Article Dervie
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(1) HOLENU MANGENDA Holy*, (2) VUNI SIMBU Alexis et (3) NGOMA NSUNGU Dervie
Université de Kinshasa, Faculté des Sciences et Techniques, Département des Géosciences, B.P. 190,
Kinshasa XI, R.D. Congo
*To whom correspondence should be addressed : [email protected]
Résumé
Keywords:
INTRODUCTION GENERALE
2,6 milliards de personnes n’avaient pas accès à de l’assainissement adéquat en 2004, ce qui
représente 60 % de la population des pays en développement (WHOUNICEF 2006). Ce
manque représente un problème sérieux pour la dignité humaine, la santé publique, l’intégrité
environnementale, l’équité sociale et le développement économique. Le manque
d’assainissement est considéré comme une des causes importantes de maladies reliées à l’eau
(WHO-UNICEF 2006). La gestion des déchets solides est indissociable de la question plus
vaste de la gestion intelligente de l’environnement et du bien-être social.
Déjà à l’occasion du Sommet de la terre à Rio en 1992, l’Agenda 21 recommandait aux Etats
Unis hiérarchie d’objectifs incluant la réduction de la production de déchets, l’optimisation de
la réutilisation du recyclage des déchets, la promotion du traitement et de l’élimination de
ceux-ci par des moyens moins polluants, et enfin, détendre les services en matière de déchets
à tout leur territoire, ne laissant aucun citoyen dépourvu ou aucune communauté sans moyens.
Ces objectifs et ces approches ont été repris au niveau du plan d’action du Sommet de
Johannesburg de 2002. Conformément à ces objectifs, le secteur des déchets s’est développé
dans les pays développés pour devenir une composante importante de la politique de
l’environnement. La gestion des déchets est en effet devenue prioritaire en raison de la
conscience croissante de la part du citoyen et des médias qu’il s’agit d’un problème sérieux lié
à la détérioration du milieu naturel. Les déchets sont l’un des meilleurs indicateurs de la
vitalité économique et du mode de vie d’une société. La protection de l’environnement
devient de plus en plus une préoccupation collective. La question des déchets est quotidienne
et touche chaque être humain tant sur le plan professionnel que familial. En qualité de
consommateur, producteur, usager du ramassage des ordures et trieur de déchets recyclables,
citoyen ou contribuable, chacun peut et doit être acteur d'une meilleure gestion des déchets
(Philippe Thonart et Sory Diabaté 1997).
Dans une vision intégrée de développement durable, la problématique des déchets ne peut pas
être traitée comme un objet isolé, ni même se limiter aux seuls aspects de valorisation et
d’élimination. Elle doit être placée dans une perspective holistique de gestion des risques et
des ressources, qui couvre tout le cycle de vie du déchet, depuis sa génération jusqu'au
traitement ultime. Elle anticipe le déchet dès le stade projet, inclut les stratégies de réduction à
la source, de valorisation et d’élimination et vise à la maîtrise des flux tout au long du procédé
aboutissant au déchet. En 2010, le taux d’accès à un environnement sain en milieu urbain en
RDC se situait aux environ de 42% d’après le rapport sur l’hygiène et environnement en
milieu urbain, (Lelo. N, et al, 2004).
Cette situation a une influence négative sur la santé de population environnante et sur les
écosystèmes. Après l’indépendance les communes de la ville de Kinshasa en République
Démocratique du Congo connaissent déjà les problèmes d’assainissement et d’hygiène. La
ville de Kinshasa produit quotidiennement sept mille tonnes de déchets, provenant des
ménages des marchés, des places publiques et des entreprises. Il s’agit notamment de la
mitraille, des produits, et des sachets en plastique et des immondices (Mindele, 2016). Dans
ses perspectives, il préconise de réduire de façon substantielle la mise en décharge ou les
pratiques actuelles (abandon à l’air libre, rejet dans les cours d’eaux, enfouissement dans les
parcelles, incinération) dans la gestion des déchets ménagers à Kinshasa. Pour lui, il faut
favoriser le recyclage à grande échelle des matières organiques pour une valorisation
énergétique et la fertilisation des sols dégradés.
La commune de Kasa Vubu est l’une de 24 communes que compte la ville de Kinshasa.
Anciennement appelée Dendal, Kasa-Vubu est une commune de centre-ville, du district de
Funa, de la ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo. Elle est limitée du Nord
au Sud par les communes de Kalamu et Bandalungua et de l’Est à l’Ouest par celles de Ngiri-
Ngiri, Barumbu, Lingwala et Kinshasa. Elle s’étend sur une superficie de 5.05Km2 soit de
505ha. Sa situation géographique montre qu’elle est comprise entre 4°20’33’’Sud et 15°
18’19’’Est. La commune de Kasa vubu comprend 7 quartiers à savoir : Anciens combattants,
Assossa, Katanga, Lodja, Lubumbashi, ONL et Salongo.
Zone d’étude
Dans la ville de Kinshasa, il règne un écoclimat particulier du type tropical humide AW4
selon la classification de KOPPEN c’est-à-dire un climat avec une saison sèche de 4 mois
allant de mi-mai à mi-septembre et une saison de pluie allant de mi-septembre à mi-mai
(Ntombi et all, 2004). Une température moyenne du moins le plus froid (Août) égale à 20 et
26°C pour le mois le plus chaud et une moyenne annuelle de l’humidité relativement égale à
79% oscillant entre un minimum de 71% et un maximum de 84%. Il tombe en moyenne 1095
mm de pluie par an. Le relief de Kinshasa comporte :
- Le plateau du Kwango qui débouche sur la plaine marécageuse de forme circulaire
(Pool Malebo),
- La plaine de Kinshasa bordant le pool est située entre les côtés de 300 et 320m, large
de quelques 5 Km,
- La région des collines, ceinture qui prolonge le Sud de la plaine de Kinshasa culmine
au-delà de 50 m d’altitude.
Matériels et Méthodes
Pour arriver à réaliser cette recherche, il nous a paru important de pouvoir dresser d’abord un
état des lieux notamment en consultant la littérature disponible sur la gestion des déchets
solides dans la ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo en particulier et du
monde entier en général. Ensuite sur le terrain, nous avons couvert notre secteur d’étude par
des observations, les interviews et les enquêtes auprès des populations locales. Les paramètres
physico-chimiques sont déterminés à partir de prélèvements effectués au niveau des différents
points situés à différentes distances du centre de la décharge. Les points de prélèvement ont
été choisis de façon à ce que l’échantillonnage soit représentatif du milieu (30 échantillons).
La conservation des échantillons a été faite selon le guide général pour la conservation et la
manipulation des échantillons.
Résultats et discussion
Dans le cadre de cette recherche, les échantillons et les analyses in situ ont dans la décharge
d’ordures située sur le croisement des avenues Assossa et Saio dans la commune de Kasa-
Vubu. (Figure 2). Cette décharge reçoit les déchets des ménages en provenance de la district
de Funa composée des communes de Bandalungwa, de Bumbu, de Kalamu, de Kasa-Vubu,
de Makala, de Ngiri-Ngiri et de Selembao. Elle occupe une surface de 60 m2, et reçoit 100
tonnes de déchets/jour, composées en majorité des déchets en matière organique (restes de
nourriture, déchets de jardin), suivi de matière plastique et un mélange complexe des autres
types de déchets (de papier carton, verre, quelques débris métalliques, vêtements, chaussures,
etc.).
Potentiel d’hydrogène : Le pH des échantillons analysés varie de 6,1 à 8,13 et donc est
presque uniforme sur la lagune. Il appartient à l’intervalle [6,5 ; 9,5] correspondant à
la directive fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour les eaux de
surface. Ce qui permet de conclure que les valeurs obtenues sont dans la limite du
tolérable.
Figure 5 : Allure de la conductivité pendant la mesure
Conductivité : Les échantillons collectés sont fortement minéralisés, avec des valeurs
comprises entre 7,83 et 18,00 mS/cm largement supérieures à l’intervalle admise pour
les eaux naturelles soit [0,05 ; 1,5] mS/cm (Figure 10).
TDS : La variation spatiale des valeurs de TDS présente la même allure que celui de la
conductivité avec un minimum de 1,68g/L obtenu à l’embouchure et un maximum de
1314g/l obtenu au milieu de la décharge.
Figure 7: Valeurs de la salinité à chaque point de mesure
Salinité : Tout comme les graphes de conductivité et de TDS, le graphe de la salinité présente
aussi la même allure avec un minimum de 3,9 mg/L obtenu à l’embouchure et un maximum
de 9,2 mg/L obtenu au milieu.
Potentiel redox : Les valeurs du potentiel redox sont inférieures à - 14mV et varient très peu
avec un minimum de -32,5mV obtenu à l’embouchure et un maximum de -29mV obtenu sur
le site. On pourra souligner que la lagune présente globalement les caractères d’un milieu
réducteur.
Tableau 2: Matrice de corrélation de Pearson
Colonne 1 Conductivité TDS SALT PH ORP TPE
Conductivité 1
TDS 0,9855775 1
SALT 0,9909624 0,986156 1
PH -0,0070378 0,039592 -0,01692 1
ORP -0,0187411 -0,05676 -0,01234 -0,98774 1
TPE 0,15066765 0,137845 0,15494 0,038689 -0,06101 1
Source : Enquête sur le terrain, 2021
La Matrice de corrélation de Pearson repris dans le tableau montre les valeurs des coefficients de
détermination R² pour un seuil de rejet de 5%. L’analyse dudit tableau montre une forte corrélation
positive entre la salinité, la conductivité et le TDS. Ceci implique que ces trois paramètres évoluent
de façon proportionnelle. Le potentiel redox et la température présentent par contre une corrélation
négative avec les autres paramètres. Ce qui stipule que ces deux paramètres sont inversement
proportionnels aux paramètres de minéralisation. C’est-à-dire que quand les échantillons sont riches
en minéraux dont les sels (eau salée), les températures et potentiels redox sont moins faibles et vice-
versa.
Les valeurs élevées observées pour la mesure de la température peuvent être expliquées par l’effet
du réchauffement climatique dans la ville de Kinshasa puisse qu’aucune source de rejet d’eau
résiduelle chaude n’a été enregistrée. Cette explication fait référence à l’étude des simulations
menée par ANCR sur Les changements climatiques en République Démocratique du Congo
soulignant que la température simulée augmente par pas de 1°C depuis 1990 jusqu’en 2100.
Le graphe de la conductivité, du TDS et de la salinité présente les mêmes allures, ce qui signifie une
forte corrélation entre ces paramètres. Cette corrélation se confirme avec la matrice de corrélation.
La forte corrélation entre TDS, salinité et conductivité s’explique par la présence des substances
chimiques dans nos échantillons, enrichissant ainsi le milieu en ion (exemple : Na+, Cl-…). Ces
ions participent ensuite à la formation de sel et augmente aussi la capacité de lixiviat présent dans la
décharge à conduire le courant électrique. Il faut également noter que la minéralisation des ces
lixiviat peut être dû principalement due aux sels à cause des valeurs observées.
Les fortes valeurs de TDS nous indique en première approximation aussi la présence d’éléments
traces métalliques (cuivre et de zinc). Il s’avère donc nécessaire d’approfondir des études dans ce
cadre. Nous pouvons donc dire par les résultats obtenus que la décharge de Kasa-Vubu contient des
espèces polluantes en minérales et en métaux lourds. Les dépôts sauvages peuvent avoir de
nombreuses conséquences dommageables. Outre la dégradation des paysages, ils ont pour effet de
polluer les sols et les eaux, d'attirer des rats et des insectes, ou encore d'être à l'origine de nuisances
olfactives et de dangers sanitaires. Les déchets peuvent être abordés de manière différente en
fonction de leurs propriétés. Leur classification peut notamment se faire en fonction de leur état
physique (solide, liquide, gazeux), de leur provenance (déchets ménagers, déchets industriels,
déchets agricoles), de leur traitement (primaires, secondaires, ultimes) ou encore de leur dangerosité
(déchets inertes, déchets banals, déchets spéciaux).
De façon intuitive, l’être humain, comme les animaux dépose ses déchets à l’écart de ses lieux de
vie, pour des raisons diverses, parmi lesquelles existent des préoccupations d’ordre sanitaire
(protection contre les odeurs, les parasites, les atteintes physiques et les infections). En effet, au
sens strict du terme, la gestion rationnelle des déchets urbains consiste à évacuer les ordures en
dehors de la ville car leur dépôt dans des zones habitées pollue l’environnement et détériore la
qualité de la vie.
Toute matière organique d’origine animale ou végétale sera tôt ou tard, fonction des conditions
physico-chimiques telles que la température et l’humidité, colonisée par des microorganismes. Ils y
trouveront matière à se nourrir et se développer tout en produisant des gaz et des substances ayant
un effet négatif (substance toxiques et/ou inhibitrices des effets attendus) sur le milieu environnant.
Dans une décharge, les phénomènes qui se développent, suite à la biodégradation de la matière
organique, seront d’autant plus complexes que le volume de déchets sera hétérogène.
La décharge non contrôlée met en présence des déchets de nature diverse (matières faiblement ou
rapidement biodégradables, matières plastiques, métaux, verres et céramiques) et des populations
mixtes de microorganismes endogènes qui proviennent des déchets, de l’atmosphère environnante
ou du sous-sol de la décharge. L’hétérogénéité, la présence de matières biodégradables et
l’influence des paramètres externes, tels que la pluviométrie et la température, sont qualifiés de
biogaz. Les flux entrant dans cette décharge correspondent à l’entrée d’eau ainsi qu’à l’apport de
déchets durant le déversement des déchets.
L’eau, élément ayant la plus grande influence sur l’évolution des déchets, est issue de trois sources
principales : le ruissellement arrivant à la décharge, des précipitations, l’eau constitutive des
déchets. Les lixiviats ou liquides de percolation de la décharge sont chargées bactériologiquement et
surtout chimiquement de substances tant minérales qu’organiques. Ils peuvent se mélanger aux eaux
de surface comme aux eaux souterraines et donc constituer un élément polluant tant par leur aspect
qualitatif que quantitatif (éléments écotoxicologiques). L’eau traversant la couche de déchets va se
charger en substances polluantes telles que la matière organique soluble résultant de l’activité
biologique de la de la décharge non contrôlée, de constituants inorganiques comme les métaux
lourds (provenant notamment des piles) et des germes qui peuvent être dangereux pour la santé et
l’environnement.
Le plus grand risque lié à la production de lixiviats est la contamination de la nappe phréatique.
Cela aurait pour conséquence de polluer les puits d’eau de consommation et donc de priver la
population d’un élément vital à sa survie. La pollution des réserves d’eau potable par des micro-
organiques pathogènes est susceptibles de provoquer des épidémies. Il existe d’autres nuisances des
décharges non contrôlées ayant un impact environnemental souvent moindre que le biogaz et les
lixiviats, mais dont les conséquences sur la vie socio-économique sont plus facilement discernables.
L’impact visuel des décharges d’ordures, couplé avec le problème des odeurs. L’activité de
stockage des déchets entraine également toute une série de parasites tels que les animaux errants,
qui sont une source de nuisance pour la population.
Figure 9 : Déchets dans la décharge pirate sur l’avenue Saio.
Figure 12 : Mode et Processus d'évacuation des ordures ménagères par les habitants du
quartier
Il ressort de la figure 12, sur le mode et processus d’évacuation des ordures ménagères utilisés
par les habitants du quartier ce qui suit: 3,33% des ordures sont collectées par le RATPK,
tandis que 30% sont incinérées, 40% jetés partout, 6,66% sont pré collectées par une Ass du
Q/, 10% sont déversées dans une décharge non contrôlées, 3,33% sont enfouies, 3,33%
ramassés par les privées et 3,33% se retrouve enfouies. Ce résultat montre que la gestion des
déchets dans ce quartier n’est pas bien assurée car près de 50%, soit 40% de la population
jettent les ordures ménagères qu’elles produisent un peu partout.
Pas du tout;
3,33; 3%
La lecture de la figure 13 montre que, 73,33% soit plus de la moitié déclarent être trop gênés
par la présence des ordures, 23, 33% se sentent un peu gênés et 3,33% ne sont pas du tout
gênés par la présence des ordures ménagères.
Je ne sais pas ;
16,67
Collecteur trop
éloigné; 6,67
L'indiscipline;
Collecte 60,00
irrégulière; 16,67
Les études faites par Lelo Nzuzi montrent que le Kinois vide rapidement sa poubelle parcellaire dans
une décharge non contrôlée à cause de la putréfaction rapide de ses déchets biodégradables. C'est par
manque de système organisé de gestion des déchets qu'il ne choisit plus où évacuer les ordures. Si ces
déchets sont récupérés par les chiffonniers, ils suivent la filière du recyclage soit biologique pour
fabriquer artisanalement les engrais verts, soit physico-chimiques pour fabriquer industriellement les
bouteilles, les papiers recyclés, les objets plastiques, etc. Au vu de tout ce qui précède, il y a lieu de
rappeler que les déchets ménagers ne suivent pas la filière normale jusqu'à la décharge finale, c'est-à-
dire la collecte, le transport, l'évacuation, la valorisation et l'élimination. Toutes ces étapes ne sont
pas respectées dans tous les cas (Lelo N, 2008).
Quant aux rejets liquides des unités d’incinération, ils sont susceptibles de contenir des
résidus de métaux lourds, parmi lesquelles le mercure et le nickel sont des toxiques
spécifiques (Holenu. M, (2012). L’enfouissement mal contrôlé peut contaminer les sols et les
eaux souterraines, les lixiviats en s’infiltrant dans le sous-sol entrainent une forte dégradation
des eaux souterraines (Holenu. M, (2012). Les déchets solides et liquides déversés dans les
cours d’eaux sont susceptibles de contenir des substances métalliques oxydées ou réduites,
des composés organiques halogénés et des traces de solvants et de pesticides, dont les effets
toxiques connus ne semblent pouvoir affecter que les organismes aquatiques directement
exposés aux rejets (Holenu. M, (2016).
Conclusion
Les résultats des enquêtes menées montrent que la plupart des déchets dans la commune de
Kasa Vubu est essentiellement dus d’une part, au manque des structures adéquates de gestion
des déchets. Cet état de chose a conduit à la dégradation et la pollution de l’environnement
par les décharges non contrôlées avec des conséquences néfastes sur la santé de la population.
Cette décharge est à la base des maladies rencontrées auprès de la population, étant donné que
la population enquêtée souffre plus des paludismes, la fièvre typhoïde, de l’amibiase, de la
diarrhée et du choléra. Ces résultats prouvent à suffisance que les personnes qui vivent à côté
de cette décharge publique non contrôlée dans la commune de Kasa-Vubu sont plus exposées
aux risques des maladies liées à l’insalubrité. Après avoir analysé les données, nous pouvons
affirmer que la commune de Kasa-Vubu court de gros risques de la dégradation de l’espace
urbaine. Les populations vivant dans les quartiers où il y a des décharges pirates sont
exposées à des nombreuses maladies liées à l’insalubrité du milieu.
Nous sollicitons l’implication des autorités urbaines et municipales pour rendre cet
environnement salubre et contribuer ainsi à l’éradication des maladies liées à l’insalubrité et
lutter contre la dégradation de l’environnement. Les résultats de nos enquêtes montrent que la
bonne gestion des déchets urbains peut effectivement conduire à l’amélioration de
l’environnement et les conditions sanitaires de la population de la ville de Kinshasa si et
seulement si tous les acteurs impliqués y prennent conscience. Mais si ceci n’est pas
d’application, la mauvaise gestion des déchets urbains conduit à une dégradation de
l’esthétique de la ville et immobilisation des terres productives en raison de la présence de
produits non biodégradables (exemple : sachets en plastique, déchets de démolition, etc.), une
source des diverses pollutions de la nappe phréatique et de l’atmosphère et une source de
beaucoup de maladies.
Pour ce faire, la sensibilisation autours des actions définies doit constituer l’une des
composantes prioritaires dans tout programme de ce plan. Cette sensibilisation doit être bien
élaborée, durable, et confiée à des professionnels en la matière, afin que les déchets soient
ancrés dans la conscience collective comme un vrai problème à responsabilité partagée, et non
comme un produit dont on se débarrasse pour qu’il soit géré par l’autre maillon de la chaine.
Donc, la mauvaise gestion des déchets dans la commune de Kasa-Vubu est dû au manque
d’une réglementation et stratégies sur la gestion de la décharge, et cela a un impact négatif sur
l’environnement et sur la santé de la population. C’est ainsi que confrontées à des problèmes
de planification, de l’organisation de l’espace, de gestion et de financement, les autorités
urbaines éprouvent d’énormes difficultés pour la bonne gestion des décharges pirate et de
l’assainissement. Pour lutter contre la mauvaise gestion des déchets dans la zone sous étude,
nous suggérons ce suit :
- Restructurer les espaces dans la commune afin de trouver des sites pouvant servir des
décharges de transit, avant leur transfert vers la décharge finale ;
- Restructurer et construire des caniveaux dans les quartiers excentrés afin de lutter contre la
stagnation des eaux pluviales et usées ;
- Placer des poubelles dans les coins de chaque avenues, carrefours, et des artères de la
commune ;
- Evacuer régulièrement les déchets vers les sites de transit appropriés ;
- Faire une éducation environnementale auprès de la population de la commune de Kasa-
Vubu ;
- Application des lois dans le domaine de l’environnement ;
- Créer des clubs environnementaux pour l’assainissement des quartiers ;
- Former les personnels pour l’assainissement ;
- Doter des équipements et matériels d’assainissement ;
- Proposer une taxe d’assainissement pour l’entretien des équipements et du personnel.
References bibliographiques
Holenu M.H, (2012) :La gestion de décharges à Kinshasa et Aménagement de l’espace
urbain : mémoire de DEA en Sciences Géographiques, Faculté de Sciences/Université de
Kinshasa,165p
Holenu M.H, (2016) :L’organisation de l’espace de la ville de Kinshasa face à l’omniprésence
des décharges d’ordures. Thèse de doctorat en Sciences Géographiques, Faculté de
Sciences/Université de Kinshasa, 279p
Lelo nzuzi, (2008) : Kinshasa ville et environnement, Harmattan, 5-7 Rue de l’école
polytechnique, 75005 Paris, p281
Kakonde, M., Tollens, E, 2001 : Sécurité alimentaire au Congo Kinshasa : Production,
Consommation et survie, Ed. L’Harmattan, Paris, Montréal, pp. 37-418
Mindele U.L. (2016) :Caractérisation et test de traitement des déchets ménagers et des boues
de vidange par voie anaérobie et compostage pour la ville de Kinshasa, thèse de doctorat,
Département des sciences et gestion de l’environnement, université de liège, 2015-2016. 85p
Ntombi, M.K et Tumwaka, N, 2004 : Influence du sol du bassin hydrologique de la Lukunga
à Kinshasa sur le fonctionnement de l’usine de captage d’eau de la Regideso. Bulletin du
CRGM, Vol V Tome 1 pp 22-27
Philippe Thonart et Sory Diabaté 1997 : Guide pratique sur la gestion des déchets ménagers et
des sites d’enfouissement technique dans les pays du sud, les publications de l’IEPF, Paris
1997, p346
Comité de lecture