Paludisme: P. Falciparum, P. Vivax, P. Ovale, P. Malariae, P. Knowlesi
Paludisme: P. Falciparum, P. Vivax, P. Ovale, P. Malariae, P. Knowlesi
Paludisme
1. Introduction
Maladie évitable par une prévention efficace. Urgence thérapeutique.
Risque de paludisme grave et de décès avec Plasmodium falciparum.
2. Définition
-Protozoose due à un hématozoaire du genre Plasmodium.
Cinq espèces plasmodiales : P. falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae, P.
knowlesi.
-Réservoir strictement humain (sauf Plasmodium knowlesi(singe)).
-Vecteur : anophèle femelle à activité hématophage nocturne.
-Régions endémiques : zones intertropicales.
3. Protection contre les piqûres d’anophèle
La principale mesure préventive doit être appliquée dès la tombée du jour et pour
toute la durée de la nuit. Les différents moyens sont
-Moustiquaires imprégnées d’insecticides
-Répulsifs cutanés et répulsifs pour imprégner les vêtements
-Port de vêtements amples et couvrants
-Insecticides domestiques.
4. Diagnostiquer un paludisme
4.1. Paludisme non compliqué ou paludisme simple
Signes cliniques
-Fièvre, Céphalées, myalgies.
-Troubles digestifs : nausées, vomissements, parfois diarrhée.
- Splénomégalie inconstante.
Signes biologiques
-NFS :
• thrombopénie fréquente
• numération leucocytaire normale ou leucopénie
• anémie, tardive.
-VS : syndrome inflammatoire
-cytolyse hépatique
-Confirmation du Diagnostic
Mise en évidence de l’hématozoaire par goutte épaisse - frottis sanguin
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c. Examens complémentaires
Le but des investigations de laboratoire chez un malade présentant un cas suspect
de paludisme grave devrait être de :
- Confirmer le diagnostic clinique de paludisme ;
- Confirmer les complications et évaluer leur gravité
- Confirmer les complications et évaluer leur gravité ;
- Exclure les autres causes possibles de maladie grave
- les examens (minimums) recommandés pour les malades hospitalisés pour
suspicion de paludisme grave doivent inclure :
- La goutte épaisse ou TDR pour rechercher la présence du parasite du paludisme et
suivre son évolution ;
- L’hématocrite /hémoglobine ;
- La glycémie ;
- La ponction lombaire chez le malade présentant des troubles de la conscience, et si
ce n’est pas possible, administrer des antibiotiques contre la méningite ;
-L’examen des urines pour la recherche :
=du sucre (pour écarter le diabète) ;
=des protéines (pour écarter l’hypertension provoquée par la grossesse)
=des cétones (pour écarter la complication du diabète).
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Des investigations plus poussées peuvent être menées dans les hôpitaux disposant
d’un plateau technique performant. On peut par exemple faire :
- L’ionogramme sanguin (Na+, K+), la créatininémie et l’azotémie (chez les malades
déshydratés, les insuffisants rénaux)
- Les hémocultures (pour écarter la septicémie)
- La radiographie du thorax (œdème pulmonaire)
- La gazométrie sanguine (acidose, embolie pulmonaire)
5. Attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient
5.1. Connaître les anti-paludiques
-Artéméther-luméfantrine (coartemR )
- Artesunate-Amodiaquine (ASAQ)
-Dihydroartemisinine-piperaquine
- Artéméther (PALUTHER®)
Il est prescrit à J1 (3,2 mg/kg/24h), puis 1,6 mg/kg/24h de J2 à J7
- Artésunate suppo(rectocaps) : 10 mg/kg/j en cas de référence chez les enfants
-Artésunate injectable
-Quinine
5.2 Traitement
Traitement spécifique du paludisme grave
Les médicaments recommandés par la politique nationale pour la prise en charge
des cas graves sont :
- Artésunate injectable : 1ère intention
- Artéméther injectable: 2ème intention
- Quinine injectable: 3ème intention
Traitement spécifique du paludisme simple
Coartem :1ère intention
ASAQ : 2ème intention
Dihydroartemisinine-piperaquine : 3ème intention
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-Dihydroartemisinine-piperaquine -ARTHEMETER
[Link] d’urgence
6.1 Malade inconscient ou dans le coma
- S’assurer que le malade respire ;
- Mettre le malade en position allongée sur le côté ou avec la tête sur le côté
(position latérale de sécurité) ;
- Vérifier que les voies respiratoires sont dégagées par une aspiration légère des
narines et de l’oropharynx ;
- Oxygénothérapie si nécessaire ;
- Placer une sonde naso gastrique et une sonde vésicale ;
- Placer une voie veineuse ; elle sera nécessaire pour l’administration des
médicaments et des liquides ;
6.2 Corriger l’hypoglycémie :
-Enfants : 0,5-1 ml/kg de sérum glucosé à 50 % dilué dans un volume égal de sérum
salé à 0,9% administrer par perfusion intraveineuse lente pendant plusieurs minutes
chez les enfants ; ou G10% en raison de 5ml/kg ou du lait sucré
-Adultes : 20-50 ml de sérum glucosé à 50 % dilué dans un volume égal de sérum
salé à 0,9% administré par bolus intraveineux.
Ou 10% en raison de (100ml à 250ml).
6.3 Convulsions
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- Chez les enfants, administrez 0,5 mg/kg de diazépam en intra rectale (IR).
6.4 Fièvre :
Faites baisser la température par :
- Des Moyens physiques :
- Dévêtir l’enfant ;
- Apport hydrique si l’enfant peut boire ;
- Pas de vessie de glace -----˃ vasoconstriction ;
- Placer un linge humide sur le front et sur le ventre et éventer le patient pour faire
baisser la température ;
- Bain à 2°C de moins que la température corporelle (si forte fièvre) pendant 10
minutes.
- Des antipyrétiques :
- Donner du paracétamol (comprimés/suppositoires/injectable) 15mg/kg toutes les 6
heures si la température est supérieure ou égale à 38,5°C.
6.5. Anémie grave
- Administrer d’urgence du sang aux malades présentant une anémie grave ou des
signes d’insuffisance cardiaque avec une pâleur sévère.
-Administrer un concentré de globules rouges (10 ml/kg chez les enfants) ou du sang
total 20 ml/kg à faire passer en 3 heures (sous furosémide).
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PARASITOSES DIGESTIVES :
OBJECTIFS
- Diagnostiquer les principales parasitoses digestives.
- Argumenter l’attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.
Chap I: L’OXYUROSE
Introduction
-Agent causal : Enterobius vermicularis (helminthe, nématode, ver rond, 1cm de
long)
-Épidémiologie : cosmopolite
I. Physiopathologie :
-migration nocturne de la femelle au niveau de la marge anale (les oxyures adultes
vivent dans la région iléo-cæcale) et ponte des œufs
-contamination directe inter-humaine par ingestion des œufs présents sur les mains,
dans les sous-vêtements, la literie, le milieu extérieur
-auto-infestation par voie orale fréquente à la suite du grattage de la région anale.
II. Diagnostic
1. Signes cliniques
-Asymptomatique.
-Prurit anal vespéral et nocturne.
-Vulvovaginite chez la petite fille.
2. Diagnostic paraclinique
-Vers adultes, visibles à l’œil nu, dans les selles ou sur la marge anale.
-Œufs au Scotch test (scotch appliqué le matin avant la toilette au niveau de la
marge de l’anus puis collé sur une lame de verre pour examen microscopique).
III. Traitement
- Section courte des ongles + brossage ; changement et lavage systématiques des
vêtements et du linge.
-antihelminthiques : albendazole. Une 2eme cure est nécessaire 2 semaines plus
tard.
Chap II: L’ASCARIDIOSE
Introduction
-Agent causal : Ascaris lumbricoides (helminthe, nématode, ver rond, 20 cm de
long)
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- contamination humaine par ingestion de viande parasitée mal cuite ou crue (boeuf :
T. saginata, porc : T. solium, consommation de viande de porc mal contrôlée sur le
plan vétérinaire)
- la cysticercose (T. solium) est due à l’enkystement de larves dans les tissus (surtout
muscles, œil et cerveau) après ingestion directe d’œufs (péril fécal).
II. Diagnostiquer
2-1. Signes cliniques
-Téniase adulte : asymptomatique++ ; troubles digestifs non spécifiques : douleurs
abdominales, nausées, troubles de l’appétit ; urticaire.
-Cysticercose : rare mais possiblement grave si kystes cérébraux : cause fréquente
de crises convulsives dans les pays en développement ; céphalées.
2-2. Diagnostic paraclinique
-Éosinophilie modérée.
-Téniase adulte : anneaux souvent présents dans les selles, les sous-vêtements et la
literie, œufs dans les selles (examens parasitologiques des selles).
- Pour la cysticercose : épidémiologie (séjour en zone tropicale) ; scanner et/ou IRM
cérébrale (kyste(s) ±calcifications), calcifications musculaires (radio des parties
molles), sérologie (positivité inconstante, sang, LCR) ; hyper-éosinophilie
inconstante.
III. Traitement
-Téniase intestinale : albendazole ou praziquantel, parfois en plusieurs cures.
-Neurocysticercose : traitement indiqué en cas de forme parasitologiquement active ;
corticothérapie en début de traitement pour éviter une réaction de lyse parasitaire ;
albendazole pendant 1 à 4 semaines ou praziquantel pendant 2 semaines.
Traitement des convulsions.
Chap IV: GIARDIOSE (LAMBLIASE)
Introduction
- Agent causal : Giardia duodenalis (anciennement Giardia lamblia ou intestinalis :
le terme de lambliase n’est plus utilisé; protozoaire flagellé de 10 à 20 μ de long).
-Épidémiologie : cosmopolite, fréquente en régions tropicales.
I. Physiopathologie :
-formes végétatives très mobiles, se multipliant par scissiparité à la surface de la
muqueuse duodéno-jéjunale ;
-formes kystiques dans la lumière digestive, éliminées dans le milieu extérieur ;
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Albendazole (3 jour)
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LE TETANOS
I- DEFINITION
- Le tétanos est une toxi-infection (maladie associant une infection locale et des
manifestations générales dues à la toxine).
- Il est dû à un Bacille Gram Positif sporulé et anaérobie strict appelé ‘Clostridium
tétani’ ou encore ‘Bacille de Nicolaier’ qui secrète une exotoxine neurotrope.
II-EPIDEMIOLOGIE :
- Du point de vue épidémiologique, le réservoir du germe est tellurique, on retrouve
les spores qui constituent la forme de résistance du germe au niveau du sol et des
selles d’animaux.
- La transmission se fait par voie cutanée ; Soit à travers les plaies aiguës, soit via
les plaies chroniques
III- PHYSIO-PATHOLOGIE :
- Après pénétration, le Clostridium se multiplie au niveau de la porte d’entrée libérant
la neurotoxine qui rejoint les nerfs.
- Par voie centripète, l’exotoxine fait un déplacement trans-synaptique vers le SNC.
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- Sérum antitétanique.
- Diazepam (Valium*)
- Phénobarbital (Gardénal)
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Les Salmonelloses
1. Généralités
Le genre Salmonella comporte 3 espèces: Salmonella enterica, S. bongori et S.
subterranea.
Les salmonelloses comprennent la fièvre typhoïde et les salmonelloses non
typhiques (ou non typhoïdiques). La fièvre typhoïde est due à S. enterica, sérovar S.
typhi. (Bacille d’Eberth). Dans les PED, l’incidence est élevée, liée aux mauvaises
conditions d’hygiène et aux risques de transmission fécale.
Les salmonelles font partie de la famille des entérobactéries, bacilles à Gram négatif.
2. Epidémiologie
2.1. Epidémiologie de la fièvre typhoïde
Dans les pays en développement, la fièvre typhoïde est endémique et pose un
problème majeur de santé publique.
2.2. Epidémiologie des salmonelles non typhiques
Les salmonelles non typhiques sont en augmentation constante, en particulier dans
les pays industrialisés. Les animaux domestiques ou sauvages sont les réservoirs.
La contamination inter-humaine est importante chez l’enfant, favorisée par le portage
asymptomatique (rôle des mains). Les produits alimentaires à l'origine d'une
contamination humaine sont les viandes, en particulier de volaille, les produits
carnés, les oeufs et les produits laitiers.
3. Physiopathologie
3.1. La fièvre typhoïde
Après l’ingestion, les bacilles typhiques adhérent sur les entérocytes et les follicules
lymphoïdes, sont phagocytés par les macrophages dans lesquels ils se multiplient et
rejoignent les ganglions mésentériques. Quelques bacilles gagnent le courant
sanguin, la plupart sont détruits dans les ganglions lymphatiques. Leur lyse libère
l’endotoxine qui va imprégner les terminaisons nerveuses du système neurovégétatif
abdominal, créent des lésions intestinales qui sont envahies ensuite par les
salmonelles éliminées dans la bile. L’endotoxine diffuse dans tout l’organisme et se
fixe sur les centres nerveux diencéphaliques et sur d'autres organes, dont le
myocarde.
4. Aspects cliniques.
4.1. La fièvre typhoïde
Après une période d'incubation de 1 à 2 semaines, survient une fièvre, signes
digestifs : diarrhée ou constipation et un abattement (tuphos = torpeur). Chez
l’enfant, la fièvre typhoïde peut se présenter comme une fièvre isolée ou associée à
une obnubilation. Les taches rosées sont rarement vues sur peau noire.
Si le malade est vu au 2 ème septénaire, le diagnostic clinique reste difficile : il faut
retenir une fièvre en plateau datant de plus de 7 jours, des douleurs abdominales
diffuses ou localisées à la fosse iliaque droite, une diarrhée « jus de melon » chez
les jeunes enfants, une constipation chez les adultes, une déshydratation, un pouls
dissocié, une splénomégalie, une toux, des râles bronchiques, un tuphos.
Les complications apparaissent au 3ème septénaire, en particulier les péritonites par
perforations du grêle, les cholécystites, les hémorragies digestives, la myocardite,
l’ostéite.
4.2. Les salmonelloses non typhiques
4.2.1. Les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) sont dues à des
salmonelles non typhiques dans plus de la moitié des cas. La durée d’incubation est
de 12 à 24 heures La clinique associe une fièvre, une diarrhée, des vomissements,
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COQUELUCHE
INTRODUCTION
Maladie : toxi-infection bactérienne aiguë due à Bordetella pertussis et Bordetella
parapertussis
- Réservoir est humain.
-Transmission interhumaine par voie aérienne :
I DIAGNOSTIQUER UNE COQUELUCHE
1. Clinique ; Forme classique du nourrisson
Incubation : 7-10 jours.
Période d’invasion ou catarrhale non spécifique : (7-15 j)
-rhinite, éternuements, fébricule
-toux devenant progressivement spasmodique, émétisante, à prédominance
nocturne, rebelle aux antitussifs.
Période paroxystique des quintes : (4-6 semaines)
-organisation de la toux sur un mode de quintes paroxystiques :
• de secousses (paroxysmes) de toux, produites au cours d'une même expiration,
interdisant l’inspiration jusqu'à la survenue d'une reprise inspiratoire longue, bruyante
: le «chant du coq»
• quinte composée de 3 à 5 paroxysmes, jusqu'à la reprise inspiratoire bruyante (ou
«chant du coq») finale avec parfois une expectoration terminale : mucosités
adhérentes, transparentes et blanchâtres, souvent remplacée par un vomissement
(toux émétisante)
-examen normal en dehors des quintes et pas de fièvre.
Evolution (Gravité) (létalité : 2 à 3 %) en raison des complications :
- quintes asphyxiantes
- apnées syncopales
- complications cardiaques : bradycardies, troubles du rythme voire arrêt cardiaque
-complications respiratoires : encombrement, atélectasie, surinfection,
-complications infectieuses : otite suppurée, surinfection bronchopulmonaire,
pneumonie de déglutition, pleurésie
-complications nutritionnelles : vomissements et refus alimentaire, avec dénutrition
- complications mécaniques : ulcération du frein de langue, hémorragie conjonctivale,
prolapsus, hernies, fractures de côtes, pneumothorax,
-complications neurologiques : convulsions, séquelles neurologiques
2. Examens complémentaires
2-1. Non spécifiques
-Hyperleucocytose avec forte lymphocytose.
-Thrombocytose fréquente chez le nourrisson.
-Pas de syndrome inflammatoire.
-Radiographie thoracique : opacités péribronchiques périhilaires, parfois atélectasie
ou emphysème.
2-2. Spécifiques
-identification par culture
- PCR.
-Sérologie
II ARGUMENTER L’ATTITUDE THÉRAPEUTIQUE ET PLANIFIER LE SUIVI DU
PATIENT
1. Attitude thérapeutique et suivi du patient
1-1. Hospitalisation
1-2. Isolement
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Choléra
1. Introduction
Le choléra est une maladie infectieuse diarrhéique à caractère épidémique, d’origine
bactérienne, transmise par voie digestive. C’est une maladie du péril fécal par
excellence. C’est une véritable urgence en santé publique. Le choléra est le
compagnon privilégié des catastrophes naturelles et des situations de conflits avec
déplacements massifs de populations. Il peut cependant survenir dans un contexte
de stabilité politique et en l’absence de toute calamité naturelle, lorsque les
conditions socio-économiques des populations sont favorables à son
développement.
2. Epidémiologie
Parmi toutes les souches de Vibrio cholerae, seules celles fabriquant une toxine
peuvent donner le choléra : ce sont les vibrions cholériques. Les autres vibrions sont
soit non pathogènes pour l’homme, soit responsables de diarrhées banales. Le
vibrion responsable de la 7e pandémie est Vibrio cholerae O1, biotype El Tor,
sérotypes Ogawa et Inaba. Le biotype El Tor a pratiquement supplanté le biotype
classique dans le monde entier.
D’origine hydrique, le choléra est aussi une maladie à transmission féco-orale. Le
réservoir est environnemental en période inter-épidémique, et essentiellement
humain en période épidémique. Le milieu hydrique est un réservoir de germes
pathogènes (ex : eaux saumâtres des estuaires des grands fleuves d’Asie). Le
réservoir humain entre en jeu en cas d’épidémie et explique la rapidité de la
dissémination de la maladie. Ce réservoir comprend les malades, les cadavres de
sujets morts de choléra, les porteurs sains.
La transmission est donc hydrique ou inter-humaine : eaux polluées, produits marins
contaminés, fruits et légumes arrosés, mains sales (toilette et transport des
cadavres, repas).
Il n’y a pas d’immunité naturelle, pas de production d’anticorps contre la toxine. Les
facteurs favorisants sont humains et climatiques : pauvreté, bas niveau d’hygiène,
conflits armés, forte densité de population (camps de réfugiés), catastrophes
naturelles (cyclones, inondations), réchauffement des eaux (phénomène El Nino).
3. Physiopathologie
3.1. Le choléra est une diarrhée « toxique » due à l’élaboration par le vibrion d’une
toxine, la choléragène, qui inverse le flux hydrosodé au niveau de l’épithélium du
grêle par activation d’un enzyme, l’adénylcyclase. Cette inversion entraîne la
production dans la lumière intestinale d’un liquide très abondant isotonique au
plasma, particulièrement riche en potassium et en bicarbonates. La conséquence de
cette diarrhée hydroélectrolytique massive est une déshydratation aiguë avec
hypokaliémie et acidose.
3.2 Le vibrion ne pénètre pas à l’intérieur de la muqueuse intestinale qui reste
donc anatomiquement intacte. Il n’y a pas d’invasion muqueuse. Le vibrion disparaît
des selles spontanément en 7 à 14 jours. Le traitement du choléra est donc
essentiellement celui des pertes hydroélectrolytiques, c’est à dire du « syndrome
cholérique».
3.3 Le glucose stimule l’absorption d’eau et de sel par un mécanisme
indépendant de l’AMP cyclique (activé par l’adénylcyclase et la choléragène) qui est
donc conservé. Un ion sodium peut être transporté en même temps qu’une molécule
de glucose au niveau de la muqueuse qui a gardé son intégrité et ses mécanismes
d’absorption. Cette notion est à la base de la réhydratation par voie orale.
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4. Clinique
4.1 Le tableau clinique du choléra est le plus souvent évocateur
Syndrome «cholérique» caractérisé par la survenue brutale d’une diarrhée aqueuse,
eau de riz, d’odeur fétide, sans glaire ni sang, avec des vomissements abondants
«en jet», entraînant une déshydratation rapide et sévère réalisant la triade «diarrhée
aqueuse, vomissements, déshydratation». Le nombre d’émission est de l’ordre de 10
à 50 et plus par jour (4 à 20 litres de liquides). Le malade est apyrétique et présente
des crampes abdominales (qui seraient plus fréquentes avec le Vibrio cholerae O
139). Cette forme classique (dite encore historique) évolue en 3 phases :
- phase liquidienne,
- phase de collapsus ou d’algidité (déshydratation, pouls imprenable, tension
artérielle effondrée, température inférieure ou égale à 36°C, anurie),
- phase évolutive avec une amélioration spectaculaire sous réhydratation ou décès si
le malade n’est pas réhydraté.
4.2. D'autres formes cliniques sont décrites
- cholérine : forme bénigne, fréquente, avec 2 à 3 selles liquides «eau de riz»,
- choléra sec avec collapsus cardio-vasculaire brutal, inaugural,
- diarrhées dysentériformes dans environ 5% des cas,
- formes compliquées avec insuffisance rénale aiguë, hypokaliémie avec faiblesse
musculaire, paralysies, anomalies électrocardiographiques, surinfections en
particulier pulmonaires.
4.3. Aspects particuliers en cas de co-infections
- la co-infection avec un autre agent entéropathogène aggrave la clinique chez le
cholérique : le risque de faire une forme grave est multiplié par deux,
- l’infection préalable par Helicobacter pylori favorise les formes graves de choléra :
le Vibrio cholerae est en effet très sensible à l’hypochlorhydrie gastrique,
- le risque de létalité par choléra est plus élevé en cas d’infection par VIH/Sida.
5. Diagnostic
5.1. Il faut y penser en période épidémique, et compte tenu que le choléra, une
fois installé, évolue par flambées épidémiques, il faut toujours craindre une reprise
épidémique et donc diagnostiquer le premier cas.
5.2 Le diagnostic de certitude repose sur la coproculture (selles, écouvillonnage
rectal). Les prélèvements sont envoyés au laboratoire, le mode de transport principal
étant du papier buvard transporté dans des tubes en plastique bien fermés, à
température ambiante.
5.3. Les tests rapides basés sur des techniques immunologiques utilisent l’or
colloïdal : la révélation de la réaction antigène - anticorps se fait par la capture et
donc l’accumulation de particules d’or sensibilisées par des anticorps monoclonaux
(choléra SMART).
5.4. La PCR est pratiquée dans les centres de référence pour rechercher le gène de
la toxine.
5.5. Un antibiogramme doit être réalisé sur les premières souches isolées.
En pratique, le diagnostic bactériologique a de l’intérêt pour les premiers cas lors
d’une poussée épidémique.
Il n’y a pas d’intérêt pratique à un bilan biologique : ionogramme, bilan rénal, en
période épidémique.
6. Traitement
L’essentiel du traitement est la réhydratation : «Tout cholérique parvenu à temps
dans un centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour».
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