PERSONNAGE
Introduction
Dans la littérature, le personnage occupe une place centrale. Qu'il soit héros, anti-héros ou simple
figurant, il capte l'attention du lecteur, suscite des émotions et incarne des idées ou des valeurs. Dès
l'Antiquité, les personnages comme Ulysse ou Achille symbolisent le courage et la bravoure, tandis
que, plus tard, des figures comme Emma Bovary ou Jean Valjean reflètent des préoccupations plus
réalistes et sociales.
L'importance du personnage dépasse le simple cadre de l'histoire racontée. Il devient un vecteur de
réflexion, un miroir de la société et un outil de critique des mœurs. Par son rôle essentiel, il est au
cœur de l'intrigue et participe au développement des thèmes majeurs de l'œuvre.
Nous verrons d'abord l'importance du personnage, puis son rôle, ses différentes formes et enfin son
évolution à travers les époques.
Développement
A. L'importance du personnage
Le personnage est un élément fondamental de la littérature, car il joue un rôle de premier plan dans
l'avancée du récit et l'engagement du lecteur.
Un moteur de l'intrigue
Le personnage agit, prend des décisions et fait avancer l'histoire. Sans lui, il n’y aurait ni action, ni
suspense, ni dénouement. Par exemple, dans Les Misérables de Victor Hugo, les actions de Jean
Valjean (comme sa fuite ou son sacrifice) sont à l’origine des principaux rebondissements de
l’intrigue. Le lecteur suit son parcours avec émotion, ce qui le maintient en haleine tout au long du
récit.
Un vecteur d'identification
Le personnage permet au lecteur de s’identifier à ses émotions, ses doutes et ses choix. Plus il est
proche des préoccupations humaines, plus le lecteur se sent concerné par son destin. Par exemple,
Emma Bovary, héroïne de Madame Bovary de Flaubert, incarne le désir d’échapper à la monotonie
de la vie quotidienne. Beaucoup de lecteurs, à travers ses frustrations, reconnaissent leurs propres
insatisfactions, ce qui les rend plus attachés au personnage.
Un outil de réflexion
Certains personnages symbolisent des idées ou des concepts. Ils permettent à l’auteur de faire passer
des messages philosophiques, moraux ou politiques. Par exemple, Meursault, le personnage principal
de L'Étranger d'Albert Camus, incarne l'absurdité de la condition humaine. À travers son indifférence
face à la mort de sa mère et son propre procès, Camus illustre l'idée que la vie n'a pas de sens
préétabli, ce qui amène le lecteur à réfléchir sur le sens de l'existence.
B. Le rôle du personnage
Le rôle du personnage en littérature dépasse la simple participation à l’intrigue. Il incarne des valeurs,
suscite des émotions et participe à la structuration de l'œuvre littéraire.
Porter des valeurs et des idées
Le personnage est souvent le porte-parole des idées de l'auteur. À travers ses actions, ses paroles et
ses choix, il incarne des valeurs morales, politiques ou philosophiques. Par exemple, dans Candide de
Voltaire, le personnage de Candide illustre la critique de l'optimisme aveugle prôné par Leibniz. À
travers ses multiples épreuves, Voltaire remet en cause l'idée que "tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes possibles", ce qui permet au lecteur de réfléchir sur le mal et la souffrance dans
le monde.
Créer des émotions chez le lecteur
Le personnage suscite des émotions telles que la peur, la pitié, la colère ou l'admiration. Ces
émotions renforcent l’attachement du lecteur au récit. Par exemple, dans Les Misérables de Victor
Hugo, le sort de Cosette, l'enfant maltraitée par les Thénardier, éveille la compassion et l'indignation
du lecteur. Cette empathie pousse le lecteur à s'intéresser davantage au destin du personnage et, par
extension, à l'ensemble de l'œuvre.
Structurer l'œuvre
Les personnages principaux et secondaires organisent la structure narrative de l'œuvre. On distingue
souvent un héros, un antagoniste et des personnages secondaires qui interagissent pour faire
avancer l'intrigue. Par exemple, dans Roméo et Juliette de Shakespeare, Roméo et Juliette sont les
personnages principaux, tandis que Tybalt, Mercutio et les familles des deux amants servent à créer
des conflits. Ces interactions permettent à l'intrigue de se développer jusqu'au dénouement
tragique.
C. Les différentes formes de personnages
Les personnages en littérature ne se limitent pas à des figures humaines réalistes. Ils peuvent
prendre diverses formes, allant du héros classique au personnage fantastique ou symbolique. Ces
formes permettent à l'auteur de jouer avec l'imaginaire du lecteur et de transmettre des messages
variés.
Le personnage réaliste
Ce type de personnage est ancré dans la réalité. Il ressemble à des personnes ordinaires et évolue
dans un environnement proche de celui du lecteur. Ce réalisme permet au lecteur de mieux
s'identifier au personnage et de comprendre ses actions. Par exemple, Emma Bovary, dans Madame
Bovary de Flaubert, est une femme de la bourgeoisie provinciale en proie à l'ennui. Son caractère,
ses aspirations et ses déceptions reflètent des préoccupations humaines universelles, ce qui en fait
un personnage emblématique du réalisme littéraire.
Le personnage symbolique
Ce type de personnage ne représente pas seulement une personne, mais aussi une idée ou un
concept abstrait. Le personnage devient alors une allégorie, une incarnation d'une valeur ou d'un
défaut. Par exemple, dans La Ferme des animaux de George Orwell, les animaux représentent les
classes sociales et les figures politiques de l'Union soviétique. À travers ces personnages-animaux,
Orwell critique la tyrannie et les dérives du pouvoir.
Le personnage mythologique et légendaire
Ces personnages sont souvent des figures surnaturelles, issues de la mythologie, des légendes ou du
folklore. Ils incarnent des valeurs universelles comme le courage, la ruse ou la justice. Par exemple,
Ulysse, héros de L'Odyssée d'Homère, représente l'intelligence et la persévérance. Son long voyage
pour retrouver Ithaque symbolise la quête de l’homme face aux épreuves de la vie.
Le personnage fantastique
Ce personnage évolue dans un univers où le surnaturel s'entremêle avec la réalité. Il est souvent à
l'origine de l’inquiétude ou de l'étrangeté ressentie par le lecteur. Par exemple, le personnage de
Dracula, dans le roman éponyme de Bram Stoker, incarne la peur de l’inconnu et de la mort. Par son
caractère surnaturel (vampire immortel), il devient une métaphore des angoisses humaines face à
l'immortalité et au mal.
D. L'évolution du personnage au fil du temps
Le personnage littéraire a évolué au fil des époques en fonction des courants littéraires, des
contextes historiques et des préoccupations des auteurs. Chaque période a contribué à redéfinir le
rôle, la nature et la profondeur du personnage.
L'Antiquité : le héros épique
À l'époque de l'Antiquité, le personnage est avant tout un héros épique. Il se distingue par ses
exploits guerriers, sa bravoure et son honneur. Les personnages d’Achille et d’Ulysse, dans L’Iliade et
L’Odyssée d’Homère, incarnent des figures héroïques idéalisées. Ces personnages sont au service de
valeurs collectives (l’honneur, la gloire, la fidélité) et représentent des modèles à suivre pour la
société.
Le Moyen Âge : le chevalier et le héros religieux
Au Moyen Âge, le personnage évolue vers la figure du chevalier, inspirée de l'idéal de la chevalerie et
des valeurs chrétiennes. Le chevalier doit faire preuve de courage, de loyauté et de foi. Des
personnages comme Lancelot ou Perceval dans les romans de la Table ronde incarnent ces vertus. De
plus, les récits hagiographiques mettent en scène des saints et des martyrs, figures exemplaires de la
foi chrétienne, appelant les lecteurs à l'imitation.
Le Classicisme et l'humanisme : le personnage rationnel et moral
À l’époque classique, le personnage devient plus rationnel et ancré dans des problématiques
morales. L'humanisme valorise l’homme et ses capacités intellectuelles. Par exemple, dans Le Cid de
Corneille, Rodrigue est confronté à un dilemme moral : doit-il venger l’honneur de sa famille ou
préserver son amour pour Chimène ? Ce type de conflit intérieur montre l’émergence du personnage
complexe et humanisé, capable de douter et de faire des choix.
Le siècle des Lumières : le personnage critique
Au XVIIIe siècle, le personnage devient un vecteur de critique sociale et philosophique. Les auteurs
des Lumières se servent de lui pour dénoncer les inégalités, l'intolérance et l'injustice. Par exemple,
Candide, dans Candide de Voltaire, incarne l'innocence confrontée à la dure réalité du monde. À
travers ses aventures, Voltaire critique l'optimisme, la religion, et les injustices sociales. Le
personnage est donc porteur d'un message philosophique et social.
Le Romantisme et le Réalisme : le personnage introspectif et ordinaire
Au XIXe siècle, le personnage devient plus introspectif et plus proche des préoccupations humaines.
Le romantisme met en scène des personnages sensibles, tourmentés et en quête de soi, comme
Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal, qui aspire à s’élever socialement malgré ses
origines modestes. Avec le réalisme, les auteurs comme Balzac et Flaubert mettent en avant des
personnages ordinaires, ancrés dans la société réelle. Emma Bovary, par exemple, symbolise la
monotonie de la vie bourgeoise et le désespoir d’une femme en quête de passion.
Le XXe siècle : le personnage en crise
Au XXe siècle, avec l'essor de la psychanalyse et de l'existentialisme, le personnage devient un être
en crise, marqué par des doutes existentiels et des questions sur le sens de la vie. Dans L'Étranger
d'Albert Camus, Meursault incarne l’absurde : il est détaché du monde et indifférent à sa propre
mort. Ce personnage illustre la solitude de l’homme face à une existence sans sens. De même, les
romans modernes et contemporains mettent parfois en scène des personnages "anti-héros", c'est-à-
dire des êtres ordinaires, faibles ou marginaux, comme Gregor Samsa dans La Métamorphose de
Kafka, qui se transforme en insecte et devient étranger à sa propre famille.
Conclusion
En somme, le personnage occupe une place centrale dans la littérature. Qu'il soit héros épique,
chevalier, symbole d'une idée ou simple individu ordinaire, il constitue le moteur de l'intrigue et le
vecteur des émotions du lecteur. Au fil des époques, le personnage a évolué, passant de la figure
idéale du héros antique au personnage introspectif et en crise des œuvres contemporaines. Son rôle
ne se limite pas à l'action : il est aussi un miroir des valeurs, des questionnements et des
préoccupations de la société. À travers lui, les auteurs expriment des critiques, des idées
philosophiques et des visions du monde. En définitive, le personnage littéraire reste un outil essentiel
pour captiver, instruire et faire réfléchir les lecteurs.
PERSONNAGE PRICNIAL
Introduction
Le personnage principal occupe une place clé dans une œuvre littéraire. En tant que figure centrale
de l’intrigue, il porte le poids de l’histoire et oriente la réflexion du lecteur. À travers ses actions, ses
choix et ses interactions, le personnage principal incarne souvent des thèmes majeurs de l’œuvre.
Mais quel est réellement son rôle dans une œuvre littéraire ? Est-il uniquement un vecteur d’action,
ou peut-il également être un miroir des questionnements philosophiques, sociaux et moraux de son
époque ? Pour répondre à cette question, nous examinerons d'abord en quoi le personnage principal
incarne les enjeux de l'intrigue, puis comment il véhicule des idées et valeurs au-delà de son rôle
narratif.
Développement
A. Le personnage principal comme moteur de l'intrigue
Le catalyseur des événements
Le personnage principal est souvent celui qui initie l’action ou réagit aux événements qui façonnent
l’histoire. Sans lui, l'intrigue ne pourrait se dérouler de la même manière. Dans des œuvres comme
Les Misérables de Victor Hugo, Jean Valjean, par ses actes de rédemption, est à l'origine des
principaux conflits et résolutions de l'histoire. C'est lui qui, par ses choix, influence les trajectoires des
autres personnages et détermine les grands moments de l’intrigue.
L’évolution du personnage comme reflet de l’intrigue
Le personnage principal évolue souvent au fil de l’histoire, et cette évolution est essentielle à
l'intrigue. Dans Le Rouge et le Noir de Stendhal, Julien Sorel traverse une série d’épreuves et de
transformations qui illustrent ses aspirations sociales et son conflit intérieur. Son développement
personnel, de la jeunesse naïve à l’homme désillusionné, fait avancer l’histoire et permet de
comprendre les dynamiques sociales de son époque.
B. Le personnage principal comme porte-parole des thèmes et des idées
Un vecteur de réflexion philosophique ou morale
Dans beaucoup d’œuvres, le personnage principal véhicule des idées ou des questions
philosophiques. Dans Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, le personnage de Raskolnikov
incarne une lutte intérieure sur la question du bien et du mal, de la culpabilité et de la rédemption. À
travers ses actions, il soulève des questions morales et existentielles qui dépassent l’intrigue elle-
même. Le personnage principal devient ainsi un espace de réflexion pour le lecteur.
Un miroir des valeurs sociétales et culturelles
Le personnage principal peut également être un reflet des valeurs et des conflits de son époque. Par
exemple, dans Madame Bovary de Gustave Flaubert, Emma Bovary incarne les frustrations et les
désillusions de la bourgeoisie provinciale. Ses rêves de passion et de richesse se heurtent à la réalité
de sa vie, et à travers elle, Flaubert critique la société de son temps, notamment l’illusion de
l’aspiration à un idéal social.
Conclusion
En conclusion, le personnage principal est bien plus qu’un simple protagoniste d’histoire. En tant que
moteur de l’intrigue, il façonne les événements et guide la narration. Mais il joue aussi un rôle
essentiel en tant que porteur de valeurs, d’idées et de réflexions sur son époque. Par ses actions et
ses dilemmes, il incarne des enjeux philosophiques, sociaux et moraux, ce qui permet à l’auteur
d’amener le lecteur à une réflexion plus profonde. Ainsi, le personnage principal est à la fois un
acteur de l’histoire et un vecteur de sens, indispensable à l'œuvre littéraire.