Budget Programme
Budget Programme
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DOCUMENT CONCEPTUEL
SUR L’INTRODUCTION
DU BUDGET-PROGRAMME EN MAURITANIE
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Rapport final
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février 2015
1
Sommaire
INTRODUCTION .......................................................................................................................... 5
Partie A : Diagnostic du Système des Finances Publiques en Mauritanie .......................... 7
Chapitre (1) : Diagnostic et constats ................................................................................................... 7
1.1. Préparation budgétaire .............................................................................................................. 7
1.2. Exécution budgétaire .............................................................................................................. 10
1.3. Schéma directeur de réforme du SGFP .................................................................................. 11
1.4. Quelques forces et faiblesses des réformes des finances publiques en Mauritanie ................ 13
Chapitre (2) : Intérêt du passage d’un Budget de moyens vers un budget de résultats ..................... 17
2.1. Au niveau de la préparation du Budget................................................................................. 17
2.2. Au niveau de l'exécution du Budget ....................................................................................... 18
PARTIE B : APPROCHE NORMATIVE ET GUIDE METHODOLOGIQUE DU BP ........................... 20
Chapitre (1) : Concepts généraux de l’approche programmatique et architecture du BP ................. 20
1.1. Le passage du budget de moyens au budget-programme ....................................................... 20
1.2. Du concept de programme...................................................................................................... 21
1.3. Focus sur le Budget Programme ............................................................................................ 23
Chapitre (2) : Budget programme et système de classification budgétaire ....................................... 25
Chapitre (3) : Canevas et étapes d’élaboration d’un Budget Programme ......................................... 32
Chapitre (4) : Les documents budgétaires et les rapports annexés à la Loi des Finances ................. 34
Chapitre (5) : Proposition d’architecture et de présentation des crédits pour le futur BP mauritanien
........................................................................................................................................................... 38
Chapitre (6) : Les Cadres de Dépenses à Moyen Terme et le BP...................................................... 42
Chapitre (7) : Autres outils d’opérationnalisation des BP ................................................................. 45
7.1. Le Plan de Travail Annuel ...................................................................................................... 46
7.2. Le Plan de Consommation des Crédits ................................................................................... 46
7.3. Le Plan de Passation de Marchés ........................................................................................... 46
7.4. Les indicateurs de performance d’un programme .................................................................. 47
Chapitre (8) : Guide méthodologique du BP ..................................................................................... 48
8.1. La méthodologie générale et les phases d’élaboration du budget programme ....................... 48
8.2. Principes d’affectation des crédits .............................................................................................. 51
2
8.3. Chaîne de responsabilité ......................................................................................................... 55
8.4. Structuration d’un Ministère en programmes ......................................................................... 57
8.5. Structuration d’un programme en actions .............................................................................. 59
8.6. Acteurs du BP ......................................................................................................................... 62
PARTIE C : LIMITES DU SYSTEME BUDGETAIRE ACTUEL EN MAURITANIE PAR RAPPORT AUX
EXIGENCES DU BP. ................................................................................................................... 68
3
1.1. Capacités humaines ........................................................................................................... 90
1.2. Capacités techniques ......................................................................................................... 91
Chapitre (2) : Mobilisation des acteurs et des ressources .................................................................. 92
2.1. Mobilisation des acteurs ......................................................................................................... 92
2.2. Mobilisation des ressources .................................................................................................... 92
ANNEXES .................................................................................................................................. 94
Annexe (1) : Glossaire ....................................................................................................................... 94
Annexe (2) : Liste des personnes rencontrées ................................................................................... 97
Annexe (3) : Références bibliographiques ........................................................................................ 98
Tableaux
Encadrés
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INTRODUCTION
5
institutionnalise le BP par une loi organique en 2001. Ce n'est que dans les années 80 que le
BP se répand dans les autres pays développés et dès 2000 dans ceux d'Europe de l'Est,
d'Amérique latine et d'Asie. Plus récemment, le BP a été introduit dans six pays africains
(Afrique du Sud, Mali, Tunisie, Ile Maurice, Maroc et Gabon).
Aussi, plusieurs rapports internationaux sur le système de gestion des finances publiques ont
formulé des recommandations sur la nécessité d’instaurer la culture du résultat et la
responsabilisation des gestionnaires des crédits pour contribuer à l’accélération de la
croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Ces recommandations se sont,
également, traduites dans la déclaration de Paris (mars 2005) sur l’efficacité de l’aide
publique au développement (APD) qui place la pratique de l’évaluation au cœur des politiques
publiques en se fondant sur deux principes essentiels : la gestion axée sur les résultats et la
responsabilité mutuelle.
Un début d’introduction de la gestion axée sur les résultats a été opéré en Mauritanie avec
l’élaboration depuis 2001 du cadre des dépenses à moyen terme (CDMT) sectoriel et global.
Le système de budgétisation en Mauritanie demeure toutefois basé sur une logique de moyens
qui ignore la notion de performance consistant à "contribuer à avancer dans la réalisation des
objectifs dans les trois dimensions que sont l’impact socio-économique, la qualité des services
et la réduction des coûts". En effet, dans le budget actuel où les moyens mis à disposition des
« administrateurs de crédits » sont inscrits par nature de dépense, les gestionnaires peuvent
proposer d’engager des dépenses parfaitement régulières bien qu’en réalité elles
n’amélioreront pas la performance.
C’est dans cette perspective que le projet Initiative Pauvreté-Environnement (IPE/phase 3),
financé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme
des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Gouvernement mauritanien, s’est
donné comme objectif d’appuyer l’instauration de la gestion axée sur les résultats dans le
processus de planification des politiques publiques. A cet effet, cette phase du Projet entend
accompagner le Gouvernement dans l’instauration de la budgétisation par programme pour
améliorer le cadre d’allocation des crédits budgétaires et mieux cibler les actions visant la
réduction de la pauvreté.
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PARTIE A : DIAGNOSTIC DU SYSTEME DES FINANCES PUBLIQUES EN MAURITANIE
En Mauritanie, la préparation du budget n’a pas connu des modifications significatives tant
dans son processus que ses outils comparativement aux autres volets de la gestion des
finances publiques. Toutes les évaluations de la gestion budgétaire (Revue des dépenses,
CFAA, RONC, PEFA, rapports d’assistance technique d’Afritac et du FMI, ect) ont souligné
l’inertie de l’élaboration des lois de finances tant sur le plan du processus que des outils et
techniques utilisés.
Le budget consolidé d’investissement (BCI) est l’un des principaux moyens pour atteindre les
objectifs du CSLP III. C’est actuellement un processus séparé qui ne semble pas basé sur des
orientations stratégiques. Ensuite, la préparation des lois de finances n’obéit pas à un
calendrier clair identifiant les différentes étapes, et définissant les responsabilités des acteurs
concernés par l’exercice.
7
En revanche la préparation des lois de finances est réalisée selon les quatre principales phases
du cycle budgétaire classique à savoir le cadrage macroéconomique, le cadrage budgétaire, les
conférences budgétaires et l’adoption du budget.
C’est sur la base du cadrage budgétaire, que le Ministère des Finances envoie la lettre-
circulaire aux différents départements ministériels. Ces derniers transmettent à leurs tours
leurs projets de budgets qui sont l’expression des besoins financiers nécessaires à l’atteinte
des objectifs sectoriels qu’ils se fixent. Sur la base de ces projets, le MF entame les arbitrages
avec les départements sectoriels dont les résultats vont permettre de disposer du budget total.
Celui-est adopté par le Conseil des Ministres avant d’être transmis au Parlement.
des propositions des Départements sectoriels montrant l’absence d’un lien direct entre
la programmation des dépenses et les objectifs (parfois soit par absence d’une stratégie du
secteur, soit par absence des ressources humaines et techniques capables de faire ce lien, ou
encore ne provenant pas non plus de CDMT sectoriel s’il existe),
8
l’utilisation des DAPBI n’a pas encore permis de faire jouer à cet outil son rôle de
régulateur budgétaire ;
Pour l’élaboration du CDMT global un dispositif formel de préparation a été mis en place
par arrêté du MAED qui est composé des principales structures concernées (MF, MAED,
BCM). Ce dispositif, sur lequel des modifications ont été apportées en vue de le rendre plus
opérationnel, devrait encourager et faciliter l’appropriation du CDMT par les cadres
nationaux.
Mais plus de dix (10) ans après leur introduction, les CDMTs n’ont pas encore atteint les
objectifs fixés. En effet, tous les rapports d’évaluation de la gestion budgétaire survenus
depuis le début des années 2000 ont souligné que ce processus connait plusieurs insuffisances
et qu’il est nécessaire de l’améliorer. Ces insuffisances résident notamment le fait que
le CDMT n’est pas bien intégré dans le cycle de préparation du budget n’a que
rarement servi de base pour l’allocation des ressources. De ce fait, le budget de l’Etat demeure
basé sur une logique de moyens.
1
Le premier CDMT global a été préparé en 2003 par le CMAP auquel succédé celui de 2007. Depuis 2010,
chaque année un CDMT global est préparé.
9
le CDMT n’est pas bien intégré aux autres outils de programmation économique et
budgétaire reste peu intégrés (PIP, CSLP).
le processus du CDMT reste limité à la production de documents et n’a pas fait l’objet
d’une programmation plus précise des moyens engagés ni des résultats attendus et ce en
raison (i) de l’absence d’obligation de cohérence, d’un calendrier et d’une méthode de travail
précise, (ii) d’une élaboration de stratégies sectorielles qui servent de base à la programmation
à moyen terme, et (iii) d’une bonne implication des responsables sectoriels dans le processus.
les techniques de préparation des CDMTs ne sont pas bien maitrisées par les cadres
nationaux. Or, la maîtrise de l’approche CDMT constitue une étape importante pour la
transition vers la budgétisation par programme axée sur les résultats.
Par ailleurs, le Gouvernement mauritanien s’est attelé en 2007 à la préparation d’un Cadre
budgétaire à moyen terme (CBMT) 2008-2010. Ce CBMT, qui a servi de base à l’élaboration
de la Loi de finances 2008, constitue une étape importante vers la levée des contraintes
identifiées en matière d’allocation des ressources budgétaires. L’élaboration de cet outil
traduit ainsi la volonté du Gouvernement de baser les allocations de crédits sur des
objectifs sectoriels conformes aux priorités nationales, mais aussi de se doter d’un outil de
dialogue, afin de permettre un débat budgétaire documenté entre les différents secteurs et
entre le Gouvernement et le Parlement. En outre, un CBMT 2015-2017 a été élaboré en
septembre 2014.
Cette situation a conduit les autorités à demander en octobre 2010 une mission d’assistance
technique de l’Union Européenne pour élaborer un cadre directeur intégré qui se traduirait
par un plan d’exécution opérationnel.
Cette approche a été formalisée par un document officiel approuvé par les autorités nationales
dénommé « Schéma directeur de réforme du Système de Gestion des Finances Publiques
(SGFP) ».
Mise en place d’une budgétisation efficace et crédible basée sur les politiques
publiques ;
Renforcement de l’exhaustivité et de la transparence du budget de l’Etat ;
Renforcement de la prévisibilité dans l’exécution du budget;
Amélioration de la qualité de la comptabilité, de l’information et des Rapports
Financiers ;
Renforcement des contrôles, de la surveillance et de la vérification; mise en place
d’un Système intégré d’information et la formation.
11
Le cadre directeur intégré prévoit le pilotage des réformes à deux niveaux : (I) un
comité interministériel comprenant les organes décidant les politiques chargé de
définir les grandes orientations politiques ; (ii) et des structures de coordination à
caractère technique pour soutenir l’exécution des réformes.
Cependant, parmi les écueils contenus dans le schéma directeur, il y a lieu notamment de
citer :
• Le cadre juridique de la LOLF : La loi organique relative aux lois de finances organisant
le système financier date de 1978 et est considérée comme désuète et inopérante ; Elle ne
constitue plus un cadre approprié aux bonnes pratiques budgétaires et comptables. Ce cadre
juridique reflète l’absence de lien entre dépenses publiques et politiques publiques et
n’intègre pas dans ses composantes, les règles de pluri-annualité, d’universalité, de
sincérité et de contrôle ;
• Faible effectivité des instruments de programmation budgétaire : La capacité à élaborer
des outils de cadre budgétaire à moyen terme est obérée par la faiblesse de leur effectivité. Le
processus de préparation budgétaire n’intègre pas les instruments CBMT dans le cycle de
préparation de la loi des finances.
• La Cour des Comptes : Institution prévue par la constitution du 20 juillet 1991 ; elle ne
remplit pas encore la totalité de ses prérogatives conformément à la loi fondamentale. La Cour
des comptes fait face à un déficit de ressources humaines qualifiées et à un environnement
national peu familier avec les mécanismes d’audit et de contrôle ;
• Difficulté à exécuter le budget: La maitrise des dépenses publiques constitue un défi dans
la gestion du budget en Mauritanie ; Les dépenses opérées ne sont pas suffisamment reflétées
dans RACHAD ni comptabilisées dans les comptes de l’Etat et le mécanisme de notification
de délégations de crédits n’apparait pas suffisamment dans RACHAD ; Cette situation donne
lieu à des incohérences entre ce dernier et la situation au niveau du trésor et de la comptabilité
publique notamment lors de la clôture de la gestion ;
• Fonctions de contrôle : Les services de contrôle et d’inspection ne sont pas harmonisés
entre les différents départements ministériels ; La fonction d’audit interne n’est pas
systématisée dans les administrations publiques en Mauritanie. Elle est confrontée à une
insuffisance de moyens, de recettes et à un problème d’effectivité. Si la création de l’IGE a
contribué à l’amélioration des dépenses publiques, il convient toutefois de donner davantage
de moyens à cette institution afin de la rendre performante.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par le souci de veiller à l’efficacité des
dépenses publiques, à sa transparence et son impact les conditions de vie des populations les
plus démunies. Elle vise non seulement renforcer les recettes de l’Etat mais aussi à introduire
les meilleures pratiques en matière de gouvernance et donc à inscrire la gestion des finances
publiques dans la logique de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR).
Dans ce cadre, l’insuffisance des résultats passés pouvait notamment s’expliquer par les
constats de dysfonctionnements suivants en matière de programmation budgétaire :
- un défaut de vision de long terme et de ses déclinaisons opérationnelles,
- l’utilisation inadéquate des CDMT, global comme sectoriel, comme instruments de
chiffrage et d’arbitrage des politiques et des résultats escomptés,
- la centralisation parfois relativement excessive du dispositif,
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- la gestion non intégrée de la dette extérieure,
- la faiblesse des capacités du Parlement pour analyser la programmation budgétaire ;
1.4. Quelques forces et faiblesses des réformes des finances publiques en Mauritanie
Les réformes qui visaient à favoriser l’accroissement des recettes fiscales et l’amélioration de
la préparation et l’exécution des lois de finances ont permis de réaliser des progrès essentiels
pour le renforcement de la gestion des finances publiques notamment dans les domaines
suivants :
La déconcentration de l’ordonnancement ;
L’informatisation intégrée de la chaîne de dépenses (RACHAD) ;
La mise en adaptation de la nomenclature budgétaire et l’amélioration de la
présentation de la Loi de Finances ;
Le renforcement de la comptabilité publique par la production mensuelle de la balance
du trésor et la réconciliation des opérations budgétaires et comptables ;
La création des postes de receveurs des impôts ;
La création des inspections internes et de l’IGE ;
La déconcentration du contrôle financier vers les ministères dépensiers ;
Toutefois, la conduite de ces reformes a manqué d’efficacité notamment en raison des limites
du cadre institutionnel et juridique et l’absence d’un mécanisme de pilotage opérationnel.
Décliné dans le CSLP III, le chantier de la modernisation des finances publiques est vaste et
permet d’entreprendre des réformes de grande envergure, leur étendue, traduit le besoin de
rénover les instruments budgétaires actuels.
Ce dispositif est en outre alourdi par les différents mécanismes de pilotage des projets et
programmes soutenus par les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement.
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Pour ce qui est de l’exécution budgétaire, les reformes ont permis de mettre un terme aux
dépenses extrabudgétaires, de simplifier les procédures d’exécution du budget et d’améliorer
sa prise en charge comptable. En revanche, les dépenses sur financements extérieurs ne sont
ni reflétées dans RACHAD ni comptabilisées dans les comptes de l’État. En outre, ce système
ne prend pas en compte de manière adéquate les notifications de crédits. Cette situation donne
lieu à des incohérences entre ce dernier et la situation au niveau de la Direction Générale du
Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) notamment lors de la clôture de la gestion.
De même, la déconcentration de l’ordonnancement ne couvre par les dépenses sur salaires et
reste limitée par la pratique des ouvertures de crédits contrôlées par le Ministère des Finances.
De ce fait, la régulation budgétaire continue de revêtir un caractère mécanique : Elle ne fait
pas référence à des plans d’engagement des crédits concertés définis sur la base de plans
d’actions et de chaines de résultats qui font le lien entre les activités et les résultats souhaités.
Les règles qui s’appliquent au budget de l'État, tant pour son élaboration que pour son
exécution sont énoncées dans la Constitution qui renvoie à une loi organique de finances: La
loi organique n° 78-011 du 19 janvier 1978 relative aux lois de finances (modifiée notamment
par l’ordonnance 87-015). Cette LOLF est complétée par d’autres textes, en particulier
l’ordonnance n° 89-012 du 23 janvier 1989, modifiée par le décret n° 2004-096, portant
Règlement général de la comptabilité publique (RGCP). Les dispositions de la loi organique
ne sont pas adaptées aux exigences d’une gestion moderne des finances publiques. En effet ce
cadre ne permet pas d’intégrer les règles de la pluri annualité qui sont essentielles pour faire le
lien entre les dépenses budgétaires et les politiques publiques. Par ailleurs, la LOLF ne prend
pas en compte de manière satisfaisante les exigences en matière d’exhaustivité du budget et
de reddition des comptes. L’évolution des finances publiques commande aussi de faire
évoluer le règlement général de la comptabilité publique.
Le Budget consolidé d’investissement (BCI) est présenté selon une nomenclature sectorielle
(Développement rural, Développement industriel, Aménagement du territoire, Ressources
humaines, Développement institutionnel et Projets multisectoriels) avec sous- secteurs.
Chaque sous-secteur contient des projets, indiquant l’organe d’exécution, la source et la
nature des financements et coût total du projet ainsi que les décaissements prévus au titre des
l’année à venir. En outre, le BCI contient une présentation des dépenses d’investissement
conforme à la nomenclature budgétaire prévue par la loi. Les annexes du budget qui portent
sur les EP&EPA utilisent une présentation économique très générale.
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0405 - Transport
0406 - Communications
0407 - Autres activités commerciales, industrielles et artisanat
0408 - Affaires concernant la recherche et le développement économique
0502 - Gestion des eaux usées
0504 - Protection de la biodiversité et de l'environnement
0505 - Recherche et développement concernant la protection de l'environnement
0506 - Protection de l'environnement
0601 - Développement collectif
0603 - Approvisionnement en eau
0606 - Aménagements collectifs et logement
0701 - Affaires générales concernant la santé 8 480 403 244,40Rapport sur les Opérations
Financières de l’Etat
0702 - Produits médicaux, appareillages médicaux et équipements
0703 - Consultations externes
0704 - Services hospitaliers
0705 - Services concernant la santé publique
0706 - Services concernant la prévention et la détection
0707 - Recherche et développement dans le domaine de la santé
0708 - Affaires concernant la santé
0801 - Services concernant les affaires religieuses
0802 - Services concernant la culture
0803 - Service concernant la radiodiffusion, la télévision et l'édition
0804 - Services concernant les services collectifs
0805 - Services concernant les loisirs et le sport
0901 - Enseignement pré primaire et primaire
0902 - Enseignement secondaire
0904 - Enseignement du troisième degré
0905 - Enseignement non défini par le niveau
0908 - Enseignement
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1001 - Affaires générales concernant l'action sociale
1002 - Prestations sociales
1009 - Action et protection sociale
1101 - Non Classé
Cette classification se fait conformément à un modèle normalisé issu des services du Fonds
Monétaire International qui permet de suivre les incidences des dépenses budgétaires des pays
sur les secteurs de l’économie et de comparer ces incidences entre les pays. Ce modèle ne
tient compte que des dépenses effectivement ordonnancées hors dépenses sur financement
extérieur, et inclut les amortissements de la dette extérieure qui sont en bas de ligne du TOFE,
ce qui explique la différence entre le total des dépenses du modèle et celui du TOFE.
Elle a permis notamment une analyse de l’exécution du budget 2013 par les services du FMI :
les services publics généraux représentent (19,41%) du total des dépenses, suivie par les
affaires économiques avec (19,21%), les actions et protection sociale et la défense viennent en
troisième et quatrième position avec respectivement (17,32%) et (13,22%). La catégorie « non
classé » représente environ 9,78%.
Les Grandes fonctions retenues comprennent notamment : Services publics généraux,
affaires économiques, protection de l’environnement, défense, ordre de sécurité publique,
action et protection sociales, aménagements collectifs et logements, santé, affaires religieuses
et culture, enseignement, non classé.
Chapitre (2) : Intérêt du passage d’un Budget de moyens vers un budget de résultats
Un bref diagnostic permet de mettre en exergue l’importance et l’intérêt majeur d’un passage
d’un budget de moyens à un BP.
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2.2. Au niveau de l'exécution du Budget
une mauvaise allocation des ressources : les dépenses publiques ne sont pas toujours
orientées vers les secteurs prioritaires et/ou que les programmes / wilayas ne sont pas
toujours dotés suivant des principes d’équité ou de rationalité ;
une planification technique souvent irréaliste parce qu'ignorant a priori les
disponibilités financières à court et moyen terme ;
une inflation des coûts, du fait que les opérateurs répercutent sur les prix les incidences
financières liées aux retards de paiement ;
une faible performance des programmes, une insatisfaction des usagers (services
rendus insuffisants ou de mauvaise qualité) et une fragilisation des opérateurs
(problèmes de trésorerie, défaillances techniques, etc) ;
une faible performance des agents techniques et des décideurs publics ainsi qu’une
déresponsabilisation dans la gestion des ressources financières ;
l'inexistence d'une obligation de résultats.
Ainsi, en Mauritanie, à l’instar d’autres pays, traditionnellement, les lois de finances
présentent le budget par nature économique ou administrative de dépenses.
Cela ne permet pas de répondre aux questions suivantes:
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l’absence de visibilité de l’action publique,
l’absence d’indicateurs de mesure de la performance,
l’absence de transparence,
l’absence de l’efficience dans la dépense publique,
l’absence de la culture de reddition des comptes,
l’absence de définition des responsabilités.
Face à cette situation, il y a lieu d'instaurer un nouveau cadre de gestion qui mette l'accent sur
la performance dans l'atteinte des résultats en fonction d'objectifs préétablis, rendus publics et
mesurés à l'aide d'indicateurs, sur le respect du principe de transparence et, surtout une
imputabilité accrue de l'administration devant le Parlement. Il s'agit de la mise en place de la
GAR, à travers l’élaboration et la mise en œuvre de BP.
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PARTIE B : APPROCHE NORMATIVE ET GUIDE METHODOLOGIQUE DU BP
L’objet de cette partie est de présenter des concepts généraux de l’approche programmatique
d’une part ainsi que des outils opérationnels qui sont généralement utilisés pour élaborer un
BP. Ces outils visent à donner une base pour les Ministères pour l’élaboration du nouveau BP
et à proposer un « mode d’emploi » pour le passage de la théorie à la pratique.
Aussi, et en vue d’harmoniser la démarche adoptée avec les meilleures pratiques dans les pays
comparables, cette partie s’inspire notamment de la Directive de l’UEMOA en matière de BP
et des guides méthodologiques existant dans différents pays2.
Dans ce contexte, le BP organise les choix budgétaires autour des politiques publiques,
compare les coûts et les résultats des programmes et n'en retient que les plus efficace par
rapport aux priorités. Un programme ne vaut donc que par sa capacité à résorber un déficit,
accroître des capacités, réduire un fléau, approvisionner en biens, etc.
Les gestionnaires ont compris qu’il faut passer d’une gestion des moyens vers une gestion
axée sur résultats en vue d’assurer les objectifs suivants :
2
Tels que la France, le Burkina Faso, le Gabon, la Tunisie et le Cameroun.
20
- établir les objectifs des interventions publiques,
- à partir de ces objectifs, dériver une structure de programmes (domaine,
programme, sous-programme),
- lier les objectifs à des indicateurs de performance,
- réaliser la planification du budget pour atteindre les objectifs fixés,
- ajuster les objectifs et indicateurs selon les contraintes financières,
- suivre et mesurer la performance.
La Budgétisation Basée sur les Activités (BBA) permet de :
décliner les activités des ministères sous forme de structure d’activités,
décliner les coûts des différents éléments de la structure d’activités,
encadrer les gestionnaires responsables dans leur exercice de planification budgétaire
annuelle.
La Budgétisation Basée sur la Performance (BBP) est une approche de gestion qui permet :
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Un « programme » est un domaine de responsabilité confié à un dirigeant sur une politique
publique identifiée, au sein des compétences d’un ministère, et sur les moyens budgétaires qui
lui sont globalement consacrés, pour améliorer la performance de la gestion publique et
atteindre des résultats attendus.
Il constitue notamment :
- un cadre de mise en œuvre d’une stratégie, en vue d’atteindre des résultats par
l’amélioration continue de la performance, avec une double dimension, budgétaire
(crédits alloués) et managériale (pilotage)le cadre de dévolution des moyens
budgétaires alloués à cette politique et le cadre d’analyse et de décision du Parlement
quant au vote des crédits.,
- un cadre managérial de la conduite de cette politique publique, dans lequel se pilote la
gestion par la performance,
- un centre de responsabilité avec des pouvoirs sous forme de leviers d’actions en
contrepartie de rendre compte, etc.
Dès lors que le programme doit avoir une certaine ampleur et que ses moyens sont globalisés,
il est nécessaire de le décomposer en approches plus fines (le structuré en « actions ») pour
mieux appréhender son contenu et de pouvoir en calculer les coûts. Ce sont les actions qui
structurent et composent un programme, fournissant ainsi le cadre d’analyse de son contenu.
En d’autres termes, les actions rendent plus lisible la politique publique portée par le
programme, au-delà de son seul périmètre, en explicitant ses grandes composantes. Entre le
programme et l’action, c’est l’échelle qui change. Le choix de la structuration du programme
en actions découle donc directement de l’analyse des composantes de la politique publique
considérée. L’action est le périmètre de l’expression des demandes de crédits pour un
programme, et de la justification de ces demandes. Aucun crédit ne peut être alloué à un
programme en dehors des actions qui le constituent.
22
- celui du coût prévu, correspondant aux crédits budgétaires qu’il est envisagé de consacrer à
l’action considérée dans le cadre de l’allocation budgétaire au programme ;
- celui du coût réel, correspondant aux dépenses réellement effectuées lors de l’exécution du
programme.
Le BP est un instrument qui relie toutes les dépenses à des objectifs à l’avance et à des
indicateurs. C’est une technique d’allocation budgétaire consistant à regrouper les actions
d’un Ministère par programme en rapprochant les crédits alloués aux résultats attendus. Il est
un instrument de planification stratégique et opérationnelle dont les fonctions essentielles sont
: (i) la planification, (ii) la budgétisation et (iii) le suivi-évaluation.
En tant qu'outil de planification, le budget programme est élaboré sur la base des objectifs et
stratégies définis par le gouvernement et prévoit à moyen terme, dans un cadre macro-
économique équilibré, les ressources et les coûts des politiques, programmes et projets
publics. Aussi, l’existence de politiques sectorielles conditionne-t-elle la qualité des budgets-
programmes au niveau des différents départements ministériels.
En tant que cadre de programmation budgétaire, le budget programme s’élabore dans le
respect des enveloppes sectorielles définies dans le CDMT et encadre le processus annuel de
préparation du budget en facilitant les choix budgétaires à partir de la programmation à
moyen terme des ressources et des dépenses. Il accroît la prévisibilité des flux de ressources et
de charges tout en assurant une meilleure efficacité du système budgétaire.
Enfin, en tant qu'outil d'évaluation, le budget-programme permet de suivre et d'évaluer les
résultats obtenus par rapport aux ressources dégagées et objectifs fixés pour une mise en
œuvre efficace des politiques, programmes et projets publics. Il permet de ce fait de réorienter
les stratégies et politiques de développement pour améliorer leur efficience.
Dans cette optique, le Budget-Programme peut être défini comme un mode de présentation
des crédits budgétaires permettant un regroupement cohérent des actions d’un même ministère
par programme, en mettant en correspondance les crédits et les résultats physiques ou
financiers escomptés, dans le cadre d’une projection pluriannuelle indicative.
Il permet notamment d’aligner les ressources publiques sur les priorités nationales, en
procédant à des allocations de ressources annuelles assurant une cohérence et une bonne
articulation avec les objectifs à moyen et long terme, en prenant en considération la pluri-
annualité budgétaire. Il vise à améliorer l’efficacité et l’équité en matière d’utilisation
publiques en vue de promouvoir la croissance, d’améliorer le niveau des revenus et, donc de
réduire la pauvreté.
23
Il se caractérise par une organisation de la maquette budgétaire en missions-programmes-
actions.
Par ailleurs, le budget programme permet une gestion rénovée des finances publiques qui se
traduit par une spécialisation des crédits par programme, une plus grande liberté d’action
assortie des principes de globalisation et de fongibilité.
De même, il développe une démarche de performance qui permet d’associer à chaque
programme des objectifs et des indicateurs.
En matière de présentation et définition des différentes articulations de l’architecture
budgétaire, il y a lieu de retenir que :
- la mission corresponde à une politique publique et constitue l’unité de vote des crédits,
- le programme, élément central de l’architecture budgétaire, corresponde à une segmentation
de la politique publique,
- l’action précise la destination de la dépense.
Le BP est :
- un document explicatif joint au projet de loi de finances précisant les objectifs du ministère,
les programmes qui y concourent et les moyens qu'il y consacre.
- un cadre de dépenses sectoriel à court et moyen termes liant les ressources aux résultats
attendus des divers centres de responsabilité d'une organisation.
- un outil de planification et de gestion qui, à terme, participera au but recherché
(assainissement des finances publiques, amélioration des indicateurs de couverture sanitaire,
réduction de la pauvreté, etc.).
24
- Un système de répartition des ressources plus conforme aux priorités stratégiques et intra
sectorielles dans le cadre d’une discipline budgétaire rigoureuse
- La formulation d’un modèle clair et logique qui lie les ressources aux résultats prévus
- La détermination d’une stratégie de mesure de rendement permettant de suivre les progrès
- La responsabilisation des administrations gestionnaires de crédits.
Le système de classification budgétaire pour la gestion courante doit être compatible avec les
standards internationaux pour la production de rapports analytiques. Ils comprennent:
Les dépenses du budget général, des budgets annexes et des comptes spéciaux du Trésor sont
présentées selon les types de classification administrative, par programme, fonctionnelle et
économique.
La classification administrative a pour objet de présenter les dépenses budgétaires selon les
services ou groupes de services chargés de leur gestion. Elle permet d’identifier la hiérarchie
25
du service chargé de l’exécution de la dépense et de préciser son degré d’autonomie, ainsi que
sa situation géographique. Elle dépend de l’organisation administrative des départements
ministériels ou des institutions des Etats. Elle comprend deux niveaux. Elle retient les
ministères ou les institutions comme premier niveau de classification correspondant aux
sections. Les services ou groupes de services constituent le deuxième niveau de classification
correspondant aux chapitres. La section est codifiée sur deux (2) caractères. Le chapitre est
codifié au moins sur six (6) caractères et comprend :
- la codification du type de service, (service centralisé, service déconcentré, service
autonome) se fait sur un (1) caractère ;
- la codification du service : la codification utilisée est une codification arborescente mise en
place selon le principe décimal. Il appartient à chaque Etat membre de déterminer
l’architecture de cette codification en fonction de sa structure administrative et des besoins
imposés par la transparence budgétaire. La codification proposée comprend au minimum trois
(3) caractères qui identifient le service principal et le service gestionnaire des crédits, mais
selon les besoins de gestion des ministères cette structure de codification peut être élargie ;
- la codification géographique du service : la codification permet d’identifier les dépenses
selon les différentes circonscriptions du pays. Il convient à chaque Etat membre de déterminer
le niveau choisi, soit principal, soit au niveau secondaire, soit un niveau encore plus fin. Si le
niveau principal est retenu, cette codification est numérique à deux (2) caractères ; si un
deuxième niveau est retenu, cette codification est arborescente à quatre (4) caractères.
Au sein des ministères, les crédits budgétaires sont décomposés en programmes. Un
programme peut regrouper, tout ou partie des crédits d’une direction, d’un service, d’un
ensemble de directions ou de services d’un même ministère. Chaque programme est identifié
par deux (2) caractères.
La classification fonctionnelle a pour objet de classer les dépenses budgétaires selon leurs
objectifs socio-économiques. Elle est conforme à la nomenclature COFOG.
La classification économique de la nomenclature budgétaire est cohérente avec le plan
comptable général de l’Etat. Deux niveaux de codification permettent d’identifier les
dépenses par nature, à savoir : l’article et le paragraphe. L’article représente la catégorie
économique de la dépense et est identifié par les deux premiers caractères du compte par
nature du plan comptable de l’Etat. Il est codifié sur deux (2) caractères. Le paragraphe est
une subdivision de l’article précisant la nature de la dépense. Il est identifié par les trois
premiers caractères du compte par nature du plan comptable de l’Etat.
Les Etats membres peuvent adopter des classifications additionnelles pour répondre à des
préoccupations spécifiques. Les classifications additionnelles peuvent comprendre
notamment:
- la classification par sources de financement qui permet d’identifier et de suivre les moyens
de financement des dépenses budgétaires (fonds propres, dons et prêts intérieurs ou
extérieurs) ;
- la classification par bénéficiaires qui établit un lien entre la dépense budgétaire et le
bénéficiaire final.
Source : directive N°08/2009/CM/UEMOA portant nomenclature budgétaire de l’Etat au sein de l’UEMOA,
26
La classification fonctionnelle a pour objet de codifier les dépenses budgétaires selon leurs
objectifs socio-économiques par grandes fonctions représentant les principaux domaines
d'intervention de l'État. Elle sert de base au suivi des dépenses consacrées à la réduction de la
pauvreté et aux comparaisons internationales en la matière.
En général, pour la plupart des pays, les dépenses budgétaires sont regroupées en dix
fonctions :
services généraux des administrations publiques
défense
ordre et sécurité publics
affaires économiques
protection de l’environnement
logements et équipements collectifs
santé
loisirs, culture et culte
enseignement
protection sociale.
Pour le cas de la Mauritanie, la classification fonctionnelle introduite en 2012 s’en inspire et
a été présentée dans les détails dans la partie A relative au diagnostic du SFP.
La classification programmatique du budget d’un ministère peut comprendre plusieurs
niveaux :
• le programme (par exemple, enseignement primaire, soins de santé de base, etc.),
• le sous-programme (action dans le budget français), qui correspond à un ou des objectifs
spécifiques du programme ou à une division administrative du ministère concerné,
responsable de la mise en œuvre d’un segment du programme ;
• l’activité, qui est le niveau opérationnel et fournit des prestations ou des produits déterminés.
Quelques principes visant à faciliter l’établissement d’une nomenclature programmatique
sont présentés ci-dessous.
27
On n'utilisera pas de clef de répartition et on ne fera pas de comptabilité analytique
pour structurer le budget en programmes. Dans ces conditions :
les dépenses non affectables à un programme opérationnel particulier sont
regroupées dans un programme d’administration générale ;
un membre du personnel est affecté à un seul programme.
La structure programmatique doit être relativement stable pour assurer une continuité
dans la gestion ;
Le programme (ou le sous-programme) doit, lorsque cela est possible, ne couvrir
qu’un seul groupe de la CFAP, mais il ne s'agit pas d'une règle universelle ;
Le nombre de programmes par ministère sera limité (5 à 6 en moyenne, par exemple) ;
On évitera des budgets d’activités excessivement détaillés.
Pour identifier clairement les responsabilités, les programmes doivent être établis par
ministère, le programme interministériel devant rester l'exception. Le programme
correspondra dans de nombreux cas à une direction générale ou à un groupe de
directions générales ou à un groupe d'établissements publics.
Un responsable de programme, chargé de coordonner et suivre les activités/projets du
programme devra être désigné.
La nomenclature des programmes devrait rester simple et le nombre de programmes
par ministère être limité (par exemple, en moyenne 3 à 8 programmes par ministère).
Dans certains cas il pourra s'avérer utile de décomposer les programmes en sous
programmes, mais ce point sera à examiner cas par cas, en évitant, dans un premier
temps, de construire une nomenclature de programmes et sous programmes trop
complexe.
Les programmes seront décomposés en activités et projets. Dans de nombreux cas,
cette décomposition pourra consister à distinguer chaque unité administrative
(directions générales, établissements publics, etc.) relevant du programme concerné, et
au sein de ces unités de séparer les activités liées au fonctionnement courant, les
transferts, et les projets de développement. Les ministères ou les gestionnaires peuvent
pour leurs besoins de gestion interne propres adopter des décompositions des
programmes et activités plus détaillées, mais au niveau central, pour la préparation du
budget il est souhaitable d'adopter une structure des programmes et activités simple.
Le programme (ou le sous-programme) doit lorsque possible être monofonctionnel, au
sens de la CFAP, mais il ne s'agit pas d'une règle universelle.
L'usage de clefs de répartition, plus ou moins arbitraires, pour allouer les dépenses en
biens et services d'une unité administrative ou les frais généraux parmi plusieurs
programmes doit être écarté. En général toutes les dépenses d'une unité administrative
seront affectées à un programme et un seul et un membre du personnel est également
affecté à un programme et un seul. ). Les exceptions éventuelles devront être
clairement identifiées et nécessiteront de distinguer dans le budget des directions
concernées le budget de chaque programme. A cet effet, il conviendra d'établir des
3
Adapté de « Analyse du cadre conceptuel des budgets par objectifs » de la République de
Tunisie élaboré par P. Demangel, Daniel Tommasi, Ian Davies, Béchir Lassoued, Robert,
Robert Poinsard et Ahmed Ourir.
28
tables de correspondance entre la nomenclature de programmes et la nomenclature
administrative (voir tableau 5).
La structure programmatique doit être stable dans un contexte de recomposition du
gouvernement. Elle doit être transposable (et facilement) dans la structure
administrative du nouveau gouvernement.
La structure de programmes doit être exhaustive, c'est-à-dire recouvrir la totalité de
l’activité du ministère.
Au sein de chaque ministère, il sera distingué: (i) un programme d'administration
générale, regroupant les activités des services généraux non attribuables à des objectifs
spécifiques déterminés (cabinet du ministre, secrétariat général, direction des affaires
financières, etc.), et (ii) des programmes opérationnels et/ou de soutien correspondant
aux activités des services sous tutelle du ministère ou à des opérations.
Approche programmatique
Les crédits sont spécialisés par programme, mais les règles concernant les virements de crédit
entre programmes varient d’un pays à l’autre :
• LOLF française de 2001 :
- le montant cumulé, au cours d'une même année, des crédits ayant fait l'objet de virements,
ne peut excéder 2 % des crédits initiaux de chacun des programmes concernés ;
- aucun virement ne peut être effectué au profit du titre des dépenses de personnel.
• UEMOA : Directive 06/2009/CM :
- à l’intérieur d’un même programme, les ordonnateurs ne peuvent pas effectuer des
mouvements des crédits augmentant les crédits de personnel ou diminuant les crédits
d’investissement ;
29
- le montant annuel cumulé des virements et transferts affectant un programme ne peut
dépasser 10 % des crédits votés de ce programme.
• Cameroun : loi n° 2007/006 du 26/12/ 2007 portant régime financier de l’État :
- aucun mouvement de crédits ne peut être effectué à partir des dépenses de personnel au
profit d’une dépense d’une autre nature ;
- le montant cumulé, au cours d’une même année, des crédits ayant fait l’objet de virements,
ne doit pas dépasser 5 % des crédits ouverts par la loi de finances de l’année pour chacune des
sections (divisions de la CFAP).
Ministère
Mission
Programme
[Éventuellement, sous-programme]
Unité administrative (directions générales ou établissement public)
Activités courantes
Catégorie de la dépense (titre dans beaucoup des pays francophones)
Source de financement
Nature économique détaillée
4
Adapté d’un rapport de l’AFD.
30
Région
Projets (composante du PIP)
Catégorie de la dépense (titre dans beaucoup des pays francophones)
Source de financement
Nature économique détaillée
Région
31
pour suivre l'efficience, c'est-à-dire la capacité à minimiser les moyens pour réaliser un niveau
donné de prestation.
Particulièrement en France et dans les pays ayant opté une nomenclature similaire à la sienne,
le niveau le plus élevé est la mission qui est souvent interministérielle (cette transversalité
constituant une difficulté dans la responsabilisation des acteurs, le programme doit rester
toujours ministériel). La mission est l’unité de vote du budget, le programme restant l’unité de
spécialisation budgétaire.
Dans certains pays (par exemple, la France, Madagascar ou l'Australie) le budget annuel de
l'Etat est structuré en programmes. Un document séparé du budget annuel présente les
indicateurs (cf. ci-après, section la culture de performance). Dans d'autres pays, dont l'Afrique
du Sud et l'Ile Maurice, le budget annuel est organisé en programme avec des projections
pluriannuelles de dépense au même format que les crédits de paiement et quelques indicateurs
de performance. Il est organisé par programme et comprend quelques indicateurs de
performance. Le budget annuel est à la fois CDMT et budget de programme.
Dans d'autres pays encore (et particulièrement de l’Afrique de l’Ouest francophone, dont le
Bénin et le Mali), le terme budget programme se réfère à un document annexe, ou parallèle,
au budget annuel, comme les budgets de programme pluriannuels préparés. Pour ces pays, la
première année du tableau correspond au budget annuel. Les autres années sont à titre
indicatif même si elles devraient constituer des engagements fermes pour les gouvernements.
Précis stratégiques
32
• Il s’agit de veiller à ce que les objectifs sectoriels définis soient en cohérence avec les
objectifs nationaux contenus dans les documents de politiques et de stratégies
nationales.
Evaluation Financière
• L’exercice de budgétisation des différents programmes se fait par nature de dépenses
et tient compte du Cadre de Dépenses à Moyen Terme. Cette phase est également très
importante dans la mesure où elle permet d’apprécier la sincérité du budget à partir
des écarts observés entre les prévisions et les réalisations. Au-delà des difficultés de
précisions dans l’estimation des coûts des activités, qui sont liées soit, à l’absence de
base de données statistiques ou à la non exploitation de données
statistiques lorsqu’elles existent soit, au non recours au référentiel des prix actualisé
chaque année par le contrôle financier, le défaut de prise en compte des délais de
passation des marchés publics dans la programmation des dépenses est également
source de mauvaise budgétisation.
• Il est important aussi de souligner que pour le suivi des actions /activités
programmées, le tableau des « Evaluations financières », et le « Plan de Travail
Annuel » doivent être en harmonie afin que les objectifs poursuivis soient
véritablement atteints.
Tableaux importants
• Tableaux des indicateurs
• Tableau du mode de calcul des indicateurs
• Tableau de financement
• Tableau de passage du budget-programme au budget classique.
Un document de BP d’une Mission correspondant à un secteur ou de CDS-MT doit
comprendre les éléments suivants :
33
Message du ministre
Résumé exécutif
Introduction
Mission du ministère
Diagnostic du secteur et résultats atteints
Objectifs et indicateurs sectoriels
Architecture des programmes
Financement du secteur
Mécanisme de mise en œuvre
Mécanisme de suivi-évaluation, etc.
Chapitre (4) : Les documents budgétaires et les rapports annexés à la Loi des Finances
La documentation budgétaire comprend le budget annuel et une série d’autres documents
annexés à la loi des finances. Elle doit donner au Parlement et aux citoyens une image
complète de la politique budgétaire et présenter les éléments permettant d’en examiner le bien
fondé. Elle devrait comprendre, entre autres documents :
des informations détaillées sur les recettes et les dépenses projetées et leur
comparaison avec les résultats précédents et le budget de l’année en cours,
une présentation du contexte macroéconomique, des hypothèses macroéconomiques et
de la politique budgétaire globale données par un TOFE prévisionnel,
une présentation de l’allocation intersectorielle et intrasectorielle des ressources et une
analyse des changements apportés à cette allocation par rapport aux années
précédentes et leur cohérence avec les stratégies nationales et sectorielles,
un rapport sur les relations financières avec les collectivités locales,
divers documents, éventuellement présentés séparément de cette documentation
budgétaire, sur des points clés de la politique des finances publiques tels qu’un rapport
sur la dette publique, un rapport sur la situation financière des entreprises d’État, une
analyse des dépenses fiscales et une analyse des risques budgétaires.
Les documents budgétaires peuvent aussi comprendre un cadre des dépenses à moyen terme
(CDMT) et des documents sur la performance attendue, appelés en général « Projet Annuel
de Performance » (PAP), formant dans certains pays un document unique. Les hypothèses
macroéconomiques et le TOFE prévisionnel sont quelquefois présentées dans un document
appelé « budget économique ». Ces budgets économiques devraient, idéalement, couvrir une
période d’au moins trois ans en projection. Parallèlement, l’information sur le budget des
fonds de sécurité sociale devrait être disponible.
L’encadré suivant liste les éléments d’information relatifs à l’administration centrale, qui sont
jugés les plus importants par le cadre de mesure de la performance de la GFP de l’initiative
PEFA, dit « cadre PEFA ».
34
Encadré 4 : les informations à inclure dans la documentation budgétaire.
Conformément à l’indicateur n°6 du PEFA, outre les informations détaillées sur les recettes et
les dépenses, la documentation budgétaire annuelle doit inclure les informations suivantes :
A. Présentation générale
• la situation du secteur ;
• la politique sectorielle, éventuellement indicateurs socio-économiques, non imputable à un
programme déterminé ;
• la programmation pluriannuelle des dépenses (*) : Tableaux récapitulatifs.
B. Les programmes
Par programme
• présentation du programme ;
• présentation de la stratégie et des objectifs :
• présentation générale
• présentation de chaque objectif :
• présentation des indicateurs rattachés à l'objectif ;
35
• tableau des indicateurs de performance ;
• description des principales activités y compris les activités conduites par les « opérateurs
publics » ;
• les projections financières pluriannuelles (*).
C. Problèmes et défis
Si jugé pertinent
Annexes
• tableau des dépenses par programme et projet d'investissement ;
• toute autre annexe jugée utile.
36
L’exécution des crédits d’un programme
Les programmes regroupent « les crédits destinés à mettre en œuvre un ensemble cohérent
d’actions relevant d’un même ministère et auquel sont associés des objectifs précis en
fonction de finalités d’intérêt général ».
Le programme est le niveau de spécialité budgétaire, ce qui améliore la lisibilité du budget et
permet une gestion globalisée dans le respect du principe de la fongibilité asymétrique (pas
d’abondement des dépenses de personnel par les autres crédits du programme), de la
couverture des dépenses obligatoires et de la soutenabilité budgétaire.
Les crédits sont présentés selon deux axes: par destination (actions) et par nature (titres).
Les crédits sont constitués d’autorisations d’engagement et de crédits de paiement.
Une première page présente le détail des crédits exécutés l’année n en autorisations
d’engagement et en crédits de paiement.
Une seconde page, à titre de comparaison, rappelle l’exécution des crédits l’année (n-1).
Lorsque le niveau de finesse de l’information l’exige, certains programmes, comme par
exemple le programme « Accès et retour à l’emploi » de la mission « Travail et emploi »,
peuvent faire l’objet d’une présentation des crédits jusqu’à un niveau inférieur à l’action
(sous-actions).
Afin de présenter l’ensemble des crédits dont dispose le programme, le montant de fonds de
concours et d’attributions de produit rattachés, ventilés par action, figure parallèlement aux
crédits exécutés l’année n.
L’ensemble des mouvements de crédits réalisés en gestion l’année n (décrets de transfert,
décrets d’avance, reports, lois de finances rectificatives) fait ensuite l’objet d’une présentation
dans le rapport annuel de performances.
L’exécution des crédits et des effectifs des programmes est présentée et justifiée. C’est un
outil d’explicitation des crédits soumis au vote du Parlement. Elle est un élément essentiel de
sa bonne information pour apprécier la sincérité des lois de finances.
La justification des crédits présente le contenu physique et financier du programme et
explique les déterminants de la dépense (nombre d’usagers, volume d’activité, superficie des
bâtiments, déterminants de la masse salariale, coûts unitaires de dispositifs d’intervention,
mesures de réforme, etc.).
Cette partie des rapports annuels de performances revêt une importance particulière et
informe sur l’exécution des crédits.
La justification se fait au niveau du programme pour les éléments transversaux et au niveau
des actions.
En assurant une lisibilité immédiate et accrue de l’ensemble des moyens consommés par une
action de politique publique, l’analyse des coûts favorise la transparence sur les moyens et les
37
ressources mobilisés. L’approche en coûts complets issus des données de la comptabilité
générale conforte la dimension prospective de l’analyse des coûts et permet d’ébaucher une
interprétation de nature économique et financière des coûts calculés. L’analyse des coûts
contribue à l’évaluation de l’efficience de la gestion publique et participe pleinement à la
démarche de performance.
Dans la dernière partie des rapports annuels de performances, le volet d’analyse des coûts
présente les dépenses et les coûts complets par actions et programmes de politique publique
après réaffectation des dépenses et coûts consommés sur les actions de conduite et pilotage,
de soutien et de services polyvalents.
Ces réaffectations relèvent d’une comptabilité spécifique : la comptabilité d’analyse des coûts
(CAC) dont la mise en œuvre s’appuie sur des principes de construction documentés.
Afin d’identifier au mieux l’utilisation des fonds publics, la LOLF doit prévoir une double
présentation des crédits de chaque programme, par destination (par actions) et par nature de
dépenses (personnel, fonctionnement, investissement, intervention). De plus, dans chaque
programme, les natures de dépenses sont classées par titre et, à l’intérieur des titres, par
catégorie. Cette ventilation des crédits est indicative sauf pour les dépenses de personnel, qui
sont plafonnées, en vertu du principe de fongibilité asymétrique.
Pour la quasi-totalité des pays ayant mise en œuvre l’approche BP, la ventilation détaillée des
charges budgétaires de l’Etat par nature de la dépense se présente comme suit (par titres et
catégories) et la présentation des crédits pour la Mauritanie devra également être basée
sur ce même schéma opérationnel :
Prêts et avances
Dotations en fonds propres
Dépenses de participations financières
Le premier niveau de présentation des crédits sera le Ministère. Au sein de chaque ministère,
la présentation des crédits sera faite programme par programme. Cette présentation porte à
la fois sur l’action et la nature des dépenses. Chaque programme est donc décomposé à
39
la fois selon ces deux axes : les actions qui le constituent, et les titres budgétaires des
crédits.
Action 1
Action 2
…..
…..
Action n
En particulier, toutes les actions ne comportent pas nécessairement toutes les natures de
dépense : cela est fonction du choix des moyens utilisés pour réaliser chacune d’elles.
02. Mise en œuvre du régime 153 912 500 8 800 000 162 712 500
40
forestier
Total 233 792 829 8 800 000 69 493 378 312 086 207
Il ressort de cet exemple qu’il est nécessaire de faire un choix pour la présentation des crédits
par nature de dépense en se référant à une présentation qui synthétise les catégories de
dépenses,
Pour la Mauritanie, à l’instar de l’approche retenue par plusieurs pays en Afrique, la
nomenclature pourrait classer les opérations budgétaires en dépense, selon quatre
« segments » :
• la mission / le programme / l’action de rattachement de la dépense
• l’entité administrative de rattachement de la dépense (localisation géographique
incluse via le poste comptable assignataire de la dépense)
• la nature économique de la dépense
• la nature fonctionnelle de la dépense (classification internationale selon dix grandes
fonctions des administrations publiques).
41
Intégrer toutes dépenses d’investissement sur financement extérieur dans la Loi de
finances, en unifiant le Budget de Fonctionnement et le Budget Consolidé
d’Investissement (sauf les investissements des entreprises publiques),
mieux opérationnaliser la classification fonctionnelle actuelle,
créer, à terme, un module de codification des programmes qui permettra de pouvoir
déterminer aisément l’exécution financière des budgets-programmes,
restructurer, à terme, toutes les classifications budgétaires sur une base modulaire
cohérente et systématique permettant la souplesse dans la description des lignes
budgétaires, mais en se servant des classifications actuelles comme base de référence.
Ainsi, la nomenclature des dépenses comprendrait un module de classification administrative,
un module de classification par fonction, un module de classification par nature économique,
un module de classification par programme, et éventuellement un module de classification par
origine de financement.
Le cadre des dépenses a moyen terme (CDMT) consiste en une enveloppe hiérarchisée de
ressources, compatible avec la stabilité macroéconomique et certaines priorités stratégiques
explicites. Il permet une estimation ascendante des coûts à court et à moyen termes des
politiques (actuelles et envisagées), ainsi qu'une prise de décision recourant à un processus
itératif qui harmonise les coûts et les ressources disponibles.
Étapes du processus
Les estimations de revenus peuvent être obtenues à partir de projections à trois ou cinq ans
des performances économiques et des flux d'aide au développement. La méthode CDMT fixe
les plafonds pour les dépenses des principaux secteurs de l'Administration, services
économiques, d'infrastructures, services sociaux et sécurité publique. Le plafond indicatif
autorisé pour la période triennale comprend l'ensemble des dépenses et il est réparti entre les
divers centres de coûts (les niveaux où le budget est élaboré et administré : Ministères,
Directions Générales, Directions).
Pour le CDMT, la méthode de budgétisation doit être modifiée, passant d'un régime additif à
une détermination explicite des coûts des activités et des politiques à mettre en œuvre. On
peut au départ restreindre l'introduction de la méthode aux ministères pilotes, Santé,
Education ou Equipement et Transports. Dans un second temps, cette composante sera
étendue à tous les ministères, qui devront être formés à l'estimation des coûts sur la période
triennale.
Les ressources à redistribuer dépendent des engagements existants. Dans toute la mesure du
possible, elles devront être attribuées aux secteurs avant que les limites soient définies. Des
limites indicatives de dépenses sont alors fixées en fonction des priorités du gouvernement et
des programmes existants lors des discussions avec les ministères sectoriels. Ces limites
indicatives sont soumises pour approbation au conseil des ministres, généralement plusieurs
mois avant le début du cycle budgétaire annuel.
42
Étape 3: Préparer les plans sectoriels
Les ministères sectoriels préparent des plans stratégiques à moyen terme qui définissent les
principaux objectifs du secteur et leurs projections en matière de résultats, de production et de
dépenses, dans les limites fixées par le conseil des ministres. Ces plans doivent tenir compte
des coûts des programmes en cours. Idéalement, les dépenses doivent être présentées
par programme et par catégorie (salaires, frais de fonctionnement et investissements).
Avec l'entrée en vigueur du CDMT, les sectoriels devront s'appuyer sur une méthode de
planification stratégique pour définir leurs missions, les résultats escomptés, et programmer
leurs activités, et non plus sur de simples prolongements des programmes antérieurs qui n'ont
rien à voir avec les nouvelles orientations du CSLP.
Le Ministère des Finances révise les programmes sectoriels pour vérifier leur compatibilité
avec l'ensemble des priorités et des limites de dépenses. Il centre son attention sur les grandes
stratégies plutôt que sur la structure détaillée des dépenses envisagées. Si un secteur prévoit
de dépasser les limites, le Ministère des Finances aide ce secteur à réduire les dépenses, ou
demande des informations complémentaires pour réviser les limites.
Sur la base de cette révision, le Ministère des Finances propose au conseil des ministres de
nouvelles limites de dépenses pluriannuelles. Ces limites fournissent la base pour la
préparation de propositions budgétaires plus détaillées au cours de la première année du
CDMT.
Le budget annuel, basé sur la proposition du CDMT, est alors préparé par les opérateurs,
soumis au Ministère des Finances pour regroupement et présenté au cabinet et au parlement
pour approbation. Les dotations des années ultérieures doivent accompagner le budget annuel
définitif présenté au parlement.
Les estimations de dépenses existantes (année budgétaire et période du CDMT) sont mises à
jour au fur et à mesure des besoins en fonction des changements de politique ou des
paramètres clé (inflation ou croissance). Le nouveau cycle budgétaire débute par l'étude des
estimations de dépenses actualisées pour la période du CDMT, la projection de l'enveloppe
des ressources de l'année précédente et les nouvelles priorités stratégiques du gouvernement.
Plusieurs prévisions de ressources globales peuvent être effectuées à partir de l'évaluation des
arbitrages entre différentes options de politique macroéconomique et fiscale (étape 1).
Compte tenu de l'incertitude des conditions économiques et des priorités, une réserve pour
43
imprévus est créée avant de communiquer aux secteurs leurs limites de dépenses à moyen
terme. Une partie de cette réserve est réallouée pour corriger les plafonds de dépenses après la
préparation des programmes sectoriels (étapes 3 à 5).
L'expansion des programmes de lutte contre la pauvreté exige de réaffecter des ressources
provenant d'autres secteurs de l'activité gouvernementale. En tenant compte des coûts à
moyen terme des politiques existantes, y compris des engagements légaux et contractuels
(étape 2), le CDMT permet aux décideurs politiques d'évaluer la marge réelle de redistribution
des dépenses. Il aide les secteurs à planifier sur longue période l’affectation des ressources
aux programmes, de manière à en réduire au maximum les interruptions (étape 3).
De fortes réductions des revenus ou des accroissements de coûts non prévus peuvent
rendre les prévisions inutiles, les limites de dépenses devant être soumises à une
révision drastique au début de chaque exercice budgétaire. Ce risque peut être réduit
par une attention permanente à la stabilité des équilibres macroéconomiques. Une
réserve pour imprévus peut aider à amortir les effets des projections incertaines de
revenus et de dépenses des années ultérieures.
Comme il est impossible d'éviter complètement les variations des flux de ressources, il
convient d'identifier les programmes de dépenses prioritaires dans le cadre du CSLP.
L'existence de synergies entre programmes suggère également que les organismes
gouvernementaux doivent collaborer au niveau opérationnel.
Les programmes de lutte contre la pauvreté peuvent prendre des années pour leur
lancement. Bien qu'un CDMT constitue un progrès considérable par rapport à un
budget annuel en raison de sa perspective à moyen terme, une extension de l'horizon
des programmes les plus importants au-delà de la durée du CDMT peut être nécessaire
pour évaluer leur coût intégral.
44
économique. À mesure que la capacité institutionnelle se développe, des prévisions
plus détaillées peuvent être confectionnées et couvrir, par exemple, l'attribution
régionale des ressources.
Les prévisions fournies par le CDMT sont également utiles comme base du débat
politique national. En effet, les programmes de lutte contre la pauvreté entraînent des
engagements à long terme qui n'apparaissent pas dans les dotations annuelles. C’est
pour cette raison que la publication du CDMT doit être considérée comme une
authentique priorité.
Des procédures claires sont requises pour garantir que le CDMT soit bien utilisé pour
la préparation du budget. Si les estimations du CDMT ne sont pas utilisées comme
point de départ de la formulation du budget annuel (étape 6), l'exercice perd
rapidement toute validité. Dès lors, il est essentiel que le CDMT soit intégré le plus
rapidement possible dans le processus budgétaire.
Un lien entre les ressources et les objectifs de performances doit être intégré à un stade
précoce de l'exercice CDMT. Au départ, le modèle des relations entre le volume des
dépenses et les mesures de performances sera au mieux indicatif. À long terme,
cependant, le modèle peut être affiné et utilisé comme base pour l'évaluation des
futures performances.
De nombreux pays se servent depuis longtemps déjà des prévisions macroéconomiques pour
définir une contrainte budgétaire forte. Le CDMT représente une avancée significative par
rapport à ces méthodes car il met l'accent sur les dotations sectorielles et le lien entre dépenses
et performances.
Les dispositions légales en vigueur en Mauritanie affirment le principe de l’annualité des lois
de finances. Des modifications sont en cours d’élaboration pour prendre en compte le
caractère pluriannuel des budgets programmes et préparer l’introduction de la GAR.
45
Néanmoins, le cadre de fonctionnement des administrations reste l’année civile. La mise en
œuvre et le suivi du budget de l’Etat continuent donc à se faire sur une base annuelle. Cette
opérationnalisation des budgets programmes se fait grâce à trois outils :
Le plan de travail est un document qui présente les activités à réaliser, les résultats attendus et
les indicateurs de suivis. A chaque tache est assigné un responsable d’exécution et un coût. Le
processus d’élaboration suit en général les étapes suivantes :
Enumérer les activités conduisant aux produits attendus
Décomposer, si possible, chaque activité en taches élémentaires
Identifier l’enchainement obligatoire des taches. Certaines taches ne peuvent pas
commencer tant que d’autres ne sont pas réalisées
Estimer la durée de chaque tache et le moment ou elle doit commencer
Arrêter un calendrier d’exécution des taches qui prend en compte l’ordonnancement
nécessaire des taches et les ressources (humaines et matérielles) disponibles pour les
exécuter
Identifier les étapes nécessaires et définir des dates butoirs
Attribuer à chaque tache un responsable d’exécution bien identifié.
Le plan de consommation des crédits est un document prévisionnel. Il présente les dates
indicatives des dépenses envisagées. Le processus d’élaboration de ce document doit prendre
en compte :
L’échéancier de paiement correspondant aux engagements pris pour les biens et
services déjà livrés ou des marchés envisagés en fonction du calendrier du plan de
passation des marchés;
Les dépenses relatives à des charges certaines et régulières;
Les dépenses estimées, des programmes en cours, en fonction de leur calendrier
d’exécution
Le PCC est établis par chaque centre de dépenses sur une base mensuelle et sur la base d’un
canevas imposé par le ministère des finances. Le tableau consolidé des PCC de l’Etat est un
outil essentiel de la gestion de trésorerie de l’Etat.
Le processus de passation de marché occupe une place importante dans le circuit d’exécution
de la dépense publique. Pour des raisons d’efficacité, la plus part des administrations se
placent dans une position de maitre d’ouvrage et font recours à des entreprises de travaux et
de services pour la mise en œuvre de leurs activités.
Le plan de passation de marché donne en un document une vue complète de tous les marchés
prévus dans le cadre de l’exercice budgétaire pour un ministère donné. Les marchés sont
classés en fonction de leur nature : marché de travaux ou de livraison de biens et marché
46
relatif à des services. Ils sont présentés en fonction de leur calendrier d’exécution établi
conformément au calendrier d’exécution qui se dégage des plans de travail.
L’élaboration du plan de passation de marché nécessite de procéder à un regroupement des
activités recensées par le PTA. En effet, les activités de même nature peuvent faire l’objet
d’un marché commun alors que d’autre activités nécessitent la passation de plusieurs marchés
et d’autres encore relèvent des autres procédures d’exécution de la dépense publique.
La mise en œuvre des dispositions opérationnelles est suivie à l’aide d’indicateurs de moyens
et produits :
• les indicateurs de moyens décrivent le volume (unités physiques) ou la valeur des moyens
mis en œuvre ; la disponibilité du personnel (nombre de médecins, d’infirmiers, etc.), des
locaux, les quantités ou les valeurs des intrants (livres scolaires distribués) ;
• les indicateurs de produits (ou services rendus) décrivent les productions d’une
administration ou d’un service (nombre de dossiers traités, nombre de formations dispensées,
nombre d’heures d’enseignement, nombre de personnes accueillies, nombre de contrôles
effectués, enquêtes réalisées, textes réglementaires élaborés, etc.).
L’efficience dans la conduite des activités est mesurée en comparant le rapport entre
indicateurs de moyens et de produits, aux objectifs d’efficience du programme ou à une
situation de référence.
Les indicateurs de qualité spécifient la qualité attendue de la prestation rendue à l'usager. Par
exemple, un indicateur de qualité de service associé à un éventuel programme « justice
judiciaire » serait : « réduction du délai de réponse judiciaire de 10 jours ».
L’efficacité d’un programme est mesurée en comparant les indicateurs de résultats socio-
économiques aux objectifs socio-économiques du programme. Ces résultats doivent être
imputables au programme (l’évolution du taux d’utilisation de la ceinture de sécurité peut être
imputée à un programme de sensibilisation sur cette utilisation, en revanche l’évolution du
taux de mortalité sur les routes peut dépendre de plusieurs programmes).
47
budget. La mise en place opérationnelle d’une gestion des AE faciliterait la programmation et
le suivi des projets d’investissement pluriannuels.
Les travaux macroéconomiques doivent comprendre des études de sensibilité des projections
aux évolutions des paramètres économiques, des analyses de viabilité.
48
2. Elaboration d’une stratégie pour atteindre les objectifs retenus
La démarche stratégique consiste à :
• analyser les problèmes et les obstacles à l’amélioration de la situation d’un secteur selon une
approche descendante : cause de la cause.
Par exemple, si nous prenons l’objectif « sécurité alimentaire pour un pays » c’est que,
implicitement, nous sommes convaincus que tout le monde ne mange pas à sa faim dans le
pays, problème qu’il faut résoudre pour réaliser l’objectif retenu.
Pour élaborer la stratégie qu’appelle cet objectif, il faut commencer par poser la question :
pourquoi tout le monde ne mange pas à sa faim et s’intéresser à la cause d’une telle situation.
Elle pourrait être entre autres, le faible niveau de revenu d’une bonne couche de la population
; et pourquoi le niveau du revenu est faible ? On pourrait répondre que la productivité du
travail dans le pays est très faible, et on repose la question pourquoi la productivité est faible ?
et ainsi de suite jusqu'à la vraie cause première.
• transformer les effets négatifs en effets positifs
Par exemple, pour la faible productivité, on pourrait trouver comme solution prendre des
dispositions pour moderniser le travail et le rendre plus productif.
• combiner les activités et établir des priorités en fonction des normes minimales de qualité,
des coûts logiques de planification des interventions par objectifs.
Lorsqu’on recherche une solution à un problème, plusieurs voies s’offrent pour y arriver.
L’’exercice ici consiste à choisir la meilleure voie c'est-à-dire la meilleure stratégie pour
arriver à l’objectif retenu. Ce choix dépend des contraintes qui s’imposent aux décideurs (elle
peut être financière, politique ou autre).
49
Estimer les coûts par action des programmes et des projets prioritaires du ministère.
Ceux-ci peuvent être déterminés manuellement ou, plus facilement à l’aide d’un
logiciel de planification de projet comme le MS Project.
4-1-Planifier de manière détaillée les activités de chaque projet
définir toutes les tâches à réaliser pour atteindre les objectifs de l’activité ;
définir la séquence des tâches (calendrier des tâches échelonnées dans le temps). Pour
établir le calendrier des tâches, il est suggéré d’utiliser un diagramme de GANTT
4-2- déterminer les extrants attendus et évaluer les niveaux d’effort et les équipements
nécessaires à la réalisation des activités des programmes et des projets prioritaires du
ministère
Pour chaque activité retenue, il faut :
• déterminer les catégories de ressources humaines à impliquer ;
• estimer le niveau d’effort de chaque catégorie de ressources humaines ;
• évaluer le type et la quantité de ressources matérielles nécessaires.
4-3- Estimer les coûts par activité des programmes et des projets prioritaires du ministère
Pour chaque activité, il s’agit de déterminer le coût des ressources humaines et matérielles
nécessaires.
5- Choix des indicateurs pour suivre et évaluer les actions menées et voir dans quelle mesure
les objectifs sectoriels retenus sont atteints.
Le choix des indicateurs obéit à un certain nombre de critères.
Pour le choix des indicateurs, il faut :
• définir les indicateurs d’impact à moyen terme ;
• choisir quelques indicateurs clés simples et pertinents objectivement vérifiables
annuellement en terme de résultats d’activités et de moyens ;
• préciser les conditions de réussite qui ne dépendent pas des responsables ; il s’agit des
facteurs externes au système mais qui influencent fortement le résultat. Par exemple, une
grève qui dure un mois au niveau de l’enseignement peut influencer le taux de réussite des
élèves ; c’est un facteur qu’aucun programmeur ne peut prévoir ni a fortiori prendre en
compte dans sa programmation.
Le budget élaboré, il y a lieu d’examiner quelles sont les conditions pour une bonne
élaboration et une mise en œuvre du budget programme. Pour le succès de l’exercice, il faut :
• faire en sorte qu’il y ait une volonté politique clairement définie et qui doit se traduire par
l’implication personnelle et sans réserve du ministre dans l’élaboration et l’exécution du
budget programme de son département. Ceci est nécessaire parce que la mise en œuvre d’un
budget programme est un exercice nouveau et difficile qui requiert un changement dans la
manière même de travailler et de penser du fonctionnaire ; l’implication personnelle du
ministre impulsera la dynamique nécessaire à la réussite de l’exercice et fera en sorte que tout
le personnel du département se sente concerné ;
50
mettre sur pied une structure pour l’élaboration et le suivi du budget programme :
un budget programme implique nécessairement un certain nombre de directions et de
projets
l’élaboration du budget programme doit partir de ces structures ; (o impliquer tous les
agents des structures concernées dans l’élaboration du budget programme serait
inefficace ; c’est pour cela que tout en prenant des dispositions pour informer et
sensibiliser tout le personnel de la nouvelle manière d’élaborer et d’exécuter le budget,
il faut choisir un représentant de la structure qui doit être un cadre supérieur d’un
niveau appréciable et qui sera chargé de réunir au niveau de sa structure tous les
éléments permettant de contribuer à l’élaboration des objectifs que les activités de la
structure pourraient permettre d’atteindre ;
les représentants de toutes les structures concourant à un programme s’organisent et
sous la direction de l’un des leurs, procèdent à l’agrégation des objectifs, des stratégies
et des activités de toutes leurs structures. Le résultat de ce travail de groupe sera le
programme de l’ensemble des structures ; ce résultat est transmis à la cellule de suivi
et évaluation qui, sous la supervision du Directeur en charge de la planification et du
Directeur chargé des finances, agrège les programmes.
il doit être créé au niveau du cabinet une cellule qui sera exclusivement chargée, sous
la supervision du Directeur chargé de la planification et du Directeur chargé des
finances, de coordonner et de finaliser l’élaboration du budget programme puis de
suivre sa mise en œuvre à travers des indicateurs clairement définis.
Dans un programme, l’affectation des crédits obéit à des principes généraux spécifiques par
rapport à l’approche classique de gestion budgétaire. Ces principes connaissent une série
d’exceptions.
Principes généraux
Le principe général est qu’un programme doit regrouper, dans son périmètre budgétaire, tous
les moyens que l’Etat consacre à la conduite de la politique publique que ce programme porte.
Ce principe répond à une logique forte : les moyens budgétaires constituent le principal levier
d’action permettant de conduire la politique visée et la gérer par la performance, en prenant à
tout moment les meilleures décisions. Ces moyens recouvrent :
Le personnel
Le principe à retenir est qu’un agent travaillant pour un programme doit y être rattaché, non
seulement en pilotage (hiérarchique ou pas), mais aussi budgétairement. Cela signifie que les
crédits nécessaires à sa rémunération et aux charges sociales attenantes doivent être compris
dans la « masse salariale » prévue pour ce programme.
En pratique, il est commode de partir des directions et services qui sont à l’évidence, en
fonction de leurs attributions, dans le champ exclusif d’un programme pour opérer en bloc
leur rattachement à la fois managérial et budgétaire, ce qui revient à rattacher au programme
tous les agents qui travaillent dans ces services. Ainsi, tous les agents travaillant dans un
ministère doivent être répartis entre les programmes qui le composent.
51
Pour les autres crédits
Le principe général est analogue : tous les crédits dont disposent les structures administratives
« appartenant » au programme ont vocation à y être inscrits, puisque ce sont les outils
financiers de mise en œuvre de la politique publique que représente le programme considéré.
Il s’agit bien entendu non seulement des crédits de fonctionnement de ces services, mais aussi
des dépenses de transfert ou d’intervention qu’il gère, et des investissements qu’il réalise.
Cette affectation au programme doit s’opérer à travers les actions qui le composent. En effet,
l’enveloppe financière d’un programme n’est rien d’autre que la somme des crédits inscrits
dans ses actions. Mais, que ce soit au niveau du programme ou de l’action, les dépenses «
individuelles » ne sont pas divisibles. Un agent est rattaché à un seul programme et à une
seule action à l’intérieur de ce programme (même s’il travaille une partie de son temps pour
un autre programme, ou, dans le programme, pour une autre action). Il en va de même d’une
dépense (par exemple la passation d’une commande, le versement d’une subvention ou la
réalisation d’un investissement) : elle ne peut être budgétée et imputée que sur un seul
programme, et, dans ce programme, à une seule action. En d’autres termes, la budgétisation
n’est pas « analytique », elle est « managériale » : elle préserve l’unicité de chaque personne
et de chacun des acte (on ne gère pas, au sein d’un service, une moitié de personne, pas plus
qu’on ne passe une commande à moitié).
C’est donc par la voie de l’analyse des coûts, et non par la voie de la budgétisation ou de
l’exécution budgétaire, que la répartition des coûts d’un agent ou d’une dépense (entre actions
et/ou entre programmes) peut être effectuée.
Le principe de la fongibilité
Ce principe permet que la répartition des crédits au sein du programme ne soit pas figée par le
vote de chapitres, comme elle l’est dans le budget-objet. En effet, le fait que le programme (et
non l’action) soit l’unité de spécialisation des crédits entraîne que le responsable du
programme peut décider en gestion, de modifier la part relative de chaque action et la part
relative de chaque nature de dépenses, sous deux réserves importantes: ne pas augmenter
globalement (sur le programme) les dépenses de personnel, et ne pas réduire les
dépenses d’investissement.
52
Ainsi, à titre d’illustration, il sera possible d’utiliser des crédits prévus en dépense de
transfert (titre 4) dans une action N°2 pour financer des investissements d’une action N°1
(titre5). Au sein de la même action, par exemple la N°1, il sera possible d’économiser sur le
personnel (par exemple en différant le remplacement d’un départ en retraite) pour mieux
équiper le service en bureautique, etc.
Ces changements devront respecter un certain formalisme dès lors qu’ils modifient
l’allocation du total des crédits du programme par nature de dépense. Ainsi, à l’instar de la
Directive de l’UEMOA en la matière, on ne prévoit pas de procédure particulière pour une
modification de la répartition entre actions, dès lors que la nature des dépenses n’est pas
globalement modifiée au sein du programme. La fongibilité entre actions (à nature de
dépenses inchangées) est donc totale et libre, à charge d’en rendre compte a posteriori,
dans le rapport annuel de performance, et d’en expliquer les raisons.
De manière générale, les principes d’affectation des moyens consacrés à chaque politique
publique dans le programme connaissent certaines exceptions.
Dans chaque ministère, on peut identifier certains services qui ne sont imputables à aucun
programme spécifiquement, parce qu’ils sont transversaux et au service de tous. Il en va ainsi,
par exemple, du cabinet du Ministre, , du secrétariat général, de la Direction des affaires
administratives et financières), de la Direction de la programmation/Planification/coopération.
Ce qui vient d’être dit pour les programmes au sein d’un ministère se transpose aussi aux
actions : il existe, au sein d’un programme, des crédits ou des personnels que l’on ne sait
imputer à aucune action « de politique » en particulier car ces crédits ou ces personnels en
servent plusieurs. Pour éclairer ce point, supposons qu’au sein du ministère de la Justice soit
créé un programme « rendre la justice », décomposé en une action « litiges civils » et une
autre « affaires pénales ». Les bâtiments des tribunaux, qui abritent à la fois des chambres
civiles et des chambres pénales, ne pourraient trouver place dans aucune des deux en
particulier. Une action « soutien » sera alors créée au sein du programme « rendre la justice »,
pour recueillir les crédits et les personnels éventuels non affectable aux actions « de politique
» (qui sont la raison d’être du programme).
En analyse des coûts des actions (« de politique »), il faudra répartir les crédits (en prévision)
ou dépenses (en réalisation) de ces actions « soutien », ainsi naturellement que la plupart des
actions du programme « soutien »
53
Les services « polyvalents »
A la différence des directions fonctionnelles (DRH, DAF, et.) qui sont tournées vers la
satisfaction des besoins internes du ministère, les services polyvalents conçoivent et mettent
en œuvre des activités « de politiques publiques », tournées vers les citoyens. Mais ils se
consacrent à deux ou plusieurs programmes, connexes entre eux.. En effet, si ces services
généraux et communs n’existaient pas, les « programmes » devraient s’organiser pour assurer
la gestion administrative de leurs personnels et leur gestion budgétaire et comptable, la
solution retenue en pratique est d’inclure chacun d’eux en totalité dans le programme « de
politique » pour lequel il travaille majoritairement (ou, en cas de partage égal, à celui qui
rendra le pilotage de ce service le plus aisé) ; comme pour les actions ou programme ayant un
caractère de « soutien », c’est par la voie de l’analyse des coûts des actions que la réalité du
travail de tels services au bénéfice de deux ou plusieurs programmes sera restituée.
Parmi les leviers d’action d’un programme, il faut aussi compter le pilotage des opérateurs de
l’Etat. Les « Opérateurs » sont des personnes morales publiques de nature administrative,
distinctes de l’Etat, sur lesquels l’Etat exerce une tutelle, notamment parce qu’il les
subventionne sur fonds budgétaires. On peut citer par exemple des organismes de recherche,
des Offices spécialisés, etc. De tels opérateurs participent à la mise en œuvre (et parfois aussi
à la conception) de la politique publique dans laquelle s’inscrit leur champ d’activité (par
exemple la politique agricole pour les Offices agricoles, etc.). Ils sont donc, comme les
services de l’Etat, des moyens qui contribuent à l’atteinte des objectifs retenus pour cette
politique. A ce titre, il faut définir à quel programme est rattaché chaque opérateur, et quels
sont les moyens de pilotage sur cet opérateur (qui par ailleurs dispose de ses propres organes
de gouvernance) dont disposera celui qui est en charge du programme considéré.
Limites à la fongibilité des crédits En général, dans l’exécution des Budgets Programmes, la
fongibilité est considérée comme asymétrique, avec certaines limites explicitées ci-dessous.
Une première limite à la fongibilité vise les dépenses de personnel : les crédits qui leurs sont
attribués par le vote du programme tel qu’il est présenté au Parlement ne peuvent être accrus,
même si des économies sont réalisées sur d’autres dépenses. ;Il faut donc considérer que tout
programme comporte deux limites budgétaires. Tout d’abord, le plafond des crédits totaux
alloués à ce programme par le vote du Parlement, à l’intérieur duquel un sous-plafond des
dépenses totales de personnel, de toutes natures (rémunérations de tous les emplois,
permanents ou temporaires, charges sociales attachées à ces rémunérations), tels qu’ils
résultent des documents budgétaires.
La seconde limite à la fongibilité par nature de dépenses est de sens inverse : il ne s’agit pas
d’un plafond, mais d’un plancher, qui vise les investissements : les éventuelles économies
dégagées sur ces opérations ne peuvent servir à financer d’autres natures de dépenses
(transferts ou biens et services). Là encore, il y a à cela deux raisons que sont (i) la marge
dégagée pendant un exercice sur les dépenses d’investissements proviendra souvent d’un
54
simple retard dans leur réalisation, ce qui ne représente pas une économie réelle, mais un
simple report des dépenses dans le temps ; toute économie réelle dégagée sur un équipement
doit donc prioritairement être utilisée à accélérer la réalisation des investissements décidés
dans le cadre de la programmation pluriannuelle ; en d’autres termes, on ne sacrifie pas
l’avenir au présent.
Au total, la fongibilité des crédits d’un programme entre les titres est donc « asymétrique ».
Cela signifie qu’elle ne fonctionne pas toujours dans les deux sens. Les dépenses de personnel
ne peuvent être abondées d’économies en provenance des autres titres, et inversement les
dépenses d’investissement ne peuvent être réduites au profit des autres titres.
55
plein travaillés (ETPT) indicatif s’inscrivant dans le plafond limitatif du ministère
concerné ;
• d’un schéma d’organisation financière (SOF) détaillant la répartition des activités
programmées et du budget prévisionnel associé entre les unités opérationnelles
rattachées au BOP.
Ainsi le BOP porte en lui tous les éléments constitutifs de l’approche du BP:
• il présente la déclinaison de la performance du programme pour le pilotage du BOP ;
• son budget est constitué d’autorisations d’engagement (AE) et de crédits de paiement
(CP) ;
• il peut comporter les éléments relatifs aux dépenses de personnel et au pilotage de la
masse salariale s’il comprend un schéma d’emplois en équivalents temps plein
travaillés (ETPT) ;
• il implique l’élaboration d’un schéma d’organisation financière présentant la chaîne
de responsabilité assurant, avec le responsable de BOP, la mise en œuvre du BOP ;
• son élaboration et son suivi suppose la mise en place d’un dialogue de gestion avec
les acteurs de la gestion publique : les unités opérationnelles sur le terrain, le
responsable de BOP, le responsable de programme, les Hakems concernés pour les
BOP territoriaux dans le champ de compétence des Hakems et l’autorité chargée du
contrôle financier.
Le BOP se décompose en UO, lesquelles mettent en œuvre les activités à mener pour les
politiques publiques portées par le programme et déclinées dans le BOP. Les UO utilisent les
ressources budgétaires (crédits et ETPT) du BOP auquel elles sont rattachées.
La structuration du programme en BOP et des BOP en UO permet une responsabilité accrue
de l’ensemble des acteurs de la gestion publique au plus près du terrain. Ainsi, à son tour, le
responsable de BOP répartit les moyens dont il dispose entre les différentes unités UO,
placées sous l’autorité d’un ordonnateur, qui mettent en œuvre les activités définies dans le
BOP.
Les expériences de la mise en œuvre du BP dans les pays de la zone UEMOA permettent
d’observer certaines règles concernant les BOP que sont :
• Deux BOP relevant de programmes distincts ne sont pas fongibles entre eux.
• La fongibilité entre plusieurs BOP d’un même programme est de la responsabilité du
responsable de programme.
• Au sein du BOP, la fongibilité des crédits s’applique dans les mêmes conditions
qu’au sein des programmes : les crédits sont fongibles entre actions, entre titres dans la
limite de la fongibilité asymétrique et entre catégories au sein des titres selon les règles
fixées par le responsable de programme.
• La fongibilité entre natures de dépenses est asymétrique : les crédits de personnel
(titre 2) peuvent être redéployés pour réaliser des dépenses de fonctionnement (titre 3),
d’investissement (titre 5), ou d’interventions (titre 6). Les crédits des titres 3, 5,ou 6
peuvent être redéployés entre eux mais, en revanche, ils ne peuvent abonder les crédits
de personnel (titre 2).
• Un service ne devrait recevoir qu’un BOP par programme.
56
• Un même service peut être responsable de plusieurs BOP lorsqu’il met en œuvre
plusieurs programmes.
• Une unité opérationnelle est placée sous l’autorité d’un ordonnateur : en service
déconcentré, l’ordonnateur est secondaire ou secondaire délégué.
Le responsable de programme peut modifier la répartition des crédits par action et par nature:
c’est le principe de fongibilité. En effet, la répartition des crédits qui sera indiquée en annexe
du projet de loi de finances n’est qu’indicative.
Approche globale
Pour chaque la structuration des ses activités en programmes devra résulter de la combinaison
de plusieurs éléments tels que la nature de ses missions, la dimension de son budget global,
l’organisation de ses services et la dévolution des pouvoirs.
Mais de manière générale, l’analyse des missions d’un Ministère est l’axe le plus structurant
pour décider cette structuration. Le Ministère dispose déjà de nombreux éléments pour
conduire cette analyse (Notamment : textes d’attributions, grands référentiels nationaux ou
internationaux de la politique publique dans le champ de laquelle ils se situent, documents de
politique sectorielle et cadre de dépenses à moyen terme du secteur).
L’analyse pourra aussi se baser sur deux clés essentiels que sont les publics bénéficiaires de la
politique publique considérée et les grandes fonctions du Ministère.
En Mauritanie, la clé des « publics » peut par exemple conduire le Ministère de l’Education
Nationale (MEN) à envisager une structuration en programmes du type : « enseignement
secondaire », « enseignement primaire », « enseignement privé », « pilotage et soutien du
MEN », soit quatre programmes « de politique » (visant respectivement les publics suivants :
les élèves, les étudiants et les établissements d’enseignement), et un programme de « soutien
» regroupant les fonction logistique et de pilotage ministériel utiles à tous les autres
programmes (Cabinet du ministre, secrétariat général, DEP, DAF, etc.).
En Mauritanie, la clé des « fonctions » peut par exemple conduire le Ministère de la Justice à
envisager une structuration autour des notions suivantes : « le rendu de la justice », «
l’exécution des peines », « l’égalité face au droit », « la formation des magistrats », « pilotage
et soutien » en visant ainsi respectivement les fonctions des tribunaux, du système
pénitentiaire, de l’assistance aux justiciables, et de l’ENAJM, école chargée de former les
magistrats. En effet, ce Ministère pourrait difficilement s’organiser par « publics », les publics
visés par la justice étant par définition tous les citoyens.
Cette logique pourrait aussi être pertinente pour le cas des Ministères chargées de l’économie
et des finances car leurs « bénéficiaires » ne semblent pas structurants au niveau de ses
grandes missions. Par exemple, « les entreprises » forment un public, mais qui est concerné
aussi bien par l’action économique de l’Etat que par son action fiscale ou douanière. Dans ce
57
cas, c’est la clé des grandes fonctions (impôts, douanes, gestion des finances publiques,
régulation de l’économie, statistiques, etc.) qui seront les axes structurants significatifs.
Comme chaque programme doit ménager des possibilités de globalisation des crédits et
d’exercice de la fongibilité, comme il doit aussi être assorti d’objectifs reliés aux leviers
d’action dont il dispose et ne pas représenter un montant trop faible de crédits. Toutefois, dans
des domaines limités, la politique publique peut être porteuse de forts enjeux (pour la
population), mesurables par des objectifs significatifs, sans requérir de lourds moyens
financiers. C’est donc au croisement de l’importance budgétaire et de l’importance des enjeux
socio-économiques qu’il faut chercher le deuxième axe de structuration des programmes.
Une approche globale concernant l’importance budgétaire peut ici être proposée. Sa valeur est
relative, et son objet n’est que de donner des ordres de grandeur pour fixer les idées.
Il convient de souligner ici que les institutions devraient, sauf exception justifiée, représenter
chacune un programme mais un seul. En premier lieu, leur budget ne se prêtera pas à division.
Mais en outre, les institutions se brideraient elles-mêmes en le divisant : elles multiplieraient
les lourdeurs de gestion sans n’en tirer aucun bénéfice et se limiteraient dans la possibilité de
gérer globalement les crédits et la masse salariale. De manière générale, dès lors que le même
responsable ministériel serait appelé à gérer plus d’un programme, il faut s’interroger sur le
bien-fondé (au regard des axes d’analyse dont il est question ici) de la division, c'est-à-dire
des avantages qu’elle apporte.
En règle générale, un programme regroupera donc plutôt des services entiers et des directions
entières. Cela facilite aussi la définition des frontières des programmes.
Le programme « soutien » existe dès que les Ministères disposent d’au moins deux
programmes distincts « de politique ». Le principe général est que les moyens exclusivement
ou très majoritairement au service d’une politique publique identifiée par un programme (ou
contenue dans un programme) doivent y être affectés.
L’approche du BP plaide pour une répartition de ces crédits entre entités et leur rattachement
à chaque ministère dans le cadre de la définition volumétrique des programmes. En effet, il
s’agit là de leviers d’action importants et sensibles pour la conduite des politiques publiques
et aussi pour l’exercice pratique de la fongibilité des crédits. Un responsable de programme
doit pouvoir choisir d’économiser sur le carburant pour mieux équiper ses services en
ordinateurs et leur demander de communiquer par internet plutôt qu’en se déplaçant. Il peut
58
aussi choisir de décider l’inverse. Bien entendu, la pertinence de sa décision sera appréciée à
travers les résultats des indicateurs.
Lorsque le découpage en programmes est prêt (même à titre de première ébauche), il doit être
validé. La première validation est interne à chaque Ministère. Elle doit être recherchée par le
consensus de tous les Directeurs concernés. Le plus logique est que l’instance de validation
des politiques sectorielles de chaque Ministère soit aussi l’instance de validation de la
maquette ministérielle en programmes.
En général, les pays qui se sont dotés de BP ont aussi mis en place des Comités de pilotage
national de la réforme qui sont chargés d’acter, sur propositions des secrétariats permanents,
les propositions des Ministres et se faisant d’officialiser la maquette du BP. En effet, bien que
bien évidemment le choix des programmes incombe à chaque Ministre, ce Comité de pilotage
est chargé de s’assurer que les principes ont été respectés (N’y a-t-il pas trop de programmes ?
Le contenu du programme « soutien » n’est-il pas excessif ? ). En cas de problème, une
solution est recherchée entre le Ministre chargé du budget et le Ministre concerné.
La première qualité recherchée est de donner du sens au contenu (pas encore forcément
précis) du programme, et surtout en terme de connaissance des coûts de l’activité de l’Etat. Si
par exemple il existe un programme « réseau routier » (qui couvre à la fois sa construction et
sa maintenance), il peut y avoir du sens en termes de coûts à distinguer en actions les
différents types d’infrastructures : « grandes routes », « autres routes bitumées », « pistes ».
Mais on pourrait aussi, si cela présente plus d’intérêt, avoir une partition en quelques grandes
zones géographiques « nord », « sud ».
Parfois, les finalités peuvent être distinctes. S’il existe par exemple un programme « Police »
au sein du ministère de l’Intérieur, les actions peuvent distinguer « sécurité des biens et des
personnes », « sécurité routière », « enquêtes judiciaires », etc.
Une autre approche possible pour les actions est de s’interroger sur les publics visés. Par
exemple, s’il existe un programme « enseignement supérieur », on pourra souhaiter faire
59
apparaître en son sein une action « bourses », qui vise un public particulier d’étudiants, une
autre action « enseignements technologiques », qui peut viser des politiques spécifiques au
sein de l’enseignement supérieur. D’autres publics-types sont identifiables, qui peuvent
justifier que des actions au sein de programmes leur soient spécifiquement dévolues : « jeunes
», « femmes », « personnes âgées », « handicapés », « personnes vulnérables », etc.
Si le même aspect de politique interministérielle doit être coordonné, une solution simple est
de créer dans chaque programme concerné une action dédiée à cet aspect. Par exemple, la
question de la prévention ou de soins relatifs au virus VIH peut toucher beaucoup de
ministères, qui organisent des campagnes à ce sujet. On peut imaginer qu’une action
spécifique « VIH » figure dans un certain nombre de programmes. Il y aura lieu alors
d’unifier les dénominations de telles actions, pour les reconnaître aisément à travers tous les
programmes.
L’action de « soutien »
Cette action regroupera les moyens non directement affectables à l’une des actions « de
politique », car bénéficiant à plusieurs (par exemple le service ressources humaines interne
aux directions de programme, etc.). Les crédits imputés à ces actions seront « déversées » en
analyse de coûts par des clés de répartition.
On rappelle que c’est avec les Responsables des BOP que le responsable de programme
conduira en permanence, sur un cycle annuel, le dialogue de gestion relatif au programme.
Les UO, pour leur part, mettront en œuvre « matériellement » le programme, en étant le cadre
d’engagement et de mandatement des crédits.
Pour une large part, ces relais s’imposeront avec assez d’évidence. Dans d’autres cas, il
pourra avoir des choix à opérer. Dans tous les cas, le responsable de programme doit avoir un
souci : il pourra difficilement piloter plus de vingt à trente Responsables de BOP, car il s’agit
de les animer et conduire avec eux un dialogue de gestion fructueux et nourri.
60
A ce stade de structuration, il ne s’agit pas de définir combien de crédits le responsable de
programme affectera à chaque BOP (y compris celui qu’il se réserve le cas échéant de gérer
lui-même), mais simplement d’identifier les BOP qui devront exister, car ils seront des relais
utiles du management pour la conception et la mise en œuvre du programme.
Pour définir des BOP, il est opportun de se baser sur l’organigramme. En administration
centrale, les directions (ou services autonomes) rattachées à un programme devraient
normalement voir leurs directeurs devenir Responsable de BOP du programme, pour le champ
de compétence de leur direction. Au sein de sa propre direction, le responsable de programme
peut confier des BOP à des collaborateurs, par exemple des sous-directeurs Mais pas
forcément tous : il n’est intéressant de désigner comme Responsable de BOP que des
responsables qui ont eux-mêmes un certain nombre de services à piloter.
Si le programme comprend dans son champ des services déconcentrés qui ont eux-mêmes une
certaine consistance (en personnels, en crédits mis en œuvre localement), les chefs de ces
services, en pratique régionaux, devraient également être Responsable de BOP. Mais il ne faut
pas exclure que le responsable de programme désigne simplement certains directeurs
régionaux, et leur confie un BOP couvrant à la fois leur service et des services régionaux
voisins. La cartographie comprendrait alors des BOP interrégionaux, confiés à un directeur
régional. Les autres directeurs régionaux seraient alors RUOP, sans rôle de répartiteurs, en
dialogue de gestion avec le Responsable de BOP et recevant leurs moyens de lui.
La cartographie des UOP n’a pas la même urgence que celle des BOP. En effet, les
responsables de BOP vont être les premiers destinataires de la déclinaison du programme.
C’est ensuite qu’eux-mêmes déclineront ce qu’ils ont reçu vers les UOP. Dans le cadre de
petits programmes, il ne sera sans doute pas nécessaire (et dès lors il serait déconseillé) de
prévoir des UOP.
Il faut donc distinguer les pouvoirs du Responsable de BOP, qui sont uniquement «
d’administration » des crédits (pouvoirs d’affecter des moyens, de discuter des objectifs), de
ceux du RUOP, qui sont des pouvoirs délégués d’engagement et de mandatement des crédits
qu’il reçoit. La cartographie des Responsable de UOP est donc celle des délégations en termes
de dépenses sur les crédits du programme.
Les deux cartographies (BOP et UO) devront également être portées à la connaissance du
comité de pilotage national, qui aura à en prendre acte. Ces listes de BOP et d’UO seront
nécessaires pour le paramétrage et la codification des applications budgétaires et comptables.
61
Une dépense sera en effet enregistrée selon une codification comportant notamment les
éléments suivants : le programme/l’action/le BOP/l’UOP.
8.6. Acteurs du BP
Pour mieux préciser ces nouvelles règles du jeu, il serait nécessaire d’élaborer, de manière
participative, une « charte de gestion ministérielle du BP». Elle devrait être préparée sous
l’égide du Secrétaire général, et signée du Ministre. Sans que cette liste soit limitative, elle va
traiter des points suivants :
fixer les principes généraux que le Ministre souhaite voir appliquer par tous les
programmes;
préciser les fonctions d’arbitrage dévolues au Secrétaire général ou à toute autre
personne désignée à cet effet ;
décrire les relations entre les directions du ministère et les responsables de
programmes ;
exposer la manière dont sera effectuée la surveillance du plafond ministériel
d’emploi ;
préciser l’architecture retenue pour le contrôle de gestion ministériel (rôles respectifs
des responsables de programme et de la DAF) ;
préciser les modalités à retenir pour proposer des modifications de nature de crédits
dans le cadre de la fongibilité.
• veille à ce que son Ministère soit prêt pour la bascule intégrale et définitive du budget
en mode BP ;
• suit attentivement la mise en œuvre des PAP et l’atteinte des objectifs de l’année en
cours et appuie les RPROG dans leur action ;
• oriente les travaux d’élaboration des PAP pour l’année à venir et valide les versions
intermédiaires et finales des PAP ;
• répartit, en concertation avec les RPROG, les crédits entre les programmes, sur la base
de la lettre plafond adressée par le Premier Ministre ;
• présente et défend devant le Parlement les choix budgétaires contenus dans les PAP de
son Ministère.
62
Le Responsable de Programme (RPROG), qui
• anime l’élaboration des objectifs du programme;
• conduit l’élaboration du projet annuel de performance (PAP);
• assure la responsabilité de la gouvernance du programme : animation du dialogue de
définition des objectifs avec les RBOP, avec les RUO centraux et avec les opérateurs,
pilotage central du programme en cours d’exercice budgétaire;
• organise le rendre compte et conduit l’établissement du rapport annuel de
performance.
Le responsable de programme
• élabore la stratégie de son programme, fixe les objectifs et les résultats attendus,
assure la programmation de l'activité et procède à la répartition des crédits et des
emplois qui lui ont été alloués.
• s'engage sur les résultats de son programme : il oriente les choix d'activité et les choix
budgétaires afin d'atteindre les résultats visés, en travaillant avec le directeur des
affaires financières et avec le directeur en charge des ressources humaines.
• procède à une programmation sincère et soutenable des moyens qui lui sont alloués.
Le pilotage du programme
Le responsable de programme
63
conformément aux objectifs présentés et aux résultats recherchés et de façon
compatible, dans la durée, avec les objectifs de maîtrise de la dépense publique.
Le compte rendu et la responsabilité
Le responsable de programme
• assure et encourage la transparence, par une information et une explication sur les
coûts, sur les objectifs et sur les résultats du programme.
• est garant de l'exécution du programme conformément aux objectifs fixés par le
Ministre et dans le cadre d'organisation défini.
• met en place un contrôle de gestion et un audit interne, le cas échéant, avec le soutien
des fonctions transversales du ministère. Il prépare pour ce qui le concerne les rapports
annuels de performances.
Le responsable de programme joue un rôle charnière entre la responsabilité politique et la
responsabilité de gestion. Néanmoins, il n'y a pas un partage simple entre d'un côté le ministre
qui serait responsable du contenu des politiques, de l'autre le responsable de programme qui
serait responsable de leur exécution. Par ailleurs, les choix de gestion du responsable de
programme doivent s'intégrer dans une organisation ministérielle complexe avec des leviers
qu'il ne maîtrise pas toujours complètement (budget, ressources humaines).
Désignés par le Ministre sur proposition du RPROG, les RUO sont des managers de
l’administration centrale et territoriale responsables d’un Service gestionnaire d’un budget
opérationnel de programme.
A ce titre, ils mettent en œuvre la part de programmation qui leur est confiée, tant en termes
d’actions à réaliser que de résultats à atteindre, en mobilisant le plus efficacement possible les
crédits et les emplois qui leur ont été affectés pour cela par le RBOP.
Le responsable d'un budget opérationnel de programme est l'un des éléments de la chaîne des
responsabilités qui, du responsable de programme au responsable d'unité opérationnelle,
assure la gestion du programme. Le budget opérationnel de programme est positionné au
niveau administratif le plus pertinent pour le programme considéré : en administration
centrale, au niveau interrégional, régional ou départemental.
Pour la partie du programme qui lui a été attribuée par le responsable de programme (un
périmètre d'activités ou un ressort géographique), il élabore un projet de budget opérationnel
de programme, avec l'ensemble des services qui lui sont rattachés, à partir des orientations
générales définies par le responsable de programme. Il propose une programmation des
opérations ou des activités à mener à laquelle sont associés des objectifs, des indicateurs, des
cibles de résultat et le budget prévisionnel correspondant.
Le responsable de BOP, après mise en cohérence des propositions émanant des services,
examine le projet global en garantissant l'adéquation des objectifs et de la programmation
retenue pour le BOP avec le cadrage général arrêté par le responsable de programme. Les
BOP relevant du domaine de compétence des Hakems sont soumis pour avis au Hakem.
Le responsable de BOP s'engage vis-à-vis de son responsable de programme : il gère
librement une enveloppe de crédits globalisés et s'engage sur des objectifs opérationnels à
64
atteindre. Il répartit les moyens dont il dispose entre les différentes unités opérationnelles qui
mettent en œuvre les activités définies dans le BOP.
Le responsable de BOP, en cours et à l'issue de l'exécution de son budget, devra rendre
compte au responsable de programme de sa gestion et de sa contribution aux résultats du
programme. En lien avec la phase préparatoire des rapports annuels de performances, cette
étape du dialogue de gestion permettra également au responsable de budget opérationnel de
programme d'exposer ses plans d'action et de faire valoir ses besoins au responsable de
programme.
La Direction Générale du Budget
Les directeurs des affaires financières (DAF) préparent, en lien avec les responsables de
programme, les décisions et arbitrages dans le domaine budgétaire. Ils définissent un cadre
pour les doctrines ministérielles de gestion et les décisions d’utilisation des ressources
(exemple : politique d’achats, politique immobilière). Ils pilotent l’analyse des coûts au sein
des ministères, ils coordonnent et consolident les comptes rendus d’exécution des
responsables de programme et organisent le contrôle interne et l’audit. Ils exercent des
fonctions de conseil, d’expertise et d’assistance. Ils sont les interlocuteurs attitrés des autorités
chargées du contrôle financier et du département comptable ministériel.
Le contrôle financier
A présent, la fonction essentielle du contrôle interne dans les Ministères est d’assurer la
régularité des opérations. Mais dans le cadre du BP, de nouveaux champs seront ouverts au
contrôle financier rénové.
Il s’agit en particulier de s’assurer que toutes les dépenses obligatoires ou inéluctables ont
bien été prises en compte en prévision, et correctement évaluées. Ceci ne peut s’observer
entièrement du niveau trop général d’un programme. C’est donc à l’examen d’une part du
65
programme, d’autre part et surtout de chacun de ses BOP, centraux et régionaux, que le
contrôle financier peut déceler d’éventuelles insuffisances de programmation de charges
obligatoires ou hautement probables.
En d’autre termes, le visa sur les actes devrait être remonté très en amont, et transformé en
visa sur les BOP, avant leur mise en place budgétaire effective, c'est-à-dire avant le début de
chaque exercice, dès leur stade de programmation des dépenses.
Ce dispositif devra être guidé par la prudence, et doit être maintenu tant que les dispositifs de
contrôle interne développés par les ministères ne seront pas jugés assez fiables. Néanmoins
son allègement à terme est dans la logique du BP.
Cet examen de soutenabilité des BOP, pour être efficace, demande de la part du contrôle
financier une très bonne compréhension du programme. Il implique donc d’une part un
investissement en temps d’analyse important, d’autre part une proximité et une qualité de
relations certaine entre le contrôleur financier et les responsables de programmes et de BOP.
A coup sûr, ce niveau d’intervention du contrôle financier, permettant de rectifier des
insuffisances avant qu’il ne soit trop tard, devrait être perçu comme une forme d’assistance
par les responsables de programme. Telle est du moins la nature des relations, faites de
franchise mutuelle, qu’il s’agit d’instaurer. Il n’est pas à exclure que le profil de tous les
actuels contrôleurs financiers ne soit pas parfaitement adapté à ce nouveau type de
responsabilité et de relations.
66
• un rapport préliminaire relatif aux résultats d’exécution de l’année antérieure à
l’occasion du débat d’orientation des finances publiques ;
• un rapport relatif aux résultats de l’exercice antérieur et à la gestion du budget joint
au dépôt du projet de loi de règlement des comptes et rapport de gestion ;
• un rapport destiné à éclairer le Parlement lorsque le Gouvernement opère des
mouvements de crédits qui doivent être ratifiés par la plus prochaine loi de finances
(décrets d’avance).
De même, en France, la Cour des Comptes a l’obligation de répondre aux demandes
d’assistance formulées par le président et le rapporteur général des commissions des finances
de chaque assemblée. Elle a par ailleurs l’obligation de réaliser à leur demande toute enquête
sur la gestion des services et de rendre ses conclusions dans un délai de huit mois. La Cour
des comptes mauritanienne sera dotée des mêmes missions (Nouveau projet de loi en cours
d’élaboration).
67
PARTIE C : LIMITES DU SYSTEME BUDGETAIRE ACTUEL EN MAURITANIE PAR RAPPORT AUX
EXIGENCES DU BP.
En Mauritanie, des efforts ont été entrepris depuis plusieurs années en vue d’améliorer la
gestion budgétaire et ont touché des fonctions essentielle du système de gestion des finances
publiques (Exécution, contrôle, système d’information et comptabilité).
Les évaluations les plus récentes du système de gestion budgétaire du pays (PEFA, Macro-
évaluation, revue des dépenses publiques) ont montré que des progrès ont été enregistrés avec
la simplification des procédures d’exécution du budget, la déconcentration de l’exécution, une
meilleure en charge comptable et une amélioration du système d’information.
Dans ce contexte, le diagnostic du SGFP établi dans la Partie A fait ressortir les limites et/ou
écueils et les constats essentiels, notamment concernant les processus et outils.
La présente partie traite des insuffisances du dispositif de gestion budgétaire actuel au regard
des exigences du BP. Elle couvre successivement i) les règles et la nomenclature budgétaires,
et ii) les capacités humaines et techniques.
En Mauritanie, les règles qui encadrent le système de gestion des finances publiques (SGFP)
ont été conçus dans le cadre de l’approche classique du budget de moyens. Le présent chapitre
essaie de montrer dans quelle mesure ils ne sont pas adaptés aux exigences de la gestion axée
sur les résultats et du BP.
Les règles budgétaires qui indiquent comment le budget doit être préparé, exécuté et présenté
ont été posées par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui remonte à 1978 et
des textes réglementaires complémentaires. Leur adaptation aux exigences du BP suppose la
modification de celles dont le maintien serait en contradiction avec l’introduction de cet outil
à savoir la spécialité des crédits, l’annualité, l’universalité, la réallocation des crédits, le report
de crédits, le contrôle budgétaire ainsi que la nomenclature budgétaire et la responsabilité des
gestionnaires.
La LOLF stipule que le budget est préparé selon cette règle qui consiste à n’autoriser une
dépense qu’à un service et pour un objet particulier. Ainsi, les crédits sont affectés à un
service, ou à un ensemble de services, et sont spécialisés par chapitre groupant les dépenses
68
selon leur nature ou selon leur destination. Cette règle procède du souci du Parlement de ne
pas conférer à l’autorisation de dépense consentie au Gouvernement un caractère absolu,
permettant à ce dernier de disposer des crédits ouverts en toute liberté.
En effet, l’article 27 de la LOLF stipule, dans son premier paragraphe, que « les crédits
ouverts par les lois de finances aux différents ministères sont classées et spécialisées par
chapitre et articles selon leur nature ou destination ».
La spécialisation des crédits par chapitre ne prévoit pas donc pas un segment pour le
Programme. Une réforme antérieure avait crée un champ qui prend en compte les
particularités du budget d’investissement en créant un sous-chapitre qui renvoie au projet.
Cette règle de spécialisation n’est pas adaptée aux exigences de l’approche du BP qui passe
par la révision du mode de budgétisation des crédits et une meilleure articulation entre la
programmation budgétaire et les politiques publiques. En effet, le BP suppose la
globalisation et la fongibilité des crédits dans un programme qui regroupe des crédits
destinés à mettre en œuvre une action ou un ensemble cohérent d’actions relevant d’un
même Ministère auquel sont associés des objectifs et des résultats attendus. Cette approche
prévoit aussi que l’exécution du programme soit placée sous la responsabilité directe d’un
gestionnaire de programme qui bénéficie d’une liberté de gestion. Celui-ci peut ainsi agir sur
la fongibilité des crédits, en les redéployant s’il juge cette opération nécessaire pour
atteindre ses objectifs.
De plus, le principe de spécialisation des crédits par chapitre renvoie à une organisation
administrative qui n’est pas adaptée à la structure de programme. En effet, dans le système
actuel les unités de mise en œuvre des dépenses sont les Directions (Chapitres). Or le
programme coïncide rarement avec la Direction. Cette situation se trouve compliquer par la
présence dans l’organisation actuelle de structures de Projets qui sont souvent financés par
des bailleurs extérieurs. Ces structures échappent partiellement au Ministre (financement,
système d’évaluation, décaissement).
Comme dans beaucoup de pays, en Mauritanie le budget est préparé et exécuté pour une
année civile. En effet, la LOLF énonce que ‘la loi de finance de l’année prévoit et autorise,
pour chaque année civile, l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat’ (Art 2).
Ce principe n’est pas adapté aux exigences du BP. Tout d’abord, ce principe ne permet pas
de gérer la pluri-annualité des engagements laquelle est souvent le cadre d’exécution du
programme (qui s’exécute rarement dans un cadre annuel). Ensuite, pour qu’un programme
puisse donner de résultat, il doit s’exécuter sans connaître de blocages (Crédits limitatifs,
réorientation des crédits vers la réalisation d’autres activités non prévues). Enfin, dans le
cadre de l’approche du BP, la notion de prévision renvoie à une analyse des moyens basée
sur une méthodologie plus rationnelle d’analyse économique (sensée optimiser le rapport
coût/bénéfice) où la relation objectifs/moyens/résultats/ devient une exigence de la
programmation comparativement à l’approche du budget des moyens.
69
Bien entendu la prévision des éléments liés au programme (contenu, moyens, résultats)
pourrait être faite hors du cadre de la loi de finances de l’année avec une budgétisation
respectant le principe de l’annualité (La loi de finances restera donc un acte d’autorisation
annuel).
Le principe d’universalité signifie que le budget de l’État doit retracer l’ensemble des
ressources et des dépenses de façon exhaustive et que toutes les recettes doivent financer
toutes les dépenses sans contraction ni affectation.
Mais la LOLF prévoit plusieurs dérogations à cette règle à travers l’autorisation de certaines
modalités d’affectation de recettes à une dépense (Budgets annexes, CST, Projets sur
financement extérieur) et le fait que certaines ressources ne sont pas prises en compte dans le
budget de l’Etat ce qui ne permet pas de disposer d’une vision plus exhaustive des ressources
et ne favorise par leur prévisibilité (Exemple : financements extérieurs).
Ces dérogations ne sont pas cohérentes avec la logique du BP qui favorise l’intégration de
toutes les ressources dans le budget de l’Etat et une maitrise par le responsable du
programme de toutes les dépenses. L’intégration des ressources extérieures au budget de
l’Etat devra permettre d’assurer une meilleure cohérence des actions des bailleurs et de l’État
et de garantir une meilleure prise en charge des dépenses récurrentes engendrées par les
dépenses d’investissement financées sur des ressources extérieures.
La LOLF soumet, en revanche, ces modifications à des conditions contraignantes. C’est ainsi
que son article 28 pose que les transferts et virements sont autorisés dans les conditions
suivantes "de chapitre à chapitre ou d’article de personnel à article de matériel : par
l’assemblée nationale dans une loi de finances rectificative et d’article à article à l’intérieur
du même chapitre par arrêté du ministre des finances". Le même article indique que même la
modification des dotations entre paragraphes du même article doit faire l’objet d’une
"demande motivée du Ministre intéressé après accord du Ministre des finances et en ce qui
concerne l’assemblée nationale par arrêté de son président".
LOLF a prévu la possibilité de recourir à une programmation qui dépasse l’année civile
notamment pour les dépenses d’investissement.
En effet, son article 7 prévoit que les dépenses en capital peuvent faire l’objet de lois
programmes à caractère pluriannuel, déclinées en autorisations de programmes assorties de
crédits de paiements. Ce même article indique les limites de l’usage de ces lois qui ne peuvent
70
donner lieu à des engagements de l’Etat que dans les limites déterminées par les autorisations
de programmes contenues dans les lois de finances’. Il ajoute que "les dépenses prévues sur
autorisation de programme ne peuvent faire l’objet d’ordonnancement si elles ne sont pas
assorties de crédits de paiement correspondants" et que "les autorisations de programmes qui
n’ont pas donné lieu à un commencement d’exécution tombent en annulation au bout d’une
période de deux ans".
La LOLF prévoit aussi dans son article 31, la possibilité d’un report de crédits sur les
dépenses d’investissement qui "sont reportés par arrêté du Ministre des finances ouvrant une
dotation de même montant en sus des dotations de l’année suivante…..". Ce report est de droit
pour les programmes financés sur aides extérieures affectées. Cette flexibilité est toutefois très
limitée dans le temps. Le même article indiquant que "Les crédits reportés et non utilisés
pendant deux gestions consécutives peuvent faire l’objet d’une annulation".
Bien qu’en pratique ces flexibilités ne sont pas utilisées et donc les reports des crédits ne sont
pas permis (les crédits ouverts au titre d’une année ne donnent pas droit, en cas de non
consommation, à des reports sur l’exercice suivant), le fait qu’elles sont prévues, rapproche,
sur ce point, la législation actuelle des exigences de l’approche pluriannuelle du Budget de
programme.
En Mauritanie, le contrôle budgétaire se caractérise par une série limites eu égard aux
exigences du BP.
Tout d’abord, dans le système budgétaire actuel, les règles de contrôle budgétaire, sont
conçues essentiellement dans l’optique de vérifier que l’exécution budgétaire est conforme
aux autorisations budgétaires. La méthodologie de contrôle consiste donc à vérifier la
régularité de la dépense par rapport aux moyens alloués et par rapport aux personnes
habilitées. C’est ainsi que le contrôle financier vise à vérifier l’existence de crédits et sa
disponibilité avant tout engagement de dépense, de s’assurer de la bonne imputation
budgétaire et du respect des règles budgétaires et des lois et règlements.
Ce contrôle est complété par ceux réalisés par l’Inspection Générale des finances et la Cour
des Comptes. La première juridiction devrait contrôler aussi bien l’effectivité des dépenses au
regard des inscriptions budgétaires et des pièces justificatives que la bonne gestion et la bonne
conservation des deniers publics. La seconde juridiction juge les comptables qui ont exécuté
les dépenses et renseigne le Parlement sur la qualité de la gestion budgétaire de l’Exécutif et
déclare la conformité ou non de l’exécution budgétaire par rapport au vote budgétaire.
Ensuite, ces contrôles ne se préoccupent pas souvent des objectifs assignés à tel ou tel secteur,
ni de l’impact des actions publiques et ce d’autant plus que le budget est un budget de moyens
alloué à une structure administrative pour son fonctionnement et pour mener ses activités, et
71
non un budget alloué pour atteindre des objectifs précis fixés au départ, et sur la base desquels
des moyens sont alloués.
Ces éléments mettent en évidence le fait le système de contrôle budgétaire actuel n’est adapté
pas aux besoins du BP. En effet, les BP sont gérés par des responsables de programmes qui
ont pris part aux choix de ceux-ci, à la définition de leurs objectifs et des indicateurs de
performance et qui sont responsables devant le Gouvernement et devant le Parlement des
résultats qu’ils doivent atteindre. Ces responsables bénéficient d’une liberté de la réallocation
des crédits qui n’est pas compatible avec un contrôle a priori systématique et rigoureux. De
plus, l’approche du BP transforme le contrôle de régularité en un contrôle orienté vers
l’appréciation de l’efficience et de la performance. Dans cette optique, le contrôleur doit se
préoccuper de comparer les résultats atteints par rapport aux objectifs et aux moyens alloués
et de l’impact de ses résultats sur les cibles prévues. Cette nouvelle approche amène le
contrôleur à connaître les indicateurs de mesure et à apprécier l’opportunité des activités
menées et des dépenses effectuées, notamment, en cas de non ou de faible atteinte des
résultats prévus.
Dans la pratique actuelle, la responsabilité des gestionnaires de crédits est limitée au respect
de la régularité des dépenses qu’ils engagent conformément aux budgets qui leur sont alloués.
Ces gestionnaires ne sont donc pas soumis à une obligation de résultats du fait que les budgets
sont basés sur les moyens et les activités et non les objectifs des Départements.
Cette pratique est en décalage avec les exigences de l’approche du BP laquelle représente une
évolution significative par rapport à l’organisation actuelle des pouvoirs de gestion.
En effet, cette approche s’accompagne d’une plus grande responsabilité mais aussi d’une plus
grande liberté d’action pour le responsable de Programme. D’une part, le gestionnaire du
programme est responsabilisé sur la base d’engagements de performance, en contrepartie des
nouvelles libertés de gestion et des moyens qui lui sont accordés dans le cadre d’un contrat
d’objectifs et de performance qu’il doit signer avec le Ministère des finances.
D’autre part, le responsable du programme est doté d’un pouvoir de redistribuer les crédits
globalisés mis à sa disposition qui lui confère une certaine liberté d’action. De ce fait, il peut,
sans se soucier du respect d’une quelconque règle de spécialité et sans subir un contrôle a
priori préalable, opérer, à l’intérieur d’un même programme, des transferts de crédits
budgétaires ou réexaminer ses priorités. Il peut ainsi réallouer des crédits de dépenses de
personnel pour des dépenses de fonctionnement ou d’investissement. Il doit bien entendu
respecter les plafonds des enveloppes allouées au programme dont il est le responsable.
72
L’approche du BP prévoit aussi, à l’endroit du Ministère et du gestionnaire du Programme, la
mise en place de mécanismes contraignants de contrôle et d’évaluation des performances
(Appréciation et attestation des rapports par le contrôleur financier interne au Ministère et
l’autorité de tutelle, audit de la Cour des comptes, transmission par la Cour des comptes de
l’audit de performance de chaque programme au Parlement qui l’examine à l’occasion du vote
de la loi de règlement et du projet de budget de l’année nouvelle) et des mesures d’incitation
(sanction ou récompense).
En plus des insuffisances cités ci-dessus, les évaluations (soulignée plus haut), considèrent
que la gestion budgétaire actuelle est en deçà des exigences du BP en raison i) d’une
transparence dans le processus d'exécution budgétaire qui reste limitée (budgets parfois
modifiés sans que les Ministères bénéficiaires ne soient réellement associés au processus de
décision) et ii) des retards dans la mise en œuvre des activités (Complexité des procédures de
décaissement notamment s’agissant des financements extérieurs).
En effet, ce type de pratiques limite la portée de l’approche programmatique qui est basée sur
la prévisibilité des ressources et l’efficacité de l’exécution des programmes pour l’atteinte
des objectifs.
Aussi, les outils informatiques disponibles (Rachad, Biet-Elmal, SYPSIM) ont été conçus
pour prendre en compte le budget de l’Etat préparé selon ces nomenclatures.
L’approche du BP prévoit que les moyens budgétaires soient regroupés par programme sous
un même responsable lequel est aussi redevable des résultats atteints. C’est pourquoi, le
programme devient, avec cette approche, l’unité de spécialisation des crédits au sein du
budget et le cadre de gestion de l’autorisation de la dépense et de présentation des objectifs.
Cette approche suppose donc une révision des modes actuels de répartition des crédits. Dans
cette perspective, la classification budgétaire ne doit plus être basée sur la structure des
services, c’est-à-dire par chapitres, comme c’était le cas avec le système budgétaire actuel,
mais plutôt sur les programmes et donc sur les finalités des politiques publiques. En effet,
l’introduction d’une classification par programme devra faciliter la lisibilité des politiques
publiques, en termes de finalités, d’objectifs et de résultats et suppose aussi l’aménagement du
mode d’enregistrement comptable et de l’inclusion de la comptabilité des droits constatés, qui
permettra la détermination de tous les coûts actuels et à venir.
73
Chapitre (2) : Capacités humaines et techniques
Ce chapitre procède à une analyse des ressources techniques et humaines disponibles dans les
administrations en charge de la préparation du budget sous l’angle des besoins de
l’introduction du BP.
Comme souligné plus haut, l’approche de la gestion axée sur les résultats (GAR) de manière,
et le BP de manière spécifique mettent l’accent sur la performance à tous les niveaux de
gestion des programmes et sur l’atteinte des objectifs en fonction de résultats escomptés,
préétablis et mesurés à l’aide d’indicateurs. De ce fait, cette approche exige de la disponibilité
de qualifications spécifiques.
Constats
Insuffisances
La fonction de programmation budgétaire a été le maillon faible des réformes qui ont été
conduites dans le domaine de la gestion budgétaire. Aussi, les enseignements qui ressortent
des diagnostics du système de gestion des finances publiques montrent que, de manière
générale, aussi bien sur le niveau central que le niveau sectoriel, les structures en charge de la
fonction de programmation stratégique et budgétaire sont faiblement outillées en ressources
humaines tant en termes de volume que de qualité.
Toutefois, ces insuffisances sont plus prononcées dans le cas des Directions de
programmation/planification qui sont généralement chargées de la programmation stratégique
et budgétaire au sein des Ministères sectoriels.
74
Les besoins dans ce domaine couvrent toutes les principales qualifications qu’exige la mise en
œuvre du BP (Notamment : élaboration des stratégies, techniques de la programmation
budgétaire, élaboration des indicateurs, évaluation des coûts, élaboration des plans de
passation de marché et d’exécution financière, suivi-évaluation des performances).
Constats
Cette faiblesse se reflète dans l’absence des outils spécifiques qui sont dédiés à la préparation
du budget tels qu’un manuel de préparation du budget et une application spécialisée (tant
global que Ministériel ou sectoriel) et d’un outil de suivi et d’évaluation des dépenses
publiques. Elle se traduit dans une faible maîtrise des prévisions des dépenses qui s’écartent
souvent de leurs niveaux réels.
Insuffisances
La Direction générale du Budget (DGB), qui est la principale Direction dans le processus de
la préparation budgétaire utilise deux applications relativement anciennes (Application
Access, SYPSIM) qui lui permettent toutefois d’assurer l’élaboration des lois des finances.
L’application sur laquelle est préparée la LDF n’est pas liée au système RACHAD qui prend
en charge l’exécution du budget. L’incorporation du budget dans Rachad se faisant par la
suite, après adoption et promulgation de la loi de finances, à travers des tableaux images. Ces
applications ne prennent pas en charge l’aspect de programmation stratégique.
Pourtant DAPBI est une application dont la démarche se rapproche de la budgétisation par
programme. En effet, l’arrêté mettant en place le DAPBI stipule que "ce document se
décompose en deux parties, la première partie présentant les principales actions et
programmes du Département" et que chaque Département devant détailler ses principales
actions et programmes assorties d’un chronogramme pour obtenir la mise à sa disposition des
crédits budgétaires.
La faiblesse des capacités techniques qui caractérise la DGB, est plus prononcée s’agissant
des Directions de planification qui sont souvent chargées de l’élaboration des propositions
budgétaires des Minsitères. Ces Directions sont majoritairement peu outillées conformément
aux normes et aux exigences de la nouvelle approche du BP. Elles sont rarement dotées
75
d’outils de programmation stratégique et budgétaire (tels qu’une application dédiée à cette
fonction, un manuel de la préparation du budget, une base de données régulièrement mises à
jour ou un outil de suivi-évaluation) et les rares outils existants sont souvent peu utilisés ou
non opérationnels.
Les expériences internationales montrent que la mise en œuvre du BP, est une démarche
complexe et exigeante qui nécessite un effort soutenu de mobilisation de ressources tant
techniques qu’humaines qualifiées.
De conduire une bonne analyse des problèmes posés dans chaque secteur. Cette
analyse suppose que l’équipe chargée du programme soit dotée de capacités lui
permettant de démontrer et d’expliciter le lien étroit entre le problème à résoudre et les
activités, les produits, et les résultats escomptés planifiés dans le Budget-programme.
Il s’agit d’identifier une situation négative et de l’analyser avec les acteurs concernés
(problème central, causes et sous-causes, conséquences négatives du problème
central). Cela permet de cerner le contexte et le bien-fondé du projet avant de proposer
des solutions au problème ;
De définir la vision, les objectifs, les stratégies et les résultats escomptés. Cette étape
est excessivement importante pour la réussite du BP. Elle consiste à définir les
réalisations attendues du programme pour les années futures et exprimer sa
contribution au résultat escompté au niveau national. Elle suppose aussi une analyse
des acteurs (Groupes, intervenants) et l’identification des bénéficiaires (femmes,
hommes, enfants, nombres, situations socio-économiques, zones, capacité de
financement essentiellement, etc.) ;
De définir des produits ou services que les équipes des programmes sont directement
tenues d’accomplir et permettront de résoudre les causes principales des problèmes
identifiés ;
De décrire les activités et les responsabilités. Ceci implique de définir la façon dont
l’équipe chargée du produit et/ou service défini envisage d’œuvrer et la façon dont les
76
responsabilités dans l’atteinte des résultats est répartie entre les différentes parties
prenantes ;
D’identifier et d’analyser des hypothèses et des risques. Ces risques devront être
partagés entre les parties prenantes dans un programme et qu’ils soient mentionnés
très tôt du fait qu’ils peuvent diminuer les chances que les résultats planifiés soient
atteints conformément aux indicateurs de performances définis ;
D’estimer le budget et définir des modalités de gestion. En effet, le budget est une
composante essentielle dans la planification qui donne lieu généralement à des
arbitrages complexes lors de l’élaboration du programme et qui oblige l’équipe de
planification à détailler d’une manière fine ses besoins, collecter et mettre en forme
l’information nécessaire pour justifier la demande en allocation de ressources
financières laquelle doit être basée sur une estimation des ressources nécessaires à
l’accomplissement des résultats énoncés.
Compte tenu de ces exigences, il s’agit d’examiner quels sont les atouts et les contraintes
auxquelles pourrait faire face l’introduction du BP dans le contexte institutionnel et
budgétaire national ?
3.1. Atouts
L’introduction du BP pourra s’appuyer sur série d’atouts dont le pays s’est dotés au cours de
ces dernières dans des domaines qui s’inscrivent dans l’approche de la gestion axée sur la
performance.
Le premier atout est relatif à l’expérience que le pays avait accumulée dans le domaine de
l’élaboration des stratégies nationales et sectorielles. Tout d’abord, le pays a élaboré depuis
2001 un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté qui porte sur une longue période. Cette
stratégie a été préparée par des expertises nationales et a engendré une implication forte des
tous les acteurs publics. Ensuite, la majorité des Départements ministériels ont été dotés de
stratégies sectorielles qui se sont inscrites dans les objectifs nationaux fixés dans le CSLP.
77
Cette démarche de programmation stratégique incluait à chaque fois une planification
budgétaire.
Le second atout réside dans le fait que le pays a connu, pendant la même période,
l’introduction de la programmation pluriannuelle budgétaire à travers l’élaboration de
plusieurs CDMT tant sur le plan global que sectoriel (Voir chapitre précédent).
Le pays s’est, également, lancé récemment dans une dynamique de réforme de son système
des finances publiques et a élaboré, dans cette perspective, un Schéma directeur de la réforme
des finances qui prévoit de faire évoluer le système actuel de la gestion des finances publiques
du pays vers un système basé sur la performance à travers l’introduction de l’approche de la
gestion axée sur les résultats et ses principaux instruments que sont les cadres de dépenses à
moyen terme (CDMT) et le BP. Le pays a aussi mis en place une cellule qui est chargée de la
réforme des finances publiques et bénéficie d’appuis extérieurs pour la réalisation des
réformes prévues dans ce cadre.
Ces expériences se sont accompagnées d’un développement d’une expertise nationale dans les
domaines de l’élaboration des stratégies, de la définition des objectifs et résultats ainsi que de
l’estimation des coûts et de la programmation budgétaire pluriannuelle. Cette évolution n’a
pas été homogène et certains Ministères ont progressé plus rapidement que d’autres dans les
thématiques en question. A titre d’illustration et de manière synthétique, les expériences des
Ministères de la Santé et de l’Education nationale sont ci-dessous présentées.
Santé
Le Ministère de la santé s’est doté d’un plan stratégique de long terme et a été le premier
secteur a avoir élaboré un CDMT triennal depuis 2001.
Le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) le plus récent, qui couvre la période
2012-2020 avec deux plans d’action portant sur les périodes 2012-2015 et2016-2020, a été le
fruit d’un long processus participatif impliquant tous les acteurs du secteur (gouvernement,
secteur privé, société civile et PTF). Ce plan se base sur une vision et définit des axes
d’intervention, des objectifs ainsi que de résultats (d’impact, d’effet et de produit).
Le plan a été accompagné par CDMT couvrant la 2012-2015 qui évalué les dépenses et leur
plan de financement en tenant compte des contraintes macroéconomiques et budgétaires et
des opportunités de mobilisation de ressources dans le domaine de la santé.
Le plan a été également complété par une stratégie de suivi-évaluation et un cadre de la mise
en œuvre qui prévoit des mesures d’accompagnement en termes d’évaluation des besoins en
matière de ressources et d’informations.
Education
Le Ministère de l’Education a, de son côté, été parmi les premiers Ministères qui s’est doté de
plans stratégiques et d’une planification financière de moyen et long terme.
78
En effet, ce Ministère s’est doté d’un second plan national de développement du secteur de
l’Education (PNDSE) pour la période 2011-2020 dont le premier plan d’action triennal allant
de 2012 à 2014.
Ce plan est articulé autour de programmes (7 programmes) qui correspondent aux principales
thématiques du secteur (Préscolaire, Alphabétisation & enseignement originel, Enseignement
fondamental, Enseignement secondaire général, Formation technique & professionnelle,
Enseignement supérieur et Gestion et gouvernance).
Le PNDSE a été accompagné d’un cadrage financier qui évalue le volume total de la dépense,
le niveau des ressources mobilisables et le gap de financement sur les horizons de court et
moyen terme. Il présente une estimation de l’ensemble des dépenses par programme pour la
période 2012-2020. Il estime également le gap de financement et table sur une mobilisation
supplémentaires de ressources extérieures pour assurer son financement.
3.2. Contraintes
Les expériences des pays comparables soulignent que la mise en œuvre efficace du BP
pourrait être compromise par un certain nombre de contraintes. Compte tenu du contexte
mauritanien, ces contraintes peuvent être soient conjoncturelles et dont la solution nécessite
des actions de court terme soient de nature structurelle et requièrent donc des efforts de
longue durée.
Contraintes conjoncturelles
79
Contraintes structurelles
Les contraintes structurelles résident notamment dans :
• Une approche qui requiert un changement fondamental de la culture de la gestion
budgétaire (le passage d’une culture de moyens et de régularité à une culture de
résultats) et de l’organisation administrative et un changement du type de relation
entre les relations entre le Ministère des finances, les ministères gestionnaires et les
responsables de programmes;
• Un changement fondamental du rôle du Parlement ;
• La faible expérience des Ministères dans le domaine du BP ;
• Des marges de manœuvre encore faibles : des faibles redéploiements, des fléchages de
crédits par les administrations centrales …
• Des capacités humaines et techniques limitées compte tenu des exigences du BP
(charges de travail, plus d'informations, nouvelles procédures d'engagement de
dépense, évaluation de la performance, etc.).
• Une capacité d’absorption limitée et qui reste une réelle contrainte à la promotion de la
mesure de la performance. Les efforts entrepris ces dernières années devront prendre
encore davantage de temps pour améliorer sensiblement la capacité d’absorption
nationale;
• La mise en place de mécanismes d’incitations (récompense et sanction) liées aux
performances pour réaliser;
• La résistance de la part des techniciens à assumer de responsabilités additionnelles en
raison du fait que l’exercice du budget a été traditionnellement un exercice de
comptabilité et donc concernant directement les administrateurs ;
• La confusion liée à une nouvelle terminologie associée au BP et les multiples
changements du cadre logique définissant les résultats, les outputs, l'impact, les
indicateurs de performance et les objectifs prioritaires ;
• Les réticences à assumer le rôle de gestionnaire de programme qui amène le
fonctionnaire désigné à s’engager sur des résultats précis ;
• Le scepticisme sur la capacité du nouveau mode budgétaire à apporter plus d'efficience
pour la gestion budgétaire;
• Des capacités analytiques limitées pour élaborer des stratégies et des programmes
sectoriels avec les résultats et des indicateurs de performance;
• Une faible culture de l’interministérialité qui ne favorise pas la conception et la mise
en œuvre de programmes communs ;
80
PARTIE D : REFORMES A CONDUIRE PAR RAPPORT AUX EXIGENCES DU BP ET FEUILLE DE
ROUTE INDICATIVE
Les expériences internationales soulignent que le passage vers l’approche du BP suppose des
changements fondamentaux dans le mode classique de gestion budgétaire. En effet, cette
approche n’est pas un outil budgétaire prêt à l’emploi et adaptable quel que soit le contexte
mais à souvent des conséquences significatives sur les méthodes de gestion et sur
l’organisation et la culture des administrations.
Dans le contexte de la Mauritanie, dont le système de gestion est essentiellement basé sur
l’approche classique du budget de moyens et compte tenu des contraintes identifiées ci-
dessus, la mise en œuvre du BP, suppose donc de conduire une réforme de fond du système en
place et donc une évolution significative des pratiques de la gestion budgétaire actuelle.
La modification en cours de la LOLF s’inscrit dans cet objectif. Elle propose l’introduction
des notions de programmation pluri-annuelle des dépenses, d’autorisation de crédits par
programme, de crédits d’engagement et de crédits de paiement annuels (pour
l’investissement) et l’inclusion des financements extérieurs comme faisant partie de la LdF.
Le Schéma directeur de la réforme des finances publiques prévoit aussi plusieurs autres
réformes qui s’inscrivent dans cette perspective.
De manière générale, l’introduction du BP est un travail de longue haleine qui exige une forte
mobilisation humaine et technique des administrations. Elle nécessite la mise en œuvre d’une
série de réformes qui doivent être réalisées selon une démarche progressive qui s’étale sur
plusieurs années avant de passer au vote et à l’exécution par programme et au suivi de
performance.
Dans cette optique, les réformes pourront être mises en œuvre selon deux étapes. Une
première étape devra voir la mise en œuvre des réformes et mesures que l’on pourrait
qualifiées de pré-requis et qui peuvent être conduites sur un horizon de court terme. La
seconde phase sera consacrée aux réformes structurelles qui prépare la mise en œuvre des BP
et qui se déroulera sur un horizon de moyen terme. Dans la période transitoire, les BP peuvent
être présentés en annexe du budget (cas suivi par d’autres pays africains).
La présente partie traite de ces réformes et aborde successivement i) de leur contenu et ii) du
calendrier de leur mise en œuvre.
Bien entendu, les réformes qui sont présentées ci-dessous ne prétendent pas englober tous les
aspects liés au BP. D’autres éléments pourront paraitre pertinents au fur et à mis de la mise en
81
œuvre de l’approche. De plus, la mise en œuvre des réformes aura besoin de l’élaboration de
plans d’action qui précisent les activités et d’une évaluation des coûts financiers de celles-ci.
Le chapitre présente i) les réformes à conduire regroupées en six (6) composantes centrées sur
les dimensions essentielles de la gestion budgétaire ainsi que ii) leur calendrier de mise en
œuvre.
• Modifier l’organisation administrative dans une orientation qui situe mieux les
niveaux des responsabilités, la description des postes dans les administrations publiques et
la clarification des circuits de décision et qui prépare le passage vers le BP.
• La réforme du cycle budgétaire. Le cycle budgétaire devra veiller à respecter les trois
étapes principales que sont i) la phase préparatoire ou l’élaboration du budget, ii) la
phase de l'exécution budgétaire dans le courant de l'année budgétaire concernée et iii)
la phase de clôture, c'est-à-dire l'établissement des comptes finaux fixé par la loi
portant règlement définitif du budget. Par exemple, l'année 2014 est l'année où le
budget 2014 est exécuté, le budget 2015 préparé et le budget 2013 est clôturé.
L'aperçu chronologique de cette phase pourrait se présenter comme suit:
83
- favorisant l’adoption officielle du CDMT global par le Gouvernement (par
exemple à travers une communication en conseil des ministres) et sa discussion
par Parlement (avant les débats sur la LDR pour permettre au pouvoir législatif
de faire le lien entre les orientations de politiques de développement et la
programmation budgétaire) ;
- élargissant les missions du Comité pour inclure i) les CDMTs sectoriels et ii)
le pilotage des revues de dépenses publiques ;
- instituant des liens formels entre le CDMT global et la LDR et ce en faisant du
CDMT global la base pour la fixation des dotations de la loi de finances ;
- opérationnalisant les CDMTs sectoriels et en faisant la base pour la fixation des
enveloppes des BP. Cette opérationnalisation suppose i) de réactualiser les
cadres et d’harmoniser les horizons avec celui des BP pour les CDMTs
sectoriels existants et de lancer la préparation de CDMT sectoriels pour les
Ministères qui n’en sont pas dotés.
84
budgétaire actuel qui désigne le Programme. Quelque soit l’option retenue, le choix
devra être provisoire avant d’évoluer vers une nomenclature épousant complètement
les besoins du BP (Comme ce qui a été introduit en France depuis 2001 avec le
passage à une nomenclature de missions et programmes).
Le pilotage de la réforme nécessite aussi i) la mise en place de structures dédiées à cette fin et
ii) devra se dérouler selon un calendrier qui tient compte de l’environnement administratif et
technique dans lequel elle se déroulera et donc de la faisabilité des mesures.
86
2.1. Structures
• D’opérationnaliser le rôle de pilotage des réformes que doit jouer la Cellule chargée
de la réforme des finances publiques au sein du MF, en étroite collaboration avec la
Direction Générale du Budget et des Comptes,
• de créer au sein de chaque Ministère une instance (Cellule, groupe, Comité) qui aura la
charge le pilotage de la réforme et sa mise en œuvre y compris la conception et le suivi
de la mise en œuvre des programmes et qui regroupera le staff dirigeant (Directeurs et
quelques Conseillers) ;
Aussi et compte des exigences du BP et des réformes à réaliser, le passage à cette approche
devra être fait de manière progressive avec une phase pilote qui pourrait debuter en 2016 avec
les trois Départements sectoriels qui seraient les mieux préparés (Exemples : Education
nationale, Santé et hydraulique et assainissement).
2.2. Calendrier
La mise en œuvre des réformes du BP est une tâche complexe qui demande un changement
radical dans l’approche et le processus budgétaire. Aussi, le succès de la réforme dépend de la
conjugaison de plusieurs facteurs (Exemples : changement de mentalité, bonne maitrise des
enjeux et des techniques de l’approche, capacité des fonctionnaires impliqués dans la mise en
œuvre à assumer des nouveaux rôles et responsabilités, charge de travail plus complexe,
dialogue et mobilisation des acteurs locaux pour l'appropriation des réformes.) et exige la
réalisation de nombreuses réformes (Voir point sur les réformes).
Sur la base de l’expérience de plusieurs pays, aussi bien en Europe qu’en Afrique, la conduite
de ces réformes doit être réalisée sur une période réaliste, suffisamment longue s’étalant sur
une période minimale d’environ 5 ans. En effet, en France, malgré la Loi Organique sur la Loi
des Finances de 2001, il a fallu attendre 2006 pour opérationnaliser les réformes et la mise en
œuvre du Budget Programme. Dans les pays comme le Burkina Faso et le Cameroun, il a fallu
87
une période de maturation de 5 à 7 ans qui a permis des avancées significatives, sans parvenir
à une opérationnalisation effective et complète de cette mise en œuvre.
A titre indicatif, le calendrier ci-dessous présente un chronogramme de réalisation des
réformes envisagées qui tient compte de tous les facteurs mentionnés ci-dessus.
88
budgétaire (ouverture de crédit) en développant
des outils plus rationnels (type : plans
d’engagement des crédits concertés définis sur la
base de plans d’actions et de chaines de résultats
qui font le lien entre les activités et les résultats
souhaités).
89
PARTIE E : MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
La faiblesse des capacités (telles que décrites dans le chapitre sur les atouts et les contraintes)
qui caractérise le système de la gestion budgétaire et notamment en ce qui concerne les
fonctions de la programmation stratégique et budgétaire eu égard aux exigences du BP,
montre que des efforts soutenus de renforcement des capacités sont indispensables. Ces
efforts couvriront aussi bien l’aspect humain que technique.
La description des exigences du BP a montré que l’introduction de cet outil exige la présence
d'une masse critique de personnel qualifié dans des domaines diversifiés.
Dans cette optique, le développement de la capacité nationale suppose que les départements
centraux et sectoriels s’approprient l’instrument. Les actions devront se faire en agissant sur
• Le renforcement des capacités humaines de la fonction de la préparation
budgétaire des Directions centrales chargées de la préparation des budgets en
ressources (MF, MAED et Directions de la planification et de la programmation
des Départements Ministériels);
90
• La sensibilisation des cadres et des techniciens sur les enjeux et les techniques de
la gestion axée sur la performance et la budgétisation par programmes.
De plus, le renforcement des capacités humaines devra également être recherché à travers la
promotion d’une approche d'apprentissage par l'expérimentation (learning by doing- approche
pragmatique).
Comme pour les ressources humaines, l’introduction du BP nécessite que les structures
concernées puissent bénéficier d’un renforcement de leurs capacités techniques.
91
La conception d’un outil qui recense (qui sera actualisé régulièrement) les
informations nécessaires pour l’élaboration du BP. Cet outil sera adapté aux
spécificités de chaque Ministère ;
Le passage de la gestion budgétaire actuelle vers une gestion axée sur les résultats avec
l’introduction du BP dans un contexte qui est y peu préparé, requiert i) un engagement
soutenu de l’ensemble des acteurs publics concernés et ii) une mobilisation de ressources
techniques et financières à la hauteur des enjeux de cette nouvelle démarche.
En raison des enjeux et de la complexité de l’introduction du BP des leçons qui ressortent des
expériences des pays ayant déjà expérimenté cette approche, la mobilisation de tous les
acteurs nationaux concernés sera une condition essentielle à la réussite de cette réforme.
D’un côté, l’engagement des autorités devra être assuré au plus haut niveau des autorités. De
l’autre côté, elle devra couvrir tous les responsables et personnel impliqué dans la mise en
place de la démarche. Cet engagement devra aussi se traduire par le lancement d’une stratégie
de communication et de sensibilisation active pour une meilleure compréhension du nouveau
processus budgétaire et de gestion de la performance. De manière spécifique, le Ministre des
finances et son staff devra être en tête de cette dynamique.
De l’autre côté, l’engagement des autres instances concernées que sont le Parlement et les
institutions de contrôle devra être fortement pour une mise en place réussie de la démarche du
BP.
L’engagement du parlement, dont le rôle sera plus accru et plus complexe dans la nouvelle
démarche, pourrait être favorisé par son implication très en amont de la réforme.
Le succès de la mise en œuvre du BP requiert un appui soutenu des PTFs du pays. Cet appui
devra être aussi bien i) sous forme de mobilisation de l’assistance technique, que ii) la de
mobilisation de ressources financières.
En effet, et compte tenu de la faible expérience du pays dans le domaine de la gestion axée sur
la performance, les besoins de l’assistance technique sont élevés. Cette assistance pourrait
92
provenir tant à travers la mobilisation de personnes ressources provenant de pays ayant déjà
introduit le BP que d’experts dans le domaine. Aussi, la mobilisation des ressources financière
devra permettre d’assurer le financement des actions de formation (sur place et à l’étranger) et
la prise en charge de séjours d’études dans des pays africains ayant une expérience dans le
domaine de l’élaboration et la mise en œuvre du BP.
Sur ce plan, il faut mentionner qu’un projet qui doit entamer ses activités très prochainement
sur un financement de l’Union européenne prévoit d’apporter son assistance à cette
problématique. D’autres PTFs seraient intéressés par cette thématique (PNUD, Banque
mondiale, Afritac, etc.).
Les appuis devront être aussi bien orientés vers les structures de pilotages (Comité de pilotage
et DGB) que les Directions de planification des Ministères sectoriels.
La mobilisation des PTFs devra être aussi recherchée sous l’angle de leur engagement à
évoluer vers des appuis budgétaires (au lieu d projets) qui sont plus adaptés au principe de la
fongibilité des crédits et qui facilitent ainsi la mise en place de BP.
93
ANNEXES
94
indicateur est une variable ayant pour objet de mesurer, de
décrire ou d’apprécier totalement ou partiellement un état, une
situation et/ou l’évolution d’une activité ou d’un programme; il
doit permettre de fixer des cibles traduisant les objectifs, de
mesurer les réalisations par rapport à ces cibles, de comprendre
et analyser ces réalisations, d’orienter les décisions des
gestionnaires dans le but d’améliorer la performance et nourrir
le dialogue de gestion entre les différents niveaux hiérarchiques.
Types d’indicateurs La performance est suivie à partir d’indicateurs de moyens, de
produits (ou prestations) et de résultats. Les indicateurs de
moyens (« input ») et de produits (« output ») correspondent aux
dispositions opérationnelles mises en œuvre: que fait-on? Avec
quoi?
• Les indicateurs de moyens décrivent le volume (unités
physiques) ou le coût des moyens mis en œuvre. La
disponibilité du personnel (nombre de médecins, d’infirmiers, de
policiers, d’enseignants, d’agents de bureau), du matériel
(nombre de véhicules spécialisés, de machines, d’ordinateurs,
d’imprimantes), des locaux (mètres carrés), les dépenses du parc
automobile, sont les indicateurs de moyen les plus courants. Ces
indicateurs fournissent également une vision de la manière dont
le service est organisé (nombre d’établissements scolaires,
d’ambassades, de bureaux d’accueil) et de la manière dont la
population ou le territoire sont desservis (effectif moyen de la
population cible par implantation, accessibilité géographique).
• Les indicateurs de produits décrivent l’ensemble des
productions d’une administration ou d’un service (nombre de
dossiers traités, nombre de formations dispensées, nombre
d’heures d’enseignement, nombre de personnes accueillies,
nombre de contrôles effectués, enquêtes réalisées, textes
réglementaires élaborés). On peut éventuellement affiner en
distinguant les indicateurs d’activité (heures d’enseignement) et
les indicateurs de produits (nombre de diplômes délivrés).
Les indicateurs de résultats (« outcome ») se définissent par
rapport aux objectifs du programme. Deux sortes de résultats
peuvent être distingués : les résultats intermédiaires qui
concernent les changements directement imputables au
programme, et qui correspondent à ses objectifs spécifiques
(par exemple, le taux d’utilisation de la ceinture de sécurité, les
élèves formés, les associations suivies, les agriculteurs
conseillés), et les résultats finaux ou d’impacts qui concernent
les changements qui ne peuvent être entièrement attribuables à
un seul programme : par exemple, le taux de mortalité sur la
route, dont l’évolution dépend aussi d’autres programmes
(amélioration du réseau routier), ou encore la production
agricole, dont le niveau dépend de la situation climatique de
l’année, sans oublier celle des exportations, influencées par le
contexte économique global.
La combinaison des indicateurs de moyens et de produits permet
d’apprécier l’efficience dans la conduite des activités (est-ce que
des prestations de qualité sont fournies au moindre coût ?).
C’est une mesure de la « productivité » de l’activité
administrative, autrement dit du rapport entre les ressources
consommées (« input ») et l’activité réalisée (« ouput »). La
comparaison des indicateurs de résultats (« outcome ») aux
objectifs initiaux et aux résultats attendus permet d’apprécier
l’efficacité de l’activité administrative.
Les documents budgétaires relatifs à la performance n’ont
évidemment pas vocation à comporter l’ensemble des
indicateurs décrivant une politique ou un service public. Ils
95
doivent privilégier les résultats, c'est-à-dire ce qui intéresse le
public et non les moyens ou le processus pour les atteindre, qui
relèvent de la responsabilité des services de l’administration.
On privilégiera le suivi des indicateurs de produits (« output »)
et de résultats intermédiaires («outcome ») qui permettent plus
aisément d’identifier les mesures visant à améliorer la
performance, plutôt que le suivi d’indicateurs d’impact, dont
l’évolution dépend en partie de facteurs étrangers au
programme.
Cible de résultat C’est la valeur définie ex ante que doit atteindre un indicateur de
résultat, dans un délai déterminé (un à cinq ans), pour attester de
la réalisation d’un objectif que l’on s’est fixé.
Opérateur de l’Etat Entité externe aux services de l’Etat, de statut juridique public
ou privé, à laquelle est confiée la mission d’exécuter en totalité
ou pour une part significative la politique traduite
budgétairement dans un programme ou une action de
programme. A ce titre, l’opérateur participe à la réalisation des
objectifs du programme. Le périmètre des opérateurs de l’Etat
recouvre les organismes qui, indépendamment de leurs statuts,
remplissent de façon cumulative les critères suivants : (i) être
doté de la personnalité morale, (ii) exécuter une mission de
service public, (iii) part majoritaire (au moins 50%) de l’Etat
dans le capital ou le budget et (iv) être placé sous le contrôle de
l’Etat.
Autorisation d’engagement (AE) Elles sont le support nécessaire pour engager juridiquement une
dépense. Leur montant constitue la limite supérieure des
engagements autorisés dans l’année.
Crédits de paiement (CP) Ils constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être
payées pendant l’année pour la couverture des engagements
contractés dans le cadre des autorisations d’engagement.
Projet annuel de performances (PAP) Document établi par mission et annexé au projet de loi de
finances, il précise pour chaque programme (i) la présentation
96
des actions, des coûts associés, des objectifs poursuivis, des
indicateurs, des résultats obtenus et attendus pour les années à
venir , (ii) l’évaluation des dépenses fiscales, (iii) la justification
de l’évolution des crédits par rapport aux dépenses de l’année
antérieure et aux crédits de l’année en cours, (iv) l’échéancier
des crédits de paiement associés aux autorisations
d’engagements ; et par catégorie ou par type de contrat, la
répartition prévisionnelle des emplois rémunérés par l’Etat et la
justification des évolutions et (v) les crédits et emplois des
opérateurs contribuant au programme.
Rapport annuel de performances (RAP) Document établi par mission et annexé au projet de loi de
règlement, il permet aux parlementaires de comparer la
prévision et l’exécution budgétaire et l’engagement sur les
objectifs et les résultats constatés. Il est présenté selon une
structure identique à celle du PAP.
• M. Brahim Ould Rave, Chargé de mission au MF, Directeur National du Projet IPE,
97
• Sidi Mohamed Ould Bouraya, Conseiller du Ministre chargé de la cellule de la réforme
des finances publiques.
• M. Cheikh Ould Sid ‘Ahmed, Conseiller Technique du MF, chargé de la réforme des
Finances Publiques,
98