Lumiere
Lumiere
LA LUMIÈRE DU MONDE
comparaison de cinq traductions françaises
de deux textes bibliques:
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SOMMAIRE
LISTE DES ABRÉVIATIONS
1. INTRODUCTION
4. INTERPRÉTATIONS TENDANCIELLES
5. CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXE
NOTES
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LISTE DES ABRÉVIATIONS
TBJ LA SAINTE BIBLE TRADUITE EN FRANÇAIS SOUS LA DIRECTION DE
L'ÉCOLE BIBLIQUE DE JÉRUSALEM
Mt L'évangile de Matthieu
Lc L'évangile de Luc
Jn L'évangile de Jean
p(s). page(s)
Ed. Editeur
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CHOIX DU CHAMP DE RECHERCHE
Lus par beaucoup et interprétés de manières différentes, telle est la réalité de la réception des
textes bibliques. Même le monde non-croyant est souvent bien influencé par la Bible. L'impact de
ces écritures sur l'histoire occidentale ne peut guère être négligé, bien que l'on puisse discuter de
ses fruits, s'ils sont bons ou mauvais.
Il n'est pas rare de trouver des individus qui prétendent que la Bible est une source
d'intolérance, d'hostilité et même de violence.
Pour nombre de fidèles, en revanche, le cœur de l'énoncé biblique, c'est l'amour de Dieu,
un amour qui s'adresse à tous les êtres humains et à toute la création, un amour qui devrait être
transmis au monde à travers la vie et le témoignage de ses récepteurs.
Pour d'autres, cependant, la Bible est plutôt considérée comme un acte législatif. Tous les
hommes seraient tenus à suivre ses lois absolues et à garder minutieusement toute lettre.
Dans un temps où les mouvements intégristes font de gros progrès, même dans le christianisme,
semble-t-il, il devrait être important de retourner aux sources de la foi chrétienne: les paroles de
Jésus comme les auteurs des évangiles les ont fait connaître. Une étude comme celle-ci pourrait
être un moyen d'apercevoir l'authenticité du message de Jésus et de ses apôtres derrière les
traductions modernes et éventuellement dévoiler les tentatives de certains traducteurs d'imposer
au public francophone leurs interprétations particulières.
C'est donc notre intérêt pour la Bible, son histoire, son message et son influence sur une
grande partie de la population mondiale qui nous a encouragé à étudier et à comparer cinq
traductions françaises, assez modernes, de deux textes bibliques: le Sermon sur la Montagne et
le Prologue de Jean.
Il faut admettre qu'une étude, telle que la nôtre, n'est pas facile à faire d'une manière tout
à fait neutre. Qui puisse prétendre être parfaitement objectif? Après des centaines et même des
millénaires d'enseignement depuis la première publication des textes bibliques, la société a été bien
imprégnée par leur idéologie souvent assez déformée par les représentants des Églises et par les
divers interprètes.
Toutefois, nous avons essayé de prendre une position objective et une manière de le faire,
c'est le retour aux textes grecs du Nouveau Testament. Notre comparaison de différentes versions
bibliques n'est donc pas seulement celle entre les cinq traductions françaises, mais aussi, bien que
dans une mesure très modeste, avec les textes originaux grecs.
Un autre problème que nous avons dû affronter, c'est la difficulté de trouver des
explications et des commentaires hors des notes marginales dans les différentes bibles qui
pourraient clarifier plus profondement certains choix de mots et de tournures de phrases. Une des
traductions(1) a même été faite par une équipe qui souhaite rester anonyme.
Pour trouver l'arrière-plan des différentes versions, nous avons consulté des commentaires
bibliques qui nous paraissent représentatifs des traditions respectives dans lesquelles les
traductions ont été élaborées. Ce choix de commentaires est évidemment une entreprise risquée,
parce que comment savoir s'ils sont vraiment représentatifs des courants spirituels apparentés aux
traductions bibliques? Mais l'importance n'est pas de trouver des explications en petits détails.
C'est plutôt la considération des grandes tendances. Dans un cas, nous avons eu la faveur de
pouvoir rendre visite au traducteur (2) en personne pour un entretien dans sa maison à Jérusalem.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
1. INTRODUCTION
"Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon chemin."(3) Ainsi l'auteur du Psaume
119 dé-finit-il sa dépendance vis-à-vis la Parole de Dieu. Cette expression est à trouver dans la
Bible des Juifs, ce que les chrétiens considèrent comme la première partie, l'Ancien Testament,
de leur Bible. Pour eux, de plus, les 27 écritures du Nouveau Testament font partie de la Parole
de Dieu. C'est cette Parole sainte, la Bible qui est considerée comme une Lumière brillante par de
nombreux croyants de toutes les nations sur terre.
La Bible n'est donc pas morte. Malgré son âge d'une vingtaine de siècles, son influence
mondiale reste toujours importante. Traduite en plus de 1.900 différents langues et dialectes, elle
peut être lue par 98% des hommes et des femmes alphabétisés.(4)
L'origine des livres de la Bible est à trouver au Proche Orient, dans la culture hébraïque,
quoique les textes originaux du Nouveau Testament aient été écrits dans la langue grecque, autant
que nous le connaissons. Certains exégètes soutiennent pourtant l'hypothèse que même cette
partie de la Bible a été traduite en grec d'après des œuvres originaux hébreux. Dans l'introduction
aux évangiles synoptiques, TBJ montre que selon l'ancienne tradition ecclésiastique, l'évangile de
Matthieu serait initialement composé en langue hébraïque, c'est à dire en araméen, pour être
traduit plus tard en grec.(5)
Il existe certaines variantes de texte dans les anciens manuscrits grecs, ce qui est
probablement dû aux erreurs de ceux qui ont copié les documents. Ces variantes n'ont le plus
souvent pas grande importance, mais dans certains cas, elles sont la cause de traductions
différentes. Un exemple, c'est la traduction de Jn 1:18, un des passages du Prologue qui sera
projet de notre étude.
Mais ces écritures, peuvent-elles être comprises au fond à travers toutes les traductions?
Est-il vraiment possible de traduire en d'autres langues (comme par exemple le français) le
message d'une culture lointaine dans l'espace et dans le temps, sans en per-dre le sens profond?
"Est-il possible de traduire la Bible?"(6) C'est justement la question que se pose Hélène
Marchessou, professeur en langues étrangères à l'université de Poitiers. Par de nombreux
exemples, elle montre que les lettres hébraïques en elles-mêmes apportent au message du texte
un sens particulier. Bien que les mots et les phrases soient traduisibles, la signification symbolique
des lettres singulières ne l'est pas. Voilà une épreuve des difficultés culturelles que le traducteur
a à affronter.
Pourtant, bien des hommes et des femmes ont essayé de traduire la Bible. Seul le XXe
siècle a vu une véritable floraison de traductions bibliques en français.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
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LA LUMIÈRE DU MONDE
proposent aux lecteurs de la Bible une présentation du Christ Jésus quant à son origine, sa
personnalité, son message et son peuple. Une question importante est donc celle-ci: Comment les
cinq traductions étudiées, réflètent-elles Jésus et la foi chrétienne sous ces différents aspects?
Les deux textes sont parmi les plus connus du Nouveau Testament des hommes en général. Le
style et le contenu diffèrent beaucoup entre eux, mais le thème de la Lumière les relie, ce qui
rend leur choix encore plus intéressant dans une comparaison comme celle-ci.
Toutefois, ces deux passages ne doivent pas être considérés isolés de leur contexte
biblique; il faudra tenir en compte d'autres textes, pour bien les comprendre. En effet, leur
meilleure lecture a lieu à la lumière du Nouveau Testament en entier! Et comme nous allons le
voir plus tard, les deux textes sont même fondés dans l'Ancien Testament. Le Sermon sur la
montagne ne peut guère être compris sans son arrière-plan des lois de Moïse qui sont à trouver
dans les tous premiers livres de la Bible. Dans le Prologue de Jean, l'on voit très clairement des
parallèlles avec le premier chapitre de la Genèse, le début de la Bible.
Nous avons déjà vu que la Bible, la Parole de Dieu, est estimée comme une lumière par
beaucoup de croyants. Mais cette expression est aussi une métaphore du Christ, ce qui est montré
dans le Prologue de Jean qui le présente comme la parole qui était au commencement avec Dieu.
"C'était la véritable lu-mière qui en venant dans le monde, éclaire tout homme."(9)
Quelques chapitres plus tard dans ce même évangile, Jésus dit : "Je suis la lumière du
monde."(10) Et encore plus tard: "Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du
monde."(11)
Il est possible de comprendre le Sermon sur la montagne comme la demande de
Jésus à ses disciples de devenir ses successeurs en tant que re-présentants du Royaume des cieux.
Ainsi il leur dit:
C'est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne
peut être cachée. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais
on la met sur le chandelier, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maision.
Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos œuvres
bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux.(12)
Le titre de ce travail est donc tiré du thème qui relie les deux textes, la lumière qui est
venue dans le monde pour vaincre les ténèbres.
Jean1:1
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Matthieu 5:3
Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car En marche, les humiliés du souffle! Oui, le
le Royaume des Cieux est à eux. (16) royaume des ciels est à eux! (17)
Les différentes versions des deux versets, ont-elles la même source biblique? S'agit-il de la même
Bible? Dans ce cas, comment est-il possible de traduire un texte si différemment? Le Verbe, la
Parole, le logos; ces expressions, sont elles des synonymes? Et pour quelle raison, l'une des
traductions, parle-t-elle de Dieu, l'autre d'un dieu et la troisième d' Elohîm?
Autre question: Quel est le lien entre "Heureux" et "En marche" ; "une âme de
pauvre" et "les humiliés du souffle!" ? Et pourquoi, l'un des traducteurs, parle-t-il des
"Cieux", mais l'autre des "ciels" ?
Est-ce que certaines traductions sont plus fidèles au texte original, c'est-à-dire aux
manuscrits grecs des écritures du Nouveau Testament, tandis que d'autres sont davantage
orientées vers les lecteurs français?
Pour trouver la réponse à nos questions nous allons étudier et comparer les mots et les
expressions particuliers, choisis par les différents traducteurs, c'est-à-dire ceux qui semblent
importants pour la compréhension du texte et ceux qui paraissent les plus pertinents pour
d'atteindre notre objectif. Dans le cas de variations grammaticales qui peuvent avoir une influence
sur l'interprétation du message évangélique, cela aussi doit être sujet de notre étude. Les notes
marginales et divers commentaires seront consultés en vue d'une meilleure compréhension des
traductions françaises des deux textes évangéliques.
Avant d'étudier les énonciations des cinq traducteurs du message biblique, nous allons chercher
l'énoncé du texte original. Le terme énoncé peut être défini dans la comparaison avec une phrase:
Une phrase, dès qu'elle est prononcée dans un certain contexte (circonstances, moment, lieu,
interlocuteurs...) et dans un certain contexte (on entendra par ce terme l'entourage linguistique
de la phrase), devient un énoncé unique. L'énoncé est du domaine de l'effectif. Une même phrase
peut être répétée six fois mais ces six occurrences de phrases donneront six énoncés différents.
(18)
L'énoncé d'un texte signifie donc le message adressé à ses récepteurs, ce que l'auteur veut
transmettre aux lecteurs et ce que ceux-ci à leur tour comprennent comme l'essence de son
discours.
Les énoncés des auteurs évangélistes, leur message aux lecteurs de la Bible, devraient être
apparents dans la comparaison des différentes traductions françaises. Qu'ont-t-ils en commun?
Quel est le message que nous apportent Jean et Matthieu sans que les traducteurs français le
transforment par leur soliloque particulier?
C'est vrai qu'il y a, depuis longtemps, un débat sur la question des au-teurs des évangiles:
Sont-ce vraiment les premiers apôtres, nommés Jean et Matthieu qui sont à l'orgine de ces
œuvres? Ou ont-elles été créées beaucoup plus tard dans l'histoire de l'Église? Pourtant, comme
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ce problème n'entre pas dans le cadre de ce travail, nous n'allons pas y chercher la réponse. Cette
question pourrait être étudiée ailleurs. Nous adoptons simplement l'ancien point de vue de la
tradition chrétienne qui voit en Matthieu et Jean deux des premiers disciples de Jésus.
En effet, l'Evangile est annoncé par quatre différents énonciateurs: Matthieu, Marc, Luc
et Jean. Bien qu'il existe des différences entre les trois premiers, c'est-à dire les évangiles
synoptiques (19) , ils se ressemblent beaucoup.
Par analogie avec le thème du Royaume des cieux, Jésus est présenté comme le Roi du peuple de
Dieu. Il est le Messie, tant attendu des Juifs, le fils de David qui allait restaurer Israël, la nation
élue de Dieu. La devise sur la croix, au dessus de la tête de Jésus, avait, certes, une signification
ironique. Mais d'après l'interprétation de Matthieu, cet énoncé était conforme à la réalité: "Celui-ci
est Jésus, le roi des Juifs"(22)
Au lieu de parler du Royaume (23) des cieux, Jean soulève dans son évangile l'expression "la vie
éternelle"(24) , un bien eschatologique que les croyants possèdent dès maintenant. Cette vie est
possible uniquement par la foi en Jésus, le Fils de Dieu, qui est le seul chemin qui mène à la
communion avec Dieu. Jean cite la parole de Jésus aux dis-ciples: "Je suis le Chemin, la Vérité
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LA LUMIÈRE DU MONDE
Le Sermon sur la montagne est considéré par beaucoup comme le sommet du premier évangile.
Il contient une partie importante de l'enseignement de Jésus sur le Royaume des cieux. Son
message s'adresse aux disciples, car ce sont eux qui se sont approchés de lui pour l'écouter. (27)
Qui sont ces disciples? L'on parle des douze apôtres de Jésus. Mais les mots disciple et apôtre
ne sont pas des synonymes dans le Nouveau Testament. Apôtre est une expression biblique qui
désigne un disciple chargé d'un certain ministère dans l'Église, celui de transmettre l'Évangile au
monde non-chrétien, c'est à dire la mission. Disciple, par contre, signifie tout croyant, chacun
qui répond favorablement à l'appel de Jésus: "Convertissez-vous: le Royaume des cieux s'est
approché!" (28) La demande est de suivre Jésus. L'objectif des douze apôtres était de faire de
toutes les nations des disciples par le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et en
leur enseignant à garder tous ce que Jésus avait prescrit. Donc, le Sermon sur la montagne
concerne tous les disciples de tous les temps.
Le fait de devenir disciple et d'entrer dans le Royaume des cieux est décrit par Matthieu
comme une conversion (29), une repentance (30) et un retour (31) à Dieu. Par cette expérience
commence une vie différente de celle du monde non-croyant. Le thème du Sermon sur la
montagne, c'est justement comment cette vie se distingue de ceux qui ne sont pas citoyens du
Royaume des cieux.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
la foi en Christ et la vie éternelle. L'expression se convertir, employé par Matthieu, n'est jamais
utilisée par Jean; dans son œuvre, la même expérience est décrite ainsi: croire par Jésus.(32)
Ce passage de 18 versets traite de la relation entre Dieu et Jésus. Celui-ci est présenté
comme la Parole de Dieu (33) par laquelle le monde a été crée. Ceux qui croient en lui deviennent
enfants de Dieu (34) et entrent dans son royaume (35).
Le Prologue est à comprendre comme une ouverture qui indique en peu de mots le thème
qui sera développé plus profondement par la suite de l'évangile: Tous ceux qui croient en Jésus,
le seul chemin qui mène à Dieu, auront la vie éternelle.
Le nom de Dieu figurant le plus souvent dans les deux textes, c'est Pater. Toutes les cinq
traductions l'ont écrit Père ou père à chaque fois. Dieu est décrit comme le Père de tous ceux
qui croient en lui. Ce nom est à trouver 14 fois dans le Sermon sur la montagne et deux fois dans
le Prologue.
Par ce nom, les auteurs évangélistes décrivent la relation entre les croyants et leur Dieu
d'une manière très proche et familière. C'est surtout dans Mt 6 que Dieu est présenté comme un
Père qui s'occupe quotidiennement de ses enfants, toujours prêt à les protéger et à pourvoir à
leurs besoins.
Le passage Mt 6:9-13 peut être considéré comme le sommet du chapitre. Il contient la
prière la plus connue dans le monde, le Notre Père. Mais la description de Dieu est aussi exprimée
par ces quelques phrases:
prie ton Père qui est là, dans le lieu secret, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra (36)
votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez (37)
votre Père céleste vous pardonnera aussi (38)
Regardez les oiseaux du ciel: Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans des
greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? (39)
Le second nom divin, c'est Theos qui figure 13 fois: 6 dans le Sermon sur la montagne et 7 fois
dans le Prologue. La traduction Dieu (ou dieu) est retenue par tous les traducteurs à l'exception
de Chouraqui qui s'écarte des autres par son emploi du nom Elohîm.
Le nom Theos figure plus fréquemment dans le Prologue que dans le Sermon sur la
montagne. Est-ce parce que Matthieu soulève plutôt les dimensions paternelles de Dieu, tandis
que Jean souligne la divinité? Oui, certainement!
Le nom Iesous (Jésus) figure seulement une fois dans le Sermon sur la Montagne et une
fois dans le Prologue. D'autres noms et expressions sont les suivants: Kurios (Seigneur) (40) ,
Logos (Parole), O monogenes uios (le Fils unique), Christos (le Christ), O megalos
basileus (le grand roi).
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LA LUMIÈRE DU MONDE
Le mot ciel signifie le trône de Dieu , la maison du Pére céleste: "Notre Père qui est dans les
cieux..."(44). Il est question d'un lieu opposé au monde, la maison des hommes. Claude Tassin,
professeur de l'Écriture sainte à l'Institut catholique de Paris, commente Mt 6:10: "Dans le
judaïsme ancien, l'opposition ciel/terre est moins spatiale que qualitative. Le "ciel" symbolise la
part de l'univers qui est déjà pleinement soumise au règne de Dieu. Nous souhaitons que notre
"terre" soit à l'image de ce "ciel".(45)
Le ciel est aussi le lieu où les croyants doivent amasser des trésors éternels, ce qui se fait
par une vie d'obéissance à Jésus. (46) Le même mot indique, en plus, l'atmosphère au-dessus de
la terre, l'espace des oiseaux: "Regardez les oiseaux du ciel..."(47)
"L'expression le Royaume des cieux signifie le Règne de Dieu, l'existence où sa
volontée est accomplie. Cette interprétation ressort, entre autre, de la prière dont nous venons de
citer le début et qui contient même cette phrase: "que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite
sur la terre comme au ciel."(48)
Dans son enseignement, Jésus parle souvent de l'œil des hommes. Il dénonce l'ancienne
tradition juive "Œil pour œil et dent pour dent"(49) et apprend à ses auditeurs que les citoyens du
Royaume des cieux doivent aimer leurs ennemis et prier pour leurs persécuteurs. Il parle aussi de
l'œil comme un danger, s'il laisse entrer les ténèbres dans la vie du disciple (50). Dans ce cas il vaut
mieux l'arracher et le jeter loin de soi, sinon le corps entier risque d'être jeté dans la géhenne (51).
Mais pour les moralistes qui sont toujours prêts à juger leur prochain, Jésus a autre chose à dire
au sujet de l'œil:
Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés. Oui, du jugement dont vous jugez vous
serez jugés; de la mesure dont vous mesurez, il sera mesuré pour vous. Tu vois le
fétu dans l'œil de ton frère; mais la poutre, dans ton œil à toi, tu ne l'observe pas!
comment dis-tu à ton frère: 'Laisse-moi chasser le fétu de ton œil' quand tu as
toi-même une poutre dans ton œil? Hypocrite, chasse en premier la poutre de ton
œil; après quoi, tu verras clair pour chasser le fétu de l'œil de ton frère. (52)
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Le mot frère, signifie un membre du peuple de Dieu, celui qui est entré dans le Royaume des
cieux, tandis que le mot homme est employé plus généralement pour tous les êtres humains du
monde entier.
Quand Jésus annonce aux disciples qu'il ne suffit ni de se dire chrétien, ni de prier pour
être un vrai disciple et pour entrer dans le Royaume des cieux, il parle paraboliquement de l'arbre
qui produit du bon fruit (53). Il faut que la vie et les œuvres des disciples fassent preuve de leur
foi. Il faut faire la volonté du Père qui est aux cieux (54). Un vrai chrétien produit du bon fruit par
sa vie au milieu du monde.
Le mot Lumière est une expression importante dans le Prologue, où elle est opposée aux
ténèbres, la description du monde qui s'est éloigné de Dieu. En Jésus la lumière est venue dans
le monde pour "éclairer tout homme" (55).
Ce même terme lumière, employé par Matthieu, décrit la mission des disciples dans le
monde. Les citoyens du Royaume des cieux sont devenus des lumières pour briller devants les
hommes. Cela ne se fait cependant pas dans le sens de supériorité. Tout en restant doux et
humbles, les disciples doivent briller comme des lumières afin que le monde puisse voir le reflet
de Dieu et qu'il lui rendent gloire. Toute hypocrisie et toute volonté de se montrer meilleur que
d'autres sont fort condamnées par les paroles de Jésus à Mt ch.6.
Un autre mot important dans le Prologue, c'est la grâce. Cet expression indique que la
venue de Jésus dans le monde pour le sauver dépend uniquement de l'amour de Dieu, ce qui est
expliqué encore plus clairement au ch.3 v.16: "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son
Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle."(57)
Le mot témoignage, finalement, est employé dans le Prologue pour définir la mission de Jean le
Baptiste: "Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui."(58)
Une différence entre les deux textes quant aux noms substantifs employés, c'est que le
Sermon sur la montagne parle souvent du ciel et des cieux, tandis que le Prologue met l'accent
sur le monde et le fait que Jésus y est venu pour habiter au milieu des hommes et pour les sauver
des ténèbres.
Jean montre que Dieu a allumé la lumière dans le monde des ténèbres, tandis que Matthieu
insiste sur l'appel et l'encouragement de Jésus aux disciples de le suivre afin de devenir eux aussi
des lumières brillantes pour tous les hommes. Peu importe que ce soit des frères, des adversaires
ou même des persécuteurs; il faut que tous voient cette lumière céleste et qu'ils aient la possibilite
de rendre grâce à Dieu.
Les énoncés de Matthieu et Jean pourraient être brièvement résumés ainsi:
Dieu, le Père céleste, a laissé entrer dans le monde des ténèbres une lumière brillante par l'envoi
de son Fils Jésus. C'est par la foi en lui que les hommes entrent dans le Royaume des cieux et
deviennent ses disciples. Cette expérience est à comprendre comme la conversion à une existence
différente: la vie éternelle. La tâche des disciples est désormais d'être des lumières aux autres afin
qu'eux aussi puissent trouver l'amour de Dieu. Une telle mission ne s'accomplit pas d'autre manière
que par des œuvres qui réflètent cet amour divin.
Malgré les diverses différences dans le choix de mots, d'expressions et de tournures de
phrases, il est tout à fait possible de trouver un message commun dans les cinq traductions. Les
énoncés de Matthieu et de Jean y restent universels, quoique les différentes énonciations ne
mettent pas toujours l'accent identiquement là-dessus, ce que nous allons voir par la suite.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
Mt 6:1
TBJ TSC TOB
votre Père qui est dans les votre Père qui est dans les
votre Père qui est aux cieux
cieux cieux
Mt 6:6
TBJ TSC TOB
ton Père qui est là dans le ton Père qui est dans le (lieu) ton Père qui est là dans le
secret secret secret
Mt 6:8
TBJ TSC TOB
votre Père sait bien ce qu'il votre Père sait de quoi vous votre Père sait ce dont
vous faut avez besoin vous avez besoin
Quant à Mt 6:6, il semble que TBJ et TOB soulignent plus que TSC la présence et la proximité
du Père auprès des disciples. Cette impression nous est donnée par leur ajout de l'adverbe là: "ton
Père qui est là dans le secret". TSC, par contre, y ajoute le nom lieu, encadré par une parenthèse,
indiquant que ce mot ne figure pas dans le texte original, "mais qu'il est necessaire en français
pour une bonne compréhension de la phrase"(60). C'est donc une manière du traducteur de
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LA LUMIÈRE DU MONDE
montrer sa fidélité au texte original, en même temps qu'il essaye d'être fidèle à la langue française.
Mais, n'est-il pas plutôt gênant de trouver des parenthèses inutiles dans le texte biblique?
TMN parle ici, dans Jn 1:14 d'un père indéfini, (ce que fait aussi TCQ), tandis que TBJ parle du
Père, c'est à dire Dieu . Le premier dépeint en images la relation entre Jésus et Dieu, tandis que
le deuxième présente plus concrètement que Dieu est le Père de Jésus. L'explication du choix de
TMN est ici la même que celle concernant Jn 1:1: le manque d'article défini devant le nom
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LA LUMIÈRE DU MONDE
substantif.
Jn 1:1-5 Genèse1:1-4
Entête, lui, le logos et le logos, lui pour ENTÊTE Elohîm créait les ciels et la terre, la
Elohîm, et le logos, lui, Elohîm. Lui entête terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les
pour Elohîm. Tout devient par lui; hors de faces de l’abîme, mais le souffle d’Elohîm
lui, rien de ce qui advient ne devient.En lui la planait sur les faces des eaux. Elohîm dit: "Une
vie - la vie la lumière des hommes. La lumière sera." Et c’est une lumière. Elohîm voit
lumière luit dans la ténèbre, et la ténèbre ne la lumière: quel bien! Elohîm sépare la lumière
l’a pas saisie. de la ténèbre.
Elohîm, c'est la forme plurielle du nom El, un nom qui peut être employé même pour les idoles,
donc une expression neutre contrairement au nom Dieu. Les idoles ne seraient pourtant que des
figures mythiques, selon l'auteur de TCQ (72). Elohîm, par contre, l'unique Créateur vivant, c'est
lui qui aurait créé l'univers par moyen de sa parole, un monde plein de vie et de lumière. Les idoles
ne representent que ténèbres et abîmes. Sous le nom Elohîm, l'unique Créateur s'est révelé aux
patriarches d'Israël: Abraham, Isaac et Jakob.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
Le deuxième nom, représenté par le Tétragramme IHVH est constitué des quatre
consonnes du nom divin par lequel le Créateur s'est révelé au Moïse dans le désert (73). D'après
ce récit, la signification de son nom, c'est Je serai qui je serai (74). Les juifs n'osaient pas dire ce
nom très saint, de peur de le prononcer incorrectement. C'est pourquoi ils l'ont remplacé par
Adonaï qui signifie Seigneur. Lorsque la Bible hébraïque, l'Ancien Testament des chrétiens a
été traduite en grec, la langue universelle des centaines av. J.-C. , le nom divin fut écrit Kurios.
TCQ nous ramène aux racines hébraïques par son écriture IHVH-Adonaï (76).
La traduction des deux passages de nos textes contenant Kurios s'écrit ainsi:
Une différence entre TCQ et TBJ, à part la traduction de Kurios, c'est que TCQ parle ici du
Créateur, tandis que dans TBJ il est question de Jésus, parce que c'est lui qui parle.
L'interprétation de TCQ n'est pas fondée dans le texte grec. Elle ne tient pas compte du pronom
personel me qui indique que Jésus parle de lui-même comme le Seigneur. Aucun manuscrit grec
omet le pronom moi dans ce verset.
Le nom Iesous (77) est écrit Jésus dans quatre des versions. Seule TCQ a gardé la forme hébraïque
Iéshoua. Ainsi, TCQ garde, non pas seulement le caractère sémitique du nom, mais aussi le lien
avec des personnages dirigeants dans l'histoire du peuple hébreu, comme par exemple Iéhoshua
(Josué) le successeur de Moïse en tant que conducteur de la nation.
N'est-il pas un peu étonnant que les traductions élaborées dans la tradition chrétienne ont
préféré l'écriture grecque ou plutôt romaine Jésus? De cette manière elles ont manqué une
indiquation donnée déjà par le nom hébraïque que le personnage principal du Nouveau Testament
est entré dans la succession des dirigeants du peuple de Dieu. Surtout que Jean insiste sur le fait
que Jésus est le vrai successeur et le remplaçant de Moïse (78). L'importance des noms personels
ainsi que le symbolisme dans la culture hébraïque sont d'une autre valeur que dans notre société
occidentale, ce que nous avons déjà indiqué par la citation de Hélène Marchessou (79).
Une fois dans les textes (80), nous trouvons la combinaison Iesous Cristos (81). Quatre des
traductions écrivent Christ comme un nom supplémentaire (82), tandis que TCQ écrit Iéshoua le
messie, ce qui indique que le messie est un titre.
L'arrière-plan de l'expression le messie est à trouver, entre autres, dans le récit de l'acte
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de désignation du jeune berger David pour roi en Israël (83). Le prophète Samuel oint d'huile la
tête de David pour montrer que Dieu l'a désigné afin qu'il remplisse le rôle de roi de son peuple.
Cet acte de signification religieuse symbolise que Dieu emplit son serviteur de son Esprit, de force
et de sagesse pour qu'il puisse devenir le chef de tout le peuple. L'expression le messie dérive du
verbe hébraïque masah qui signifie oindre d'huile.
La référence à Jésus est à trouver dans le récit de son baptème (84) qui raconte que l'Esprit
de Dieu déscend sur lui. Plus tard, Jésus déclare: "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a
consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres."(85)
Dans la plupart des traductions, Christ est devenu un nom complément à Jésus, un nom
qui n'est pas vraiment expliqué aux lecteurs. Dans TCQ, par contre, cette expression a perdu son
statut de nom. Ici, c'est la fonction, le ministère de Jésus qui est soulevé par l'écriture le messie.
Un autre nom désignant Jésus est à trouver dans le Prologue. Retournons aux traductions
différentes de Jn 1:1. La première partie du verset est écrite de manière suivante:
Le début du Prologue est marqué par la présence du Logos. Ceci est un terme des anciens
philosophes grecs. Au temps de la genèse du quatrième évangile, ce nom était connu comme une
expression désignant la raison de l'univers, la pensée et la force impersonnelle qui dirige tout dans
le monde. Bien que les hommes en général n'aient pas été familiers des courants philosophiques,
l'expression logos était reconnue comme quelque chose d'une grande importance.
L'exégète René Kieffer (86), un des collaborateurs de l'équipe des auteurs de TOB, soutient une
autre source du tèrme logos. Selon lui, ce serait des pensées qui sont à trouver dans la traduction
araméenne, le Targum, qui relie l'expression "memra" à la présence dans le monde et dans
l'histoire d'Israël du Dieu de Moïse, c'est à dire le Dieu qui parle dans l'Exode 3:14 et se nomme
"Je suis qui je serai."(88) Kieffer dit que la construction johannique transmettant la parole de Jésus
"Je suis...", souvent répétée dans le quatrième évangile, pourrait être une indication que Jean était
familier avec les idées des targumistes (89) du Ve siècle av. J.-C.(90)
Le mot logos signifie parole. C'est aussi la traduction de cette expression donnée dans
les versions TMN et TSC. Ces deux versions montrent ainsi plus que les autres l'identitification
de Jésus avec la parole de Dieu par laquelle le monde a été créé d'après le récit du premier
chapitre de la Genèse. Toutes les cinq traductions sont pourtant d'accord sur cette interprétation
quant à l'identité du logos.
Dans les notes marginales, TBJ et TOB indiquent la référence au texte de la Genèse où
Dieu crée l'univers par sa parole. Cependant, leur traduction de l'expression logos, c'est le
Verbe. Ainsi, elles soulignent plus que les autres l'activité créatrice de la parole de Dieu. Alors
que la Parole n'indique que des mots prononcés, le Verbe est une expression pleine de vie, de
force et d'activité. Un problème lié à cette traduction, c'est pourtant qu'elle semble transformer
les paroles de Jean en langage religieux. Est-ce vraiment conforme à la pensée de l'auteur de
18
LA LUMIÈRE DU MONDE
l'évangile? La traduction choisie par TSC et TMN, la Parole, paraît plus neutre.
TCQ choisit de garder l'expression grecque sans la traduire. Mais dans une note, cette
explication est donnée : "logos: Le mot grec correspond au dabar hébreu: parole vivante,
efficace."(91) Cette définition pourrait éventuellement expliquer le choix de l'expression le Verbe
dans les versions TBJ et TOB. Mais dans ce cas, les traducteurs sont allés au-delà du texte grec
pour trouver leur interprétation sans le justifier.
Le lecteur de TCQ aurait dû s'attendre à trouver l'expression israélite au lieu du terme
grec. Surtout que le mot dabar a une significance beaucoup plus vaste que les traductions en
d'autre langues. Le mot hébreu ne signifie pas seulement parole, mais aussi action. La parole
prononcée par Dieu est une action efficace.
Seule TCQ reste fidèle au texte original grec, parce qu'il est vraiment question d'une tente qui a
été dressée dans le monde (94). Ainsi, elle indique un lien avec l'histoire des Hébreux du temps de
Moïse et le Tabernacle qui symbolisait la présence de Dieu auprès de son peuple dans le désert.
Il a planté sa tente c'est bien là le sens du verb grec eskènôsen (de skène, tente),
qui semble recouvrir l'hébreu shakhân, demeurer, d'où l'on a tiré le mot
shekhina, qui exprime la / présence bien réelle de IHVH-adonaï dans son
Temple. La tente évoque le sanctuaire itinérant d'Israël (voir Ex 33,7-12).(95)
La version TCQ pourrait être interprétée comme un indice de la présence divine dans la personne
de Jésus, ce que manquent les autres traductions, celles qui ont pourtant été élaborées dans des
traditions prétendues chrétiennes!
L'origine de Jésus est toutefois à trouver bien au-delà de sa naissance; toutes les cinq
versions sont d'accord là-dessus, ce que montrent leurs traductions du début du Prologue (96):
19
LA LUMIÈRE DU MONDE
Les cinq versions s'accordent toutes sur l'interprétation de la préexistence de Jésus en tant que le
Verbe / la Parole / le logos. TBJ, TOB, TSC et TCQ vont jusqu'à son identification avec
Dieu en tant que Parole. TMN en revanche le distingue de Dieu par son écriture un dieu,
démontrant ainsi que Jésus est bien divin, mais il est un autre dieu, un dieu écrit par un d
minuscule qui ne doit pas être confondu avec Dieu Jéhovah.
Une différence semblable apparaît dans les traductions de Jn 1:18 où il est question de
Jésus, le seul qui explique Dieu au monde. L'expression de la phrase désignant Jésus est écrite
ainsi:
Les traductions différentes dépendent d'une part de problèmes de manuscrits grecs de ce verset,
d'autre part d'interprétations selon les différentes tendances derrière les versions bibliques.
l'unique Elohîm l'expression prête à diverses traductions et interprétations, Au demeurant, les
manuscrits offrent plusieurs variantes: suppression de l'article; theos (Dieu) remplacé par huïos
(fils). On pourrait comprendre: 'l'unique né d'Elohïm' (97)
Une variante, à laquelle nous reviendrons dans la partie 4:1, c'est la traduction de Jn
1:12-13 où TBJ s'écarte des autres par sa manière d'appliquer à Jésus, le Verbe, ce que selon les
autres versions parle des croyants. Là, où toutes les autres expliquent la naissance spirituelle des
enfants de Dieu, TBJ annonce la naissance virginale de Jésus (98):
TBJ TSC
Mais à tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné mais à tous ceux qui l'ont reçue, elle a donné
pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux
croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni qui croient en son nom et qui sont nés, non du
du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un sang, ni de la volonté de la chair ni de la
vouloir d'homme, mais de Dieu. volonté de l'homme, mais de Dieu.
20
LA LUMIÈRE DU MONDE
Dans une note, TBJ remarque que la pauvreté dont Jésus parle est équivalente à l'humilité. C'est
l'homme humble qui est pauvre de cœur. Il s'agit donc d'une pauvreté spirituelle dans le sens que
l'on éprouve son besoin de l'aide divine (103). Seulement ceux qui ressentent leur dépendance de
la grâce de Dieu sont citoyens et peuvent entrer dans son royaume.
Mais TBJ déclare aussi que la pauvreté effective est envisagée dans la parole de Jésus:
Bien que la formule de Mt 5 3 souligne l'esprit de pauvreté chez le riche comme chez le pauvre,
ce que le Christ envisage généralement est une pauvreté effective, en particulier pour ses
disciples...Lui-même donne l'exemple de la pauvreté... et de l'humilitié,... Il s'identifie aux petits
et aux malheureux... (104)
L'interprétation de TCQ se distingue des autres par son écriture "les humiliés du
souffle". Cette expression désigne ceux qui dans la conscience pacifiée de leur gloire et de leur
néant, héritent de la plus éminente des grâces divines: le souffle sacré. Par celui-ci, ils sont faits
membres de la communauté eschatologique annonciatrice et ouvrière du monde qui vient. Ils
sont ainsi en marche sur la route qui y mène. (105)
Le mot hébreu ruah et sa traduction grecque pneuma ont la doubble signification: esprit
et souffle dont ce choix de vocabulaire dans TCQ. TCQ traduit d'ailleurs à chaque fois le mot
pneuma par souffle.
Le début du verset est également traduit fort différement dans TCQ. Là, où les traductions
les plus traditionnelles écrivent: Heureux, TCQ choisit l'expression En marche! ce qui est
expliqué dans le commentaire de Chouraqui ainsi: En marche le premier mot du Sermon sur la
montagne constitue, dans les traductions, le principal obstacle à la compréhension du message
de Iéshoua. Makarioï, dit le grec: "Bienheureux", et ce mot oriente d'emblée les commentateurs
21
LA LUMIÈRE DU MONDE
sur une fausse piste: les "béatitudes" sont supposées acquises d'entrée de jeu, alors qu'elles ne
le seront, en plénitude, que dans le royaume de IHVH-adonaï. Or Iéshoua n'a pas dit makarioï,
mais ashréi (voir Ps 1,1), exclamation au pluriel construit, d'une racine ashar, qui implique non
pas l'idée d'un vague bonheur d'essence hédoniste, mais celle d'une rectitude, iashar, celle de
l'homme en marche sur une route sans obstacle, celle qui mène vers IHVH-Adonaï. (106)
Il semble que TCQ arrive plus que les autres versions à faire comprendre aux récepteurs
du texte l'aspect performatif (107) de la parole de Jésus, car celui-ci ne se contente pas de constater
seulement que les pauvres de cœur, les doux, les miséricordieux etc. sont heureux et que le
royaume des cieux leur appartient. N'est-il pas par moyen de la parole prononcée de Jésus que
ceux-ci sont admis et même entrés là-dedans? Le Oui! de la bouche de Jésus ouvre la porte au
royaume. La puissance de la Parole de Dieu tant exposée dans le Prologue est largement
démontrée ici par l'énonciation de TCQ.
Un autre aspect important, c'est que TCQ, à l'opposé des autres traductions, soutient
l'activité et la force des disciples. Le mot Heureux donne à penser à leur situation présente comme
une vie passive et dans l'attente d'un avenir où toutes les injustices qu'ils ont subies seront
pleinement récompensées. Mais il faut attendre tranquillement la vie aux cieux!
L'expression de TCQ En marche! s'écarte très loin des mots exprimant un sentiment de
bonheur. La signification de cette traduction, comme Chouraqui le déclare dans la note citée, c'est
que Jésus au lieu de parler de sentiments des hommes maltraités et opprimés plutôt parle de la
rectitude de ceux qui marchent sur une route qui mène vers Dieu. Leur attention est dirigée vers
l'avenir. Cependant, ce n'est pas une attente passive: ce sont des hommes au plein travail pour la
construction de l'avenir, le royaume des cieux.
Un autre passage des béatitudes, que toutes les cinq versions ont traduit différemment, c'est Mt
5:9a:
Lorsque TCQ écrit "il seront criés fils d'Elohîm" elle fait allusion aux prophètes de l'Ancien
Testament: "Crie le grec crazeïn traduit bien l'hébreu qara et signifie le cri prophétique de
l'inspiré. La même racine donne en arabe le mot Qur'ân (Coran) : la criée, l'appel d'Allah."(108)
Donc, ici encore, dans la traduction bien différente de TCQ, se remarque l'aspect performatif de
la Parole divine. Le verbe appeler n'a pas le même sens performatif des prophètes comme le
verbe crier.
TMN se distingue des autres versions par son écriture les pacifiques, une construction
qui paraît rendre les disciples beaucoup plus passifs. Ils sont heureux parce qu'ils n'exercent pas
la violence. L'énonciation des autres traductions soulignent que Jésus parle de ceux qui militent
vraiment pour la paix. Ce sont ceux qui sont actifs dans le but d'obtenir la paix qui sont heureux.
22
LA LUMIÈRE DU MONDE
Ils seront appelés fils de Dieu. Ce que Dieu attend des citoyens de son royaume, c'est qu'ils
luttent pour la paix.
Le Notre Père est le nom souvent employé pour la prière que Jésus a appris aux
disciples. Elle se trouve dans le Sermon sur la montagne, Mt 6:9-13 sous cette forme des cinq
versions:
Une première constatation, c'est que le style de certaines variantes paraît plus élevé, noble et
soutenu que d'autres. Est-ce que TBJ et TSC sont plus adaptés à la liturgie ecclésiastique que le
sont TOB, TMN et TCQ dont le langage employé semble plutôt courant?
TBJ se distingue des autres par son usage abondant de la majuscule pour personnifier
23
LA LUMIÈRE DU MONDE
certaines expressions d'attributs divins: Notre Père, ton Nom, ton Règne, ta Volonté.
Quoique cela ne s'entende pas à la lecture à voix haute dans le culte liturgique, l'on pourrait tout
de même penser que les majuscules marquent un certain rythme poétique.
Autre embrayeur qui indique un langage plus liturgique, c'est le choix de mode verbal dans
TBJ. Son usage du subjonctif dans la première partie de la prière la distingue de TOB et TCQ:
"Que ton nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite..."
Le texte grec n'emploie pas le subjonctif ici. Dans la première partie de la prière, les verbes
sont à l'impératif, forme passive à la troisième personne. Comme cette forme n'existe pas en
français, il n'est pas injustifié d'employer le subjonctif dans la traduction, mais ce n'est point
obligatoire. Il y a en français la possibilité de traduire ce passage en gardant l'impératif; la version
de TOB en est une preuve. Le fait que TBJ choisit le subjonctif rend le text du Notre Père plus
sacré.
Pour les demandes concernant les besoins personnelles TBJ écrit cependant en impératif,
comme le font toutes les autres versions: "Donne-nous notre pain quotiden. Remets-nous nos
dettes..."
Quant au champs du vocabulaire, il faut signaler que "notre pain quotiden" est devenu un
terme de sens religieux. L'adjectif grec précisant quel pain demander reste énigmatique. Saint
Jérôme traduisait: "Le pain de demain (et il pensait au pain du festin du Royaume),
donne-le-nous aujourd'hui." Certains envisagent plutôt une allusion à la manne (cf.Ex 16,19-21)
donnée au jour le jour et selon les besoins de chacun....En outre, du pain matériel, le croyant
passera aisément à des besoins plus profonds. C'est pourquoi la tradition chrétienne voit ici une
demande du pain de la Parole ou de l'Eucharistie: "Nous prions pour que notre pain,
c'est-à-dire le Christ, nous soit donné quotidiennement" (saint Cyprien, IIIe siècle.)(109)
C'est pareil pour la forme plurielle du mot ciel. Les traductions bibliques écrivent le plus
souvant cieux au lieu de la forme du langage courant: ciels. "Le pluriel ciels désigne une
multiplicité réelle ou une multiplicité d'aspects; cieux est un pluriel collectif à nuance religieuse
ou poétique, qui est remplaçable par le sing. sauf dans l'expr. sous d'autres cieux."(110)
Bien que TSC n'emploie la majuscule que dans l'expression Notre Père, elle aussi semble
plus liturgique que les trois autres traductions, surtout par son ajout de la doxologie à la fin de
la prière: "Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, Le règne, la puissance et la gloire.
Amen!" TSC est la seule des cinq versions qui incorpore ce passage dans son écriture du Notre
Père. Nous reviendrons à ce problème avec une explication possible dans la partie 4.2.
L'ennemi des disciples est décrit de cinq manières différentes: le Mauvais (111), le
Tentateur (112), le Malin (113), le méchant (114) et le criminel (115). Les trois premiers parlent
apparemment d'une personne, c'est à dire quelqu'un qui personnifie le mal. Les autres, par contre,
semblent parler plus généralement d'une puissance ou d'un adversaire qui risque de causer la chute
des disciples.
Les quatre premières traductions sont d'accord sur la nécessité de prier Dieu de protéger
les disciples de la tentation. TCQ s'oppose à cette interprétation des paroles de Jésus et demande
à Dieu de ne pas nous faire "pénétrer dans l'épreuve". Le mot grec peirasmos a les deux
sens: tentation et épreuve. L'auteur de TCQ explique son choix différent ainsi: Or le terme
hébreu qui sous-tend l'expression a très clairement le sens d'épreuve. Son premier emploi est en
Gn 22,1, où il concerne l'épreuve à laquelle soumet Abrahâm en lui demandant de lui sacrifier
son fils. C'est aussi pour éprouver, et non pas pour tenter Israël qu'il sème les obstacles sur sa
24
LA LUMIÈRE DU MONDE
route...(116)
Le vocabulaire religieux des traductions traditionnelles n'est pas apprécié de l'auteur de
TCQ. Au lieu d'écrire Notre Père des cieux, il traduit "Notre père des ciels..." À la version
sacrée notre pain quotidien, il préfère "notre part de pain". Ceci semble indiquer
l'interprétation que la justice sociale a plus de poids que l'ont les besoins spirituels dans les paroles
prononcées par Jésus. Au moins dans cette partie de la prière!
TCQ se distingue aussi des autres traductions par son emploi de mode des verbes. C'est
vrai qu'elle aussi utilise l'impératif dans la seconde moitié de la prière. Mais dans la première partie
où les autres écrivent soit au subjonctif soit à l'impératif, TCQ choisit l'indicatif au présent: "ton
nom se consacre, ton royaume vient, ton vouloir se fait..." Ici encore, c'est
l'arrière-plan hébreu qui justifie son choix. Le sens des phrases, c'est qu'il est question d'une
"action inaccomplie, en développement."(117) Les paroles de la prière constatent ce qui se fait;
elles n'expriment ni le souhait ni la demande mais la joie et la certitude que le royaume de Dieu
est en train de s'établir.
Clôturant cette partie, nous regardons brièvement la règle d'or, un principe qui n'existe pas
seulement dans la Bible. Des paroles semblables sont à trouver ailleurs. Mais alors que les autres
parlent de ce que l'on ne doit pas faire aux hommes, Jésus dit ce qu'il faut faire. Jésus ne demande
pas la passivité pacifiste mais une activité d'amour, dont le nom la règle d'or.
25
LA LUMIÈRE DU MONDE
Ensuite, il y a une nuance qui distingue un peu les traductions, au sens où TMN par son
usage de l'indicatif transmet aux disciples ce qu'ils doivent faire. TBJ, TSC, TOB et TCQ
soutiennent l'ordre du roi. C'est un impératif: "Faites-le!"
Enfin, l'on voit dans ce verset une différence bien typique entre le langage de TMN et
TCQ: le premier emploie 35 mots pour dire ce que le dernier annonce en 23 mots seulement.
TMN est, en fait, une traduction de l'anglais, ce qui pourrait expliquer ses difficultés de s'exprimer
brièvement en français sans perdre l'essence du message. TCQ, par contre, est une interprétation
du texte grec à partir de l'arrière-plan hébreu.
Après cette étude des énonciations des cinq traductions bibliques, nous allons essayer de
trouver s'il y existe des traces qui indiquent qu'une certaine tradition ou tendance a conduit les
respectives versions.
4. INTERPRÉTATIONS TENDANCIELLES
Seul le XXe siècle a vu une centaine de traductions bibliques en français. L'on se demande pour
quelle raison elles ont été élaborées. Chaque Église et chaque tradition chrétienne, ont-elles besoin
de leur propre version de la Bible? Les cinq traductions que nous étudions, prouvent-elles qu'il
y a raison de croire que toute version biblique dépend de la diversité des tendances spirituelles?
Notre étude s'est limitée à deux brefs textes du Nouveau Testament. Une étude d'autres
passages bibliques donnerait certainement d'autres indications. La question que nous avons posée,
c'est: Est-il possible de trouver dans le Sermon sur la montagne et dans le Prologue que les
traductions choisies sont tendancielles?
Quelles sont les traces de la tradition catholique-romaine dans TBJ? Nous en avons trouvé
quelques-unes, d'abord hors du texte et ensuite dans le texte biblique propre. Elles sont à trouver
dans les liminaires, les notes et le plan proposé qui est indiqué par des rubriques. Mais aussi dans
le style du texte, le vocabulaire et la syntaxe.
Catharina Bromée, catholique suédoise, sœur dominicaine, écrit Les catholiques sont
encouragés non pas seulement à lire la Bible mais encore à la comprendre correctement. Cela
signifie d'abord que la Bible se comprend exclusivement dans la tradition vivante de l'Église...
C'est l'Église qui interprète la Bible... La conséquence, c'est que les bibles qui sont imprimées
pour l'usage universel doivent avoir des explications.(120)
Un sujet du débat au cours de la Réforme du XVIe siècle, c'était le rôle de la Bible dans
la vie des chrétiens. Les protestants luttaient pour le droit des individus d'étudier la Bible sans être
restreints par la tradition de l'Église. N'est-ce pas une indication de l'influence catholique, le fait
que les 13 pages contenant nos textes dans TBJ comptent presque autant de notes explicatives?
Par son emploi abondant de notes marginales, TBJ impose aux récepteurs des textes bibliques une
interprétation particulière qui pourrait être considérée de tendance catholique. Nous en donnons
quelques exemples commençant par le texte propre, suivi d'abord de la note explicative et ensuite
de notre commentaire.
Mt 5:12b c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers
"Les disciples sont les successeurs des prophètes, cf 10 41; 13 17; 23 34."
L'interprétation catholique de TBJ donne à croire que les disciples sont entrés dans la
26
LA LUMIÈRE DU MONDE
succession d'une fonction écclésiastique. Mais la parole de Jésus ne concerne pas seulement les
douze apôtres; Jésus parle de tous les chrétiens. La préposition grec pro signifie ici avant dans
le sens temporel. Les prophètes vivaient avant les disciples. L'interprétation qui donne à penser
à une succession sacrale dans l'Église n'a pas de soutien dans ce texte.
Mt 6:1a Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes
"Litt. 'faire votre justice' (var.:'faire l'aumône') c'est-à-dire pratiquer les bonnes œuvres
qui rendent un homme juste devant Dieu."
La déclaration que les bonnes œuvres rendent un homme juste devant Dieu n'est vraiment
pas acceptée par toutes les Églises. Ceci était même un sujet important de la Réforme. Les
protestants annonçaient vivement la justice de Dieu comme une possibilité limitée à la foi en
Christ (121). Aucune œuvre bonne ne pouvait rien y ajouter!
Mt 6:11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien
Traduction traditionnelle et probable d'un mot difficile. On a pu proposer aussi:
'nécessaire à la subsistance' et 'de demain'. De toute façon la pensée est qu'il faut demander à
Dieu le soutien indispensable de la vie matérielle, mais rien que cela, non la richesse ni
l'opulence. - Les Pères ont appliqué ce texte à la nourriture de la foi, le pain de la parole de
Dieu et le pain eucharistique: cf. Jn 6 22+.
Bien que TBJ mette l'accent sur l'aspect matériel de cette prière, elle accentue aussi une
interprétation spirituelle par son allusion aux Pères de l'Église. John Stott, docteur biblique
protestant à Londres, fait ce commentaire au sujet de ce texte:
Dans la Vulgate, Jérôme traduit le mot grec qui signifie 'quotidien' par l'adjectif
'transsubstantiel' en pensant à l'Eucharistie. Nous sommes reconnaissants aux Réformateurs de
nous avoir amenés à une compréhension biblique meilleure et plus concrète de cette requête.
Calvin commente l'interprétation spiritualisante des Pères de l'Église en disant: 'La
raison...(alléguée) non seulement est frivole, mais ussi contraire à la vraie religion.' (122)
Jn 1:12-13 Mais à tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à
ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un
vouloir d'homme, mais de Dieu.
Allusion possible à la génération éternelle du Verbe, mais sans doute plutôt à la
naissance virginale de Jésus, cf.Mt 1 16, 18-23 et Lc 1 26-38.-'ni du sang...ni d'un vouloir
d'homme'; la leçon originale est peut-être le texte courte: 'ni du sang ni de la chair'. -La var.
'eux', qui n'a pas été adoptée ici, est la leçon courante.
La naissance spirituelle des chrétiens est ici adapté au Verbe, le Christ. Par cette traduction
très particulière, TBJ évite l'idée johannique d'une nouvelle naissance liée à la conversion au
Christ. En revanche, elle parle de la naissance virginale de Jésus.
Cette interprétation pourrait être considérée comme une trahison du texte biblique.
Quoique la note, à la fin, indique l'existence d'une autre variante qui serait même la plus courante,
TBJ soulève la doctrine de la naissance virginale de Jésus.
Ce dogme catholique-romain n'est pas contredit par la majorité des Églises, bien qu'il
existe des exégètes et des croyants qui ne l'admettent point. La position de Marie, la mère de
Jésus, comme la Sainte Vierge n'est pourtant pas assumée par les protestants. Dans le cas où la
traduction de Jn 1:13 a été faite dans le but de soutenir les doctrines liées à la naissance virginale
(123), le mot trahison doit y être appliqué. De toute façon, la version TBJ n'est pas sérieuse à ce
sujet.
Le seul manuscrit en ancien latin et l'avis de quelques Pères de l'Église (124) ne sont point
27
LA LUMIÈRE DU MONDE
comparables au poids de tous les manuscrits grecs trouvés. Le choix des traducteurs dominicains
reste ici bien énigmatique. Leur traduction de Jn 1:12-13 touche à la malhonnêteté.
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LA LUMIÈRE DU MONDE
L'on peut trouver quelque ressemblance entre TSC et TMN; toutes les deux versions se veulent
fidèles aux écritures grecques. Pourtant, la version des Témoins de Jéhovah est en réalité une
traduction de la Bible en anglais: The New World Translation of the Holy Scriptures.
Dans la préface de TMN, il est écrit: "Les traducteurs du présent ouvrage, qui craignent
et qui aiment l'Auteur divin des Saintes Écritures, estiment avoir une obligation particulière
envers Lui, celle de transmettre aussi exactement que possible ses pensées et ses
déclarations.(128)" Une manière de montrer cette fidélité à la lettre, c'est l'emploi des parenthèses
pour montrer au lecteurs que certains mots dont les équivalents grecs n'existent pas dans le texte
original, ont été ajoutés pour améliorer le langage du texte français (129). Cet emploi de
parenthèses est cependant moins fréquent dans la version 1995 de TMN que dans celles qui l'ont
précédées.
L'emploi du nom Jéhovah distingue TMN des autres traductions. Ce nom figure une fois
dans nos textes: "Tu ne dois pas jurer sans tenir, mais tu dois t'aquitter envers Jéhovah de tes
vœux."(130) Pour les traducteurs de TMN cette manière d'écrire le nom divin est importante, ce
que montre leur commentaire:
Quand des traducteurs écartent de leurs textes le nom personnel de Dieu, ils
outragent l'Auteur divin des Saintes Écritures... Nous avons, nous, employé le
nom de Jéhovah chaque fois que le demandaient les textes composés dans la
langue de l'original, nous interdisant la pratique qui consiste à remplacer le nom
divin, le Tétragramme, par des titres tels que "Seigneur", "le Seigneur","Adonai"
ou "Dieu"....Pour rester dans le cadre de la traduction et ne pas verser dans
l'exégèse, nous avons longuement réfléchi avant de réintroduire le nom divin
dans les Écritures grecques chrétiennes, tenant compte chaque fois des donnés
des Écritures hébraïques. Nous avons également cherché appui et confirmation
dans les versions hébraïques des Écritures grecques chrétiennes. (131)
Le nom Les Écritures hébraïques signifie ici l'Ancien Testament et Les Écritures grecques
chrétiennes le Nouveau Testament de la Bible. Les versions hébraïques des Écritures grecques
chrétiennes auxquelles TMN fait allusion ne sont pourtant pas indiquées. Quelles sont-elles? Il
nous semble que les éditeurs de TMN ont choisi des versions qui soutiennent la manière de
traduire Kurios par Jéhovah dans certains passages du Nouveau Testament mais non pas
chaque fois. Il s'agit donc, contrairement à ce que dit l'explication citée ci-dessus, d'une exégèse
et d'une interprétation qui dépendent apparemment de la tendance confessionnelle des traducteurs.
D'autres textes qui ont été écrits différemment par rapport aux autres versions sont Jn 1:1
et Jn 1:18, où l'on trouve dans la version TMN une distinction quant à la traduction de Theos
selon l'allusion de ce nom soit au Dieu le Créateur soit au dieu Jésus Christ. Le D majuscule au
début du nom indique qu'il est question de Dieu le Père, tandis que le d minuscule signale que le
texte parle de Jésus.
Comme nous l'avons déjà vu, l'explication donnée par les éditeurs de TMN, c'est que la
présence de l'article défini devant le nom montre comment il faut le traduire(132). Cette
interprétation basée sur la syntaxe de la phrase est assez rare, mais les exégètes René Kieffer (133)
et William Barclay (134) la soutiennent sans pour autant en tirer les mêmes conclusions quant à
l'originalité de Jésus.
Pourtant, TMN n'est pas conséquente à ce point, parce que dans Jn 1:6, 12, 13 et Jn 13:3,
29
LA LUMIÈRE DU MONDE
pour soulever quelques exemples, l'article définit devant le nom Theos n'est pas à trouver là non
plus. Néanmoins, dans ces versets, TMN écrit Dieu avec un D majuscule.
A notre avis, la distinction entre Dieu et dieu est bien influencée par une certaine
tradition exégète opposée à celle qui plus traditionnellement soutient l'unité entre Dieu le Père et
Dieu le Fils. Les éditeurs de TMN rejettent le dogme de la Trinité et soutiennent fortement la
distinction entre Jéhovah et Jésus (135).
30
LA LUMIÈRE DU MONDE
père des ciels". TBJ demande "notre pain quotidien", mais TCQ souhaite "notre part de
pain". Chouraqui commente ainsi:
Notre père des ciels l'ellipse réduit ici à quatre mots ce que la formule courante
exprime en six et qui, en hébreu, tient en deux seulement: abinou shèbashamaîm.
Notons que shamaîm n'existe qu'au pluriel; d'où le coeli du latin biblique et
chrétien. Le "cieux" du vocabulaire religieux courant comporte une nuance
affective absente du terme hébreu. Ciels, préférable phonétiquement, évoque une
multiplicité d'aspects bien réelle.(138)
31
LA LUMIÈRE DU MONDE
5. CONCLUSION
Au cours de notre étude des cinq traductions bibliques, nous avons pu constater qu'il est bien
possible d'y trouver un message commun. Dieu est principalement présenté comme le Père céleste.
Pour disperser les ténèbres d'un univers qui s'était éloigné de lui, il a allumé la lumière du monde
par l'envoi de son Fils Jésus à l'humanité. Tous ceux qui croient en lui deviennent enfants de Dieu
et c'est leur mission de réflèter son amour aux hommes. Ainsi les croyants, les disciples de Jésus,
seront eux aussi appellés des lumières du monde.
Mais, les traductions portent des différences qui ne sont pas toujours de moindre
importance. Le style de certaines versions, notamment TBJ et TSC paraît plus adapté à l'usage
liturgique, alors que le langage employé dans TOB et TCQ semble davantage courant. Un
exemple dans nos textes qui en témoigne, ce sont les écritures différentes de la prière le Notre
Père.
Les difficultés de traduire l'expression logos peuvent s'expliquer par le fait qu'il ne s'agit
pas seulement d'un mot grec, mais au temps de la genèse du Prologue, ce terme était pourvu
d'interprétations philosophiques et religieuses bien variées. Variées sont aussi les solutions
proposées par les traducteurs: le Verbe, la Parole, le logos. Elles mettent chacun l'accent sur un
aspect particulier (142), que l'on croit pertinent.
Ainsi est-il certainement avantageux pour le lecteur biblique de pouvoir comparer des
traductions différentes dans le but de trouver plus profondement le sens d'une expression qui n'est
guère possible de traduire par un seul mot. Une conséquence est donc que la multitude de
traductions bibliques pourrait être utile pour ceux qui n'ont pas les moyens d'étudier la Bible dans
la langue originale.
Cependant, ce que nous n'approuvons point, c'est la manière de nombreuses versions
d'imposer aux lecteurs des interprétations particulières de textes bibliques. Nous avons trouvé des
traces de certaines traditions doctrinales, des traductions que nous considérons toucher à la
malhonnêteté et qui pourraient être qualifiées de trahison!
TBJ dévie le sens de Jn 1:13 par son changement de pronom dans le texte. Au lieu de
parler de la vie nouvelle et d'une naissance spirituelle des croyants, elle soutient la doctrine de la
naissance virginale de Jésus, ce dont ne parle pas le texte original d'après les anciens manuscrits
grecs.
Un autre exemple de traduction tendancielle, c'est la manière de TMN de distinguer Dieu
de Jésus par son emploi de majuscules et minuscules dans Jn 1:1,18 dans le but de contester les
doctrines catholiques et protestantes au sujet de l'originalité du Christ.
Les protestants ne sont pas plus fidèles au texte propre que le sont les catholiques et les
Témoins de Jéhovah. L'ajout de la doxologie à la fin de la prière le Notre Père dans Mt 6:13 n'est
pas fondé dans le texte original mais plutôt dans la tradition de l'Église Réformée qui fait valoir
plus que d'autres orientations chrétiennes la gloire de Dieu: Gloria Dei.
Les traductions différentes du nom Kurios dans Mt 7:21-22, d'après TCQ, pourraient
être interprétées comme un signe de crainte juive que Jésus et le Créateur ne soient confondus.
Cette distinction n'est pas justifiée par le texte grec.
Les difficultés de trouver des traces tendancielles dans TOB sont certainement dues au fait
qu'il s'agit ici d'une version interconfessionnelle. Nous avons pourtant démontré la traduction un
peu particulière dans Mt 6:1a: "Garder vous de pratiquer votre religion devant les hommes pour
32
LA LUMIÈRE DU MONDE
attirer leur regard..."(143) Cette écriture pourrait être comprise comme un signe d'œcuménisme.
Dans ce cas il faut constater que TOB n'atteint pas l'objectivité espérée non plus.
Nous reprochons doncs aux auteurs des cinq traductions leur infidélité au texte propre de la Bible.
Il existe cependant différents degrés de fidélité. Ce qu'à notre avis rend TCQ meilleure que les
autres Bibles, et cela de loin, c'est son atmosphère hébraïque. Malgré le problème lié à la
traduction de Mt 7:21-22, nous osons proposer que cette version illumine plus que les autres le
message biblique original.
Notre citation d' Hélène Marchessou (144) démontre combien il est difficile de traduire en
français le message né dans une culture lointaine, sans en perdre le sens profond. Le problème
principal de nombreuses traductions de la Bible, c'est, à notre avis, le manque de connaissance de
la culture hébraïque, berceau de la Bible. Le long de l'histoire des millénaires depuis la vie terrestre
de Jésus-Christ, les exégètes, les traducteurs et les dirigeants de l'Église ont réussi à déhébraïser
les textes qui ont pourtant été considérés comme la Parole de Dieu.
Bien que le Nouveau Testament soit écrit en grec, ceci n'était certainement pas la langue
maternelle des auteurs. Les premiers chrétiens vivaient dans un milieu hébraïque. Jésus ne parlait
pas le grec: il enseignait le peuple en araméen; il citait les textes bibliques dans la langue des
anciens prophètes, l'hébreu.
Les paroles initiales du Sermon sur la montagne: "En marche, les humiliés du souffle! Oui,
le royaume des ciels est à eux!", prononcées par Jésus selon la version TCQ, montrent combien
l'atmosphère hébraïque réintroduit dans la Bible peut rendre son message plus authentique et plus
conforme aux anciennes écritures prophé-tiques. Faut-il un homme juif, un fils d'Israël pour
disperser les ténèbres et pour rallumer la lumière dans le monde chrétien? Oui. Bien évidemment!
____________
33
BIBLIOGRAPHIE
1. Bibliographie primaire
La sainte Bible traduite en français sous la direction de l'École biblique de Jérusalem, (1re éd.:
1956), Les éditions du Cerf. Paris,1993.
Les Saintes Écritures. Traduction du monde nouveau, (1re éd.: 1974), Watchtower Bible and
tract society, New York, 1995.
La traduction œcuménique de la Bible, (1re éd.: 1975),Société biblique Française- Le Cerf. Paris,
1988.
La sainte Bible traduite d'après les textes originaux hébreu et grec. Nouvelle version Segond
révisée, (1re éd.: 1978), Société biblique française, Paris, 1994.
2. Bibliographie secondaire
GIBAUD, Henry (ed.), Les problèmes d'expression dans la traduction biblique, Actes du
colloque des 7-8 novembre 1986 Université Catholique de l'Ouest, Institut de
Perfectionnement en Langues Vivantes, 1988.
The Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures, Watchtower Bible and Tract
Society of New York INC, 1985.
34
LA LUMIÈRE DU MONDE
BARCLAY, William, The gospel of John, The Saint Andrew Press, Edinburgh, 1964.
BOFF, Léonardo, Le Notre Père, Une prière de la libération intégrale, Les Éditions du Cerf,
Paris, 1988.
MORRIS, Leon, The Gospel according to John, Marshall, Morgan & Scott, London, 1972.
STOTT, John, Matthieu 5-7. Le sermon sur la montagne, Presses bibliques universitaires,
Lausanne 1987
TASSIN, Claude, L'Évangile de Matthieu, Centurion, Paris, 1991
2c. dictionnaires outils
CARREZ, Maurice, MOREL, François, Dictionnaire grec-français du Nouveau Testament,
Delachaux et Niestlé, Neuchatel, 1971
BROWN, Colin ed., The new international dictionnary of New Testament theology The
Paternoster press, Exeter 1975
Le Nouveau Petit Robert, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1993
The Analytical Greek Lexicon, Samuel Bagster & Sons LTD, London, 1967
2d. biographies
CHOURAQUI, André, L'amour fort comme la mort. Une autobiographie, Robert Laffont, Paris,
1990
2e. sur la linguistique
MITTERAND, Henri, Le discours du roman, Presses Universitaires de France, Paris, 1986
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35
ANNEXE
Quatre des traductions étudiées nous étaient déjà un peu familières quand en novembre 1995, au
cours d'un séjour à Orléans en France, nous en avons fait connaissance avec la cinquième: la Bible
traduite par André Chouraqui. Sa version nous a beaucoup intéressée et après avoir lu son
autobiographie L'amour fort comme la mort, nous avons pris contact avec lui pour en savoir plus.
Lors d'un voyage en Israël en avril 1996, nous avons eu l'occasion de rendre visite au traducteur
israélite pour un entretien chez lui. Cette rencontre nous a fait comprendre et apprécier encore
mieux ses efforts pour traduire la Bible.
Natân André Chouraqui est né en Algérie le 11 août 1917, le samedi 23 Ab, de l'an 5677
l'heure hébraïque. Au cours de l'occupation nazie de la France, il s'est engagé dans la Résistance
et après la naissance de l'État d'Israël, il s'est installé à Jérusalem où il était conseiller du président
Ben Gourion et puis maire-adjoint de la ville. Sa thèse de doctorat en droit, soutenue à Paris en
novembre 1948, traite de la création de l'État d'Israël. Outre sa production littéraire, surtout sur
les Juifs et le rôle d'Israël, ses œuvres de traduction sont importantes. Parmi celles-ci se trouvent
le Coran et ... la Bible!
L'habitation de Chouraqui est située dans un quartier assez proche de la vieille ville de
Jérusalem et par la fenêtre de son bureau la vue sur le Mont Sion est magnifique. Cette situation
a certainement inspiré le traducteur de la Bible. La visite dans ce lieu nous a fait contempler les
paroles du prophète Michée:
Le traducteur juif avec l’auteur du mémoire. Par la fenêtre: vue sur le mont Sion
Nous avons été fort déçu de ne pas avoir pu trouver les traductions de Chouraqui dans les
librairies chrétiennes de Jérusalem. On nous a même conseillé de lire les versions bibliques
élaborées par des chrétiens au lieu de celle du juif. Vu le résultat de notre recherche présenté dans
36
LA LUMIÈRE DU MONDE
ce mémoire, nous déplorons vivement ce que nous considérons comme un aveuglement chez
quelques habitants de la ville de Jésus. La déclaration de l'apôtre Paul concernant la lecture
biblique de beaucoup de fils d'Israël ne touche-t-elle pas aussi des chrétiens? "quand Moshè est
lu, un voile gît sur leur cœur." (146)
Un thème abordé lors de notre entretien avec André Chouraqui, c'était la méthode qu'il
avait employée pour traduire le Nouveau Testament: la référence à la koiné (147) des rabbis
d'Alexandrie. Il faut étudier comment la Bible hébraïque a été traduite de l'hébreu en grec dans
la Septante du IIIe siècle av.J.-C.
Répondant aux questions l'auteur de TCQ nous a expliqué les expressions du vocabulaire
biblique Dieu, Seigneur et bienheureux qui traduisent Theos, Kurios respectivement makarioi.
Ces termes grecs expriment à leur tour ce dont parle la Bible hébraïque par l'emploi du nom divin
Elohîm, du nom très saint représenté par le tétragramme IHVH et de l'adjectif ashréi (148).
L'importance des noms personels dans la culture hébraïque a été particulièrement soulevée.
Sans aucun doute, le lecteur de la Bible a beaucoup à apprendre de ceux qui vivent la
culture hébraïque. L'étude de TCQ et la rencontre avec son auteur dans le lieu biblique même
nous ont beaucoup encouragé et ont rendu nos efforts pour l'accomplissement de ce travail très
enrichissants. Nous remercions André Chouraqui pour sa gentillesse de nous avoir reçu dans sa
jolie maison à Jérusalem!
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NOTES
1 TMN
5 TBJ, p.1
7 TMN, p.3
9 Jn1:9, TSC
10 Jn 8:12, TSC
11 Jn 9:5, TSC
12 Mt 5:14-16, TSC
13 TCQ
14 TOB
15 TMN, dans le même verset, cette traduction écrit d'abord Dieu et ensuite dieu
16 TBJ
17 TCQ
22 Mt 27:37, TBJ
25 Jn 14:6, TBJ
26 Jn 20:31, TSC
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LA LUMIÈRE DU MONDE
27 Mt 5:1
28 Mt 4:17, TOB
29 ibid.
31 ibid., TCQ
32 Jn 1:7, TBJ, TMN, TOB, TSC (TCQ écrit adhérer par lui)
34 Jn 1:12
35 Jn 3:3-16
36 Mt 6:6b, TBJ
37 Mt 6:8, TOB
38 Mt 6:14, TMN
39 Mt 6:26, TSC
42 Nous avons additionné la fréquence des mots dans la totalité des cinq traductions.
43 Mt 5:34, TBJ
44 Mt 6:9, TBJ
46 Mt 6:19-21
47 Mt 6:26, TBJ
48 Mt 6:10, TBJ
49 Mt 5:38, TBJ
50 Mt 6:22-23, TOB
51 Mt 5:27-28
52 Mt 7:1-7, TCQ
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LA LUMIÈRE DU MONDE
53 Mt 7:17-20, TOB
54 Mt 7:21, TOB
55 Jn 1:9, TSC
56 Mt 5:14-16
57 TSC
58 Jn 1:7, TOB
60 TSC, p.IX
61 Mt 5:33
62 Jn 1:1
63 Jn 1:14
64 Mt 5:33
66 Jn 1:1
68 Dithéisme signifie la croyance à deux dieux qui sont égaux mais opposés; l’un est bon, et
l’autre mauvais. Le terme n’est pas vraiment correctement employé dans l’exemple ici!
70 ibid., p.478
71 ibid.
73 Exode, ch.3
77 Mt 7:28, Jn 1:17
78 Jn 1:17
40
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79 p.7
80 Jn 1:17
83 1 Samuel 16:13
84 Lc 3:21-23
85 Lc 4:18, TBJ
87 logoV en araméen
88 TOB
89 les savants juifs, auteurs de Targum, les traductions araméennes des textes bibliques
92 Mt 7:28, TBJ
93 Jn 1:14a
96 Jn 1:1
98 Nous avons marqué en italique les différences quant au sujet dans Jn 1:12-13.
99 Mt 5:3-12
100 Mt 6:9-13
101 Mt 7:12
102 Mt 5:3
103 Le texte parallèle dans l'évangile de Luc parle plus concrètement d'une pauvreté matérielle
et sociale (voir Lc 6:20).
41
LA LUMIÈRE DU MONDE
104 Note marginale expliquant Mt 5:3, TBJ. Les point marquent que nous avons supprimé les
références données à d’autres passages bibliques.
107 Un enoncé performatif signifie que son énonciation accomplit l'action qu'il exprime (voir
V.Schott-Bourget, p.99)
111 TBJ
112 TOB
113 TSC
114 TMN
115 TCQ
119 donc!
120 notre traduction de ces passages: "Katolikerna blir uppmanade inte bara att läsa bibeln, utan
även att söka förstå den rätt. Det innebär för det första, att bibeln endast kan förstås i kyrkans
levande tradition... Det är kyrkan som tolkar skriften... En följd av detta är kravet att de biblar
som trycks för allmänt bruk skall vara försedda med förklaringar.
124 Veronensis (manuscrit en ancien latin), Pères de l’Église, entre autres: Irenaeus, Tertullian,
Origen, d’après The Greek New Testament, 1966
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LA LUMIÈRE DU MONDE
127 L'expression sectaire n'est pas employée dans un sens péjoratif. D'après Le Nouveau Petit
Robert le nom secte signifie un "groupe organisé de personnes qui ont la même doctrine au sein
d'une religion" et l'adjectif sectaire "adhérent intolérant d'une secte religieuse". D'après notre
interprétation des déclarations faites dans la partie SUJETS DE CONVERSATIONS
BIBLIQUES, ps.1650-1661, il est difficile de voir comment les éditeurs de TMN pourraient
collaborer avec et même tolérer des chrétiens d'autres Églises et d'autres courants spirituels. Voir
par ex. p.1656: 27.Œcuménisme et p.1658: 33.Religion .
129 Il faut signaler que TMN ne fournit pas d'explication des raisons de son emploi de
parenthèses. Nous en indiquons seulement notre interprétation.
130 Mt 5:33b
135 voir The Kindom Interlinear Translation of the Greek Scriptures, ps.1139-1146 et TMN
p.1661: "43. Trinité"
141 Mt 6:11,12
147 le grec parlé, langue universelle à l'époque des auteurs du Nouveau Testament
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LA LUMIÈRE DU MONDE
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