COURS 03 Infrastructure
COURS 03 Infrastructure
Infrastructure
L'infrastructure est composée essentiellement des fondations d'un ouvrage ainsi que d'éventuels niveaux
enterrés. Elle assure néanmoins le transit des efforts venant de la partie aérienne du projet
(superstructure) vers les éléments de fondations notamment grâce à des poutres et des poteaux
(éléments de structure de la superstructure).
Il existe aussi des ouvrages de grande dimension comme le dallage et les ouvrages de soutènements qui
transmettent directement les charges qui lui sont appliquées sur le sol.
1. Fondations
Une fondation se définit comme la partie d'un bâtiment ou d'un ouvrage de travaux publics qui assure la
transmission dans le sol des charges (poids propre, forces climatiques, sismiques et charges
d'exploitation) de celui-ci. Les fondations d’un bâtiment représentent un enjeu essentiel de sa
construction, car elles forment la partie structurelle qui assure sa portance et permet de contrôler les
tassements dus aux charges qu'il applique au sol et les infiltrations dues à la présence éventuelle d'eau
dans le terrain. Suivant la capacité portante du sol, l'environnement de l'ouvrage à fonder, les forces mises
en jeu et les tassements admissibles, le constructeur choisira une solution du type fondation superficielle,
semi-profonde ou profonde, qui diffèrent par leur niveau de fondation, leur géométrie et leur
fonctionnement. En dernier recours, si le sol en place ne possède pas les qualités suffisantes pour qu'on
puisse y fonder l'ouvrage, des techniques de renforcement des sols sont utilisables.
Dans le cadre de la construction d’une habitation, il est indispensable de faire réaliser au préalable une
étude géotechnique afin de déterminer la nature du sol et de choisir le type de fondations en
conséquence.
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1.3 Les différents types de fondations :
Il existe différents types de fondation en fonction de la nature du sol et du poids des édifices.
La profondeur du sol suffisamment stable pour accueillir vos fondations varie selon les terrains. Le terrain
porteur se situant parfois jusqu’à 10 mètres de profondeur, voir même plus.
Selon la capacité portante du sol, les forces mises en jeu et les tassements admissibles, trois types de
fondations sont envisageables : superficielle, semi-profonde et profonde.
a. Fondations superficielles :
Généralités :
Les fondations superficielles ou semelle filante sont adaptées aux terrains suffisamment porteurs. Elles
sont peu profondes et sont idéales pour les constructions légères. Elles sont réparties sous les murs
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porteurs pour supporter le poids et donc assurer la stabilité de la maison. Ces fondations enterrées sont
creusées de 50 cm à 1 m de profondeur afin de ne pas geler.
Les radiers ou fondations superficielles sur surface sont adaptées aux terrains qui ne sont pas assez
stables pour que les murs porteurs puissent reposer seuls sur ces fondations. Toute la dalle doit être en
appui. La plupart du temps en béton armé, on les emploie principalement en rénovation, par exemple lors
d’un agrandissement de maison ou de la construction d’un garage. Les formes et dimensions vont être
déterminées par le poids des charges à supporter.
Les fondations superficielles forment un type d'assise pouvant être mise en place sur des sols de bonne
portance, c'est-à-dire capables de reprendre les charges du bâtiment en entraînant un tassement
minimum. Leur simplicité de réalisation et leur faible coût font de ce type de fondation les structures les
plus courantes. Selon la structure qu'elles supportent, les fondations superficielles peuvent porter
différents noms :
→ on parlera de plots de fondation ou semelles isolées si elles se trouvent sous un pilier ou
un poteau, on parlera de semelles filantes ou linéaires si elles supportent un voile ou un mur,
→ on parlera de radier si elles forment une dalle posée sur le sol (par exemple comme plancher de
sous-sol).
Le niveau de sol sur lequel reposent les fondations superficielles est appelé « niveau d'assise », « fond
de coffre » ou encore « fond de fouille ».
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Le décapage en découverte : une couche superficielle, dite de « bonne terre » ou de « terre
végétale », est retirée puis stockée sur le chantier. Le produit de cette opération de déblai pourra
être utilisé, après achèvement des travaux, pour l'aménagement des abords de la construction.
L'implantation : un piquetage de la zone à terrasser est réalisé, en général par le géomètre et/ou
le chef de chantier.
La réalisation des fouilles : dans le cas de semelles filantes, elles sont effectuées en rigole (moins
de deux mètres de largeur sur moins d'un mètre de profondeur).
Le coulage du béton de propreté, effectué sur une épaisseur de 5 à 10 cm environ : il a pour
objectif l'isolation des armatures (afin d'éviter toute apparition de rouille). Il est faiblement dosé
(en général, 150 kg de ciment pour un mètre cube).
La mise en place des armatures.
Le coulage de la semelle.
b. Fondations profondes
Généralités :
Creusées à l’aide de pieux et non plus de semelles ; o, va chercher le sol stable à 10 mètres de profondeur
ou plus. Si ce sol dur est situé trop en profondeur, il s’agira de répartir la charge sur des pieux qui
constitueront la base stable de la maison
Au-delà des sols instables, les fondations profondes et semi-profondes sont souvent utilisées pour des
édifices de grande ampleur.
Il existe de nombreux types de fondations profondes, qui diffèrent par leur mode d’installation et de
fonctionnement. Les plus courants sont les fondations en pieux qui peuvent être battus, foncés
ou forés (avec ou sans refoulement du sol). La technique de la paroi moulée est également très répandue,
en particulier lors de la construction de fouilles (parking souterrains, tranchée couverte, etc.), où elle
possède également un rôle de paroi de soutènement.
D’autres techniques peuvent être utilisées comme fondations profondes : micropieux, jet-grouting,
palplanches, etc. Lorsque les ouvrages d'infrastructure se trouvent soumis aux composantes horizontales
des pressions hydrostatiques, la réalisation d'un cuvelage sera parfois nécessaire pour garantir
l'étanchéité à l'eau (principe inverse de la piscine).
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Exemple de mise en œuvre du Jet-Grouting :
Le procédé Jjet-Grouting consiste à déstructurer un sol en profondeur à l’aide d’un jet haute pression
(classiquement de 20 à 40 MPa) dans un forage et à mélanger le sol érodé avec un coulis auto durcissant
pour former des colonnes, panneaux et autres structures dans le terrain. Il est caractérisé par une
substitution plus ou moins importante du sol en place, fonction de la nature du sol, de la technique utilisée,
et de l'objectif à atteindre. Dans les terrains granulaires le jet à haute pression disperse les grains par
érosion, dans un sol cohérent le jet découpe des morceaux plus ou moins gros d'argile. La haute pression
est nécessaire pour obtenir l'énergie cinétique nécessaire du jet au travers d'une buse de petit diamètre.
Lors de la réalisation du Jet-Grouting, les excédents de matériau (mélange sol, eau et ciment) sont
récupérés en surface pour évacuation en décharge.
→ Jet Simple :
La déstructuration du terrain et la cimentation sont obtenu par un jet de coulis envoyé par haute pression
au travers des buses montées aux pieds d’un train de tige.
→ Jet Double :
La déstructuration du terrain et la cimentation sont obtenu par un jet de coulis envoyé par haute pression
entouré par un jet d’air concentrique qui en améliore le rayon d’action.
→ Jet Triple :
La déstructuration du terrain est obtenue par un jet d’eau entourée par un jet d’air con centrique et la
cimentation par un jet de coulis séparé.
Le procédé s'applique à tous les terrains meubles ou rocher tendre principalement en consolidation et
sous certaines conditions en étanchéité : reprise en sous-œuvre de bâtiments, coupure étanche de
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barrage, soutènement de fouille, voûte parapluie pour tunnel avec consolidation éventuelle en piédroits,
voile de consolidation pour des quais…
En cas d’utilisation de la fonction étanchéité, et selon les critères à obtenir, le Jet-Grouting peut être
associé à un traitement additionnel par injection.
c. Fondations semi-profondes
Généralités :
Utilisées pour les extensions ou pour les maisons en rez-de-chaussée, elles vont chercher un sol de
portance suffisante à une profondeur de 3 à 6 mètres. Ce type de fondations consiste en une dalle de
béton fortement armé. Elles nécessitent une homogénéité de l’ensemble de la surface pour assurer la
stabilité.
Ce type de fondation peut être utilisé également dans le cas d'un sol stable en faible profondeur : des
puits d'une profondeur suffisante pour se stabiliser sur la couche stable sont remplis de "gros béton"
(un béton grossier dosé à environ 200 kg de ciment/m3). Bien souvent, ces puits peuvent être creusés à
la pelle mécanique hydraulique, permettant ainsi à l'entreprise chargée de la réalisation du gros œuvre de
réaliser l'ouvrage sans faire appel à une entreprise spécialisée, comme dans le cas de fondations
profondes.
On a également souvent recours au système de puits et longrines préfabriquées. Dans ce cas, les
longrines sont posées sur les plots ainsi créés et permettent de supporter le poids des murs. Elles se
rejoignent au niveau de nœuds (clavetages).
En plus leur simplicité d’exécution, les fondations semi-profondes présentent aussi l'avantage de se
prémunir contre le phénomène de gel et de dégel des sols.
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REMARQUES
L’interaction entre la fondation et le sol fait alors intervenir la notion de profondeur critique : au-
delà de cette profondeur, la résistance sous la base de la fondation n’augmente plus, et la
longueur de la fondation profonde devient alors le critère déterminant de son dimensionnement.
C’est le cas des fondations profondes, généralement appliquées dans le cas d'un sol stable à
une profondeur supérieure à 8m.
Il existe aussi des types de fondation superficielle appelés « fondation surfacique » ou radier.
L’emploi d’un radier se justifie lorsque :
→ la contrainte admissible à la compression du sol est faible, et que le bon sol est
situé à une profondeur importante ;
→ la contrainte venant des charges appliquées (bâtiment) est trop élevée par
rapport à celle du sol donc risque de tassement différentielle ;
→ l’aire totale de la semelle calculée est supérieure à la moitié de l’aire du
bâtiment ;
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Il existe 4 types de radiers :
• Le radier nervuré ;
• Le radier voûte.
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Il existe également des fondations parasismiques :
Les mouvements transversaux du sol lors d'un séisme peuvent créer des efforts de cisaillements très
importants entre les fondations et l'ossature du bâtiment. Au lieu d'opter pour des fondations très
résistantes et donc très onéreuses, l’ingénierie parasismique cherche plutôt à diminuer les interactions
sol-structure en employant des matériaux qui amortissent les vibrations (isolement bas) : galets
en caoutchouc, appuis néoprène (empilement de feuillets de néoprène et de plaques d'acier), etc.
Des techniques de renforcement des sols permettent également de prévenir les phénomènes
de liquéfaction du sol qui peuvent survenir lors de séisme. Il faut néanmoins faire attention au mur porteur.
Exemples de systèmes
parasismiques :
Appuis en élastomère
Les sols cohésifs ont souvent une portance insuffisante. Lorsqu’ils comportent plus de 10 à 15% de limon
et d’argile, ils peuvent être améliorés par un réseau de colonnes ballastées.
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Le renforcement par colonnes ballastées permet d’augmenter la portance du sol de 0.2 à 0.3 MPa. Aucun
recépage n’est à prévoir, et la semelle ou le radier sont coulés directement sur les colonnes.
Le choix des fondations, malgré les études y afférentes dépend de plusieurs facteurs :
→ La nature de l’ouvrage : ponts, bâtiments d’habitation, bâtiments industriels, soutènement,....
→ La nature du terrain : connaissance du terrain par sondages et définitions des caractéristiques,
terrain sec, présence d’eau,…
→ La situation du site : urbain, campagne, montagne, bord de mer,...
→ La mise en œuvre : conception, réalisation
→ Le type d’entreprise : compétence, matériels en disponibilité et ...
→ Le cout de la fondation : facteur important mais non décisif.
Les fondations varient selon la qualité du sol sur lequel le bâtiment doit être implanté, ainsi que selon la
nature et la taille du bâtiment. Il est fortement recommandé que ce sol soit de bonne portance et peu sujet
au tassement.
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L'ingénieur chargé de l'étude des sols est un ingénieur géotechnicien. À partir d'un rapport géotechnique
il peut déterminer le type de fondation ou les renforcements de sol nécessaires et le niveau d'assise d'un
ouvrage adapté au terrain en place. Selon la hauteur d'encastrement (« D »), c'est-à-dire l'épaisseur
minimale des terres qui se trouvent au-dessus de la base de la fondation, et la largeur de la base (« B »),
on peut définir les fondations comme étant :
Le dimensionnement des fondations devait respecter la norme DTU 13.12 (Document Technique Unifié)
qui impose un dimensionnement aux états-limites (ELU et ELS). Actuellement, ces études sont faites
conformément aux règles de l'Eurocode7 (norme NF EN 1997-1) et ses annexes nationales (NF EN 1997-
1/NA). Pour les fondations superficielles, la norme NF P 94-261 est la norme d'application nationale de
l'Eurocode7 pour les fondations superficielles. Dans le cas des fondations profondes, la norme NF P 94-
262 est la norme d'application nationale de l'Eurocode7 pour les fondations profondes.
Lorsque l’on définit les situations de calcul et les états-limites, il convient de considérer les facteurs
suivants :
→ les conditions du site en termes de stabilité globale et de mouvements du sol,
→ la nature et la taille de la structure et de ses éléments, y compris des exigences spéciales comme
la durée de vie de calcul,
→ les conditions relatives au voisinage du projet (par exemple, structures avoisinantes, circulation,
réseaux divers, végétation, produits chimiques dangereux),
→ les conditions de terrain,
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→ l’état des eaux souterraines,
→ la sismicité régionale,
→ l’influence de l’environnement (hydrologie, eaux superficielles, affaissements et subsidence,
variations saisonnières de la température et de l’humidité)
Par ailleurs, les cycles de gel-dégel peuvent déstructurer le sol d’assise des semelles de fondation et
c’est pourquoi il est impératif de construire les fondations à une profondeur « hors-gel » suffisante. Cette
profondeur varie en fonction de la région à laquelle appartient la construction ainsi que de son altitude.
Exemple :
La carte ci-contre indique, en mètres, la profondeur à respecter en France pour atteindre un niveau hors-
gel pour une altitude entre 0 et 150 m. Pour chaque 200 m supplémentaires, on ajoute 5 cm à la valeur
lue.
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1.6 Notions de calcul des fondations :
Définition :
La descente de charge a pour objectif d’étudier la distribution des charges dans une structure. Le
cheminement des charges gravitationnelles et les efforts ainsi créés s’effectue du niveau le plus haut
(charpente) vers le niveau le plus bas (fondation).
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Inventaire des charges :
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Les Surcharges d’exploitation :
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Archives 1,00
Local machine 0,25
Salle d'eau, vestiaires 0,25
Terrasse inaccessible 0,10
Surcharge d'eau 0,10
Surcharge de poussière 0,02
Pour les autres locaux, les surcharges d’exploitation sont précisées suivant la norme NF P 06-001.
b. Transmission de charges :
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Exemple de calcul de descente de charges :
Descriptions :
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Etapes pour déterminer la pression des charges sur le sol :
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La pression sur le sol :
40
c. Contrainte du sol :
Roches peu Fissurées saines non désagrégées de stratification favorable 7.5 à 4.5
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Deux cas peuvent se présenter :
1er cas :
2ème cas :
d. Dimensionnement :
Semelle isolée :
Ou
b−b'
h≥ +e
4
h=c 3
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Calcul des armatures :
La section des armatures est donnée par la relation :
N (a − a ')
A=
8.d .σ a
Ex : FeE400 fe =400MPa
fe 400
σa = = ≈ 348 MPa
γS 1.15
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Fondation profonde : PIEU
- en pointe à la base si une grande partie de la charge est reprise en pointe. On parle de « pieu en
pointe »
- par friction le long du fût du pieu si une grande partie de la charge est reprise par la surface
latérale : « pieu à friction ». Si la charge est reprise uniquement par friction, on parle d’un « pieu
flottant ».
Q ult = Q P + Q f
QP : Résistance en pointe
Qf : Résistance à la friction
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Meyerhof (1976) à proposer une relation pour évaluer la capacité en pointe et en friction d’un pieu basée
sur les valeurs N issue des essais de pénétration standard (SPT : Standard Penetration Test).
Q P ( kN ) = mNAP
Avec m : coefficient empirique
= 400 pour les pieux battus
= 120 pour les pieux forés
Q f ( kN ) = n N DAS
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De façon sécuritaire, on estime les calculs par les relations suivantes :
Pieux battus :
Il n’y a pas d’approches théoriques valables pour estimer le tassement d’un pieu dans les sols granulaires.
On utilise plutôt des méthodes empiriques. L’expérience a montré que le tassement d’un pieu dans les
sols granulaires est fonction du rapport de la charge appliquée sur la charge ultime ainsi que du diamètre
du pieu.
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Dans le cas des pieux à déplacement, on propose la méthode de Vesic (1970, 1977) qui est valable pour
des conditions de chargement normales :
D
t= +δ
100
Avec t : tassement de la tête (cm)
D : Diamètre du pieu (cm)
δ : Déformation élastique du pieu (cm)
Où
Q .LP
δ = 100
A. E
Q : Charge appliquée (kN)
B
t groupe = t1 pieu
b
B : largeur du groupe
b : diamètre d’un pieu
L’évaluation de la capacité des pieux dans les argiles raides est particulièrement difficile. Les essais de
chargement sont fortement conseillés. L’enfoncement des pieux dans l’argile remanie le matériau au
contact du pieu. Avec le temps, l’argile se reconsolide et redéveloppe de la résistance qui normalement
inférieure à la résistance non drainée originale de l’argile. Le rapport entre l’adhésion et la résistance non
drainée de l’argile sera plus élevée pour les argiles de faible résistance ainsi que sur les pieux de bois et
de béton.
Capacité en pointe :
La résistance en pointe peut être estimée à l’aide de la relation suivante :
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QP (kN ) = NC CuAP
Avec C u : Résistance au cisaillement non drainé (kPa)
AP : Section du pieu à sa base (m²)
NC : Coefficient égale à
9 si D < 0.5 m
7 si 0.5 m < D < 1 m
6 si D > 1 m
Capacité en friction :
La résistance en friction peut être déterminée à l’aide de la relation suivante :
Q f (kN ) = α CuAS
Avec α : facteur d’adhésion
C u : Résistance au cisaillement non drainé (kPa)
AS : Surface extérieure du pieu (m²)
S’il n’y a pas d’essais de chargement prévu, un facteur de sécurité égale à 3 est recommandé.
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QP + Qf NCCuAP + αCuAS
Qadm = =
3 3
N A + α AS
Qadm (kN ) = Cu C P
3
REMARQUE :
Si C u < 100 kPa, le pieu travaille surtout en friction.
Si C u > 100 kPa, le pieu travaille à la fois en pointe et en friction.
49
On ne dispose pas de méthodes valables pour évaluer le tassement d’un pieu dans l’argile. Il est
cependant très rare qu’un pieu soit utilisé isolément dans l’argile. L’essai de chargement ne permet pas
d’estimer le tassement car c’est un essai à court terme.
Le tassement d’un groupe de pieux dans l’argile peut être estimé plus facilement en utilisant l’approche
proposée par Terzaghi et Peck.
Cette méthode qui suggère de simplifier l’analyse en simulant une distribution sur semelle est sécuritaire
mais aussi pénalisante.
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Tassement des pieux – FRICTION NEGATIVE
Les conditions de chargement au voisinage des pieux peuvent créer une friction négative sur les pieux
qui va réduire la capacité admissible à la tête des pieux.
La friction négative totale qui peut être mobilisée le long du pieu peut être évaluée de la même façon que
Qn ( kN ) = α CuAS
Il est important de noter que la friction négative et la résistance en frottement positive du fût ne peuvent
bien entendu pas s’exercer simultanément sur une même longueur de pieu.
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2. Dallages
La réglementation concernant les dallages vient d'être modifiée (date d'effet le 20 mars 2005 et applicable
au 1er Juin 2005). La norme qui correspond au dallage est la norme NFP 11-213 et la référence DTU est
le 13.3. Cette norme est décomposée en trois parties en fonction de la destination du dallage.
2.1 Définition
Un dallage est un ouvrage de grandes dimensions, généralement en béton ou béton armé, qui repose
uniformément sur le sol. Il se compose :
d'une forme (fondation) constituée d'une certaine épaisseur de matériaux, choisie et mise en
œuvre de manière à obtenir une plate-forme saine et stable apte à recevoir le corps du dallage.
du corps du dallage, proprement dit, constitué d'une dalle en béton, armée d'un treillis soudé, et
reposant sur la forme.
d'un revêtement ou d'une finition donnant au dallage les qualités de surface désirée.
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Dans le cas d'un dallage armé ou non et ayant un usage autre qu'industriel ou assimilé, l'épaisseur mini
sera de 13cm.
Dans le cas d'un dallage pour les maisons individuelles, l'épaisseur sera de 12cm mini et sera
obligatoirement armé.
2.3 Le support :
La forme repose sur le sol partiellement décapé de la terre végétale, nivelé et éventuellement consolidé
et assaini par drainage avec couche anti-contaminant si nécessaire.
Dans certains cas, le sol en place suffisamment stable peut directement recevoir le corps du dallage (sol
rocheux ou caillouteux dont le module de réaction est supérieur à 30MPa/m.
La plupart des désordres proviennent des déformations à long terme. Ainsi le support doit-elle avoir
certaines caractéristiques physiques et mécaniques :
• insensibilité à l'eau ;
• homogénéité ;
• portance uniforme et suffisante.
mini) dans les deux sens. Le diamètre maximal des aciers ne doit pas être supérieur à e (exemple :
15
15cm/15=1cm (Ha10 maxi)) et l'espacement maxi des aciers ne doit en aucun cas dépasser 2e (e=
épaisseur du dallage).
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Dallage pour les maisons individuelles :
Le pourcentage mini est de 0.4% de l’épaisseur du dallage (exemple : 0.2% x 12cm x 100cm = 2.4cm²
mini) dans les deux sens.
Remarque :
Le recouvrement des treillis soudés dans les deux directions sera de 2 mailles ou 3 soudures.
Il est bien entendu qu'un dallage doit être calculé et la section d'aciers dépendra des charges supportées
par le dallage et de la qualité du support qui le recevra.
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b. Les joints de dilatation
Sous l'effet des variations de température, le béton armé se dilate, des joints sont alors réalisés pour
éviter que les ouvrages ne se fissurent. Si le dallage est soumis à des charges roulantes, comme dans
un bâtiment industriel par exemple, les joints doivent être conjugués. Ces joints sont réalisés sur toute
l'épaisseur du dallage.
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d. Les joints de retrait
Lors de la prise du béton, le phénomène de retrait du béton peut engendrer une fissuration du béton.
Pour pallier ce problème, des sciages doivent être réalisés sur le dallage.
Ces joints sont réalisés sur environ un tiers de l'épaisseur du dallage.
e. Joints de fractionnement :
En construction, les joints de fractionnement permettent d’éviter les fissurations ou le soulèvement du
support. Obéissant à des règles précises, la répartition de ces joints varie en fonction des surfaces
concernées :
- chapes ou dalles rapportées adhérentes, tous les 60 m2.
- chapes ou dalles désolidarisées ou flottantes, tous les 40 m2.
Dans les deux cas, les joints de fractionnement ne doivent pas excéder 8 m d’espacement.
En extérieur, des joints sont à prévoir à partir de 20 m2 de surface.
Solution courante pour la pose des joints : cas des joints de dilatation et de fractionnement
Les joints de dilatation et de fractionnement sont d’une largeur moyenne comprise entre 5 et 20 mm,
voire 30 mm. Selon les exigences techniques, ils sont réservés lors de la pose ou creusés après coup,
notamment à l’aide d’une meuleuse équipée d’un disque diamanté. Comment les poser?
- Lors de la pose du carrelage sur une grande surface, la pratique habituelle consiste à insérer
des profilés ou des « baguettes pour joints » en aluminium ou PVC, et de les sceller à
l’enduit ou au mortier. On peut aussi enfoncer dans l’espace réservé un fond de joint mousse,
puis remplir de mastic élastomère en cartouche (polyuréthane, silicone).
- En périphérie d’un revêtement de sol, le masticage est une solution à privilégier lorsque le
revêtement est recouvert par une plinthe ou une moulure de finition.
Enfin la mise en œuvre de ces joints doit respecter certaines normes de référence indiquée dans les
Documents Techniques Unifiés :
- NF DTU 20.1 « Ouvrages en maçonnerie de petits éléments »
- NF DTU 26.2 P1-1 « Chapes et dalles à base de liants hydrauliques »
- NF DTU 52.2 « Pose collée des revêtements céramiques et assimilés »
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3. Soutènements
a. Généralités :
En général les ouvrages de soutènement sont conçus pour créer une dénivelée entre les terres situées
à l'amont de l'ouvrage, c'est-à-dire soutenues par celui-ci, et les terres situées à l'aval, devant l'ouvrage.
Cette dénivelée peut être réalisée en procédant :
- à la mise en place de remblais derrière l'ouvrage (auquel cas on parle généralement d'ouvrage
en remblai ou en élévation)
- ou par extraction de terres devant celui-ci (auquel cas on parle généralement d'ouvrage en déblai
ou en excavation).
En pratique toutefois, il est assez fréquent que l'on ait à procéder à la fois à un apport de remblai derrière
l'ouvrage et à une extraction de terre devant celui-ci.
Les ouvrages de soutènement sont des structures liées au sol pour lesquelles l’action de celui-ci intervient
doublement :
- Les matériaux derrière le mur (du remblai, du sol en déblai) exercent des poussées sur l’ouvrage.
- L’ouvrage à son tour sollicite le sol de fondation et y crée des contraintes et éventuellement des
tassements Ces ouvrages demande un soin particulier depuis la conception jusqu’à la réalisation.
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b. Principe du soutènement :
La principale considération dans le dimensionnement des soutènements, quel que soit leur type, est la
correcte estimation de la poussée des terres ou du matériau retenu par cette paroi. Dans leur état naturel,
les terres tendent à se conformer en un tas pyramidal conique à la façon d'un tas de sable présentant
une pente de talus naturel. L'interposition d'un écran de soutènement dans un massif de terre se substitue
à la partie manquante à la base et reçoit une partie du poids des terres restantes en une composante
biaise de poussée qui tend à faire basculer et en même temps glisser le mur de soutènement disposé.
Pour combattre cette poussée des terres, le mur peut être constitué de différentes façons :
Tous les ouvrages ont en commun la force de poussée exercée par le massif de sol retenu.
Alors si on accepte les techniques de soutènement de type « terre armée » ou « parois ancrées », on
peut classer les ouvrages de soutènement en deux catégories :
La surface de contact avec le terrain est indéformable. Les contraintes sont dictées par les déplacements.
Les murs de soutènement classique sont les ouvrages les plus courants de cette catégorie. La poussée
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est reprise par le poids de l’ouvrage (murs poids) ou par encastrement de l’ouvrage dans le sol (murs en
BA). Dans ce dernier cas, le poids des terres participe à la stabilité de l’ouvrage par l’intermédiaire de la
semelle.
La surface en contact avec le terrain est déformable. Les contraintes dépendent non seulement des
déplacements de l’écran de soutènement mais aussi de ses déformations propres (interaction sol-
structure). L’ouvrage type représentatif de cette catégorie est le rideau de palplanches. Pour ce type de
soutènement, la poussée est reprise soit par encastrement de l’ouvrage dans le sol soit à l’aide
d’ancrages.
Il existe de nombreux types d’ouvrage de soutènement qui ont été conçus pour répondre aux situations les plus
diverses. Ils se distinguent principalement par leur morphologie, par leur mode de fonctionnement, par les
matériaux qui les constituent, par leur mode d’exécution et leur domaine d’emploi privilégié (urbain, montagneux,
aquatique, …)
Murs poids :
Principe
Le principe du mur poids est d'opposer le poids de la maçonnerie du soutènement à la poussée des terres
qui tendent à le renverser. La poussée des terres est minimale au sommet du mur et croît avec la
profondeur en arrière du mur : c'est pourquoi les murs poids s'épaississent vers la base (le fruit). Les
murs de soutènement de type ouvrage poids sont connus depuis l'Antiquité. Ils sont constitués en pierres
taillées, moellons ou en brique.
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Variétés :
Ils existent plusieurs variétés de murs poids :
a. Mur poids en Béton Armé ou Murs Cantilever :
Ce type de mur de soutènement est très couramment employé. Ils sont constitués d’un voile résistant en
béton armé encastré sur une semelle de fondation, en béton armé également, et généralement
horizontale. La semelle peut-être pourvue d’une bêche pour améliorer la stabilité de l’ouvrage au
glissement. Ils sont normalement pourvus d’un dispositif de drainage disposé à l’arrière du voile auquel
est associé un dispositif d’évacuation des eaux (barbacanes). Ces murs sont bien adaptés pour la
réalisation d’ouvrages en remblai comme en déblai, en site terrestre hors d’eau. Ils sont souvent
économiques pour des hauteurs qui atteignent jusqu’à 6 à 8 mètres, voire une dizaine de mètres. Ils
nécessitent en principe un terrain de fondation de qualités moyennes à bonnes, susceptible de faibles
tassements (quelques centimètres au plus), dans la mesure où le recours à des fondations profondes (ou
éventuellement à un traitement préalable du sol) rend généralement la solution peu avantageuse.
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Murs poids en gabion :
61
Techniques de réalisation
62