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COURS DE BARRAGES

CHAPITRE I. GENERALITES

I. GENERALITES SUR LES BARRAGES

1. Introduction
Il faut remonter à l’aube des temps pour voir la construction des premiers barrages et,
jusqu’aujourd’hui, celle-ci est l’une des activités fondamentales de génie civil. Toutes les

grandes civilisations ont été identifiées par la construction des retenues d’eau appropriés à
leur besoins en irrigation. Ceci résultant du développement et de l’expansion de

l’agriculture organisée. Opérant sous les contraintes imposées par les circonstances
locales ; notamment le climat, et le terrain, il est établi un rapport entre la puissance

économique des civilisations successives et la maîtrise de l’ingénierie de l’eau.

Dans un contexte international, l’utilisation adéquate des ressources en eau reste l’une

des contributions vitales offertes à la société par les ingénieurs civils. La construction des
barrages représente la majeure partie des investissements dans les infrastructures de base

dans tous les pays. Le taux d’achèvement annuel des barrages de toute dimension étant
sans cesse croissant dans plusieurs pays, telle la Chine, la Turquie, l’Inde et à un faible

niveau dans quelques-uns des pays les plus industrialisés inclus les Etats Unis.

Les barrages sont des structures particulièrement uniques. Hormis leurs dimensions et
types, leur réaction face aux charges est très complexe et cela en relation interactive avec

le terrain (relief ), l’hydrologie et la géologie. Reconnaissant cela, et se référant à la nature


indéterminée des principaux éléments de conception, la technologie des barrages n’est

pas à proprement parler une science normée et formelle. Pratiquement, c’est une activité
très spéciale, faisant appel à plusieurs disciplines scientifiques, les balançant avec un grand

nombre d’éléments de jugement d’ingénieur. La technologie des barrages est ainsi un


champ de challenge et de stimulation des efforts.

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 1


COURS DE BARRAGES

2. Définition
Les barrages sont, par définition, des ouvrages hydrauliques qui barrent sur toute la
largeur, une section d’une vallée, et qui créent ainsi une dépression topographique

artificielle étanche à l’eau. De manière générale et dans la plupart des cas, la hauteur du
barrage dépasse le niveau d’eau atteint par le cours d’eau en période de forte crue.

Principalement les barrages ont deux effets caractéristiques :

- La retenue d’eau créée par la présence du barrage peut le plus souvent contenir
une part importante des apports d’eau ;

- Le barrage surélève le niveau du plan d’eau à l’amont.

Les barrages sont des ouvrages de génie civil singuliers par bien des points :

 Ils prennent en compte un grand nombre de paramètre et de données. Ce sont

des structures complexes qu’il faut traiter comme des systèmes. Il n’existe pas de
procédure bien définie pour déterminer la meilleure solution. La démarche est

pragmatique, évolutive, systématique et récursive. Elle fait appel à un grand


nombre d’hypothèses qui sont petit à petit perfectionnées et vérifiées.

 Le comportement d’un barrage durant son cycle de vie est complexe. Il est
influencé par plusieurs phénomènes et facteurs plus ou moins bien connus. La

modification des caractéristiques des matériaux (vieillissement). Le comportement


de la fondation (souvent mal connu), les conditions météorologiques et thermiques

(variables), les effets chimiques de l’eau, les sollicitations sismiques (imprévisibles),


les risques hydrologiques et le mode d’exploitation de la retenue. Cette complexité

est maîtrisée par la mise en œuvre de modèles appropriés pour l’ouvrage lui-
même et pour sa fondation, ainsi que pour les influences que subit l’ouvrage de la

part de son environnement.


 Finalement, les exigences quant à la sécurité des barrages sont extrêmes. Ces

exigences se reflètent dans toutes les phases d’un projet : la conception, la


réalisation et l’exploitation. La période d’exploitation est certainement la plus
KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 2
COURS DE BARRAGES

sensible en termes de sécurité des populations. Pour cette raison, quasiment tous

les pays du monde ont prescrit des règles institutionnelles pour la surveillance des
ouvrages par une auscultation permanente et l’analyse du comportement.

3. Aperçu historique
L’histoire de la construction des barrages remonte à avant l’antiquité ; et est attachée

aux premières civilisations du Moyen Orient et de l’Extrême Orient. D’innombrables petits


barrages, des digues invariablement simples et structurées ; étaient construits pour les

problèmes d’irrigation ; tel en Chine, au Japon, en Inde et au Sri Lanka. Certains de ces
premiers barrages existent encore aujourd’hui.

Le barrage construit à Sadd-El-Kafara, en Egypte, autour de 2600 avant Jésus Christ

est généralement accepté comme le plus vieux barrage connu d’une signification réelle.
Construit en terre avec une zone centrale faite en pierres et des faces protégées par la

maçonnerie, il s’élevait à une hauteur de 14m. Ce barrage céda, probablement suite à une
crue après une courte période de service.

Plusieurs autres barrages significatifs furent construits au Moyen Orient par les

premières civilisations, notamment dans l’actuel Iraq, Iran et l’actuelle Arabie Saoudite. La
digue en terre de Marib, construit au Yémen vers 750 avant Jésus Christ pour servir dans
un vaste projet d’irrigation, est un exemple qui mérite particulièrement d’être noté, car
celle-ci s’élevait à une hauteur de 20m. Le premier barrage significatif en maçonnerie,

d’une hauteur de 10 m, nommé barrage de Kesis Gölü (Nord) en Turquie, date de la

même époque.

Les romains, plus tard, apportèrent leur contribution aux pays du Moyen Orient et
ceux au bord de la Méditerranée. Un grand nombre de barrages romain restent encore en

service, et c’est probablement les romains qui sont les premiers à utiliser le principe de l’arc
dans la construction des barrages. Le barrage voute haut de 12m et long de 18m, en

France, fut achevé par les romains au deuxième siècle après Jésus Christ.

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 3


COURS DE BARRAGES

En extrême Orient, la construction significative des barrages peut être datée de la

période commençant en 380 avant Jésus Christ. Activité initialement centrée au Sri Lanka,
où une remarquable période de construction des barrages commence avec la digue de

Bassawak, d’une hauteur de 10m et culmine avec les digues de Giritale et Kantalai (de
hauteur respective 23m et 20m) ; achevé en 610 après Jésus Christ. L’entrée Japonaise et

Indienne dans la construction des grands barrages commença en 750 avant Jésus Christ ;
et l’une et l’autre des nations fait une remarquable contribution au début du

développement des digues.

La période d’après 1000 Avant Jésus Christ voit se répandre la construction des

barrages, avec une rapide élévation en hauteur des barrages et un certain génie dans leur
conception. De façon particulière, notons la construction d’une série de barrages poids en

maçonnerie, en Iran, où les premiers vrais barrages voutes, c’est-à-dire, un barrage en


maçonnerie si mince qu’il ne peut se stabiliser par son propre poids, étaient aussi

construits. Le dernier barrage à Kidar, haut de 26m et large de 55m à la crête, avec une
base mince de 6m, fut achevé en 1300 avant Jésus Christ. La remarquable hauteur de 31m
du barrage Sultan Mahmud en Afganistan date aussi de cette époque. Cette époque vu
aussi le début d’une grande activité de construction des barrages en Europe ; tel celui de

6m de hauteur en Alferford (digue), en Grande Bretagne (en 1195) ou la digue de 10m de


hauteur à Mittler Pfauen en Allemagne en 1293 et à Dvoristë, en République Tchèque et

bien d’autres encore.

Les constructeurs de barrages du 16ième siècle avancèrent considérablement dans la


construction des barrages en maçonnerie. Le magnifique barrage poids de Tibi, haut de

42m, fut achevé en 1594 et suivi par une série d’autres structures exceptionnelles en
maçonnerie. Le barrage voute d’Elche, haut de 23m et long de 120m, qui fut achevé en

1640, mérite particulièrement d’être cité. Avec l’expansion rapide de l’Empire Espagnol, la
compétence des constructeurs Espagnols de barrages fut aussi exportée en Amérique

Centrale et en Amérique du Sud. Représentative de leur vision large, de leur capacité de


planifier et de mobiliser les ressources ; l’activité minière intensive de métallurgie centrée à

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COURS DE BARRAGES

Potosi (Bolivie) ; fut approvisionnée ; au milieu du 17ième siecle ; par un ensemble de 32

réservoirs.

A partir de la période allant de 1700 à 1800 ; la technique de construction des


barrages progresse relativement lentement. L’aube de la première révolution industrielle et

le temps qui passe donnèrent une impulsion considérable à la construction des barrages
en Grande Bretagne et en Europe Occidentale autour des années 1780. La conception

était toujours basée sur une combinaison des règles empiriques et d’expériences prouvées.

Malgré le manque de méthode rationnelle, les barrages augmentaient de plus en plus en


taille. Comme exemple ; la digue d’Entwistle, qui fut achevée en Angleterre, en 1830, est

parmi les premières de ce genre qui dépassait les 30m de hauteur. Au 19ième siècle, les
ingénieurs britanniques avancèrent et développèrent la conception et la construction des

digues, avec beaucoup de succès, les projets notables au Royaume Uni inclus le
magnifique Longdendale, sérié de 5 principaux barrages ; achevés entre 1854 et 1877 ; et

plusieurs structures similaires en Inde et partout ailleurs en Outre-Mer.

Les méthodes rationnelles d’analyses des barrages en maçonnerie furent développées


en France et affinées dans différents pays ; notamment la France, la Grande Bretagne et

les Etats Unis, à partir des années 1865. La conception des digues dépendait de
l’émergence des théories modernes de la mécanique des sols développées à partir de

1930. Les progrès subséquent furent relativement rapides et des grandes avancées
suivirent par voie de conséquence des progrès dans la compréhension de comportement

des terres remblaies et des enrochements compactés avec l’introduction des engins de
terrassement de grande capacité. A la même période, partiellement en conséquence de

plusieurs grands désastres, l’importance vitale de la corrélation entre la mécanique de sols,


la mécanique des sols et la géologie de l’ingénieur et l’ingénierie des barrages fut établi.

Les techniques analytiques avaient progressé aussi rapidement quelques années


auparavant, plus spécifiquement avec le développement de l’élégante et extrêmement

puissante analyse par éléments finis (MEF), actuellement largement employée pour les

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COURS DE BARRAGES

analyses avancées dans tous les types de barrages. L’application des techniques

sophistiquées de méthodes d’éléments finis, dépendra, à son tour, de la prompte


disponibilité et de la puissance des ordinateurs modernes. Cependant, les limites de

l’applicabilité de la méthode d’éléments finis persistent, et proviennent des réactions


complexes des tous les matériaux utilisés dans la construction des barrages faces aux

charges.

Voilà donc en peu de mots, les principales étapes historiques du développement des

barrages. Pour des informations plus approfondies, nous recommandons les livres traitant
cette matière.

4. Le rôle des barrages

Par la construction des barrages, l’homme influence de manière prépondérante


l’écoulement naturel des eaux de ruissellement à raisons principales peuvent justifier cette

intervention :

o La création d’une retenue


Selon le volume de la retenue et le débit des apports, on distinguera les

accumulations journalières, hebdomadaires ou inter-saisonnières.


o La régulation des apports

Dans la plupart des régions du monde, les précipitations sont concentrées sur des
périodes courtes. Ces apports sont souvent très irréguliers d’une année à l’autre.

Les besoins en eau sont repartis de manière beaucoup plus homogène sur l’année.
Il s’ensuit donc une succession des périodes de pénurie et d’excès que le seul

moyen de compenser est la réalisation d’une retenue.

o La surélévation du plan d’eau d’une rivière


La mise en place d’un barrage en travers d’un cours d’eau a pour effet de surélever

le plan d’eau. Cet effet est bien entendu utilisé pour la production hydroélectrique,
mais également pour gérer la dérivation des eaux d’une rivière vers une prise

d’eau puis un canal d’amener pour l’irrigation ou l’alimentation en eau.

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COURS DE BARRAGES

5. Classification des barrages


Selon la nature du matériau de construction utilisé, on classe les barrages en deux
grandes familles : les barrages en béton et les barrages en remblai (digues). Mais certains

des grands barrages peuvent être constitués de section en béton et de section en remblai
mises côte à côte, ce qui complique la classification.

Selon le mode de fonctionnement du barrage, on peut aussi classer les barrages en


deux grandes familles : les barrages fixes et les barrages mobiles.

A, Les barrages en béton


Les barrages en béton se distinguent par leur forme, la nature de leur système statique et
leur manière de s’opposer à la poussée de l’eau.

 Le barrage poids, comme son nom l’indique, résiste à la poussée de l’eau par son

propre poids. Le barrage poids est constitué d’éléments massifs juxtaposés.


 Le barrage à contre forts résiste également à la poussée de l’eau par son poids

propre mais un certain nombre de dispositions permettent de diminuer le volume


de béton par rapport au barrage poids. Ce type de barrage est formé d’éléments

juxtaposés, nommés contreforts, dont la géométrie est complexe. Chaque


contrefort est constitué d’un masque continu à l’amont et d’une âme, le contrefort,
qui reprend l’effort exercé par la poussée de l’eau. Les contraintes dans le corps du

barrage et au contact avec la fondation sont plus élevées que pour un barrage
poids de même hauteur.

 Le barrage voute est une structure tridimensionnelle agissant comme un voile ou


une coque. Il présente une forte courbure en plan et transmet une partie

importante des efforts les flancs de la vallée. Lorsque toutes les conditions
nécessaires sont réunies, il permet d’économiser un volume important de béton

par rapport aux deux types précédents.


1. Les barrages poids

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COURS DE BARRAGES

La plupart des barrages poids sont des massifs sans vides significatifs. Le parement

amont est vertical ou légèrement incliné (moins de 5%). Le parement aval est
incliné avec un fruit de 75 à 80%. Cette géométrie lui permet de résister par son

propre poids au renversement et au glissement sous l’action des forces extérieures.

75 à 80%
0 + 5%

Figure I. 1. Barrage poids 0,75 à 0,8

Dans certains cas, pour économiser du béton, le barrage poids comporte des

évidements. On parle alors de barrages poids évidés. Pour compenser le poids de


béton supprimé, le parement amont est incliné ( jusqu’à 10%) pour bénéficier d’une

composante verticale de la poussée.


Le barrage poids n’est pas limité dans sa longueur. Il peut être rectiligne, polygonal

ou légèrement incurvé pour s’adapter aux besoins de la géologie et de la

topographie. Lorsque la courbure est forte, celle-ci influence la statique de


l’ouvrage par un effet tridimensionnel. Le terme de barrage poids incurvé ou de

barrage poids voute est alors utilisé.


Les barrages poids sont constitués d’une succession de plots (parois aussi appelé

blocs) de 12 à 19m de largeur. Ces blocs sont séparés par les joints (1 à 3mm) qui
sont libre de s’ouvrir ou de se fermer selon les conditions. Ces joints de dilatation

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sont en fait des joints de retrait qui s’ouvrent lors du refroidissement du béton. Ces

joints sont munis d’un système d’étanchéité à l’amont.


2. Les barrages à contreforts
Le barrage à contreforts est toujours en béton. De par les évidements qu’il
comporte, le volume de béton qui le constitue est plus faible que pour un barrage

poids équivalent. Par contre, la surface de coffrage est plus importante, ainsi que la
difficulté de mise en place du coffrage.

Comme dans le cas des barrages poids, les contreforts sont construits côte à côte
et sont séparés par un joint vertical doté d’une bande d’étanchéité à l’amont.

Figure I. 2. Barrages à contrefort : profil type et section horizontale

On distingue plusieurs types de barrages à contrefort selon la forme même du


contrefort. La solution la plus aboutie, avec contrefort à tête élargie, est la plus
répandue. La figure ci-dessus illustre la coupe horizontale schématique dans un

barrage à contrefort.
Sur une coupe horizontale, on distingue clairement les 2 zones de contrefort :

 La têtedont la largeur est de 12m à 14m. La bande d’étanchéité est situé


dans le joint entre 2 têtes juxtaposées.

 L’âmedont l’épaisseur est le plus souvent constante et de l’ordre du tiers de


la largeur de la tête. Dans certains cas, l’âme est élargie à l’aval pour

diminuer les contraintes. Le changement de section doit alors être


progressif pour limiter les concentrations des contraintes dans l’angle.

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L’épaississement de l’âme à l’aval peut dans certain cas atteindre la largeur de la

tête, de sorte que le barrage forme à l’aval un parement continu. Ce masque


aval peut être souhaité pour rendre les contreforts plus résistants aux

sollicitations dynamiques ou pour protéger l’âme des effets du gel.

La tête du contrefort de figure I.2 est appelé tête élargie ou tête en forme de
diamant. D’autres formes sont parfois choisies. La figure I.3 montre différentes

solutions pour la forme de tête.

Figure I.3. Formes de la tête des contreforts –différentes solutions


a) A tête ronde
b) A tête en forme de marteau
c) A tête en forme de T
d) A dalles planes
Pour limiter encore le volume de béton, certaines solutions originales ont été

développées pour des cas particuliers :


 Les contreforts à dalles planes, mais ces ouvrages sont particulièrement

sensibles aux séismes.


 Les barrages à voutes multiples ou à dômes multiples, constitués de voutes

minces s’appuyant sur les contreforts. Dans ce type d’ouvrage, les effets de
température provoquent des contraintes de traction importantes dans les

voutes lesquelles doivent être armées en conséquence.

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Figure I.4. Barrages à voûtes multiples

Parmi tous les types de barrage évoqués jusqu’à présent, ces 2 dernières constituent

certainement les plus légers. Pour assurer la stabilité au glissement du contrefort, il est
nécessaire de compenser le manque de charge verticale due au poids propre par une
composante verticale importante de la poussée de l’eau. Cette force est mise e œuvre en
inclinant le parement amont du barrage jusqu’à 100%.

3. Les barrages-voûtes

Le barrage voute est incurvé en plan. IL est dans tous les cas construit en béton. Du fait de
sa courbure, une part importante des efforts dus à la poussée de l’eau est transmise aux

flancs de la vallée.

Pour illustrer cet effet tridimensionnel, on peut modéliser le barrage voute par une série
d’éléments porteurs horizontaux et verticaux selon la figure ci-dessous.

 Les éléments porteurs horizontaux sont des poutres courbes à 2 appuis, les arcs.

 Les éléments porteurs verticaux sont des poutres consoles

Dans un tel modèle très simplifié, la poussée de l’eau appliquée au point d’intersection de

2 éléments se répartit selon le rapport de leurs rigidités respectives. Il apparait alors


évident dans ce contexte que les arcs sont des éléments beaucoup plus rigides que leurs

consoles (de par leur hyperstaticité), et que les efforts dus à la poussée de l’eau sont par
conséquent guidées de manière préférentielle vers les flancs de la vallée.

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Figure I.5. Barrages voûtes : modèle statique simplifié

Plus la voute est mince, plus le rapport des rigidités tend à diriger les efforts vers les de la

vallée. On distingue ainsi les barrages à voûte mince, dont l’épaisseur à la base est de
l’ordre de 10 à 20% de la hauteur et les barrages à voûte épaisse dont l’épaisseur à la base

dépasse 25% de la hauteur.

D’autre part, on distingue les barrages voûtes cylindriques ( à courbure horizontale


seulement, simple courbure) et les barrages voûtes à double courbure (horizontale et

verticale).

Dans la première moitié du vingtième siècle, plusieurs barrages voûtes cylindriques ont été

réalisés dans les vallées particulièrement étroites. Ces barrages ont une courbure
constante de la fondation jusqu’au couronnement. Les conditions de mise en de ce type

de barrage sont tout à fait particulières.

Figure I.6. Profils types de barrages-voûtes

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Comme le barrage poids, le barrage voûte est construit en plots juxtaposés, mais une

différence constructive essentielle les distingues : alors que les joints plots du barrage
poids sont ouverts, les joints d’un barrage voûte sont injectés du lait de ciment pour

rendre la voûte monolithique et assurer la transmission des efforts horizontaux jusqu’aux


rives. Cette injection s’effectue avant le premier remplissage de la retenue de sorte que la

résultante des charges extérieures crée toujours une compression dans ces joints. (voir
Figure I.7.)

Figure I.7. Joints verticaux injectés

A priori, le barrage voûte nécessite la mise en place de sensiblement moins de béton que

le barrage poids. Le matériau est également beaucoup mieux utilisé.

De par son système statique, le barrage voûte sollicite de manière importante la fondation
sur les flancs de la vallée. Ceux-ci doivent être résistants et peu déformable.

Alors que les barrages poids peuvent s’adapter à n’importe quelle forme et n’importe

quelle largeur de vallée, le barrage voûte nécessite les caractéristiques topographiques


bien particulières et ne peut se concevoir que dans les vallées relativement étroites. On

définit l’élancement d’un barrage .

é é
=

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En règle générale, on admet que l’élancement ne doit pas dépasser 4 à 5

(exceptionnellement 6). Ce facteur limite dépendra en particulier de la géologie du site.

4. Les barrages en béton compacté au rouleau (BCR)

Depuis la fin des années 1970, une nouvelle technologie s’est développée pour

optimiser la construction des barrages poids : le béton compacté au rouleau BCR –roller
compacted concret RCC). La mise en place du béton BCR permet d’utiliser des bétons très

secs, très faiblement dosés en ciment. Les résistances obtenues, particulièrement faibles,
sont compatibles avec les exigences des barrages poids qui s’opposent à la poussée de

l’eau par leur poids propre. On exploite au mieux les propriétés du béton en mettant en
œuvre des techniques de mise en place et de compactage qui sont issues des barrages en

remblai.

B. Les barrages en remblai


Les barrages en remblai sont constitués essentiellement de matériaux granulaires naturels
meubles prélevés à proximité de l’ouvrage. On distingue deux catégories de barrages en
remblai :

 Les barrages en terre, réalisés essentiellement à partir des sols naturels meubles
prélevés dans les gravières.
 Les barrages à enrochement dont la majeure partie est constitué de matériaux de
carrière concassé.

Le choix de l’une de ces structures est souvent dû à la disponibilité des matériaux. Le


barrage à profil zoné avec noyau étanche est composé de terre imperméable au centre,

de terre semi imperméable pour la zone amont et de terre perméable pour la partie aval.
Pour les barrages à masque amont, la nature du masque peut varier : béton de ciment ou

bitumineux, membranes souples… mais le masque peut aussi se situer au cœur du


barrage. Ces trois structures sont soumises au problème de stabilité. L’inclinaison des talus

et la maîtrise des pressions interstitielles permettent d’avoir une bonne stabilité.

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Figure I.8. Principales variantes de barrages en terre et en terre/enrochements

La pression interstitielle est due à l’air et l’eau comprimée, emprisonnés entre les
grains solides. Plus la pression interstitielle est forte plus la résistance du barrage est
faible car la résistance est proportionnelle à la pression de contact entre les grains de
matière solide. La base de ce type de barrage doit être 4 à 7 fois plus large que
hauteur du barrage pour que l’ouvrage soit stable. Le barrage en terre peut être
implanté sur presque tous les sols.

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Figure I.9. Principales variantes de barrages en enrochements

1. Le barrage en terre

Le barrage en terre a deux principaux schémas de structure:

- Le barrage homogène

Figure I.10. Barrage en terre

Les barrages en terre homogène sont des digues en remblai constituées d’un seul
matériau meuble suffisamment imperméable pour assurer à la fois l’étanchéité et la

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résistance. La terre est généralement mise en place par compactage. La plupart des
barrages français très anciens, dont beaucoup servent à l’alimentation en eau, sont de ce
type.

La structure des barrages est souvent complétée par des dispositifs de drainages tels que:

• Une butée aval drainante,


• Un tapis drainant sous le tiers ou la moitié aval,
• Une cheminée drainante communiquant avec l’aval par un tapis ou des bretelles.

Des protections peuvent être disposées sur les faces extérieures: enrochement sur le
parement amont pour éviter l’érosion due aux vagues, terre végétale engazonnée ou

enrochements sur le parement aval pour stabiliser la terre vis-à-vis du ruissellement de la


pluie. Ce type de barrage est bien adapté aux sites ayant une fondation déformable. De

conception rustique, ils ont une grande emprise au sol, n’engendrent que peu de

contraintes, s’accompagnent en fondation de faibles gradients d’écoulement et


peuvent accepter des tassements de fondation. Par contre ils ne supportent pas les

variations rapides du plan d’eau et très peu la submersion par-dessus la crête.

- Le barrage à profil zoné avec noyau étanche :

Figure I.11. Barrage en terre à profil

Les barrages zonés comme le barrage de Serre-ponçon sont des barrages en remblai

constitués de plusieurs types de matériaux disposés de façon à assurer séparément

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les fonctions de stabilité du barrage et d’étanchéité. Le découpage du corps du barrage

en matériaux différents est appelé le zonage.

Il permet de faire de grandes économies dans les volumes mis en œuvre et


d’utiliser aux mieux les matériaux disponibles sur le site. Il existe autant de types de

zonages que de barrages dans la mesure où chaque ouvrage est conçu en fonction des
matériaux trouvés sur le site ou à proximité.

Les plus classiques comportent:


o Un noyau d’étanchéité constitué de terres argileuses, argile, cailloux. Lorsque que ce

matériau est introuvable sur le site, on peut avoir recours à des matériaux de
substitution tels que paroi moulée ou bien une superposition de couches de

béton bitumeux ou d’asphalte.


o Une recharge amont en matériau drainant assurant la stabilité amont même

après vidange rapide


o Une recharge aval stabilisatrice en matériau peu déformable

o Une protection amont en enrochements, dalles ou autres dispositifs


o Un drain interposé entre le noyau et la recharge aval, si celle-ci n’est pas suffisamment

perméable, pour évacuer sans pression les écoulements parvenus sur la face
aval du noyau

o Des matériaux de transition entre ces différents massifs lorsque leurs granulométries
respectives le justifient de manière à éviter toute érosion interne par enchaînement

de particules d’un matériau vers le matériau adjacent.


2. Le barrage en enrochement

Il existe deux types de barrages en enrochement :

- Le barrage en enrochement avec masque amont étanche:

Les barrages à masque sont constitués d’un remblai plus ou moins perméable
assurant la stabilité d'ensemble. Un écran imperméable, appelé masque, est mis en

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place sur le parement amont de façon à rendre le barrage étanche et lui permettre de

retenir l'eau du réservoir.

Le masque qui constitue l’organe d’étanchéité amont est classiquement réalisé en


béton, avec des produits bitumineux ou encore au moyen d’une géo membrane. Son

épaisseur est limitée, ce qui lui permet de s'adapter aux déformations faibles mais
inévitables du massif support (les géo membranes peuvent même accepter des

déformations importantes). La présence du masque en parement amont présente le

double avantage de permettre des réparations en cas de dégradation du masque,


mais aussi d'autoriser des vidanges de retenue très rapides.

Le corps du barrage assurant la stabilité peut être en matériau quelconque pour

autant qu'il soit peu déformable. De nombreux barrages à masque sont réalisés
en enrochements. La qualité du compactage lors de la mise en œuvre du matériau a

une grande influence sur les déformations et tassements ultérieurs.

Pour améliorer la sécurité du barrage, il n'est pasrare de trouver dans les barrages à
masque d'autres matériaux fonctionnels :

• un matériau de réglage ou de transition servant de support à l'étanchéité mince et la


mettant à l'abri de tout poinçonnement par des éléments grossiers du massif support ;

• une cheminée drainante, un tapis drainant ou les deux pour évacuer les

infiltrations éventuelles à travers le masque ;

• des matériaux de protection soit du parement aval (terre végétale


engazonnée, enrochements, maçonnerie de pierre sèches, ...) soit du masque

d'étanchéité comme des dalles de protection ou des pavés auto-bloquants mettant

l'étanchéité mince à l'abri des agressions extérieures telles que la glace, les projectiles
ou les chutes de blocs.

- Le barrage à profil mixte avec noyau incliné (figure I.12.) :

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COURS DE BARRAGES

Figure I.12. Barrage à profil mixte (terre et enrochement) et noyau incliné

Dans ces deux types de barrages comme dans les barrages en terre, c’est le poids du
massif qui fait résister le barrage à la poussée de l’eau. La stabilité du massif
est assurée par le frottement entre les blocs. La partie en enrochement n’est
pas étanche, c’est pourquoi le barrage en enrochement doit avoir soit un masque

soit un noyau étanche.

Le principal problème est que l’enrochement et la partie étanche ne se déforment pas


de la même manière. Pour empêcher que le masque s’abîme et puisse s’adapter aux
déformations du massif, le masque est divisé en plusieurs parties séparées par
des joints permettant le mouvement de celui-ci.

Dans les barrages à profil mixte, les zones de transition jouent le rôle des joints.
Comme les barrages en terre, les barrages en enrochement peuvent être implantés sur

tous les sols qui se frottement entre les blocs. La partie en enrochement n’est pas
étanche, c’est pourquoi le barrage en enrochement doit avoir soit un masque soit un

noyau étanche.

Le principal problème est que l’enrochement et la partie étanche ne se déforment pas


de la même manière. Pour empêcher que le masque s’abîme et puisse s’adapter aux

déformations du massif, le masque est divisé en plusieurs parties séparées par


des joints permettant le mouvement de celui-ci.

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 20


COURS DE BARRAGES

Dans les barrages à profil mixte, les zones de transition jouent le rôle des joints.

Comme les barrages en terre, les barrages en enrochement peuvent être implantés sur
tous les sols qui se déforment peu sous leur poids déforment peu sous leur poids.

C. Les barrages mobiles


Dans les cours d’eau navigables, sauf exception, la construction de barrages fixes

ne peut être envisagée : la flottaison varierait trop fortement en fonction du débit


(mouillage insuffisant en période d’étiage si la crête est trop basse). Ily aurait relèvement

du plan d’eau lors des périodes de hautes eaux avec réduction excessive du tirant d’air
sous les ponts, les crues seraient aggravées de façon inadmissible pour les riverains.

Pour pallier à ces inconvénients, on construit des barrages mobiles permettant, par

leur manœuvre, de régler le niveau de la retenue et d’assurer des flottaisons quasi


permanentes malgré les fluctuations du débit. De plus, en périodes de crues, ils s’effacent

presque complètement et entravent l’écoulement des eaux au minimum. La constitution


d’une série de barrages mobiles dans une rivière délimite une succession de biefs dans

lesquels on peut envisager une régularisation du niveau. L’objectif à atteindre est celui
d’assurer à la navigation des conditions de confort aussi longtemps que possible dans une

année en stabilisant au mieux niveaux et vitesses. C’est seulement en période


exceptionnelle que le trafic est interrompu.

Les manœuvres effectuées sur une série de barrages installés en cascade doivent

être coordonnées judicieusement sous peine de provoquer artificiellement de fortes

oscillations du débit. Ces variations brutales du débit sont néfastes, tantd’un point de vue
économique qu'écologique. En effet, de nombreuses infrastructures ne peuvent être

pilotées efficacement que si le débit du fleuve évolue de manière progressive comme il le


ferait naturellement (selon une dynamique quasi naturelle). C’est le cas par exemple des

stations de captage d’eau potable ou des équipements de refroidissement des centrales


de production électrique.

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COURS DE BARRAGES

Aménagements indispensables à l’exploitation de la voie d’eau, les barrages

mobiles remplissent aussi d’autres fonctions participant à la régulation complexe de la


ressource en eau et, plus largement, à l’aménagement du territoire : alimentation en eau,

protection contre les inondations, maintien des équilibres écologiques, production


d’énergie, loisirs,…

Les fonctions principales d’un barrage mobile sont les suivantes :

- navigation commerciale : garantir un mouillage et un tirant d’air suffisants ;

- réserve d’eau potable : pouvoir diriger un volume d’eau vers les villes ;

- production d’énergie : maintenir une chute suffisante ;

- tourisme et loisirs : permettre la pêche, les sports nautiques,… ;

- alimentation en eau : garder un niveau minimum, conserver un volume d’eau pouvant


être pompé, … ;

- usage industriel : assurer l’alimentation d’une prise d’eau, assurer un débit minimal ;

- irrigation ;

- protection des berges : limiter les instabilités des berges en diminuant les surpressions
hydrauliques et les gradients hydrauliques dans les sols, éviter l’érosion des berges en
limitant la vitesse dans le bief ;

- protection contre les inondations : rester sous un certain niveau pour protéger les
riverains;

- environnement : permettre la survie de la faune et de la flore (assurer l’oxygénation de


l’eau via un débit minimal, etc.) ;

- création ou sauvegarde d’un plan d’eau : insertion de l’ouvrage dans son


environnement.

La figure I.13 montre les principaux éléments de la structure d’un barrage mobile.

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 22


COURS DE BARRAGES

Figure I.13. Vue générale des principaux éléments de la structure d’un barrage mobile

1 Structure du barrage mobile

2 Radier du barrage

3 Radier amont

4 Redent (bec) amont avec rideau étanchéité (ici un rideau de palplanches)

5 Bassin de dissipation

6 Redent (bec) aval

7 Radier (prise d’eau)

8 Pile du barrage

9 Seuil

10 Pont de service

11 Batardeau amont ou vanne de secours (ici: poutrelles)

12 Vanne (ici: vanne segment avec un clapet/hausse supérieur)

13 Articulation de la vanne (cas d’une vanne segment)

14 Hausse avec briseurs de jet ou aérateurs (pour l’aération de la nappe)

15 Bordé - Face amont de la vanne (élément étanche assurant la retenue)

16 Structure de mise à sec (aval) ou batardeau aval

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COURS DE BARRAGES

II. ELEMENTS D’ETUDE D’UN PROJET DE BARRAGE

1. Appréciation générale du site


Un site satisfaisant pour la construction d’un réservoir (barrage) doit remplir

certaines exigences fonctionnelles et théoriques. Le caractère fonctionnel d’un site est


déterminé par la balance entre ses caractéristiques physiques naturels et l’usage du

réservoir. Le bassin hydrologique, les sources disponibles, le volume à stocker etc. doivent
correspondre aux paramètres opérationnels par la nature et la taille du projet qu’ils

serviront. L’acceptabilité technique est dictée par la présence d’un site satisfaisant (ou
évidement plusieurs sites) pour un barrage ; la disponibilité des matériaux convenable à la

construction des barrages, et par l’absence des fuites dans l’intégralité du bassin du
réservoir (pertes d’eau). Les caractéristiques hydrologiques et géologiques ou

géotechniques du site sont les principaux éléments déterminants établissant la


convenabilité technique d’un site (à construire). A cela, doit s’ajouter l’estimation des

conséquences environnementales anticipées de la construction du barrage et sa mise en


service. Nous en parlerons plus tard.

Les principales étapes impliquant l’appréciation d’un site et aboutissant à la


sélection optimum du site à construire et le type de barrage correspondant, pour la

plupart des projets sont indiquées schématiquement sur le schéma ci-dessous.

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 24


COURS DE BARRAGES

Durée illustrative,
Planification strategique: initiation du projet années

3-20

cartes, inspection, collecte des


Reconnaissance du terrain
données, etc.

ressources techniques, possibillités, 1-3


Etudes de faisabilités et rapport
etc.

Phase I Evaluation du site de


Evaluation du site de reservoir
construction du Barrage

2-4

Confirmation du type de Barrage

Phase 2 Investigations du site de construction


du Barrage
1-2

Conception du Barrage

Construction FeedBack de la fondation 2-6

Figure I.14. Processus de développement d’un projet de barrage

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COURS DE BARRAGES

Un temps suffisamment long peut passer entre les initiales des stratégies, l’identification

des exigences du projet et le début des travaux de construction sur le site. Une partie
significative de ce temps peut être attribué au processus des décisions politiques à

prendre et la collecte des fonds du projet.

En phase de reconnaissance, qui peut s’étendre sur une longue période, l’objectif principal
est de collecter d’importantes données d’observations topographiques ; géologiques et

hydrologiques. Les cartes à grande échelle et n’importe quelle autre archive déjà

disponible servira de point de départ ; mais de en plus des données détaillées seront
indispensables. La reconnaissance aérienne ; utilisant des capteurs modernes en plus des

traditionnelles techniques de reconnaissance photogrammétries ; auront un rôle particulier


à jouer dans la préparation du plan du site à grande échelle et d’une manière fidèle

(1/5000). Entre les mains d’un ingénieur géologue expérimenté comme interprète, les
données de reconnaissance aérienne sont aussi valable en en géologie ; sur le possible

site à construire et sur la probable disponibilité des matériaux de construction. Le bassin


hydrologique et l’étude de la rivière sont orientés vers la détermination des
caractéristiques de la pluviosité et de l’écoulement et vers l’estimation des inondations
historiques évidentes ; etc.

Le rapport de faisabilité préparé à la conclusion de la phase de reconnaissance assemble

et interprète toute information disponible, donnée et forme les recommandations initiales


dans le respect de la viabilité économique et technique du réservoir (Barrage). Les options

en regard du site ; de la hauteur et du type de barrage sont levées ; et les plans (dessins)
de comparaison, pour ce qui est des coûts estimatifs et du programme de construction

(planning).

Enfin, doivent être pris en compte toutes les implications de chacune des ressources c’est à

dires les dépenses financières, travaux et matériels requis etc. Fort de ce rapport, une
décision peut être prise dans le respect des investigations additionnelles détaillées pour

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 26


COURS DE BARRAGES

confirmer le caractère du bassin du réservoir et du (des) site(s) préféré(s) pour la

construction du barrage.

2. Sélection du type de barrage


Le type optimum de barrage pour un site spécifique est déterminé par le coût de

construction et du programme (planning) d’exécution pour toutes les solutions formulés

avec leur validité technique. Dans un site ou les circonstances sont telles que ces
alternatives viables existent, il est important que toutes les options restent ouvertes ;

évaluant les implications de chacune, la solution préférée en apparence. Il pourrait être


aussi nécessaire de prendre en compte les considérations socio-politiques et

environnementales les moins tangibles dans la détermination de la solution.

Quatre considérations d’une grande importance sont détaillées ci-dessous :

1. Gradient hydraulique :la valeur nominale du gradient hydraulique ; i ; pour une


infiltration sous ; autour ; et à travers un barrage varie, au moins, par un ordre de

grandeur suivant le type de barrage.


2. Contraintes dans la fondation : les contraintes nominales transmises à la fondation

varient beaucoup avec le type de barrage.


3. Déformabilité de la fondation : certains types de barrages sont plus capables de
s’accommoder aux déformations appréciables de la fondation et/ou aux
tassements sans dommages sérieux.

4. Excavation de la fondation : les considérations économiques stipulent que le

volume d’excavation et la préparation de la fondation devraient être minimisés.

Il est approprié de généraliser, par-dessus des considérations déterminantes, le choix du


type de barrage au-delà des 4 points saillants énumérés plus haut. Cependant, leur

importance collective est telle que la figure 1.15 et le tableau I.1 sont fournis en illustration.

Le cas d’une large vallée couvert des sédiments composés des sols à grain fins est illustré
à la figure 1.15. (a). Les considérations de la déformation de la fondation et de la

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COURS DE BARRAGES

profondeur d’excavation requise favorise une digue en terre ; formée des remblais

appropriés disponible à une courte distance tel au barrage Kielder.

Cependant, la présence de la roche dure à une faible profondeur tel qu’illustrer à la


fig. I.15. (b) ; favorise soit un barrage en enrochement soit alternativement un barrage

poids ou à contreforts en béton. La disponibilité des roches et leur relative faible cout
pourrait dicter le choix final. Une mince vallée à flancs escarpés dans une roche en bon

état, tel qu’illustré à figure I.15.(c) ; peut bien convenir à un barrage voûte ou en coupole

formé des contreforts appropriés. Les considérations économiques peuvent ; cependant ;


suggérer un barrage en enrochement comme alternative viable.

Figure I.15. Exemple illustrative du type de barrage en relation avec le profil le type de la
vallée
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COURS DE BARRAGES

La situation illustrée à la figure I.15.(d) ; avec une profonde surcharge sur une partie du

site, peut bien, suggérer une solution composite. Un barrage en terre est construit là où la
profondeur de la surcharge est considérable, le déversoir étant convenablement

accommodé sur une section du barrage poids en béton là où la profondeur d’excavation


requise est raisonnable ; tel qu’au Barrage de Green (Kennard et Reader, 1975).

Il sera bien apprécié que dans les quatre exemples illustratives, la disponibilité des

matériaux de construction alternatifs et leur cout relatif ; ne pourra impacter lourdement la

décision final et celui du type du barrage.

La figure I.15. devrait être étudié en union avec la table I.1. ; lequel résume les
caractéristiques des types de barrage dans le contexte de sélection du type de barrage.

Le choix du type de barrage peut être influencé en partie par des facteurs qui ont

une importance particulière en relation avec un site bien spécifique. Un exemple est celui
d’une vallée à flancs escarpés ou les conditions du site favoriserait un barrage en terre

mais les le déversoir et le canal couteraient extrêmement cher dans le flanc de coteau du
barrage.

Dans des cas pareils ; la balance économique peut ainsi pencher en faveur du barrage
avec une crête inondable ; si la profondeur de la surcharge n’est pas excessive.

Tableau I.1. Sélection du type de Barrage : types de caractéristiques

Type Annotation et caractéristiques

Barrages en remblai

Barrage en terre Approprié aux fondations soit sur sol


rocheux soit sur sol compressible et aux
larges vallées; peut tenir aux tassements
différentiels limités donnés, noyau
relativement large et plastique. Isolant au
son, c’est-à-dire moins perméable, horizons

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COURS DE BARRAGES

requises. Faibles contraintes de contact,


exige le rangement des matériaux, tel pour
le noyau, zones d’accotement, filtres
internes etc.

Barrage en enrochement Fondation rocheuse préférable ; peut


accepter des qualités variables et aux
érosions limitées. Type de Barrage
approprié pour toutes les zones
climatiques. Matériaux requis pour le
noyau, filtres, etc.

Barrages en Béton

Barrage poids Approprié pour des larges vallées, pourvue


que l’excavation jusqu’à la roche soit
inférieure à 5m. Erosion limitée de la roche
acceptable. Vérification des discontinuités
dans la roche avec une attention
particulière sur le glissement de la roche.
Contraintes modérées, exige le ciment
importé.

Barrage à contreforts Comme un barrage, mais les contraintes


sont très élevées. Economie relative du
béton par rapport au barrage poids de 30
à 60%.

Voute et coupole Approprié aux vallées minces, dont les


roches est très résistante et une
déformation très limitées dans la fondation
et plus particulièrement dans les jonctions.
Fortes forces latérales. Economie du béton
par rapport au barrage poids 50 à 85%

Il faudra noter aussi que les facteurs locaux assurent une importance relativement
large pour un site spécifique. Comme exemple ; on peut citer : l’accessibilité, les risques

sismiques, la fabrication des matériaux et le cout du transport ; la disponibilité des


machines (engins) et la main d’œuvre qualifiée ; la facilité de la déviation de la rivière ; le

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COURS DE BARRAGES

risque d’inondation durant les travaux et avant la date de remise de l’ouvrage d’après la

commission d’exécution des travaux.

Les particularités de forme du barrage qui peuvent avoir des conséquences majeures en
regard avec le programme de construction (planning) et du coût sont inclus.

 Coupures
 Système de déversoir, incluant les canaux et le bassin de rétention

 Système interne de drainage


 Conduites, galléries internes, etc.

 Préparation de la fondation, inclus l’exaction et le jointement etc.


 Les détails d’exécution et de construction tel les passages et les filtres dans les

barrages en remblai, les détails de joint de retrait dans les barrages en béton
 Portes, vannes et les travaux de dégorgement du fond et

 Les travaux de déviation de la rivière.

3. Impact environnemental des Barrages


Les aménagements hydrauliques comme les barrages sont bien entendu destinés à

accroitre la qualité de vie d’une population. Il n’en demeure pas moins que la réalisation
de tels ouvrages peut avoir des effets importants sur l’environnement.

Le barrage constitue une barrière à l’écoulement naturel d’eau et crée une retenue.
Plusieurs effets essentiels peuvent être mis en évidence :

 Inondation des terres immergées par la retenue

Cela a comme conséquence la perte de faune et de la flaure et le déplacement


de populations. Le cas du barrage de Trois-gorges est tres significatif.

 Modification du régime d’écoulement à l’aval


En cas de dérivation, seul un débit minimal est restitué à la rivière à l’aval. Le lit

de la rivière est ainsi modifié, ce qui influence la capacité de la rivière à évacuer


les crues.

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COURS DE BARRAGES

De plus, les petites et moyennes crues supprimées ou fortement réduites par le

laminage dans la retenue. L’inondation périodique de surface de frayères,


marécages et étangs, îlots et berges et autres zones de grandes valeur

écologique est supprimée.


 Obstacle au transport de sédiments

Le barrage agit comme un gigantesque décanteur, ce qui occasionne


l’alluvionnement de la retenue. En conséquence, l’eau restituée dans le cours

d’eau à l’aval présente un déficit de sédiments. L’équilibre de transport solide


est perturbé et on observe souvent un creusement du lit par érosion à l’aval.

D’autre part, les eaux prélevées pour l’irrigation sont déchargées d’une part des
matériaux fins en suspension, réduisant ainsi l’apport nutritif naturel et

conduisant à l’emploi d’engrais chimiques.


 Impact sur le climat

Les grandes retenues d’eau pourraient avoir un impact sur le climat. Ce


phénomène est sujet à des grandes discussions, en particulier à propos des

grandes retenues dans les pays intertropicaux (barrage d’Assouan sur le Nil en
Egypte, Barrage d’Akosombo sur le fleuve Volta au Ghana).

 Effet sur la qualité de l’eau


Dans les retenues profondes en pays arides, on observe une stratigraphie

thermique importante. Ce phénomène empêche le brassage des eaux dans la


retenue. L’apport en matière organique de la rivière consomme pour la

biodégradation une quantité importante d’oxygène, entrainant un déficit en

oxygène dissout. Ce phénomène est amplifié si la surface de la retenue n’a pas


été totalement boisée avant le remplissage. On observe aussi dans certains cas

une accélération du phénomène d’eutrophisation.


 Effet sur la santé publique

Dans les régions chaudes et humides, la création des lacs de retenue peut avoir
une incidence sur les grandes endémies parasitaires (paludisme, bilharziose,

onchocercose).

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COURS DE BARRAGES

 Effets sur la migration des poissons

Si des mesures particulières d’accompagnement ne sont pas realisés (échelles à


poissons), la migration entre l’amont et l’aval est interrompue. Par contre, on

observe la colonisation e la retenue par des nouvelles espèces.


 Séisme induit par la retenue

La surcharge qu’occasionne un réservoir dans une région à risque sismique


élevé pourrait provoquer des séismes si le premier remplissage ne s’effectue

pas sous un contrôle rigoureux.


 Risque de glissement de terrain

La montée du plan d’eau dans une retenue peut mettre en mouvement des
terrains instables sur les rives. L’accident du barrage de Vajont (Italie, 1963) est

significatif, le remplissage de la retenue a mis en mouvement une masse de


quelques 250millions de m3 qui s’est déversée dans la retenue, entrainant la

disparition de plus de 2000 personnes.

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COURS DE BARRAGES

CHAPITRE II. BARRAGES EN BETON


I. LE CHOIX DU TYPE DE BARRAGE EN BÉTON£
Quelles sont, le plus souvent, les raisons du choix d’un ouvrage rigide ?

 nécessité d’évacuer une crue importante ;


 présence de fonctions hydrauliques complexes dans l’ouvrage (ouvrage vanné pour
assurer, par exemple, l’évacuation des sédiments et garantir la pérennité de la
retenue, vidange de fond de fort débit) ;
 incertitude sur l’hydrologie : les ouvrages rigides sont généralement moins
sensibles au déversement que les ouvrages en remblai. Sur les sites où il y a une
grande incertitude sur les crues, les variantes rigides sont souvent avantageuses
(limitation des ouvrages de dérivation provisoire et plus grande sécurité vis-à-vis
du risque hydraulique). Il faut toutefois noter que la stabilité des petits barrages
poids est très sensible au niveau des plus hautes eaux.

De façon générale, un ouvrage en béton est envisagé chaque fois que les ouvrages

hydrauliques ont une importance significative dans le projet (souvent le cas pour les
barrages de prise d’eau sur les aménagements hydroélectriques).

Quelles sont les conditions requises pour pouvoir projeter un ouvrage rigide ?

La première condition porte sur la qualité de la fondation. En première approximation,


on peut énoncer la règle suivante : un barrage rigide nécessite une fondation rocheuse de

bonne qualité. Cette règle s’énonce sans restriction pour les petits barrages voûtes qui
nécessitent une fondation peu déformable. Pour les barrages à profil poids, il est possible,

dans une certaine mesure, d’adapter le profil à la qualité de la fondation par


adoucissement du profil.

La deuxième exigence pour construire un ouvrage rigide est de disposer, dans des

conditions économiques acceptables, de granulats de bonne qualité (non gélifs et ne


risquant pas de générer des phénomènes de gonflement du béton) nécessaires à sa

construction.

Ces deux exigences sont d’ailleurs souvent satisfaites simultanément.

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COURS DE BARRAGES

II. FONCTIONNEMENT MÉCANIQUE DES BARRAGES RIGIDES


Il convient de distinguer les barrages voûtes qui transmettent la poussée

hydrostatique par « effet voûte » c’est-à-dire en la reportant sur les rives par des arcs
comprimés, et les barrages poids dont l’équilibre est assuré par le poids de l’ouvrage qui

permet de mobiliser le frottement sur la fondation.

II.1. Barrage voûte


Les barrages voûtes reportent la poussée hydrostatique sur la fondation par des arcs

travaillant en compression. C’est la géométrie de la voûte et le contraste de rigidité entre


le béton et le rocher qui déterminent le fonctionnement de l’ouvrage. La recherche de la

forme idéale vise à transmettre la poussée par des arcs entièrement comprimés.
Traditionnellement, les barrages voûtes ont été dessinés en limitant la contrainte maximale

dans les arcs comprimés à 5 MPa, correspondant à un coefficient de sécurité de 4 ou 5


pour un béton de qualité moyenne. Cette condition détermine l’épaisseur de la voûte et la

formule du tube reste un moyen efficace de prédimensionnement des petits barrages


voûtes.

Il en résulte quatre conditions nécessaires pour pouvoir concevoir un barrage voûte


(petit ou grand) :

 Condition topographique : la vallée doit être « étroite » ; des barrages voûtes ont été

construits sur des sites dont le rapport largeur en crête sur hauteur (l/h) est voisin de
10, mais généralement les voûtes sont intéressantes lorsque l/h est inférieur à 5 ou 6

;
 Rigidité de la fondation : pour que le fonctionnement « en voûte » soit possible, il
faut que la rigidité de la fondation soit suffisante, sinon les arcs ne trouvent pas leurs
appuis et la structure tend à fonctionner en console ; comme ordre de grandeur, une

voûte ne doit pas être envisagée sans études détaillées lorsque le module de
déformation du rocher (mesuré par essais au vérin) est inférieur à 4 ou 5 GPa ;

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COURS DE BARRAGES

 Résistance mécanique de la fondation : on a vu que la voûte transmet des


contraintes élevées à la fondation qui doit rester dans le domaine élastique pour ces
niveaux de sollicitation ;

 Tenue des dièdres de fondation, sous l’effet des sous pressions et compte tenu de la
compression apportée par la voûte qui peut empêcher leur dissipation.

Lorsqu’une reconnaissance approfondie de la fondation montre que ces conditions


sont réunies, le barrage voûte s’avère souvent une solution économique pour les petits

barrages car il minimise de façon très importante les volumes de béton à mettre en
oeuvre.

À titre d’exemple, une voûte cylindrique de 25 mètres de rayon pour un barrage de


25 mètres de hauteur aura une épaisseur de l’ordre de 1,25 mètre en retenant une

contrainte maximale de compression de 5 MPa, suivant la formule = p.R/e, à comparer


avec une épaisseur moyenne de 10 mètres pour un profil poids classique.

Par ailleurs, la conception et la construction sont simples pour des ouvrages de moins

de 25 mètres, si l’on s’en tient à des formes géométriques simples. Le barrage voûte
présente aussi l’avantage d’être peu sensible à la submersion pour autant que celle-ci

reste de courte durée et d’amplitude modérée (risque d’érosion du pied aval). C’est donc
un type de barrage qui tolère une sous estimation de la crue de projet.

II.1. Profil poids


Pour un barrage à profil poids, le fonctionnement de l’ouvrage est complètement

différent : c’est le poids de l’ouvrage (et non sa géométrie comme dans un barrage voûte)
qui assure l’équilibre de la poussée hydrostatique et des sous-pressions.

Les sous-pressions ne sont généralement pas considérées pour les barrages voûtes

car, du fait de la minceur du profil dans le sens amont-aval, la part des sous-pressions
dans l’équilibre est négligeable. Par contre, pour un barrage poids, les sous-pressions

jouent un rôle majeur dans l’équilibre.

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COURS DE BARRAGES

La méthode classique d’étude de la stabilité d’un barrage poids consiste à analyser

l’équilibre global du barrage ou d’une partie de celui-ci sous l’action du poids, de la


poussée hydrostatique, des sous-pressions et éventuellement d’autres actions secondaires

(par exemple poussée des sédiments ou séisme)

Les critères de dimensionnement de l’ouvrage portent sur la répartition des


contraintes normales (limitation des tractions au pied amont et limitation des contraintes

de compression) et sur l’inclinaison de la résultante. Cette méthode de calcul met en

évidence le rôle majeur des sous-pressions dans l’équilibre des barrages poids et donc
l’importance du drainage.

À titre indicatif, les contraintes maximales de compression sous un profil poids

traditionnel à parement vertical et fruit aval de 0,8H/1V sont de 0,35 MPa pour un barrage
poids de 25 mètres de hauteur, soit plus de dix fois plus faible que pour un barrage voûte

de même hauteur. L’inclinaison de la résultante varie de 27 à 42° suivant les conditions de


drainage.

Enfin, il convient de noter que le barrage poids en béton est un ouvrage rigide ; le

module du béton traditionnel est de l’ordre de 25 GPa, généralement supérieur au module


des fondations rocheuses sur lesquelles il repose.

Ces rappels sur le fonctionnement mécanique du profil poids justifient la principale


exigence pour un barrage en béton, à savoir la nécessité d’une fondation rocheuse de

qualité suffisante. La condition relative à sa faible déformabilité est généralement la plus


contraignante, en particulier pour des fondations de roches tendres ou altérées, mais la

condition sur la résistance au cisaillement élimine également le profil poids lorsque la


résistance au cisaillement de la fondation est faible (fondation marneuse, présence de

joints argileux subhorizontaux dans la fondation...).

KANGITSI KYAVULIKIRWA Pascal, Ir BTP, IBTP-BUTEMBO Page 37


COURS DE BARRAGES

III. LES MATÉRIAUX UTILISÉS : ÉVOLUTION HISTORIQUE

III.1. Maçonnerie
Historiquement, le matériau de construction le plus utilisé a été la maçonnerie, aussi

bien pour les barrages voûtes (barrage Zola en France, très anciens barrages en Iran...)
que pour les profils poids.

La construction de barrages en maçonnerie n’est presque plus utilisée, principalement

du fait qu’elle exige une abondante main-d’oeuvre pour la taille des pierres d’appareillage
et leur mise en place. Mais cette technique reste opérationnelle dans certains pays (Chine,

Inde, Maroc, Afrique sahélienne...) pour les petits barrages.

III.2. Béton conventionnel


La technique des barrages poids en béton conventionnel vibré (BCV) s’est développée

à partir de la deuxième décennie du XXe siècle. Elle a donné lieu à un très grand nombre
d’ouvrages de toute taille et pour toutes sortes d’usages.

La technologie des barrages poids en BCV met en œuvre des bétons de


granulométrie importante ( jusqu’à 80 millimètres) et des dosages en ciment de l’ordre de

200 à 250 kg/m3. L’exothermie de la réaction d’hydratation du béton conduit pendant la


prise à de fortes augmentations de température du béton et à un risque de fissuration lors

du refroidissement.

Les barrages en BCV sont pour cette raison construits par plots de dimensions
horizontales courantes 15 x 15 mètres nécessitant la mise en oeuvre de nombreux joints

de contraction, transversaux et longitudinaux (au moins pour les barrages de grande


hauteur). Pour les petits barrages, il est généralement possible de se contenter de joints

transversaux.

Le monolithisme de l’ouvrage est obtenu par la mise en place de boîtes de

cisaillement et l’injection des joints entre plots. La technique des barrages poids en BCV
nécessite comme la maçonnerie une importante main d’oeuvre, en particulier pour la

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COURS DE BARRAGES

réalisation des coffrages. Cette exigence en main d’œuvre et le développement parallèle

des techniques modernes de terrassement à très hautes cadences ont conduit à une
désaffection progressive pour les profils poids en béton au profit des barrages en terre ou

en enrochements.

III.3. Béton Compacté au Rouleau (BCR)


Le regain d’intérêt pour les profils poids est venu de l’invention du BCR qui est une
innovation technique majeure dans la technologie des barrages. L’innovation consiste à

mettre en place le béton et à le compacter, non plus par les moyens traditionnels (grue ou
blondin pour le transport et compactage par pervibration dans la masse), mais en utilisant

les techniques de terrassement, transport par camion, réglage au bouteur, compactage au


rouleau vibrant lourd. Ce mode de réalisation exige toutefois une surface de plate-forme

de travail supérieure à 500 m² (environ) pour que les engins puissent évoluer
efficacement.

La possibilité de réduire au strict nécessaire la quantité d’eau et le serrage efficace

obtenu par le compactage en couches de 30 cm ont permis de limiter les quantités de


ciment à des valeurs de 100 à 150 kg/m3 de façon à diminuer l’exothermie. En effet, cette

nouvelle méthode de mise en oeuvre s’accommode mal des nombreux joints destinés à
contrôler la fissuration thermique du BCV. Dans la conception actuelle des barrages en

BCR, seuls les joints transversaux sont conservés, mais généralement à des espacements
bien supérieurs aux 15 mètres traditionnels des barrages en BCV.

L’un des avantages importants du BCR, en particulier dans les pays développés, est la
rapidité d’exécution : le massif d’un petit barrage peut être construit en quelques

semaines, permettant de réduire les coûts d’immobilisation, de maîtrise d’oeuvre et


souvent de dérivation des eaux, le barrage étant construit en étiage avec des ouvrages de

dérivation réduits au minimum.

Dans cet esprit, les matériaux BCR utilisés pour le corps du barrage sont avant tout
des matériaux rustiques, dont la composition variable est guidée par la disponibilité sur le
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COURS DE BARRAGES

site des composants dans une formulation au moindre coût. Les teneurs en liant sont

faibles, de l’ordre de 100 kg/m3, et la teneur totale en fines est d'au moins de l’ordre de 12
%.

III.4. Le Remblai Dur


Dans l’optique d’une plus grande économie dans la fabrication du matériau BCR, on a

cherché à diminuer encore la teneur en ciment et à utiliser des alluvions naturelles, si


possible sans traitement préalable. Cependant, il convenait d’adapter la conception du

barrage aux contraintes admissibles pour un tel matériau. Ainsi est né le concept de
remblai dur dont les caractéristiques sont les suivantes :

 profil symétrique de fruits compris entre 0,5H/1V et 0,9H/1V (pour fixer les idées),

l'optimum mécanique étant obtenu pour des fruits de 0,7 H/1V ;


 distinction des fonctions d’étanchéité assurées par un masque amont, et des

fonctions de stabilité assurées par le massif de remblai dur;


 remblai dur qui est un BCR où on recherche l’économie maximale par utilisation des

matériaux naturels avec un traitement minimum et un dosage en ciment également


minimum (de l’ordre de 50 kg/m3) ;

 un module de déformation du remblai dur qu’on peut estimer significativement


inférieur à celui du béton conventionel vibré, dépendant bien sûr de la nature et de

la granulométrie des agrégats ainsi que du dosage en liant.

Le profil symétrique transmet des sollicitations faibles sur la fondation. Sous poids

propre, les contraintes sont uniformes et de l’ordre de deux fois plus faibles que sous le
pied amont d’un profil poids classique. Le remplissage et l’exploitation de la retenue ne

modifient que très légèrement les contraintes normales et l’ensemble du contact béton
fondation reste quasi-uniformément comprimé. Enfin, l’inclinaison sur la verticale de la

résultante générale est très modérée (14 à 22° suivant les conditions de drainage).

Ces caractéristiques permettent d’envisager un barrage poids sur des fondations


rocheuses médiocres qui ne conviendraient pas à la construction d’un barrage poids
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COURS DE BARRAGES

traditionnel. Le barrage symétrique garde les avantages de l’ouvrage rigide vis-à-vis des

fonctions hydrauliques et s’accommode d’une fondation rocheuse de caractéristiques


mécaniques médiocres (ce qui, autrement dit, peut permettre une fondation sur les

couches de subsurface et pas nécessairement sur le bon rocher profond).

La faible modification des contraintes lors de l’exploitation de la retenue, associée à


une construction du masque amont après la construction du massif poids, permet de

s’accommoder d’une telle fondation : en effet, du fait des effets thermiques et des

tassements de la fondation, le risque de fissuration est maximal en fin de construction,


c’est-à-dire avant la pose de l’étanchéité.

Ajoutons que le barrage symétrique en remblai dur a un bon comportement en cas

de séisme, et peut sans dommages majeurs subir d’importantes crues de chantier.


Plusieurs ouvrages ont déjà été étudiés suivant ces principes en particulier en Grèce, en

Espagne et au Maroc.

IV. LE BARRAGE POIDS CLASSIQUE (EN BCV OU BCR)


Par barrage poids classique, on entend un barrage en béton conventionnel ou en
BCR, présentant un fruit amont nul ou très faible (parement amont subvertical) et un fruit

aval de l’ordre de 0,81.

C’est le type le plus couramment répandu parmi les petits barrages en béton.
L’ouvrage massif résiste à la poussée de l’eau et aux sous-pressions par son poids propre.

Comparé au barrage voûte ou à contreforts, la conception et le calcul de tels ouvrages

restent simples. Leur construction ne fait pas appel à des techniques sophistiquées. Les
coffrages sont réduits. A contrario, le volume de béton est plus important.

IV.1. FONDATION
Le barrage poids classique doit être construit sur un rocher sain, sauf cas particulier
nécessitant des dispositions spécifiques. L’exigence de qualité du rocher s’impose bien sûr

de façon moins stricte que pour les grands barrages (les contraintes maximales sont en

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COURS DE BARRAGES

première approche proportionnelles à la hauteur). Toutefois, trois arguments plaident en

faveur d’une fondation de bonne qualité :

 la structure rigide de l’ouvrage ne peut guère s’accommoder de mouvements


différentiels ;

 le diagramme des contraintes transmises à la fondation est radicalement différent


entre la situation où le barrage est plein et celle où il est vide, ce qui peut induire des

phénomènes de fatigue d’un rocher médiocre au fil des vidanges et remplissages ;

 les gradients hydrauliques en fondation sont élevés et pourraient conduire à des


phénomènes d’érosion interne en cas de rocher de qualité médiocre.

Lorsque la fondation est, sur plusieurs mètres d’épaisseur, constituée de terrains

meubles ou de rocher décomposé, la solution d’un ouvrage en remblai s’imposera assez


naturellement pour les barrages de faible et moyenne hauteur. En effet, sauf cas

particulier, la disponibilité sur place de matériaux de remblai conduit à adopter cette


dernière solution dans les conditions économiques actuelles compte tenu des

performances des engins modernes de terrassement. Il est vrai cependant, que dans
certains pays, les petits barrages en terre sont couramment équipés d’un déversoir massif

en béton, assimilable à un barrage poids, reposant le plus souvent sur une fondation
meuble.

IV.2. TRAITEMENT DE LA FONDATION


Pour les petits barrages poids, les gradients hydrauliques en fondation (et dans le

corps de l’ouvrage) sont aussi élevés que pour les grands barrages. L’étanchéité des
fondations doit donc, contrairement à une idée trop répandue, faire l’objet d’une vigilance

aussi importante.

Le niveau d’assise du barrage est le rocher sain qui est le plus souvent fracturé. Un
traitement de la fondation par injections s’impose donc dans la plupart des cas, y compris

pour les petits barrages. Cependant, par souci d’économie, on cherche à réaliser les
injections en une seule intervention.
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COURS DE BARRAGES

Si le barrage est équipé d’une galerie, les injections sont faites en forages depuis cette

galerie (voir figure ci-dessous-a). Les dimensions de la galerie et de ses accès doivent
donc permettre le passage des machines de forages (qui, il est vrai, sont maintenant peu

encombrantes).

À titre indicatif, on peut retenir une dimension minimale de 2,0 mètres de largeur et
2,5 mètres de hauteur. Lorsque le barrage n’est pas équipé de galerie- ce qui est le plus

souvent le cas pour les petits barrages - les forages d’injection sont réalisés depuis le pied

amont (voir figure ci-dessous-b). Le cas échéant, pour les barrages d’une certaine
importance ou pour des fondations médiocres, le voile d’injections est encagé entre deux

lignes d’injections peu profondes réalisées à l’ouverture des fouilles, ce qui exige alors
deux phases distinctes d’injection.

Il convient de s’assurer que la zone du voile d’injection reste toujours comprimée pour

toutes les combinaisons de charge. Dans les premiers mètres de profondeur, la pression
d’injection doit être limitée (ne pas dépasser 0,5 MPa) afin d’éviter de claquer le rocher et

de soulever le barrage. L’adoption de coulis plus pénétrants permet d’obtenir un

traitement aussi efficace tout en limitant la pression d’injection.

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IV.3. DRAINAGE
La stabilité des barrages poids classiques est fortement liée aux sous-pressions
régnant sous l’ouvrage. Un drainage de la fondation est donc à recommander. Cependant,

pour être réellement efficace, le drainage doit être fait relativement en amont, c’est-à-dire
depuis une galerie (voir figure 1-a, ci-dessus). Or, le coût de réalisation d’une galerie

périmétrale et de ses branches d’accès et les contraintes de chantier qui en découlent


conduisent souvent, pour les petits barrages, à préférer l’augmentation du fruit global du

barrage. De plus, en vallée étroite, l’accès à la galerie est parfois délicat à partir du pied
aval et il convient également de vérifier que la galerie n’est pas noyée en cas de crue.

On peut considérer, à titre indicatif, que les barrages en BCV de moins de 15 mètres
de hauteur ne seront pas équipés de galerie et, qu’a contrario, les barrages de plus de 15

mètres de hauteur sur fondation en seront généralement dotés ; cette limite passe à 20 -
25 mètres pour les barrages en BCR, la galerie représentant une importante contrainte de

chantier pour la technique du BCR, contrainte dont on cherche si possible à s’affranchir.


Pour les barrages non équipés de galerie, le drainage peut être constitué d’une ligne de

forages implantés près du pied aval et inclinés vers l’amont (voir figure 1-b, ci-dessus).
Cette solution permet d’améliorer la situation des sous-pressions sous le coin aval du

barrage. Elle n’a donc un intérêt significatif que lorsque la largeur de la base est inférieure
à environ 10- 12 mètres, c’est-à-dire lorsque la hauteur est inférieure à 12-15 mètres. Dans

tous les cas, les forages de drainage doivent rester accessibles pour leur nettoyage, voire
leur réalésage. Le risque de colmatage des drains de fondation est systématiquement à

prendre en compte, ainsi que le risque d'obstruction par le gel de leur sortie. Les drains
doivent donc être d'accès aisé afin de pouvoir être nettoyés et au besoin réalésés.

Enfin le drainage interne1 du corps de l’ouvrage, qui est quasi systématique sur les

grands barrages poids de conception moderne, n’est généralement pas pratiqué sur les
petits barrages. En effet on peut admettre que, dans sa masse, le béton dispose d’une

résistance significative à la traction, ce qui permet pour les petits ouvrages de satisfaire les
conditions de stabilité interne sans l’appoint du drainage interne.

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IV.4. ANALYSE DE STABILITÉ


Dans l’analyse de la stabilité d’un barrage poids, il convient de garder présent à l’esprit
que la grande majorité des ruptures de barrages-poids recensées dans le monde s'est

produite lors des crues. Ceci est facilement compréhensible car la poussée de l’eau variant
comme le carré de la hauteur d’eau, tout dépassement du niveau de la crue de projet

entraîne une diminution de la stabilité de l’ouvrage, diminution qui est


proportionnellement d’autant plus forte que le barrage est de faible hauteur. Ainsi, à titre

d’exemple une surhauteur d’eau de 1 mètre entraîne, pour un barrage de 10 mètres de


hauteur, une poussée accrue de 21 % et un moment de renversement accru de 33 %.

L’évaluation de la crue de projet et du niveau atteint par l’eau devra être faite avec une
grande rigueur et on tiendra compte de l’imprécision ou des incertitudes sur l’hydrologie

en examinant les conséquences d’un dépassement significatif de la crue de projet qui aura
été retenue.

Les actions
Nous proposons de classer les actions à prendre en compte dans les calculs en :

o actions permanentes ;
o actions variables ;

o actions accidentelles.

Actions permanentes
Le poids propre

La densité d’un béton conventionnel vibré de barrage poids est le plus souvent de
l’ordre de 2,4. Des valeurs plus fortes ou plus faibles sont à prendre en compte lorsque la

densité des agrégats diffère significativement de 2,7. De l’ordre de 2,4, la densité d’un BCR
est variable selon la granulométrie des agrégats et le dosage en liant. La densité d’un BCR

pauvre en fines peut descendre à 2,3. Pour les petits barrages il convient de tenir compte,
de la présence éventuelle d’une galerie dans le calcul du poids propre.

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Poussée des sédiments déposés en pied amont

Les sédiments en cours de consolidation exercent une poussée qui est a priori

légèrement inclinée sur l’horizontale. Le coefficient de poussée peut être pris égal à :

Il convient de faire le calcul en contraintes effectives, c’est-à-dire avec la densité


déjaugée pour les sédiments, car la poussée de l’eau est par ailleurs considérée sur toute

la hauteur du barrage.

Action variable

Poussée de l’eau et des matières en suspension


Cette poussée s’exerce perpendiculairement à la surface du parement amont. La
densité d’une eau chargée de sédiments peut atteindre couramment 1,05 à 1,10. Le

niveau d’eau à prendre en compte est celui des plus hautes eaux lors de la crue de projet.
Ce niveau doit être évalué avec précision car, pour les petits barrages, la stabilité est,

comme il a été indiqué plus haut, très sensible à toute surélévation du plan d’eau au-delà
de sa cote normale.

On peut tenir compte le cas échéant de l’effet bénéfique de la poussée due au plan

d’eau aval. Il est à noter que les conditions d’écoulement hydraulique en aval du barrage
font que cette poussée croît souvent plus vite que la poussée amont. Donc, le cas le plus

défavorable n’est pas toujours celui de la crue de projet. Il faut envisager aussi des niveaux
intermédiaires.

Sous-pressions sous la fondation


Le calcul est en général à faire pour la crue de projet. En l’absence de drainage, on

considère habituellement un diagramme trapézoïdal avec la pleine sous-pression ( ) du

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plan d’eau en pied amont et une sous-pression ( ) égale au niveau d’eau en pied aval

(figure ci-dessous 2-a).

En l’absence de drainage, le diagramme des sous-pressions peut être plus


défavorable que le diagramme trapézoïdal (a) de la figure 2 si les fissures du rocher ont

tendance à se refermer au pied aval. Lorsque l’étude géologique conduit à redouter cette
hypothèse, des drains doivent impérativement être forés au pied aval.

En cas de drainage et dans l’hypothèse d’un entretien régulier des drains, il est
recommandé de considérer que le drainage est efficace à 50 %, ce qui revient à dire que

les sous-pressions sont abaissées de moitié au droit du voile de drainage :

De même, si un voile d’injection a été réalisé en fondation près du pied amont, et

pour autant que le pied amont ne soit pas soumis à des tractions, on considère que le

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voile a pour effet de diminuer d’un tiers la sous-pression juste à son aval (par rapport à un

diagramme trapézoïdal avec la pleine sous-pression côté amont) :

Poussée des glaces


Cette action n’est à considérer que si l’environnement climatique du barrage le justifie.
Elle n’est en général pas déterminante pour la stabilité, car elle n’est pas concomitante

avec la crue de projet. Pour évaluer le cas échéant cette action, on se reportera à
Technique des Barrages en Aménagement Rural.

Action accidentelle : les séismes


Pour les petits barrages poids, la dimension de l’ouvrage ne justifie en général pas un
calcul en dynamique et l’action d’un séisme est prise en compte classiquement par la

méthode dite « pseudo-statique », qui revient à modifier le vecteur des forces de


pesanteur pour le calcul du poids propre de l’ouvrage :

o le vecteur g a une composante horizontale d’intensité;


o simultanément, la contrainte de poussée de l’eau à la profondeur z est

augmentée d’une valeur P. Nous verrons des plus amples détails dans la partie
pratique du cours.

IV.5. Combinaisons d’actions


Les sollicitations de calcul résultent des combinaisons d’actions ci-après dont on
retient les plus défavorables vis-à-vis du mécanisme de rupture envisagé. On peut ainsi

distinguer trois types de combinaisons d’actions :

 Combinaison fréquente ou quasi-permanente : c’est l’état de sollicitation correspondant

au niveau de service courant de l’ouvrage. En général, c’est la combinaison du poids


propre, de la poussée des sédiments déposés, de la poussée de l’eau à la retenue

normale (R.N.) et de la sous-pression correspondante sous la fondation ;

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 Combinaison rare : il s’agit de la combinaison d’actions lors de la crue de projet (niveau

des plus hautes eaux - PHE). On prend en compte le poids propre, la poussée des
sédiments déposés, la poussée d’une eau éventuellement chargée et la sous-pression

correspondante sous la fondation ;

IV.6. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES DES BARRAGES EN BÉTON CONVENTIONNEL

A. Les joints
Un barrage poids en béton conventionnel doit être équipé de joints subdivisant

l’ouvrage en plots et permettant d’absorber les effets dus au retrait hydraulique du béton
et aux variations thermiques annuelles. De ce point de vue, il n’y a pas de spécificité pour

les petits barrages. Les joints sont en général espacés de 15 à 20 mètres pour les barrages
en BCV et de 20 à 50 mètres pour les barrages en BCR. Il est important (et encore plus

pour les petits barrages) de positionner un joint à chaque discontinuité dans le profil rive à
rive de la fondation, ce qui peut amener à rapprocher localement les joints par rapport

aux recommandations ci-dessus. Chaque plot doit être le plus homogène possible quant à
son niveau de fondation et à son profil.

B. Les bétons
Classiquement, les barrages poids en béton conventionnel sont réalisés avec un béton

non armé dosé à environ 250 kg de liant. Pour les petits barrages, par souci de
simplification, on retiendra une formulation unique de béton. En cas d’ eaux agressives, on

recommande le recours à des ciments adaptés (riches en laitier ou contenant des cendres
volantes).

Il convient systématiquement de vérifier le caractère non réactif des agrégats vis-à-vis

des phénomènes d’alcali-réaction, ainsi que leur tenue au gel. Pour les petits barrages, les
quantités de béton à mettre en œuvre ne justifient parfois pas l’installation d’une unité de

production sur chantier. On a alors recours à des bétons prêts à l’emploi en provenance
des centrales situées dans les environs. Il convient d’être prudent vis-à-vis de l’emploi de

ces bétons qui comportent de nombreux adjuvants dont certains peuvent ne pas être

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COURS DE BARRAGES

souhaitables pour la construction d’un barrage. Il faut dans ce cas imposer un cahier des

charges strict aux fournisseurs sur la composition du béton, sur les délais de transport et
de mise en œuvre et sur les adjuvants autorisés ou prohibés.

Enfin, comme pour les grands barrages, le bétonnage par temps froid (< 0°C) sera

interdit et des précautions spéciales sont à prendre entre 0 et 5°C. En cas de bétonnage
par temps sec et chaud, on portera une attention toute particulière à la cure du béton

(effectuée plutôt à l’eau qu’avec des adjuvants).

C. La galerie amont-aval
Pour les barrages en BCR, la réalisation d’une galerie représente toujours une
contrainte importante de chantier. Dans les cas où l’ on ne peut éviter la galerie, le projet

du barrage devra s’attacher à regrouper l’ensemble des ouvrages en béton conventionnel


(vidange, prise d’eau, galerie) à la base d’un même plot, voire dans un des appuis, afin de

permettre un phasage de chantier le moins pénalisant possible pour l’efficacité de la mise


en œuvre du BCR.

D. Évacuateur de crue
La solution la plus répandue pour les barrages poids en BCV ou en BCR consiste à
réaliser un évacuateur de surface (vanné ou non), implanté en partie centrale du barrage.
Afin de dissiper une part importante de l’énergie, on construit sur le parement aval un

coursier en marches d’escalier, en béton conventionnel. Les marches d’escalier démarrent


le plus haut possible sur le coursier et sont de hauteur croissante jusqu’à une hauteur de

0,60 à 0,90 mètre en partie courante du coursier. Les marches peuvent être réalisées in situ
extrudé ou mises en œuvre à partir d’éléments préfabriqués dans le cas du BCR. En cas de

forts débits spécifiques sur le coursier, il est nécessaire d’ancrer les marches dans le corps
du barrage.

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CHAPITRE III. PETITES CENTRALES HYDRO-ELECTRIQUES


I. Technologie des petites centrales

I.1 Classification des petites centrales et de leurs composants


La classification s’effectue en fonction de la manière dont l’eau est captée et conduite à
la turbine, de l’emplacement de cette dernière et de la hauteur de chute ou dénivellation

exploitée.

On distingue deux classes principales de petites centrales:

a) Installations à basse pression le long d’un cours d'eau ou sur un canal de

dérivation.

L’ouvrage le plus important est le barrage, ou prise d’eau, le plus souvent construit en
béton. Sa fonction est de détourner le débit nécessaire directement vers la turbine ou
dans un canal de dérivation tout en laissant passer les crues. La centrale est soit intégrée
directement dans le barrage, soit placée à l’extrémité d'un canal. Il n’y a en règle générale
pas de conduite forcée, ou celle-ci reste très courte. Les chutes se situent entre 2 et 20
mètres et la pression dans la turbine est faible (0,2 à 2 bars).

b) Installations à moyenne et haute pression sur des cours d’eau, des sources de
montagne, des réseaux d’eau potable et dans des circuits hydrauliques
industriels.

Aux composants mentionnés pour la première catégorie s’ajoute une conduite forcée
entre la prise d’eau, ou l’extrémité du canal de dérivation, et la centrale. La conduite est
l’ouvrage le plus important de ce type de petite centrale.

L’illustration ci-dessous montre les parties les plus importantes d’une centrale à haute
pression sur un canal de dérivation.

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COURS DE BARRAGES

Dans leur principe, les petites centrales se distinguent peu des grandes installations. La
différence se situe avant tout au niveau de la simplicité de conception et d’exploitation.

En effet, les petites centrales doivent non seulement être peu coûteuses à la construction,
mais doivent aussi pouvoir fonctionner automatiquement sans personnel permanent et
avec un minimum de surveillance et d’entretien.

En règle générale elles sont exploitées au fil de l’eau, sans réservoir d’accumulation,
éléments trop coûteux pour de petites installations. Lorsqu’il y a stockage temporaire par
le biais d’un étang ou d’un réservoir, celui-ci sert tout au plus à produire de l’énergie de
pointe durant quelques heures de la journée

I.2 Notions techniques concernant l’utilisation de la force hydraulique


L’énergie de l’eau qui descend d’une vallée est normalement détruite dans les chutes et les
rapides. Elle peut être transformée en électricité par des turbines et des générateurs.

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COURS DE BARRAGES

Trois paramètres importants doivent être considérés lorsque l’on parle d’énergie
hydraulique: la chute, le débit et la puissance.

La chute brute est la différence d’altitude entre le niveau à la prise d’eau et le niveau à
l’aval de la centrale, où l’eau est restituée à la rivière.

Elle est habituellement indiquée en mètres avec la lettre H. Pour comparer avec la
pression: un bar correspond à environ 10 mètres de hauteur d’eau. La puissance
hydraulique théorique du site, en kW, est utilisée pour fixer la taxe à payer pour la
concession; elle se calcule à partir du produit du débit d’eau turbiné par la chute brute de
l’installation.

Une partie de l’énergie se perd dans l’installation par frottement de l’eau dans les grilles,
vannes, coudes et parois du canal et de la conduite forcée. Ces pertes sont appelées
pertes de charge.

Pour les petites centrales, les pertes de charge représentent 10 à 15% de la hauteur d’eau,
ou chute brute. L’illustration ci-dessous met en évidence cette proportion.

Ces pertes réduisent la chute brute. En les déduisant de celle-ci, on obtient la chute nette,
effectivement à disposition de la turbine et qui peut être décrite comme la différence de
pression entre l’entrée et la sortie de cette dernière (différence entre les pressions p1 et p2
en bar lues sur les manomètres placés juste avant et après la turbine).

La chute nette permet de calculer, avec le débit, la puissance hydraulique qui entre dans la
turbine et qui sera transformée par celle-ci.

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COURS DE BARRAGES

Pour obtenir la puissance effectivement à disposition de l’utilisateur, il est nécessaire de


considérer le rendement de l’installation, qui tient compte des diverses pertes qui se
produisent dans la turbine et le générateur.

Le rendement est obtenu en divisant l’énergie qui sort du générateur par celle qui entre
dans la turbine. Les groupes turbo-générateurs des microcentrales ont, en règle générale,
un rendement global d’environ 70%.

La puissance électrique moyenne (Pel en kW) se calcule en fonction du débit


d’écoulement moyen (Qm enl/sec), de la hauteur de chute nette (Hn en m ou 10 x la
différence de pression en bar) et d'un rendement de 70%, par la formule suivante:

I.3 Les éléments d’une petite centrale, leur fonction et leur construction
Du point de vue de sa conception, une petite centrale ne peut être directement
comparée à une centrale hydroélectrique de grandes dimensions.

Pour cette dernière, l’importance de l’investissement, en général supérieur à


plusieurs millions, permet de financer les études fouillées nécessaires pour un
dimensionnement optimal de tous ses composants. Par contre, les moyens financiers à
disposition pour construire une petite centrale sont beaucoup plus limités. Car le but est
d’obtenir un prix de revient de l’énergie comparable à celui d’une grande centrale avec un
investissement beaucoup plus faible.

Il faut construire bon marché tout en assurant une bonne qualité et des
rendements aussi élevés que possible. D’où le recours souhaitable à des composants
standardisés permettant de réduire les coûts sans affecter la qualité, avec une préférence
pour les technologies existantes et éprouvées dans la pratique.

Le concepteur devra faire preuve d’un esprit d'innovation pour trouver des
solutions simples, fiables, bien adaptées au site et d’un prix acceptable.

Les deux principales exigences à respecter sont:

o coût d’investissement et d’exploitation limités;


o intervention minimale sur le milieu naturel.

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COURS DE BARRAGES

I.3.1 Ouvrages hydrauliques


La prise d’eau La prise d’eau a pour fonction de dériver par temps sec comme en
période de crue le débit nécessaire pour alimenter la ou les turbines. Pour les
microcentrales, deux prises d’eau sont usuelles:

o la prise latérale, avec ou sans retenue d’eau;


o la prise tyrolienne (dite prise inversée).

Un choix judicieux de l’emplacement de la prise d’eau (en général à l’extérieur d’un


coude de la rivière) permet d’éviter que de grandes quantités de graviers et sédiments,
charriés par la rivière durant les crues, ne soient entraînés dans le canal.

Habituellement, une prise latérale est combinée avec un barrage fixe ou mobile qui
assure une certaine retenue d’eau en amont pour prélever le débit désiré mais qui sera
conçu pour laisser passer graviers et sédiments avec les crues.

Les barrages fixes sont plus sûrs et meilleur marché, mais ils provoquent une
élévation du niveau d’eau amont par grands débits, avec risque d’inondations. Ils seront
donc équipés, selon les nécessités de la topographie, de vannes de décharge qui
s’ouvriront en cas de crue pour maintenir le niveau amont à une hauteur acceptable
(illustration ci-dessous).

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COURS DE BARRAGES

Jusqu’à présent, les barrages mobiles étaient réalisés en construction métallique


avec des vannes et clapets de déversement. De nos jours, ils sont remplacés de plus en
plus par des déversoirs gonflables en caoutchouc, constitués par un boudin souple placé
dans le lit de la rivière et rempli plus ou moins avec de l’eau selon le niveau amont désiré.
En cas de crue, il est dégonflé et s’aplatit sur le lit de la rivière pour laisser le libre passage
à l’eau.

Cette technique évite le recours à des composants mécaniques coûteux à la construction


comme à l’entretien (illustration 2.4).

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COURS DE BARRAGES

La prise tyrolienne ou inversée a fait ses preuves sur des rivières et torrents à forte
pente et à débits très variables. L’eau captée tombe à travers une grille à barreaux ou en
tôle perforée placée directement dans le lit de la rivière. Les graviers et débris transportés
par les crues glissent sur la grille, qui ne laisse passer que l’eau et les sédiments fins.

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Le dessableur

L’eau déviée par la prise dans le canal de dérivation transporte avec elle des
matières en suspension (boues) et des sédiments (sable, gravier) qui doivent être éliminées
dans un dessableur.

Sans cela, ces matériaux se déposeront dans le canal qu’il faudra nettoyer
périodiquement à grands frais. Ils provoqueront également une usure rapide de la turbine
et des vannes qui devront être réparés ou remplacés prématurément.

Le dessableur est un bassin plus large que le canal et dans lequel la vitesse de l’eau
est suffisamment ralentie pour que les particules solides s’y déposent.

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COURS DE BARRAGES

Les sédiments seront évacués périodiquement à la rivière par vidange et rinçage du


bassin. Dans certains types de dessableurs le nettoyage s’effectue automatiquement en
continu pendant les crues à l’aide d’un astucieux système de purge.

Grilles et dégrillage

Le dégrilleur d’une petite centrale a pour fonction d’empêcher que les débris
flottants (avant tout les feuilles et les branches) ne parviennent à la turbine et ne la
colmatent. Le système conventionnel à grille à barreaux est le plus souvent équipé d’une
machine de nettoyage automatique à râteau ou racleur qui évacue les débris dans un
container (voir illustration 4.3). Le triage des déchets, compostables, matières incinérables
et déchets spéciaux peut représenter une charge importante pour le propriétaire de la
petite centrale.

Le nettoyage des rivières par l’intermédiaire des installations de dégrillage des petites
centrales est aussi bénéfique pour la collectivité que pour la centrale elle-même. Une
indemnisation correspondante (par exemple une réduction des taxes de concession) pour
tenir compte de ce service à la communauté n’a pourtant encore jamais été introduite.

Certains concepteurs de petites centrales ont développé des solutions simples pour
résoudre le problème du dégrillage: une prise tyrolienne placée ans le canal et associée à
une tôle perforée horizontale (en lieu et place d’une grille à barreaux) permet le passage
de l’eau, tout en la filtrant.

Lorsque l’amoncellement de feuilles et autres débris sur la grille devient trop important,
celle-ci sera rincée en utilisant la totalité du débit du canal, ce qui est réalisé en coupant
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l’eau vers la turbine durant un court instant. Ce système autonettoyant n’est cependant
utilisable que pour les turbines à moyenne et haute pression, pour lesquelles une légère
perte de chute ne porte pas à conséquence.

I.3.2 Conduite forcée


Les conduites forcées des petites centrales sont réalisées avec des tuyaux standards
disponibles sur le marché pour d’autres applications (eau potable et eaux usées).

Le choix du matériau des tuyaux est essentiellement fonction de la chute (ou pression) et
du diamètre de la conduite.

Les tuyaux pour canalisations en plastique ou fibrociment sont utilisables pour les faibles
hauteurs, jusqu’à 10 ou 20 m.

Jusqu’à 140 m de chute (pression 14 bars) et pour des faibles diamètres (200 mm ou
moins), le plastique, PVC, PE ou polyester, présente de multiples avantages, en particulier
du point de vue du prix et de la résistance à la corrosion.

Pour des pressions plus élevées et des conditions de terrain difficiles, le choix se limite aux
tuyaux en fonte, qui ont fait leurs preuves dans l’approvisionnement en eau, ou en acier.

Les conduites forcées des petites centrales récentes sont généralement enterrées, ce qui
permet de préserver le paysage.

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I.3.3 Turbines
Issues des roues à eau, les turbines modernes ont été développées à partir de
conceptions élaborées au 19e siècle, mais encore valables aujourd’hui. Pour une petite
centrale déterminée, le type de turbine adéquat sera choisi en fonction de la hauteur de
chute et du débit du site.

Pour des chutes de 30 m à 500 m, ou plus, la turbine Pelton est la plus couramment
utilisée. Elle est équipée d’une roue à augets qui sont frappés par un ou plusieurs jets
d’eau à grande vitesse.

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COURS DE BARRAGES

Par déviation dans les augets, l’eau transmet sa force à la roue.

Le débit, et en conséquence la puissance de la turbine, est réglé en variant


l’ouverture de l’injecteur qui produit le jet avec un pointeau mobile.

La turbine la plus répandue dans les anciennes installations à faible chute est sans
conteste la turbine Francis. En fonction de la puissance, elle est installée pour des chutes
comprises entre 3 mètres (installation en chambre d’eau ouverte) et plus de 100 mètres
(turbines à bâche spirale d'un aspect similaire à celui d’une pompe centrifuge).
Contrairement à celle de la Pelton, la roue de cette turbine, dite turbine à réaction, est
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COURS DE BARRAGES

complètement immergée dans l’eau. Cette roue est constituée d’une série d’aubages
profilés qui forment des canaux au travers desquels l’eau est accélérée et déviée.

La régulation du débit est réalisée par des pales mobiles placées sur la
circonférence de la roue. Elles portent le nom d’aubes directrices. Etant donné sa
construction compliquée, qui implique un prix d’achat élevé, ce type de turbine n’est que
rarement installé dans des petites centrales récentes.

La turbine Kaplan est une autre forme de turbine à réaction, dont la roue est
entièrement immergée dans l’eau. Sa roue est une hélice, comparable à celle d’un bateau.
Le débit est réglé le plus souvent en changeant l’orientation des pales de la roue,
éventuellement par l’ajustement parallèle d’aubes directrices similaires à celle de la turbine
Francis pour en améliorer encore le rendement. Ce type de turbine trouve son application
dans des petites centrales à basse chute (de 2 à 20 m) et grand débit (1 m3/s ou plus), où
elle remplace le plus souvent d’anciennes turbines Francis.

Elle peut être montée dans une chambre d’eau ouverte, mais le plus souvent elle est
intégrée directement dans une conduite; elle est alors désignée sous le nom de turbine
bulbe ou turbine S.

Bien qu’encore peu utilisées en Suisse, les pompes inversées et les turbines à flux
traversant (appelées aussi Banki ou cross-flow) sont très bien adaptées pour une utilisation
en microcentrale.

La turbine à flux traversant se distingue en particulier par sa robustesse, la


simplicité de sa construction et de faibles exigences du point de vue surveillance et

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COURS DE BARRAGES

entretien. Son rendement est cependant légèrement inférieur à celui des autres types de
turbines.

Elle est formée d’une roue à aube de forme cylindrique, traversée à angle droit par
un jet d’eau de section rectangulaire; le débit est réglé par une aube rotative.

Son domaine d’utilisation se situe entre celui des turbines Kaplan et Pelton, pour
des chutes faibles à moyennes, où elle remplace la turbine Francis.

La pompe inversée est une pompe standard qui est utilisée comme turbine en
changeant la direction de l’écoulement (l’eau entre côté pression et sort côté aspiration)
ainsi que le sens de rotation.

Elle fonctionne comme une turbine à réaction de type Francis mais avec un débit
fixe. Peu onéreuse et rapidement installée, elle ne nécessite aucun système de réglage.

Ce type de machine trouve une application essentiellement là où le débit peut être


maintenu constant sur une certaine durée, en particulier comme turbine de récupération
dans des réseaux d’eau potable, dans des installations industrielles (par exemple
pétrochimie) et pour turbiner des débits de restitution au pied de barrages.

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I.3.4 Générateurs, commande et régulation


Le choix du générateur et du système de régulation dépend en premier lieu du
mode de fonctionnement de la microcentrale: en parallèle avec le réseau de distribution
électrique ou en régime isolé. En parallèle, l’installation injecte du courant électrique dans
le réseau de distribution local, alors qu’en mode isolé, la microcentrale n’alimente qu’un
seul utilisateur (alpage, hôtel ou cabane de montagne). Une combinaison des deux
formules est possible, bien que plus complexe et plus onéreuse.

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Fonctionnement en parallèle

Les microcentrales de puissance inférieure à 300kW et ne fonctionnant qu’en


parallèle sont essentiellement équipées de générateurs asynchrones. La tension et la
fréquence sont dictées par le réseau de distribution et sont constantes.

Fonctionnement en régime isolé

En mode isolé, ou îlot, le groupe turbine-générateur doit avoir la capacité de maintenir


par lui-même une tension et une fréquence constantes. La puissance produite par le
générateur doit être identique à celle consommée par les utilisateurs. Si tel n’est pas le cas,
fréquence et tension se modifient, ce qui peut provoquer des dommages aussi bien aux
appareils consommateurs (moteurs, lampes, électronique), qu’aux installations de
production.

Les microcentrales en régime isolé sont dans leur grande majorité équipées de
générateurs synchrones, machines qui peuvent alimenter tout type d’appareils
consommateurs.

La tension est maintenue constante par un régulateur électronique intégré au générateur.

La fréquence est fixée par la vitesse de la turbine, dont le réglage est également assuré, de
nos jours, presque exclusivement par voie électronique ou électro-mécanique.

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Automatisation, sécurité et protection des installations

Comme pour les grandes installations, l’électronique moderne est utilisée pour le
réglage et la surveillance des petites centrales. Il est ainsi possible d’automatiser
pratiquement toutes les phases de fonctionnement (par ex: démarrage et synchronisation
avec le réseau, réglage du débit, arrêts en cas de défaillance du réseau, etc.), si bien que la
plupart des petites centrales, qu’elles soient en parallèle ou en régime isolé, fonctionnent
sans assistance.

Les appareils de mesure et de sécurité ne peuvent impliquer des dépenses


semblables à celles consenties pour les grandes centrales. Ce qui n’empêche pas la mise
en place des systèmes nécessaires à la protection des personnes, des machines, des
utilisateurs et du réseau de distribution, y compris la transmission par ligne téléphonique
de signaux de panne ou d’alarme.

Un arrêt prolongé d’une microcentrale n’a, en principe, pas d’influence sur la


stabilité du réseau, étant donné la faible puissance en jeu. Il n’est donc pas nécessaire
d’intervenir très rapidement en cas de panne ou d’arrêt d’urgence.

Les constructeurs ont développé des moyens simples pour protéger machines et
conduites en cas de panne du réseau électrique: ressorts ou contre-poids assurent l’arrêt
automatique de la turbine sans nécessiter de source d’électricité d’appoint telle que
batteries.

I.3.5 Volume d’une petite centrale

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COURS DE BARRAGES

La réalisation de turbines compactes, de régulateurs et de commandes électroniques ont


permis de réduire notablement le volume des microcentrales. L’ensemble turbine,
générateur, armoire de distribution, occupent le plus souvent une surface de moins de 50
m2. Les dimensions d’une turbine diminuent avec l’augmentation de la hauteur de chute
(pour une même puissance).

Dans le cas des petites centrales intégrées aux réseaux d’eau potable, les turbines et les
armoires électriques peuvent souvent être installées dans les bâtiments de service existants
(réservoir et chambre de vannes) sans modifications.

I.4 Petites centrales : technologie sérieuse ou bricolage ?


Les microcentrales ont encore une réputation largement répandue d’être une technologie
du siècle passé et leur image est souvent associée à celle des vieux moulins.

Beaucoup estiment qu’il suffit de connaître vaguement les machines et l’hydraulique pour
être capable de maîtriser cette technique.

Il peut donc paraître surprenant que les études de projet de microcentrales soient plus
onéreuses, en proportion de l’énergie produite, que celles réalisées pour de grandes
installations. Comme leur définition le révèle, les microcentrales fournissent des quantités
limitées d’énergie mais fonctionnent dans l’ensemble d’une manière analogue aux
grandes. Elles doivent donc être conçues et dimensionnées avec le même soin.

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COURS DE BARRAGES

Les exemples d’entrepreneurs et de planificateurs qui n’ont pas suffisamment tenu compte
de cet aspect ne manquent pas.

Dans de nombreux cas, la quantité d’eau a été surestimée; aucune mesure systématique
des débits n'ayant été effectuée sur au moins une à deux années complètes pour obtenir
des données fiables pour le dimensionnement. Les machines, mal adaptées aux
conditions réelles d’exploitation, fonctionnent alors avec un mauvais rendement avec pour
conséquence une perte financière pour le propriétaire.

Les ouvrages hydrauliques doivent être réalisés avec beaucoup d’attention. Une conduite
forcée sous-dimensionnée (réduite à une simple fonction d’approvisionnement), des prises
d’eau inappropriées, l’absence d’installations de dessablage et de dégrillage seront à
l’origine de problèmes de fonctionnement qui pourront décourager l’exploitant.

L’étude d’une installation suppose une expérience certaine de la part de l’ingénieur en


charge du projet. Lors du choix de celui-ci, il est conseillé de tenir compte non seulement
de son savoir technique, mais aussi de ses connaissances en protection de
l’environnement, en économie et en procédures administratives.

La question préliminaire (les microcentrales: technologie sérieuse ou bricolage?) ne peut


être tranchée de manière nette. Selon les exigences du site et de l’exploitation, une
microcentrale peut être à la pointe de la technologie, comme celle qui sera intégrée à
l’approvisionnement en eau d’une ville; ou d’une facture très simple, mise au point grâce
au seul savoir-faire de son propriétaire, sans la moindre automatisation (par exemple
turbine pour maison de vacances). Mais même dans ce dernier cas, un spécialiste devrait
être associé à la conception si l’on veut éviter des surprises désagréables.

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COURS DE BARRAGES

II. Petites centrales hydrauliques et environnement


Toute activité humaine modifie l’environnement.

C’est le cas des petites centrales, dont l’influence est cependant limitée et peut être mieux
maîtrisée que celle des grandes installations.

La production d’énergie par la force hydraulique se trouve confrontée à des intérêts


divergents (pêche, irrigation agricole, protection de la nature, loisirs) mais ces derniers ne
s’excluent pas totalement. La valorisation énergétique d’une chute peut très bien être
combinée avec d’autres formes d’utilisation.

Il n’est pas possible de généraliser les incidences des petites centrales sur l’environnement:
il faut examiner les différents intérêts en présence pour chaque installation. La préséance
ne peut être donnée a priori à l’un des utilisateurs de l’eau en particulier. Des compromis
peuvent d’ailleurs être consentis dans de nombreux cas.

Dans certains pays, la Loi sur la protection de l’environnement (LPE) n'impose pas d'étude
d'impact pour la construction des microcentrales. Seules les installations dont la puissance
dépasse 3000 kW y sont soumises. Cela ne signifie pas pour autant que les effets des
petites centrales sur l’environnement ne doivent pas être examinés, mais la procédure elle-
même est plus simple dans la mesure où les conséquences sur la nature seront évoqués
dans le cadre du rapport technique.

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COURS DE BARRAGES

II.1 Débits de restitution


Dans le cadre de la protection des eaux, la question des débits résiduels a une signification
particulière.

Il faut entendre par ce terme le débit maintenu dans le lit de la rivière après un barrage de
dérivation ou une prise d’eau. Le tronçon de rivière compris entre le barrage et la
réintroduction de l’eau dérivée est appelé tronçon à débit résiduel. Si le débit minimum
légal n’est pas respecté, un débit de dotation doit être réinjecté dans le lit de la rivière.

Les débits minima sont exigés pour tenir compte des autres formes d’utilisation du cours
d’eau selon la liste suivante:

– les eaux courantes sont l’espace vital des animaux et des plantes qui y croissent et s’y
reproduisent. Un débit insuffisant peut mettre en danger la survie de ces êtres vivants;

– les nappes souterraines sont souvent alimentées par les eaux de surface qui en
influencent l’équilibre. Une forte baisse de niveau de la nappe peut porter atteinte à
l’approvisionnement en eau potable, ainsi qu’à l’environnement immédiat (forêts et
cultures);

– les rivières font partie intégrante du paysage et sont des lieux de détente. Le lit d’un
cours d’eau dont le débit est insuffisant perd une part importante de cette fonction;

– les rivières épurent les eaux. Les impuretés y sont décomposées par les bactéries et
autres micro-organismes qui y vivent. Ce mécanisme d’autoépuration est extrêmement
important pour la qualité de l’eau. Un débit insuffisant a pour conséquence une

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COURS DE BARRAGES

destruction moins efficace des polluants, une formation excessive d’algues, des odeurs
peu agréables et un aspect rébarbatif de l’eau (couleur, mousse).

Parallèlement au maintien d’un débit d’eau suffisant, il faut tenir compte d’autres exigences
comme celles de la pêche, avec les conséquences pratiques suivantes:

– les nouvelles constructions ou modernisations de petites centrales seront réalisées sans


canal de dérivation afin d’éviter les tronçons à débit résiduel (par exemple microcentrale
intégrée au barrage);

– les tronçons à débit résiduel seront aménagés de manière à maintenir une profondeur
d’eau suffisante de 15 à 20 cm (chenal pour débit minimum), assurer une diversité
suffisante dans la forme et la structure du lit de la rivière ainsi qu’une vitesse d’eau variable,
avec zones tranquilles et rapides;

– les barrages et déversoirs des petites centrales seront construits de manière à permettre
le passage des poissons (échelle ou passe à poissons).

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COURS DE BARRAGES

Du point de vue écologique, il est recommandé d’éviter l’aménagement en dur des berges
(béton, enrochements), de conserver la végétation naturelle, voire de la compléter par de
nouvelles plantations.

Par contre, il faut s’assurer que le profil du lit et des berges permettra le passage des crues
sans érosion ni inondations.

Pour satisfaire à ces deux exigences, des techniques dites «naturelles» sont possibles,
combinant plantations de végétaux avec matériaux durs (blocs de pierres, bois).

Si les aménagements traditionnels en dur brisent la force du courant, les techniques


naturelles agissent avec souplesse en freinant l’eau par le manteau élastique des buissons
et plantes, leurs racines entrecroisées assurant résistance et stabilité au sol.

Le recours aux matériaux classiques se limite aux endroits où il est impossible de stabiliser
la rive avec des végétaux, lorsque les vitesses d’écoulement sont trop élevées et qu’il s’agit
de détruire ponctuellement l’excès d’énergie de l’eau (par exemple au pied de barrages ou
de chutes).

Il faut veiller à conserver l’hétérogénéité du profil de la rivière lors de son aménagement


dans le voisinage de la centrale et d’éviter la monotonie de rives rectilignes ou de talus
uniformes. La création de tronçons de rivières proches de l’état sauvage favorise le
développement d’un grand nombre d’organismes vivants qui constituent la base de
l’autoépuration des cours d’eau.

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COURS DE BARRAGES

Dans le cadre d’un aménagement respectueux de l’environnement, la création d’un chenal


pour les basses eaux est souvent nécessaire afin de concentrer l’écoulement en
maintenant une profondeur minimale par temps sec d’au moins 20 cm; ceci pour
permettre la migration des poissons.

Blocs, brise-lames, rampes, chutes artificielles servent à créer des zones de profondeur et
des vitesses d’eau variables qui permettent aux organismes vivants de se multiplier.

Les illustrations 3.2 et 3.3 donneront au lecteur une image du résultat de la correction d’un
ruisseau par des techniques dites naturelles.

Celles-ci, aussi connues sous le nom de génie biologique, étaient déjà appliquées au 19e
siècle.

Négligées lors des grands travaux de correction des cours d’eau de ce siècle, elles sont
progressivement réintroduites depuis les années quatre-vingt.

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II.2 Exigences de la pêche

Pratiquement toutes les variétés de poissons entreprennent des migrations pour frayer et
se nourrir.

Les barrages des microcentrales constituent un obstacle parmi d’autres à ces


déplacements; cependant il est possible de maintenir un passage pour la faune piscicole
par la construction de passes, ou échelles à poissons. Celles-ci peuvent prendre la forme
de ruisseaux de détournement, de bassins successifs, d’écluses ou de rampes à
ralentisseurs..

Les passages à bassins successifs sont la plupart du temps réalisés en béton, ce qui
permet une construction plus compacte. Ils consistent en un canal rectangulaire avec des
parois de séparation formant des petits bassins. Les poissons peuvent ainsi gravir la
hauteur du barrage par paliers, sautant d’un bassin à l’autre et reprenant des forces en s’y
reposant. Nombre d’échelles à poissons ne fonctionnent pas, soit que leur construction
n’est pas adéquate et soit qu’une attention suffisante n’a pas été portée à leur
implantation en fonction des habitudes de la faune piscicole.

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COURS DE BARRAGES

Le problème principal consiste à amener les poissons à l’entrée de la passe et de les inciter
à y pénétrer. Il arrive souvent que cette entrée soit placée de manière telle que les
poissons qui voudraient y grimper ne parviennent même pas à la trouver.

En effet ceux-ci s’orientent dans l’eau en fonction du courant. Ils évitent les remous qui ne
leur indiquent aucune direction et recherchent le courant là où il est le plus intense.

L’entrée de la passe doit donc se trouver à proximité de la rive, dans le courant principal
(sortie de la turbine, ou près du point d’impact de la chute du barrage).

L’illustration suivante montre une implantation correcte d’une passe à poissons.

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II.3 Intégration des installations dans le paysage

«Tout est question de goût».

Les centrales hydrauliques suscitent souvent des débats sur leurs qualités esthétiques,
mais, de ce point de vue, les petites centrales posent moins de problèmes que les
grandes, dont les prises d’eau, barrages, vannes, installations de dégrillage sont bien
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COURS DE BARRAGES

visibles. Le plus souvent, ces éléments ne font pas partie des petites centrales ou y sont
très discrets.

Les conduites forcées sont généralement enterrés et les canaux de dérivation,


serpentant dans la campagne sous arbres et buissons ne se différencient guère des
ruisseaux naturels.

Etant donné la faible emprise des machines, le volume des constructions reste
modeste et dans bien des cas, turbines et générateurs sont intégrés dans des bâtiments
existants. Nombre de petites centrales sont enterrées (voir illustration 3.8.). L’intégration au
paysage des petites centrales ne pose donc pas de problème particulier.

Le bruit et les vibrations de certaines turbines (Pelton et flux traversant de centrales


à moyenne et haute pression) peuvent atteindre une intensité susceptible d'importuner le
voisinage, même lorsque la puissance est faible. Si les turbines sont situées à proximité ou
dans un bâtiment habité, il convient de prévoir une isolation phonique des machines et un
support antivibratoire sous les fondations du groupe turbogénérateur.

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COURS DE BARRAGES

TABLE DES MATIERES


CHAPITRE I. GENERALITES.......................................................................................................................1
I. GENERALITES SUR LES BARRAGES ...........................................................................................1
1. Introduction .................................................................................................................................1
2. Définition ......................................................................................................................................2
3. Aperçu historique ......................................................................................................................3
4. Le rôle des barrages .................................................................................................................6
5. Classification des barrages ......................................................................................................7
II. ELEMENTS D’ETUDE D’UN PROJET DE BARRAGE ............................................................. 24
1. Appréciation générale du site ............................................................................................. 24
2. Sélection du type de barrage .............................................................................................. 27
3. Impact environnemental des Barrages ............................................................................. 31
CHAPITRE II. BARRAGES EN BETON................................................................................................... 34
I. LE CHOIX DU TYPE DE BARRAGE EN BÉTON£ .................................................................. 34
II. FONCTIONNEMENT MÉCANIQUE DES BARRAGES RIGIDES ......................................... 35
II.1. Barrage voûte .......................................................................................................................... 35
II.1. Profil poids ................................................................................................................................ 36
III. LES MATÉRIAUX UTILISÉS : ÉVOLUTION HISTORIQUE ................................................. 38
III.1. Maçonnerie ............................................................................................................................. 38
III.2. Béton conventionnel ............................................................................................................. 38
III.3. Béton Compacté au Rouleau (BCR) .................................................................................. 39
III.4. Le Remblai Dur ....................................................................................................................... 40
IV. LE BARRAGE POIDS CLASSIQUE (EN BCV OU BCR)..................................................... 41
IV.1. FONDATION ............................................................................................................................ 41
IV.2. TRAITEMENT DE LA FONDATION ..................................................................................... 42
IV.3. DRAINAGE ............................................................................................................................... 44
IV.4. ANALYSE DE STABILITÉ......................................................................................................... 45
IV.5. Combinaisons d’actions........................................................................................................ 48
IV.6. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES DES BARRAGES EN BÉTON CONVENTIONNEL
............................................................................................................................................................. 49

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COURS DE BARRAGES

CHAPITRE III. PETITES CENTRALES HYDRO-ELECTRIQUES ......................................................... 51


I. Technologie des petites centrales................................................................................................ 51
I.1 Classification des petites centrales et de leurs composants .......................................... 51
I.2 Notions techniques concernant l’utilisation de la force hydraulique .......................... 52
I.3 Les éléments d’une petite centrale, leur fonction et leur construction ...................... 54
I.4 Petites centrales : technologie sérieuse ou bricolage ? .................................................. 68
II. Petites centrales hydrauliques et environnement .................................................................. 70
II.1 Débits de restitution ................................................................................................................ 71
II.2 Exigences de la pêche ............................................................................................................ 75
II.3 Intégration des installations dans le paysage ................................................................ 77

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