Travaux de méthodologie
S5 / 2024-2025
Dissertations :
1. La liberté d’expression sur Internet.
2. La protection de la vie privée sur Internet.
3. Le numérique et les conflits de lois
4. Sources du Droit du numérique
5. Les réserves aux traités multilatéraux
6. La coutume constitutionnelle
Commentaire de texte / décisions/ discours … :
Exercice 1 : Article 19 de la constitution marocaine : L'homme et la femme jouissent, à égalité,
des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et
environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la
Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le
Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois
du Royaume. L'Etat marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les
femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de
discrimination.
Exercice 2 : Article 55.prg. 2 de la constitution marocaine : Il « Le Roi » signe et ratifie les
traités. Toutefois, les traités de paix ou d'union, ou ceux relatifs à la délimitation des
frontières, les traités de commerce ou ceux engageant les finances de l'État ou dont
l'application nécessite des mesures législatives, ainsi que les traités relatifs aux droits et
libertés individuelles ou collectives des citoyennes et des citoyens, ne peuvent être ratifiés
qu'après avoir été préalablement approuvés par la loi.
Exercice 3 : Extrait du compromis d’arbitrage signé par les Etats-Unis et les Pays-Bas décidant
de soumettre le différend relatif à la souveraineté sur l’île de Palamas à l’arbitrage (signé le
23 janvier 1925) :
« Article 1 : Les Etats-Unis d’Amérique et S.M. la Reine des Pays-Bas acceptent, par le présent
acte, de soumettre le règlement du différend ci-dessus mentionné à la Cour permanente
d’arbitrage de la Haye. Le tribunal arbitral se composera d’un seul arbitre.
L’unique mission de l’arbitre sera de déterminer si l’île de Palamas fait partie dans sa totalité
du territoire appartenant aux Etats-Unis ou du territoire appartenant aux Pays-Bas.
Les deux gouvernements désigneront l’arbitre parmi les membres de la Cour permanente
d’arbitrage (…) ».
Exercice 4 : Maroc, Cour suprême, 25 mars 2003, Arrêt 302 - Chambre administrative
Le législateur a conféré́ à l'administration le droit de protéger les cultures des parasites
nuisibles, par l'exercice de la règlementation administrative, consistant dans la surveillance
sanitaire et le contrôle des plants et des plantes à l'entrée du territoire national ou durant leur
passage à travers le Royaume.
́
Le vice d'abus d'autorité s'accomplit chaque fois que le juge administratif outrepasse ses
compétences et déborde sur celles de l'autorité́ législative ou exécutive, même
superficiellement.
S'il est du ressort de la justice administrative de connaitre dans la demande en annulation des
décisions administratives pour cause d'abus d'autorité́, ainsi que dans l'examen de la
légitimité́ de ces décisions, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'octroyer une autorisation
de sortie du blé́ saisi dans les silos du port de Casablanca en vue de le moudre, sans en référer
à une décision des services administratifs compétents.
AU NOM DE SA MAJESTE LE ROI
La Cour,
Sur l'exception d'irrecevabilité́:
Attendu que la défenderesse en cassation, Établissements Ben Zaîdia, dans son mémoire en
réponse, souligne qu'il appert des textes de l'article 382 du Code de procédure civile qu'on
entend par les décisions passibles de recours en annulation, celles rendues par les tribunaux
de fond.
Que la Cour suprême, la plus haute autorité́ en matière de justice, a le droit et la compétence
d'accueillir ces demandes et d'y statuer sur des points de droit, et veiller à la bonne et saine
application des lois. Or, la demande actuelle constitue un recours en annulation contre une
décision émanant de la Cour suprême, ce qui
implique son irrecevabilité́.
Cependant, attendu que l'arrêt objet de recours émane de la Chambre administrative à la Cour
suprême, statuant comme juridiction du second degré́ en matière de justice administrative,
l'exception n'est pas à prendre en considération.
Au fond:
Attendu qu'il ressort des pièces versées au dossier, qu'en date du 29/10/2001, le Ministre de
la justice a adressé́ une lettre au procureur général du Roi près la Cour suprême, en vue
d'annuler la décision rendue le 22/06/2000 par la Chambre administrative de la Cour suprême,
et ce pour cause d'abus d'autorité́, en vertu des dispositions de l'article 382 du Code de
procédure civile.
En fonction de quoi, le procureur général du Roi a présenté́ à la Cour suprême ce qui suit:
« En date du 10/05/96, le service de la protection des plantes et du contrôle des plants,
dépendant de la Direction du contrôle et de la qualité́ du centre de Casablanca, a effectué des
analyses sur un échantillon pris sur un chargement de blé́ tendre importé de l'Inde par les
Établissements Ibn Zaidia, relevant que ce blé́ importé est atteint de «Tillia Indika»,
préjudiciable pour la culture du blé́. Vu la nocivité́ de ce parasite interdit d'entrée au Maroc,
cause de ravage pour la culture du blé́, et la facilité avec laquelle il se répand par tous les
moyens, y compris le transport, la mouture ou la consommation du son par le bétail, les
services compétents ont décidé́ de retourner le chargement ou de le détruire, se fondant sur
les conventions internationales et les textes juridiques. Cependant, l'importateur, Ibn Zaîdia,
a contesté́ la légalité́ de cette décision et entrepris des procédures judiciaires, dronte recours
en annulation contre la décision administrative de retour ou de destruction, arguant
principalement de l'incompétence du service de la protection des plantes à contrôler le
chargement de blé́, dont l'origine est constituée par un contrat conclu avec l'Office du Blé́ et
des Féculents. Ce que l'administration a considèré comme non concluant, en raison du fait
que la décision contestée ne concerne ni la conclusion du contrat ni l'exécution de ses clauses,
mais qu'elle émane d'une autorité́ administrative étrangère aux contractants, ce qui donne à
la décision un caractère totalement indépendant dudit contrat, émise par l'autorité́ de
règlementation administrative, que la loi autorise à effectuer le contrôle sanitaire, et à
ordonner le retour ou la destruction de tout chargement infecté par des parasites nocifs
faisant partie de la liste annexe de l'arrêt du 19/03/1984, dont l'article trois dispose que «..
Sont retournées ou détruites, au choix du destinataire et à sa charge, les expéditions
suspectées par le fonctionnaire du service de protection des plantes, de porter des germes
nocifs figurant dans la liste annexée à la présente décision... »
En fonction de ces données, le tribunal administratif de Casablanca a rendu son jugement,
rejetant la demande. Lequel a tenté́ d’annuler partiellement en appel par la Chambre
administrative dans son volet relatif à la destruction, confirmant la légalité́ d'éloigner le blé́
incriminé du territoire national, se fondant sur un ensemble d'expertises, dont deux
ordonnées par la Cour suprême, effectuées par des experts éminents, qui ont mis en garde
contre le danger du germe précité́ pour le blé́ marocain, recommandant de le réexpédier vers
des pays dont les cultures différentes des nôtres sont à̀ l'abri du danger constitué par ce
germe. Qu'en dépit de tout cela, au moment où̀ l'on s'attendait à̀ ce que Ibn Zaidi exécute la
décision précitée, elle s'est empressée de solliciter du tribunal administratif de Casablanca
l'autorisation de moudre le blé́ incriminé à l'intérieur du territoire national, sous l'égide et la
responsabilité́ de l'Office National du Blé́ et des Féculents. Demande rejetée par ledit tribunal,
mais qui a vu sa décision annulée par la Chambre administrative de la Cour suprême, qui, par
évocation, et en se fondant sur une expertise, a autorisé la société́ Ibn Zaîdia à moudre le blé́
en question, saisi dans les silos du port de Casablanca, et ce sous le contrôle de
l'administration, alors que cette décision est en contradiction avec celle de la Cour suprême,
et qu'elle constitue une immixtion dans le domaine réservé́ à l'administration et un abus
d'autorité́, suivant le concept de l'article 382 du Code de procédure civile. C'est aussi une
violation des dispositions légales et règlementaires, ainsi que des conventions internationales,
et constitue un précèdent non prévu par les textes et un déni des règles organisant les accords
internationaux.
Sur le premier moyen:
Attendu que le demandeur reproche à l'arrêt attaqué le fait que la justice a accédé́ à la
demande des Établissements Ibn Zaidia, en lui permettant d'introduire le blé́ infecté dans le
territoire national et de le moudre, ce qui constitue une ingérence dans un domaine réservé́
à l'administration, et un dépassement des limites de sa compétence. Car l'administration, de
par son rôle d'instrument juridico - technique aux mains de l'exécutif, détient le pouvoir
d'exercer l'autorité́ de règlementation administrative, et demeure fondée à faire usage de
toutes sortes de moyens susceptibles de réguler ou d'organiser l'activité́ individuelle, de
tolérer, prohiber ou interdire, ou bien avertir préalablement les services compétents. Le
moyen le plus évident étant la nécessité́ de l'obtention d'une autorisation ou d'un permis
auprès du service compètent. Que le législateur, à travers des textes législatifs ou
règlementaires, a conféré́ à l'administration le droit de protéger les cultures des germes
nocifs, par l'exercice de l'autorité́ de contrôle administratif, à savoir les formalités de contrôle
et de vérification sanitaires des plants et plantes à l'entrée ou lors de leur passage à travers le
territoire national. Lui donnant toute latitude à autoriser le passage de tout chargement
importé, pour peu que soit établie la preuve qu'il ne comporte ni germes ni parasites; faute
de quoi, est prononcé son retour ou sa destruction. En fonction de quoi, l'autorisation
d'introduire et de moudre le blé́ importé par la défenderesse ne pourrait être accordée que
par l'autorité́ administrative compétente. Cependant, l'importatrice a préféré́ saisir
directement la justice administrative, sollicitant l'autorisation d'introduire le blé́ importé, en
vue de le moudre dans un rayon ne dépassant pas 5 km du port, considéré́ comme une zone
franche, et ce sous l'égide de l'Office National du blé́. La chambre administrative de la Cour
suprême, se substituant aux autorités administratives compétentes, a ainsi créé un précédent
en accordant une autorisation d'entrée au Maroc à des produits sensibles, alors que cette
autorisation demeure du ressort des autorités administratives, foulant au pied le principe
sacro-saint de la séparation des pouvoirs, et exposant son arrêt à annulation, pour vice d'abus
d'autorité́, en application des dispositions de l'article 382 du code de procédure civile.
Attendu que le bien-fondé́ des griefs du demandeur de pourvoi est établi. Car, si le juge
administratif est compètent à connaitre dans les demandes d'annulation des décisions de
l'administration en raison d'abus d'autorité́, et à vérifier la légitimité́ de ces décisions (article
8 de la loi des tribunaux administratifs), il ne l'est plus lorsqu'il s'agit d'octroyer des
autorisations en vue de réaliser un acte, qui demeure du ressort de l'autorité́ administrative,
en application du principe de la séparation des pouvoirs.
Attendu que l'abus en question est constitué́ par le dépassement par le juge des limites fixées
par la loi, il s'avère que le recours direct à la justice administrative par les Établissements Ibn
Zaîdia, en vue de faire sortir le blé́ saisi dans les silos du port de Casablanca, qui lui a permis
de le moudre, avant d'obtenir une décision administrative à ce sujet, établit clairement le
dépassement par la Chambre administrative de ses prérogatives, et la substitution à
l'administration dans la décision, ce qui constitue une ingérence dans le travail de
l'administration et, partant, un dépassement par les juges émetteurs de l'arrêt attaqué de
leurs pouvoirs, impliquant l'annulation dudit arrêt, en application des dispositions de l'article
382 précité́.
PAR CES MOTIFS
La Cour suprême, sans nul besoin de répondre aux autres moyens, décide donc l'annulation
de l'arrêt attaqué émis en date du 22/06/2000.
Exercice 5 : « Sur les moyens tirés d’une violation de l’article 21 de la Constitution :
Considérant, d’une part, qu’aux termes de l’article 13 de la Constitution : “Le Président de la
République signe les ordonnances et les décrets délibérés en conseil des ministres” ; qu’aux
termes de l’article 21 : “Le Premier ministre dirige l’action du gouvernement… Sous réserve
des dispositions de l’article 13, il exerce le pouvoir réglementaire” ; que les décrets attaqués
ont été délibérés en conseil des ministres ; que, par suite, et alors même qu’aucun texte
n’imposait cette délibération, ils devaient être signés, comme ils l’ont été, par le Président de
la République ». (CE, Ass., 10 septembre 1992, Meyet (extrait)).
Exercice 6 : « Le Parlement, et notamment l’Assemblée nationale a vu pendant de très longues
années leur rôle réduit. Les élus de gauche se sont constamment élevés contre l’abaissement
du Parlement par le recours à des procédures abusives comme le vote bloqué. Il faut rendre
aujourd’hui au Parlement ses droits et sa dignité. Le Président de la République s’y est engagé
à de nombreuses reprises, dénonçant la concentration des pouvoirs et le faux
présidentialisme. Le Premier ministre s’apprête à faire des propositions. Les Françaises et les
Français ont élu avec calme et détermination des représentants dont ils attendent la mise en
œuvre de changements politiques, économiques et sociaux importants. Ces changements
passent par l’élaboration et le vote de textes législatifs. Le rééquilibrage des pouvoirs entre
l’exécutif et le législatif sera la plus sûre garantie donnée aux citoyens qu’ils auront capacité
d’intervenir dans le changement. Si nous voulons que l’Assemblée nationale exerce
pleinement ses prérogatives sur les plans législatif et budgétaire, il faut veiller à lui restituer
un droit réel d’initiative en matière de propositions de loi et d’amendements. Il faudra lui
donner les moyens, dans le respect de la séparation des pouvoirs, de contrôler l’action
gouvernementale. Il conviendra en accord avec le Gouvernement, de développer les moyens
d’investigation du Parlement dans tous les domaines de sa compétence. Cette œuvre
concerne l’ensemble de notre Assemblée : la minorité comme la majorité. Cette dernière
devra veiller à ce que les différentes composantes de l’Assemblée, qui sont l’expression de la
diversité des familles de pensée du pays, s’expriment et participent activement à la vie
parlementaire, à l’élaboration des textes, ce qui n’a pas été le cas sous les précédentes
législatures. L’opposition, au-delà de son rôle critique, doit pouvoir proposer et faire discuter
les textes conformes à ses orientations. Dans cet esprit, la majorité lui a offert, sans aucune
réticence, d’accéder à des responsabilités dont nous-mêmes avons été exclus pendant vingt-
trois ans. Certains ont évoqué à ce propos l’idée d’un statut de l’opposition. Mais quel meilleur
statut pourrions-nous proposer à l’opposition que le respect scrupuleux des règles de la
démocratie à l’intérieur de l’Assemblée comme à l’extérieur ». (discours inaugural de la VIIe
législature de l’Assemblée nationale, prononcé par son président le 2 juillet 1981.
Louis Mermaz, président de l’Assemblée nationale, le 2 juillet 1981).
Cas pratique :
Exercice 1 : L’Argutie et le Royaume du Nord prétendent chacun exercer la souveraineté sur
la région du Sgaard. Pour régler leur différend territorial, le Royaume du Nord souhaiterait
faire appel à un tiers. Il a pensé à leur voisin commun, la République des Sables. Toutefois, il
sait que l’Argutie et la République des Sables n’entretiennent pas de bonnes relations depuis
que certains opposants argutiens ont installé en République des Sables des bases
d’entrainement de rebelles.
Le Royaume du Nord vous demande si l’Argutie est tenue d’accepter le tiers qu’il propose. Si
elle n’y est pas obligée, le Royaume du Nord pourrait-il imposer le choix du secrétaire général
des Nations Unies, sachant que les deux Etats sont membres de l’ONU.
Enfin, vous indiquerez au Royaume du Nord, jusqu’où pourraient aller les missions du tiers
choisi pour régler leur différend.
Exercice 2 : Un jeune marocain âgé de 21 ans entre dans un hypermarché et tente d'en
ressortir discrètement avec une tablette tactile, un chargeur de smartphone et du chocolat.
Au moment de quitter le magasin, il se fait arrêter par l’agent de sécurité qui découvre les
articles qui n'ont pas été payés.