisons que # : I −→ S ⊥ est un isomorphisme et donc # : I ⊥ −→ S est aussi un


isomorphisme.
On considère l’isomorphisme J : S −→ S reliant ωr avec %|S , i.e.,

ωr (u, v) = %(Ju, v), u, v ∈ S.

On voit facilement que J = −# ◦ τ .


Maintenant on est en mesure d’énoncer et de démontrer le résultat principal de ce travail.

Theorem 0.0.2 Avec les notations ci-dessus, (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson
si et seulement si les conditions suivantes sont remplies:

1. (S, %|S , ωr ) est une sous-algèbre de Lie kählerienne, i.e., pour tous s1 , s2 , s3 ∈ S,

ωr (∇s1 s2 , s3 ) + ωr (s2 , ∇s1 s3 ) = 0, (4)

où ∇ est le produit de Levi-Civita associé à (S, [ , ], %|S ).

2. pour tout s ∈ S et tous u, v ∈ S ⊥ ,

%(φS (s)(u), v) + %(u, φS (s)v) = 0. (5)

où φS :−→ End(S ⊥ ), u 7−→ prS ⊥ ◦ adu et prS ⊥ : g −→ S ⊥ est la projection orthogonal.

3. pour tout s1 , s2 ∈ S et tous u ∈ S ⊥ ,

ωr (φS ⊥ (u)s1 , s2 ) + ωr (s1 , φS ⊥ (u)s2 ) = 0. (6)

où φS ⊥ :−→ End(S), u 7−→ prS ◦ adu et prS : g −→ S est la projection orthogonal.

Nous allons utiliser ce théorème pour construire des algèbres de Lie de Riemann-Poisson pour
cela nous cherchons à résoudre le problème suivant

Problem 1 Nous recherchons:


6 CONTENTS

1. Une algèbre de Lie kählerienne (h, [, ]h , %h , ω),


2. un espace vectoriel Euclidien (p, %p ),
3. une application bilinéaire antisymétrique [, ]p : p × p −→ p,

4. une application bilinéaire antisymétrique µ : p × p −→ h,


5. deux applications linéaires φp : p −→ sp(h) et φ: p −→ so(p) où sp(h, ω) = {J : h −→
h, J ω + J = 0} et so(p) = {A : p −→ p, A∗ + A = 0}, J ω est l’adjoint de J par apport à ω
et A∗ est l’adjoint par rapport à %p .
tel que le crochet [, ] sur g = h ⊕ p définit, pour tout a, b ∈ p et u, v ∈ h, par

[u, v] = [u, v]h , [a, b] = µ(a, b) + [a, b]p , [a, u] = −[u, a] = φp (a)(u) − φh (u)(a) (7)

est un crochet de Lie.

Dans ce cas, (g, [, ]) muni de r ∈ ∧2 g associé à (h, ω) et le produit Euclidien % = %h + %p devient,


selon le théorème 0.0.2, une algèbre de Lie de Riemann-Poisson.
Cette thèse consiste en trois chapitres. Le premier chapitre est une introduction succincte à la
géométrie de Poisson. On y donne les notions de base ainsi que quelque résultats fondamentaux
en géométrie de Poisson, notamment le théorème de Weinstein, le feuilletage symplectique, le
calcul de Poisson : algebroı̈de de Lie sur le fibrée cotangent d’une variété de Poisson, connex-
ion contravariante, etc. Dans le deuxième chapitre nous donnons le matériel nécessaire pour ce
chapitre et décrivons la contrepartie infinitésimale des groupes de Lie de Riemann-Poisson, ap-
pelées, Algèbres de Lie de Riemann-Poisson, nous démontrons aussi notre résultat principal qui
donne une description utile des algèbres de Lie de Riemann-Poisson (voir 3.2.3), nous utilisons ce
théorème pour donner une méthode de construction des algèbres de Lie de Riemann-Poisson et
on explique cette méthode en donnant une liste des algèbres de Lie de Riemann-Poisson jusqu’à
la dimension 5.
Notations

Toutes les structures qui apparaissent dans ce texte (variétés, fibrés, tenseurs, etc...) sont sup-
posées de classe C ∞ .
Au long de ce texte nous utilisons les notations suivantes
M variété lisse de dimension d
TM fibré tangent de M
T ∗M fibré cotangent de M
Xk (M ) := Γ(Λk T M ) espace des champs de k-vecteurs sur M
Ωk (M ) := Γ(Λk T ∗ M ) espace des champs de k-formes différentiables sur M
X0 (M ) := Ω0 (M ) = C ∞ (M ) espace des fonctions lisses sur M à valeurs réelles
X∗ (M ) := ⊕dk=0 Xk (M ) espace des champs de multivecteurs sur M
Ω∗ (M ) := ⊕dk=0 Ωk (M ) espace des formes différentielles sur M
|ω| degré d’une forme différentielle ω
dω différentielle extérieure de ω
X(f ) = X.f = df (X) différentielle de f appliquée sur X
F∗ application linéaire tangente de F
iP produit intérieur par P
LX dérivée de Lie dans la direction de X
ΦtX flot local de X
X
H f champ hamiltonien d’une fonction f
i1 ,...,is
somme circulaire sur i1 , ..., is
Nous rappelons également quelques formules utiles du calcul différentiel.
1. Formule de Cartan pour la différentielle : pour tout ω ∈ Ωn (M ), et tout X1 , ..., Xn+1 ∈
X1 (M ),

n+1
X
dω(X1 , ..., Xn+1 ) = (−1)i−1 Xi .ω(X1 , ..., X
bi , ..., Xn+1 )
i=1
X
+ (−1)i+j ω([Xi , Xj ], X1 , ..., X
bi , ..., X
bj , ..., Xn+1 ), (8)
1≤i<j≤n+1

où le chapeaubsignifie que le terme correspondant est omis.


2. Dérivée de Lie : pour tout ω ∈ Ωn (M ), et tout X1 , ..., Xn ∈ X1 (M ),

n
X
LX ω(X1 , ..., Xn ) = X.ω(X1 , ..., Xn ) − ω(X1 , ..., [X, Xi ], ..., Xn ), (9)
i=1

et pour tout P ∈ Xn (M ), et tout α1 , ..., αn ,

7
8 CONTENTS

LX P (α1 , ..., αn ) = X.P (α1 , ..., αn )


Xn
− P (α1 , ..., LX αi , ..., αn ). (10)
i=1

3. Formule de Cartan pour la dérivée de Lie : pour tout ω ∈ Ωn (M ), et tout X1 , ..., Xn ∈


X1 (M ),

LX ω = iX (dω) + d(iX ω). (11)


Chapter 1

Introduction à la géométrie
riemannienne

Dans ce chapitre nous allons définir la notion de variété riemannienne, définir certains objets
mathématiques naturellement associées à ces variétés (longueur de courbe, volume rieman-
nien,gradient d’une fonction,divergence d’un champ de vecteur, laplacien, Connexion de Levi-
Civita(Connexion linéaire)) et donner des exemples de base.

1.1 Généralités sur les variétés riemannienne


Nous allons commencer par préciser les notions et rappeler le théorème d’existence des partitions
de l’unité.
Soit M une variété lisse de dimension n. Une carte locale de M est un couple (U, φ) où U est un
ouvert de M et φ : U −→ V est un homéomorphisme de V vers un ouvert V de Rn . On notera
σ = φ−1 qui est un homéomorphisme de V vers U et sera quelquefois appelé paramétrisation de
U . Les composantes de φ dans Rn seront notées (x1 , ..., xn ) et sont appelées système local de
coordonnées sur U . A ce système local de coordonnées est associé un repère local
 
∂ ∂
, ..., .
∂x1 ∂xn
 
∂ ∂
Cela signifie que pour tout point p ∈ U , (p), ..., (p) est une base de Tp M (l’espace
∂x1 ∂xn
tangent à M en p). Si γ : (α, β) −→ U est une courbe lisse dans M , on a pour tout t ∈
(α, β), γ(t) = σ(x1 (t), ...xn (t) et

d
Pn ∂
dt γ(t) = j=1 ẋj (t)
∂xn
(γ(t)).

Noter que si p ∈ M , pour tout j = 1, ..., n,


∂ d
(p) = σ(φ(p) + tej )|t=0 ,
∂xj dt
où (e1 , ..., en ) est la base canonique de Rn .

On désignera par (dx1 , ..., dxn ) la base dual de ( ∂x 1
, ..., ∂x∂n ), cela signifie que pour tout p ∈

U, (dp x1 , ..., dp xn ) est une base du dual Tp M de Tp M et, pour tout i, j = 1, ..., n,

9
10 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE
 

dxi = δij ,
∂xj
où δij est le symbole de Kronecker valant 1 ou 2 suivant que i = j ou non.
Nous allons maintenant préciser le cas particulier où M est une sous variété de dimension n
lisse de Rn+p . Si σ : V −→ Rn+p est une paramétrisation (régulière) de M , c’est à dire que
σ : V −→ W ∩ M est un homéomorphisme avec W est un ouvert de Rn+p , le système de
coordonnées locales associé est σ −1 = (x1 , ..., xn ) et, pour tout p ∈ W ∩ M, Tp M est un sous
espace vectoriel de Rn+p et, on a:
∂ ∂ ∂σ ∂σ
( , ..., )=( , ..., ∂x ) = (σx1 , ..., σxn ).
∂x1 ∂xn ∂x1 n

Rappelons maintenant le théorème d’existence des partitions de l’unité. Soit M une variété lisse
et (Uα )(α∈I) un recouvrement ouvert de M . Alors, il existe une famille (fα )(α∈I) telle que
1. pour tout α ∈ I, fα : M −→ [0, 1] est une fonction lisse et supp(fα ) ⊂ Uα , où supp(fα ) est
l’adhérence de l;ensemble {p ∈ M/fα (p) 6= 0);
2. pour tout p ∈ M , il existe un voisinage Wp de p tel que (fα )|Wp 6= 0 pour un nombre fini
d’indices α ∈ I;
P
3. α∈I fα (p) = 1 pour tout p ∈ M .

La famille (fα )(α∈I) est appelée partition de l’unité subordonnée au recouvrement (Uα )α∈I .
Definition 1.1.1 Une métrique riemannienne sur une variété lisse M est la donnée, pour tout
p ∈ M , d’un produit scalaire <, >p sur Tp M de telle sort que la propriété suivante soit satisfaite
ˆ Pour tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) sur un ouvert U de M, les fonctions

gij : U −→ R définies, pour tout p ∈ M , par gij (p) =< ∂x , ∂ > (p) sont lisses pour tout
i ∂xj
i, j = 1, ..., n.
Une variété lisse muni d’une métrique riemannienne est appelée variété riemannienne.
Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit (x1 , ..., xn ) un système local de X
coordonnées sur
un ouvert U. L’expression locale de <, > dans (x1 , ...xn ) est donnée par <, >= gij dxi dxj où
i,j
le produit symétrique dxi dxj est donnée par:
1
dxi dxj = (dxi ⊗ dxj + dxj ⊗ dxi ) (1.1)
2
Une isométrie de (M, <, >) est un difféomorphisme F : M −→ M qui préserve la métrique,
c’est-á-dire
< Tp F (u), Tp F (u) >=< u, u > pour tout p ∈ M, u ∈ Tp M .
L’ensemble des isométries de M est un groupe noté I(M, <, >).
Proposition 1.1.1 Tout variété lisse admet une métrique riemannienne.
Comme dans le cas la géométrie euclidienne, si p est un point dans une variété riemannienne
1
(M, <, >), on définit la longueur ou la norme d’un vecteur tangent u ∈ Tp M par k u k:=< u, u > 2
et la longueur d’une courbe lisse γ : (α, β) −→ M par
Rb
`(γ) = a k γ̇(t) k dt.
1.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES VARIÉTÉS RIEMANNIENNE 11

Un repère local dans une variété riemannienne M est la donnée d’un ouvert U de M est d’une
famille de champ de vecteurs (X1 , ..., Xn ) dans U telle que, pour tout p ∈ U, (X1 (p), ..., Xn (p))
est une base de Tp M . Noter que tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) définit un repère

local ( ∂x 1
, ..., ∂x∂n ).
Rappelons sans le démontrer le théorème suivant. Soit M une variété lisse et (X1 , ..., Xn ) un
repère local de M . Alors les propriétés suivantes sont équivalentes

1. Il existe un système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) de M telle que


 
∂ ∂
(X1 , ..., Xn ) = , ...,
∂x1 ∂xn

2. Pour tout i, j = 1, ..., n, [Xi , Xj ] = 0.

Soit (M, <, >) une variété riemannienne. Le procédé d’orthonormalisation de Gram-Shmidt per-
met de construire à partir d’un repère local (X1 , ..., Xn ) un repère local orthonormé (E1 , ..., En ),
c’est à dire, pour tout i, j = 1, ..., n,

< Ei , Ej >= δi,j .

Proposition 1.1.2 Soit (M, <, >) une variété riemannienne orientée. Alors, il existe sur M
une forme volume dV<,> telle que pour tout repère local orthonormé direct (E1 , ..., En )

dV<,> (E1 , ..., En ) = 1.

dV<,> appelé volume riemannienne associé à <, >

Proof 1.1.1 Soit p un point de M . Choisissons un repère local orthonormé direct (E1 , ..., En )
sur un voisinage ouvert U de p et posons, pour tout (u1 , ..., un ) ∈ Tp M n ,

dV<,> (u1 , ..., un ) = det((aij )16i,j6n ),

où (aij )16i,j6n est la matrice carrée d’ordre n dont le j-ième vecteur colonne est formé par les
coordonnées de de uj dans la base (E1 , ..., En ). Il est claire que dV<,> est une forme volume sur
U et si (E10 , ..., En0 ) est un autre repère local orthonormé direct, on a

dV<,> (E10 , ..., En0 ) = det(P ),

où P est la matrice de passage de (E1 , ..., En ) à (E10 , ..., En0 ). Or la matrice de passage entre deux
bases orthonormées directes a un déterminant qui vaut 1 et ceci permet de montre que dV<,> est
bien définie et vérifie la propriété requise.

2
Proposition 1.1.3 Soit (M, <, >) une variété riemannienne orientée. Pour tout système local
de coordonnées (x1 , ..., xn ) oriente positivement, on a
p
dV<,> = det((gi,j )16i,j6n )dx1 ∧ ... ∧ dxn
∂ ∂
où les gi,j =< ∂xi , ∂xj >.

Proof 1.1.2 Pour établir cette proposition, il suffit de montrer que



p
det((gi,j )16i,j6n ) = dV<,> ( ∂x ,..., ∂ ).
1 ∂xn
12 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

Pour cela, notons G = (gi,j )16i,j6n , choisissons un repère local orthonormé direct (E1 , ...En ) et
remarquons que

dV<,> ( ∂x ∂ ) = detP ,
1 ,..., ∂xn

 
∂ ∂
où P = < Ei , > est la matrice de passage de ( ∂x , ..., ∂x∂n ) à (E1 , ..., En ). Son
∂xj 16i,j6n
1

inverse P −1 = (aij )16i,j6n est donnée par


Pn ∂
Ei = j=1 aij , i = 1, ..., n.
∂xj
On a alors
∂ Pn
< Ei , >= k=1 aki gjk , i, j = 1, ..., n.
∂xj
Ces relations s’expriment matriciellement par
P = G(P −1 )t .
En passant au déterminant, on obtient
detG = (detP )2 .
Pour conclure, ll suffit de remarquer que detP > 0 puisque (x1 , ..., xn ) est orienté positivement.
2
Une forme volume sur une variété orientée M définit une mesure et permet d’intégrer des fonc-
tions. Le volume riemannien dV<,> permet alors d’intégrer les fonctions sur M . Pour intégrer
une fonction f : M −→ C, on choisit un recouvrement ouvert (Uα )(α∈I) de M tel que pour
tout α ∈ I, Uα est le domaine d’un système local de coordonnées φα = (xα α
1 , ..., xn ) positivement
orienté. Posons
q
σ α = φ−1 α α)

α et G = det (gij 16i,j6n .

Finalement, on choisit une partition de l’unité (fα )(α∈I) subordonnée au recouvrement et on


pose

Z XZ
f dv<,> := f ◦ σ α (fα ◦ σ α Gα ◦ σ α )dx1 ...dxn (1.2)
M α∈I φi (Uα )

où dx1 ...dxn est la mesure de Lebesgue sur R.


Noter que cette quantité peut être infinie. Par contre si f est une fonction continue à support
compact cette intégrale est finie. Le volume riemannien d’une variété riemannienne compacte
(M, <, >) est
R
V ol(M ) = M dV<,> .
La formule 1.2 n’est pas très commode pour calculer les intégrales sur une variété à cause de la
difficulté de choisir la partition de l’unité. Néau-moins, si (M, <, >) est une variété riemannienne
compacte admettant un système local de coordonnées φ = (x1 , ..., xn ) défini sur un ouvert U tel
que M − U est de mesure nulle, alors
1.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES VARIÉTÉS RIEMANNIENNE 13

R p
V ol(M ) = φ(U )
det ((gij )16i,j6n ) ◦ σdx1 ...dxn .

Pour finir cette section, nous allons introduire le gradient d’une fonction, la divergence d’un
champ de vecteur et le Laplacien d’une fonction.
Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit f : M −→ R une fonction lisse sur M et X un
champ de vecteur sur M .
Le gradient de f est le champ de vecteur noté gradf et défini par
< gradf, Y >= df (Y ) pour tout Y ∈ T M .
La forme différentielle d(iX dV<,> ) est de degré maximal et il existe donc une fonction notée
divX telle que
d(iX dV<,> ) = (divX)dV<,> .
divX est appelée divergence de X.
Le laplacien de f es la fonction notée ∆f est défini par
∆f = giv(gradf ).

Proposition 1.1.4 Soit (M, <, >) une variété riemannienne et soit (x1 , ..., xn ) un système local
de coordonnées. Soient f et X, respectivement, une fonction et un champ de vecteur sur M .
Alors

 
n n
X
X ∂f  ∂
gradf =  g i,j , (1.3)
i=1 j=1
∂xj ∂xi

n p
1 X ∂(Xi det(gi,j ))
divX = p (1.4)
det(gi,j ) i=1 ∂xi

p 
∂f
1 X∂ det(gi,j )g k,l ∂x l
∆(f ) = p (1.5)
det(gi,j ) ∂xk
k,l

Pn ∂
où X = i=1 Xi ∂x i
et (g i,j )16i,j6n est la matrice inverse de (gi,j )16i,j6n

Proof 1.1.3 Notons G = (gi,j )16i,j6n et, provisoirement,


Pn ∂
gradf = i=1 fi .
∂xi
Nous avons, pour tout i = 1, ..., n,
 
∂ ∂ ∂f
< gradf, ∂x >= df = ,
i ∂xi ∂xi
soit
Pn ∂f
j=1 gij fj =
∂xi
14 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

Ces relations s’écrivent matriciellement


 ∂f   
∂x1 f1
 .  . 
   
 .  = G . 
   
 .  . 
∂f
∂xn
fn

En multipliant les deux membres de cette relation par G−1 , on trouve 1.3.
Rappelons que
p
dV<,> = det(gij )dx1 ∧ ... ∧ dxn .

Ainsi
Pn p
iX dV<,> = i=1 Xi det(gij )i ∂ (dx1 ∧ ... ∧ xn ).
∂xi

Maintenant, il est facile de voir que

i ∂
ˆ i ∧ ... ∧ dxn ,
(dx1 ∧ ... ∧ xn ) = (−1)i+1 dx1 ∧ ... ∧ dx
∂xi

ˆ i signifie que ce terme a été enlevé. Ainsi


où la notation dx
ˆ i ∧ ... ∧ dxn .
p
d(iX dV<,> ) = (−1)i+1 d(Xi det(gij ))dx1 ∧ ... ∧ dx

Maintenant, il est claire que


p
ˆ i ∧ ... ∧ dxn = (−1)i+1 ∂(Xi det(gij ))
p
d(Xi det(gij ))dx1 ∧ ... ∧ dx dx1 ∧ ... ∧ dxn .
∂xi
En combinant tout ce qui procède, on obtient
p !
1 Pn ∂(Xi det(gij ))
d(iX dV<,> ) = p i=1 dV<,> ,
det(gij ) ∂xi

ce qui donne 1.4. On obtient 1.5 en combinant 1.3 et 1.4.

1.2 Exemples de variétés riemanniennes


1.2.1 Construction de nouvelles variétés riemanniennes à partir d’anciennes
variétés riemanniennes
Avant de donner des exemples explicites de variétés riemanniennes, nous allons donner deux
méthodes qui permettent de construire de nouvelles métriques riemannienne à partir d’anciens.
La première méthode est le produit cartésien. Étant donnée deux variétés riemanniennes (M1 , <
, >1 ) et (M2 , <, >2 ), la variété produit M1 × M2 hérite naturellement d’une métrique rieman-
nienne <, >, dite métrique produit de <, >1 et <, >2 , définie de la manière suivante. Pour
tout (p1 , p2 ) ∈ M1 × M2 , on sait que T(p1 ,p2 ) M1 × M2 = Tp1 M1 × Tp2 M2 . On pose pour
(ui , vi ) ∈ T(p1 ,p2 ) M1 × M2 , i=1,2,
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 15

< (u1 , v1 ), (u2 , v2 ) >=< u1 , u2 >1 + < v1 , v2 >2 . (1.6)

Il est claire qu’on obtient ainsi un produit scalaire sur T(p1 ,p2 ) M1 ×M2 . Pour voir la différentiabilité,
on choisit un système local de coordonnées (x1 , ..., xn1 ) au voisinage de p1 et (y1 , ..., yn2 ) un
système local de coordonnées au voisinage de p2 . On obtient un système local de coordonnées
(z1 , ..., zn1 , t1 , ..., tn2 ) au voisinage de (p1 , p2 ) avec
zi = (xi , 0), i = 1, ..., n1 et ti = (0, yi ), i− = 1, ..., n2 .
En vertu de 1.6, on a
∂ ∂ ∂ ∂
< , >=< , >1 ◦π1 , i, j = 1, ..., n1 ,
∂zi ∂zj ∂xi ∂xj
∂ ∂ ∂ ∂
< , >=< , >2 ◦π2 , i, j = 1, ..., n2
∂ti ∂tj ∂yi ∂yj
∂ ∂
< , >= 0, i = 1, ..., n1 , j = 1, ..., n2
∂zi ∂tj
où π1 , π2 sont les projection de M1 × M2 sur M1 et M2 , respectivement. La deuxième méthode
est la restriction. Étant donnée une variété riemannienne (M, <, >) de dimension n et une
immersion i : N −→ M d’une variété lisse N de dimension n − q dans M . La variété N hérite
naturellement d’une métrique riemannienne <, >N obtenue par restriction de la métrique de M
de la manière suivante. Pour tout point p ∈ N et tout u, v ∈ Tp N , on pose

< u, v >N =< Tp i(u), Tp i(v) > . (1.7)

On obtient ainsi un produit scalaire sur Tp N puisque Ti est injective. Le fait que ce produit
scalaire varie différentiablement, découle du fait que pour tout système local de coordonnées
(y1 , ..., yn−q ) au voisinage de p et tout système local de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de
i(p), on a, d’après 1.7, pour tout i, j = 1, ..., n − q,
∂ ∂ P ∂ ∂
< , >N = l,k ali akj < , >,
∂yi ∂yj ∂xl ∂xk
soit
N M
P
gi,j = l,k ali akj gi,j ◦ i,
où
 (akl )16k6n,16l6n−q
  est la matrice  de Tp i, l’application tangent en p de i, dans les bases
∂ ∂ ∂ ∂
, ..., et , ..., . Les coefficients de cette matrices sont des fonctions lisses
∂y1 ∂yn−q ∂x1 ∂yn
sur un voisinage de p et donc les gi,j sont lisses. La métrique <, >N sera noté quelquefois i∗ <, >
N

et sera appelée image réciproque(pull-back) de <, > par l’immersion i.

1.3 Connexion de Levi-Civita


1.3.1 Connexions linéaires
Soit γ : (α, β) −→ M une courbe lisse dans une variété lisse M . Pour tout t ∈ (α, β), le vecteur
γ̇(t) ∈ Tγ(t) M est bien défini et, pour tout système de coordonnées (x1 , ..., xn ),
16 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

Pn
γ̇(t) = i=1 ẋj (t)∂j ,

où (x1 (t), ..., xn (t) sont les composantes de γ(t) dans (x1 , ..., xn ). Une manière naı̈ve de définir
γ̈(t) est de poser
Pn
γ̈(t) = i=1 ẍj (t)∂j

et de vérifier que cette définition ne dépend pas du système de coordonnées choisi. Or l’exemple
suivant montre que ceci n’est pas vrai. Si (x(t), t(t)) = (cos(t), sin(t), (ẍ, ÿ) = (−cos(t), −sin(t)).
Mais dans les coordonnées polaires la même courbe est représenter par (r(t), θ(t)) = (1, t) et
(r̈(t), θ̈(t)) = (0, 0)!
Une autre manière de définir γ̈ est d’essayer de calculer
γ̇(t) − γ̇(t0 )
lim
−→ t − t0
Mais on se rend compte que cette quantité n’a pas de sens puisqu’on ne peut pas calculer
la différence entre γ̇(t) − γ̇(t0 ) vu ces deux vecteurs appartiennent à deux espaces vectoriels
différents, à savoir Tγ(t) M et Tγ(t0 ) M . Le vecteur vitesse γ̇(t) est un exemple d’un champ de
vecteurs le long d’une courbe concept que nous allons définir ultérieurement. Pour interpréter
l’accélération d’une courbe dans une variété d’une courbe dans une variété, nous aurons à trouver
un moyen de dériver(indépendamment des coordonnées) des champs de vecteurs le long d’une
courbe. Nous aurons donc à comparer les valeurs du champ de vecteurs en différents points de
la variété ou à ”connecter” les espaces tangents d’où la notion de la connexion.

Definition 1.3.1 Une connexion linéaire sur une variété lisse M est une application

∇ : X (M ) × X (M ) −→ X (M )

qu’on écrit (X, Y ) −→ ∇X Y , vérifiant

1. ∇X Y est C ∞ (M )-linéaire par rapport à X:

∇f X1 +gX2 Y = f ∇X1 Y + ∇X2 Y f, g ∈ C ∞ (M );

2. ∇X Y est R-linéaire par rapport à Y :

∇X (aY1 + bY2 ) = a∇X Y1 + b∇X Y2 a, b ∈ R,

3. ∇ vérifie la règle de Leibniz:

∇X (f Y ) = f ∇X Y + X(f )Y f ∈ C ∞ (M ).

∇X Y est appelée la dérivée covariante de Y dans la direction de X

Bien que la connexion soit définie par son action sur des champs de vecteurs globaux, il s’agit,
en fait, d’un opérateur local.

Lemma 1.3.1 Soit ∇ est une connexion linéaire sur M , soient X et Y deux champs de vecteurs
sur M et p ∈ M . Alors:

1. (∇X Y ) dépend seulement des valeurs de X et de Y au voisinage de p, c’est à dire, si


X ou Y s’annule sur un voisinage U de p alors (∇X Y ) s’annule sur U ,
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 17

2. (∇X Y )(p) dépend seulement des valeurs de X en p, c’est à dire, si X(p) = 0 alors (∇X Y )(p) =
0.

Proof 1.3.1 1. Supposons que Y s’annule sur un voisinage ouvert U de M . Nous allons
montrer que, pour tout p ∈ U, (∇X Y )(p) = 0. Pour cela, on choisit une fonction φ ∈
C ∞ (M ) qui vaut 1 en p et qui est nulle en dehors de U . Alors, le champ de vecteurs φY
est identiquement nul et donc

0 = (∇X Y )(p) = X(φ)(p)Y (p) + φ(p)(∇X Y )(p),

où on a utilisée la règle de Leibniz dans cette égalité. Puisque Y (p) = 0 et φ(p) = 1, on
déduit que (∇X Y )(p) = 0. De la même manière, on montre que si X s’annule sur un
ouvert U alors, tout p ∈ U, (∇X Y )(p) = 0.
2. Supposons que X(p) = 0 et montrons que (∇X Y )(p) = 0. PourP cela, on choisit un système
n
de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de p et on écrit X = j=1 Xj ∂j avec Xj (p) = 0
pour tout j = 1, ..., n. En utilisant 1., on a
Pn
(∇X φY )(p) = (∇Pnj=1 Xj ∂j Y )(p) = j=1 Xj (p)(∇∂j Y )(p) = 0.

2
Pn Pn
Dans un système de coordonnées (x1 , ..., xn ), si X = i=1 Xi ∂i et Y = j=1 Xj ∂j , on a

n
X
∇X Y = (X(Yj )∂j + Yj ∇X ∂j )
j=1
Xn n
X
= X(Yj )∂j + Xi Yj ∇∂i ∂j .
j=1 i,j=1

Ainsi une connexion linéaire est entièrement déterminer sur le domaine des coordonnées (x1 , ..., xn )
par les symboles de Christoffel (Γkij ) données par

∇∂i ∂j = Γkij ∂k , i, j = 1, ..., n.

Inversement, si (x1 , ..., xn ) est un système de coordonnées sur un ouvert U , la donnée d’une
famille de fonctions (Γkij ) sur U permet de définir une connexion linéaire sur U .
Definition 1.3.2 Soit γ : I −→ M une courbe sur une variété M . Un champ de vecteur le long
de γ est une application différentiable V : I −→ T M telle que V (t) ∈ Tγ(t) M pour tout t ∈ I.
On note X (γ) l’espace des champs de vecteurs le long de γ.
L’exemple le plus simple de champ de vecteur le long de γ est le champ de vecteur vitesse
γ̇ : I −→ T M . Une large classe de champ de vecteur le long de γ sont ceux définis de la manière
suivante: pour tout champ de vecteur X ∈ X (M ), on définit le champ de vecteur le long de γ
par V (t) = X(γ(t)).
Un champ de vecteur V le long de γ est dit extensible s’il existe un champ de vecteurs V ∈ X (M )
tel que V (t) = X(γ(t)).
Lemma 1.3.2 Soit ∇ une connexion sur M . Pour toute courbe γ : I −→ M, ∇ détermine un
unique opérateur
18 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

Dγ : X (γ) −→ X (γ)
qui vérifie :
1. linéarité sur R:

Dγ (aV + bW ) = aDγ V + bDγ W a, b ∈ R;

2. règle de Leibniz:

Dγ (f V ) = f˙V + f Dγ V f ∈ C ∞ (I);

3. Si V est extensible, alors pour toute extension X de V ,

Dγ V (t) = ∇γ̇(t) X.

Dγ V est appelée dérivée covariante de V le long de γ

Proof 1.3.2 Dans un premier temps on va montrer l’unicité. Supposons Dγ est un tel opérateur
et soit t0 ∈ I quelconque. La valeur de Dγ V en t0 dépend seulement de la valeur de V dans un
intervalle (t0 − η, t0 + η). Choisissons un système de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de
γ(t0 ) et écrivant
Pn
V (t) = j=1 Vj (t)∂j
au voisinage de t0 . Alors, en utilisant les propriétés de Dγ , puisque ∂j est extensible,

n
X
Dγ V (t0 ) = (V̇j (t0 )∂j + Vj (t0 )∇γ̇(t0 ) ∂j )
j=1
 
n
X n 
X 
=  V̇k (t0 ) + Vj (t0 )ẋl (t0 )Γkij (γ(t0 ))  ∂k ,
k=1 i,l=1

où (x1 (t), ..., xn (t)) sont les composantes de γ dans (x1 , ..., xn ). Cette formule montre qu’un tel
opérateur est unique quand il existe.
Pour l’existence, si γ(I) est contenu dans une seule carte, on peut définir Dγ par la formule
ci-dessus, et il est alors aisé de vérifier les propriétés 1-3. Dans le cas général, on recouvre γ(I)
par des cartes locales et on définit Dγ par la formule ci-dessus, l’unicité montre que l’opérateur
qu’on obtient est bien défini.

2
Avec la notion de dérivée le long d’une courbe, on est maintenant en mesure de définir la
notion de géodésique.
Definition 1.3.3 Soit M une variété muni d’une connexion ∇ et soit γ : I −→ M une courbe
sur M .
1. L’accélération de γ est le champ de vecteurs Dγ γ̇ le long de γ
2. La courbe γ est appelée géodésique par apport à ∇ si son accélération est identiquement
nulle:
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 19

Dγ γ̇ ≡ 0.

Noter que dans système de coordonnées (x1 , ..., xn ), l’accélération d’une courbe γ est donnée par

 
n
X n
X
Dγ γ̇(t) =  (ẍk (t) + ẋj (t)ẋl (t)Γklj (γ(t))) ∂k (1.8)
k=1 j,l=1

où (x1 (t), ..., xn (t)) sont les composantes de γ dans (x1 , ..., xn ).

Theorem 1.3.3 (Existence et unicité des géodésiques) Soit M une variété munie d’une
connexion ∇. Pour chaque p ∈ M, chaque V ∈ Tp M , il existe un intervalle ouvert I ⊂ R
contenant t0 et une géodésique γ : I −→ M vérifiant γ(t0 ) = p et γ̇(t0 ) = V. Deux telles
géodésiques coı̈ncident sur l’intersection de leur domaine.

Proof 1.3.3 Dans un système de coordonnées (x1 , ..., xn ) au voisinage de p, d’après 1.2, une
courbe γ est une géodésique si et seulement si ses composantes (x1 (t), ..., xn (t)) vérifient les
équations

n
X
ẍk (t) + ẋi ẋj Γkij (γ(t)). (1.9)
i,j=1

Ces équations sont équivalente au système suivant:

Pnẋk = vk (t) k
v̇( t) = − i,j=1 vi (t)vj (t)Γij (γ(t)).

Il est connu dans la théorie des équations différentielles ordinaires que ces équations admettent
une solution unique une fois que les conditions initiales γ(t0 ) et γ̇(t0 ) sont fixées.

2
Definition 1.3.4 Soit M une variété munie d’une connexion ∇.

1. Un champ de vecteurs V le long d’une courbe γ est dit parallèle par apport à ∇ si Dγ V ≡=
0.

2. Un champ de vecteurs Y ∈ X (M ) est dit parallèle ∇X Y = 0 s’annule partout pour tout


X ∈ X (M ).

Theorem 1.3.4 (Transport parallèle) Soit M une variété munie d’une connexion ∇. Soit γ :
I −→ M une courbe. Pour tout t0 ∈ I et tout V0 ∈ Tγ(t0 ) M , il existe un unique champ de vecteur
V le long de γ qui est parallèle et tel que V (t0 ) = V0

Proof 1.3.4 C’est encore l’utilisation d’un théorème d’existence de solutions d’équations différentielles
ordinaires.

2
20 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

Soit M une variété munie d’une connexion ∇. Soit γ : I −→ M une courbe. Pour tout t0 ∈
I et tout V0 ∈ Tγ(t0 ) M , il existe un unique champ de vecteur V le long de γ qui est parallèle et
tel que V (t0 ) = V0 . Soit γ : I −→ M une courbe dans une variété munie d’une connexion ∇.
Pour tout t0 , t1 ∈ I, le transport parallèle définit un opérateur

Pt0 ,t1 : Tγ(t0 ) M −→ Tγ(t1 ) M

en posant Pt0 ,t1 (V0 ) = V (t1 ) où V est le champ de vecteurs le long de γ parallèle vérifiant
V (t0 ) = V0 . Il est facile de vérifier que c’est un isomorphisme linéaire entre Tγ(t0 ) M et Tγ(t1 ) M .

Nous allons montrer que sur chaque variété riemannienne il existe une connexion naturelle com-
patible avec la métrique riemannienne. Mais avant, nous allons voir ce qui se passe dans Rn .
Dans l’espace euclidien Rn , il y a une connexion naturelle, qu’on notera ∇0 , définie par

n
X
∇0X Y = X(Yi )∂i , (1.10)
i=1
Pn
où X et Y = j=1 Yj ∂j sont deux champs de vecteur quelconque sur Rn .
Noter les symboles de Christoffel de ∇0 sont nuls dans (x1 , ..., xn ) et que l’accélération définie
par coı̈ncide avec l’accélération usuelle d’une courbe dans Rn .

Proposition 1.3.5 La connexion ∇0 sur Rn vérifie les deux propriétés suivantes:

1. Pour tous champs de vecteur X, Y , on a

∇0X Y − ∇0Y X = [X, Y ]; (1.11)

2. Pour tous champs de vecteur X, Y, Z, on a

Z. < X, Y >0 =< ∇0Z X, Y >0 + < X, ∇0Z Y >0 . (1.12)

Proof 1.3.5 1. Posons

T (X, Y ) = ∇0X Y − ∇0Y X − [X, Y ].

Il est claire que T est R-bilinéaire anti-symétrique, et pour toute fonction f sur Rn , on a

T (f X, Y ) = ∇0f X Y − ∇0Y f X − [f X, Y ]
= f ∇0X Y − Y (f )X − f ∇0Y X + Y (f )X − f [X, Y ] = f T (X, Y ). (1.13)

De la même manière, on obtient T (X, f Y ) = f T (X, Y ). Ceci étant, pour vérifier 1.11, il
suffit de vérifier que, pour i, j = 1, ..., n, T (∂i , ∂j ) = 0. Or [∂i , ∂j ] = ∇0∂i ∂j = ∇0∂j ∂i = 0 et
on a trivialement T (∂i , ∂j ) = 0. Ce qui établit 1.11.
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 21

2. On utilise un raisonnement analogue. On pose


∇0 (<, >0 )(X, Y, Z) = Z. < X, Y >0 − < ∇0Z X, Y >0 − < X, ∇0Z Y >0 .
Il est facile de vérifier que ∇0 (<, >0 ) est R-multi-linéaire et que, pour toute fonction f ,

∇0 (<, >0 )(f X, Y, Z) = ∇0 (<, >0 )(X, f Y, Z)


= ∇0 (<, >0 )(X, Y, f Z)
= = f ∇0 (<, >0 )(X, Y, Z),

et de remarquer que

∇0 (<, >0 )(∂i , ∂j , ∂k ) = 0,

ce qui établit 1.12.

2
Cette proposition nous amène à poser la définition suivante.

Definition 1.3.5 1. Une connexion ∇ sur une variété M est dit sans-torsion si, pour tout
couple de champ de vecteur X, Y sue M , on a

∇X Y − ∇Y X = [X, Y ].

2. Soit (M, <, >) une variété riemannienne. Une connexion ∇ sur M est dite métrique ou
compatible avec <, > si, pour tout X, Y, Z des champs de vecteurs sur M

Z. < X, Y >=< ∇Z X, Y > + < X, ∇Z Y > .

Lemma 1.3.6 Soit ∇ une connexion sur une variété riemannienne (M, <, >). Les assertions
suivantes sont équivalentes:
<, > est compatible avec ∇.
Pour toute courbe γ et pour tout couple (V, W ) de champs de vecteur le long de γ,
d
< V, W >=< Dγ V, W > + < Z, Dγ W >.
dt
Pour toute courbe γ et pour tout couple (V, W ) de champs de vecteur parallèle le long de γ, <
V, W > est une constante.
Pour toute courbe γ. le transport parallèle Pt0 ,t1 : Tγ(t0 ) M −→ Tγ(t1 ) M est une isométrie.

On est alors en mesure de’énoncer le lemme fondamentale de la géométrie riemannienne.

Theorem 1.3.7 (Le lemme fondamentale de la géométrie riemannienne) Soit (M, <
, >) une variété riemannienne. Alors il existe une connexion sur M sans torsion et compatible
avec <, >. Cette connexion est appelée connexion de Levi-Civita associée à <, >.

Proof 1.3.6 Puisque en chaque point le produit scalaire est non dégénérée, pour calculer ∇X Y ,
il suffit de calculer < ∇X Y, Z > pour tout X, Y, Z ∈ X (M ). En utilisant les deux propriétés de
∇, on obtient
22 CHAPTER 1. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE

< ∇X Y, Z > = X. < Y, Z > − < Y, ∇X Z >


= X. < Y, Z > − < Y, ∇Z X > − < Y, [X, Z] >
= X. < Y, Z > −Z. < Y, X > + < ∇Z Y, X > − < Y, [X, Z] >
= X. < Y, Z > −Z. < Y, X > + < ∇Y Z, X > + < [Z, Y ], X > − < Y, [X, Z] >
= X. < Y, Z > −Z. < Y, X > +Y. < Z, X > − < Z, ∇Y X > + < [Z, Y ], X > − < Y, [X, Z] >
= X. < Y, Z > −Z. < Y, X > +Y. < Z, X > − < Z, ∇X Y > + < Z, [X, Y ] > + < [Z, X], Y > +

On obtient donc

2 < ∇X Y, Z >= X. < Y, Z > +Y. < X, Z > −Z. < X, Y >
+ < [X, Y ], Z > + < [Z, X], Y > + < [Z, Y ], X > (1.14)

Cette formule montre l’unicité. Pour l’existence prenant 1.14 comme définition de ∇ et vérifiant
que ∇ est sans torsion et est métrique. Ceci est une vérification immédiate.

2
La formule 1.14 est appelée formule de Koszul. Nous allons l’utiliser pour trouver les symboles
de Christoffel de la connexion de Levi-Civita associée à une métrique <, > sur une variété M .
En effet, soit (x1 , ..., xn ) un système de coordonnées sur M . Les symboles de Christoffel sont
données par
Pn
∇∂i ∂j = i=1 Γlij ∂l .
D’après 1.14, on a, pour tout i, j, l = 1, ..., n,
< ∇∂i ∂j , ∂l >= ∂i .gj,l + ∂j .gil − ∂l .gij ,
puisque [∂i , ∂j ] = 0 pour tout i, j et où gij =< ∂i , ∂j >. On obtient donc
Pn k 1
k=1 gkl Γij = 2 (∂i .gjl + ∂j .gil − ∂l .gij ).

En introduisant la métrique G = (gij )16i,j6n et son inverse G−1 = (g ij )16i,j6n , on obtient


Pn
Γkij = l=1 g kl 12 (∂i .gjl + ∂j .gil − ∂l .gij )

Proposition 1.3.8 La connexion de Levi-Civita associée à la métrique euclidienne standard de


Rn est la connexion ∇0 définie par 1.8.

Pour finir cette section, nous allons déterminer la connexion de Levi-Civita associée à une sous-
variété riemannienne de Rn .
Soit M une sous-variété de Rn et soit h, i la métrique induite sur M par la métrique euclidienne
de Rn . Pour tout p ∈ M, Tp M est un sous espace vectoriel de Rn , on notera π : Rn −→ Tp M la
projection orthogonale.
Proposition 1.3.9 Avec les notations ci-dessus. La connexion de Levi-Civita associée à (M, h, i),
notée ∇M , est obtenue par projection orthogonale de la connexion de Levi-Civita de Rn . Plus
précisément, soient X et Y deux champs de vecteur sur M et soit p ∈ M . Choisissons X̃ et Ỹ
deux extensions quelconque de X et Y à Rn , respectivement. Alors
1.3. CONNEXION DE LEVI-CIVITA 23

 
(∇M
X Y )(p) = π (∇ 0

Ỹ )(p) (1.15)

Proof 1.3.7 Pour prouver la proposition, on va prouver que ∇M définie par 1.15 est bien définie,
c’est à dire, elle ne dépend pas des extensions choisies, que c’est une connexion sans torsion et
compatible avec h, i.
1. ∇M est bien définie. Pour vérifier cela, il suffit de vérifier deux choses. La première est
que si n champ de vecteur X̃ sur R s’annule en p alors le terme droite dans 1.15 s’annule.
La deuxième chose est que, si Ỹ est un champ de vecteur sur Rn qui s’annule en restriction
à W ∩ M où W est un voisinage
Pn ouvert de Rn contenant p, alors le membre droite de 1.15
est nul. En effet, si Ỹ = j=1 Ỹj ∂j , on a
Pn
(∇0X̃ Ỹ )(p) = j=1 X̃(Ỹj )(p)∂j .

Notons que
d
X̃(Ỹj ) = Ỹj (γ(t)),
dtt=0

où γ est la courbe intégrale de X̃ passant par p. Or, X̃ est tangent à M et donc γ est
entièrement dans M et donc Ỹ (γ(t)) = 0 pour tout t, ceci permet de conclure.
2. ∇M est une connexion. Il est claire que ∇M vérifie 1 et 2 de la Définition 1.3.1. Vérifions
3. Soit f ∈ C ∞ (M ) et f˜un prolongement quelconque de f . On a

∇0X̃ f˜Ỹ = X̃(f˜)Ỹ + f˜∇0X̃ Ỹ .

Puisque Ỹ est tangent à M , on déduit qu’au point p


   
π ∇0X̃ f˜Ỹ = X̃(f˜)Ỹ + f˜π ∇0X̃ Ỹ

et donc

∇M M
X (f Y ) = X(f )Y + f ∇X Y .

3. ∇M est sans torsion. On a

∇0X̃ Ỹ − ∇0Ỹ X̃ = [X̃, Ỹ ].

Puisque X̃ et Ỹ sont tangents à M , leur crochet de Lie est tangent à M et on a [X̃, Ỹ ](p) =
[X, Y ](p). Ceci permet de conclure.
4. ∇M est métrique. Si Z est tangent à M et Z̃ est une extension quelconque de Z, on a

Z̃.hX̃, Ỹ i0 = h∇0Z̃ X̃, Ỹ i0 + hX̃, ∇0Z̃ Ỹ i0 .

De cette relation, on déduit immédiatement que

Z.hX, Y i = h∇M M
Z X, Y i + hX, ∇Z Y i.

2
Chapter 2

Introduction à la géométrie de
Poisson

La géométrie de Poisson trouve son origine dans la formulation mathématique de la mécanique


Hamiltonienne. Bien que les structures de Poisson remontent au XIXème siècle, notamment, avec
les travaux de Poisson et Hamilton sur l’équation de mouvement, et ceux de Sophus Lie sur la
géométrie des E.D.P, la théorème mathématique des variétés de Poisson n’a fait ses débuts qu’aux
années quatre-vingts avec les travaux de Lie Lichnerowizc, Weinstein, etc. Depuis, la théorie s’est
développée rapidement, stimulée par des connexions avec d’autre domaines de mathématiques et
de Physique mathématique, y compris la géométrie différentielle, la théorie de Lie, la théorie de
quantization, la géométrie non commutative la théorie de représentation, les groupes quantique,
les systèmes intégrables, la mécanique classique/quantique, la théorie des cordes, etc.
L’objectif de ce chapitre est d’introduire le lecteur au domaine de la géométrie de Poisson, et ce,
en présentant quelques aspects fondamentaux du sujet. Pour un traitement détaillé du thème le
lecteur intéressé pourra consulter [[17], [6][26]]
Le lecteur désirant avoir un aperçu d’ensemble rapide sur la géométrie de Poisson pourra se
référer à [25].
Dans la première section, on définit ce qu’est une variété de Poisson et on explicite quelques
exemples. La deuxième section porte sur le théorème de Weinstein, qui permet de décrire l’aspect
local d’une structure de Poisson. Il permet aussi de montrer que toute variété de Poisson est
une réunion disjointe de sous variétés symplectiques immergées dites feuille symplectique. La
troisième section est consacrée au calcul de Poisson. On y verra que le fibré cotangent de toute
variété de Poisson jouit naturellement d’une structure d’algebroı̈de de Lie, ce qui donne naissance
à une version contravariante du calcul de Cartan. La dernière section porte sur structures de
Poisson invariantes à gauche sur un groupe de Lie.

2.1 Crochets et tenseurs de Poisson


Definition 2.1.1 Une structure de Poisson sur une variété lisse M, est la donnée d’un crochet de Poisson
sur l’espace C ∞ (M ) des fonctions lisses sur M, c’est-á-dire une application
C ∞ (M ) × C ∞ (M ) → C ∞ (M ), notée (f, g) → {f, g},
vérifiant les propriétés suivants :
1. {, } est un crochet de Lie sur C ∞ (M ) : il est R-bilinéaire, antisymétrique

24
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 25

{f, g} = −{g, f }

et vérifie l’identité de Jacobi

{f, {g, h}} + {g, {h, f }} + {h, {f, g}} = 0

2. il vérifie la régle de Leibniz :

{f, gh} = {f, g}h + g{f, h}.

Muni d’une telle structure, M est dite variété de Poisson.

2.1.1 Exemples de Variétés de Poisson


Exemple 2.1.1 (Structures de Poisson triviales) Toute variété lisse M peut être équipée
d’une structure de Poison triviale via : {f, g} = 0, ∀f, g ∈ C ∞ (M ).

Bien entendu, il existe des variétés de Poisson non triviales, voici quelques exemples.
Exemple 2.1.2 (Variété Symplectique). Une variété symplectique est une variété lisse M
muni d’une 2-forme différentielle ω fermée (i.e. dω = 0) et non dégénérée, i.e., l’homomorphisme
ω [ : T M → T ∗ M qui á v → ω(v, .) est un isomorphisme ; on notera ω # sont inverse.
Soit (M, ω) une variété symplectique. Définissons, pour toutes fonctions f et g sur M,
{f, g} := ω(Xf , Xg ) = Xf (g) = −Xg (f ),
où Xf est le champ Hamiltonien de f relativement à ω défini par
Xf = −ω # (df ).
L’application {, } ainsi définie est un crochet de Poisson, dit crochet de Poisson de la forme
symplectique ω.
Un crochet de Poisson sera dit symplectique, s’il est le crochet de Poisson d’une forme symplec-
tique.
L’exemple suivant montre q’un crochet de Poisson n’est en général pas symplectique.
Exemple 2.1.3 Crochet de Poisson classique sur Rn . Prenons M = Rn (n ∈ N∗ ) avec
coordonnées globales (q1 , ..., qr , p1 , ...pr , z1 , ..., zs ) où r et s sont des entier naturels tels que 2r+s =
n, et définissons, pour tout f, g ∈ C ∞ (Rn ),
r
X ∂f ∂g ∂g ∂f
{f, g} = ( − )
i=1
∂qi ∂pi ∂qi ∂pi

Le crochet ci-dessus est appelé crochet de Poisson classique, et à été défini originalement par
Siméon Denis Poisson lui-même afin d’étudier l’équation de mouvement dans la mécanique
céleste.

Soit (M, {, }) une variété de Poisson. Pour toute fonction f ∈ C ∞ (M ), l’application g → {f, g}
est une dérivation de C ∞ (M ), en vertu de la régle de Leibniz. Il existe donc un champ de
vecteurs unique Xf tel que, pour toute fonctions g ∈ C ∞ (M )
{f, g} = Xf (g) = dg(Xf )
26 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

Le champ de vecteurs Xf est appelé champ hamiltonien de f. Lorsque Xf = 0 on dit que f


est une fonction de Casimir
Par bilinéarité du crochet de Poisson, on a

Xtf +sg = tXf + sXg ∀t, s ∈ R

ce qui montre que l’ensemble des champs hamiltoniens est un sous-espace vectoriel de X 1 (M ).
L’identité de Jacobi implique que, pour tout f, g, h ∈ C ∞ (M ),

[Xf , Xg ](h) = Xf (Xg (h)) − Xg (Xf (h))


= {f, {g, h}} − {g, {f, h}
(2.1)
= {{f, g}, h}
= X{f,g} (h),

2.1.2 Tenseur de Poisson


Definition 2.1.2 On appelle tenseur de Poisson sur une variété M un champ de bivecteurs π
sur M dont le crochet correspondent {f, g}π := π(df, dg) est de Poisson, c’est-á-dire qu’il vérifie
l’identité de Jacobi.

Exemple 2.1.4 Avec les notations de (l’exemple 1.3.2) si ω est une 2-forme non dégénérée sur
une variété M, ω [ réalise une identification entre T M et T ∗ M , et on peut définir donc un champ
de bivecteurs π sur M, en posant, pour tout α, β ∈ T ∗ M :

π(α, β) := α(ω # (β)) = −β(ω # (α)).

Alors π est un tenseur de Poisson si et seulement si dω = 0


Dans le cas général, il est possible d’exprimer, à l’instar de l’exemple ci-dessus, l’identité de Jacobi
convenablement. L’outil principal pour ce faire est le crochet de Schouten-Nijenhuis défini dans
le paragraphe suivant.

2.1.3 Le crochet de Schouten Nijenhuis


Le crochet de Schouten Nijenhuis est une extension graduée naturelle du crochet de Lie des
champs de vecteurs aux champs de multivecteurs, qui permet la caractérisation des tenseurs de
Poisson.
Soit M une variété lisse. Notons h, i le couplage de dualité entre Tx M et Tx∗ M , c’est à dire,

ha, vi = hv, ai := a(v) ∀a ∈ Tx∗ M, v ∈ TxM .

Ce couplage s’étend, de manière naturelle, en un couplage de Ω∗ (M ) avec X(M ) comme suite:


d’abord, si f et g sont deux fonctions sur M , on prend hf, gi égale à f g. En suite, si α et X sont,
respectivement, une 1-forme et un champ de vecteurs sur M, hα, Xi sera l’élément de C ∞ (M )
donné, pour tout x ∈ M , par:

hα, Xi(x) = hX, αi(x) := hα(x), X(x)i.

Si maintenant η ∈ Ωq (M ) et P ∈ X(M ) avec η et P sont décomposables, i.e.,

η = α1 ∧ ... ∧ αq et P = X1 ∧ ... ∧ Xp ,
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 27

où αi ∈ Ω1 (M ) et Xj ∈ X1 (M ), on déduit
(
0 si p 6= q,
hα1 ∧ ... ∧ αq , X1 ∧ ... ∧ Xp i := (2.2)
det(hαi , Xj i) si p = q.

La valeur en un point x ∈ M de hη, P i ne dépend que des valeurs de η et P en M , s’écrivent locale-


ment comme sommes finies de champs de multivecteurs et de formes différentielles décomposables,
le couplage 2.2 s’étend, de manière unique,en un couplage C ∞ (M )-bilinéaire sur Ω∗ (M ) × X∗ (M )
tout entier.
Avec cette définition du couplage h, i, on a
hη, X1 ∧ ... ∧ Xq i = η(X1 , ..., Xq ),
hα1 ∧ ... ∧ αp , P i = P (α1 , ..., αp ),
pour tous champs de vecteurs X1 , ..., Xq , toutes 1-formes α1 , ..., αp , toute q-forme η et tout champ
de p-vecteurs P .
Le couplage h, i permet de définir, pour tout champ de multivecteurs P ∈ Xp (M ), une application
C ∞ (M )-linéaire, ip : Ω∗ (M ) −→ Ω∗ (M ), dite produit intérieur par P , en posant pour toute k-
forme différentielle ω et tout champ de (k − p)-vecteurs R

hip ω, Ri = hω, P ∧ Ri (2.3)


si k > p; ip ω = 0 sinon. Quand P est un champ de vecteurs X, iX n’est rien d’autre que le
produit intérieur par X usuel.
On vérifie immédiatement que

iP ∧Q = iQ ◦ iP = (−1)pq iP ◦ iQ , (2.4)
pour tous champ de multivecteurs P et Q.
Le couplage h, i permet aussi d’exprimer la dérivée LX η d’une forme η ∈ Ωq (M ) par:

hLX η, Qi = X.hη, Qi − hη, LX Qi ∀Q ∈ Xq (M ) (2.5)


En vertu de la formule de Cartan, on peut réécrire cette équation sous la forme:
hη, LX Qi = X.hη, Qi − hLX η, Qi
= hd(iQ η), Xi − hiX (dη) + d(iX η), Qi,
soit

hη, LX Qi = hd(iQ η), Xi − hd(iX η), Qi − hdη, X ∧ Qi. (2.6)


L’avantage de cette équation est le fait que son membre droit a toujours un sens quand on
remplace X par un champ de multivecteurs quelconque. Ceci permet d’étendre la dérivée de Lie
LX Q(et donc le crochet de Lie des champs de vecteurs) en un crochet gradué sur les champs
de multivecteurs, dit crochet de Schouten-Nijenhuis, de la manière suivante [14], [15]: pour tous
P ∈ X p (M ) et Q ∈ X q (M ), le crochet de Schouten-Nijenhuis de P et Q est le champs de
(p + q − 1)-vecteurs noté [P, Q], donné par
28 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

hη, [P, Q]i = (−1)(p−1)(q−1) hd(iQ η), P i − hd(iP η), Qi + (−1)p hdη, P ∧ Qi (2.7)

pour toute (p + q − 1)-forme η.

Theorem 2.1.1 Le crochet de Schouten-Nijenhuis est R-bilinéaire et satisfait les propriétés


suivantes :

1. Pour tous f ∈ C ∞ (M ), X ∈ X 1 (M ) et P ∈ X p (M ),

[f, P ] = −idf P, [X, P ] = LX P (2.8)

2. L’antisymétrie graduée : pour tous P ∈ X p (M ) et Q ∈ X q (M ),

[P, Q] = −(−1)(p−1)(q−1) [Q, P ]. (2.9)

3. La régle de Leibniz graduée : pour tous P ∈ X p (M ), Q ∈ X q (M ), et R ∈ X r (M ),

[P, Q ∧ R] = [P, Q] ∧ R + (−1)(p−1)q Q ∧ [P, R], (2.10)

[P ∧ Q, R] = P ∧ [Q, R] + (−1)(r−1)q [P, R] ∧ Q. (2.11)

4. L’identité de Jacobi graduée :

(−1)(p−1)(r−1) [P, [Q, R]] + (−1)(q−1)(p−1) [Q, [R, P ]] + (−1)(r−1)(q−1) [R, [P, Q]] = 0 (2.12)

Proof 2.1.1 La première égalité de (a) est immédiate, la deuxième n’est autre que 2.6; quant à
(b), elle est évidente.
Pour montrer (c), il suffit de montrer 2.10, puisque 2.11 s’en déduit par anti-symétrie. Si q = 0,
i.e. Q = f ∈ C ∞ (M ), un calcul direct donne

[P, f R] = (−1)(p−1)(r−1) R ∧ (idf P ) + f [P, R]

soit en utilisant 2.8 et 2.9,

[P, f R] = [P, f ] ∧ R + f [P, R], (∗)


2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 29

ce qui établit 2.10 dans ce cas.


Si q = 1, i.e Q = X est un champ de vecteurs alors, en utilisant la formule de Cartan, on calcule
hη, [P, X ∧ R]i = (−1)(p−1)r hd(iX∧Rη ), P i − hd(iP η ), X ∧ Ri + (−1)p hdη, P ∧ X ∧ Ri
= (−1)(p−1)r hd(iR (iXη )), P i − hiX (d(iP η )), Ri + hiX (dη), P ∧ Ri
= (−1)(p−1)r hd(iR (iXη )), P i − hLX (iP η ) − (−1)p d(ip (iX η)), Ri + hLX η − d(iX η), P ∧ Ri
= (−1)(p−1) hiX η, [P, R]i − hLX (iP η ), Ri + hLX η, P ∧ Ri
= (−1)(p−1) hη, X ∧ [P, R]i + hiP η, LX Ri − hη, LX (P ∧ R)i
= hη(−1)(p−1) X ∧ [P, R] − (LX P ) ∧ Ri
soit en utilisant 2.8 et 2.9,
[P, X ∧ R] = [P, X] ∧ R + (−1)(p−1) X ∧ [P, R] (∗∗)
ce qui établit 2.10 dans ce cas aussi.
Supposons maintenant par récurrence sur le degré de Q que la propriété est vraie jusqu’à q > 1
et montrons la quand le degré de Q est égale à q + 1. On commence d’abord par le cas particulier
où Q est de la forme Q = X ∧ Q0 avec Q0 est un champ de q-vecteurs. Dans ce cas, par hypothèse
de récurrence et (∗∗), on a
[P, (X ∧ Q0 ) ∧ R] = [P, X ∧ (Q0 ∧)R]
= [P, X] ∧ Q0 R + (−1)(p−1) X ∧ [P, Q0 ∧ R]
= [P, X] ∧ Q0 R + (−1)(p−1) X ∧ ([P, Q0 ] ∧ R + (−1)(p−1)q Q0 ∧ [P, R])
= [P, X] ∧ Q0 R + (−1)(p−1)(q+1) (X ∧ Q0 ) ∧ [P, R].
Remarquons maintenant que le crochet de Schouten-Nijenhuis est de type local: les valeurs de
[S, T ] sur un ouvert U de M , dépendent uniquement des valeurs de S et T sur cet ouvert. En
effet, vu la bilinéarité et l’antisymétrie du crochet de Schouten-Nijenhuis, il suffit de vérifier que
[S, T ] = 0 sur U si T s’annule sur U . Soit alors x ∈ U arbitraire, et f ∈ C ∞ (M ) une fonction
plateau qui vaut 1 au voisinage de x et 0 en dehors de U . Alors, f T est identiquement nulle sur
U , et on a d’après (∗),
0 = [S, f T ](x) = [S, f ](x) ∧ Tx + f (x)[S, T ](x) = [S, T ](x).
Pour conclure, tout champ de (q + 1)-vecteurs peut s’écrire localement comme produit extérieure
d’un champ de vecteurs et un champ de q-vecteurs.
Reste à montrer (d). Pour cela,considérons le Jacobiateur du crochet de Schouten-Nijenhuis,
i.e., l’application J : X∗ (M ) × X∗ (M ) −→ X∗ (M ) définie par:
J (P, Q, R) := [P, [Q, R]] − [[P, Q], R] − (−1)(p−1)(q−1) [Q, [P, R]]. (2.13)
Le crochet de Schouten-Nijenhuis satisfait donc (d) si et seulement son Jacobiateur est iden-
tiquement nul.
En utilisant (b) et (c), on peut vérifier immédiatement que le Jacobiateur satisfait les propriétés
suivantes:

J (P, Q, R) = −(−1)(p−1)(q−1) J (Q, P, R)


= −(−1)(p−1)(r−1) J (P, R, Q) (2.14)

J (P ∧ Q, R, S) = P ∧ J (Q, R, S) + (−1)q(r+s) J (P, R, S) ∧ Q. (2.15)


30 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

En particulier, le Jacobiateur est de type local(se démontre de la même manière qu’en haut). On
peut donc travailler dans le domaine d’une carte, dans le quel P, Q et R sont des sommes finies
de produits extérieurs de champs de vecteurs(ou éventuellement, des fonctions, si leur degré est
0). Les propriétés 2.14 et 2.15 permettent alors de réduire le calcul du Jacobiateur au calcul de
J (P, Q, R) avec P, Q et R sont de degré inférieur ou égale à 1; ce qui permet de conclure.
2
Lemma 2.1.2 ([14]) Soit π un champ de bivecteurs sur une variété M. Pour toutes fonctions
lisses sur M, f , g et h, on a
1
{f, {g, h}}π + {g, {h, f }}π + {h, {f, g}} = 2 < df ∧ dg ∧ dh, [π, π] >

Proof 2.1.2 Remarquons d’abord que pour tout champ de vecteurs X, on a

hiπ (df ∧ dg ∧ dh), Xi = hdf ∧ dg ∧ dh, π ∧ Xi


= π ∧ X(df ∧ dg ∧ dh)
= π(df, dg)dh(X) − π(df, dh)dg(X) + π(dg, dh)df (X)
= h{f, g}π dh + {h, f }π dg + {g, h}π df, Xi,

soit
iπ (df ∧ dg ∧ dh) = {f, g}π dh + {h, f }π dg + {g, h}π df .
Ainsi, compte tenu de 2.7, on a

hdf ∧ dg ∧ dh, [π, pi]i = −2hd(iπ (df ∧ dg ∧ dh)), πi


= −2h−d({f, g}π dh + {h, f }π dg + {g, h}π df ), πi
= −2hd{f, g}π ∧ dh + d{h, f }π ∧ dg + d{g, h}π ∧ df, πi
= 2({f, {g, h}π }π + {g, {h, f }π }π ) + {h, {f, g}π }π ,

ce qu’il fallait démontrer.


2
Corollaire 2.1.3 Un champ de bivecteurs π sur une variété M est un tenseur de Poisson si et
seulement si l’une des proprétés suivantes est satisfaites :
ˆ Le crochet correspondent, {, }π satisfait l’identité de Jacobi sur les fonctions coordonnées.

ˆ Le crochet de Schouten-Nijenhuis de π avec lui même est nul : [π, π] = 0.

ˆ Relativement á tout sustème de coordonnées (x1 , ..., xd ), les composantes de π obéissent au


système d’équations

d
X ∂πjk ∂πki ∂πij
(πil + πjl + πkl ) = 0, ∀i, j, k. (2.16)
∂xl ∂xl ∂xl
l=1
2.1. CROCHETS ET TENSEURS DE POISSON 31

Proof 2.1.3 Relativement à un système de coordonnées (x1 , ..., xd ), le champ de tri-vecteurs


[π, π] s’écrit,
P ∂ ∂ ∂
[π, π] = i<j<k Γijk ∧ ,
∂xi ∂xj ∂xk
où, d’après le lemme ci-dessus,

Γijk = [π, π](dxi , dxj , dxk )


= 2({xi , {xj , xk }π }π + {xj , {xk , xi }π }π + {xk , {xi , xj }π }π ). (2.17)

Maintenant, pour tout i, j, k,

{xi , {xj , xk }π }π = π(dxi , d{xj , xk })


= π(dxi , dπjk )
d
!
X ∂πjk
= π dxi , dxl
∂xl
l=1
d
X ∂πjk
= πil ,
∂xl
l=1
(2.18)

ce qui permet de conclure.

2
Une structure de Poisson est déterminer donc, de manière unique, par la donnée d’un champ de
bivecteurs vérifiant les propriétés du corollaire ci-dessus.

Exemple 2.1.5 Tout champ de bivecteurs π sur une variété M de dimension 2 est un tenseur
de Poisson, puisque [π, π] est de degré 3 > 2 = dim M et donc [π, π] = 0.

Exemple 2.1.6 (Structures de Poisson constantes sur Rn ). Toute matrice antisymétrique



P
à coefficients réels, (aij )16i,j6n , détermine un champ de bivecteurs sur R par: π = i<j aij ∂x i


∂xj qui est de Poisson; par 2.16.

Plus généralement,
Exemple 2.1.7 Si X1 , ..., Xn sont des champs de vecteurs sur une variété M qui commutent
deux à deux et P
(aij )1≤i,j≤n est une matrice antisymétrique à coefficients réels, le champ de
bivecteurs π = i<j aij Xi ∧ Xj définit sur M un tenseur de Poisson, puisque le crochet de
Schouten-Nijenhuis [π, π] est nul.
L’exemple suivant montre que le dual d’une algèbre de Lie jouit naturellement d’une structure
de Poisson.
Exemple 2.1.8 (Structures de Lie-Poisson sur l’espace dual d’une algèbre de Lie).
Soit (g, [, ]) une algèbre de Lie de dimension finie n et soit π le champ de bivecteurs défini sur
g∗ de g par:
32 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

πa (u, v) = ha, [u, v]i ∀a ∈ g∗ , u, v ∈ g,

où u et v sont considérer comme des élément de g∗∗ via l’identification g∗∗ = g.
Le crochet correspondant est donné, par:

{f, g}π = ha, [da f, da g]i.

Le champ de bivecteurs π ainsi défini est un tenseur de Poisson sur g∗ , dit structure de Lie-
Poisson associée à (g, [, ]). En effet, si (e1 , ..., en ) est une base de g, elle définit un système
de coordonnéesPnlinéaires globales (z1 , ..., zn ) sur g∗ dans lequel, par définition de, on a πij =
k k
{zi , zj }π = k=1 cij zk , où cij sont les constantes de structures de g définies par [ei , ej ] =
Pn k
k=1 cij ek . Il est alors immédiat de vérifier que 2.16 est équivalente à

Pn  l m l m l m

m=1 c c
im jk + c c
jm ki + c km ij = 0
c ∀i, j, k, l,

qui n’est rien d’autre que l’identité de Jacobi du crochet de Lie [, ] de g, exprimée en fonction
des constantes de structures ckij .

2.2 Feuilles symplectiques et structure locale des variétés


de Poisson
Le but de cette section est de mettre en évidence la théorème de Weinstein qui permet de décrire
l’aspect local d’une variété de Poisson, ainsi que la notion de Feuilles symplectiques associées à
une variété de Poisson.

2.2.1 Définitions et vocabulaire


Étant donne un tenseur de Poisson π sur une variété M , on peut définir un morphisme de fibrés
vectoriels #π : T ∗ M −→ T M , dit application d’ancrage, en posant, pour tout x ∈ M , et tout
a, b ∈ Tx∗ M :

b(#π (x)(a) = πx (a, b).

Celui-ci induit une application C ∞ (M )-linéaire sur les sections, notée encore #π : Ω1 (M ) −→
X 1 (M ), et définie, pour toute 1-forme différentielle α, par:

#π (α) := π(α, .) = −π(., α).

En particulier, si α = df avec f ∈ C ∞ (M ), alors le champ de vecteurs #π (df ) n’est autre que le


champ hamiltonien de f, en effet, pour tout g ∈ C ∞ (M ), #π (df )(g) = dg(π# (df )) = π(df, dg) =
{f, g}π = Xf (g). Ainsi nous avons,

Xf = #π (df ) = −[f, π] = −[π, f ]. (2.19)

L’image C = Im#π du morphisme de fibrés #π est appelée le champ caractéristique de la variété


de Poisson (M, π). Pour tout x ∈ M , la fibre

Cx = Im#π (x) = {Xf (x) : f ∈ C ∞ (M )}


2.2. FEUILLES SYMPLECTIQUES ET STRUCTURE LOCALE DES VARIÉTÉS DE POISSON33

du champ caractéristique est appelée l’espace caractéristique en x, sa dimension, notée ρπ (x) =


dim C, est appelée le rang de π en x. Autrement dit, ρπ (x) est le rang de l’application linéaire
#π (x) : Tx∗ M −→ Tx M . Si (x1 , ..., xd ) est un système de coordonnées autour de x, on a
Pd ∂
#π (dxi ) = j=1 πij ∂x j
,

où les fonctions πij sont les composantes de π dans (x1 , ..., xd ). Donc ρπ (x) est le rang de la
matrice antisymétrique (πij (x))1≤i,j≤d , et est donc paire.
Puisque {#π (dxi )(x)}1≤i≤d engendre Cx , on peut en extraite une base de Cx , disons {#π (dxij )(x)}1≤j≤ρπ (x) ,
et donc la famille {#π (dx)}1≤j≤ρπ (x) est libre au voisinage de x. Ce qui montre que le rang de
π est au moins égale a ρπ (x) au voisinage de x. Un point x ∈ M est dit régulier s’il s’agit d’un
maximum local de ρπ , ou d’une manière équivalente, si ρπ est constante au voisinage de x. Un
point de M qui n’est pas régulière est dit point singulier de π. On notera M reg l’ensemble des
points réguliers de (M, π). Quand M = M reg , on dit de π qu’il est régulier. L’ensemble M reg
est clairement ouvert; il est aussi dense dans M . En effet, si y ∈ M est un point singulier de
π et U un voisinage ouvert quelconque de y, la restriction sur U de ρπ admet un maximum en
un point x ∈ U (puisque la fonction ρπ est bornée et à valeurs dans N), qui est donc un point
régulier.
∂ ∂
Exemple 2.2.1 Prenons M = R2 et π = f (x) ∂x ∧ ∂y , où f est une fonction sur R, nulle sur
[−1, 1] et strictement positive ailleurs. Alors, M reg est la réunion de:] − 1, 1[×R où le rang est
nul, et les demi-plans |x| > 1 où le rang est égal à 2; l’ensemble des points singuliers de π est la
∂ ∂
réunion des droites d’équations |x| = 1. En général, si π = h(x, y) ∂x ∧ ∂y , où h est une fonction
2
lisse sur R , alors l’ensemble des points singuliers de π est le bord de l’ensemble des points où
s’annule h.

Sur l’espace caractéristique Cx , on peut définir une forme R-bilinéaire anti-symétrique ωx en


posant pour tout u, v ∈ Cx ,

ωx (u, v) = π(a, b) = b(u) = −a(v), (2.20)

où a et b sont respectivement des antécédents de u et v par π# (x). On vérifie facilement que ωx
est bien définie indépendamment du choix de a et b, et qu’elle est non-dégénérée, ce qui signifie
que ωx est une forme symplectique sur l’espace vectoriel Cx .
Soient (M, π), (N, π 0 ) deux variétés de Poisson, {, }π et {, }π0 les crochets de Poisson respectifs.
Une application φ : M −→ N est dit morphisme de Poisson si

{f ◦ φ, g ◦ φ}π = {f, g}π0 ◦ φ∀f, g ∈ C ∞ (N ).

En d’autre termes, l’application: φ∗ : C ∞ (N ) −→ C ∞ (M ), f −→ f ◦ φ, est un homomorphisme


d’algèbres de Lie. De manière équivalente, φ est un morphisme de Poisson si

φ∗ π = π 0 ◦ φ;

En effet, φ∗ π(df, dg) = π(φ∗ (df ), φ∗ (dg)) = π(df ◦ φ, dg ◦ φ) = π 0 (df, dg) ◦ φ.

Exemple 2.2.2 Si φ : g −→ h est un homomorphisme d’algèbre de Lie, alors l’application


dual φ∗ : h∗ −→ g∗ est un morphisme de Poisson (g et h étant munis de leurs structures de
Lie-Poisson)
34 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

Un champ de vecteurs Y sur une variété de Poisson (M, π) est dit champ de Poisson si la
dérivée de Lie de π dans la direction de Y est nulle, ou de manière équivalente, si le flot local ΦtY
de Y préserve π, ΦtY est un morphisme de Poisson là où il est défini. Par exemple, les champs
hamiltoniens sont des champs de Poisson, puisque, pour tout f ∈ C ∞ (M ),

LXf π = [Xf , π] = −[[f, π], π] = −[f, [π, π]] − [π, [f, π]] = −LXf π,

ce qui fait

LXf π = 0∀f ∈ C ∞ (M ). (2.21)

La réciproque n’est en général pas vraie, même localement. Par exemple, si π est trivial alors
tout champ de vecteurs est de Poisson alors que le seul champ hamiltonien est le champ de
vecteurs nul.
Si Y est une champ de Poisson sur une variété de Poisson (M, π), alors tout f ∈ C ∞ (M ),

[Y, Xf ] = XY (f ) ; (2.22)

en effet, d’après (1.2),

[Y, Xf ] = −[Y, [π, f ]] = −[[Y, π], f ] − [π, [Y, f ]] = −[π, Y (f )] = XY (f ) .

2.2.2 Le théorème de Weinstein


Theorem 2.2.1 Autour de tout point x d’une variété de Poisson (M, π), il existe un système
de coordonnées (q1 , ..., qr , p1 , ..., pr , z1 , ..., zs ) centre en x dans lequel π a pour expression locale
Pr Ps
π = i=1 ∂q∂ i ∧ ∂p ∂
i
+ 21 i,j=1 ϕi,j ∂z

i
∧ ∂z∂ j ,

avec ϕi,j dépendent uniquement des coordonnées zi et s’annulent en x.

Proof 2.2.1 Nous allons démontrer le théorème par récurrence sur r = 21 ρπ (x). Le théorème
étant trivialement vérifié si r = 0, supposons qu’il est vrai jusqu’à r − 1 ≥ 0 et montrons le quand
le rang en x est égale à 2r.
Puisque π(x) 6= 0, il existe deux fonctions f et g telles que {f, g}π (x) 6= 0. Prenons q1 = f −f (x),
alors Xq1 (g)(x) = {f, g}π (x) 6= 0 et donc Xq1 (x) 6= 0. Il existe donc, en vertu du théorème de
redressement des champs de vecteurs, un système de coordonnées (x1 , ..., xd ) centre en x dans
∂ ∂p1
lequel Xq1 = ∂x 1
. Posons p1 = x1 , alors {q1 , p1 }π = Xq1 (p1 ) = ∂x 1
= 1. De plus, Xq1 , et
Xp1 sont linéairement indépendant (sinon on aurait Xq1 = λXp1 et donc {q1 , p1 }π = Xq1 (p1 ) =
λXp1 (p1 ) = 0) et commutent :

[Xq1 , Xp1 ] = X{q1 ,p1 }π = 0.

Il existe donc, d’après le théorème de redressement simultané de Frobenius, un système de coor-


données (y1 , ..., yd ) centré en x tel que
∂ ∂
Xq1 = ∂y1 et Xp1 = ∂y2 .

L’application (y1 , ..., yd ) −→ (q1 , p1 , y3 , ..., yd ) est de matrice Jacobienne de la forme


2.2. FEUILLES SYMPLECTIQUES ET STRUCTURE LOCALE DES VARIÉTÉS DE POISSON35
  
0 −1
 1 ∗ 
0
0 Id−2
où Id−2 est la matrice identité d’ordre d − 2; son déterminant est égale à 1, donc q1 , p1 , y3 , ..., yd
définissent un système de coordonnées sur un voisinage ouvert U de x. Dans ce nouveau système
de coordonnées, on a
{q1 , p1 }π = 1, {q1 , yi }π = {p1 , yi }π = 0∀i ≥ 3,
et pour tout i, j ≥ 3,
{q1 , {yi , yj }π }π = {yi , {q1 , yj }π }π − {yj , {q1 , yj }π }π = 0.
De même, {p1 , {yi , yj }π }π = 0. En d’autre termes,

d
∂ ∂ 1 X ∂ ∂
π= ∧ + πi,j ∧ (2.23)
∂q1 ∂p1 2 i,j=3 ∂yi ∂yj

avec

Xq1 (πi,j ) = Xp1 (πi,j ) = 0 ∀i, j ≥ 3. (2.24)

Considérons maintenant l’application Φ := (y3 , ..., yd ) définie sur U et à valeurs dans Rd−2 .
Puisque dy3 , ..., dyd sont linéairement indépendantes, Φ réalise une submersion surjective de
U sur un ouvert U 0 de Rd−2 . De plus, ker Φ∗ = vect{Xq1 , Xp1 }, et donc d’après (1.7), les
fonctions πi,j sont constantes sur les fibres Φ−1 (c) de Φ. Il existe alors des fonctions uniques
0
πi,j : U 0 −→ R telles que πi,j = πi,j0
◦ Φ pour tout i, j ≥ 3; ce qui permet de définir un tenseur
0 0
de Poisson π sur U par
Pd 0
π 0 = 21 i,j=3 πi,j ∂ ∂
∂y 0 ∧ ∂y 0 , i j

où (y30 , ..., yd0 ) sont les coordonnées canonique 0


sur U . Notez que Φ est un morphisme de Poisson
:Φ∗ π = π 0 ◦ Φ. D’après (1.6), la matrice de π# (x) relativement à (q1 , p1 , y3 , ..., yd ) est donnée
par
  
0 1
 −1 0 0 
Q
0
0
Q
où est la matrice carrée d’ordre d − 2 de coefficients πi,j (x) = πi,j (Φ(x)). Ceci montre que le
0
rang de π en Φ(x) est 2(k −1). Par hypothèse de récurrence, il existe un système de coordonnées
(q20 , ..., qr0 , p02 , ..., p0r , z10 , ..., zs0 ) autour de Φ(x) tel que
Pr Ps 0 0
π = i=2 ∂q∂ 0 ∧ ∂p ∂ 1
0 + 2
∂ ∂
i,j=1 ϕi,j ∂z 0 ∧ ∂z 0 , ϕi,j (Φ(x)) = 0
i i i j

et ϕ0i,j ne dépendent que des coordonnées z10 , ..., zs0 . En posant


qi = qi0 ◦ Φ, pi = p0i ◦ Φ ∀i = 2, ..., r et zj = zj0 ◦ Φ ∀j = 1, ..., s
on obtient finalement le système de coordonnées souhaite.
36 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

2
1 ∂
Exemple 2.2.3 Soit g une algèbre de Lie et π = 2 i,j,k ckij zk ∂z ∧ ∂z∂ j la structure de Lie-
P
i
Poisson sur le dual g∗ correspondante. Alors, π est de rang nul à l’origine (puisqu’il s’y annule)
et donc (z1 , ..., zP
n ) est un système de coordonnées de P
Darboux-Weinstein autour de l’origine dans
lequel le terme i ∂q∂ i ∧ ∂p ∂
i
n’apparait pas et ϕij = k
k cij zk sont linéaires.

Le corollaire suivant est une conséquence immédiate du théorème de Weinstein.


Corollaire 2.2.2 Autour de tout point régulier x de rang 2r d’une variété de Poisson (M, π), il
existe un système de coordonnées (q1 , ..., qr , p1 , ..., pr , z1 , ..., zl ) centré en x dans lequel π s’écrit
Pr
π = i=1 ∂q∂ i ∧ ∂p ∂
i

Un cas particulier important est celui où le rang du tenseur de Poisson est partout égale à la
dimension de la variété.
Proposition 2.2.3 Un tenseur de Poisson π sur une variété M est symplectique si et seulement
si’il est de rang constant égale à la dimension de M .

Proof 2.2.2 Si π est symplectique et ω la forme symplectique correspondante, alors #π = −ω # ,


qui est inversible par non dégénérescence de ω. Inversement, si π est de rang constant egale
à la dimension de M , alors #π est un isomorphisme de T M dans T ∗ M et donc le champ
caractéristique C de π coı̈ncide avec le fibré tangent T M tout entier. Ainsi (1.3) définit une 2-
forme ω sur M , qui est non dégénérer par définition. D’après Corollaire (1.2.2), il existe autour
de tout point x ∈ M un système de coordonnées (q1 , ..., qr , p1 , ..., pr ) dans lequel π s’écrit
Pr
π = i=1 ∂q∂ i ∧ ∂p∂
i

Ainsi, pour tout i = 1, ..., r,



#π (dqi ) = ∂pi et #π (dpi ) = − ∂q∂ i .
Pr
On en déduit que ω = i=1 dqi ∧ dpi .
2
Exemple 2.2.4 Tout structure de Lie-Poisson est de rang nul à l’origine et donc n’est jamais
symplectique.

Nous retrouvons le théorème classique de Darboux pour les formes symplectique.


Theorem 2.2.4 (Darboux). Soit (M, π) une variété symplectique de dimension 2r. Autour de
tout point x ∈ M , il existe un système de coordonnées (q1 , ..., qr , p1 , ..., pr ) tel que
Pr ∂
ω = i=1 ∂q∂ i ∧ ∂p i
.

2.2.3 Feuilles symplectiques


Étant donné un tenseur de Poisson π de rang partout constant sur une variété M , son champ
caractéristique C = Im#π est une distribution(régulière) involutive, et donc intégrable par le
théorème d’intégrabilité de Frobenius. En générale, C est une distribution singulière dans le sens
où ses fibres Cx = Im#π (x) ne sont pas de dimension constante. Cependant, C est intégrable:
pour tout x ∈ M , il existe une sous variété immergée connexe S contenant x et telle que, pour
tout y ∈ S, Ty S = Cy . En effet, en munissant M de la relation : x et y sont en relation s’il existe
une famille de fonctions f1 , ..., fk sur M telle que
2.3. CALCUL DE POISSON 37

y = ΦtX1f ◦ ... ◦ ΦtXkf


1 k

on obtient une relation d’équivalence sur M . Notons (Sα )α∈I la partition correspondante de M
en classe d’équivalence. D’après (1.4), les flots des champs hamiltoniens préservent π et donc
préservent le rang de π. On en déduit que le rang de π est constant le long de chaque Sα ; on
notera 2rα la valeur commune du rang de π le long de Sα .

Theorem 2.2.5 ([16]) Soit (M, π) une variété de Poisson et soit (Sα )α∈I la partition définie
ci-dessus. Pour tout α ∈ I, Sα est une sous-variété immergée de M de dimension 2rα et, pour
tout x ∈ Sα , l’espace tangent de Sα , en x est l’espace caractéristique en x de π : Tx Sα = Cα . De
plus, Sα , jouit d’une structure symplectique telle que i : Sα ,→ M est un morphisme de Poisson.

Les sous-variété immergées Sα sont appelées les feuilles symplectiques de la variété de Poisson
(M.π).

Proof 2.2.3 Voir [17] pour une démonstration basée sur le théorème de Weinstein.

2.3 Calcul de Poisson


Dans cette section nous allons voir que toute structure de Poisson sur une variété M définit, de
manière naturelle, un crochet de Lie sur l’espace des 1-formes, qui avec l’application d’ancrage
font du fibré cotangent T ∗ M un ”algebroı̈de de Lie”; ce qui donne naissance à une version
contravariante du calcul de Cartan.

2.3.1 Algebroı̈de de Lie


La notion d’algebroı̈de de Lie est une généralisation de celles de fibré tangent d’algèbre de Lie.

Definition 2.3.1 On appelle pseudo-algebroı̈de de Lie sur une variété M un triplet (A, [, ], #)
où A → M est un fibré vectoriel sur M, # : A → T M est un morphisme de fibrés, dit l’ancrage,
et [, ] est une application R-bilinéaire et antisymétrique sur l’espace des sections Γ(A), tels que
la règle de Leibniz suivante soit satisfaite:

[α, f β] = #(α)(f )β + f [α, β],

pour tous α, β ∈ Γ(A) et f ∈ C ∞ (M ). Si, de plus, [, ] est un crochet de Lie, c’est à dire qu’il
vérifié l’identité de Jacobi

[[α, β], γ] + [[β, γ], α] + [[γ, α], β] = 0,

On dit que (A, [, ], #) est un algebroı̈de de Lie sur M.

La propriété suivante est une conséquence immédiate, mais fondamentale, de la définition d’un
algebroı̈de de Lie.

Proposition 2.3.1 Si (A, [, ], #) est un algebroı̈de de Lie sur une variété M , l’ancrage # est
homomorphisme d’algèbre de Lie Γ(A) dans X (M ): pour tout α, β ∈ Γ(A),

#([α, β]) = [#(α), #(β)].


38 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

Proof 2.3.1 En vertu de la règle de Leibniz, pour tous α, β, γ ∈ Γ(A) et f ∈ C ∞ (M ), on a

[[α, β], f γ] + [[β, f γ], α] + [[f γ, α], β] = #([α, β])(f )γ + f [[α, β], γ] + [#(β)(f )γ + f [β, γ], α]
+ [−#(α)(f )γ + f [γ, α], β]
= #([α, β])(f )γ + f [[α, β], γ]
− #(α)(#(β)(f ))γ + #(β)(f )[γ, α] − #(α)(f )[β, γ] + f [[β, γ], α]
+ #(β)(#(α)(f ))γ − #(α)(f )[γ, β] − #(β)(f )[γ, α] + f [[γ, α], β]
= (#([α, β]) − [#(α), #(β)])(f )γ
+ f ([[α, β], γ] + [[β, γ], α] + [[γ, α], β]), (2.25)

ce qui établit l’égalité cherchée, vu l’identité de Jacobi.

2
Exemple 2.3.1 (FIBRÉES TANGENTS).Munit du crochet de Lie sur les champs de vecteurs
et de l’identité comme ancrage, le fibré tangent d’une variété M est un algebroı̈de de Lie, dit
algebroı̈de tangent de M .

Exemple 2.3.2 (ALGÈBRE DE LIE). Toute algèbre de Lie peut être vue comme un algebroı̈de
de Lie sur un Point.

Exemple 2.3.3 (DISTRIBUTIONS INVOLUTIVES). Si F est un feuilletage régulier sur une


variété M , la distribution involutive correspondante, T F, munie du crochet de Lie des champs
de vecteurs tangents à F et de l’inclusion i : T FßT M , est un algebroı̈de de Lie tangent à F.

Exemple 2.3.4 Toute action d’une algèbre de Lie g sur une variété M ,i.e, un homomorphisme
d’algèbre de lie ξ : g −→ X1 (M ), définit une structure d’algebroı̈de de Lie sur le fibré vectoriel
trivial g × M −→ M : l’ancrage # : g × M −→ T M étant défini, pour tout (u, v) ∈ g ×
M, par #(u, x) = ξ(u)(x), et le crochet de Lie est donné par

[α, β](x) = [α(x), β(x)] + α∗ (ξ(β(x)))(x) − β∗ (ξ(α(x)))(x),

où l’on a considéré les actions α et β de g × M −→ M comme application de M dans g.

2.3.2 Le fibré cotangent d’une variété de Poisson est un algebroı̈de de


Lie
Soit M une variété équipée d’une structure de Poisson π. Considérons l’application [, ]π : Ω1 (M )×
Ω1 (M ) → Ω1 (M ), dite crochet de Koszul associée à π, définie pour toutes 1-formes différentielles
α et β par:

[α, β]π = Lπ# (α) β − Lπ# (β) α − dπ(α, β). (2.26)

Theorem 2.3.2 Le crochet de Koszul est l’unique application R-bilinéaire et antisymétrique sur
l’espace des 1-formes, qui vérifie

[df, dg]π = d{f, g}π , (2.27)


2.3. CALCUL DE POISSON 39

pour tout f, g ∈ C ∞ (M ), et la règle de Leibniz

[α, f β]π = f [α, β]π + #π (α)(f )β, (2.28)

pour tous α, β ∈ Ω1 (M ) et f ∈ C ∞ (M ). En outre, (T ∗ M, [, ]π , #π ) est un algebroı̈de de Lie, en


particulier,

#π [α, β]π = [#π (α), #π (β)].

Proof 2.3.2 Le crochet de Koszul étant clairement R-bilinéaire et antisymétrique, montrons


2.27 et 2.28. D’une part, en utilisant le fait que LX d = dLX , et que pour tout f ∈ C ∞ (M ), #π (df ) =
Xf , on obtient

[df, dg]π = L#π (df ) dg − L#π (dg) df − d(π(df, dg))


= d(Xf (g)) − d(Xg (f )) − d{f, g}π
= d{f, g}π − d{g, f }π − d{f, g}π
= d{f, g}π .

D’autre part, en utilisant la formule : Lf X α = f LX α + α(X)df pour tous f ∈ C ∞ (M ), X ∈


X1 (M ) et α ∈ Ω1 (M ), on calcule

[α, f β]π = L#π (α) (f β) − L#π (f β) α − d(π(α, f β))


= f L#π (α) (β) + #π (α)(f )β − f L#π (β) α + α(#π (β))df
− f d(π(α, β)) − π(α, β)df
= f [α, β]π + #π (α)(f )β.

Pour montrer l’unicité, remarquons qu’en vertu de l’antisymétrie et la règle de Leibniz, le crochet
de Koszul est de type locale: la valeur de [α, β]π en un point x ∈ M dépend uniquement des valeurs
de α et β au voisinage de x, et vérifie aussi

[f α, gβ]π = f g[α, β]π + f #π (α)(g)β − g#π (β)(f )α.

En particulier, pour tous f, g, h, k ∈ C ∞ (M ), on a

[f dh, gdk]π = f g[dh, dk]π + f #π (dh)(g)dk − g#π (dk)(f )dh


= f gd{h, k}π + f #π (dh)(g)dk − g#π (dk)(f )dh,

où l’on utilisé 2.27 dans la dernière ligne. Ceci détermine totalement, comte tenu de la bilinéarité,
le crochet [, ]π , puisque toute 1-forme s’écrit localement comme somme finie de 1-forme de type
f dg.
Reste à montrer que (T ∗ M, [, ]π , #π ) est un algebroı̈de de Lie, c’est à dire que le crochet de
Koszul vérifie l’identité de Jacobi. Pour cela, on va montrer d’abord 2.3.2. En posant, pour tout
α, β ∈ Ω1 (M ),
40 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

H(α, β) = #π [α, β]π − [#π (α), #π (β)],


on vérifie immédiatement, en utilisant la règle de Leibniz, que H est tensoriel en α et β. Donc
H = 0 si et seulement si H(df, dg) = 0, ∀f, g ∈ C ∞ (M ). Or,
2.27
#π [df, dg]π = #π (d{f, g}π ) = X{f,g}π = [Xf , Xg ] = [#π (df ), #π (dg)].
Maintenant, posons pour toutes 1-formes α, β, γ,
J(α, β, γ) = [[α, β]π , γ]π + [[β, γ]π , α]π + [[γ, α]π , β]π .
On pour toute fonction f ,

J(α, β, γ) = (#π [α, β]π − [#π (α), #π (β)])(f )γ + f J(α, β, γ)


2.3.2
= f J(α, β, γ),
ce qui montre que J est tensoriel en γ et donc en α et β également, puisque il est antisymétrique.
Ainsi, J est identiquement nul si et seulement s’il s’annule s ur les 1-formes exactes. Pour tout
f, g, h ∈ C ∞ (M ),

J(df, dg, dh) = [[df, dg]π , dh]π + [[dg, dh]π , df ]π + [[dh, df ]π , dg]π
= [d{f, g}π , dh]π + [d{g, h}π , df ]π + [d{h, f }π , dg]π
= d({{f, g}π , h}π + {{g, h}π , f }π + {{h, f }π , g}π )
= 0.
D’où le résultat.
2
L’algebroı̈de (T ∗ M, [, ]π , #) sera appelée l’algebroı̈de cotangent de (M, π).

La structure d’algebroı̈de de Lie cotangent sur le fibré cotangent de (M, π) permet de définir
des versions contravariantes des opérateurs d, iX , LX et ∇X , et ce, en copiant leurs définitions
algébriques.
D’abord, la différentielle contravariante, notée dπ : X p (M ) → X p+1 (M ), se définit par:
Pp+1
dπ PP(α1 , ..., αp+1 ) = i=1 (−1)i−1 π# (αi ).P (α1 , ..., α̂i , ..., αp+1 ) +
i+j
1≤i<j≤p+1 (−1) P ([αi , αj ]π , α1 , ..., α̂i , ..., α̂j , ..., αp+1 ),
où α1 , ..., αp+1 sont des 1-formes.
Proposition 2.3.3 Pour tout P ∈ X ,
dπ P = [π, P ],
où [, ] dénote le crochet de Schouten-Nijenhuis.
Proof 2.3.3 De la même manière que dans le cas de la différentielle extérieure on montre que,
pour tout P ∈ Xp (M ), dπ P est C ∞ (M )-multilinéaire et alterné, i.e., dπ P est un champ de (p+1)-
vecteurs (voir, e.g., [[18], p.311]). Il suffit donc de montrer qu’à chaque fois appliqués sur une
forme différentielle de la forme df1 ∧ ... ∧ dfp+1 (fi ∈ C ∞ (M )), dp i et [π, P ] coı̈ncident. Pour cela,
en remarquant que
2.3. CALCUL DE POISSON 41

Pp+1
iP (df1 ∧ ... ∧ dfp+1 ) = (−1)p−1 i=1 (−1)
i
P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 )dfi

et
iπ (df1 ∧ ... ∧ dfp+1 ) = 1≤i,j≤p+1 (−1)i+j−1 {fi , fj }π df1 ∧ ...∧
P

ci ∧ ... ∧ df
df cj ∧ ... ∧ dfp+1 ,

on a
p+1
X  
hdf1 ∧ ... ∧ dfp+1 , [π, P ]i = h (−1)i d P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 ) ∧ dfi , πi
i=1
X
− h (−1)i+j−1 {fi , fj }π df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ df
cj ∧ ... ∧ dfp+1 , P i
1≤i,j≤p+1
p+1
X
= (−1)i−1 #π (dfi ).P (df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ dfp+1 )
i=1
X  
+ (−1)i+j P [dfi , dfj ]π , df1 ∧ ... ∧ df
ci ∧ ... ∧ df
cj ∧ ... ∧ dfp+1
1≤i,j≤p+1
= hdf1 ∧ ... ∧ dfp+1 , dπ P i.

2
Par conséquent, dπ vérifie, à l’exemple de la différentielle extérieure, les propriétés suivantes:

dπ (P ∧ Q) = d + πP ∧ Q + (−1)degP P ∧ dπ Q, (2.29)

dπ ◦ dπ = 0. (2.30)

La cohomologie associée à dπ
ker(dπ :X p (M )→X p+1 (M )
Hπp (M ) := Im(dπ :X p−1 (M )→X p (M )

est appelée la cohomologie de Poisson de (M, π). En étendant l’application d’ancrage #π sur
l’espace des formes différentielle en posant, #π (f ) = f pour toute fonction f,et
#π (dη)(α1 , ..., αk ) = (−1)k η(#π (α1 ), ..., #π (αk )),
on obtient un homomorphisme C ∞ (M )-linéaire #π : Ω∗ (M ) −→ X ∗ (M ) qui entrelace d et dπ ,
i.e,
#π (dη) = −dπ (#π (η)),

ce qui induit un homomorphisme #π : HdR (M ) → Hπ∗ (M ) de la cohomologie de Rham dans la
cohomologie de Poisson, qui est un isomorphisme si π est symplectique.
Ensuite, la dérivée de Lie dans la direction d’une 1-forme différentielle α, notée Lα : X p (M ) →
X p (M ), et le produit intérieur par α, noté iα : X p (M ) → X p−1 (M ), se définissent par:

p
X
Lα P (α1 , ..., αp ) = #π (α).P (α1 , ..., αp ) − P (α1 , ..., [α, αi ]π , ..., αp ), (2.31)
i=1
42 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

iα P (α1 , ..., αp−1 ) = P (α, α1 , ..., αp−1 ), (2.32)


et on a les mêmes formules usuelles

i[α,β]π = Lα iβ − iβ Lα , (2.33)

L[α,β]π = Lα Lβ − Lβ Lα , (2.34)

Lα = iα dπ + dπ iα , (2.35)

Lα dπ = dπ Lα . (2.36)
Ces opérateurs sont lies aux opérateurs usuels par l’application d’ancrage:

iα #π (η) = −#π (iπ# (α) η), (2.37)

Lα #π (η) = −#π (L#π (α) η), (2.38)

Ldf P = LXf P, (2.39)

pour tous f ∈ C ∞ (M ), α ∈ Ω1 (M ), η ∈ Ωk (M ) et P ∈ X p (M ).
Finalement, on peut étendre la dérivée de Lie Lα aux formes aux formes différentielles en
définissant, pour tout η ∈ Ωk (M ),
k
X
Lα η(X1 , ..., Xk ) = π# (α).η(X1 , ..., Xk ) − η(X1 , ...Lα Xi , ..., Xk ), (2.40)
i=1

où X1 , ..., Xk sont des champs de vecteurs. En particulier,

Lα β = [α, β]π , ∀β ∈ Ω1 (M ). (2.41)


Cette dérivée de Lie peut s’étendre en un crochet de Lie gradué sur l’espace des formes différentielles
analogue au crochet de Schouten-Nijenhuis, appelé crochet de Koszul-Schouten, qui peut être
défini de la même manière: pour tous η ∈ Ωk (M ) et ρ ∈ Ω ∈ Ωl (M ), le crochet de Koszul-
Schouten de η et ρ est la (k + l − 1)-forme, notée [η, ρ]π et donnée par
<[η, ρ]π , P > = (−1)(k−1)(l−1) <η, dπ (iρ P )> − <ρ, dπ (iη P )> + (−1)k <η ∧ ρ, dπ P >, (2.42)
pour tout champ de (k + l − 1)-vecteurs P . Ici, iη : X ∗ (M ) → X ∗ (M ) est le produit induit
intérieur par ρ, i.e. <ω, iη P > = <η ∧ ω, P > pour tout champ de p-vecteur P et toute (p − k)-
forme ω, si k<p; iη P = 0 sinon.
2.3. CALCUL DE POISSON 43

Theorem 2.3.4 Le crochet de Koszul-Schouten est R-bilinéaire et satisfait les propriétés suiv-
antes:
(a) Pour touts f ∈ C ∞ (M ), α ∈ Ω1 (M ) et η ∈ Ωk (M ),

[f, η]π = iXf η, [α, η]π = Lα η. (2.43)

(b) L’antisymétrie graduée: pour tous η ∈ Ωk (M ) et ω ∈ Ωl (M ),

[η, ω]π = −(−1)(k−1)(l−1) [ω, η]. (2.44)

(c) La règle de Leibniz graduée: pour tous η ∈ Ωk (M ), ω ∈ Ωl (M ) et ρ ∈ Ωr (M ),

[η, ω ∧ ρ]π = [η, ω]π ∧ ρ + (−1)(k−1)l ω ∧ [η, ρ]π , (2.45)

[η ∧ ω, ρ]π = η ∧ [ω, ρ]π + (−1)(r−1)l [η, ρ]π ∧ ω. (2.46)

(d) L’identité de Jacobi graduée:

(−1)(k−1)(r−1) [η, [ω, ρ]π ]π + (−1)(k−1)(l−1) [ω, [ρ, η]π ]π + (−1)(l−1)(r−1) [ρ, [η, ω]π ]π = 0.
(2.47)

En outre la différentielle extérieure est une dérivation de [, ]π :

d[η, ω]π = [dη, ω]π = [dη, ω]π + (−1)(k−1) [η, dω]π . (2.48)
Proof 2.3.4 Les propriétés (a) − (d) se démontrent de la même manière que dans le cas du
crochet de Schouten-Nijenhuis.
Pour voir que d est une dérivation de [, ]π , Posons pour tout η ∈ Ωk (M ) et ω ∈ Ωl (M ),
I(η, ω) = d[η, ω]π − [dη, ω]π − (−1)k−1 [η, dω]π .
On vérifie immédiatement que
I(η, ω) = −(−1)(k−1)(l−1) I(ω, η)
et
I(η, ω ∧ ρ) = I(η, ω) ∧ ρ + (−1)kl ω ∧ I(η, ρ),
pour toute forme différentielle ρ. En particulier, I est de type local. IL suffit donc de vérifier 2.48
dans les trois cas suivants: (i) η et ω sont des 0-formes, c’est à dire qu’elles sont des fonctions;
(ii) η est une fonction et ω est la différentielle d’une fonction; (iii) η et ω sont les différentielles
de deux fonctions. Le premier cas étant trivial, vérifions le deuxième. D’après 2.43 et 2.27, on a
I(f, dg) = d[f, dg]π − [df, dg]π = d(iXf dg) − d{f, g}π = 0.
Dans le troisième cas, on a : I(f, dg) = d[df, dg]π = d2 {f, g}π = 0, ce qui achève la démonstration.
2
44 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

2.3.3 Connexions Contravariantes


Un autre élément du calcul de Poisson est la notion de connexion contravariante. Ces connexions
ont été introduites par Vaismann [10], [19]; elles jouent un rôle très important dans la géométrie
de Poisson, e.g., [7], [20], [21],etc, et évidement de plus en plus très utiles dans différents domaines
de mathématiques [1], [8], [22], [23],.
(Pour un étude détaillée des connexions contravariantes, voir [7])
Une connexion contravariante se définit d’une manière similaire à celle d’une connexion ordi-
naire(covariante), sauf que l’algebroı̈de cotangent remplace l’algebroı̈de tangent. Plus précisément,

Definition 2.3.2 Une connexion contravariante sur une variété de Poisson (M, π) est une ap-
plication R-bilinéaire D : Ω1 (M )×Ω1 (M ) −→ Ω1 (M ), notée (α, β) → Dα β, vérifiant, pour toute
fonction f sur M ,

Df α β = f Dα β et Dα (f β) = f Dα β + #π (α)(f )β.

Dα β est appelée la dérivée contravariante de β dans la direction de α.

Exemple 2.3.5 Toute connexion covariante ∇ sur M induit deux connexions contravariantes
définies par: Dα β := ∇#π (α) β, D̃α β := ∇#π (β) α + [α, β]π . En particulière, les connexions
contravariantes D sur M est induite par une connexion covariante: Dα β = ∇#π (α) β avec
∇X Y := D#−1 π (X)
Y.

Lorsqu’une connexion contravariante D sur (M, π) est induite par une connexion covariante, elle
vérifie la propriété suivante:

(∀a ∈ T ∗ M, #π (a) = 0) =⇒ Da = 0,

On dit que D est une F-connexion. Si D est une F-connexion sur l’ouvert M reg des points
régulier de (M, π), on dit que D est F reg -connexion.
En général, il existe des connexions contravariantes qui ne sont pas des F-connexion, et donc
une connexion contravariante peut ne pas être induite par une connexion covariante.
La définition d’une connexion contravariante étant similaire à la définition d’une connexion
covariante, on peut développer les notions usuelles de torsion, courbure, transport parallèle,
géodésique,etc. Néanmoins, il ya quelques différences surprenantes dans la géométrie de Poisson
contravariante.
Si (U, x1 , ..., xd ) est une carte locale de M , on définit les symboles de Christoffel Γkij d’une con-
nexion contravariante D par:

d
X
Ddxi dxj = Γkij dxk . (2.49)
k=1

Il est facile de voir que, sous un changement de coordonnées, ces symboles se transforment suivant
la règle

X ∂ x̃r x̃s ∂xk ∂ x̃r ∂ 2 x̃s ∂xj


Γ̃trs = Γkij + πik , (2.50)
∂xi ∂xj ∂ x˜t ∂xi ∂xj ∂xk ∂ x̃t
i,j,k
2.3. CALCUL DE POISSON 45

où πij sont les composantes de π dans (x1 , ..., xd ). Inversement, la donnée d’une famille de
symboles qui se transforment suivant cette règle sous un changement de coordonnées, définit une
connexion contravariante.
La torsion et la courbure de la connexion contravariante D sont définies respectivement par:

T (α, β) = Dα β − Dβ α − [α, β]π , (2.51)

R(α, β)γ = Dα Dβ γ − Dβ Dα γ − D[α,β]π γ. (2.52)

On vérifie immédiatement que T et R sont des tenseurs de types (2,1) et (3,1), respectivement.
Quand T (resp.R) est identiquement nulle, on dit de D qu’elle est sans torsion(resp. plate). les
expressions locales de la torsion et la courbure sont respectivement:

∂πij
Tijk = Γkij − Γkji − , (2.53)
∂xk

d
l
X ∂Γljk ∂Γl ∂πij l
Rijk = Γlim Γm l m
jk − Γjm Γik + πim − πjm ik − Γ . (2.54)
m=1
∂xm ∂xm ∂xm mk

À l’instar du cas covariant, la donnée d’une métrique riemannienne sur la variété de Poisson
(M, π) donne naissance à une connexion contravariante analogue à la connexion de Levi-Civita.
Soit h, i une métrique riemannienne sur M , et soit #−1 h,i : T M −→ T ∗ M l’isomorphisme musical
−1
associée à h, i, i.e. #h,i (u) := hu, .i. La métrique h, i définit sur le fibré cotangent une métrique,
que l’on notera h, i∗ , par :

ha, bi∗ = h#−1 −1


h,i (a), #h,i (b)i ∀a, b ∈ T ∗ M .

Proposition 2.3.5 [1]. Il existe une unique connexion contravariante D sur M vérifiant

(i) D est sans torsion : Dα β − Dβ α = [α, β]π ;

(ii) D est métrique : #π (α).hβ, γi∗ = hDα β, γi∗ + hβ, Dα γi∗ .

Cette connexion est donnée par la formule de Koszul

2hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ + #π (β).hα, γi∗ − #π (γ).hα, βi∗


+ h[α, β]π , γi − h[β, γ]π , αi + h[γ, α]π , βi. (2.55)

On appelle D la connexion de Levi-Civita contravariante associée au couple (π, h, i).


46 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

Proof 2.3.5 Puisque h, i∗ est non dégénérée, il suffit de calculer hDα β, γi∗ pour toutes 1-formes
α, β et γ. En utilisant (i) et (ii), on calcule
hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ − hβ, Dα γi∗
= #π (α).hβ, γi∗ − hβ, Dγ αi − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + hDγ β, αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + hDβ γ, αi∗
+ h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + #π (β).hγ, αi∗
− hγ, Dβ αi∗ + h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
= #π (α).hβ, γi∗ − #π (γ).hβ, αi∗ + #π (β).hγ, αi∗
− hγ, Dα βi∗ − hγ, [β, α]π i∗ + h[γ, β]π , αi∗ − hβ, [α, γ]π i∗
soit
2hDα β, γi∗ = #π (α).hβ, γi∗ + #π (β).hα, γi∗ − #π (γ).hα, βi∗
+ h[α, β]π , γi − h[β, γ]π , αi + h[γ, α]π , βi.
ce qui montre l’unicité. L’existence se montre immédiatement en vérifiant que la connexion D
définie par la formule de Koszul 2.55 est sans torsion et métrique.
2
3
Exemple 2.3.6 Prenons M = R munie de sa métrique euclidienne et du tenseur de Poisson
∂ ∂ ∂ ∂ ∂
π= ∧ + (y −x )∧ . La connexion de Levi-Civita contravariante correspondante
∂x ∂y ∂x ∂y ∂z
est donnée par :
Ddx dx = Ddx dy = Ddx dz = Ddy dx = Ddy dy = Ddy dz = Ddz dz = 0,
Ddz dx = −dy, et Ddz dy = dx.
D est plate, mais pas une F-connexion, puisqu’à l’origine, #π (dz) s’annule, alors que Ddz dx et Ddz dy
ne s’annulent pas.

2.4 Structure de Poisson invariantes à gauche sur un groupe


de Lie
Soit G un groupe de Lie de dimension n, e son élément neutre et gg = Te G son algèbre de Lie. Un
champ de multivecteurs P sur G est dit invariant à gauche, s’il est invariant sous les translations
à gauche Lg : h → gh sur G, c’est-à-dire,
(Lg )∗ P (h) = P (gh) ∀g, h ∈ G.
Une structure de Poisson invariante à gauche sur G est la donnée d’un champ de bivecteurs π
sur G vérifiant [π, π] = 0. Une telle structure de Poisson est nécessairement de rang constant sur
G, égale à son rang en élément neutre e de G.
Si G est connexe, un champ de multivecteurs P est invariant à gauche si et seulement si la dérivée
de Lie LX P de P dans la direction de tout champ invariant à droite X est nulle(puisque le flot
de X est le sous groupe à un paramètre des translations à gauche Lexp(tXe ) ). Par conséquent, le
crochet de Schouten-Nijenhuis [P, Q] de deux champs de multivecteurs invariants à gauche P et
Q est aussi invariant à gauche. En effet, pour tout champ de vecteurs invariant à droite X,
2.4. STRUCTURE DE POISSON INVARIANTES À GAUCHE SUR UN GROUPE DE LIE47

LX [P, Q] = [LX P, Q] + [P, LX Q] = 0.


Puisque l’évaluation en e, i.e. P −→ P (e), est un isomorphisme de l’espace des champs de
multivecteurs invariants à gauche sur l’espace ∧∗ g = ⊕nk=0 g (son inverse étant l’application
x −→ xl où xl (g) := (Lg )∗ ∀g ∈ G), le crochet de Schouten-Nijenhuis de g; ses propriétés sont
résumées dans le lemme suivant.

Lemma 2.4.1 Le crochet de Schouten-Nijenhuis d’une R-algèbre de Lie g est l’unique applica-
tion R-bilinéaire sur ∧∗ g qui étend le crochet de Lie de g et qui vérifie
(a) Pour tous x ∈ ∧i g et y ∈ ∧j g, [x, y] ∈ ∧i+j−1 g.
(b) L’antisymétrie graduée: pour tous x ∈ ∧i g, y ∈ ∧j g.

[x, y] = −(−1)(i−1)(j−1) [y, x]. (2.56)

(c) La règle de Leibniz graduée: pour tous x ∈ ∧i g, y ∈ ∧j g et z ∈ ∧k g,

[x, y ∧ z] = [x, y] ∧ z + (−1)(i−1)j y ∧ [x, z] (2.57)

[x ∧ y, z] = x ∧ [y, z] + (−1)(k−1)j [x, z] ∧ y (2.58)

(d) Le crochet d’un élément de ∧∗ g est un élément de ∧0 g = R est nul.


En outre, le crochet de Schouten-Nijenhuis de g vérifie l’identité de Jacobi graduée:

(−1)(i−1)(k−1) [x, [y, z]] + (−1)(j−1)(i−1) [y, [z, x]] + (−1)(j−1)(k−1) [z, [x, y]] = 0. (2.59)

et pour tout u1 , ...ur , v1 , ..., vs ∈ g,


X
[u1 ∧ ... ∧ ur , v1 ∧ ... ∧ vs ] = (−1)k+l [uk , vl ] ∧ u1 ∧ ... ∧ u
ck ∧ ... ∧ ur ∧ v1 ∧ ... ∧ vbl ∧ ... ∧ vs . (2.60)
k,l

Remark 2.4.1 Une manière directe de définir le crochet de Schouten-Nijenhuis sur ∧∗ g consiste
à étendre 2.60, par R-bilinéarité, aux sommes multivecteurs décomposables de ∧∗ g.
Conte tenu de ce qui précède, on a :

Proposition 2.4.2 Une structure de Poisson invariante à gauche sur un groupe de Lie connexe
G est équivalente à la donnée d’un élément r ∈ ∧2 g vérifiant l’équation suivante, dite l’équation
de Yang-Baxter classique(EYBC) :

[r, r] = 0. (2.61)

Les éléments de ∧2 g vérifiant 2.61 sont appelés solutions de l’EYBC.


48 CHAPTER 2. INTRODUCTION À LA GÉOMÉTRIE DE POISSON

Exemple 2.4.1 Si la dimension de g est égale à 2, alors tout élément de ∧2 g est une solution
de l’EYBC

Exemple 2.4.2 Si u, v ∈ g tel que [u, v] = 0, alors r = u ∧ v est une solution de l’EYBC; la
structure de Poisson invariante à gauche correspondante sur G est de rang constant égale à 0 si
u ∧ v = 0, 2 sinon.

Par la suite, nous allons donné une caractérisation des solutions de l’EYBC qui peut être très
utile. Dans tout ce qui suit, g est une algèbre de Lie réelle de dimension n, g∗ l’espace dual de
g et r un élément de ∧2 g. On notera r# : g∗ −→ g l’application linéaire définie par

β(r# (α)) = −α(r# (β)) = r(α, β) ∀α, β ∈ g∗ , (2.62)

Sr le sous espace vectoriel de g image de r et [, ]r le crochet défini sur g∗ par


[α, β]r = ad∗r# (β) α − ad∗r# (α) β ∀a, b ∈ g∗ ,

où ad∗ : g −→ gl(g∗ ) est la représentation coadjointe de g donnée par


ad∗u α(v) = α([u, v]) ∀u, v ∈ g, α ∈ g∗ .

Lemma 2.4.3 Pour tout α, β, γ ∈ g∗ , on a:

1
[r, r](α, β, γ) = α([r# (be), r# (γ)]) + β([r# (ga), r# (α)]) + γ([r# (al), r# (β)]). (2.63)
2
Proof 2.4.1 Puisque le membre droite de 2.63 est linéaire en α, β et γ il suffit de montrer 2.63
sur une base de g∗ . Pour cela, soit (e1 , ..., en ) une base de g et (e∗1 , ..., e∗n ) la base dual sur g∗ .
Écrivons
Pn
[ei , ej ] = k=1 ckij ek , r = 1≤i<j≤n aij ei ∧ ej .
P

En utilisant 2.58, on obtient par calcul direct


[r, r] = i,j,k,l,m ail ajm ckij ek ∧ el ∧ em .
P

Ainsi, pour tout i, j, k = 1, ..., n,

[r, r](e∗i , e∗j , e∗k ) = 2 ail ajm cklm = 2 e∗ ([r# (e∗j ), r# (e∗k )]),
P H H
l,m i,j,k i,j,k i
H
où i,j,k
désigne la somme circulaire sur i, j, k. D’où le résultat.

2
Chapter 3

Groupes de Lie de
Riemann-Poisson

Dans ce chapitre, nous allons étudie les groupes de Lie muni d’une métrique riemannienne in-
variante à gauche et d’un tenseur de Poisson invariant à gauche satisfaisant la condition de
compatibilité qu’on va définir plut tard. Ils constituent une sous-classe de classe des variétés de
Riemann-Poisson introduit et étudier par M.Boucetta (voir [2,3,4,5]).
Les variétés de Riemann-Poisson sont avéré avoir des propriétés géométrique intéressantes (voir
[2,3,4,5]). A partir de ces propriétés il sera intéressant de trouver une large classe d’exemples des
variétés de Riemann-Poisson. Dans ce chapitre nous allons décrit une riche collection d’exemples
obtenus en fournissant un groupe Lie arbitraire G muni d’une métrique riemannienne h , i et
d’un tenseur de Poisson π invariants sous les translations à gauche et telle que (G, h , i, π)
est groupe de Riemann-Poisson. On appel (G, h , i, π) un groupe de Riemann-Poisson. cette
classe d’exemples peut être élargie substantiellement, sans travail supplémentaire, comme suit.
Si (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson et Γ est un sous groupe discret de G
alors Γ \ G carie naturellement une structure de variété de Riemann-Poisson.

3.1 Les groupes de Lie de Riemann-Poisson et leurs car-


actérisation infinitésimale
Dans cette section nous donnons le matériel nécessaire pour ce chapitre et décrivons la con-
trepartie infinitésimale des groupes de Lie de Riemann-Poisson, appelées, Algèbres de Lie de
Riemann-Poisson.
Soit G un groupe de Lie et g = Te G son algèbre de Lie.
1. Un tenseur de Poisson π sur G est entièrement déterminé par
π(α, β)(a) = r(L∗a α, L∗a β),
où a ∈ G, α, β ∈ Ta∗ G, La est la multiplication à gauche by a et r ∈ ∧g satisfait l’équation
classique de Yang-Baxter
[r, r] = 0, (3.1)
où [r, r] ∈ ∧3 g est donné par
[r, r](α, β, γ) :=≺ α, [r# (β), r# (γ)]  + ≺ β, [r# (γ), r# (α)]  + ≺ γ, [r# (α), r# (β)] , α, β, γ ∈ g∗ ,
(3.2)

49
50 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

et r# : g∗ −→ g est la contraction associée à r. Dans ce cas, le crochet de Koszul (2.26),


lorsqu’il est restreint au 1-forme invariant à gauche induit un crochet de Lie sur g∗ donné
par
[α, β]r = ad∗r# (α) β − ad∗r# (β) α, α, β ∈ g∗ , (3.3)
où ≺ ad∗u α, v = − ≺ α, [u, v] . En outre, r# devient un morphisme d’algèbres de Lie,
i.e.,
r# ([α, β]r ) = [r# (α), r# (β)], α, β ∈ g∗ . (3.4)

2. Une métrique Riemannienne invariante à gauche h , i sur G est entièrement déterminé par

hu, vi(a) = %(Ta La−1 u, Ta La−1 v),

où a ∈ G, u, v ∈ Ta G et % est un produit scalaire sur g. La connexion de Levi-Civita de


h , i est invariante à gauche et induite un produit A : g × g −→ g déterminé par

2%(Au v, w) = %([u, v], w) + %([w, u], v) + %([w, v], u), u, v, w ∈ g. (3.5)

Il est l’unique produit sur g satisfaisant

Au v − Av u = [u, v] and %(Au v, w) + %(v, Au w) = 0,

pour tout u, v, w ∈ g. nous appelons A le produit de Levi-Civita associé à (g, [ , ], %).

3. Soit (G, h , i, Ω) un groupe de Lie muni d’une métrique Riemannienne invariante à gauche
et d’une 2-forme invariante à gauche et non dégénérée. Alors (G, h , i, Ω) est une variété
kählerienne si et seulement si, pour tout u, v, w ∈ g,

ω(Au v, w) + ω(u, Au v) = 0, (3.6)

où ω = Ω(e), % = h , i(e) et A est le produit de Levi-Civita de (g, [ , ], %). Dans ce cas
nous appelons (g, [ , ], %, ω) une algèbre de Lie kählerienne.

Comme toutes les structures invariantes à gauche sur les groupes de Lie, les groupes de Lie de
Riemann-Poison peuvent être caractérisés au niveau de leurs algèbres de Lie.

Proposition 3.1.1 Soit (G, π, h , i) un groupe de Lie muni d’un bivecteurs invariant à gauche
et d’une métrique riemannienne invariante à gauche et (g = Te G, [ , ]) son algèbre de Lie. On
pose r = π(e) ∈ ∧2 g, % = h , ie et %∗ le produit Euclidien associé sur g∗ . Alors (G, π, h , i) est
un groupe de Lie de Riemann-Poisson si et seulement si

(i) [r, r] = 0,

(ii) pour tout α, β, γ ∈ g∗ , r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0,

où A est le produit de Levi-Civita associé à (g∗ , [ , ]r , %∗ ).

Proof 3.1.1 Pour tout u ∈ g et α ∈ g∗ , on note u` et α` , respectivement, le champ de vecteur


invariant à gauche et le 1-forme différentielle invariant à gauche sur G déterminées par:

u` (a) = Te La (u) et α` (a) = Ta∗ La−1 (α), a ∈ G, La (b) = ab.

Puisque π et h , i sont invariants à gauche, on déduit facilement de (1.8) et (2.1) que pour tout
α, β, γ ∈ g∗ ,
3.1. LES GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON ET LEURS CARACTÉRISATION INFINITÉSIMALE51

[π, π]S (α` , β ` , γ ` ) = [r, r](α, β, γ), #(α` ) = (r# (α))` , L#π (α` ) β ` = (ad∗r# (α) β)` ,


([α` , β ` ]π ) = ([α, β]r )` , Dα` β ` = (Aα β)` .


La proposition découle de ces formules, (2.3) et le fait que (G, π, h , i) est un groupe de Lie de
Riemann-Poisson si et seulement si, pour tout α, β, γ ∈ g∗ ,
[π, π]S (α` , β ` , γ ` ) = 0 et Dπ(α` , β ` , γ ` ) = 0.
2
Inversement, étant donné un triplet (g, r, %) où g est une algèbre de Lie réelle, r ∈ ∧2 g et % est
un produit Euclidien sur g satisfaisant les conditions (i) et (ii) dans la Proposition 3.1.1 donc,
pour tout groupe de Lie G d’algèbre de Lie satisf aisant, si π et h , i sont le champ de bivecteurs
invariant à gauche et la métrique invariant à gauche associée à (r, %) alors (G, π, h , i) est un
groupe de Lie de Riemann-Poisson.
Definition 3.1.1 Une algèbre de Lie de Riemann-Poisson est un triplet (g, r, %) où g est une
algèbre de Lie réelle, r ∈ ∧2 g et % est un produit Euclidien sur g satisfaisant les conditions (i)
et (ii) dans la Proposition 3.1.1.
Pour terminer cette section, nous donnons une autre caractérisation des solutions de l’équation
de Yang-Baxter classique (3.1) qui sera utiliser plus tard.
Nous observons que r ∈ ∧2 g est équivalent aux données d’un sous-espace vectoriel S ⊂ g et une
2-forme non dégénérée ωr ∈ ∧2 S ∗ .
−1 −1 −1
En effet, for r ∈ ∧2 g, on pose S = Imr# et ωr (u, v) = r(r# (u), r# (v)) où u, v ∈ S et r# (u)
est un antécédent de u par r# .
Inversement, soit (S, ω) un sous espace vectoriel de g muni d’une 2-forme non-dégénérée. la
2-forme ω définit un isomorphisme ω b : S −→ S ∗ par ω b (u) = ω(u, .), nous désignons par
# : S ∗ −→ S son inverse et on pose r# = # ◦ i∗ où i∗ : g∗ −→ S ∗ est l’application duale de
l’inclusion i : S ,→ g.
Compte tenu de cette observation, la proposition suivante donne une autre description des solu-
tions de l’équation de Yang-Baxter.
Proposition 3.1.2 Soit r ∈ ∧2 g et (S, ωr ) son sous-espace associé. Les assertions suivantes
sont équivalentes:
1. [r, r] = 0.
2. S est une sous algèbre de g et
δωr (u, v, w) := ωr (u, [v, w]) + ωr (v, [w, u]) + ωr (w, [u, v]) = 0,
pour tout u, v, w ∈ S.
Proof 3.1.2 La proposition découle des formules suivantes:
≺ γ, r# ([α, β]r ) − [r# (α), r# (β)] = −[r, r](α, β, γ), α, β, γ ∈ g∗
et, si S est une sous algèbre,
[r, r](α, β, γ) = −δωr (r# (α), r# (β), r# (γ).
2
Cette proposition montre qu’il y a une correspondance entre l’ensemble des solutions de l’équation
de Yang-Baxter classique et l’ensemble des sous-algèbres symplectiques de g. nous rappelons
qu’une algèbre symplectique est une algèbre de Lie S munie d’une 2-forme non-dégénérée ω telle
que δω = 0.
52 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

3.2 Caractérisation des algèbres de Lie de Riemann-Poisson


Dans cette section, nous combinons les propositions 3.1.1 et 3.1.2 pour établir une caractérisation
des algèbres de Lie de Riemann-Poisson qui sera utilisé plus tard pour construire telles algèbres
de Lie.Nous établissons d’abord un résultat intermédiaire.

Proposition 3.2.1 Soit (g, r, %) une algèbre de Lie muni d’un produit Euclidien % et r ∈ ∧2 g.
Désignons par I = ker r# , I ⊥ son orthogonale par-apport à %∗ et A le produit de Levi-Civita
associé à (g∗ , [ , ]r , %∗ ). Alors (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson si et seulement
si:

(c1 ) [r, r] = 0.

(c2 ) Pour tous α ∈ I, Aα = 0.

(c3 ) Pour tous α, β, γ ∈ I ⊥ , Aα β ∈ I ⊥ et

r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0.

Proof 3.2.1 En utilisant la formule g∗ = I ⊕ I ⊥ , on peut voir que les conditions (i) et (ii) dans
la Proposition 3.1.1 sont équivalentes à


[r, r] = 0,


r(Aα β, γ) = 0, α ∈ I, β ∈ I, γ ∈ I ⊥ ,



r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0, α ∈ I, β ∈ I ⊥ , γ ∈ I ⊥ (3.7)
r(Aα β, γ) = 0, α ∈ I ⊥ , β ∈ I, γ ∈ I ⊥ ,





r(A β, γ) + r(β, A γ) = 0, α ∈ I ⊥ , β ∈ I ⊥ , γ ∈ I ⊥ .

α α

Supposons que les conditions (c1 ) − (c2 ) sont vérifiées. Alors pour tout α ∈ I et β ∈ I ⊥ , Aβ α =
[β, α]r et donc r# (Aβ α) = [r# (β), r# (α)] = 0 Ainsi l’équation 3.7 est vérifiée.
Inversement, supposons que 3.7. Alors (c1 ) est évidemment vérifiée.
Pour tous α, β ∈ I, la deuxième équation dans 3.7 est équivalente à Aα β ∈ I et nous avons a
partir des équations 3.3 et 3.5[α, β]r = 0 et Aα β ∈ I ⊥ . Ainsi Aα β = 0.
Prenons maintenant α ∈ I et β ∈ I ⊥ . Pour tout γ ∈ I, %∗ (Aα β, γ) = −%∗ (β, Aα γ) = 0 et donc
Aα β ∈ I ⊥ . D’autre part
(3.4)
r# ([α, β]r ) = r# (Aα β) − r# (Aβ α) = [r# (α), r# (β)] = 0.

Alors, pour tout γ ∈ I ⊥ ,


(3.7)
< γ, r# (Aα β) >=< γ, r# (Aβ α) >= r(Aβ α, γ) = 0.

Cela montre que Aα β ∈ I et donc Aα β = 0. Finalement, (c2 ) est vrai. Maintenant, pour tout
α ∈ I ⊥ , la quatrième équation en 3.7 implique que Aα laisse invariant I et puisque elle est
skew-symétrique elle laisse invariant I ⊥ donc (c3 ) est vérifiée. Cela complète la preuve.

2
3.2. CARACTÉRISATION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 53

Proposition 3.2.2 Soit (g, %, r) une algèbre de Lie munie d’une solution de l’équation de Yang-
Baxter classique et d’un produit Euclidien bi-invariant, i.e.,
%(adu v, w) + %(v, adu w) = 0, u, v, w ∈ g.
Alors (g, %, r) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson si et seulement si Imr# est une sous-
algèbre abélienne.
Soit (g, [ , ]) une algèbre de Lie, r ∈ ∧2 g et % un produit Euclidien sur g. On désigne par
(S, ωr ) le sous-espace symplectique associé à r et par # : g∗ −→ g l’isomorphisme défini par %.
On note que le produit Euclidien sur g∗ est déterminée par %∗ (α, β) = %(#(α), #(β)). On a
g∗ = I ⊕ I ⊥ and g = S ⊕ S ⊥ ,
où I = ker r# . De plus, r# : I ⊥ −→ S est un isomorphisme, on note par τ : S −→ I ⊥ son
inverse. A partir de la relation
%(#(α), r# (β)) =≺ α, r# (β) = r(β, α),
nous déduisons que # : I −→ S ⊥ est un isomorphisme et donc # : I ⊥ −→ S est aussi un
isomorphisme.
On considère l’isomorphisme J : S −→ S reliant ωr avec %|S , i.e.,
ωr (u, v) = %(Ju, v), u, v ∈ S.
On voit facilement que J = −# ◦ τ .
Maintenant on est en mesure d’énoncer et de démontrer le résultat principal de ce chapitre.
Theorem 3.2.3 Avec les notations ci-dessus, (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson
si et seulement si les conditions suivantes sont remplies:
1. (S, %|S , ωr ) est une sous-algèbre de Lie kählerienne, i.e., pour tous s1 , s2 , s3 ∈ S,
ωr (∇s1 s2 , s3 ) + ωr (s2 , ∇s1 s3 ) = 0, (3.8)
où ∇ est le produit de Levi-Civita associé à (S, [ , ], %|S ).
2. pour tout s ∈ S et tous u, v ∈ S ⊥ ,
%(φS (s)(u), v) + %(u, φS (s)v) = 0. (3.9)
où φS :−→ End(S ⊥ ), u 7−→ prS ⊥ ◦ adu et prS ⊥ : g −→ S ⊥ est la projection orthogonal.
3. pour tout s1 , s2 ∈ S et tous u ∈ S ⊥ ,
ωr (φS ⊥ (u)s1 , s2 ) + ωr (s1 , φS ⊥ (u)s2 ) = 0. (3.10)
où φS ⊥ :−→ End(S), u 7−→ prS ◦ adu et prS : g −→ S est la projection orthogonal.
Proof 3.2.2 Supposons premièrement que (g, r, %) est une algèbre de Lie de Riemann-Poisson.
Selon les propositions 3.2.1 et 3.1.2, cela est équivalent à

(S, ωr )est une sous-algèbre symplectique

∀α ∈ I, Aα = 0, (3.11)
⊥ ⊥

∀α, β, γ ∈ I , Aα β ∈ I et r(Aα β, γ) + r(β, Aα γ) = 0,

où A est le produit de Levi-Civita de (g∗ , [, ]r , %∗ ).


For α, β ∈ I et γ ∈ I ⊥ ,
54 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

2%∗ (Aα β, γ) = %∗ ([α, β]r , γ) + %∗ ([γ, β]r , α) + r([γ, α]r , β)


= %∗ (ad∗r# (γ) β, α) + %∗ (ad∗r# (γ) α, β)
= − < β, [r# (γ), #(α)] > − < α, [r# (γ), #(β)] >
= −%(#(β), [r# (γ), #(α)]) − %(#(α), [r# (γ), #(β)]) (3.12)

Puisque # : I −→ S ⊥ et r# : I ⊥ −→ S sont isomorphes, nous déduisons de 3.12 que Aα β pour


tous α, β ∈ I est équivalente à 3.9.
Pour α ∈ I et β, γ ∈ I ⊥ ,

2%∗ (Aα β, γ) = %∗ ([α, β]r , γ) + %∗ ([γ, β]r , α) + %∗ ([γ, α]r , β)


= −%∗ (ad∗r# (β) α, γ) − %∗ (ad∗r# (β) γ, α) + %∗ (ad∗r# (γ) β, α) + %∗ (ad∗r# (γ) α, β)
= < α, [r# (β), #(γ)] > + < γ, [r# (β), #(α)] > − < β, [r# (γ), #(α)] > − < α, [r# (γ), #(β)] >
= %(#(γ), [r# (β), #(α)]) − %(#(β), [r# (γ), #(α)])+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [r# (γ), #(β)] >
= −%(J ◦ r# (γ), [r# (β), #(α)]) + %(J ◦ r# (β), [r# (γ), #(α)])+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [r# (γ
= −ωr (r# (γ), P rS ([r# (β), #(α)]) − ωr (P r([r# (γ), #(α)]), r# (β))+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [

2%∗ (Aα β, γ) = %∗ ([α, β]r , γ) + %∗ ([γ, β]r , α) + %∗ ([γ, α]r , β)


= −%∗ (ad∗r# (β) α, γ) − %∗ (ad∗r# (β) γ, α) + %∗ (ad∗r# (γ) β, α) + %∗ (ad∗r# (γ) α, β)
= < α, [r# (β), #(γ)] > + < γ, [r# (β), #(α)] > − < β, [r# (γ), #(α)] > − < α, [r# (γ), #(β)] >
= %(#(γ), [r# (β), #(α)]) − %(#(β), [r# (γ), #(α)])+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [r# (γ), #(β)] >
= −%(J ◦ r# (γ), [r# (β), #(α)]) + %(J ◦ r# (β), [r# (γ), #(α)])+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [r# (γ
= −ωr (r# (γ), P rS ([r# (β), #(α)]) − ωr (P r([r# (γ), #(α)]), r# (β))+ < α, [r# (β), #(γ)] > − < α, [

Maintenant, #(β), #(γ) ∈ S et r# (β), r# (γ) ∈ S et puisque S est une sous-algèbre nous
déduisons que [r# (β), #(γ)], [r# (γ), #(β)] ∈ S et donc

< α, [r# (β), #(γ)] >=< α, [r# (γ), #(β)] >= 0.

Nous avons encore # : I −→ S ⊥ et r# : I ⊥ −→ S sont des isomorphismes donc, d’après 3.13,


Aα β = 0 pour tous α ∈ Ietβ ∈ I ⊥ est équivalente à 3.10.
D’autre part, pour tous α, β, γ ∈ I ⊥ , puisque # = −J ◦ r# , la relation

2%∗ (Aα β, γ) = %∗ ([α, β]r , γ) + %∗ ([γ, β]r , α) + %∗ ([γ, α]r , β)

peut être écrit


2%(J ◦ r# (Aα β), J ◦ r# (γ)) = %(J ◦ r# ([α, β]r ), J ◦ r# (γ)) + %(J ◦ r# ([γ, β]r ), J ◦ r# (α)) + %(J ◦
r# ([γ, α]r ), J ◦ r# (β)).
Mais r# ([α, β]r ) = [r# (α), r# (β)] et donc
2 < r# (Aα β), r# (γ) >J =< [r# (α), r# (β)], r# (γ) >J + < [r# (γ), r# (β)], r# (α) >J + <
[r# (γ), r# (α)], r# (β) >J ,
où < u, v >J = %(Ju, Jv). Cela montre que r# (Aα β) = ∇r# (α) r# (be) où ∇ est le produit de
Levi-Civita de (S, [, ], <, >J ) et la troisième équation dans 3.11 est équivalente à

ωr (∇u v, w) + ωr (v, ∇u w) = 0. u, v, w ∈ S.
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 55

Cela est équivalent à ∇u Jv = J∇u v. Montrons que ∇ est actuellement le produit de Levi-Civita
associé à (S, [, ], %). En effet, pour tous u, v, w ∈ S, ∇u v − ∇v u = [u, v] et

%(∇u v, w) + %(∇u w, v) = < J −1 ∇u v, J −1 w >J + < J −1 ∇u w, J −1 v >J


= < ∇u J −1 v, J −1 w >J + < ∇u J −1 w, J −1 v >J
= 0.

Nous avons donc montré la partie directe de la théorème. L’inverse se déduit facilement des
relations que nous avons établies dans la preuve de la partie directe.

2
Example 1 1. Soit G un groupe de Lie compacte, g son algèbre de Lie associée et T un
tore de dimension paire de G.Choisissons une métrique riemannienne bi-invariante h , i
sur G, une 2-forme non-dégénérée ω ∈ ∧2 S ∗ où S est l’algèbre de Lie de T et on pose
% = h , i(e). Soit r ∈ ∧2 g la solution de l’équation de Yang-Baxter classique associée à
(S, ω). En utilisant le théorème 3.2.3, on voit facilement que (g, %, r) est une algèbre de Lie
de Riemann-Poisson et donc (G, h , i, π) est un groupe de Lie de Riemann-Poisson où π
est le tenseur de Poisson invariant à gauche associé à r. Selon le théorème ??, les orbites
de l’action à droite de T sur G définissent une foliation Riemannienne et kählerienne
 .
cos(θi ) sin(θi )
For instance, G = SO(2n), T = Diagonal(D1 , . . . , Dn ) où Di = et
− sin(θi ) cos(θi )
h , i = −K où K la forme de Killing.

3.3 Construction des algèbres de Lie de Riemann-Poisson


Dans cette section, nous donnons une méthode générale de construction des algèbres de Lie de
Riemann-Poisson et nous l’utilisons pour donner tous les algèbres de Lie de Riemann-Poisson
jusqu’à la dimension 5.
Selon le théorème 3.2.3, pour construire des algèbres de Lie de Riemann-Poisson il faut résoudre
le problème suivant.
Problem 2 Nous recherchons:
1. Une algèbre de Lie kählerienne (h, [, ]h , %h , ω),
2. un espace vectoriel Euclidien (p, %p ),
3. une application bilinéaire antisymétrique [, ]p : p × p −→ p,
4. une application bilinéaire antisymétrique µ : p × p −→ h,
5. deux applications linéaires φp : p −→ sp(h) et φ: p −→ so(p) où sp(h, ω) = {J : h −→
h, J ω + J = 0} et so(p) = {A : p −→ p, A∗ + A = 0}, J ω est l’adjoint de J par apport à ω
et A∗ est l’adjoint par rapport à %p .
tel que le crochet [, ] sur g = h ⊕ p définit, pour tout a, b ∈ p et u, v ∈ h, par

[u, v] = [u, v]h , [a, b] = µ(a, b) + [a, b]p , [a, u] = −[u, a] = φp (a)(u) − φh (u)(a) (3.13)
56 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

est un crochet de Lie.

Dans ce cas, (g, [, ]) muni de r ∈ ∧2 g associé à (h, ω) et le produit Euclidien % = %h + %p devient,


selon le théorème 3.2.3, une algèbre de Lie de Riemann-Poisson.

Proposition 3.3.1 Avec les données et les notations du Problème 1, le crochet définit par (18)
est un crochet de Lie si et seulement si, pour tout u, v ∈ h et a, b, c ∈ p,


 φp (a)([u, v]h ) = [u, φp (a)(v)]h + [φp (a)(u), v]h + φp (φh (v)(a))(u) − φp (φh (u)(a))(v),

φh (u)([a, b]p ) = [a, φh (u)(b)]p + [φh (u)(a), b]p + φh (φp (b)(u))(a) − φh (φp (a)(u))(b),




φ ([u, v] ) = [φ (u), φ (v)],
h h h h
(3.14)


 φ p ([a, b]p )(u) = [φ p (a), φp (b)](u) + [u, µ(a, b)]h − µ(a, φh (u)(b)) − µ(φ h (u)(a), b),
H H
 [a, [b, c]p ]p = φh (µ(b, c))(a),



 H H
φp (a)(µ(b, c)) = µ([b, c]p , a),

H
où est la permutation circulaire.

Proof 3.3.1 Les équations découlent de l’identité de Jacobi appliquée à (a, u, v), (a, b, v), et
(a, b, c).

2
Nous abordons maintenant la tâche de déterminer la liste de toutes les algèbres de Lie de Riemann
Poisson jusqu’à la dimension 5. Pour cela, nous devons résoudre le problème 1 dans les cas
suivants: (a) dim p = 1, (b) dim h = 2 et h est non abélienne, (c) dim h = dim p = 2 et h est
abélienne, (d) dim h = 2, dim p = 3 et h est abélienne.
Il est facile de trouver la solution du problème 1 si dim p = 1 puisque dans ce cas so(p = 0) et
les trois dernières équations dans (3.11) sont évidemment vérifiées.

Proposition 3.3.2 Si dim p = 1 alors les solutions du problème 1 sont l’algèbre de Lie kählerienne
(h, %, ω), φh = 0, [, ]p = 0, µ = 0, et φp (a) ∈ sp(h, ω) ∩ Der(h) où a est un générateur de p et
Der(h) l’algèbre des dérivations de h.

Résoudrons maintenant le Problème 1 si dim h = 2 et h est non abélienne.

Proposition 3.3.3 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
non abélienne de dimension 2. Alors il existe une base orthonormée B = (e1 , e2 ) de h, b0 ∈ p et
deux constants α 6= 0 et β 6= 0 tels que:

(i) [e1 , e2 ]h = αe1 , ω = βe∗1 ∧ e∗2 ,

(ii) (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne,


 
0 %p (a, b0 )
(iii) φh (e1 ) = 0, φh (e2 ) ∈ Der(p) ∩ so(p) et, pour tout M (φp (a), B) = ,
0 0

(iiii) pour tous a, b ∈ p, µ(a, b) = µ0 (a, b)e1 où µ0 est un 2-cocycle de (p, [, ]p ) vérifiant

µ0 (a, φh (e2 )b) + µ0 (φh (e2 )a, b) = −%p ([a, b]p , b0 ) − αµ0 (a, b). (3.15)
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 57

Proof 3.3.2 Notons premièrement que de la troisième relation dans (19) on trouve que φh (h)est
une sous algèbre résoluble de so(p) et donc nécessairement abélienne. Puisque h est de dimension
2 et non abélienne alors dim φh (h) = 1 et [h, h] ⊂ kerφh . Donc il existe une base orthonormée
(e1 , e2 ) de h telle que [e1 , e2 ] = αe1 , φh (e1 ) = 0 et ω = βe∗1 ∧ e∗2 . Si on identifie les endomor-
phismes de h avec leurs matrices dans la base (e1 , e2 ), on trouve que sp(h, ω) = sl(2, R) et il
existe a0 , b0 , c0 ∈ p telle que, pour tout a ∈ p,
 
%p (a0 , a) %p (b0 , a)
φp (a) =
%p (c0 , a) −%p (a0 , a)

La première équation dans (19) est équivalente à

α(%p (a0 , a)e1 +%p (c0 , a)e2 ) = −α%p (a0 , a)e1 +α%p (a0 , a)e1 +%p (a0 , φh (e2 )(a))e1 +%p (c0 , φh (a))e2 ,

pour tout a ∈ p. Puisque φh (e2 ) est antisymétrique, cela est équivalent à

φh (e2 )(a0 ) = −αa0 et φh (e2 )(c0 ) = −αc0

Ce qui implique que a0 = b0 = c0 . La deuxième équation dans (19) implique que φh (e2 ) est
une dérivation de [, ]p . Si on prend u = e1 dans la quatrième équation dans (19), on obtient
que [e1 , µ(a, b)] = 0, pour tout a, b ∈ p et donc µ(a, b) = µ0 (a, b)e1 , Si on prend u = e2 dans la
quatrième équation dans (19) nous obtenons (20). Les deux dernière équations sont équivalentes
à [, ]p est un crochet de Lie et µ0 est un 2-cocycle de (p, [, ]p ).

2
La proposition suivante donne des solutions du Problème 1 lorsque h est abélienne de dimension
2 et dim p = 2 .

Proposition 3.3.4 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2 et dim p = 2. Alors l’une des situations suivantes se produit:

1. φh = 0, (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne de dimension 2, il existe a0 ∈ p et


D ∈ sp(h, ω) tel que, pour tout a ∈ p, φp (a) = %p (a0 , a)D et il n’y a aucune restriction sur
µ. En outre, a0 ∈ [p, p]⊥ p si D 6= 0.

2. φh = 0, (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne non abélienne de dimension 2, φp


identifie p en une sous algèbre de dimension 2 de sp(h, ω) et il n’y a aucune restriction sur
µ.

3. (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne, abélienne et il existe une base orthonormée
∗ ∗
B
 = (e1 , e2 ) de  h et b0 ∈ p tel que ω = αe1 ∧e2 , φh (e2 ) 6= 0 et, pour tout a ∈ p, M (φp (a), B) =
0 %p (b0 , a)
et il n’y a aucune restriction sur µ.
0 0

Proof 3.3.3 On note premièrement que puisque dim p = 2 les deux dernières équations dans
(19) sont évidement vérifiées et (p, [, ]p ) est une algèbre de Lie. Nous discutons deux cas:

(i) φh = 0. Alors (19) est équivalente à φp est une représentation de p dans sp(h, ω) ' sl(2, R).
Puisque sl(2, R) ne contienne aucune sous algèbre abélienne de dimension 2, si p est algèbre
de Lie abélienne alors φp (p) ≤ 1 et la situation se produit. si p est non abélienne alors la
premier ou la deuxième situation se produit dépendant de dimension de φp (p).
58 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

(ii) φh 6= 0. Puisque dim so(p) = 1 il existe une base orthonormée B = (e1 , e2 ) de h tels
que φh (e1 ) = 0 etφh (e2 ) 6= 0. Nous avons  sp(h, ω) = sl(2, R) et donc, pour tout a ∈
%p (a0 , a) %p (b0 , a)
p, M (φp (a), B) = . choisissons une base orthonormée (a1 , a2 ) de
%p (c0 , a) −%p (a0 , a)
p. Alors il existe γ 6= 0 tels que φh (e2 )(a1 ) = λa2 et φh (e2 )(a2 ) = −λa1 .
La premier équation dans (19) est équivalente à

φp (φh (e2 ))(e1 ) = 0, a ∈ p.

Cela est équivalent à

φp (a1 ) = φp (a2 )(e1 ) = 0.


 
0 %p (b0 , a)
Alors a0 = c0 = 0 et donc φp (a) = . La deuxième équation dans (19) donne
0 0

φh (e2 )([a1 , a2 ]p ) = [a1 , φh (e2 )a2 ]p +[φh (e2 )a1 , a2 ]p +φh (φp (a2 )(e2 )(a2 )−φh (φp (a1 )(e2 )(a2 ),
et donc φh (e2 )([a1 , a2 ]p ) = 0. Ainsi [a1 , a2 ]p = 0. Les autres équations dans (19) sont
immédiats.

2
Pour aborder le dernier cas, nous avons besoin de la détermination des sous-algèbres de dimension
2 de sl(2, R).
Proposition 3.3.5 Les sous algèbre de dimension 2 de sl(2, R) sont
 !
 α β
g1 = ,


0 −α





 !
 α 0
g2 = , , α, β ∈ R


 β −α
!
 2β−α

 α x
gx = (α + 2β)x −α ,


où x ∈ R − {0}. En outre, gx = gy si et seulement si x = y.


Proof 3.3.4 Soit g une sous-algèbre de dimension 2 de sl(2, R). On considère la base B =
(h, e, f ) de sl(2, R) donnée par
     
0 1 0 0 1 0
e= ,f = et h =
0 0 1 0 0 −1
Alors
[h, e] = 2e, [h, f ] = −2f, [e, f ] = h.
Si h ∈ g alors adh laisse invariant g. Mais adh à trois valeurs propres (0, 2, −2) leurs vecteurs
propres associés sont (h, e, f ) et donc sa restriction sur g à comme des valeurs propres (0, 2) ou
(0, −2). Ainsi g = g1 ou g = g2 .
Supposons maintenant que h ∈ / g. En utilisant le fait que sl(2, R) est unimodulaire, i.e., pour
tout w ∈ sl(2, R), tr(adw = 0), on peut choisir une base (u, v) de g telle que (u, v, h) est une base
de sl(2, R) et
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 59

[u, v] = u, [h, u] = au + v et [h, v] = du − av − h.


Si (x1 , x2 , x3 ) et y1 , y2 , y3 sont les coordonnées de u et v dans B, les crochet ci-dessus donnent
 
−2(x1 y3 − x3 y1 ) − x1 = 0, dx1 = (a + 2)y1 ,
 ( 
y1 = (2 − a)x1 ,
2(x2 y3 − x3 y2 ) − x2 = 0, et dx2 = (a − 2)y2 ,
 y2 = −(a + 2)x2 , y3 = −ax3 
x1 y2 − x2 y1 − x3 = 0, dx3 = ay3 + 1.
 

On note premièrement que si x1 = 0 alors (x2 , x3 ) = (0, 0) ce qui est impossible nous devons
donc avoir x1 6= 0 et donc d = 4 − a2 . Si on remplace dans la troisième équation du deuxième
système et la dernière équation, nous trouvons x3 = 41 et y3 = − a4 . La troisième équation du
premier système donne x2 = − 16x 1
1
et donc y1 = (2 − a)x1 et y2 = (a+2)
16x1 . Ainsi

1 1
− a4 a+2
1 − x1 a+2
       
4 − 16x 16x1 −a x
g = span 1 , = span , ; x = 4x1 .
x1 −4 1
(2 + a)x1 − a4 x −1 (2 − a)x a

Mais
2
− x1 a+2
     
0 x 1 −a x
=a +
2x 0 x −1 (2 − a)x a
et donc
1 − x1 2
   
0 x
g = span , = gx .
x −1 2x 0
On peut vérifier facilement que gx = gy si et seulement si x = y. Ceci complète la preuve.

2
Les deux propositions suivantes donnent la solution du Problème 1 lorsque h est abélienne de
dimension 2 et dim p = 3.
Proposition 3.3.6 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2 et dim p = 3. Alors l’une des situations suivantes se produit:
(i) (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne de dimension 3, φp = 0 et µ est un 2-cocycle
pour la représentation triviale.
(ii) φp est un isomorphisme des algèbres de Lie entre (p, [, ]p ) et sl(2, R) et il existe un endo-
morphisme L : p −→ h telle que pour tout a, b ∈ p,

µ(a, b) = φp (a)(L(b)) − φp (b)(L(a)) − L([a, b]p ).

(iii) Il existe une base Bp = (a1 , a2 , a3 ) de p, α 6= 0, β 6= 0, γ, τ ∈ R, tel que [, ]p a l’une des


deux formes suivantes




 [a1 , a2 ]p = [a1 , a3 ]p = 0,
[a , a ] = 0, [a , a ] = βa , [a2 , a3 ]p = αa 2 , α 6= 0,


 1 2p
 1 3 p 1 

[a2 , a3 ]p = γa1 + αa2 , α 6= 0, β 6= 0 ou 1 τ 0
 
M (%p , Bp ) = I3 M (%p , Bp ) = τ 1 0 .
 
  



 0 0 1
60 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

Dans les deux cas, il existe une base orthonormée Bh = (e1 , e2 ) de h, x 6= 0, u 6= 0 et v ∈ R


telle que φp a l’une des formes suivantes
 !  !

M (φ (a ), B ) = 0 u  0 0
 p 2 h , 
M (φp (a4 ), Bh ) = ,
0 0 u 0

 


 

! !
− α2 v α
2 0
 M (φp (a3 ), Bh ) = α
,  M (φp (a3 ), Bh ) = ,
0 v − α2

 



 2 


φp (a1 ) = 0, φp (a1 ) = 0,
 

 !
 u − ux

 M (φp (a2 ), Bh ) = ,
ux −u



 !
ou v − 2v+α
2x
 M (φp (a3 ), Bh ) = 2v−α ,
x −v




 2
φp (a1 ) = 0,

En outre, µ est un 2-cocycle de (p, [, ]p , φp ).


(iiii) Il existe une base B = (a1 , a2 , a3 ) de p tel que φp (a1 ) = φp (a2 ) = 0, φp (a3 ) est un élément
non nul de sp(h, ω) et
( (
[a1 , a2 ]p = 0, [a1 , a3 ]p = βa1 + ρa2 , [a1 , a2 ]p = αa2 , [a1 , a3 ]p = ρa2 ,
ou
[a2 , a3 ]p = γa1 + αa2 , [a2 , a3 ]p = γa2 , α 6= 0.

En outre, µ est un 2-cocycle de (p, [, ]p , φp ).

Proof 3.3.5 Dans ce cas, (19) est équivalente to (p, [, ]p ) est une algèbre de Lie et φp est une
représentation et µ est un 2-cocycle de (p, [, ]p , φp ).
Nous distinguons quatre cas:
1. φp = 0 et le cas (i) se produit.
2. dim φp (p) = 3 et donc p est isomorphe à sp(h, ω) ' sl(2, R) et donc µ est un coboundery.
Ainsi (ii) se produit.
3. dim φp (p) = 2 alors kerφp est un idéale de dimension 1 de p. Mais φp (p) est une sous-
algèbre de dimension 2 de sp(h, ω) ' sl(2, R), par conséquent elle n’est pas abélienne donc
p/kerp est non abélienne. Si kerp ⊂ [p, p]p alors dim[p, p]p = 2 il existe donc une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p tel que a1 ∈ kerp et

[a2 , a3 ]p = αa2 , [a3 , a1 ]p = 0, [a1 , a2 ]p = 0, α 6= 0.

La matrice de %p est donnée par


 
1 τ 0
τ 1 0
0 0 1

Nous choisissons une base orthonormée (e1 , e2 ) de h et on identifie sp(h, ω) à sl(2, R).
Maintenant φp (p) = {φp (a2 ), φp (a3 )} est une sous-algèbre de sl(2, R) et, selon la proposi-
tion 3.3.4, φp (p) = g1 , g2 ou gx . Mais
3.3. CONSTRUCTION DES ALGÈBRES DE LIE DE RIEMANN-POISSON 61

− ux
 
u
[g1 , g1 ] = Re, [g2 , g2 ] = Rf et [gx , gx ] = .
ux −u

Donc pour que φp soit une représentation nous devons avoir


   α 
0 u −2 v
φp (a2 ) = , φp (a3 ) = α et φp (a1 ) = 0,
0 0 0 2 
  α
0 0 0
φp (a2 ) = , φp (a3 ) = 2 et φp (a1 ) = 0
u 0 v − α2

or

u − ux − 2p+α
   
p 2x
φp (a2 ) = , φp (a3 ) = 2p−α et φp (a1 ) = 0.
ux −u 2 x −p

4. dim φp (p) = 1 alors kerφp est un idéale de dimension 2 de p, Donc il existe une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p tels que

[a1 , a2 ]p = αa2 , [a3 , a1 ]p = pa1 + qa2 et [a3 , a2 ]p = ra1 + sa2 .

L’identité de Jacobi donne α = 0 or (p, r) = (0, 0). Prenons φp (a1 ) = φp (a2 ) = 0 et


φp (a3 ) ∈ sl(2, R).

2
Proposition 3.3.7 Soit ((h, ω, %h ), (p, [, ]p , %p ), µ, φh , φp ) une solution du Problème 1 où h est
abélienne de dimension 2, dim p = 3 et φh 6= 0. Alors il existe une base orthonormée (e1 , e2 ) de
h, une base orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p, λ > 0, α, p, q, µ1 , µ2 , µ3 ∈ R tels que
φh (e1 ) = 0, φh (e2 )(a1 ) = λa1 et φh (e2 )(a1 ) = 0,
 
0 µi
[a1 , a2 ]p = αa3 , [a1 , a3 ]p = pa1 + qa2 , [a2 , a3 ]p = −qa1 + pa2 , etφp (ai ) = , i = 1, 2, 3
0 0
et l’une des situations suivantes se produit:
1. p 6= 0, α = 0 et

µ(a1 , a2 ) = 0, µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

2. p = 0, µ3 6= 0, α = 0 et

µ(a1 , a2 ) = ce1 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

3. p = 0, µ3 = 0 et

µ(a1 , a2 ) = c1 e1 + c2 e2 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 etµ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

Proof 3.3.6 Puisque φh 6= 0 alors φh (h) est une sous-algèbre abélienne non triviale de so(p) et
donc doit être de dimension 1. Il existe donc une base orthonormée (e1 , e2 ) de h et une base
orthonormée (a1 , a2 , a3 ) de p et λ > 0 tel que φh (e1 ) = 0 et
φh (e2 )(a1 ) = λa2 , φh (e2 )(a2 ) = −λa1 et φh (e2 )(a3 ) = 0.
62 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

La premier équation dans (19) est équivalente à


φp (φh (e2 )(a))(e1 ) = 0, a ∈ p.
Ceci est équivalent à
φp (a1 )(e1 ) = φp (a2 )(e1 ) = 0.
   
0 µi u v
Ainsi φp (ai ) = , i = 1, 2 et φp (a3 ) = . Considérons maintenant la deuxième
0 0 w −u
équation dans (19)
φh (u)([a, b]p ) = [a, φh (u)(b)]p + [φh (u)(a), b]p + φh (φp (b)(u))(a) + φh (φp (a)(u))(b).
Cette équation est évidemment vrais lorsque u = e1 et (a, b) = (a1 , a2 ). Pour u = e1 et (a, b) =
(a1 , a3 ), on trouve
φh (φp (a3 )(e1 ))(a1 ) = 0.
et donc w = 0.
For u = e2 et (a, b) = (a1 , a2 ), on obtient φh (e2 )([a1 , a2 ]p ) = 0 et donc [a1 , a2 ]p = αa3 .
For u = e2 et (a, b) = (a1 , a3 ) or (a, b) = (a2 , a3 ), on obtient

φh (e2 )([a1 , a3 ]p ) = λ[a2 , a3 ]p − λua2 et φh (e2 )([a2 , a3 ]p ) = −λ[a1 , a3 ]p + λua1 .

Ceci implique que [a1 , a3 ]p , [a2 , a3 ]p ∈ span{a1 , a2 } et donc


[a1 , a3 ]p = pa1 + qa2 et [a2 , a3 ]p = ra1 + sa2 .
Donc
(
λ(pa2 − qa1 ) = λ(ra1 + sa2 − ua2 ),
λ(ra2 − sa1 ) = −λ(pa1 + qa2 − ua1 ).

Ceci est équivalent à


u = 0, p = s et r = −q.
Pour résumer, nous obtenons
 
0 µi
[a1 , a2 ]p = αa3 , [a1 , a3 ]p = pa1 + qa2 , [a2 , a3 ]p = −qa1 + pa2 et φp (ai ) = ,
0 0

Considérons maintenant la quatrième équation dans (19)


φp ([a, b]p )(u) = [φp (a), φp (b)](u) + [u, µ(a, b)]h − µ(a, φh (u)(b)) − µ(φh (u)(a), b).
Cette équation est évidemment vrais pour u = e1 .
Pour u = e2 et (a, b) = (a1 , a2 ), (a, b) = (a2 , a3 ) nous obtenons

αµ3 = 0,

(pµ1 + qµ2 )e1 = −λµ(a2 , a3 ),

(−qµ1 + pµ2 )e1 = λµ(a1 , a3 ).

Les deux dernière équations sont équivalentes à


φp (a3 )(µ(a1 , a2 )) = −2pµ(a1 , a2 ) et p[a1 , a2 ]p = 0.
3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 63

ˆ p 6= 0 alors

α = 0, µ(a1 , a2 ) = 0, µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

ˆ p = 0 et µ3 6= 0 alors α = 0 et

µ(a1 , a2 ) = ce1 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

ˆ p = 0 et µ3 = 0 alors

µ(a1 , a2 ) = c1 e1 + c2 e2 , µ(a2 , a3 ) = −λ−1 (pµ1 + qµ2 )e1 et µ(a1 , a3 ) = λ−1 (−qµ1 + pµ2 )e1 .

3.4 Résultat Principal


En utilisant les Proposition 3.3.7-3.3.2, on peut donner tous les algèbres de Lie de Riemann-
Poisson des dimensions 3,4,5.
Soit (g, [, ], %, r) une algèbre de Lie de Riemann-Poisson de dimension inférieur ou égale à 5.
Selon ce qui est au dessus alors g = h ⊕ p et le crochet de Lie sur g est donné par 3.13 et
(h, ω, %h ), (p, [, ]p , vap ), sont des solutions pour le Problème 1.

ˆ dim g = 3. Dans ce cas dim h = 2 et dim p = 1 et, en appliquant Proposition 3.3.2, Le


crochet de Lie sur g, % et r sont données dans le Table 1, où e12 = e1 ∧ e2 .

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e1 , e2 ] = ae1 , [e3 , e2 ] = be1 αe12 I3 a 6= 0, α 6= 0
[e3 , e1 ] = −be1 + ce2 , [e3 , e2 ] = de1 + be2 αe12 I3 α 6= 0

Tableau 1: Les algèbres de Lie de Riemann-Poisson de dimension 3.

ˆ dim g = 4. Nous avons trois cas:

(c41) dim g = 2, dim p = 2 et h est non abélienne et nous pouvons appliquer la Proposition
4.3 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Ils sont décrits aux lignes 1 et 2 du
tableau 2.
(c42) dim h = 2, dim p = 2 et h est abélienne et nous pouvons appliquer la Proposition 4.4
et 4.5 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Ils sont décrits aux lignes 3 et 8
du tableau 2.
(c43) dim h = 4. Dans ce cas p est une algèbre de Lie Kählerienne. Nous avons utilisé [9]
pour avoir toutes les algèbres de Lie Kählerienne de dimension 4 avec leurs dérivations
symplectique. Les résultats sont données dans le Tableau 3. La notion Ders (h)
est l’espace vectoriel des dérivations qui sont antisymétrique par rapport a la forme
symplectique. L’espace vectoriel Ders (h) est décrit par une famille des générateurs et
Eij est la matrice avec 1 dans la linge i et la colonne j et 0 ailleurs.
64 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

Crochets de Lie non Bivecteur r Matrice de % Conditions


nulles
[e1 , e2 ] = αe12 I4 a 6= 0, α 6= 0
ae1 , [e3 , e2 ] =
be1 + e4 , [e4 , e2 ] =
de1 − ce3
[e1 , e2 ] = αe12 I4 αac 6= 0,
ae1 , [e3 , e2 ] =
be1 , [e4 , e2 ] =
de1 , [e3 , e4 ] =
ce3 − a−1 cbe1
[e3 , e4 ] = ae1 + be2 αe12 I4 α 6= 0,
[e3 , e4 ] = ae1 +be2 + αe12 I4 αac 6= 0,
ce3 , [e4 , e1 ] = xe1 +
ye2 , [e4 , e2 ] = ze1 −
xe2   
12 µ ν
[e3 , e4 ] = ae1 + αe Diag 1, 1, α 6= 0, µ, ρ > 0, µρ > ν 2
ν ρ
be2 + 2e4 , [e3 , e1 ] =
e1 , [e3 , e2 ] =
−e2 , [e4 , e1 ] = e1   
µ ν
[e3 , e4 ] = ae1 + αe12 Diag 1, 1, α 6= 0, µ, ρ > 0, µρ > ν 2
ν ρ
be2 − 2e4 , [e3 , e1 ] =
e1 , [e3 , e2 ] =
−e2 , [e4 , e1 ] = e2   
12 µ ν
[e3 , e4 ] = ae1 + αe Diag 1, 1, α 6= 0, µ, ρ > 0, µρ > ν 2 , x 6= 0
ν ρ
be2 − 2e3 , [e3 , e1 ] =
e1 + xe2 , [e3 , e2 ] =
− x1 e1 −e2 , [e4 , e1 ] =
xe2 , [e4 , e2 ] = x1 e1
[e3 , e4 ] = ae1 + αe12 I4 αy 6= 0
be2 , [e3 , e2 ] = xe1 +
ye4 , [e4 , e2 ] = ze1 −
ye3

Tableau 2: Les algèbres de Lie de Riemann-Poisson de dimension 4 et de rang 2.


3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 65

Crochets de Lie non Bivecteur r Matrice de % Conditions DerS (h)


nulles
[e1 , e2 ] = e2 , αe12 + βe34 Diag(a, b, c, d) a, b, c, d > 0, αβ 6= 0 {E21 , E33 − E44 , E43 , E34 }
[e1 , e2 ] = αe14 + βe23 Diag(a, b, b, c) a, b, c > 0, αβ 6= 0, {E23 − E32 , E41 }
−e3 , [e1 , e3 ] = e2 ,
[e1 , e2 ] = αe12 + βe34 Diag(a, b, c, d) a, b, c, d > 0, αβ 6= 0, {E21 , E43 }
e2 , [e3 , e4 ] = e4 ,
[e4 , e1 ] = αe14 + βe23 Diag(a, b, b, c) a, b, c > 0, δ > 0, αβ 6= 0, {E14 , E23 − E32 }
e1 , [e4 , e2 ] =
−δe3 , [e4 , e3 ] = δe2 ,
[e1 , e2 ] = α(e12 − e34 ) Diag(a, µb, µa, b) µ, a, b > 0, α 6= 0, {E34 , E22 − E11 , E12 + E21 }
e3 , [e4 , e3 ] =
e3 , [e4 , e1 ] =
1 1
e
2 1 , [e ,
4 2e ] = 2 2e
[e1 , e2 ] = α(e23 + e14 ) Diag(a, a, 2a, 2a) α 6= 0, a > 0 {2E14 − E32 }
e3 , [e4 , e3 ] =
e3 , [e4 , e1 ] =
2e1 , [e4 , e2 ] = −e2 ,
[e1 , e2 ] = α(e12 − e34 ) Diag(a, a, a, a) α 6= 0, a > 0 {E34 , E12 − E21 }
e3 , [e4 , e3 ] =
e3 , [e4 , e1 ] = 12 e1 −
e2 , [e4 , e2 ] = −e2

Tableau 3: Les algèbres de Lie kähleriennes de dimension 4 et leurs dérivations.


symplectiques.

ˆ dim h = 5. Nous avons:

(c51) dim h = 4 et h est abélienne et donc un espace vectoriel symplectique. Nous pouvons
appliquer la Proposition 3.3.2 et g est un produit semi-direct.

(c52) dim h = 4 et h est non abélienne. Nous pouvons appliquer la Proposition 3.3.2. et
Tableau 3 pour obtenir les crochets de Lie sur g, % et r. Le résultat est dans le Tableau
4.

(c53) dim h = 2 et h est non abélienne. Nous pouvons appliquer la Proposition 3.3.3. Dans
ce cas (p, [, ]p , %p ) est une algèbre de Lie Euclidienne de dimension 3 on peut compiler
Der(p) ∩ so(p) et résoudre 3.15.
Les algèbres de Lie Euclidiennes de dimension 3 sont classifiées dans [12]. Le résultat
est résumé en Tableau 5 si p est unimodulaire et en Tableau 6 lorsque p est non
unimodulaire.

(c54) dim h = 2 et h est abélienne et φh = 0. On applique la Proposition 3.3.6 et nous


effectuons tous les calculs nécessaires. Nous utilisons la classification des algèbres de
Lie Euclidiennes de dimension 3 donnée dans [12]. Les résultats sont données dans les
tableaux 7-8.

(c55) dim h = 2 et h est abélienne et φh 6= 0. Nous appliquons la Proposition 3.3.7 et nous


effectuons tous les calculs nécessaires. Les résultats sont données dans le tableaux 9.
66 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e1 , e2 ] = e2 , [e5 , e1 ] = xe2 , [e5 , e3 ] = αe12 + βe34 Diag(a, b, c, d, e) a, b, c, d, e > 0, αβ 6= 0
ye3 + te4 , [e5 , e4 ] = ze3 − ye4
[e1 , e2 ] = −e3 , [e1 , e3 ] = e2 , [e5 , e1 ] = αe14 + βe23 Diag(a, b, b, c, d) a, b, c, d > 0, αβ 6= 0,
ye4 , [e5 , e2 ] = −xe3 , [e5 , e3 ] = xe2 ,
[e1 , e2 ] = e2 , [e3 , e4 ] = e4 , [e5 , e1 ] = αe12 + βe34 Diag(a, b, c, d, e) a, b, c, d, e > 0, αβ 6= 0,
xe2 , [e5 , e3 ] = ye4 ,
[e4 , e1 ] = e1 , [e4 , e2 ] = −δe3 , [e4 , e3 ] = αe14 + βe23 Diag(a, b, b, c, d) a, b, c, d > 0, δ > 0, αβ 6= 0,
δe2 , [e5 , e2 ] = −ye3 , [e5 , e3 ] =
ye2 , [e5 , e4 ] = xe1 ,
[e1 , e2 ] = e3 , [e4 , e3 ] = e3 , [e4 , e1 ] = α(e12 − e34 ) Diag(a, µb, µa, b, c) µ, a, b, c > 0, α 6= 0,
1 1
2 e1 , [e4 , e2 ] = 2 e2 , [e5 , e1 ] = xe1 +
ye2 , [e5 , e2 ] = ye1 − xe2 , [e5 , e4 ] = ze3
[e1 , e2 ] = e3 , [e4 , e3 ] = e3 , [e4 , e1 ] = α(e23 + e14 ) Diag(a, a, 2a, 2a, b) α 6= 0, a, b > 0
2e1 , [e4 , e2 ] = −e2 , [e5 , e2 ] =
xe3 , [e5 , e4 ] = −2xe1 ,
[e1 , e2 ] = e3 , [e4 , e3 ] = e3 , [e4 , e1 ] = α(e12 − e34 ) Diag(a, a, a, a, b) α 6= 0, a, b > 0
1
2 e1 − e2 , [e4 , e2 ] = −e2 , [e5 , e1 ] =
−xe2 , [e5 , e2 ] = xe1 , [e5 , e4 ] = ye3 ,

Tableau 4: Les algèbres de Lie de Riemann-Poisson de dimension 5 et de rang 4


3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 67

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, µ, µ, 1) cα 6= 0, µρ > 0
bµe1 − ce4 , [e4 , e2 ] =
dµe1 + ce3 , [e5 , e2 ] =
f e1 , [e3 , e4 ] = −f e1 + e5
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, 1, 1, µ) α 6= 0, µ, ρ > 0
be1 , [e4 , e2 ] =
ce1 , [e5 , e2 ] =
dµe1 , [e3 , e5 ] = be1 −
e3 , [e4 , e5 ] = −ce1 + e4    
12 1 1
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe Diag 1, ρ, ,µ α 6= 0, µ, ρ > 0
1 x
(b + c)e1 , [e4 , e2 ] =
(cx + b)e1 , [e5 , e2 ] =
dµe1 , [e3 , e5 ] =
(b + c)e1 − e3 , [e4 , e5 ] =
−(xc + b)e1 + e4
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, 1, µ, ν) α 6= 0, µ, ρ, ν > 0
be1 , [e4 , e2 ] =
cµe1 , [e5 , e2 ] =
dνe1 , [e3 , e5 ] = −µce1 +
e4 , [e4 , e5 ] = be1 − e3
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ξ, µ, ν, ρ) α 6= 0, µ, ν, ρ, ξ > 0, µ 6=
bµe1 , [e4 , e2 ] = ν, µ 6= ρ, ν 6= ρ
cνe1 , [e5 , e2 ] =
dρe1 , [e3 , e4 ] =
−2ρde1 + 2e5 , [e3 , e5 ] =
2νce1 − 2e4 , [e4 , e5 ] =
2µbe1 − 2e3
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, µ, ν, ν) λα 6= 0, µ, ν, ρ > 0
bµe1 , [e4 , e2 ] =
cνe1 − λe5 , [e5 , e2 ] =
dνe1 + λe4 , [e3 , e4 ] =
− 2ν(λc+d)
1+λ2 e1 +
2e5 , [e3 , e5 ] = 2ν(c−λd)
1+λ2 e1 −
2e4 , [e4 , e5 ] = 2µbe1 − 2e3
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ξ, µ, ν, ρ) α 6= 0, µ, ν, ρ, ξ > 0, µ 6=
bµe1 , [e4 , e2 ] = ν, µ 6= ρ, ν 6= ρ
cνe1 , [e5 , e2 ] =
dρe1 , [e3 , e4 ] =
−ρde1 + e5 , [e3 , e5 ] =
νce1 − e4 , [e4 , e5 ] =
−µbe1 + e3
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, µ, ν, ν) λα 6= 0, µ, ν, ρ > 0
bµe1 , [e4 , e2 ] =
cνe1 − λe5 , [e5 , e2 ] =
dνe1 + λe4 , [e3 , e4 ] =
− ν(λc+d)
1+λ2 e1 + e5 , [e3 , e5 ] =
ν(c−λd)
1+λ2 e1 − e4 , [e4 , e5 ] =
−µbe1 + e3
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = αe12 , x = Diag(1, ρ, µ, µ, µ) α 6= 0, µ, ρ > 0
bµe1 − ue4 − νe5 , [e4 , e2 ] = µ(buw−cuν+du2 +bν+cw+d)
− 1+u2 +ν 2 +w2 ,y =
cµe1 + ue3 − we5 , [e5 , e2 ] = µ(−bνw+cν 2 −duw+bu−dw+c)
1+u2 +ν 2 +w2 ,z =
dµe1 +νe3 +we4 , [e3 , e4 ] =
µ(bw2 −cνw+duw−cu+dν+b)
xe1 + e5 , [e3 , e5 ] = ye1 − − 1+u2 +ν 2 +w2
e4 , [e4 , e5 ] = ze1 + e3
68 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

Tableau 5: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with non abelian kähler
subalgebra and unimodular complement

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = (f +cλ+f λ2 )e1 − αe12 Diag(1, ρ, 1, 1, µ) λα 6=
λe4 , [e4 , e2 ] = ce1 + λe3 , [e5 , e2 ] = 0, µ, ρ > 0
dµe1 , [e3 , e5 ] = f e1 −e3 , [e4 , e5 ] = (λf +
c)e1 − e4
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = be1 , [e4 , e2 ] = αe12 Diag(1, ρ, 1, µ, ν) α 6= 0, f =
cµe1 , [e5 , e2 ] = dνe1 , [e3 , e5 ] = µce1 − 1 or f 6
e4 , [e4 , e5 ] = (−f b + 2µc)e1 + f e3 − 2e4 0, 0 < µ <
    |f |µ, ρ > 0
1 µ
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = (b + αe12 Diag 1, ρ, ,ν α 6=
µ 1
cµ)e1 , [e4 , e2 ] = (c + bµ)e1 , [e5 , e2 ] = 0, µ, ν, ρ > 0
dνe1 , [e3 , e5 ] = (bµ + c)e1 − e4 , [e4 , e5 ] =
((2 − µ)c + (2µ − 1)b)e1 + e3 − 2e4    
12 1 1
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = (b + αe Diag 1, ρ, ,ν 6 0, c >
α =
1 µ
c)e1 , [e4 , e2 ] = (b + cµ)e1 , [e5 , e2 ] = µ > 1, ν, ρ >
dνe1 , [e3 , e5 ] = (cµ + b)e1 − e4 , [e4 , e5 ] = 0
((2 − f )b + (2µ − f )c)e1 + f e3 − 2e4
1
   
1
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = (b + αe12 Diag 1, ρ, 1 2 ,ν α 6= 0, ν, ρ >
1 1 2 1
2 c)e 1 , [e ,
4 2e ] = (c + 2 b)e 1 , [e 5 2] =
, e 0
dνe1 , [e3 , e5 ] = ( 21 b + c)e1 − e4 , [e4 , e5 ] =
(2c + b)e1 − 2e4
[e1 , e2 ] = e1 , [e3 , e2 ] = xe1 , [e4 , e2 ] = αe12 A t
 BA, A = α 6= 0, 0 <
1+s 1
− 2s

ye1 , [e5 , e2 ] = dνe1 , [e3 , e5 ] = −2f s 0 f < 1, 0 6
ze1 − e4 , [e4 , e5 ] = te1 + f e3 − 2e4 , x =  1−s 1
0, B = µ < 1,
2f s 2s
((1+µ)b+(µ−1c))f −2b
2f 2 (f −1) ,y = z = 0  0 1  
(µ−1)(cf +b) (1−µ)cf +((f −2)µ+f )b 1 µ
2f (f −1) , t = 2f (1−f ) Diag 1, ρ, ,ν ,s =
µ 1

1−f

Tableau 6: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with non abelian kähler
subalgebra and non unimodular complement
3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 69

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e3 , e4 ] = ae1 + be2 + αe12 Diag(1, 1, µ, µ, 1) α 6= 0, µ > 0
e5 , [e3 , e5 ] = ce1 +
de2 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2    
12 1 1
[e3 , e4 ] = ae1 + be2 + αe Diag(1, 1, 1, 1, µ),Diag 1, 1, ,µ α 6= 0, µ > 0
1 x
e5 , [e3 , e5 ] = ce1 + de2 −
e3 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 + e4
[e3 , e4 ] = ae1 + αe12 Diag(1, 1, 1, µ, ν) α 6= 0, µ, ν > 0
be2 , [e3 , e5 ] = ce1 + de2 +
e4 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 − e3
[e3 , e4 ] = ae1 + be2 + αe12 Diag(1, 1, µ, ν, ρ) α 6= 0, µ, ρ, ν > 0
2e5 , [e3 , e5 ] = ce1 + de2 −
2e4 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 −
2e3
[e3 , e4 ] = ae1 + be2 + αe12 Diag(1, 1, µ, ν, ρ) α 6= 0, µ, ρ, ν > 0
e5 , [e3 , e5 ] = ce1 + de2 −
e4 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 + e3
[e3 , e5 ] = ce1 + de2 − αe12 Diag(1, 1, 1, 1, µ) α 6= 0, µ > 0
e3 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 − e4
[e3 , e5 ] = ce1 + de2 − αe12 There are many cases See [12] α 6= 0,
e4 , [e4 , e5 ] = f e1 + ge2 +
xe3 − 2e4

Tableau 7: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with abelian kähler


subalgebra
70 CHAPTER 3. GROUPES DE LIE DE RIEMANN-POISSON

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e3 , e1 ] = −e2 , [e3 , e2 ] = e1 , [e4 , e1 ] = αe12 Diag(1, 1, µ, ν, ρ) α 6= 0, µ, ν, ρ > 0
e2 , [e4 , e2 ] = e1 , [e5 , e1 ] = e1 , [e5 , e2 ] =
−e2 , [e3 , e4 ] = 2e5 +(l22 −l21 −2l13 )e1 −
(l12 + l11 + 2l23 )e2 , [e3 , e5 ] = −2e4 +
(l23 − l11 − 2l12 )e1 − (l13 − l21 −
2l22 )e2 , [e4 , e5 ] = −2e3 + (l23 − l12 +
2l11 )e1 + (l13 + l22 + 2l21 )e2
[e4 , e1 ] = ue1 , [e5 , e1 ] = − a2 e1 , [e5 , e2 ] = αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1), α 6= 0, a 6= 0, b 6=
νe1 + a2 e2 , [e3 , e4 ] = xe1 + ye2 , [e3 , e5 ] = 0, (3a + 2b)y =
be3 + ze1 + te2 , [e4 , e5 ] = ce3 + ae4 + 0, (a + 2b)x − 2tu +
re1 + se2     2yν = 0
1 µ
[e4 , e2 ] = ue1 , [e5 , e1 ] = − a2 e1 , [e5 , e2 ] = αe12
Diag 1, 1, ,1 α 6= 0, a 6= 0, ax −
µ 1
ve1 + a2 e2 , [e3 , e4 ] = xe1 , [e3 , e5 ] = ze1 + 2tu = 0
te2 , [e4 , e5 ] = ae4 + re1 + se2 ,
[e4 , e1 ] = ue1 , [e5 , e1 ] = a2 e1 + αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a, b 6=
ve2 , [e5 , e2 ] = − a2 e2 , [e3 , e4 ] = xe1 + 0, (3a + 2b)x =
ye2 , [e3 , e5 ] = be3 + ze1 + te2 , [e4 , e5 ] = 0, (a + 2b)y − 2zu +
ce3 + ae4 + re1 + se2 ,     2xv = 0
1 µ
[e4 , e1 ] = ue1 , [e5 , e1 ] = a2 e1 + αe12 Diag 1, 1, ,1 α 6= 0, a 6= 0, ay −
µ 1
ve2 , [e5 , e2 ] = − a2 e2 , [e3 , e4 ] = 2zu = 0
ye2 , [e3 , e5 ] = ze1 + te2 , [e4 , e5 ] =
ae4 + re1 + se2 ,
[e4 , e1 ] = ue1 + upe2 , [e4 , e2 ] = − up − αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a, b 6= 0,
(2v−a)p
ue2 , [e5 , e1 ] = ve1 + 2 e2 , [e5 , e2 ]
=
(2v+a)
− 2p e1 − ve2 , [e3 , e4 ] = xe1 +
ye2 , [e3 , e5 ] = be3 + ze1 + te2 , [e4 , e5 ] =
ce3 + ae4 + re1 + se2 , ((2a + 2b + 2v)x −
2zu)p − ay + 2tu − 2yv = 0, (2xv − ax −
2zu)p + (2a + 2b − 2v)y + 2tu = 0,    
1 µ
[e4 , e1 ] = ue1 + upe2 , [e4 , e2 ] = − up − αe12
Diag 1, 1, ,1 α 6= 0, a, b 6= 0,
µ 1
(2v−a)p
ue2 , [e5 , e1 ] = ve1 + 2 e2 , [e5 , e2 ]
=
− (2v+a)
2p e 1 − ve2 , [e ,
3 4e ] = xe 1 +
ye2 , [e3 , e5 ] = ze1 + te2 , [e4 , e5 ] = ae4 +
re1 +se2 , ((2a+2v)x−2zu)p−ay+2tu−
2yv = 0, (2xv−ax−2zu)p+(2a−2v)y+
2tu = 0,
[e5 , e1 ] = ue1 + ve2 , [e5 , e2 ] = we1 − αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, (a+d+u)x+
ue2 , [e3 , e4 ] = xe1 + ye2 , [e3 , e5 ] = ze1 + yw = 0, xv+(a+d−
te2 + ae3 + be4 , [e4 , e5 ] = re1 + se2 + u)y = 0,
ce3 + de4 , ((2a + 2v)x − 2zu)p − ay +
2tu − 2yv = 0, (2xv − ax − 2zu)p + (2a −
2v)y + 2tu = 0,
[e5 , e1 ] = ue1 + ve2 , [e5 , e2 ] = we1 − αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a 6= 0, (c +
ue2 , [e3 , e4 ] = xe1 + ye2 + ae4 , [e3 , e5 ] = u)x − ar + yw =
ze1 + te2 be4 , [e4 , e5 ] = re1 + se2 + 0, (c − u)y − as +
de4 , ((2a + 2v)x − 2zu)p − ay + 2tu − xv = 0,
2yv = 0, (2xv−ax−2zu)p+(2a−2v)y+
2tu = 0,
3.4. RÉSULTAT PRINCIPAL 71

Tableau 8: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with abelian kähler


subalgebra(Contuned)

Crochets de Lie non nulles Bivecteur r Matrice de % Conditions


[e3 , e2 ] = xe1 − ae4 , [e4 , e2 ] = ye1 + ae3 , [e5 , e2 ] = αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a 6= 0
ze1 , [e3 , e5 ] = pe3 + qe4 + a−1 (−qx + py)e1 , [e4 , e5 ] =
−qe3 + pe4 − a−1 (px + qy)e1
[e3 , e2 ] = xe1 − ae4 , [e4 , e2 ] = ye1 + ae3 , [e5 , e2 ] = αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a 6=
ze1 , [e3 , e4 ] = be1 , [e3 , e5 ] = qe4 − a−1 − 0, z 6= 0
qxe1 , [e4 , e5 ] = −qe3 − a−1 qye1
[e3 , e2 ] = xe1 − ae4 , [e4 , e2 ] = ye1 + ae3 , [e3 , e4 ] = αe12 Diag(1, 1, 1, 1, 1) α 6= 0, a 6= 0
be1 +ce2 , [e3 , e5 ] = qe4 −a−1 −qxe1 , [e4 , e5 ] = −qe3 −
a−1 qye1
Tableau 9: Five-dimensional Riemann-Poisson Lie algebras of rank 2 with abelian kähler
subalgebra(Contuned)
Ce théorème inconnu à notre connaissance peut être utilise pour construire des exemples
d’algèbres de Lie de Riemann-Poisson.
Theorem 3.4.1 Soit (G, <, >) un groupe de Lie Riemannien dimensionnel plat. Alors il existe
une 2-forme différentielle invariant à gauche Ω sur G tel que (G, <, >, Ω) est un groupe de Lie
Kählerien.

Proof 3.4.1 Soit g l’algèbre de Lie de G et % =<, > (e). Selon Le théorème de Milnor [[13], T heorem1.5]
et sa version améliorée [[3], T heorem3.1] la planéité de la métrique sur G est équivalente à [g, g]
est abélienne dimensionnelle, [g, g]⊥ = {u ∈ g, adu + ad∗u = 0} est aussi abélienne dimensionnelle
et g = [g, g] ⊕ [g, g]⊥ . En outre, le produit de Levi-Civita est donné par

(
ada si a ∈ [g, g],
La = (3.16)
0 si a ∈ [g, g]⊥

et il existe une base (e1 , f1 , ..., er , fr ) de [g, g] et λ1 , ..., λr ∈ [g, g]⊥ − {0} tel que pour tout
a ∈ [g, g]⊥ ,
[a, ei ] = λi (a)fi et [a, fi ] = −λi (a)ei .

On considère une 2-forme non dégénérée skew-symmetric


Pr ω0 sur [g, g]⊥ et ω1 la 2-forme non
dégénérée skew-symmetric sur [g, g] définie par ω1 = i=1 ei ∧ fi∗ . On peut voir facilement
⊥ ∗

que ω = ω0 ⊕ ω1 est une forme de Kähler sur g.

2
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