Politique budgétaire en Algérie (2000-2006)
Politique budgétaire en Algérie (2000-2006)
1
Introduction générale
Depuis son indépendance en 1962, l’Algérie n’a jamais cessé d’évoluer au rythme des exigences
de notre temps. Passant, de la révolution agraire aux plans de développement et à la
nationalisation de ses richesses au temps de l’économie planifiée et dirigée, l’Algérie
d’aujourd’hui entreprends d’autres réformes socio-économiques et politiques, affichant ainsi sa
volonté d’adhérer aux règles de l’économie de marché et cela dès la fin des années quatre-vingts
et de rompre ainsi avec les pratiques de l’ancien système économique.
En effet, à la fin des années quatre-vingts, l’Algérie se retrouve dans une situation économique et
sociale des plus déplorable, avec entre autres l’accumulation des déficits économiques, financiers
et sociaux. La résorption de ces déficits et l’assainissement incontournable de la situation
économique et financière de l’Algérie, a rendu inévitable l’application d’un programme
d’ajustement structurel (PAS).
Une application qui a suscité, durant les années quatre-vingts dix, un débat de plusieurs analystes
de l’économie algérienne et qui ont tenté d’apporter des éléments de réponse à la crise que vivait
le pays. Certains avait déjà soutenu la politique conjoncturelle contra cyclique lancée à partir de
1994 afin de stopper la dérive inflationniste, aussi de trouver le moyen de rétablir l’équilibre de
la balance des paiements et enfin de préparer les conditions d’une relance économique durable1.
Cela dit, ces programmes s’ils sont utiles, se sont avérés très peu efficaces, quant à la relance de
la croissance et la lutte contre la pauvreté ; que seul un agent économique de la taille et de la
puissance de l’Etat, détient.
Après, la tourmente que l’Algérie a vécue durant de longues années, les efforts ont pour objectif
d’asseoir les bases solides d’un essor décisif, qui permettra de valoriser pleinement ses atouts en
1
Abdelmadjid BOUZIDI : Les années 90 de l’économie algérienne : les limites des politiques conjoncturelles. Ed
ENAG. Alger.1999.
2
diversifiant sa base productive, en affrontant la compétition internationale et en désengageant le
pays d’une dépendance trop exclusive des hydrocarbures2.
Ainsi, dès l’année 2000, et à la faveur de l’accroissement de ses ressources, certes non pérennes,
l’Algérie a opté pour un soutien franc de son économie à travers l’élaboration de deux plans pour
le soutien et la consolidation de la croissance : le plan de soutien à la relance économique
(PSRE/ 2001/2004) estimé à 7 milliards US$ soit l’équivalent de 525 milliards de DA et le plan
complémentaire de soutien à la croissance estimé quant à lui à 55 milliards US$ soit l’équivalent
de 4200 milliards de DA (PCSC/2005/2009).
Le pays s’est engagée dans une vaste dynamique de transformation qui vise à élargir les bases
d’une économie forte et pleinement accordée aux exigences de notre temps via le rétablissement
puis de la consolidation des équilibres macroéconomiques, d’une part, et des réformes engagées
afin de modifier en profondeur les modes d’organisation et de fonctionnement de l’économie,
d’autre part3.
Ce grand projet de relance socioéconomique auquel l’Algérie s’est aligné et dont la réalisation
est effective depuis l’année 2001 avec le lancement du premier programme a pu voir le jour
grâce à l’aisance financière, a pour objectif la relance de l’économie afin de l’asseoir sur des
bases d’une économie forte, solide et qui puisse répondre aux multiples exigences de l’économie
de marché.
Il est important de s’arrêter sur la définition d’une relance économique qui sous entend la
réalisation d’une croissance économique soutenue à un rythme durable et dont la définition selon
François Perroux est « l’accroissement durable d’une unité économique simple ou complexe,
2
IDEM
3
Propos tenus par le président de la république Abdelaziz BOUTEFLIKA lors du dixième congrès des hommes
d’affaires arabes selon l’article « les hommes d’affaires arabes seront particulièrement les bienvenus » EL
MOUDJAHID du samedi 18 novembre 2006.
3
réalisé dans les changements de structures et éventuellement de systèmes, et accompagné de
progrès économiques variables »4. L’agrégat dans lequel la croissance est mesurée est le produit
intérieur brut et la croissance peut être extensive ou intensive :
La croissance5 est dite extensive lorsque l’augmentation du produit est plus que proportionnelle à
l’augmentation des facteurs de production utilisés par contre elle est intensive lorsqu’il y a une
augmentation de la productivité qui mesure l’efficacité d’un facteur de production.
Ainsi, au terme de ce programme, est-il nécessaire et légitime de s’arrêter, sur les résultats de la
mise en œuvre de ce plan de la politique de relance et l’opportunité de la relance d’une économie
par la dépense publique ? ; En d’autres termes :
Que vaut une relance économique exclusivement par le biais des dépenses publiques ?
D’une autre façon, quel est l’impact de l’augmentation des dépenses publiques sur le relance
économique en Algérie durant la période 2000/2006 ?
A partir de cette problématique, deux questions s’imposent à fin de mieux traiter le thème de
notre sujet à savoir d’une part, la nécessité de revoir les fondements théoriques de l’utilisation
de la politique budgétaire à des fins de relance économique et d’autre part de faire le lien avec
la situation économique en Algérie qui a balancé d’une situation de stabilisation économique
vers une relance économique à partir de l’année 2000.
Pour tout cela, nous avons structuré notre travail en deux parties :
La première partie dont l’objet est : les fondements théoriques de l’utilisation de la politique
budgétaire à des fins de relance économique, va se décliner en trois chapitres ou nous abordons :
Tout d’abord, une présentation de la politique budgétaire dans un premier chapitre, à travers
laquelle sont revus les éléments essentiels qui la constituent.
4
M. DEPREZ et M. DUVAUT : Réussir l’U.V.2 (économie) Ed Techniplus. Paris. 1993. P98.
5
IDEM.P100.
4
Ensuite, une évolution de l’approche de l’équilibre budgétaire dans un deuxième chapitre, ou il
sera question de son évolution à travers les différents courants de pensée économique.
Enfin, du modèle fondamental du multiplicateur keynésien dans un troisième chapitre ou nous
revoyons une présentation et le fonctionnement de ce multiplicateur keynésien.
Quant aux informations contenues dans notre modeste travail, elles émanent des institutions
internationales telles que la Banque Mondiale et l’OCDE et Les institutions nationales telles que
le Ministère des Finances, l’office national des statistiques (ONS) et le centre national de
l’informatique et des statistiques (CNIS).
Cela dit, quelques difficultés à traiter et à évaluer certains points pour cause d’insuffisance
d’information, probablement parce que le sujet est un sujet qui est loin d’être épuisé, et que
certains efforts, certainement positifs, n’ont pas fini de voir le jour.
5
Le plan
Introduction générale
6
Chapitre 2 : évolution de l’approche de l’équilibre budgétaire
7
Section 2 : présentation du principe du multiplicateur
Paragraphe 1 : présentation de la fonction de consommation et de la fonction d’épargne
Paragraphe 2 : détermination du revenu par l’épargne et l’investissement
Paragraphe3 : détermination de la production par la consommation et l’investissement
Section 1 : une économie planifiée et centralisée axée sur la rente pétrolière comme source
de financement de l’investissement public (1962/1971)
Paragraphe 1 : éléments de la stratégie de développement adoptée
Paragraphe 2 : les résultats de la stratégie adoptée
8
Section 2 : crise de l’économie algérienne (les années 80)
Paragraphe 1 : restructuration des entreprises publiques
Paragraphe 2 : crise d’endettement, intervention des institutions internationales de Bretton
Woods et début de la libéralisation
9
Section 2 : une politique d’expansion budgétaire via des programmes de relance
économique
Paragraphe 1 : le plan de relance économique (PSRE) 2001/2004
Paragraphe 2 : le plan complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) 2005/2009
Section 2 : impact sur le plein emploi et la stabilité des prix (chômage et inflation)
Paragraphe 1 : étude de l’impact sur le plein emploi (chômage)
Paragraphe 2 : étude de l’impact sur la stabilité des prix (inflation)
Conclusion générale
10
Première partie
11
Introduction de la première partie
Ceci nous amène à nous interroger sur la politique budgétaire, comme étant instrument de la
politique économique : pourrait elle être considérée comme instrument de relance
économique ? , et comment utiliser la politique budgétaire pour réaliser des fins de relance
économique et son utilisation à la lumière de l’évaluation de la politique budgétaire utilisée
pour relancer l’économie de l’Algérie?
Afin de cerner les différentes questions liées à cette partie et dans le but d’apporter des éléments
de réponse à notre problématique, un premier chapitre est réservé à la présentation de la
politique budgétaire. Ensuite, on s’attachera à étudier l’évolution de l’équilibre budgétaire dans
un deuxième chapitre. Enfin, nous consacrerons le troisième chapitre au modèle fondamental du
multiplicateur keynésien (chapitre 3).
12
Premier chapitre :
Présentation de la politique budgétaire
L’étude de la politique budgétaire peut être appréhendée sous plusieurs aspects. Cela dit, pour les
besoins de notre thème de recherche, nous avons choisi de privilégier trois aspects de la politique
budgétaire. Tout d’abord, on traitera les définitions y afférent et les objectifs dont elle dispose
(section 1), ensuite nous aborderons l’étude de l’instrument budgétaire dont disposent les
pouvoirs publics, à savoir le budget de l’Etat (section 2) enfin nous achèverons la présentation
avec l’étude des différents moyens de la politique budgétaire (section3).
La politique budgétaire est l’une des politiques économiques dont disposent l’Etat afin de gérer
l’activité économique. Pour donner une définition de la politique budgétaire, il est judicieux de
traiter la politique économique à travers sa définition, ses différentes formes (paragraphe 1) et
ensuite d’aborder les objectifs de cette dernière (paragraphe 2).
« La politique budgétaire est l’un des principaux leviers de la politique économique. Elle
consiste à utiliser le budget de l’état (dépenses publiques, prélèvement fiscaux) pour influer sur
13
la conjoncture économique »[Link] est aussi « l’un des principaux outils de politique
macroéconomique dont dispose l’Etat »7.
« La politique budgétaire c’est l’utilisation de l’outil fiscal et de l’outil de la dépense publique à
des fins d’actions sur l’activité économique »8.
Pour mieux cerner la définition de la politique budgétaire, nous allons étudier le concept de la
politique économique et de ses différentes formes.
La politique économique trouve d’abord son origine dans la profonde crise économique des
années trente qui ébranla les certitudes libérales ; Le ‘’laissez –faire’’,’’laissez-passer’’ qui avait
pu tenir lieu de doctrine économique céda la place à la lutte contre le chômage de masse et la
contraction de l’activité économique.
Elle trouva ensuite sa justification théorique dans l’œuvre de John Maynard Keynes qui, dans la
théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), démontre que les économies de
marché contemporaines peuvent s’installer durablement dans un équilibre de sous- emploi. En
effet, le circuit macroéconomique est déterminé par des variables psychologiques (préférence
pour la liquidité, anticipations, des entrepreneurs, proportion à consommer des ménages), tous
ces facteurs n’assurent pas forcément une demande globale, une production puis un niveau
d’emploi suffisant pour l’ensemble de la population active (plein-emploi). Pour y remédier,
Keynes propose de réguler la demande globale grâce à l’action du multiplicateur de la dépense
initiale.
6
Stéphane TULET : comprendre l’économie (Les cahiers français). N° 315. P59.
7
Elijah. M. JAMES : Economie globale (une approche de résolution des problèmes) 3Ed. Beauchemin. QUEBEC.
1996. .P 250.
8
Eric BESSERELLE : les courants économiques et leurs enjeux. Top [Link].1998 P 186.
14
dirigeants politiques convaincus de leurs responsabilités en matière de croissance et d’emploi
face aux insuffisances des mécanismes de marché.
Selon l’objectif recherché, on distingue les politiques structurelles qui agissent à long terme, et
les politiques conjoncturelles qui produisent leurs effets à plus court terme.
Elle vise à transformer un système économique afin d’en améliorer le fonctionnement .Elle prend
la forme de politiques industrielles, commerciales ou de la concurrence, elle peut être sectorielle
ou régionale.
Aussi, la politique structurelle gère les externalités, qui sont les conséquences involontaires sur la
collectivité des comportements privés car l’Etat doit systématiquement prendre en charge les
actions d’une manière excessive quand elles sont négatives dans le cas de la pollution, et
insuffisamment quand elles sont positives dans le cas de la santé et de l’éducation de certains
agents économiques sur le marché. Elle permet également d’améliorer le fonctionnement du
marché des biens et services grâce à la politique commerciale, ou celui des facteurs de
productions à travers la reforme des marchés financiers. Enfin, la politique de la concurrence
veille à lutter contre les monopoles et les pratiques déloyales tel que l’abus de position
dominante, ou encore en cas d’ententes défavorables aux consommateurs.
15
2- La politique conjoncturelle :
La politique conjoncturelle a pour objectif de régler l’activité à court terme de telle sorte qu’elle
garantisse une croissance forte sans les déséquilibres que sont le chômage, l’inflation et le déficit
extérieur .Il s’agit principalement des politiques monétaires, budgétaires ou de change.
Pour la mise en œuvre des politiques économiques, elles devraient suivre deux principes :
2-1) : Le premier a été mis en exergue par les travaux de Tinbergen (1952), qui considère que la
politique économique peut être décrite comme un système de décision reflétant « les relations
entre des objectifs qui déterminent le satisfaction du décideur politique mais qui ne sont pas
directement contrôlés par lui et des instruments qui constituent les variables de demande »9 ,
aussi selon Tinbergen, un ‘’principe de cohérence ‘’impose de disposer d’autant d’instruments
que d’objectifs.
9
Gérard DUTHIL et William MAROIS : les politiques économiques. Ed ellipses. Paris.1997.P 22.
16
Jan Tinbergen, selon Robert SOLOW10, venait de démontrer qu’une société devait pouvoir
disposer d’autant d’instruments de politique économique que d’objectifs qu’elle souhaitait
atteindre. Dans le champ de la politique macroéconomique, les buts étant, à l’évidence,
multiples, il fallait pouvoir manipuler plusieurs instruments. Les rôles, tant séparés que conjoints,
des politiques budgétaire et monétaire étaient alors des sujets de discussion fort courants parmi
les économistes.
Généralement, les responsables politiques expriment une certaine hiérarchisation entre les
objectifs qui renvoient à des choix politiques de favoriser tel ou tel secteur, au service de telle ou
telle groupe social. .Ainsi, après la seconde guerre mondiale, la situation du chômage était telle
que l’objectif du plein-emploi prévalait.
Au début des années 80, les États-Unis et le Royaume –Uni donnaient la priorité à la stabilité
des prix car les économies américaines et britanniques étaient minées par les problèmes
d’inflation, ce qui explique la priorité donnée à la stabilité des prix à la différence de la France
qui souffrait d’un taux de chômage supérieur à 10%.
Durant les années 80 et au début des années 90, la stabilité des prix devient l’objectif prioritaire
dans nombre de pays occidentaux et qui reste d’ailleurs parmi les critères affichés pour la mise
en place de l’union monétaire européenne.
2-2) Le deuxième principe dit :’d’efficience’ est élaboré par Robert Mundel11 et dans lequel il
indique que le décideur doit utiliser chaque instrument pour réaliser l’objectif au regard duquel il
possède la meilleur efficacité relative alors, si on considère un monde avec seulement deux
instruments et deux objectifs par exemple interne de revenu et externe de balance des paiements
courants, l’affectation efficiente retenue consiste à appliquer la politique monétaire à l’équilibre
10
Robert SOLOW : Revue de l’OFCE n° 83 propos tenus dans son article : Peut on recourir à la politique
budgétaire ? Est-ce souhaitable ?
11
IDEM. P 28
17
externe et la politique budgétaire à l’équilibre interne. Mais cette approche normative12 se heurte
à une réalité plus complexe, dans laquelle les différents objectifs se révèlent largement
antinomiques car une faible inflation s’obtient souvent au prix d’un chômage plus élevé ; et la
reprise de la croissance pénalise l’objectif de l’équilibre extérieur on va de pair avec une reprise
de l’inflation.
Cela dit, pour agir sur ces indicateurs de performance, l’Etat se munit d’énormes moyens et
instruments, tous rattachés de prés ou de loin au budget de l’Etat. Car, s’il est vrai que le
budget13 constitue de par sa masse, un important outil de régulation de l’activité et une
composante essentielle de la demande globale, alors la question de fond consiste cependant à
savoir de quel côté il convient de ‘’pousser’’ les leviers de la dépense et de la fiscalité.
Alors que les keynésiens préconisent la relance par le déficit budgétaire et l’accroissement de la
dépense publique par le biais de l’action du multiplicateur, les libéraux préconisent une relance
par la réduction de la dépense publique et de l’impôt .Finalement à la différence de l’impôt qui
agit essentiellement par incitation, la dépense publique permet à l’Etat d’agir directement sur
l’économie. Pour se faire, l’Etat jouit en effet, d’un important instrument pour la gestion de son
économie, cet instrument c’est le budget de l’Etat. Alors, qu’en est-il de cet instrument et de son
contenu ?
12
Stéphane TULET Op. Cit. .P 57.
* la balance des paiements courants signifie le solde des échanges de marchandises et de services.
13
Eric BOSSERELLE. Op. Cit. P69
18
En guise de conclusion, la politique budgétaire est une des politiques économiques
conjoncturelles mises aux mains des pouvoirs publics. Elle permet d’orienter l’activité
économique sur le court terme en agissant sur le circuit du revenu par le biais de ses moyens.
Que sont alors les moyens de la politique budgétaire ?
Ainsi, pour atteindre ses objectifs, la politique budgétaire se munit d’autant de moyens que
nécessaire ; pour les besoins de notre thème de recherche, nous allons nous en référer à deux
seulement à savoir : les soldes budgétaires (paragraphe 1) et les stabilisateurs automatiques
(paragraphe 2).
Les finances publiques ont nettement évolué depuis les conceptions classiques aux conceptions
modernes sur un bon nombre de points notamment le concept des déficits budgétaires, leurs
causes et leur apport par rapport à l’économie.
En effet, les finances publiques classiques estimaient que le budget de l’Etat devait être équilibré
chaque mois comme le soulignait Adam Smith en 1776 « il n’est de budget qu’équilibré », il
devait en outre être d’un faible montant pour marquer le caractère improductif du budget, avec
des dépenses modérées et des objectifs strictement limités car l’Etat n’a que des fonctions
régaliennes. Aussi, la neutralité du budget qui signifie que le budget n’avait pas vocation à
19
modifier la stratification sociale ; donc le déséquilibre budgétaire est rejeté car il provoque des
déficits qui deviennent des dettes publiques néfastes pour l’économie et surtout parce qu’elles
représentent un réel fardeau pour les générations futures.
Quant aux finances publiques modernes et avec l’avènement de l’économie financière moderne,
le simple objectif d’équilibre budgétaire laisse place à la nécessité de l’équilibre économique et
donc la nécessité de stabiliser l’économie comme le soulignait Warren Smith en 1965, l’un des
économistes keynésiens dans sa citation « en règle générale le budget ne doit jamais être
équilibré –sauf dans les cours moments ou un excédent, pour juguler l’inflation, se transforme
en un déficit pour lutter contre l’inflation. ».
Donc des déficits plus importants combattent la récession tandis que des déficits moindres ou
même des excédents freinent l’inflation. Aussi, dans les finances publiques modernes, on fait la
distinction entre déficits structurels (1) et déficits cycliques (2).
Le premier fait référence à la partie structurelle du budget à savoir la partie active déterminée
par des politiques délibérées telles que la fixation des taux d’imposition, des prestations de
sécurité sociale ou de l’importance des dépenses militaires entre autres.
Le second quant à lui fait référence à la partie cyclique du budget qui est déterminée
passivement par l’état du cycle économique, c'est-à-dire par le niveau plus ou moins élevé du
revenu national et de la production.
14
Paul SAMUELSON et William. D. NORDHAUS: Macroéconomie. (Traduit de Economics, 14 éditions pages
395_ 784) les éditions d’Organisation 14 Edition PARIS.1995. P868
20
o Le budget effectif comprend les dépenses, les recettes et les déficits effectifs en unité
monétaire au cours d’une même période donnée.
o Le budget structurel évalue le montant des recettes, des dépenses et des déficits publics dans le
cas ou l’économie est à son niveau de produit potentiel.
o Le budget cyclique évalue les conséquences du cycle économique sur le budget et la mesure
des variations des recettes, des dépenses, et des déficits qui apparaissent du fait que l’économie
n’est pas à son niveau de produit potentiel mais connaît une expansion ou une récession. La
différence entre le budget effectif et le budget structurel constitue le budget cyclique.
En fait la différence entre budget structurel et cyclique est semblable à celle entre les
stabilisateurs discrétionnaires et automatiques. Les programmes décrétés par le corps législatif
constituent les dépenses et les recettes structurelles ; les impôts et les dépenses qui s’ajustent
automatiquement à l’état de l’économie constituent les dépenses et les déficits cycliques. Ainsi,
prenons le cas d’une récession, ou chaque augmentation de pourcentage du taux de chômage
actuel fera augmenter le déficit d’un certain montant. Cet accroissement du déficit cyclique
s’explique par la diminution des recettes fiscales et l’augmentation de l’assurance chômage et
des prestations sociales.
Supposons inversement que le corps législatif mette en œuvre un plan de réduction du déficit en
augmentant les taux d’imposition et en diminuant les dépenses annuelles ; ces mesures vont alors
faire diminuer le déficit structurel – le déficit budgétaire de plein emploi ou de produit potentiel -
d’un montant égal à celui des dépenses diminuées.
C’est le cas aussi, si le corps législatif décrète un programme d’un certain montant pour
subventionner la charge des enfants à titre d’exemple. Cela fera augmenter les dépenses
structurelles et donc le déficit structurel du même montant.
21
La distinction entre les déficits cycliques et structurels permet de mieux apprécier le véritable
impact de la politique budgétaire ; pour évaluer les effets de cette dernière, il est nécessaire
d’examiner le budget structurel.
Ainsi, si le déficit effectif augmente au cours d’une année donnée, les économistes diront alors 15
« le déficit est élevé, donc l’Etat stimule l’économie. » cette évaluation peut être fausse, car un
déficit plus élevé du à des taux d’imposition moindres ou à des dépenses militaires plus fortes à
titre d’exemple -à cause de l’augmentation du déficit structure- a tendance à accroître la demande
globale.
En revanche, un déficit budgétaire plus important du à une récession économique –un déficit
cyclique provoqué par le jeu des stabilisateurs automatiques- n’est pas signe d’une expansion
budgétaire ; il reflète une baisse de l’activité économique.
Les chocs modifient les composantes autonomes de la demande globale et déplacent ainsi la
droite de demande globale. On entend par demande globale « le volume des dépenses sur les
biens et services au cours d’une période »17 et par dépenses autonomes à l’opposé des dépenses
induites sont « les dépenses de consommation, les dépenses d’investissement, les dépenses
15
IDEM. p869
16
David BEGG. Macroéconomie Ed ediscience international. Paris. 1994. DALLOZ. Paris.2003. P135.
17
Rodrigue TREMBLAY : macroéconomie moderne (théorie et réalités), Ed Etudes Vivantes QUEBEC, 1992.P605
22
publiques, les impôts et taxes autonomes et enfin les exportations autonomes »18. Ainsi, en cas de
récession ou de surchauffe, des forces automatiques puissantes commencent instantanément à
contrecarrer le ralentissement ou la forte expansion de l’activité économiques. Ces stabilisateurs
économiques sont :
Le régime fiscal moderne est fondé sur les impôts progressifs prélevés sur le revenu des
personnes physiques et sur les bénéfices des sociétés.
On entend par impôts progressifs ceux pour lesquels le taux d’imposition moyen augmente
quand le revenu s’élève et c’est grâce à cette imposition progressive que l’économie peut assurer
sa stabilité.
En effet, dès que le revenu commence à baisser, les recettes fiscales de l’Etat diminuent sans que
l’Etat ne soit en position de changer les taux d’imposition.
19
L’utilité de ces variations de la pression fiscale réside dans le fait qu’elle soit un véritable
remède face à un changement imprévu dans l’économie puisqu’elles permettent à l’économie de
s’ajuster d’une manière instantanée.
Ainsi, si la production baisse, les recettes fiscales diminuent automatiquement de telle manière
que les revenus et les dépenses des ménages soient amortis ; que la production ne baisse pas
autant qu’elle le ferait autrement. Par contre, une augmentation des recettes fiscales provoquée
en périodes inflationnistes, diminue le revenu des ménages et entraîne la baisse des dépenses de
consommation et qui provoque enfin une réduction de la demande globale accompagnée d’un
ralentissement de la spirale des prix et des salaires.
18
IDEM. P 348.
19
Paul Samuelson et William. D. [Link] Cit p865.
23
Alors, contrairement à la conception économique classique qui estimait que les impôts ne
devraient pas dépendre des conditions économiques, la conception moderne soutient le contraire
et cela du point de vue macroéconomique car ce système est doué d’une flexibilité automatique
très forte, les recettes ayant tendance à augmenter en périodes inflationnistes et à diminuer en
périodes de récession. Ceci, constitue un puissant facteur de stabilisation de l’économie et de
modération du cycle économique.
B – les variations du coté des dépenses : L’assurance chômage, la protection sociale et les
transferts
Du coté des dépenses, l’Etat moderne dispose de tout un système de paiements de transferts qui
constitue des compléments de revenu et atténuent ainsi les difficultés économiques et sociales
dont le dispositif de protection sociale, les transferts sociaux et l’assurance chômage .
L’exemple le plus signifiant est celui de l’assurance chômage, en effet très vite après que les
salariés aient été licenciés, ils commencent à recevoir l’assurance chômage. Dès que ces
intéressés reprennent leur travail, les versements alors cessent. Ainsi, l’assurance chômage
20
pompe des fonds à l’intérieur et à l’extérieur de l’économie de façon contra cyclique et
stabilisatrice .aussi, le même processus fonctionne dans des programmes de soutien des revenus ,
telles que l’aide aux familles avec des enfants à charge et l’assistance médicale.
Donc, le simple fait qu’il existe un système d’allocation chômage implique qu’un choc négatif
sur la demande qui, normalement, engendre une contraction de l’emploi va automatiquement
déclencher des paiements aux nouveaux chômeurs, transferts qui vont eux-mêmes contribuer à
soutenir le revenu disponible et la consommation. Par conséquent, la chute de l’emploi et de la
production sera moindre qu’en l’absence du système d’assurance chômage.
20
IDEM. p 865
24
Pour élémentaire qu’il paraisse, cet exemple illustre et souligne aussi la signification du mot «
stabilisation » : un système d’allocation chômage, si efficace soit-il, ne peut pas éliminer
complètement toute hausse du chômage due à des chocs macroéconomiques négatifs ; s’il le
pouvait, il n’y aurait d’ailleurs aucun versement de prestations21.
Donc, les stabilisateurs automatiques réduisent l’ampleur des variations autour d’une situation
médiane ; ils ne modifient pas les moyennes et ont un grand avantage à fonctionner sans que «
personne doive décider s’il s’est produit un choc auquel le gouvernement devrait réagir ; ainsi, en
réduisant la sensibilité de l’économie aux chocs, les stabilisateurs automatiques contribuent à
garantir que le produit ne tombera pas jusqu’à des niveaux catastrophiques »22.
En somme, les soldes budgétaires et les stabilisateurs automatiques sont des moyens que la
politique budgétaire met en sa disposition afin de faire fonctionner l’économie et à travers son
instrument phare qui est le budget de l’Etat.
Le budget de l’Etat est l’élément de la politique budgétaire. Après avoir fait une présentation
générale des éléments du budget de l’Etat en premier lieu (paragraphe 1), nous abordons en
deuxième lieu, les caractéristiques principales du budget, notamment du budget de l’Etat algérien
(paragraphe 2).
La présentation du budget de l’Etat peut être faite selon plusieurs paramètres (A), aussi selon son
rôle à savoir le rôle du budget de l’Etat dans la vie économique et (B) et enfin le rôle politique
du budget de l’Etat (C).
21
Robert M. SOlOW. Op. Cit. P 18.
22
David BEGG. Op. Cit. P135.
25
A- Définition du budget de l’Etat :
« Le budget de l’Etat est la description des plans de dépense et de financement d’un individu,
d’une entreprise ou d’une collectivité publique »23.
« Le budget est un acte législatif qui prévoit et autorise les recettes et les dépenses annuelles de
l’Etat » aussi, « le budget désigne l’ensemble des comptes qui décrivent pour une année civile
toutes les ressources et toutes les charges de l’Etat. »24
L’élaboration et l’exécution du budget sont encadrées par des principes budgétaires25, tel celui
de l’annualité qui signifie que l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat prévues et
autorisées pour une période d’une année civile. Ainsi, selon le principe de l’annualité, le budget
de l’exécutif se prépare chaque année sous forme de loi de finance qui est appelée couramment
« budget de l’année »26 et qui prévoit et autorise pour chaque année civile « l’ensemble des
ressources et des charges de l’Etat ». Elle est l’enveloppe juridique qui indique l’autorisation
parlementaire. Aussi parmi les principes budgétaires, celui de l’unité, de l’universalité, de la
spécialité et enfin l’équilibre plus économique que budgétaire.
Les lois de finance annuelles constituent le cadre législatif des interventions de l’Etat, elles
contiennent en outre des dispositions relatives à la fiscalité, à la trésorerie, au régime des
subventions accordées par l’Etat. Au sens strict, le budget est l’état comptable27 de toutes les
23
IDEM. P 130.
24
Loic PHILIP: finances publiques, problèmes généraux et droit budgétaire et financier. 2 ed rev. Et augm. Paris
Cujas.1983. p 227.
25
Les principes budgétaires sont :
Principe de l’universalité cela signifie que toutes les ressources couvrent toutes les charges de l’Etat.
Principe de non affectation des dépenses ou de l’unité de caisse c'est-à-dire qu’aucune recette n’est affectée à une
dépense précise.
Principe de spécialité budgétaire cela signifie que les dépenses de l’Etat sont exécutées selon le chapitre et l’article
désignés dans le budget de l’Etat.
26
Loic PHILIP .Op. Cit. p28.
27
IDEM
26
prévisions de recettes et de toutes les autorisations de dépenses mais qui sont complétées par des
décrets de répartition afin d’allouer les crédits.
C’est un acte politique car la loi de finance constitue un acte législatif qui s’analyse
juridiquement en un projet de loi soumis au parlement et non en une proposition de loi. Le vote
du parlement emporte approbation des recettes et des dépenses publiques et accorde au
gouvernement l’autorisation de procéder aux dépenses qu’il a arrêtées, accompagnée des
recettes qu’il a évaluées.
C’est un acte à caractère économique et social, ce caractère dominant n’est apparu
qu’avec l’époque moderne ou il est devenu l’expression d’un programme financier et un moyen
d’action sociale dans la mesure ou l’incidence des impôts comme le point d’impact des dépenses
entraînant ainsi une modification de la répartition du revenu national.
C’est un acte de prévision administratif en tant que tableau évaluatif et comparatif des
recettes à réaliser et des dépenses à effectuer. Ce caractère prévisionnel comporte trois aspects :
1) Il réalise une opération de sommation qui doit comprendre toutes les dépenses et toutes
les recettes à venir d’où les règles classiques de l’annualité, d’universalité et de l’unité.
2) Il se présente comme une opération d’analyse car les dépenses et les recettes doivent
être distinguées selon la règle de la spécialité budgétaire.
3) Il doit permettre la comparaison finale des recettes et des dépenses et qui doivent en
principe s’équilibrer.
28
IDEM P 28-29.
27
C- les choix politiques et les orientations économiques du budget de l’Etat
Le budget de l’Etat a un rôle déterminant dans la vie économique (C-1) et dans la réalisation des
choix politiques (C-2).
Par sa masse, le budget est une composante essentielle de la demande globale, entre le quart et le
29
un cinquième du produit intérieur brut (PIB) dans la plupart des grands pays occidentaux tel
que la France et le Royaume Uni.
Le budget est affecté par le phénomène d’inertie car le neuf dixième30 des dépenses étant
ordinairement susceptible d’être remise en cause tels que l’amortissement des matériels,
rémunération des personnels stables, transferts incompressibles.
Le reliquat représente encore une masse considérable ; une fluctuation modeste en fait jouer de
toute façon le pouvoir multiplicateur , affecté d’un coefficient variable selon qu’elle est ou non
accompagnée d’une variation équivalente de la ponction fiscale* .
Le budget est donc un instrument essentiel de la régulation conjoncturelle par la demande et on
le préfère aux autres instruments monétaires par son caractère discrétionnaire et par son
efficacité plus directe.31
le volume de son budget, c'est-à-dire l’ensemble des dépenses et des recettes ou bien
l’ensemble des prélèvements publics et l’ensemble des dépenses publiques exprimé donc par la
part de la richesse nationale récoltée par l’Etat et dépensée dans le cadre de choix économiques
et politiques ;
29
Jean Paul THOMAS : les politiques économiques au XX e siécle.2 ED .Arnaud [Link].1994, P 96
30
IDEM.
*Nous allons étudier ces termes (multiplicateur et ponction fiscale) dans le troisième chapitre : la politique
budgétaire dans le modèle fondamental du multiplicateur keynésien.
31
IDEM.
28
le solde budgétaire qu’il soit déficitaire ou excédentaire : il est déficitaire quand les dépenses
sont supérieures aux recettes et excédentaire quand les recettes sont supérieures aux dépenses.
Aussi, un accroissement de la dépense publique fait augmenter le déficit budgétaire par contre la
hausse du taux d’imposition fait diminuer le déficit budgétaire32.
32
David BEGG, Op Cit P143.
33
Loic PHILIP Op. Cit. p 29.
34
IDEM. P16.
29
Paragraphe 2 : Les principales caractéristiques du processus budgétaire algérien35 :
A- L’Algérie est doté d’un budget national qui est, dans la pratique, le regroupement de
plusieurs budgets.
Le budget national est en fait composé de deux budgets, définis et gérés selon des principes et
des nomenclatures différentes, en fonction de la nature des dépenses et des règles suivies :
B- Calendrier budgétaire
35
Rapport de la Banque Mondiale N° 36270 – DZ « une revue des dépenses publiques : à la recherche d’un
investissement public de qualité » volume I élaboré par le Groupe pour le Développement socioéconomique Région
Moyen Orient et Afrique du Nord du 15 septembre 2007.
30
• Mars n–1—lettres de cadrage budgétaire
• Fin mai n–1—les organisateurs exigent la remise des propositions budgétaires
• Juin–mi-juillet—réunions d’arbitrage
• 20–30 juillet—discussions bilatérales permettant des arbitrages au niveau du (des) ministère(s)
• 30 juillet—transmission au gouvernement
• Conseil de Gouvernement
• Conseil des ministres
• Transmission à l’Assemblée à la fin septembre.
Le budget ordinaire fait référence à la distinction entre les services votés et les dépenses
nouvelles ou mesures nouvelles.
Il n’est fait aucune mention des services et de leur contenu. Les Tableaux comparent les crédits
inscrits à ceux inscrits au titre de l’année précédente et modifiés pendant l’année. Il n’est fait
aucune référence aux activités financées, encore moins aux montants dépensés.
Lorsque démarre l’élaboration du budget pour l’année n (en avril de l’année n–1), cela se fait en
ignorant le niveau d’exécution prévu pour l’année n–1, mais le taux d’exécution pour l’année n–
2 est disponible.
31
Le ministère des Finances intervient dans la phase initiale, au moment de l’enregistrement, mais
le reste de la procédure, notamment la définition des montants par secteur est laissée aux soins
des ministères dépensiers. S’agissant des dépenses en immobilisations (Catégorie C), les crédits
sont inscrits chaque année et se réfèrent aux Comptes d’affectation spéciale.
Cependant, les observations formulées par les services chargés des dépenses ne font pas
apparaître clairement les dépenses effectuées. Le budget est un budget par reconduction et ne
fournit aucune explication concernant les montants dépensés et transférés.
Les explications ont un caractère descriptif (par exemple, 138 personnes sont recrutées), sans la
moindre référence aux activités (le motif du recrutement n’est pas mentionné). Cela empêche par
conséquent d’analyser le budget et d’établir des liens explicites avec les stratégies, objectifs ou
les performances. Il en résulte que le budget n’est pas, à ce stade, un outil opérationnel pour la
réalisation des intentions du gouvernement.
36
IDEM.
32
Enfin, il est essentiel de signaler l’importance que jouit le budget de l’Etat dans la mise en œuvre
de la politique budgétaire. Il est ainsi, considéré comme instrument de la politique budgétaire
notamment le budget structurel qui est l’un des outils analytiques les plus importants de la
macroéconomie. Il nous permet donc, de distinguer les changements de politiques économiques
des conséquences du cycle économique, ce qui nous permet de mieux comprendre la direction
que la politique budgétaire fait prendre à l’économie.
Il est évident que la politique budgétaire a connu une évolution de taille se traduisant à chaque
fois dans le rôle de l’Etat à travers les fonctions du budget de l’Etat, à travers l’évolution des
courants de pensée économique et à travers une évolution au sein même des théories budgétaires,
on assiste alors à une évolution de l’équilibre budgétaire.
La politique économique est certainement liée à l’action politique et la théorie économique qui,
toutes deux ne cessent d’évoluer. Aussi, faut il préciser que cette évolution se fait sentir dans les
différentes théories économiques les unes par rapport aux autres, mais également une évolution
des courants à l’intérieur d’une même école.
33
Deuxième chapitre :
Évolution de l’approche de l’équilibre budgétaire
Les différents courants de pensée économique ont divergé sur les définitions attribuées aux
différentes notions budgétaires ainsi qu’aux objectifs attachés à la une politique budgétaire et les
instruments et moyens d’actions utilisés. Cette divergence, cependant, s’étend à l’analyse de
l’équilibre budgétaire à travers l’évolution des courants de pensée économique (section 1),
attaché à l’évolution du rôle de l’Etat et à travers même de l’évolution au sein des théories
budgétaires (section 2) et enfin, nous procéderons aux différentes contestations théoriques de
l’instrument budgétaire (section3).
34
Paragraphe 1 :L’approche classique
Pour comprendre la position de l’école classique face à l’intervention de l’Etat à travers les
politiques économiques notamment budgétaire, il est impératif de sillonner les grandes lignes et
idées de cette école. Les économistes distinguent dans l’école classique deux branches, issues
des idées d’un même maître, Adam Smith le fondateur (1723-1790) : la branche anglaise,
pessimiste, et la branche française optimiste.
Adam Smith met le doigt sur le principe régulateur de la vie économique qui tient à la naissance
du marché à partir de la mise en relation d’échange d’un ensemble d’entreprises d’où leur
solidarité. En effet, l’activité économique est régie par des lois mais qui n’ont pas leurs origines
dans une idée métaphysique, dans un ordre providentiel comme chez les physiocrates, elles se
justifient par un fait psychologique inhérent à la nature humaine.
La tendance de chaque individu est de chercher à améliorer son sort sous l’aiguillon de l’intérêt
personnel, sans se soucier des autres. L’harmonie se réalise spontanément entre les intérêts
particuliers et l’intérêt général, ce qu’on peut voir à la réalisation de l’équilibre économique
obtenu par le jeu des actions individuelles. Tout se passe, dit Adam Smith, comme si les
individus étaient guidés par une main invisible qui les fait contribuer au bien général tout en
poursuivant leurs intérêts personnels.
37
Adam Smith dans son ouvrage ‘’richesse des nations ‘’ en 1776 insiste sur les capacités
autorégulatrices des marchés sur lesquels la ‘’main invisible’’ de la concurrence et l’aiguillon
des la recherche de l’intérêt personnel permettent toujours d’aboutir à l’intérêt général .Selon
Smith il faut donc ‘’laisser faire et laisser aller ‘’, et la non intervention de l’Etat dans
l’économie est un gage d’efficacité. C’est la conception de l’Etat gendarme ou Etat minimal qui
renvoie à l’idée que les seuls fonctions sont l’ordre et la sécurité.
37
Eric BOSSERELLE. Op. Cit. P23.
35
Smith admet cependant que l’Etat puisse intervenir dans un certain nombre de circonstances
précises telles que La protection du pays contre les invasions et autres dangers, la protection des
biens et des personnes et l’édification de certains grands travaux qui présentent un intérêt
collectif. L’ordre de la nation opulente et sa stabilité reposent sur le mécanisme de marché
concurrentiel qui permet au prix du marché de converger vers les prix naturels selon les rapports
offre -demande.
Quant aux néoclassiques (1860-1930), ils se sont focalisés sur le rôle des prix et des marchés,
sur la rationalité des choix des individus et la poursuite des intérêts personnels afin de justifier le
libéralisme économique et le ‘’laisser-faire’’ et à travers lequel s’instaure une efficacité
maximale inspirée des travaux de Pareto38 (équilibre concurrentiel et un optimum de Pareto).
Ainsi, pour les néoclassiques, la crise est justifiée par un déséquilibre provenant du non respect
des lois du fonctionnement des marchés de façon plus large, ils considèrent que le déséquilibre
économique comme étant un déséquilibre de courte durée et que les forces internes du marché se
chargeront de rétablir.
Le dogme de libéralisme s’appuie sur l’existence des lois économiques et donc l’Etat est non –
interventionniste .Du coté des finances publiques, il plaide pour que les avantages sociaux à en
tirer soient plus élevés que les avantages privés, ou lorsque le mécanisme du marché est
défaillant. Il défend l’équilibre budgétaire car sinon le déficit doit être couvert par l’emprunt.
38
IDEM. P 32.
36
Les finances publiques classiques39 se distinguent par un faible volume du budget qui est
considéré neutre (1), improductif (2) et équilibré (3).
La conception libérale refuse toute action décisive au budget .L’ordre naturel ne doit pas être
troublé par des initiatives étatiques .La politique de l’Etat est chargée d’assurer l’ordre, d’assurer
le protectorat de la vie en société (Etat gendarme) et respecte la loi de l’offre et de la demande.
L’Etat doit ni prodiguer ou encourager les entreprises ou une activité quelconque (à l’aide de
subvention, exonération fiscale), ni encourager avec la sur taxation, et cela afin de na pas fausser
l’égalité, ceci implique qu’il soit improductif. Donc, la neutralité du budget réside
essentiellement, en ce que le budget ne doit pas agir sur la stratification sociale.
L’Etat n’est pas un agent économique comme les autres, il consomme mais ne produit pas .Ceci
implique qu’il soit équilibré.
Etant constitué de recettes et de dépenses, le budget ne doit pas être en déséquilibre qu’il soit
positif ou négatif .Car un excèdent démontre qu’on a demandé aux citoyens un sacrifice
supplémentaire injustifié et qu’on a détourné les capitaux d’emplois plus productifs. Et un
déficit l’est encore plus, car il déclenche un processus inflationniste par le recours à l’emprunt ou
à la création artificielle de monnaie.
39
Raymond MUZELLEC .finances publiques.14 ed. Dalloz. Sirey. Paris.2006 P 30-31.
37
Après avoir présenté les grandes lignes de l’école classique, nous concluons que pour les
économistes classiques 40(Adam Smith, David Ricardo, Jean Baptiste Say), l’équilibre budgétaire
doit être recherché pour éviter l’extension du rôle de l’Etat, la montée des dépenses
improductives, l’endettement public et l’inflation. Pour les classiques, l’Etat n’a d’autre rôle
que d’assurer la paix, l’ordre et l’émission monétaire, et de faire fonctionner un certain nombre
de services publics .C’était l’Etat gendarme.
La théorie générale de Keynes (1936) est consacrée pour l’essentiel à la recherche de ce qui
détermine le niveau de l’emploi dans une optique de court terme car, en effet, pour Keynes
‘’dans le long terme nous sommes tous morts’’. Ainsi ,la pensée de Keynes41 influencera les
politiques économiques mises en œuvre dans les grands pays développés après la seconde guerre
mondiale, qui étaient des politiques axées , quoique à des degrés divers, sur le rôle volontariste
de l’Etat dans la sphère économique .
Ce revirement de situation est né dans un contexte historique particulier , qui est celui de la
grande crise de [Link] effet , l’approche de Keynes s’est développée face au constat de
l’impuissance de la théorie libérale à rendre compte de cette crise et à enrayer la montée du
chômage et ne se satisfait pas de l’explication néoclassique selon laquelle le chômage serait dû à
des niveaux de salaires trop élevés par rapport au niveau qui permettrait de maintenir le marché
du travail en situation d’équilibre .
40
Frédéric TEULON : l’Etat et le capitalisme au XX e sié[Link].1992.P 56.
41
Eric BOSSERELLE. Op. Cit. P 36.
38
Ainsi pour les libéraux de l’époque notamment les néoclassiques, il s’agirait d’un chômage
volontaire .En restaurant les mécanismes concurrentiels sur le marché de travail, en diminuant
les salaires réels, le retour à l’équilibre de plein emploi serait automatique.
La demande de travail est, alors, une fonction décroissante du salaire réel et provient des
entreprises. L’offre de travail qui émane des salariés est une fonction croissante du salaire réel.
Les salariés effectuent un arbitrage travail/loisirs, conscient que le travail leur permet d’accéder
aux biens de consommation.
Finalement pour les auteurs néoclassiques, le marché du travail est un marché comme les autres.
La rencontre de l’offre et de la demande de travail détermine un prix, à savoir le salaire réel
d’équilibre .Le niveau d’emplois qui en découle et un équilibre de plein-emploi qui correspond à
un certain niveau de salaire réel. Dés lors, s’il existe un chômage, il ne peut être que volontaire,
c'est-à-dire qu’il s’explique par le non respect par les agents des règles de fonctionnement de ce
marché (existence d’un salaire minimum, présence de syndicats et allocation chômage).
Keynes rejette cette conception, en prétendant que se sont les firmes qui, en anticipant des
débouchés, déterminent entièrement le volume et le niveau d’emploi. On peut dés lors considérer
que chez Keynes le marché du travail n’est qu’une fiction théorique.
Ainsi pour Keynes, le chômage est involontaire et que des déséquilibres de sous-emploi peuvent
persister d’où la nécessité d’assurer le plein emploi de la main d’œuvre .Pour cela, il propose la
rigidité des prix dans le fonctionnement du capitalisme contemporain, (contrairement à la main
invisible et à la flexibilité des prix que propose les libéraux et qui sont loin de conduire à
l’équilibre et à l’optimum).
o Les individus sont substitués par des classes sociales inégales définies par leurs fonctions
économiques telles : investissement, épargne et consommation.
39
o Keynes se situe dans un monde d’incertitude mené par les anticipations des agents telles que
les ménages et les spéculations des entrepreneurs ; et non de rationalité comme dans l’univers
néoclassique .Keynes établit une distinction entre les grandeurs anticipées (raisonnement ex
ante) et des grandeurs réalisées (raisonnement ex post)
o Keynes rejette fermement la loi des débouchés de Jean Baptiste Say qui stipule que toute offre
crée sa demande, aussi la monnaie n’est pas neutre et qu’elle peut être désirée pour elle-même.
o Enfin, l’Etat ne joue plus son rôle de gendarme, mais un rôle ayant une politique volontariste,
qu’il exerce par l’intermédiaire des dépenses publiques.
Keynes raisonne dans le court terme, ou le niveau de l’emploi est déterminé par le niveau de la
production, qui dépend justement de la demande effective, c'est-à-dire, la demande qui est
appuyée par un pouvoir d’achat ou si l’on préfère de la demande solvable.
Ainsi, pour Keynes, ce qui importe ce n’est pas tant que le gouvernement équilibre ses propres
comptes, c’est qu’il fasse surtout en sorte que la demande effective soit suffisante pour maintenir
le plein-emploi.
C’est pourquoi selon Keynes, l’Etat doit activement participer à la régulation de l’activité
économique.
40
Paragraphe 3 :Les approches des courants économiques modernes
De nombreux courants économiques modernes ont essayé de propager leurs idées à partir des
années soixante dix, en soutenant tantôt les idées libérales et tantôt les idées keynésiennes.
Plusieurs écoles ont vu le jour, parfois, au sein du même courant économique, c’est ainsi
qu’apparaissent les économistes de l’offre (A) et les économistes du cycle réel (B).
Les économistes de l’offre reprochent aux monétaristes de concentrer toute leur réflexion sur
l’offre de monnaie, alors qu’il faut selon eux s’occuper des processus de production, de
productivité et d’innovation plutôt que se focaliser sur le contrôle de l’offre de monnaie.
Le problème fondamental n’est donc pas pour eux, celui de l’inflation, mais une stagnation de la
productivité causée en grande partie par un système fiscal qui détruit l’initiative et provoque des
distorsions dans les prix relatifs, et donc dans les décisions au niveau de la production, dans
l’offre des facteurs de production et plus généralement dans l’allocation des ressources d’une
communauté. Ainsi, la réduction de la fiscalité doit être accompagnée d’une diminution des
dépenses de l’Etat42.
De ce fait, la tache du gouvernement doit se limiter selon le président Reagan s’inspirant de cette
théorie (1988) à « construire un cadre à long terme solide et stable, à l’intérieur duquel le secteur
privé constitue le moteur principal de la croissance, de l’emploi et de l’amélioration des
conditions de vie »43.
42
Michel BEAUD et Gilles DOSTALER : La pensée économique depuis keynes. Ed seuil, TOURS, Septembre
1993, P 158.
43
IDEM. P 165.
41
Finalement, on appelle économie de l’offre « un mouvement de pensée plus circonscrit, associé
aux changements dans la politique économique américaine sous la présidence de Ronald
REGAN appelée ainsi la reaganomics »44, associé aux arguments de LAFFER et la loi des
débouchés ( 1803) de Jean Batiste SAY , en vertu de laquelle l’offre globale crée sa demande ,
de sorte que tout déséquilibre macroéconomique , en particulier l’existence du chômage, ne peut
naître que de chocs exogènes ou de mauvais fonctionnement des marchés.
Alors, les solutions keynésiennes de stimulation de la demande sont inefficaces mais aussi
peuvent avoir des effets inverses sur leur objectif recherché45 sachant que la théorie keynésienne
est la théorie de la demande effective et que la politique keynésienne est une politique de
stimulation de la demande par la dépense publique.
La « théorie du cycle réel » dont le chef de file n’est autre que Robert Lucas avec Robert King et
Charles Plosser, les principaux animateurs de ce courant de pensée, qui compte désormais des
centaines de contributeurs et une production en croissance rapide.
Le principal signe distinctif de cette théorie tient à ce qu’elle parte d’une description de
l’économie fondée sur les demandes d’un unique consommateur immortel représentatif, qui
maximise une fonction d’utilité additive, aux propriétés mathématiques standard, sous un
ensemble de contraintes. Ainsi, les caractéristiques de la théorie du cycle réel46 sont :
44
IDEM .P 157.
45
IDEM.
46
Brian SNOWDON, Howard VANE, Peter WYNARCZYK: La pensée économique moderne, traduit de l’anglais
par Fabrice MAZEROLLE, Ediscience internationale, Paris. 1997. P 268.
42
1- les agents cherchent à maximiser leur utilité ou leur profit, suivant les contraintes de
ressources.
2- les agents forment des anticipations rationnelles et il n y’a pas d’asymétrie d’information.
Ils peuvent en revanche être confrontés à un problème d’interprétation des signaux (par exemple
pour déterminer si un choc de productivité particulier est temporaire ou permanent) mais
l’information concernant l’évolution du niveau général des prix est publiquement disponible.
3- la flexibilité des prix garantit l’ajustement continu du marché .De ce fait, l’équilibre prévaut
toujours.
5- les fluctuations de l’emploi reflètent des changements volontaires du nombre d’heures que les
agents choisissent de consacrer au travail. Le travail et le loisir sont censés être fortement
substituables dans le temps.
6- la politique monétaire est sans effet, n’ayant pas d’influence sur les variables réelles ;
autrement dit, la monnaie est neutre.
7- la distinction entre le court terme et le long terme dans l’analyse des fluctuations et des
tendances est abandonnée.
Au cours des dernières années, selon Robert SOLOW47 , plusieurs arguments ont été avancés
pour remettre en cause le recours aux politiques budgétaires dans une optique de stabilisation
conjoncturelle. Les modèles inspirés de la théorie du cycle réel, qui postulent que l’économie est
47
Robert M. SOLOW. Op. Cit. P 1-24.
43
toujours dans une situation d’équilibre global, concluent certes à l’inutilité de la politique
budgétaire ; mais, bien que dominant le paysage de la macroéconomie théorique, ils ne sont
guère fondés empiriquement. De même, l’hypothèse d’équivalence ricardienne, qui nie tout effet
des choix de financement public sur l’épargne nationale ne semble pas pertinente en pratique.
On conclu alors que l’équilibre budgétaire a eu différentes approches selon les différents
courants de pensée économique, mais aussi selon l’évolution du rôle de l’Etat et des doctrines
budgétaires.
Si l’intervention de l’Etat dans la vie économique fait suscite toujours des controverses dans le
temps et au sein des différents courants de pensée économique, la question ne demeure pas
moins controversée au sein des mêmes écoles économiques. En effet, les avis divergent
notamment tantôt selon l’évolution du rôle de l’Etat (paragraphe 1) et tantôt selon l’évolution
des doctrines budgétaires (paragraphe 2).
48
Selon Robert MUSGRAVE en 1959, le budget de l’Etat satisfait trois fonctions économiques
essentielles ; l’affectation des ressources (paragraphe 1), la répartition des revenus (paragraphe
2) et enfin la stabilisation conjoncturelle (paragraphe 3) qui constitue le cadre d’analyse de notre
thème de recherche.
48
Jacques FONTANEL : Analyse des politiques é[Link].2005.P 35-54.
44
(A) : la fonction d’affectation des ressources :
La fonction d’allocation des ressources de l’Etat concerne la production des biens et services
publics et elle détermine la répartition des ressources entre le secteur privé et le secteur public. Il
existe des biens publics non-marchands par nature et des biens publics non marchands par
décision.
Un bien marchand pur est négocié sur un marché sur lequel s’expriment librement des offres et
des demandes sans intervention publique discriminative .A l’opposé, un bien public pur ne
s’exprime pas sur un marché, son prix est défini directement par décision publique ou
administrative.
Ce qui fonde le caractère non marchand d’un bien ou d’un service c’est le critère de divisibilité
et ce n’est pas tant l’imperfection du marché que l’intervention plus ou moins discriminatoire
des pouvoirs publics .Cela dit la divisibilité reste un critère de définition fondamental entre les
biens collectifs et les biens privatifs.
S’il n y’a pas d’exclusion d’usage, il n y’a pas pour autant égale communication entre les
demandeurs potentiels, c’est alors que les dépenses militaires fournissent des avantages
communs et indivisibles à la collectivité nationale. Par contre, les biens non marchands par
décision peuvent être répartis entre tous les consommateurs, même s’ils ont certaines propriétés
d’indivisibilité, tel est le cas des infrastructures de transport, d’équipements culturels ou de sport.
Aussi, parmi les biens collectifs qui doivent être produits par la collectivité, d’une part par les
biens pour lesquelles l’offre est indivisible et les coûts marginaux sont nuls, et d’autre part, les
biens tutélaires qui peuvent faire l’objet d’une production privée mais à cause de leurs effets
externes trop importants, pour que la collectivité ne les prenne pas en charge, c’est le cas
notamment de la santé, de l’éducation et du logement.
45
Donc, finalement, l’Etat doit agir chaque fois qu’il existe des liens directs entre les fonctions
d’utilité ou de production des agents économiques distincts, que le marché n’est pas même de
traduire sous forme économique
La fonction de redistribution consiste à corriger les excès du marché dans un double souci
d’efficacité et d’équité. La nouvelle répartition personnelle transforme les revenus primaires en
revenus finals disponibles après prélèvement des impôts et des cotisations sociales et versement
des revenus de transfert.
La production des biens collectifs, est elle même est un facteur de redistribution si elle conduit à
mettre à la disposition de chacun des biens et services qui peuvent être achetés privativement.
Ainsi, l’investissement d’une piscine publique, ou d’un terrain de sport gratuit, est un facteur de
redistribution de l’Etat.
Dans l’optique libérale, le prélèvement fiscal doit être neutre et ne pas influencer les
mécanismes spontanés du marché, par contre les théoriciens Keynésiens ou interventionnistes
recommandent à l’Etat, par la fiscalité et les dépenses, de corriger la répartition primaire du
revenu social. Ainsi, les politiques sociales de redistribution et notamment la restitution au
secteur public de toutes les activités économiques non rentables, sont une possibilité
d’intervention pour le système capitaliste .L’Etat cherche alors à maintenir les solidarités
minimales de la société, menacées par les trop fortes inégalités et le dysfonctionnement du
système.
Par contre la notion d’équité a une double signification : Le concept d’équité horizontale
implique qu’à positions identiques dans la société, les personnes doivent recevoir un traitement
égal .Quant au concept d’équité verticale implique qu’un traitement différencié doit être accordé
aux individus situés dans une sphère de bien-être différente.
46
Cette perception de l’équité se heurte à de graves difficultés d’analyse telle que la connaissance
des revenus, l’importance relative et incidences de l’impôt, inégalités de répercussion des effets
directs et indirects de l’Etat, lorsqu’ils peuvent être réellement mis en évidence, et au conflit
entre les concepts d’efficience économique et de rendement fiscal. L’action fiscale de l’Etat est
privilégiée, mais les dépenses publiques elles-mêmes sont un facteur essentiel de redistribution.
Pour les économistes néo-classiques, une distribution optimale des revenus est donnée par le
système de l’économie de marché, une perception contestée par les économistes
interventionnistes, qui estiment que les études empiriques mettent en évidence l’intérêt des
dépenses publiques dans la fonction de redistribution des pouvoirs publics.
Et finalement, la politique de l’Etat n’est pas neutre, aussi bien à court terme qu’à long terme et
que la politique budgétaire est belle et bien un instrument constitutif de l’équilibre de longue
période.
Le budget, c’est d’abord un moyen pour l’Etat de se procurer des ressources nécessaires à son
fonctionnement .Dans ces conditions, la stricte orthodoxie financière exige un équilibre entre les
recettes et les dépenses dans le cadre du budget voté.
Avant Keynes, ni l’action économique de l’Etat n’était souhaitée par les économistes libéraux et
un budget équilibré était considéré comme étant neutre, puisque l’effet des dépenses publiques
sur la conjoncture était censé être compensé par l’effet de rentrées fiscales par hypothèses
équivalents.
47
Actuellement, l’équilibre budgétaire n’est plus vraiment un objectif en soi incontestable, car le
budget constitue un moyen d’action potentiel pour stabiliser la conjoncture .On passe de l’idée
d’une finance neutre à celle d’une finance fonctionnelle. (Ce concept sera étudié dans le prochain
chapitre (1).
C’est ainsi que depuis la fin de la guerre mondiale49, alors l’utilisation des finances publiques a
considérablement changé ; en France, la constitution de la IVe république pose l’existence d’un
droit au travail, le livre blanc britannique de 1944, et l’employment de 1946 aux Etats-Unis font
du plein emploi un objectif central.
Le président républicain américain Richard Nixon allant jusqu’à dire au début des années 1970
‘’nous sommes tous keynésien désormais’’. Donc, à la règle de l’équilibre budgétaire qui était
jusqu’alors le symbole d’une saine gestion, se substitue la nécessité de déséquilibres transitoires,
nécessaires pour relancer l’activité économique en période de récession.
Donc, les idées de John Maynard Keynes sont à l’origine de l’utilisation de la politique
budgétaire à des fins de régulation conjoncturelle et qui consiste à agir sur le niveau de la
demande globale .Celle-ci conditionne le niveau de la production qui lui même détermine la
quantité d’emplois. La politique budgétaire dans le cadre de notre thème sera étudiée en tant
qu’instrument de régulation conjoncturelle, ou seront mis en lumière, les procédés de relance
annoncés par J.M. Keynes (1936).
49
IDEM. P58.
48
Paragraphe 2 : Evolution de l’équilibre budgétaire selon les doctrines budgétaires
50
L’essence de la politique budgétaire contra cyclique, repose sur un déficit budgétaire en
période de récession et un excèdent durant les périodes d’inflation .Par conséquent, on ne peut
s’attendre à avoir le budget équilibré à chaque année.
Les différentes doctrines budgétaires parle d’un budget équilibré tantôt annuellement (A) et
tantôt cycliquement (B) et d’autres se réfèrent carrément à la fonction fonctionnelle du budget de
l’Etat (C).
Jusqu’à la grande dépression (1929), la théorie budgétaire voulait qu’un bon gouvernement
équilibre son budget chaque année. Cependant, pour cette théorie, un budget équilibré
annuellement annulerait les efforts budgétaires du gouvernement pour stabiliser l’économie.
Plus grave encore pour cette théorie, cet équilibre annuel intensifierait le cycle économique dans
ses deux déséquilibres :
Le premier point, suppose que l’économie soit en période de récession avec un chômage élevé et
des revenus en chute, dans de telles circonstances les recettes fiscales diminuent.
Lorsque le gouvernement cherche à équilibrer son budget, il doit soit augmenter les taux
d’imposition, soit réduire ses dépenses ou utiliser une combinaison de ces deux politiques.
Donc les mesures entreprises sont restrictives ayant pour effet de diminuer la demande globale
plutôt que de la stimuler.
50
Campbell .R. MC. CONNELL: l’économique: macroéconomie.3 Ed QUEBEC. 1988 p 216-218
49
Le deuxième point, suppose que l’économie soit en période d’inflation (surchauffe), alors à
mesure que les revenus monétaires augmentent durant cette période, les recettes fiscales
augmentent automatiquement. Pour éviter un surplus budgétaire, le gouvernement devra soit
réduire les taux d’imposition, soit augmenter ses dépenses ou recourir à ces deux politiques en
même temps.
Ainsi, le gouvernement pour enrayer une récession, doit abaisser les impôts et augmenter ses
dépenses, ce qui va créer un déficit .En période d’inflation, ce même gouvernement, fera
augmenter les impôts et diminuera ses dépenses, ce qui va créer naturellement un surplus ; le
raisonnement de cette théorie, consiste à utiliser ce dernier surplus afin d’effacer le déficit et
donc la dette encourue lors de la précédente récession.
51
Elijah. M. [Link] P 244-255.
50
C’est alors que J.M. Keynes52, admet que la croissance rapide, l’Etat accumule un excèdent
suffisant pour combler un déficit causé par un chômage élevé. De la même manière, l’action
gouvernementale devant une force contra cyclique positive qui permettra d’équilibrer le budget
non plus annuellement mais sur une période de quelques années.
Les critiques apportées à cette approche concernent l’équilibre budgétaire cyclique avec des
périodes d’expansion et de récession irrégulière et qui varient d’amplitude et de durée.
Ainsi, une récession sévère et prolongée peut être suivie d’une brève période de faible expansion.
Alors le déficit de la récession ne pourra pas être compensé totalement par le léger surplus
réalisé lors de la brève période de prospérité .Par conséquent , il subsistera un déficit budgétaire à
la fin du cycle .C’est pourquoi une nouvelle approche a été élaboré ; l’approche fonctionnelle .
Selon cette nouvelle théorie, l’équilibre budgétaire est un objectif secondaire au regard de la
stabilité économique. L’objectif principal du gouvernement devrait être le plein emploi sans
inflation, c'est-à-dire l’équilibre économique et non l’équilibre budgétaire en soi.
Cet objectif est primordial même s’il occasionne des surplus prolongés ou des déficits faisant
croître la dette publique car les problèmes découlant des déséquilibres budgétaires sont bien
moins graves que ceux découlant du chômage et de l’inflation.
52
IDEM. P 250.
51
Ainsi, le budget doit d’abord et avant tout être un instrument permettant la réalisation et le
maintien de la stabilité macro-économique .Cette théorie présente trois arguments pour soutenir
son approche à savoir la réalisation d’un équilibre économique au détriment de l’équilibre
budgétaire et donc d’une éventuelle hausse de la dette publique.
Le dernier argument tend à négliger d’une certaine manière les problèmes liés aux déficits
budgétaires et à ne se concentrer que sur l’équilibre économique.
Nous déduisons que l’équilibre budgétaire a connu une évolution remarquable. En effet,
l’approche de cet équilibre est perçue différemment selon les courants de pensée économique
suivant évidemment leurs idéologies, mais aussi une évolution au sein des mêmes écoles suivant
l’évolution des doctrines budgétaires et de l’évolution du rôle de l’Etat.
Bien que l’instrument budgétaire fût apprécié par de nombreux analystes de l’économie
notamment les keynésiens, cela dit, beaucoup d’autres contestent l’instrument budgétaire. Que
peuvent être alors les contestations théoriques de l’instrument budgétaire ?
52
Section 3 : Les contestations théoriques de l’instrument budgétaire
Le chef de file des monétaristes, Milton, Friedman (1912,1999), prix Nobel en 1976, conteste
l’efficacité du multiplicateur keynésien et donc remettant en cause l’efficacité des politiques
conjoncturelles de relance à cause de l’effet d’éviction.
Selon la théorie de l’effet d’éviction, le déficit public provoque une hausse des taux d’intérêt, qui
nuit aux dépenses privées à cause des anticipations adaptatives des agents économiques. Cet effet
d’éviction interne constitue la source des débats monétaristes –keynésiens qui met en opposition
dépenses publiques et privées et c’est d’ailleurs l’objet de ce paragraphe dans lequel nous allons
présenter une explication macroéconomique traditionnelle.
53
Gérard DUTHEL et William MAROIS. Op. Cit. p 51-57.
53
Soit un modèle54 IS-LM en économie fermé fermée ; l’accroissement de la dépense budgétaire
se traduit par une augmentation du taux d’intérêt de (r1) à (r2) qui a pour conséquence une
diminution de l’investissement ou de la dépense privée qui est exprimé en fonction de cette
variable, il y’a donc compensation partielle qui limite l’impact positif de la politiques budgétaire
même l’annuler lorsque LM est verticale.
r(%)
LM’
LM’’
r2 B
A C
r1
IS’’
IS’
Y1 Y2 Y3 Y
54
IDEM. P 52.
54
D’ailleurs, un des moyens d’éviter cet effet d’éviction réside dans un financement monétaire du
déficit qui se traduit par un déplacement de LM’ à LM’’ c'est-à-dire, un accroissement de l’offre
de monnaie, et un équilibre situé au point C.
Ainsi, avec l’entrée des capitaux, la dépense budgétaire additionnelle peut se traduire non par
une variation du taux d’intérêt mais par une entrée de capitaux venant financer le besoin de
l’Etat. Dans ce cas, le taux d’intérêt domestique reste fixe. C’est ainsi qu’a été expliquée la
situation américaine des années 80, caractérisée par une absence du déficit budgétaire dans les
équations expliquant l’évolution des taux d’intérêt et une croissance simultanée des déficits
budgétaires et externe (déficits jumeaux).
Les entrées nettes de capitaux provoquent une demande excédentaire de monnaie nationale et
donc une appréciation de celle-ci. La demande excédentaire de biens et services, générée par le
déficit budgétaire et non supprimée par une augmentation du taux d’intérêts, est alors éliminée
par l’appréciation, c'est-à-dire par une composante externe de la demande d’où le nom
‘’d’éviction externe ‘’.
En effet, pour Friedman, la consommation est fonction du revenu permanent, déterminé à long
terme, et non du revenu courant, déterminé à court terme .Alors l’effet d’une relance sera
éphémère sur le revenu courant mais pas sur le revenu permanent , et cette politique de relance
ne pourra en aucun cas doper la consommation des ménages, ni exercer un quelconque effet
multiplicateur .Voilà donc, ce qui rend l’interventionnisme budgétaire inefficace selon Milton
Friedman.
55
Paragraphe 2 : Les anticipations rationnelles selon les nouveaux classiques
Les auteurs de la nouvelle école classique radicalisent les idées friedmaniennes et, en s’appuyant
sur le concept d’anticipations rationnelles qui constituent la clé de l’inefficacité, à court terme et
à long terme, de la politique budgétaire.
Les adeptes de la nouvelle école classique rejette l’utilité d’utilisation de l’instrument budgétaire
en se basant sur l’idée des anticipations rationnelles des agents économiques, un argument déjà
utilisé par les monétaristes sous l’idée des anticipations adaptatives mais que les nouveaux
classiques ont engagées, dans les années quatre vingt, comme second débat portant sur le degré
de flexibilité des économies et sur le caractère rationnel des anticipations55.
A Partir du début des années 1970, l’école des anticipations rationnelles, appelée encore nouvelle
économie classique, considère que les agents économiques ne font pas d’erreur d’anticipation,
comme le soutenait Friedman. A l’hypothèse d’anticipations ‘’adaptatives’’, la nouvelle école
substitue celle des anticipations ‘’rationnelles’’ ; à travers lesquelles elle fonde la thèse de
l’inefficacité des politiques conjoncturelles.
Les anticipations rationnelles incorporent des précisions de l’avenir parce que les agents
économiques fondent leurs anticipations en utilisant au mieux toute l’information dont ils
disposent .Ces informations et leurs anticipations, leurs permettent de faire des précisions qui
seront qui seront les mêmes que celles fournies par la théorie économique grâce au
développement de l’éducation et de l’information économique véhiculées par les médias.
55
IDEM.P51.
56
Ces agents, informés et avisés, sont alors capables d’anticiper les effets attendus de la politique
économique conduite par les pouvoirs publics ; ils peuvent même en contrecarrer les effets en
adaptant sans retard leur comportement aux conséquences prévisibles de cette politique .Dés
lors, l’hypothèse d’anticipations rationnelles remet en cause l’efficacité des politiques
conjoncturelles.
Ainsi dans le cas de la politique budgétaire, les agents anticipent rationnellement une
augmentation future de leurs impôts .Ils savent, en vertu d’une idée ancienne connue sous
l’expression de théorème d’équivalence de Ricardo, que le financement d’un déficit par recours
à l’emprunt public, aujourd’hui, se traduira par une augmentation des impôts, demain, pour
assumer son remboursement.
Cette information conduit les agents à constituer une épargne, donc à moins consommer, en vue
de payer ces impôts supplémentaires. En adoptant ainsi ce comportement, les agents
contrecarrent l’effet expansionniste associé au déficit budgétaire.
Donc pour ces nouveaux classiques, l’efficacité de la politique économique repose sur l’effet de
surprise .L’intervention économique de l’Etat doit se faire de façon inopinée, imprévisible,
aléatoire, afin de déjouer les anticipations rationnelles qui feraient obstacle aux effets attendus.
57
Paragraphe 3 : Selon l’école du Public Finance et les économistes de l’offre
Selon l’école du public finance56, les gouvernements utilisent la politique budgétaire à mauvais
escient ; ils ne font pas les efforts nécessaires en période de bonne conjoncture ; ils sont trop
optimistes sur le niveau de la production potentielle. Le déficit public est généralement trop
élevé, conduisant à une trop forte accumulation de dette publique.
Ainsi, les canaux de transmission des impôts vers l’économie sont différents selon les écoles ; en
effet, les économistes de l’offre optent pour la baisse de l’imposition pour stimuler l’emploi et
l’investissement et donc provoque une croissance du revenu. Par contre, les canaux keynésiens
pensent que la baisse de l’imposition accroît le revenu disponible donc de la consommation et
cette augmentation de la demande provoque une croissance du revenu et par conséquent de
l’emploi.
56
Les cahiers français : Budget de l’Etat et finances publiques, n° 329. P 36.
58
Ainsi, la politique budgétaire « cet instrument emblématique de la politique keynésienne ,
demeure d’une inefficacité inexplicable … et fait face à un problème de déconnexion macro-
micro car le multiplicateur se voit plus opérant sur des sous-ensemble locaux que sur le niveau
macroéconomique »57.
De ce fait, certains58 estiment qu’à long terme, la production est déterminée par l’offre et qu’une
politique budgétaire expansive ne provoque qu’une hausse des prix et des taux d’intérêts
nominaux à long terme, sans effet sur le PIB.
Dans la théorie néoclassique de la croissance , la politique budgétaire n’a aucune influence sur le
taux de croissance à long terme, qui ne dépend que du progrès technique et du rythme de
croissance de la population ; par contre dans les théories de croissance endogène, développées
depuis une vingtaine d’année, les dépenses publiques ne peuvent présenter un effet positif sur la
croissance , non pas tant par leur niveau que leur répartition comme dans la production de biens
publics tels que l’éducation, qui accroît le capital humain. Néanmoins, la validité empirique de
ces théories reste encore discutée.
57
Frederic LORDON : les quadruples de la politique économique « les infortunes de la vertu ». Bibliothèque Albin
[Link]. SEPTEMBRE 1997. P230-231
58
François ADAM, Olivier FERRAND et Rémy RIOUX : finances publiques. Presse de sciences PO et DALLOZ.
Paris.2003.p322.
59
Troisième chapitre :
Le modèle fondamental du multiplicateur keynésien
Ce chapitre présente le modèle du multiplicateur keynésien qui est une construction théorique
macroéconomique utilisée pour expliquer comment la production est déterminée à court terme.
En effet, le modèle du multiplicateur est une représentation simplifiée de la manière dont la
demande globale détermine la production et donc l’emploi.
Ainsi, dans le modèle keynésien, on raisonne sur un seul marché en agrégeant d’un coté toutes
les demandes et de l’autre toutes les offres de biens et services finals59.
Nous introduisons dans ce chapitre l’étude tout d’abord, des principes de relance de l’activité
économique (section 1), ensuite nous abordons l’étude du principe du multiplicateur dans son
modèle le plus simple (section 2) avant d’entamer l’étude du fonctionnement du multiplicateur
dans une économie donnée (section 3).
Si les problématiques et les stratégies des politiques économiques sont sujettes à une remise en
cause, elles font toujours appel aux mêmes instruments à savoir d’une part, les moyens
institutionnels qui sont les finances publiques, la monnaie, les prérogatives de la puissance
publique et le poids direct de l’Etat comme agent économique à travers l’existence d’un secteur
public et d’autre part les moyens fonctionnels résultant de l’application de ces mesures60.
59
Frederic TEULON : Op. Cit. P59.
60
Jean Paul THOMAS. Op. Cit. P 95.
60
C’est le naissance de l’interventionnisme au vingtième siècle qui, entraînant l’ascension
irrésistible des finances publiques, en a fait l’instrument en elles mêmes de la politique
économique, consacré par la révolution keynésienne61. Ainsi, pour améliorer la situation de
l’emploi, les pouvoirs publics peuvent mettre en œuvre des politiques économiques de relance de
l’activité ; ils peuvent également prendre diverses mesures ayant une action directe sur le marché
du travail.
D’ailleurs, pour lutter contre le chômage et relancer l’activité économique62 , les différents pays
sont amenés à pratiquer des politiques économiques qui s’inspirent plus ou moins tantôt des
conceptions libérales se referant largement aux mécanismes de l’économie de marché et
préconisant le soutien d’une offre compétitive avec une place prépondérante accordée à
l’entreprise et un rôle limité attribué à l’Etat (paragraphe 1), tantôt des approches keynésiennes
privilégiant le soutien de la demande et l’interventionnisme de l’Etat (paragraphe 2).
Pour réaliser une certaine stabilité de la conjoncture économique et assurer une reprise de
l’activité, les pouvoirs publics doivent limiter le plus possible leurs interventions en évitant
notamment de mettre en place des politiques macro-économiques, celles-ci étant vouées à
l’échec.
Selon cette conception, la politique budgétaire ne peut stimuler l’activité économique car les
conséquences d’une relance budgétaire due à l’accroissement des dépenses publiques sont
compensés par un effet d’éviction des dépenses privées par les dépenses publiques, quel que soit
le mode de financement. Quant à la politique monétaire elle ne produit aucun effet réel sur la
production et sur la croissance.
61
IDEM.
62
Michel BIALES et Robert GOFFIN : économie générale 2enseignement supérieur. Ed Foucher .Paris. 1993. P 371
61
S’appuyant sur le principe des anticipations adaptatives, les monétaristes dont le chef de fil
Milton FRIEDMAN considèrent que l’expérience va conduire les agents économiques à
anticiper la hausse des prix, ce qui réduira l’impact à court terme de la politique monétaire sur la
production et entraînera des effets inflationnistes. Quant à l’école des anticipations rationnelles,
représentée notamment par Lucas, l’intervention de l’Etat ne peut pas non plus avoir des effets,
sauf si elle est imprévisible, car les mesures sont anticipées par les agents économiques.
Pour une relance de l’activité économique63, les thérapeutiques libérales, l’Etat doit également
diminuer les dépenses publiques d’intervention économique et sociale afin d’éviter à titre
d’exemple des gaspillages par une meilleure allocation des ressources, ou encore d’inciter au
travail des personnes trop assistées telles que les allocations importantes et la protection contre
les licenciements.
Simultanément, les pouvoirs publics doivent également diminuer les impôts directs, les
économistes de l’offre, et notamment LAFFER, préconisant pour relancer l’activité économique
une baisse de la pression fiscale pour diminuer le poids des charges fiscales sur l’offre et réduire
la pénalisation du travail et de l’épargne.
D’une façon générale, la relance de l’économie implique de restaurer les conditions d’une libre
concurrence et d’améliorer la compétitivité des entreprises. Celles- ci doivent notamment
pouvoir reconstituer leurs marges de profit pour procéder à des investissements générateurs
d’emplois, comme le rappelle la célèbre phrase du chancelier allemand Helmut Schmidt : « les
profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain. ».
Aussi , l’amélioration de l’activité passe également par une politique systématique d’innovation
telle que la création d’entreprises dans des secteurs d’activité nouveaux , l’introduction de
technologies nouvelles dans les secteurs d’activité anciens et par la mise en place d’un système
éducatif conforme aux besoins des entreprises.
63
IDEM. P 372
62
64
En résumé, une relance de l’activité par l’offre implique les actions suivantes traduites par le
graphe en dessous :
Une baisse des coûts salariaux directs et indirects ainsi que les cotisations sociales à la charge
de l’employeur ;
Une baisse des taxes à la production à la charge de l’employeur ;
Une baisse des charges financières dont les intérêts payés sur la dette.
O1
Prix
O2
A
P1 B
P2 C D1
D2 PIB
réel
PIB2 PIB PIB* de
1 plein
emploi
64
Jean Didier LECAILLON et autres : économie du monde contemporain. Ed d’organisation Paris. 1996. P 121
63
Analyse du graphe :
Les mesures prises citées en dessus sont traduites par une translation de la courbe de l’offre O1
vers O2 d’ou` le déplacement du point d’intersection du point d’équilibre A vers le point
d’équilibre B.
Cela dit, la baisse des coûts se solde par une baisse de la demande ce qui provoque le
déplacement de D1 vers D2 à cause de la baisse des salaires et aussi explique le passage du
point d’équilibre A vers point d’équilibre le C.
Le résultat de ces mesures est un PIB inférieur au PIB réel d’équilibre et un niveau des prix
réduit. Finalement, ces efforts ont provoqué une baisse des prix et des quantités c'est-à-dire une
situation de dépression.
Enfin, il faut ajouter que la politique de l’offre65 est promulguée avec l’instauration des
conditions de la concurrence pure et parfaite et notamment ;
la politique d’ouverture des frontières qui permet la libre circulation des biens et des
facteurs de production et l’accroissement du nombre des offreurs,
la politique de libéralisation des prix,
la politique industrielle sectorielle lorsqu’elle permet l’entrée et la sortie des
producteurs ;
enfin une attention doit être portée d’une part, pour l’information parfaite des agents
économiques et, d’une part, à la politique de lutte contre les monopoles.
65
Bertrand du MARAIS : Droit public de la régulation économique. Presses de sciences PO et [Link].2004.
P 45.
64
Paragraphe 2 : La relance keynésienne de l’activité par la demande
(A)- la relance par la consommation s’effectue par un accroissement du pouvoir d’achat des
agents économiques et plus particulièrement de ceux dont la propension à consommer est
importante telles que les allocations accordées aux familles et aux catégories sociales
défavorisées à titre d’exemple. Cette relance est également facilitée par la mise en place de
conditions de crédits permettant aux particuliers de s’endetter pour l’acquisition de biens.
(B)- le soutien des investissements peut s’effectuer par une politique monétaire, les autorités
décidant d’augmenter l’offre de monnaie pour provoquer une baisse du taux d’intérêt, favorable
à la réalisation d’investissement. Cette politique se heurte cependant à certaines limites telles que
l’augmentation de l’offre de monnaie qui est éventuellement absorbée par les encaisses de
spéculation si l’économie se trouve à un faible niveau d’activité et aussi la limite que constitue
l’inélasticité de l’investissement au taux de l’intérêt.
66
Alain SRERIN : les politiques de relance « consommation, investissement, dépenses publique, exportation », les
editions d’organisation. PARIS.1994. P50
67
Michel BIALES et Robert GOFFIN. Op. Cit. .P 372
65
C’est pour ces raisons que les keynésiens préfèrent l’efficacité de la politique budgétaire en
considérant en effet qu’un déficit du budget peut relancer l’activité économique et ainsi, les
keynésiens rompent totalement avec le principe de l’équivalence budgétaire comme signe d’une
gestion financière saine. Ainsi, disait un adepte de Keynes : « en cas de demande insuffisante,
les impôts doivent être diminués et les dépenses publiques accrues, même si ces mesures
peuvent, à coup sur, entraîner un déficit budgétaire. »68
En résumé, la relance de l’activité économique par la demande implique les mesures suivantes
traduites par le graphe en dessous :
P1
A D1
68
Michel STEWART en 1970 dans Rodrigue TREMBLAY, macroéconomie moderne (théories et réalités) ed
Etudes Vivantes QUEBEC 1992. P 304.
66
Analyse du graphe
O1
Prix
O2
P1 A
B
D2
P2
D1
PIB1 PIB* de PIB
plein reel
emploi
69
Jean Didier LECAILLON et autres : Op. Cit. P121.
67
Ainsi, on assiste à une double translation des courbes de l’offre d’O1vers O2 et des courbes de la
demande de D1vers D2. De cette façon, on obtient un passage direct de A vers B qui signifie la
réalisation du plein emploi et une stabilisation des prix.
Finalement et en guise de conclusion, pour les limites des deux mesures prises de la politique de
l’offre et de la demande, les économistes préconisent la combinaison70 des deux relances comme
le montre le graphe en dessus. Nous nous interrogeons maintenant sur ce multiplicateur à travers
lequel Keynes a fondé sa théorie de relance ?
Le modèle du multiplicateur71 est une théorie macroéconomique utilisée pour expliquer comment
la production est déterminée à court terme. L e modèle du multiplicateur procure un moyen
simple de comprendre l’impact de la demande sur le niveau de la production. Selon cette
approche, la consommation des ménages est une fonction du revenu disponible et
l’investissement est fixe. Les désirs des gens de consommer et la volonté des entreprises
d’investir s’ajustent les uns aux autres par la variation de la production. A partir de là, le niveau
global de la production doit se situer à l’intersection des droites d’épargne et d’investissement SS
et II. Ou, pour l’exprimer d’une autre manière, la production d’équilibre est obtenue à
l’intersection de la droite consommation plus investissement et de la droite à 45°.
70
IDEM. P 122.
71
Paul SAMUELSON et William .D. NORDHAUS, Op. Cit. P 667-676.
68
L’étude du multiplicateur implique en premier lieu , l’étude de la fonction de consommation et la
fonction d’épargne (paragraphe 1), en second lieu l’étude de l’épargne et l’investissement
déterminant le revenu (paragraphe 2) et en dernier lieu l’étude de la consommation et
l’investissement déterminant la production (paragraphe 3).
Nous allons étudier dans ce paragraphe d’une façon simplifiée les fonctions de consommation et
d’épargne72 ; pour cela nous en proposons des hypothèses à savoir d’une part, que les courbes de
consommation et d’épargne sont fondées sur la connaissance des budgets des différentes familles
ainsi que de leur richesse ; et d’autre part, que cette étude fait abstraction des impôts, des profits
non distribués des sociétés, du commerce extérieur, de la dépréciation de la monnaie et de la
politique budgétaire de l’Etat. Alors, le revenu supposé ici est le revenu disponible et qui est égal
au produit national brut (PNB).
A- La fonction de consommation
Les comportements de consommation des ménages sont déterminés en premier lieu par la
décision de partage. Ainsi, leur revenu disponible va se partager entre la consommation présente
et consommation future (l'épargne). L'analyse keynésienne suppose que la consommation a une
importance première dans l'affectation du revenu. Par conséquent, Keynes suppose qu'elle est en
fonction du revenu disponible, soit : C = c (Yd)
72
IDEM P668
69
Graphe 5: la fonction de consommation
consommation
C Qp
B
C
PNB
Qp
B- La fonction d’épargne
L'approche keynésienne du comportement d'épargne est tout autre que l’approche néoclassique
qui la détermine à partir du taux d’intérêt car chez Keynes c'est la consommation qui précède
l'épargne. Le niveau d'épargne n'est pas déterminé par le taux d'intérêt mais par le niveau de
revenu de l'agent. Celui-ci consomme d'abord et attribue le reste de son revenu (celui qui n'a pas
été consommé) à l'épargne.
70
Graphe 6 : la fonction de l’épargne
épargne + S Qp
O B PNB
S Qp
71
Paragraphe 2 : L’épargne et l’investissement déterminent le revenu
Le graphe suivant nous montre comment le revenu est déterminé à partir de l’épargne et de
l’investissement :
Epargne et Qp
investissement
+
S
E Point
d’équilibre
I
0
S B Qp
-
Analyse du graphe
73
Les courbes d’épargne et d’investissement se coupent au point E qui correspond au niveau de
la production nationale brute (PNB) égal à OM et représente le niveau d’équilibre de la
production dans le modèle du multiplicateur. Cette intersection des courbes d’épargne et
d’investissement est le niveau d’équilibre du PNB vers lequel tend la production.
73
IDEM P670
72
L’équilibre au point E signifie que l’épargne désirée des ménages est égale à l’investissement
désiré des firmes ; alors dès que l’épargne et l’investissement désirés ne sont pas égaux, la
production tend à s’adapter à la hausse et à la baisse.
Ainsi à titre d’exemple, si la production est temporairement au-dessus de son niveau d’équilibre,
les entreprises se retrouvent avec une production supérieure aux ventes, des stocks qui
s’accumulent contre leur gré et des profits qui s’effondrent. Cela va donc pousser les firmes à
diminuer la production et l’emploi afin de le ramener à son niveau d’équilibre.
Nous allons procéder à une autre manière de déterminer la production appelée l’approche
consommation plus investissement (ou C+I).
73
Graphe 8 : Détermination de la production par la consommation et l’investissement
Dépense totale Qp
C+I
M C
PNB
Analyse du graphe
Ce graphe montre alors une courbe de dépense totale en fonction de la production totale ou du
revenu total. Ainsi, la droite noire CC représente tout simplement la fonction de consommation,
donnant le niveau de consommation désiré correspondant à chaque niveau de revenu. Nous
ajoutons ensuite l’investissement (dont le niveau est toujours égal à 1) à la fonction de
consommation.
Donc le niveau de la dépense totale désirée C+I représentée par la droite C+I. Grâce à la droite à
45°, nous pouvons déterminer le point d’équilibre E qui signifie que le montant de la dépense
désirée représentée par la droite C+I, est égal à la production totale. Pour le modèle keynésien
simplifié étudié dans ce paragraphe, nous retiendrons que l’investissement détermine la
production, tandis que l’épargne répond de manière passive aux variations de revenu ; ainsi , la
production augmente et diminue jusqu’à ce que l’épargne projetée se soit adaptée au niveau de
l’investissement projeté.
74
L’investissement exerce un effet multiplicateur sur la production ; quand l’investissement varie,
la production augmente tout d’abord d’un montant égal. Mais à mesure que ceux qui reçoivent
des revenus dans les branches de biens d’équipement obtiennent davantage de revenu, ils mettent
en mouvement toute une chaîne de dépense de consommation secondaire additionnelle et
d’emploi.
A titre d’exemple, si les gens dépensent toujours environ 2/3 de chaque unité monétaire
supplémentaire de revenu en consommation, le total de la chaîne du multiplicateur est :
1
2
1 + 2/3 + (2/3) +…..= ------------------- = 3
1-2/3
Le multiplicateur fonctionne dans les deux sens, amplifiant tout aussi bien les augmentations que
les diminutions d’investissement. Le multiplicateur le plus simple est numériquement égal à
l’inverse de la propension marginale à épargner (PMS), ou, ce qui revient au même, à 1/ (1-
PMC). On obtient alors résultat car il faut toujours accroître le revenu plus d’une unité monétaire
pour faire augmenter l’épargne d’une unité monétaire.
Après avoir étudié le principe du multiplicateur dans son modèle le plus simple, nous nous
interrogeons à présent sur le fonctionnement de ce multiplicateur dans une économie donnée.
75
Section 3 : Le fonctionnement du multiplicateur en économie
Cette section est consacrée à l’étude du multiplicateur keynésien dans une économie ; pour cela
nous allons traiter tout d’abord, le fonctionnement du multiplicateur en économie fermée74
(paragraphe 1), ensuite, nous abordons le fonctionnement de ce multiplicateur en économie
ouverte (paragraphe 2).
Ce graphe nous montre comment la production est déterminée en intégrant la dépense publique.
La C+I+G
dépense
totale
E 1
G 2 C+I
3 C
I
I PNB
74
IDEM P673-683.
76
Analyse du graphe :
L’économie de marché moderne peut souffrir de la pauvreté au sein de l’abondance quand les
conditions économiques se détériorent et lorsque le chômage augmente fortement. Inversement,
la dépense excessive entraînera peut être l’inflation.
L’investissement et la dépense publique (les impôts aussi provoquent un effet sur la production
nationale mais qu’on considère sans effet dans notre étude pour les besoins de notre thème.)
Représentent des flux de dépense autonome pour déterminer le niveau de consommation pour
déterminer le niveau d’équilibre de la production nationale.
Ainsi, les keynésiens estiment que la politique budgétaire publique est une dépense très puissante
ressemblant beaucoup à l’investissement ; c’est alors que le parallèle entre l’investissement et la
politique budgétaire montre que la politique budgétaire doit exercer également des effets
multiplicateurs sur la production.
77
De cette manière, on considère que le multiplicateur de la dépense publique est l’accroissement
de PNB résultant d’une augmentation d’une unité monétaire des dépenses publiques de biens et
services. A titre d’exemple, l’achat public initial d’un bien et d’un service met en mouvement
une chaîne de réemploi ; si l’Etat construit une route, ceux qui travaillent à la route dépensent
une partie de leurs revenus en biens de consommation, qui à son tour génère des revenus
additionnels, dont certains sont à nouveau dépensés.
Donc, l’effet final sur le PNB d’une unité monétaire supplémentaire de G est le même que celui
d’une unité monétaire supplémentaire de I : les multiplicateurs sont égaux à 1(1-PMC).
78
Paragraphe 2 : Fonctionnement du multiplicateur en économie ouverte
Toute nation est une économie ouverte75, échangeant avec les autres des biens et des services,
exportant les marchandises qui sont produites au moindre coût sur son territoire et important les
produits pour ,lesquels les autres ont un avantage comparatif .
Une économie ouverte est celle qui est engagée dans le commerce extérieur, exportant des biens
vers les autres pays et important des biens produits à l’étranger.
Le cycle économique international exerce une profonde influence sur chaque nation du globe ;
ainsi les mesures de politique monétaire prises à Washington peuvent être à l’origine des
dépressions, de pauvreté et de révolutions en Amérique du Sud ; les troubles politiques au
Proches Orient peuvent déclencher une spirale des prix pétroliers qui se traduit par des
expansions ou des récessions dans le monde entier.
Donc, faire abstraction du commerce international revient à manquer la moitié du jeu de la balle
économique.
75
IDEM P684-690.
79
A-le commerce international dans le modèle du multiplicateur :
Ce graphe nous montre comment les exportations nettes sont intégrées dans la détermination de
l’équilibre.
La dépense totale Qp
C+I+G
C+I+G+X
PNB
Qp
Analyse du graphe :
La droite noir représente la demande domestique (C+I+G), les achats des consommateurs, des
entreprises et des Etats. A cela, on ajoute la dépense étrangère nette ; les exportations nettes plus
la demande domestique donnent la droite de la dépense totale (C+I+G+X).
L’équilibre est alors obtenu au point E ou le PNB totale est égal à la dépenses totale de biens et
services produits à l’intérieur du pays.
80
Dans ce graphe, on remarque que la pente de droite de dépense totale est inférieure à celle de la
demande domestique pour tenir compte des fuites quand on passe de la dépense aux
importations, cela s’explique par la propension marginale à importer.
La différence entre exportations et importations de biens et services c’est les exportations nettes.
Quand on prend en compte le commerce extérieur, la demande domestique peut différer de la
production nationale ; la demande domestique comprend alors la consommation,
l’investissement et les achats de l’Etat (C+I+G). Pour obtenir le PNB, les exportations (e)
doivent être ajoutées et les importations (m) doivent être retranchées, de telle façon que :
Les importations sont déterminées par le revenu et la production domestique ainsi que par les
prix des biens domestiques par rapport à ceux des biens étrangers ; les exportations par contre
sont l’image inversée, déterminée par le revenu et la production étrangers ainsi que par les prix
relatifs.
81
Le commerce extérieur exerce un effet sur le PNB semblable à celui de l’investissement ou des
dépenses publiques ; ainsi, quand les exportations nettes augmentent, il y a un accroissement de
la demande globale de production domestique. Alors, les exportations nettes exercent un effet
multiplicateur sur la production sauf que le multiplicateur de la dépense dans une économie
ouverte est plus faible que dans une économie fermée du fait des fuites de la dépense vers les
importations.
1
Le multiplicateur d’économie ouverte = ---------------------------
PMS + PMm
A titre d’exemple, quand le PNB et les revenus totaux augmentent de 300 unités monétaires,
alors la dépense de consommation augmente de la variation du revenu multiplié par la PMC
(supposons qu’elle soit de 2/3), c'est-à-dire de 200 unités monétaires. Au même moment, la
dépense d’importations, c'est-à-dire de biens étrangers, augmente aussi de 30 unités monétaires
(PMm est de 1/10).
Cela signifie en réalité que la dépense de biens domestiques ne s’accroît donc que de 170 unités
monétaires (200-30= 170) et la pente de la droite totale tombe de 0.667 dans l’économie fermée
à 0.567 dans l’économie ouverte.*
*
Cette analyse n’a pris en compte que les fuites du revenu à travers l’épargne et l’importation et a négligé les fuites
du revenu à travers l’épargne des sociétés quand les entreprises obtiennent des profits plus élevés mais ne versent
82
Conclusion du troisième chapitre
pas ces profits à des individus, aussi les impôts car certains impôts tels les impôts sur le revenu ou sur les ventes
augmentent avec de plus hauts niveaux de revenu et de production.
83
Conclusion de la première partie
L’utilisation du budget de l’Etat comme instrument de régulation économique trouve son origine
dans la théorie keynésienne en 1936. La justification économique d’une politique conjoncturelle
fondée sur le budget est indiscutablement liée au triomphe de la doctrine keynésienne au
lendemain de la grande dépression. L’idée qu’une politique globale macroéconomique peut
résorber les déséquilibres de longue durée du marché du travail, à travers l’utilisation de la
dépense publique, est mise en pratique aux Etats-Unis avec le New Deal, puis dans les pays
occidentaux au lendemain de la deuxième guerre mondiale.
Le sentiment que l’Etat peut définitivement corriger les tendances à la récession par l’injection
de masses financières dans le circuit économique ne sera véritablement contestée que dans les
années soixante dix. Mais la tradition et puis la pratique des économistes ont toujours fait du
multiplicateur keynésien la clé des déséquilibres macroéconomiques.
« La « myopie » du marché – à travers l’illusion monétaire, la rigidité des salaires à la baisse du
fait des syndicats et enfin et surtout l’insuffisance de la demande privée autorisent la relance de
l’investissement public et de la dépense publique pour créer des emplois. C’est à l’Etat de
susciter un accroissement de la demande, soit en favorisant la consommation des manages, soit
en substituant simplement la dépense publique à la dépense privée »76.
76
Bernard MARIS et Alain COURET : Les politiques économiques conjoncturelles. PUF. Sélection que sais-je.
Paris. 1991. P 17/18.
84
Les différentes expériences ont montré de par le monde, la nécessité de l’intervention de l’Etat
dans la vie économique et dont l’expérience algérienne objet de notre étude.
Tout pays et notamment ceux en développement tel que l’Algérie a connu des transformations
structurelles, aussi utiles qu’elles ont été, ont donné lieu à une nécessité incontournable de
concevoir et d’élaborer des politiques de relance pour l’économie afin de remédier aux retards
accumulés dans les secteurs économiques et sociaux.
Qu’en est il donc de cette évolution, par rapport à sa forme et à son impact sur l’économie ?
85
Deuxième partie
86
Introduction de la deuxième partie
Le contre choc pétrolier survenu en 1986, a plongé l’Algérie dans des difficultés financières qui
ont démontré la fragilité et le dysfonctionnement d’une économie quasiment rentière ; le pays
vivait alors une situation économique et sociale des plus désastreuse.
Alors compte tenu de l’état des indicateurs sociaux et économiques à savoir : les taux élevé du
chômage, de l’inflation et de la pauvreté, ainsi des déficits du budget de l’Etat et de la balance
des paiements, la mise en œuvre des réformes économiques devient nécessaire, urgente, voire
même inévitable.
C’est dans cette logique des réformes, qu’un programme d’ajustement structurel ( PAS) a été mis
en œuvre dès 1993 à l’aide des institutions monétaires internationales en vue de l’assainissement
de l’économie nationale, du rétablissement des équilibres monétaires et du desséchement des
liquidités à travers une politique monétaire et une politique budgétaire pour le redéploiement
fiscal et le resserrement des dépenses par la suppression du soutien aux prix et des subventions
aux entreprises et dont les conséquences, au delà du redressement et du redéploiement , se sont
aggravées et accentuées sur le plan social notamment, la pauvreté à cause de la stagnation
économique.
A partir de l’année 2000, la prise en charge des effets du PAS, au moment ou l’Algérie connaît
une embellie financière, devient nécessaire et voire même primordiale, c’est ainsi qu’une
politique de relance économique se met en marche et voit enfin le jour avec la conception et
l’élaboration d’un programme de soutien à la relance économique ( PSRE/ 2001-2004) , suivi
d’un deuxième programme pour la consolidation de la croissance économique appelé le plan
complémentaire de soutien à la croissance ( PCSC/ 2005-2009).
Cette politique de relance est conçue selon une logique de relance provenant des sources
théoriques keynésiennes par la demande.
87
La mise en œuvre des plans de relance, a donné lieu à la mobilisation de fonds publics et masses
budgétaires très importants à savoir 525 milliards de DA pour le premier plan et 4200 milliards
de DA pour le deuxième plan, ainsi devient il urgent, indispensable voire n’est il pas opportun
d’évaluer la pertinence des choix économiques et sociaux contenus dans ces programmes, et de
connaître/ de mesurer le degré de l’efficacité de la dépense publique engagée dans ce processus ;
et par conséquent tenter la question :
Jusqu‘où la dépense publique peut elle assumer la charge de la relance économique dans une
situation d’offre rigide.
Pour apporter des éléments de réponse à notre question , nous avons choisi tout d’abord de
présenter un bref aperçu historique sur les réformes économiques en Algérie depuis
l’indépendance et ses implications ( chapitre 1), en second lieu nous tenterons de suivre
l’évolution de l’environnement budgétaire de la stabilité macro financière au processus de
relance économique ( chapitre 2), enfin nous terminerons cette présentation, par l’étude de
l’impact de l’expansion budgétaire sur les indicateurs économiques en Algérie durant 2000/2006
( chapitre3).
88
Premier chapitre :
Depuis l’indépendance, l’Algérie a lancé de grands projets économiques qui ont permis la mise
en place d’une assise industrielle dense. Ceci lui a permis de tirer profit de la rente pétrolière
dont une bonne partie a été réinvestie dans les projets de développement économique. C’était
donc une économie planifiée et centralisée axée sur la rente pétrolière comme source de
financement de l’investissement public entre 1962 et 1971. (Section 1).
Durant les années quatre vingt, l’économie algérienne a connu des difficultés, le contre choc
pétrolier de 1986 a porté un coup dur à une économie qui est restée quasiment rentière. C’est la
période qui a connu les plans anti-pénurie et de stabilisation pour une économie en pleine crise.
(Section 2).
Aux début des années quatre vingt dix, l’Algérie se rapproche des institutions internationales de
Bretton woods en vue de conclure un premier accord d’ajustement structurel, accord en vertu
duquel, l’Algérie engage des réformes structurelles concrétisant ainsi le passage à l’économie de
marché dont les résultats dépendent des mutations actuelles et futures de l’économie mondiale
dans le contexte du libre échange et de la mondialisation. (Section 3).
89
Section 1 : Une économie planifiée et centralisée axée sur la rente pétrolière
comme source de financement de l’investissement public (1962/1971)
En effet, l’Etat algérien a opté pour la création d’un secteur public en nationalisant le secteur
minier pour l’accumulation du capital et bancaire pour prendre en charge le financement du
développement (1966), le nationalisation du secteur de distribution des produits pétroliers
(1967), le lancement du pré plan triennal (1967-1969) en vue de la mise en place des moyens
matériels tels l’organisation institutionnelle pour la réalisation des futurs plans, et la
nationalisation du secteur amont des hydrocarbures (1971).
Ainsi, l’Etat algérien a mené une politique de développement ayant pour objectifs : la
consolidation de l’indépendance nationale, l’instauration d’une société affranchie de
l’exploitation de l’homme par l’homme, la promotion de l’homme et son libre épanouissement.
D’abord, l’Etat visait à travers cette stratégie à mettre en place une structure industrielle ensuite
le parachèvement des institutions publiques. Ainsi, l’économie algérienne s’est caractérisée par
une évolution importante du secteur public dans la production intérieure brut (PIB) qui passe,
selon, le ministère des finances, de 34.07 % en 1969 à 65, 52 % en 1978, l’investissement s’est
multiplié par quinze (15) durant la même période, atteignant parfois 50% du PIB.
90
Cet état est dû au fait qu’en 1962 l’Algérie était principalement un pays agricole ou l’industrie
était peu développée et dés 1967,avec le pré plan triennal ,un modèle de croissance socialiste a
été mis en œuvre ,il se caractérise par un développement autocentré,privilégiant les politiques de
substitutions à l’importation et la mise en valeur des hydrocarbures afin de disposer des
ressources financières pour financer les grands projets de l’investissement .
Les entreprises algériennes étaient chargées de réaliser les infrastructures dont elles avaient
besoin pour leur développement et aider aussi les collectivités locales qui, à cette époque,
disposaient de peu de moyens humains et matériels. En effet ,le rôle de l’entreprise algérienne
ne se limitait pas à une activité économique bien précise ,créatrice de richesse .Une centaine
d’entreprises publiques régionales et locales sont mises en place dans le cadre de la planification
globale coordonnée par un secrétariat d’état au plan .Chaque entreprise publique avait son propre
plan annuel,les ministères de tutelle concernés approuvaient ces plans ,contrôlaient les
importations ,la fixation des prix de vente et les programmes d’investissement sur des périodes
pluriannuelles étaient étudiés,approuvés et mis en œuvre.
Le trésor public finançait directement 100 % ces investissements sous forme de prêts à moyen et
long terme en garantissant tous les crédits extérieurs mobilisés pour l’investissement.
Ceci a permis à l’Etat un meilleur contrôle sur les investissements, une plus grande mobilisation
des ressources financières et leur canalisation vers les secteurs socialement les plus rentables.
Les entreprises bénéficiaires de ce mode de financement devraient, en contrepartie, participer au
budget de l’état et convertir les dotations aux amortissements en bons d’équipement (bons de
trésor).néanmoins, cette contribution ne les dispensait pas du remboursement de dette de
l’investissement.
Ces deux mesures ont été vite abrogées, étant donné que la majeure partie des entreprises
publiques devait faire face à de nombreux problèmes financiers et étaient incapables de dégager
91
des cash-flows positifs nécessaires au remboursement de la dette, encore moins de participer au
budget de l’état et acheter des bons du trésor.
Donc pour la réalisation des infrastructures pour le développement, les entreprises publiques
acquièrent des contrats de réalisation, mais avant sa finalisation, un projet est soumis à trois
niveaux de décision :
Cette institution financière fait partie du système bancaire algérien de l’époque ,qui est composé
également de la banque centrale ,du trésor et des banques commerciales .Les entreprises
publiques avaient la particularité de bâtir le financement de la totalité de leurs infrastructures de
production de biens et de services sur l’endettement interne et externe ,comme elles avaient la
particularité de ne pouvoir accepter le partenariat étranger dans leur capital ou dans le montage
de nouveaux projets industriels ou autres ( position de l’Algérie contre les investissements
directs étrangers) .
92
travaux avec des partenaires étrangers. De plus, chaque entreprise publique ne pouvait traiter
qu’avec une seule des cinq banques d’Etat, qui leur fournissent de façon systématique des fonds
de roulement sous forme de découvert bancaire à un taux très bas fixé par le gouvernement
donc la nécessaire domiciliation de l’entreprise publique auprès d’une banque.
En résumé, ces mesures prises à l’époque, ont permis à l’Etat d’apporter des résultats quelque
peu mitigés notamment pour les secteurs de l’industrie et de l’agriculture.
Nous n’allons aborder dans ce paragraphe que le secteur de l’industrie et de l’agriculture ; tout en
Précisant que la stratégie adoptée dès 1966, privilégiait le secteur industriel, à l’intérieur duquel
deux axes étaient mis en avant à savoir le secteur des hydrocarbures pour assurer le financement
et le secteur de l’industrie lourde.
2/1-Industrie :
Cette stratégie a été relativement fructueuse compte tenu du contexte de l’époque , puisqu’elle a
permis selon la banque d’Algérie, un ratio (taux d’investissement) : investissement /P.I.B
d’environ 45% durant la période 1968-1980, un taux nettement supérieur à celui des pays à
revenu moyen qui se situe à 26 %.Selon la même source, durant la même période, le taux de
croissance annuel moyen était de 6 %.Les fruits de cette stratégie n’ont pas emporté de
consensus car l’efficacité marginale du capital était très faible : pour 1DA de production , il
fallait investir 8.75 DA.
93
Le taux de développement de l’infrastructure économique et sociale a connu le même type de
croissance et c’est ainsi, par exemple, que selon la société Sonelgaz, l’électrification des foyers
est passée de 20 % à l’indépendance à plus de 96% en l’an 2000 et ce malgré un triplement de la
population, et que plus de 1.5 millions de foyers sont raccordés par canalisation au gaz naturel.
Pour le secteur privé et jusqu’en 1973, sa part dans la production était supérieure à celle des
entreprises publiques. C’est la période au cours de laquelle, les entreprises privées ont pu tirer
profit des effets de la valorisation des recettes des hydrocarbures en répondant à une demande
induite, par les investissements intensifs effectués dans le secteur public et la distribution des
salaires qui s’en est suivie. Il faudrait peut être préciser que la mise en œuvre de cette stratégie
qui donne lieu à des investissements, emploi et des salaires, a été à l’origine de la formation
d’une demande intérieure à laquelle seule le secteur privé pouvait répondre.
2/2- Agriculture :
94
Mais l’indépendance alimentaire, un des grands objectifs de la révolution agraire, s’est avérée
être une chimère. En effet, les produits agricoles et le lait concentré faisaient cruellement défaut.
L’Algérie ne produisait pas la moitié de ces besoins en produits agricoles et utilisait une bonne
partie de ces recettes d’hydrocarbures au moment du premier choc pétrolier de (1973) pour sa
facture alimentaire qui ne faisait qu’augmenter année par année.
95
Section 2 : Crise de l’économie algérienne (les années quatre vingt)
Les années quatre vingt, ont marqué un tournant décisif dans l’histoire de l’économie algérienne.
En effet, au plan extérieur les difficultés financières se sont accumulées à partir de 1985. Le
retournement du marché pétrolier a eu lieu en 1985 et le prix du baril a chuté de 50% en l’espace
de quelques semaines, en raison, disait-on à l’époque, de la décision saoudienne d’inonder le
marché et d’empêcher le Venezuela de prendre une part dominante sur le marché américain si
proche. A ce contrechoc pétrolier va s’ajouter un choc monétaire: les accords du Plazza,
intervenus entre Américains, Japonais et Européens, ont programmé la baisse du dollar qui perd
en quelques semaines plus du tiers de sa valeur. Le dollar vaut dix francs français en 1985 ; il
n’en vaudra plus que cinq trois années plus tard. Simultanément, la baisse du dollar produit une
hausse de l’encours de la dette extérieure par simple effet de valorisation des dettes contractées
dans les autres monnaies que le dollar. La dette et son service s’accroissent sans endettement
supplémentaire notable.
Le cumul de « l’effet pétrole » et de « l’effet dollar » représente entre le premier trimestre 1985
et le creux conjoncturel de la mi-1991, une baisse des recettes en devises de près de 80%.
L’Algérie est touchée au cœur. Quelles sont donc les conséquences de cette crise sur l’économie
algérienne notamment au sein des entreprises publiques d’une part (paragraphe 1), et d’autre part
concernant l’endettement du pays et son lien avec les institutions internationales de Bretton
Woods (paragraphe 2).
Au début des années 80, la centaine de sociétés nationales a été restructurée en plus de cinq cents
entreprises publiques, et le mode d’intégration verticale de chaque société nationale était cassé,
voir transformé en concentration horizontale ou plutôt séparation des fonctions de l’amont et de
96
l’aval. Ainsi, la société Naftal est née de cette restructuration de Sonatrach en 1982 puis par la
séparation du raffinage et de la distribution en 1987.
L’endettement du pays s’est aggravé en valeur et pour une structure très défavorable avec la
prédominance des dettes à court termes. Pour l’agriculture, et sous les impulsions des
propriétaires fonciers expropriés dans le cadre de la révolution agraire, on a assisté à la fin de
cette expérience agraire qui avait pourtant, sur le plan social, beaucoup d’aspects positifs comme
la construction de villages agricoles et la fixation de la population rurale comme solution à
l’exode rurale.
97
En 1982, quatre années avant le contre choc pétrolier, la révolution agraire est abandonnée
comme philosophie de relance de l’agriculture et on revient au système des domaines autogérés
avec les D A S (domaine agricole socialiste).
Commencée en 1983/1984, la crise économique en Algérie a été aggravée dés 1986, par les
chutes des prix du pétrole et du dollar qui ont réduit les revenus des exportations, fondés à 95%
sur les hydrocarbures.
En 1986, la dette extérieure était de 17 milliards de dollars. Le stock de la dette est passé de 17 à
25,8 milliards de dollars entre 1985 et 1987. Le service de la dette absorbait 35 % des recettes
d’exportation en 1985, 54,3% en 1986 et 78,2% en 1988. De 1986 à 1993, les réserves de change
ont toujours été inférieures à deux milliards de dollars. Malgré cela, le niveau des importations
va baisser de 9 milliards de dollars en 1985 à 6,4 milliards de dollars en 1987, freinant
brutalement l’appareil de production : la production industrielle diminue, la construction et les
travaux publics sont frappés de plein fouet. La pénurie et l’économie parallèle se développent.
L’économie entre en crise.
En 1987, au plus fort des manifestations des agriculteurs expropriés qui demandaient leurs terres,
le ministère de l’agriculture de l’époque a mis en place les exploitations agricoles collectives
(E.A.C) , un autre projet collectiviste voué à l’échec .C’est en fait le troisième grand choc de
l’agriculture algérienne .
Dés lors, le secteur souffre de problèmes fonciers plus qu’auparavant .Si les propriétaires terriens
expropriés dans le cadre de la révolution agraire ont repris leurs terres et leurs plantations
fruitières, d’autres intervenants sont intervenus dans le secteur en créant un vaste marché de
foncier agricole que l’Etat ne contrôle pas. Les problèmes depuis 1990, ont cependant commencé
à s’estomper, mais relativement.
98
Jusque là, conforté par ses entrées en devises, le pays dépensait (en empruntant) pour importer
principalement ,80% de sa consommation alimentaire. L’Algérie avait accès sans problèmes
jusqu’à 1988, au marché international des capitaux.
Les recettes pétrolières ont commencé à chuter, la croissance annuelle chute, les réserves de
change diminuent et la paupérisation s’aggrave.
En 1988, les premiers contacts de l’Algérie avec la banque mondiale (B.I.R.D) ont été entrepris.
L’Algérie avait préféré alors négocier avec la banque mondiale un financement destiné à
l’ajustement structurel devant toucher l’ensemble des secteurs économiques. A ce moment, et
selon la banque d’Algérie, les recettes des exportations avaient encore chuté en 1988 de 12 % par
rapport à 1987 après avoir déjà reculé de 35% entre 1985 et 1986 passant de 13.08 millions US$
à 8.06 millions US$ .Les importations qui étaient pour une grande partie incompressible ont été
ramenés de 8,8 millions US $. En 1985 à hauteur de 7 ,88 millions US$ en 1986, ce qui va
favoriser un marché bien en l’absence de modification des systèmes des prix.
Au moment où les exportations et les importations ont baissé , le montant de la dette arrivée à
échéance passée de 4,93 millions US $ en 1985 à 4,95 millions US $ en 1986 , portant ainsi le
ratio :service de la dette /exportation de 35% à 54,3% , contre 27,6 % en 1979 ; 29,63 % en
1982 et environ 33 à 35 % entre 1982 et 1984 .Vers la fin de l’année 1988, ce ratio a progressé
de façon dramatique à 78,2% des recettes des exportations .Dans une telle situation , il n’était pas
surprenant d’arriver à un niveau de déficit de la balance des comptes courants de plus de 2,09
millions US $ soit l’équivalent de 30% des importations .
99
Les prévisions pour l’année 1989 ne prêtaient pas non plus à l’optimisme .L’instabilité du
marché pétrolier mondial duquel dépendait fortement l’économie nationale était telle qu’il était
difficile de voir clairement l’avenir .C’est ainsi que le gouvernement a été contraint de relancer
les discussions avec les institutions de Bretton woods .
La possibilité d’élargir les négociations au F.M.I sans aller toutefois jusqu’à solliciter un
programme de stabilisation tel que connu et conçu par cette institution, n’étant pas écartée, ce qui
a été fait par la suite puisqu’un premier accord stand by a été signé entre l’Algérie et le F.M.I le
31 mai [Link] accord a été accompagné d’une facilité de financement compensatoire (F.F.C)
pour un montant de 560 millions US $ .Un second accord similaire a été signé en juin 1991 pour
un financement de 400 millions US $ .La consommation de ce crédit n’était pas totale, car la
quatrième tranche a été bloquée par le créancier en raison du non respect par l’Algérie , de
certaines clauses en relation avec le critère de performance, il s’agit du déficit budgétaire voté en
décembre 1992 pour l’année 1993 .Un troisième accord stand by a été signé en mai 1993 .
Le gouvernement algérien avait bénéficié conformément aux dispositions de cet accord, d’un
financement compensatoire de l’ordre de un milliard de dollars. L’engagement de négociation
avec le F.M.I (le fond monétaire international) dans le but de soutenir le programme de relance
économique a amené l’Etat à accepter en 1989 une libéralisation partielle du commerce
extérieur. Un mécanisme plus souple d’allocation de devises aux entreprises est venu ainsi
remplacer le système de contrôle centralisé des importations.
Désormais ,seules les importations financées sur crédits de plus de 90 jours étaient soumises à
l’autorisation de la banque centrale .Pour les importations d’un montant d’au moins de 2 millions
US $, la loi 90-10 du 14 avril 1990 relative à la monnaie et au crédit et modifié en août de la
même année par une loi de finances qui prévoyait , entre autre l’ouverture du marché algérien à
l’installation de concessionnaires et de grossistes qui vont contribuer par la suite et d’une façon
très significative au démantèlement progressif des monopoles d’importations.
100
Ces concessionnaires qui jouissent de droits exclusifs de distribution des produits de fournisseurs
étrangers devaient néanmoins obtenir, au préalable, du conseil de la monnaie et du crédit
l’autorisation nécessaire à l’importation ou l’acceptation des investissements étrangers. Les
importateurs agrées sont autorisés également à importer certains biens sans restriction aucune, à
condition qu’ils soient financés sur leurs propres ressources en devises. De plus, les importations
inférieures à 10 000 $ ne sont nullement réglementées. La réforme du régime du commerce
extérieur a permis surtout de ramener l’obligation de rétrocession des devises provenant des
exportations à 50 % pour les produits agricoles, à 20 % pour les rentrées au tire du tourisme et du
vin, et à 10 % pour le transport, les assurances et les services financiers.
L’élargissement des mesures de démonopolisation de bien : soit pour son propre usage de
commerce afin que l’Algérie puisse avoir facilement accès à l’importation de biens , soit pour
son propre usage ou en vue de les revendre à titre de grossiste, à l’exception des produits dont
l’importation est interdite par la loi. L’accès des importateurs aux devises aux taux de change
officie était totalement libre.
Cette flexibilité dans le financement des importations a été quelque peu modérée en 1992, suite
à la détérioration de la situation des équilibres financiers de l’économie nationale. La liste des
biens interdits à l’importation a été élargie à de nouveaux produits et les banques commerciales
n’étaient, pas obligées de faire approuver par la banque centrale leurs avoirs en devises
provenant d’emprunts à l’étranger ou l’exportation des hydrocarbures.
Pendant les trois années (1990-91-92), les effets de la crise sont atténués grâce à l’augmentation
momentanée des cours de brut suite à l’éclatement, en janvier 1990, de la guerre du golfe. Selon
la banque d’Algérie, le montant des exportations algériennes en hydrocarbures était de 12 ,384
milliards US$ en 1990 contre 11.975 milliards US $ en 1991, et 10.848 milliards US $ en 1992,
il a fallu que ce montant descende à 9.59 milliards US $ en 1993, pour que la crise maintes fois
ignorée, repoussée plusieurs fois, resurgisse d’un seul coup.
101
A la même année, l’Algérie avait remboursé, dans le cadre du service de la dette, quelques 9.05
milliards de $US, soit un ratio service de la dette/ exportation de prés de 83% et les réserves de
change sont descendues à un niveau catastrophique ne pouvant couvrir qu’un mois et demi
d’importation.
En 1993, en dépit de l’accord avec le FMI de mai 1989, qui a permis le traitement d’une partie
de la dette privée, le service de la dette extérieure représente plus de 82,2% des exportations de
biens et services. La situation est intenable et nécessite un rééchelonnement. Aussi, pouvons-
nous déduire que les réformes 1989-1993 n’ont presque rien changé à la situation. A commencer
par la restructuration des entreprises publiques qui a été commencée au début des années 80 sans
aboutir en fin à refondre de véritables secteurs économiques capables d’être producteurs de
richesses au lieu d’être consommateurs. Bien au contraire la restructuration des entreprises
publiques avait aggravé la situation de leur trésorerie dans la mesure ou leur autonomie n’avait
pas été précédée de l’assainissement de leurs déficits accumulés pendant plusieurs années
d’économie dirigée et de prix administrés.
Le gouvernement n’avait pas prévu également un système de compensation des pertes induites
par une série de dévaluations du dinar qui a dopé les coûts des consommations intermédiaires
importés pour la plupart et le volume de leurs dettes. Certaines entreprises se sont trouvées
parfois avec une masse salariale dépassant leurs chiffres d’affaire. D’autres n’arrivaient pas à
payer leurs travailleurs que sur découvert bancaire.
Pour conclure, les années quatre vingt, ont été marquées d’une part par une crise au sein des
entreprises publiques provoquant une crise d’endettement d’autre part. cette situation a poussé
l’Algérie, au début des années quatre vingt dix à recourir aux institutions internationales afin de
trouver une issue à la crise économique que vivait le pays.
102
Section 3 : Programme d’ajustement structurel et passage à l’économie de
marché (Les années quatre vingt dix)
La chute brutale des cours du pétrole survenue en 1986 a eu un effet désastreux sur les
conditions économiques et sociales. Cette situation a persisté pendant près d’une décennie.
Au lieu de procéder à un ajustement progressif à la faveur de l’érosion spectaculaire des recettes
d’exportation, les autorités ont maintenu des politiques d’expansion en matière budgétaire et
monétaire, engendrant une forte inflation, un endettement extérieur important et une
intensification des restrictions sur les importations.
Au début des années 90, l’investissement public a été considérablement réduit à un peu plus de
6,2% en [Link], cela n’a pas empêché une nouvelle envolée des déficits budgétaires, qui
ont atteint le niveau record de (-8.3)% du PIB en 1993. Entre 1986 et 1994, l’Algérie affichait
un taux de croissance annuel moyen à peine supérieur à zéro (0.2%). Ceci s’est traduit par des
taux par habitant négatifs et par une nette aggravation de la pauvreté.
103
En 1994, à la veille de la mise en œuvre des programmes d’ajustement, la situation économique77
nationale était largement détériorée :
77
Abdelmadjid BOUZIDI : les années 90 de l’économie algérienne. ENAG éditions .1999.P24/27.
104
Graphe 11 : Evolution du Produit Intérieur Brut en %
5
4
3
P IB en %
2
1
0
-1 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994
-2
-3
les années
105
Graphe 12 : Evolution du taux d’inflation durant 1985/1994
35
30
25
20
15
Le taux d’inflation
10
5
0
1985 1987 1989 1991 1993
les années
La fin des années quatre vingt a été caractérisée par des problèmes d’équilibre financiers
internes du pays dont un contexte interne inflationniste car l’offre globale n’arrivait pas à suivre
la demande qui était alimentée par une politique monétaire expansionniste. Cela était le problème
qui altérait la poursuite du programme de développement.
1) Importantes surliquidités dues à cause du déficit monétisé du Trésor soit 190 milliards de
dinars en 1990 à coté duquel, le déficit financier des entreprises publiques couvert par les
banques primaires grâce à un refinancement auprès de la Banque d’Algérie soit 126 milliards de
dinars. Enfin, un système peu bancarisé, soit 5% en circulation, et ajoutons à cela l’évolution des
rémunérations commandée plus par le coût de la vie en augmentation (revendications salariales)
que par l’augmentation de la productivité.
106
2) Demande interne excédentaire due à une augmentation des revenus salariaux.
3) Offre interne rigide à cause de la faible productivité, de la sous utilisation des capacités
installées et l’élasticité de la production par rapport aux importations.
107
En 1994, après une série de tâtonnement, les grandes thérapies se mettent en place en 1994. Ces
dernières restent axées sur l’assainissement et le rétablissement des équilibres macro financiers et
la réunion des conditions nécessaires à la reprise du projet de développement économique et
social. Les politiques économiques mises en œuvre à partir de 1994 sont des politiques
conjoncturelles contra cycliques.
En 1994, les autorités ont mis en place un programme d’ajustement structurel. Ce programme
visait à corriger les déséquilibres budgétaires grâce à des mesures monétaires et fiscales, à la
reprogrammation de la dette extérieure et l’instauration de réformes structurelles. Au nombre de
ces réformes figuraient la libéralisation du commerce, une dévaluation en deux étapes du dinar
algérien (70% au total) entre avril et septembre 1994 ; un régime de flottement contrôlé 1995
soutenu par un marché de change interbancaire et la restructuration des entreprises publiques.
108
Le programme d’ajustement structurel (P.A.S) est articulé autour de quatre objectifs :
Le P.A.S, détaillé, contient 76 actions bien définies et dont l’application programmée dans le
temps a été strictement mise en œuvre entre avril 1994 et décembre 1997 par les autorités et les
opérateurs économiques et sociaux algériens.
Le passage d’une économie dirigée à une économie de marché est conforté par la dévaluation du
dinar de plus de 75%, la libéralisation du commerce extérieur, la liberté des prix, la promulgation
d’une loi sur la concurrence semblable à ce qui existe dans les économies libérales (janvier
1995), la promulgation d’une loi sur la privatisation (août 1995) .Cela a lieu, sans omettre bien
109
entendu la réforme en 1995 du code du commerce et l’installation par la suite de la bourse
d’Alger.
Ainsi selon les économistes78, le Plan d’Ajustement Structurel (PAS) est un programme de
mutation systémique dont l’objectif est de stabiliser l’économie d’une part et de résorber,
d’autre part, les surliquidités et l’excès de demande du coté de la demande globale et rendre
l’offre moins rigide du coté de l’offre globale.
Etant donné que l’action dur l’offre globale exige du temps, du point de vue de l’optique
microéconomique qui s’étale sur la restructuration des entreprises afin d’améliorer la
performance productive et que la réduction de la demande globale est en priorité, l’approche
macroéconomique nous offre des instruments de gestion de la demande dont la politique
budgétaire et la politique monétaire.
La politique budgétaire était chargée de limiter les crédits de l’Etat à travers les dépenses
publiques et d’améliorer les recettes budgétaires par un système fiscal plus performant et plus
efficace, cela afin de limiter le déficit budgétaire et donc de stopper son financement monétaire,
et enfin de procéder à la libéralisation des prix dont les prix du travail à travers un blocage des
salaires réels, ensuite des prix de la monnaie par une dévaluation du dinars algérien ce qui a
provoqué une augmentation des marchés et enfin les prix des biens et services qui ont entraîné
une baisse de la consommation.. Quant à la politique monétaire, elle était chargée du contrôle
quantitatif de la masse monétaire à travers le crédit, de l’amélioration de l’épargne par
l’augmentation du taux d’intérêt et la dévaluation de la monnaie nationale disponible.
78
IDEM.
110
Conclusion du premier chapitre
L’Algérie a longtemps été un champ de réformes économiques et cela depuis son indépendance ;
le contrechoc pétrolier de 1986, a démontré la fragilité de l’économie nationale, ce qui a conduit
le pays à une situation économique et sociale désastreuse. Alors, des réformes structurelles
parrainées et accompagnées par le FMI et la Banque Mondiale, ont été mises en application.
Bien que ces réformes aient permis le retour à la stabilisation des équilibres macro financiers, la
situation sociale a connu un niveau de dégradation important.
Dès 1999, les ressources de l’Algérie se sont améliorées à l’occasion du raffermissement du
marché des hydrocarbures, ce qui a permis au pays de réaliser des excédents financiers et de les
utiliser dans le lancement d’un programme ambitieux en vue de rattraper les retards accumulés
en matière de développement économique et sociale, ces actions s’inscrivent dans une politique
de relance axée sur la dépense publique et l’impulsion de la demande.
C’est ainsi qu’on assiste alors à une évolution de l’environnement budgétaire de la stabilité
macro financière à la relance économique par l’expansion budgétaire.
111
Deuxième chapitre :
Évolution de l’environnement budgétaire de la stabilité
macro financière au processus de relance économique
(2000/2006)
C’est ainsi que dès l’année 2000, les pouvoirs publics ont élaboré et conçu une politique
économique adossée à l’expansion de la dépense publique et cela dans le but de relancer
l’économie nationale et de remédier aux effets négatifs et néfastes des politiques antérieures sur
le plan social.
Nous nous interrogeons donc, sur les fondements de la politique d’expansion budgétaire dans le
cadre de la relance économique (les sources théoriques) ; aussi, se posons nous la question de
savoir comment se traduit cette politique de relance concrètement sur le terrain et quelle forme
prend t elle et enfin comment finance t on cet ambitieux programme ?
Pour répondre à nos questions, on parlera de la nécessité d’une politique de relance par
l’expansion budgétaire à partir de 2001 (Section 1), ensuite nous étudierons la politique
d’expansion budgétaire à travers des programmes de relance économique (Section 2) et enfin
nous entamerons avec l’évolution des dépenses budgétaires en Algérie (2000/2006) (Section 3).
112
Section 1 : Nécessité d’une politique de relance par l’expansion budgétaire à
partir de 2001
Une nécessité dictée d’une part par un contexte socioéconomique assez complexe au lendemain
de la mise en œuvre des recommandations du plan d’ajustement structurel (PAS) (paragraphe 1),
et d’autre part, par la volonté politique de concevoir un projet économique ambitieux assurant la
relance de la croissance tout en s’appuyant d’ailleurs sur les recommandations de la théorie
keynésienne. Cette dernière nous livre un instrument d’action qui constitue le lien entre le cycle
de l’activité et de la croissance économique (paragraphe 2).
Le programme d’ajustement a remporté des succès remarquables dans la stabilisation des prix,
mais a eu des répercussions dramatiques au plan social. La performance macroéconomique s’est
en effet améliorée. Entre 1994, 1997 et 2000, l’inflation est tombée respectivement de 29, à 6 et
à 0,3 % ; le déficit budgétaire est passé de -4,4 % du PIB à un excédent de 7,8 % du PIB ; l’écart
entre les taux de change du marché parallèle et ceux du marché officiel s’est réduit d’environ 100
% ; et la croissance s’est située à un taux modeste de 3,2 %.
Toutefois, la fermeture inévitable de plus de 900 entreprises publiques non viables a réduit de
320 000 (environ 40 %) les effectifs du secteur public, entraînant un coût social important. Le
chômage s’est aggravé, son taux passant de 24 % en 1994 à 30 % en [Link], Un système de
prix fondé sur le marché a été établi, le contrôle des prix et les subventions généralisées ayant été
abolis.
113
En outre, la masse salariale a baissé de moitié entre 1989 et 2000 (Banque mondiale 2003). La
stabilité économique a été péniblement restaurée au prix de lourds sacrifices, mais s’est
accompagnée d’un coût social élevé ; et malgré tout, la croissance est restée anémique et le
chômage s’est accentué. Dans ce contexte d’urgence qui prévalait en 2001, les pressions sociales
et politiques ont conduit à la mise en place du premier programme d’investissement public, le
PSRE. Le désengagement de l’Etat des activités productives et commerciales est allé de pair
avec l’établissement d’un système bancaire davantage axé sur le marché, qui a imposé des
contraintes budgétaires à ses clients, y compris les entreprises publiques.
A l’issue de trois années d’application, le P.A.S a produit des effets récessifs qui ont touché
certains secteurs à savoir ;
l’industrie :
Ce secteur a connu une chute d’un peu plus de 11 points entre 1994 et 1997. Ce sont surtout les
industries manufacturières qui ont été le plus particulièrement affectées par la récession, puisque
leur production a chuté de plus de 21 points entre 1994 et 1997. En revanche, les seules
industries ayant enregistré une croissance régulière sont bien les branches de l’énergie et des
hydrocarbures.
114
d’assainissement des entreprises. Ces dernières devaient, sans y être préparées, faire face à un
environnement issu des décisions macroéconomiques. En effet, on a pu remarquer une forte
corrélation entre la dévaluation du dinar et le gonflement des découverts bancaires qui passent,
selon le ministère de l’industrie, pour l’ensemble du secteur industriel, d’un peu plus de 90
milliards de dinars en 1995 à plus de 113 milliards de dinars à la fin de l’année 1996. Il
représente 28 % du chiffre d’affaires total, soit 3.4 moins de recettes en moyennes .Le découvert
des entreprises publiques s’est fortement accru depuis 1993, passant de 10 milliards de dinars à
la fin de décembre 1994 à 92milliards de dinars à la fin de décembre 1995.
L’Etat s’est efforcé toutefois, d’assainir la situation dans laquelle évoluaient les entreprises
publiques qui ne produisaient relativement plus. Soumises à rude épreuve, les entreprises
publiques n’ont pas réussi à s’adapter à la nouvelle donnée économique, et ce, malgré les
sommes colossales dont elles ont bénéficié. Selon le C.N.E.S, prés de 800 milliards de dinars ont
été injectées dans le processus d’assainissement des entreprises dont les résultats se font toujours
attendre. Présentés comme un programme ambitieux destiné à ranimer les unités de production,
les plans de redressement ont été mis en application non sans difficultés.
le chômage :
Les réformes ont produit des effets pervers dans le monde de l’entreprise : des centaines d’unités
de production ont été dissoutes et des milliers de travailleurs ont été licenciés. En effet, plus de
800 entreprises ont été touchées par les mesures de dissolution entraînant, selon le ministère de
l’emploi, la suppression, de 211 960 employés.
A cette dernière, il convient d’ajouter les départs volontaires au nombre de 50700 (financés par
le trésor public dans le cadre de l‘assainissement financier des entreprises) et les personnels mis
en chômage technique (100 840 agents) et pour des durées anormalement longues. Par ailleurs,
selon l’U.G.T.A (Union Générale Des Travailleurs Algériens), le volume des personnels
compressés équivaut à prés de 5% de l’ensemble de la population occupée dans le secteur
115
structuré en 1997 (4.7 millions de personnes) ; si l’on ajoute les départs volontaires en retraite
anticipée aux effectifs compressés, on obtient le chiffre de 264 000 employés touchés, ce qui
représente 6% de la population occupée.
Les compressions massives par le biais du départ volontaire et de la retraire anticipée ont
concerné les personnels les plus qualifiés et les plus expérimentés ; cela explique l’effondrement
des industries manufacturières et des industries sidérurgiques, métallurgiques, mécaniques,
électrotechniques et électroniques ou l’expérience, la dextérité individuelle et la formation
collective constituent une part fondamentale du capital et du patrimoine de l’entreprise.
35
30
25
20
15
le taux d'inflation en %
10
5
0
1990 1992 1994 1996 1998 2000
les années
116
la balance des paiements et les finances publiques:
La libéralisation des échanges avec l’extérieur a été sanctionnée par une augmentation dans la
valeur des importations en 1994 et 1995 sans atteindre toutefois le niveau enregistré en [Link]
recul du volume des importations en 1996 trouve son explication dans la contraction des
importations agricoles grâce à des récoltes domestiques exceptionnelles , la rationalisation par
les entreprises de leurs consommations intermédiaires pour pouvoir affronter la concurrence qui
commençait à faire son ancrage sur le marché local , et la contraction de la valeur réelle des
revenus des ménages.
117
demande, des produits inadéquats, difficile à écouler car de mauvaise qualité et des stocks
immenses de matières premières, biens intermédiaires et produits finis. Selon le ministère de
l’industrie, le ratio stocks/chiffre d’affaire représente 29% en février 1995, 25% en 1996 et 22%
à la fin du premier semestre de l’année 1998.
Pour l’année 1999, les prix du baril du pétrole n’était que de11$, alors que l’équilibre budgétaire
était basé sue 15$, la loi de finance pour l’année 1999 se voulait une loi de finance de relance
économique 79 et admettait un déficit global du Trésor de 3.1% du PIB et cela afin de permettre
le financement d’une partie du budget d’équipement et d’actions de promotion de l’emploi.
Les recommandations des institutions monétaires internationales à travers l’accord stand by et le
financement élargi par le Fond Monétaire International et le Plan d’Ajustement Structurel établi
par la Banque Mondiale dès la fin du mois de Mai 1998, ont permis à l‘Algérie de réaliser des
équilibres macro financiers aux prix de lourds sacrifices induits par les mesures drastiques
concernant le volet social du pays.
Ces accords ont visé, à travers un processus de mutation systémique, à transformer les formes
d’intervention de l’Etat ; qui ne doivent plus être directs et à caractère administratif comme
auparavant, mais plutôt indirecte en favorisant le jeu des mécanismes du marché ou fonctionne la
vérité des prix, ou l’intermédiation financière est développée et enfin ou la propriété privée des
moyens de production est dominante.
C’est ainsi que les pouvoirs publics ont fait appel aux instruments d’analyses apportées par la
théorie élémentaire de Keynes afin d’influer sur la demande globale et donc sur l’activité
économique surtout dans un contexte international propice et favorable pour l’économie
algérienne. Cela dit, quel pourrait être le lien entre la théorie cyclique élémentaire de Keynes
avec l’activité et la croissance économique en Algérie depuis l’an 2000 ?
79
IDEM.P176.
118
Paragraphe 2 : Le lien de la théorie cyclique élémentaire de Keynes avec l’activité et la
croissance économique en Algérie depuis l’an 2000
En premier lieu, Il serait peut-être utile d’examiner les récentes évolutions à travers le prisme
de la théorie cyclique élémentaire de Keynes. L’impact réel de l’investissement public sur
l’économie algérienne a fait l’objet d’une évaluation rigoureuse par le passé, de même que
récemment80.
En bref, si le PIB effectif n’est pas trop proche du PIB potentiel, l’on est en droit d’espérer que
tout accroissement de la demande globale, qu’elle soit due à la consommation ou à
l’investissement public, à la consommation privée ou à l’effet du solde du commerce extérieur,
se traduise par un accroissement à court terme du PIB réel. L’ampleur de cet accroissement
dépend de la propension marginale à dépenser. Le PIB continuera d’augmenter tant que la
demande globale ne cesse d’augmenter.
Dans le cas contraire, la pression de la demande se traduira par une inflation plus élevée plutôt
que par un accroissement de la production. Dans ce contexte, l’investissement, réalisé par les
entités publiques et privées, affecte la production réelle au même titre que toute autre
composante de la demande globale. Cependant, en termes de formation de nouveau capital,
80
Les rapports de la Banque Mondiale pour l’année 2004.
119
seules les dépenses d’investissement ont aussi un effet potentiel sur le PIB et représentent ainsi
une source de croissance réelle de la capacité de production de l’économie. L’ampleur de
l’impact sur la croissance dépendra de la rentabilité de l’investissement et du moment où se
manifestera cet impact pendant la durée de la période de gestation.
En second lieu, La double fonction de l’investissement public éclaire deux logiques extrêmes à
savoir ;
À l’un des extrêmes, son impact sur la production sera optimal et permanent si les dépenses
d’investissement ont une très courte gestation et si tous les investissements ont une rentabilité
optimale.
À l’autre extrême, son impact sur le PIB sera limité uniquement à l’impact sur la production
réelle à travers la demande globale si la totalité de la dépense d’investissement est mal affectée,
détournée ou mal utilisée ; et si tel est le cas, le PIB devrait retourner aux niveaux antérieurs,
lorsque la dépense d’investissement baisse. Pour un pays comme l’Algérie, la réalité se situe
invariablement entre ces deux extrêmes.
La rentabilité zéro des investissements est irréaliste. Il y aura un certain impact sur la croissance
de la capacité de production, même si l’impact keynésien de l’investissement sur le PIB à travers
la demande globale ne peut être totalement dissocié de son impact structurel sur la capacité de
production .Ainsi selon les estimations approximatives des services du Ministère des Finances,
concernant la « composante projets d’investissement » du budget d’investissement, une
comparaison des enveloppes totales des engagements et les dépenses sur la période 1998–2004
confirme cette estimation (les crédits engagés non dépensées d’un montant supérieur à 1 000
milliards dinars).
120
Toutefois, dans le cadre d’une structure économique ouverte, les pressions de la demande
n’entraîneront pas nécessairement une inflation. À titre d’exemple, la forte croissance des
importations depuis 2000 pourrait fournir une raison pour le maintien d’un taux d’inflation bas
en Algérie. Les autres facteurs seraient la répercussion minimale des prix mondiaux de l’énergie,
la poursuite d’une politique de modération salariale et la sous exécution du budget
d’investissement.
Les prévisions antérieures de la Banque mondiale concernant l’impact du PSRE sur la croissance
sont probablement trop prudentes. Selon le rapport de la Banque Mondiale pour l’année 2004, «
le PSRE aura un impact positif quoique modéré sur le niveau et le taux de croissance du PIB en
rehaussant le taux de croissance de près de 1 % en moyenne pendant la période 2001–05. Après
de tels niveaux de dépenses, le PIB reviendra progressivement au niveau de référence, créant
ainsi un cycle de croissance très marqué ».
121
Section 2 : Une politique d’expansion budgétaire à travers des programmes de
relance économique
Le gouvernement algérien a lancé deux programmes en vue d’insuffler une nouvelle dynamique
à l’économie du pays. Après le plan triennal de soutien à la relance économique dit le PSRE
(paragraphe 1) vient un deuxième programme complémentaire de soutien à la croissance dit le
PCSC (paragraphe 2). Alors qu’en est-il de leur contenu ?
Ce premier plan de relance économique avait été doté d’une enveloppe financière initiale de 7
milliards de US$ soit l’équivalent de 525 milliards de DA en vue de permettre un décollage
effectif de l’économie algérienne. Cette enveloppe81 budgétaire était répartie comme suit :
81
Données du Ministère des Finances.
122
Graphe 14 : Répartition du plan de soutien à la relance économique (2001/2004)
l’infrastructure la protection
administrative du milieu ; l’amélioration
et ; 4% des conditions
6% de vie ;
l’activité 33%
productive ;
15%
les ressources
humaines et la le maillage
protection infrastructurel ;
sociale ; 26%
16%
Les résultats de ce premier plan de relance ont suscité des réactions tous azimuts et très
divergentes que ce soit du coté du gouvernement, ou de ceux des institutions consultatives ou
des organisations internationales.
En première position, les autorités algériennes se sont félicitées des effets engendrés par ce
premier programme de soutien à la relance économique et avait déclaré lors du bilan final du
PSRE, que l’objectif de ce plan « n’était pas de résoudre tous les problèmes latents enregistrés
en termes de besoins d’emplois tout particulièrement » mais le but est « d’atténuer les effets
pervers d’une crise profonde et de créer les conditions propices à une authentique stratégie de
développement durable »82. Ainsi, selon le gouvernement , ce plan a permis le lancement de
16 063 projets dans divers secteurs et l’implication de 26 000 entreprises permettant alors la
création de 728 666 emplois durant la période allant de septembre 2001 à décembre 2003.
82
IDEM.
123
En deuxième position, concernant les institutions consultatives tel le conseil national
économique et social (CNES), il déclare « l’absence d’une stratégie profonde dans le plan de
relance »83.
83
IDEM
84
Source : Rapport de la Banque Mondiale. « Les rapports-pays du FMI pour 2004 (N° 05/50) et 2005 (N° 06/93) ».
85
Madjid MEKEDHI dans l’article : quel cap pour l’économie algérienne? Paru dans le quotidien EL WATAN du
lundi 11 avril 2005.
124
En 2004, une étude de la Banque Mondiale a fourni une évaluation à mi-parcours du PSRE dont
les principales conclusions étaient les suivantes :
a) Le PSRE aura un impact modeste sur la croissance (un accroissement de 1 % en moyenne par
an).
b) Les emplois créés dans le cadre des projets PSRE seront temporaires—un effet direct de
850 000 emplois (170 000 en moyenne) et de 664 000 emplois indirects créés.
c) Les importations (plus particulièrement celles liées aux projets dans les secteurs du transport
et des travaux publics) augmenteront plus rapidement que les exportations, réduisant ainsi
l’excédent du compte courant de 1 % du PIB pendant la période 2001-05.
d) Les projets ne font que très peu référence à l’atteinte des objectifs stratégiques sectoriels, leur
qualité étant généralement faible et inégale, et la préparation technique du personnel d’exécution
est faible en général.
e) La part des insuffisances du PSRE découle de l’urgence qui a accompagné la préparation des
projets, de la myriade de demandes spécifiques auxquelles les projets sont supposés répondre et
de la multiplicité des acteurs (25 commissions ministérielles et 48 commissions de wilaya).
f) Une analyse des coûts démontrerait que les projets sélectionnés dans le cadre du PSRE étaient
extrêmement coûteux.
Pour assurer la poursuite du processus de relance économique entamé grâce au premier plan de
soutien à la croissance économique (PSRE) pour la période 2001/2003, les autorités algériennes
ont élaboré un deuxième plan nommé plan complémentaire de soutien à la croissance (PCSC)
afin de maintenir le rythme de la croissance pour la période 2005/2009. Quels sont donc les
grands projets de ce plan ?
125
Paragraphe 2 : le plan complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) 2005/2009
126
Pour l’amélioration des conditions de vie de la population, l’Etat a réservé la part du lion au
secteur du logement soit 29.08% de l’enveloppe financière. Cette part importante démontre la
volonté de l’Etat d’améliorer les indicateurs de développement humain (IDH) comme base
nécessaire au développement économique.
127
1703.1 milliards de DA soit 40.5% du total de l’enveloppe destinée au programme de
développement des infrastructures de base dont :
D’après ce tableau, les priorités du gouvernement concernant le volet des infrastructures, vont
essentiellement au secteur des transports, des travaux publics et de l’hydraulique.
Secteur des
travaux publics
35%
128
337.2 milliards de DA soit 8% du programme pour le soutien au développement
économique dont :
Pêche
5%
Industrie
Agriculture et
6%
développement
rural
84%
129
203.9 milliards de DA soit 4.8 % pour le développement et la modernisation du service
public dont l’amélioration du service public et la bonne gouvernance.
Commerce
1% Intérieur
32%
Finances
31%
130
50 milliards de DA soit 1.1% pour le développement des nouvelles technologies de
communication. Ainsi, l’Algérie pourra rattraper son retard en matière des technologies de
l’information et de la communication sachant pertinemment leur importance dans les stratégies
de développement.
Développement
infrastructurel
Soutien économique
131
Une lecture plus fine permet de relever que :
Selon la Banque Mondiale86, le contenu stratégique sectoriel du PCSC est limité, en effet
l’aspect le plus frappant de la présentation du PCSC est peut-être son manque total d’objectifs
explicites. À la différence du PSRE, le document original décrivant le PCSC est simplement une
liste des projets prévus regroupés par « programmes », accompagnés d’affectations budgétaires
spécifiques. Une présentation désagrégée élaborée par les autorités plus tard modifie les
montants initiaux. Elle regroupe les programmes et introduit plusieurs critères physiques.
Néanmoins, aucun objectif explicite n’est introduit.
Afin de dégager les priorités intersectorielles mentionnées implicitement dans le PCSC pour
2005-2007, il est très utile de les comparer avec celles énoncées dans le PSRE. La comparaison
des deux programmes aboutit aux conclusions générales suivantes :
Chaque secteur a vu une augmentation significative de ses ressources en valeur absolue. Entre le
portefeuille initial de projets du PCSC et celui du PSRE, le ratio de ressources autorisées est plus
86
Revue des dépenses publiques pour l’année2007.
132
de 7 fois supérieur à ce ratio. Cette dernière observation est particulièrement justifiée en ce qui
concerne les secteurs de l’éducation et de la santé. En valeur absolue, leurs ressources se sont
multipliées par 7 (éducation) et 5 (santé). Les infrastructures économiques de base (travaux
publics et routes) sont les principaux bénéficiaires des ressources du PCSC : leur part passe du
simple au double et atteint plus de la moitié du volume total des ressources. Les programmes
hydrauliques (qui sont représentés par l’agriculture et l’hydraulique) sont les laissés-pour-compte
dans la répartition des ressources du PCSC. Leur part chute de moitié, passant de 25 à 13 % du
fait des graves défaillances du secteur87.
87
Source : Estimations de la Banque mondiale basées sur les données du Ministère des Finances
133
Section 3 : Evolution des dépenses budgétaires en Algérie (2000/2006)
La hausse récente des prix mondiaux des hydrocarbures a transformé la situation budgétaire de
l’Algérie. La part des recettes budgétaires générées par les hydrocarbures et celle des dépenses
d’investissement dans le budget élaboré par le gouvernement central a augmenté de manière
appréciable. La part des recettes des hydrocarbures dans les recettes budgétaires totales a
augmenté de 60 % en 1999 à 76 % en 2005. Pendant cette période, la part des dépenses
d’investissement dans le volume total des dépenses a augmenté de 26 % à 36 %, traduisant ainsi
le souci de profiter de l’embellie financière dans la mise en œuvre d’investissements publics tant
attendues. Le PSRE, qui complétait le budget d’investissement de 2001 à 2004, se montait à 7
milliards de dollars (environ 13 % du PIB de 2001)88.
Les dépenses budgétaires se sont donc, accrues à partir de l’année 2000 d’une part, les dépenses
de fonctionnement ont connu une évolution (Paragraphe 1) et d’autre part, Les dépenses
d’équipements ont pris dans le moyen terme une place prépondérante dans ces dépenses
budgétaires en raison du Programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC)
(Paragraphe 2).
88
Revue des dépenses publiques pour l’année 2007.
134
Paragraphe 1 : Evolution des dépenses de fonctionnement 2000/2006
Part des dépenses 72.6 72.94 70.79 66.43 66.13 60.68 58.62
de
fonctionnement /
dépenses
budgétaires (%)
Part des dépenses 21.36 24.35 22.84 22.08 20.25 16.43 12.37
de fonctionnement
/PIB (%)
Epargne 268.74 426.1 478.97 402.79 355.34 468.86 404.06
budgétaire 1
Source : Ministère des Finances.
135
Graphe20 : Evolution des dépenses de fonctionnement et de l’épargne budgétaire
(2000/2006)
1600
1400
en milliards de DA
1200
Dépenses de
1000
fonctionnement
800
Epargne budgétaire
600
400
200
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
les années
En effet, l’année 2001 a connu une hausse des dépenses de fonctionnement qui se sont élevées à
963.63 milliards de DA contre 856.19 milliards de DA en 2000. Cet accroissement substantiel de
22.80% est induit, principalement, par les augmentations des salaires et pensions et le relèvement
du SNMG (salaire nominal minimal garanti) intervenus au cours de l’année 2001. Par ailleurs, le
ratio rapportant les dépenses de fonctionnement au PIB s’est situé à 22,8% en 2001 contre
20.76% en 2000.
Pour ce qui est de l’année 2002 e 2003, les dépenses de fonctionnement sont passées de 1 097,7
milliards de DA à fin décembre 2002 à 1 122.76 milliards de DA à fin décembre [Link] hausse
de cette catégorie de dépenses a été engendrée par la plupart des rubriques, en relation avec la
136
revalorisation des revenus intervenue au dernier trimestre 2003 (salaires et traitements, pensions
aux moudjahiddine et allocations familiales) et le renforcement des subventions (+38,4 milliards
de DA par rapport à 2002) en direction des hôpitaux (+20,6%) des EPA (+15,5%) et du Fonds
National pour le Logement (FONAL) de (+100,6%).
Par ailleurs, compte tenu de la tendance qui a caractérisé les finances publiques en 2003, le
niveau de l'épargne budgétaire s’est contracté de 76.18 milliards de DA par rapport à celui
enregistré en 2002. En effet, l’épargne budgétaire s’est établie à 402.79 milliards de DA à fin
décembre 2003 contre 478.97 milliards de DA à fin décembre de l'année 2002, soit une baisse de
18.9%90. Cette hausse des dépenses de fonctionnement est enregistrée aussi pour 2004 avec un
léger fléchissement puisque l’on note une progression de 11.43%, à savoir 128.3 Milliards de
DA, faisant passer les dépenses de 1122.8 Milliards de DA pour 2003 à 1251.1 Milliards de DA.
En valeurs absolues, cette augmentation aurait été bien plus importante compte tenu des actions
exceptionnelles prises en charge en 2003, et non reconduites en 2004 :
il s’agit notamment de la gestion des effets du séisme du 21 Mai 2003 à travers les crédits
alloués au Fonds de Solidarité Nationale et au Fonds Commun des Collectivités Locales, des
frais liées à l’organisation de la saison Algérienne en France et des jeux Panarabes ;
au transfert au budget d'équipement d'un certain nombre de dépenses relevant du soutien aux
entreprises, à travers des dotations budgétaires à des comptes d'affectation spéciale du Trésor.
89
Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des finances.
90
IDEM.
137
Par nature de dépenses, les variations relevées sur le budget de fonctionnement pour 2004,
traduisent les choix du Gouvernement visant, notamment, à assurer une structure plus équilibrée
de ces dépenses. Il s'agit d'aboutir, à moyen terme, à une gestion plus rationnelle des ressources
humaines afin d'en limiter l'expansion, d'en améliorer l’efficacité et d'en renforcer la motivation.
Dans ce cadre, et en plus de la prise en charge de l'évolution de la carrière des fonctionnaires en
poste, il a été procédé à la débudgétisation de 20.000 postes budgétaires vacants (sur plus de
92.000 postes), à l'ouverture de près de 8.500 postes nouveaux au profit notamment des secteur
de l'éducation - formation et de l'intérieur et à la prise en compte des effets de la revalorisation de
la prime de rendement91.
Quant à l’année 2006, Les dépenses de fonctionnement se sont situées à 1437.87 milliards de DA
en 200692 après avoir grimpé à 1245.13 milliards de DA en [Link] augmentation trouve ses
origines dans la mise en œuvre de la politique de concorde civile. En effet, les dépenses
budgétaires par rapport à la loi de finances pour 2006 ont augmenté de 16.88% pour le
fonctionnement car ces variations sont imputables essentiellement à l’application des
dispositions de la loi sur la concorde civile ainsi qu’à la revalorisation des salaires de la fonction
publique et au relèvement du seuil des pensions de retraite pris en charge au titre de sa solidarité
avec le budget des caisses de sécurité sociale.
En résumé, l’Algérie93 consacre alors, une part relativement moyenne et en baisse relative des
dépenses de salaires, qui constituent un poste très important en termes de transferts et trop peu de
ressources aux biens et services. D’une part, la facture de l’État est tombée de 8,6 % du PIB en
1999 à 6,5 % du PIB en 2005, les charges de personnel ont enregistré une légère diminution, en
partie en raison du fait que l’emploi au niveau de l’administration centrale n’a augmenté que de
1,3 % en moyenne par an et en partie à cause de la modération salariale. D’autre part, il y a un
contraste marqué entre la part élevée et constante affectée aux transferts (sociaux), qui se situait
91
Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des finances.
92
Source : Direction générale des études et des prévisions. Ministère des finances du 09/06/2007.
93
Rapport de la Banque Mondiale 2006
138
en moyenne à 10,4 % en 2000-2004, et la part très faible et en baisse affectée aux matériels et
fournitures, qui a chuté de 3,9 % du PIB en 1999 à 1 % du PIB en 2005.
Alors qu’en est il des dépenses d’équipements ?
Les dépenses d’équipements ont connu une évolution remarquable durant la période 2000/2006
et s’est caractérisée par les éléments suivants :
94
En 1999, les dépenses d’équipements ont atteint un montant de 186.99 milliards de DA, une part de 19.44% des
dépenses d’équipement et 5.77% du PIB.
139
Graphe21 : Evolution des dépenses d’équipement par rapport aux dépenses budgétaires
(2000/2006)
1000
500
0
s
ée 00 01 02 03 04 05 06
n 20 20 20 20 20 20 20
an
s
Le
les années
La nouvelle présentation du budget de l’Etat qui s’est traduite par une répartition, plus cohérente
et lisible, des dépenses entre le budget de fonctionnement et le budget d’équipement explique, en
partie, l’évolution du budget d’équipement. En effet, toutes les subventions destinées aux
ménages ont été transférées au budget de fonctionnement (ex : Electrification rurale, distribution
publique du gaz) et celles destinées aux entreprises au budget d’équipement.
A partir de l’année 2000, le budget d’équipement a fortement été sollicité par les pouvoirs
publics afin de réaliser le financement du premier plan de relance économique (2001/2003).
Notons que les dépenses d’équipement se sont élevées à 321,93 milliards de DA en 2000 compte
tenu d’une volonté politique de résorption de déficits socioéconomiques contre 187 milliards de
DA en 1999 ; soit une augmentation exceptionnelle de 72%. En fait l’écart important de 134,9
milliards de DA trouve son explication dans la réduction volontaire des crédits de paiements
140
opérée en 1999 afin de contenir le déficit du Trésor, suite à la crise pétrolière. Le ratio rapportant
les dépenses d’équipement au produit intérieur brut nominal s’est établi à 7.81% en 2000 alors
qu’il était de 5,9% seulement en 1999.
Un fait qui mérite d’être signalé, au titre de l’année 2001, c’est la mise en œuvre du plan de
soutien à la relance économique qui s’est traduite par un accroissement de l’ordre de 43.67% par
rapport à 2000. Les dépenses d’équipement se sont élevées à 357.4 milliards de DA en 2001
alors qu’elles n’étaient que de 321.93 milliards de DA en 2000, d’où un accroissement de
43.67% dû à la mise en oeuvre du plan de soutien à la relance économique (PSRE) avec la loi de
finances complémentaire pour 2001. Les dépenses d’équipement ont alors représenté 8,45% du
PIB nominal contre7.81% en 2000.
Le budget d’équipement pour 2004 est en progression de 12.92% par rapport aux dépenses
d’équipements retenues par la loi de finances complémentaire pour 2003. Rapporté au PIB, ce
niveau de dépenses d’équipement est de 10.42%. Cet effort exceptionnel s’explique par, d’une
part, une progression du programme normal conformément aux objectifs assignés à chaque
secteur et à la prise en charge de la dernière tranche du PSRE et de la deuxième tranche du
141
programme spécial de reconstruction (PSR) à la suite du séisme du 21 mai 2003 (44,3Milliards
de DA), d’autre part.
95
L’analyse de la structure du budget d’équipement permet de constater que quatre (4) secteurs
bénéficient de 53 % des crédits de paiement. Il s’agit des secteurs :
Les opérations en capital représentent 28,5 % du budget d’équipement. Cette part relative
importante traduit l’effort de l’Etat en faveur du secteur économique. En augmentation de 201.59
milliards de DA, soit 8,5 %par rapport à 2003, les dépenses budgétaires se sont établies à
1 891.77 milliards de DA en 2004. Cette progression constatée est principalement le fait de
l’augmentation des dépenses d’équipement de 12.92 %.
95
Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des finances
142
L’action budgétaire entend entretenir la croissance économique, substantielle depuis quelques
années, en dotant le pays d’infrastructures adéquates afin d’améliorer le climat des affaires et
d’inciter le secteur privé à s’impliquer davantage dans la relance de la croissance96.
En 2005, les dépenses globales ayant atteint 2052.04 milliards de DA, ont progressé de 3,8%
par rapport à la prévision de clôture de 2004. Les dépenses d’équipements prendront dans le
moyen terme une place prépondérante dans les dépenses budgétaires en raison du Programme
complémentaire de soutien à la croissance (PCSC). Ce dernier prévoit en effet sur la période
2005-2009 des dépenses d’équipement de 4 202.75 milliards de dinars. Près de 45% de cette
enveloppe seront consacrés aux dépenses pour le développement des infrastructures socio-
éducatives (logements, éducation, santé, développement régional) ; 40.5 % iront aux
infrastructures de base (transports, travaux publics, secteur de l’eau) et près de 8 % au soutien à
l’agriculture. Le budget a dégagé au titre de l’année 2005 un excédent de 13 %, si l’on tient
compte de l’ensemble des recettes, et un déficit de 3.5 % si l’on ne tient compte que des seules
recettes budgétisées sur la base d’un prix de référence du baril de pétrole de 19 dollars.
Les dépenses d’équipement, contenues dans la loi de finances pour 2006, ont augmenté de
57,0% du à l’intégration dans le budget d’équipement d’une partie des programmes Sud et Haut
plateaux et à l’inscription des projets restants du Programme Complémentaire de Soutien à la
Croissance (PCSC). Au sujet du programme spécial « Sud », dont la nature des actions ne diffère
pas de celle des opérations d’équipement public classiques et dont la consistance financière
atteint un niveau important (434 milliards de DA), sa gestion sera transférée au Ministre des
Finances.
En effet, les dépenses en capital ont atteint, selon la loi de finances complémentaire pour 2006,
38 % contre 10 pour cent seulement en 2005. Le déficit budgétaire attendu en 2006, non compris
il est vrai le fonds de régulation des recettes, est de 1 908.7 milliards de dinars, soit 7.4 fois
supérieur à celui de 200597. Dans le rapport de présentation de la loi de finances pour 2006, la
96
Source : Rapport de l’OCDE : « perspectives économiques en Afrique »2007.
97
Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des finances
143
dépense d’équipement en 2006, dont le niveau de progression par rapport à celle retenue dans la
loi de finances complémentaire pour 2005 est de 25.81 % et de 117,8 % par référence aux
réalisations de 2004, induira des effets, notamment sur le niveau de la croissance économique
pour soutenir son rythme à un niveau supérieur à 5 %, en termes réels et le niveau des
importations.
En résumé, le budget d’investissement du l’Etat algérien est assez important pour les deux
périodes à savoir ;
D’autre part, les programmes d’équipement pour la période 2005-2009 ont porté les dépenses de
l’État à des records inédits. La loi de finances pour 2006, a établi les dépenses budgétaires à 45.9
% du PIB. La loi de finances complémentaire pour la même année porte ce chiffre à 62 %.
L’expansion budgétaire concerne essentiellement les dépenses en capital et, de façon
relativement marginale, les dépenses de fonctionnement.
144
Conclusion du deuxième chapitre
La question est de trois ordres : elle est d’ordre économique pour mesurer son efficacité, d’ordre
social pour la répartition des revenus et la prise en charge des besoins sociaux et enfin d’ordre
politique pour les choix et les arbitrages.
En effet, pour mener à bien ce programme quinquennal d'équipement public et réduire les risques
de sa remise en cause par des contraintes financières comme cela a été le cas par le passé, une
stratégie financière doit être mise en oeuvre. Elle est essentielle au succès du programme.
La stratégie financière à mettre en oeuvre pour la réalisation des objectifs de la période 2005 –
2009, vise à préserver la dépense d’équipement de l’Etat et de développer notamment la qualité
des services publics de base. Continuer à conduire les finances publiques selon la tendance
observée antérieurement se traduirait par l'aggravation des déficits, alors que l'objectif recherché
est d'atteindre une évolution dégressive de ces derniers pour freiner l'endettement public et
restituer au marché la responsabilité et les moyens de la conduite des investissements qui lui
reviennent normalement dans une économie de marché.
La réponse à cette question nous permettra d’évaluer l’impact de l’expansion budgétaire sur les
indicateurs économiques algériens et l’efficacité de la politique budgétaire de relance à travers la
croissance du PIB, le taux d’emploi , la maîtrise de l’inflation et l’équilibre interne et externe
notamment celui de la balance des paiements.
145
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Troisième chapitre :
Impact de l’expansion budgétaire sur les indicateurs
économiques en Algérie (2000/2006)
A partir de l’année 2000, l’Algérie a adopté une politique budgétaire expansionniste en vue
d’insuffler une dynamique pour l’économie nationale. Cette politique s’est traduite par l’élaboration
de deux programmes d’investissement publics (PSRE/2001-2004) et (PCSC/ 2005-2009), et financés
à partir des dépenses budgétaires qui ont augmenté d’une manière significative afin de répondre aux
besoins de leurs mise en œuvre.
L’exécution de ces programmes a donné lieu à l’émission de flux colossaux de dépenses publiques
dont il est important d’en évaluer l’impact à travers le taux de croissance de l’économie nationale
ainsi que de sa consolidation, aussi de l’emploi, du pouvoir d’achat et de l’inflation en ce qu’elle
modifie la répartition du revenu au détriment des titulaires des revenus fixes et aussi l’équilibre de la
balance des paiements.
Afin d’apporter des éléments de réponse à nos interrogations concernant l’impact de l’augmentation
des dépenses budgétaires sur la relance économique, nous avons choisi l’étude de quelques
paramètres internes et externes afin de faciliter l’étude sur la relance économique.
Ces paramètres internes sont en premier lieu l’étude de l’impact sur la croissance économique à
travers son indicateur qui est le taux de croissance économique (section 1), en second lieu, l’tud de
l’impact sur la stabilité des prix et le plein emploi (section 2) et en troisième lieu, le paramètre
externe qui concerne l’étude de l’impact sur la balance des paiements (section 3).
146
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Cette section est consacrée à l’étude de la croissance économique en Algérie durant la période
2000/2006, en nous appuyant d’un coté, sur l’étude de l’impact des dépenses budgétaires sur le taux
de croissance économique (paragraphe 1) et de l’autre coté, sur l’étude de la croissance économique
des différents secteurs d’activité durant la période 2000-2006 (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Impact des dépenses budgétaires sur le taux de croissance économique durant
la période 2000-2006
Ce tableau nous permettra de traiter l’évolution des dépenses budgétaires par rapport aux dépenses
d’équipement de 2000 à 2006.
Tableau n°15 : Evolution des dépenses budgétaires par rapport aux dépenses d’équipement
(2000/2006)
Les Part des Taux annuel Taux annuel de Part des Taux de
années dépenses de l’augmentation dépenses croissance
budgétaire l’augmentation des dépenses d’équipement économique
dans le PIB des dépenses d’équipement dans le PIB
en % budgétaires en %
2000 28.6 +16.01 +72.17 7.81 +2.2
2001 31.3 +22.66 +11.02 8.45 +2.7
2002 34.3 +04.69 +26.73 10.01 +4.7
2003 32.2 +12.33 +25.28 10.80 +6.9
2004 30.8 +07.46 +12.92 10.42 +5.2
2005 27.1 +13.80 +25.94 10.67 +5.1
2006 28.8 -14.80 +25.81 11.91 +4.8
Taux 30.44 +08.87 +28.55 10.01 +4.5
moyen
Source : Ministère des Finances.
147
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Graphe22 : Evolution des dépenses budgétaires par rapport aux dépenses d’équipement
(2000/2006)
50
l'augmentation annuelle
40 Taux annuel de
le taux moyen de
l’augmentation des
30
dépenses
20 budgétaires
10 Taux annuel de
l’augmentation des
0
dépenses
-10 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 d’équipement
-20
les années
7
6
5
4
le taux en %
3 Taux de croissance
2 économique
1
0
2000 2002 2004 2006
les années
148
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Pour l’année 200098, le Produit Intérieur Brut (PIB) a connu en volume une croissance de 2,4%
par rapport à 1999 et qui est tirée essentiellement par les secteurs des hydrocarbures et du
bâtiment et travaux publics (BTP) mais la croissance du PIB en 2000 reste en deçà des prévisions
initiales qui la situaient à 5,1%, en raison, notamment, de la mauvaise campagne agricole et des
faibles performances du secteur public industriel.
Le PIB en valeur courante a affiché une forte croissance (27%) en passant de 3238.2 milliards de
DA en 1999 à 4123.5 milliards de DA en 2000. Cette croissance est due essentiellement à la
hausse sensible des prix des hydrocarbures.
Par ailleurs, en ce qui concerne les emplois du PIB on relève, pour l’année 2000, les
augmentations de 2,4% pour la consommation des ménages et de 4,1% pour l’investissement. La
croissance appréciable du volume de l'investissement s’explique essentiellement par les besoins
du secteur du BTP.
Pour ce qui est de l’année 200199 , le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de
2.7% marquant ainsi une reprise de l’activité économique.
98
Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des finances
99
IDEM.2002
149
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2002, le Produit Intérieur Brut nominal s’est situé à 4455,3 milliards de DA contre 4241,8
milliards de DA en 2001.
L’augmentation nominale enregistrée par le produit intérieur brut en 2002 est sous tendue par un
taux de croissance réelle de 4,1% (contre 2,1% en 2001).
En 2003100 , le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume, a progressé de 6,9% en contre 4,7% en
[Link] valeur courante, le PIB s’est établi à 5 149 milliards de DA en 2003 contre 4 455
milliards de DA en 2002.
Au plan des emplois, la consommation des ménages a augmenté de 3,9% en volume, niveau de
progression à mettre en relation avec un taux d’inflation limité à 2,6%.
Quant à l'investissement, il a connu une croissance appréciable en volume (+6,5%), traduite à
travers la croissance significative des secteurs du BTPH et des services.
En relation avec le plan de charge induit par le PSRE, le niveau élevé des dépenses du budget
d'équipement ainsi que le programme de reconstruction et de restauration des bâtisses et édifices
touchés par le séisme du 21 mai 2003, la croissance du secteur du BTPH a été de 5,8%.Cette
évolution s’est appuyée sur une disponibilité en matériaux de construction soutenue notamment
par l’importation. En effet, les importations du ciment, du bois, des constructions en préfabriqués
100
IDEM.2003
150
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
et des fils machines et barres en fer ou en acier ont enregistré des augmentations respectives de
70%, 61%, 56% et 55%.
Au cours de l’année 2004101, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de 5.2
marquant ainsi un fléchissement de la croissance de 1.7 point par rapport à l’année 2003.
Au cours de l’année 2005102, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de5.1%.
Les principaux agrégats macro-économiques et financiers réalisés en 2005 indiquent la poursuite
des tendances qui ont caractérisé, ces dernières années, les grands équilibres de l’économie
nationale à savoir ,une croissance économique de 5,1%, tirée principalement par la dynamique
des secteurs du BTP (+7,1%), des hydrocarbures (+ 5,8%) et des services (+ 5,6%)
101
IDEM.2004
102
IDEM2005
151
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Enfin, le produit intérieur brut (PIB) de l’année 2006103 a enregistré une croissance de 4.8%
Globalement, la croissance économique est inférieure de 0,3 point à celle de l’année 2005. Ce
léger recul de la croissance économique prévu s’explique par une diminution de la valeur ajoutée,
à prix constants, du secteur des hydrocarbures (5,8% en réalisation pour 2005 et 2,5% pour
2006). Avec la reprise de la croissance de l'agriculture104, la très forte contribution du secteur du
bâtiment et travaux publics, la progression de l'activité des services non marchands, le maintien à
un niveau relativement satisfaisant de celle des services marchands et la hausse modérée de celle
de l'industrie, la croissance en volume du produit intérieur brut hors hydrocarbures est supérieure
à celle de l'année précédente (5,3 % contre 4,7 %). La croissance du PIB apparaît plus équilibrée
que celle de 2005.
Concernant la dépense intérieure brute105, elle a progressé de 3,5 % en volume, en repli de 2,4
points de pourcentage par rapport à l'année 2005 (5.9%) et cela en raison du recul significatif de
la croissance de la consommation finale des ménages et de celui, moins prononcé, de
l'investissement qui, au demeurant, se maintient à un niveau élevé.
En effet du coté des emplois, on distingue d’une part, que l'effort d'investissement s'est
poursuivi mais à un rythme moins élevé que celui de l'année précédente; sa croissance ayant
diminué de 0,7 point pour atteindre 7,2 % après le léger recul de 0,2 point enregistré en 2005 .
L'accroissement à hauteur de 14,1 % de l'accumulation brute de fonds fixes en valeur a porté le
poids de l'investissement dans la dépense intérieure brute de 29,1 % en 2005 à 31,3 % en 2006,
soit une progression annuelle de 2,2 points. Les dépenses d'investissement de l'Etat, estimées à
992,2 milliards de dinars en 2006 contre 806,9 milliards en 2005, ont augmenté de 23 %.
Cependant, ces dépenses représentent à peine 40,6 % des 2116 milliards de crédits autorisés par
la loi des finances 2006.
103
IDEM.2006.
104
Rapport de la Banque d’ Algérie (évolution économique et monétaire en Algérie) Juin 2007.
105
IDEM
152
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
D’autre part, la consommation finale, quant à elle, a perdu 0,9 point de croissance pour s'établir à
3,2 % contre 4,1 % l'année précédente. Ce fléchissement résulte des évolutions opposées de la
consommation des ménages qui a perdu 2,2 points de pourcentage pour s'établir à 2,6 % et de la
consommation finale des administrations publiques qui a plus que doublé avec un taux de
croissance de 4,8 %.
106
IDEM
153
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Ce tableau présente la croissance économique des différents secteurs d’activité durant la période
2000-2006 :
PIB en volume +2.2 +2.7 +4.7 +6.9 +5.2 +5.1 +4.8 +4.5
PIB hors +4.9 -1.6 +3.7 +8.8 +3.3 +5.8 -2.5 +3.2
hydrocarbures
Source : Ministère des Finances.
Agriculture :
L’agriculture a connu une forte décroissance en 2000107, par rapport à 1999. Une baisse en
volume de (-5) % a été enregistrée. Elle est liée, principalement aux mauvaises conditions
climatiques ayant caractérisé l’année 2000. En 2001108, le secteur agricole dont la valeur ajoutée
107
IDEM.2001
108
IDEM.2002
154
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
s’est située à 412.10 milliards de DA (soit 9,2% du PIB) a enregistré une croissance significative
en volume de (+13,2) % par rapport à l’année 2000 dont 36.7% de la production végétale sous
tendue par l’augmentation de la production céréalière. C’est le résultat d’une bonne répartition de
la pluviométrie enregistrée au cours de la campagne, d’une part, et aux premiers effets du plan
national de développement agricole (PNDA), d’autre part.
Enfin pour l’année 2006110, le secteur agricole a enregistré une croissance significative en volume
de 641.3 milliards de DA, soit de 3 point par rapport à 2005 marquant ainsi un taux de
croissance de 4.9%. En effet, les données sectorielles indiquent une augmentation de la
production pour la plupart des spéculations du secteur. La production céréalière a augmenté de
13,8 % passant de 35,25 millions de quintaux en 2005 à 40,13 millions de quintaux en 2006. Les
productions maraîchères, de légumes secs ainsi que celles de la viticulture et du cheptel ont
évolué dans le même sens. A l'exception de la production céréalière et sur la période 2001-2005,
la croissance des principales activités agricoles est continue et régulière.
Les fluctuations de la production durant cette période et les baisses enregistrées en 2006 ne
concernent que quelques spéculations telles que les cultures industrielles, l'oléiculture, les dattes
et les viandes blanches. L'expansion du secteur agricole, qui contribue pour 14,2 % au PIB hors
hydrocarbures en 2006, reste toujours fortement corrélée à celle de la production céréalière, du
109
IDEM.2005.
110
IDEM.2006.
155
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
fait du poids de cette dernière dans la production agricole totale et des fluctuations de ses
performances très dépendantes de la pluviométrie.
Hydrocarbure :
Les hydrocarbures ont enregistré une croissance de 4,7% en 2000. C’est un résultat qui dépasse
les prévisions initiales en relation avec la double augmentation du quota de production en juillet
et en octobre 2000. Il est vrai que les hydrocarbures y tiennent une place importante : 34 % du
PIB. Il ne s'agit pas seulement de pétrole et de gaz, mais également de produits présentant une
valeur ajoutée, tant sur le plan industriel que sur le plan commercial (GPL,
hydrocarbures gazeux, produits raffinés).Dans le secteur des hydrocarbures, depuis longtemps
ouvert à la compétition, les investissements sont d'ores et déjà très significatifs.
Le secteur des hydrocarbures a enregistré une baisse de production en 2001 par rapport à 2000.
Cette baisse découle notamment des réductions des quotas de production décidées par l’OPEP en
vue de stabiliser le prix du baril de pétrole brut. La valeur ajoutée de ce secteur s’est située à
1517.0 milliards de DA en 2002 (32,8% du PIB) contre 1482.3 milliards de DA en 2001 (35,2%
du PIB).
En 2003, Les hydrocarbures ont eu aussi un impact positif dans la formation du PIB en volume,
eu égard au niveau de croissance de ce secteur qui a été de 8,1% et à sa part prépondérante dans
la structure du PIB qui atteint 36,5% grâce à la forte demande d’hydrocarbures au plan
international.
En 2006, ce secteur a évolué dans un contexte de forte augmentation des prix à l'exportation et de
disparité des performances de ses différentes activités de production qui a conduit, en définitive,
à la stagnation de la production de ce secteur. Les prix à l'exportation du pétrole brut ont
augmenté de 20,5 % passant d'une moyenne annuelle de 54,6 dollars le baril en 2005 à 65,8
dollars en 2006. En dépit de la stabilité de la production globale, la valeur ajoutée du secteur à
prix courants s'est accrue de 15,7 % portant sa part dans le PIB de 44,7 % à 46,3 % en 2006. De
156
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
façon analogue, les exportations des hydrocarbures en valeur ont progressé de 17,6 % malgré leur
baisse en volume de 3,2 %.
Industrie :
Le secteur industriel a enregistré, pour la 3eme année consécutive, une croissance positive
estimée à +1,4% pour l'année 2000. Cette croissance qui demeure bien en deçà des potentialités
du secteur est due principalement au dynamisme du secteur privé dont la production a connu une
augmentation de l'ordre de 6% et d’une valeur de 93.2 milliards de DA en 2000.
Concernant l’année 2001, on relève un taux relativement faible de (-0.5) %, une décroissance
causée par les secteurs «industries agroalimentaires, tabacs et allumettes» (-12,5%), «bois, liège
et papier» (-13,2%) et «textiles, bonneterie et confection » (-14,7%) et les branches «chimie,
caoutchouc et plastiques» (-5,6 %) et «textiles, bonneterie et confection» (-4,9%) pour le secteur
privé. Néanmoins, ce secteur a connu une croissance significative des seuls secteurs de l’énergie
(5)% et des ISMME (10.2)% et le secteur privé qui a réalisé des taux positifs dans les «ISMME»
(+8,7%), les «matériaux de construction» (+4,1%), les «industries agroalimentaire s» (+4,6%) et
les «industries diverses» (+5,6%).
Le taux de croissance de ce secteur en 2002, s’est situé à 2,9% qui, conjugué à une variation des
prix de 1,4%, a permis la réalisation d’une valeur ajoutée de 337,6 milliards de DA en 2002
(7,3% du PIB) contre 315.2 milliards de DA en 2001 (7,4% du PIB) et rebondit en 2003 avec un
taux de 5.8%.
En 2004, on relève un taux de croissance relativement faible de (+2.5%,) avec une part de sa
valeur ajoutée dans le PIB hors hydrocarbures estimé à seulement (9,9) %, cela témoigne du
caractère inachevé des réformes spécifiques à ce secteur ainsi que la faiblesse des investissements
et de leurs effets comparativement aux autres secteurs de l’activité économique.
Quant à l’année 2005, on relève un taux relativement faible de (+2.8) %, témoigne toujours du
caractère inachevé des réformes spécifiques à ce secteur ainsi que la faiblesse des
157
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
investissements, néanmoins il marque 0.3 point en croissance par rapport à l’année précédente et
la part de sa valeur ajoutée dans le PIB hors hydrocarbures a régressé de 9,9 % en 2004 à 9,7 %
en 2005.
Parallèlement aux autres secteurs hors hydrocarbures qui ont tous enregistré une croissance forte
ou appréciable, l'expansion de l'industrie, quoique modérée, gagne 0,3 point de pourcentage et
clôture l'année 2006 à 2,8 %. Mais sa contribution à la formation de la richesse nationale, y
compris hors hydrocarbures, recule d'année en année. La part de sa valeur ajoutée dans le PIB
hors hydrocarbures a régressé de 9,9 % en 2004, 9,7 % en 2005 pour finir à 9,4 % en 2006 en
raison des marchés inondés de produits concurrentiels à très bas prix, ajoutons à cela le problème
de la privatisation qui n’a pas encore abouti, ce qui pousse à attirer les IDE (investissements
directs étrangers) et la relance des exportations.
Le secteur du BTPH, a connu une croissance de (+5,1) % en 2000, en relation avec la poursuite
des investissements dans le secteur des hydrocarbures et la forte augmentation du budget
d'équipement de l'Etat (+72%). En 2002111, Le BTPH a contribué à réaliser une performance avec
un taux de croissance de 8,2%. Il s’agit d’une croissance essentiellement sous-tendue par les
investissements publics réalisés dans le cadre de la mise en oeuvre du budget d’équipement
normal et du programme de soutien à la relance économique (PSRE), d’une part, et la relance des
programmes de logement, d’autre part. Avec une augmentation nominale de 13,6%, la valeur
ajoutée du secteur du BTP s’est établit à 369.9 milliards de DA (9,1% du PIB) en 2002, alors
qu’elle était de 320.5 milliards de DA (8,5% du PIB) en 2001.
La croissance s’est située à 7.1% en 2005 avec une part au PIB de 7.5 % et du PIB hors
hydrocarbures de 13.6%. Ce niveau de croissance est en relation avec, principalement, le niveau
exceptionnel des investissements publics prévus.
111
IDEM.2003.
158
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Enfin en 2006, le secteur du Bâtiment et travaux publics a réalisé une croissance en volume
record à hauteur de 11,6 %, la plus élevée de tous les secteurs d'activité, gagnant 4,5 points de
pourcentage et portant la part de ce secteur dans le PIB à 8,2 % en 2006 (respectivement 13,6 %
et 15,3 % dans le PIB hors hydrocarbures).
Cela dit, ce niveau de croissance est en relation avec l’intégration en 2006 des programmes
complémentaires du Sud et des Hauts plateaux à hauteur de 50% des autorisations de programme
ainsi que la totalité des projets restants du Programme Complémentaire de Soutien à la
Croissance (PCSC). Cette performance résulte essentiellement de l'augmentation de 23 % des
dépenses d'équipement de l'Etat, l'activité du BTP générée par ces dépenses représentant plus de
la moitié (55 %) du chiffre d'affaires de ce secteur.
Le reste de l'activité se répartit entre la valeur ajoutée induite par les activités de services, celles
générées par les travaux pétroliers (12,6 %) et par l'investissement immobilier des ménages dans
l'auto construction et, enfin, du BTP des entreprises (33,9 %). La construction de logements,
l'activité la plus dynamique du secteur, a enregistré une croissance de 22,7 % en volume et de 38
% en valeur. En effet, les livraisons de logement sont estimées à 178 000, en hausse de 34,2 %,
dont 18 000 en auto construction et 77 000 logements aidés. En outre, 241 000 logements
nouveaux on été mis en chantier (hors auto construction) en 2006 contre 333 000 l'année
précédente, soit un recul en volume de plus de 27 %.
Services :
Le taux de croissance se situe pour 2000 à 2,5%, soit une évolution moins importante que celle
enregistrée en 1999 (+3,2%). Ce résultat est lié à la faible performance des secteurs agricole et
industriel d'une part et à la stagnation des importations de marchandises d'autre part. En 2002112,
le secteur des services dont l’évolution est étroitement liée à celles des autres secteurs de
l’activité économique a enregistré une croissance de 5,4% en 2002. Par ailleurs, la valeur ajoutée
de ce secteur s’est élevée à 1004.2 milliards de DA en 2002 (23,2% du PIB) alors qu’elle était de
112
IDEM.2003.
159
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
921.8 milliards de DA en 2001 (22,6% du PIB). Elle enregistre ainsi une augmentation nominale
de 8%.
Bien que proche de celle du PIB hors hydrocarbures, la croissance du secteur des services
marchands a fléchi pour la deuxième année consécutive laquelle s'établit à 5,0 % en 2006 contre
5,6 % en 2005 et 7,7 % en 2004. La relative rigidité de l'offre domestique de biens, le recul en
volume des importations de biens (-1 %) conjugués à la structure de la production de ce secteur
explique ce fléchissement. En effet, la production du secteur des services marchands indique que
les transports et communications et le commerce représentent 86 % de sa valeur ajoutée. La
stagnation des importations de marchandises s'est donc traduite par un léger repli de la croissance
de la valeur ajoutée en volume du secteur et, en particulier, de celle du commerce qui n'a
progressé que de 3,2%.
En conclusion, Les taux de croissance du PIB114 restent étroitement liés à ceux du secteur des
hydrocarbures, mais l’agriculture est le secteur le plus instable. Les graves sécheresses expliquent
la nette dépression des taux de croissance agricole en 1990, 1994, 1997 et 2000. La volatilité de
la croissance du secteur agricole a diminué dans les années 2000.
D’une part, les observateurs constatent115 une variabilité annuelle beaucoup plus importante de
l’investissement dans le secteur des hydrocarbures. Les estimations de la Banque Mondiale
montrent un coefficient de variation de 0,44, comparé avec l’investissement hors pétrole
(coefficient de 0,27). Il y a également une plus grande variabilité de l’investissement public
(coefficient de 0,53) par rapport à l’investissement du secteur privé (coefficient de 0,18).
113
IDEM.2004.
114
Revue des dépenses publiques.
115
Revue des dépenses publiques
160
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Cela indique que l’investissement privé, en dehors du secteur des hydrocarbures, a été très stable
au cours de la dernière décennie. Cependant, l’investissement public a été également stable
pendant les années 90. La variabilité annuelle plus grande sur l’ensemble de la période n’est que
la traduction en termes statistiques de l’expansion rapide de l’investissement public après 2000
(avec un très faible coefficient de variation de 0,11 pendant les années 90).
D’autre part, les observateurs constatent que la variabilité des taux de croissance annuelle
provient en grande partie de l’agriculture et de l’industrie manufacturière et, dans une moindre
mesure, de la construction. La croissance des services privés est plus stable et les services publics
enregistrent un taux de croissance annuel régulier, se tassant autour de 2,5 à 3,5 %.
Les fluctuations de la production agricole sont presque un cas typique dans la plupart des pays.
Ce qui est moins typique, ce sont les variations prononcées dans la production manufacturière,
qui ont d’importantes répercussions sur le chômage. Aussi, en dépit des progrès accomplis en
matière de réforme structurelle, la réforme dans les secteurs clés restent limitées116.
L’Algérie possède l’une des économies les moins diversifiées parmi les pays à revenu
intermédiaire et les pays producteurs de pétrole. La contribution du secteur privé au PIB reste
extrêmement faible et a même diminué depuis 1995. Cette situation contraste avec la tendance à
la hausse constatée dans la plupart des pays producteurs de pétrole, qui traduit le rôle de moins en
moins actif du secteur privé comme principal moteur de la croissance en Algérie. Cela dit, l’étude
de la croissance économique dans les différents domaines, nous amène à aborder l’impact de
cette relance sur la stabilité des prix et le plein emploi.
116
IDEM
161
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
117
Les chiffres officiels du chômage n’échappent cependant pas à des problèmes d’évaluation, qui tiennent à la fois au recours à
des méthodes d’échantillonnage variables, aux changements constants du contenu des questionnaires, et au fait que les enquêtes
ne sont pas effectuées de manière périodique et continue.
162
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
118
Le déficit primaire hors hydrocarbures rapporté au PIB hors hydrocarbures est une mesure de plus en plus utilisée pour
évaluer la position budgétaire dans les pays exportateurs d’hydrocarbures. Dans les pays exportateurs d’hydrocarbures, les
recettes publiques augmentent brutalement pendant les envolées des cours des hydrocarbures. Par conséquent, les positions
budgétaires peuvent s’améliorer, même lorsque les dépenses augmentent de manière peu soutenable. Le déficit primaire hors
hydrocarbures par rapport au PIB hors hydrocarbures est un meilleur indicateur de la position budgétaire car il dissocie les
dépenses des recettes d’hydrocarbures. Dans le cas de l’Algérie, le déficit primaire hors hydrocarbures du gouvernement central
s’est creusé, tombant de 22,5 % du PIB hors hydrocarbures (PIBHH) en 1999 à 29 % du PIB-HH en 2005, témoignant ainsi de
l’impact du PSRE et de la première année d’exécution du PCSC.(revue des dépenses publiques).
119
FRR : Fonds de régulation des recettes instauré par la loi de finance complémentaire pour 2000. Depuis sa création, les
autorités ont utilisé les revenus exceptionnels, logés dans un Fonds de stabilisation des recettes d’hydrocarbures, le Fonds de
Régulation des Recettes, connu sous le nom de FRR, pour deux raisons :
(i) pour effectuer des paiements anticipés au titre de la dette extérieure ; et
(ii) pour financer tout déficit budgétaire consécutif à une chute du prix du pétrole en dessous du prix de référence de la Loi
de finances. Compte tenu des paiements anticipés du principal de la dette publique, l’Algérie affiche désormais une position
créditrice nette vis-à-vis du reste du monde, avec un ratio de la dette extérieure rapporté au PIB évalué à 17 % en 2005, en
comparaison avec une moyenne de 61 pourcent du PIB enregistré sur la période 1990-95.
163
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
« être sans travail », c’est-à-dire ne pas avoir d’activité, même minimale, pendant la
semaine de référence ;
« être disponible pour travailler », c’est-à-dire être en mesure d’accepter toute opportunité
d’emploi qui se présente dans les quinze jours, sans qu’une tierce obligation soit une
entrave au retour à l’activité ;
« rechercher activement un emploi, ou en avoir trouvé un qui commence ultérieurement ».
L’Office National des Statistiques : le chômeur est celui qui est inscrit à l’Agence
Nationale pour l’Emploi (ANEM) depuis six mois sans trouver de travail.
350
300
letauxdechomage
250
200 Taux de chômage en
150 %
100
50
0
2001 2003 2005
les années
120
Le Bureau international du travail (BIT) est un organisme rattaché à l'ONU et chargé des questions générales
liées au travail dans le monde, il réside à Genève. Il harmonise les concepts et définitions relatives au travail et à
l'emploi, en particulier celles relatives à la population active occupée et aux chômeurs.
164
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Le taux de chômage en 2000121 était de 29.5% et a baissé jusqu’à 23.7% en 2003. Le taux
d’activité en juin 2000 était de 28.57% et rabaisse respectivement en 2001 et 2002 de 27.75% et
27.51% alors que le taux d’occupation augmente de 2000 à 2003 respectivement de 71.11%,
72.70% et de 76.28%.
En 2004, la population en Chômage122, estimée à près de 1,7 millions de personnes, connaît une
baisse continuelle. Elle était de quelques 2 millions de personnes en [Link], la tendance à la
baisse du taux de chômage semble se confirmer.
Quant à la population active, au sens BIT, est estimée à près de 9,5 millions de personnes, soit un
taux d’activité de 42,1 %. Ce taux était de 39, 8 % en septembre 2003. La population occupée au
cours de la semaine de référence de septembre 2004 se situe à près de 7,8 millions de personnes,
soit un taux d’occupation de 24,4 % en augmentation de 3,2 points par rapport à la même période
de l’année 2003 où il se situait à 21,2 %.
En 2005, la population active, au sens BIT, est estimée à près de 9,5 millions de personnes en
septembre 2005, soit un taux d’activité de 41,0 %.Ce taux était de 42, 1 % en septembre 2004.
La population occupée du moment estimée en septembre 2005 se situe à près de 8,1 millions de
personnes, soit un taux d’occupation de 24,7 % légèrement supérieur à celui calculé à la même
période de l’année 2004 (24,4 %). Quant au taux d’emploi il se maintient à 34,7 %.
121
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie en 2000, 2001, 2002 et 2003.
122
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2004.
165
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
La population en chômage, est estimée à près de 1,5 millions de personnes, soit plus de 223 000
chômeurs en moins par rapport à [Link] taux de chômage, quant à lui se situe à 15,3 %. Il était
de 17,7 % en 2004.
En 2006123, La population active, au sens BIT, est estimée à près de 10,1 millions de personnes
en octobre 2006, soit un taux d’activité de 42,5 %. Ce taux était de 41, 0 % en septembre
2005. En 2006124, la population active sans emploi (population en âge de travailler et cherchant
un emploi) et le taux de chômage ont continué à décroître.
En effet, La population active sans emploi a baissé de 230000 personnes en un an passant de 1,47
million à 1,24 million. Selon l'enquête annuelle de l'Office National des Statistiques, le taux de
chômage a baissé de 3 points de pourcentage pour s'établir à 12,3 % en octobre 2006.
Les données de la même enquête estiment la population active occupée du moment en octobre
2006 à près de 8 869 000 de personnes, soit un taux d’occupation de 26,8 %.La population active
en Chômage ou population active à la recherche d'un emploi, est estimée à près de 1.241.000
personnes en octobre 2006, soit un taux de chômage de 12,3%. La population active, constituée
des personnes pourvues d'un emploi et des chômeurs, est estimée à 10,1 millions de personnes en
accroissement de 4,7 %. Le taux d'activité a progressé de 1,5 point de pourcentage pour atteindre
42,5 %. Ainsi, les tendances à la baisse des taux de chômage s’accélèrent durant la période 2000
à 2006. Quels sont les secteurs d’activité qui ont contribué le plus à la résorption du chômage?
123
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2006.
124
Rapport de la Banque d’ Algérie (évolution économique et monétaire en Algérie) Juin 2007. P53/54.
166
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2000125, selon la répartition des emplois salariés d’initiative locale (ESIL) par secteur
d’activité, on relève le secteur du BTP / hydraulique, les services et en fin le secteur de
l’administration. Quant au programme de travaux d’utilité publique à haute intensité de main
d’œuvre (TUPHIMO), son application a permis une nette amélioration a été réalisé en 2000 dans
les branches routes et agriculture suivi de l’hydraulique et en 2003126 dans l’agriculture / foret
suivi des routes et l’hydraulique.
Selon les secteurs d’activité, en 2000, on relève les secteurs des services non marchands ensuite
les services marchands et enfin le commerce. Quant à 2003, on relève le commerce et les services
suivi du secteur de l’agriculture et de l’industrie avec des taux respectifs de 54.9%, 21.1% et
12%.
En 2004127, selon les secteurs d’activité, l’Industrie et le BTP ont vu augmenter leur part dans
l’emploi total. Cette proportion passe de 24 % en 2003 à 26 % en 2004. Le secteur privé y a
largement contribué. L’agriculture, quant à elle, a vu ses effectifs augmenter de quelques
200 000 personnes.
En 2005128, on assiste au même rythme d’évolution pour l’industrie et le BTP avec une
proportion qui passe de 26 % en 2004 à 28 % en 2005.
125
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2000.
126
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2003.
127
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2004.
128
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2005.
129
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie pour 2006.
167
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Le taux d’occupation selon les secteurs d’activité, démontre une évolution significative des
emplois occupés dans les secteurs tels que le commerce, le BTP et les services durant la période
2000 à 2006. Mais, qui est ce qui occupe ces emplois ?
Il est à signaler que la population en chômage par strate, on relève en milieu urbain 62.8% et
58.8% ce qui correspond au nombre de 1 577 231 et 1 223 119 respectivement en 2000 et 2003,
quant à la population en chômage en milieu rural a vu son taux augmenter de 31.2% à 41.2% ce
qui correspond en chiffre à une baisse de 933 632 à 855 151 en 2000 et 2003 respectivement.
En 2004, avec près de 1,4 millions de personnes occupées, les femmes s’insèrent de plus en plus
dans le marché du travail. En 2003 elles étaient quelques 933 000 personnes occupées
enregistrées. Si en 2004 le taux de chômage selon le milieu urbain et rural accusait une
différence de 0,7 points au profit du rural, en 2005 cette tendance s’est inversée, la différence est
de 1,2 points au profit de l’urbain. 2005, il est utile de signaler la diminution sensible des ‘Aides
Familiaux’ de sexe féminin dont l’activité est sujette à beaucoup de fluctuations, ce qui a
engendré une baisse du nombre de femmes occupées.
En 2006, la population active urbaine est majoritaire avec 60 % de la population active totale. Les
femmes représentent 17,3 % de la population active, 16,9 % des occupés et un cinquième de la
population sans emploi. En effet, la participation des femmes à l'activité économique demeure
très faible. Les femmes représentent 16,9% du total des occupés: 19,0% en milieu urbain et
13,8% en zone rurale. Le taux d’emploi où proportion des occupés sur l'ensemble de la
population en âge d'activité se situe à 37,2 %. Ainsi, 62,6% des chômeurs résident en milieu
urbain et 37,4 en zone rurale.
168
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Les femmes représentent 20,4% de l'ensemble des demandeurs d'emploi. Donc, il y a une
prépondérance des hommes par rapport aux femmes même si ces dernières ont connu une
amélioration. Cela dit, on s’interroge sur l’age de ces nouveaux recrus et la nature des emplois
occupés ?
Selon la situation dans la profession, il est à souligner l’augmentation conséquente des effectifs
des employeurs et indépendants en 2004, plus de 600 000 personnes par rapport à 2003. Quant
aux Salariés permanents, l’accroissement a à peine atteint les 100 000 personnes.
A l’inverse de ce qui a été observé en 2004 où on a enregistré une augmentation sensible des
employeurs et indépendants, en 2005 ce sont, plutôt, les salariés permanents qui ont vu leurs
effectifs augmenter de près de 174 000 salariés permanents. Il en est de même pour les salariés
non permanents et les apprentis où l’accroissement absolu par rapport à 2004 est de plus de 400
000 personnes.
Il y a lieu de noter que la baisse du chômage révélée par les données cachent néanmoins, une
augmentation problématique du chômage des jeunes de moins de 30 ans. En effet, la part des
chômeurs de cette catégorie (souvent primo demandeurs) a légèrement augmenté par rapport à
2003, 73 % en 2004 et 72 % en 2003 et continue d’augmenter à 75 % en 2005130 .
En 2006, on remarque une part importante des chômeurs de moins de 30 ans qui représentent
70,1% du total des chômeurs, bien qu’elle ait relativement baissée par rapport à 2005. Le
chômage des jeunes, en baisse, demeure encore élevé. Le taux de chômage de cette catégorie est
estimé à 22,8 %. Alors, l’arrivée des femmes expliquent en même temps, l’importance de la
classe de moins de 30 ans mais aussi la part de 70% des chômeurs dans ces classes d’âge.
130
Rapport de l’Office National des Statistiques sur le chômage en Algérie 2005.
169
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2006, la population active occupée se caractérise par une forte proportion de l'auto emploi.
Les employeurs et des indépendants représentent presque le tiers (32,1%) du total des occupés.
Les salariés permanents qui se caractérisent par une stabilité de l'emploi représentent 32,7%.
L'emploi instable qui regroupe les salariés non permanents et les aides familiaux est représenté
par 35,2% de l'ensemble des occupés. La qualité des nouveaux emplois se détériore cependant.
La proportion des emplois salariés précaires (contrats à durée déterminée) devient dominante. En
2006, elle est estimée à 66,3 % de l'emploi salarié total contre 42,2 % en 1996.
En résumé, L’accélération de la croissance dans les années 2000, également stimulée par le
PSRE, a contribué à la réduction des taux de chômage, quoique ses résultats pourraient ne pas se
pérenniser à plus long terme131. Ainsi, bien qu’étant toujours élevé, le taux de chômage a été
réduit de manière drastique au cours de la dernière décennie. Cette réduction s’explique en
grande partie par l’augmentation des taux de dépenses publiques suite à l’exécution du PSRE. Par
conséquent, nombre des emplois nouvellement créés pourraient n’être que des débouchés
temporaires qui seront localisés dans le secteur agricole, un secteur à faible productivité
représentant moins de 10 % du PIB et le secteur du BTPH à forte main d’œuvre.
170
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
points. Compte tenu de la hausse des prix à la consommation, estimée à 14,1 % durant cette
période de cinq ans, les revenus réels, salariaux et non salariaux, se sont substantiellement
améliorés : le revenu salarial réel et l’excédent net d’exploitation. Ils ont globalement progressé
de 35,4 % et l'excédent net réel des exploitations a progressé à un rythme plus rapide, de l'ordre
de 84 %. Malgré cette amélioration significative et soutenue des revenus, on relève encore des
disparités de niveau de vie persistantes entre les catégories socioprofessionnelles, qu'il convient
de réduire progressivement par l'accroissement de l'emploi et par la protection sociale des
populations vulnérables.
Le tableau suivant nous montre la part des dépenses et de la consommation dans le PIB et du taux
d’inflation durant la période de 2000 à 2006.
171
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
2006
Les années
2004 Part de la
consommation dans le
PIB en %
2002
Part des dépenses dans
le PIB en %
2000
0,00 10,00 20,00 30,00 40,00 50,00
part du PIB en %
L’indice général annuel des prix à la consommation pour l’année 2000 134(calculé sur la base 100
en 1989) s’est situé à 534,8. D’où un taux d’inflation de 0,34% par rapport à l’année précédente
pour laquelle le même indice s’était établi à 533,2. Sachant que depuis 1998, le taux d’inflation
est contenu pour la troisième année consécutive, sous la barre des 5%. Il confirme la tendance à
la baisse apparue à partir de l’année 1996 ainsi qu’une relative stabilisation des prix.
L’indice général annuel des prix à la consommation pour l’année 2001135 (calculé sur une base
100 en 1989) s’est situé à 557,6. D’où un taux d’inflation de 4,2% par rapport à l’année 2000.
Le rebond du taux d’inflation en 2001 par rapport à 2000 est le fait des augmentations des prix
qui ont concerné toutes les rubriques et, plus particulièrement, celles relatives à «l’alimentation et
boissons non alcoolisées» (5,5%) et à la «santé et hygiène corporelle» (+6,8%) d’où une
134
Rapport sur la conjoncture pour la loi de finance 2001.
135
IDEM.2002.
172
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
évolution de la part de la consommation dans le PIB de 46.07% en 2000 à 49.25% en [Link] est
important de signaler que l’année 2001 constitue la première année de mise en œuvre du PSRE
d’où une augmentation de la part des dépenses dans le PIB à 31% alors qu’elle était de 28.57%
en 2000.
L’indice général des prix à la consommation pour l’année 2002136 s’est situé à 565,5 contre 557,6
en 2001, d’où un taux d’inflation de 1,42% contre 4,2% en 2001. La baisse de l’inflation, malgré
la poussée de la demande intérieure, s’explique principalement par :
les effets de la réforme tarifaire : en 2002 le passage d’un système à quatre taux de droits
de douane (40%; 25%; 15% ; 5%) à un système à trois taux (30%; 15%; 5%) et la baisse du droit
additionnel provisoire (DAP) de 60% à 48% ont été effectués ;
l’adaptation de l’offre à la demande par l’augmentation significative des importations
(+20,4% en 2002 comparativement à 2001) et l’augmentation de la production.
Ainsi, la tendance à la hausse des prix en 2001 ne s’est pas poursuivie au cours de l’année 2002
au cours de laquelle on a assisté à une inversion de la tendance en raison de :
l’évolution mensuelle par des taux négatifs de l’indice général des prix à la
consommation sur pratiquement toute l’année ;
la tendance à la baisse de la variation de l’indice des prix à la consommation en
glissement annuel ;
la tendance également à la baisse de la variation de l’indice moyen.
L’année 2003 a connu un taux d’inflation relativement élevé de 2.59%. L’analyse de l’indice des
prix à la consommation montre que l’inflation a concerné la quasi totalité des produits
notamment les groupes « transport et communication » (+5,6%) et « alimentation – boisson non
alcoolisées » (+3,9%). Il faut souligner que les produits alimentaires, avec une part de 44% dans
136
IDEM.2003.
173
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2004, le retour à la hausse du taux d’inflation à 3.56% et une tendance à la baisse en en 2005
qui atteint 1.64%. En 2006, l'inflation a été contenue ; les prix à la consommation et les prix à la
production industrielle ont progressé modérément et la désinflation entamée l'année précédente
s'est poursuivie en 2006. La hausse annuelle moyenne des prix de détail mesurée par l'indice
national des prix à la consommation est estimée à 1,8 % en 2006.
Pour la seconde année consécutive, le rythme de la hausse des prix ralentit ; il passe de 4,6 % en
2004 à 1,9 % l'année suivante et perd 0,1 point de pourcentage en 2006. Alors que la désinflation
se poursuit au niveau national, la hausse des prix à la consommation dans le Grand Alger
progresse de 0,9 point de pourcentage pour atteindre 2,5 % en moyenne annuelle.
Les prix de gros des fruits et légumes ont enregistré une forte progression en 2006. La hausse des
prix est estimée à 5,9 % en moyenne annuelle. Alors que les prix des fruits frais évoluaient à la
baisse (1,8 %), ceux des légumes frais progressaient de 2,3%.
Quant aux prix de la production industrielle, il est observé en 2006 un net ralentissement de
l'inflation après quatre années d'accélération de la hausse des prix à la production industrielle des
deux secteurs public et privé. En moyenne annuelle, l'indice des prix hors hydrocarbures du
secteur public a progressé de 2,4 % en repli de 1,1 point de pourcentage et l'indice général des
prix du secteur industriel privé a augmenté de 1,9 % en 2006 contre 2,2 % l'année précédente. En
outre les prix à la production industrielle de l'industrie manufacturière des secteurs public et
privé, augmentent tous deux au même taux de 1,9%, convergence qui reflète l'unification des
marchés. Les prix à la production industrielle sont en hausse mais l'inflation est en net
ralentissement par rapport à l'année 2005.
137
IDEM.2004.
174
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En moyenne, depuis l'année 2000, les prix à la production industrielle du secteur public ont
augmenté de 3,5 % par an et ceux du secteur privé ont progressé modérément au rythme annuel
de 1,0 % au cours de la même période de six ans. L'évolution annuelle moyenne des prix des
diverses branches industrielles publiques a été très contrastée depuis 2000. Alors que les ISMME
se distinguent par une inflation annuelle moyenne très élevée de 3,7 %, les prix de l'industrie
textile sont demeurés stables et ceux des branches matériaux de construction et industries agro-
alimentaires ont progressé à un rythme modéré de 1,2 % et 1,5 % respectivement.
En 2006, le rythme annuel moyen de la hausse des prix de l'industrie publique est à son plus bas
niveau depuis l'année 2001, année au cours de laquelle les prix avaient progressé de 4,0 % et pour
la première fois depuis cette même année, la hausse des prix du secteur privé décroît après avoir
atteint un maximum de 2,2 % en 2005. Depuis l'année 2000, on estime l'inflation annuelle
moyenne de la période à 2,97 %, rythme plus faible que le rythme moyen de l'industrie publique
(3,57 %).
450
400
taux d'inflation /100
350
300
250
Taux d’inflation
200
150
100
50
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
les années
175
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Au cours de la période 2000-2006, en moyenne annuelle, les prix à la production industrielle ont
augmenté dans six des neuf secteurs d'activité et la plus forte hausse (3,24 %) a été enregistrée
dans le secteur des industries sidérurgique et métallurgique (ISMME). Les prix de détail, mesurés
par l'indice des prix à la consommation, ont augmenté de 1,8 % en moyenne annuelle au cours de
l'année 2006. Le niveau de l'indice national des prix de 2006 indique la plus faible inflation
annuelle depuis 2001 ; l'inflation en 2006 a reculé de 2,8 points de pourcentage par rapport à son
niveau de 2004 (4,6 %).
En guise de conclusion, l’inflation, dont la tendance est baissière depuis 1997, demeure exposée
à des tensions comme cela a été le cas pour l’année 2001 (+4,23%) et 2004 (+3.56%). Le
principal facteur explicatif des variations observées ces deux années là, est le relèvement
conséquent des traitements et salaires qui stimule la demande des ménages, en contexte d'offre
locale rigide ou d'offre externe coûteuse, liée notamment à l'effet de change. A cela s’ajoute, la
revalorisation du SNMG et des pensions, intervenue au cours du dernier trimestre 2003, a
contribué à la poussée inflationniste observée au premier semestre 2004 et à la diffusion de leur
effet à l’ensemble de l’économie (en raison de la renégociation des conventions collectives).A
cette source interne de l’inflation s’ajoutent les effets de la dépréciation du Dinar par rapport à
l’Euro, principale monnaie de paiement de l’Algérie pour deux tiers de ses dépenses.
La faible inflation et la stabilisation des prix relatifs militent pour la poursuite de la maîtrise des
fondamentaux macroéconomiques nécessaire à l'intensification du développement économique et
social dans le cadre d'une économie ouverte, ce qui nous amène à nous interroger sur l’impact de
la relance économique sur la balance des paiements ?
176
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Après avoir traité l’impact de l’augmentation des dépenses budgétaires sur le plan interne à
savoir, l’effet sur la croissance économique des différents secteurs d’activité, sur le plein emploi
et sur la stabilité des prix, il nous semble à présent nécessaire d’aborder cet impact sur le plan
externe du pays, entre autres sur la balance des paiements qui « retrace sous forme comptable
des flux d’actifs réels (matériels et immatériels), financiers et monétaires au cours d’une période
déterminée »138.
La mesure de cet impact, nous impose de recourir à deux indicateurs à savoir en premier lieu,
celui du solde de la balance commerciale en mettant en lumière les flux physiques du commerce
extérieur traduits par les importations et les exportations durant la période 2000/2006 (paragraphe
1) et en deuxième lieu, celui des équilibres globaux ou et extérieurs (paragraphe 2), notre objectif
étant d’illustrer l’impact de la relance économique sur le commerce extérieur.
Durant les années deux mille, les équilibres externes ont bénéficié d’une conjoncture pétrolière
prolongée .Les exportations du pays ont atteint un niveau record, l’on constate au même moment,
une reprise de la demande d’importations, qui est tirée par des taux d’investissement
exceptionnellement élevés liés au PSRE. Par conséquent, le pays affiche des soldes du compte
courant et des niveaux de réserves de liquidités internationales atteignant des seuils historiques.
Quel est donc l’impact de ces bons résultats sur la structure des exportations d’une part (A) et les
importations d’autre part (B), en d’autres termes, la relance économique a-t-elle contribué à
modifier la structure des importations et des exportations en faveur de l’économie nationale ?
138
M. DEPREZ et M. DUVAUT : Réussir l’U.V.2 (économie) Ed Techniplus. Paris. 1993. p 70.
177
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
2006 54
57
2005 46
49
32
les années
2004 34
2003 24
26
2002 18 Exportation des
20
19 hydrocarbures
2001 20
Exportations de
2000 21
23 biens et services
le montant en MRDS $
178
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Durant la période 2000/2006, le rythme de croissance des exportations est à la hausse du coté des
exportations en hydrocarbures et même hors hydrocarbures, cela dit, le pays affiche toujours la
prédominance du secteur des hydrocarbures du fait de la conjoncture internationale favorable.
Les exportations du groupe «énergie et lubrifiants» occupent la première place en 2000 avec
21,4 milliards US$ et enregistrent un taux de croissance nominale de 73,7% par rapport à l’année
1999 permettant ainsi la réalisation d’un solde commercial de 12,9 milliards US$ et occupent
toujours la première place en 2001 et représente 96.6% du total des exportations, avec un léger
recul tout de même par rapport à l’année 2000, de 2.9 milliards de $, du à la baisse des prix des
cours du pétrole dans les échanges internationaux à 24.9 $ le baril.
179
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2002, les flux commerciaux dont les accroissements respectifs, sous le double effet des
volumes et des prix, ont été de 8,3% et de 22,5%, les exportations d’hydrocarbures ont atteint
24,0 milliards de US $, enregistrant une variation positive de 5,9 milliards de US$, par
comparaison aux flux des exportations d’hydrocarbures en 2002.
Les hydrocarbures constituent, donc, l’essentiel des recettes en provenance des exportations de
marchandises avec 96,1% en 2002.
L’année 2003 est caractérisée par la position des échanges commerciaux extérieurs qui reste
fortement marquée par le comportement du prix du baril de pétrole sur le marché mondial. La
bonne tenue de ce prix qui s’est établi en moyenne annuelle à 29 US $, conjuguée à
l’accroissement des volumes exportés s’est traduite par un solde excédentaire de la balance
commerciale. L’excédent se situe à 11,6 milliards de US $, est en variation positive de 4,8
milliards de US$ par rapport à 2002.
En 2004, Les exportations d’hydrocarbures se sont situées à 31.3 milliards US$ contre 23.9
milliards US$ en 2003, ont augmenté de 30.6 % grâce à une évolution des cours du pétrole de
33.4 % et des volumes exportés. Les ventes d’hydrocarbures à l’étranger représentent plus de 97
% des ressources en devises du pays et demeure pour 2005 et 2006 avec un autre rebondissement
des cours du pétrole sur les marchés mondiaux ce qui favorise et conforte aisément la position
extérieure du pays. En effet, le prix du baril passe de 38.7 US$ en 2004 à 54.6US$ en 2005 et
jusqu’à 65.9US$ en 2006.
L’année 2006 observe donc des exportations de biens qui atteignent 54.6 milliards USD
(+14,8%) grâce à la hausse des cours des hydrocarbures. Ainsi, dans la structure des
exportations139, les hydrocarbures continuent à représenter l’essentiel des ventes à l’étranger
durant l’année 2006 avec une part de 97.8% du volume globale des exportations et une
augmentation de 18.5% par rapport à l’année 2005 qui s’explique essentiellement par la hausse
du prix du pétrole.
139
Rapport centre national de l’information statistique (CNIS) du premier trimestre 2006 : les statistiques du
commerce extérieur de l’Algérie. P 7.
180
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Les exportations hors hydrocarbures ont atteint 612 millions US$ soit 2,8% du total des
exportations en 2000. Les produits semi-finis ont représenté 2,1% du montant total avec une
variation annuelle de 70% en 2000 par rapport à 1999. Par contre la part des autres types de
produits exportés reste négligeable ; elle varie entre 0,05% et 0,22%. On note la même tendance
pour l’année 2001, ou les recettes en provenance des exportations de marchandises, autres que les
hydrocarbures, ont évolué de 42,2%. Elles sont passée de 415 millions US$ en 1999 à 590 US$
en 2000. La part du secteur hors hydrocarbures demeure négligeable avec 3.4%, quoique
relativement en hausse par rapport à l’année 2000.
Par ailleurs, les exportations hors hydrocarbures ont régressé de 9,4% passant de 734 millions de
US $ en 2002 à 673 millions de US$ en 2003, représentant à peine 3% des exportations
d’hydrocarbures. La ressource générée par les exportations hors hydrocarbures se structure par
groupe de produits avec les produits alimentaires (7.1%), demi-produits (75.6%), produits bruts
(7.4%), équipements (4.6%) et les biens de consommation industriels (5.2%). Les exportations
hors hydrocarbures, avec une hausse de 3.9% en 2002 par rapport à 2001 continuent de
représenter une faible part des exportations de marchandises.
Toute fois, après la baisse de 21.6% en 2003, des exportations hors hydrocarbures, celles-ci ont
augmenté de 16% en 2004. Leur part reste toute fois limitée, puisqu’elle ne dépasse pas 2.5% des
exportations totales140. En 2006, les exportations hors hydrocarbures demeurent toujours
marginales, avec seulement 2.17% du volume globale des exportations soit une valeur de 1184
millions US$ ; en effet elles ont enregistré une augmentation de 30.5% par rapport au premier
trimestre de l’année 2005.
Les principaux « produits hors hydrocarbures » exportés, sont constitués essentiellement par le
groupe « demi- produits » qui représente une part de 1.51% du volume globale des exportations
soit l’équivalent de 828 millions US$ .Ensuite, le groupe « produits bruts »vient en seconde
140
Rapport de l’OCDE : perspective économique en Afrique.2005
181
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
position avec une part de 0.36% soit 195 millions US$ suivi par les groupes « biens
alimentaires » et « biens d’équipement industriels » avec les parts respectives de 0.13% et 0.08%
soient 73 et 44 millions US$ et enfin le groupe « biens de consommations non alimentaires »
avec une part de 0.08%.
En guise de conclusion, pour la structure des exportations, on note une dépendance de leur
évolution à celle des cours internationaux du baril de pétrole mais aussi l’importance des efforts
qui restent à faire pour l’économie algérienne pour coopérer avec le monde dans le cadre de
l’Accord d’Association avec l’Union Européenne et de l’adhésion à l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC). Donc, « la transition nécessaire implique l’intensification le rythme des
réformes en faveur de l’initiative privée comme vecteur d’une relance, voire d’une renaissance du
secteur manufacturier »141. En effet, la période 2000/2006 est toujours marquée par la
prédominance des hydrocarbures dans la structure des exportations ; ce qui amoindrit l’effet
escompté du plan de relance économique.
141
Rapport de l’OCDE : perspective économique en Afrique.2005
182
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
250
Importation de biens
200
les 150 Importation de services
importations
en MRDS $ 100
50
0
2001 2003 2005
les années
Tableau n°23 : Evolution de la structure des importations de 2000 à 2006 (En millions de
US$)
Groupes 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
d’utilisation
Alimentation 2 415 2 395 2740 2 678 3 597 3 587 3 800
Energie et 129 139 145 114 173 212 244
lubrifiants
Produits bruts 428 478 562 689 784 751 843
Demi produits 1 655 1 872 2 336 2 857 3 645 4 088 4 939
Biens d’équip. 85 155 148 129 173 160 96
Agr.
Biens d’équip. 3 068 3 435 4 423 4 955 7 139 8 452 8 528
Ind.
Biens de 1 393 1 466 1 655 2 112 2 797 3 107 3 011
consommation
Total 9 173 9 940 12 009 13 534 18 308 20 357 21 456
Source : Centre National de l’Informatique et des Statistiques (CNIS)
183
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En 2000, La structure des importations par groupe d’utilisation met en évidence les biens
d’équipement et les produits alimentaires en tête de ce groupe. En effet, les engagements
d’importation de marchandises auprès des banques se sont élevés à 8,3 milliards US$ en l’an
2000 contre 7,0 milliards US$ en 1999, soit une augmentation de 18,6%, due principalement aux
engagements d’importation des produits alimentaires et des biens d’équipement.
Par ailleurs, le secteur privé continu de détenir la plus grande part des engagements des
importations (50,9%) soit 4232 millions US$ en 2000 contre 4199 millions US$ (59.7%) en 1999
et trouve son origine essentiellement dans l’augmentation significative des engagements du
secteur public pour l’importation de biens d’équipement qui sont passés de 475,5 millions US$
en 1999 à 1571 millions US$ en 2000 (+230%).Donc, la rubrique «Biens d’équipements» reste
dominante avec 31.8% des importations totales de marchandises en 2000, suivie, successivement,
des «Biens alimentaires» (25,5%), des «Biens intermédiaires» (23,6%) et des «Biens de
consommation» (19,1%).
D’une manière globale les importations de marchandises (CAF) avec un montant de 9,20
milliards US$ sont restées relativement stables par rapport à 1999 (9,16 milliards US$). Par
groupes de produits on relève des progressions de 6,8% pour les produits alimentaires, de 20,8%
pour les biens d’équipement agricoles et de 8,7% en ce qui concerne les produits semi-finis. En
184
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
revanche, il y a eu une baisse des importations pour les groupes «biens d’équipement industriels»
(-7,3%), «énergie et lubrifiants» (-31,2%), «biens de consommation» (-0,7%) et «produits bruts»
(-31,2%).
En accroissement de 8%, les importations, dont la valeur est exprimée en dollar US, sont passées
de 12 milliards de US $ en 2002 à 13 milliards de US. $ en 2003. L’expression en dollar US de la
valeur des importations de 2003, recèle un effet de valorisation lié d’une part à la parité
Euro/dollar qui a connu en 2003 l’appréciation de 20% de la monnaie européenne par rapport à
celle des Etats-Unis et d’autre part à la structure géographique de nos importations dans laquelle,
l’Union Européenne est en position dominante.
L’examen des importations par groupe d’utilisation montre, en termes de structure, les variations
suivantes :
Concernant les produits alimentaires, la baisse de leur part dans la structure des importations est
également observée au plan de la valeur des flux importés. Cette valeur est passée de 2,7
milliards de US $ en 2002, à 2,6 milliards de US. $ en 2003, accusant en terme de proportion un
recul de 2,8 points de pourcentage. Ce recul est imputable à la baisse des importations en valeur
des céréales et produits dérivés, du sucre et des légumes secs dont les régressions respectives ont
été de 13,3%, de 15,2% et de 14,2%. Cela dit, la bonne performance des grandes cultures
(céréales et légumes secs) a contribué à la contraction constatée dans les flux à l’importation de
ces produits.
Quant aux biens intermédiaires, la progression de leurs importations en terme de structure est
vérifiée également au plan de la valeur qui s’est accrue de 16,7%, passant de 3,0 milliards de US.
$ en 2002 à 3,6 milliards de US. $ en 2003. A l’origine de la progression constatée, se trouve
notamment le ciment, le bois, les constructions préfabriquées et le rond à béton, dont les
évolutions se sont respectivement situées à +70,1%, à +61,3%, à +55,7% et à +54,5%. Ces
niveaux de variation très significatifs s’expliquent par la dynamique de l’activité du BTP.
185
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Pour les biens d’équipement, bien qu’en recul dans la structure des importations, les flux de ces
marchandises ont progressé de 5,5%, leur valeur passant de 4,6 milliards de US. $ en 2002 à 4,8
milliards de US. $ en 2003.
En 2004, les importations ont atteint 17.6 milliards US$ avec une augmentation de 32.1% par
rapport à 2003. Cette augmentation des importations s’explique principalement par
l’accroissement des importations des biens d’équipement accompagnant l’effort plus soutenu de
l’économie en matière d’investissement, et pour la baisse de la protection sur les échanges.
La rubrique «Biens d’équipements» reste dominante avec 39% des importations totales de
marchandises en 2004, suivie, successivement, des «Biens intermédiaires» (20%), «Biens
alimentaires» (19.6%) et des «Biens de consommation» (15.3%).
Le prix du baril, qui est passé d’une moyenne de 38.66 dollars en 2004 à 54.36 dollars en 2005, a
permis de conforter encore la position extérieure de l’Algérie. Par rapport à 2004 alors que les
importations (f.o.b.) ne se sont accrues que de 9 pour cent en 2005, contre 32.1 pour cent en
2004. Relativement au PIB, les importations ont baissé de 2 points pour retrouver leur niveau de
2003. Au plan de la structure des importations, on peut noter la prédominance des biens
d’équipement et des demi-produits (61.6 %), et celle des biens de consommation alimentaires et
non alimentaires (32.9 %).
142
Rapport du centre national de l’information statistique (CNIS) du premier trimestre 2006 : les statistiques du
commerce extérieur de l’Algérie. P 3-6.
186
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Tout d’abord, le groupe des biens d’équipement « industriels et agricoles » occupe le premier
rang avec un volume de 2.15 milliards US$, soit 40.2% du volume global. En valeur absolue, les
importations de ce groupe ont diminuées de 313 millions de US$ par rapport à l’année 2005 sur
la même période .soit une régression de l’ordre de 12.71%.
Enfin, les « biens de consommation non alimentaires » occupe le dernier rang avec une part de
14.03% et un volume de 719 millions US$ mais enregistre une diminution de 2.18% soit 16
millions US$.
Donc, concernant les importations durant 2000/2006, leur rythme a évolué considérablement du
fait de l’augmentation des importations de biens destinés à doter le pays en infrastructures de
base liées aux investissements dans le cadre de la relance économique.
Pour conclure cette section, nous constatons que la structure des exportations n’a pas évolué, en
effet, les hydrocarbures composent la quasi-totalité des exportations de marchandises (mono
exportateur), soit 98%, ce qui renforce la dépendance de notre pays vis-à-vis de cette matière et
de sa vulnérabilité et confirme la fragilité de l’économie avec une offre local rigide. Quant aux
importations, leur demande est tirée par des taux d’investissement exceptionnellement élevés liés
au programme de relance économique.
187
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Ce tableau, ci-dessous, nous présente l’évolution des différents soldes budgétaires en rapport
avec l’évolution des dépenses budgétaires durant la période 2000 à 2006.
Tableau n°24 : Evolution des dépenses budgétaires et des soldes extérieurs de 2000 à 2006
Les années Prix143 Part des Solde 144
Solde de la Solde145 du Solde de la
moyen du dépenses globale balance compte balance des
pétrole dans le du Trésor commerciale courant paiements
$ / baril PIB en en MRDS en MRDS $ en MRDS $ en MRDS $
% DA(hFRR)
2000 28.6 29.09 -54.4 12.3 8.9 7.6
2001 24.9 34.54 +55.2 9.6 7.1 6.2
2002 25.3 33.89 -16.1 6.7 4.4 3.7
2003 29.0 32.86 -10.3 11.1 8.8 7.5
2004 38.7 30.35 -187.3 14.3 11.1 9.3
2005 54.6 28.07 -472.5 26.5 21.2 16.9
2006 65.9 21.37 -647.3 34.1 29.0 17.7
Source : Ministère des Finances.
143
Le prix pétrolier de référence s’est maintenu à 19 $ jusqu’à avril/mai 2008 où il atteint 37$.
144
Le solde budgétaire global du gouvernement central est passé d’un déficit de 2 % du PIB en 1999 à un excédent de 14 % en
2005. Les recettes budgétaires ont augmenté, passant de 30 % du PIB en 1999 à 41 % en 2005. Les dépenses ont baissé de 31 %
du PIB en 1999 à 27 % en 2005, les dépenses de fonctionnement ayant été contenues et un important programme d’investissement
public ayant été lancé. (Source : Ministère des finances).
145
Le solde du compte courant, qui était négatif jusqu’en 1999, est passé à un excédent de 21 % du PIB en 2005. En 2003–05,
l’amélioration du solde du compte courant de l’Algérie représentait 82 % du PIB additionnel provenant des hydrocarbures pour
cette période. (Source : Ministère des finances).
188
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
80,00 20,00
en M R D S $
so ld e d e la
p aiem en ts
60,00 15,00
p étro le en
b alan ce
p rix d u
$/b b
d es
40,00 10,00
20,00 5,00
0,00 0,00
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
les années
L’évolution du solde de la balance des paiements progresse dans la même direction que les prix
du baril du pétrole. En effet, entre 2000 et 2002, les prix du pétrole ont connu une baisse de 28.6$
à 25.3$ et commence à rebondir à partir de 2003, en atteignant 29$ jusqu’à 65.9$ en 2006. Quant
au solde de la balance des paiements, a connu durant la première période une baisse de 7.6
Milliards de $ en 2000 jusqu’à 3.7 Milliards de $ en 2002 et remonte progressivement à partir de
2003 avec la remontée des prix du pétrole.
En l’an 2000, le compte des transactions courantes a dégagé un solde positif de 8.93 milliards
US$ contre seulement 25 millions US$ en 1999.L’amélioration sensible du solde du compte
courant a pour origine exclusive celle du solde de la balance commerciale qui est passé de 3,36
milliards US$ en 1999 à 12,30 milliards US$ en 2000, soit une augmentation de 275,6%,
189
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
conséquence directe de l’augmentation des prix des hydrocarbures. En effet, le prix du baril de
pétrole brut qui est passé de 17,91 US$ en 1999 à 28,6 US$ en 2000 (+60%) a permis de porter
les recettes extérieures en provenance de cette matière première à 21,42 milliards US$ en 2000
contre 12.08 milliards US$ en 1999, soit une augmentation de l’ordre de 77%.Le solde positif du
compte courant a influencé positivement la balance des paiements qui a réalisé un excèdent
positif.
En 2001, le compte des transactions courantes a dégagé un solde positif de 7.06 Milliards US$
contre 8.93 Milliards US$ en 2000 ; soit une baisse de près de 27%.Le recul enregistré en ce qui
concerne le solde du compte courant s’explique par le recul du prix du baril de pétrole et, par
conséquent, des recettes en provenance des exportations d’hydrocarbures qui continuent
d’occuper une place dominante avec 97% de la totalité des exportations. Les exportations hors
hydrocarbures, avec une baisse de 4,2% en 2001 par rapport à 2000 continuent de représenter une
faible part des exportations de marchandises. De ce fait, la balance des paiements continue de
marquer un solde positif quoique relativement faible à celui de l’année 2000 qui est du au recul
des prix du baril du pétrole d’une part et d’autre part, le solde positif réalisé par la balance
commerciale de 9.6 Milliards $ contre 12.3 en 2000.
En 2002, le compte des transactions courantes a dégagé un solde positif de 4.36 Milliards US$
contre 7.06 Milliards US$ en 2001 ; soit une baisse de 39.6% imputable principalement au prix
du baril de pétrole brut et au volume des exportations (+2,8% par rapport à 2001). La balance
commerciale avait alors marqué un recul de l’ordre de 2.5 Milliards US$. Ce recule du compte
courant a provoqué une baisse de la balance des paiements mais reste néanmoins positif.
L’année 2003 constitue une nette reprise de la consolidation de la position extérieure du pays.
En effet, le compte des transactions courantes a dégagé un solde positif de 8.84 milliards US$ ce
qui représente 13.4% du produit intérieur brut contre seulement 7.8% en 2002146. L’amélioration
146
Rapport sur l’évolution économique et monétaire en Algérie : intervention du gouverneur de la Banque d’Algérie
Dr LAKSASSI Mohamed auprès des élus de l’assemblée populaire nationale en 2003.
190
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
sensible du solde du compte courant a pour origine exclusive celle du solde de la balance des
paiements qui est passé à 11.4 milliards US$ en 2003, soit 24.3 en réserve de mois d’importation,
conséquence directe de l’augmentation des prix des hydrocarbures à 29 US$ le baril et également
de l’effet direct de la reprise des investissements dans le secteur des hydrocarbures et donc de
l’augmentation de la quantité produite. Le solde positif du compte courant a influencé
positivement la balance des paiements qui a réalisé un excèdent positif de 7.47 milliards US$.
L’année 2005 poursuit la situation déficitaire du budget de l’Etat tout en consolidant la position
extérieure du pays. Ainsi, le Trésor public a dégagé un déficit important de 472.2 milliards DA
vu l’augmentation constante des dépenses budgétaire qui ont atteint 28.07% du PIB tout en
maintenant un solde courant excédentaire de 21.2 milliards US$ et donc un solde de la balance
des paiements également excédentaire de 17.0 milliards US$. Cette situation est réalisé grâce à
un environnement international favorable à la montée des prix du baril du baril atteignant jusqu’à
54.4 US$.
Enfin, l’année 2006 connaît un léger recul de la part des dépenses budgétaires par rapport au PIB
de prés de 7 points par rapport à l’année 2005, néanmoins le déficit du Trésor se creuse et atteint
un niveau record sur toute la période 2000/2006 de 705.6 milliards DA. Quant au prix du baril du
pétrole, il a atteint son niveau record de toute la période en atteignant 65.4 US$, réalisant ainsi un
excédent du compte courant de 29.2 milliards $ et de 17.9 milliards $ pour la balance des
paiements. De ce fait, la flambée des prix du pétrole permet la consolidation des comptes
extérieurs réalisant ainsi 36.7 de réserve en mois d’importation pour le pays.
191
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En conclusion, l’analyse des différentes composantes de la balance des paiements montre une
poursuite de la consolidation de la position extérieure du pays qui est du principalement à la
hausse annuelle des prix du pétrole d’une part, mais également par l’augmentation des quantités
exportées grâce notamment aux nouveaux gisements mis en exploitation par la Sonatrach,
traduisant ainsi les efforts d’investissement dans le secteur des hydrocarbures.
De notre point de vue, l’économie algérienne a besoin d’une politique économique qui débouche
sur une augmentation de l’offre de biens et services ayant une valeur internationale de préférence
et non pas d’une relance de l’activité qui ne débouche que sur une relance du rythme des
importations et une excroissance des services qui leur sont liés.
Globalement, les secteurs industriels public et privé réalisent une expansion modérée de leur
valeur ajoutée, la hausse estimée à 2,8 % en volume, cette croissance demeure très en deçà du
potentiel que recèle l'économie nationale. Le secteur industriel, encore entravé par des rigidités,
ne semble pas suffisamment réactif pour profiter des considérables dépenses d'investissement de
l'Etat.
192
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
193
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
149
De son coté, Abdelhak LAMIRI : (les statistiques sur la croissance, ne doivent pas nous
fasciner, dans la mesure ou il s’agit d’une croissance extensive et non réelle car elle est tirée
par les hydrocarbures et que les performances réalisées sont dues à l’argent du pétrole qui est
injecté dans l’économie, une économie (fondamentalement faible) et le demeurera tant que les
ressources ne sont pas canalisées pour développer la richesse et encourager la productivité à
travers, toujours selon l’économiste, la création de PME tout en instaurant un meilleur
management des institutions et une modernisation institutionnelle ).
147
Abdelatif BENACHENHOU dans un article (KEYNES EST MORT) publié dans le journal El watan du
mercredi 21 janvier 2009, page 10 et11.
148
Ahmed BENBITOUR dans un article (baisse du niveau de vie, croissance fictive et mauvaise gestion) publié
dans le journal El watan du mardi 15 janvier 2008, page 7.
149
Abdelhak LAMIRI dans un article (baisse du niveau de vie, croissance fictive et mauvaise gestion) publié
dans le journal El watan du mardi 15 janvier 2008, page 7.
194
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
En somme, tous ces économistes s’accordent à dire que la croissance en Algérie serait en
réalité principalement tirée par les investissements publics pour la réalisation d’infrastructures
de base dans le cadre du programme de soutien à la croissance économique ( PSRE) et celui
complémentaire (PCSC).une fois que ces projets serait achevés , le taux de croissance devrait
retomber à un niveau très bas si l’Algérie ne développe pas entre-temps son tissu industriel et
le secteur des PME qui généreraient des richesses et créeraient des milliers d’emplois , tout en
soutenant de façon durable la croissance économique , avertissent ces économistes algériens.
On finit avec l’avis d’une institution international qui est la Banque Mondiale en annonçant
dans ses rapports151 qu’elle (doute que ce programme , qui n’a pas de cohérence mais qui
serait une compilation de projets avec des affectations budgétaires sans objectifs précis sur les
impacts économiques et sociaux , puisse promouvoir un développement fiable à moyen et
long terme, avec un risque d’un gaspillage croissant , faute d’une bonne gouvernance et d’un
secteur privé algérien concurrentiel dont l’émergence est freinée par de multiples contraintes
d’environnement -bureaucratie- , systèmes socio-éducatif et financier inadaptés et
l’inexistence d’un marché du foncier libre).
150
Abderahmane MEBTOUL dans un article (L’Algérie du 08 avril 1999 au 08 avril 2008 : une transition
inachevée) publié dans le journal le Quotidien d’Oran du dimanche 06 avril 2008, page 7.
151
Rapport n° 36270. DZ (2 volumes) intitulé : une revue des dépenses publiques en Algérie.
195
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Conclusion générale
Les efforts entrepris par l’Etat, ayant pour objectif d’asseoir des bases solides d’un essor
décisif, après la tourmente que l’Algérie a vécue durant de longues années, devraient
permettre de valoriser pleinement ses atouts en diversifiant et consolidant sa base productive
tout en affrontant la compétition internationale et en soustrayant le pays d’une dépendance
préjudicieusement exclusive des hydrocarbures.
Depuis l’année 2000, l’Algérie a connu une aisance financière qui lui a permis de s’engager
dans un vaste projet de relance de l’économie, à travers des actions de développement dans
les différents secteurs socioéconomiques dans l’objectif de répondre aux multiples exigences
de l’économie de marché. L’enveloppe financière allouée à la mise en œuvre de la politique
de relance, a donné lieu à des résultats quelque peu mitigés. En effet, ces résultats sont
appréciés différemment par les analystes.
Ainsi, et déjà en 1999, Abdelhak LAMIRI152 dans son ouvrage (crise de l’économie
algérienne) traitait trois leçons importantes quant à la pertinence de l’approche keynésienne,
en des termes prudents, il s’agit de :
Les mécanismes d’autocorrection de l’économie ne sont pas étanches, l’économie
peut se gripper donc elle a parfois besoin d’être soutenue ;
152
Abdelhak LAMIRI : Crise de l’économie algérienne : causes, mécanismes et perspectives de redressement.
Ed les presses d’Alger. Alger. Mars 1999.P256.
196
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Enfin, il conclut sur l’impact sur la croissance en disant qu’il (est plus significatif et risque
d’être plus durable en raison du poids des hydrocarbures et de la fragilité des autres secteurs
qu’il faut corriger par des politiques publiques ambitieuses et stables de consolidation et de
diversification de l’offre locale, dont la mise en confiance en fait partie) et pour cela il faut
selon lui ( il faut poursuivre les réformes dans la sphère publique et dans la sphère
économique et financière pour élargir et diversifier l’offre locale, améliorer les performances
économiques et l’efficacité dans l’allocation des ressources, mieux définir et renforcer la
fonction de régulation et de stratégie de l’Etat et consolider sa base financière. ).
Dans le même ordre d’idées, au plan macroéconomique, les contraintes qui pendant
longtemps, avaient gravement obéré les marges et l’autonomie de la décision publique, ont été
complètement desserrées. C’est ainsi que l’assainissement des finances publiques se traduit,
depuis plusieurs années, par d’importants excédents, affectés à un fond de régulation des
recettes destiné à prémunir la dépense publique de toute volatilité des cours pétroliers.
153
Abdelatif BENACHENHOU dans un article (KEYNES EST MORT) publié dans le journal El watan du
mercredi 21 janvier 2009, page 10 et11.
197
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
nouveau palier de croissance qui, tout en restant fortement lié aux performances du secteur
des hydrocarbures, résulte aussi des efforts de réformes déployés ces dernières années par le
gouvernement algérien … des réformes qui illustrent le souci des autorités d’améliorer
l’environnement des affaires et de susciter une meilleure réactivité du secteur privé », le
rapport souligne également que « l’économie algérienne semble désormais s’inscrire dans le
cadre d’une croissance à rythme plus soutenu qu’auparavant , mais qui reste fortement
influencée par les performances du secteur primaire, à défaut d’une diversification de la base
productive ; à court et moyen termes, l’économie reste dépendante du programme public de
soutien à la relance ».
Pour finir, nous constatons que l’utilisation exclusive des dépenses publiques pour permettre
à l’Etat de relancer son économie s’avère être difficile sachant que les résultats présentés
durant la période 2000/2006 ont été fortement influencés par l’augmentation des cours du
pétrole au niveau mondial. Ainsi de notre point de vue, ne serait-il pas préférable de miser sur
la demande globale et l’offre globale au même temps ? Car, d’une part, le soutien de la
demande globale à travers l’injection de flux financiers importants permet certainement
d’augmenter le niveau d’emploi et de stimuler le revenu des ménages et donc la
consommation et d’autre part, songer à restaurer les entreprises afin qu’elles soient
compétitives à travers une politique de l’offre rigoureuse et qui permettrait à ces entités de
satisfaire non seulement le marché local en biens et services mais également de faire face à la
concurrence étrangère étant donné que l’Algérie a adhéré à l’économie de marché.
Les résultats des indicateurs financiers et économiques sur la période 2000/2006 : le taux de
croissance économique est de 5% en moyenne, le chômage a relativement baissé, la demande
intérieure a augmenté du fait de l’augmentation de la consommation des ménages, mais aussi
il y a une forte augmentation des produits d’importation et une faible croissance des secteurs
productifs tels que l’industrie dans la plupart de ses branches ; alors la forte demande des
consommateurs est satisfaite par les produits étrangers et non locaux à cause de la faiblesse du
tissu industriel et la fragilité de l’appareil productif national , d’où les bienfaits d’une
politique de l’offre. En d’autres termes, la rigidité de l’offre interne révèle que les entreprises
nationales n’ont pas su saisir les opportunités offertes par le plan de relance.
198
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Pour terminer, il est nécessaire de signaler qu’une relance économique exige la participation
et la mobilisation de tous les agents économiques, de tous les secteurs d’activité économiques
et de toutes les politiques économiques. Ainsi, la politique monétaire veillera à l’application
d’un taux d’intérêt nécessaire et convenable afin de préparer ainsi un environnement fiable
pour le système bancaire, également favoriser les investissements privés et étrangers à travers
un environnement propice lié à la bonne gouvernance des administrations publiques et des
terrains domaniaux sans oublier l’élaboration d’une politique industrielle forte, solide et qui
puisse répondre aux exigences de notre temps.
Cela dit, la question qui demeure à présent dans nos esprits, est de savoir comment peut-on
coordonner toutes ces politiques, sachant que d’un coté, les besoins liés au contexte
économique et social algérien qui est fragile et vulnérable et d’un autre coté les exigences du
contexte international de l’économie de marché qui est rude et sans précédent ?
199
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
La bibliographie
A) Les auteurs
01-A. DIULIO. (E.A) Macroéconomie (cours et problèmes) 2 Ed .PUF. Paris.1993.
02- ADAM (F), FERRAND (O) et RIOUX (R): finances publiques. Presse de sciences PO
03- BEAUD (M) et DOSTALER (G) : La pensée économique depuis keynes. Ed seuil,
TOURS, Septembre 1993.
05- BIALES (M), GOFFIN (R) : économie générale 2enseignement supérieur. Ed Foucher.
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06- BOSSERELLE (E): les courants économiques et leurs enjeux. Top [Link].1998.
07- BOUZIDI (A) : Les années 90 de l’économie algérienne : les limites des politiques
conjoncturelles. Ed ENAG. Alger.1999
08- DEPREZ (M) et DUVAUT (M): Réussir l’U.V.2 (économie) Ed Techniplus. Paris. 1993
11-Elijah. (M.J). Economie globale (une approche de résolution des problèmes) 3Ed.
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La politique budgétaire en Algérie :
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16- MARIS (B) et COURET (A): Les politiques économiques conjoncturelles. PUF.
Sélection que sais-je. Paris. 1991.
21- SNOWDON (B), VANE (H), WYNARCZYK (P): La pensée économique moderne,
traduit de l’anglais par Fabrice MAZEROLLE, Ediscience internationale, Paris. 1997.
3-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
201
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
4-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
5-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
6-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
7-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
8-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
9-Rapport sur la conjoncture pour la présentation de la loi de finance pour [Link]ère des
finances.
18-Rapport sur Perspectives économiques en Afrique 2005/2006 - Études par pays : Algérie
202
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
-EL WATAN : Madjid MEKEDHI dans l’article : quel cap pour l’économie algérienne?
Paru le lundi 11 avril 2005.
-EL WATAN : Abdelatif BENACHENHOU dans un article (KEYNES EST MORT) publié
le mercredi 21 janvier 2009, page 10 et11.
-EL WATAN : Ahmed BENBITOUR dans un article (baisse du niveau de vie, croissance
fictive et mauvaise gestion) publié le mardi 15 janvier 2008, page 7.
-EL WATAN : Abdelhak LAMIRI dans un article (baisse du niveau de vie, croissance
fictive et mauvaise gestion) publié le mardi 15 janvier 2008, page 7.
203
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
A- les graphes
Graphe1 : L’effet d’éviction ………………………………………………….………….P 53
204
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
205
La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
B- les tableaux
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La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Tableau n°15 : Evolution des dépenses budgétaires par rapport aux dépenses
d’équipement (2000/2006)……………………………………………………………….P 146
Tableau n°16 : la croissance économique des secteurs d’activité de 2000 à 2006....…P 153
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La politique budgétaire en Algérie :
De la stabilité macro financière à la relance économique de 2000 à 2006
Tableau n°22 : Evolution des importations de 2000 à 2006 (En milliards de $)……P 182
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