A-1-1 :
Différences d'objectifs :
La morale vise le perfectionnement individuel et intérieur.
Le droit organise les rapports sociaux et garantit l'ordre social.
Étendue des règles :
La morale régit à la fois les actes et les pensées, imposant des devoirs plus larges.
Le droit se limite aux actes extérieurs, sans sanctionner les intentions non manifestées
(art. 59 du code pénal).
Conflits entre droit et morale :
Prescription : Le droit prévoit des délais (extinctive ou acquisitive, art. 45 du C.D.R),
mais la morale condamne toujours les actes injustes ou immoraux.
Appropriation : Le droit peut légitimer l’acquisition d’un bien par possession
prolongée, ce que la morale désapprouve.
En quelques mots :
Le droit et la morale ont des domaines différents parce que le droit régit les relations sociales
par des règles externes et sanctionnées juridiquement, tandis que la morale vise à gouverner la
vie intérieure et les comportements individuels sans mécanisme de coercition légale.
A-1-2 :
Sanctions morales : Internes, reposant sur la conscience individuelle (remords,
regrets). Elles sont autonomes, chacun étant son propre juge (selon Kant).
Sanctions juridiques : Externes, imposées par un tiers (autorité étatique), et exécutées
par des moyens coercitifs (dommages-intérêts, emprisonnement). Le droit est
hétéronome (Kant).
Portée des sanctions :
o Les sanctions morales sont personnelles et dépendent de la conscience
individuelle, leur efficacité étant limitée.
o Le droit peut renforcer les règles morales en les transformant en règles
juridiques, assurant ainsi leur respect par la contrainte étatique.
Différence en quelques mots :
Les sanctions du droit sont extérieures et coercitives, tandis que celles de la morale sont
intérieures et volontaires.
A-2-1
La morale inspire le droit : Elle est à l'origine de nombreuses règles juridiques qui
traduisent des devoirs moraux en obligations légales, parfois explicitement (ex. :
bonne foi, abus de droit, contrats annulés pour cause immorale).
Influence technique et sociale : Même les aspects techniques du droit (Code de la
route, fiscalité) trouvent une légitimation morale (ex. : solidarité, répartition des
richesses).
Évolution parallèle : La morale évolue et actualise le droit, influençant des débats
modernes comme la dignité humaine, la moralisation des pratiques commerciales, ou
la loyauté dans la preuve.
Interaction dynamique : Le droit incorpore des principes moraux tout en participant
à leur transformation, notamment dans des questions complexes comme l’avortement,
où il peut créer de nouvelles normes morales.
Comment la morale est moteur du droit ?
La morale guide l'élaboration des règles juridiques, légitime les normes techniques, actualise
le droit en fonction des valeurs évolutives de la société, et contribue à sa cohérence en évitant
les dérives contraires aux bonnes mœurs. En retour, le droit influence la morale, renforçant
leur interdépendance dynamique.
A-2-2 :
Le droit peut être un facteur d’évolution de la morale en introduisant des réformes législatives
qui, bien qu’au départ perçues comme choquantes par une partie de l’opinion publique,
finissent par être largement acceptées et intégrées dans les mœurs. Ces réformes, telles que la
légalisation du divorce, de l’avortement, de l’adoption, du PACS ou du mariage homosexuel,
montrent comment le droit peut initier un changement dans les valeurs morales d'une société.
Le droit prend ainsi en charge des évolutions sociales, et, parfois, crée une nouvelle morale en
l’imposant comme règle de conduite à travers la contrainte légale.