CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
Cours de BETON ARME
CHAPITRE III :
ACTIONS ET SOLLICITATIONS
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 20
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
CHAPITRE III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
Légende
1 - Mur de façade 8 - Plancher en béton armé
2 - Mur de refend 9 - Cloisons
3 - Charge concentrée 10 - Température
4 - Action du vent 11 - Revêtement de plancher
5 – Personnes 12 - Poutre en béton armé
6 – Meuble 13 - Automobile
7 - Poussée des terres 14 - Sous-pression d'eau
1. Les charges
Les charges sont des forces et/ou couples appliqués à une construction :
- soit directement :
o Charges permanentes,
o Charges d’exploitations,
o Charges climatiques, etc.,
- soit indirectement (résultant des déformations imposées à la construction)
o Effets thermo-hygrométriques (retrait, fluage, variation de température),
o Déplacements (tassements) d’appuis, etc.,
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 21
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
2. Combinaisons des charges
Les combinaisons des charges sont les ensembles constitués par les charges à considérer
simultanément.
3. Les sollicitations
Les sollicitations sont les efforts (M, N, V, T) développés dans une section par une
combinaison de charges donnée.
4. Charges sur une structure
L’une des plus importantes étapes dans le processus de conception est la détermination des
charges pouvant agir sur une structure. Pour un bâtiment, les charges typiques qui doivent être
considérées par le projeteur sont :
4.1. Charges permanentes
Les charges permanentes comprennent :
- Le poids propre G0 des éléments de la structure,
- Le poids des équipements fixes de toute nature (dans le bâtiment par exemple,
revêtement des sols et plafonds, cloisons, etc.,)
- Les efforts (poids, poussées et pressions) exercés par des terres, par des solides ou par
des liquides
- Les déplacements différentiels des appuis,
- Les forces dues aux déformations (retrait, fluage) imposées en permanence à la
structure.
Les charges permanentes sont obtenues à partir des dimensions géométriques des éléments et
des ouvrages, déduites des plans et du poids volumique des matériaux les constituant.
Exemples:
Matériau Poids volumique (daN/m3)
Acier 7850
béton armé 2500
Mortier de Ciment 2000
Briques Creuses 1000
Plancher 16+4 265
4.2. Charges variables
Les charges variables comprennent :
- Les charges d’exploitations (poids des équipements mobiles, des meubles, des
occupants),
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 22
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
- Les charges non permanentes appliquées en cours d’exécution (équipements de
chantier, engins, dépôt de matériaux, etc.,)
- Les actions naturelles : neige, vent, température climatique ou d’exploitation.
Ces charges sont données par des codes selon l’utilisation du bâtiment.
Les charges d’exploitations : QB bâtiment ; Qr pont
Exemples
Construction Charge d’exploitation (daN/m2)
Archives de Bureaux 1000
Escalier Publique 400
Grand Magasin 500
Salle de Classe 250
Logement 175
4.3. Les charges accidentelles
Les charges accidentelles comprennent :
- Les séismes
- Les cyclones tropicaux
- Les explosions
- Les chocs de véhicules ou bateaux
5. Mode de sollicitation
La section normale d’une pièce linéaire peut être généralement sollicitée par 6 efforts
internes : 3 forces et 3 moments où :
- N : effort normal
- V : effort tranchant (lié à N)
- Vy : effort tranchant horizontal (lié à M y)
- M : moment de flexion
- My : moment de flexion horizontal
- T : moment de torsion
Nous définissons les groupes de sollicitations comme suit :
5.1. Flexion simple
M ≠ 0 et N = Vy = V = T = My = 0.
En général, la flexion est toujours accompagnée par un effort tranchant, mais la plupart des
cas c’est la flexion qui joue le rôle déterminant : cas d’une poutre isostatique soumise à une
charge répartie. Dans ce cas, après avoir dimensionné la structure en flexion, on établit une
vérification vis-à-vis l’effort tranchant.
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 23
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
5.2. Flexion composée
M ≠ 0, N≠ 0, Vy = V = T = My = 0
5.3. Compression ou traction simple
N ≠ 0, M = Vy = V = T = My = 0
5.4. Flexion oblique ou déviée simple ou composée
M ≠ 0, My ≠ 0, N = 0 Flexion déviée simple
M ≠ 0, My ≠ 0, N ≠ 0 Flexion déviée composée
5.5. Effort tranchant
V ≠ 0, T = My = M = N = Vy = 0
Il est toujours accompagné par une flexion. Le dimensionnement à l’effort tranchant est
nécessaire lorsqu’il prend des valeurs importantes (au droit des appuis dans une poutre par
exemple)
5.6. La torsion
T ≠ 0, V = My = M = N = Vy = 0
La torsion se produit dans les structures où les forces verticales n’agissent pas dans le plan de
symétrie de la structure.
6. Définition des Etats Limites
Le BAEL distingue deux catégories d’état limites:
6.1. Etats limites ultimes (ELU)
Elles correspondent à la ruine de l’ouvrage ou d’une partie de l’ouvrage :
- Etat limite ultime d’équilibre statique (renversement d’un mur de soutènement,…)
C'est 1'instabilité de 1'ensemble de la structure c. à dire le renversement de celle ci.
- Etat limite de résistance (de matériaux constitutifs…) : La destruction de la structure
est due à l'atteinte de la résistance à la rupture de 1'un des matériaux constituant le
béton-armé.
- Etat limite ultime de stabilité de forme. C'est la ruine d'un élément de la structure par perte de
stabilité avant 1'atteinte de la résistance. Il s'agit généralement du flambement.
6.2. Etats limites de service (ELS)
Ce sont des états au-delà desquels les conditions d’exploitations ou de durabilité de l’ouvrage
ne sont plus satisfaites :
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 24
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
- Etat limite de résistance à la compression du béton ; Cette limite nous permet d'éviter
le problème de la fissuration du béton comprimé qui, sous l'effet d'un chargement
cyclique, risque de se rompre par fatigue ou de subir des dégradations dans ces
propriétés mécaniques
- Etat limite de déformation (flèche) ; Tout élément soumis à des sollicitations se
déforme, mais on ne peut tolère une déformation excessive pouvant engendrer des
dégâts considérables dans les différents éléments de la construction. Il est donc
indispensable de limiter toute déformation causée par n'importe que type de
sollicitation dans la structure résistante.
- Etat limite d’ouverture des fissures (corrosion des armatures) ; Le béton tendu est
supposé non résistant ce qui cause la possibilité de fissuration qui n'est pas assez
importante du point de vu de la résistance, mais elle peut engendrer l'attaque des aciers
par le milieu environnant. La fissuration peut être acceptée mais elle sera conditionnée
par le milieu. Généralement on dira que la fissuration est:
1. Peu nuisible: lorsqu'il n'y a aucun danger de corrosion ;
2. Préjudiciable: si l'élément de la structure est exposé aux intempéries ;
3. Et très préjudiciable si le danger de corrosion est augmenté par la présence
d'éléments la favorisant tel que, le milieu marin, acide, … etc.
7. Combinaisons d’actions
7.1. Principe
En fonction des situations qu’une construction va connaître et pour tenir compte des risques
non mesurables, nous allons être obligé de superposer les effets de plusieurs actions. Pour cela
a) Nous affectons à chaque type d’action, un coefficient de sécurité partiel.
b) Nous combinons les actions obtenues (principe de superposition des effets)
c) Nous déterminons la ou les combinaisons qui engendrent les sollicitations les plus
défavorables dans les éléments de la construction.
Nous utiliserons les combinaisons avec les notations suivantes :
Gmax L'ensemble des actions permanentes défavorables, c'est-à-dire celles qui ont tendance à
augmenter la sollicitation
Gmin : L'ensemble des actions permanentes favorables, c'est-à-dire celles qui ont tendance à
diminuer la sollicitation
Q1 : action variable dite de base
Q2, Q3…Qn les autres actions variables dites d’accompagnement
Un cas de charge se définit par la disposition des charges sur la structure. On cherche, pour
chaque combinaison, le cas de charge le plus défavorable vis-à-vis de l’état limite étudié et de
la sollicitation étudiée. Les cas de charges ne doivent pas être confondus avec les
combinaisons d’actions.
7.2. Notions sur Gmax et Gmin
Exemple : la vérification de la stabilité statique d’un mur de soutènement
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 25
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
Le remblai agit d’une manière favorable pour Remblai
la stabilité par son poids (R) qui exerce sur la semelle,
et d’une manière défavorable pour la stabilité par
la poussée (Q) qu’il exerce sur le mur ; comme le Rideau
poids et la poussée ont des origines physiques différentes, Q
dans l’étude du glissement et du renversement,
le poids sera introduit sous la forme de G min et la
R
poussée sous la forme 1,35 Gmax
semelle
Action du sol
- La poussée Q pousse vers un renversement du mur et agit donc dans un sens défavorable:
elle intervient en 1,35.Gmax pour le calcul du ferraillage et le moment de renversement.
- L'action des terres derrière le rideau R agit dans un sens de stabilité donc favorable: elle
intervient donc en Gmin
7.3. Combinaisons de charges à considérer à l’ELU
7.3.1. Combinaisons fondamentales : Article A.3.3,21 du BAEL
Lors des situations durables ou les situations transitoires fréquentes aux cours desquelles il y a
l'action permanente, une action variable principale et plusieurs actions d'accompagnement,
nous considérerons:
1,35 Gmax + Gmin + γQ1.Q1 + Σ 1,3. ψ0i.Qi
γQ1 = 1,5 dans le cas général.
γQ1 = 1,35 pour la température, les charges d'exploitations étroitement bornées ou de
caractères particuliers (convois militaires ou exceptionnels) et pour les bâtiments agricoles
abritant des animaux et des produits sans présence humaine permanente.
ψ 0i sont donnés en annexe D articles D.1.1,3 et D.1.2,3 du BAEL.
En général, les combinaisons d'actions fondamentales ont de la forme :
1.35 Gmax + 1.5 Q1
Gmin + 1.5 Q1
7.3.2. Combinaisons accidentelles : Article A.3.3,22 du BAEL
Nous considérerons pour les situations accidentelles qui ont une faible probabilité de se
réaliser :
Gmax + Gmin + FA + ψ11.Q1 + Σ ψ2i.Qi
FA = valeur nominale de l'action accidentelle
ψ11 et ψ2i donnés en annexe D articles D.1.1,3 et D.1.2,3
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 26
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
7.4. Combinaisons d'actions à considérer pour ELS
Nous avons la combinaison rare:
Gmax + Gmin + Q1 + 0i Qi
Combinaisons fondamentales :
Gmax + Gmin + Q1
7.5. Notations
On note : G : charge permanente
QB : charge d’exploitation des bâtiments
Qpra : Charges d’exécution aléatoire
Qrp : Charges d’exploitation des ponts routes de caractère particulier
Qr : Charges d’exploitation des ponts routes sans caractère particulier
W : charge due au vent
Sn : charge due à la neige
Si : charge due au séisme
Δθ : gradient thermique
T : variation uniforme de la température
7.6. dans le cas des bâtiments courants
Pour l’ELU
Actions permanentes Actions variables
1.35 Gmax + Gmin De base D’accompagnement D’accompagnement
γQ1 . Q1 1.3 ψ02. Q2 1.3 ψ03. Q3
1.5 QB 0 ou W ou Sn ou W+Sn 0 ou 0.8 T
1.5 W 0 ou 1.3 ψ0 QB ou Sn ou 0 ou 0.8 T
1.35 G ou G 1.3 ψ0 QB + Sn
1.5 Sn 0 ou 1.3 ψ0 QB ou W ou 0 ou 0.8 T
1.3 ψ0 QB + W
- La valeur de ψ0 est égale à 0.77 pour tous les locaux à l’exception des archives et des
parcs de stationnement pour lesquels sa valeur est de 0.9.
- Les effets de la température ne sont en général pas pris en compte. S’ils doivent
intervenir en tant qu’action de base, ils sont introduits avec le coefficient 1.35.
- Lorsque l’action de base est la neige, pour une altitude supérieure à 500 m, cette valeur
est à majorer de 10 %.
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 27
CHAP III : ACTIONS ET SOLLICITATIONS
Pour l’ELS
Actions permanentes Actions variables
Gmax + Gmin De base Q1 D’accompagnement ψ02. Q2
QB 0 ou 0.77 W ou 0.77 Sn
G W 0 ou ψ0 QB
Sn 0 ou ψ0 QB
7.7. Combinaisons d’actions dans le cas des ponts routes
Pour l’ELU
Action permanentes Actions variables
Situation 1.35 Gmax + Gmin De base γQ1. Q1 D’accompagnement
1.3 ψ02. Q2
1.35 G ou G 1.5 . Qpra 0 ou 1.3 W
+
D’exécution
1.35 Qprc ou Qprc 1.5 W 0 ou 1.3 Qpra
1.35 Qrp 0
1.35 G ou G 1.5 W 0
D’exploitation
1.5 Qr 0
La température ne figure pas dans ce tableau, car elle n’est pas généralement à prendre en
compte dans les états limites ultimes. Cependant, lorsqu’il y a lieu de la considérer en tant
qu’action de base, elle doit être introduite avec le coefficient 1.35.
Pour l’ELS
Actions variables
Situation Action permanentes De base Q1 D’accompagnement
ψ02. Q2
Qpra 0 ou W
D’exécution G + Qprc W 0 ou Qpra
Δθ ou T 0 ou Qpra
Qr 0 ou 0.5 Δθ ou 0.6 T
D’exploitation
G Qrp 0
Δθ ou T 0
W 0
Responsable du cours : Dr. BELAOURA M. Page 28