Barrages Btp3
Barrages Btp3
CHAPITRE I. GENERALITES
1. Introduction
Il faut remonter à l’aube des temps pour voir la construction des premiers barrages et,
jusqu’aujourd’hui, celle-ci est l’une des activités fondamentales de génie civil. Toutes les
grandes civilisations ont été identifiées par la construction des retenues d’eau appropriés à
leur besoins en irrigation. Ceci résultant du développement et de l’expansion de
l’agriculture organisée. Opérant sous les contraintes imposées par les circonstances
locales ; notamment le climat, et le terrain, il est établi un rapport entre la puissance
Dans un contexte international, l’utilisation adéquate des ressources en eau reste l’une
des contributions vitales offertes à la société par les ingénieurs civils. La construction des
barrages représente la majeure partie des investissements dans les infrastructures de base
dans tous les pays. Le taux d’achèvement annuel des barrages de toute dimension étant
sans cesse croissant dans plusieurs pays, telle la Chine, la Turquie, l’Inde et à un faible
niveau dans quelques-uns des pays les plus industrialisés inclus les Etats Unis.
Les barrages sont des structures particulièrement uniques. Hormis leurs dimensions et
types, leur réaction face aux charges est très complexe et cela en relation interactive avec
pas à proprement parler une science normée et formelle. Pratiquement, c’est une activité
très spéciale, faisant appel à plusieurs disciplines scientifiques, les balançant avec un grand
2. Définition
Les barrages sont, par définition, des ouvrages hydrauliques qui barrent sur toute la
largeur, une section d’une vallée, et qui créent ainsi une dépression topographique
artificielle étanche à l’eau. De manière générale et dans la plupart des cas, la hauteur du
barrage dépasse le niveau d’eau atteint par le cours d’eau en période de forte crue.
- La retenue d’eau créée par la présence du barrage peut le plus souvent contenir
une part importante des apports d’eau ;
Les barrages sont des ouvrages de génie civil singuliers par bien des points :
des structures complexes qu’il faut traiter comme des systèmes. Il n’existe pas de
procédure bien définie pour déterminer la meilleure solution. La démarche est
Le comportement d’un barrage durant son cycle de vie est complexe. Il est
influencé par plusieurs phénomènes et facteurs plus ou moins bien connus. La
est maîtrisée par la mise en œuvre de modèles appropriés pour l’ouvrage lui-
même et pour sa fondation, ainsi que pour les influences que subit l’ouvrage de la
sensible en termes de sécurité des populations. Pour cette raison, quasiment tous
les pays du monde ont prescrit des règles institutionnelles pour la surveillance des
ouvrages par une auscultation permanente et l’analyse du comportement.
3. Aperçu historique
L’histoire de la construction des barrages remonte à avant l’antiquité ; et est attachée
problèmes d’irrigation ; tel en Chine, au Japon, en Inde et au Sri Lanka. Certains de ces
premiers barrages existent encore aujourd’hui.
est généralement accepté comme le plus vieux barrage connu d’une signification réelle.
Construit en terre avec une zone centrale faite en pierres et des faces protégées par la
maçonnerie, il s’élevait à une hauteur de 14m. Ce barrage céda, probablement suite à une
crue après une courte période de service.
Plusieurs autres barrages significatifs furent construits au Moyen Orient par les
premières civilisations, notamment dans l’actuel Iraq, Iran et l’actuelle Arabie Saoudite. La
digue en terre de Marib, construit au Yémen vers 750 avant Jésus Christ pour servir dans
un vaste projet d’irrigation, est un exemple qui mérite particulièrement d’être noté, car
celle-ci s’élevait à une hauteur de 20m. Le premier barrage significatif en maçonnerie,
même époque.
Les romains, plus tard, apportèrent leur contribution aux pays du Moyen Orient et
ceux au bord de la Méditerranée. Un grand nombre de barrages romain restent encore en
service, et c’est probablement les romains qui sont les premiers à utiliser le principe de l’arc
dans la construction des barrages. Le barrage voute haut de 12m et long de 18m, en
France, fut achevé par les romains au deuxième siècle après Jésus Christ.
période commençant en 380 avant Jésus Christ. Activité initialement centrée au Sri Lanka,
où une remarquable période de construction des barrages commence avec la digue de
Bassawak, d’une hauteur de 10m et culmine avec les digues de Giritale et Kantalai (de
hauteur respective 23m et 20m) ; achevé en 610 après Jésus Christ. L’entrée Japonaise et
Indienne dans la construction des grands barrages commença en 750 avant Jésus Christ ;
et l’une et l’autre des nations fait une remarquable contribution au début du
La période d’après 1000 Avant Jésus Christ voit se répandre la construction des
barrages, avec une rapide élévation en hauteur des barrages et un certain génie dans leur
conception. De façon particulière, notons la construction d’une série de barrages poids en
construits. Le dernier barrage à Kidar, haut de 26m et large de 55m à la crête, avec une
base mince de 6m, fut achevé en 1300 avant Jésus Christ. La remarquable hauteur de 31m
du barrage Sultan Mahmud en Afganistan date aussi de cette époque. Cette époque vu
aussi le début d’une grande activité de construction des barrages en Europe ; tel celui de
42m, fut achevé en 1594 et suivi par une série d’autres structures exceptionnelles en
maçonnerie. Le barrage voute d’Elche, haut de 23m et long de 120m, qui fut achevé en
1640, mérite particulièrement d’être cité. Avec l’expansion rapide de l’Empire Espagnol, la
compétence des constructeurs Espagnols de barrages fut aussi exportée en Amérique
réservoirs.
le temps qui passe donnèrent une impulsion considérable à la construction des barrages
en Grande Bretagne et en Europe Occidentale autour des années 1780. La conception
était toujours basée sur une combinaison des règles empiriques et d’expériences prouvées.
parmi les premières de ce genre qui dépassait les 30m de hauteur. Au 19ième siècle, les
ingénieurs britanniques avancèrent et développèrent la conception et la construction des
digues, avec beaucoup de succès, les projets notables au Royaume Uni inclus le
magnifique Longdendale, sérié de 5 principaux barrages ; achevés entre 1854 et 1877 ; et
les Etats Unis, à partir des années 1865. La conception des digues dépendait de
l’émergence des théories modernes de la mécanique des sols développées à partir de
1930. Les progrès subséquent furent relativement rapides et des grandes avancées
suivirent par voie de conséquence des progrès dans la compréhension de comportement
des terres remblaies et des enrochements compactés avec l’introduction des engins de
terrassement de grande capacité. A la même période, partiellement en conséquence de
puissante analyse par éléments finis (MEF), actuellement largement employée pour les
analyses avancées dans tous les types de barrages. L’application des techniques
charges.
Voilà donc en peu de mots, les principales étapes historiques du développement des
barrages. Pour des informations plus approfondies, nous recommandons les livres traitant
cette matière.
intervention :
Dans la plupart des régions du monde, les précipitations sont concentrées sur des
périodes courtes. Ces apports sont souvent très irréguliers d’une année à l’autre.
Les besoins en eau sont repartis de manière beaucoup plus homogène sur l’année.
Il s’ensuit donc une succession des périodes de pénurie et d’excès que le seul
le plan d’eau. Cet effet est bien entendu utilisé pour la production hydroélectrique,
mais également pour gérer la dérivation des eaux d’une rivière vers une prise
des grands barrages peuvent être constitués de section en béton et de section en remblai
mises côte à côte, ce qui complique la classification.
Le barrage poids, comme son nom l’indique, résiste à la poussée de l’eau par son
barrage et au contact avec la fondation sont plus élevées que pour un barrage
poids de même hauteur.
importante des efforts les flancs de la vallée. Lorsque toutes les conditions
nécessaires sont réunies, il permet d’économiser un volume important de béton
La plupart des barrages poids sont des massifs sans vides significatifs. Le parement
amont est vertical ou légèrement incliné (moins de 5%). Le parement aval est
incliné avec un fruit de 75 à 80%. Cette géométrie lui permet de résister par son
75 à 80%
0 + 5%
Dans certains cas, pour économiser du béton, le barrage poids comporte des
blocs) de 12 à 19m de largeur. Ces blocs sont séparés par les joints (1 à 3mm) qui
sont libre de s’ouvrir ou de se fermer selon les conditions. Ces joints de dilatation
sont en fait des joints de retrait qui s’ouvrent lors du refroidissement du béton. Ces
poids équivalent. Par contre, la surface de coffrage est plus importante, ainsi que la
difficulté de mise en place du coffrage.
Comme dans le cas des barrages poids, les contreforts sont construits côte à côte
et sont séparés par un joint vertical doté d’une bande d’étanchéité à l’amont.
barrage à contrefort.
Sur une coupe horizontale, on distingue clairement les 2 zones de contrefort :
La tête du contrefort de figure I.2 est appelé tête élargie ou tête en forme de
diamant. D’autres formes sont parfois choisies. La figure I.3 montre différentes
minces s’appuyant sur les contreforts. Dans ce type d’ouvrage, les effets de
température provoquent des contraintes de traction importantes dans les
Parmi tous les types de barrage évoqués jusqu’à présent, ces 2 dernières constituent
certainement les plus légers. Pour assurer la stabilité au glissement du contrefort, il est
nécessaire de compenser le manque de charge verticale due au poids propre par une
composante verticale importante de la poussée de l’eau. Cette force est mise e œuvre en
inclinant le parement amont du barrage jusqu’à 100%.
3. Les barrages-voûtes
Le barrage voute est incurvé en plan. IL est dans tous les cas construit en béton. Du fait de
sa courbure, une part importante des efforts dus à la poussée de l’eau est transmise aux
flancs de la vallée.
Pour illustrer cet effet tridimensionnel, on peut modéliser le barrage voute par une série
d’éléments porteurs horizontaux et verticaux selon la figure ci-dessous.
Les éléments porteurs horizontaux sont des poutres courbes à 2 appuis, les arcs.
Dans un tel modèle très simplifié, la poussée de l’eau appliquée au point d’intersection de
consoles (de par leur hyperstaticité), et que les efforts dus à la poussée de l’eau sont par
conséquent guidées de manière préférentielle vers les flancs de la vallée.
Plus la voute est mince, plus le rapport des rigidités tend à diriger les efforts vers les de la
vallée. On distingue ainsi les barrages à voûte mince, dont l’épaisseur à la base est de
l’ordre de 10 à 20% de la hauteur et les barrages à voûte épaisse dont l’épaisseur à la base
verticale).
Dans la première moitié du vingtième siècle, plusieurs barrages voûtes cylindriques ont été
réalisés dans les vallées particulièrement étroites. Ces barrages ont une courbure
constante de la fondation jusqu’au couronnement. Les conditions de mise en de ce type
Comme le barrage poids, le barrage voûte est construit en plots juxtaposés, mais une
différence constructive essentielle les distingues : alors que les joints plots du barrage
poids sont ouverts, les joints d’un barrage voûte sont injectés du lait de ciment pour
résultante des charges extérieures crée toujours une compression dans ces joints. (voir
Figure I.7.)
A priori, le barrage voûte nécessite la mise en place de sensiblement moins de béton que
De par son système statique, le barrage voûte sollicite de manière importante la fondation
sur les flancs de la vallée. Ceux-ci doivent être résistants et peu déformable.
Alors que les barrages poids peuvent s’adapter à n’importe quelle forme et n’importe
é é
=
ℎ
Depuis la fin des années 1970, une nouvelle technologie s’est développée pour
optimiser la construction des barrages poids : le béton compacté au rouleau BCR –roller
compacted concret RCC). La mise en place du béton BCR permet d’utiliser des bétons très
secs, très faiblement dosés en ciment. Les résistances obtenues, particulièrement faibles,
sont compatibles avec les exigences des barrages poids qui s’opposent à la poussée de
l’eau par leur poids propre. On exploite au mieux les propriétés du béton en mettant en
œuvre des techniques de mise en place et de compactage qui sont issues des barrages en
remblai.
Les barrages en terre, réalisés essentiellement à partir des sols naturels meubles
prélevés dans les gravières.
Les barrages à enrochement dont la majeure partie est constitué de matériaux de
carrière concassé.
de terre semi imperméable pour la zone amont et de terre perméable pour la partie aval.
Pour les barrages à masque amont, la nature du masque peut varier : béton de ciment ou
La pression interstitielle est due à l’air et l’eau comprimée, emprisonnés entre les
grains solides. Plus la pression interstitielle est forte plus la résistance du barrage est
faible car la résistance est proportionnelle à la pression de contact entre les grains de
matière solide. La base de ce type de barrage doit être 4 à 7 fois plus large que
hauteur du barrage pour que l’ouvrage soit stable. Le barrage en terre peut être
implanté sur presque tous les sols.
1. Le barrage en terre
- Le barrage homogène
Les barrages en terre homogène sont des digues en remblai constituées d’un seul
matériau meuble suffisamment imperméable pour assurer à la fois l’étanchéité et la
résistance. La terre est généralement mise en place par compactage. La plupart des
barrages français très anciens, dont beaucoup servent à l’alimentation en eau, sont de ce
type.
La structure des barrages est souvent complétée par des dispositifs de drainages tels que:
Des protections peuvent être disposées sur les faces extérieures: enrochement sur le
parement amont pour éviter l’érosion due aux vagues, terre végétale engazonnée ou
conception rustique, ils ont une grande emprise au sol, n’engendrent que peu de
Les barrages zonés comme le barrage de Serre-ponçon sont des barrages en remblai
zonages que de barrages dans la mesure où chaque ouvrage est conçu en fonction des
matériaux trouvés sur le site ou à proximité.
matériau est introuvable sur le site, on peut avoir recours à des matériaux de
substitution tels que paroi moulée ou bien une superposition de couches de
perméable, pour évacuer sans pression les écoulements parvenus sur la face
aval du noyau
o Des matériaux de transition entre ces différents massifs lorsque leurs granulométries
respectives le justifient de manière à éviter toute érosion interne par enchaînement
Les barrages à masque sont constitués d’un remblai plus ou moins perméable
assurant la stabilité d'ensemble. Un écran imperméable, appelé masque, est mis en
place sur le parement amont de façon à rendre le barrage étanche et lui permettre de
épaisseur est limitée, ce qui lui permet de s'adapter aux déformations faibles mais
inévitables du massif support (les géo membranes peuvent même accepter des
autant qu'il soit peu déformable. De nombreux barrages à masque sont réalisés
en enrochements. La qualité du compactage lors de la mise en œuvre du matériau a
Pour améliorer la sécurité du barrage, il n'est pasrare de trouver dans les barrages à
masque d'autres matériaux fonctionnels :
• une cheminée drainante, un tapis drainant ou les deux pour évacuer les
l'étanchéité mince à l'abri des agressions extérieures telles que la glace, les projectiles
ou les chutes de blocs.
Dans ces deux types de barrages comme dans les barrages en terre, c’est le poids du
massif qui fait résister le barrage à la poussée de l’eau. La stabilité du massif
est assurée par le frottement entre les blocs. La partie en enrochement n’est
pas étanche, c’est pourquoi le barrage en enrochement doit avoir soit un masque
Dans les barrages à profil mixte, les zones de transition jouent le rôle des joints.
Comme les barrages en terre, les barrages en enrochement peuvent être implantés sur
tous les sols qui se frottement entre les blocs. La partie en enrochement n’est pas
étanche, c’est pourquoi le barrage en enrochement doit avoir soit un masque soit un
noyau étanche.
Dans les barrages à profil mixte, les zones de transition jouent le rôle des joints.
Comme les barrages en terre, les barrages en enrochement peuvent être implantés sur
tous les sols qui se déforment peu sous leur poids déforment peu sous leur poids.
du plan d’eau lors des périodes de hautes eaux avec réduction excessive du tirant d’air
sous les ponts, les crues seraient aggravées de façon inadmissible pour les riverains.
Pour pallier à ces inconvénients, on construit des barrages mobiles permettant, par
lesquels on peut envisager une régularisation du niveau. L’objectif à atteindre est celui
d’assurer à la navigation des conditions de confort aussi longtemps que possible dans une
Les manœuvres effectuées sur une série de barrages installés en cascade doivent
oscillations du débit. Ces variations brutales du débit sont néfastes, tantd’un point de vue
économique qu'écologique. En effet, de nombreuses infrastructures ne peuvent être
- réserve d’eau potable : pouvoir diriger un volume d’eau vers les villes ;
- usage industriel : assurer l’alimentation d’une prise d’eau, assurer un débit minimal ;
- irrigation ;
- protection des berges : limiter les instabilités des berges en diminuant les surpressions
hydrauliques et les gradients hydrauliques dans les sols, éviter l’érosion des berges en
limitant la vitesse dans le bief ;
- protection contre les inondations : rester sous un certain niveau pour protéger les
riverains;
La figure I.13 montre les principaux éléments de la structure d’un barrage mobile.
Figure I.13. Vue générale des principaux éléments de la structure d’un barrage mobile
2 Radier du barrage
3 Radier amont
5 Bassin de dissipation
8 Pile du barrage
9 Seuil
10 Pont de service
réservoir. Le bassin hydrologique, les sources disponibles, le volume à stocker etc. doivent
correspondre aux paramètres opérationnels par la nature et la taille du projet qu’ils
serviront. L’acceptabilité technique est dictée par la présence d’un site satisfaisant (ou
évidement plusieurs sites) pour un barrage ; la disponibilité des matériaux convenable à la
construction des barrages, et par l’absence des fuites dans l’intégralité du bassin du
réservoir (pertes d’eau). Les caractéristiques hydrologiques et géologiques ou
Durée illustrative,
Planification strategique: initiation du projet années
3-20
2-4
Conception du Barrage
Un temps suffisamment long peut passer entre les initiales des stratégies, l’identification
des exigences du projet et le début des travaux de construction sur le site. Une partie
significative de ce temps peut être attribué au processus des décisions politiques à
En phase de reconnaissance, qui peut s’étendre sur une longue période, l’objectif principal
est de collecter d’importantes données d’observations topographiques ; géologiques et
hydrologiques. Les cartes à grande échelle et n’importe quelle autre archive déjà
disponible servira de point de départ ; mais de en plus des données détaillées seront
indispensables. La reconnaissance aérienne ; utilisant des capteurs modernes en plus des
(1/5000). Entre les mains d’un ingénieur géologue expérimenté comme interprète, les
données de reconnaissance aérienne sont aussi valable en en géologie ; sur le possible
en regard du site ; de la hauteur et du type de barrage sont levées ; et les plans (dessins)
de comparaison, pour ce qui est des coûts estimatifs et du programme de construction
(planning).
Enfin, doivent être pris en compte toutes les implications de chacune des ressources c’est à
dires les dépenses financières, travaux et matériels requis etc. Fort de ce rapport, une
décision peut être prise dans le respect des investigations additionnelles détaillées pour
construction du barrage.
avec leur validité technique. Dans un site ou les circonstances sont telles que ces
alternatives viables existent, il est important que toutes les options restent ouvertes ;
importance collective est telle que la figure 1.15 et le tableau I.1 sont fournis en illustration.
Le cas d’une large vallée couvert des sédiments composés des sols à grain fins est illustré
à la figure 1.15. (a). Les considérations de la déformation de la fondation et de la
profondeur d’excavation requise favorise une digue en terre ; formée des remblais
poids ou à contreforts en béton. La disponibilité des roches et leur relative faible cout
pourrait dicter le choix final. Une mince vallée à flancs escarpés dans une roche en bon
état, tel qu’illustré à figure I.15.(c) ; peut bien convenir à un barrage voûte ou en coupole
Figure I.15. Exemple illustrative du type de barrage en relation avec le profil le type de la
vallée
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 28
COURS DE BARRAGES
La situation illustrée à la figure I.15.(d) ; avec une profonde surcharge sur une partie du
site, peut bien, suggérer une solution composite. Un barrage en terre est construit là où la
profondeur de la surcharge est considérable, le déversoir étant convenablement
Il sera bien apprécié que dans les quatre exemples illustratives, la disponibilité des
La figure I.15. devrait être étudié en union avec la table I.1. ; lequel résume les
caractéristiques des types de barrage dans le contexte de sélection du type de barrage.
Le choix du type de barrage peut être influencé en partie par des facteurs qui ont
une importance particulière en relation avec un site bien spécifique. Un exemple est celui
d’une vallée à flancs escarpés ou les conditions du site favoriserait un barrage en terre
mais les le déversoir et le canal couteraient extrêmement cher dans le flanc de coteau du
barrage.
Dans des cas pareils ; la balance économique peut ainsi pencher en faveur du barrage
avec une crête inondable ; si la profondeur de la surcharge n’est pas excessive.
Barrages en remblai
Barrages en Béton
Il faudra noter aussi que les facteurs locaux assurent une importance relativement
large pour un site spécifique. Comme exemple ; on peut citer : l’accessibilité, les risques
risque d’inondation durant les travaux et avant la date de remise de l’ouvrage d’après la
Les particularités de forme du barrage qui peuvent avoir des conséquences majeures en
regard avec le programme de construction (planning) et du coût sont inclus.
Coupures
Système de déversoir, incluant les canaux et le bassin de rétention
barrages en remblai, les détails de joint de retrait dans les barrages en béton
Portes, vannes et les travaux de dégorgement du fond et
accroitre la qualité de vie d’une population. Il n’en demeure pas moins que la réalisation
de tels ouvrages peut avoir des effets importants sur l’environnement.
Le barrage constitue une barrière à l’écoulement naturel d’eau et crée une retenue.
Plusieurs effets essentiels peuvent être mis en évidence :
D’autre part, les eaux prélevées pour l’irrigation sont déchargées d’une part des
matériaux fins en suspension, réduisant ainsi l’apport nutritif naturel et
grandes retenues dans les pays intertropicaux (barrage d’Assouan sur le Nil en
Egypte, Barrage d’Akosombo sur le fleuve Volta au Ghana).
Dans les régions chaudes et humides, la création des lacs de retenue peut avoir
une incidence sur les grandes endémies parasitaires (paludisme, bilharziose,
onchocercose).
La montée du plan d’eau dans une retenue peut mettre en mouvement des
terrains instables sur les rives. L’accident du barrage de Vajont (Italie, 1963) est
De façon générale, un ouvrage en béton est envisagé chaque fois que les ouvrages
hydrauliques ont une importance significative dans le projet (souvent le cas pour les
barrages de prise d’eau sur les aménagements hydroélectriques).
Quelles sont les conditions requises pour pouvoir projeter un ouvrage rigide ?
bonne qualité. Cette règle s’énonce sans restriction pour les petits barrages voûtes qui
nécessitent une fondation peu déformable. Pour les barrages à profil poids, il est possible,
La deuxième exigence pour construire un ouvrage rigide est de disposer, dans des
construction.
hydrostatique par « effet voûte » c’est-à-dire en la reportant sur les rives par des arcs
comprimés, et les barrages poids dont l’équilibre est assuré par le poids de l’ouvrage qui
forme idéale vise à transmettre la poussée par des arcs entièrement comprimés.
Traditionnellement, les barrages voûtes ont été dessinés en limitant la contrainte maximale
Condition topographique : la vallée doit être « étroite » ; des barrages voûtes ont été
construits sur des sites dont le rapport largeur en crête sur hauteur (l/h) est voisin de
10, mais généralement les voûtes sont intéressantes lorsque l/h est inférieur à 5 ou 6
;
Rigidité de la fondation : pour que le fonctionnement « en voûte » soit possible, il
faut que la rigidité de la fondation soit suffisante, sinon les arcs ne trouvent pas leurs
appuis et la structure tend à fonctionner en console ; comme ordre de grandeur, une
voûte ne doit pas être envisagée sans études détaillées lorsque le module de
déformation du rocher (mesuré par essais au vérin) est inférieur à 4 ou 5 GPa ;
Tenue des dièdres de fondation, sous l’effet des sous pressions et compte tenu de la
compression apportée par la voûte qui peut empêcher leur dissipation.
barrages car il minimise de façon très importante les volumes de béton à mettre en
oeuvre.
Par ailleurs, la conception et la construction sont simples pour des ouvrages de moins
de 25 mètres, si l’on s’en tient à des formes géométriques simples. Le barrage voûte
présente aussi l’avantage d’être peu sensible à la submersion pour autant que celle-ci
reste de courte durée et d’amplitude modérée (risque d’érosion du pied aval). C’est donc
un type de barrage qui tolère une sous estimation de la crue de projet.
différent : c’est le poids de l’ouvrage (et non sa géométrie comme dans un barrage voûte)
qui assure l’équilibre de la poussée hydrostatique et des sous-pressions.
Les sous-pressions ne sont généralement pas considérées pour les barrages voûtes
car, du fait de la minceur du profil dans le sens amont-aval, la part des sous-pressions
dans l’équilibre est négligeable. Par contre, pour un barrage poids, les sous-pressions
évidence le rôle majeur des sous-pressions dans l’équilibre des barrages poids et donc
l’importance du drainage.
traditionnel à parement vertical et fruit aval de 0,8H/1V sont de 0,35 MPa pour un barrage
poids de 25 mètres de hauteur, soit plus de dix fois plus faible que pour un barrage voûte
Enfin, il convient de noter que le barrage poids en béton est un ouvrage rigide ; le
III.1. Maçonnerie
Historiquement, le matériau de construction le plus utilisé a été la maçonnerie, aussi
bien pour les barrages voûtes (barrage Zola en France, très anciens barrages en Iran...)
que pour les profils poids.
du fait qu’elle exige une abondante main-d’oeuvre pour la taille des pierres d’appareillage
et leur mise en place. Mais cette technique reste opérationnelle dans certains pays (Chine,
à partir de la deuxième décennie du XXe siècle. Elle a donné lieu à un très grand nombre
d’ouvrages de toute taille et pour toutes sortes d’usages.
du refroidissement.
Les barrages en BCV sont pour cette raison construits par plots de dimensions
horizontales courantes 15 x 15 mètres nécessitant la mise en oeuvre de nombreux joints
transversaux.
cisaillement et l’injection des joints entre plots. La technique des barrages poids en BCV
nécessite comme la maçonnerie une importante main d’oeuvre, en particulier pour la
des techniques modernes de terrassement à très hautes cadences ont conduit à une
désaffection progressive pour les profils poids en béton au profit des barrages en terre ou
en enrochements.
mettre en place le béton et à le compacter, non plus par les moyens traditionnels (grue ou
blondin pour le transport et compactage par pervibration dans la masse), mais en utilisant
de travail supérieure à 500 m² (environ) pour que les engins puissent évoluer
efficacement.
nouvelle méthode de mise en oeuvre s’accommode mal des nombreux joints destinés à
contrôler la fissuration thermique du BCV. Dans la conception actuelle des barrages en
BCR, seuls les joints transversaux sont conservés, mais généralement à des espacements
bien supérieurs aux 15 mètres traditionnels des barrages en BCV.
L’un des avantages importants du BCR, en particulier dans les pays développés, est la
rapidité d’exécution : le massif d’un petit barrage peut être construit en quelques
Dans cet esprit, les matériaux BCR utilisés pour le corps du barrage sont avant tout
des matériaux rustiques, dont la composition variable est guidée par la disponibilité sur le
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 39
COURS DE BARRAGES
site des composants dans une formulation au moindre coût. Les teneurs en liant sont
faibles, de l’ordre de 100 kg/m3, et la teneur totale en fines est d'au moins de l’ordre de 12
%.
barrage aux contraintes admissibles pour un tel matériau. Ainsi est né le concept de
remblai dur dont les caractéristiques sont les suivantes :
profil symétrique de fruits compris entre 0,5H/1V et 0,9H/1V (pour fixer les idées),
Le profil symétrique transmet des sollicitations faibles sur la fondation. Sous poids
propre, les contraintes sont uniformes et de l’ordre de deux fois plus faibles que sous le
pied amont d’un profil poids classique. Le remplissage et l’exploitation de la retenue ne
modifient que très légèrement les contraintes normales et l’ensemble du contact béton
fondation reste quasi-uniformément comprimé. Enfin, l’inclinaison sur la verticale de la
résultante générale est très modérée (14 à 22° suivant les conditions de drainage).
traditionnel. Le barrage symétrique garde les avantages de l’ouvrage rigide vis-à-vis des
s’accommoder d’une telle fondation : en effet, du fait des effets thermiques et des
Espagne et au Maroc.
C’est le type le plus couramment répandu parmi les petits barrages en béton.
L’ouvrage massif résiste à la poussée de l’eau et aux sous-pressions par son poids propre.
restent simples. Leur construction ne fait pas appel à des techniques sophistiquées. Les
coffrages sont réduits. A contrario, le volume de béton est plus important.
IV.1. FONDATION
Le barrage poids classique doit être construit sur un rocher sain, sauf cas particulier
nécessitant des dispositions spécifiques. L’exigence de qualité du rocher s’impose bien sûr
de façon moins stricte que pour les grands barrages (les contraintes maximales sont en
performances des engins modernes de terrassement. Il est vrai cependant, que dans
certains pays, les petits barrages en terre sont couramment équipés d’un déversoir massif
en béton, assimilable à un barrage poids, reposant le plus souvent sur une fondation
meuble.
corps de l’ouvrage) sont aussi élevés que pour les grands barrages. L’étanchéité des
fondations doit donc, contrairement à une idée trop répandue, faire l’objet d’une vigilance
aussi importante.
Le niveau d’assise du barrage est le rocher sain qui est le plus souvent fracturé. Un
traitement de la fondation par injections s’impose donc dans la plupart des cas, y compris
pour les petits barrages. Cependant, par souci d’économie, on cherche à réaliser les
injections en une seule intervention.
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COURS DE BARRAGES
Si le barrage est équipé d’une galerie, les injections sont faites en forages depuis cette
galerie (voir figure ci-dessous-a). Les dimensions de la galerie et de ses accès doivent
donc permettre le passage des machines de forages (qui, il est vrai, sont maintenant peu
encombrantes).
À titre indicatif, on peut retenir une dimension minimale de 2,0 mètres de largeur et
2,5 mètres de hauteur. Lorsque le barrage n’est pas équipé de galerie- ce qui est le plus
souvent le cas pour les petits barrages - les forages d’injection sont réalisés depuis le pied
amont (voir figure ci-dessous-b). Le cas échéant, pour les barrages d’une certaine
importance ou pour des fondations médiocres, le voile d’injections est encagé entre deux
lignes d’injections peu profondes réalisées à l’ouverture des fouilles, ce qui exige alors
deux phases distinctes d’injection.
Il convient de s’assurer que la zone du voile d’injection reste toujours comprimée pour
toutes les combinaisons de charge. Dans les premiers mètres de profondeur, la pression
d’injection doit être limitée (ne pas dépasser 0,5 MPa) afin d’éviter de claquer le rocher et
IV.3. DRAINAGE
La stabilité des barrages poids classiques est fortement liée aux sous-pressions
régnant sous l’ouvrage. Un drainage de la fondation est donc à recommander. Cependant,
pour être réellement efficace, le drainage doit être fait relativement en amont, c’est-à-dire
depuis une galerie (voir figure 1-a, ci-dessus). Or, le coût de réalisation d’une galerie
barrage. De plus, en vallée étroite, l’accès à la galerie est parfois délicat à partir du pied
aval et il convient également de vérifier que la galerie n’est pas noyée en cas de crue.
On peut considérer, à titre indicatif, que les barrages en BCV de moins de 15 mètres
de hauteur ne seront pas équipés de galerie et, qu’a contrario, les barrages de plus de 15
mètres de hauteur sur fondation en seront généralement dotés ; cette limite passe à 20 -
25 mètres pour les barrages en BCR, la galerie représentant une importante contrainte de
forages implantés près du pied aval et inclinés vers l’amont (voir figure 1-b, ci-dessus).
Cette solution permet d’améliorer la situation des sous-pressions sous le coin aval du
barrage. Elle n’a donc un intérêt significatif que lorsque la largeur de la base est inférieure
à environ 10- 12 mètres, c’est-à-dire lorsque la hauteur est inférieure à 12-15 mètres. Dans
tous les cas, les forages de drainage doivent rester accessibles pour leur nettoyage, voire
leur réalésage. Le risque de colmatage des drains de fondation est systématiquement à
prendre en compte, ainsi que le risque d'obstruction par le gel de leur sortie. Les drains
doivent donc être d'accès aisé afin de pouvoir être nettoyés et au besoin réalésés.
Enfin le drainage interne1 du corps de l’ouvrage, qui est quasi systématique sur les
grands barrages poids de conception moderne, n’est généralement pas pratiqué sur les
petits barrages. En effet on peut admettre que, dans sa masse, le béton dispose d’une
résistance significative à la traction, ce qui permet pour les petits ouvrages de satisfaire les
conditions de stabilité interne sans l’appoint du drainage interne.
produite lors des crues. Ceci est facilement compréhensible car la poussée de l’eau variant
comme le carré de la hauteur d’eau, tout dépassement du niveau de la crue de projet
L’évaluation de la crue de projet et du niveau atteint par l’eau devra être faite avec une
grande rigueur et on tiendra compte de l’imprécision ou des incertitudes sur l’hydrologie
en examinant les conséquences d’un dépassement significatif de la crue de projet qui aura
été retenue.
Les actions
Nous proposons de classer les actions à prendre en compte dans les calculs en :
o actions permanentes ;
o actions variables ;
o actions accidentelles.
Actions permanentes
Le poids propre
La densité d’un béton conventionnel vibré de barrage poids est le plus souvent de
l’ordre de 2,4. Des valeurs plus fortes ou plus faibles sont à prendre en compte lorsque la
densité des agrégats diffère significativement de 2,7. De l’ordre de 2,4, la densité d’un BCR
est variable selon la granulométrie des agrégats et le dosage en liant. La densité d’un BCR
pauvre en fines peut descendre à 2,3. Pour les petits barrages il convient de tenir compte,
de la présence éventuelle d’une galerie dans le calcul du poids propre.
Les sédiments en cours de consolidation exercent une poussée qui est a priori
légèrement inclinée sur l’horizontale. Le coefficient de poussée peut être pris égal à :
la hauteur du barrage.
Action variable
niveau d’eau à prendre en compte est celui des plus hautes eaux lors de la crue de projet.
Ce niveau doit être évalué avec précision car, pour les petits barrages, la stabilité est,
comme il a été indiqué plus haut, très sensible à toute surélévation du plan d’eau au-delà
de sa cote normale.
On peut tenir compte le cas échéant de l’effet bénéfique de la poussée due au plan
d’eau aval. Il est à noter que les conditions d’écoulement hydraulique en aval du barrage
font que cette poussée croît souvent plus vite que la poussée amont. Donc, le cas le plus
défavorable n’est pas toujours celui de la crue de projet. Il faut envisager aussi des niveaux
intermédiaires.
plan d’eau en pied amont et une sous-pression ( ) égale au niveau d’eau en pied aval
tendance à se refermer au pied aval. Lorsque l’étude géologique conduit à redouter cette
hypothèse, des drains doivent impérativement être forés au pied aval.
En cas de drainage et dans l’hypothèse d’un entretien régulier des drains, il est
recommandé de considérer que le drainage est efficace à 50 %, ce qui revient à dire que
pour autant que le pied amont ne soit pas soumis à des tractions, on considère que le
voile a pour effet de diminuer d’un tiers la sous-pression juste à son aval (par rapport à un
avec la crue de projet. Pour évaluer le cas échéant cette action, on se reportera à
Technique des Barrages en Aménagement Rural.
augmentée d’une valeur P. Nous verrons des plus amples détails dans la partie
pratique du cours.
des plus hautes eaux - PHE). On prend en compte le poids propre, la poussée des
sédiments déposés, la poussée d’une eau éventuellement chargée et la sous-pression
A. Les joints
Un barrage poids en béton conventionnel doit être équipé de joints subdivisant
l’ouvrage en plots et permettant d’absorber les effets dus au retrait hydraulique du béton
et aux variations thermiques annuelles. De ce point de vue, il n’y a pas de spécificité pour
les petits barrages. Les joints sont en général espacés de 15 à 20 mètres pour les barrages
en BCV et de 20 à 50 mètres pour les barrages en BCR. Il est important (et encore plus
pour les petits barrages) de positionner un joint à chaque discontinuité dans le profil rive à
rive de la fondation, ce qui peut amener à rapprocher localement les joints par rapport
aux recommandations ci-dessus. Chaque plot doit être le plus homogène possible quant à
son niveau de fondation et à son profil.
B. Les bétons
Classiquement, les barrages poids en béton conventionnel sont réalisés avec un béton
non armé dosé à environ 250 kg de liant. Pour les petits barrages, par souci de
simplification, on retiendra une formulation unique de béton. En cas d’ eaux agressives, on
recommande le recours à des ciments adaptés (riches en laitier ou contenant des cendres
volantes).
des phénomènes d’alcali-réaction, ainsi que leur tenue au gel. Pour les petits barrages, les
quantités de béton à mettre en œuvre ne justifient parfois pas l’installation d’une unité de
production sur chantier. On a alors recours à des bétons prêts à l’emploi en provenance
des centrales situées dans les environs. Il convient d’être prudent vis-à-vis de l’emploi de
ces bétons qui comportent de nombreux adjuvants dont certains peuvent ne pas être
souhaitables pour la construction d’un barrage. Il faut dans ce cas imposer un cahier des
charges strict aux fournisseurs sur la composition du béton, sur les délais de transport et
de mise en œuvre et sur les adjuvants autorisés ou prohibés.
Enfin, comme pour les grands barrages, le bétonnage par temps froid (< 0°C) sera
interdit et des précautions spéciales sont à prendre entre 0 et 5°C. En cas de bétonnage
par temps sec et chaud, on portera une attention toute particulière à la cure du béton
C. La galerie amont-aval
Pour les barrages en BCR, la réalisation d’une galerie représente toujours une
contrainte importante de chantier. Dans les cas où l’ on ne peut éviter la galerie, le projet
D. Évacuateur de crue
La solution la plus répandue pour les barrages poids en BCV ou en BCR consiste à
réaliser un évacuateur de surface (vanné ou non), implanté en partie centrale du barrage.
Afin de dissiper une part importante de l’énergie, on construit sur le parement aval un
0,60 à 0,90 mètre en partie courante du coursier. Les marches peuvent être réalisées in situ
extrudé ou mises en œuvre à partir d’éléments préfabriqués dans le cas du BCR. En cas de
forts débits spécifiques sur le coursier, il est nécessaire d’ancrer les marches dans le corps
du barrage.
exploitée.
dérivation.
L’ouvrage le plus important est le barrage, ou prise d’eau, le plus souvent construit en
béton. Sa fonction est de détourner le débit nécessaire directement vers la turbine ou
dans un canal de dérivation tout en laissant passer les crues. La centrale est soit intégrée
directement dans le barrage, soit placée à l’extrémité d'un canal. Il n’y a en règle générale
pas de conduite forcée, ou celle-ci reste très courte. Les chutes se situent entre 2 et 20
mètres et la pression dans la turbine est faible (0,2 à 2 bars).
b) Installations à moyenne et haute pression sur des cours d’eau, des sources de
montagne, des réseaux d’eau potable et dans des circuits hydrauliques
industriels.
Aux composants mentionnés pour la première catégorie s’ajoute une conduite forcée
entre la prise d’eau, ou l’extrémité du canal de dérivation, et la centrale. La conduite est
l’ouvrage le plus important de ce type de petite centrale.
L’illustration ci-dessous montre les parties les plus importantes d’une centrale à haute
pression sur un canal de dérivation.
Dans leur principe, les petites centrales se distinguent peu des grandes installations. La
différence se situe avant tout au niveau de la simplicité de conception et d’exploitation.
En effet, les petites centrales doivent non seulement être peu coûteuses à la construction,
mais doivent aussi pouvoir fonctionner automatiquement sans personnel permanent et
avec un minimum de surveillance et d’entretien.
En règle générale elles sont exploitées au fil de l’eau, sans réservoir d’accumulation,
éléments trop coûteux pour de petites installations. Lorsqu’il y a stockage temporaire par
le biais d’un étang ou d’un réservoir, celui-ci sert tout au plus à produire de l’énergie de
pointe durant quelques heures de la journée
Trois paramètres importants doivent être considérés lorsque l’on parle d’énergie
hydraulique: la chute, le débit et la puissance.
La chute brute est la différence d’altitude entre le niveau à la prise d’eau et le niveau à
l’aval de la centrale, où l’eau est restituée à la rivière.
Elle est habituellement indiquée en mètres avec la lettre H. Pour comparer avec la
pression: un bar correspond à environ 10 mètres de hauteur d’eau. La puissance
hydraulique théorique du site, en kW, est utilisée pour fixer la taxe à payer pour la
concession; elle se calcule à partir du produit du débit d’eau turbiné par la chute brute de
l’installation.
Une partie de l’énergie se perd dans l’installation par frottement de l’eau dans les grilles,
vannes, coudes et parois du canal et de la conduite forcée. Ces pertes sont appelées
pertes de charge.
Pour les petites centrales, les pertes de charge représentent 10 à 15% de la hauteur d’eau,
ou chute brute. L’illustration ci-dessous met en évidence cette proportion.
Ces pertes réduisent la chute brute. En les déduisant de celle-ci, on obtient la chute nette,
effectivement à disposition de la turbine et qui peut être décrite comme la différence de
pression entre l’entrée et la sortie de cette dernière (différence entre les pressions p1 et p2
en bar lues sur les manomètres placés juste avant et après la turbine).
La chute nette permet de calculer, avec le débit, la puissance hydraulique qui entre dans la
turbine et qui sera transformée par celle-ci.
Le rendement est obtenu en divisant l’énergie qui sort du générateur par celle qui entre
dans la turbine. Les groupes turbo-générateurs des microcentrales ont, en règle générale,
un rendement global d’environ 70%.
I.3 Les éléments d’une petite centrale, leur fonction et leur construction
Du point de vue de sa conception, une petite centrale ne peut être directement
comparée à une centrale hydroélectrique de grandes dimensions.
Il faut construire bon marché tout en assurant une bonne qualité et des
rendements aussi élevés que possible. D’où le recours souhaitable à des composants
standardisés permettant de réduire les coûts sans affecter la qualité, avec une préférence
pour les technologies existantes et éprouvées dans la pratique.
Le concepteur devra faire preuve d’un esprit d'innovation pour trouver des
solutions simples, fiables, bien adaptées au site et d’un prix acceptable.
Habituellement, une prise latérale est combinée avec un barrage fixe ou mobile qui
assure une certaine retenue d’eau en amont pour prélever le débit désiré mais qui sera
conçu pour laisser passer graviers et sédiments avec les crues.
Les barrages fixes sont plus sûrs et meilleur marché, mais ils provoquent une
élévation du niveau d’eau amont par grands débits, avec risque d’inondations. Ils seront
donc équipés, selon les nécessités de la topographie, de vannes de décharge qui
s’ouvriront en cas de crue pour maintenir le niveau amont à une hauteur acceptable
(illustration ci-dessous).
La prise tyrolienne ou inversée a fait ses preuves sur des rivières et torrents à forte
pente et à débits très variables. L’eau captée tombe à travers une grille à barreaux ou en
tôle perforée placée directement dans le lit de la rivière. Les graviers et débris transportés
par les crues glissent sur la grille, qui ne laisse passer que l’eau et les sédiments fins.
Le dessableur
L’eau déviée par la prise dans le canal de dérivation transporte avec elle des
matières en suspension (boues) et des sédiments (sable, gravier) qui doivent être éliminées
dans un dessableur.
Sans cela, ces matériaux se déposeront dans le canal qu’il faudra nettoyer
périodiquement à grands frais. Ils provoqueront également une usure rapide de la turbine
et des vannes qui devront être réparés ou remplacés prématurément.
Le dessableur est un bassin plus large que le canal et dans lequel la vitesse de l’eau
est suffisamment ralentie pour que les particules solides s’y déposent.
Grilles et dégrillage
Le dégrilleur d’une petite centrale a pour fonction d’empêcher que les débris
flottants (avant tout les feuilles et les branches) ne parviennent à la turbine et ne la
colmatent. Le système conventionnel à grille à barreaux est le plus souvent équipé d’une
machine de nettoyage automatique à râteau ou racleur qui évacue les débris dans un
container (voir illustration 4.3). Le triage des déchets, compostables, matières incinérables
et déchets spéciaux peut représenter une charge importante pour le propriétaire de la
petite centrale.
Le nettoyage des rivières par l’intermédiaire des installations de dégrillage des petites
centrales est aussi bénéfique pour la collectivité que pour la centrale elle-même. Une
indemnisation correspondante (par exemple une réduction des taxes de concession) pour
tenir compte de ce service à la communauté n’a pourtant encore jamais été introduite.
Certains concepteurs de petites centrales ont développé des solutions simples pour
résoudre le problème du dégrillage: une prise tyrolienne placée ans le canal et associée à
une tôle perforée horizontale (en lieu et place d’une grille à barreaux) permet le passage
de l’eau, tout en la filtrant.
Lorsque l’amoncellement de feuilles et autres débris sur la grille devient trop important,
celle-ci sera rincée en utilisant la totalité du débit du canal, ce qui est réalisé en coupant
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 59
COURS DE BARRAGES
l’eau vers la turbine durant un court instant. Ce système autonettoyant n’est cependant
utilisable que pour les turbines à moyenne et haute pression, pour lesquelles une légère
perte de chute ne porte pas à conséquence.
Le choix du matériau des tuyaux est essentiellement fonction de la chute (ou pression) et
du diamètre de la conduite.
Les tuyaux pour canalisations en plastique ou fibrociment sont utilisables pour les faibles
hauteurs, jusqu’à 10 ou 20 m.
Jusqu’à 140 m de chute (pression 14 bars) et pour des faibles diamètres (200 mm ou
moins), le plastique, PVC, PE ou polyester, présente de multiples avantages, en particulier
du point de vue du prix et de la résistance à la corrosion.
Pour des pressions plus élevées et des conditions de terrain difficiles, le choix se limite aux
tuyaux en fonte, qui ont fait leurs preuves dans l’approvisionnement en eau, ou en acier.
Les conduites forcées des petites centrales récentes sont généralement enterrées, ce qui
permet de préserver le paysage.
I.3.3 Turbines
Issues des roues à eau, les turbines modernes ont été développées à partir de
conceptions élaborées au 19e siècle, mais encore valables aujourd’hui. Pour une petite
centrale déterminée, le type de turbine adéquat sera choisi en fonction de la hauteur de
chute et du débit du site.
Pour des chutes de 30 m à 500 m, ou plus, la turbine Pelton est la plus couramment
utilisée. Elle est équipée d’une roue à augets qui sont frappés par un ou plusieurs jets
d’eau à grande vitesse.
La turbine la plus répandue dans les anciennes installations à faible chute est sans
conteste la turbine Francis. En fonction de la puissance, elle est installée pour des chutes
comprises entre 3 mètres (installation en chambre d’eau ouverte) et plus de 100 mètres
(turbines à bâche spirale d'un aspect similaire à celui d’une pompe centrifuge).
Contrairement à celle de la Pelton, la roue de cette turbine, dite turbine à réaction, est
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 62
COURS DE BARRAGES
complètement immergée dans l’eau. Cette roue est constituée d’une série d’aubages
profilés qui forment des canaux au travers desquels l’eau est accélérée et déviée.
La régulation du débit est réalisée par des pales mobiles placées sur la
circonférence de la roue. Elles portent le nom d’aubes directrices. Etant donné sa
construction compliquée, qui implique un prix d’achat élevé, ce type de turbine n’est que
rarement installé dans des petites centrales récentes.
La turbine Kaplan est une autre forme de turbine à réaction, dont la roue est
entièrement immergée dans l’eau. Sa roue est une hélice, comparable à celle d’un bateau.
Le débit est réglé le plus souvent en changeant l’orientation des pales de la roue,
éventuellement par l’ajustement parallèle d’aubes directrices similaires à celle de la turbine
Francis pour en améliorer encore le rendement. Ce type de turbine trouve son application
dans des petites centrales à basse chute (de 2 à 20 m) et grand débit (1 m3/s ou plus), où
elle remplace le plus souvent d’anciennes turbines Francis.
Elle peut être montée dans une chambre d’eau ouverte, mais le plus souvent elle est
intégrée directement dans une conduite; elle est alors désignée sous le nom de turbine
bulbe ou turbine S.
Bien qu’encore peu utilisées en Suisse, les pompes inversées et les turbines à flux
traversant (appelées aussi Banki ou cross-flow) sont très bien adaptées pour une utilisation
en microcentrale.
entretien. Son rendement est cependant légèrement inférieur à celui des autres types de
turbines.
Elle est formée d’une roue à aube de forme cylindrique, traversée à angle droit par
un jet d’eau de section rectangulaire; le débit est réglé par une aube rotative.
Son domaine d’utilisation se situe entre celui des turbines Kaplan et Pelton, pour
des chutes faibles à moyennes, où elle remplace la turbine Francis.
La pompe inversée est une pompe standard qui est utilisée comme turbine en
changeant la direction de l’écoulement (l’eau entre côté pression et sort côté aspiration)
ainsi que le sens de rotation.
Elle fonctionne comme une turbine à réaction de type Francis mais avec un débit
fixe. Peu onéreuse et rapidement installée, elle ne nécessite aucun système de réglage.
Fonctionnement en parallèle
Les microcentrales en régime isolé sont dans leur grande majorité équipées de
générateurs synchrones, machines qui peuvent alimenter tout type d’appareils
consommateurs.
La fréquence est fixée par la vitesse de la turbine, dont le réglage est également assuré, de
nos jours, presque exclusivement par voie électronique ou électro-mécanique.
Comme pour les grandes installations, l’électronique moderne est utilisée pour le
réglage et la surveillance des petites centrales. Il est ainsi possible d’automatiser
pratiquement toutes les phases de fonctionnement (par ex: démarrage et synchronisation
avec le réseau, réglage du débit, arrêts en cas de défaillance du réseau, etc.), si bien que la
plupart des petites centrales, qu’elles soient en parallèle ou en régime isolé, fonctionnent
sans assistance.
Les constructeurs ont développé des moyens simples pour protéger machines et
conduites en cas de panne du réseau électrique: ressorts ou contre-poids assurent l’arrêt
automatique de la turbine sans nécessiter de source d’électricité d’appoint telle que
batteries.
Dans le cas des petites centrales intégrées aux réseaux d’eau potable, les turbines et les
armoires électriques peuvent souvent être installées dans les bâtiments de service existants
(réservoir et chambre de vannes) sans modifications.
Beaucoup estiment qu’il suffit de connaître vaguement les machines et l’hydraulique pour
être capable de maîtriser cette technique.
Il peut donc paraître surprenant que les études de projet de microcentrales soient plus
onéreuses, en proportion de l’énergie produite, que celles réalisées pour de grandes
installations. Comme leur définition le révèle, les microcentrales fournissent des quantités
limitées d’énergie mais fonctionnent dans l’ensemble d’une manière analogue aux
grandes. Elles doivent donc être conçues et dimensionnées avec le même soin.
Les exemples d’entrepreneurs et de planificateurs qui n’ont pas suffisamment tenu compte
de cet aspect ne manquent pas.
Dans de nombreux cas, la quantité d’eau a été surestimée; aucune mesure systématique
des débits n'ayant été effectuée sur au moins une à deux années complètes pour obtenir
des données fiables pour le dimensionnement. Les machines, mal adaptées aux
conditions réelles d’exploitation, fonctionnent alors avec un mauvais rendement avec pour
conséquence une perte financière pour le propriétaire.
Les ouvrages hydrauliques doivent être réalisés avec beaucoup d’attention. Une conduite
forcée sous-dimensionnée (réduite à une simple fonction d’approvisionnement), des prises
d’eau inappropriées, l’absence d’installations de dessablage et de dégrillage seront à
l’origine de problèmes de fonctionnement qui pourront décourager l’exploitant.
C’est le cas des petites centrales, dont l’influence est cependant limitée et peut être mieux
maîtrisée que celle des grandes installations.
Il n’est pas possible de généraliser les incidences des petites centrales sur l’environnement:
il faut examiner les différents intérêts en présence pour chaque installation. La préséance
ne peut être donnée a priori à l’un des utilisateurs de l’eau en particulier. Des compromis
peuvent d’ailleurs être consentis dans de nombreux cas.
Dans certains pays, la Loi sur la protection de l’environnement (LPE) n'impose pas d'étude
d'impact pour la construction des microcentrales. Seules les installations dont la puissance
dépasse 3000 kW y sont soumises. Cela ne signifie pas pour autant que les effets des
petites centrales sur l’environnement ne doivent pas être examinés, mais la procédure elle-
même est plus simple dans la mesure où les conséquences sur la nature seront évoqués
dans le cadre du rapport technique.
Il faut entendre par ce terme le débit maintenu dans le lit de la rivière après un barrage de
dérivation ou une prise d’eau. Le tronçon de rivière compris entre le barrage et la
réintroduction de l’eau dérivée est appelé tronçon à débit résiduel. Si le débit minimum
légal n’est pas respecté, un débit de dotation doit être réinjecté dans le lit de la rivière.
Les débits minima sont exigés pour tenir compte des autres formes d’utilisation du cours
d’eau selon la liste suivante:
– les eaux courantes sont l’espace vital des animaux et des plantes qui y croissent et s’y
reproduisent. Un débit insuffisant peut mettre en danger la survie de ces êtres vivants;
– les nappes souterraines sont souvent alimentées par les eaux de surface qui en
influencent l’équilibre. Une forte baisse de niveau de la nappe peut porter atteinte à
l’approvisionnement en eau potable, ainsi qu’à l’environnement immédiat (forêts et
cultures);
– les rivières font partie intégrante du paysage et sont des lieux de détente. Le lit d’un
cours d’eau dont le débit est insuffisant perd une part importante de cette fonction;
– les rivières épurent les eaux. Les impuretés y sont décomposées par les bactéries et
autres micro-organismes qui y vivent. Ce mécanisme d’autoépuration est extrêmement
important pour la qualité de l’eau. Un débit insuffisant a pour conséquence une
destruction moins efficace des polluants, une formation excessive d’algues, des odeurs
peu agréables et un aspect rébarbatif de l’eau (couleur, mousse).
Parallèlement au maintien d’un débit d’eau suffisant, il faut tenir compte d’autres exigences
comme celles de la pêche, avec les conséquences pratiques suivantes:
– les tronçons à débit résiduel seront aménagés de manière à maintenir une profondeur
d’eau suffisante de 15 à 20 cm (chenal pour débit minimum), assurer une diversité
suffisante dans la forme et la structure du lit de la rivière ainsi qu’une vitesse d’eau variable,
avec zones tranquilles et rapides;
– les barrages et déversoirs des petites centrales seront construits de manière à permettre
le passage des poissons (échelle ou passe à poissons).
Du point de vue écologique, il est recommandé d’éviter l’aménagement en dur des berges
(béton, enrochements), de conserver la végétation naturelle, voire de la compléter par de
nouvelles plantations.
Par contre, il faut s’assurer que le profil du lit et des berges permettra le passage des crues
sans érosion ni inondations.
Pour satisfaire à ces deux exigences, des techniques dites «naturelles» sont possibles,
combinant plantations de végétaux avec matériaux durs (blocs de pierres, bois).
Le recours aux matériaux classiques se limite aux endroits où il est impossible de stabiliser
la rive avec des végétaux, lorsque les vitesses d’écoulement sont trop élevées et qu’il s’agit
de détruire ponctuellement l’excès d’énergie de l’eau (par exemple au pied de barrages ou
de chutes).
Blocs, brise-lames, rampes, chutes artificielles servent à créer des zones de profondeur et
des vitesses d’eau variables qui permettent aux organismes vivants de se multiplier.
Les illustrations 3.2 et 3.3 donneront au lecteur une image du résultat de la correction d’un
ruisseau par des techniques dites naturelles.
Celles-ci, aussi connues sous le nom de génie biologique, étaient déjà appliquées au 19e
siècle.
Négligées lors des grands travaux de correction des cours d’eau de ce siècle, elles sont
progressivement réintroduites depuis les années quatre-vingt.
Pratiquement toutes les variétés de poissons entreprennent des migrations pour frayer et
se nourrir.
Les passages à bassins successifs sont la plupart du temps réalisés en béton, ce qui
permet une construction plus compacte. Ils consistent en un canal rectangulaire avec des
parois de séparation formant des petits bassins. Les poissons peuvent ainsi gravir la
hauteur du barrage par paliers, sautant d’un bassin à l’autre et reprenant des forces en s’y
reposant. Nombre d’échelles à poissons ne fonctionnent pas, soit que leur construction
n’est pas adéquate et soit qu’une attention suffisante n’a pas été portée à leur
implantation en fonction des habitudes de la faune piscicole.
Le problème principal consiste à amener les poissons à l’entrée de la passe et de les inciter
à y pénétrer. Il arrive souvent que cette entrée soit placée de manière telle que les
poissons qui voudraient y grimper ne parviennent même pas à la trouver.
En effet ceux-ci s’orientent dans l’eau en fonction du courant. Ils évitent les remous qui ne
leur indiquent aucune direction et recherchent le courant là où il est le plus intense.
L’entrée de la passe doit donc se trouver à proximité de la rive, dans le courant principal
(sortie de la turbine, ou près du point d’impact de la chute du barrage).
Les centrales hydrauliques suscitent souvent des débats sur leurs qualités esthétiques,
mais, de ce point de vue, les petites centrales posent moins de problèmes que les
grandes, dont les prises d’eau, barrages, vannes, installations de dégrillage sont bien
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 77
COURS DE BARRAGES
visibles. Le plus souvent, ces éléments ne font pas partie des petites centrales ou y sont
très discrets.
Etant donné la faible emprise des machines, le volume des constructions reste
modeste et dans bien des cas, turbines et générateurs sont intégrés dans des bâtiments
existants. Nombre de petites centrales sont enterrées (voir illustration 3.8.). L’intégration au
paysage des petites centrales ne pose donc pas de problème particulier.