Introduction
Le budget est l’acte par lequel est prévu et autorisé, pour chaque année budgétaire,
l’ensemble des ressources et des charges de la collectivité locale ou du groupement. Le budget
est un acte juridique, prévisionnel, d’autorisation et annuel.
Le budget de l’Etat constitue l’instrument principal par le biais duquel l’Etat finance ses
interventions dans les différents domaines et lui permet en conséquences d’exercer
effectivement ses prérogatives. En raison de son importance, se trouve balisé aux différentes
étapes de son élaboration et de son exécution par un cadre juridique extrêmement dense.
Le budget joue un rôle crucial dans le développement économique et social du pays,
notamment au niveau des collectivités territoriales. Son importance vise a amélioré la qualité
des infrastructures et des équipements de base, la qualité des services sociaux, culturels,
sportifs et environnementaux, le développement économique local.
I. Cadre général des finances locales au Maroc
[Link] juridique des finances locales
La constitution de 2011 : selon les dispositions de l’article 139, consacre l'autonomie
financière des collectivités territoriales, qui ont le droit de disposer de ressources
financières propres. Cela leur permet de financer leurs projets de développement, de
gérer leurs services publics et de répondre aux besoins spécifiques de leur population.
Les collectivités locales peuvent également recueillir des recettes fiscales locales (impôts,
taxes, redevances), et elles bénéficient de dotations et de transferts financiers de l’État central.
La loi organique n°111-14 relative aux finances des régions, promulguée par le
dahir n°1-15-83 du 07 juillet 2015 : est une législation clé dans le processus de
régionalisation avancée du pays, tel qu'établi par la Constitution de 2011. Cette loi
vise à définir l'organisation, les compétences et le fonctionnement des régions au
Maroc, en vue de renforcer la décentralisation, améliorer la gouvernance locale et
Favoriser un développement économique et social plus équitable entre les différentes régions
du pays.
La loi organique n° 112-14 relative aux préfectures et provinces, promulguée
également le 07 juillet 2015 : est une législation clé dans le cadre de la
régionalisation avancée. Elle vise à définir les compétences, l'organisation et le
fonctionnement des provinces et des préfectures, tout en consolidant la
décentralisation et la gouvernance locale. Elle vient compléter les lois organiques
relatives aux régions et aux communes, en veillant à une gestion plus équitable et
équilibrée des territoires.
La loi organique n° 113-14 relative aux communes : constitue une autre législation
fondamentale dans le cadre de la régionalisation avancée. Elle vise à définir les
compétences, l'organisation et le fonctionnement des communes au Maroc, en
alignant ces structures locales sur les principes de décentralisation, de bonne
gouvernance et de participation citoyenne établis par la Constitution de 2011.
La loi n 2 -12 sur les marches publiques promulguée le 12 février 2013 : est un
texte législatif essentiel qui régit la passation, l'exécution et le contrôle des marchés
publics au Maroc. Elle a pour objectif de renforcer la transparence, la compétitivité,
et l'efficacité dans l'utilisation des fonds publics, tout en assurant une meilleure
gouvernance dans les achats publics. Elle s'inscrit dans un cadre global de réformes
visant à moderniser le secteur public et améliorer l'efficacité des dépenses publiques.
2. Les principes budgétaires applicable
Annualité :
Le principe de l’annualité vise à obliger le gouvernement à se présenter devant le Parlement
de façon périodique afin de confirmer les autorisations qui lui sont accordées pour lever des
fonds publics et rendre compte de l’usage qui en a été fait. L’année budgétaire commence le
1er janvier et se termine le 31 décembre de la même année.
Unité :
Le principe de l’unité du budget répond à l’exigence de l’appareil législatif de voir l’ensemble
des recettes et des dépenses de l’Etat groupées dans un document unique de façon à lui
permettre d’avoir une vision précise et globale de la situation des finances publiques.
Universalité :
Le principe de l’universalité exige que les ressources et les charges soient comptabilisées
chacune de son côté de façon à ce qu’il n’y ait pas de compensation entre les recettes et les
dépenses.
Ce principe a également pour conséquence la non affectation des recettes aux dépenses, en
vertu duquel les recettes définies ne devraient pas être affectées à la couverture de dépenses
déterminées. Ainsi, l’ensemble des recettes devrait servir à la couverture de l’ensemble des
dépenses
Spécialité
Ce principe procède du souci du Parlement de ne pas conférer à l’autorisation de dépenses
consentie au Gouvernement un caractère absolu, permettant à ce dernier de disposer des
crédits ouverts en toute liberté. Cette autorisation est liée à l’obligation d’affecter ces fonds à
la couverture de dépenses déterminées.
Sincérité
Le principe de la sincérité renvoie à la sincérité budgétaire et à la sincérité comptable : Le
principe de sincérité (article 10 de LOLF) impose une présentation fidèle des données dans le
cadre de la loi de finances. Ainsi, il est interdit de sous-estimer les charges de l'État comme il
est prohibé de surestimer les ressources. Il vise à prévenir les prévisions fondées sur des
erreurs comme il tend à établir des prévisions cohérentes.
Le principe de la sincérité renvoie à la sincérité budgétaire et à la sincérité comptable :
La sincérité financière La sincérité concerne au premier abord la loi de finances. Elle
présente dans ce cas un sens purement budgétaire. Ainsi, les moyens objets de l'autorisation
parlementaire doivent correspondre aux charges prévisibles. La sincérité qui s'impose à la loi
de finances s'apprécie en fonction des informations disponibles et des prévisions qui peuvent
en découler d'une manière raisonnable.
La sincérité comptable En vertu de l'article 31 de LOLF : ''les comptes de l'État doivent être
réguliers, sincèrement donner une image fidèle de son patrimoine et de sa situation
financière''. La doctrine fait référence à cette variante de la sincérité lorsqu'elle évoque la
règle de
l'exactitude des comptes. La LOLF attribue le respect de la sincérité aux pouvoirs publics
comme elle l'accorde à la Cour des comptes.