Code de Procédure Civile
Code de Procédure Civile
CODE DE
PROCÉDURE CIVILE
DE LA REPUBLIQUE
DE DJIBOUTI
1
Code de Procédure Civile
PLAN GÉNÉRAL
LIVRE PREMIER
ORGANISATION JURIDICTIONNELLE
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
(art. L.110-1 à L.110-3)
TITRE I. Les juridictions du fond
(art. L.111-1 à L.122-18)
Chapitre 1. Les tribunaux de première instance
(art. L.111-1 à L.117-6)
Section 1. Organisation générale du Tribunal de Première Instance
(art. L.111-1 à art. L.111-21)
Section 2. Compétence et organisation de la Chambre Civile du Tribunal de Première
Instance
(art. L.112-1 à L.112-8)
Section 3. La Chambre Commerciale du Tribunal de Première Instance
(art. L.113-1 à L.113-6)
Section 4. La Chambre Correctionnelle ou de simple police et le juge des enfants
(art. L.114-1 à L.114-10)
Section 5. La Chambre Sociale du Tribunal de Première Instance ou Tribunal de travail
(art. L.115-1 à L.115-17)
Section 6. Le Tribunal de Statut Personnel de première instance
(art. L.116-1 à L.116-18)
Section 7. Le Tribunal Administratif de première instance
(art. L.117-1 à L.117-31)
Chapitre 2. La Cour d’Appel
(art. L.121-1 à L.122-18)
Section 1. Organisation générale de la Cour d’Appel
(art. L.121-1 à L.121-26)
Section 2. Compétence
(art. L.122-1 à L.122-18)
TITRE II. La Cour Suprême
(art. L.131-1 à L.132-18)
Chapitre 1. Organisation
(art. L.131-1 à L.131-23)
Chapitre 2. Compétence
(art. L.132-1 à L.132-18)
TITRE III. Le Ministère Public
(art. L. 141-1 à L.142-11)
Chapitre 1. Organisation
2
Code de Procédure Civile
LIVRE DEUXIÈME
Principes fondamentaux de procédure
Article L.211-1 à article L.247-2
TITRE I. Le droit à une procédure équitable
(art. L.211-1 à L.222-21)
Chapitre 1. L’accès à la justice
(art. L.211-1 à L.213-2)
Section 1. Droit d’accès au juge
(art. L.211-1 à L.211-5)
Section 2. Droit à une justice de qualité
(art. L.212-1 à L.212-28)
§ 1. L’impartialité et l’indépendance de la justice (art. L.212-1 à L.212-15)
§ 2. Les délais de procédure et de jugement (art. L.212-16 à L.212-20)
§ 3. La publicité et la police des audiences (art. L.212-21 à L.212-26)
§ 4. L’exigence de motivation et la publicité des jugements (art. L.212-27 et L.212-28)
Section 3. Responsabilité de l’Etat du fait du fonctionnement défectueux du service
public de la justice
(art. L.213-1 et L.213-2)
Chapitre 2. Le droit à l’exécution
(art. L.221-1 à L.222-21)
Section 1. Règles générales sur l’exécution forcée des jugements et actes
(art. L.221-1 à L.221-7)
Section 2. Conditions de l’exécution forcée
(art. L.222-1 à L.222-21)
§ 1. Le créancier et le titre exécutoire (art. L.222-1 à L.222-7)
§ 2. L’exercice d’une mesure d’exécution (art. L.222-8 à L.222-14)
§ 3. Les immunités d’exécution (art. L.222-15 à L.222-17)
§ 4. La prévention des difficultés d’exécution : l’astreinte judiciaire (art. L.222-18
à L.222-21)
3
Code de Procédure Civile
LIVRE TROISIÈME
Règles communes à toutes les juridictions
Article L.311-1 à article L.399-5
TITRE I. La compétence
(art. L.311-1 à L.313-12)
Chapitre 1. Dispositions communes
(art. L.311-2 à L.312-5)
Section 1. La compétence d’attribution (art. L.311-2 à L.311-11)
Section 2. La détermination du taux du ressort (art. L.312-1 à L.312-5)
Chapitre 2. La compétence territoriale
(art. L.313-1 à L.313-12)
TITRE II. Les demandes et les moyens de défense
(art. L.321-1 à L.329-5)
SOUS-TITRE I. Les demandes
(art. L.321-1 à L.322-19)
Chapitre 1. La demande initiale
(art. L.321-1 à L.321-9)
Chapitre 2. Les demandes incidentes
(art. L.322-1 à L.322-19)
Section unique. Les demandes en intervention
(art. L.322-10)
Sous-section 1. L’intervention volontaire
4
Code de Procédure Civile
5
Code de Procédure Civile
6
Code de Procédure Civile
7
Code de Procédure Civile
8
Code de Procédure Civile
9
Code de Procédure Civile
LIVRE PREMIER
Procédure devant le Tribunal de Première Instance
Article L.410-1 à article L.415-1
TITRE I. La procédure devant la Chambre civile et la Chambre commerciale
(art. L.411-1 à L.411-8)
Chapitre 1. L’assignation à jour fixe
(art. L.411-1 à L.411-6)
Chapitre 2. La requête conjointe
(art. L.411-7 et L.411-8)
TITRE II. La procédure gracieuse
(art. L.412-1 à L.412-7)
Chapitre 1. Saisine du juge en matière gracieuse
(art. L.412-1 à L.412-3)
Chapitre 2. Procédure en matière gracieuse
(art. L.412-4 à L.412-7)
TITRE III. La procédure devant la Chambre sociale
(art. L.413-1 à L.413-11)
Chapitre 1. La recevabilité des demandes
(art. L.413-2 et L.413-3)
Chapitre 2. Les débats
(art. L.413-4 à L.413-8)
Chapitre 3. L’exécution des jugements
(art. L.413-9 à L.413-11)
TITRE IV. La procédure devant le Tribunal de Statut Personnel
(art. L.414-1 à L.414-7)
TITRE V. La procédure devant le Tribunal Administratif de première instance
(art. L.415-1)
LIVRE DEUXIÈME
Les voies ordinaires de recours
Article L.421-1 à article L.426-11
TITRE I. De l’opposition
(art. L.421-1 à L.421-12)
TITRE II. De l’appel
(art. L. 422-1 à L.426-11)
Chapitre 1. Dispositions générales
(art. L. 422-1 à L. 422-4)
Chapitre 2. Jugements susceptibles d’appel
(art. L.423-1 à L.423-3)
Chapitre 3. Parties à l’appel
(art. L.424-1 à L.424-10)
10
Code de Procédure Civile
LIVRE TROISIÈME
Les voies extraordinaires de recours
Article L.430-1 à L.430-3 et jusqu’à article L.433-11
TITRE I. Le pourvoi en cassation
(art. L.431-1 à L.431-20)
Chapitre 1. De la procédure ordinaire
(art. L.431-2 à L.431-17)
Section 1. Les formes du pourvoi
(art. L.431-3 à L.431-6)
Section 2. L’instruction des recours et des audiences
(art. L.431-7 à L.431-12)
Section 3. Les arrêts rendus par la Cour Suprême
(art. L.431-13 à L.431-17)
Chapitre 2. La procédure d’urgence
(art. L.431-18)
Chapitre 3. Le pourvoi dans l’intérêt de la loi
(art. L.431-19)
Chapitre 4. L’amicus curiae
(art. L.431-20)
TITRE II. La tierce opposition
(art. L.432-1 à L.432-11)
TITRE III. Le recours en révision
(art. L.433-1 à L.433-12)
11
Code de Procédure Civile
TROISIÈME PARTIE
DES MESURES CONSERVATOIRES ET DES MESURES D’EXÉCUTION
Article L.511-1 à article L.584-5
TITRE I. Dispositions communes
(art. L.511-1 à L.511-32)
Chapitre 1. Dispositions générales
(art. L.511-1 et L.511-2)
Chapitre 2. Les opérations d’exécution
(art. L.511-3 à L.511-32)
Section 1. Les opérations d’exécution dans des locaux d’habitation
(art. L.511-10 et L.511-11)
Section 2. Les saisies notifiées aux comptables publics
(art. L.511-12 et L.511-15)
Section 3. La recherche des informations
(art. L.511-16 et L.511-17)
Section 4. Le concours de la force publique
(art. L.511-18 et L.511-19)
Section 5. La protection de certaines personnes
(art. L.511-20 à L.511-30)
Section 6. Dispositions propres à certains biens
(art. L.511-31 et L.511-32)
TITRE II. Des mesures conservatoires
(art. L.521-1 à L.528-2)
Chapitre 1. Dispositions communes
(art. L.521-1 à L.521-19)
Chapitre 2. La saisie conservatoire des biens meubles se trouvant entre les mains du
débiteur
(art. L.522-1 à L.522-9)
Chapitre 3. La saisie-arrêt conservatoire des biens meubles se trouvant entre les mains d’un
tiers
(art. L.523-1 à L.523-15)
Section 1. Dispositions générales
(art. L.523-1 à L.523-7)
Section 2. La saisie-arrêt conservatoire de créance
(art. L.523-8 et L.523-9)
Section 3. La saisie-arrêt conservatoire de droits d’associé et valeurs mobilières
(art. L.523-10 à L.523-12)
Section 4. La saisie-arrêt conservatoire des biens placés dans un coffre-fort
(art. L.523-13 à L.523-15)
Chapitre 4. Le nantissement conservatoire de fonds de commerce, droits d’associé et valeurs
mobilières
(art. L.524-1 à L.524-10)
Chapitre 5. L’hypothèque conservatoire
(art. L.525-1 à L.525-8)
Chapitre 6. La saisie-arrêt conservatoire des rémunérations du travail
(art. L.526-1 à L.526-10)
12
Code de Procédure Civile
13
Code de Procédure Civile
QUATRIÈME PARTIE
PROCÉDURES DIVERSES
Article L.610-1 à article L.640-3
TITRE I. Les personnes
(art. L.610-1 à L.615-48)
Chapitre 1. La nationalité et les actes de l’état civil
(art. L.573-1 à L.611-11)
Section 1. La nationalité
(art. L.611-1 à L.611-5)
Section 2. Le répertoire civil
(art. L.611-6 à L.611-10)
Section 3. La rectification des actes de l’état civil
(art. L.611-11)
Chapitre 2. Les absents
(art. L.612-1 à L.612-4)
Chapitre 3. La protection juridique des mineurs et des majeurs
(art. L.612-1 à L.613-47)
Section 1. Dispositions générales
(art. L.613-1 à L.613-2)
Section 2. Procédure relative aux mesures judiciaires
(art. L.613-1 à L.613-40)
Sous-section 1. Dispositions applicables à la procédure en première instance
(art. L.613-3 à L.613-18)
Sous-section 2. L’appel (art. L.613-19 à L.613-25)
Sous-section 3. La sauvegarde de justice (art. L.613-26 à L.613-30)
Sous-section 4. La curatelle et la tutelle (art. L.613-31 à L.613-35)
Sous-section 5. Les demandes aux fins de désignation d’une personne habilitée
(art. L.613-36 à L.613-40)
Section 3. Le conseil de famille
(art. L.613-41 à L.613-2)
§ 1. Dispositions communes aux mineurs et aux majeurs (art. L.613-41 à L.613-46)
§ 2. Dispositions spécifiques aux mineurs (art. L.613-47)
14
Code de Procédure Civile
15
Code de Procédure Civile
16
Code de Procédure Civile
CINQUIÈME PARTIE
L’ARBITRAGE
Article L.710-1 à article L.733-13
TITRE I. Dispositions communes
(art. L.710-1 à L.710-5)
TITRE II. L’arbitrage interne
(art. L.721-1 à L.726-13)
Chapitre 1. La convention d’arbitrage
(L.721-1 à L.721-7)
Chapitre 2. Le tribunal arbitral
(art. L.722-1 à L.722-12)
Chapitre 3. L’instance arbitrale
(art. L.723-1 à L.723-16)
Chapitre 4. La sentence arbitrale
(art. L.724-1 à L.724-9)
Chapitre 5. L’exequatur
(art. L.725-1 à L.725-5)
Chapitre 6. Les voies de recours contre la sentence arbitrale
(art. L.726-1 à L.726-13)
Section 1. Les voies ordinaires et extraordinaires de recours
(art. L.726-1 à L.726-5)
Section 2. Le recours en annulation
(art. L.726-6 à L.726-13)
TITRE III. L’arbitrage international
(art. L.730-1 à L.730-3 et L.731-1 à L.733-13)
Chapitre 1. La convention d’arbitrage international
(art. L.731-1 et L.731-2)
Chapitre 2. L’instance et la sentence arbitrales
(art. L.732-1 à L.732-5)
17
Code de Procédure Civile
Dispositions finales
(art. L.800-1 à L.800-4)
18
Code de Procédure Civile
PREMIÈRE PARTIE
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
LIVRE PREMIER
ORGANISATION JURIDICTIONNELLE
DISPOSITIONS PRÉLIMINAIRES
Article L.110-2 : La justice est rendue dans la République de Djibouti par un seul
ordre de juridictions qui comprend :
1. Le Tribunal de Première Instance ;
2. Le Tribunal de Statut Personnel ;
3. Le Tribunal Administratif ;
4. La Cour d’Appel ;
5. La Cour Suprême ;
6. La Cour Criminelle.
Article L.110-3 : Sauf disposition particulière, les juges statuent en nombre impair.
L’État garantit l’accès des juges et des justiciables aux lois, décrets et arrêtés par
leur publication au Journal Officiel sous forme informatique et sur support papier.
Une ampliation des nouveaux textes est adressée aux Présidents des Juridictions.
19
Code de Procédure Civile
Le renvoi à une formation collégiale fait l’objet d’une mention au dossier. Avis en est
donné aux avocats constitués ou aux parties, si elles n’ont pas d’avocats.
Cette décision est une mesure d’administration judiciaire. A ce titre, elle n’est pas
susceptible de recours.
20
Code de Procédure Civile
Elle est réunie au moins une fois par an, au cours du mois de novembre ou
décembre, par le Président du Tribunal de Première Instance. Elle peut aussi, en
dehors de cette période, être convoquée par lui ou à la demande de la majorité de
ses membres.
L’Assemblée Générale délibère et statue s’il y a lieu sur toutes les questions dont la
connaissance lui est attribuée par la loi.
Le Président convoque l’Assemblée Générale dans les cas fixés par la loi.
21
Code de Procédure Civile
22
Code de Procédure Civile
Seuls les membres bénéficient d’un congé régulier ou assurant le service d’une
audience ou d’une permanence peuvent être excusés et se faire représenter par un
mandataire membre de l’Assemblée Générale.
Pour être valable, la procuration doit émaner d’un magistrat dont l’excuse relève de
l’un des cas prévus à l’alinéa premier ci-dessus. Elle doit en outre être donnée par
écrit et remise au Président avant la tenue de l’Assemblée Générale.
Si ce quorum n’est pas atteint, l’assemblée est à nouveau convoquée sur le même
ordre du jour à la date fixée par le Président du Tribunal de Première Instance.
Elle peut alors valablement délibérer si un tiers au moins de ses membres est
présent ou représenté.
23
Code de Procédure Civile
Article L.111-11 : Les audiences de vacation sont des audiences ordinaires, tenues
pendant les vacances judiciaires.
Les audiences de vacation se tiennent au moins tous les quinze jours pour
l’expédition des affaires urgentes.
Le calendrier des audiences de vacation est rendu public par affichage à la porte du
Tribunal de Première Instance et par tout autre moyen approprié.
Le calendrier des audiences foraines est rendu public par affichage à la porte des
mairies ou Conseils régionaux concernés et par tout autre moyen approprié.
Les procédures pénales concernant les contraventions et les délits pourront être
transférées, si le délit ou la contravention est commis ou réputé commis sur le
territoire de la commune ou de la région concernée, selon les définitions données par
les articles 10 à 14 du Code Pénal, ou encore lorsque la victime y réside.
24
Code de Procédure Civile
Article L.111-13 : Dans tous les cas d’audience foraine, il n’y aura pas lieu à
renouvellement des actes, formalités et jugements intervenus antérieurement à la
date de l’audience foraine mais une nouvelle convocation, citation ou assignation
devra être délivrée, selon les cas, aux parties et aux éventuels témoins.
Dans le cas où plusieurs juges sont affectés à une Chambre du Tribunal de Première
Instance, les nouvelles affaires sont réparties entre les juges ayant les mêmes
attributions de manière aléatoire, au moyen d’un système de gestion électronique
des affaires.
Article L.111-16 : Une copie des ordonnances prises en vertu des articles L.111-14
et L.111-15 ci-dessus est transmise au Premier Président de la Cour d’Appel qui peut
adresser au Président du Tribunal de Première Instance toute instruction utile.
25
Code de Procédure Civile
Article L.111-19 : Il est tenu une liste de rang des juges du siège au sein du Tribunal
de Première Instance.
Les juges sont inscrits sur cette liste dans l’ordre suivant :
1° Le Président ;
2° Le Vice-Président ;
3° Les Présidents du Tribunal de Statut Personnel et du Tribunal Administratif ;
4° Les Présidents de Chambre ;
5° Les Juges, selon leur grade et, quand ils sont à égalité de grade, dans l’ordre de
la date de leur nomination au tribunal.
Ce projet est adressé aux Chefs de la Cour d’Appel, puis transmis par eux au
Ministre de la Justice, accompagné de leur avis.
26
Code de Procédure Civile
Ils en rendent compte annuellement aux chefs de Cour par un rapport écrit faisant
apparaître la nature et l’importance des dépenses engagées.
Tout justiciable peut consulter ce rapport sur simple demande écrite adressée au
Ministre de la Justice.
Article L.112-2 : Elle dispose d’une compétence exclusive pour tout litige civil
concernant :
- la propriété immobilière comprenant tout le Code Foncier, la Copropriété, le
Domaine Privé de l’Etat et l’expropriation ;
- la propriété industrielle et commerciale et la propriété intellectuelle ;
- le contentieux des droits d’enregistrements et du timbre et le contentieux des
douanes ;
- les contentieux familiaux relevant du Code civil ;
- le contentieux de l’Etat civil et de la nationalité ;
- les procédures d’exécution civiles et les mesures conservatoires ;
- le contentieux relatif au statut des Avocats, des Notaires, des Huissiers de
Justice, des Experts Judicaires, des Commissaires aux Comptes et Experts
Comptables y compris l’organisation, les élections et la discipline ;
- le droit des sociétés civiles, coopératives et associations ;
- toutes activités libérales ;
- les atteintes aux libertés et les voies de fait ;
- les actions en responsabilité tendant à la réparation des dommages de toute
nature causés par des véhicules, même s’ils mettent en cause l’Etat ou une
27
Code de Procédure Civile
entité publique. L’action civile sera dirigée contre la personne morale de droit
public dont la responsabilité civile est, à l’égard des tiers, substituée à celle de
l’agent, auteur des dommages, causés dans l’exercice de ses fonctions.
Ces décisions ne sont pas susceptibles d’appel, lors même que des demandes
reconventionnelles ou en compensation excéderaient ces limites.
Article L.112-5 : La Chambre Civile est compétente pour interpréter les actes
administratifs mais non pour en apprécier la légalité : si elle est saisie de conclusions
des parties ou de réquisitions du Procureur de la République tendant à soulever
l’exception d’illégalité d’un acte administratif, elle doit, après communication au
Ministère Public et aux parties et si elle estime que la solution du procès dépend du
règlement de cette exception, surseoir à statuer et transmettre le dossier sans délai
au Tribunal Administratif.
Elle fixe la date de renvoi qui doit ne pas être éloigné de plus de deux mois et invite
les parties à déposer leurs mémoires devant le Tribunal Administratif dans un délai
qui ne peut excéder vingt et un jours.
Dans les affaires pour lesquelles le juge pense utile de tenter une conciliation, il
invite les parties et leurs avocats, s’ils en ont, à comparaître en audience publique,
sur simple avertissement sans frais, pour être conciliés devant lui si faire se peut.
Les débats ont toutefois lieu en Chambre du Conseil dans les matières gracieuses et
chaque fois qu’une disposition spéciale de la loi ou du règlement le prévoit.
28
Code de Procédure Civile
Le Président de la Juridiction saisie peut, en outre, décider que les débats auront lieu
ou se poursuivront en Chambre de Conseil s’il doit résulter de leur publicité une
atteinte à l’intimité de la vie privée ou aux bonnes mœurs, ou si toutes les parties le
demandent, ou s’il survient des désordres de nature à troubler la sérénité de la
justice.
En Chambre du Conseil, il est procédé dans les formes ordinaires, mais hors la
présence du public.
S’il apparaît, ou s’il est prétendu, soit que les débats doivent avoir lieu en Chambre
de Conseil, alors qu’ils se déroulent en audience publique, soit l’inverse, le président
de la juridiction saisie se prononce sur le champ et il est passé outre à l’incident.
Si l’audience est poursuivie sous sa forme régulière, aucune nullité fondée sur son
déroulement antérieur ne pourra être ultérieurement prononcée, même d’office.
29
Code de Procédure Civile
Article L.113-4 : La Chambre Commerciale est compétente pour interpréter les actes
administratifs mais non pour en apprécier la légalité : si elle est saisie de conclusions
des parties ou de réquisitions du Procureur de la République tendant à soulever
l’exception d’illégalité d’un acte administratif, elle doit, après communication au
Ministère Public et aux parties et si elle estime que la solution du procès dépend du
règlement de cette exception, surseoir à statuer et transmettre le dossier sans délai
au Tribunal Administratif de Première Instance. Elle fixe la date de renvoi qui doit ne
pas être éloigné de plus de deux mois et invite les parties à déposer leurs mémoires
devant le Tribunal Administratif dans un délai qui ne peut excéder vingt et un jours.
À défaut de dépôt de ce mémoire par le demandeur à l’exception dans le délai fixé,
l’exception est rejetée.
Dans les affaires pour lesquelles le juge pense utile de tenter une conciliation, il
invite les parties et leurs avocats, s’ils en ont, à comparaître en audience publique,
sur simple avertissement sans frais, pour être conciliés devant lui si faire se peut.
Article L.113-7 : Toute décision rendue en matière commerciale peut faire l’objet
d’une publication sur le site Internet du ministère de la Justice.
30
Code de Procédure Civile
Il est indiqué aux parties présentes ou représentées qu’elles doivent, dans les vingt
et un jours, déposer au greffe de la Cour un mémoire développant et justifiant leur
incident.
Le juge saisi fixe la date de l’audience de renvoi qui doit intervenir dans les deux
mois.
Seul le dépôt d’une mémoire leur permet d’être présentes ou représentées devant la
Cour et de se pourvoir ultérieurement en cassation.
La Cour d’Appel statue par arrêt contradictoire au vu des pièces produites et des
conclusions écrites du Ministère Public qui peut avec les autres parties prendre la
parole à l’audience.
31
Code de Procédure Civile
Elle rend sa décision avant la date de l’audience de renvoi fixée par le juge saisi de
l’affaire conformément au dernier alinéa de l’article L.114-2.
La Cour Suprême statue dans les deux mois à compter de la date du pourvoi.
A défaut, si l’inculpé est en détention provisoire, il est mis d’office en liberté.
Article L.114-5 : Le procès pénal est repris devant le juge qui a été saisi de l’affaire
pénale à la date qu’il avait fixée.
Si toutefois, à cette date, il n’a pas été définitivement statué sur l’exception, le juge
ordonne un nouveau sursis à statuer et transmet sans délai le dossier à la Chambre
correctionnelle de la Cour d’Appel.
Le juge saisi prescrit, s’il l’estime nécessaire, de citer à nouveau les parties qui
étaient présentes ou représentées lors de la première audience.
Lorsqu’un agent ou préposé d’une personne morale de droit public est judiciairement
reconnu auteur de dommages causés dans l’exercice de ses fonctions, à l’égard des
victimes et de leurs assureurs, la responsabilité de la personne morale de droit public
est substituée à celle de son agent ou préposé.
Après avoir indemnisé les victimes et leurs assureurs, la personne morale de droit
public dispose d’une action récursoire contre l’auteur des faits dommageables.
Article L.114-8 : Le juge des enfants est compétent pour connaître des
contraventions et délits commis par les mineurs âgés de moins de 18 ans.
Il est également compétent pour ordonner toute mesure utile pour la protection du
mineur de moins de 18 ans.
Le juge des enfants qui a instruit un dossier ne peut, par la suite, siéger dans la
juridiction de jugement appelée à statuer, sauf lorsque les mesures envisagées ne
sont que d’assistance, de surveillance ou d’éducation.
32
Code de Procédure Civile
Article L.114-9 : Les audiences du juge des enfants se déroulent à huis clos. Sont
admis les témoins, les proches parents, les représentants légaux du mineur, les
représentants des associations œuvrant pour le bien-être de l’enfant et les avocats
ou représentants habilités des mineurs.
Article L.114-10 : Les règles concernant la procédure à suivre devant le juge des
enfants sont fixées par le Code de Procédure Pénale s’il n’en est pas autrement
disposé dans les présents articles L.114-8 à L.114-10.
Article L.115-3 : Conformément aux dispositions des articles 159 et 161 du Code du
Travail la saisine de la Chambre sociale du Tribunal de Première Instance est en
33
Code de Procédure Civile
Article L.115-4 : La Chambre sociale du Tribunal de Première Instance est saisie par
le dépôt au greffe social de la requête écrite du demandeur. La requête doit contenir
les nom, prénoms, profession et domicile du demandeur, et si le demandeur est une
personne morale : l’indication de sa forme, sa dénomination, son siège social et de
l’organe qui la représente légalement, ainsi qu’une une élection de domicile à
Djibouti si le demandeur ne réside pas à Djibouti ; elle doit aussi contenir les nom,
prénoms et domicile ou résidence du défendeur ou, s’il s’agit d’une personne morale,
de sa dénomination et de son siège social ou de son établissement principal à
Djibouti, l’énoncé sommaire de l’objet et des moyens et le montant de la demande.
Avant leur entrée en fonction, ils prêtent serment devant le Président de la Chambre
Sociale du Tribunal de Première Instance de remplir leurs devoirs avec dévouement
et intégrité et de garder le secret des délibérations.
Article L.115-6 : Les parties sont convoquées devant la Chambre sociale du Tribunal
de Première Instance par le greffier de la Chambre Sociale par voie administrative ou
par voie d’huissier.
34
Code de Procédure Civile
que le défendeur peut prendre au greffe l’exemplaire en copie des pièces que le
demandeur y a déposé conformément au dernier alinéa de l’article L.115-4.
Article L.115-7 : Les parties sont tenues de se rendre au jour et à l’heure fixée
devant la Chambre sociale du Tribunal de Première Instance. Elles peuvent se faire
assister ou représenter, soit par un parent ou allié jusqu’au 4e degré, soit par un
travailleur ou un employeur appartenant à la même branche d’activité, ou par une
personne exclusivement attachée à leur service personnel ou à leur entreprise, soit
par un avocat de leur choix.
Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire doit être porteur d’une
procuration spéciale écrite.
Elle ne peut être reprise qu’une seule fois à l’initiative du demandeur, s’il justifie d’un
cas de force majeure.
Si le défendeur ne comparaît pas et ne justifie pas d’un cas de force majeure, ou s’il
n’a pas présenté ses moyens, le tribunal statue sur le mérite de la demande.
Le délai d’opposition contre les jugements par défaut est de dix jours à compter de la
date de la signification.
35
Code de Procédure Civile
Ces décisions ne sont pas susceptibles d’appel, lors même que des demandes
reconventionnelles ou en compensation excéderaient ces limites.
36
Code de Procédure Civile
La preuve de l’urgence peut être rapportée par tous moyens et son existence est
soumise à l’appréciation souveraine du juge.
Article L.115-14 : Dans tous les cas d’urgence, le Président de Chambre Sociale du
Tribunal de Première Instance peut, dans la limite de la compétence de la Chambre
sociale, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune
contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
S’il apparaît au Président statuant en référé que la demande excède ses pouvoirs,
mais que cette demande présente une particulière urgence, il peut renvoyer l’affaire
devant la Chambre sociale du Tribunal de Première Instance statuant au principal.
Le délai d’appel de l’ordonnance de référé est de quinze jours. L’appel est formé,
instruit et jugé comme il est dit à l’article L.115-16.
37
Code de Procédure Civile
Il est également compétent pour les litiges concernant les mosquées, les biens wakfs
et la zakat.
Le Tribunal de Statut Personnel n’a de compétence qu’en droit charien, dans les
domaines prévus par le présent texte.
Si les nécessités du service l’exigent, le juge détaché peut décider de tenir des
audiences supplémentaires.
Le juge de Statut Personnel détaché exerce les attributions conférées par la loi au
Tribunal de Statut Personnel de Première Instance, selon les critères de compétence
fixés à l’article L.111-12 alinéa 8.
Il est assisté d’un greffier qui enregistre les requêtes, et reçoit les déclarations des
demandeurs dans les conditions fixées par l’article L.116-7.
38
Code de Procédure Civile
Ils sont nommés par décret du Président de la République sur proposition du Ministre
de la Justice et après avis du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Article L.116-7 : Le Tribunal de Statut Personnel est saisi, soit par requête écrite et
signée du demandeur ou de son mandataire au greffe du tribunal, soit par
déclaration du demandeur comparant en personne, dont procès-verbal est dressé
par le greffier. La déclaration du demandeur comparant en personne est signée par
lui ou, s’il ne sait pas signer, revêtue de son empreinte digitale.
Les pièces que le demandeur entend produire doivent être déposées au greffe en
annexe à la requête ou à la déclaration, en autant d’exemplaires qu’il y a de parties
en cause plus une pour le Tribunal.
39
Code de Procédure Civile
Article L.116-9 : Les parties sont tenues de se rendre au jour et à l’heure fixée
devant le Tribunal de Statut Personnel.
Elles peuvent se faire assister par un avocat inscrit au barreau ou par toute personne
de leur choix. Si le mandataire n’est pas avocat, il doit justifier d’une procuration
spéciale écrite.
Si le défendeur ne comparaît pas et ne justifie pas d’un cas de force majeure ou s’il
n’a pas présenté ses moyens, le Tribunal statue sur le mérite de la demande.
Si le juge est avisé par lettre par les parents, voisins ou amis d’une des parties que
celle-ci n’a pas été touchée par la convocation adressée à son domicile ou qu’elle se
trouve empêchée de comparaître en raison d’absence ou de maladie grave, ou si
l’une des parties justifie d’un cas de force majeure, il peut renvoyer l’affaire à une
autre audience et ordonner une nouvelle citation.
40
Code de Procédure Civile
Le jugement par défaut ou réputé contradictoire doit être signifié par voie d’huissier
de justice à la partie défaillante.
Article L.116-15 : Le délai d’opposition contre les jugements par défaut est de dix
jours à compter de la signification du jugement. L’opposition est faite selon les
formes prévues à l’article L.116-7.
Ces décisions ne sont pas susceptibles d’appel, lors même que des demandes
reconventionnelles ou en compensation excéderaient ces limites.
41
Code de Procédure Civile
Article L.117-5 : Outre les mentions habituelles des jugements, les jugements du
Tribunal Administratif doivent mentionner le nom du Commissaire du Gouvernement
et un énoncé succinct de ses conclusions.
Il connaît :
a. des recours en annulation pour excès de pouvoir dirigés contre les décisions
des autorités administratives nationale, régionales ou locales ;
b. des recours en interprétation et en appréciation de légalité de ces décisions,
sous réserve de ce qui prévu à l’article L.114-2 ;
c. du contentieux fiscal des impôts directs et sur le chiffre d’affaires,
conformément aux articles 377 à 384 du Code Général des Impôts et du
contentieux du timbre, conformément à l’article 526 du Code Général des
Impôts ;
d. du contentieux relatif à l’élection des Assemblées des Collectivités
Territoriales ;
42
Code de Procédure Civile
e. des litiges d’ordre administratif relevés à l’occasion d’un acte passé au nom du
Gouvernement ou de ceux nés de l’exécution d’un service public dépendant
du Gouvernement ou des collectivités publiques ;
f. des litiges en matière de marchés publics, contrats administratifs et de travaux
publics ;
g. des litiges entre un particulier ou un usager et un service public à caractère
administratif ou une entreprise publique tant qu’elle est détenue à 100% par
l’Etat ou une entité publique ;
h. des contentieux de la fonction publique pour les fonctionnaires ou agents de
droit public, des diverses administrations ou organismes publics ;
i. des litiges relatifs au domaine public de l’Etat et aux servitudes publiques ;
j. d’une manière générale de tout litige qui entre dans le contentieux
administratif.
La requête, pièces et mémoires sont inscrits à leur arrivée sur le registre d’ordre tenu
par le greffier du Tribunal Administratif, et sont marqués d’un timbre qui indique la
date d’arrivée.
Les requêtes doivent contenir l’exposé sommaire des faits et moyens et être
accompagnées de la copie de l’acte attaqué, dans les conditions de l’article L.117-
10.
43
Code de Procédure Civile
Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur une réclamation par l’autorité
compétente vaut décision de rejet. Les intéressés disposent, pour se pourvoir contre
cette décision implicite d’un délai de deux mois à compter du jour de l’expiration de la
période de quatre mois susmentionnée. Néanmoins lorsqu’une décision explicite de
rejet intervient dans ce délai de deux mois, elle fait courir un nouveau délai de
recours de deux mois.
Toutefois, l’intéressé n’est forclos qu’après un délai de deux mois à compter du jour
de la notification d’une décision expresse de rejet :
1° en matière de plein contentieux ;
2° dans le contentieux de l’excès de pouvoir si la mesure sollicitée ne peut être prise
que par décision ou sur avis des assemblées locales ou de tous autres organismes
collégiaux. La date du dépôt de la réclamation à l’Administration constatée par tous
les moyens, doit être établie à l’appui de la requête. Les dispositions du présent
article ne dérogent pas aux textes qui ont institué des délais spéciaux d’une autre
durée.
Le greffe avertit les parties qu’elles peuvent venir récupérer au greffe les pièces
déposées par les parties.
44
Code de Procédure Civile
Si la mise en demeure reste sans effet, ou si le dernier délai imparti n’est pas
observé, l’affaire est enrôlée à la première audience utile.
Article L.117-17 : Pour tout ce qui nécessite une expertise, les règles de procédure
applicables sont celles prescrites au présent code.
La demande en référé est présentée dans les formes prévues aux articles L.117-7
à L.117-10. Les défendeurs sont invités à comparaître par le greffier à bref délai
devant le Président ; la procédure est orale.
45
Code de Procédure Civile
Toutefois, en aucun cas, le Tribunal Administratif ne peut prescrire qu’il soit sursis à
l’exécution d’une décision intéressant l’ordre public.
Les conclusions à fin de sursis doivent être expresses et présentées par requête
séparée.
Dans tous les cas, il est statué sur la requête aux fins de sursis par jugement motivé.
Les effets de ladite décision sont suspendus à partir du jour où son auteur reçoit
cette notification.
Article L.117-20 : L’intervention est admise de la part de ceux qui ont intérêt au
règlement du litige pendant devant le Tribunal Administratif.
L’intervention est formée par requête distincte dans les mêmes conditions que la
requête introductive d’instance.
Néanmoins le jugement de l’affaire principale qui est instruite ne pourra être retardé
par une intervention postérieure à la clôture de l’instruction par le conseiller
rapporteur.
Article L.117-21 : La demande en reprise d’instance est formée par déclaration faite
au greffe du Tribunal Administratif. En cas de décès d’une partie, la demande en
reprise d’instance doit intervenir dans le mois au plus de la notification du décès.
Si au moment du décès, l’affaire était en état, la décision qui sera rendue est réputée
contradictoire.
Dans tout autre cas, la demande est introduite dans la forme de la requête
introductive d’instance.
46
Code de Procédure Civile
Article L.117-22 : Le rôle de chaque audience est arrêté par le Président du Tribunal
Administratif. Il est communiqué au Commissaire du Gouvernement. La date de
l’audience est notifiée aux parties ou à leurs mandataires, au moins cinq jours
à l’avance.
Article L.117-23 : Après le rapport fait sur chaque affaire à l’audience par le
conseiller rapporteur, le Commissaire du Gouvernement donne ses conclusions sur
toutes les affaires.
Les parties peuvent ensuite présenter, soit en personne, soit par leur représentant,
des observations orales à l’appui de leurs conclusions écrites.
47
Code de Procédure Civile
Article L.117-27 : Lorsqu’une demande est formée contre une ou plusieurs parties et
que l’une ou plusieurs d’entre elles n’ont pas présenté de mémoire en défense, le
Tribunal Administratif sursoit à statuer sur le fond et ordonne que les parties
défaillantes soient averties de ce sursis par notification faite conformément à l’article
L.117-14 et invitées de nouveau à produire leur défense dans un délai que le tribunal
fixe. Après ce délai, il est statué par une seule décision qui n’est susceptible
d’opposition de la part d’aucune des parties. Avis en sera donné aux parties
défaillantes dans l’avertissement prescrit au présent article.
Article L.117-28 : Les jugements rendus par défaut par le Tribunal Administratif
peuvent être attaqués par voie d’opposition dans le délai d’un mois à compter de la
signification qui en est faite aux parties.
L’acte de signification doit indiquer à la partie qu’après l’expiration du délai, elle sera
déchue du droit de former opposition.
Dans tous les cas, les frais engagés jusqu’au jugement sur l’opposition restent à la
charge de la partie défaillante.
L’opposition suspend l’exécution de la décision rendue par défaut, à moins qu’il n’en
ait été autrement ordonné par la décision.
Article L.117-29 : Toute personne peut former tierce opposition à un jugement qui
préjudicie à ses droits, dès lors que ni elle ni ceux qu’elle représente n’ont été
présents ou régulièrement appelés dans l’instance ayant abouti au jugement.
Il est procédé à l’instruction de la tierce opposition dans les formes prévues pour la
requête introductive d’instance.
Article L.117-30 : Le recours en interprétation peut être dirigé contre les jugements
du Tribunal Administratif qui sont passés en force de chose jugée.
Ce recours doit être introduit dans les mêmes formes que la requête introductive
d’instance.
48
Code de Procédure Civile
Ce recours doit être introduit dans les mêmes formes que celles dans lesquelles a
été introduite la requête initiale.
Article L.121-3 : Les arrêts de la Cour d’Appel sont, sauf dispositions spéciales,
rendus par chacune des chambres de la Cour composée de trois magistrats.
49
Code de Procédure Civile
Article L.121-5 : Dans les quinze jours qui précèdent le début de l’année judiciaire,
le Premier Président, après avis de l’Assemblée Générale des Magistrats de la Cour
d’Appel, fixe par ordonnance pour l’année judiciaire suivante, la répartition des
conseillers dans les chambres et services de la Cour et désigne, conformément aux
dispositions de l’article L.121-3, ceux qui sont appelés à présider les chambres où ils
sont affectés.
Le Premier Président dans les mêmes conditions et après avoir recueilli l’avis du
Procureur Général fixe :
1° le nombre et le jour des audiences ordinaires, foraines ou de vacations ;
2° les astreintes de services (horaires de travail et de présence, permanences des
magistrats, etc.) qu’il juge nécessaires au bon fonctionnement de la Cour d’Appel ;
3° les mesures de tous ordres utiles au fonctionnement, à la continuité et
à l’amélioration du service et notamment les délais dans lesquels doivent être rendus
les délibérés.
Dans le cas où plusieurs jours d’audiences d’une même Chambre de la Cour d'Appel
sont prévus par l’ordonnance prise par le Premier Président conformément à l’article
L.121-5, les affaires nouvelles sont réparties entre ces audiences de manière
aléatoire au moyen d’un système de gestion électronique des affaires.
S’il y a urgence, le Premier Président rend son ordonnance après avoir seulement
sollicité l’avis du Procureur Général.
En cas de besoin, le Président peut faire appel à des juges du Tribunal de Première
Instance n’ayant pas connu de l’affaire soumise à la Cour ou à un avocat inscrit au
barreau de Djibouti, non intéressé à l’affaire.
50
Code de Procédure Civile
Si l’intérim de ses fonctions est supérieur à un mois, le Premier Président est suppléé
par un juge nommé temporairement à cette fonction par décret du Président de la
République sur proposition du Ministre de la Justice, après avis du Conseil Supérieur
de la Magistrature.
Article L.121-9 : Le Premier Président établit chaque année une liste du rang des
juges du siège au sein de la Cour d’Appel.
Les juges sont inscrits sur cette liste dans l’ordre suivant :
1° Le Premier Président ;
2° Le Vice-Président ;
3° Les Présidents de Chambre ;
4° Les juges dans l’ordre de leur grade et quand ils sont à égalité de grade, dans
l’ordre de la date de leur nomination à la Cour d’Appel.
Article L.121-10 :
La Cour d’Appel se réunit :
- en audience solennelle avec le Tribunal de Première Instance ;
- en assemblée Générale ;
- en audience ordinaire ;
- en audience foraine ;
- en audience de vacation.
51
Code de Procédure Civile
Article L.121-12 : L’Assemblée Générale de la Cour d’Appel donne son avis sur :
- le règlement de service intérieur et sa modification ;
- la répartition des juges dans les différentes chambres ;
- le nombre, les jours et les heures des audiences ordinaires et leurs affectations
à différentes catégories d’affaires ;
- les audiences de vacation et les audiences foraines.
Elle peut exprimer des recommandations sur les mesures de tout ordre utile au
fonctionnement, à la continuité et à l’amélioration du service.
Elle délibère et statue s’il y a lieu sur toutes les questions dont la connaissance lui
est attribuée par la loi.
Le président convoque l’Assemblée Générale dans les cas fixés par la loi et chaque
fois que l’intérêt du service lui paraît l’exiger.
Il fixe l’ordre du jour, après avis du Procureur Général. Les questions relatives à
l’organisation et au fonctionnement de la juridiction proposées par la moitié des
membres de l’Assemblée sont inscrites d’office à l’ordre du jour.
Seuls les membres bénéficiant d’un congé régulier ou assurant le service d’une
audience ou d’une permanence peuvent être excusés et se faire représenter par un
mandataire, membre de l’Assemblée Générale.
52
Code de Procédure Civile
Pour être valable, la procuration doit émaner d’un magistrat dont l’excuse relève de
l’un des cas prévus à l’alinéa 2 ci-dessus. Elle doit en outre être donnée par écrit et
remise au Premier Président avant la tenue de l’Assemblée Générale.
Si ce quorum n’est pas atteint, l’assemblée est à nouveau convoquée sur le même
ordre du jour à la date fixée par le Premier Président.
Elle peut alors valablement délibérer si un tiers au moins de ses membres est
présent ou représenté.
Article L.121-18 : La Cour d’Appel ne tient pas d’audience de vacation pendant les
vacances sauf en matière de référé ou en cas d’urgence.
Le calendrier des audiences de vacation est rendu public par affichage à la porte de
la Cour et par tout autre moyen approprié.
Article L.121-19 : Le siège de la Cour d’Appel est à Djibouti et son ressort couvre
l’ensemble du territoire de la République de Djibouti.
La Cour d’Appel ne tient pas d’audience foraine dans les communes ou les régions,
sauf en cas de circonstances exceptionnelles, dont la réalité est appréciée sans
recours par le Premier Président, justifiant le déplacement de la Cour.
53
Code de Procédure Civile
Cette ordonnance devra être signifiée aux parties par huissier et vaudra citation,
convocation ou assignation à comparaître au siège du conseil régional ou de la
commune concernée.
Article L.121-20 : Sur décision du Premier Président, les juges d’une chambre de la
Cour d’Appel, en cas de changement d’affectation, peuvent être tenus de siéger et
délibérer aux audiences de la Chambre du Tribunal de Première Instance ou de la
Cour d’Appel à laquelle ils appartenaient pour statuer dans les affaires qui auraient
été plaidés devant eux, avant leur changement d’affectation.
Toutefois, les membres de la Cour d’Appel devront toujours être en majorité dans les
formations de jugement.
Article L.121-23 : Le projet de budget porte sur tout ce qui est nécessaire au travail
et au fonctionnement des magistrats du siège et du Ministère public ainsi que toutes
les chambres de la cour, des greffes, et d’une manière générale sur tout ce qui est
indispensable à l’exécution des missions confiées à la juridiction par les lois et
règlements. Il porte également sur les dépenses relatives et l’équipement en
matériels à l’entretien des locaux.
54
Code de Procédure Civile
Tout justiciable peut consulter ce rapport sur simple demande écrite adressée au
Ministre de la Justice.
SECTION 2 – COMPÉTENCE
Article L.122-1 : La Cour d’Appel connaît des appels des décisions rendues en
premier ressort par les différentes chambres et tribunaux du Tribunal de Première
Instance. Elle connaît en outre de l’appel interjeté contre les décisions d’autres
juridictions ou organismes, dans les cas prévus par les lois et règlements.
Elles ont la faculté de se faire assister ou représenter selon les règles applicables
devant chaque chambre ou tribunal du Tribunal de Première Instance.
Si les parties se font assister ou représenter par une personne autre qu’un avocat,
celle-ci doit justifier d’une procuration spéciale écrite.
Le mandat donné en Première Instance n’a pas à être renouvelé, sauf dénonciation
écrite par la partie représentée, adressée à la chambre de la Cour d’Appel saisie et
au mandataire.
55
Code de Procédure Civile
Article L.122-3 : La Chambre Civile de la Cour d’Appel est compétente pour statuer
sur l’appel des décisions rendues en premier ressort par la Chambre Civile du
Tribunal de Première Instance.
Elle constitue en outre le juge d’appel de droit commun en toutes matières, sauf
quand la loi attribue expressément compétence à une autre chambre de la Cour
d’Appel, en raison de la nature de l’affaire, ou une autre juridiction.
Elle connaît de tous les moyens de défenses et demandes incidentes qui ne relèvent
pas de la compétence exclusive d’une autre chambre ou juridiction.
Article L.122-6 : La Chambre d’Accusation est compétente pour statuer sur l’appel
des décisions rendues par les juges d’instruction et pour prescrire les mesures en
vue d’accélérer les procédures d’instruction prévues par le Code de Procédure
Pénale.
Le Président de la Chambre d’Accusation exerce les pouvoirs propres qui lui sont
conférés par le Code de Procédure Pénale.
56
Code de Procédure Civile
Article L.122-9 : L’appel en matière sociale est formé par déclaration verbale ou par
lettre simple déposée au greffe de la Chambre Sociale du Tribunal de Première
Instance qui a rendu la décision dont appel.
Le délai pour interjeter appel est de quinze jours à compter de la date de la décision
si celle-ci est contradictoire et à compter de la date de la notification lorsque la
décision est réputée contradictoire.
Article L.122-13 : L’appel en matière de statut personnel est formé par déclaration
écrite ou verbale au greffe de la Chambre de statut personnel qui a rendu le
jugement dans les délais prévus à l’article L.422-2.
57
Code de Procédure Civile
Article L.122-17 : L’appel en matière administrative est formé par requête écrite
déposée au greffe du Tribunal Administratif de Première Instance dans les délais
prévus à l’article L.422-2.
58
Code de Procédure Civile
Article L.131-3 : Chacune des chambres de la Cour Suprême est composée d’un
Président, de deux conseillers, d’un membre du ministère public et d’un greffier.
Le Premier Président de la Cour Suprême et les conseillers sont nommés par décret
du Président de la République.
Les présidents de chambre et les conseillers sont affectés aux différentes chambres
par ordonnance du Premier Président de la Cour Suprême.
Le Premier Président de la Cour Suprême peut en cas de besoin, faire appel à des
magistrats au moins du premier grade ou à des avocats ayant plus de 10 ans
d’expérience qui n’ont pas connu de l’affaire, pour compléter une chambre : les
conseillers suppléants doivent être choisis parmi les personnes connues pour leurs
connaissances juridiques et leur honorabilité.
59
Code de Procédure Civile
Avant de siéger, les conseillers suppléants doivent prêter serment prévu par les
magistrats.
Une chambre ne peut délibérer valablement si elle comporte plus d’un conseiller
suppléant.
Article L.131-5 : Les arrêts de la Cour Suprême sont rendus soit par l’une des
chambres soit par une chambre mixte, soit par l’assemblée plénière.
Article L.131-6 : Les arrêts de chacune des chambres de Cour Suprême sont rendus
par un Président de chambre et deux conseillers (ou un conseiller et un conseiller
suppléant).
Article L.131-7 : Lorsqu’une chambre mixte est réunie, elle est composée, outre son
président, de magistrats appartenant à deux chambres au moins de la Cour, à savoir
deux conseillers de chacune de ces chambres.
Le Ministère public est représenté par le Procureur Général près la Cour Suprême ou
par l’un des substituts généraux.
60
Code de Procédure Civile
Article L.131-9 : Les décisions de la Cour Suprême sont rendues à la majorité des
voix. En cas de partage, la voix du Président est prépondérante.
Article L.131-10 : Le Ministère public devant la Cour Suprême est assuré par le
Procureur Général et ses substituts généraux.
Article L.131-12 : Le projet de budget porte sur tout ce qui est nécessaire au
fonctionnement de la Cour Suprême et d’une manière générale sur tout ce qui est
indispensable à l’exécution des missions confiées à la Cour Suprême.
Tout justiciable peut consulter ce rapport sur simple demande écrite adressée au
Ministre de la Justice.
61
Code de Procédure Civile
Article L.131-18 : Il tient une base de données comprenant le droit positif djiboutien
en général mais également les engagements régionaux et internationaux de la
République. En outre, il procède à la collecte et à la publication de l’ensemble des
arrêts de la Cour Suprême ainsi que les décisions de juridictions du fond présentant
un intérêt particulier.
Article L.131-19 : Le greffier en chef de la Cour Suprême est placé sous l’autorité du
Premier Président et du Procureur Général.
62
Code de Procédure Civile
L’ordre du jour est déterminé par le Président de la Cour Suprême après avis du
Procureur général.
Si ce quorum n’est pas atteint, l’assemblée est à nouveau convoquée sur le même
ordre du jour à la date fixée par le Président de la Cour Suprême.
Elle peut alors valablement délibérer si un tiers au moins de ses membres est
présent ou représenté.
63
Code de Procédure Civile
Article L.132-1 : La Cour Suprême statue sur les pourvois en cassation formés
contre les décisions, arrêts et jugement rendus en dernier ressort par toutes les
juridictions de la République.
Article L.132-2 : Le pourvoi en cassation tend à faire censurer par la Cour Suprême
la non-conformité de la décision attaquée aux règles de droit.
Si elle juge que l’application des règles de droit a été respectée ou que les moyens
du pourvoi sont irrecevables, elle rejette le pourvoi par une décision motivée en droit.
Si elle juge que l’application des règles de droit n’a pas été respectée, la Cour
Suprême casse l’arrêt attaqué par un arrêt motivé en droit et renvoie l’affaire devant
la Chambre de la Cour d’Appel compétente autrement composée.
Article L.132-6 : Les arrêts et jugements en dernier ressort qui tranchent dans leur
dispositif une partie du principal peuvent être frappés de pourvoi en cassation
comme les décisions qui tranchent en dernier ressort tout le principal.
En revanche, les pourvois contre les jugements et arrêts qui se bornent à ordonner
une mesure d’instruction ou provisoire, ne pourront être formés, sauf exception
prévue par la loi, qu’en même temps que le pourvoi contre la décision passée en
64
Code de Procédure Civile
force de chose jugée et conjointement avec cette dernière. Dans ce cas, le délai de
pourvoi court à compter de la date à laquelle la décision est passée en force de
chose jugée.
Article L.132-8 : La Cour Suprême est compétente pour trancher les conflits positifs
ou négatifs de compétence. Dans ce cas, la Cour Suprême désigne la juridiction
compétente qui ne peut alors refuser de juger.
Article L.132-9 : Lorsque deux décisions, même si elles ne sont pas en dernier
ressort, ont été rendues et sont inconciliables entre elles alors qu’aucune d’elles n’est
susceptible d’un recours ordinaire, le pourvoi en cassation est recevable. La
contrariété de jugements peut être invoquée même si l’une des décisions avait déjà
été frappée d’un pourvoi en cassation et que celui-ci avait été rejeté. En ce cas, le
pourvoi doit être dirigé contre les deux décisions ; lorsque la contrariété est
constatée, la Cour de cassation annule l’une des décisions ou, s’il y a lieu, les deux.
Si elle constate que le demandeur au pourvoi n’a pas respecté les délais et les
formalités pour le dépôt du pourvoi et du mémoire ampliatif, le pourvoi est déclaré
irrecevable.
65
Code de Procédure Civile
66
Code de Procédure Civile
Tout magistrat d’un parquet ou d’un parquet général peut exercer les fonctions du
Ministère Public au sein de ce parquet.
Article L.141-2 : Le Ministère Public est composé de magistrats, nommés dans les
conditions prévues par le statut de la Magistrature et par la loi.
Le Ministère Public veille à l’exécution des jugements et des autres titres exécutoires.
A cette fin, le Ministère Public peut enjoindre à tous les huissiers de justice de son
ressort de prêter leur ministère.
Il poursuit d’office l’exécution des décisions de justice dans les cas spécifiés par la
loi.
Article L.141-4 : Les magistrats du Ministère Public sont placés sous la direction et
le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l’autorité du Ministère de la Justice,
dans les conditions prévues par le Statut de la Magistrature et la loi.
Article L.141-5 : Le Procureur Général établit chaque année la liste du rang des
magistrats du Parquet Général sur laquelle sont inscrits les substituts généraux dans
l’ordre de leurs nominations.
Il répartit entre eux les tâches et les divers services du Parquet Général, fixe les
astreintes des magistrats du ministère public, notamment les horaires de travail et de
présence, et les permanences, ainsi que les mesures de tous ordres nécessaires au
bon fonctionnement du Parquet Général.
67
Code de Procédure Civile
Ces prescriptions s’imposent aux magistrats qui relèvent de son autorité, au même
titre que leurs obligations statuaires.
Les substituts placés sous ses ordres sont chargés de requérir en son nom aux
audiences du Tribunal de Première Instance.
Le Procureur de la République répartit les tâches entre les membres de son parquet
et les divers services du parquet. Il peut à tout moment modifier cette répartition et
exercer lui-même le cas échéant les fonctions qu’il a déléguées.
Il dresse la liste du rang des magistrats du parquet où les substituts sont inscrits
dans l’ordre de leur nomination au tribunal.
Article L.142-2 : Les attributions du Ministère public en matière pénale sont fixées
par le Code de Procédure Pénale.
Article L.142-3 : Dans toutes les affaires civiles, commerciales, sociales, de statut
personnel ou administrative le Ministère public peut agir comme partie principale ou
comme partie jointe.
Article L.142-4 : Le Ministère public agit d’office comme partie principale dans tous
les cas prévus par la loi.
En dehors de ces cas, il peut agir pour la défense de l’ordre public à l’occasion des
faits qui portent atteinte à celui-ci.
68
Code de Procédure Civile
Article L.142-5 : Le Ministère Public est partie jointe lorsqu’il intervient pour
présenter ses réquisitions sur l’application de la loi, dans une affaire dont il a
communication.
La communication peut être légale, auquel cas un texte précise que telle affaire doit
être communiquée au ministère public, facultative, lorsque le ministère public prend
spontanément communication de certaines affaires dans lesquelles il estime devoir
intervenir, ou judiciaire, lorsque le juge, en dehors des cas de communication légale,
décide d’office la communication au ministère public.
Le Ministère Public doit également avoir communication de toutes les affaires dans
lesquelles la loi dispose qu’il doit être entendu.
Elle doit avoir lieu en temps utile pour ne pas retarder le jugement.
Il présente ses réquisitions soit verbalement à l’audience, soit par écrit. En cas de
réquisitions écrites, celles-ci sont communiquées aux parties.
69
Code de Procédure Civile
Le Ministère Public n’est tenu d’assister à l’audience que dans le cas où il représente
autrui ou lorsque sa présence est rendue obligatoire par la loi.
Dans tous les autres cas, il peut adresser à la juridiction des réquisitions écrites ;
il peut aussi venir à l’audience et y prendre la parole.
Article L.151-1 : Les greffiers en chef ont vocation à exercer des fonctions
administratives de direction, d’encadrement, de formation et de gestion dans les
juridictions auxquelles ils sont affectés, sous l’autorité et le contrôle hiérarchique de
leurs chefs de cour.
Article L.151-2 : Ils assistent aux audiences solennelles, aux audiences des
chambres lorsque le service de la juridiction l’exige, ainsi qu’aux assemblées
générales.
Article L.151-3 : Le greffier en chef est chargé de la tenue des documents et des
différents registres prévus par les textes en vigueur, notamment celui des
délibérations de la juridiction auquel il est affecté.
70
Code de Procédure Civile
Il est dépositaire, sous le contrôle des chefs de juridiction, des minutes et archives
dont il assure la conservation.
Le Premier Président de la Cour d’Appel, après avis du Procureur Général, fixe les
heures d’ouverture et de fermeture des greffes de Première Instance et d’Appel au
public. Ces horaires peuvent être différents suivant les services, en fonction des
suggestions de chacun d’eux et des nécessités de service.
Le Président de la Cour Suprême, après avis du Procureur Général, fixe les horaires
du greffe de la Cour Suprême.
Il met en œuvre les directives générales qui lui sont données par les chefs de
juridictions. Il tient ces derniers informés de ses diligences.
Il affecte suivant les instructions des chefs de cours, les fonctionnaires du greffe à
l’intérieur des différents services.
Lorsqu’il envisage de modifier l’affectation d’un agent exerçant ses fonctions auprès
d’un magistrat spécialisé, il doit au préalable recueillir l’avis de ce magistrat.
Article L.151-6 : Chaque greffier en chef tient une comptabilité précise de toutes les
sommes qu’il reçoit en application des lois et règlements en vigueur, et de l’usage
qu’il en fait.
71
Code de Procédure Civile
Il en rend compte une fois par trimestre aux chefs de la juridiction dont il relève par
un rapport écrit dont copie est transmise au Ministre de la Justice.
Article L.151-7 : Selon les besoins du service, le greffier en chef peut désigner sous
sa responsabilité un ou plusieurs agents du greffe pour exercer partie des fonctions
qui lui sont attribuées en vertu des articles précédents, hormis dans le cas où la loi lui
attribue une compétence exclusive.
L’assistance d’un greffier en chef ou d’un greffier de chambre est toujours obligatoire
dans les actes de juridiction des juges, sauf exception prévue par la loi.
Article L.152-2 : Les greffiers de chambre authentifient les actes juridictionnels dans
les cas et suivant les conditions prévues par la loi, et notamment en signant avec le
président de la juridiction la minute des décisions.
Article L.154-1 : Le greffier détaché en région est chargé de la tenue des documents
et des registres concernant les procédures civiles, commerciales, sociales et
correctionnelles de première Instance relevant de la compétence des audiences
foraines, telles que prévues à l’article L.111-12 ou L.115-2, ou de la compétence du
juge détaché du Tribunal de Statut Personnel tel que prévu à l’article L.116-3.
72
Code de Procédure Civile
Article L.154-3 : Les greffiers détachés en région doivent transmettre dans les
48 heures au greffier en chef du Tribunal de Première Instance ou au greffier de
chambre concerné les documents reçus par eux et les recours exercés.
Ils s’assurent, chacun en ce qui les concerne, de la bonne administration des greffes
et de l’expédition normale des affaires.
Article L.155-2 : Le greffier en chef de chaque juridiction établit et certifie aux dates
prévues par les règlements intérieurs et instructions reçues de ses chefs de cour, et
en tout cas au moins une fois par an, des statistiques faisant état de l’activité de la
juridiction au cours de la période écoulée.
73
Code de Procédure Civile
LIVRE DEUXIÈME
PRINCIPES FONDAMENTAUX DE PROCEDURE
Article L.211-1 : Toute personne peut s’adresser à un juge afin de faire valoir ses
droits, sauf immunité de juridiction valable ou convention d’arbitrage, sous réserve
dans ce dernier cas des dispositions des articles L.721-6, L.721-7, L.726-1 et
suivants du présent code et des cas dans lesquels est prévu la compétence du juge
d’appui.
Article L.211-4 : L’aide judiciaire permet à toute personne dont les revenus sont
insuffisants de faire valoir ses droits en justice. Les modalités d’attribution de l’aide
judiciaire sont fixées par la loi et le règlement.
Article L.212-2 : Hors voie de recours de rétractation ou s’il n’a statué que sur des
mesures conservatoires ou d’instruction, nul ne peut faire partie d’une formation de
jugement s’il a, en qualité de juge, précédemment connu d’une affaire déjà jugée.
74
Code de Procédure Civile
3° Si lui-même ou son conjoint est parent ou allié de l’une des parties et ce, jusqu’au
quatrième degré inclusivement. En cas de décès ou de divorce du conjoint, la règle
est maintenue jusqu’au troisième degré de parenté ou d’alliance, inclusivement ;
5° Si le juge ou son conjoint est chargé d’administrer les biens de l’une des parties ;
8° S’il existe un lien de subordination entre le juge ou son conjoint et l’une des
parties ou son conjoint, leurs ascendants et descendants, ou alliés dans la même
ligne ;
Hors la présente liste, la récusation d’un juge peut être sollicitée si la preuve de sa
partialité est rapportée.
Article L.212-4 : Les causes de récusation relatives aux Juges sont applicables au
Ministère Public.
75
Code de Procédure Civile
Article L.212-6 : S’il existe des causes de récusation contre plusieurs des juges
composant une formation collégiale, le renvoi à une autre formation de même nature
et de même degré peut être ordonné.
La récusation ou le renvoi doit être demandé par la partie elle-même ou par son
mandataire muni d’un pourvoi spécial.
La demande de récusation comme de renvoi est formée par un acte remis au greffe
ou par une déclaration faite auprès du greffier. Cet acte doit, à peine d’irrecevabilité,
préciser les motifs de la récusation ou du renvoi et être accompagné des pièces
propres à justifier la demande. Le renvoi fondé sur la récusation contre plusieurs
juges doit, à peine d’irrecevabilité, être demandé par un seul et même acte, à moins
qu’une cause de récusation ne se révèle postérieurement.
Article L.212-9 : En cas de récusation, dès qu’il est informé de la demande qui le
vise, le juge doit immédiatement cesser toute opération dans le dossier dont il est
saisi et ce jusqu’à ce qu’il ait été statué sur la récusation. En cas de renvoi, l’instance
n’est pas automatiquement suspendue devant la formation dont le dessaisissement
est demandé, mais le président de la juridiction à laquelle appartient la formation de
jugement dont le dessaisissement est demandé peut ordonner le sursis à statuer
jusqu’à la décision sur le renvoi. Dans tous les cas, les actes accomplis par un juge
avant qu’il ait eu connaissance de la demande ne peuvent être remis en cause.
Article L.212-10 : Si le juge récusé estime que la demande est justifiée, il se déporte
et est remplacé par un autre juge que désigne le Président de la juridiction.
76
Code de Procédure Civile
Article L.212-12 : L’affaire est examinée sans qu’il soit nécessaire d’appeler les
parties ni le ou les juges récusés. Si la juridiction décide d’entendre l’une de ces
personnes, les autres sont également appelées.
Copie de la décision est remise ou adressée par le greffier au juge et aux parties.
Toutefois, nul magistrat ne peut être récusé hors la procédure prévue par les
présentes dispositions et toute décision qui ne respecterait pas les règles
procédurales prescrites par les articles précédents est susceptible de recours devant
le Tribunal Administratif.
Le nombre maximum de prolongations de son délibéré par le juge est limité à trois et
le délai entre la plaidoirie et le prononcé du jugement ne peut excéder deux mois.
77
Code de Procédure Civile
Article L.212-21 : Les audiences sont publiques, sauf les cas où la loi exige ou
permet qu’ils aient lieu en chambre du conseil.
Article L.212-22 : Lorsque les débats se tiennent en audience publique, ils ont lieu
dans une salle d’audience ouverte au public. Lorsque les débats se tiennent « en
chambre du conseil » ou « à huis clos », il est procédé hors la présence du public
dans une des salles d’audience ou dans une salle des délibérés.
Article L.212-23 : Lorsque l’audience est publique, les parties et ceux qui y assistent
adoptent une attitude silencieuse et respectueuse répondant en tout aux exigences
d’une justice sereine. Il leur est interdit de parler sans y avoir été invitées, de donner
des signes d’approbation ou de désapprobation, ou de causer du désordre de
quelque nature que ce soit.
78
Code de Procédure Civile
Article L.212-27 : A peine de nullité, les arrêts et jugements doivent être motivés.
Article L.212-28 : Les décisions rendues par les juridictions djiboutiennes sont mises
à la disposition du public à titre gratuit, dans le respect de la vie privée des
personnes concernées.
Article L.213-1 : L’Etat est tenu de réparer le dommage causé par le fonctionnement
défectueux du service public de la justice.
Sauf dispositions particulières, cette responsabilité n’est engagée que par une faute
lourde ou par un déni de justice.
79
Code de Procédure Civile
La faute lourde est constituée par tout fait ou série de faits ou omission de la part
d’une personne qui concourt au service public de la justice et qui traduit l’inaptitude
du service public de la justice à remplir la mission dont il est investi.
Il y a déni de justice lorsque les juges refusent de juger les demandes dont ils sont
saisis sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, ou
lorsqu’il ne se prononce pas dans un délai raisonnable, alors que les affaires sont en
état et en tour d’être jugées.
1° en cas de dol, fraude, concussion ou faute lourde, commis dans toute phase de la
procédure ;
Dans tous les cas, l’Etat est civilement responsable des condamnations en
dommages et intérêts qui sont prononcées à raison de ces faits contre les
magistrats, sauf son recours contre ces derniers.
Article L.221-1 : L’exécution d’un jugement ou d’un arrêt, de quelque juridiction que
ce soit, est, dans les conditions prévues par la loi, un droit pour celui qui entend s’en
prévaloir.
Dès qu’une décision est exécutoire, elle doit être exécutée volontairement par celui
qui en est légalement tenu.
80
Code de Procédure Civile
Article L.221-2 : Nul jugement ni acte ne pourront être mis à exécution, s’ils ne
portent la formule exécutoire.
Les expéditions des arrêts, jugements, mandats de justice, ainsi que les grosses et
expéditions des contrats et de tous les actes susceptibles d’exécution forcée, seront
intitulées ainsi qu’il suit :
81
Code de Procédure Civile
« République de Djibouti
Au nom du peuple djiboutien »,
Les actes portant exécution d’un jugement devront mentionner expressément les
dispositions suivantes :
« Il est rappelé que :
Les décisions de justice doivent être exécutées volontairement par les citoyens.
Le fait par toute personne, volontairement et en dehors de cas de force majeure, de
refuser d’exécuter une décision de justice définitive ou de n’effectuer qu’un
commencement d’exécution sans rapport avec le contenu réel de cette décision est
puni d’un an d’emprisonnement et de 200 000 FD d’amende.
Le délit est constitué dès lors que, malgré une mise en demeure effectuée par voie
d’huissier de justice ou d’officier de police judiciaire, d’avoir à exécuter la décision,
celle-ci n’est pas exécutée dans le délai d’un mois, sans qu’elle ait fait l’objet d’une
suspension judiciaire d’exécution. »
Article L.221-3 : Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus
par les officiers publics étrangers, ne seront susceptibles d’exécution à Djibouti
qu’autant qu’ils ont été déclarés exécutoires par un tribunal djiboutien, s’il n’y a des
dispositions contraires à ce principe dans les traités.
Article L.221-4 : Les tiers ne peuvent faire obstacle aux procédures engagées en
vue de l’exécution ou de la conservation des créances. Ils y apportent leur concours
lorsqu’ils en sont légalement requis.
82
Code de Procédure Civile
Article L.221-6 : Sur le certificat qu’il n’existe aucune opposition ni appel sur ce
registre, les séquestres, les conservateurs, et toute autre personne requise, seront
tenus de satisfaire au jugement.
Ils poursuivent d’office l’exécution des décisions de justice dans les cas spécifiés par
la loi.
Article L.222-1 : Tout créancier peut, dans les conditions prévues par la loi,
contraindre son débiteur défaillant à exécuter ses obligations à son égard.
Article L.222-2 : Toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut
solliciter du juge l’autorisation de pratiquer une mesure conservatoire sur les biens de
son débiteur, sans commandement préalable, pour assurer la sauvegarde de ses
droits.
Article L.222-3 : Hors mesure conservatoire, le créancier muni d’un titre exécutoire
constatant une créance liquide et exigible peut en poursuivre l’exécution forcée sur
les biens mobiliers comme immobiliers de son débiteur, selon les conditions propres
à chaque mesure d’exécution.
83
Code de Procédure Civile
2° Les actes et les jugements étrangers ainsi que les sentences arbitrales, quand ils
sont déclarés exécutoires par une décision non susceptible d’un recours suspensif
d’exécution ;
6° Les titres délivrés par les personnes morales de droit public qualifiés comme tels
par la loi, ou les décisions auxquelles la loi attache les effets d’un jugement ;
Article L.222-5 : Une décision de justice est revêtue de l’autorité de la chose jugée
lorsque le juge qui a été saisi a terminé son office et donc, est dessaisi. Ainsi, le
jugement qui tranche dans son dispositif tout ou partie du principal, ou qui statue sur
une exception de procédure, une fin de non-recevoir ou tout autre incident a, dès son
prononcé, l’autorité de la chose jugée relativement à la contestation qu’il tranche.
La décision passe en force de chose jugée dès que le jugement n’est plus
susceptible d’aucun recours suspensif d’exécution.
Article L.222-7 : La créance est liquide lorsqu’elle est évaluée en argent ou lorsque
le titre contient tous les éléments permettant son évaluation.
84
Code de Procédure Civile
Article L.222-10 : L’exécution forcée peut être poursuivie jusqu’à son terme en vertu
d’un titre exécutoire à titre provisoire.
Par exception, lorsque la poursuite est engagée en vertu d’une décision de justice
exécutoire par provision, la vente forcée ne peut intervenir qu’après une décision
principale passée en force de chose jugée. Toutefois, pendant le délai de
l’opposition, aucune poursuite ne peut être engagée en vertu d’une décision rendue
par défaut.
L’exécution est poursuivie aux risques du créancier. Celui-ci rétablit le débiteur dans
ses droits en nature ou par équivalent si le titre est ultérieurement modifié.
Article L.222-12 : L’officier insulté dans l’exercice de ses fonctions dressera procès-
verbal de rébellion ; et il sera procédé suivant les règles établies par le Code pénal.
Article L.222-13 : Les frais de l’exécution forcée sont à la charge du débiteur, sauf
s’il est manifeste qu’ils n’étaient pas nécessaires au moment où ils ont été exposés.
Toute contestation relative aux frais de l’exécution est tranchée par le Président du
Tribunal de Première Instance statuant en référé.
85
Code de Procédure Civile
3° Lorsqu’un jugement ou une sentence arbitrale a été rendu contre l’Etat concerné
et que le bien en question est spécifiquement utilisé ou destiné à être utilisé par ledit
Etat autrement qu’à des fins de service public non commerciales et entretient un lien
avec l’entité contre laquelle la procédure a été intentée.
86
Code de Procédure Civile
Article L.222-18 : Tout juge peut, même d’office, ordonner une astreinte pour
assurer l’exécution de sa décision.
Une astreinte définitive ne peut être ordonnée qu’après le prononcé d’une astreinte
provisoire et pour une durée que le juge détermine. Si l’une de ces conditions n’a pas
été respectée, l’astreinte est liquidée comme une astreinte provisoire.
Article L.222-20 : L’astreinte, même définitive, est liquidée par le juge qui l’a
prononcée.
L’astreinte provisoire ou définitive est supprimée en tout ou partie s’il est établi que
l’inexécution ou le retard dans l’exécution de l’injonction du juge provient, en tout ou
partie, d’une cause étrangère à savoir, un cas fortuit, le fait d’un tiers ou le fait du
créancier.
87
Code de Procédure Civile
Article L.231-1 : Le droit d’agir en justice est un droit processuel qui permet à toute
personne de saisir le juge d’une prétention afin d’être entendu sur le fond de celle-ci
pour que le juge la dise bien ou mal fondée. L’adversaire dispose du même droit
d’être entendu par le juge pour discuter le bien-fondé de cette prétention.
Article L.231-2 : Est irrecevable toute demande exercée par ou contre une personne
dépourvue du droit d’agir.
C’est à celui qui prétend que la demande n’est pas recevable de le démontrer, au
moyen d’une fin de non-recevoir.
Article L.231-3 : Celui qui agit doit se prévaloir d’un intérêt légitime au succès ou au
rejet de sa prétention, et d’une qualité pour agir.
Article L.231-4 : Dans les cas qu’elle détermine, la loi attribue le droit d’agir aux
seules personnes qu’elle qualifie pour élever ou combattre une prétention, ou pour
défendre un intérêt déterminé.
Article L.231-5 : La capacité d’agir en justice n’est pas une condition d’existence de
l’action, mais une condition d’exercice de celle-ci.
88
Code de Procédure Civile
Article L.232-2 : Le juge peut fonder sa décision sur tous les faits relatifs au cas qui
lui est soumis, y compris ceux qui n’auraient pas été allégués.
Article L.232-3 : Le juge procède, même d’office, à toutes les investigations utiles.
Il a la faculté d’entendre sans formalités les personnes qui peuvent l’éclairer ainsi
que celles dont les intérêts risquent d’être affectés par sa décision.
Article L.232-5 : Un tiers peut être autorisé par le juge à consulter le dossier de
l’affaire et à s’en faire délivrer copie, s’il justifie d’un intérêt légitime.
Article L.232-7 : En cas d’appel, il doit être formé au greffe de la juridiction ayant
rendu la décision.
Article L.241-1 : Seules les parties introduisent l’instance, hors les cas où la loi en
dispose autrement.
Elles ont la liberté d’y mettre fin avant qu’elle ne s’éteigne par l’effet du jugement ou
en vertu de la loi.
Article L.241-2 : Les parties conduisent l’instance sous les charges qui leur
incombent. Il leur appartient d’accomplir les actes de la procédure dans les formes et
délais requis.
89
Code de Procédure Civile
Article L.242-1 : L’objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des
parties.
Ces prétentions sont fixées par l’acte introductif d’instance et par les conclusions en
défense.
L’objet du litige peut cependant être modifié par des demandes incidentes chaque
fois que celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.
Article L.242-2 : Le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demandé et seulement
sur ce qui est demandé.
Article L.243-1 : A l’appui de leurs prétentions, les parties ont la charge d’alléguer
les faits propres à les fonder.
Article L.243-2 : Le juge ne peut fonder sa décision sur des faits qui ne sont pas
dans le débat. Néanmoins, parmi les éléments du débat, le juge peut prendre en
considération tout fait, même les faits que les parties n’auraient pas spécialement
invoqués au soutien de leurs prétentions.
La preuve, en matière civile, est moins exigeante qu’en matière pénale et le juge civil
statue selon son appréciation souveraine à l’égard des faits qui lui sont soumis, sous
réserve de disposition légale contraire.
Article L.243-3 : Le juge peut inviter les parties à fournir les explications de fait qu’il
estime nécessaires à la solution du litige.
Article L.243-4 : Chacun est tenu d’apporter son concours à la justice en vue de la
manifestation de la vérité.
Celui qui, sans motif légitime, se soustrait à cette obligation lorsqu’il en a été
légalement requis, peut être contraint d’y satisfaire, au besoin sous astreinte, sans
préjudice de dommages et intérêts.
90
Code de Procédure Civile
Article L.243-6 : Les parties sont tenues d’apporter leur concours aux mesures
d’instruction sauf au juge à tirer toute conséquence d’une abstention ou d’un refus.
SECTION 4 – LE DROIT
Article L.244-1 : Le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui
sont applicables.
Il doit donner ou restituer leur exacte qualification aux faits et actes litigieux sans
s’arrêter à la dénomination que les parties en auraient proposée.
Le litige né, les parties peuvent aussi, dans les mêmes matières et sous la même
condition, conférer au juge mission de statuer comme amiable compositeur, sous
réserve d’appel si elles n’y ont pas spécialement renoncé.
SECTION 5 – LA CONTRADICTION
Article L.245-1 : Nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou appelée.
Article L.245-2 : Les parties doivent se faire connaître mutuellement en temps utile
les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les éléments de
preuve qu’elles produisent et les moyens de droit qu’elles invoquent, afin que
chacune soit à même d’organiser sa défense.
Article L.245-3 : Le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-
même le principe de la contradiction.
91
Code de Procédure Civile
Il ne peut retenir, dans sa décision, les moyens, les explications et les documents
invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été à même d’en débattre
contradictoirement.
Il ne peut fonder sa décision sur les moyens de droit qu’il a relevés d’office sans avoir
au préalable invité les parties à présenter leurs observations.
Article L.246-1 : Les parties peuvent se défendre elles-mêmes, sous réserve des
cas dans lesquels la représentation est obligatoire.
Article L.246-2 : Les parties choisissent librement leur défenseur soit pour se faire
représenter, soit pour se faire assister suivant ce que la loi permet ou ordonne.
Par exception à l’alinéa deuxième du présent texte, ils peuvent néanmoins plaider
leur cause personnelle et celles de leur conjoint, parents et alliés.
Article L.247-1 : Les parties à un différend peuvent, à leur initiative, dans les
conditions prévues par le présent code, tenter de le résoudre de façon amiable.
92
Code de Procédure Civile
93
Code de Procédure Civile
LIVRE TROISIÈME
REGLES COMMUNES A TOUTES LES JURIDICTIONS
Article L.311-1 : La compétence des juridictions est réglée par les dispositions du
Livre Ier du présent code et les dispositions communes ci-après, sous réserve des
textes spécialement applicables aux diverses juridictions.
Article L.311-4 : Lorsque la solution du litige dépend d’une question soulevant une
difficulté sérieuse et relevant de la compétence d’une autre chambre, la question
préjudicielle peut être soit soulevée par les parties, soit relevée d’office par le juge.
Lorsque la question préjudicielle est soulevée par une partie, il est fait application
des articles L.325-1 à L.325-3 et L. 325-7 à L.325-11.
Lorsque la question préjudicielle est relevée d’office par le juge, il est fait application
des articles L.325-4 à L.325-6.
Article L.311-5 : Lorsque le juge décide qu’il y a lieu à question préjudicielle, il doit
surseoir à statuer et ordonner le renvoi de la question préjudicielle devant la chambre
compétente.
94
Code de Procédure Civile
Article L.311-7 : Les incidents d’instance sont tranchés par la juridiction devant
laquelle se déroule l’instance qu’ils affectent.
Article L.311-9 : Les demandes relatives aux frais, émoluments et débours qui,
afférents à une instance, ont été exposés devant une juridiction par les auxiliaires de
justice et les officiers publics ou ministériels sont portées devant cette juridiction.
Les demandes relatives aux frais, émoluments et débours qui n’ont pas été exposés
devant une juridiction sont portées devant la Chambre Civile du Tribunal de Première
Instance.
Article L.311-10 : Lorsqu’un litige relevant d’une convention d’arbitrage est porté
devant une juridiction de l’État, celle-ci se déclare incompétente sauf si la convention
d’arbitrage est manifestement nulle ou manifestement inapplicable.
95
Code de Procédure Civile
Sous réserve des dispositions régissant les mesures conservatoires, la demande est
portée devant le Président de la Chambre Civile ou de la Chambre Commerciale du
Tribunal de Première Instance, qui statue sur les mesures d’instruction dans les
conditions prévues à l’article L.351-2 et, en cas d’urgence, sur les mesures
provisoires ou conservatoires sollicitées par les parties à la convention d’arbitrage.
Article L.312-1 : Lorsque plusieurs prétentions fondées sur des faits différents et non
connexes sont émises par un demandeur contre le même adversaire et réunies en
une même instance, le taux du ressort est déterminé par la nature et la valeur de
chaque prétention considérée isolément.
Lorsque les prétentions réunies sont fondées sur les mêmes faits ou sont connexes,
le taux du ressort est déterminé par la valeur totale de ces prétentions.
Article L.312-2 : Lorsque des prétentions sont émises, dans une même instance et
en vertu d’un titre commun, par plusieurs demandeurs ou contre plusieurs
défendeurs, le taux du ressort est déterminé pour l’ensemble des prétentions, par la
plus élevée d’entre elles.
Article L.312-3 : Sous réserve des dispositions de l’article L.311-3, le jugement n’est
pas susceptible d’appel lorsqu’aucune des demandes incidentes n’est supérieure au
taux du dernier ressort.
Si l’une d’elles est supérieure à ce taux, le juge statue en premier ressort sur toutes
les demandes. Il se prononce toutefois en dernier ressort si la seule demande qui
excède le taux du dernier ressort est une demande reconventionnelle en dommages-
intérêts fondée exclusivement sur la demande initiale.
Article L.312-4 : Le jugement qui statue sur une demande indéterminée est, sauf
disposition contraire, susceptible d’appel.
Article L.312-5 : Le litige né, les parties peuvent toujours, pour les droits dont elles
ont la libre disposition, convenir en vertu d’un accord exprès que leur différend sera
96
Code de Procédure Civile
jugé sans appel même si le montant de la demande est supérieur au taux du dernier
ressort.
- les demandes entre héritiers. Les demandes relatives à la garantie des lots entre
copartageants, en nullité ou rescision du partage sont portées, même après le
partage, devant la juridiction du lieu où la succession est ouverte ;
- les demandes formées par les créanciers du défunt. S’il n’y a qu’un héritier, les
créanciers assignent devant le tribunal du lieu du domicile de cet héritier, et à défaut
de domicile, de sa résidence ;
97
Code de Procédure Civile
Article L.313-6 : Dans les relations entre assureur et assuré, toutes les instances
relatives à la fixation et au règlement des indemnités dues, le défendeur est assigné
devant le tribunal du domicile de l’assuré, de quelque espèce d’assurance qu’il
s’agisse, sauf en matière d’immeubles, auquel cas le défendeur est assigné devant
le tribunal de la situation des objets assurés.
Toutefois, s’il s’agit d’assurances contre les accidents de toute nature, l’assuré peut
assigner l’assureur devant le tribunal du lieu où s’est produit le fait dommageable.
Article L.313-8 : Les demandes formées pour frais par les officiers ministériels
seront portées au tribunal où les frais ont été faits.
Article L.313-9 : Le demandeur peut saisir à son choix, outre la juridiction du lieu du
domicile et à défaut, de résidence du défendeur :
Article L.313-11 : En cas d’élection de domicile pour l’exécution d’un acte, le tribunal
compétent est le tribunal du domicile élu, ou le tribunal du domicile réel du
défendeur, conformément à l’article 132 du Code civil.
Article L.313-12 : Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles
de compétence territoriale est réputée non écrite, à moins qu’elle n’ait été convenue
entre des personnes ayant toutes contracté en qualité de commerçant et qu’elle n’ait
98
Code de Procédure Civile
été spécifiée de façon très apparente dans l’engagement de la partie à qui elle est
opposée.
Sauf convention ou texte contraire, la compétence internationale est régie par les
règles internes de compétence territoriale prévues au présent chapitre 2, quelle que
soit la loi applicable au fond du litige.
Article L.321-1 : La demande initiale est celle par laquelle un plaideur prend
l’initiative d’un procès en soumettant au juge ses prétentions.
Article L.321-2 : Sous réserve des cas où l’instance est introduite par la présentation
volontaire des parties devant le juge, la demande initiale est formée par assignation,
par remise d’une requête conjointe au greffe de la juridiction, ou par requête ou
déclaration au greffe de la juridiction.
Article L.321-3 : L’assignation est l’acte d’huissier de justice par lequel le demandeur
cite son adversaire à comparaître devant le juge.
1° Sa date ;
2° Concernant le requérant :
a. S’il est une personne physique : ses nom, prénoms, profession, domicile, date
et lieu de naissance ;
b. S’il est une personne morale : l’indication de sa forme, sa dénomination, son
siège social et de l’organe qui le représente légalement ;
3° Les nom, prénoms, demeure et signature de l’huissier de justice ;
4° Les nom, prénoms et domicile ou résidence du défendeur ou, s’il s’agit d’une
personne morale, sa dénomination et son siège social ou son établissement principal
à Djibouti ;
5° L’indication de la juridiction devant laquelle la demande est portée ;
99
Code de Procédure Civile
100
Code de Procédure Civile
Elle comprend, en outre, l’indication des pièces sur lesquelles la demande est
fondée. Ces pièces sont énumérées sur un bordereau qui lui est annexé.
Lorsqu’une procédure est engagée au nom d’un ensemble de personnes qui n’a pas
la personnalité juridique comme une indivision ou une succession, l’acte introductif
d’instance doit mentionner, à peine de nullité, les nom, prénom, profession, domicile,
date et lieu de naissance de chaque membre de cet ensemble et, s’il y a lieu,
l’identité du mandataire et de l’avocat qui le représente.
Article L.321-5 : La requête conjointe est l’acte commun par lequel les parties
soumettent au juge leurs prétentions respectives, les points sur lesquels elles sont en
désaccord ainsi que leurs moyens respectifs.
Elle contient, en outre, à peine d’irrecevabilité :
1° a. Pour les personnes physiques : les nom, prénoms, profession, domicile, date et
lieu de naissance de chacun des requérants ;
b. Pour les personnes morales : l’indication de leur forme, leur dénomination, leur
siège social ou leur établissement principal à Djibouti et de l’organe qui les
représente légalement ;
2° L’indication de la juridiction devant laquelle la demande est portée ;
3° Le cas échéant, les mentions relatives à la désignation des immeubles exigées
pour la publication au Livre Foncier.
Elle comprend aussi l’indication des pièces sur lesquelles la demande est fondée.
Article L.321-6 : Lorsque cette faculté leur est ouverte par l’article L.244-1, les
parties peuvent, si elles ne l’ont déjà fait depuis la naissance du litige, conférer au
juge dans la requête conjointe mission de statuer comme amiable compositeur ou le
lier par les qualifications et points de droit auxquels elles entendent limiter le débat.
101
Code de Procédure Civile
3° L’objet de la demande.
Le juge peut soulever d’office une telle irrecevabilité à condition qu’il ait averti
préalablement et en temps suffisant la partie défaillante qu’à défaut de faire
connaître les éléments manquants, il entend soulever d’office une telle irrecevabilité.
Article L.322-3 : Constitue une demande additionnelle la demande par laquelle une
partie modifie, en y ajoutant ou y retranchant, ses prétentions antérieures.
Article L.322-4 : Constitue une intervention la demande dont l’objet est de rendre un
tiers partie au procès engagé entre les parties originaires.
Les demandes en intervention suivent les règles des articles L.322-10 à L.322-19.
Article L.322-5 : La demande incidente doit exposer les prétentions et les moyens
102
Code de Procédure Civile
Article L.322-6 : Les demandes incidentes sont formées à l’encontre des parties
à l’instance de la même manière que sont présentés les moyens de défense.
Elles sont faites à l’encontre des parties défaillantes ou des tiers dans les formes
prévues pour l’introduction de l’instance au premier degré ou de l’appel.
Article L.322-7 : L’acte par lequel est formée une demande incidente vaut
conclusions ; il est communiqué aux autres parties.
Article L.322-9 : Les demandes incidentes doivent être présentées dans un délai
raisonnable. Si une partie ou son avocat indique qu’il souhaite présenter une
demande incidente, le Président de la juridiction saisie lui impartit un délai pour la
communication de cette demande et des pièces justificatives.
Seule est admise devant la Cour Suprême l’intervention volontaire formée à titre
accessoire.
103
Code de Procédure Civile
Article L.322-14 : Un tiers peut être mis en cause aux fins de condamnation par
toute partie qui est en droit d’agir contre lui à titre principal.
Il peut également être mis en cause par la partie qui y a intérêt afin de lui rendre
commun le jugement.
Le tiers doit être appelé en temps utile pour faire valoir sa défense.
Article L.322-15 : Le juge peut inviter les parties à mettre en cause tous les
intéressés dont la présence lui paraît nécessaire à la solution du litige.
En matière gracieuse, il peut ordonner la mise en cause des personnes dont les
droits ou les charges risquent d’être affectés par la décision à prendre.
Article L.322-16 : Le tiers mis en cause est tenu de procéder devant la juridiction
saisie de la demande originaire, sans qu’il puisse décliner la compétence territoriale
de cette juridiction, même en invoquant une clause attributive de compétence.
Article L.322-17 : La garantie est simple lorsque le demandeur en garantie est lui-
même poursuivi comme personnellement obligé. Il demeure alors partie principale à
l’instance engagée.
Article L.322-18 : Le jugement rendu contre le garant formel peut, dans tous les cas,
être mis à exécution contre le garanti sous la seule condition qu’il lui ait été notifié.
104
Code de Procédure Civile
Article L.322-19 : Les dépens ne sont recouvrables contre le garanti qu’en cas
d’insolvabilité du garant formel et sous réserve que le garanti soit demeuré en la
cause, même à titre accessoire.
Article L.323-1 : Sauf disposition contraire, un moyen de défense peut être présenté
sans forme, notamment par voie de conclusions, sauf s’il est dirigé contre un tiers,
auquel cas seront suivies les formes prévues pour l’introduction de l’instance devant
la juridiction saisie.
Article L.323-2 : Les moyens de défense doivent être présentés dans un délai
raisonnable. En matière civile et commerciale, le Président de la juridiction saisie
fixe, avec les parties ou leurs avocats, le calendrier de la procédure, conformément
aux articles L.411-4 à L.411-6.
Article L.323-3 : Constitue une défense au fond tout moyen qui tend à faire rejeter
comme non justifiée, après examen au fond du droit, la prétention de l’adversaire.
Article L.323-4 : Les défenses au fond peuvent être proposées en tout état de
cause.
Article L.324-1 : Constitue une exception de procédure tout moyen qui tend soit à
faire déclarer la procédure irrégulière ou éteinte, soit à en suspendre le cours.
Les dispositions de l’alinéa premier ne font pas non plus obstacle à l’application des
articles L.328-4, L.329-4, L.328-1 et L.328-7.
105
Code de Procédure Civile
106
Code de Procédure Civile
Article L.325-1 : S’il est prétendu que la juridiction saisie est incompétente, la partie
qui soulève cette exception doit, à peine d’irrecevabilité, la motiver et faire connaître,
dans tous les cas, devant quelle juridiction elle demande que l’affaire soit portée.
Article L.325-2 : Le juge peut, dans un même jugement, mais par des dispositions
distinctes, se déclarer compétent et statuer sur le fond du litige, sauf à mettre
préalablement les parties en demeure de conclure sur le fond.
Article L.325-3 : Lorsqu’il ne se prononce pas sur le fond du litige, mais que la
détermination de la compétence dépend d’une question de fond, le juge doit, dans le
dispositif du jugement, statuer sur cette question de fond et sur la compétence par
des dispositions distinctes.
Devant la Cour d’Appel et devant la Cour Suprême, cette incompétence ne peut être
relevée d’office que si l’affaire relève de la compétence d’une juridiction répressive
ou administrative ou échappe à la connaissance de la juridiction djiboutienne.
Article L.325-5 : Le juge ne peut relever d’office son incompétence territoriale que
dans les litiges relatifs à l’état des personnes, dans les cas où la loi attribue
compétence exclusive à une autre juridiction ou si le défendeur ne comparaît pas. Il
doit inviter les parties comparantes ou représentées à présenter préalablement leurs
observations.
107
Code de Procédure Civile
§ 3. L’appel
Lorsque le premier juge n’a pas statué sur le fond, la Cour d’Appel peut soit renvoyer
l’affaire à la juridiction qu’elle estime compétente, auquel cas sa décision s’impose
aux parties comme au juge de renvoi, soit, quand elle estime de bonne justice de
donner à l’affaire une solution définitive après avoir ordonné elle-même, le cas
échéant, une mesure d’instruction, elle évoque l’affaire et retient le litige pour le juger
elle-même.
Article L.325-10 : L’arrêt de la Cour d’Appel qui statue sur une exception
d’incompétence n’est pas susceptible d’opposition.
108
Code de Procédure Civile
109
Code de Procédure Civile
§ 4. Dispositions communes
Article L.325-13 : Lorsque le juge estime que l’affaire relève de la compétence d’une
juridiction répressive, administrative, arbitrale ou étrangère, il renvoie seulement les
parties à mieux se pourvoir.
Dans tous les autres cas, le juge qui se déclare incompétent désigne la juridiction
qu’il estime compétente. Cette désignation s’impose aux parties et au juge de renvoi.
La partie la plus diligente doit, ensuite, saisir la juridiction désignée selon les modes
de saisine applicables devant elle dans un délai de deux mois, à compter de la
décision de renvoi si le jugement est contradictoire, et de sa signification s’il est
réputé contradictoire ou par défaut. L’affaire est radiée d’office si aucune des parties
ne saisit la juridiction désignée dans ce délai.
Lorsque le renvoi est fait à la juridiction qui avait été primitivement saisie, l’instance
se poursuit à la diligence du juge ou de la partie la plus diligente.
Si le même litige est pendant devant deux chambres d’une même juridiction ou
110
Code de Procédure Civile
Article L.326-2 : Connexité. S’il existe entre des affaires portées devant deux
chambres d’une même juridiction ou deux juridictions distinctes un lien tel qu’il soit de
l’intérêt d’une bonne justice de les faire instruire et juger ensemble, il peut être
demandé à l’une d’elles de se dessaisir et de renvoyer en l’état la connaissance de
l’affaire à l’autre.
Article L.326-3 : Lorsque les chambres d’une même juridiction ou les juridictions
saisies ne sont pas de même degré, l’exception de litispendance ou de connexité ne
peut être soulevée que devant la juridiction du degré inférieur.
Article L.326-4 : L’exception de connexité peut être proposée en tout état de cause,
sauf à être écartée si elle a été soulevée tardivement dans une intention dilatoire.
Article L.326-5 : Les recours contre les décisions rendues sur la litispendance ou la
connexité par les juridictions du premier degré sont formés et jugés comme en
matière d’exception d’incompétence.
Article L.326-6 : La décision rendue sur l’exception soit par la juridiction qui en est
saisie, soit à la suite d’un recours, s’impose tant à la juridiction de renvoi qu’à celle
dont le dessaisissement est ordonné.
Article L.326-8 : S’il s’élève sur la connexité des difficultés relatives à la compétence
attribuée aux diverses chambres d’une même juridiction, elles sont réglées selon les
règles applicables à cette exception. S’il est question de répartition des affaires entre
des formations différentes d’une même chambre, la difficulté est réglée sans
formalité par le président. Sa décision est alors une mesure d’administration
judiciaire.
111
Code de Procédure Civile
Article L.327-1 : Le juge doit suspendre l’instance lorsque la partie qui le demande
jouit soit d’un délai pour faire inventaire et délibérer, soit d’un bénéfice de discussion
ou de division, soit de quelque autre délai d’attente en vertu de la loi.
L’instance poursuit son cours à l’expiration du délai dont dispose le garant pour
comparaître, sauf à ce qu’il soit statué séparément sur la demande en garantie si le
garant n’a pas été appelé dans le délai fixé par le juge.
Article L.327-3 : Le juge peut également suspendre l’instance lorsque l’une des
parties invoque une décision frappée de tierce opposition, d’appel, d’opposition ou de
recours en révision.
Article L.327-4 : Le bénéficiaire d’un délai pour faire inventaire et délibérer peut ne
proposer ses autres exceptions qu’après l’expiration de ce délai.
Article L.328-1 : La nullité des actes de procédure peut être invoquée au fur et à
mesure de leur accomplissement ; mais elle est couverte si celui qui l’invoque a,
postérieurement à l’acte critiqué, fait valoir des défenses au fond ou opposé une fin
de non-recevoir sans soulever la nullité.
Article L.328-2 : Tous les moyens de nullité contre des actes de procédure déjà faits
doivent être invoqués simultanément à peine d’irrecevabilité de ceux qui ne l’auraient
pas été.
Article L.328-3 : Aucun acte de procédure ne peut être déclaré nul pour vice de
forme si la nullité n’en est pas expressément prévue par la loi, sauf en cas
d’inobservation d’une formalité substantielle ou d’ordre public. Une formalité est
substantielle lorsqu’elle est indispensable pour qu’un acte puisse jouer son rôle.
La nullité ne peut être prononcée qu’à charge pour l’adversaire qui l’invoque de
prouver le grief que lui cause l’irrégularité, même lorsqu’il s’agit d’une formalité
substantielle ou d’ordre public.
112
Code de Procédure Civile
Article L.328-7 : Les exceptions de nullité fondées sur l’inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure peuvent être proposées en tout état de cause,
à moins qu’il en soit disposé autrement et sauf la possibilité pour le juge de
condamner à des dommages-intérêts ceux qui se seraient abstenus, dans une
intention dilatoire, de les soulever plus tôt.
Article L.328-8 : Les exceptions de nullité fondées sur l’inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure doivent être accueillies sans que celui qui les
invoque ait à justifier d’un grief et alors même que la nullité ne résulterait d’aucune
disposition expresse.
Article L.328-9 : Les exceptions de nullité fondées sur l’inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure doivent être relevées d’office lorsqu’elles ont
un caractère d’ordre public.
Le juge peut relever d’office la nullité pour défaut de capacité d’ester en justice.
Dans tous les cas, le juge qui entend relever d’office une telle nullité doit inviter
préalablement les parties à présenter leurs observations.
Article L.328-10 : Dans les cas où elle est susceptible d’être couverte, la nullité ne
sera pas prononcée, si sa cause a disparu au moment où le juge statue.
113
Code de Procédure Civile
Article L.329-1 : Constitue une fin de non-recevoir tout moyen qui tend à faire
déclarer l’adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut
de droit d’agir, tel le défaut de qualité, le défaut d’intérêt, la prescription, le délai
préfix, la chose jugée.
Article L.329-2 : Les fins de non-recevoir peuvent être proposées en tout état de
cause, sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages-intérêts ceux
qui se seraient abstenus, dans une intention dilatoire, de les soulever plus tôt.
Article L.329-3 : Les fins de non-recevoir doivent être accueillies sans que celui qui
les invoque ait à justifier d’un grief et alors même que l’irrecevabilité ne résulterait
d’aucune disposition expresse.
Article L.329-4 : Les fins de non-recevoir doivent être relevées d’office lorsque le
texte en fait obligation au juge ou lorsqu’elles ont un caractère d’ordre public,
notamment lorsqu’elles résultent de l’inobservation des délais dans lesquels doivent
être exercées les voies de recours ou de l’absence d’ouverture d’une voie de
recours.
Lorsqu’il entend relever d’office une telle fin de non-recevoir, le juge doit inviter
préalablement les parties à présenter leurs observations.
Article L.329-5 : Dans tous les cas où la situation donnant lieu à fin de non-recevoir
est susceptible d’être régularisée, l’irrecevabilité sera écartée si sa cause a disparu
au moment où le juge statue.
Il en est de même lorsque, avant toute forclusion, la personne ayant qualité pour agir
devient partie à l’instance.
114
Code de Procédure Civile
présent chapitre.
Article L.331-4 : Le juge statue sans délai, selon les règles de procédure qui lui sont
applicables, sur la transmission de l’exception d’inconstitutionnalité, le Ministère
Public avisé et les parties entendues ou appelées.
Ceux-ci sont avisés par tout moyen de la date à laquelle la décision statuant sur la
transmission de l’exception d’inconstitutionnalité à la Cour Suprême sera rendue. Les
parties sont en outre avisées qu’elles devront, le cas échéant, se conformer aux
dispositions de l’article L.332-2.
Le juge saisi d’une exception d’inconstitutionnalité qui a déjà été tranchée dans le
sens de la conformité à la Constitution, l’écarte sans surseoir à statuer.
115
Code de Procédure Civile
116
Code de Procédure Civile
Article L.331-7 : Le greffe avise les parties qui n’ont pas comparu et le Ministère
Public par tout moyen et sans délai de la décision statuant sur la transmission de
l’exception d’inconstitutionnalité à la Cour Suprême.
En cas de décision de transmission, l’avis aux parties qui n’ont pas comparu précise
que celle-ci n’est susceptible d’aucun recours et que les parties qui entendent
présenter des observations devant la Cour Suprême doivent se conformer aux
dispositions de l’article L.332-2, qui est reproduit dans l’avis, ainsi que le premier
alinéa de l’article L.332-4.
En cas de décision de refus de transmission, l’avis aux parties qui n’ont pas comparu
précise que celle-ci ne peut être contestée qu’à l’occasion d’un recours formé contre
une décision tranchant tout ou partie du litige.
Article L.332-2 : Les parties disposent d’un délai de quinze jours à compter de la
décision de transmission pour faire connaître leurs éventuelles observations. Celles-
ci sont signées par un avocat inscrit au Barreau de Djibouti.
Les autres parties au pourvoi disposent d’un délai de quinze jours pour remettre un
mémoire en défense sur l’exception d’inconstitutionnalité. Ces mémoires sont établis,
déposés au greffe de la Cour Suprême et signifiés par huissier aux parties et au
Ministère Public, suivant les règles régissant les pourvois et mémoires en Cour
Suprême.
117
Code de Procédure Civile
La Cour Suprême saisie d’une exception d’inconstitutionnalité qui a déjà été tranchée
dans le sens de la conformité à la Constitution, l’écarte sans surseoir à statuer.
Article L.332-6 : Le greffe de la Cour Suprême notifie aux parties la décision prise
par le président de la formation en application du premier alinéa de l’article L.332-4,
ainsi que la date de l’audience.
Si la tentative de conciliation n’aboutit pas dans le délai convenu entre les parties,
l’une des parties peut demander au juge la reprise de l’instance.
Article L.341-3 : Les parties peuvent toujours demander au juge de constater leur
conciliation.
Article L.341-4 : Le jugement qui constate la conciliation est enregistré au droit fixe
prévu par l’article 485 du code général des impôts.
118
Code de Procédure Civile
Article L.342-1 : La teneur de l’accord, même partiel, est consignée dans un écrit
signé par les parties ou leurs conseils. Les parties, ou la plus diligente d’entre elles,
peuvent soumettre ledit accord au juge afin qu’il leur en donne acte.
Article L.342-2 : Le jugement donnant acte aux parties de leur accord vaut titre
exécutoire.
Si l’accord de conciliation n’a pas été soumis au juge alors qu’il était saisi, les parties
ou la plus diligente d’entre elles peuvent, à tout moment, présenter au juge une
demande afin qu’il leur soit donné acte de leur accord.
Le juge statue sur la requête qui lui est présentée sans débat, à moins qu’il n’estime
nécessaire d’entendre les parties à l’audience.
Article L.343-1 : Le juge saisi d’un litige peut, après avoir recueilli l’accord des
parties, désigner une tierce personne afin d’entendre les parties et de confronter
leurs points de vue pour leur permettre de trouver une solution au conflit qui les
oppose.
Le juge des référés, est incompétent pour désigner un médiateur lorsque le juge du
fond est déjà saisi.
Article L.343-2 : Le juge fixe l’étendue de la mission du médiateur avec l’accord des
parties : cette mission peut porter sur tout ou partie du litige.
Article L.343-3 : La durée initiale de la médiation ne peut excéder trois mois. Cette
mission peut être renouvelée une fois, pour une même durée, seulement avec
l’accord des parties.
Article L.343-4 : La médiation peut être confiée à une personne physique ou à une
personne morale.
Si le médiateur désigné est une personne morale, son représentant légal soumet
à l’agrément du juge le nom de la ou des personnes physiques qui assureront, au
sein de celle-ci et en son nom, l’exécution de la mesure.
119
Code de Procédure Civile
120
Code de Procédure Civile
1° Ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité ou d’une déchéance
mentionnées sur le bulletin n° 2 du casier judiciaire ;
2° N’avoir pas été l’auteur de faits contraires à l’honneur, à la probité et aux bonnes
mœurs ayant donné lieu à une sanction disciplinaire ou administrative de destitution,
radiation, révocation, de retrait d’agrément ou d’autorisation ;
Article L.343-6 : La décision qui ordonne une médiation mentionne l’accord des
parties, désigne le médiateur et la durée initiale de sa mission et indique la date à
laquelle l’affaire est renvoyée.
Dès qu’il est informé par le greffe ou une des parties de la consignation, il doit
convoquer les parties.
Le médiateur ne peut être commis, au cours de la même instance, pour effectuer une
mesure d’instruction.
121
Code de Procédure Civile
Article L.343-9 : La personne physique qui assure la médiation tient le juge informé
des difficultés qu’elle rencontre dans l’accomplissement de sa mission.
Article L.343-10 : Le juge peut mettre fin, à tout moment, à la médiation sur
demande d’une partie ou à l’initiative du médiateur. Le juge peut également y mettre
fin d’office lorsque le bon déroulement de la médiation apparaît compromis.
Dans tous les cas, l’affaire est rappelée à l’audience de renvoi que le juge a fixé
conformément à l’article L.343-6 alinéa premier, afin qu’il soit décidé soit de mettre
fin à la médiation et poursuivre l’instance, soit de prolonger la mission du médiateur.
A cette audience, le juge, s’il met fin à la mission du médiateur, peut poursuivre
l’instance. Le médiateur est informé de la décision.
Article L.343-12 : À tout moment, les parties, ou la plus diligente d’entre elles,
peuvent soumettre au juge le constat d’accord établi par le médiateur de justice afin
qu’il leur en donne acte. Le juge statue sur la requête qui lui est présentée sans
débat, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties à l’audience.
Le jugement donnant acte aux parties de leur accord vaut titre exécutoire
Les dispositions des alinéas précédents s’appliquent à l’accord issu d’une médiation
conventionnelle intervenue alors qu’une instance judiciaire est en cours.
La charge des frais de la médiation est répartie par le juge entre les parties, sauf si
les parties en ont convenu autrement.
122
Code de Procédure Civile
La production de pièces est le fait pour une partie d’apporter aux débats une pièce
dont cette partie entend faire état ; l’obtention de pièces est le fait pour une partie
d’obtenir d’une autre partie ou d’un tiers au procès une pièce détenue par celui-ci.
L’obtention est subsidiaire à la production.
Article L.350-2 : La partie qui fait état d’une pièce s’oblige à la communiquer à toute
autre partie à l’instance. La communication des pièces doit être spontanée.
Article L.350-3 : Si la communication des pièces n’est pas faite, il peut être
demandé, sans forme, au juge d’enjoindre cette communication.
Article L.350-4 : Le juge fixe, au besoin à peine d’astreinte, le délai, et, s’il y a lieu,
les modalités de la communication.
123
Code de Procédure Civile
Article L.350-5 : Le juge peut écarter du débat les pièces qui n’ont pas été
communiquées en temps utile.
Article L.350-6 : La partie qui ne restitue pas les pièces communiquées peut y être
contrainte, éventuellement sous astreinte.
Article L.350-7 : Si, dans le cours d’une instance, une partie entend faire état d’un
acte authentique ou sous signature privée auquel elle n’a pas été partie ou d’une
pièce détenue par un tiers, elle peut demander au juge saisi de l’affaire d’ordonner la
délivrance d’une expédition ou la production de l’acte ou de la pièce.
Article L.350-8 : La demande est faite par simple requête. Le juge, s’il estime cette
demande fondée, ordonne la délivrance ou la production de l’acte ou de la pièce, ou
d’une catégorie de documents, en original, en copie ou en extrait selon le cas, dans
les conditions et sous les garanties qu’il fixe, au besoin à peine d’astreinte.
Article L.350-9 : La décision du juge est exécutoire à titre provisoire, sur minute s’il y
a lieu.
Article L.350-11 : Les demandes relatives aux éléments de preuve détenus par les
parties sont faites, et leur production a lieu, conformément aux dispositions des
articles L.350-8 et L.350-9.
124
Code de Procédure Civile
125
Code de Procédure Civile
Article L.351-1 : Les faits dont dépend la solution du litige peuvent, à la demande
des parties ou d’office, être l’objet de toute mesure d’instruction légalement
admissible.
Les mesures d’instruction peuvent être ordonnées en tout état de cause, dès lors
que le juge ne dispose pas d’éléments suffisants pour statuer.
Lorsqu’il envisage d’ordonner d’office une mesure d’instruction, le juge en informe les
parties ou leurs avocats à l’audience et les invite les parties à lui présenter leurs
observations.
Article L.351-2 : S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout
procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures
d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout
intéressé, sur requête lorsque les circonstances exigent que la mesure ne soit pas
prise contradictoirement, ou en référé.
Lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d’instruction présentée avant
tout procès, le délai de prescription est suspendu. Il recommence à courir à compter
du jour où la mesure a été exécutée.
Article L.351-3 : Une mesure d’instruction ne peut être ordonnée sur un fait que si la
partie qui l’allègue ne dispose pas d’éléments suffisants pour le prouver.
En aucun cas une mesure d’instruction ne peut être ordonnée en vue de suppléer la
carence de la partie dans l’administration de la preuve.
Article L.351-4 : Le juge doit limiter le choix de la mesure à ce qui est suffisant pour
la solution du litige, en s’attachant à retenir ce qui est le plus simple et le moins
126
Code de Procédure Civile
onéreux.
Article L.351-6 : Le juge peut à tout moment accroître ou restreindre l’étendue des
mesures prescrites.
Article L.351-7 : La décision qui ordonne ou modifie une mesure d’instruction n’est
pas susceptible d’opposition ; elle ne peut être frappée d’appel ou de pourvoi en
cassation indépendamment du jugement sur le fond.
Le greffier adresse copie de la décision par lettre simple aux parties défaillantes ou
absentes lors du prononcé de la décision.
Article L.351-10 : La décision qui ordonne une mesure d’instruction ne dessaisit pas
le juge.
La décision indique la date à laquelle l’affaire est renvoyée pour un nouvel examen.
Article L.351-12 : La mesure d’instruction est exécutée sous le contrôle du juge qui
l’a ordonnée lorsqu’il n’y procède pas lui- même.
Lorsque la mesure est ordonnée par une formation collégiale, le contrôle est exercé
par le président de la formation collégiale, s’il n’a pas été confié à un membre de
127
Code de Procédure Civile
celle-ci.
Le contrôle de l’exécution de cette mesure peut également être assuré par le juge
désigné dans les conditions de l’article L.351-13.
Le juge chargé de contrôler l’exécution des mesures d’instruction, désigné dans les
conditions de l’alinéa précédent, est compétent pour assurer le contrôle des mesures
d’instruction ordonnées en référé, sauf s’il en est décidé autrement lors de la
répartition des juges entre les différentes chambres et services du tribunal.
Article L.351-14 : Le juge peut se déplacer hors de son ressort pour procéder à une
mesure d’instruction ou pour en contrôler l’exécution.
Article L.351-15 : Lorsque l’éloignement des parties ou des personnes qui doivent
apporter leur concours à la mesure, ou l’éloignement des lieux, rend le déplacement
trop difficile ou trop onéreux, le juge peut charger un juge statuant en audience
foraine au siège des Régions de procéder à tout ou partie des opérations ordonnées.
La décision est transmise avec tous documents utiles par le greffe de la juridiction
commettante au juge commis. Dès réception, il est procédé aux opérations prescrites
à l’initiative du juge commis à cet effet.
Les parties ou les personnes qui doivent apporter leur concours à l’exécution de la
mesure d’instruction sont directement convoquées ou avisées par le juge commis.
Les parties ne sont pas tenues de constituer avocat devant lui.
Sitôt les opérations accomplies, le greffier assistant le juge qui y a procédé transmet
à la juridiction commettante les procès-verbaux accompagnés des pièces et objets
annexés ou déposés.
Article L.351-18 : Les parties et les tiers qui doivent apporter leur concours aux
128
Code de Procédure Civile
mesures d’instruction sont convoqués, selon le cas, par le greffier du juge qui y
procède ou par le technicien commis. La convocation est faite par voie
administrative, par voie d’huissier, par lettre recommandée ou tout autre procédé
faisant preuve de réception. Les parties peuvent également être convoquées par
remise à leur défenseur d’un simple bulletin.
Les parties et les tiers peuvent aussi être convoqués verbalement s’ils sont présents
lors de la fixation de la date d’exécution de la mesure.
Les défenseurs des parties sont avisés par lettre simple s’ils ne l’ont été verbalement
ou par bulletin. Les parties défaillantes sont avisées par lettre simple.
Article L.351-19 : Les parties peuvent se faire assister lors de l’exécution d’une
mesure d’instruction.
Elles peuvent se dispenser de s’y rendre si la mesure n’implique pas leur audition
personnelle.
Article L.351-20 : Celui qui représente ou assiste une partie devant la juridiction qui
a ordonné la mesure peut en suivre l’exécution, quel qu’en soit le lieu, formuler des
observations et présenter toutes les demandes relatives à cette exécution même en
l’absence de la partie.
Article L.351-21 : Le Ministère Public peut toujours être présent lors de l’exécution
des mesures d’instruction, quelle que soit la qualité dans laquelle il intervient.
Dans les autres cas, le juge saisi sans forme fixe la date pour laquelle les parties et,
129
Code de Procédure Civile
L’intervenant est mis en mesure de présenter ses observations sur les opérations
auxquelles il a déjà été procédé.
Article L.351-28 : Les décisions prises par le juge commis ou par le juge chargé du
contrôle n’ont pas au principal l’autorité de la chose jugée.
Article L.351-30 : Dès que la mesure d’instruction est exécutée, l’instance qui a été
engagée au principal se poursuit à la diligence du juge ou de la partie la plus
diligente.
SECTION 3 – NULLITES
130
Code de Procédure Civile
Article L.351-33 : La nullité des décisions et actes d’exécution relatifs aux mesures
d’instruction est soumise aux dispositions qui régissent la nullité des actes de
procédure.
Article L.352-1 : Le juge peut, afin de les vérifier lui-même, prendre en toute matière
une connaissance personnelle des faits litigieux, les parties présentes ou appelées.
Article L.352-2 : S’il n’y procède pas immédiatement, le juge fixe les lieu, jour et
heure de la vérification ; le cas échéant, il désigne pour y procéder un membre de la
formation de jugement.
La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention dans le
jugement si l’affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.
131
Code de Procédure Civile
Article L.353-1 : Le juge peut, en toute matière, faire comparaître devant lui
personnellement les parties ou l’une d’elles.
Lorsqu’elle est ordonnée par le juge statuant à juge unique, celui-ci peut y procéder
lui-même ou décider que la comparution aura lieu devant la formation collégiale
conformément à l’article L.111-3.
Article L.353-6 : Les parties sont interrogées en présence l’une de l’autre. Elles
doivent être confrontées si l’une des parties le demande, à moins que les
circonstances n’exigent qu’elles soient interrogées séparément.
Lorsque la comparution d’une seule des parties a été ordonnée, cette partie est
interrogée en présence de l’autre à moins que les circonstances n’exigent qu’elle le
soit immédiatement ou hors sa présence, sous réserve du droit pour la partie
absente d’avoir immédiatement connaissance des déclarations de la partie
entendue.
Article L.353-7 : Les parties peuvent être interrogées en présence d’un technicien et
confrontées avec les témoins.
Article L.353-8 : Les parties répondent en personne aux questions qui leur sont
posées sans pouvoir lire aucun projet.
132
Code de Procédure Civile
Article L.353-10 : Le juge peut poser toute question qu'il estime utile.
Article L.353-11 : Il est dressé procès-verbal des déclarations des parties, de leur
absence ou de leur refus de répondre.
La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention dans le
jugement si l’affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.
Le procès-verbal est en outre daté et signé par le juge et, s’il y a lieu, par le greffier.
Article L.353-13 : Si l’une des parties est dans l’impossibilité de se présenter, le juge
qui a ordonné la comparution ou le juge commis par la formation de jugement à
laquelle il appartient peut se transporter auprès d’elle après avoir, le cas échéant,
convoqué la partie adverse.
Article L.353-14 : Le juge peut faire comparaître les incapables sous réserve des
règles relatives à la capacité des personnes et à l’administration de la preuve, ainsi
que leurs représentants légaux ou ceux qui les assistent.
Il peut faire comparaître les personnes morales, y compris les collectivités publiques
et les établissements publics, en la personne de leurs représentants qualifiés.
Il peut en outre faire comparaître tout membre ou agent d’une personne morale pour
être interrogé tant sur les faits qui lui sont personnels que sur ceux qu’il a connus en
raison de sa qualité.
133
Code de Procédure Civile
La demande d’audition est présentée sans forme au juge par le mineur lui-même ou
par les parties. Elle peut l’être en tout état de la procédure et même pour la première
fois en cause d’appel. Si le mineur se présente accompagné de ses parents pour
demander à être entendu, le juge peut procéder à une audition sur le champ.
Article L.353-16 : La décision ordonnant l’audition peut revêtir la forme d’une simple
mention au dossier ou au registre d’audience.
Lorsque la demande est formée par le mineur, le refus d’audition ne peut être fondé
que sur son absence de discernement ou sur le fait que la procédure ne le concerne
pas.
Lorsque la demande est formée par les parties, l’audition peut également être
refusée si le juge ne l’estime pas nécessaire à la solution du litige ou si elle lui paraît
contraire à l’intérêt de l’enfant mineur.
Le mineur et les parties sont avisés du refus par tout moyen. Dans tous les cas, les
motifs du refus sont mentionnés dans la décision au fond.
La décision statuant sur la demande d’audition formée par les parties est soumise
aux dispositions de l’article L.351-7.
La convocation informe le mineur de son droit à être entendu seul, avec un avocat ou
une personne de son choix. Si le mineur demande à être entendu avec un avocat et
qu’il ne choisit pas lui-même celui-ci, le juge requiert, par tout moyen, la désignation
d’un avocat par le bâtonnier.
Le même jour, les défenseurs des parties et, à défaut, les parties elles-mêmes sont
avisés des modalités de l’audition.
134
Code de Procédure Civile
L’audition peut avoir lieu immédiatement avant l’audience des débats, mais dans ce
cas le temps de l’audition et le temps de l’audience seront dissociés. L’audition ne
peut en revanche pas avoir lieu à l’issue des débats, ni pendant le cours du délibéré,
sauf au juge à réouvrir les débats.
Les modalités d’audition peuvent être modifiées en cas de motif grave s’opposant à
ce que le mineur soit entendu dans les conditions initialement prévues.
Lorsque l’audition est ordonnée par une formation collégiale, celle-ci peut entendre
elle-même le mineur ou désigner l’un de ses membres pour procéder à l’audition et
lui en rendre compte.
Dans le respect de l’intérêt de l’enfant, il est fait un compte rendu de cette audition.
Ce compte rendu est soumis au respect du contradictoire.
Article L.353-21 : Le juge peut tirer toute conséquence de droit des déclarations des
parties, de l’absence ou du refus de répondre de l’une d’elles et en faire état comme
équivalent à un commencement de preuve par écrit.
Article L.354-1 : Lorsque la preuve testimoniale est admissible, le juge peut recevoir
des tiers les déclarations de nature à l’éclairer sur les faits litigieux dont ils ont
personnellement connaissance. Ces déclarations sont faites par attestations ou
recueillies par voie d’enquête selon qu’elles sont écrites ou orales.
Article L.354-2 : Les attestations sont produites par les parties ou à la demande du
juge.
Le juge communique aux parties les attestations qui lui sont directement adressées.
135
Code de Procédure Civile
Article L.354-3 : Les attestations doivent être établies par des personnes qui
remplissent les conditions requises par les articles L.354-7 et L.354-8 pour être
entendues comme témoins.
136
Code de Procédure Civile
Article L.354-4 : L’attestation contient la relation des faits auxquels son auteur a
assisté ou qu’il a personnellement constatés.
Elle mentionne les nom, prénoms, date et lieu de naissance, domicile et profession
de son auteur ainsi que, s’il y a lieu, son lien de parenté ou d’alliance avec les
parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d’intérêts
avec elles.
Elle indique en outre qu’elle est établie en vue de sa production en justice et que son
auteur a connaissance qu’une fausse attestation de sa part l’expose à des sanctions
pénales.
L’attestation est écrite, datée et signée de la main de son auteur. Celui-ci doit lui
annexer, en original ou en photocopie, tout document officiel justifiant de son identité
et comportant sa signature.
Si l’auteur de l’attestation ne sait pas lire, elle doit lui être lue par un témoin et porter
son empreinte digitale et la signature du témoin.
Article L.354-5 : Le juge peut toujours procéder par voie d’enquête à l’audition de
l’auteur d’une attestation.
SECTION 2 – L’ENQUETE
Article L.354-6 : Lorsque l’enquête est ordonnée, le demandeur peut préciser les
éléments de fait du litige en rapportant leur preuve par tous témoins. Le défendeur a
le même droit de faire citer des témoins afin de rapporter la preuve contraire.
Article L.354-7 : Chacun peut être entendu comme témoin, à l’exception des
personnes qui sont frappées d’une incapacité de témoigner en justice.
Les personnes qui ne peuvent témoigner peuvent cependant être entendues dans
les mêmes conditions, mais sans prestation de serment. Toutefois, les descendants
ne peuvent jamais être entendus sur les griefs invoqués par les époux à l’appui d’une
demande en divorce ou en séparation de corps.
Si les témoins ou les personnes entendues ne parlent pas la langue officielle dans
laquelle se déroule la procédure, le juge est tenu de recourir à un interprète, même
lorsqu’il connaît la langue dans laquelle s’exprime le témoin.
137
Code de Procédure Civile
138
Code de Procédure Civile
Peuvent être dispensées de déposer les personnes qui justifient d’un motif légitime.
Peuvent refuser de déposer les parents ou alliés en ligne directe de l’une des parties
ou son conjoint, même divorcé.
Article L.354-9 : Les témoins défaillants peuvent être cités à leurs frais si leur
audition est jugée nécessaire.
Les témoins défaillants et ceux qui, sans motif légitime, refusent de déposer ou de
prêter serment peuvent être condamnés à une amende civile de 10.000 FD
à 100 000 FD maximum.
Celui qui justifie n’avoir pas pu se présenter au jour fixé pourra être déchargé de
l’amende et des frais de citation.
Article L.354-10 : Le juge entend les témoins en leur déposition séparément et dans
l’ordre qu’il détermine.
Par exception, le juge peut, si les circonstances l’exigent, inviter une partie à se
retirer sous réserve du droit pour celle-ci d’avoir immédiatement connaissance des
déclarations des témoins entendus hors sa présence.
Article L.354-11 : L’enquête a lieu en présence des défenseurs de toutes les parties
ou ceux-ci appelés.
Article L.354-12 : Les témoins déclarent leurs nom, prénom, date de naissance,
domicile et profession ainsi que, s’il y a lieu, leur lien de parenté ou d’alliance avec
les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté
d’intérêts avec elles.
Article L.354-13 : Les personnes qui sont entendues en qualité de témoins prêtent
serment de dire la vérité. Le juge leur rappelle qu’elles encourent des peines
d’amende et d’emprisonnement en cas de faux témoignage.
Les personnes qui sont entendues sans prestation de serment sont informées de
leur obligation de dire la vérité.
139
Code de Procédure Civile
Article L.354-15 : Le juge peut entendre ou interroger les témoins sur tous les faits
dont la preuve est admise par la loi, alors même que ces faits ne seraient pas
indiqués dans la décision prescrivant l’enquête.
Article L.354-17 : Le juge peut entendre à nouveau les témoins, les confronter entre
eux ou avec les parties ; le cas échéant, il procède à l’audition en présence d’un
technicien.
Article L.354-18 : A moins qu’il ne leur ait été permis ou enjoint de se retirer après
avoir déposé, les témoins restent à la disposition du juge jusqu’à la clôture de
l’enquête ou des débats. Ils peuvent, jusqu’à ce moment, apporter des additions ou
des changements à leur déposition.
Article L.354-20 : Le juge qui procède à l’enquête peut, d’office ou à la demande des
parties, convoquer ou entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile à la
manifestation de la vérité.
Toutefois, si elles sont recueillies au cours des débats, il est seulement fait mention
dans le jugement du nom des personnes entendues, de leur prestation de serment et
du résultat de leurs dépositions lorsque l’affaire doit être immédiatement jugée en
dernier ressort.
140
Code de Procédure Civile
Les observations des parties sont consignées dans le procès-verbal, ou lui sont
annexées lorsqu’elles sont écrites.
Article L.354-23 : La partie qui demande une enquête doit préciser les faits dont elle
entend rapporter la preuve.
Article L.354-24 : Il incombe à la partie qui demande une enquête d’indiquer les
nom, prénoms et domicile des personnes dont elle sollicite l’audition.
La même charge incombe aux adversaires qui demandent l’audition de témoins sur
les faits dont la partie prétend rapporter la preuve.
La décision qui prescrit l’enquête énonce les nom, prénoms et domicile des
personnes à entendre.
Article L.354-25 : Si les parties sont dans l’impossibilité d’indiquer d’emblée les
personnes à entendre, le juge peut néanmoins les autoriser soit à se présenter sans
autres formalités à l’enquête avec les témoins qu’elles désirent faire entendre, soit à
faire connaître au greffe de la juridiction, dans le délai qu’il fixe, les nom, prénoms et
domicile des personnes dont elles sollicitent l’audition.
Lorsque l’enquête est ordonnée d’office, le juge, s’il ne peut indiquer dans sa
décision le nom des témoins à entendre, enjoint aux parties de procéder comme il
est dit à l’alinéa précédent.
141
Code de Procédure Civile
142
Code de Procédure Civile
Article L.354-26 : La décision qui ordonne l’enquête précise si elle aura lieu devant
la formation de jugement ou devant un membre de cette formation.
Article L.354-27 : Les témoins sont convoqués par le greffier de la juridiction cinq
jours au moins avant la date de l’enquête.
Article L.354-28 : Les convocations mentionnent les nom et prénoms des parties et
reproduisent les dispositions des deux premiers alinéas de l’article L.354-9.
Article L.354-29 : Les parties et leurs défenseurs sont avisés de la date de l’enquête
verbalement ou par lettre simple.
Article L.354-30 : Le juge peut, à l’audience ou en son cabinet, ainsi qu’en tout lieu à
l’occasion de l’exécution d’une mesure d’instruction, entendre sur-le-champ les
personnes dont l’audition lui paraît utile à la manifestation de la vérité.
Article L.355-1 : Le juge peut commettre un huissier ou un expert pour l’éclairer par
des constatations ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les
lumières d’un technicien.
Si le technicien désigné est une personne morale, son représentant légal soumet à
l’agrément du juge le nom de la ou des personnes physiques qui assureront, au sein
de celle-ci et en son nom l’exécution de la mesure.
143
Code de Procédure Civile
Article L.355-3 : Les techniciens peuvent être récusés pour les mêmes causes que
les juges. S’il s’agit d’une personne morale, la récusation peut viser tant la personne
morale elle-même que la ou les personnes physiques agréées par le juge.
La partie qui entend récuser le technicien doit le faire devant le juge qui l’a commis
ou devant le juge chargé du contrôle avant le début des opérations ou dès la
révélation de la cause de la récusation.
Article L.355-7 : Le technicien doit donner son avis sur les points pour l’examen
desquels il a été commis.
Article L.355-8 : Le technicien doit respecter les délais qui lui sont impartis.
144
Code de Procédure Civile
Lorsque le technicien commis ou les parties demandent que ces personnes soient
entendues par le juge, celui- ci procède à leur audition s’il l’estime utile.
Article L.355-13 : Le technicien doit faire connaître dans son avis toutes les
informations qui apportent un éclaircissement sur les questions à examiner.
Il lui est interdit de révéler les autres informations dont il pourrait avoir connaissance
à l’occasion de l’exécution de sa mission.
Article L.355-15 : Le juge n’est pas lié par les constatations ou les conclusions du
technicien qui n’ont jamais qu’une valeur d’avis. Il doit se réserver en toutes
circonstances le droit d’apprécier lui-même les preuves.
145
Code de Procédure Civile
L’huissier ne doit porter aucun avis sur les conséquences de fait ou de droit qui
peuvent résulter de ses constatations.
Les constatations sont consignées par écrit à moins que le juge n’en décide la
présentation orale.
Article L.355-20 : Le juge qui prescrit des constatations fixe le délai dans lequel le
constat sera déposé ou la date de l’audience à laquelle les constatations seront
présentées oralement.
Le juge désigne la ou les parties qui seront tenues de verser par provision à l’huissier
une avance sur sa rémunération voire la totalité du montant prévisible, dont il fixe le
montant.
Dès qu’il est informé par le greffe de la consignation, le constatant doit convoquer les
parties en leur indiquant la date, l’heure et le lieu de son constat, sauf dans le cas où
la mesure a été ordonnée pour être exécutée à l’insu d’une partie.
Article L.355-22 : Le constat établi par l’huissier est remis au greffe de la juridiction.
Sont joints au dossier de l’affaire les documents à l’appui des constats, notamment
les photographies.
Article L.355-23 : Lorsque les constatations ont été prescrites au cours du délibéré,
le juge, à la suite de l’exécution de la mesure, ordonne la réouverture des débats si
l’une des parties le demande ou s’il l’estime nécessaire.
146
Code de Procédure Civile
Article L.356-1 : L’expertise n’a lieu d’être que dans le cas où des constatations par
huissier de justice ne pourraient suffire à éclairer le juge.
Article L.356-2 : Le juge qui ordonne une mesure d’expertise doit choisir l’expert sur
la liste des experts judiciaires agréés. Toutefois, lorsque le juge constate qu’aucun
expert n’est inscrit ou disponible dans une spécialité donnée, il peut désigner toute
personne compétente, uniquement pour les besoins du litige qui lui est soumis.
Article L.356-3 : L’inscription sur la liste des experts judiciaires agréés peut être
demandée par toute personne physique, de quelque nationalité qu’elle soit, qui
satisfait aux conditions ci-après :
1° Ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité ou d’une déchéance
mentionnées sur le bulletin n° 2 du casier judiciaire ;
2° N’avoir pas été l’auteur de faits contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes
mœurs ;
3° Ne pas avoir été l’auteur de faits ayant donné lieu à une sanction disciplinaire ou
administrative de destitution, radiation, révocation de retrait d’agrément ou
d’autorisation ;
4° N’avoir pas été frappé de faillite personnelle ou d’une autre sanction en
application du Livre IV du Code de Commerce sur les Entreprises en Difficulté ;
5° Justifier d’un diplôme ou avoir exercé pendant au moins 3 ans une profession ou
une activité en rapport avec la spécialité postulée ;
6° Etre âgé d’au moins 30 ans et de 75 ans au plus ;
7° Séjourner régulièrement sur le territoire de la République de Djibouti, en ce qui
concerne les étrangers ; et, pour les nationaux, disposer d’une résidence dans le
ressort de la Cour d’Appel de Djibouti ;
8° Justifier d’une patente ;
9° Présenter les garanties d’indépendance nécessaires à l’exercice de l’expertise
judiciaire.
Article L.356-4 : Une personne morale demandant son inscription doit justifier, outre
les conditions générales prévues à l’article L.356-3, points 1, 2, 3, 4 et 8 :
- que cette activité n’est pas incompatible avec l’indépendance nécessaire à
l’exercice de missions d’expertises judiciaires ;
- qu’elle dispose des moyens techniques et du personnel qualifié approprié
147
Code de Procédure Civile
La personne morale demandant son inscription doit également produire ses statuts
et indiquer le nom de ses dirigeants et de chacune des personnes détenant une
fraction d’au moins 10 % de son capital social, directement ou indirectement.
Article L.356-5 : La fonction d’expert judiciaire est incompatible avec l’exercice des
professions de juge, d’huissier de justice et de greffier.
Article L.356-7 : Le seul recours ouvert contre une décision d’inscription ou de refus
d’inscription est un recours devant la Cour Suprême.
Un mémoire ampliatif doit être déposé dans un délai de un mois du pourvoi et signifié
à l’autre partie dans les quinze jours. Ces délais sont prévus à peine d’irrecevabilité
du pourvoi.
Article L.356-8 : Les experts sont inscrits sur la liste pour une durée de cinq ans,
renouvelable. La réinscription est décidée dans les mêmes conditions et formes que
l’inscription.
L’expert peut demander son retrait de la liste pour des causes exclusives de toute
148
Code de Procédure Civile
faute disciplinaire si ce retrait est rendu nécessaire par des circonstances de fait, tels
que l’éloignement ou l’incapacité physique, ou tout autre motif légitime.
Le contrôle des experts est exercé par le Premier Président de la Cour d’Appel et par
le Procureur Général.
La radiation d’un expert inscrit peut être prononcée par la Commission Restreinte en
cours d’année, après que l’intéressé aura été amené à formuler ses observations sur
les faits invoqués à l’appui de la radiation envisagée, dans les cas d’incapacité
légale, de faute professionnelle grave ou de condamnation pour faits contraires à
l’honneur, la probité ou aux bonnes mœurs. Le recours contre la décision de
radiation est celui prévu à l’article L.356-7.
Article L.356-9 : Après son inscription sur la liste et avant de commencer ses
fonctions, l’expert doit prêter serment devant la Cour d’Appel d’accomplir sa mission,
de faire son rapport et de donner son avis en son honneur et avec conscience
objectivité et impartialité.
Article L.356-10 : La liste des experts judiciaires agréés est tenue à la disposition du
public aux greffes du Tribunal de Première Instance, de la Cour d’Appel et de la Cour
Suprême.
Elle doit être publiée au moins une fois par an par tous moyens utiles.
Article L.356-11 : Les experts inscrits sur la liste des experts judiciaires peuvent faire
état de leur qualité sous la dénomination « Expert près la Cour d’Appel de Djibouti »
suivi de l’indication de leur spécialité.
Toute personne autre que celles ayant obtenu leur inscription sur la liste dans les
conditions prévues à la présente sous-section, qui fera usage de cette dénomination
ou d’une dénomination présentant une ressemblance de nature à causer une
méprise dans l’esprit du public, sera punie des peines prévues à l’article 221 du
Code Pénal.
Article L.356-12 : Il n’est désigné qu’une seule personne à titre d’expert à moins que
le juge n’estime nécessaire d’en nommer plusieurs.
- expose les circonstances qui rendent nécessaire le recours à une expertise et, s’il y
149
Code de Procédure Civile
Article L.356-14 : La décision peut aussi fixer une date à laquelle l’expert et les
parties se présenteront devant le juge qui l’a rendue ou devant le juge chargé du
contrôle pour que soient précisés la mission et, s’il y a lieu, le calendrier des
opérations.
Les documents utiles à l’expertise sont remis à l’expert lors de cette conférence, s’ils
ne lui ont pas été remis avant.
Article L.356-15 : Le juge des référés saisi sur le fondement de l’article L.351-2 peut,
en cas d’urgence, nommer un expert alors même que le juge du principal est saisi de
l’affaire.
Article L.356-16 : Le juge qui ordonne l’expertise ou le juge chargé du contrôle fixe,
lors de la nomination de l’expert, le montant d’une provision à valoir sur la
rémunération de l’expert aussi proche que possible de sa rémunération définitive
prévisible. Il désigne la ou les parties qui devront consigner la provision au greffe de
la juridiction dans le délai qu’il détermine ; si plusieurs parties sont désignées, il
indique dans quelle proportion chacune des parties devra consigner. Il aménage, s’il
y a lieu, les échéances dont la consignation peut être assortie.
Article L.356-17 : Le greffier invite les parties qui en ont la charge, en leur rappelant
les dispositions de l’article L.356-18, à consigner la provision au greffe dans le délai
et selon les modalités impartis.
150
Code de Procédure Civile
151
Code de Procédure Civile
L’expert fait connaître sans délai au juge son acceptation et s’il s’agit d’un expert non
inscrit signe la formule de serment. L’expert doit commencer les opérations pour
lesquelles il est nommé dès qu’il est averti que les parties ont consigné la provision
mise à leur charge, ou le montant de la première échéance dont la consignation a pu
être assortie, à moins que le juge ne lui enjoigne d’entreprendre immédiatement ses
opérations.
Article L.356-20 : Les dossiers des parties ainsi que les documents nécessaires à
l’expertise sont transmis par les parties à l’expert, sous réserve de l’autorisation par
le juge aux parties de retirer du greffe les pièces originales qui y auraient été
conservées et dont l’expert aurait requis la communication.
Article L.356-24 : Les parties doivent remettre sans délai à l’expert tous les
documents que celui-ci estime nécessaires à l’accomplissement de sa mission.
En cas de carence des parties, l’expert en informe le juge qui peut ordonner la
production des documents, s’il y a lieu sous astreinte, ou bien, le cas échéant,
l’autoriser à passer outre ou à déposer son rapport en l’état. La juridiction de
jugement peut tirer toute conséquence de droit du défaut de communication des
documents à l’expert.
152
Code de Procédure Civile
Toutefois, lorsque l’expert a fixé aux parties un délai pour formuler leurs observations
ou réclamations, il n’est pas tenu de prendre en compte celles qui auraient été faites
après l’expiration de ce délai.
L’expert doit faire mention, dans son avis, de la suite qu’il aura donnée aux
observations ou réclamations présentées.
Article L.356-26 : Lorsque le ministère public est présent aux opérations d’expertise,
ses observations sont, à sa demande, relatées dans l’avis de l’expert, ainsi que la
suite que celui-ci leur aura donnée.
Article L.356-27 : L’expert doit déposer son rapport dans le délai fixé par le juge.
Le juge peut proroger le délai dans lequel l’expert doit donner son avis à condition
que le délai total n’excède pas six mois, sauf circonstances de force majeure dûment
prouvées.
Si l’expert ne respecte pas le délai initialement prévu par le juge ou le délai prorogé,
sans motif sérieux, le juge peut :
- soit nommer un nouvel expert enjoignant à l’expert défaillant de restituer au greffe
les documents reçus des parties et la provision déjà perçue, éventuellement sous
astreinte ;
- soit demander à l’expert de déposer son rapport en l’état ou de venir l’exposer
verbalement devant la juridiction ;
- soit ordonner la poursuite de l’instance sans nouvelle expertise, et statuer au vu
des autres éléments de preuves versés aux débats par les parties.
Si le délai maximum de six mois prévu à l’alinéa 3 du présent article est dépassé, le
juge est tenu de prendre une des mesures prévues à l’alinéa 4 ci-dessus. Le juge
peut aussi saisir la Commission Restreinte en vue de la radiation de l’expert, dans
les conditions prévues par le dernier alinéa de l’article L.356-8.
A défaut de consignation dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, et
sauf prorogation de ce délai, l’expert dépose son rapport en l’état et l’instance est
poursuivie comme prévu à l’article L.356-18.
153
Code de Procédure Civile
Les parties peuvent demander au juge de donner force exécutoire à l’acte exprimant
leur accord.
Dans les autres cas, l’expert doit déposer un rapport au greffe de la juridiction. Il n’est
rédigé qu’un seul rapport, même s’il y a plusieurs experts ; en cas de divergence
entre les experts, chacun indique son opinion.
L’expert adresse dans le même temps aux parties ou à leur conseil une copie de son
rapport.
Il peut également s’appuyer sur les autres éléments de preuve versés aux débats.
154
Code de Procédure Civile
Article L.357-3 : Une partie peut denier l’écriture ou la signature qui lui est attribuée
ou ne pas reconnaître celle qui est attribuée à son auteur, à tout moment de la
procédure, à condition que l’incident de vérification soit présenté dans le délai
maximum de un mois à compter de la production de l’écrit contesté dans la
procédure en cours. Ce délai est prévu à peine de forclusion.
Article L.357-4 : Le juge vérifie l’écrit contesté à moins qu’il ne puisse statuer sans
en tenir compte. Si l’écrit contesté n’est relatif qu’a certains chefs de la demande, il
peut être statué sur les autres.
Le juge civil n’est pas tenu de surseoir à statuer sur vérification d’écritures même en
cas de saisine de la juridiction pénale pour faux dès lors que l’auteur de l’incident ne
s’est pas constitué partie civile au pénal avant le dépôt de l’incident civil.
Article L.357-6 : S’il ne statue pas sur-le-champ, le juge retient l’écrit à vérifier et les
pièces de comparaison ou ordonne leur dépôt au greffe de la juridiction.
Article L.357-7 : Lorsqu’il est utile de comparer l’écrit contesté à des documents
détenus par des tiers, le juge peut ordonner, même d’office et à peine d’astreinte,
que ces documents soient déposés au greffe de la juridiction en original ou en
reproduction.
Il prescrit toutes les mesures nécessaires, notamment celles qui sont relatives à la
155
Code de Procédure Civile
Article L.357-9 : S’il est fait appel à un expert, celui-ci peut être autorisé par le juge à
retirer contre émargement l’écrit contesté et les pièces de comparaison ou à se les
faire adresser par le greffe de la juridiction ou les parties.
Article L.357-10 : Peuvent être entendus comme témoins ceux qui ont vu écrire ou
signer l’écrit contesté ou dont l’audition paraît utile à la manifestation de la vérité.
Article L.357-12 : S’il est jugé que la pièce a été écrite ou signée par la personne qui
l’a déniée, celle-ci est condamnée à une amende civile de 10 000 FD à 100 000 FD
sans préjudice des dommages-intérêts qui seraient réclamés.
Article L.357-13 : La vérification d’écriture est demandée à titre principal par voie
d’assignation.
Lorsque la vérification d’écriture est demandée à titre principal, le juge tient l’écrit
pour reconnu si le défendeur cité à personne ne comparaît pas.
156
Code de Procédure Civile
Il en est de même lorsque le défendeur qui n’a pas été cité à personne ne comparaît
pas.
SECTION 2 – LE FAUX
Si un écrit sous signature privée produit en cours d’instance est argué faux ou
falsifié, la partie qui soulève l’incident de faux doit faire sommation à la partie qui a
produit le document allégué de faux de déclarer si elle entend ou non faire usage de
ce document.
L’examen de l’écrit litigieux est effectué par le juge comme il est dit aux articles
L.357-4 à L.357-12. L’article L.357-1 est applicable.
157
Code de Procédure Civile
Article L.357-17 : Si un écrit sous signature privée est argué faux à titre principal,
l’assignation indique les moyens de faux et fait sommation au défendeur de déclarer
s’il entend ou non faire usage de l’acte prétendu faux ou falsifié, le tout à peine
d’irrecevabilité.
Article L.358-2 : Le juge peut ordonner l’audition de celui qui a dressé l’acte litigieux.
Article L.358-3 : Le demandeur en faux qui succombe est condamné à une amende
civile de 10 000 FD à 100 000 FD sans préjudice des dommages-intérêts qui seraient
réclamés.
Article L.358-4 : L’inscription de faux est formée par acte remis au greffe par la
partie ou son mandataire muni d’un pouvoir spécial.
158
Code de Procédure Civile
L’un des exemplaires est immédiatement versé au dossier de l’affaire et l’autre, daté
et visé par le greffier, est restitué à la partie en vue de la dénonciation de l’inscription
au défendeur.
La dénonciation doit être faite par notification entre avocats ou signification à la partie
adverse dans le mois de l’inscription et contenir sommation au défendeur de déclarer
s’il entend ou non faire usage de l’acte prétendu faux ou falsifié.
Si les délais prévus au présent article ne sont pas respectés, l’inscription de faux est
caduque et le juge statue sur les demandes, sans tenir compte de l’incident.
Article L.358-5 : Le juge se prononce sur le faux à moins qu’il ne puisse statuer sans
tenir compte de la pièce arguée de faux. Si l’acte argué de faux n’est relatif qu’à l’un
des chefs de la demande, il peut être statué sur les autres.
S’il y a lieu le juge ordonne, sur le faux, toutes mesures d’instruction nécessaires et il
est procédé comme en matière de vérification d’écriture.
Article L.358-7 : Le juge statue au vu des moyens articulés par les parties ou de
ceux qu’il relèverait d’office, après avoir entendu contradictoirement les parties et le
Ministère Public.
Article L.358-8 : Le jugement qui déclare le faux est mentionné en marge de l’acte
reconnu faux.
Il précise si les minutes des actes authentiques seront rétablies dans le dépôt d’où
elles avaient été extraites ou seront conservées au greffe.
Il est sursis à l’exécution de ces prescriptions tant que le jugement n’est pas passé
en force de chose jugée, ou jusqu’à l’acquiescement de la partie condamnée.
159
Code de Procédure Civile
Article L.358-10 : Si des poursuites pénales sont en cours ou sont engagées par le
Ministère Public contre les auteurs ou complices du faux, il est sursis au jugement
civil jusqu’à ce qu’il ait été statué au pénal, à moins que le principal puisse être jugé
sans tenir compte de la pièce arguée de faux ou qu’il y ait eu, sur le faux,
renonciation ou transaction.
Si ces poursuites sont engagées sur plainte avec constitution de partie civile de
l’auteur de l’incident, le juge civil n’est pas tenu de surseoir à statuer sur le faux, dès
lors que l’auteur de l’incident ne s’est pas constitué partie civile au pénal avant le
dépôt de l’incident civil.
Article L.358-11 : Si l’incident est soulevé devant une juridiction autre que la
Chambre Civile du Tribunal de Première Instance ou de la Chambre Civile de la Cour
d’Appel, il est sursis à statuer jusqu’au jugement sur le faux à moins que la pièce
litigieuse ne soit écartée du débat, lorsqu’il peut être statué au principal sans en tenir
compte.
Il est procédé à l’inscription de faux comme il est dit aux articles L.358-12 à L.358-14.
L’acte d’inscription de faux doit être remis au greffe de la Chambre Civile du Tribunal
de Première Instance dans le mois de la décision de sursis à statuer, faute de quoi il
est passé outre à l’incident et l’acte litigieux est réputé reconnu entre les parties.
La copie de l’acte d’inscription est jointe à l’assignation qui contient sommation, pour
le défendeur, de déclarer s’il entend ou non faire usage de l’acte prétendu faux ou
falsifié.
L’assignation doit être faite dans le mois de l’inscription de faux à peine de caducité
de celle-ci.
Article L.358-13 : Si le défendeur ne répond pas dans le délai prévu à l’article L.358-
12 ou déclare ne pas vouloir se servir de la pièce arguée de faux, le juge en donne
acte au demandeur.
160
Code de Procédure Civile
Article L.359-1 : La partie qui défère le serment énonce les faits sur lesquels elle le
défère par conclusions écrites.
Le juge ordonne le serment s’il est admissible et retient les faits pertinents sur
lesquels il sera reçu.
Article L.359-2 : Le serment peut être déféré devant toute juridiction saisie du
principal et devant la Cour Suprême, en cas de cassation sans renvoi.
Article L.359-3 : Le jugement qui ordonne le serment fixe les jour, heure et lieu où
celui-ci sera reçu. Il formule la question soumise au serment et indique que le faux
serment expose son auteur à des sanctions pénales.
S’il est par défaut ou réputé contradictoire, le jugement est notifié à la partie à
laquelle le serment est déféré.
Si la partie justifie qu’elle est dans l’impossibilité de se déplacer, le serment peut être
prêté devant un juge commis à cet effet qui se transporte, assisté du greffier, chez la
partie, soit devant le juge du lieu de résidence.
Dans tous les cas, le serment est fait en présence de l’autre partie ou celle-ci
appelée.
161
Code de Procédure Civile
Il peut également ordonner sur requête toutes mesures urgentes lorsque les
circonstances exigent qu’elles ne soient pas prises contradictoirement,
conformément aux dispositions qui suivent.
Article L.361-2 : L’ordonnance sur requête est une décision provisoire rendue non
contradictoirement dans les cas où le requérant est fondé à ne pas appeler de partie
adverse.
Article L.361-3 : La requête est présentée en double exemplaire. Elle doit être
motivée et comporter l’indication précise des pièces invoquées qui seront jointes
sous bordereau.
Article L.361-6 : S’il n’est pas fait droit à la requête, appel peut être interjeté à moins
que l’ordonnance n’émane du Premier Président de la Cour d’Appel. Le délai d’appel
est de quinze jours. L’appel sera jugé sommairement et sans procédure.
S’il est fait droit à la requête, tout intéressé peut en référer au juge qui a rendu
l’ordonnance.
162
Code de Procédure Civile
Article L.362-2 : La demande est portée par voie d’assignation à une audience
tenue à cet effet aux jour et heure habituels des référés.
Si, néanmoins, le cas requiert célérité, le juge des référés peut permettre d’assigner,
à heure indiquée, même les jours fériés ou chômés.
Article L.362-3 : Dans tous les cas, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps
suffisant entre l’assignation et l’audience pour que la partie assignée ait pu préparer
sa défense.
163
Code de Procédure Civile
164
Code de Procédure Civile
Lorsque la garantie consiste en une somme d’argent, celle-ci est déposée au greffe
du Tribunal de Première Instance [ou au Trésor National] ; elle peut aussi l’être, à la
demande de l’une des parties, entre les mains d’un tiers commis à cet effet. Dans ce
dernier cas, le juge, s’il fait droit à cette demande, constate dans sa décision les
modalités du dépôt ; et si le tiers refuse le dépôt, la somme est déposée, sans
nouvelle décision, au greffe du Tribunal de Première Instance [ou au Trésor
National].
Article L.362-8 : En cas de nécessité, le juge peut ordonner que l’exécution aura lieu
au seul vu de la minute.
Article L.362-9 : L’ordonnance de référé peut être frappée d’appel à moins qu’elle
n’émane du Premier Président de la Cour d’Appel ou qu’elle n’ait été rendue en
dernier ressort en raison du montant ou de l’objet de la demande.
Le délai d’opposition est de dix jours et le délai d’appel est de quinze jours.
Article L.362-10 : Le juge des référés qui assortit sa décision d’une astreinte peut
s’en réserver la liquidation.
Article L.362-11 : Les minutes des décisions de référé sont conservées au greffe de
la juridiction qui les a rendues.
Article L.362-12 : Les articles L.362-1 à L.362-11 du Code de procédure civile sont
applicables à toutes les procédures de référé, sous réserve de texte contraire.
165
Code de Procédure Civile
Le Président du Tribunal de Première Instance peut aussi être saisi en référé dans
tous les cas d’urgence, pour ordonner toutes les mesures que justifie l’évidence de la
situation ou du droit invoqué.
Article L.363-3 : Le juge des référés peut statuer lorsque les parties sont déjà
engagées dans un litige devant le juge du principal, s’il constate expressément
l’urgence et que les mesures ordonnées par lui ne font pas préjudice au principal.
Les contestations élevées sur l’exécution des jugements des différentes chambres
du Tribunal de Première Instance seront portées devant le Président du Tribunal de
Première Instance du lieu où l’exécution se poursuivra.
Article L.363-5 : Lorsque le juge des référés se déclare incompétent ou déclare n’y
avoir lieu à référé, il invite les parties à saisir le juge du principal.
Article L.363-6 : Les litiges réglés selon la forme des référés par le Code de
commerce et autres textes ou conventions internationales relèvent de la compétence
et des pouvoirs du juge des référés.
166
Code de Procédure Civile
Article L.371-1 : Lorsqu’un acte ou une formalité doit être accompli avant l’expiration
d’un délai, celui-ci a pour origine la date de l’acte, de l’événement, de la décision ou
de la notification qui le fait courir.
Lorsqu’un délai est exprimé en mois ou en années, ce délai expire le jour du dernier
mois ou de la dernière année qui porte le même quantième que le jour de l’acte, de
l’événement, de la décision ou de la notification qui fait courir le délai. À défaut d’un
quantième identique, le délai expire le dernier jour du mois.
Lorsqu’un délai est exprimé en mois et en jours, les mois sont d’abord décomptés,
puis les jours.
Article L.371-4 : Les dispositions des articles L.371-1 à L.371-3 sont également
applicables aux délais dans lesquels les inscriptions et autres formalités de publicité
doivent être opérées.
167
Code de Procédure Civile
Article L.371-5 : Lorsque la demande est portée devant une juridiction qui a son
siège à Djibouti-ville, les délais de comparution, d’appel, d’opposition, de tierce
opposition, de recours en révision et de pourvoi en cassation sont augmentés de :
1° Dix jours pour les personnes qui demeurent, sur le territoire national, ailleurs qu’à
Djibouti-ville ;
Article L.371-6 : Lorsque la demande est portée devant une juridiction qui a son
siège sur le territoire national en dehors de Djibouti-ville, les délais de comparution,
d’appel, d’opposition de tierce opposition et de recours en révision sont augmentés
de dix jours pour les personnes qui ne demeurent pas dans la collectivité territoriale
dans le ressort de laquelle la juridiction a son siège et de deux mois pour les
personnes qui demeurent à l’étranger.
Article L.371-7 : Les augmentations de délais prévues aux articles L.371-5 et L.371-
6 s’appliquent dans tous les cas où il n’y est pas expressément dérogé.
Article L.371-8 : Les dispositions qui précèdent ne font pas obstacle au pouvoir des
juges, en cas d’urgence, d’abréger les délais de comparution ou de permettre de
citer à jour fixe.
Article L.371-9 : Les augmentations de délais prévues aux articles L.371-5 et L.371-
6 ne jouent pas lorsque les personnes concernées se trouvent au lieu du siège de la
juridiction lorsque l’acte leur est notifié.
Article L.371-10 : La date de notification, y compris lorsqu’elle doit être faite dans un
délai déterminé, d’un acte judiciaire ou extrajudiciaire en en tout autre lieu qu’à
Djibouti-ville ainsi qu’à l’étranger est, à l’égard de celui qui y procède, la date de
l’acte par l’huissier de justice ou la date de l’expédition par le greffe ou, à défaut, la
date de réception par le Parquet compétent.
1° Sa date ;
168
Code de Procédure Civile
4° Si l’acte doit être signifié, les nom et domicile ou résidence du destinataire, ou, s’il
s’agit d’une personne morale, sa dénomination et son siège social.
Article L.372-2 : La nullité des actes d’huissier de justice est régie par les
dispositions qui gouvernent la nullité des actes de procédure.
Article L.372-3 : Les frais afférents aux actes nuls ou inutiles sont à la charge des
huissiers de justice qui les ont faits, sans préjudice des dommages-intérêts qui
seraient réclamés. Il en est de même des frais afférents aux actes nuls par l’effet de
leur faute.
Article L.373-1 : Les actes sont portés à la connaissance des intéressés par la
notification qui leur en est faite.
La notification peut toujours être faite par voie de signification alors même que la loi
l’aurait prévue sous une autre forme.
SECTION 1 – LA SIGNIFICATION
Article L.373-3 : La signification est faite sur support papier, soit à personne, soit à
domicile ou à résidence, soit en Mairie ou en Région, soit à Parquet.
169
Code de Procédure Civile
remet une copie. Il précise alors dans son acte que la signification a été faite à la
personne citée et en tel lieu.
La signification à une personne morale est faite à personne lorsque l’acte est délivré
à son représentant légal, à un fondé de pouvoir de ce dernier ou à toute autre
personne habilitée à cet effet. L’huissier précise sur l’acte l’identité de cette personne
et le lieu de remise de l’acte.
L’huissier de justice doit relater dans l’acte les diligences qu’il a accomplies pour
effectuer la signification à la personne de son destinataire et les circonstances
caractérisant l’impossibilité d’une telle signification.
La copie ne peut être laissée qu’à condition que la personne présente l’accepte et
déclare ses nom, prénoms et qualité. L’huissier précise dans l’acte les nom, prénom
et qualité de cette personne et que la signification a été faite à domicile.
Article L.373-7 : Lorsque l’acte n’est pas délivré à personne, l’huissier de justice
mentionne sur la copie les conditions dans lesquelles la remise a été effectuée.
La copie de l’acte signifié doit être placée sous enveloppe fermée ne portant que
l’indication des nom et adresse du destinataire de l’acte et le cachet et la signature
de l’huissier apposés sur la fermeture du pli.
170
Code de Procédure Civile
Article L.373-8 : Lorsque la personne à qui l’acte doit être signifié n’a ni domicile, ni
résidence, ni lieu de travail connu, ou si elle demeure hors du territoire national,
l’huissier de justice remet l’acte au Parquet, soit au Procureur de la République, soit
à l’un des Substituts, et précise que la signification a été faite à Parquet.
Article L.373-9 : Si l’acte est destiné à une personne qui demeure sur le territoire
national, dans une localité située au-delà de 50 kilomètres de la résidence de
l’huissier instrumentaire, et à moins que la signification ait pu être faite à personne,
l’huissier de justice expédie l’acte à l’autorité compétente aux fins de sa remise à
l’intéressé dans la collectivité où il demeure par voie administrative, dans les
conditions fixées par décret.
L’autorité compétente informe l’huissier de justice des diligences faites ; elle lui
transmet, le cas échéant, tout procès-verbal ou récépissé constatant la remise de
l’acte. Ces documents sont tenus par l’huissier de justice à la disposition de la
juridiction.
Article L.373-10 : L’huissier doit toujours mentionner sur l’original de l’acte les
diligences qu’il a accomplies, ainsi que les réponses faites à ses diverses
interpellations.
Il doit adresser, dans les vingt-quatre heures de sa délivrance, l’original de son acte à
la partie requérante.
Article L.373-12 : Si, dans les cas prévus aux articles L.373-8 et L.373-9, il n’est pas
établi que le destinataire a été effectivement avisé, le juge peut prescrire d’office
toutes diligences complémentaires, sauf à ordonner les mesures provisoires ou
conservatoires nécessaires à la sauvegarde des droits du demandeur.
171
Code de Procédure Civile
Article L.374-1 : La notification est faite par voie administrative ou par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception. La notification par voie
administrative est celle dans laquelle l’acte est remis à son destinataire par un agent
administratif du greffe ou de la Région. La notification doit contenir toutes indications
relatives aux nom et prénoms ou à la dénomination ou raison sociale de la personne
dont elle émane, et au domicile ou siège social de cette personne.
Article L.374-3 : Les autres mentions que doit comporter la notification sont
déterminées, selon la nature de l’acte notifié, par les règles particulières à chaque
matière.
Article L.374-4 : La notification est faite sous enveloppe ou pli fermé, soit par la voie
postale, soit par la remise de l’acte au destinataire contre émargement ou récépissé.
La notification par voie administrative peut toujours être faite par remise contre
émargement ou récépissé alors même que la loi n’aurait prévu que la notification par
la voie postale.
Article L.374-5 : Sous réserve de l’article L.371-10, la date de la notification par voie
postale est, à l’égard de celui qui y procède, celle de l’expédition et, à l’égard de celui
à qui elle est faite, la date de la réception de la lettre.
Article L.374-6 : La date de l’expédition d’une notification faite par la voie postale est
celle qui figure sur le cachet du bureau d’émission.
172
Code de Procédure Civile
La date de réception d’une notification faite par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception est celle qui est apposée par l’administration des postes lors de la
remise de la lettre à son destinataire.
Article L.374-9 : Si l’acte est destiné à une personne qui demeure sur le territoire
national, dans une localité au-delà d’un rayon de 50 kilomètres de la juridiction et à
moins que la notification ait pu être faite par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception, le greffier de la juridiction expédie l’acte à l’autorité compétente
aux fins de sa remise à l’intéressé selon les modalités fixées par décret.
L’autorité compétente informe le greffe de la juridiction des diligences faites ; elle lui
transmet, le cas échéant, tout procès-verbal ou récépissé constatant la remise de
l’acte.
Article L.376-1 : Les jugements sont notifiés par voie de signification à moins que la
loi n’en dispose autrement.
173
Code de Procédure Civile
En matière gracieuse, les jugements sont notifiés par le greffier de la juridiction, par
voie administrative.
Article L.376-2 : Les jugements peuvent être notifiés par la remise d’une simple
expédition.
Article L.376-4 : En matière gracieuse, le jugement est notifié aux parties et aux tiers
dont les intérêts risquent d’être affectés par la décision, ainsi qu’au Ministère public
lorsqu’un recours lui est ouvert.
Article L.376-5 : L’acte de notification d’un jugement à une partie doit indiquer de
manière très apparente le délai d’opposition, d’appel ou de pourvoi en cassation
dans le cas où l’une de ces voies de recours est ouverte, ainsi que les modalités
selon lesquelles le recours peut être exercé ; il indique, en outre, que l’auteur d’un
recours abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile et au paiement
d’une indemnité à l’autre partie.
Article L.376-7 : La notification d’un jugement est valablement faite au domicile élu à
Djibouti par la partie demeurant à l’étranger.
Article L.377-2 : L’acte destiné à être notifié à une personne ayant sa résidence
habituelle à l’étranger est remis au Parquet, sauf dans les cas où un traité
international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet
acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’État de destination.
174
Code de Procédure Civile
Le Parquet auquel la remise doit être faite est, selon le cas, celui de la juridiction
devant laquelle la demande est portée, celui de la juridiction qui a statué ou celui de
la juridiction dans le ressort de laquelle demeure le requérant.
175
Code de Procédure Civile
Article L.377-3 : L’huissier de justice ou le greffier relate dans l’acte les modalités de
son expédition, de sa transmission ou de sa remise.
Article L.377-4 : S’il ressort des éléments transmis par l’autorité requise que le
destinataire n’habite pas à l’adresse indiquée et que celui-ci n’a plus ni domicile ni
résidence connus, l’huissier de justice relate dans l’acte les indications ainsi fournies
puis retourne l’acte au parquet où il sera conservé.
Article L.377-5 : La juridiction est saisie de la demande formée par assignation par
la remise qui lui est faite de l’acte complété par les indications prévues à
l’article L.377-2 ou selon le cas, à l’article L.377-4, le cas échéant accompagné des
justificatifs des diligences accomplies en vue de sa notification au destinataire.
S’il n’est pas établi que le destinataire d’un acte en a eu connaissance en temps
utile, le juge saisi de l’affaire ne peut statuer au fond que si les conditions ci-après
sont réunies :
1° L’acte a été transmis selon les modes prévus par les traités internationaux
applicables ou, à défaut de ceux-ci, selon les prescriptions des articles L.377-1
à L.377-3 ;
2° Un délai d’au moins deux mois s’est écoulé depuis l’envoi de l’acte ;
3° Aucun justificatif de remise de l’acte n’a pu être obtenu nonobstant les démarches
effectuées auprès des autorités compétentes de l’État où l’acte doit être remis.
Article L.377-6 : Les actes en provenance d’un État étranger dont la notification est
demandée par les autorités de cet État sont notifiés par voie de simple remise ou de
signification.
Article L.377-7 : Le ministre de la justice transmet les actes qui lui sont adressés au
Ministère public près le tribunal dans le ressort duquel ils doivent être notifiés ou à un
huissier de justice, à moins qu’en vertu d’un traité la transmission puisse être
effectuée directement par les autorités étrangères au Ministère public ou à un
huissier de justice et sous réserve de tous autres modes de notification.
176
Code de Procédure Civile
Article L.377-8 : Lorsque la notification est faite par les soins du Ministère public, elle
a lieu par voie de simple remise et sans frais.
Toutefois le destinataire qui ne connaît pas la langue dans laquelle l’acte est établi
peut en refuser la notification et demander que celui-ci soit traduit ou accompagné
d’une traduction en langue française ou arabe, à la diligence et aux frais de la partie
requérante.
Article L.378-1 : Les notifications sont faites au lieu où demeure le destinataire s’il
s’agit d’une personne physique.
Toutefois, lorsqu’elle est faite à personne, la notification est valable quel que soit le
lieu où elle est délivrée, y compris le lieu de travail.
À défaut d’un tel lieu, elle l’est en la personne de l’un de ses membres habilité à la
recevoir.
Article L.378-3 : La notification est aussi valablement faite au domicile élu lorsque la
loi l’admet ou l’impose.
177
Code de Procédure Civile
1° Des envois, remises, et notifications des actes de procédure, des pièces, avis,
avertissements ou convocations, des rapports et des procès-verbaux, lorsque la
partie n’a pas chargé une personne demeurant à Djibouti de la représenter en
justice ;
Article L.379-3 : Ce qui est prescrit par les articles L.373-4 à L.373-8, L.373-13,
L.374-1, L.374-2, L.375-2, L.376-1, L.376-5, L.377-1, L.377-2, le premier alinéa de
l’article L.377-5 et les articles L.378-1 à L.378-3 est observé à peine de nullité.
Article L.379-4 : La nullité des notifications est régie par les dispositions qui
gouvernent la nullité des actes de procédure.
178
Code de Procédure Civile
Article L.379-5 : Aucune signification ou notification ne peut être faite avant six
heures et après vingt et une heure, non plus que les vendredi, samedi et les jours
fériés ou chômés, si ce n’est en vertu d’une autorisation du juge en cas de nécessité.
1° Les droits, taxes, redevances ou émoluments perçus par les greffes des
juridictions ou l’administration des impôts à l’exception des droits, taxes et pénalités
éventuellement dus sur les actes et titres produits à l’appui des prétentions des
parties ;
2° Les frais de traduction des actes lorsque celle-ci est rendue nécessaire par la loi
ou par un engagement international ;
3° Les indemnités des témoins ;
4° La rémunération des experts ;
5° Les débours tarifés ;
6° Les émoluments des officiers publics ou ministériels ;
7° Les frais occasionnés par la notification d’un acte à l’étranger ;
8° La rémunération de la personne désignée par le juge pour entendre le mineur en
application de l’article L.353-20 du présent Code ;
9° Les rémunérations et frais afférents aux mesures, enquêtes et examens requis
par un juge.
Article L.381-2 : La partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le
juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une
autre partie.
Les conditions dans lesquelles il peut être mis à la charge d’une partie qui bénéficie
de l’aide judiciaire tout ou partie des dépens de l’instance sont fixées par les
dispositions de la loi n° 136/AN/11/6ème L du 20 juillet 2011.
179
Code de Procédure Civile
180
Code de Procédure Civile
Article L.381-5 : Les avocats peuvent, dans les matières où leur ministère est
obligatoire, demander que la condamnation aux dépens soit assortie à leur profit du
droit de recouvrer directement contre la partie condamnée ceux des dépens dont ils
ont fait l’avance sans avoir reçu provision.
La partie contre laquelle le recouvrement est poursuivi peut toutefois déduire, par
compensation légale, le montant de sa créance de dépens.
Article L.381-6 : Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son
procès à payer :
1° À l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris
dans les dépens ;
Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de
la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes
considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Néanmoins, s’il alloue
une somme au titre du 2° du présent article, celle-ci ne peut être inférieure à la part
contributive de l’État.
Article L.382-1 : Les dépens prévus à l’article L.381-1 (1° et 5°) sont liquidés dans le
jugement qui les adjuge ou par mention apposée sur la minute par l’un des juges de
la juridiction.
Les expéditions du jugement peuvent être délivrées avant que la liquidation ne soit
faite.
Article L.382-2 : Lorsque le montant des dépens liquidés ne figure pas dans
l’expédition du jugement, le greffier délivre un titre exécutoire.
Article L.382-3 : La liquidation peut être contestée selon la procédure prévue aux
articles L.383-1 à L.383-7.
181
Code de Procédure Civile
Article L.383-1 : Les parties peuvent, en cas de difficultés, demander, sans forme,
au juge saisi du litige, de vérifier le montant des dépens mentionnés à l’article L.381-
1.
Article L.383-2 : Le juge vérifie le montant des dépens après avoir, s’il y a lieu,
procédé aux redressements nécessaires afin de rendre le compte conforme aux
tarifs. Il remet ou adresse par simple lettre à l’intéressé une ordonnance de taxe.
Article L.383-5 : Celui qui entend contester la vérification peut toujours présenter lui-
même une demande d’ordonnance de taxe ; il peut ; aussi le faire par l’intermédiaire
de son représentant. La demande est faite par écrit au juge qui a vérifié le compte.
Elle doit être motivée.
Article L.383-7 : Le juge statue tant sur la demande de taxe que sur les autres
demandes afférentes au recouvrement des dépens.
182
Code de Procédure Civile
1° La mention que cette ordonnance deviendra exécutoire si elle n’est pas frappée
de recours dans les délais et formes prévus aux articles L.383-11 et L.383-12 ;
Le délai de recours est d’un mois ; il n’est pas augmenté en raison des distances.
Article L.383-12 : Le recours est formé par la remise ou l’envoi au greffe de la Cour
d’Appel d’une note exposant les motifs du recours.
Article L.383-13 : Les parties sont convoquées cinq jours au moins à l’avance par le
greffier de la Cour d’Appel.
183
Code de Procédure Civile
184
Code de Procédure Civile
Lorsqu’une partie est représentée par un avocat, le greffier convoque l’avocat par
simple bulletin.
Article L.384-2 : Les contestations relatives aux honoraires des auxiliaires de justice
ou des officiers publics ou ministériels dont le mode de calcul n’est pas déterminé par
une disposition réglementaire demeurent soumises aux règles qui leur sont propres.
Article L.384-3 : Dans le cas de l’article L.384-2, le juge statue suivant la nature et
l’importance des activités de l’auxiliaire de justice ou de l’officier public ou ministériel,
les difficultés qu’elles ont présentées et la responsabilité qu’elles peuvent entraîner.
Il mentionne, s’il y a lieu, les sommes déjà perçues soit à titre de provision, soit à titre
de frais ou d’honoraires.
Le délai court, à l’égard de chacune des parties, du jour de la notification qui lui est
faite par le greffier, la partie adverse ou l’expert.
185
Code de Procédure Civile
- l’effet du jugement, dans les procédures collectives, chaque fois qu’il emporte
assistance ou dessaisissement du débiteur.
Article L.390-4 : Les actes accomplis et les jugements, même passés en force de
chose jugée, qui ont été obtenus après l’interruption de l’instance, sont réputés non
avenus, à moins qu’ils ne soient expressément ou tacitement confirmés par la partie
au profit de laquelle l’interruption est prévue.
Article L.390-5 : L’instance peut être volontairement reprise dans les formes prévues
pour la présentation des moyens de défense.
Article L.390-6 : L’instance reprend son cours dans l’état où elle se trouvait au
moment où elle a été interrompue.
186
Code de Procédure Civile
Article L.390-7 : Si la partie citée en reprise d’instance ne comparaît pas, elle peut,
le cas échéant, à l’initiative de son adversaire ou sur décision prise d’office par le
juge, être à nouveau invitée à comparaître dans les cas où la citation n’a pas été
délivrée à personne.
Le juge peut inviter les parties à lui faire part de leurs initiatives en vue de reprendre
l’instance et radier l’affaire à défaut de diligences dans le délai par lui imparti.
Article L.391-1 : En dehors des cas où la loi le prévoit, l’instance est suspendue par
la décision qui sursoit à statuer, par la décision qui radie l’affaire, et par la décision
qui ordonne le retrait de l’affaire du rôle.
Article L.391-4 : La décision de sursis peut être frappée d’appel sur autorisation du
Premier président de la Cour d’Appel s’il est justifié d’un motif grave et légitime.
La partie qui veut faire appel saisit le premier président, dans le mois de la décision
qui a ordonné le sursis à statuer.
S’il accueille la demande, le premier président fixe, par une décision insusceptible de
pourvoi, le jour où l’affaire sera examinée par la cour. La partie qui a obtenu cette
décision doit, d’une part, signifier aux autres parties l’ordonnance du premier
Président et, d’autre part, faire citer les autres parties devant la Cour d’Appel selon la
procédure normale propre à chaque chambre.
187
Code de Procédure Civile
Article L.391-5 : La décision de sursis rendue en dernier ressort peut être attaquée
par la voie du pourvoi en cassation, mais seulement en cas de violation de la règle
de droit.
SECTION 2 – LA RADIATION
Article L.391-7 : La radiation peut aussi être conventionnelle : les parties peuvent
suspendre l’instance en formant une demande écrite conjointe de retrait du rôle.
À moins que la péremption de l’instance ne soit acquise, l’affaire est rétablie, en cas
de radiation, sur justification de l’accomplissement des diligences dont le défaut avait
entraîné la sanction ou, en cas de retrait du rôle, à la demande de l’une des parties.
Article L.392-1 : Les dispositions du présent titre ne sont pas applicables aux
mesures d’administration judiciaire.
188
Code de Procédure Civile
Les dispositions de l’alinéa qui précède ne sont pas applicables dans les cas où il
aurait été fait appel à une personne dont la profession ou les fonctions ne sont pas
de celles qui l’habilitent à faire partie de la juridiction.
Article L.392-4 : Les débats ont lieu au jour et, dans la mesure où le déroulement de
l’audience le permet, à l’heure préalablement fixés selon les modalités propres à
chaque juridiction et conformément aux règles d’organisation juridictionnelle quant à
leur publicité et à la police de l’audience.
Lorsque la juridiction s’estime éclairée, le président fait cesser les plaidoiries ou les
observations présentées par les parties pour leur défense.
189
Code de Procédure Civile
Article L.392-6 : Lorsque les parties sont assistées de leur représentant, elles
peuvent présenter elles-mêmes des observations orales, comme être invitées par le
juge à le faire, sauf devant la Cour Suprême où elles ne peuvent intervenir elles-
mêmes qu’à la demande de la Cour Suprême.
Le juge peut adresser aux parties ainsi sollicitées un avertissement puis leur imposer
le silence, si la passion ou l’inexpérience leur interdit de s’exprimer avec la décence
convenable ou la clarté nécessaire pour l’instruction des juges.
Article L.392-7 : Après la clôture des débats, l’affaire est mise en délibéré.
Les notes en délibéré sont interdites, sauf lorsque les parties répondent aux
arguments développés par le Ministère Public, ou à la demande du président pour
inviter les parties à fournir les explications de droit ou de fait qu’il estime nécessaires
ou à préciser ce qui paraît obscur.
- lorsque les parties n’ont pas été à même de s’exprimer sur les moyens que le
tribunal entend soulever d’office.
Dans tous les autres cas, la réouverture des débats est possible, mais facultative
pour le tribunal.
Article L.392-9 : Ce qui est prescrit par les articles L.112-7 et L.392-7 doit être
observé à peine de nullité.
Dans ce cas, lorsque les débats sont renvoyés à une audience ultérieure, le juge
peut organiser les échanges entre les parties comparantes. Après avoir recueilli leur
avis, le juge peut ainsi fixer les délais et, si elles en sont d’accord, les conditions de
communication de leurs prétentions, moyens et pièces.
À défaut pour les parties de respecter les modalités de communication fixées par le
juge, celui-ci peut rappeler l’affaire à l’audience, en vue de la juger ou de la radier.
190
Code de Procédure Civile
Le juge peut écarter des débats les prétentions, moyens et pièces communiqués
sans motif légitime après la date fixée pour les échanges et dont la tardiveté porte
atteinte aux droits de la défense.
Article L.392-11 : La date des prétentions et des moyens d’une partie régulièrement
présentés par écrit est celle de leur communication entre parties.
Article L.392-12 : Le juge ou les juges devant lesquels l’affaire a été débattue
doivent délibérer, c’est-à-dire en examiner et en peser tous les éléments avant de
rendre leur décision.
Ils doivent être en nombre au moins égal à celui que prescrivent les règles relatives à
la composition de la juridiction concernée.
Article L.393-1 : Le jugement qui tranche dans son dispositif tout ou partie du
principal, ou celui qui statue sur une exception de procédure, une fin de non-recevoir
ou tout autre incident a, dès son prononcé, l’autorité de la chose jugée relativement à
la contestation qu’il tranche.
Le principal s’entend de l’objet du litige tel qu’il est déterminé par l’article L.242-1.
Le juge peut également l’interpréter ou la rectifier sous les distinctions établies aux
articles L.393-14 à L.393-16.
191
Code de Procédure Civile
Article L.393-3 : Le jugement qui se borne, dans son dispositif, à ordonner une
mesure d’instruction ou une mesure provisoire est un jugement avant dire droit.
Lorsqu’un juge rend un jugement avant dire droit, il n’est pas dessaisi de l’affaire.
Un jugement avant dire droit n’a pas, au principal, l’autorité de la chose jugée.
Article L.393-6 : Le jugement est prononcé en audience publique par le juge qui en
a délibéré même en l’absence du Ministre Public. En cas de formation collégiale, il
est prononcé en audience publique par un des juges qui en ont délibérés, en
présence d’au moins un autre conseiller ou juge qui en a délibéré, sauf application
des dispositions des articles L.111-15 et L.121-6.
Le jugement doit être déposé, dans le délai maximum de dix jours à compter de la
date de son prononcé, au greffe de la juridiction qui l'a rendu.
3° de sa date ;
5° du nom du greffier ;
192
Code de Procédure Civile
6° des nom, prénoms ou dénomination des parties ainsi que de leur domicile ou
siège social ;
Article L.393-9 : Le jugement doit exposer succinctement les faits, les prétentions
respectives des parties et leurs moyens.
Article L.393-10 : Le jugement est établi sur support papier. Il est signé par le
président et par le greffier.
En cas d’empêchement du président, mention en est faite sur la minute, qui est
signée par l’un des juges qui ont délibéré.
Article L.393-12 : Ce qui est prescrit par les articles L.392-10, L.393-5, L.393-8 en
ce qui concerne la mention du nom des juges, L.393-9 (alinéa 1er) et L.393-10 doit
être observé à peine de nullité.
Article L.393-13 : La nullité d’un jugement ne peut être demandée que par les voies
de recours prévues par la loi.
193
Code de Procédure Civile
Article L.393-14 : Il appartient à tout juge d’interpréter sa décision si elle n’est pas
frappée d’appel.
La demande en interprétation est formée par des parties ou les deux, conjointement.
Le juge se prononce les parties entendues ou appelées.
Le juge est saisi par requête de l’une au moins des parties ; il peut aussi se saisir
d’office.
Le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées. Toutefois,
lorsqu’il est saisi par requête de l’une au moins des parties, il statue sans audience,
à moins qu’il n’estime nécessaire de les entendre.
Article L.393-17 : Chacune des parties a la faculté de se faire délivrer une expédition
revêtue de la formule exécutoire.
En cas de motif légitime, une seconde expédition, revêtue de cette formule, peut être
délivrée à la même partie par le greffier de la juridiction qui a rendu le jugement. En
cas de difficulté, le président de cette juridiction statue par ordonnance sur requête.
194
Code de Procédure Civile
La qualification correcte, à cet égard, doit être donnée, par le juge saisi du litige, à
chacune de ses décisions en fonction des règles qui seront ci-après précisées et
sans que l’erreur par lui commise sur ce point, le cas échéant, puisse priver les
parties au procès des voies de recours qui leur sont offertes par la loi ni les faire
bénéficier d’un recours qu’une stricte application des règles légales aurait rendu
impossible.
Article L.393-20 : N’est pas recevable l’appel des jugements mal à propos qualifiés
en premier ressort, ou qui, étant en dernier ressort, n’auraient point été qualifiés.
Sont sujets à l’appel les jugements qualifiés en dernier ressort, s’ils ont statué, soit
sur des questions de compétence, soit sur des matières dont le juge du tribunal de
premier degré ne pouvait connaître qu’en premier ressort.
Article L.393-21 : Seules les décisions rendues par défaut sont susceptibles
d’opposition.
Article L.393-22 : Le jugement est contradictoire lorsque les parties ont comparu en
personne ou par mandataire, au jour fixé par la citation ou convenu entre elles.
Si, après avoir comparu, l’une des parties s’abstient de conclure ou d’accomplir les
actes de la procédure dans les délais requis, le juge statue par jugement
contradictoire au vu des éléments dont il dispose.
Article L.393-23 : Les jugements réputés contradictoires et les jugements par défaut
sont toujours la conséquence d’un défaut de comparution à l’audience.
La nouvelle citation doit faire mention selon le cas, des dispositions des articles
L.393-25 et L.393-26, ou, de celles de l’article L.393-27, alinéa 2.
Le juge peut informer l’intéressé, par lettre simple, des conséquences de son
abstention.
195
Code de Procédure Civile
- le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et que la
citation n’a pas été délivrée à personne ;
- le jugement est réputé contradictoire dans deux cas : soit lorsque la décision est
susceptible d’appel, soit lorsque la citation a été délivrée à la personne du défendeur.
Si la décision requise n’est pas susceptible d’appel, les parties défaillantes qui n’ont
pas été citées à personne doivent être citées à nouveau.
Article L.393-28 : Le juge ne peut statuer avant l’expiration du plus long délai de
comparution, sur première ou seconde citation.
Il statue à l’égard de tous les défendeurs par un seul et même jugement, sauf si les
circonstances exigent qu’il soit statué à l’égard de certains d’entre eux seulement.
Article L.393-29 : Le jugement rendu par défaut peut être frappé d’opposition, sauf
dans le cas où cette voie de recours est écartée par une disposition expresse.
L’opposition est une voie de recours ordinaire de rétractation portée devant le juge
qui a rendu la décision frappée d’opposition.
Le jugement réputé contradictoire ne peut être frappé de recours que par les voies
ouvertes contre les jugements contradictoires.
196
Code de Procédure Civile
Lorsque le juge a prononcé oralement le jugement mais que le greffe ne l’a pas mis à
disposition des parties, le présent article est inapplicable et il pourra être fait
application de l’article L.212-19.
Il en est de même, le cas échéant, pour l’appelant non comparant, qui avait été
régulièrement informé de la date d’audience de la cour.
Ces arrêts doivent être signifiés immédiatement aux plaideurs non comparants.
Article L.393-33 : Tout jugement par défaut est signifié à la personne ou au domicile
du défaillant par voie d’huissier de justice, dans les délais prévus à l’article L.393-30
ci-dessus.
Article L.393-34 : Les jugements réputés contradictoires doivent être signifiés dans
les mêmes formes que les jugements rendus par défauts à la partie qui n’a pas
assisté aux débats.
197
Code de Procédure Civile
Article L.394-1 : Le jugement est exécutoire, sous les conditions qui suivent, à partir
du moment où il passe en force de chose jugée à moins que le débiteur ne bénéficie
d’un délai de grâce ou le créancier de l’exécution provisoire.
Article L.394-2 : Nul jugement, nul acte ne peut être mis à exécution que sur
présentation d’une expédition revêtue de la formule exécutoire, à moins que la loi
n’en dispose autrement.
Article L.394-3 : Les jugements ne peuvent être exécutés contre ceux auxquels ils
sont opposés qu’après leur avoir été notifiés, si cette notification est obligatoire, à
moins que l’exécution n’en soit volontaire.
- soit d’un certificat du greffier permettant d’établir l’absence, dans le délai, d’une
opposition, d’un appel, ou d’un pourvoi en cassation lorsque le pourvoi est suspensif.
Article L.394-5 : Toute partie peut se faire délivrer par le greffier de la juridiction
devant laquelle le recours pouvait être formé un certificat attestant l’absence
d’opposition, d’appel ou de pourvoi en cassation ou indiquant la date du recours s’il
en a été formé un.
198
Code de Procédure Civile
Article L.394-7 : Aucune exécution ne peut être faite avant 6 heures et après
21 heures non plus que les jours fériés ou chômés si ce n’est en vertu de la
permission du juge en cas de nécessité.
199
Code de Procédure Civile
Article L.394-8 : Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus
par les officiers étrangers sont exécutoires sur le territoire de la République de la
manière et dans les cas prévus par la loi et les traités internationaux.
Article L.394-9 : Sous réserve des alinéas suivants, le délai de grâce ne peut être
accordé que par la décision dont il est destiné à différer l’exécution.
Article L.394-10 : Le délai de grâce court du jour du jugement lorsque celui-ci est
contradictoire ; il ne court, dans les autres cas, que du jour de la notification du
jugement.
Article L.394-11 : Le délai de grâce ne peut être accordé au débiteur dont les biens
sont saisis par d’autres créanciers ni à celui qui a, par son fait, diminué les garanties
qu’il avait données par contrat à son créancier.
Le débiteur perd, dans ces mêmes cas, le bénéfice du délai de grâce qu’il aurait
préalablement obtenu.
Article L.395-1 : Une décision de justice ne peut être exécutée à titre provisoire que
si elle a été ordonnée par le juge ou si elle bénéficie de plein droit de l’exécution
provisoire.
Sont notamment exécutoires de droit à titre provisoire les ordonnances de référé, les
décisions qui prescrivent des mesures provisoires pour le cours de l’instance ainsi
que celles qui ordonnent des mesures conservatoires.
200
Code de Procédure Civile
Article L.395-2 : Hors les cas où elle est attachée de plein droit à la décision rendue,
l’exécution provisoire peut être ordonnée par le juge, à la demande des parties ou
d’office, chaque fois qu’il l’estime nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire,
à condition qu’elle ne soit pas interdite par la loi.
Article L.395-3 : L’exécution provisoire ne peut être ordonnée que par la décision
qu’elle est destinée à rendre exécutoire, sous réserve des dispositions des articles
525 et 526.
Article L.395-5 : Lorsque la garantie consiste en une somme d’argent, celle-ci est
déposée au greffe de la juridiction saisie ; elle peut aussi l’être, à la demande de
l’une des parties, entre les mains d’un établissement bancaire ; elle peut enfin l’être à
la demande des deux parties entre les mains d’un tiers commis à cet effet.
Dans ces derniers cas, le juge, s’il fait droit à cette demande, constate dans sa
décision les modalités du dépôt.
Si le tiers refuse le dépôt, la somme est déposée, sans nouvelle décision, au greffe
de la juridiction saisie.
201
Code de Procédure Civile
Article L.395-10 : Lorsque l’exécution provisoire a été ordonnée, elle ne peut être
arrêtée, en cas d’appel, que par le Premier président et uniquement dans les cas
suivants :
Lorsque l’exécution provisoire est de droit, le Premier président peut prendre les
mesures prévues au deuxième alinéa de l’article L.395-7 et à l’article L.395-8.
Article L.395-11 : Lorsque l’exécution provisoire a été refusée, elle ne peut être
demandée, en cas d’appel, qu’au premier président de la Cour d’appel et à condition
qu’il y ait urgence.
Article L.395-12 : Lorsque l’exécution provisoire n’a pas été demandée, ou si, l’ayant
été, le juge a omis de statuer, elle ne peut être demandée, en cas d’appel, qu’au
premier président de la cour.
202
Code de Procédure Civile
Article L.396-1 : En dehors des cas où cet effet résulte du jugement, l’instance
s’éteint accessoirement à l’action par l’effet de la transaction, de l’acquiescement, du
désistement d’action ou, dans les actions non transmissibles, par le décès d’une
partie.
La discontinuation des poursuites est le fait pour les parties de n’accomplir aucune
diligence pendant le délai prévu. Une diligence est un acte de nature à faire
progresser l’instance, tels des échanges entre les avocats, des pourparlers en cours,
la mise en demeure adressée à l’expert commis de déposer son rapport, la
constitution d’un nouvel avocat, ou encore, la demande de rétablissement de l’affaire
au rôle pour qu’elle soit appelée à l’audience de jugement. Dans ce dernier cas, une
lettre adressée au greffe demandant que l’affaire soit audiencée est suffisante à
interrompre le délai de péremption.
Article L.396-4 : La péremption n’a pas lieu de droit. Elle peut être demandée par
l’une quelconque des parties.
203
Code de Procédure Civile
La péremption peut être opposée par voie d’exception à la partie qui accomplit un
acte après l’expiration du délai de péremption.
Le juge peut aussi la constater d’office, après avoir invité les parties à présenter leurs
observations.
204
Code de Procédure Civile
Article L.397-2 : Le désistement d’instance peut être fait et accepté par de simples
actes signés des parties ou de leurs mandataires et notifiés.
§ 1. Désistement de l’appel
Article L.397-6 : Le désistement de l’appel n’a besoin d’être accepté que s’il contient
des réserves ou si la partie à l’égard de laquelle il est fait a préalablement formé un
appel incident ou une demande incidente.
§ 2. Désistement de l’opposition
205
Code de Procédure Civile
Article L.398-1 : La citation est caduque dans les cas et conditions déterminés par la
loi.
Il n’est admis que pour les droits dont la partie a la libre disposition.
Article L.399-5 : L’acquiescement peut être exprès ou implicite. Il peut être fait et
accepté par de simples actes signés des parties ou de leurs mandataires et signifiés
à l’adversaire ou à son représentant.
L’exécution sans réserve d’un jugement non exécutoire vaut acquiescement, hors les
cas où celui-ci n’est pas permis.
206
Code de Procédure Civile
DEUXIÈME PARTIE
DISPOSITIONS PARTICULIÈRES À CHAQUE JURIDICTION
LIVRE PREMIER
PROCÉDURE DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE
Article L.410-1 : La demande en justice est formée par présentation volontaire des
parties devant le juge, assignation à jour fixe ou par dépôt au Greffe d’une requête
conjointe, sous réserve des cas dans lesquels le Tribunal peut être saisi par simple
requête ou par mémoire, dire ou déclaration.
Article L.411-1 : L’assignation doit contenir, à peine de nullité, outre les mentions
prescrites par l’article L.372-1 et l’article L.321-4, l’indication des jours et heures
auxquels l’affaire sera appelée ainsi que la Chambre à laquelle elle est distribuée.
La date de comparution est fixée par le demandeur, sous réserve du respect du délai
de comparution fixé à l’article L.411-2 et l’huissier instrumentaire vérifie avec le
Greffe de la Chambre concernée, avant signification de l’acte, si une audience de
cette chambre est bien fixée à cette date. En cas de difficulté avec le Greffe pour la
fixation de la date, le demandeur ou la personne qu’il a déléguée à cet effet, peut
saisir sans forme le Président de la Chambre concernée et ce dernier arbitrera la
date de comparution.
207
Code de Procédure Civile
Article L.411-3 : Le Tribunal est saisi à la diligence de l’une ou l’autre partie par la
remise au Greffe par l’huissier d’une copie de l’assignation.
Cette remise doit être faite au plus tard 48 heures avant l’audience. Au jour fixé,
l’affaire est obligatoirement audiencée par le Greffier au rôle et appelée devant la
Chambre concernée.
Il peut également retenir les affaires dans lesquelles le défendeur ne comparaît pas,
si elles sont en état d’être jugées sur le fond, à moins qu’il n’ordonne la réassignation
du défendeur, notamment afin de faire respecter le principe de la contradiction.
Article L.411-5 : Si l’une des parties ou son avocat le demande, le Président doit
ordonner un renvoi à une audience ultérieure, qu’il fixe, pour l’échange de
conclusions ou communications de pièces.
Dans les cas visés aux deux alinéas précédents, le Président impartit à chacune des
parties ou leurs avocats, au cours d’une conférence préparatoire, les délais
nécessaires à la communication des conclusions ou des pièces ; ce délai ne peut
être prolongé qu’en cas de circonstances imprévues et exceptionnelles. Sa décision
peut faire l’objet d’une simple mention au dossier.
À la date de renvoi fixée par lui et lorsqu’il estime que l’affaire est en état d’être
jugée, le Président la retient pour entendre les plaidoiries des parties si elles sont
présentes ou représentées, ou renvoie l’affaire à une audience de plaidoirie dont il
fixe la date.
Article L.411-6 : Les conclusions doivent formuler expressément les prétentions des
parties ainsi que les moyens en fait et en droit sur lesquels chacune de ces
prétentions est fondée avec indication pour chaque prétention des pièces invoquées
et de leur numérotation. Un bordereau énumérant les pièces justifiant ces prétentions
est annexé aux conclusions.
208
Code de Procédure Civile
Article L.411-7 : Le Tribunal de Première Instance est saisi par la remise au Greffe
de la requête conjointe qui doit contenir à peine d’irrecevabilité les mentions
prescrites à l’article L.321-5.
Il est alors procédé comme il est dit aux articles L.411-4 et L.411-5.
Article L.412-1 : Le juge est saisi en matière gracieuse dans les conditions
déterminées par l’article L.232-1 du présent code et dans les cas déterminés par la
loi, notamment dans les affaires de tutelle et de succession, les affaires de partage
judiciaire et de vente judiciaire.
Article L.412-2 : En matière gracieuse, la demande est formée par simple requête.
209
Code de Procédure Civile
Article L.412-5 : Le ministère public doit toujours avoir communication des affaires
gracieuses.
S’il y a des débats, le ministère public est tenu d’y assister ou de faire connaître son
avis.
Article L.412-6 : Les décisions en matière gracieuse sont, lorsqu’elles ne sont pas
contradictoires, portées à la connaissance des personnes intéressées par notification
administrative.
Article L.412-7 : Les décisions gracieuses produisent effet du jour de leur prononcé
lorsqu’elles sont contradictoires, et du jour de leur notification dans les autres cas.
Article L.413-2 : Toutes les demandes dérivant de contrat de travail entre les mêmes
parties doivent, qu’elles émanent du demandeur ou du défendeur, faire l’objet d’une
seule instance, à moins que le fondement des prétentions ne soit né ou ne se soit
révélé que postérieurement à la saisine de la Chambre Sociale.
Article L.413-3 : En matière sociale, l’instance n’est périmée que lorsque les parties
s’abstiennent d’accomplir pendant le délai de trois ans mentionné à l’article L.396-3
les diligences qui ont été expressément mises à leur charge par la juridiction.
210
Code de Procédure Civile
Article L.413-4 : La Chambre Sociale est saisie par le dépôt au greffe social d’une
requête écrite contenant les mentions indiquées à l’article L.115-4. La requête est
accompagnée d’un bordereau énonçant la liste des pièces et leur numéro dans le
dossier, ainsi que les pièces annoncées.
À défaut d’une telle requête écrite, la Chambre sociale n’est pas saisie. Toutefois, si
le demandeur comparaît et invoque des difficultés réelles pour la rédaction de la
requête, ou pour le dépôt de ses pièces, le Président de la Chambre Sociale peut
autoriser le demandeur une seule fois à régulariser sa requête ou son bordereau de
pièces pour une audience ultérieure dont il fixe la date. Si à cette deuxième
audience, la requête ou le bordereau de pièces n’a pas été régularisé, l’affaire est
radiée du rôle.
Article L.413-6 : Lorsqu’une partie n’est pas assistée ou représentée dans les
conditions prévues à l’article L.115-7, elle peut présenter ses conclusions oralement ;
elles sont alors notées au dossier par le Président de la Chambre Sociale ou son
greffier, ou consignées dans un Procès-verbal. Les autres parties doivent être
averties de l’existence de telles notes ou procès-verbal. Toutes les parties peuvent
lire ces notes ou en recevoir communication, sur simple demande de leur part.
Lorsque le défendeur n’a pas comparu et que le recours à une mesure d’instruction
n’apparaît pas préalablement nécessaire, le Président renvoie l’affaire à une
audience de plaidoirie ultérieure dont il fixe la date et l’horaire : le demandeur est
convoqué verbalement et le défendeur est convoqué à nouveau par voie
administrative ou par huissier s’il apparaît au Président qu’il n’a pas été
régulièrement touché par la convocation ou qu’il justifie d’un cas de force majeure.
211
Code de Procédure Civile
Article L.413-11 : Les jugements réputés contradictoires ou par défaut sont signifiés
par huissier à la requête de la partie la plus diligente.
Ce délai de convocation est augmenté dans les conditions prévues à l’article L.411-
2, alinéa 2.
Article L.414-3 : Lorsque toutes les parties sont présentes et que l’affaire apparaît
en état d’être jugée, sans que le recours à une mesure d’instruction ne soit
préalablement nécessaire, le Président peut, soit retenir l’affaire à la première
audience, soit la renvoyer à une audience de plaidoirie qu’il fixe. Les parties sont
valablement convoquées verbalement à l’audience.
212
Code de Procédure Civile
Lorsque le défendeur n’a pas comparu et que le recours à une mesure d’instruction
n’apparaît pas préalablement nécessaire, le Président renvoie l’affaire à une
audience de plaidoirie ultérieure dont il fixe la date et l’horaire : le demandeur est
convoqué verbalement et le défendeur est convoqué à nouveau par voie
administrative ou par huissier s’il apparaît au Président qu’il n’a pas été
régulièrement touché par la convocation ou s’il justifie d’un cas de force majeure ou
d’un empêchement conformément à l’article L.116-10, alinéas 2 et 3.
Article L.414-7 : Les jugements réputés contradictoires et par défaut sont signifiés à
la partie défaillante par voie d’huissier conformément à l’article L.116-14 alinéa 2 à la
requête de la partie la plus diligente.
Article L.415-1 : La procédure devant le Tribunal Administratif est organisée par les
articles L.117-7 à L.117-31.
213
Code de Procédure Civile
LIVRE DEUXIÈME
LES VOIES ORDINAIRES DE RECOURS
Article L.421-1 : L’opposition tend à faire rétracter un jugement ou un arrêt rendu par
défaut, au sens de l’article L.393-26 du présent code.
Article L.421-2 : L’opposition remet en question devant le ou les mêmes juges les
points jugés par défaut pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit.
Le jugement ou l’arrêt frappé d’opposition n’est anéanti que par le jugement ou l’arrêt
qui le rétracte.
Article L.421-4 : L’opposition est faite dans les formes prévues pour la demande en
justice devant la juridiction qui a rendu la décision.
Lorsque l’opposition tend à faire rétracter une décision d’une Chambre de la Cour
d’Appel rendue par défaut, elle est formée dans les mêmes formes que celles
prévues pour l’appel.
Il en est de même, le cas échéant, pour l’appelant non comparant, qui avait été
régulièrement informé de la date d’audience de la cour.
Ces arrêts doivent être notifiés immédiatement aux plaideurs non comparants.
214
Code de Procédure Civile
Article L.421-6 : L’opposition doit contenir les mêmes mentions que la demande en
justice ou l’appel, sous peine des mêmes nullités.
Article L.421-7 : Lorsque l’opposition est faite par exploit d’huissier elle doit, à peine
d’irrecevabilité, être déposée par l’opposant, son avocat ou l’huissier instrumentaire,
au Greffe de la juridiction qui a rendu la décision, dans les cinq jours de la date
à laquelle elle a été notifiée.
Article L.421-8 : L’opposition est instruite et jugée selon les règles applicables
devant la Chambre du Tribunal de Première Instance ou de la Cour d’Appel qui a
rendu la décision.
Article L. 421-10 : La nouvelle décision qui sera rendue sur opposition pourra, si les
conditions requises sont réunies, faire l’objet d’un appel.
Article L.421-11 : Celui qui se laisserait juger une seconde fois par défaut n’est plus
admis à faire une nouvelle opposition.
Article L. 422-1 : La Cour d’Appel connaît des appels des décisions rendues en
premier ressort par le Tribunal de Première Instance.
L’appel tend, par la critique du jugement rendu par le Tribunal de Première Instance,
à sa réformation ou à son annulation par la Cour d’Appel.
215
Code de Procédure Civile
Article L. 422-2 : Le délai pour interjeter appel est de un mois sauf disposition
contraire. Ce délai court à compter de la date de la décision si celle-ci est
contradictoire et à compter de la date de la notification quel qu’en soit le mode,
lorsque cette décision est réputée contradictoire.
- dix jours si la partie citée demeure en tout autre lieu que Djibouti sur le territoire
national ;
Article L. 422-4 : En cas d’appel principal dilatoire ou abusif, l’appelant peut être
condamné à une amende civile de 10 000 FD à 100 000 FD, sans préjudice des
dommages-intérêts qui lui seraient réclamés.
Cette amende ne peut être réclamée aux intimés ; spécialement, les intimés peuvent
obtenir une expédition de la décision revêtue de la formule exécutoire sans que le
non-paiement de l’amende par celui qui y est tenu puisse y faire obstacle.
Le juge d’appel peut condamner à des dommages-intérêts celui qui forme un appel
principal après s’être abstenu, sans motif légitime, de comparaître en première
instance.
Article L.423-2 : Les jugements qui tranchent dans leur dispositif une partie
seulement du fond et ordonnent une mesure d’instruction ou une mesure provisoire
sont dits mixtes.
Les jugements mixtes peuvent être immédiatement frappés d’appel comme les
jugements qui tranchent tout le fond des prétentions soumises au juge.
Il en est de même lorsque le jugement qui statue sur une exception de procédure,
une fin de non-recevoir ou tout autre incident met fin à l’instance.
216
Code de Procédure Civile
Les jugements avant dire droit ne peuvent être frappés d’appel indépendamment des
jugements sur le fond que dans les cas spécifiés par la loi. L’appel d’un tel jugement
avant dire droit sera recevable même s’il a été exécuté sans réserve ; le délai d’appel
d’un jugement avant dire droit commence à courir en même temps que le délai
d’appel contre le jugement sur le fond.
Mais l’appel ne peut être dirigé que contre ceux qui ont été parties en première
instance. Tous ceux qui ont été parties peuvent être intimés.
Article L.424-2 : En matière gracieuse, la voie de l’appel appartient à toute partie qui
y a intérêt, si elle n’y a pas renoncé. L’appel est recevable même en l’absence
d’autres parties.
La voie de l’appel y est également ouverte aux tiers auxquels le jugement a été
notifié.
Article L.424-3 : L’appel peut être incidemment relevé par l’intimé tant contre
l’appelant que contre les autres intimés.
Article L.424-4 : L’appel incident est l’appel interjeté par un intimé en réaction à
l’appel principal formulé contre lui par l’appelant principal.
L’appel provoqué est celui qui émane, sur l’appel principal ou incident qui le
provoque, de toute personne, même non intimée, ayant été partie en première
instance, ou qui est formé contre une personne, partie en première instance, qui n’a
pas été intimée. Dans ce dernier cas, l’appel provoqué ne peut être formé que dans
un délai d’un mois à compter de l’acte d’appel principal.
217
Code de Procédure Civile
Article L.424-5 : L’appel incident ou l’appel provoqué peut être formé, en tout état de
cause, alors même que celui qui l’interjetterait serait forclos pour agir à titre principal.
Dans ce dernier cas, il ne sera toutefois pas reçu si l’appel principal n’est pas lui-
même recevable ou s’il est caduc ou si l’appelant principal s’en est désisté avant
l’appel incident ou provoqué.
L’appel incident ou l’appel provoqué est présenté sans forme et peut l’être
notamment par voie de conclusions, sauf si cet appel est dirigé contre une partie
défaillante ou un tiers, auquel cas seront suivies les formes prévues pour
l’introduction de l’instance en appel.
Article L.424-8 : Aucune intervention ne sera reçue, si ce n’est de la part de ceux qui
auraient droit de former tierce opposition.
218
Code de Procédure Civile
- devant la Chambre Sociale de la Cour d’appel, par déclaration verbale ou par lettre
simple au Greffe de la Chambre Sociale du Tribunal de Première Instance
conformément à l’article L.122-9 du présent code ;
Article L.425-2 : Néanmoins, l’appel peut être interjeté, lorsqu’il est spécialement
prévu par un texte, selon les formes prévues par ce texte.
L’appel peut aussi être interjeté, par le requérant contre une ordonnance sur requête
faisant grief, par voie de requête adressée par au Premier Président de la Cour
d’Appel.
Article L.425-3 : Lorsque l’appel est formé par une déclaration au greffe du Tribunal,
elle mentionne les noms, prénoms, professions et domicile ou résidence du
demandeur, et porte sa signature ou, s’il ne sait pas signer, est revêtue de son
empreinte digitale, ou la signature de son représentant. Les mémoires, observations
ou défenses doivent être signés dans les mêmes conditions.
219
Code de Procédure Civile
Le greffe avise immédiatement, par tous moyens, la partie adverse de l’appel, lui
adresse une copie de la déclaration d’appel et l’informe qu’elle sera ultérieurement
convoquée devant la cour. Le greffier de la cour convoque le défendeur à l’audience,
dès sa fixation et cinq jours au moins à l’avance, par notification administrative.
La convocation vaut citation. S’il y a lieu de convoquer à nouveau une partie qui n’a
pas été jointe par la première convocation, il peut être ordonné que la nouvelle
convocation sera faite par acte d’huissier de justice.
Il peut également retenir les affaires dans lesquelles le défendeur ne comparaît pas,
si elles sont en état d’être jugées sur le fond, à moins qu’il n’ordonne l’assignation ou
la réassignation du défendeur, notamment afin de faire respecter le principe de la
contradiction.
Enfin, il doit retenir l’affaire à la première audience sur la demande, figurant dans
l’acte d’appel de la suspension de l’exécution provisoire, si cette exécution provisoire
a été ordonnée par le premier juge en dehors des cas prévus par la loi.
Article L.425-8 : Dans les cas visés aux deux alinéas de l’article L.425-7, le
Président impartit à chacune des parties ou leurs avocats le délai nécessaire à la
communication des conclusions ou des pièces ; sa décision peut faire l’objet d’une
simple mention au dossier.
À la date de renvoi fixée par lui et lorsqu’il estime que l’affaire est en état d’être
jugée, le Président la retient pour que la chambre entende les plaidoiries des parties
si elles sont présentes ou représentées, ou renvoie l’affaire à une audience de
plaidoirie dont il fixe la date.
220
Code de Procédure Civile
Article L.425-9 : Les conclusions doivent formuler expressément les prétentions des
parties ainsi que les moyens en fait et en droit sur lesquels chacune de ces
prétentions est fondée avec indication pour chaque prétention des pièces invoquées
et de leur numérotation. Un bordereau énumérant les pièces justifiant ces prétentions
est annexé aux conclusions.
Article L.425-10 : À moins que l’affaire ne soit jugée dès la première audience, le
greffier avise par tous moyens de la date des audiences ultérieures les parties qui ne
l’auraient pas été verbalement.
Article L.425-11 : La partie dont les droits sont en péril peut, même si une date
d’audience a déjà été fixée, demander au premier président de la cour de retenir
l’affaire, par priorité, à une prochaine audience.
S’il est fait droit à sa demande, le requérant est aussitôt avisé par tous moyens de la
date fixée ; la partie adverse est quant à elle convoquée par acte d’huissier de justice
à la diligence du requérant.
Article L.425-12 : L’appel contre une décision gracieuse est formé par une
déclaration faite ou adressée au greffe de la juridiction qui a rendu la décision, par
l’appelant ou toute personne habilitée à le faire par les dispositions en vigueur.
L’appel est instruit et jugé selon les règles applicables en matière gracieuse devant
le Tribunal de Première Instance.
Article L.425-13 : Dans tous les cas d’urgence, le Premier Président peut, au cours
de l’instance d’appel, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à
aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend et, lorsque les
circonstances exigent qu’elles ne soient pas prises contradictoirement, ordonner sur
221
Code de Procédure Civile
requête toutes mesures urgentes relatives à la sauvegarde des droits d’une partie ou
d’un tiers.
Il est statué à nouveau en fait et en droit dans les conditions et limites déterminées
par le présent code.
Article L.426-3 : Pour justifier en appel les demandes qu’elles avaient soumises au
premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux, produire de
nouvelles pièces ou proposer de nouvelles preuves.
Les parties ne peuvent ajouter aux demandes soumises au premier juge que les
demandes qui en sont l’accessoire, la conséquence ou le complément nécessaire.
Elles peuvent notamment demander les intérêts, arrérages, loyers et autres
accessoires échus depuis le jugement de première instance, et les dommages et
intérêts pour le préjudice subi depuis ledit jugement.
Article L.426-5 : Dans les cas prévus par l’article L.426-4 alinéa 2, les nouvelles
demandes et les exceptions du défendeur ne pourront être formées que par de
simples actes de conclusions motivées.
222
Code de Procédure Civile
Il en sera de même dans les cas où les parties voudraient changer ou modifier leurs
conclusions.
Article L.426-6 : Les demandes ne sont pas nouvelles dès lors qu’elles tendent aux
mêmes fins que celles soumises au premier juge, même si leur fondement juridique
est différent.
SECTION 2 – L’EVOCATION
Article L.426-10 : Si, lors des délibérations, il se forme plus de deux opinions, les
juges plus faibles en nombre seront tenus de se réunir à l’une des deux opinions qui
auront été émises par le plus grand nombre.
Dans le cas où tous les juges de la Cour d’Appel auraient précédemment connu de
l’affaire, un des juges de Première Instance est appelé pour compléter la formation
de jugement.
Article L.426-11 : En cas de confirmation d’un jugement, la cour peut statuer par
adoption de ses motifs ou par motifs propres. Dans ce cas, elle est réputée avoir
adopté les motifs du jugement qui ne sont pas contraires aux siens.
223
Code de Procédure Civile
224
Code de Procédure Civile
LIVRE TROISIÈME
LES VOIES EXTRAORDINAIRES DE RECOURS
Article L.430-1 : Le recours par une voie extraordinaire et le délai ouvert pour
l’exercer ne sont pas suspensifs d’exécution si la loi n’en dispose autrement.
Article L.430-2 : Les voies extraordinaires de recours ne sont ouvertes que dans les
cas spécifiés par la loi.
Article L.430-3 : En cas de recours dilatoire ou abusif, son auteur peut être
condamné à une amende civile de 10 000 FD à 100 000 FD, sans préjudice des
dommages-intérêts qui seraient réclamés à la juridiction saisie du recours.
Article L.431-1 : La Cour Suprême est compétente pour statuer sur les pourvois en
cassation dans les conditions prévues aux articles L.132-1 à L.132-16. Les principes
fondamentaux de Procédure du Livre II s’appliquent devant la Cour Suprême.
Lorsqu’il n’existe pas de disposition dérogatoire pour la Cour Suprême, il est fait
application des règles communes à toutes les juridictions du Livre III.
Article L.431-2 : La procédure devant la Cour Suprême est écrite. Les parties sont,
sauf dispositions contraires, tenues de constituer avocat. La constitution d’avocat
emporte élection de domicile.
Article L.431-3 : Le délai de pourvoi en cassation est de quinze jours dans toutes les
matières, sauf en matière pénale où il est régi par les dispositions du Code de
Procédure Pénale.
Ce délai court :
- pour les décisions contradictoires, à compter du jour de la décision ;
- pour les décisions réputées contradictoires, à compter du jour de leur notification ;
- pour les décisions rendues par défaut, à compter de l’expiration du délai
d’opposition.
225
Code de Procédure Civile
Article L.431-4 : Le pourvoi est introduit par une requête signée par un avocat et
déposée au greffe de la Cour Suprême. La requête doit être accompagnée, à peine
d’irrecevabilité du pourvoi, de la copie de la décision attaquée ou d’un extrait du
plumitif de cette décision, signé par le greffier.
Le requérant signifie son pourvoi aux parties adverses ou à leur avocat dans les
quinze jours du dépôt de la requête.
Aucun autre moyen de cassation ne pourra être présenté après l’expiration de ces
délais, sauf dans le cas où la décision attaquée ne serait pas disponible au moins
huit jours avant l’expiration du délai pour le mémoire ampliatif, auquel cas le délai
pour déposer le mémoire ampliatif ne débutera qu’au jour de la mise à disposition de
ladite décision par voie de notification directe à l’avocat du demandeur au pourvoi,
par la remise de la décision en double exemplaire par le greffe, l’avocat restituant
immédiatement le double au greffe après l’avoir daté et signé.
Article L.431-5 : Les moyens nouveaux ne sont pas recevables devant la Cour
Suprême.
Peuvent néanmoins être invoqués pour la première fois, sauf disposition contraire :
1° Les moyens de pur droit ;
2° Les moyens nés de la décision attaquée.
Article L.431-6 : Sous peine d’une amende civile de 10 000 FD à 100 000 FD
prononcée par la Cour Suprême, le greffier inscrit le pourvoi sur un registre public à
ce destiné et cote et paraphe les mémoires et significations dans le délai maximum
de vingt jours à compter de leur dépôt entre ses mains.
Toute personne intéressée a le droit de se faire délivrer une copie de ces pièces.
226
Code de Procédure Civile
Les affaires sont inscrites au rôle de la Chambre d’Examen Préalable dans l’ordre
d’inscription des pourvois au Greffe de la Cour Suprême, les pourvois les plus
anciens devant être enrôlés avant les pourvois les plus récents, sauf dans le cas où
un texte particulier prévoit l’examen du recours selon une procédure d’urgence.
À l’expiration de ces délais et au plus tard dans les neuf mois du dépôt du pourvoi
l’affaire est inscrite au Rôle de la Chambre d’Examen Préalable par son Président.
À défaut d’inscription au Rôle de la Chambre d’Examen Préalable dans ce délai, le
demandeur ou le défendeur au pourvoi peuvent assigner la partie adverse devant la
Cour Suprême par exploit d’huissier pour la date de la prochaine audience utile de la
Chambre d’Examen Préalable et l’huissier remet cette assignation au greffier de la
Cour Suprême pour inscription au Rôle.
Article L.431-9 : Le renvoi devant une Chambre Mixte peut être ordonné lorsqu’une
affaire pose une question relevant normalement des attributions de plusieurs
chambres ou si la question a reçu ou est susceptible de recevoir devant les
chambres de la Cour suprême des solutions divergentes.
Article L.431-10 : Le renvoi devant l’Assemblée Plénière peut être ordonné lorsque
l’affaire pose une question de principe, notamment s’il existe des solutions
divergentes soit entre les juges du fond, soit entre les juges du fond et ceux de la
Cour Suprême.
227
Code de Procédure Civile
Article L.431-11 : Le renvoi devant une Chambre Mixte ou l’Assemblée Plénière est
de droit lorsque le Président de la Cour Suprême ou le Procureur Général le requiert
avant l’ouverture des débats devant la Section d’Examen Préalable.
Article L.431-12 : Dans les six mois de l’arrêt de la Chambre d’Examen Préalable
ayant déclaré le pourvoi recevable, l’affaire doit être transmise au conseiller
rapporteur, désigné par le Président de la Chambre compétente, et au Procureur
Général, puis inscrite au Rôle de la Chambre compétente par le Président de cette
Chambre.
Article L.431-13 : La Chambre saisie du dossier, après examen de tous les moyens
de cassation et de défense rend un arrêt de rejet ou de cassation, avec ou sans
évocation du fond selon les règles posées à l’article L.132-2.
La cassation peut être totale ou partielle mais limitée à la portée du moyen qui
constitue la base de la cassation.
Toutefois, si la juridiction compétente pour statuer sur la rectification n’a pas statué
dans le délai de six mois de sa saisine, la Cour Suprême peut statuer sur le pourvoi
et effectuer l’éventuelle rectification elle-même.
Article L.431-16 : Les arrêts rendus par la Cour Suprême ne sont pas susceptibles
d’opposition. Ils ne sont susceptibles d’aucun autre recours que le recours en
révision.
228
Code de Procédure Civile
Article L.431-18 : Les pourvois formés contre les décisions rendues en matière de :
- divorce, pension alimentaire, garde d’enfant, droit de visite,
- référé,
sont examinés selon la procédure d’urgence : les délais prévus aux articles 431-3
à 431-5 sont alors réduits de moitié.
Article L.431-19 : Si le Procureur Général près la Cour Suprême apprend qu’il a été
rendu une décision contraire aux lois, aux règlements et aux formes de procédure,
contre laquelle cependant aucune des parties n’a exercé de recours dans le délai
fixé ou qui a été exécutée, il en saisit la Cour Suprême, même après expiration des
délais ou après l’exécution intervenue.
Si une cassation intervient, les parties ne peuvent s’en prévaloir et, à leur égard, les
dispositions de la décision cassée restent applicables.
Article L.431-20 : Lors de l’examen du pourvoi, la Cour Suprême peut inviter toute
personne dont la compétence ou les connaissances sont de nature à l’éclairer
utilement sur la solution à donner à un litige à produire des observations d’ordre
général sur les points qu’elle détermine.
Cet amicus curiae peut faire des observations par écrit, qui sont alors communiquées
aux parties, ou exprimées lors d’une audience à laquelle les parties sont
convoquées. Dans les deux cas, les parties peuvent à leur tour formuler des
observations écrites, dans le délai que leur indique le juge.
Elle remet en question relativement à son auteur les points jugés qu’elle critique,
pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit.
229
Code de Procédure Civile
Article L.432-2 : Est recevable à former tierce opposition toute personne qui y a
intérêt, à la condition qu’elle n’ait été ni partie ni représentée au jugement qu’elle
attaque.
Les créanciers et autres ayants cause d’une partie peuvent toutefois former tierce
opposition au jugement rendu en fraude de leurs droits ou s’ils invoquent des
moyens qui leur sont propres.
Article L.432-4 : Tout jugement est susceptible de tierce opposition si la loi n’en
dispose autrement.
Article L.432-5 : La tierce opposition est ouverte à titre principal pendant trente ans
à compter du jugement à moins que la loi n’en dispose autrement.
Elle peut être formée sans limitation de temps contre un jugement produit au cours
d’une autre instance par celui auquel on l’oppose.
Article L.432-6 : La tierce opposition formée à titre principal est portée devant la
juridiction dont émane le jugement attaqué.
Article L.432-7 : La tierce opposition incidente à une contestation dont est saisie une
juridiction est tranchée par cette dernière si elle est de degré supérieur à celle qui a
rendu le jugement ou si, étant d’égal degré, aucune règle de compétence d’ordre
public n’y fait obstacle. La tierce opposition est alors formée de la même manière que
les demandes incidentes.
230
Code de Procédure Civile
Dans les autres cas, la tierce opposition est portée, par voie de demande principale,
devant la juridiction qui a rendu le jugement.
Article L.432-8 : La juridiction devant laquelle le jugement attaqué est produit peut,
suivant les circonstances, passer outre et se prononcer, ou surseoir à statuer.
Toutefois la chose jugée sur tierce opposition l’est à l’égard de toutes les parties
appelées à l’instance en application de l’article L.432-3.
Article L.432-11 : Le jugement rendu sur tierce opposition est susceptible des
mêmes recours que les décisions de la juridiction dont il émane.
Article L.433-1 : Le recours en révision tend, pour les causes énoncées à l’article
L.433-3, à faire rétracter un jugement passé en force de chose jugée, pour qu’il soit
à nouveau statué en fait et en droit.
Le recours en révision n’est ouvert contre un arrêt de la Cour suprême que pour les
causes énoncées aux points 2, 3 et 4 de l’article L.433-3.
Article L.433-2 : La révision ne peut être demandée que par les personnes qui ont
été parties ou représentées au jugement, ou qui avaient été dûment appelées.
Article L.433-3 : Le recours en révision n’est ouvert que lorsqu’il apparaît, après le
jugement, l’une des causes suivantes :
1° Que la décision a été surprise par la fraude de la partie au profit de laquelle elle
a été rendue ;
2° Qu’il est découvert des pièces décisives qui avaient été retenues par le dol d’une
autre partie ;
231
Code de Procédure Civile
3° Que des pièces, sur lesquels le jugement a été rendu ont, depuis, été reconnues
ou judiciairement déclarées fausses ;
Dans tous ces cas, le recours n’est recevable que si son auteur n’a pu, sans faute de
sa part, faire valoir la cause qu’il invoque avant que la décision ne soit passée en
force de chose jugée.
Article L.433-4 : Le délai du recours en révision est de deux mois. Ce délai, comme
l’exercice du recours, ne sont pas suspensifs d’exécution.
Article L.433-5 : Le recours en révision est formé par assignation signifiée à toutes
les parties au jugement attaqué, qui doivent être appelées à l’instance en révision
par l’auteur du recours, à peine d’irrecevabilité.
Toutefois, s’il est dirigé contre un jugement produit au cours d’une autre instance
entre les mêmes parties devant la juridiction dont émane le jugement, le recours en
révision est demandé suivant les formes prévues pour la présentation des moyens
de défense.
Le recours en révision peut aussi être exercé à titre incident, contre le jugement
produit dans une instance pendante devant une juridiction autre que celle qui l’a
rendu. Dans ce cas, la juridiction saisie de la cause dans laquelle il est produit peut,
suivant les circonstances, passer outre ou surseoir jusqu’à ce que le recours en
révision ait été jugé par la juridiction compétente.
Article L.433-6 : Le recours en révision est porté devant la juridiction dont émane la
décision contestée ; elle statue autrement composée.
232
Code de Procédure Civile
Lorsque le recours en révision est formé par voie d’assignation, cette communication
est faite par le demandeur auquel il incombe, à peine d’irrecevabilité de son recours,
de dénoncer cette citation au ministère public.
Article L.433-9 : Lorsque le juge déclare la révision justifiée, il statue par le même
jugement sur le fond du litige, sauf s’il y a lieu à complément d’instruction.
S’il s’agit d’un arrêt de la Cour Suprême, la Cour Suprême ne statue sur la totalité du
litige que si un nouvel examen du fond n’est pas nécessaire. Dans le cas contraire, la
Cour Suprême renvoie devant la Chambre de la Cour d’Appel compétente.
Article L.433-12 : Une partie n’est pas recevable à demander la révision d’un
jugement qu’elle a déjà attaqué par cette voie, si ce n’est pour une cause qui se
serait révélée postérieurement.
Le jugement qui statue sur le recours en révision ne peut être attaqué par cette voie.
233
Code de Procédure Civile
TROISIÈME PARTIE
Article L.511-1 : Les principes fondamentaux qui encadrent le droit à exécution sont
posés par les articles L.221-1 à L.222-21 du présent code.
Article L.511-2 : Le texte de l’article 248 du Code pénal est reproduit dans tout
commandement de payer délivré en exécution d’une décision passée en force de
chose jugée. L’infraction est constituée un mois après le commandement de payer
en cas de refus d’exécution sans rapport avec le contenu réel de la décision.
Article L.511-3 : L’acte de saisie rend indisponibles les biens qui en sont l’objet.
Les saisies peuvent porter sur tous les biens appartenant au débiteur alors même
qu’ils seraient détenus par des tiers.
Les saisies peuvent également porter sur les créances conditionnelles, à terme ou à
exécution successive. Cependant, les modalités propres à ces obligations s’imposent
au créancier saisissant.
2° Les biens que la loi rend incessibles à moins qu’il n’en soit disposé autrement ;
234
Code de Procédure Civile
6° Les objets indispensables aux personnes handicapées ou destinés aux soins des
personnes malades, comme les béquilles, les lunettes ou les prothèses.
Article L.511-6 : Les créances insaisissables dont le montant est versé sur un
compte demeurent insaisissables jusqu’à une somme d’un montant égal au SMIC.
Toute personne dont le compte est saisi doit conserver sur son compte une somme
d’un montant égal au SMIC, sous réserve bien sûr que son compte soit créditeur de
cette somme.
Article L.511-7 : Aucune mesure d’exécution ne peut être effectuée avant six heures
et après vingt et une heure non plus que les vendredis, samedis et jour fériés ou
chômés, si ce n’est en vertu d’une autorisation du juge en cas de nécessité.
Article L.511-8 : Lorsque la saisie porte sur des biens corporels, le débiteur saisi ou
le tiers détenteur entre les mains de qui la saisie a été effectuée est réputé gardien
des objets saisis sous les sanctions prévues par le code pénal.
235
Code de Procédure Civile
Article L.511-9 : Toute personne qui, à l’occasion d’une mesure propre à assurer
l’exécution ou la conservation d’une créance, se prévaut d’un document, est tenue
de le communiquer ou d’en donner copie, si ce n’est dans le cas où il aurait été
notifié antérieurement.
Dans les mêmes conditions, il peut être procédé à l’ouverture des meubles.
Article L.511-11 : Lorsque l’huissier de justice a pénétré dans les lieux en l’absence
du débiteur ou de toute personne s’y trouvant, il assure la fermeture de la porte ou
de l’issue par laquelle il est entré.
Article L.511-12 : Si la saisie est faite entre les mains d’un comptable public, l’acte
de l’huissier de justice doit exprimer clairement les noms et qualités de la personne
saisie ainsi que la désignation de l’objet saisi, et doit aussi comprendre copie ou
exploit en forme du titre du saisissant. À défaut, la saisie est non avenue.
Lorsque la mesure doit être effectuée entre les mains d’un comptable public, tout
créancier porteur d’un titre exécutoire ou d’une autorisation de mesure conservatoire
peut requérir de l’ordonnateur qu’il lui indique le comptable public compétent pour
recevoir la notification ainsi que tous les renseignements nécessaires à la mise en
œuvre de la mesure.
Article L.511-13 : La saisie faite entre les mains d’un comptable public n’est pas
valable si elle n’a pas été effectuée entre les mains de la personne qui avait qualité
pour recevoir l’acte de l’huissier et si l’original de cet acte n’est pas visé par elle.
En cas de refus opposé par le comptable public, la demande de saisie est adressée
par le créancier au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance
lequel en donnera suite auprès des chefs des administrations visées.
236
Code de Procédure Civile
S’il survient de nouvelles saisies depuis la délivrance d’un certificat, les comptables
publics seront tenus, sur la demande qui leur sera faite, d’en fournir un extrait
contenant les noms et élection de domicile des saisissants et les causes des saisies
et défense de disposer des sommes et biens.
Article L.511-15 : À l’exception des actes visant à céder ou saisir une rémunération,
les oppositions et significations adressées à un comptable public n’ont d’effet que
pendant cinq années à compter de leur date, si elles n’ont pas été renouvelées dans
ce délai, quels que soient les actes ou jugements intervenus sur ces oppositions et
significations.
Les établissements habilités par la loi à tenir des comptes de dépôt doivent indiquer
à l’huissier de justice chargé de l’exécution si un ou plusieurs comptes, comptes
joints ou fusionnés sont ouverts au nom du débiteur ainsi que les lieux où sont tenus
les comptes, à l’exclusion de tout autre renseignement, sans jamais pouvoir opposer
le secret professionnel.
Article L.511-17 : Les renseignements obtenus ne peuvent être utilisés que dans la
seule mesure nécessaire à l’exécution du ou des titres pour lesquels ils ont été
demandés. Ils ne peuvent, en aucun cas, être communiqués à des tiers ni faire l’objet
d’un fichier d’informations nominatives.
237
Code de Procédure Civile
Toute violation de ces dispositions est passible des peines encourues pour le délit
prévu à l’article 443 du Code pénal, sans préjudice, le cas échéant, de poursuites
disciplinaires et de condamnation à dommages-intérêts.
Article L.511-19 : L’État est tenu de prêter son concours à l’exécution des jugements
et des autres titres exécutoires.
Article L.511-20 : Les sommes dues en exécution d’une décision judiciaire au titre
des pensions alimentaires, rentes, contributions aux charges du mariage ou subsides
prévues par le Code civil ou le Code de la famille au profit des époux ou des enfants,
peuvent être recouvrées pour le compte du créancier par les comptables publics
compétents lorsque les sommes dues ont été fixées par une décision judiciaire
devenue exécutoire mais que leur recouvrement total ou partiel n’a pu être obtenu
par une des voies d’exécution de droit privé.
Le procureur doit apporter à cet état exécutoire, soit de son propre chef, soit sur
demande du créancier ou du débiteur, les modifications nécessaires, notamment en
238
Code de Procédure Civile
Article L.511-25 : Pour les sommes qu’il est chargé de recouvrer, le service
compétent de l’État est subrogé dans les actions et garanties dont dispose le
créancier pour le recouvrement de sa pension alimentaire.
Le recouvrement public des sommes à percevoir est effectué par les comptables
publics compétents selon les procédures applicables en matière de contributions
directes.
Les frais de poursuites mis à la charge du débiteur sont calculés dans les conditions
prévues à l’article 361 du Code général des impôts.
239
Code de Procédure Civile
Article L.511-30 : Le créancier d’aliments qui, de mauvaise foi, aura obtenu la mise
en œuvre de la procédure de recouvrement public sera condamné par le président
de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance, saisi par le procureur de la
République, à une amende civile de 10 000 FD à 100 000 FD et au remboursement
au débiteur des sommes qui auraient été perçues au titre des majorations prévues
par les textes et des frais de recouvrement et frais de poursuite acquittés, sans
préjudice de tous dommages et intérêts.
Article L.511-31 : Lorsque la saisie est pratiquée entre les mains d’un établissement
habilité par la loi à tenir des comptes de dépôt, celui-ci est tenu de déclarer le solde
du ou des comptes du débiteur au jour de la saisie.
240
Code de Procédure Civile
Dans le délai de quinze jours ouvrables qui suit la saisie et pendant lequel les
sommes laissées au compte sont indisponibles, ce solde peut être affecté à
l’avantage ou au préjudice du saisissant par les opérations suivantes dès lors qu’il
est prouvé que leur date est antérieure à la saisie :
2° Au débit :
a. L’imputation des chèques remis à l’encaissement ou portés au crédit du compte
antérieurement à la saisie et revenus impayés ;
b. Les retraits par billetterie effectués antérieurement à la saisie et les paiements
par carte, dès lors que leurs bénéficiaires ont été effectivement crédités
antérieurement à la saisie.
Par dérogation aux dispositions prévues au deuxième alinéa, les effets de commerce
remis à l’escompte et non payés à leur présentation ou à leur échéance lorsqu’elle
est postérieure à la saisie peuvent être contrepassés dans le délai d’un mois qui suit
la saisie.
Le solde saisi attribué n’est diminué par ces éventuelles opérations de débit et de
crédit que dans la mesure où leur résultat cumulé est négatif et supérieur aux
sommes non frappées par la saisie au jour de leur règlement.
Article L.521-1 : Toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut
solliciter du Président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance
l’autorisation de pratiquer une mesure conservatoire sur les biens de son débiteur,
sans commandement préalable, s’il justifie de circonstances susceptibles d’en
menacer le recouvrement.
Article L.521-2 : L’ordonnance d’autorisation est rendue sur requête : elle énonce la
somme pour laquelle la mesure conservatoire est autorisée et à laquelle le juge
évalue provisoirement la créance. Elle contient en outre la nature des biens sur
lesquels elle porte et la nature de la mesure conservatoire autorisée.
241
Code de Procédure Civile
Article L.521-4 : Le Président ne statue sur la requête qu’à charge de lui en référer
en cas de difficulté. L’ordonnance est exécutoire sur minute nonobstant opposition
ou appel.
Article L.521-5 : Le juge compétent pour ordonner une mesure conservatoire est, au
choix du demandeur, le lieu où demeure le défendeur ou le lieu d’exécution de la
mesure.
Article L.521-6 : Le créancier qui a un titre exécutoire contre son débiteur peut
pratiquer une mesure conservatoire sans commandement préalable. Il est alors
dispensé de solliciter du juge une ordonnance d’autorisation préalable.
Après l’expiration du délai d’un mois énoncé à l’alinéa premier, le juge des référés
n’est plus compétent mais le tribunal saisi d’une assignation au fond ou en
conversion peut, en tout état de cause, ordonner mainlevée totale ou partielle de la
mesure conservatoire, si le débiteur justifie de motifs sérieux et légitimes, avec ou
sans caution.
242
Code de Procédure Civile
Lorsqu’il est ordonné une caution, la mesure conservatoire est reportée sur la caution
ou les sommes séquestrées, avec affectation spéciale à la créance, pendant toute la
durée de la procédure, jusqu’à mainlevée ou validation définitive de la mesure
conservatoire.
243
Code de Procédure Civile
Article L.521-18 : Les saisies en matière de Propriété Industrielle sont régies par les
dispositions communes du présent Titre et par la Loi n°50/AN/09/6eL du 19 juillet
2009 sur la Propriété Industrielle.
Article L.521-19 : Il ne peut être pratiqué de mesures conservatoires que sur les
biens et dans les conditions prévues au présent Titre deuxième ou dans un texte
spécial.
Article L.522-1 : Si la saisie conservatoire porte sur des biens meubles se trouvant
entre les mains du débiteur, le procès-verbal de saisie doit contenir, à peine de
nullité :
3° Les noms, prénoms, domicile ou résidence du débiteur saisi, ou s’il s’agit d’une
personne morale, sa forme, sa dénomination sociale et son siège social ;
4° Notification au débiteur de l’ordonnance autorisant la saisie lorsque le créancier
n’a pas de titre exécutoire, si le débiteur est présent aux opérations de saisie ;
6° Désignation du gardien ;
Article L.522-2 : Si le débiteur n’a pas assisté aux opérations de saisie, une copie de
l’ordonnance autorisant la saisie et du procès-verbal de saisie conservatoire lui est
signifiée dans les huit jours du procès-verbal de saisie conservatoire, à peine de
nullité.
244
Code de Procédure Civile
245
Code de Procédure Civile
Article L.522-4 : Si les biens saisis à titre conservatoire font ensuite l’objet d’une
saisie-exécution, les créanciers qui ont saisi les mêmes biens à titre conservatoire
sans avoir été avertis d’une précédente saisie conservatoire, peuvent faire opposition
sur le prix de vente entre les mains de l’huissier, en faisant connaître à l’huissier la
nature et le montant de leur créance par acte d’huissier au plus tard dans les huit
jours qui suivent la vente.
Le créancier, qui n’a pas fait opposition dans le délai prévu à l’alinéa premier, perd le
droit de concourir à la distribution des deniers résultant de la vente.
Article L.522-5 : Si le créancier n’a pas de titre exécutoire contre son débiteur, il doit
assigner ou poursuivre l’action au fond contre son débiteur et demander la
conversion de la saisie-conservatoire en saisie-exécution, dans le délai de un mois
prévu à l’article L.521-7.
Si l’action au fond relève de la compétence d’un arbitre ou d’un tribunal autre que
celui saisi de l’action en conversion, le tribunal saisi de l’action en conversion devra
surseoir à statuer jusqu’à l’obtention d’un titre exécutoire par le créancier.
En outre, si parmi les biens saisis se trouve un véhicule terrestre à moteur, celui-ci
peut être confié à un séquestre qui en aura la garde.
246
Code de Procédure Civile
Article L.522-9 : À défaut de paiements, la vente des meubles saisis a lieu aux
enchères publiques, comme il est prévu aux articles L.534-14 et suivants sur la
saisie-exécution.
Article L.523-1 : Tout créancier peut, dans les conditions prévues à l’article L.521-1
à L.521-9, saisir-arrêter à titre conservatoire entre les mains d’un tiers les biens
meubles de son débiteur : la saisie-arrêt conservatoire peut porter sur tous les biens
mobiliers appartenant au débiteur, se trouvant entre les mains d’un tiers : meubles
corporels - créances - comptes bancaires - droits d’associés et valeurs mobilières -
biens placés dans un coffre-fort, rémunérations du travail ou autre biens mobiliers
corporels ou incorporels, sous réserve des dispositions particulières applicables
à certaines saisies.
1° Les nom, prénom, profession et domicile du créancier poursuivant (ou, s’il s’agit
d’une personne morale, sa forme, sa dénomination, son siège social et l’organe qui
la représente légalement) ;
3° Les nom, prénom et domicile ou résidence du débiteur saisi ; ou, s’il s’agit d’une
personne normale sa dénomination et son siège social ;
247
Code de Procédure Civile
6° La défense faite au tiers saisi de disposer des biens ou des sommes saisies, dans
la limite de ce qui est dû au débiteur.
Article L.523-3 : Le tiers saisi est tenu de fournir à l’huissier les renseignements
nécessaires à l’établissement de son procès-verbal, à peine de dommages et intérêts
en cas de négligence fautive ou de déclaration inexacte ou mensongère.
Article L.523-4 : Dans les huit jours de la saisie-arrêt, le créancier saisissant signifie
le procès-verbal de saisie-arrêt au débiteur par acte d’huissier de justice, à peine de
caducité de la saisie-arrêt.
Article L.523-6 : Dans le même délai d’un mois, et à peine d’inopposabilité au tiers
saisi, le créancier qui n’a pas de titre exécutoire doit contre-dénoncer au tiers saisi sa
demande au fond ou l’action en conversion.
Article L.523-7 : Les articles L.522-3, L.522-4, L.522-5, L.522-6, L.522-7 et L.522-8
sont applicables à la saisie-arrêt conservatoire entre les mains d’un tiers.
Article L.523-8 : Lorsque la saisie-arrêt conservatoire porte sur une créance ayant
pour objet une somme d’argent, le procès-verbal de saisie la rend indisponible
à concurrence du montant autorisé par le juge ou, lorsque le créancier a déjà un titre
exécutoire, à concurrence du montant pour lequel la saisie est pratiquée.
248
Code de Procédure Civile
Article L.523-9 : La saisie emporte de plein droit affectation spéciale et privilège sur
la créance saisie, comme en matière de gage pendant toute la durée de la procédure
jusqu’à mainlevée ou conversion en saisie-exécution.
Article L.523-10 : Les droits d’associé et les valeurs mobilières dont le débiteur est
titulaire sont saisis-arrêtés entre les mains de la société émettrice. Si le titulaire de
valeurs mobilières au porteur ou nominatives a chargé une personne de les détenir,
la saisie-arrêt peut aussi être opérée entre les mains de cette personne.
Article L.523-12 : La vente des droits d’associés ou valeurs mobilières est effectuée
selon les modalités fixées aux articles L.538-10 et suivants.
Article L.523-15 : À tout moment, l’ouverture du coffre peut être demandée par le
débiteur ou le créancier, en présence d’un huissier de justice.
L’huissier procède alors à l’inventaire détaillé des biens qui sont saisis-arrêtés à titre
conservatoire, après avoir fait sommation au débiteur et créancier d’être présents
aux lieu, jour et heure indiqués, en personne ou par tout mandataire de leur choix.
249
Code de Procédure Civile
statuant sur requête peut autoriser l’enlèvement des biens saisis et la désignation
d’un nouveau gardien.
Il est procédé ensuite comme il est dit en matière de saisie-arrêt conservatoire des
meubles.
Article L.524-1 : Sous les conditions mentionnées aux articles L.521-1 à L.521-9, le
Président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance peut autoriser le
créancier à prendre sur un fonds de commerce ou les droits d’associé et valeurs
mobilières de son débiteur une inscription de nantissement conservatoire
conformément aux dispositions des articles L.2282-311 et suivants du Code de
commerce.
250
Code de Procédure Civile
Article L.524-5 : À peine de caducité, quinze jours au plus tard après l’inscription du
nantissement provisoire au Registre du commerce et des sociétés, le créancier en
informe le débiteur par voie de signification.
Il pourra être fait application des articles L.521-4 et L.521-9 en cas de contestation.
Article L.524-7 : Toute cession à titre onéreux ou à titre gratuit, partielle ou totale
d’un fonds de commerce nanti est nulle et non avenue si elle n’a pas acquis date
certaine antérieurement à la signification de l’acte prévu à l’article L.524-5.
251
Code de Procédure Civile
Article L.524-8 : Lorsque le créancier est déjà titulaire d’un titre exécutoire, il est
dispensé d’engager ou poursuivre la demande au fond ou l’action en conversion,
conformément à l’article L.521-7, mais l’inscription définitive de nantissement telle
que prévue à l’article L.524-9 ne peut intervenir moins d’un mois après la signification
de l’acte prévue à l’article L.524-5.
Lorsque le créancier n’a pas de titre exécutoire, il doit engager la demande au fond
ou l’action en conversion en nantissement définitif dans le délai maximum de un mois
à compter de l’inscription provisoire.
Article L.524-10 : Faute d’inscription définitive dans le délai fixé à l’article L.524-9,
l’inscription provisoire devient rétroactivement caduque et sa radiation peut être
demandée par toute partie intéressée.
252
Code de Procédure Civile
253
Code de Procédure Civile
Article L.525-1 : Sous les conditions mentionnées aux articles L.521-1 à L.521-9, le
Président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance peut autoriser le
créancier à prendre, sur les immeubles immatriculés au Livre Foncier au nom de son
débiteur, inscription conservatoire d’hypothèque.
Article L.525-4 : À peine de caducité, quinze jours au plus tard après l’inscription de
l’hypothèque provisoire à la Conservation Foncière, le débiteur en est informé par
voie de signification.
Il pourra être fait application des articles L.521-4 et L.521-9 en cas de contestation.
254
Code de Procédure Civile
Article L.525-5 : Lorsque le créancier est titulaire d’un titre exécutoire, il est dispensé
d’engager ou poursuivre la demande au fond ou l’action en conversion,
conformément à l’article L.521-7, mais l’inscription définitive d’hypothèque, telle que
prévue à l’article L.525-7 ne peut intervenir moins d’un mois après la signification de
l’acte prévue à l’article L.525-4.
Lorsque le créancier n’a pas de titre exécutoire, il doit engager la demande au fond
ou l’action en conversion en hypothèque définitive dans le délai maximum de un
mois à compter de l’inscription provisoire.
255
Code de Procédure Civile
256
Code de Procédure Civile
La radiation est opérée sur la réquisition de toute personne intéressée à laquelle est
joint l’ordonnance ou le jugement passé en force de chose jugée.
Article L.526-2 : Les salaires des travailleurs visés par l’article premier du Code du
travail du 26 janvier 2006 sont saisissables jusqu’à concurrence d’un pourcentage du
salaire mensuel fixé comme suit :
- 0% jusqu’à 16 800 FD ;
- 10% de 16 801 FD à 30 000 FD ;
- 20% de 30 001 FD à 50 000 FD ;
- 30% de 50 001 FD à 150 000 FD ;
- 40% de 150 001 FD à 300 000 FD ;
- 50% de 300 001 FD à 600 000 FD ;
- 100% au-delà de 600 000 FD.
Il doit être tenu compte pour le calcul de la quotité saisissable, non seulement du
salaire proprement dit, mais de tous les accessoires du salaire, à l’exception,
toutefois, des indemnités déclarées insaisissables par la réglementation en vigueur,
des sommes allouées à titre de remboursement de frais exposés par le travailleur et
des allocations ou indemnités dues au titre de la législation sur la sécurité sociale et
de la réglementation qui en est issue.
257
Code de Procédure Civile
Article L.526-4 : Le juge compétent pour ordonner une saisie-arrêt conservatoire sur
salaire est le Président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance du
lieu du domicile ou de la résidence du débiteur. Il reste compétent même lorsque le
débiteur transporte sa résidence dans un autre ressort.
Article L.526-5 : La saisie-arrêt portant sur les traitements ou salaires ne peut, quel
qu’en soit le montant, être pratiquée même si le créancier a titre, qu’après tentative
de conciliation devant le magistrat de la résidence du débiteur.
À cet effet, sur réquisition du créancier, ledit magistrat convoque le débiteur devant
lui, au moyen d’une notification administrative faite par le greffier. Le délai pour la
comparution est de cinq jours à partir de la date de la remise ; il est compté et
augmenté suivant les règles applicables localement en matière de délais de
distance.
Si le débiteur n’a pas reçu notification et s’il ne se présente pas, le créancier doit sauf
s’il a un titre exécutoire, le citer à nouveau en conciliation par exploit d’huissier, dans
le délai prescrit au deuxième alinéa du présent article
258
Code de Procédure Civile
Article L.526-8 : Dans les quinze jours qui suivent chaque trimestre à partir du
procès-verbal de saisie-arrêt conservatoire ou dans les quinze jours qui suivent
l’époque où les retenues cesseraient d’être opérées, le tiers saisi verse au greffier où
à un séquestre désigné par ordonnance sur requête à la demande du créancier ou
du tiers saisi, le montant des sommes retenues. Il est valablement libéré sur la seule
quittance du greffier ou du séquestre.
Le tiers saisi, en opérant son versement, remet au greffier une note indicative des
noms des parties, de la somme versée et de ses causes.
Article L.526-9 : Lorsque le tiers saisi n’a pas effectué son versement à l’époque
fixée ci-dessus, il y est contraint par une ordonnance rendue par le magistrat, saisi à
tout instant de la procédure, en référé ou au fond, par toute personne intéressée. Le
juge constate le montant de la somme due et prononce l’exécution provisoire en
l’assortissant d’une astreinte.
Cette ordonnance peut être sollicitée par toutes parties intéressées en référé ou
devant le juge du fond, lorsqu’il est saisi, à toute époque de la procédure.
Article L.526-10 : Les actes, décisions et formalités visés au présent chapitre sont
exemptés de tous droits de timbre et enregistrés gratis.
Article L.527-1 : La saisie conservatoire d’un navire ou autre bâtiment de mer est
autorisée par le Président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance par
ordonnance sur requête.
Les règles de procédures applicables sont celles prévues aux articles L.521-1
à L.521-10 et L.522-1 à L.522-7, sous réserve des dispositions particulières ci-après
et des conventions internationales applicables.
259
Code de Procédure Civile
Le Président fixe le délai dans lequel le navire devra regagner le Port de la saisie.
Il peut ultérieurement modifier ce délai pour tenir compte des circonstances et, le cas
échéant, autoriser le navire à faire d’autres voyages.
Si, à l’expiration du délai fixé, le navire n’a pas rejoint le Port de la saisie, la caution
est acquise aux créanciers, sauf le jeu de l’assurance en cas de sinistre couvert par
la police.
Article L.527-4 : Si le propriétaire n’est pas domicilié dans le ressort du Tribunal, les
significations et assignations lui sont données en la personne du capitaine du navire
saisi, ou, en son absence, en la personne de celui qui représente le propriétaire ou le
capitaine. Les délais de distance ne sont pas applicables si le propriétaire a été
assigné en la personne du capitaine ou de son représentant.
Article L.527-5 : Si le navire saisi est inscrit sur le registre d’immatriculation des
navires de la République de Djibouti, le procès-verbal de saisie conservatoire doit
être notifié au service des Affaires Maritimes, pour inscription audit registre, ainsi
qu’aux créanciers inscrits sur le navire audit registre.
260
Code de Procédure Civile
261
Code de Procédure Civile
Article L.531-1 : Lorsque le créancier dispose d’un titre exécutoire constatant une
créance liquide et exigible, il peut engager une procédure de saisie-exécution sans
avoir à faire valider cette saisie par un tribunal.
S’il ne dispose pas encore d’un tel titre, le créancier peut saisir le juge pour être
autorisé à pratiquer une « saisie-arrêt conservatoire » ou toute autre mesure
conservatoire conformément aux dispositions des articles L.521-1 et suivants du
présent code.
Article L.531-6 : Toutes les saisies-exécutions sont soumises aux articles L. 222-1 à
L. 222-14 sur les conditions de l’exécution forcée et aux articles L. 511-2 à L. 511-30
sur les dispositions communes aux mesures conservatoires et mesures d’exécution,
262
Code de Procédure Civile
sauf les dispositions particulières prévues ci-après pour chaque type de saisie-
exécution.
Article L.531-7 : Dans tous les cas, le procès-verbal de saisie-exécution qui est
remis au tiers mentionne l’heure à laquelle l’acte a été signifié.
Article L.532-2 : Lorsque la saisie est dénoncée au tiers saisi, celui-ci doit préciser à
l’huissier de justice exécutant s’il détient des sommes ou valeurs saisissables
appartenant au saisi, et dans ce cas, quelle est l’étendue de ses obligations à l’égard
du débiteur ainsi que les modalités qui pourraient les affecter. Il informe aussi
l’huissier de justice, s’il y a lieu, de l’existence de cessions de créances, délégations,
nantissement ou saisies antérieures.
Le tiers saisi qui, sans motif légitime, ne fournit pas les renseignements prévus est
condamné, à la demande du créancier, à payer les sommes dues à ce dernier sans
préjudice de son recours contre le débiteur. Le tiers saisi peut être condamné à des
dommages et intérêts en cas de négligence fautive ou de déclaration inexacte ou
mensongère.
263
Code de Procédure Civile
Le tiers saisi est personnellement tenu envers le créancier saisissant. Il lui est fait
défense de disposer des sommes et biens réclamés dans la limite de ce qu’il doit au
débiteur.
La remise des fonds au séquestre arrête le cours des intérêts dus par le tiers saisi.
Les actes de saisie notifiés au cours de la même journée entre les mains du même
tiers sont réputés faits simultanément. Si les sommes disponibles ne permettent pas
de désintéresser la totalité des créanciers ainsi saisissants, ceux-ci viennent en
concours.
264
Code de Procédure Civile
L’acte rappelle au débiteur qu’il peut autoriser par écrit le créancier à se faire
remettre sans délai par le tiers saisi les sommes qui lui sont dues.
Article L.532-7 : Toute contestation relative à la saisie est formée dans un délai de
huit jours à compter de la dénonciation de la saisie au débiteur. À défaut de
respecter ce délai, la contestation est irrecevable.
265
Code de Procédure Civile
Par accord entre les parties ou sur décision du juge, il peut être mis fin à
l’indisponibilité par la constitution d’une garantie irrévocable à concurrence du
montant des sommes réclamées.
Article L.532-13 : Lorsque la saisie est pratiquée sur un compte joint, elle est
dénoncée à chacun des titulaires du compte.
Si les noms et adresses des autres titulaires du compte sont inconnus de l’huissier
de justice, ce dernier demande à l’établissement qui tient le compte de les informer
immédiatement de la saisie et du montant des sommes réclamées.
Article L.533-1 : Les articles du chapitre précédent sont applicables à la saisie des
rémunérations y compris aux salaires et traitements des fonctionnaires civils et aux
soldes des officiers ou assimilés, sous-officiers, militaires ou assimilés de l’armée de
terre, de la marine et de l’armée de l’air en activité, quelle que soit leur position
statutaire, ainsi qu’aux soldes des officiers généraux du cadre de réserve.
Il doit être tenu compte pour le calcul des retenues, non seulement du salaire
proprement dit, mais de tous les accessoires du salaire, à l’exception toutefois des
indemnités déclarées insaisissables par le réglementation en vigueur, des sommes
allouées à titre de remboursement de frais exposés par le travailleur et des
allocations ou indemnités pour charge de famille.
266
Code de Procédure Civile
SECTION 1 – LA SAISIE-VENTE
Article L.534-2 : Tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance
liquide et exigible peut, après signification d’un commandement, faire procéder à la
saisie et à la vente des biens meubles corporels appartenant à son débiteur, qu’ils
soient ou non détenus par ce dernier.
Tout créancier remplissant les mêmes conditions peut se joindre aux opérations de
saisie par voie d’opposition.
Lorsque la saisie porte sur des biens qui sont détenus par un tiers et dans les locaux
d’habitation de ce dernier, elle est autorisée par le Président du Tribunal de Première
Instance par ordonnance sur requête.
267
Code de Procédure Civile
Article L.534-6 : Les opérations de saisie peuvent être faites en tous lieux où se
trouvent les biens visés, mais ne peuvent commencer qu’à l’expiration d’un délai de
48 heures à compter de la signification du commandement de payer.
Lorsque les opérations de saisie ont lieu chez un tiers, l’huissier informe ce dernier
du fondement sur lequel opère la saisie, puis l’invite à déclarer les biens qu’il détient
pour le compte du débiteur et, parmi ces derniers, ceux qui auraient fait l’objet d’une
saisie antérieure. Il rappelle au tiers que, en cas de refus de déclaration ou de
déclaration inexacte ou mensongère, il peut être condamné au paiement des causes
de la saisie sauf son recours contre le débiteur, sans compter une éventuelle
condamnation à des dommages et intérêts.
Si aucun bien n’est susceptible d’être saisi, l’huissier de justice dresse un procès-
verbal de carence. Il en est de même si, manifestement, aucun bien n’a de valeur
marchande.
Si une cause légitime rend leur déplacement nécessaire, le gardien est tenu d’obtenir
l’autorisation préalable du créancier ou du juge en indiquant la case du déplacement
et le lieu où ils seront placés.
Article L.534-9 : Les opérations de saisie sont formalisées dans un acte de saisie-
vente.
268
Code de Procédure Civile
Il mentionne que :
a. les objets saisis sont indisponibles ;
b. les objets saisis ne peuvent être ni aliénés ni déplacés, sauf si une cause
légitime rend leur déplacement nécessaire, auquel cas le gardien est tenu d’en
informer préalablement le créancier à qui est aussi communiqué le lieu où les biens
seront placés ;
c. il est interdit au gardien des biens saisis de détruire, déplacer, détourner ou
céder de quelque façon que ce soit un objet saisi, à peine d’application des peines
prévues par le Code pénal sur le détournement d’objet saisi ;
d. le gardien des biens saisis est tenu de faire connaître la présente saisie à tout
créancier qui procéderait à une saisie sur les mêmes biens.
e. le tiers saisi peut refuser d’avoir la garde des biens saisis et qu’il peut, à tout
moment, demander à être déchargé de la garde des biens.
f. les contestations relatives à la saisie-vente sont portées devant le Président de
la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance statuant en référé ;
L’acte de saisie indique, le cas échéant, les nom, prénoms et qualité des personnes
qui ont assisté aux opérations de saisie, lesquelles apposent leur signature sur
l’original et sur les copies ; en cas de refus, il en est fait mention dans l’acte.
Article L.534-10 : Lorsque le tiers indique à l’huissier chargé de la saisie vouloir être
déchargé de la garde des biens, l’huissier de justice pourvoit à la nomination d’un
gardien et à l’enlèvement des biens.
Article L.534-11 : Quand le débiteur n’a pas assisté aux opérations de saisie,
qu’elles aient été réalisées chez lui ou chez un tiers, une copie de l’acte lui est
signifiée, qui lui impartit un délai de 48 heures pour qu’il porte à la connaissance de
l’huissier de justice tous éléments utiles et notamment l’existence d’une éventuelle
saisie antérieure.
La copie de l’acte doit être signifiée au débiteur huit jours au plus tard après la saisie,
à peine de caducité.
Article L.534-12 : Si les opérations sont réalisées chez un tiers et que ce dernier n’a
pas assisté aux opérations de saisie, la copie de l’acte lui est signifiée en lui
impartissant un délai de 48 heures pour qu’il porte à la connaissance de l’huissier de
justice l’existence d’une éventuelle saisie antérieure sur les mêmes biens et qu’il lui
en communique le procès-verbal.
Si le tiers se prévaut d’un droit notamment de rétention sur le bien saisi, il en informe
l’huissier de justice par tout moyen à moins qu’il n’en ait fait la déclaration au moment
de la saisie. Dans le délai de huit jours le tiers peut contester la saisie devant le
269
Code de Procédure Civile
Toutefois, le juge peut ordonner sur requête, à tout moment et même avant le début
des opérations de saisie, la remise d’un ou plusieurs objets à un séquestre qu’il
désigne.
En outre, si parmi les biens saisis se trouve un véhicule terrestre à moteur, celui-ci
peut être immobilisé jusqu’à son enlèvement en vue de la vente par tout moyen
n’entraînant aucune détérioration du véhicule, conformément aux dispositions des
articles L.537-5 et suivants du présent code.
Article L.534-14 : La vente forcée a lieu aux enchères publiques après expiration
des délais prévus aux articles précédents.
La vente forcée a lieu soit au lieu où se trouvent les objets saisis, soit en une salle
des ventes ou tout autre lieu ouvert au public dont la situation géographique est la
plus appropriée pour solliciter la concurrence à moindres frais. Le choix appartient au
créancier sous réserve de la compétence territoriale de l’officier ministériel chargé de
la vente.
Article L.534-16 : La consistance et la nature des biens saisis sont vérifiées, avant la
vente, par l’officier ministériel chargé de la vente. Si des objets sont manquants ou
dégradés, il en fait le constat. Ces derniers peuvent, le cas échéant, être
photographiés, ces photographies pouvant exclusivement être communiquées à
l’occasion d’une contestation portée devant le juge.
Article L.534-17 : L’adjudication est faite par huissier au plus offrant, après trois
criées. Le prix est payable comptant. Faute de paiement par l’adjudicataire, l’objet est
revendu sur réitération des enchères.
270
Code de Procédure Civile
Article L.534-20 : L’opposition faite par un autre créancier prévue à l’article L.534-2
n’est possible que jusqu’à la date annoncée pour la vente.
Article L.534-21 : Tout créancier opposant peut étendre la saisie initiale à d’autres
biens. Il est alors dressé, selon les conditions prévues pour toute saisie-vente, un
acte de saisie qui comprend un inventaire complémentaire.
Article L.534-22 : Si, à l’occasion d’une saisie, le débiteur présente à l’huissier l’acte
établi lors d’une précédente saisie, ce dernier procède par voie de recollement de
saisie. Il peut pratiquer sur-le-champ une saisie complémentaire.
Toutefois, il peut être procédé à la vente forcée immédiate de ceux des biens pour
lesquels le délai imparti en vue de leur vente est expiré soit avec l’accord du débiteur
ou l’autorisation du juge, soit si les formalités de publicité avaient déjà été effectuées
au moment de l’opposition.
271
Code de Procédure Civile
Article L.534-24 : À défaut par le créancier premier saisissant d’avoir fait procéder
aux formalités de la mise en vente forcée à l’expiration des délais prévus, tout
créancier opposant lui est subrogé de plein droit après sommation infructueuse
d’y procéder dans un délai de huit jours.
Le créancier premier saisissant est déchargé de ses obligations. Il est tenu de mettre
les pièces utiles à la disposition du créancier subrogé.
Article L.534-28 : Lorsque les contestations portent sur la propriété du bien saisi, le
débiteur peut demander la nullité de la saisie quand il n’est pas propriétaire dudit
bien. Quant au tiers qui se prétend propriétaire d’un bien saisi, il peut demander au
juge d’en ordonner la distraction.
Article L.534-29 : L’action en distraction cesse d’être recevable après la vente des
biens saisis ; seule peut alors être exercée, au choix du titulaire prétendu du droit,
une action en revendication ou une action sur le prix.
Toutefois, le tiers reconnu propriétaire d’un bien déjà vendu peut en distraire le prix,
non diminué des frais, jusqu’à la distribution des sommes produites par la vente.
Article L.534-30 : Lorsque les contestations portent sur la validité de la saisie, elles
peuvent porter sur la saisissabilité des biens compris dans la saisie, ou sur un vice
de forme ou de fond de la saisie.
272
Code de Procédure Civile
Dans tous les cas, les contestations sont portées devant le juge dans le délai de huit
jours à compter de la signification de l’acte de saisie.
Si la saisie est déclarée nulle après la vente mais avant la distribution du prix, le
débiteur peut demander la restitution du produit de la vente.
Article L.534-31 : Le juge qui annule la saisie peut laisser à la charge du débiteur
tout ou partie des frais qu’elle a occasionnés si le débiteur s’est abstenu de
demander la nullité en temps utile.
Article L.535-1 : Un bien meuble corporel peut être appréhendé entre les mains de
celui qui est tenu de le remettre en vertu d’un titre exécutoire ou directement entre
les mains d’un tiers qui le détient pour le compte de ce dernier.
Toutefois, s’il s’agit d’un véhicule terrestre à moteur, il ne peut être appréhendé que
selon les règles prescrites par les articles L.537-1 et suivants, et L.537-5 et suivants,
du présent code.
Le commandement peut être signifié dans le même acte que le titre exécutoire.
Dans ce cas, l’acte prévu à l’article L.535-4 contient l’indication que les contestations
peuvent être portées devant le Président de la Chambre Civile du Tribunal de
273
Code de Procédure Civile
Première Instance statuant en référé du lieu où demeure celui auquel le bien est
retiré ou du lieu de l’appréhension.
Cet acte contient un état détaillé du bien. Le cas échéant, ce dernier peut être
photographié ; la photographie est annexée à l’acte.
Article L.535-5 : Si le bien a été appréhendé pour être remis à son propriétaire, une
copie de l’acte prévu à l’article L.535-4 est remise ou notifiée à la personne tenue, en
vertu du titre exécutoire, de délivrer ou de restituer le bien.
Article L.535-6 : Dans le cas particulier où le bien a été appréhendé pour être remis
à un créancier gagiste, l’acte de remise ou d’appréhension vaut saisie sous la garde
du créancier, et, sous réserve que le créancier n’ait pas demandé l’attribution
judiciaire du gage, il est procédé à la vente selon les modalités prévues aux articles
L.534-1 et suivants du présent code.
Article L.535-7 : Lorsque le bien est détenu par un tiers, une sommation de remettre
ce bien lui est directement signifiée. Elle est dénoncée par tout moyen à la personne
tenue de le délivrer ou de le restituer.
274
Code de Procédure Civile
Article L.535-11 : À défaut de titre exécutoire, il peut être présenté une requête à fin
d’injonction d’avoir à délivrer ou restituer un bien meuble déterminé.
275
Code de Procédure Civile
Article L.535-14 : Le détenteur du bien qui a des moyens de défense à faire valoir
peut, dans un délai de huit jours à peine d’irrecevabilité, former opposition à
l’ordonnance rendue, par voie d’assignation devant le président du tribunal statuant
en référé.
S’il s’agit d’un véhicule terrestre à moteur, il peut être immobilisé selon ce qui est
prescrit aux articles L.537-5 et suivants du présent code.
276
Code de Procédure Civile
Article L.536-3 : Lorsque la procédure tend à la vente des biens placés dans le
coffre, un commandement de payer est signifié au débiteur le premier jour ouvrable
suivant l’acte de saisie prévu à l’article L.536-1.
277
Code de Procédure Civile
Article L.536-4 : L’ouverture du coffre ne peut intervenir avant l’expiration d’un délai
de huit jours à compter de la signification du commandement de payer. Toutefois, le
débiteur peut demander que cette ouverture ait lieu à une date plus rapprochée.
Article L.536-5 : Au jour fixé, il est procédé à l’inventaire des biens qui sont décrits
de façon détaillée.
Si le débiteur est présent, l’inventaire se limite aux biens saisis. Ceux-ci sont
immédiatement enlevés pour être placés sous la garde de l’huissier de justice ou
d’un séquestre désigné, à défaut d’accord amiable, par le juge saisi sur requête.
Si le débiteur est absent, il est dressé inventaire de tous les biens contenus dans le
coffre. Les biens saisis sont enlevés immédiatement par l’huissier de justice comme il
est dit à l’alinéa précédent. Les autres sont remis au tiers qui a la garde du coffre ou
à un séquestre désigné sur requête par le juge, à charge de les représenter sur
simple réquisition du débiteur.
Le cas échéant, l’huissier de justice peut photographier les objets retirés du coffre,
ces photographies pouvant exclusivement être communiquées à l’occasion d’une
contestation portée devant le juge.
Article L.536-6 : Il est dressé acte des opérations. Cet acte contient l’indication des
nom, prénoms et qualité des personnes qui ont assisté aux opérations et de celles
entre les mains de qui des biens ont été remis, lesquelles apposent leur signature sur
l’original et les copies ; en cas de refus, il en est fait mention dans l’acte.
278
Code de Procédure Civile
Article L.536-7 : Une copie de l’inventaire est remise ou signifiée au débiteur ainsi
que, le cas échéant, aux personnes auxquelles des biens ont été remis.
Article L.536-10 : Il est fait application des dispositions des articles L.536-4 à L.536-
6 et L.536-8.
Article L.536-11 : Une copie de l’inventaire est remise ou signifiée au débiteur ainsi
que, le cas échéant, aux personnes auxquelles des biens ont été remis.
Il est fait mention dans la copie délivrée ou signifiée au débiteur que le bien a été
remis à la personne désignée dans le titre exécutoire ou à son mandataire dont
l’identité est précisée.
279
Code de Procédure Civile
Article L.537-1 : L’huissier de justice chargé de l’exécution d’un titre exécutoire peut
faire une déclaration aux fins de saisie d’un véhicule terrestre à moteur auprès de
l’autorité administrative compétente.
Dès qu’elle est notifiée au débiteur, la déclaration produit tous les effets d’une saisie.
La déclaration cesse de produire effet à l’expiration d’un délai de deux ans à compter
de sa signification, sauf renouvellement opéré dans les formes de la déclaration
initiale.
280
Code de Procédure Civile
Article L.537-5 : L’huissier de justice chargé de l’exécution d’un titre exécutoire peut
aussi saisir le véhicule du débiteur en l’immobilisant, en quelque lieu qu’il se trouve,
par tout moyen n’entraînant aucune détérioration du véhicule.
Article L.537-6 : Si un appareil est utilisé pour immobiliser un véhicule, il doit être
agréé par le Ministère de l’Intérieur.
L’huissier de justice peut, le cas échéant, photographier les véhicules saisis. Ces
photographies sont conservées par lui en vue de la vérification des biens saisis. Elles
ne peuvent être communiquées qu’à l’occasion d’une contestation portée devant le
juge.
Article L.537-8 : Dans les autres cas, l’huissier de justice dresse un procès-verbal
d’immobilisation.
L’immobilisation vaut saisie sous la garde du propriétaire du véhicule ou, après son
enlèvement, sous la garde de celui qui l’a reçu en dépôt.
281
Code de Procédure Civile
Article L.537-11 : Dans le cas prévu à l’article L.537-10, le véhicule est vendu selon
les dispositions prévues pour la saisie-vente.
Lorsqu’un gage a été inscrit sur le véhicule, l’huissier de justice informe le créancier
gagiste de la mise en vente aux enchères publiques.
Article L.537-12 : Si le véhicule a été immobilisé pour être remis à son propriétaire,
l’huissier de justice signifie à la personne tenue de la remise, huit jours au plus tard
après l’immobilisation, un acte qui contient à peine de nullité :
1° La copie du procès-verbal d’immobilisation ;
2° Une injonction d’avoir, dans un délai de huit jours, à se présenter à l’étude de
l’huissier de justice pour convenir avec lui des conditions de transport du véhicule
avec l’avertissement qu’à défaut il sera transporté à ses frais pour être remis à la
personne désignée dans le titre ;
3° L’indication que les contestations peuvent être portées devant le Président de la
Chambre Civile du Tribunal de Première Instance du lieu d’immobilisation du
véhicule.
Article L.537-13 : Dans le cas particulier où le véhicule a été immobilisé pour être
remis à un créancier gagiste, l’huissier de justice signifie à la personne tenue de la
remise, huit jours au plus tard après l’immobilisation, un acte qui contient à peine de
nullité :
1° La copie du procès-verbal d’immobilisation ;
2° Une injonction d’avoir, dans un délai de huit jours, à se présenter à l’étude de
l’huissier de justice pour convenir avec lui des conditions de transport du véhicule
282
Code de Procédure Civile
avec l’avertissement qu’à défaut il est transporté à ses frais pour être remis au
créancier gagiste ;
3° Un décompte distinct des sommes réclamées en principal, frais et intérêts échus
ainsi que l’indication du taux des intérêts ;
4 L’indication que les contestations doivent être portées devant le Président de la
Chambre Civile du Tribunal de Première Instance du lieu d’immobilisation du
véhicule.
Après remise au créancier gagiste, le véhicule est placé sous la garde de ce dernier.
À défaut de paiement dans le délai prescrit, il est procédé à la vente forcée aux
enchères publiques dans les conditions prévues pour la saisie-vente. Le cas
échéant, il est fait application des dispositions relatives aux incidents de la saisie-
vente.
Article L.537-14 : La saisie des aéronefs est régie par les dispositions particulières
du code de l’aviation civile (Loi n° 152/AN/11/6e, JO du 15 mars 2012).
Article L.537-18 : Le président fixe le délai dans lequel le navire devra regagner le
port de la saisie. Il peut ultérieurement modifier ce délai pour tenir compte des
circonstances et, le cas échéant, autoriser le navire à faire des voyages.
283
Code de Procédure Civile
Si, à l’expiration du délai fixé, le navire n’a pas rejoint le port, la somme déposée en
garantie est acquise aux créanciers, sauf le jeu de l’assurance en cas de sinistre
couvert par la police.
284
Code de Procédure Civile
Article L.537-21 : La saisie-exécution est faite par huissier, qui énonce dans son
procès-verbal :
- les nom, profession et demeure du créancier pour qui il agit ;
- le titre exécutoire en vertu duquel il procède ;
- la somme dont il poursuit le paiement ;
- la date du commandement de payer ;
- l’élection de domicile faite par le créancier dans le lieu où siège le tribunal devant
lequel la vente doit être poursuivie et dans le lieu où le navire est amarré ;
- les noms du propriétaire ;
- les nom, espèce, tonnage, et nationalité du bâtiment ;
- la description des chaloupes, canots, agrès, et autres apparaux du navire,
provisions et soutes.
285
Code de Procédure Civile
Article L.537-26 : L’annonce de la vente est faite par voie d’insertion dans un journal
habilité à recevoir les annonces légales, sans préjudice de toutes autres publications
qui peuvent être autorisées par le tribunal.
Article L.537-32 : L’adjudicataire est tenu de verser son prix, sans frais au greffe du
tribunal dans les vingt-quatre heures de l’adjudication à peine de folle enchère.
286
Code de Procédure Civile
Article L.537-34 : L’adjudicataire doit, dans les cinq jours suivants, présenter requête
au président du Tribunal de Première Instance pour faire commettre un juge devant
lequel il citera les créanciers par acte signifié aux domiciles élus, à l’effet de
s’entendre à l’amiable sur la distribution du prix.
Article L.537-36 : Les créanciers opposants sont tenus de produire au greffe leur
titre de créances dans les trois jours qui suivent la sommation qui leur en est faite par
le créancier poursuivant ou par le tiers saisi, faute de quoi il sera procédé à la
distribution du prix de la vente sans qu’ils y soient compris.
L’acte d’appel doit contenir assignation et l’énonciation des griefs, à peine de nullité.
Article L.537-39 : Dans les huit jours qui suivent l’expiration du délai d’appel et, s’il y
a appel, dans les huit jours de l’arrêt, le juge déjà assigné dresse l’état des créances
colloquées en principal, intérêts et frais. Les intérêts des créances utilement
colloquées cesseront de courir au détriment de la partie saisie.
287
Code de Procédure Civile
Article L.537-41 : Les dépens des contestations ne peuvent être pris sur les deniers
à distribuer.
Article L.537-42 : Sur ordonnance rendue par le juge, le greffier délivre les
bordereaux de collocation contre le greffe.
Dans les sept jours qui suivent, la saisie est dénoncée aux créanciers inscrits aux
domiciles élus dans leurs inscriptions. Ce délai est augmenté de vingt jours si le lieu
de la saisie et le lieu du tribunal qui doit connaître de la saisie et de ses suites ne se
trouvent pas l'un et l'autre en République de Djibouti.
La dénonciation aux créanciers indique le jour de la comparution devant le tribunal.
Le délai de comparution est augmenté de vingt jours si le domicile élu et le siège du
tribunal ne se trouvent pas l'un et l'autre en République de Djibouti.
Si une saisie porte sur des parts représentant plus de la moitié du navire, la vente
sera étendue à tout le navire, sauf opposition des autres copropriétaires pour des
motifs reconnus sérieux et légitimes. Il est statué sur l'opposition par le tribunal de la
saisie avant l'adjudication.
Article L.538-2 : Les droits d’associé et les valeurs mobilières dont le débiteur est
titulaire sont saisis auprès de la société ou de la personne morale émettrice.
Article L.538-3 : Les valeurs mobilières nominatives dont les comptes sont tenus par
un mandataire de la société sont saisies auprès de ce mandataire.
Article L.538-4 : Les valeurs mobilières au porteur sont saisies auprès de la société
ou de la personne morale émettrice.
288
Code de Procédure Civile
Article L.538-5 : La saisie peut aussi être opérée auprès d’un intermédiaire habilité
pour l’ensemble des valeurs mobilières inscrites en compte au nom du débiteur.
Article L.538-7 : Dans un délai de huit jours et à peine de caducité, la saisie est
portée à la connaissance du débiteur par acte d’huissier de justice.
289
Code de Procédure Civile
Cette publicité est effectuée un mois au plus et huit jours au moins avant la date fixée
pour la vente.
Le débiteur, la société et, s’il y a lieu, les créanciers bénéficiant d’un privilège inscrit
sur les droits d’associé et valeurs mobilières et les autres créanciers opposants sont
informés de la date de la vente par voie de signification.
290
Code de Procédure Civile
Article L.538-17 : L’adjudicataire est tenu de verser son prix, sans frais, au greffe du
tribunal dans les vingt-quatre heures de l’adjudication à peine de folle enchère.
Toutefois, si une saisie conservatoire a été pratiquée avant la saisie qui a conduit
à la vente, le créancier prend part à la distribution du prix mais les sommes qui lui
reviennent sont consignées auprès du greffe du Tribunal de Première Instance
jusqu’à ce qu’il ait obtenu un titre exécutoire.
La saisie revendication est donc une mesure conservatoire, qui doit être validée par
un tribunal, et qui tend non pas à la vente mais à la remise ou la restitution d’un objet
mobilier.
291
Code de Procédure Civile
Après l’expiration du délai d’un mois énoncé à l’alinéa premier, le juge des référés
n’est plus compétent mais le tribunal saisi d’une demande en validité ou d’une
contestation de la saisie-revendication, peut, à tout moment de l’instance, ordonner
mainlevée de la mesure conservatoire si le débiteur justifie de motifs sérieux et
légitimes.
292
Code de Procédure Civile
293
Code de Procédure Civile
Article L.551-2 : Lorsqu’il n’y a qu’un seul créancier, le produit de la vente est remis
à celui-ci jusqu’à concurrence du montant de sa créance, en principal, intérêts et
frais, dans un délai d’un mois au plus tard à compter de la vente forcée ou, en cas de
vente amiable, à compter du jour où le prix a été payé. Dans le même délai, le solde
est remis au débiteur.
À l’expiration de ce délai, les sommes qui sont dues portent intérêt au taux légal.
Article L.551-3 : Lorsque plusieurs créanciers ont fait opposition sur le prix dans les
délais et formes impartis, le créancier qui a initié la vente élabore un projet de
répartition du prix entre les créanciers opposants ou bénéficiant d’un privilège inscrit
sur un registre public. Ce projet tient compte de tous les frais encourus et de tous les
intérêts échus depuis ces actes.
Le projet de répartition est établi dans le délai d’un mois, qui court du jour de la vente
forcée ou, en cas de vente amiable, du jour du paiement du prix.
Toutefois, si une saisie conservatoire a été pratiquée avant la saisie qui a conduit
à la vente, le créancier prend part à la distribution du prix mais les sommes qui lui
reviennent sont consignées auprès du greffe du Tribunal de Première Instance
jusqu’à ce qu’il ait obtenu un titre exécutoire.
2° Qu’à défaut de contestation faite dans le délai de deux mois prévu, le destinataire
de la notification est réputé avoir définitivement et entièrement accepté le projet.
294
Code de Procédure Civile
Article L.551-6 : Le débiteur procède au paiement des créanciers selon l’ordre prévu
par le bordereau de collocation.
Les paiements sont effectués huit jours au plus tard après que la répartition telle que
jugée par la juridiction est devenue définitive. À l'expiration de ce délai, les sommes
dues portent intérêt au taux légal.
Article L.571-2 : Tout créancier muni d’un titre exécutoire peut procéder à une saisie
immobilière des immeubles immatriculés de son débiteur dans les conditions fixées
par le présent Titre et par les dispositions qui ne lui sont pas contraires de la loi
n° 177/AN/91/2eme L du 10 octobre 1991 portant Code Foncier.
Article L.571-3 : Est nulle toute disposition d’une convention qui porterait qu’à défaut
d’exécution des engagements pris envers lui, le créancier peut faire vendre les
immeubles de son débiteur en dehors des formes prescrites pour la saisie
immobilière.
295
Code de Procédure Civile
Le créancier ne peut saisir les immeubles sur lesquels il ne dispose pas d’une
hypothèque qu’en vertu d’une autorisation délivrée selon la même forme, qui désigne
le ou les immeubles qui peuvent faire objet de la poursuite.
Il devra faire l’avance des frais d’immatriculation, lesquels seront portés dans le
commandement de payer aux fins de saisie avec copie de l’ordonnance sur requête.
Article L.571-8 : La saisie des immeubles communs est poursuivie contre les deux
époux s’ils sont tous les deux inscrits sur le Titre Foncier.
La saisie des immeubles indivis est poursuivie contre tous les indivisaires tels que
mentionnés sur le Titre Foncier faisant l’objet de la saisie.
S’ils ne sont pas désignés au Titre Foncier, la saisie pourra être poursuivie contre le
propriétaire inscrit.
296
Code de Procédure Civile
1° La mention du titre exécutoire ; s’il s’agit d’un acte notarié, la date et la nature du
titre et le montant de la dette dont le paiement est réclamé.
S’il ne s’agit pas d’un acte notarié, la date et la nature du titre et le montant de la
dette dont le paiement est réclamé ; ce titre devra être signifié en même temps que le
commandement, s’il ne l’a été déjà ;
En cas de vente devant le notaire, la vente pourra avoir lieu devant un notaire établi
au lieu de situation de l’immeuble.
297
Code de Procédure Civile
Article L.572-5 : Si les immeubles saisis ne sont pas loués, le saisi restera en
possession jusqu’à la vente comme séquestre judiciaire, à moins que sur la
demande d’un ou plusieurs créanciers il n’en soit ordonné autrement par le juge
compétent pour régler les incidents de la saisie.
Si les immeubles saisis sont loués, les loyers seront immobilisés à partir de
l’inscription du commandement à la Conservation Foncière pour être distribué avec le
prix de l’immeuble, par ordre d’hypothèque.
À défaut d’une telle signification, les paiements faits au débiteur saisi seront valables
mais ce dernier en sera comptable, comme séquestre judiciaire, lors de la distribution
du prix.
Si les deniers ainsi consignés ont été empruntés, les prêteurs n’auront d’hypothèque
que postérieurement aux créanciers inscrits avant la saisie.
298
Code de Procédure Civile
4° La mise à prix du ou des immeubles, telle que fixée par le créancier poursuivant,
en un ou plusieurs lots.
4° La mise à prix ;
Article L.572-9 : Dans les mêmes délais que ceux indiqués à l’article 572-7 des
placards contenant les mêmes mentions que la publication seront apposées par
huissier :
1° À la porte principale des immeubles saisis, s’ils sont bâtis où à la principale place
du lieu où l’immeuble est situé, s’il n’est pas bâti ;
2° À la Conservation Foncière ;
L’huissier attestera par un procès-verbal que l’apposition a été faite aux endroits
déterminés par la loi, sans les détailler.
Article L.572-10 : Dans les quinze jours de l’apposition des placards, le créancier
saisissant devra signifier par huissier au débiteur saisi ou au tiers détenteur ainsi
299
Code de Procédure Civile
qu’aux autres créanciers inscrits s’il en existe, une copie du placard. Par le même
acte, il leur fait sommation de prendre connaissance du cahier des charges déposé
au tribunal ou à l’étude du notaire chargé de l’adjudication et d’assister à la vente.
La signification aux créanciers inscrits est faite au domicile élu par eux dans leur
inscription hypothécaire.
Article L.572-11 : La date de la vente est fixée par le créancier poursuivant au plus
tôt un mois après l’accomplissement de la dernière formalité prévue aux articles
L.527-8, L.572-9 et L.572-10.
En cas de vente devant notaire, le mémoire de frais est établi conjointement par
l’avocat du créancier poursuivant et le notaire, et comprend les émoluments de
l’avocat et du notaire. Il en est fait mention dans le Procès-verbal d’adjudication.
Article L.572-14 : Au jour indiqué pour l’adjudication, il est procédé à la vente sur la
demande du créancier poursuivant, et à défaut sur celle de l’un des créanciers
inscrits, en présence du débiteur saisi, ou lui dûment appelé.
Article L.572-15 : Lorsque les parties, pour éviter de recourir à la procédure de vente
à la barre du tribunal, ont convenu, soit dans l’acte constitutif de l’hypothèque, soit
dans un acte postérieur publié sur le Titre Foncier, que, à défaut de paiement à
l’échéance, le créancier pourra faire vendre l’immeuble hypothéqué par devant
notaire, la vente se fera aux enchères publiques, devant le notaire choisi par le
créancier poursuivant.
Le notaire en charge de la saisie doit, avant tout acte, recevoir du créancier pouvoir
spécial de procéder à la saisie de l’immeuble hypothéqué.
300
Code de Procédure Civile
Article L.572-16 : Au jour fixé par l’adjudication, la vente ne pourra être renvoyée par
le tribunal ou le notaire que sur demande conjointe du poursuivant et de la partie
saisie. Dans ce cas, la nouvelle date de l’adjudication sera annoncée au moins huit
jours à l’avance par une nouvelle publication sommaire dans le journal contenant les
mentions indiquées à l’article L.572-8, ladite publication étant faite à la diligence du
créancier poursuivant.
Article L.572-17 : Les enchères sont faites par le ministère d’avocat, à l’audience ou
devant notaire. Aussitôt que les enchères seront ouvertes, il sera allumé
successivement des bougies pendant une durée d’environ une minute par l’huissier
audiencier ou le notaire.
L’enchérisseur cesse d’être obligé si son enchère est couverte par une autre.
Si pendant la durée d’une des trois premières bougies, il survient des enchères,
l’adjudication ne pourra être faite qu’après l’extinction de deux bougies sans nouvelle
enchère survenue pendant leur durée.
Article L.572-18 : Sous réserve des incapacités tenant aux fonctions qu’elle exerce,
toute personne peut se porter enchérisseur, si elle justifie de garanties sérieuses de
paiement.
Article L.572-19 : Les avocats ne peuvent enchérir pour les membres du tribunal ou
pour le notaire ou les membres de son étude devant lequel se poursuit la vente, à
peine de nullité de l’adjudication ou de la surenchère et de dommages et intérêts
envers toutes les parties.
Les avocats ne pourront, sous les mêmes peines, enchérir pour le saisi et pour les
personnes notoirement insolvables, ni se rendre personnellement adjudicataire.
301
Code de Procédure Civile
Le titre de vente n’est délivré à l’adjudicataire que sur justification du paiement des
frais et de versement du prix.
Dans tous les cas, l’adjudicataire défaillant est tenu au paiement de la différence
entre son enchère et le prix de la revente, si celui-ci est moindre.
302
Code de Procédure Civile
Article L.572-28 : Les délais prévus aux articles L.572-1, L.572-4, L.572-7, L572-8,
L572-9, L.572-10, L.572-11, L.572-16, L.573-1, L.573-2 et L.573-3 sont prescrits à
peine de déchéance. La méconnaissance des formalités prescrites par les mêmes
articles n’est sanctionnée par la nullité que si l’irrégularité a pour effet de causer un
préjudice aux intérêts des parties en cause.
Article L.573-1 : Toute personne pourra, dans les huit jours qui suivront
l’adjudication, faire, par le ministère d’un avocat, une surenchère, pourvu qu’elle soit
du sixième au moins du prix principal de la vente ; cette surenchère ne peut être
rétractée.
303
Code de Procédure Civile
et de la partie saisie si elle a constitué avocat, sans néanmoins qu’il soit nécessaire
de faire cette signification à la personne ou au domicile de la partie saisie qui n’aurait
pas d’avocat.
La signification est faite par acte d’huissier, contenant avenir pour l’audience qui
suivra l’expiration d’un délai de vingt jours à compter de la surenchère. L’avenir
d’audience est l’acte d’huissier par lequel est signifiée la surenchère et, dans le
même temps, l’assignation à comparaître devant la juridiction saisie de la vente sur
surenchère.
Le jour et l’heure à laquelle se tiendra cette adjudication sur surenchère est publié
dans un journal d’annonces légales au moins huit jours avant la vente.
Article L.573-3 : Au jour indiqué pour l’adjudication sur surenchère, il est ouvert de
nouvelles enchères, auxquelles toute personne peut concourir. S’il ne se présente
pas d’enchérisseurs, le surenchérisseur est déclaré adjudicataire. En cas de folle
enchère de sa part, une seconde adjudication a lieu et le surenchérisseur sera tenu
de la différence entre son prix et celui de la vente. Il y a folle enchère quand
l’adjudicataire ne paye pas le prix et les frais dans le délai d’un mois fixé à l’article
572-24. Aucune autre surenchère des mêmes biens ne pourra être reçue après ces
opérations.
Ce Dire doit, sous la même sanction être notifié aux avocats des autres parties, sous
forme de notification directe au moins cinq jours avant la date de l’audience.
304
Code de Procédure Civile
305
Code de Procédure Civile
Article L.574-2 : Les Dires doivent être notifiés par leur auteur au créancier
poursuivant, aux autres créanciers inscrits, au Ministère Public et au saisi, dans un
délai de cinq jours de leur dépôt. Les parties notifiées disposeront d’un délai de cinq
jours pour déposer au greffe un Dire en réplique qui devra être notifié aux autres
parties et au Ministère Public dans les cinq jours.
Les notifications sont faites soit sous forme de notification directe entre avocats,
lorsque les parties ont constitué un avocat, soit par exploit d’huissier, dans le cas
contraire.
Article L.574-4 : La juridiction des référés est incompétente pour statuer sur tout
incident de saisie ou toute autre demande ayant une influence sur une saisie en
cours.
Article L.574-5 : Lorsque l’adjudication est prévue devant notaire, le Dire est déposé
entre les mains du notaire qui en délivre récépissé.
L’auteur de l’incident doit, en même temps qu’il notifie son Dire selon les règles
indiquées à l’article L574-2, donner assignation à jour fixe devant la Chambre Civile
du Tribunal de Première Instance pour l’audience qui suivra l’expiration d’un délai de
vingt jours à compter du dépôt du Dire.
306
Code de Procédure Civile
Article L.574-6 : Les délais et formalités prévues aux articles L.574-1, L.574-2,
L.574-3, L.574-4 et L.574-5 sont prescrits à peine de caducité des Dires.
Si le tribunal ou le notaire constate que le Dire est caduc, il en est simplement fait
mention dans le jugement d’adjudication ou le Procès-verbal de vente aux enchères.
Article L.574-7 : La Chambre Civile du Tribunal de Première Instance statue sur les
Dires et observations, sur le siège, le jour même prévu pour l’adjudication ou à la
première audience. Elle entendra le requérant, si, du moins, il est présent par lui-
même ou par mandataire, dans ses observations orales qui ne peuvent viser que les
moyens mentionnés dans son Dire et dans les mêmes conditions, l’avocat du
créancier poursuivant. Elle entendra également le Ministère Public, si du moins il est
présent, en ses réquisitions.
La Chambre Civile statue sans pouvoir ordonner aucun renvoi : si le Dire est rejeté,
elle procédera immédiatement et sans désemparer à la vente aux enchères, ou
à son renvoi devant notaire si la vente a été engagée devant notaire.
Si l’irrégularité d’une formalité est constatée, sans que cette irrégularité entraîne
l’annulation de la saisie, la Chambre Civile doit indiquer la nature des nouveaux
actes de procédure qu’elle ordonne et la date à laquelle la vente aura lieu. Cette date
ne pourra être fixée au-delà de un mois.
Aucun nouveau Dire ni observation ne pourra ensuite être présenté, sauf le cas où
les nouveaux actes de procédure ordonnés par le juge n’auraient pas été faits.
Le Premier Président de la Cour d’Appel pourra ordonner, s’il ne fait pas droit au
Dire, soit l’homologation de l’accord des parties soit, à défaut, la reprise de la vente
aux enchères devant le premier juge ou devant le notaire.
Il peut également ordonner que la vente aura lieu à la barre de la Cour d'Appel.
Aucun nouveau Dire ou incident ne pourra être déposé devant le premier juge, la
Cour d'Appel ou le notaire, si la reprise de la vente a été ordonnée par le Premier
Président de la Cour d’Appel.
307
Code de Procédure Civile
Ils ne seront susceptibles d’appel, selon la procédure prévue à l’article L.574-8, que
s’ils statuent sur le principe même de la créance ou sur des moyens de fond tirés de
l’incapacité de l’une des parties, de l’insaisissabilité ou de l’inaliénabilité des biens
saisis.
SECTION 2 – LA SUBROGATION
Il y a négligence lorsque le créancier poursuivant n’a pas rempli une formalité ou n’a
pas fait un acte de procédure dans les délais prescrits.
308
Code de Procédure Civile
Le poursuivant contre lequel la subrogation est prononcée est tenu de remettre les
pièces de la poursuite, contre récépissé, au subrogé qui poursuivra la procédure à
ses risques et périls. Le poursuivant se trouve, par la seule remise des pièces,
déchargé de toutes ses obligations. Le poursuivant n’est payé de ses frais de
poursuite qu’après l’adjudication, soit sur le prix, soit par l’adjudicataire.
Article L.574-18 : Les jugements qui statuent sur une demande de subrogation ne
sont pas susceptibles d’appel, sauf lorsqu’ils se sont prononcés sur la collusion ou la
fraude du créancier saisissant.
Article L.584-1 : Seuls sont admis à faire valoir leurs droits sur le prix de la vente, le
créancier poursuivant et les créanciers inscrits sur l’immeuble saisi à la date de la
publication du commandement de payer valant saisie.
Article L.584-2 : Lorsqu’il n’y a qu’un seul créancier, l’article L.551-2 est applicable.
Article L.584-3 : Lorsqu’il existe plusieurs créanciers admis à faire valoir leurs droits
sur le prix de la vente, le créancier poursuivant élabore un projet de répartition du
prix entre les créanciers en tenant compte de l’ordre des inscriptions. Ce projet tient
compte des trois années d’intérêts garanties par l’hypothèque, en application de
l’article L.525-6 du présent code, de tous les frais encourus et des intérêts échus
jusqu’au jour de la vente.
309
Code de Procédure Civile
Article L.584-5 : Les articles L.551-6 et L.551-7 sont applicables à la distribution des
deniers en matière immobilière.
310
Code de Procédure Civile
QUATRIÈME PARTIE
PROCÉDURES DIVERSES
SECTION 1 – LA NATIONALITE
Elles peuvent être soulevées en tout état de cause et doivent être relevées d’office
par le juge.
Article L.611-2 : Lorsqu’une juridiction est saisie à titre incident d’une question de
nationalité dont elle n’est pas habilitée à connaître et qui est nécessaire à la solution
du litige, la cause est communiquée au ministère public.
Le ministère public fait connaître, par conclusions écrites et motivées, s’il estime qu’il
y a lieu ou non d’admettre l’existence d’une question préjudicielle.
Article L.611-3 : Si une question de nationalité est soulevée par une partie devant
une juridiction qui estime qu’il y a question préjudicielle, la juridiction renvoie cette
partie à se pourvoir devant la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance
compétent dans le délai d’un mois ou, dans le même délai, à présenter requête au
procureur de la République. Lorsque la personne dont la nationalité est contestée se
prévaut d’un certificat de nationalité djiboutienne, ou lorsque la question de
nationalité a été relevée d’office, la juridiction saisie au fond impartit le même délai
d’un mois au procureur de la République pour saisir la Chambre Civile du Tribunal de
Première Instance compétent.
Si le délai d’un mois n’est pas respecté, l’instance poursuit son cours. Dans le cas
contraire, la juridiction saisie au fond sursoit à statuer jusqu’à ce que la question de
nationalité ait été jugée.
311
Code de Procédure Civile
Article L.611-6 : Le répertoire civil est constitué par l’ensemble des extraits des
demandes, actes et jugements qui, en vertu des textes particuliers se référant
à ce répertoire, doivent être classés et conservés aux greffes des juridictions.
Les extraits sont inscrits sur un registre, jour par jour et par ordre numérique.
La date à laquelle la mention est apposée est portée sur l’extrait conservé au
greffe ou au service d’état civil.
312
Code de Procédure Civile
Article L.611-10 : Des copies des extraits conservés au répertoire civil peuvent
être délivrées à tout intéressé.
Article L.611-11 : La demande formée de rectification des actes de l’état civil sur le
fondement de l’article 129 du code civil est formée, instruite et jugée comme en
matière gracieuse.
La juridiction peut ordonner la mise en cause de toute personne intéressée ainsi que,
lorsqu’il existe, la convocation du conseil de famille. Communication de la demande
est faite au Procureur de la République.
Article L.612-2 : Dans le cas prévu par l’article 142 du Code civil, le Président
de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance est saisi par requête. Il
est joint toutes pièces et documents à l’appui de la requête.
Article L.612-3 : Le délai énoncé à l’article 157 du code civil, dans lequel
doivent être publiés les extraits du jugement déclaratif d’absence, ne peut
excéder six mois à compter du prononcé du jugement ; il est mentionné dans
les extraits soumis à publication.
Article L.612-4 : Le délai d’appel court à l’égard des parties et des tiers
auxquels le jugement a été notifié, deux mois après l’expiration du délai fixé
par le tribunal pour l’accomplissement des mesures de publicité.
313
Code de Procédure Civile
Article L.613-2 : En cas de décès d’un majeur faisant l’objet d’une mesure de
protection par un mandataire judiciaire à la protection des majeurs, ce dernier peut,
en l’absence d’héritiers connus, saisir le notaire du défunt en vue du règlement de la
succession ou, à défaut, demander au président de la Chambre Civile du Tribunal de
Première Instance d’en désigner un.
Article L.613-3 : La demande aux fins d’ouverture d’une mesure de protection d’un
majeur est instruite et jugée en chambre du conseil.
314
Code de Procédure Civile
Article L.613-5 : Le certificat médical circonstancié prévu par l’article 571 du code
civil :
1° Décrit avec précision l’altération des facultés du majeur à protéger ou protégé ;
2° Donne au juge tout élément d’information sur l’évolution prévisible de cette
altération ;
3° Précise les conséquences de cette altération sur la nécessité d’une assistance ou
d’une représentation du majeur dans les actes de la vie civile, tant patrimoniaux qu’à
caractère personnel, ainsi que sur l’exercice de son droit de vote.
Le certificat est remis par le médecin au requérant sous pli cacheté, à l’attention
exclusive du procureur de la République ou du juge saisi.
Article L.613-6 : Le juge ne peut statuer sur une requête concernant un majeur
protégé et relative à la protection de sa personne qu’après avoir entendu ou appelé
celui-ci sauf si l’audition est de nature à porter atteinte à la santé de l’intéressé ou si
celui-ci est hors d’état d’exprimer sa volonté.
L’audition n’est pas publique. Le juge peut, s’il l’estime opportun, procéder à cette
audition en présence du médecin traitant ou de toute autre personne.
315
Code de Procédure Civile
Article L.613-7 : La décision du juge disant n’y avoir lieu à procéder à l’audition du
majeur à protéger ou protégé est notifiée au requérant, s’il n’a pas été présent ou
représenté.
Article L.613-8 : Le juge peut, soit d’office, soit à la requête des parties ou du
ministère public, ordonner toute mesure d’instruction. Il peut notamment faire
procéder à une enquête sociale ou à des constatations par toute personne de son
choix.
Il peut aussi procéder à l’audition, s’il l’estime opportun, des personnes énumérées
à l’article 570 du code civil. Cette audition est de droit lorsqu’elle est sollicitée par une
personne demandant à exercer la mesure de protection.
Article L.613-9 : Si la personne est majeure, le dossier peut être consulté à tout
moment et sans autre restriction que les nécessités du service, au greffe par le
requérant ou son avocat, s’il en a constitué un, ainsi que la personne qui est chargée
d’une mesure de protection juridique à l’égard du requérant, ceci jusqu’au prononcé
de la décision d’ouverture ou, lorsqu’une modification de la mesure de protection est
sollicitée, jusqu’à ce qu’il soit statué sur celle-ci. Le procureur de la République a
également accès au dossier.
Le dossier peut être aussi consulté, dans les mêmes conditions et sur autorisation de
la juridiction saisie, par :
- le conjoint, un parent ou un allié du requérant,
- une personne entretenant avec lui des liens étroits et stables.
Article L.613-10 : Si la personne est mineure sous tutelle, son dossier peut être
consulté au greffe par le requérant, le tuteur, les parents, ou, le cas échéant, leurs
avocats, jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête.
Par décision motivée, le juge peut, en l’absence d’avocat, exclure tout ou partie des
pièces de la consultation par le requérant ou le mineur lorsque cette consultation
serait de nature à causer à ce dernier un préjudice grave.
Dans tous les cas, la consultation ne peut se faire qu’aux jours et heures fixés par le
juge.
316
Code de Procédure Civile
Article L.613-11 : Sous réserve des dispositions de l’article 639 du code civil
relatives à la communication des comptes de gestion, le juge peut, après le prononcé
du jugement de mise sous protection, autoriser, sur justification d’un intérêt légitime,
la délivrance d’une copie d’une ou plusieurs pièces du dossier au majeur protégé, au
mineur âgé de seize ans révolus ou à la personne chargée de la mesure de
protection.
Article L.613-12 : Il ne peut être délivré copie des délibérations du conseil de famille
et des décisions de justice afférentes à la mesure de protection qu’aux parties et aux
personnes investies des charges tutélaires concernées par ces délibérations et
décisions.
Les personnes justifiant d’un intérêt légitime peuvent également en obtenir des
extraits sur autorisation du président de la Chambre Civile du Tribunal de Première
Instance.
Article L.613-13 : Les décisions du juge prévues aux articles L.613-9, L.613-11 et
L.613-12 sont des mesures d’administration judiciaire.
Article L.613-14 : La requête aux fins d’ouverture d’une mesure de protection d’un
majeur est caduque si le juge ne s’est pas prononcé sur celle-ci dans l’année où il en
a été saisi.
Article L.613-15 : Lorsqu’il fait application de l’article 581 du code civil, le juge statue
après avoir entendu ou appelé la personne protégée dans les conditions prévues aux
articles L.613-6 et L.613-7 et recueilli l’avis de la personne chargée de la mesure de
protection. Sa décision est notifiée dans les conditions prévues à l’article L.613-17.
317
Code de Procédure Civile
Dans tous les cas, le juge peut, par décision spécialement motivée, décider qu’il n’y a
pas lieu de notifier le jugement prononçant l’ouverture de la mesure de protection au
majeur protégé ou au mineur âgé de seize ans révolus si cette information est de
nature à porter préjudice à sa santé. Dans ce cas, la notification en est faite à son
avocat, s’il en a constitué un, ainsi qu’à la personne que le juge estime la plus
qualifiée pour recevoir cette notification.
Sous-section 2 : L’appel
L’appel est ouvert aux personnes énumérées à l’article 570 du code civil, même si
elles ne sont pas intervenues à l’instance.
Dans le cadre du partage amiable prévu à l’article 634 du code civil, l’appel contre
une délibération du conseil de famille ou une décision du juge est ouvert au tuteur,
aux membres du conseil de famille et aux autres parties intéressées au partage.
318
Code de Procédure Civile
S’il est question d’une délibération du conseil de famille, tous ses membres disposent
du droit d’appel, quel qu’ait été leur avis lors de la délibération, ainsi que le juge.
En revanche, l’appel contre le jugement qui refuse d’ouvrir une mesure de protection
à l’égard d’un majeur n’est ouvert qu’au requérant.
Le délai d’appel court, à l’égard des personnes qui doivent recevoir la notification
prévue à l’article L.613-17, à compter de ladite notification ; à l’égard des autres
personnes, à compter du jugement.
Article L.613-21 : S’il est question d’une délibération du conseil de famille, le délai
d’appel court à compter de cette délibération, hors le cas du dernier alinéa de l’article
L.613-43 où il ne court contre les membres du conseil de famille que du jour où la
délibération leur a été notifiée.
Les avocats des parties, lorsqu’elles en ont constitué un, sont entendus en leurs
observations.
Article L.613-23 : À moins que l’affaire ne soit jugée dès la première audience, le
greffier avise de la date des audiences ultérieures les personnes convoquées qui ne
l’auraient pas été verbalement.
Jusqu’à la clôture des débats devant la cour, la Chambre de la Cour d’Appel saisie
peut prendre toute décision ou délibération nécessaire à la préservation des droits et
intérêts de la personne protégée.
Article L.613-24 : La décision de la cour est notifiée à la diligence de son greffe aux
parties qui n’ont été ni présentes ni représentées.
Le dossier, auquel est jointe une copie certifiée conforme de l’arrêt, est alors renvoyé
sans délai au greffe de la juridiction de première instance.
319
Code de Procédure Civile
Article L.613-25 : Si l’appel formé est rejeté, celui qui l’a introduit, à l’exception du
juge ou du ministère public, peut être condamné aux dépens et à des dommages-
intérêts.
320
Code de Procédure Civile
Article L.613-26 : La décision par laquelle le juge place un majeur sous sauvegarde
de justice en application de l’article 573 du code civil est notifiée au requérant et au
majeur protégé et est transmise au procureur de la République.
La déclaration aux fins de faire cesser la sauvegarde, la décision du juge mettant fin
à celle-ci ainsi que les radiations sont portées en marge de la mention initiale.
Article L.613-29 : Lorsque les biens d’un majeur placé sous sauvegarde de justice
risquent d’être mis en péril, le procureur de la République ou le juge peuvent prendre
toutes mesures conservatoires et, notamment, requérir ou ordonner l’apposition des
scellés. En cas de difficulté, l’huissier de justice en informe le juge ou le procureur de
la République.
Article L.613-30 : S’il apparaît que la consistance des biens ne justifie pas
l’apposition des scellés, le procureur de la République ou le juge des tutelles peuvent
requérir de tout huissier de justice, ou d’un membre de la force publique, de dresser
un état descriptif du mobilier et, si les lieux sont inoccupés, d’en assurer la clôture et
d’en conserver les clés en attendant que le majeur protégé fasse son retour dans les
lieux. Elles ne peuvent être remises à d’autres personnes qu’en vertu d’une
autorisation du procureur de la République ou du président de la Chambre Civile du
Tribunal de Première Instance.
321
Code de Procédure Civile
Cet inventaire contient une description des meubles meublants, une estimation des
biens immobiliers ainsi que des biens mobiliers ayant une valeur de réalisation
supérieure à 3 000 000 FD, la désignation des espèces en numéraire et un état des
comptes bancaires, des placements et des autres valeurs mobilières.
Article L.613-33 : Pour l’application de l’article 640 du code civil, lorsque les
ressources de la personne protégée le permettent et que le Greffier en Chef l’estime
utile, ce dernier peut solliciter, aux frais de la personne protégée, l’assistance d’un
expert-comptable dans sa mission de vérification des comptes. La personne
protégée et la personne désignée pour exercer la mesure de protection en sont
informées par tout moyen ; ceux-ci peuvent déférer cette décision au juge des
tutelles, qui statue sur la requête par une ordonnance non susceptible de recours.
L’expert-comptable peut consulter l’ensemble des pièces relatives aux comptes
figurant dans le dossier de la personne protégée, au greffe de la juridiction qui le
détient, sans autre restriction que les nécessités du service, et en conserver les
copies nécessaires à l’exécution de sa mission, mais ne peut les communiquer à un
tiers.
Article L.613-35 : Lorsqu’un certificat ou un avis médical prévu par le code civil est
requis par le procureur de la République ou ordonné par le juge, ils sont pris en
charge par l’État.
322
Code de Procédure Civile
Article L.613-36 : La demande aux fins de désignation d’une personne habilitée telle
que prévue à l’article 616 du code civil est portée devant la Chambre Civile du
Tribunal de Première Instance par voie de requête qui, outre les mentions
habituellement requises pour les requêtes, indique, à peine d’irrecevabilité :
- les nom, prénoms et adresse de la personne à l’égard de qui l’habilitation est
sollicitée ou de la personne faisant l’objet de l’habilitation familiale, et de la personne
habilitée ;
- le certificat médical circonstancié prévu à l’article 571 du code civil ;
- l’énoncé des faits qui appellent cette protection au regard de l’article 568 du même
code.
Lorsque la requête est présentée aux fins de renouvellement, il est joint à celle-ci
une copie de la décision ayant délivré l’habilitation familiale.
Le greffe avise par tous moyens le requérant des lieux, jour et heure de l’audience.
Lorsqu’il est requérant, le ministère public en est également avisé.
323
Code de Procédure Civile
Article L.613-42 : La convocation est adressée cinq jours au moins avant la date de
la réunion.
Cependant, quand le juge estime que le conseil peut se prononcer sur une
délibération sans que la tenue d’une réunion soit nécessaire, il communique à
chacun des membres du conseil le texte de la délibération correspondante en y
joignant tous éclaircissements utiles et le délai ainsi que les modalités selon lesquels
quel chaque membre du conseil devra lui communiquer son vote ; celui qui n’aura
pas transmis son vote peut voir sa charge tutélaire retirée par application des
dispositions de l’article 530 du code civil.
324
Code de Procédure Civile
Dans les huit jours de la délibération prise, le président du conseil remet ou notifie la
délibération au greffe.
L’opposition du juge à la délibération ainsi prise est formée dans les quinze jours de
la remise ou de la réception de celle-ci, par ordonnance non susceptible de recours,
qui convoque et réunit dans le délai d’un mois le conseil de famille, afin qu’il soit à
nouveau délibéré sur le même objet.
Article L.613-45 : Les réunions du conseil de famille ne sont pas publiques. Les
membres du conseil de famille sont tenus à l’obligation de secret à l’égard des tiers.
Sauf si le juge l’estime contraire à son intérêt, le mineur ou le majeur protégé peut
assister à la réunion du conseil, mais seulement à titre consultatif.
Article L.613-46 : La délibération du conseil de famille est motivée. Toutes les fois
qu’elle n’est pas prise à l’unanimité, l’avis de chacun de ses membres est mentionné
dans le procès-verbal.
Article L.614-1 : Les demandes relevant du présent chapitre sont formées, instruites
et jugées en chambre du conseil, après avis du ministère public, sauf disposition
contraire.
325
Code de Procédure Civile
SECTION 2 – LA FILIATION
Article L.614-3 : Les actions relatives à la filiation et aux subsides sont instruites et
débattues en chambre du conseil. Le jugement est prononcé en audience publique.
Article L.614-4 : L’action aux fins d’adoption est instruite et débattue en chambre du
conseil mais le jugement est prononcé en audience publique. Son dispositif précise
s’il s’agit d’une adoption plénière ou d’une adoption simple et contient :
- les prénoms et nom des parties,
- selon le cas, le lieu où la transcription doit être faite ou les lieux et dates des actes
en marge desquels la mention doit être portée,
- lorsque l’adoption plénière est prononcée en application de l’alinéa 2 de l’article 455
du code civil, l’indication des prénoms et du nom du conjoint à l’égard duquel
subsiste la filiation d’origine de l’adopté.
Article L.614-6 : L’appel est formé comme en matière contentieuse. Il est instruit et
jugé selon les règles applicables en première instance.
Article L.614-9 : Lorsqu’il statue sur l’exercice de l’autorité parentale ou lorsqu’il est
saisi aux fins de mesures éducatives des articles 487 et suivants du code civil, le
président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance, ou le juge qu’il
326
Code de Procédure Civile
délègue à cet effet, vérifie si une procédure d’assistance éducative est ouverte à
l’égard du ou des mineurs.
Il ne peut être délivré copie des décisions du juge qu’à ces personnes.
Les personnes justifiant d’un intérêt légitime peuvent en obtenir des extraits sur
autorisation du juge. La décision du juge est une mesure d’administration judiciaire.
Article L.614-11 : Lorsqu’il est saisi d’une procédure d’assistance éducative, le juge
donne avis de l’ouverture de la procédure au procureur de la République ; quand ils
ne sont pas requérants, il en donne également avis à chacun des parents, au tuteur,
à la personne ou au représentant du service à qui l’enfant a été confié.
Il entend chacun des parents, le tuteur, la personne à qui l’enfant a été confié et le
mineur capable de discernement. Il porte à leur connaissance les motifs de sa
saisine. Il entend toute autre personne dont l’audition lui paraît utile.
Article L.614-12 : Le juge peut, soit d’office, soit à la requête des parties ou du
ministère public, ordonner toute mesure d’information concernant la personnalité et
les conditions de vie du mineur et de ses parents.
Une telle mesure ne peut être ordonnée qu’après les auditions prévues à l’article
précédent, sauf cas d’urgence. Dans ce dernier cas, le juge convoque les parties à
une date qui ne peut être fixée au-delà d’un délai de quinze jours à compter de la
décision, faute de quoi le mineur est remis, sur leur demande, à ses parents ou
tuteur, ou à la personne à qui il était confié.
Article L.614-13 : La décision sur le fond doit intervenir dans un délai de six mois à
compter de la décision ordonnant les mesures provisoires, faute de quoi l’enfant est
remis à ses parents, tuteur, personne à qui il a été confié, sur leur demande.
Si l’instruction n’est pas terminée dans le délai prévu à l’alinéa précédent, le juge
peut, après avis du procureur de la République, proroger ce délai pour une durée qui
ne peut excéder six mois.
327
Code de Procédure Civile
Par décision motivée, le juge peut, en l’absence d’avocat, exclure tout ou partie des
pièces de la consultation par l’un ou l’autre des parents, le tuteur, la personne à qui
l’enfant a été confié ou le mineur lorsque cette consultation ferait courir un danger
physique ou moral grave au mineur, à une partie ou à un tiers.
L’affaire est instruite et jugée en chambre du conseil, après avis du ministère public.
Article L.614-17 : Les décisions du juge sont notifiées dans les huit jours aux
parents, tuteur ou personne à qui l’enfant a été confié, s’ils n’ont pas été présents ou
représentés.
Le dispositif de la décision est notifié au mineur de plus de seize ans à moins que
son état ne le permette pas.
Dans tous les cas, un avis de notification est donné au procureur de la République.
328
Code de Procédure Civile
- par le ministère public jusqu’à l’expiration d’un délai de quinze jours suivant la
remise de l’avis qui lui a été donné.
Article L.614-19 : L’appel est instruit et jugé par priorité, en chambre du conseil.
Article L.614-21 : Lorsque les parents ne peuvent supporter la charge totale des
frais d’avocat qui leur incombent, le juge fixe le montant de leur participation et
transmet le dossier au Bureau d’Assistance Judiciaire.
Une indemnité de carence est allouée à l’administrateur ad hoc qui n’a pu réaliser sa
mission pour une cause qui lui est étrangère, sur la base d’un rapport indiquant les
diligences accomplies.
Le montant de ces indemnités est fixé par arrêté conjoint du ministre de la justice et
du ministre chargé du budget.
Les frais de cette rémunération sont recouvrés par le Trésor contre la partie
condamnée aux dépens. En l’absence de condamnation aux dépens, les frais sont
recouvrés contre la partie indiquée par le juge qui a désigné l’administrateur ad hoc.
329
Code de Procédure Civile
Article L.615-1 : L’époux qui présente une demande en divorce peut, en tout état de
cause, et même en appel, lui substituer une demande en séparation de corps.
Article L.615-2 : Lorsqu’une des parties n’a demandé que le versement d’une
pension alimentaire ou d’une contribution aux charges du mariage, le juge ne peut
prononcer le divorce sans avoir invité les parties à s’expliquer sur le versement d’une
prestation compensatoire.
Ils doivent également, à sa demande, produire les pièces justificatives relatives à leur
patrimoine et leurs conditions de vie, en complément de la déclaration sur l’honneur
visée à l’alinéa premier.
Toutefois, elle peut l’être en tout ou partie, lorsque l’absence d’exécution aurait des
conséquences manifestement excessives pour le créancier en cas de recours sur la
prestation compensatoire alors que le prononcé du divorce a acquis force de chose
jugée.
330
Code de Procédure Civile
Toutefois, cette mention ne peut être portée en marge de l’acte de naissance d’un
Djiboutien qu’après transcription sur les registres de l’état civil de l’acte de mariage
célébré par l’autorité étrangère.
Article L.615-7 : Il est justifié, à l’égard des tiers, d’un divorce ou d’une séparation de
corps par la seule production d’un extrait de la décision l’ayant prononcé ne
comportant que son dispositif, accompagné de la justification de son caractère
exécutoire conformément à l’article L.394-6 du présent code.
L’effet suspensif qui s’attache au pourvoi en cassation ainsi qu’à son délai ne vaut
pas concernant les pensions, la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant et
l’exercice de l’autorité parentale.
331
Code de Procédure Civile
Article L.615-12 : Dans le cas de l’article 264, le délai de trois mois pour présenter
une nouvelle convention est suspendu en cas d’appel.
Lorsque les époux présentent une nouvelle convention, le juge qui refuse de
l’homologuer rend une ordonnance par laquelle il constate la caducité de la demande
en divorce.
Article L.615-15 : Les créanciers de l’un et de l’autre époux peuvent faire déclarer
que la convention homologuée leur est inopposable en formant tierce opposition
contre la décision d’homologation dans l’année qui suit l’accomplissement des
formalités mentionnées à l’article 286 du code civil.
Article L.615-16 : Les dépens de l’instance sont partagés par moitié entre les époux.
Toutefois, leur convention peut en disposer autrement, sauf lorsque l’un des époux
bénéficie de l’aide juridictionnelle auquel cas la convention de divorce ne peut mettre
à la charge de la partie bénéficiaire de l’aide juridictionnelle plus de la moitié des
frais.
Article L.615-17 : Le jour de l’audience, le juge statue d’abord, s’il y a lieu, sur la
compétence. Puis, lorsqu’il tente la conciliation prévue à l’article 247 du code civil, le
juge informe les parties que ce qui sera dit ou écrit à l’occasion de la tentative de
conciliation ne pourra jamais être invoqué pour ou contre un époux ou un tiers dans
la suite de la procédure. Il procède ensuite à la tentative de conciliation selon les
prescriptions des articles 247 et suivants du même code.
332
Code de Procédure Civile
Dans le cas de l’article 268, alinéa 3, si l’un des époux se trouve dans l’impossibilité
de se rendre au lieu indiqué, le juge peut en fixer un autre, se transporter, même en
dehors de son ressort, pour entendre sur place le conjoint empêché ou donner
mission à un autre magistrat de procéder à cette audition.
Article L.615-18 : Lorsqu’il constate, après avoir entendu chacun des époux sur le
principe de la rupture, que le demandeur maintient sa demande, le juge rend une
ordonnance par laquelle il peut soit renvoyer les parties, conformément à l’article
267, alinéa premier du code civil, à une nouvelle tentative de conciliation, soit
autoriser immédiatement les époux à introduire l’instance en divorce.
Dans l’un et l’autre cas, il peut ordonner tout ou partie des mesures provisoires
prévues aux articles 272 et suivants du code civil.
Article L.615-20 : Sous réserve des règles générales édictées par les deux
premières sections du présent chapitre, l’instance est formée, instruite et jugée selon
la procédure en matière contentieuse applicable devant le Tribunal de Première
Instance.
Elle ne constitue pas une prétention au sens de l’article L.242-1 du présent code.
L’irrecevabilité prévue par l’article 277 du code civil doit être invoquée avant toute
défense au fond.
Article L.615-22 : Les demandes visées au deuxième alinéa de l’article 295 du code
civil ne sont recevables que si les parties justifient par tous moyens de leurs
désaccords subsistants et si cette justification intervient au moment de l’introduction
de l’instance. Toutefois, le projet notarié visé à l’article 295 du code civil peut être
annexé ultérieurement aux conclusions dans lesquelles la demande de liquidation et
de partage est formulée.
La déclaration commune d’acceptation prévue par l’article 295 du code civil est
formulée par écrit et signée par les deux époux ou, le cas échéant, leurs avocats
respectifs. Les points de désaccord mentionnés dans la déclaration ne constituent
pas des prétentions au sens de l’article L.242-1 du présent code.
333
Code de Procédure Civile
Article L.615-23 : Lorsqu’il ordonne des mesures provisoires, le juge peut prendre
en considération les arrangements que les époux ont déjà conclus entre eux.
Article L.615-24 : En cas de survenance d’un fait nouveau, le juge peut, jusqu’au
dessaisissement de la juridiction, supprimer, modifier ou compléter les mesures
provisoires qu’il a prescrites.
En cas d’appel, les modifications des mesures provisoires, s’il y a survenance d’un
fait nouveau, ne peuvent être demandées, selon le cas, qu’au premier président de
la cour d’appel.
Article L.615-27 : Pour l’application des dispositions de l’article 275 du code civil, le
juge connaît de la procédure d’apposition de scellés et d’état descriptif définie par les
articles L.623-1 et suivants du présent code.
334
Code de Procédure Civile
et statue sur ses effets, la cause du divorce demeurant acquise. Le procès-verbal est
annexé à l’ordonnance.
À défaut, chaque époux peut déclarer, par un écrit signé de sa main, qu’il accepte le
principe de la rupture du mariage. Les deux déclarations sont annexées à la requête
conjointe introductive d’instance.
Article L.615-30 : Le juge prononce le divorce sans autre motif que l’acceptation des
époux.
Article L.615-32 : Sous réserve des dispositions de l’article L.393-25, le juge ne peut
relever d’office le moyen tiré du défaut d’expiration du délai de deux ans prévu au
premier alinéa de l’article 247 du code civil.
Article L.615-33 : Les dépens de l’instance sont à la charge de l’époux qui en a pris
l’initiative, à moins que le juge n’en dispose autrement.
Article L.615-34 : Les époux peuvent demander, à condition que leur demande soit
formulée de façon expresse et concordante dans les conclusions de l’un et l’autre
époux, à dispenser le juge d’énoncer dans les motifs de sa décision les torts et
griefs, cause du divorce.
Le juge, alors, se borne à constater qu’il existe les faits constitutifs d’une cause de
divorce selon les articles 248 et suivants du code civil.
335
Code de Procédure Civile
Article L.615-37 : L’ordonnance rendue est susceptible d’appel dans les quinze
jours de la décision.
L’appel est formé, instruit et jugé selon les règles applicables à la matière gracieuse.
Article L.615-39 : Les dépens de l’instance en conversion sont répartis comme ceux
de l’instance en séparation de corps.
Les dépens afférents à l’instance d’appel sont traités comme ceux d’une instance
nouvelle.
Article L.615-40 : Dans les cas prévus aux articles 645 et suivants du code civil, le
juge est saisi par une requête remise ou adressée au greffe.
À moins qu’il ne soit l’auteur de la requête, le ministère public en est aussitôt avisé
par le greffier.
336
Code de Procédure Civile
L’ordonnance fixe la durée des mesures prises en application de l’article 647 du code
civil. À défaut, celles-ci prennent fin à l’issue d’un délai de six mois suivant la
notification de l’ordonnance, sous réserve des dispositions des articles L.615-47 et
L.615-48 ; il en est fait mention dans l’acte de notification.
Article L.615-43 : En cas de refus d’autorisation ainsi que pour les besoins de
l’exécution d’une décision de justice, le procureur de la République communique
sans délai l’adresse du demandeur, sur la demande qui lui en est faite sans forme
par le défendeur ou l’avocat qui le représente au cours de l’instance ou, selon le cas,
par l’huissier de justice chargé de procéder à l’exécution.
Article L.615-44 : L’ordonnance est notifiée par voie de signification, à moins que le
juge, soit d’office soit à la demande d’une partie, ne décide qu’elle sera notifiée par la
voie administrative. Toutefois, la notification au ministère public peut être faite par
remise avec émargement.
Toutefois, lorsqu’un appel a été interjeté, la demande est formée par requête remise
ou adressée au greffe de la cour d’appel. Il est statué sur celle-ci par le premier
président de la cour d’appel ou la formation de jugement.
337
Code de Procédure Civile
338
Code de Procédure Civile
La même règle est applicable à la liquidation des fruits lorsqu’il y a lieu à leur
restitution.
Article L.622-2 : L’appel est formé, instruit et jugé, selon les cas, comme en matière
gracieuse ou comme en matière contentieuse.
Article L.622-3 : Les mesures urgentes prévues à l’article 229 du code civil sont
prescrites par le président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance
statuant en référé ou, en cas de besoin, par ordonnance sur requête.
Article L.622-4 : Les actions prévues aux articles 1671, 1674 et 1687 du code civil
sont régies par les règles applicables aux demandes en séparation de biens.
339
Code de Procédure Civile
mois après que la mention a été portée en marge de l’acte de naissance de chacun
des époux.
Dans les cas prévus aux points 2° et 3°, la notification est accompagnée de la
justification du caractère exécutoire de la décision.
Article L.622-8 : L’exécution de la décision n’est pas opposable aux créanciers des
époux si elle a commencé avant que n’aient été accomplies les formalités prévues à
l’article L.622-6.
Article L.622-9 : Dans l’année qui suit l’accomplissement de ces formalités, les
créanciers de l’un ou de l’autre époux peuvent former tierce opposition contre le
jugement de séparation.
L’aveu de l’époux défendeur ne fait pas preuve, même s’il n’y a pas de créancier.
340
Code de Procédure Civile
Article L.622-15 : Lorsque l’acte de mariage est conservé par une autorité
djiboutienne, celle-ci mentionne en marge de cet acte, à la demande des époux ou
de l’un d’eux, l’acte portant désignation de la loi applicable au régime matrimonial.
Article L.622-16 : Lorsqu’un contrat de mariage a été passé à Djibouti, les époux ou
l’un d’eux communiquent, contre récépissé, au notaire détenteur de la minute du
contrat, copie de l’acte portant désignation de la loi applicable au régime matrimonial.
341
Code de Procédure Civile
Le notaire, fait mention de la loi applicable ainsi désignée sur la minute du contrat de
mariage et ne doit plus en délivrer aucune copie ou extrait sans reproduire cette
mention.
342
Code de Procédure Civile
Article L.622-17 : Lorsque l’acte de mariage est conservé par une autorité
djiboutienne, le changement de régime matrimonial obtenu en application de la loi
étrangère régissant les effets de l’union est mentionné en marge de cet acte.
Article L.622-19 : Lorsqu’un contrat de mariage a été passé à Djibouti, les époux ou
l’un d’eux adressent, contre récépissé, au notaire détenteur de la minute du contrat,
une copie ou un extrait de l’acte de mariage à jour.
343
Code de Procédure Civile
- ou l’état descriptif.
Si les meubles sur place sont manifestement dénués de valeur marchande, l’huissier
de justice dresse un procès-verbal de carence.
La décision qui fait droit à la demande désigne un huissier de justice pour accomplir
les diligences prévues à la présente section. Sous réserve des dispositions
particulières en matière de frais de justice, le coût de la mesure est avancé par le
demandeur.
Article L.623-6 : Lorsque les locaux sont fermés, l’huissier de justice peut apposer
les scellés sur la porte si le requérant n’en demande pas l’ouverture.
344
Code de Procédure Civile
Dans le cas contraire, il peut y pénétrer par tous moyens, mais uniquement en
présence d’une autorité de police ou de gendarmerie, requis pour assister au
déroulement des opérations ou, à défaut, de deux témoins majeurs qui ne sont pas
au service de l’huissier de justice chargé de l’exécution et qui déclarent ne pas avoir
de lien avec les personnes ayant une vocation successorale.
Lorsque des personnes demeurent dans les lieux où est faite l’apposition, l’huissier
de justice désigne le gardien parmi ces personnes. L’huissier de justice doit recueillir
l’acceptation de la personne qu’il établit gardien.
Article L.623-8 : S’il est découvert un testament, l’huissier de justice le paraphe avec
les personnes présentes. Il le dépose ensuite entre les mains d’un notaire.
Article L.623-9 : S’il est trouvé des documents, ils sont placés, si nécessaire, dans
un meuble sur lequel les scellés sont apposés.
Article L.623-10 : L’huissier de justice dépose entre les mains du notaire chargé du
règlement de la succession, ou, s’il n’y en a pas, soit en son étude, soit entre les
mains d’un établissement bancaire, les titres, sommes, valeurs, bijoux ou autres
objets précieux pour lesquels l’apposition des scellés ne paraîtrait pas être une
précaution suffisante.
Si, lors de l’ouverture, il se révèle que les documents ou paquets sont étrangers à la
succession, l’huissier les remet aux intéressés. Si ceux-ci ne se présentent pas ou si
les documents ou paquets se rapportent à la succession, l’huissier de justice les
dépose entre les mains du notaire chargé du règlement de la succession, ou, s’il n’y
en a pas, les conserve.
Article L.623-12 : Le procès-verbal d’apposition des scellés est signé et daté par
l’huissier de justice. Il comprend :
1° Le rappel de la décision en vertu de laquelle l’huissier de justice opère ;
2° Une relation sommaire des déclarations des personnes présentes et des suites
qui, le cas échéant, leur ont été réservées ;
3° La désignation des lieux et des meubles meublants sur lesquels les scellés ont été
apposés ;
345
Code de Procédure Civile
4° Une description sommaire des objets qui ne sont pas mis sous scellés ;
5° L’indication des dispositions prises pour assurer la conservation des locaux et des
biens et la sauvegarde des animaux éventuellement présents ;
6° La mention des formalités accomplies, s’il y a lieu, en application des articles
L.623-8 à L.623-11 ;
7° L’indication des nom, prénom et qualité des personnes qui ont assisté aux
opérations, lesquelles doivent apposer leur signature sur l’original ; en cas de refus, il
en est fait mention dans l’acte ;
8° Le cas échéant, la désignation du gardien établi et la mention de son acceptation.
Article L.623-13 : La levée des scellés peut être requise par les personnes ayant
qualité pour en demander l’apposition.
L’huissier de justice fixe le jour et l’heure où il sera procédé à la levée des scellés.
Les personnes concernées sont appelées à assister à la levée des scellés par
l’huissier de justice, au plus tard cinq jours avant la date prévue pour sa réalisation,
à moins qu’ils ne l’aient expressément dispensé de cet appel.
Article L.623-15 : Les scellés peuvent être levés sans inventaire lorsque toutes les
parties appelées sont présentes ou représentées et ne s’opposent pas à ce qu’il soit
ainsi procédé.
Dans le cas contraire, il est dressé un inventaire par l’huissier de justice, dans les
conditions prévues à la section 2, à moins que les personnes ayant qualité pour être
appelées à l’inventaire conviennent de choisir un autre officier public et ministériel.
Article L.623-16 : Le procès-verbal de levée des scellés est daté et signé par
l’huissier de justice. Il comprend :
1° La mention de la demande de levée et de la fixation par l’huissier de justice du
jour et de l’heure de la levée ;
2° Les nom et adresse du ou des requérants ;
3° Les nom et adresse des parties présentes, représentées ou appelées ;
4° La reconnaissance des scellés s’ils sont sains et entiers ou, s’ils ne le sont pas,
l’état des altérations ;
346
Code de Procédure Civile
5° Les observations des requérants et des comparants et les suites qui, le cas
échéant, leur ont été réservées ;
6° L’indication de l’auteur de l’inventaire.
Article L.623-19 : Lorsqu’il apparaît que la consistance des biens laissés sur place
après distraction des objets précieux en application des dispositions de l’article
L.623-10 ne justifie pas une apposition des scellés, ou s’il y a des effets nécessaires
à l’usage des personnes qui restent dans les lieux, ou sur lesquels les scellés ne
peuvent être apposés l’huissier de justice dresse un état descriptif du mobilier.
S’il n’y a pas d’héritier présent, l’huissier de justice assure la clôture des lieux si
ceux-ci sont inoccupés et conserve les clés. Les dispositions des articles L.623-
6, L.623-8, L.623-10 et L.623-11 sont applicables.
Tout héritier peut obtenir la remise des clés en donnant décharge des meubles sur
l’état descriptif, après en avoir reconnu la consistance en présence de l’huissier de
justice. Dans les mêmes conditions, les clés peuvent être remises, sur permission du
président du Tribunal de Première Instance, à un légataire universel ayant la saisine
et la possession de la succession. Le curateur peut également demander les clés en
cas de succession vacante.
347
Code de Procédure Civile
Lorsqu’il avait été dressé un état descriptif, l’huissier de justice assure la clôture des
lieux où sont déposés ou cantonnés les meubles et il conserve les clés.
Article L.623-21 : S’il survient des difficultés relatives aux mesures prévues à la
présente section, les parties ou l’huissier de justice peuvent en saisir le président du
Tribunal de Première Instance par simple requête.
Si une contestation oppose les parties entre elles, ce juge est saisi par la partie la
plus diligente, en référé.
SECTION 2 – L’INVENTAIRE
Article L.623-23 : L’inventaire peut être requis par ceux qui peuvent demander
l’apposition des scellés et, le cas échéant, par le curateur à la succession vacante.
Le requérant les appelle à l’inventaire au plus tard cinq jours avant la date prévue
pour sa réalisation, à moins qu’ils ne l’aient expressément dispensé de cet appel.
Article L.623-25 : Outre les mentions prescrites, selon le cas, par les lois et
règlements applicables aux professions exercées par la personne chargée d’établir
l’inventaire, l’acte qu’elle rédige comprend :
1° Les nom, prénoms, profession et domicile du ou des requérants, des personnes
comparantes ou représentées, et de l’huissier ou du notaire chargé de l’inventaire ;
2° L’indication des lieux où l’inventaire est fait ;
3° La description et l’estimation des biens ainsi que la désignation des espèces en
numéraire ;
4° La consistance active et passive de la succession telle qu’elle résulte de tous
documents, titres et papiers présentés et des déclarations des requérants et
comparants ;
348
Code de Procédure Civile
5° La mention du serment prêté, lors de la clôture de l’inventaire, par ceux qui ont été
en possession des biens avant l’inventaire ou qui ont habité l’immeuble dans lequel
sont lesdits biens, qu’ils n’en ont détourné, vu détourner, ni su qu’il en ait été
détourné aucun ;
6° La mention de la remise des objets et documents, s’il y a lieu, entre les mains de
la personne dont il aura été convenu ou qui, à défaut, aura été nommée par le
président du Tribunal de Première Instance ou le juge qu’il aura délégué.
Article L.623-26 : L’inventaire, s’il est fait par notaire, contient également :
1° Les qualités et droits de ceux qui peuvent prétendre à la communauté ou à la
succession ;
2° Le cas échéant, la consistance active et passive de la communauté telle qu’elle
résulte de tous documents, titres et papiers présentés au notaire et des déclarations
des requérants et comparants.
Le greffe inscrit la déclaration dans un registre qu’il tient à cet effet et en donne
récépissé au déclarant.
Article L.623-29 : La publicité prévue aux articles 901, 904 et 909 du code civil est
faite par l’héritier ou le notaire qu’il charge des opérations, dans un journal habilité à
recevoir des publications légales diffusé dans le ressort du tribunal compétent.
349
Code de Procédure Civile
nommé dans les mêmes formes que celles prévues pour le curateur de la succession
vacante.
Le dépôt donne lieu à publicité dans les conditions prévues à l’article L.623-29.
Les frais liés à la délivrance de la copie de l’inventaire faite en vertu du dernier alinéa
de l’article 908 du code civil sont à la charge du créancier ou du légataire qui en fait
la demande.
Sous-section 2 : La renonciation
§ 1. L’ouverture de la curatelle
Article L.623-34 : Lorsque le code civil prévoit une publicité, sauf précision
particulière, celle-ci est réalisée par l’insertion d’un avis dans un journal habilité à
recevoir des publications légales diffusé dans le ressort du tribunal compétent.
§ 2. La mission du curateur
350
Code de Procédure Civile
Article L.623-36 : L’inventaire prévu par l’article 928 du code civil comprend :
1° La mention de l’ordonnance confiant la curatelle de la succession vacante à
l’autorité administrative chargée des domaines ;
2° L’indication des lieux où l’inventaire est fait ;
3° La description et l’estimation des biens ainsi que la désignation des espèces en
numéraire ;
4° La consistance active et passive de la succession telle qu’elle résulte de tous
documents, titres et papiers.
Article L.623-40 : L’administration fait procéder à l’insertion d’un avis dans un journal
habilité à recevoir des publications légales diffusé dans le ressort du tribunal
compétent.
351
Code de Procédure Civile
§ 1. Dispositions générales
Article L.624-6 : Sans préjudice des dispositions de l’article L.351-2, un expert peut
être désigné en cours d’instance pour procéder à l’estimation des biens ou proposer
la composition des lots à répartir.
Article L.624-7 : S’il y a lieu au tirage au sort des lots par application des articles
979, 987 ou 1699 du code civil, celui-ci est réalisé devant le notaire, s’il en a été
commis un, et, à défaut, devant le président de la Chambre Civile du Tribunal de
Première Instance ou du juge qu’il délègue à cet effet. Dans ce dernier cas, si un
héritier est défaillant, le juge peut, d’office, lorsque le tirage au sort a lieu devant lui
352
Code de Procédure Civile
§ 2. Dispositions particulières
Le notaire est choisi par les copartageants ou, à défaut d’accord, par le juge commis.
Puis le notaire établit un procès-verbal reprenant les dires respectifs des parties ainsi
qu’un projet d’état liquidatif.
Le délai peut être prorogé pour une année au plus quand la complexité des
opérations l’impose, par le juge commis, saisi sur demande du notaire ou sur requête
d’un copartageant.
353
Code de Procédure Civile
Le juge statue sur les demandes relatives à la succession pour laquelle il a été
commis.
Il homologue l’état liquidatif ou renvoie les parties devant le notaire pour établir l’acte
constatant le partage.
En cas d’homologation, il ordonne s’il y a lieu le tirage au sort des lots par la même
décision, soit devant le juge commis, soit devant le notaire commis.
§ 3. La licitation
Article L.624-16 : Le tribunal ordonne, dans les conditions qu’il détermine, la vente
par adjudication des biens qui ne peuvent être facilement partagés ou attribués. Les
dispositions de la troisième partie du présent code, en son Titre troisième, Chapitres
IV à VI, et en son Titre sixième, Chapitre deuxième (article L.572-1 et suivants), sont
alors applicables.
354
Code de Procédure Civile
Article L.625-2 : Dans les cas des articles 1141 et 1142 du code civil, le légataire
universel se fait alors envoyer en possession par une ordonnance du président mise
au bas de la requête à laquelle est joint l’acte d’opposition. L'envoi en possession est
destiné à faire vérifier par le juge la régularité apparente du testament ou de la
donation.
Article L.626-1 : Les demandes formées en application des articles 892 alinéa 2,
906, 927, 1157 alinéa 2, 978 alinéa 2, 985 alinéa 3 et 1164 du code civil sont portées
devant le président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance ou le juge
qu’il délègue à cet effet, qui statue sur requête.
Article L.626-2 : Les demandes formées en application des articles 913, 920, 946,
1159 et du deuxième alinéa de l’article 1160 du code civil sont portées devant le
président de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance ou le juge qu’il
délègue à cet effet, qui statue en référé.
Article L.626-3 : Les demandes formées en application des articles 878, 923, 965,
967, 989, 990, 993, 1036, 1168 du même code sont portées devant la Chambre
Civile du Tribunal de Première Instance.
355
Code de Procédure Civile
Article L.630-1 : L’exécution en nature d’une obligation née d’un contrat conclu entre
des personnes peut être demandée au Président de la Chambre Civile du Tribunal
de Première Instance lorsque la valeur de la prestation dont l’exécution est réclamée
n’excède pas 3 000 000 FD. L’injonction peut, notamment, poursuivre la livraison, la
réparation ou le remplacement d’un bien.
Lorsque la créance provient d’un acte de commerce et que le litige oppose des
personnes qui ont toutes la qualité de commerçants, la procédure d’injonction de
faire relève de la compétence du président de la Chambre commerciale du Tribunal
de Première Instance.
Article L.630-3 : La demande est formée par simple requête déposée au greffe
contre récépissé, par le bénéficiaire de l’obligation ou par les personnes
mentionnées à l’article L.112-8.
La requête contient :
2° La date de la requête ;
4° Les nom, prénoms et domicile ou résidence du défendeur ou, s’il s’agit d’une
personne morale, sa dénomination et son siège social ou son établissement principal
à Djibouti ;
La prescription et les délais pour agir sont interrompus par l’enregistrement au greffe
de la requête.
356
Code de Procédure Civile
Article L.630-4 : Si, au vu des documents produits, la demande lui paraît fondée, le
juge rend une ordonnance portant injonction de faire. Cette ordonnance n’est pas
susceptible de recours.
Le juge fixe l’objet de l’obligation ainsi que le délai et les conditions dans lesquels
celle-ci doit être exécutée.
Article L.630-7 : Lorsque l’injonction de faire a été exécutée dans les délais impartis,
le demandeur en informe le greffe. L’affaire est retirée du rôle.
Article L.630-9 : Si le juge rejette la requête, la décision est sans recours pour le
requérant, sauf à celui-ci à procéder selon les voies de droit commun.
357
Code de Procédure Civile
358
Code de Procédure Civile
Article L.631-1 : Toute demande en paiement d’une somme d’argent dont la cause
principale est de nature civile ou commerciale, pourra être soumise à la procédure
d’injonction de payer, réglée ci-après, lorsque :
2° La créance, d’un montant déterminé inférieur ou égal à 5 000 000 FD, résulte d’un
chèque, de l’acceptation ou du tirage d’une lettre de change, de la souscription d’un
billet à ordre, de l’endossement ou de l’aval de l’un ou l’autre de ces titres.
Article L.631-3 : Quand le demandeur est une personne physique, la requête doit
comporter ses nom, prénoms, sa profession, son domicile ou résidence, sa
nationalité, ses date et lieu de naissance ; et, quand le demandeur est une personne
morale, l’indication de sa forme, sa dénomination, son siège social et de l’organe qui
les représente légalement. Pour le demandeur non résidant, une élection de domicile
à Djibouti est obligatoire.
Article L.631-4 : La requête comporte aussi, sauf urgence ou autre motif légitime qui
sera précisé, l’indication, documents à l’appui, des démarches préalables entreprises
par le créancier, et restées sans effet.
359
Code de Procédure Civile
Toute clause contraire aux dispositions du présent article est réputée non écrite. Le
juge saisi doit relever d’office son incompétence.
Article L.631-7 : Le Président de la Chambre, saisi par une simple mention au bas
de la requête, rend dans les huit jours à compter de la date du dépôt de la requête
au greffe, une injonction de payer, si la créance lui paraît justifiée.
Dans le cas contraire, le juge rejette la requête, sa décision est sans recours pour le
créancier, sauf à celui-ci à procéder selon les voies de droit commun.
Le Président peut toutefois ne retenir la requête que pour partie, auquel cas sa
décision est également sans recours pour le créancier, sauf à celui-ci à ne pas
signifier l’ordonnance et à procéder selon les voies de droit commun.
Article L.631-9 : Aucune injonction de payer ne sera accordée si elle doit être
signifiée à l’étranger ou si le débiteur n’a pas de domicile ou de résidence connus
à Djibouti.
L’ordonnance portant injonction de payer est non avenue si elle n’a pas été signifiée
dans les six mois de sa date.
360
Code de Procédure Civile
- soit à payer au créancier le montant de la somme visée par le juge, ainsi que les
intérêts et dépens dont le montant est précisé ;
- soit, si le débiteur a à faire valoir des moyens de défense tant sur la compétence
que sur le fond, à former opposition, celle-ci ayant pour effet de saisir le tribunal de la
demande initiale du créancier et de l’ensemble du litige.
Article L.631-13 : L’opposition se fait par lettre simple remise au greffier du Tribunal
de Première Instance, contre récépissé.
Article L.631-14 : En cas d’opposition, le greffier convoque toutes les parties, même
celles qui n’ont pas formé opposition. Il observe entre l’envoi de la convocation et le
jour de l’audience, un délai de cinq jours.
La convocation contient :
361
Code de Procédure Civile
1° Sa date ;
Article L.631-17 : Si, après avoir formé opposition, le débiteur s’en désiste,
l’ordonnance d’injonction de payer produit dès cet instant tous les effets d’un
jugement contradictoire.
Article L.631-18 : Si aucune opposition n’a été formée dans le délai prescrit,
l’injonction de payer produit tous les effets d’un jugement contradictoire.
362
Code de Procédure Civile
L’injonction de payer n’est pas susceptible d’appel même si elle accorde des délais
de paiement.
Article L.632-2 : Les contestations qui pourraient être soulevées sur la validité ou la
nullité des offres ou de la consignation seront formées d’après les règles établies
pour les demandes principales ; si elles sont soulevées incidemment, elles seront
formées par voie de conclusions incidentes.
Article L.632-3 : Les titres ou valeurs mobilières dont la consignation serait prescrite
soit par une disposition légale ou réglementaire, soit par une décision judiciaire, soit
à la suite de la mise en demeure du créancier restée infructueuse dans le délai de
deux mois devront être conservés par la société émettrice qui est désignée comme
séquestre et en délivre récépissé. La société émettrice conserve les titres ou valeurs
mobilières et les dividendes, arrérages ou intérêts y attachés et les restitue à qui de
droit, lorsque sa mission de séquestre prend fin.
363
Code de Procédure Civile
Article L.634-2 : Le tribunal compétent est celui du lieu où l’acte a été établi ou, si
l’acte a été établi à l’étranger, celui du lieu où demeure le demandeur ; si celui-ci
demeure à l’étranger, le tribunal compétent est le Tribunal de Première Instance de
Djibouti.
Article L.635-3 : La décision est exécutoire à titre provisoire. L’appel est formé,
instruit et jugé comme en matière gracieuse.
Article L.635-4 : La partie peut obtenir copie d’un acte non enregistré ou imparfait ;
elle doit en faire la demande au Président du Tribunal de Première Instance. La
demande est présentée par requête.
Article L.635-5 : La partie qui veut obtenir la délivrance d’une seconde copie
exécutoire d’un acte authentique doit en faire la demande au Président du Tribunal
de Première Instance. La demande est présentée par requête.
364
Code de Procédure Civile
Article L.635-8 : En cas de perte par le titulaire d’une copie de Titre Foncier ou de
certificat d’inscription, comme en cas de destruction par suite de faits de guerre ou
de sinistres, le Conservateur n’en peut délivrer un duplicata qu’au vu d’un jugement
de la Chambre Civile du Tribunal de Première Instance rendu après publication d’un
avis inséré dans deux numéros successifs du Journal Officiel ou d’un journal habilité
à recevoir des publications légales, conformément à l’article 96 de la Loi
n°177/AN/91/2eL du 10 octobre 1991 portant Code Foncier.
Le Premier Président fixe par ordonnance, après avoir recueilli l’avis du Procureur
Général, le jour de l’audience de la Cour d'Appel au cours de laquelle le serment
sera recueilli et la forme, ordinaire ou solennelle, de cette audience.
365
Code de Procédure Civile
Article L.640-3 : La formule du serment est fixée par les lois relatives aux différentes
catégories de personnes astreintes au serment.
Dans le cas où aucune formule de serment n’aurait été prévue pour une catégorie de
personnes astreintes au serment, ces personnes devront prêter, avant leur entrée en
fonction, le serment suivant :
« Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser
de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de leur exercice ».
366
Code de Procédure Civile
CINQUIÈME PARTIE
L’ARBITRAGE
Article L.710-1 : Les dispositions du présent titre s’appliquent à tous les arbitrages,
internes ou internationaux, civils ou commerciaux.
Article L.710-2 : Toutes personnes peuvent compromettre sur les droits dont elles
ont la libre disposition.
Toutefois, les entreprises publiques ayant ouvert leur capital au privé et l’Autorité
contractante dans le cadre de Partenariats Public Privé ou de Marchés Publics
peuvent compromettre dans les conditions fixées par les textes qui leur sont
applicables.
La Convention d’arbitrage est nulle lorsqu’elle n’est pas autorisée par la loi.
367
Code de Procédure Civile
Article L.721-1 : À peine de nullité, la convention d’arbitrage est écrite. Elle peut
résulter d’un échange d’écrits ou d’un document auquel il est fait référence dans la
convention principale.
Article L.721-4 : Les parties peuvent compromettre même au cours d’une instance
déjà engagée devant une juridiction.
Article L.721-6 : Lorsqu’un litige relevant d’une convention d’arbitrage est porté
devant une juridiction de l’État, celle-ci se déclare incompétente sauf si le tribunal
arbitral n’est pas encore saisi et si la convention d’arbitrage est manifestement nulle
ou manifestement inapplicable.
368
Code de Procédure Civile
Article L.722-1 : La mission d’arbitre ne peut être exercée que par une personne
physique.
L’arbitre doit jouir du plein exercice de ses droits civils, il doit être indépendant et
impartial vis-à-vis des parties.
Article L.722-3 : En l’absence d’accord des parties sur le choix du ou des arbitres :
1° En cas d’arbitrage par un arbitre unique, si les parties ne s’accordent pas sur le
choix de l’arbitre, celui-ci est désigné par la personne chargée d’organiser l’arbitrage
ou, à défaut, par le juge d’appui ;
2° En cas d’arbitrage par trois arbitres, chaque partie en choisit un et les deux
arbitres ainsi choisis désignent le troisième ; si une partie ne choisit pas d’arbitre
dans un délai d’un mois à compter de la réception de la demande qui lui en est faite
par l’autre partie ou si les deux arbitres ne s’accordent pas sur le choix du troisième
dans un délai d’un mois à compter de l’acceptation de leur désignation, la personne
chargée d’organiser l’arbitrage ou, à défaut, le juge d’appui, procède à cette
désignation.
Article L.722-4 : Lorsque le litige oppose plus de deux parties et que celles-ci ne
s’accordent pas sur les modalités de constitution du tribunal arbitral, la personne
chargée d’organiser l’arbitrage ou, à défaut, le juge d’appui, désigne le ou les
arbitres.
Article L.722-5 : Tout autre différend lié à la constitution du tribunal arbitral est
réglé, faute d’accord des parties, par la personne chargée d’organiser l’arbitrage ou,
à défaut, tranché par le juge d’appui.
369
Code de Procédure Civile
Cette acceptation doit être portée à la connaissance des parties par tout moyen
laissant trace écrite.
Toute cause de récusation doit être soulevée sans délai par la partie qui entend s’en
prévaloir.
Le nouvel arbitre est désigné suivant les modalités convenues entre les parties ou,
à défaut, suivant celles qui ont présidé à la désignation de l’arbitre qu’il remplace.
En cas de différend sur la réalité du motif invoqué, la difficulté est réglée par la
personne chargée d’organiser l’arbitrage ou, à défaut, tranchée par le juge d’appui
saisi dans le mois qui suit l’empêchement, l’abstention ou la démission.
Article L.722-9 : L’arbitre ne peut être révoqué que du consentement unanime des
parties et pour un motif légitime. À défaut d’unanimité, il est procédé conformément
aux dispositions du dernier alinéa de l’article L.722-7.
Le juge territorialement compétent est celui désigné par la convention d’arbitrage ou,
à défaut, celui dans le ressort duquel le siège du tribunal arbitral a été fixé.
Article L.722-11 : Le juge d’appui est saisi soit par une partie, soit par le tribunal
370
Code de Procédure Civile
Le juge d’appui statue par ordonnance non susceptible de recours. Toutefois, cette
ordonnance peut être frappée d’appel lorsque le juge déclare n’y avoir lieu à
désignation pour une des causes prévues à l’article L.722-6.
Article L.722-12 : Sous réserve des dispositions du premier alinéa de l’article L.722-
7, toute stipulation contraire aux règles édictées au présent chapitre est réputée non
écrite.
Article L.723-1 : Le litige est soumis au tribunal arbitral soit conjointement par les
parties, soit par la partie la plus diligente.
Le délai légal ou conventionnel peut être prorogé par accord des parties ou, à défaut,
par le juge d’appui.
Article L.723-3 : À moins que les parties n’en soient convenues autrement, le
tribunal arbitral détermine la procédure arbitrale sans être tenu de suivre les règles
établies pour les tribunaux étatiques.
Les parties et les arbitres agissent avec célérité et loyauté dans la conduite de la
procédure.
Sous réserve des obligations légales et à moins que les parties n’en disposent
autrement, la procédure arbitrale est soumise au principe de confidentialité.
Article L.723-4 : Le tribunal arbitral statue sur sa propre compétence, y compris sur
toutes questions relatives à l’existence ou à la validité de la convention d’arbitrage.
L’exception d’incompétence doit être soulevée avant toute défense au fond, sauf si
les faits sur lesquels elle est fondée ont été révélés ultérieurement.
Le tribunal arbitral peut statuer sur sa propre compétence dans la sentence au fond
ou dans une sentence partielle sujette au recours en annulation.
371
Code de Procédure Civile
Le tribunal arbitral peut entendre toute personne. Cette audition a lieu sans
prestation de serment.
Si une partie détient un élément de preuve, le tribunal arbitral peut lui enjoindre de le
produire selon les modalités qu’il détermine. Le tribunal arbitral peut accompagner
son injonction du prononcé d’une astreinte ; il dispose du pouvoir de liquider
l’astreinte qu’il a prononcée.
Article L.723-7 : La juridiction de l’État est compétente pour ordonner des mesures
conservatoires chaque fois que le tribunal arbitral n’est pas en mesure d’ordonner, en
temps utile, de telles mesures, ou que la partie qui y est tenue par la décision de
l’arbitre n’y a pas déféré.
Article L.723-8 : Si une partie à l’instance arbitrale entend faire état d’un acte
authentique ou sous signature privée auquel elle n’a pas été partie ou d’une pièce
détenue par un tiers, elle peut, demander au Président du Tribunal de Première
Instance statuant sur requête la délivrance d’une expédition ou la production de
l’acte ou de la pièce conformément aux articles L.350-7 à L.350-11.
Article L.723-10 : L’interruption de l’instance est régie par les dispositions des
articles L.390-1 à L.390-4.
372
Code de Procédure Civile
373
Code de Procédure Civile
Article L.723-11 : Le tribunal arbitral peut, s’il l’estime utile à une bonne
administration du litige qui lui est soumis, surseoir à statuer. Cette mesure
d’administration suspend le cours de l’instance pour le temps ou jusqu’à la
survenance de l’événement qu’elle détermine.
Le nouvel arbitre est désigné suivant les modalités prévues à l’article L.722-7,
alinéa 5.
Le tribunal arbitral peut inviter les parties à lui faire part de leurs initiatives en vue de
reprendre l’instance ou de mettre un terme aux causes d’interruption ou de
suspension. En cas de carence des parties, il peut mettre fin à l’instance.
Article L.723-14 : L’instance reprend son cours dans l’état où elle se trouvait au
moment où elle a été interrompue ou suspendue lorsque les causes de son
interruption ou de sa suspension cessent d’exister.
Au cours du délibéré, aucune demande ne peut être formée, aucun moyen soulevé
et aucune pièce produite, si ce n’est à la demande du tribunal arbitral.
374
Code de Procédure Civile
Si une minorité d’entre eux refuse de la signer, la sentence en fait mention et celle-ci
produit le même effet que si elle avait été signée par tous les arbitres.
375
Code de Procédure Civile
La sentence arbitrale est notifiée aux parties par le tribunal arbitral par voie de
signification, à moins que la convention d’arbitrage, le règlement d’arbitrage
applicable ou les parties, en aient convenu autrement.
La sentence rectificative ou complétée est notifiée dans les mêmes formes que la
sentence initiale.
L’exequatur est apposé sur l’original de la sentence arbitrale ou, si celui-ci n’est pas
produit, sur la copie de la sentence arbitrale répondant aux conditions prévues
à l’alinéa précédent.
376
Code de Procédure Civile
Article L.725-3 : L’ordonnance qui refuse l’exequatur peut être frappée d’appel
devant le Président de la Cour d’Appel jusqu’à l’expiration d’un délai de quinze jours
à compter de sa notification par le greffe au demandeur.
L’ordonnance qui refuse l’exequatur ne peut être confirmée que dans l’un des cas
suivants :
1° lorsque le tribunal arbitral s’est déclaré à tort compétent, en l’absence de
convention d’arbitrage ou sur convention nulle ou expirée ou s’il s’est déclaré à tort
incompétent ;
2° lorsque le tribunal arbitral a été irrégulièrement composé ou l’arbitre unique
irrégulièrement désigné ;
3° lorsque le tribunal arbitral a statué sans se conformer à la mission qui lui a été
confiée ;
4° lorsque le principe de la contradiction n’a pas été respecté ou que les principes
fondamentaux de procédure ont été violés ;
5° lorsque la sentence est contraire à l’ordre public djiboutien ;
6° lorsque la sentence :
a. n’est pas motivée, ou
b. n’indique pas la date à laquelle elle a été rendue, ou
c. ne comporte pas la ou les signatures requises, ou
d. n’a pas été rendue à la majorité des voix.
Article L.725-4 : L’exequatur est apposé sur l’original ou, si celui-ci n’est pas produit,
sur la copie de la sentence arbitrale répondant aux conditions prévues au dernier
alinéa de l’article L.733-3.
Lorsque la sentence arbitrale n’est pas rédigée en langue française, l’exequatur est
également apposé sur la traduction opérée dans les conditions prévues à
l’article L.733-2.
377
Code de Procédure Civile
Article L.726-1 : La sentence n’est pas susceptible d’appel sauf volonté contraire
des parties.
L’appel est porté devant la Chambre de la Cour d’Appel qui eut été compétente
à défaut d’arbitrage.
Article L.726-3 : La sentence arbitrale peut être frappée de tierce opposition devant
la juridiction qui eût été compétente à défaut d’arbitrage, sous réserve des
dispositions du premier alinéa de l’article L.432-7.
Article L.726-4 : Le recours en révision est ouvert contre la sentence arbitrale dans
les cas prévus pour les jugements à l’article L.433-3 et sous les conditions prévues
aux articles L.433-2, L.433-4, L433-9, L.433-10, L.433-11 et L.433-12.
Toutefois, si le tribunal arbitral ne peut à nouveau être réuni, le recours est porté
devant la Cour Suprême.
Article L.726-6 : La sentence peut toujours faire l’objet d’un recours en annulation
qui doit être porté devant la Cour Suprême à moins que la voie de l’appel soit
ouverte conformément à l’accord des parties.
378
Code de Procédure Civile
Article L.726-9 : Le recours en annulation est formé, instruit et jugé selon les règles
relatives à la procédure devant la Cour Suprême.
Article L.726-10 : Le délai pour exercer le recours en annulation ainsi que le recours
exercé dans ce délai suspendent l’exécution de la sentence arbitrale à moins qu’elle
soit assortie de l’exécution provisoire.
Article L.726-11 : Le Premier Président de la Cour Suprême peut être saisi, sur
requête d’une partie, pour statuer sur l’exécution provisoire de la sentence. Il peut,
après communication de cette requête aux autres parties par le greffe de la Cour
Suprême :
1° Lorsque la sentence est assortie de l’exécution provisoire, arrêter ou aménager
son exécution lorsqu’elle risque d’entraîner des conséquences manifestement
excessives ;
2° Lorsque la sentence n’est pas assortie de l’exécution provisoire, ordonner
l’exécution provisoire de tout ou partie de la sentence, sous forme de constitution
d’une garantie.
379
Code de Procédure Civile
Article L.726-13 : Lorsque la Cour Suprême annule la sentence arbitrale, elle statue
sur le fond dans les limites de la mission de l’arbitre, sauf volonté contraire des
parties.
Article L.730-1 : Est international l’arbitrage qui met en cause des intérêts du
commerce international.
Article L.730-3 : À moins que les parties en soient convenues autrement et sous
réserve des dispositions du présent titre, s’appliquent à l’arbitrage international les
articles :
- L.721-4, L.721-5, L.721-6 et L.721-7, relatifs à la convention d’arbitrage ;
- L.722-3 à L.722-9 et L.722-11, relatifs à la constitution du tribunal arbitral et à la
procédure applicable devant le juge d’appui ;
- L.723-1, L.723-2 (alinéa 2), L.723-4 (alinéa 3), L.723-4 à L.723-9 et L.723-11
relatifs à l’instance arbitrale ;
- L.724-2, L.724-4, L.724-5, L.724-7 (alinéas 1 et 2), L.724-8 (alinéas 1 et 2) et
L.724-9 relatifs à la sentence arbitrale ;
- L.726-1, L.726-3 et L.726-5 relatifs aux voies de recours.
380
Code de Procédure Civile
Article L.732-2 : Quelle que soit la procédure choisie, le tribunal arbitral garantit
l’égalité des parties et respecte le principe de la contradiction.
Dans le cas prévu à l’article L.732-1 alinéa 2, le tribunal arbitral invite les parties à lui
communiquer leurs observations sur la procédure qu’il se propose d’appliquer.
Article L.732-4 : Le tribunal arbitral statue en amiable composition si les parties lui
ont confié cette mission.
Toutefois, si une minorité d’entre eux refuse de la signer, les autres en font mention
dans la sentence.
La sentence rendue dans les conditions prévues à l’un ou l’autre des deux alinéas
précédents produit les mêmes effets que si elle avait été signée par tous les arbitres
ou rendue à la majorité des voix.
381
Code de Procédure Civile
382
Code de Procédure Civile
Section 1 : L’exequatur
Article L.733-2 : L’existence d’une sentence arbitrale est établie par la production de
l’original accompagné de la convention d’arbitrage ou des copies de ces documents
réunissant les conditions requises pour leur authenticité.
Article L.733-4 : L’exequatur est apposé sur l’original ou, si celui-ci n’est pas produit,
sur la copie de la sentence arbitrale répondant aux conditions prévues au dernier
alinéa de l’article L.733-3.
383
Code de Procédure Civile
Article L.733-6 : L’ordonnance qui refuse l’exequatur peut être frappée d’appel dans
le délai de quinze jours à compter de sa notification par le greffier au demandeur.
Dans ce cas, le Président de la Cour d’Appel statue par ordonnance sur requête.
Ce recours est recevable dès le prononcé de la sentence. Il cesse de l’être s’il n’a
pas été exercé dans le mois de la notification de la sentence.
La notification est faite par voie de signification à moins que les parties en
conviennent autrement.
384
Code de Procédure Civile
La Cour Suprême ne peut statuer alors sur le fond, sauf si les parties l’ont
expressément prévu dans la convention d’arbitrage ou dans toute autre convention
postérieure.
DISPOSITIONS FINALES
Article L.800-1 : Sont abrogées toutes les dispositions contraires au présent Code.
- Le Code de Procédure Civile de 1806 et les modifications qui lui ont été apportées ;
- La Loi du 25 mai 1838 sur la Justice de Paix ;
- Le Décret du 7 décembre 1912 rendant applicable à Djibouti la Loi du 5 mars 1895
(caution judicatum solvi) ;
- Le Décret du 31 décembre 1919 rendant applicable à Djibouti la Loi du
20 novembre 1919 relative aux actes et jugements d’état civil ;
- Les deux Décrets du 2 août 1922 et du 2 avril 1927, le Décret du 4 juin 1938, les
deux Décrets du 25 juillet 2014, sur la Justice Coutumière ainsi que les arrêtés et
décrets modificatifs ;
- Le Décret-Loi du 5 novembre 1926 sur la compétence civile ;
- Le Décret du 20 mars 1940 appliquant à Djibouti les décrets des 25 août 1937 et
14 juin 1938 relatifs à la procédure de recouvrement simplifié pour les petites
créances commerciales ;
- Les Décrets n°s 47-135 du 18 juillet 1947 et 47-1407 du 12 juin 1947 relatifs à la
formule exécutoire ;
- La Délibération n° 21/7e L du 11 mars 1968 relative aux mesures conservatoires ;
- La Délibération n° 476/6e L du 24 mai 1968 relative au recouvrement des petites
créances civiles ;
- Le Décret n° 77-074/PR du 13 décembre 1977 modifiant les délais de citation en
matière civile et commerciale ;
- Les ordonnances n° 79-027/PR/J du 10 avril 1979, n° 80-094/PR/J du 21 juillet
1980, n° 86-032/PR/J du 17 janvier 1986, n° 91-068/PR/J du 2 mai 1991 relatives à
la Cour Suprême ;
- La Loi n° 188/AN/84/1er L du 11 octobre 1984 instituant la Chambre du Conseil ;
- La Loi n° 98/AN/84/1e L du 12 mai 1984 réglementant la profession d’expert ;
- La Loi n° 100/AN/84/1er L du 3 juillet 1984 portant transfert des attributions
administratives et définition des attributions du Ministère Public ;
385
Code de Procédure Civile
DISPOSITIONS TRANSITOIRES
Article L.800-2 : Lorsque le procès est engagé après l’entrée en vigueur du code,
les nouvelles dispositions de ce code s’appliqueront immédiatement.
386
Code de Procédure Civile
Aucune affaire nouvelle ne pourra être audiencée devant ces juridictions à compter
de la promulgation du présent Code.
Les affaires qui seraient encore en cours devant les tribunaux coutumiers à la date
d’entrée en vigueur du présent Code seront transférées devant les Chambres
compétentes du Tribunal de Première Instance ou de la Cour d’Appel.
387