Uranium Extraction
Uranium Extraction
1
composant de peintures phosphorescentes pour des
cadrans de montres ou autres instruments, ainsi que pour
des applications médicales (certaines applications sont à
présent considérées comme dangereuses pour la santé).
L'uranium est alors un produit dérivé de ces applications,
principalement utilisé comme pigment jaune.
Géologie de l'uranium
Minéralogie
Pechblende
Le minerai naturel d'uranium est la pechblende, qui peut apparaître sous forme de filons métallifères.
Concernant la cristallisation de l'uranium dans la nature, on connaît environ 300 minéraux différents,
2
dont une grande quantité montre des cristallisations des plus remarquables (voir les cristaux de
Autunite, Boltwoodite, Francevillite, Sengierite, Vanuralite et tant d'autre).
Selon les gisements, le minerai considéré comme exploitable a une teneur de l'ordre de 1 à 2 kg
d'uranium par tonne de minerai (soit plusieurs centaines de fois la concentration naturelle moyenne
du sol). La concentration exploitable varie très fortement suivant les conditions d'exploitation et
suivant le cours du minerainote 1.
Prospection
La prospection de l'uranium utilise tous les outils géologiques classiques. Sa principale originalité est
d'utiliser en outre des techniques de prospection radiologique : le passage de quelques dizaines de
chocs par seconde à quelques milliers indique la proximité d'un affleurement présentant une
concentration potentiellement intéressante.
L'uranium est un métal relativement courant dans l'écorce terrestre, dont la caractéristique la plus
remarquable est la radioactivité : il contribue majoritairement au bruit de fond radiométrique.
Historiquement, l'outil de détection employé a été le compteur Geiger, dont les premiers modèles
transportables (de l'ordre de 25 kg...) sont apparus dans les années 1930. Le compteur Geiger est
encore utilisé aujourd'hui, mais les mesures qui demandent plus de précision sont effectuées par un
compteur à scintillation.
L'idée d'une prospection aérienne radiologique a été émise en 1943, par G.C. Ridland, géophysicien
travaillant à Port Radium (Canada). C'est à présent la technique la plus employée pour la
prospection initiale de l'uranium. L'extension du gisement est ensuite précisée par des moyens plus
classiques : échantillonnages, puis forages prospectifs.
Le modèle communément admis pour la genèse de ces gisements est diagénétique hydrothermal,
c'est-à-dire que le dépôt a lieu pendant la diagenèse à la faveur de circulations de fluides. Une
saumure très concentrée et oxydante percole dans le socle et s'enrichit en calcium, magnésium et
uranium par dissolution de monazite, s'appauvrit en quartz et augmente sa température. Au contact
d'un front rédox à la discordance, cette saumure dissout du quartz et précipite de l'uranium dans
l'espace libéré. Des altérations, remobilisations et précipitations successives ont probablement lieu
ultérieurement.
Voir par exemple la configuration illustrée dans l'article réacteur nucléaire naturel d'Oklo.
3
Les mécanismes de minéralisation en Australie et au Canada sont assez semblables mais leurs
formes et leurs emplacements diffèrent sensiblement, ce qui amène les scientifiques à spéculer sur
des mécanismes de réduction différents pour les deux bassins. Les géologues essayent cependant
de comprendre ce qu'ils ont en commun pour trouver de nouveaux gisements de ce type. Enfin,
l'analogie entre ce type de gisement et la conception actuelle du stockage des déchets radioactifs en
couche géologique profonde intéresse fortement les chercheurs.
Mines d'uranium
Technique d'extraction
• l'exploitation en galerie souterraine : le minerai est atteint grâce à des galeries à l'instar des
mines de charbon. En 1990, 55 % de la production mondiale provenait de mines souterraines,
mais cette technique a diminué de façon spectaculaire pour ne représenter plus que 33 % en
1999 et 28 % en 2010 avec 15 095 tonnes extraites.
• l'exploitation à ciel ouvert : l'uranium est extrait après décapage de la partie de la roche qui le
recouvre. 13 541 tonnes ont été extraites en 2010 selon cette technique, soit 25 % de
l'uranium extrait cette année dans le monde.
• L'exploitation par lixiviation in situ (ISL) : un premier forage est réalisé, permettant d'injecter
dans le sol une solution chimique puis l'uranium dissous par cette solution est récupéré à la
surface grâce à un deuxième forage. 22 108 tonnes ont été extraites selon cette technique en
2010, soit 41 % du minerai mondial. Cette technique connaît un important développement
essentiellement au Kazakhstan.
Pour pallier la présence de radioactivité dans la mine d'uranium, l'industrie minière met en place des
mesures de sécurité spéciales : par exemple des systèmes d'arrosage et ventilation permanente
pour diminuer l'irradiation et réduire les concentrations de poussières et de radon.
Concentration en yellowcake
Le minerai est tout d'abord réduit mécaniquement en une poudre fine par concassage, en le faisant
passer à travers une série de concasseurs et de tamis.
Il est ensuite traité par diverses opérations chimiques dans des bains concentrés d'acide, de base,
ou de peroxyde, afin de dégager l'uranium par dissolution.
4
• attaque chimique (oxydation, lixiviation) ;
Le yellowcake est obtenu par précipitation de la solution, filtration puis lavage, séchage et emballage.
Le résultat est une pâte jaune dont la teneur en uranium est de 750 kg/tonne.
Mine d'Arlit (Niger) - mine à ciel ouvert. 55 % de la production mondiale provient de dix
mines, dont quatre sont situées au Kazakhstan3.
5
2007
Kazakhstan Kendala JSC- Central 2 000 tU/an en 2010
Mynkuduk
2008 Kazakhstan Kharasan-1 1 000 tU/an vers production pilote
2010-2012
2009 Kazakhstan Kharasan-2 2 000 tU/an vers production pilote
2010-2012
Kazakhstan Appak LLP-West 1 000 tU/an en 2010
Mynkuduk
Kazakhstan Karatau LLP – production pilote
Budenovskoye-1
Malawi Kayelekera 1270 tU/an en 2010
Afrique du Sud Uranium One – 1460 tU/an en 2010
Dominium & Rietkuil
Mines en projet
33 projets de mines ont une mise en exploitation programmée sur la période sur la période
2010-2015B 2.
2010 Australie Honeymoon 340 tU/an Les réserves estimées sont de 3230 tUB 2.
Australie Four Mile 1000 tU/an Les réserves estimées sont de 12 700 tU d'une
teneur de 0,31 %B 3.
Inde Tummalapalle 215 tU/an
Kazakhstan Semizbai-U LLP – 500 tU/an vers
Irkol 2012
Kazakhstan Kyzylkum LLP – 1000 tU/an 3 000 tU/an en 2014
Kharasan-1
Kazakhstan Southern Inkai 1000 tU/an
Kazakhstan Baiken-U LLP– 1 000 tU/an 2 000 tU/an en 2014
Northern
Kharasan
Namibie Valencia 1 150 tU/an
États-Unis Lost Creek 770 tU/an
États-Unis Moore Ranch 770 tU/an
2011 Inde Mohuldih 75 tU/an
Kazakhstan Zhalpak 750 tU/an vers
2015
Kazakhstan Akbastau JV JSC 3 000 U/an vers
– Budenovskoye 2014
Kazakhstan Central Moinkum 500 tU/an vers
2018
Namibie Trekkopje 1 600 tU/an expansion possible à 3 500 tU/an
Namibie Valencia 1 000 tU/an
6
Niger Azelik 700 tU/an SOMINA La Société des mines d’Azelik (SOMINA) a été créé
le 3 juin 2007 spécifiquement pour exploiter le
gisement d'Azelik. La composition de cette société
est la suivante : SOPAMIN (gouvernement du Niger)
33 % - SINO-U (Chine) 37,2 % - ZX Joy Invest
(Chine) 24,8 % - Trenfield Holdings SA (Sté privée du
Niger) 5 %B 4.
Russie Khiagda 1 000 tU/an 1 800 tU/an vers 2018
2012 Brésil St. Quitéria/Itataia 1 000 tU/an
Inde Killeng- 340 tU/an
Pyndengsohiong
Mawthabah
Inde Lambapur- 130 tU/an
Peddagattu
Iran Saghand 50 tU/an
Jordanie Central Jordan 2 000 tU/an
Kazakhstan Semizbai-U LLP – 500 tU/an
Semizbai
Mongolie Dornod 1150 tU/an
2013 Namibie Husab 5 700 tU/an
Canada Cigar Lake 6 900 tU/an Cameco - Areva Les ressources identifiées sont de 88 200 tU d'une
- Idemitsu - teneur moyenne d'environ 16 % U, faisant de cette
TEPCO mine le deuxième plus grand gisement d'uranium du
monde à forte teneur en uranium. La propriété est
partagée entre Cameco (50,025 %), Areva (37,1 %),
Idemitsu (7,875 %) et TEPCO (5 %). Environ la
moitié de la première phase du minerai de Cigar
Lake sera expédiée sous forme d'une solution
d'uranium enrichi de l'usine de McClean Lake vers
l'usine de Rabbit Lake pour le traitement finalB 5.
Canada Midwest 2 300 tU/an Les réserves sont estimées à 16 700 tUB 6.
Niger Imouraren 5 000 tU/an SOPAMIN / Le 4 mai 2009 ont été lancés les travaux de
Areva / Kepco construction de la mine d'Imouraren avec un
investissement initial de plus de 1,6 milliard de
dollars. Une fois à pleine capacité de production, il
devrait être produit 5 000 tU par an pendant 35 ans.
La structure de joint venture propriétaire de
l'exploitation est composée de SOPAMIN
(gouvernement du Niger) (33,35 %), Areva (France)
(56,65 %) et Kepco (Corée du Sud) (10 %)B 7.
2014 Russie Gornoe 600 tU/an
Russie Olovskaya 600 tU/an
2015 Russie Elkon 5 000 tU/an
Russie Novokonstantinov 1 500 tU/an
skoye
Spécificités
• Le réacteur nucléaire naturel d'Oklo avait atteint des concentrations permettant l'amorçage
d'une réaction en chaîne.
On compte en France près de 210 anciens sites d'extraction et de traitement des minerais d'uranium.
Tous ces sites ont représenté une production d'environ 72 800 tonnes d'uranium. L'activité minière
d'extraction d'uranium en France a pris fin en mai 2001 avec la fermeture de la mine souterraine de
Jouac/Le Bernardan, en Haute-Vienne, qui était exploitée par Cogéma. Certaines mines françaises
servent aujourd’hui comme sites d'entreposage des résidus de traitement et des déchets radioactifs
importés4,5.
La demande en uranium
a connu un pic
historique à partir des
années 1950, avec le
début de la course aux
armements nucléaires
de la guerre froide. La
demande militaire
s'atténua dans les
années 1960, et à la fin
des années 1970, les
programmes d'acquisition s'achevèrent, un niveau de destruction mutuellement assuré (MAD) étant
atteint.
8
Les années 1970 virent une nouvelle demande émerger avec le démarrage de l'énergie nucléaire
civile, et la construction de centrales nucléaires. Cette demande s'effondra au début des années
1980, d'une part parce que les constructions de centrales étaient achevées, et d'autre part parce que
la pression d'opinion antinucléaire suite aux catastrophes de Three Mile Island et surtout Tchernobyl
entraîna dans de nombreux pays un moratoire de fait sur la construction de nouvelles centrales.
Le graphique comparatif de l'offre et de la demande entre 1945 et 2010, établi sur la base des
données de la World nuclear Association, fait apparaître sur certaines périodes une différence entre
la demande et l'offre. Ce manque de ressources a pu atteindre en particulier entre 25 % et 48 % des
besoins pour alimenter les réacteurs entre 2000 et 2008. Les apports qui ont permis de répondre à la
demande proviennent de ressources secondaires : les stocks commerciaux précédemment
accumulés, les matières issues de la réduction des stocks de matières militaires, consécutivement à
la réduction des arsenaux des deux superpuissances et, beaucoup plus faiblement, des matières
issues du recyclage via le traitement des combustibles usés du cycle civilA 1.
En 2010, les trois principaux pays producteurs d'uranium sont le Kazakhstan, le Canada et
l'Australie. À eux trois, ils se partagent 62 % du marché mondial qui atteignait cette année
53 663 tonnes.
• Le Kazakhstan qui ne produisait que 3 300 tonnes en 2003 a vu sa production multipliée par
5, passant à 14 020 tonnes en 2010, prenant ainsi le rang de premier producteur mondial,
avec 33 % de la production ;
• L'Australie connaît également une baisse d'exploitation, le tonnage d'uranium extrait passant
de 7 572 à 5 900, et la part dans le marché mondial de 21 % à 11 %.
L'évolution des productions d'uranium par pays producteur entre 2003 et 2010 est, selon les
statistiques de la world nuclear association, la suivante3.
Pays 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Taux 2010
Kazakhstan 3 300 3 719 4 357 5 279 6 637 8 521 14 020 17 803 33 %
Canada 10 457 11 597 11 628 9 862 9 476 9 000 10 173 9 783 18 %
Australie 7 572 8 982 9 516 7 593 8 611 8 430 7 982 5 900 11 %
Namibie 2 036 3 038 3 147 3 067 2 879 4 366 4 626 4 496 8%
Niger 3 143 3 282 3 093 3 434 3 153 3 032 3 243 4 198 8%
Russie 3 150 3 200 3 431 3 262 3 413 3 521 3 564 3 562 7%
Ouzbékistan 1 598 2 016 2 300 2 260 2 320 2 338 2 429 2 400 4%
États-Unis 779 878 1 039 1 672 1 654 1 430 1 453 1 660 3%
Ukraine (estim.) 800 800 800 800 846 800 840 850 2%
9
Chine 750 750 750 750 712 769 750 827 2%
Malawi 104 670 1%
Afrique du Sud 758 755 674 534 539 655 563 583 1%
Inde (estim.) 230 230 230 177 270 271 290 400 1%
République tchèque 452 412 408 359 306 263 258 254 0%
Brésil 310 300 110 190 299 330 345 148 0%
Roumanie (estim.) 90 90 90 90 77 77 75 77 0%
Pakistan (estim.) 45 45 45 45 45 45 50 45 0%
France 0 7 7 5 4 5 8 7 0%
Allemagne 104 77 94 65 41 0 0 0 0%
Monde 35 574 40 178 41 719 39 444 41 282 43 853 50 772 53 663
Tonnes U3O8 41 944 47 382 49 199 46 516 48 683 51 716 59 875 63 285
Pourcentage des 65 % 63 % 64 % 68 % 78 % 78 %
besoins mondiaux
Producteurs
10
Réserves mondiales
On distingue les
"ressources identifiées",
regroupant des ressources
raisonnablement assurées (RRA) et des ressources "inférées" (IR), à savoir des gisements
découverts, étudiés et correctement évaluésA 2. Selon les analyses, de l'AIEA, Livre rouge 2005, les
ressources mondiales identifiées s'élevaient en 2005 à 4,75 millions de tonnes d'uranium (pour un
coût d'extraction inférieur à 130 US$/Kg U), auxquelles s’y ajouteraient potentiellement 10 MtU de
"ressources non découvertes", catégorie hautement spéculative. Ces ressources permettraient de
faire fonctionner, selon l'AIEA, le parc 2005 de réacteurs à eau légère pendant 270 ansA 3,6.
Au 1e janvier 2009, les ressources identifiées s'élevaient à 5,4 millions de tonnes d'uraniumB 8.
11
Malawi 0 8 100 15 000 15 000 <1 %
République centrafricaine 0 0 12 000 12 000 <1 %
Espagne 0 2 500 11 300 11 300 <1 %
Suède 0 0 10 000 10 000 <1 %
Slovénie 0 0 9 200 9 200 <1 %
Turquie 0 0 7 300 7 300 <1 %
Portugal 0 4 500 7 000 7 000 <1 %
Roumanie 0 0 6 700 6 700 <1 %
Japon 0 0 6 600 6 600 <1 %
Gabon 0 0 4 800 5 800 <1 %
Indonésie 0 0 4 800 6 000 <1 %
Italie 0 0 4 800 6 100 <1 %
Pérou 0 0 2 700 2 700 <1 %
Finlande 0 0 1 100 1 100 <1 %
République tchèque 0 500 500 500 <1 %
France 0 0 100 9 100 <1 %
Chili 0 0 0 1 500 0%
République démocratique 0 0 0 2 700 0%
du Congo
Danemark 0 0 0 85 600 0%
Égypte 0 0 0 1 900 0%
Allemagne 0 0 0 7 000 0%
Grèce 0 0 0 7 000 0%
Hongrie 0 0 0 8 600 0%
Iran 0 0 0 2 200 0%
Mexique 0 0 0 1 800 0%
Slovaquie 0 0 0 10 200 0%
Somalie 0 0 0 7 600 0%
Tanzanie 0 0 0 28 400 0%
Vietnam 0 0 0 6 400 0%
Zimbabwe 0 0 0 1 400 0%
Total 794 400 3 741 900 5 404 000 6 298 500 %
Les plans de développement connus en 2009 sont censés couvrir les besoins mondiaux, s'ils sont
mis en œuvre avec succès, même dans le cas de cette hypothèse haute, pendant une grande partie
de cette période 2010-2035, même sans l'apport de ressources secondairesB 9. Ces ressources
secondaires devraient continuer à être une composante d'approvisionnement pour les années à
venir, bien que les informations disponibles sur celles-ci ne permettent pas de préciser combien de
temps elles contribueront à satisfaire la demande future. En 2007, Georges Capus, expert auprès
d'Areva, constatait que les stocks commerciaux excédentaires étaient proches de zéro et ceux de
matières militaires réputés mobilisables devaient arriver à épuisement en 2013A 1.
Si toutes les mines existantes et commandées produisent au niveau de leur capacité de production
déclarée, l'hypothèse haute devrait être atteinte d'ici 2020. Si on prend en compte les mines prévues
et envisagées, le niveau haut devrait être atteint en 2029. La capacité de production des centres de
production existants et commandés ne devrait par contre satisfaire en 2035 qu'environ 78 % des
besoins en cas d'hypothèse basse et 49 % des besoins en cas d'hypothèse haute. Dans le cas de
l'hypothèse basse, les mines existantes additionnées à celles prévues et envisagées devraient
permettre de satisfaire la demande jusqu'en 2035, mais ne permettraient pas de répondre à
l'hypothèse haute (79 % des besoins de l'hypothèse haute en 2035)B 10.
13
Le défi sera de combler l'écart entre la production mondiale et les besoins en uranium
(particulièrement dans le cas de l'hypothèse haute). Il conviendra en particulier de confirmer avant
2030 que les ressources spéculatives, évaluées essentiellement sur des bases théoriques,
correspondent bien à de vrais gisementsA 4. Le réseau "sortir du nucléaire" s'appuyant en particulier
sur les constatations de l’Energy Watch Group, affirmant que l'exploration accrue de ces dernières
années n’a en fait provoqué aucune augmentation significative des ressources répertoriées, en
doute7,6.
Ainsi Georges Camus, expert auprès de Areva, et le réseau Sortir du nucléaire arrivent à la même
conclusion, à savoir qu'une tension sur le matériau uranium est quasiment certaine au milieu du
xxie siècle. Ils divergent toutefois sur les solutions : le premier préconise de se préparer pour
disposer d'un parc de réacteurs à neutrons rapides vers 2040-2050, bien moins exigeant en
ressources d'uranium, le second propose de se désengager du nucléaire.
Cours de l'uranium
Depuis 2001, son prix est remonté de manière spectaculaire pour atteindre un sommet en juin 2007
à 136 US$/lb avant de retomber à 85 US$/lb en octobre 2007B 11. Cette hausse est due à de
nombreux facteurs structurels8 :
• Le moratoire sur les centrales nucléaires tend à prendre fin, suite au Protocole de Kyoto ;
l'énergie nucléaire étant peu productrice de gaz à effet de serre.
• La consommation mondiale en énergies fossiles (gaz et pétrole) en tire les prix vers le haut, et
accélère l'épuisement des réserves. Le passage à une énergie de substitution est préparé dès
à présent.
• Le prix du kWh nucléaire ne cesse de baisser, ce qui en fait une source toujours plus attractive
économiquement, bien que les coût de démantèlement des centrales qui arrivent au terme de
leur exploitation n'est toujours pas pleinement pris en compte.
La lente remontée des cours à partir de 2010 vers 73USD s'est brutalement arrêtée en mars 2011
avec l'Accident nucléaire de Fukushima entrainant la décision de fermetures de nombreux réacteurs
en Allemagne et en Belgique notamment. Le cours se stabilisent entre septembre 2011 et l'été 2012
vers 50-52USD.
Certains experts prévoient le doublement du nombre de centrales d'ici 2050, sans compter les
besoins probables d'une industrie chinoise émergente. Les stocks prévisibles à cette échéance sont
insuffisants pour faire face à la demande, justifiant une hausse des cours. Cette remontée des cours
14
a donné un coup de fouet à l'expansion des mines actuelles. Parallèlement, de nouvelles mines sont
ouvertes (ou d'anciennes mines sont rouvertes), et la prospection minière a été relancée. Mais il faut
des années pour mettre une mine en production, et ces ajustements économiques n'auront d'effet
qu'à plus long terme.
• des rejets atmosphériques : le radon et les poussières radioactives. L'un des rejets les plus
dangereux d'une mine d'uranium est le radon, un gaz rare invisible et inodore qui se propage
depuis les installations de conditionnement et les collines de déblais ou les réservoirs de
déchets liquides. Le radon entraîne un risque de cancer du poumon.
• des rejets liquides : l'eau d'exhaure créée par les forages et l'évacuation d'eaux de
ruissellement à l'intérieur de la mine peut être plus ou moins bien traitée avant rejet.
• des déchets solides : les boues et les précipités en provenance du traitement des effluents
liquides.
• des stériles : les roches extraites qui ne contiennent que très peu d'uranium et qui, par
conséquent ne sont pas traitées. La quantité des stériles de mines d'uranium atteint des
centaines de millions de tonnes. Si les stériles ne sont pas bien couverts et situés, ils rejettent
du radon et des poussières radioactives dans l'air et par infiltration d'eau de pluie des matières
toxiques et radioactives passent dans les eaux souterraines et superficielles.
• des minerais pauvres : les minerais dont la teneur en uranium se situe entre 0,03 et 0,8 %
environ. Ils ne sont pas toujours traités. Les stocks posent les mêmes problèmes que les
stériles, aggravés par la teneur supérieure en uranium.
Ces déchets exposent l'environnement à la radioactivité des radioisotopes, qui peuvent entraîner une
contamination radioactive des humains, de la faune et de la flore.Dans l'air, les concentrations en
uranium sont très faibles. Il est présent sous forme de poussières qui retombent dans les eaux de
surface, les plantes ou sur le sol. Il se retrouve ensuite dans les sédiments de l'eau ou dans les
couches les plus profondes du sol, où il se mélange avec l'uranium déjà présent.
Dans l'eau, la plupart de l'uranium est de l'uranium dissout qui provient des roches et des sols que
l'eau recouvre. Une partie de l'uranium est en suspension, ce qui donne à l'eau un aspect boueux. La
quantité d'uranium dans l'eau potable est en général très faible. Il n'y a en général pas de risques à
boire une eau contenant des petites quantités d'uranium.
L'uranium n'a pas tendance à s'accumuler dans les poissons ou les légumes et l'uranium qui est
absorbé est éliminé rapidement dans les urines et les fèces. Dans le sol, on trouve des
concentrations diverses d'uranium, elles sont en général très faibles. L'homme augmente les
quantités d'uranium dans le sol du fait de ses activités industrielles.
15
L'uranium présent dans le sol se combine avec d'autres composés, et peut rester dans le sol pendant
des années sans rejoindre les eaux souterraines. Les concentrations en uranium sont souvent plus
élevées dans les sols riches en phosphate, mais ceci ne représente pas un problème car ces
concentrations ne dépassent souvent pas la valeur limite pour un sol non contaminé. Les plantes
absorbent l'uranium par leurs racines et le stockent là. Les légumes-racines, tels que les radis,
peuvent donc contenir des concentrations en uranium plus élevées que la normale.
L'érosion des produits extraits des mines peut entrainer la libération de quantités plus importantes
d'uranium dans l'environnement. De plus, certains déchets ont non seulement un danger lié à la
radioactivité mais aussi un risque lié à la toxicité des produits chimiques conventionnels tels que
l'acide sulfurique et les métaux lourds, résidus du traitement du minerai d'uranium. Enfin, il faut aussi
considérer les nuisances de la mine dues à :
– la surface totale de terrain occupé par la mine, ses stériles et ses infrastructures annexes et
d'accès ;
– l'impact social pour la population indigène vivant sur le site d'exploitation ou à proximité (exemples
aux États-Unis, Canada, Afrique (Niger…), Australie, Tibet (cf Sun Xiaodi)…).
La CRIIRAD a mené en décembre 2003 une inspection à Arlit (Niger) où se trouvent des mines
d'uranium exploitées par l'industrie nucléaire française (Cogéma-Areva). De nombreuses irrégularités
ont été pointées dans le rapport final, bien que l'inspection ait été perturbée par la confiscation du
matériel et diverses obstructions de la part des autorités nigériennes et de la Cogéma9.
Selon l'Institut écologique d'Autriche10, l'exploitation des mines d'uranium et les opérations de
traitement du combustible usé sont les étapes du cycle du combustible nucléaire qui contribuent le
plus aux doses radiatives dues à l'énergie nucléaire11 (en tenant compte d'un fonctionnement normal
et de "petits" incidents, c'est-à-dire en excluant les essais nucléaires et les accidents graves tels que
la catastrophe de Tchernobyl).
Pour le président de la commission canadienne de sûreté nucléaire, "Les activistes, les médecins
praticiens et les politiciens qui ont demandé un moratoire sur l'extraction de l'uranium peuvent avoir
des raisons variées de le faire, mais leurs alléguations relatives à une mise en danger du public ou
de l'environnement sont fondamentalement fausses ; elles sont contredites par des années
d'investigations scientifiques et de constats objectifs"12
Séquelles d'exploitation
Elles peuvent perdurer des années, décennies ou siècles selon les cas.
En France où la dernière mine a été fermée en mai 2001, la surveillance des anciennes mines
d'uranium (210 sites, répartis sur 25 départements selon l'IRSN 13) se fait sous le contrôle de
l'IRSN14, les données anciennes devant être stockée dans une Base de donnée nationale des sites
miniers d'uranium utilisable par les générations actuelle et futures (Programme MIMAUSA). L'IRSN
selon son site internet15 a réalisé des expertises les mines du Limousin, les mines de Saint-Pierre,
les méthode d’évaluation de l’impact des sites de stockage de résidus de traitement de minerais
d’uranium, la Division minière de La Crouzille (Haute-Vienne) et hors de France les Mines d'uranium
du Niger (les plus importantes d'Afrique)
16
La réhabilitation
• Elle concerne les aspects paysagers et géomorphologiques, qui varient selon le contextes
(mine à ciel ouvert, en puits ou à flanc de coteaux ou en tunnels, etc) et la quantité de
"stériles" accumulés sur les sites exploités.
• Elles concerne la gestion de la radioactivité ou de toxiques susceptibles d'être lixiviés par les
eaux de ruissellement ou d'inondation ou d'être dispersée par les envols de poussières.
• Elle peut utiliser diverses techniques de génie écologique pour accélérer le retour de la nature,
avec alors un suivi possible par bioindicateurs16
Notes et références
Notes
1. ↑ Pour fixer les idées, à la fin des années 1970, au plus fort des cours de l'uranium, on
estimait qu'un doublement des cours rendrait la moitié de la Bretagne exploitable. Depuis, les
cours ont été pratiquement divisés par dix.
Références
• Georges Capus, "Que savons-nous des ressources mondiales d’uranium?", Clés CEA, CEA,
no 55, été 2007 [texte intégral (page consultée le 15 juin 2011)]
2. ↑ a et b p. 18
3. ↑ p. 19
4. ↑ a et b p. 20
5. ↑ p. 22
• OCDE NEA, Uranium 2009: Resources, Production and Demand, 2010, (voir dans la
bibliographie)
6. ↑ p. 56-57
7. ↑ a et b p. 126
8. ↑ p. 127
9. ↑ p. 306
10. ↑ p. 156
11. ↑ p. 157
12. ↑ p. 307
13. ↑ p. 27
14. ↑ a et b p. 100
15. ↑ p. 101
16. ↑ a et b p. 97
17. ↑ Guiollard Pierre-Christian : L'Uranium du Morvan et du Forez.
18. ↑ http://www.cameco.com/mining/mcarthur_river/ [archive]
19. ↑ a, b, c et d (en) World Uranium Mining [archive], sur www.world-nuclear.org/. Consulté le 15
juin 2011
17
20. ↑ Inventaire national des déchet, ANDRA 2006, [1] [archive]
21. ↑ L'IRSN a mis en ligne une base de données nationale des sites miniers d'uranium
(programme [2] [archive]).
22. ↑ a et b (en) Akira OMOTO, "Global Trends in Nuclear Power and Fuel Cycle and IAEA
Activities" [archive], sur http://www.pub.iaea.org [archive]. Consulté le 15 juin 2011 dia. 15
23. ↑ De l'uranium jusqu'à quand? Lorsque les réacteurs s'arrêteront faute de
combustibles [archive], sur www.sortirdunucleaire.org/. Consulté le 15 juin 2011
24. ↑ Voir http://www.moneyweek.com/file/25277/seven-reasons-the-uranium-price-will-hit-100-
this-year.html [archive] pour une analyse économique de la hausse des cours.
25. ↑ Microsoft Word - Note CRIIRAD 0340 ARLIT V4 [archive](PDF)
26. ↑ Enquête radio-écologique autour de l'usine de transformation du minerai d'uranium
MAPE [archive], Bohême du sud, République tchèque
27. ↑ En France, la dose annuelle moyenne correspond pour 70 % à l'exposition naturelle (radon,
rayonnements terrestres et cosmiques, eau et aliments) et pour 30 % à l'exposition artificielle
(28,5 % pour le médical, 1,5 % pour l'industrie électronucléaire, la recherche ou les essais
nucléaires militaires). Voir la fiche d'information [archive] page 4 de l'ASN
28. ↑ Uranium Moratoriums Are Not Supported by Science [archive], Open Letter from Canadian
Nuclear Safety Commission President Michael Binder, November 22, 2012.
29. ↑ L'exploitation du minerai d'uranium en France métropolitaine : impact environnemental et
risque pour la population [archive], consulté 2010 01 17
30. ↑ La surveillance des anciennes mines d'uranium [archive]
31. ↑ Site IRSN [archive] consulté 2010 01 17
32. ↑ Andersen, AN (11993). Ants as indicators of restoration success at a urnanium mine in
tropical Australia. Restoration Ecology 3/156-167
33. ↑ Dimanche 26 août 2012 à 08h04 Source : 20 minutes.fr
Annexe
Articles connexes
• Uranium
• Industrie minière
• Cycle du combustible nucléaire
• Déchet radioactif
Liens externes
• 2000Watts.org, les pays producteurs et leur production d'uranium en 2008
• [PDF] L'uranium naturel : des ressources abondantes, mais à quel prix ?, Revue des
Ingénieurs – Janvier-février 2003.
• [PDF] Ressources, production et demande de l'uranium : un bilan de quarante ans. Rapport
de l'Agence pour l'énergie nucléaire, OCDE 2007.
• Dossier de la CRIIRAD sur les mines d'uranium du Niger
• Ressources d'uranium et énergie nucléaire (Uranium Resources and Nuclear Energy)
• Mine d'uranium dans le parc naturel de Kakadu photographiée par Yann Arthus-Bertrand, La
Terre vue du Ciel
• Mine d'uranium au Niger, dossier de dissident-media.org
• L'uranium des phosphates
• Mines d'uranium du Limousin, étude de la CRIIRAD en 1993.
• L'uranium et ses gisements en France, dossier de Géopolis
• Mines d’uranium abandonnées en Bretagne, communiqué de presse de Sortir du Nucléaire
Cornouaille
Bibliographie
18
• (en) NEA-IAEA Uranium Group, Uranium 2009 : Resources, Production and Demand, Paris,
OECD Nuclear Energy Agency, 2010, 456 p. (ISBN 978-92-64-04789-1)
Portail de l’énergie
Portail du nucléaire
19