ISEMath 2000
ISEMath 2000
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN
AVRIL 2000
DUREE : 4 HEURES
SUJET n° 1
SUJET n° 2
«La nature, qui nous a donné qu’un seul organe pour la parole,
nous en a donné deux pour l’ouïe afin de nous apprendre qu’il faut plus
écouter que parler».
1
SUJET n° 3
2
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN
AVRIL 2000
OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 4 HEURES
I Etudes de suites
1
❸ Montrer que pour tout entier naturel p donné, λ n admet, lorsque n tend vers l’infini,
le développement :
π3 1 π 2 p +1 1 1
λn = π − + K + (− 1) p
+ ο pn
3! 4 n
(2 p + 1)! 4 pn
4
❺ Montrer qu’il existe un réel α que l’on déterminera tel que la suite
(λ(n2 ) )n≥1 définie par
+ (1 − α )λ(n1+)1 vérifie
(1)
λ(n2 ) = αλ n
1
λ(n2 ) − π = ο n lorsque n tend vers l’infini.
16
II Polynômes de Bernoulli
❶ Soit f une fonction définie continue sur [0,1] , à valeurs réelles. Montrer que les
conditions ci-dessus définissent une unique fonction F continûment dérivable sur
[0,1] :
1
F ' = f , ò F (t )dt = 0
0
x
et exprimer F à l’aide de G ( x) = ò f (t )dt
0
2
❸ Montrer, pour tout n entier naturel supérieur ou égal à 2, l’égalité Bn (0) = Bn (1) .
Montrer que la suite (C n )n≥0 vérifie les conditions du ❷ définissant la suite (Bn )n≥0 et
en déduire que (C n )n≥0 = (Bn )n≥0 .
Qu’en déduit-on pour les graphes de Bn et pour les valeurs, lorsque n est impair
1
n ≥ 3 , de Bn (0) , Bn ( ) et Bn (1) ?
2
1
❺ Montrer que les polynômes B2 m+1 ne s’annulent pas sur l’intervalle 0, (On
2
pourra procéder par récurrence sur m et utiliser le théorème de Rolle).
En déduire que les polynômes B2 m ( x) − B2 m (0) sont de signes constants sur [0,1] .
❷ Montrer que pour tout entier n ≥ 1 , la fonction ϕ n définie sur ]0,1[ par
B (t ) − Bn (0)
∀t ∈ ]0,1[, ϕ n (t ) = n
sin (πt )
est prolongeable par continuité à [0,1] et que le prolongement est continûment
dérivable.
3
❺ En utilisant la formule établit au III❶, trouver, pour N entier naturel, une expression
de
1
❷ Montrer, en utilisant II ❺, que pour tout m entier naturel, il existe c réel dans [0,1]
tel que :
1
( 2 m +1) (2 m + 2 )
òf
0
(t ) B(2 m +1) (t )dt = f (c) B(2 m+ 2 ) (0)
1 f (0) + f (1) n −1 k 1
❸ Notons T ( f ) = + å f et h = .
n 2 k =1 n n
Expliciter la formule obtenue a la question IV ❶ lorsque m=2 pour les fonctions
f i (t ) = f (ih + ht ) pour i ∈ {0,1,K, n − 1}. En déduire l’existence des réels a1 , a 2 et
d’une fonction r tels que :
1
ò f (t )dt = T ( f ) + a h + a 2 h 4 − r ( h)
2
1
0
h6
avec r (h) ≤ f (6 ) .
16π 6
4
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN
AVRIL 2000
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE n° 1
1 0 0 0
a 1 0 0
A=
b c 2 0
b c d 2
EXERCICE n° 2
1
❹ Si P et Q sont les polynômes caractéristiques respectivement de f
et f 2 . Comparer, pour u nombre complexe, Q( u2 ) et ( P (u)) .
2
EXERCICE n° 3
a b c
Soit Ω = c a b , où a, b, c sont des nombres réels.
b c a
4
❷ Préciser la nature de la rotation si k = sin2 ϕ , où 0 ≤ ϕ ≤ 2 π
27
EXERCICE n° 4
−1 1 1
Soit M = 1 − 1 1
1 1 − 1
xn
❸ Calculer M n et résoudre le système U n +1 = MU n , où U n = y n avec
zn
1
la condition initiale U 0 = − 1
1
2
EXERCICE n° 5
1 + λ 1 + λ + λ2 λ2
Aλ = λ 2 λ − λ2 λ2
1 1− λ λ2 + λ
PROBLEME
1 2 3
2 4 5
A=
3 5 10
4 7 12
3
- Montrer qu’il existe un opérateur linéaire unique A+ de E4 dans E3 tel que
~ −1 y ∈ Im A
+
A y si
A y=
0 si y ∈ (Im A) ⊥
où (Im A) ⊥ = {z ∈ E 4 / < y , z > 4 = 0, ∀y ∈ Im A}
- On désignera par A' aussi bien l’opérateur linéaire transposé de l’opérateur A que
sa matrice associée relativement aux bases canoniques de R 4 et R 3 , montrer que la
différentielle de la fonction f en un point quelconque x de E3 est l’application linéaire
de E3 dans R définie par : h = 2 < A' Ax − Ab'
, h >3
- Que conclure ?
4
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN
AVRIL 2000
OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 2 HEURES
EXERCICE n° 1
∞ π
b) Montrer que f est indéfiniment dérivable en π / 2 . Soit T ( x) = åk =0 c k ( x − ) k la
2
série de Taylor de f en π / 2 . Calculer ses coefficients c0 , c1 , K . Déterminer le
rayon de convergence de la série T ( x ) . Déterminer le plus grand intervalle I de
IR contenant π / 2 , tel que T ( x ) converge en chaque point x de I vers f(x).
a ∞
c) Soit F ( x) = 0 + åk =1 (a k coskx + bk sinkx) la série de Fourier de f . Calculer ses
2
K
coefficients a 0 , a1 , K et b1 , b2 , .
π a
d) Soient T4 ( x) = åk = 0 c k ( x − ) k et F4 ( x) = 0 + åk =1 (a k coskx + bk sinkx) les
4 4
2 2
séries tronquées à l’ordre 4. Calculer T4 (π / 4) et F4 (π / 4) . Quelle valeur est plus
proche de f (π / 4) ?
1
EXERCICE n° 2
q
ξ − xn ≤ x n − x n −1 .
1− q
2
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN
AVRIL 2000
OPTION MATHEMATIQUES
CONTRACTION DE TEXTE
DUREE : 2 HEURES
✱✱✱
1
Une fructueuse renégociation des dettes
2
Ainsi, toute banque désirant se débarrasser d'au moins une partie de ses
engagements sur des pays en difficulté pourrait trouver un acquéreur; de la sorte,
pensent les auteurs de ces " plans " les banques, assurées de trouver une possibilité
de négociation ou d'escompte de ces créances qui brûlent aujourd'hui les doigts,
pourraient continuer de prêter au tiers-monde, soit pour refinancer ses dettes
extérieures, soit pour en contracter de nouvelles. Ainsi serait apportée une
contribution " fondamentale " à la reprise du commerce international qui souffre
aujourd'hui non seulement de la dépression des économies occidentales, mais de la
réduction drastique des importations du tiers-monde du fait des difficultés financières
que connaissent la plupart des gros consommateurs de produits et d'équipements
occidentaux.
3
milliards de dollars et où le déficit annuel du budget fédéral américain pèse
lourdement sur les taux d'intérêt. Même sur le plan de l’endettement, il n’est pas
inutile de rappeler que les pays de l’O.C.D.E. et leurs sociétés transnationales ont
emprunté au cours des années 1980-1982 l'équivalent de 306.6 milliards de dollars,
soit exactement le double de l'endettement des pays du tiers-monde au cours de
ces mêmes années (153.7 milliards de dollars)4.
Ainsi, pour les dettes en dollars renégociées au cours des derniers mois, la
moyenne des marges appliquées au-dessus d'un taux d'intérêt sur les dépôts en
eurodollars à six mois (Libor) est de 2 % alors que, entre 1977 et 1982, du fait d'une
concurrence accrue entre les grandes banques internationales disposant de surplus
considérables de liquidités, cette marge était tombée pour la plupart des
emprunteurs du tiers-monde à un niveau compris entre 0.5 % et 1 %. Une demande
de moratoire avec renégociation de dettes est donc aujourd'hui une opération qui
augmente considérablement les profits des banques créancières; probablement si
bien que l'on en vient à oublier que les termes de ces rééchelonnements de dettes
sont tellement défavorables aux pays débiteurs qu'ils risquent de se trouver à
nouveau, aux premières échéances des emprunts renégociés, en état de cessation
de paiement.
4
liquidités, redevient, par le jeu de la renégociation, extrêmement profitable pour les
créditeurs. De plus, la tutelle du F.M.I. et des grandes banques occidentales sur la
gestion des économies internes des pays du tiers-monde devient de plus en plus
effective. Cela, on l'a déjà souligné, ne va pas sans aviver des tensions et créer de
nouvelles contradictions dans l'économie mondiale. Ayant atteint l'ampleur que l'on
sait (700 milliards de dollars) et se transformant progressivement en dette
perpétuelle à l'instar des dettes étatiques internes, la dette extérieure du tiers-monde
devient un élément central des rapports Nord-Sud, au profit exclusif des pays du
Nord.
Au siècle passé déjà, les dettes des pays de l'Amérique Latine, de l'Empire
Ottoman, de la Tunisie et de l'Egypte à l'égard de la France et de la Grande-
Bretagne avaient fourni le prétexte à l'interventionnisme néocolonial dans les deux
premiers cas et directement colonial dans les deux autres. Il est probable qu'au
vingtième siècle on n'assistera pas à de nouvelles occupations militaires aux fins de
sauvegarde d'intérêts financiers, mais bien plutôt à une banalisation de
rééchelonnements de dettes dans des conditions de plus en plus désavantageuses,
faute de solutions de rechange, pour les pays débiteurs. En effet, la dépendance
multiforme du tiers-monde à l'égard des pays industrialisés, notamment sur les plans
alimentaires et technologique, condamne les pays en voie de développement à
maintenir des économies ouvertes à l'échange intensif avec le monde industrialisé.
crédit à court terme accordées à la Banco do Brazil sur le marché monétaire international au
même qu'avant l'état de cessation de paiement.
6
" Au fond, il n'existe pas de problème de la dette des pays en développement en général…
Les traits principaux des tensions économiques et financières présentes sont en principe
réversibles " (extraits de l'étude de l'O.C.D.E. intitulée Endettement extérieur des pays en
développement, Paris, 1982.)
5
fonctionnement grinçant de l'économie internationale. Il s'accompagne actuellement
d'un phénomène parallèle de surendettement des Etats industrialisés eux-mêmes,
localement et internationalement. Seules des réformes financières en profondeur,
répondant à des ajustements structurels économiques et sociaux concernés, au
Nord comme au Sud, peuvent efficacement porter remède aux dangers que fait
courir à l'économie mondiale la situation financière actuelle, non seulement du tiers-
monde mais même de certains Etats industrialisés.
Pour ce qui est de la dette des pays en voie de développement, en tout cas,
aucune des renégociations accompagnées des programmes de déflation du F.M.I.
ne résoudra le problème à long terme. Au contraire, le risque d'aggravation est
grand, car les termes de rééchelonnements de dettes ne feront qu'aggraver le poids
de leur charge. La seule solution saine et économiquement orthodoxe serait un
étalement de ces dettes sur vingt-cinq à trente ans à des taux d'intérêt ne
comportant pas les surcharges actuelles par rapport aux taux interbancaires des
marchés monétaires. Ce n'est qu'ainsi que la balance des paiements des pays du
tiers-monde actuellement surendettés pourrait reprendre un profil normal, et qu'en
conséquence les tensions financières internationales présentes pourraient être
résorbées.
Georges Corm,
Le Monde diplomatique, sept. 83.